Se motiver pour écrire : imagine ton livre
La motivation s'épuise. Ce qui tient, c'est une image : toi avec ton livre entre tes mains. Découvre la visualisation, ce moteur que personne ne t'enseigne.

Se motiver pour écrire : ferme les yeux et imagine ton livre
Récemment, en coaching, j'ai posé une question toute simple à quelqu'un qui porte un livre en soi depuis des années.
« Qu'est-ce que tu ressentirais si tu tenais ton livre entre tes mains ? »
Silence. Et puis cette réponse, à voix basse, avec l'émotion qui monte : « Ça serait incroyable. »
Et là, flashback. Je me suis vu, moi, en septembre 2024, récupérer les exemplaires de mon premier roman. Les sortir du carton. Les tenir. Les sentir. Lire quelques lignes et me dire « putain, c'est moi qui ai écrit ça ». Pas en mode génie. Juste en mode : j'ai sous les yeux cinq mois de travail, un rêve qui date de bien plus longtemps, et rien que d'y repenser maintenant, j'ai le smile.
Ce moment là m'a éclairé sur comment se motiver pour écrire. Sur ce que les listes de « 10 tips pour rester motivé » ne disent jamais.
Ferme les yeux, ton livre est là
Je t'invite à faire un exercice. Ça prend deux minutes. Tu peux le faire maintenant ou noter le moment exact de cet article pour y revenir plus tard (on est à peu près au quart du texte, si ça peut t'aider).
Assieds-toi dans un endroit confortable. Ferme les yeux.
Tu es dans sept mois. Peut-être un an. Tu es chez toi, dans ton salon. Ressens le fauteuil dans lequel tu es assis·e. La température de la pièce. L'odeur familière de chez toi.
Ça sonne.
Tu te lèves, tu décroches, c'est le livreur. Un carton. Tu signes, tu rentres avec ce carton qui pèse un peu. Tu le poses sur la table. Tu prends un cutter, des ciseaux, ce que tu veux. Tu ouvres. Tu retires le papier bulle.
Et là, tu sors ton livre.
Celui que tu portes en toi depuis tout ce temps. Tu le tiens, tu le manipules, tu sens l'odeur du livre neuf. La couverture, rigide ou souple selon ce que tu as choisi. Tu l'ouvres. Tu vois ces mots que tu as mis des mois à écrire. Tu lis le nom de personnages que tu as aimés, détestés, que tu as eu l'impression d'être parfois.
Essaie de mettre des mots sur ce que tu ressens.
Maintenant, rouvre les yeux. Reconnecte-toi. Et si tu peux, écris ces émotions quelque part. Sur un papier, dans ton téléphone, peu importe. Note-les.
Ce papier, c'est ton carburant. Chaque fois que le doute arrive, chaque fois que tu te dis « je suis pas légitime » ou « j'ai pas le temps » ou « je connais pas assez de mots », relis ces notes. Elles te porteront plus loin qu'un top 10 des conseils de productivité.
Ton cerveau peut te motiver pour écrire sans que tu le saches
Je sais, dit comme ça, ça peut sonner un peu ésotérique. Loi de l'attraction, vision board, tout le tralala. Je comprendrais que tu grimaçes.
Alors laisse-moi te raconter une histoire qui n'a rieeeeen à voir avec l'écriture.
Je fais du street workout (un mélange entre muscu et gymnastique, pour faire simple, et non je n'arrive toujours pas à dire « callisthénie » sans avoir l'air prétentieux). En décembre 2021, j'étais en Ariège, en haut d'une colline face aux Pyrénées, golden hour, lumière de dingue. Mon père prenait des photos de mes figures sur des barres. Et en redescendant dans la voiture, j'ai eu cette image très nette dans la tête : moi, en jogging, torse nu, tenant un équilibre à une main sur une pierre, les Pyrénées en fond. Je voyais tout. La lumière, la posture, l'endroit.
