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Ecriture· 10 min

Pourquoi écrire un livre ? La réponse est déjà en toi

Tu portes un livre en toi depuis des années. Les listes de « bonnes raisons » ne t'aident pas. Voici comment retrouver ton intention profonde d'écrire.

Pourquoi écrire un livre ? La réponse est déjà en toi

Pourquoi écrire un livre ? La réponse que tu portes déjà en toi

Samedi matin, retour de vacances. J'ouvre mon carnet, je fais la liste de tout ce que je dois faire. Le coaching. Le livre. Le site. Le podcast. Le contenu. Tout est important. Tout est urgent. La liste s'allonge et la montagne grossit.

Tu connais cet effet au cinéma où la caméra recule pendant que l'image zoome ? Ce vertige visuel où le décor t'aspire. C'est ce que j'ai ressenti. Moi, minuscule, devant une montagne de tâches qui se rapprochait en s'épaississant.

Un vent de panique. Un vrai.

Sauf que ce n'était pas le premier. Et que je commence à me connaître. Alors au lieu de foncer tête baissée dans la liste, j'ai posé une seule question : « C'est quoi, mon vrai rêve ? C'est quoi l'objectif, là, maintenant ? »

La réponse est venue tout de suite. Juste en écoutant.

Et tout s'est remis dans l'ordre. La liste n'avait pas rétréci d'une seule ligne. Mais j'avais retrouvé pourquoi elle existait.

Si tu es là, à chercher « pourquoi écrire un livre », il y a des chances que tu vives ta propre version de ce vertige. Tu portes quelque chose. Tu le sais. Mais entre le doute, le quotidien et les listes de « 10 bonnes raisons d'écrire », tu n'entends plus ta propre réponse.

On va la retrouver ensemble.


Le « pourquoi » que les listes ne te donneront pas

Tu peux lire cent articles qui te diront qu'écrire un livre, c'est bon pour la confiance en soi, que ça laisse une trace, que ça aide les autres, que c'est thérapeutique. Tout ça est vrai. Et tout ça ne t'avance à rien.

Parce que ces raisons sont universelles. Elles marchent pour tout le monde, donc elles ne marchent pour personne en particulier. Ce sont des réponses à la question « pourquoi écrire un livre en général ». Toi, tu ne te poses pas cette question-là.

Ta question, c'est : « Pourquoi ce livre, en moi, ne me lâche pas ? »

C'est une question d'intention. Et l'intention, dans l'écriture, c'est le socle de tout. Dans l'accompagnement Ose Écrire, c'est ce qu'on appelle la Clarté d'Intention : savoir pourquoi tu écris, ce que ce livre représente pour toi, et ce que tu veux qu'il fasse au lecteur.

Quand cette clarté manque, tout devient flou. Tu accumules les idées mais tu ne sais pas par où commencer. Tu écris trois chapitres puis tu t'arrêtes parce que tu ne sais plus où tu vas (et aller au bout de ton roman devient un rêve de plus en plus lointain). Tu te demandes si ton histoire intéresse quelqu'un. Tu procrastines, tu doutes, tu abandonnes.

Et si tu te retrouves à googler « pourquoi écrire un livre » un mardi soir à 23h, c'est probablement que cette clarté s'est un peu perdue en route.

La bonne nouvelle : elle n'a pas disparu. Elle est juste recouverte de bruit.


La chance est radioactive

Là, je vais te parler d'un truc que tu ne trouveras nulle part ailleurs. Parce que c'est né d'un croisement improbable : huit ans d'ingénierie en sûreté nucléaire, et une reconversion dans l'écriture et le coaching.

En radioprotection, on mesure les effets des rayonnements sur le corps humain. Et il y a deux catégories d'effets.

Les effets stochastiques : c'est le coup de dés. Tu es exposé à une dose, et peut-être qu'il se passe quelque chose, peut-être pas. C'est probable, pas certain. Le hasard pur.

