Trouver sa voix d'auteur : le pilier que personne ne travaille
Ta voix d'auteur n'est pas un style à copier. C'est une direction à prendre, un chemin à parcourir, et une identité à oser incarner. Voici comment s'y prendre.

Trouver sa voix d'auteur : le pilier que personne ne travaille
Elle est tellement dure, cette question.
Quand je l'entends en coaching, quand je la lis dans vos messages, je sens le gigantisme de ce qu'elle représente.
Ma voix d'auteur. Ma voie d'auteur.
Le même son. Deux mots. Deux gouffres.
Et si je me trompais de chemin ? Comment savoir que je suis sur la bonne voie ? Comment savoir si j'utilise la bonne voix ?
Ce sont des questions parfaitement légitimes. Et la première étape, c'est évidemment d'oser se les poser. Si tu es là et que tu lis ces lignes : bravo. Sincèrement.
Ma réponse : tu ne trouveras ton bon chemin qu'en osant le parcourir, et cela malgré le fait que tu ne le connais pas et que tu ne le connaîtras jamais entièrement.
Mais.
Il t'est indispensable d'aller dans une seule direction. La tienne.
Ouais, ça te fait une belle jambe, dit comme ça de but en blanc.
Alors laisse-moi t'expliquer en décortiquant chaque morceau.
Une seule direction (la tienne)
Quand je dis « une seule direction », je fais appel à ce que j'appelle la Clarté d'Intention dans Ose Écrire. C'est le premier des trois piliers sur lesquels repose tout le parcours. Savoir pourquoi tu écris ce livre. Ce qu'il représente pour toi. Ce que tu veux qu'il fasse au lecteur.
Pourquoi écrire un livre, c'est la question fondamentale. Et tant qu'elle reste floue, ta voix le sera aussi.
Parce que ta voix d'auteur ne vit pas dans ta syntaxe, dans ton vocabulaire ou dans la longueur de tes phrases. Ta voix d'auteur, c'est l'expression de qui tu es quand tu oses te mettre sur la page. Elle est indissociable de ton intention. Si tu ne sais pas pourquoi tu écris, tu ne sais pas qui parle.
Si tu tapes « trouver sa voix d'auteur » dans Google, tu vas tomber sur des conseils techniques. Lire beaucoup. Écrire tous les jours. Expérimenter des styles. Copier tes auteurs préférés puis t'en détacher. Tout ça a du sens. Mais personne ne te parle du vrai travail : savoir qui tu es en tant qu'auteur.
C'est le pilier que personne ne travaille. Parce qu'il fait peur. Parce que se demander qui on est vraiment quand on écrit, c'est risquer de découvrir des choses sur soi qu'on ne voulait pas voir. Les blocages d'écriture les plus profonds sont souvent enracinés là : dans cette peur de se découvrir à travers ses propres mots.
Le chemin que tu ne connaîtras jamais
Ok, tu as ta direction. Tu sais pourquoi tu écris (ou tu commences à le sentir). Mais tu ne connais pas le chemin exact.
Et c'est là que le lâcher-prise apparaît.
Ce qui t'intéresse, c'est le premier petit pas que tu peux faire aujourd'hui. Celui que tu as envie de faire aujourd'hui. En te questionnant sur l'entièreté de l'escalier que tu dois monter, tu ne regardes pas au bon endroit. On monte la dernière marche uniquement lorsque l'on a monté toutes celles d'avant, n'est-ce pas ?
Fais-toi confiance. Tu as ta Clarté d'Intention, tu te rappelles ?
Tu sais exactement où tu vas. Tu ne sais juste pas comment tu vas y aller.
Et c'est ok.
