Et si ton absence d'écriture était une information sur toi ?
CE QUE RACONTE CET ÉPISODE
Ingrid a adoré sa prépa. Deux années réputées inhumaines, où elle écrivait des textes courts et du vers libre entre deux colles. Puis elle est entrée en école d'ingénieur, et pendant trois ans, plus rien. Pas une ligne, pas une note de musique, pas un texte. Sur le moment, elle a mis ça sur le compte du rythme et des partiels.
Il lui a fallu des années pour relier les deux. Ce silence artistique était un symptôme, et elle traversait une dépression sans se l'être formulé. L'écriture s'était éteinte avant qu'elle le comprenne.
Aujourd'hui, elle en a fait un instrument de mesure. Est-ce qu'elle écrit ? Est-ce qu'elle fait de la musique ? Quand la réponse est non plusieurs jours de suite, elle sait qu'il faut aller regarder ailleurs dans sa vie. Un thermomètre, rien de plus.
Dans cet épisode, on parle aussi du concours qu'elle a gagné avec un pitch pour un livre qui n'existait pas encore, de son grand-père mort en décembre 2023 sans avoir lu le space opera qu'elle gardait au tiroir depuis six ans, et de la raison pour laquelle elle garde volontairement son métier d'ingénieure.
LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE
CAROUSEL À VENIR
Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.
Face B — le transcript
L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE
Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !
Intro : l'invitée qui m'a inspiré
Ybelion — Yo yo yo, c'est Ybelion. Aujourd'hui, un épisode que je suis très très content d'avoir fait. Un épisode
spécial parce que j'ai l'immense plaisir et l'immense honneur d'accueillir quelqu'un qui m'a beaucoup inspiré
en plus. Ingrid, ou plutôt j'écris un roman. Je vous laisse profiter de cet échange, c'était génial. Et
franchement, j'aurais pu lui parler pendant trois heures, je l'aurais fait. Sur ce, bonne écoute et à bientôt.
Je vais crever. Et c'était dans quoi ? C'était pour le lancement de ton premier livre, c'est ça ?
Gagner un concours avec un livre qui n'existe pas
Ingrid — En gros, Food Fighting, genre le livre sur une nature émotionnelle, je l'ai écrit, il est publié dans une
grosse maison d'édition, la First. Ok. Parce que j'ai gagné un concours et tout.
Ybelion — T'as gagné un concours ? Eh ouais.
Ingrid — Un concours de pitch, le livre n'était pas écrit. C'est hyper drôle, genre vive le dev perso. En fait, tu peux
écrire un livre de dev perso en trois semaines, donc whatever, tu vois. Je pense que le livre de dev perso,
c'est effectivement... En plus, j'avais un podcast dessus, donc limite j'ai pris des épisodes, je les ai remis
dedans. T'as tout mélangé. Du coup, j'étais là, je suis allé pitcher un truc qui n'était pas écrit, c'était
très drôle. C'était pendant le Covid, je me sentais un peu...
Ybelion — Et c'était un concours, ils demandaient des pitchs. C'était pour un livre autour du bien-être ? Ouais. Ok.
Ingrid — Trop drôle, tu dis mais en imaginaire, jamais, il faut quatre synopsis, tu vois, tout le moment, les premières
pages parfaites, machin, et tout, là c'était avec un pitch. Juste un pitch. Ok. Genre si j'ai pas le dit,
c'est pas grave. Ça, je peux te faire. N'en dites pas plus. Et là je me suis dit, merde, j'ai gagné, putain,
je l'ai gagné en trois semaines.
Ybelion — Putain, c'est fou. C'était super drôle. Et du coup après il a été édité, le livre, et il en est où maintenant ? Il a été vendu à 1600 exemplaires. Wouah ! C'est hyper impressionné. C'est toujours, je sais pas si t'as des
chiffres en tête, quand tu sors un livre, est-ce que t'as une barre que t'as envie d'atteindre ? Moi j'avoue
que la barre des 100, elle était un peu, je me disais dans ma tête quand même, 100, c'est déjà une belle
première barre.
