Aller au contenu principal

Les 3 Clartés : pourquoi tu n'arrives pas à écrire ton livre

Tu portes un livre en toi depuis des années. Tu ne manques ni de talent ni d'idées. Ce qui te manque, ce sont trois clartés que personne ne t'a jamais nommées.

Tu sors du boulot. Un verre avec des collègues, des amis et des gens que tu connais à peine. L'ambiance est légère, les conversations rebondissent de sujet en sujet. Et puis quelqu'un te pose LA question. Celle qui a l'air de rien.

« Et toi, qu'est ce que tu fais dans la vie ? C'est quoi ta passion ? »

Tu souris. Tu dis un truc. Le sport, les voyages, la cuisine, un hobby socialement acceptable qui ne demande aucune explication. Ça passe et la conversation continue. Personne n'a rien remarqué.

Sauf que le soir, seul dans ton lit... Ah là, la vraie réponse revient.

Celle que t'as pas osé donner.

« J'écris. Enfin… j'aimerais écrire. J'ai un livre en tête depuis trois ans. Plutôt cinq... Non dix en fait. Mais j'arrive pas à avancer. »

Et cette phrase tourne en boucle.

T'es pas fainéant. T'as du talent. Ton idée est bonne (elle l'est, promis).

Et pourtant. Il y a un truc que tu n'arrives pas à nommer.

Un big caillou dans la chaussure, et personne n'en parle et ne t'en parle.

J'ai vécu exactement cette scène, pendant des années. Quand on me demandait ce que je faisais, je disais « ingénieur en sûreté nucléaire et je vais à la salle aussi ». Parce que c'était vrai. Parce que c'était simple. Parce que ça ne demandait aucune explication. Ça me valait des hochements de tête impressionnés, parfois un ou deux compliments et pourtant cette réponse que je donnais m'asséchait la gorge. Car, le livre qui me brûlait les doigts, lui, restait silencieux. Enfermé quelque part entre la bouche et le cœur et bien muselé par la tête.

Un cercle que tu connais sans le savoir

Si t'es là, t'as probablement déjà cherché des solutions. Des livres sur l'écriture, des vidéos YouTube, des conseils, des méthodes, des templates de structure narrative, peut-être même un atelier ou deux.

Et à chaque fois, pareil : un coup de boost qui dure deux semaines, puis le retour au point de départ.

Ces ressources ont de la valeur. Le hic, c'est qu'elles traitent les symptômes sans jamais toucher la racine.

La racine, c'est un cercle. Un cercle vicieux que j'ai vu tourner chez chaque auteur que j'accompagne, sans exception :

ConfusionProcrastinationStagnationFrustrationComparaisonImitation

Et ça reboucle sur… la confusion et c'est normal, cette méthode est la leur et n'est pas la tienne. J'en parle en détail dans l'article sur les vraies causes du blocage d'écriture : le blocage a toujours quelque chose d'autre à raconter (un signal, en fait).

Ce cercle a trois points d'entrée. Trois manques qui se nourrissent les uns les autres. Trois clartés que tu n'as pas encore.

Clarté d'Intention

Les phrases que tu te répètes

« J'ai tellement d'idées que je ne sais plus laquelle choisir. »

« Je sais que je veux écrire mais… je sais pas vraiment sur quoi. »

« J'ai commencé trois projets différents, j'en ai fini aucun. »

« Parfois je me demande si mon histoire vaut le coup d'être racontée. »

« Je sais pas si c'est un roman, un récit, un témoignage… »

Si tu t'es reconnu dans au moins une de ces phrases, respire. Ta créativité tourne à plein régime. C'est juste qu'elle tourne en rond, parce qu'il lui manque une boussole.

Ce que ça te fait, concrètement

C'est un bruit de fond permanent. Tu y penses sous la douche. En voiture. En réunion. Le livre est là, quelque part, mais il ressemble à un brouillard. Tu sens qu'il y a quelque chose de puissant à l'intérieur, mais quand tu essaies de le saisir, il se dérobe.