Cette image ne m'a plus quitté pendant trois ans.
Trois ans à m'entraîner quasiment tous les jours. Trois ans à galérer (je ne fais pas partie des gens qui débloquent les figures en six mois). Et en décembre 2024, même endroit, même colline, même père, même golden hour. J'ai tenu le One Arm suffisamment longtemps pour qu'il le prenne en photo.
La photo que j'ai faite correspondait exactement à l'image que j'avais en tête depuis trois ans. La lumière, la posture, les montagnes. Tout y était. J'ai eu un flash en la voyant, ce vertige de reconnaître une scène qu'on a d'abord imaginée avant de la vivre.
Est-ce que c'est la visualisation qui m'a « donné » le One Arm ? Non. C'est le travail quotidien. Mais cette image dans ma tête, je suis convaincu qu'elle a nourri la discipline. La discipline de fond, celle qui survit bien au-delà de la motivation du lundi matin. Celle qui te fait y retourner quand t'as pas envie, quand tu stagnes, quand tu doutes.
Se motiver pour écrire, c'est se connecter au résultat
Et c'est là que ça rejoint l'écriture (j'ai menti ça n'avait pas rien à voir héhé).
Quand tu cherches à te motiver pour écrire, tu tombes sur des articles qui te disent de te fixer des objectifs, de trouver un lieu d'écriture, de lire plus, de rejoindre un groupe. Tout ça n'est pas faux. Mais tout ça reste en surface.
La vraie question, c'est : qu'est-ce qui te fait tenir quand la session du jour est mauvaise ? Quand les mots ne viennent pas ? Quand tu relis ce que tu as écrit hier et que tu trouves ça nul ?
Les tips s'effondrent à ce moment-là.
Ce qui tient, c'est une image. Ton livre entre tes mains. L'émotion que ça créera. Et cette image, plus tu la nourris, plus elle travaille en arrière-plan. Tu n'as même plus besoin d'y penser consciemment. Elle est là, quelque part dans ton cerveau, et elle alimente chaque session d'écriture sans que tu t'en rendes compte.
C'est ce que j'appelle la discipline inconsciente. Tu avances parce que l'image est trop forte pour que tu restes immobile. La motivation devient secondaire.
Concrètement, ça change quoi en session d'écriture ? Tu t'assois, tu ouvres ton fichier, et au lieu de passer vingt minutes à te demander si ça vaut le coup, tu écris. Même mal. Même trois lignes. Tu y retournes le lendemain. Et le surlendemain. Tu construis un rythme, jour après jour, et ce rythme finit par te porter. C'est ce que j'appelle la Clarté de Rythme dans Ose Écrire : cette régularité qui ne dépend plus de la volonté parce qu'elle est ancrée dans une émotion, dans une image. La visualisation, c'est un des outils les plus puissants pour y arriver : elle connecte le rythme à l'émotion. Et quand ces deux-là se parlent, finir ton roman passe du fantasme au projet qui avance.
En coaching, c'est souvent ce qui manque. La personne en face de moi a les idées, elle a le temps (même juste trente minutes par jour, ça suffit). Mais elle a perdu le lien émotionnel avec son projet. Le « pourquoi ». La Clarté d'Intention s'est brouillée sous le poids des doutes et de la routine. Et quand je leur fais faire cet exercice de visualisation, l'étincelle revient.
La visualisation, ça s'entraîne
Je ne suis pas arrivé à cette conviction d'un coup. C'est venu en plusieurs étapes (et c'est d'ailleurs souvent comme ça que les vraies prises de conscience fonctionnent, par couches).
Il y a eu l'anecdote du street workout. Il y a eu le moment où j'ai tenu mon propre livre dans mes mains et où j'ai réalisé que je l'avais vu des dizaines de fois en fermant les yeux avant que ça arrive pour de vrai. Et puis il y a eu ma formation de coaching, où j'ai découvert la visualisation sous un angle complètement différent.