Les effets déterministes : au-delà d'un certain seuil d'exposition, c'est garanti. Pas « peut-être ». Certain. Telle dose, tel effet. Pas de discussion.

Maintenant, applique ça à l'écriture et à la chance.

Quand on pense à la réussite d'un auteur, on pense presque toujours au scénario stochastique. Le coup de poker. L'auteur inconnu qui envoie un manuscrit pas mis en page chez Gallimard, qui est pris, qui décroche le Goncourt. Ça arrive. C'est vrai. C'est le hasard qui frappe.

Mais il y a l'autre versant. Le versant déterministe.

Si chaque jour tu écris. Si quand tu finis un manuscrit, tu l'envoies. Si quand tu reçois un retour, tu t'améliores. Si tu continues, jour après jour, mois après mois, avec amour et rigueur. Alors mécaniquement, ce fameux « coup de poker » a de plus en plus de chances d'arriver.

Le hasard n'a plus grand-chose à voir là-dedans. On est dans la chance provoquée.

C'est ça, la chance déterministe : l'alignement entre ce que tu es, ce que tu aimes, et ce que tu fais tous les jours.

Et c'est pour ça que la question « pourquoi écrire un livre » est si importante. Parce que si ton « pourquoi » est profond, sincère, aligné avec qui tu es vraiment, alors tu tiens le socle. Tu tiens ce qui te fera écrire les jours où t'as pas envie. Ce qui te fera te relever après un refus. Ce qui transformera ton parcours en quelque chose de déterministe, pas en loterie.

J'ai vécu ça. Quand j'ai quitté l'ingénierie pour l'écriture et le coaching, les gens autour de moi comprenaient à peu près le geste, mais ils ne comprenaient pas la certitude. « T'es sûr ? Tu lâches tout ? » Oui. Parce que j'avais accumulé assez de signaux, assez de petits pas alignés, pour que le doute ne soit plus « est-ce que je fais le bon choix ? » mais « est-ce que je peux encore me permettre de ne pas le faire ? ». C'est de la chance provoquée. Et ça commence toujours par un « pourquoi » solide.

Et si aujourd'hui ton « pourquoi » te paraît flou, bancal, pas assez noble ? C'est normal. Presque tout le monde commence avec une intention un peu brouillonne. « J'ai envie de laisser une trace », « je veux prouver que j'en suis capable », « j'ai besoin de sortir ce truc de ma tête ». Tout ça est valable, tant que c'est sincère. L'intention se clarifie en marchant. Ce qui compte, c'est qu'elle vienne de toi, pas d'une promesse de résultat. Parce que quand le vent de panique arrive (et il arrivera), c'est la sincérité de ton pourquoi qui te tient debout.


Ton envie d'écrire un livre vient de ce qui fait le sel de ta vie

Il y a un fil entre la chance provoquée et ce que je vais te raconter maintenant. C'est le fil de l'attention. De ce à quoi tu fais attention dans ta vie, de ce que tu remarques, de ce qui te touche sans que tu saches toujours pourquoi.

Pendant cette même pause où j'ai vécu mon vent de panique, j'ai lu un petit livre qui m'a profondément touché. Le Sel de la vie de Françoise Héritier. Le concept est d'une simplicité désarmante : elle y liste, page après page, tout ce qui fait le sel de sa vie. Le plaisir d'acheter une baguette encore chaude et d'en casser le quignon. Retrouver son chien après deux heures d'absence. L'odeur d'un livre neuf qu'on ouvre pour la première fois.

Des petites choses. Des riens. Des tout.

J'ai refermé ce livre en me disant que j'avais envie de faire pareil. De prendre le temps de lister ce qui fait le sel de ma vie à moi. Je ne l'ai pas encore fait (des histoires de priorités, chaque chose en son temps), mais l'envie est là, elle gratte. Et en attendant, ça m'a donné une idée pour le coaching.