Alors tu accumules des notes, des carnets & des fichiers Word. Tu fais des recherches. Tu construis des fiches personnages. Tu dessines des cartes. Tu te prépares encore & toujours...

Mais tu n'écris pas.

Parce que préparer, c'est confortable. Écrire, ça engage. Et s'engager dans une direction, ça veut dire renoncer à toutes les autres. Et ça, c'est terrifiant quand tu n'as pas de boussole.

Et le plus sournois ? Tu te dis « j'écris pour moi ». Et c'est vrai. Sauf que dans un coin de ta tête, tu es déjà en train d'imaginer les retours. Ce que les gens vont en penser. Si ça va « marcher ». Tu écris pour toi, mais tu mesures le succès avec le regard des autres. Et cette dissonance, sans que tu t'en rendes compte, contamine chaque choix : tu ne choisis plus l'histoire qui te brûle, tu dérives vers celle qui a le plus de chances de plaire. Et là, tu n'écris plus ton livre. Tu écris celui de personne.

Pour bien comprendre

Imagine que tu veuilles partir en road trip. T'as le van, t'as le plein d'essence, t'as la playlist parfaite. Mais tu n'as pas de destination. Tu restes sur le parking à regarder Google Maps en zoomant et dézoomant. Au bout de trois heures, tu coupes le moteur et tu rentres chez toi en te disant « j'irai la semaine prochaine ».

L'intention, c'est ta destination. Savoir exactement où tu vas arriver, ça, personne ne le sait en écriture. Mais savoir pourquoi tu pars, dans quelle direction, et avoir assez de clarté pour tourner la clé, ça change tout.

Qu'est-ce que tu peux faire, là, maintenant ?

Ce qui est vicieux avec le manque d'intention, c'est qu'on croit que ça va se clarifier tout seul. Qu'un matin, on se réveillera et paf : l'évidence, l'épiphanie.

En réalité, ça n'arrive (presque) jamais comme ça. L'intention se travaille & elle se creuse. Elle se révèle quand on ose poser les bonnes questions (et surtout quand on ose écouter les réponses).

Prends un carnet. Écris en haut de la page : « Pourquoi CE livre ? » On s'en fiche du pourquoi écrire en général. La question qui compte, c'est pourquoi celui-là. Qu'est-ce qu'il changerait s'il existait ? Pour qui ? Et qu'est-ce que ça changerait en toi ? J'explore cette question en profondeur dans cet article sur le pourquoi d'écrire un livre, si tu veux creuser.

Clarté de Rythme

Tu te reconnais ?

« J'ai pas le temps. »

« Quand j'ai du temps, j'ai pas l'énergie. Quand j'ai l'énergie, j'ai pas le temps. »

« Je me dis que je vais écrire le week-end et le week-end arrive et… non. »

« J'ai essayé de me lever plus tôt, ça a tenu dix jours. »

« Des fois j'écris 3000 mots d'un coup et après plus rien pendant deux mois. »

« Je suis incapable d'être régulier. »

Si tu hoches la tête, bienvenue au club. Le club le plus peuplé du monde de l'écriture. Et aussi le plus mal compris.

La culpabilité sourde

Tu vis avec. Tous les soirs où tu n'as pas écrit, tu t'en veux un peu. Pas assez pour que ce soit une crise, mais suffisamment pour que ça pèse. C'est un petit poids que tu portes partout sans t'en rendre compte, comme un sac à dos qu'on oublie qu'on a sur les épaules jusqu'au moment où on l'enlève.

Et le pire dans le manque de rythme, c'est le yoyo. Les périodes où tu carbures (tu te sens vivant, tu te dis « ça y est j'ai trouvé »), suivies par les périodes de silence radio. Et chaque silence te convainc un peu plus que tu n'es pas fait pour ça. Que les vrais auteurs, eux, écrivent tous les jours et qu'à toi, il te manque quelque chose...