Ingrid — J'ai dit à tous mes potes que j'allais leur offrir si et ça, si j'avais 100 ventes, je crois, pour le roman,
mais c'est pas pareil. Mais là c'était une maison d'édition de ouf, dans toutes les librairies, avec un genre,
je suis allé sur Europe 1, France Bleu, machin et tout. Genre ils mettent des moyens de ouf malade pour vendre
leurs bouquins. Donc 1600, en vrai pour eux, c'est pas au coût. Et donc ils nous ont mis fin au contrat. Il y
a pas si longtemps, donc on a, alors on est deux co-auteurs, c'est pour ça. Et genre moi j'ai 300 bouquins, et
là on en a 200, on les a récupérés, on s'en fout, on les veut tous !
Ybelion — Ah mais oui, mais du coup vous les avez récupérés, mais on les vend comme ça. Et donc vous pouvez les vendre
comme ça.
Ingrid — On a pas spécifiquement encore trop le droit, mais... Ouais, ok. Et t'as récupéré les droits dédiés, enfin tu
peux les... On a pas fait encore, mais on va le faire, en vrai je pense à Yann, on attend un petit peu. Ouais.
Ybelion — Putain, en vrai c'est fou, c'était ton premier... Putain c'est le... La carrière qui décolle. Ouais, mais
n'importe quoi, genre first, genre en fait moi j'avais plein de bouquins de devs persos qui venaient de chez
eux, tu vois, que j'adorais, genre Miracle Morning, machin, ça fait, c'est tout. Ok, c'est la première
question que j'ai envie de te poser, quel est ton bouquin de devs persos préféré ?
« 3 ans sans écrire une ligne »
Les livres qui ont tout déclenché
Ingrid — Je saurais pas répondre, mais je pense que... Celui qui m'a mis la plus grosse claque, c'est le pouvoir du
moment présent. Ah putain, bah je suis d'accord avec toi. Il est incroyable, et d'ailleurs dans... Enfin, il a
énormément influencé mes romans. Il y a limite des passages, je pense, c'est plus ou moins ce qu'il y avait
dedans qui sont ressortis comme ça. Mais ouais, non, incroyable. Et sinon, en fait, j'ai commencé par Miracle
Morning, c'est un des premiers que j'ai lus, donc forcément t'es pas objectif quand c'est le premier livre
d'être d'affaires, ce que tu lis. Mais la grosse claque de dire, putain, mais c'est vrai en fait, genre lui,
son but dans sa vie, c'est de réaliser ses rêves, de voir s'il se sent bien et tout. Alors que moi, mon but
dans ma vie, c'était boulot, machin, enfin rien en fait. Boulot et sortir, quoi. Et que l'écriture, elle est
abandonnée depuis longtemps. Et clairement, moi, ça m'a mis un espèce de coup d'accélérateur de... Mais
attends, en fait, je peux aussi écrire un bouquin. Et il y a même un mec qui, tous les matins, il fait ça, il
fait du sport, il avance vers les rêves qu'il a envie de réaliser, tu vois. Et je pense que c'était un premier
déclic. Et d'ailleurs, c'était un premier déclic aussi pour des autres trucs qui ont énormément aidé à
l'écriture, genre la méditation et l'écriture intuitives. Parce que j'ai lu Miracle Morning en 2014. Donc ça
fait 11 ans que je fais la méditation et l'écriture intuitives tous les jours. C'est quoi que t'appelles
l'écriture intuitives ? C'est genre le journalisme, tu vois, tu écris tes... En fait, t'écris plus ou moins un
espèce de journalisme. Ok, c'est un journal intime. Plus ou moins, en fait, mais en vrai, t'écris... Journal
intime, ça fait encore assez stylé, alors qu'en vrai, des fois, t'as vraiment aucune inspiration, en fait.
C'est quasiment impossible. Donc t'es là, t'écris aujourd'hui, virgule, et tu sais pas trop. Et je fais ça un
peu tous les matins. Mais souvent, ça fait très... Moi, je le pratique vraiment en mode défouloir d'émotion,
tu vois. Tu vois qu'en ce moment, t'es hyper stressé. En plus, je suis souvent assez stressée. Donc ça aide
aussi à comprendre qu'est-ce qui t'arrive et tout ça.