Je vis ça quotidiennement avec les auteurs que j'accompagne. Un jour, quelqu'un arrive en séance avec un plan de roman ultra-détaillé, quarante fiches personnages, un tableau Excel de scènes. Tout est carré. Et pourtant rien ne coule. L'écriture est rigide, froide, sans vie. On creuse, et on découvre que ce plan n'est pas le sien. C'est celui qu'il pense devoir suivre. Celui qu'il a lu dans un blog, vu dans un masterclass, absorbé d'un auteur qu'il admire. Le jour où il accepte de lâcher cette carte et de marcher sans GPS (juste avec sa boussole d'intention), les mots reviennent. Sa voix revient. Ce n'était pas un problème de méthode. C'était un problème d'autorisation. Il ne s'était pas autorisé à écrire à sa façon.
C'est un schéma que j'observe régulièrement. On cherche « la bonne méthode » pour trouver sa voix d'auteur, alors que la seule vraie méthode c'est d'arrêter de demander la permission et de poser ses mots tels qu'ils viennent. Bruts, imparfaits, vivants.
Et surtout, c'est magnifique. Parce que ce que tu rencontreras sur ce chemin te transformera profondément. Pas juste ton écriture. Toi.
L'écriture m'a changé la vie
Je pourrais te raconter comment écrire un livre a bouleversé la mienne. Comment un premier janvier 2023, près d'Arcachon, une chanson m'a claqué en plein visage et m'a fait réaliser que je vivais une vie, mais pas la mienne. Comment j'ai commencé à écrire ce soir-là et que je ne me suis plus arrêté. Comment ce livre m'a donné le courage de quitter huit ans d'ingénierie nucléaire pour devenir qui je suis aujourd'hui. Toute l'histoire est là, si tu veux la lire.
Je pourrais te raconter comment Anaïs a changé du tout au tout au cours de son parcours Ose Écrire. Comment ses doutes du premier jour se sont transformés en une confiance qu'elle ne se connaissait pas. Comment l'écriture a changé bien au-delà de son manuscrit. Elle le raconte mieux que moi.
Je pourrais te raconter le parcours de Diane, qui a annoncé publiquement son projet avant même d'avoir écrit un mot, qui a tout effacé pour recommencer, et qui a fini par auto-éditer son livre. Ou celui de Marie, pédiatre, qui a traversé un deuil et trouvé dans l'écriture un acte de reconstruction. Diane en parle dans l'épisode 85 et Marie dans l'épisode 87 du podcast.
Mais il m'est impossible de te dire exactement ce que TU trouveras sur ce chemin de l'écriture.
Je sais juste que tu y trouveras quelque chose d'exceptionnel.
Chacune de ces personnes a trouvé sa voix en traversant quelque chose. En se confrontant à leurs peurs, à leurs croyances, à ce qu'elles pensaient devoir être en tant qu'auteur. Et en découvrant, de l'autre côté, qui elles étaient vraiment.
C'est ça, le chemin. Il ne se planifie pas. C'est impossible car imprévisible.
Le chemin se vit.
La voix d'auteur n'est pas un style, c'est une identité
Revenons à cette fameuse voix. Les articles que tu trouves en ligne te parlent de style. De figures de rhétorique. De longueur de phrases. De vocabulaire.
Tout ça, c'est la surface.
Ta voix d'auteur, c'est ce qui reste quand tu enlèves les masques. Quand tu arrêtes de vouloir écrire comme ton auteur préféré, quand tu lâches l'idée que ton texte doit « ressembler à quelque chose ».
C'est ce que j'appelle la Clarté d'Identité. Le troisième pilier du coaching d'écriture. Qui es-tu en tant qu'auteur ? Pas qui voudrais-tu être. Pas qui penses-tu devoir être. Qui es-tu ? Qui as-tu envie d'incarner ? Qu'est ce que tu as envie de t'autoriser pour vivre cette aventure à fond ?
Cette question, je la vois faire trembler des gens en coaching. Ils ont la réponse, souvent. Et c'est justement ça qui leur fait peur.
L'autrice qui écrit de la fantasy sombre et qui a peur qu'on la juge. L'auteur qui veut parler de sa famille mais qui craint de blesser. Celle qui sait que son livre est un cri de colère mais qui n'ose pas le hurler.