Nan, t'inquiète, il ne te manque rien. Ton rythme existe déjà quelque part, tu ne l'as juste pas encore trouvé.

Et voilà le paradoxe : c'est souvent en se donnant la permission d'écrire moins qu'on finit par écrire plus.

Et deuxièmement : c'est tout le temps en se concentrant sur soi et ce qui nous connecte à notre amour de l'écriture que le juste battement s'entend.

Et enfin : c'est itératif comme découverte, jamais instantané.

Le brossage de dents (oui, oui)

Tu ne te brosses pas les dents par motivation. Tu ne te brosses pas les dents parce que t'as lu un article inspirant sur l'hygiène dentaire un dimanche soir. Tu te brosses les dents parce que c'est un réflexe, intégré dans ta routine, qui ne te demande aucune énergie de décision.

L'écriture, tant qu'elle reste un « truc que je fais quand j'ai du temps et de l'inspiration », restera un invité occasionnel dans ta vie. Le rythme, c'est ce qui transforme l'invité en colocataire. Genre un colocataire discret, fiable, qui est là quand tu rentres... et sur qui tu peux compter 30min par jour 7j/7 ou bien tous les mardis et jeudis de 14h à 16h (qu'importe la fréquence, et la mesure tant qu'on a le rythme et la présence).

Ce que mon premier roman m'a appris sur le rythme

La volonté ne suffit pas. Le planning magique non plus. Le rythme naît d'un alignement entre ta vie réelle (ton boulot, tes enfants, tes contraintes, ton énergie) et un système que TU construis, pour toi, adapté à ton fonctionnement.

J'ai fait exactement l'erreur inverse avec mon premier manuscrit. 5 000 mots par jour pendant une semaine. Le sprint héroïque. Alors ça fait très beau quand on le raconte fièrement sur Instagram avec un café esthétique en arrière-plan... mais derrière ? Trois mois de silence radio, à ne même plus vouloir ouvrir mon manuscrit. Position latérale de sécurité dans le caniveau, si tu veux l'image. Je raconte toute l'histoire ici.

Personne ne peut te donner ton rythme. Par contre, quelqu'un peut t'aider à le trouver, l'installer, et t'assurer que tu ne le lâches pas au premier coup de vent.

Clarté d'Identité

La voix silencieuse

« Qui suis-je pour écrire un livre ? »

« Je ne suis pas écrivain, je n'ai pas fait d'études littéraires. »

« Il y a tellement de livres, le mien n'apportera rien de nouveau. »

« Les gens vont trouver ça nul. Ou prétentieux. Ou les deux. »

« J'ose pas en parler autour de moi. »

« Si je n'essaie pas vraiment, je ne peux pas vraiment échouer. »

Si tu t'es reconnu, rappelle-toi la scène du bar. Ce moment où on t'a demandé ta passion et où tu n'as pas dit « j'écris ». Ce silence, c'est la Clarté d'Identité qui manque.

L'entre-deux

Tu vis dedans. Tu n'es pas « quelqu'un qui n'écrit pas » (le livre est trop présent en toi pour ça). Mais tu n'es pas non plus « quelqu'un qui écrit » (tu ne t'autorises pas ce mot). Tu es quelqu'un qui « aimerait écrire » depuis des années. Et cette position est épuisante, parce qu'elle ne mène nulle part. Elle protège de l'échec, oui. Mais elle protège aussi de la joie, de la fierté ET de la transformation.

Le syndrome de l'imposteur, tout le monde en parle. Mais en dessous, il y a quelque chose de plus insidieux que le doute : un refus profond de se donner la permission. La permission de prendre son rêve au sérieux & de se dire « c'est important pour moi et ça mérite mon temps, mon énergie et mon courage ».