En la lisant, je me suis dit : quelqu'un qui fait cette liste, qui prend le temps de nommer ce qui le fait vibrer, cet exercice le ramène droit à son intention d'écriture. Parce que ton livre, au fond, c'est une extension de tout ça. C'est ta manière à toi de dire ce qui compte. De mettre des mots sur ce que tu vis, ce que tu ressens, ce que tu observes.

Et personne d'autre que toi ne peut le faire.

Je le dis souvent en coaching, et je le répéterai ici parce que c'est une conviction profonde : si tu ne l'écris pas, personne ne le fera. Ton livre n'existe que parce que tu existes. Avec ton vécu, tes obsessions, tes contradictions, ta manière unique de voir le monde.

Exercice concret (que je te recommande vraiment) : prends une feuille, et liste ce qui fait le sel de ta vie. Ne réfléchis pas trop. Laisse venir. Vingt lignes, cinquante, cent. Puis relis. Tu vas probablement voir émerger quelque chose : un thème, une émotion, un fil rouge. C'est là que ton intention d'écriture se cache.

Les listes de « bonnes raisons » d'écrire ne te donneront jamais ton pourquoi. Tes propres listes, si.


Ton livre ne s'écrira pas tout seul (et c'est une bonne nouvelle)

Il y a une phrase que je redis à chaque épisode du podcast, à chaque coaching, à chaque conversation avec un auteur en devenir : si tu ne l'écris pas, personne ne le fera.

Ça peut ressembler à de la pression, dit comme ça. En vérité, c'est ce qui libère. Ça veut dire que tu n'as pas besoin de permission. Tu n'as pas besoin d'un diplôme en lettres, d'un éditeur qui valide ton projet, d'un entourage qui applaudit. Tu as besoin de ton intention et d'un premier pas.

Il y a quelques mois, un auteur que j'accompagne m'a dit en séance : « Je ne sais plus pourquoi j'écris ce livre. J'ai l'impression de tourner en rond. » On a posé le stylo, on a arrêté de parler du texte. On a parlé de lui. De ce qu'il vivait. De ce qui avait changé depuis le début du projet. Et au bout de vingt minutes, il a lâché une phrase qui l'a surpris lui-même : « En fait, c'est le livre qui m'écrit autant que je l'écris. »

Son intention n'avait pas disparu. Elle avait mûri. Mais lui ne la reconnaissait plus parce qu'il cherchait encore l'ancienne version.

C'est toujours comme ça que ça se passe. L'intention, le rythme, le rapport à sa propre identité d'auteur, ces trois fils s'emmêlent et se tirent mutuellement. Quand l'un lâche, les autres vacillent. Quand on retrouve un fil, les autres suivent.

On surestime ce qu'on peut faire en sept jours. On sous-estime ce qu'on peut faire en sept mois. Ton intention, c'est ce qui te permet de jouer le jeu long. De commencer aujourd'hui en acceptant que le manuscrit ne sera pas fini ce soir, que c'est normal, et que ça ne rend pas le geste moins précieux.


Tu te souviens de mon vent de panique du samedi matin ? La montagne de tâches, le vertige, la paralysie ?

La question qui a tout calmé n'était pas « comment je vais tout faire ». C'était « pourquoi je fais tout ça ».

La réponse à « pourquoi écrire un livre » ne vit dans aucun article (y compris celui-ci). Elle est en toi, quelque part entre ce qui te fait vibrer et ce que tu n'oses pas encore nommer.

Ton seul travail, c'est de l'écouter.

Et puis d'écrire. Un mot. Puis le suivant. Comme on pose un pied devant l'autre sur un chemin qu'on ne voit pas encore, mais qu'on sent sous ses pieds.


Si tu veux explorer ton intention d'écriture en profondeur, j'en parle dans l'épisode 51 du podcast Ose Écrire : la chance est radioactive, les vents de panique, et pourquoi l'alignement change tout.

Et si tu sens que tu as besoin d'un cadre et d'un regard extérieur pour te lancer (ou te relancer), c'est exactement ce qu'on fait ensemble dans Ose Écrire.

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Ecrit par Ybe

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