Oser
Oser c'est vivre.
Je pourrais réduire mon manifeste à ces trois mots.
Mais leur puissance mérite un hommage à la hauteur de ce qu'ils incarnent.
Laisse-moi donc te raconter pourquoi ce verbe change tout. Et surtout comment l'écriture est la détonation.
Oser écrire… par oser vivre
Oser, c'est ce mouvement infime à l'impact incommensurable.
Le minuscule déplacement qui déclenche une tornade.
La seconde qui précède celle qui suspend le temps.
L'annonce susurrée qui fait bondir le cœur.
L'ivresse qui nous propulse dans un infini où l'incertitude se métamorphose en liberté pleine d'extase.
C'est cette sève brûlante qui remonte la colonne à l'instant du dernier mot écrit.
Le frisson qui hérisse la peau lorsque s'envole une déclaration d'amour.
L'inflexion qui te saisit quand tu laisses fleurir le silence suivant « je t'aime ».
Le souffle foudroyant à la seconde où tes pieds quittent le sol.
La décharge qui traverse tes doigts en déposant la lettre de démission.
Ce parfum de vertige qui monte juste avant un premier baiser.
Le goût de sel aux commissures, larme, sueur ou océan.
Ce silence absolu, suspendu, quand deux regards se croisent et comprennent.
« Oser, c'est tout cela. »
Nos vies, aussi longues soient-elles, reposent sur ces anodins éclats où l'existence bascule en une seconde.
Oser écrire : une succession d'éclats
Écrire un premier livre, c'est traverser une succession imprévisible de ces éclats.
- Quand tu t'engages à le terminer.
- Quand tu oses regarder, écouter & traverser ce monstre tapi sous ton lit, celui qui arrachait sauvagement la peau de tes chevilles.
- Quand le miroir explose et que tes personnages te renvoient tes propres failles.
- Quand tu remarques avoir franchi ces canyons terrifiants.
- Quand tu changes.
- Quand tu poses le mot fin.
- Quand tu tiens l'objet dans tes mains et que, d'un coup…
TOUT DEVIENT POSSIBLE.
Après, la vie s'emballe.
Et surtout : elle commence.
Oser c'est vivre.
Oser écrire, c'est naître.
Sam alias Ybelion