L'instrument dans la pièce fermée

C'est comme si tu avais un instrument de musique chez toi depuis des années. Tu en joues parfois, quand personne n'écoute. Tu fermes la porte. Tu baisses le volume. Si quelqu'un entre dans la pièce, tu t'arrêtes et tu dis « non non, je faisais rien, c'est juste un truc comme ça ».

Sauf que t'y penses tout le temps parce que c'est le seul truc qui te rend vivant... et que le seul moment où tu te sens aligné, vraiment aligné, c'est quand tu joues.

Mais tu ne te dis jamais « je suis musicien ». Parce que « musicien », c'est pour les autres. Ceux qui ont un diplôme, ceux qui jouent en public, ceux qui sont légitimes.

Remplace « musicien » par « auteur ». Tu vois le parallèle.

Une autrice que j'accompagne m'a dit un jour : « J'ai réalisé que je fermais la porte de mon bureau pour écrire, et que je fermais aussi la porte à l'intérieur de moi. Comme si écrire, c'était un truc honteux. » Quand elle a osé laisser la porte ouverte (au sens propre, hein, son chat en a profité pour squatter le clavier), quelque chose a changé dans sa posture et dans ses mots aussi.

Ce que j'aurais aimé qu'on me dise

L'identité ne se décrète pas. On ne se réveille pas un matin en se disant « ça y est, je suis auteur, j'y crois ». Ça se construit. Progressivement. À travers l'action, à travers les mots qu'on ose poser, à travers le regard qu'on transforme petit à petit sur ce qu'on fait et sur ce qu'on est.

Avant, je n'aimais pas être seulement ingénieur en sûreté nucléaire mais je n'osais pas m'appeler auteur.

Ce qui m'a sorti de là ? L'action. Poser des mots, même bancals, même effrayants, et accepter que l'identité se construise en marchant. Chaque mot que je posais revenait à me répéter « voilà qui je veux être maintenant ». J'explore cette question en profondeur dans l'article sur la voix d'auteur, si le sujet te parle.

Aujourd'hui, je le crie fièrement sur tous les toits : je suis écrivain & coach.

Les trois tournent ensemble

Tu fais face à trois manques en même temps, et ils se nourrissent mutuellement.

Sans intention claire, tu ne trouves pas de rythme (pourquoi écrire régulièrement si tu ne sais pas vers quoi tu avances ?). Sans rythme, ton identité d'auteur ne se construit pas (on ne devient pas auteur en y pensant). Sans identité assumée, tu n'oses pas clarifier ton intention (pourquoi clarifier un projet qu'on ne se sent pas légitime de porter ?).

J'en passe et des meilleures.

Et la boucle recommence. Le blocage s'installe comme si c'était ta nouvelle normalité.

Sauf que ça ne l'est pas.

La bonne nouvelle ? Le cercle marche aussi dans l'autre sens.

ClartéConfianceActionRésultatFierté

Et ça reboucle sur la clarté. Parce que chaque page écrite précise un peu plus ce que tu veux dire.

C'est tout le principe du travail qu'on fait avec Ose Écrire. La clarté qui dissout la confusion, celle qu'aucune liste de tips ne pourra te donner. Clarté d'intention, clarté de rythme, clarté d'identité. Les trois ensemble forment un trépied. Enlève un pied et tout s'effondre. Pose les trois et ton livre avance.

C'est simple, n'est ce pas ? Ça ne veut pas dire que c'est facile, mais la direction est claire. Et souvent, c'est cette clarté de direction qui sépare les gens qui portent un livre en eux depuis dix ans de ceux qui tiennent leur manuscrit terminé entre les mains.

Tu veux comprendre comment inverser ce cercle, concrètement, pour ton livre ? J'ai enregistré une vidéo de 25 minutes où je t'explique tout en détail. 25 minutes, le cadre, la méthode, et ce que ça change quand on les installe.

Regarde la vidéo (25 min)