Ta voix est là-dedans. Dans ce que tu n'oses pas encore mettre sur la page.
Et c'est en ça que trouver sa voix d'auteur est un travail d'identité, pas de technique. Un travail que personne ne peut faire à ta place, et que personne ne peut te donner en dix étapes.
J'ai vécu ça moi aussi. Quand j'ai commencé à écrire L'Étreinte Éthérée, je voulais écrire de la « vraie » fantasy. Du Tolkien. Du Eddings. Des descriptions majestueuses, des dialogues grandioses. Résultat : un texte qui ne sonnait pas. Qui sonnait faux. Parce que je ne suis pas Tolkien. Je suis un ancien ingénieur nucléaire qui a grandi entre la rigueur des équations et la folie des mondes imaginaires. Ma voix, c'est ce mélange étrange. Des bears et des bulls anthropomorphes qui font de la magie, écrits par un gars qui calculait des doses de rayonnement le matin et inventait des cosmogonies le soir. Personne d'autre ne peut écrire ça. Et personne d'autre que toi ne peut écrire ce que tu portes.
Le trio qui change tout
J'en ai parlé dans l'article sur le coaching d'écriture : dans Ose Écrire, on travaille sur trois axes, les 3 Clartés. Intention, Rythme, Identité.
Pour trouver ta voix d'auteur, les trois sont nécessaires. L'Intention te donne la direction (pourquoi ce livre existe). Le Rythme te donne le cadre (comment tu écris au quotidien, sans que l'écriture devienne une corvée). L'Identité te donne la voix (qui parle, et d'où).
Quand l'un des trois manque, ça se sent dans le texte. Un livre écrit avec une intention claire mais sans identité assumée sonne creux. Un livre écrit avec une belle voix mais sans rythme régulier ne se finit jamais (et finir son roman, c'est un autre sujet entier). Un livre écrit avec discipline mais sans intention profonde est un exercice, pas une œuvre.
Les trois ensemble, c'est là que ta voix émerge naturellement, sans que tu aies besoin de la « chercher ». Elle est le produit de ton alignement, pas d'un exercice de style.
C'est pour ça que la question « comment trouver sa voix d'auteur » est une fausse question. Car elle n'est que partielle. Sa voix d'auteur on la libère, on ne la trouve pas. On la libère, en clarifiant pourquoi on écrit, en créant un cadre qui nous ressemble, et en osant être soi sur la page. Les trois Clartés sont les trois clés de cette libération.
Et si tu commençais par écouter ?
Je ne peux pas te donner ta voix. Personne ne le peut.
Mais je peux te dire où elle se cache.
Elle est dans ce qui te touche sans que tu saches pourquoi. Dans les passages que tu relis trois fois chez tes auteurs préférés. Dans les sujets qui te font monter les larmes aux yeux quand tu en parles. Dans les scènes que tu écris et que tu supprimes par peur qu'elles soient trop « toi ».
Elle est dans tes tripes, pas dans tes techniques.
Et tu sais ce qui est beau ? C'est que le jour où tu la trouves, tu ne la « trouves » pas vraiment. Tu la reconnais. Tu réalises qu'elle était là depuis le début. Que chaque texte que tu écrivais, même les plus maladroits, portait déjà une empreinte de cette voix. Elle ne demandait qu'à ce que tu la laisses exister sans la censurer.
Alors le premier pas, aujourd'hui, ce n'est pas de lire un article de plus sur le style. C'est de te poser une question simple : qu'est-ce que j'ai envie de dire que je n'ai pas encore osé écrire ?
La réponse à cette question, c'est le premier mot de ta voix d'auteur.
Et le premier pas de ton chemin.
Et si tu sens que ta voix est là, quelque part, mais que tu n'arrives pas à la laisser sortir, c'est exactement ce qu'on travaille ensemble.
Ybe
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