Journal intime, gratitudes et 700 vidéos
Ybelion — Moi, je le fais plutôt le soir. Ah ouais ? Moi, j'ai du mal. Tu vois, maintenant, je vais dire que je fais de
l'écriture intuitive. Parce que du coup, je le dis tout le temps. En fait, j'ai un journal intime. Ouais, bah
c'est... Globalement, c'est ça. C'est la même chose. Et du coup, je le fais tous les soirs plutôt, moi. Et
après, moi, je fais... Je pense que c'est ça aussi qui m'a aidé à pouvoir mieux parler devant la caméra. C'est
que je fais un... Tu sais, j'ai pas le mot qui vient, je vais le dire en anglais. De quoi t'es grateful
aujourd'hui ? Ah ouais. Ça, je le fais en vidéo. J'ai des gratitudes. Ah, trop cool. Et du coup, je le fais,
ok, aujourd'hui, je suis grateful de ça, de ça. Ah, c'est trop bien. Et du coup, depuis fin... Mi 2023, je
sais pas, j'ai du coup des... Quasiment 700 vidéos, du coup, de moi qui fais ça. Je sais pas ce que j'en
ferais, mais ça me fait trop rire d'avoir ça.
Ingrid — C'est hyper positif comme énergie. Alors que l'écriture intuitive, ça peut être très négatif. Ouais, ouais.
Ybelion — Effectivement, quand elle écrit, souvent, c'est plus négatif, justement. Parce que dans la vidéo, t'es obligé
d'être positif, parce que c'est le but. Sinon, ça perd un peu son sens.
Ingrid — Après, tu peux avoir un journal où t'écris ce pourquoi t'es plein de gratitudes. Ouais, ouais. Après,
effectivement, il y en a qui le font. Moi, je le fais pas du tout assez.
Ybelion — C'est trop... Ça rentre trop dans la vibe de fêter ses petites victoires. Et en fait, tu vois, c'est tout
bête, mais dans les moments où t'es genre au fond du trou, tu réouvres des vidéos au hasard et tu fais « Ah,
c'est vrai que ce jour-là, il s'était passé ça, tu vois ? »
Ingrid — Et ça, c'est cool. Ah, c'est chouette.
Ybelion — Et ça, je crois que ça vient... Je me demande si c'est pas Miracle Morning.
Ingrid — C'est possible qu'il en parle. Après, pour moi, il parle surtout... Il appelle ça scribing, c'est écriture
intuitive au global. Mais je pense qu'il te dit effectivement que ça t'aide aussi à voir le positif chez toi.
Après, j'entends un bouquin qui s'appelle « Le cerveau du bonheur », qui parle aussi beaucoup de ça. Le fait
qu'on est câblé pour voir le négatif. Et qu'en fait, juste avoir cette démarche-là, ça t'ouvre une porte. J'ai
une méditation qui... Par contre, j'ai plusieurs méditations guidées où ça parle de gratitude. Et genre, mais
ça me change complètement ma façon de penser quand je la fais, quoi. Ça ne dure pas très longtemps. Et du
coup, en quoi ça t'a aidé pour l'écriture de commencer ? De commencer à quoi ? La méditation. J'aurais dû
finir ma phrase. C'est une bonne question, parce que... Pour moi, c'est lié. Viscéralement. Je pense que... En
fait, la méditation, quand je l'ai commencé, j'étais vraiment une personne pas très heureuse. Ok. J'avais
plein de problèmes, on va dire. Notamment la nourriture émotionnelle, qui est le sujet d'un de mes livres. La
méditation, ça a été un des premières clés que j'ai trouvées pour sortir la tête de l'eau, quoi. Tu vois, et
pas être dans la rumination des dépensées négatives et du stress toute la journée. Et d'un coup, il y avait
une porte comme ça que je pouvais ouvrir et qui allait me mettre dans une petite bulle. Ou pas, d'ailleurs.
