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Coulisses· 4 min

Le vaccin contaminé

Janvier 2025, page 31. Ayrton Gaïa enquête sur des lots de vaccins sabotés. Une page écrite à la va-vite la veille d'un salon, pour ne pas briser la série.

Le vaccin contaminé

Le vaccin contaminé

Janvier 2025. Page 31 de mon carnet. Un salon le lendemain. Du bruit prévu partout.

Je sais que je ne vais pas avoir le temps d'écrire là-bas. Alors je prends mes précautions. Je sors le carnet la veille, je me cale, et j'écris à la va-vite, avec l'écriture d'un mec qui anticipe le pire. Parce qu'il est hors de question qu'il y ait un trou dans ce carnet. La winstreak ne se négocie pas.

Ce jour-là, c'est Ayrton Gaïa qui prend la plume.

Voilà ce que j'avais écrit :


Écriture manuscrite — Le Vaccin Contaminé, Ayrton Gaïa, page 31, janvier 2025

Lire la transcription

Ayrton Gaïa — Le Vaccin Contaminé : Des lots de vaccins sont sabotés dans la chaîne du froid.

Pourquoi je suis si friand des moments où l'on m'appelle pour parler de vaccins ? Parce que ça renvoie tellement à nos côtés complotistes. Et que parfois... putain parfois je jure qu'ils ont raison ! Enfin, ils se trompent sur un point, le fait que ce soit un complot. Bien souvent ça n'a rien à voir. Un complot nécessiterait que plusieurs forces en présence agissent dans l'ombre et en secret... Sauf que là, ils le font ça en plein jour et le « complot » est visible et documenté à qui veut bien le voir.

C'est par ça que j'ai eu le plus gros fou rire de la décennie. Il y avait littéralement écrit dans les rapports : « briser la chaîne du froid sur les batchs concernés ». Pas de raisons identifiées mais bon, on peut admettre que c'est vague. Maintenant pourquoi on m'a appelé ? Parce que des gens du batch pair sont morts. À croire que...

Je vous laisse supposer. Moi je connais la fin de l'histoire je suis en train de vous l'écrire...


Ce qu'en pense le Sam d'aujourd'hui

La première chose que je vois en relisant cette page, c'est l'écriture. Regardez-moi ce bordel. C'est à peine lisible. Le Sam de janvier 2025 était pressé, il a fait ça en vitesse, et ça se voit. Il savait qu'il n'aurait peut-être pas le temps de le faire plus tard, alors il avait pris ses précautions. Tant pis pour la calligraphie, l'important c'est que la page existe. Que la série ne soit pas brisée.

C'est un truc qui me fait marrer avec du recul : la discipline ne se soucie pas des conditions. Tu le fais quand même. C'est moche, c'est brouillon, c'est vivant.

Ensuite, il y a Ayrton Gaïa.

L'année dernière, j'avais fixé les thèmes de mon carnet sur certains de mes univers fictifs, pour les explorer. (J'ai arrêté cette année, je ne voulais plus aucune obligation sur mes thèmes.) Ayrton Gaïa, c'est mon détective. Acariâtre, désabusé, sûr de lui, mais profondément gentil. Un personnage que j'adore écrire parce qu'il a un piquant et une arrogance que jamais je ne m'autoriserais dans la vraie vie. C'est ça, trouver sa voix d'auteur : s'autoriser à être quelqu'un d'autre sur la page.

Il tape dans le mille direct. Sujet des vaccins, et il souffle le vent du complotisme en pointant du doigt ce truc génial (et peut être tout autant complotiste que le complot) : certains complots n'en sont pas, puisqu'ils se font en plein jour.

Mais ce que j'aime le plus avec Ayrton (outre son prénom et son acidité), c'est son ressort narratif. Il raconte toujours ses enquêtes une fois qu'il les a bouclées. Quand tu le lis, tu sais que l'affaire est résolue. Tu sais qu'elle va te questionner sur la zone grise de l'humanité. Et le tout est saupoudré de ce ton taquin qui n'appartient qu'à lui.

Et puis il y a ce cliffhanger de fin. « Je vous laisse supposer. » Il pourrait te dire le fond de sa pensée. Il a la réponse. Mais il te laisse deviner. Et si Ayrton mentait ? Et s'il n'y avait rien à supposer du tout ? Ce serait bien son genre.

J'aime ce ressort à plusieurs égards. Il place le lecteur dans un cadre qu'il connaît : lire Ayrton, c'est lire une enquête dont on sait qu'elle est résolue. Et il joue avec le lecteur : tu dois supposer un truc, mais quoi ?

Voilà les dessous de ma créativité. Vous n'avez pas idée du nombre d'incipits d'histoires d'Ayrton que j'ai dans mes tiroirs.

Des bisous.


L'Encre de Sam, c'est un format où je ressors mes pages manuscrites et je les relis avec mes yeux d'aujourd'hui. L'écriture manuscrite est mon terrain de jeu quotidien, l'endroit où je pense sans filtre. Si ces coulisses te parlent, tu peux aussi lire Des horloges qui avancent à reculons, ou retrouver d'autres réflexions dans la newsletter.

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Ecrit par Ybe

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