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Coulisses· 4 min

Le trône de cendres

Juin 2025, page 175. Je replonge dans Vvistoh, mon univers de fantasy. Un trône de cendre au milieu du désert. Huit mois plus tard, j'y vois autre chose.

Le trône de cendres

Le trône de cendres

Qu'est-ce que ça me fait plaisir de voir des thèmes créatifs autour de Vvistoh.

Vvistoh, c'est mon univers de fantasy à moi. Et comme tout univers de fantasy qui sort de la tête d'un gars fan de fantasy, cet univers est gargantuesque, possède une cosmogonie immense, des centaines de personnages, tout autant d'histoires, et serait évidemment très adaptable en série HBO.

(Celui qui n'a jamais pensé ça en construisant son univers, je ne le crois pas.)

Tu l'auras compris, c'est un univers que je continue à construire et auquel je me réattaquerai quand la trilogie de Karnoa, puis ma romance, seront écrites. Je garde l'explication du verbe « réattaquer » pour plus tard. Je garde le mystère de la romance aussi. Et je garde les longues explications sur « comment le worldbuilding tue ton roman » pour un article dédié, tant il y a à en dire.

Tout ça fera l'objet d'articles séparés. Promis.

Aujourd'hui on est dans une Encre de Sam, alors on laisse le Sam d'aujourd'hui réagir au Sam du passé.


Écriture manuscrite — Vvistoh, La lutte pour un trône de cendres, page 175, juin 2025

Lire la transcription

Vvistoh – La lutte pour un trône de cendres.

Dans le fin fond du désert de l'Est reste un trône de cendre.

Preuve inutile des luttes de pouvoir d'un peuple qui n'a jamais obéi à aucune règle. N'y voyez pas de jugements de valeurs, la liberté d'un peuple a parfois le goût du sang du volontaire qui voulait le diriger.

« Jamais plus nous ne nous battrons pour le trône de cendres. » Depuis petit j'avais appris à me méfier des mots absolus. Sinon mon père ne serait pas parti. Sinon ma mère et moi n'aurions pas perdu notre maison. Alors le jour où mon professeur d'histoire m'avait dit cette phrase, mon instinct m'a dit qu'au contraire des gens se battraient pour le trône de cendres.


Ce qu'en pense le Sam d'aujourd'hui

Un trône de cendre.

J'adore toujours cette image. Elle me rappelle Game of Thrones, évidemment. Mais en relisant je capte que l'intention était ailleurs : réfléchir à la philosophie des cendres.

Que représentent-elles ? Que nous apprennent-elles ? Au regard du groupe qui répond à ces questions, quel est l'impact ?

Et là, tout de suite, une phrase d'Orelsan me traverse la tête : « renaît comme un phénix, renaît comme un zombie, la défaite c'est comment tu la gères ».

Paf. Je sens le lien.

Ce trône pourrait représenter cet aveu d'échec. L'idée ne serait plus seulement une lutte de pouvoir brute et l'incarnation d'un objet comme preuve des idioties dont sont capables les hommes pour l'obtenir.

Il serait avant tout un symbole de ces défaites.

« Les cendres, c'est ce qu'on en fait » pourrait se dire chacun des groupes. Et en ayant ça en tête, la valeur fondamentale ne serait plus le pouvoir, mais l'honneur.

Ça change tout.

Le pouvoir, tu le prends. L'honneur, tu le construis. Et un peuple qui se bat pour prendre n'a rien à voir avec un peuple qui se bat pour exister. C'est une nuance qui transforme la nature même du conflit.

Et qu'arrive-t-il quand des systèmes de valeurs se percutent ?

Naît la friction qui fait les histoires.

Finalement c'est beau le worldbuilding (quand il ne tue pas le roman, on en reparlera). Ce moment où tu tires un fil et qu'un monde entier s'organise autour. Un trône de cendre dans un désert, écrit à la main un matin de juin, et huit mois plus tard il me raconte quelque chose que je n'avais pas vu consciemment en l'écrivant.

L'écriture fait ça. Elle sait des choses avant nous.

Et le gamin de Vvistoh qui se méfiait des « mots absolus » avait peut-être raison. Les mots qui disent « jamais plus » sont souvent ceux qui annoncent « encore une fois ». Ça vaut dans la fiction. Ça vaut dans la vie. Ça vaut pour ce livre que tu portes en toi depuis des années et auquel tu te dis « jamais plus je n'essaierai ». Ça vaut pour ce blocage qui te paraît ridicule et qui cache quelque chose de bien plus grand.

Méfie-toi de cette phrase. Ton instinct sait qu'elle ment.


L'Encre de Sam, c'est un format où je ressors mes pages manuscrites et je les relis avec mes yeux d'aujourd'hui. L'écriture manuscrite est mon terrain de jeu quotidien, l'endroit où je pense sans filtre. Si ces coulisses te parlent, tu peux retrouver d'autres réflexions dans la newsletter.

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Ecrit par Ybe

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