Mais en tout cas, me rendre plus consciente. Et clairement, je crois que j'ai commencé la méditation tous les
jours, oui, mi-2014. Et je crois que c'est fin 2014, j'ai commencé à écrire mon premier roman, tu vois. Et je
pense que c'était... En fait, ça allumait un peu le... Ah oui, bah du coup, je suis sur la tête de l'eau. Et
du coup, je veux quoi ? Et c'est quoi mon rêve dans la vie ? Je veux aller où ? Je veux aller où ? Je veux
faire quoi ? Et du coup, petit recul. Et en fait, j'ai toujours été passionné par l'écriture. Mais quand j'ai
commencé à faire mes études, notamment prépa, pour trois ans, j'ai abandonné. Et du coup, clairement, hyper
dur. En vrai, non, parce que j'ai pas de temps à abandonner. Mais j'ai abandonné les romans, notamment.
J'écrivais des trucs quand même, mais vite fait. Et après la prépa, j'ai fait autre chose. J'ai écrit des
chansons, surtout quand j'ai commencé à bosser, parce que je suis musicienne. Incroyable. Incroyable. Mais par
contre, rien à voir avec un roman non plus. Et en plus, les chansons, pareil, c'était mille, l'écriture
intuitive et du défouloir. Et du coup, là, c'était... Mais en fait, moi, j'ai un univers en moi depuis que
j'ai genre dix ans. C'est l'univers de cri dans le chaos et j'ai envie de l'écrire. C'est quoi cette
histoire-là ? Et du coup, je pense que c'était un des déclics de ça, quoi. OK.
La méditation comme première clé
Ybelion — C'est trop bien, ça. Comme quoi, tu lis juste un livre et parfois, t'as une phrase et ça peut déclencher des
trucs derrière.
Addiction, riz et confiance : les corps qu'on cache
Ingrid — C'est énorme. C'est pour ça que j'aime autant les livres, je pense. Parce que la nourriture émotionnelle,
c'est pareil. J'ai essayé tout. J'ai regardé beaucoup. Enfin, c'est tout un chemin initiatique. Parce que
c'est une addiction, en fait. Enfin, j'ai dit nourriture émotionnelle, ça, c'est le niveau, on va dire, un.
Moi, j'étais au niveau 14. C'est plus du tout la nourriture émotionnelle. C'est genre un truc énorme. Et du
coup, quand ça devient comme ça, c'est genre une addiction qui te pourrit la vie, qui te pourrit chaque
minute, qui te pourrit t'épensé tout le temps. Et pareil, il y a un bouquin. En fait, j'avais regardé toutes
les vidéos sur le sujet, tous les articles, je me suis dit, c'est tout. Mais il y a un bouquin qui m'a fait
genre tout changer, tout switcher et tout remettre en perspective. Qui s'appelle Oser avoir faim. Et là, d'un
coup, j'étais prête pour essayer de sortir de là. C'est ouf. Et donc, c'est un livre qui est orienté plutôt
mindset aussi ? On va dire ça, mais en vrai, il y a aussi énormément d'autobiographiques. Parce que tu peux
juste pas en parler comme ça, tu vois. C'est comme si, tu vois, tu lisais un livre juste de conseils pour être
fumé. Mais c'est pas ça, c'est des histoires de vie.
Ybelion — C'est pourquoi tu fais, c'est d'aller chercher dans ses tripes et tout. C'est ça que j'ai toujours trouvé
compliqué dans les... Moi, tu vois, j'ai eu le problème inverse. C'était prendre du poids, le problème. Et en
fait, la solution paraît logique, tu vois, c'est, bah mange. Et en fait, t'es là, tu fais, mais c'est... Et tu
sens qu'en fait, ça se passe pas au niveau... C'est pas physique, tu vois, le problème. Et tu vois, c'était un
énorme problème de confiance, en fait. J'avais pas confiance en moi, tu vois. Et c'était aussi une manière de
me cacher en disant, tant que je suis encore maigre, j'ai le droit de pas avoir confiance. Et du coup, c'est
ça, c'est toujours... Et du coup, je sais pas, moi, je m'en rappelle plus. Je crois qu'il y a un moment, quand
même, j'en avais marre de plus avoir confiance, quoi. C'est un moment, la douleur de rester dans l'état de pas
confiance était plus grande que la douleur de l'effort pour grossir, quoi. Ouais, j'avoue. Et du coup, j'ai
mangé des kilos de riz. Ah, vive le riz. Des kilos de riz. J'en mangeais le matin, le midi, le soir, tout le
temps. Putain, c'était une période horrible. Heureusement, je le ferais plus maintenant. Mais putain, ouais.
