Choisir
Choisir, c'est rester.
Je pourrais réduire mon manifeste à ces trois mots.
Mais leur puissance mérite un détour à la hauteur de ce qu'ils incarnent.
Laisse-moi te raconter pourquoi ce verbe va devenir tout, à mesure que l'IA prend tout ce qu'elle peut prendre.
Choisir l'inconfort... par choisir d'être
Choisir, c'est l'écart entre ce que tu aurais pu déléguer et ce que tu gardes pour toi.
Le geste mineur qui prend tout son sens dans un monde où plus rien n'oblige.
Le souffle long avant le mot juste, quand le mot juste se serait écrit sans toi.
L'épaisseur du doute que tu traverses au lieu de le contourner.
Le quart d'heure que tu prends pour répondre à une amie quand trois secondes auraient suffi.
La main qui se fatigue, le café qui refroidit, la page qui résiste.
C'est tout ce qui sépare la prévenance déléguée de la prévenance habitée.
C'est ce qui distingue un texte que tu as fait d'un texte qui t'a fait.
C'est l'écart entre ce que tu as donné et ce que l'autre a reçu, qui se sent toujours sur le long terme.
Choisir, c'est tout cela.
Nos vies, à mesure que l'effort deviendra optionnel, ne tiendront plus que sur ces gestes-là.
Choisir d'écrire : la voie longue
À l'ère où le manuscrit en sept jours devient banal, écrire devient un acte de courage.
Les idées d'une IA iront et viendront. Les histoires humaines écrites en pleine conscience, dans l'effort, la sueur et le sang, resteront.
La multiplicité de ce que l'IA permettra ne fera que renforcer l'impact des contenus authentiquement humains. C'est mécanique. Là où, aujourd'hui, la distinction se fait encore mal, par manque d'éducation de celles et ceux qui consomment, la rareté de celles et ceux qui choisiront la voie longue, l'effort réel, le processus humain entier, créera une valeur imparfaitement créative bien supérieure à celle, facticement créée, qu'on peut générer en manipulant (avec brio) une IA.
Le marathon ne se sous-traite pas. Le livre non plus.
Alors ton œuvre vivra.
Et tout ce qui restera sera profondément humain.
Choisir, c'est vivre.
Choisir d'écrire à la main, c'est vivre deux fois.
Sam alias Ybelion