En coaching, on utilise parfois la visualisation pour résoudre des conflits internes. Tu sais, quand tu as une partie de toi qui veut tout contrôler et une autre qui veut lâcher prise. Les deux se battent, aucune ne gagne, et toi tu restes planté·e au milieu sans avancer. La visualisation permet de donner une forme à ces deux parties, de les écouter, de comprendre ce qu'elles cherchent chacune. Et souvent, elles ne sont pas en opposition. Elles se complètent.
J'ai vu ça en live, avec une démonstration en formation. La personne était assise, les yeux fermés, et tu sentais physiquement que ça bougeait à l'intérieur.
Pour l'écriture, c'est le même mécanisme. La partie de toi qui doute (« qui suis-je pour écrire un livre ? ») et la partie de toi qui rêve d'écrire (« mais j'ai tellement de choses à raconter ») ne sont pas ennemies. Elles ont besoin de se parler. Et la visualisation, c'est un des chemins pour que cette conversation ait lieu. Quand tu visualises ton livre terminé entre tes mains, les deux parties se retrouvent du même côté. Le doute ne disparaît pas, mais il arrête de bloquer le passage.
La vraie motivation pour écrire, c'est le chemin
Je n'ai pas encore dit l'essentiel.
Quand je t'invite à visualiser ton livre entre tes mains, je te parle du résultat. Mais entre le moment où tu fermes les yeux et le moment où tu ouvres ce carton pour de vrai, il y a le chemin. Et ce chemin, il est magnifique.
Tu vas découvrir des personnages que tu vas apprendre à aimer. Certains vont te sortir par les yeux. D'autres te feront rire à un moment où tu ne t'y attendais pas. Certaines sessions seront laborieuses, et d'autres tu sortiras en mode « putain mais qu'est-ce que je suis génial ». Cette naïveté joyeuse du créateur qui avance.
Petit à petit, brique par brique, tu vas voir prendre forme ce livre. Et c'est justement parce que tu auras passé des mois à le bâtir que le moment où tu le tiendras sera si fort. La fierté, la confiance, cette espèce de transcendance tranquille.
Moi, une des choses qui me manquaient le plus dans mon métier d'ingénieur, c'était de voir le résultat. De le toucher. J'enviais parfois les gens du bâtiment qui voient la maison se construire sous leurs yeux. L'écriture m'a offert ça. Tu passes des mois à poser tes mots et à la fin, tu tiens un objet. Tes 250 pages. Ton sueur, ton sang, tes rires, tes doutes, tout condensé entre deux couvertures. Et personne ne peut te le retirer.
C'est pour ça que la visualisation est si puissante pour se motiver à écrire : elle te connecte à ce moment futur, à cet objet futur, et elle donne un sens à chaque session du présent. Même celles qui sont nulles. Surtout celles qui sont nulles.
Si tu te retrouves dans cette quête, si ça fait des mois ou des années que tu portes ce livre et que la motivation classique ne suffit plus, tu as peut-être surtout besoin de te reconnecter à l'image. À ce que tu ressentiras le jour où ce sera fait. Et de construire, à partir de là, la discipline qui t'y amènera.
C'est exactement ce qu'on travaille dans Ose Écrire : retrouver la Clarté d'Intention, développer un rythme qui te ressemble, et lever les blocages qui t'empêchent d'avancer. Pour que ton livre ne reste pas une image dans ta tête, mais devienne un objet entre tes mains.
Et si tu veux aller plus loin sur la visualisation, j'en parle en détail dans l'épisode 13 du podcast Ose Écrire avec l'exercice complet et toutes les anecdotes que j'ai vécues autour de ce sujet.
Je te laisse avec la question que je pose à chaque auteur·e que j'accompagne :
Qu'est-ce que tu ressentirais si tu tenais dans tes mains le livre que tu rêves d'écrire depuis si longtemps ?
Ferme les yeux. La réponse est là.
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