Ok, trop bien, les livres. De toute façon, ça, c'est magique. Moi, un qui m'a énormément marqué... En fait,
c'est toujours un peu le premier que tu lis. C'est le Subtle Art of Not Giving a Fuck, là. Il est très cool.
Il a un ton... Je pense que tout le monde raisonne pas pareil avec ce livre parce qu'il a un ton un peu
agressif, tu vois. Il est un peu rentre-dedans, tu vois. Et tu vois, du coup, ça peut parfois un peu mal
raisonner. Mais franchement, moi, il m'a bien marqué. Miracle Morning et Le Pouvoir du Moment Présent, c'est
un des premiers livres un peu spirituels que j'ai lu, Le Pouvoir du Moment Présent. Et genre, ça a
complètement changé ma vision que j'avais du stress et de l'anxiété. J'étais en mode, mais c'est vrai, si je
vis que dans le moment présent, je peux plus être stressé. Mais c'est pas facile d'appliquer tous les jours ce
conseil de vivre dans le moment présent.
Ingrid — Ouais, et puis il y a un jeu, des fois, il y a des trucs qui sont plus forts que ça et qui crient plus fort
que Le Moment Présent. Mais sinon, pour faire un peu du francophonie, il y a un autre bouquin qui est du genre
du Miracle Morning, qui s'appelle Réveil Matinal, Vie Maximale. OK. Et qui est super cool parce que, pareil,
le Miracle Morning, c'est la Californie, la méditation, le running du matin, le jus vert, etc. Et Xavier
Klein, celui qui a écrit Réveil Matinal, Vie Maximale, lui, c'est un vrai Français. Je crois qu'il est
gendarme. Il n'y a du coup rien à voir. Et pourtant, il a fait pareil. Il a mis le réveil tôt pour réaliser
ses rêves, super tôt et tout. Et il voulait avoir un corps de 40 ans. De 20 ans à 40 ans, plutôt.
Ybelion — Dans l'autre sens, c'est dommage. Et du coup, genre,
Ingrid — en fait, son bouquin à lui m'a remis un électrochoc quand j'étais entrepreneur. Parce que, bah, entrepreneur
full time, hyper stressant, insomnie, pas prendre soin de soi et tout ça. D'un coup, je tombe sur lui,
miraculeusement. Je lui ai dit qu'il m'a sauvé la vie une deuxième fois. Ouais.
Ybelion — Synchronicité, parfois, ça arrive pile au bon moment. Ouais. T'as dit, donc, 2014, tu reconnectes avec
l'écriture, finalement. Ouais. À ce moment-là, tu bosses encore. Ouais. Raconte-nous un peu ton parcours.
Ingénieure en Chine, NaNoWriMo raté, StarCraft 2
Ingrid — Je suis ingénieur en 2014 dans l'énergie. Et en fait, j'adore mon boulot. Mon boulot est génial. Je suis expat
en Chine, tout ça. Et du coup, pas facile d'inviter l'écriture quand t'aimes bien ton boulot. Et que, en fait,
c'est ça, ta vie, quoi. C'est ta vie de 9h à 18h. Le télétravail n'existe pas. Et en fait, j'ai essayé de
faire le NaNoWriMo parce que, d'un coup, quelqu'un parlait du NaNoWriMo. Moi, j'ai magnifiquement loupé. Mais
surtout, aussi, il y a un truc qui a allumé un petit peu mon inspiration et où je me suis dit, OK, non, mais
là, il y a quelque chose parce que je n'aimais pas l'histoire que je voulais écrire.
Ybelion — Déjà, ça part mal. Ouais.
Ingrid — C'était, ouais, en fait, j'avais surtout le début, mais je n'avais pas la suite et ce n'était pas clair et
tout ça. Et en fait, je jouais beaucoup à StarCraft 2 à l'époque. Et StarCraft 2, allumage de l'inspiration.
D'un coup, j'avais des... Genre, avant d'aller me coucher le soir, je pensais, ouais, mais en fait, ça
pourrait être une guerrière qui infiltre un vaisseau où il y a genre les ergles de StarCraft 2. