Débloquer la page blanche : écris sans te voir écrire
J'ai codé une page où tu n'as que le curseur qui avance. Pas de relecture, pas de jugement. Juste ta main qui écrit. Essaie, dix minutes.

Débloquer la page blanche : et si tu écrivais sans te voir écrire ?
Un soir, je suis devant ma page. Encore.
Ça fait quarante minutes que je tourne autour. J'ai tapé une phrase, je l'ai relue, je l'ai trouvée moche, je l'ai effacée. J'ai retapé une autre phrase, je l'ai relue, je l'ai trouvée pire, je l'ai effacée. À ce stade, j'aurais pu publier un livre rien qu'avec les phrases que j'avais écrites et supprimées dans la même soirée.
Et là, sans prévenir, une question me traverse : si je ne pouvais pas juger ce que j'écris... est-ce que je pourrais enfin écrire ?
C'était une vraie question, et la réponse a fusé en moi sans hésiter : oui.
Ce soir-là, mon blocage n'avait rien à voir avec un manque d'idées. Mes yeux relisaient en même temps que mes doigts tapaient, voilà tout. À chaque mot, un petit éditeur intérieur soupesait, jugeait, validait ou virait. Quarante minutes de ping-pong entre l'écriture et la relecture, sans laisser à l'écriture la moindre chance de respirer.
Alors j'ai ouvert VSC et Claude Code, sans détour. Pas très orthodoxe comme réponse à une page blanche, je sais. J'ai commencé à fabriquer une page web où il serait littéralement impossible de se relire. Une page où tu tapes, et où tu ne vois rien. Juste un curseur qui avance.
Cette page existe maintenant. Elle est sur ybelion.com/page-blanche. Elle ne va pas régler tes problèmes d'écriture, je vais y revenir, mais c'est peut-être la façon la plus inattendue que tu aies vue de débloquer la page blanche : en arrêtant tout simplement de la regarder... parce que de toute manière elle restera blanche mdr.
Le soir où j'ai compris que mon vrai problème, c'était mes yeux
Pour bien comprendre l'idée, il faut que je revienne sur ce moment précis.
Je travaillais sur une scène. Une scène que je connaissais. Je voyais les personnages, je voyais le décor, je savais ce qui devait se passer. Tout y était, sauf les mots.
Je tape une phrase. Mes yeux la relisent. Mon cerveau dit non. J'efface.
Je retape la même phrase, formulée autrement. Mes yeux relisent. Mon cerveau dit bof. J'efface.
Je tape une troisième version. Mes yeux relisent. Mon cerveau dit meilleure mais toujours pas. J'efface.
(Et j'omets les moments entre chacune des versions ou sous couvert de chercher l'inspiration je scrollais sur insta.)
À aucun moment je n'ai laissé passer trois phrases sans les juger. À aucun moment je n'ai donné à la phrase suivante la chance de naître pendant que je gardais la précédente. Tout était simultané : écriture, relecture, jugement, effacement. Une boucle qui se mangeait elle-même.
Je fais une comparaison super conne mais... imagine que tu apprennes à marcher, mais qu'à chaque pas, tu doives t'arrêter pour regarder ton pied, vérifier qu'il est bien posé, juger si le pas était assez élégant, et seulement après, lever l'autre pied. Tu ne marcherais jamais. Tu resterais figé à analyser ta cheville.
C'est exactement ce qui se passait. Mes doigts savaient marcher. Mes yeux les empêchaient de bouger et de courir.
Oui, toi qui me lit je sais que tu vois de quoi je parle !
Ce qui bloque, ce n'est évidemment pas le manque de mots
On croit souvent que la page blanche, c'est le vide : une absence d'idées, aucune matière, rien à poser sur la page.
Maaaais, dans la grande majorité des cas, ce n'est pas vrai. Les idées, les phrases, même le livre, dans sa version mentale, existent déjà à l'intérieur. Le blocage se joue donc dans le passage de cette matière éthérée à la page physique et bien palpable.
Et entre les deux, il y a un filtre : le jugement en temps réel.
Il est absolument invisible à celui qui le subit. Tu ne te dis pas tiens, je suis en train de juger ce que je viens de taper. Tu crois que tu écris et t'as l'impression de faire le travail. Bah ouais, finalement t'as fait ton petit rituel et t'es bien devant ta feuille pour un temps dédié à l'écriture de ton livre. Et pourtant, ton cerveau passe 80 % de son énergie à évaluer ce qui sort, pas à le faire sortir. C'est exactement la même mécanique que ces blocages d'écriture qui paraissent stupides en surface et qui, si tu tires le fil, gardent des sujets entiers qu'on n'ose pas affronter. Le filtre n'est jamais là par hasard : il protège quelque chose.
Et c'est pour ça qu'aucun tip ne fait tomber ce filtre. Tu peux changer d'environnement, boire un thé, mettre un minuteur, écrire n'importe quoi : si le filtre est en mode forteresse, il restera en mode forteresse. Il ne défend pas ton écriture, en fait. Il défend ce qui se cache derrière ton écriture.
J'ai déjà écrit un long article sur la nature multi-tête de la page blanche : l'hydre de l'écriture. L'idée, en deux lignes, c'est que la page blanche a plein de têtes (perfectionnisme, peur du jugement, doute, comparaison) mais qu'elle n'a qu'une seule racine, et que cette racine est toujours personnelle. Couper les têtes une par une avec des tips ne sert à rien : elles repoussent. La vraie sortie, c'est de remonter à la racine pour comprendre ce que défend ce mode forteresse (spoiler, attention act surprise : il ne bloque pas l'écriture en elle-même, mais défend ce qu'elle cache et ce qu'elle pourrait libérer).
Tout cela reste vrai. Et pourtant, il y a un endroit où on peut agir tout de suite, sans attendre d'avoir tout compris. Cet endroit, c'est précisément le geste d'écrire. Le moment où la main tape et où l'œil relit.
La webapp ne prétend pas remonter à ta racine en un instant. Il agit plus modestement, et plus immédiatement : il coupe une tête, mais il la coupe en conscience et... en exploration. C'est-à-dire qu'en désamorçant le mécanisme du jugement en temps réel, il te permet de voir ce qui était caché derrière. Et ce qui sort quand tu ne peux plus te relire... t'indiquera ou est planté cette racine.
Et c'est là que le vrai travail peut commencer.
Débloquer la page blanche : un curseur, et rien d'autre
Le principe est d'une simplicité presque gênante, et c'est tout l'intérêt.
Tu vas sur ybelion.com/page-blanche. Tu tombes sur une page blanche (quelle surprise). Au milieu, un curseur clignote. Tu commences à taper. Et... il ne se passe rien à l'écran. Aucune lettre n'apparaît. Le curseur avance, c'est tout et la page blanche reste blanche (qui aurait pu penser que la page blanche portait en elle sa propre limite ?).
Tu écris ce que tu veux. Une scène, un chapitre, une lettre que tu n'oses pas écrire à quelqu'un, une réflexion que tu repousses depuis des mois, le début d'un roman, n'importe quoi. La page t'écoute. Elle ne te montre rien.
Quand tu as fini, tu cliques sur le bouton d'export, et tu reçois un petit fichier .txt dans lequel, là seulement, le texte apparaît. Tu peux le copier, le coller dans Word ou tout autre outil, le garder ou le jeter. Tu choisis.
C'est tout mdr. Il n'y a pas de fonctionnalités cachées, pas d'abonnement, pas de gamification, pas de score, pas de petit personnage qui te félicite, pas non plus de sauvegarde de ton texte sur les serveurs d'ybelion.com (je dis ça comme si j'étais tah la multinationale). Juste une page qui te laisse écrire sans te juger, parce qu'elle ne te donne rien à juger.
L'idée de fond, c'est de désynchroniser ce qui ne devrait jamais avoir été synchronisé : le geste d'écrire et le geste de relire. Dans ta tête d'auteur, ces deux gestes sont collés depuis tellement longtemps qu'ils te semblent indissociables. Ils ne le sont pas. Ils peuvent vivre séparément. La webapp les sépare physiquement.
Et après... alors là mon pote ahaha.
Ce qui remonte quand tu ne peux plus te relire
La première fois que je l'ai utilisé, j'ai écrit pendant douze minutes sans interruption. Je n'avais pas écrit douze minutes d'affilée depuis des semaines.
Quand j'ai cliqué sur le bouton et que le texte est apparu, j'ai eu trois sensations très distinctes.
D'abord, la surprise pure : j'ai écrit autant ? Les douze minutes, sans la friction de la relecture, avaient produit beaucoup plus de matière que ce que j'estimais. Le débit naturel d'une main qui tape, sans freinage, c'est étonnamment élevé.
Ensuite, une sensation plus étrange. En lisant ce que j'avais écrit, je voyais à la fois des choses que j'aurais réécrites mille fois si j'avais pu les voir, et des phrases que je n'aurais jamais osées si j'avais eu le filtre actif. Quelque chose de plus moi, peut-être, de plus instinctif, c'est sûr. Après tout, rien n'était passé par le tamis du « est-ce que ça fait bien ? ».
Troisième sensation, et c'est celle qui m'a le plus marqué : un soulagement, celui d'avoir simplement écrit, sans avoir à mener le combat intérieur en parallèle. Les mots étaient là, posés. Ni tous bons, ni tous mauvais, simplement existants, et ça change tout.
Plus largement, ce qui remontra sera toujours une partie de toi qui était bridée par le fameux filtre et tu te retrouveras face à des évidences telles que : j'ai écrit ce que je n'osais pas écrire, c'est bizarre, je me suis rendu compte que je connaissais ma scène mieux que je ne le croyais, ou encore je me suis surprise à écrire ce que j'avais envie de dire à (insère ici le nom de ton crush ami.e lecteur.ice).
L'acte d'écrire fait basculer naturellement sur le travail de Clarté d'Identité puisqu'on ose aller interroger notre voix intérieure la plus pure, la plus brute, celle qui existe avant les retouches, avant l'imitation des auteurs qu'on admires, et SURTOUT celle qu'on masque d'habitude quand on se regarde écrire.
Comme un indice sur ou se cache l'hydre.
Couper une tête de l'hydre, en conscience
Je veux être très clair sur ce point parce que je ne voudrais pas qu'on me reproche d'avoir trahi ce que j'ai écrit dans l'article sur l'hydre.
La webapp n'est pas la solution à la page blanche. La page blanche n'a pas de solution universelle. Elle a une racine personnelle, et cette racine, on ne la déterre qu'en se posant les bonnes questions, en creusant, en se laissant accompagner si besoin. Aucun outil ne fera ce travail à ta place.
Mais entre l'auteur paralysé et le travail à la racine, il y a un pas à oser. C'est ce pas que la webapp propose.
Imagine l'hydre. Tu es devant. Elle a sept têtes. Tu sais maintenant qu'il ne sert à rien de couper les têtes au hasard, parce qu'elles repousseront. Tu sais qu'il faut viser la racine. Mais le truc, c'est que la racine est cachée derrière les têtes. Et tant que les têtes te mordent, tu ne peux pas voir ce qui se passe en dessous.
La webapp coupe une tête en particulier : celle du jugement en temps réel pendant l'écriture. Pas par une feinte mentale du genre fais comme si tu ne te relisais pas (ce qui ne marche jamais, soit dit en passant). Il la coupe physiquement, en t'empêchant techniquement de te relire. Et dans le calme momentané que ça crée, tu peux regarder ce qu'il y a derrière.
Ce que tu vois derrière, c'est précieux puisque c'est ta racine en train de t'apparaître. Je ne me supporte pas quand j'écris parce que mon père m'a toujours dit que j'écrivais comme une bouse. Ou bien je n'arrive pas à finir parce que je ne sais pas qui va lire ce livre. Ou bien je relis sans arrêt parce qu'au fond je ne crois pas que j'ai le droit d'écrire. J'arrête la liste ici, puisque sinon je vais y passer la nuit, il y a autant de racines que de personne sur Terre.
La webapp est donc un outil-passerelle-porte. Tu l'ouvres, tu vois ce qui est là, et tu décides de ce que tu en fais.
Si ce qui apparaît est plus grand que ce que tu peux gérer seul, c'est exactement le moment où l'accompagnement prend tout son sens.
À toi : essaie, une fois, dix minutes
Si tu es allé jusqu'ici, tu n'as plus besoin de plus d'explications. Le seul truc qui manque maintenant, c'est de tester.
Va sur ybelion.com/page-blanche. Pose-toi devant... et écris.
Sans rien voir (mdr plus je le dis, plus je trouve l'idée génialissime).
Au bout de dix minutes, regarde ce qui est sorti. Tu seras peut-être surpris. Tu seras peut-être déçu. Tu seras peut-être ému. Tout est valable. L'important, c'est ce que tu as appris sur la machine intérieure qui se met en route quand tu enlèves le filtre.
Ce que tu fais ensuite ne dépend que de toi. Tu peux refaire dix minutes demain matin. Tu peux décider que c'est ta nouvelle routine de trente minutes par jour. Tu peux ne plus jamais y retourner (fait pas ça stp). Tu peux commencer à creuser la racine de ce qui t'a empêché d'écrire jusque-là.
Ce que je sais en revanche, c'est que la page blanche se vainc en agissant et la webapp est là pour rendre cette action un peu plus facile à réaliser : un curseur qui avance, toi derrière, et plus rien à juger.
L'hydre ne mourra pas en une session. Mais une tête de moins, en conscience, c'est déjà un coup d'épée placé (et pas dans l'eau héhé) !
Tu as essayé et tu as senti que ce qui est remonté est plus grand que ce que tu peux démêler seul ? Tu as compris que ta page blanche cache quelque chose de plus profond et tu veux aller voir la racine ? C'est exactement ce qu'on fait ensemble.
Ybe
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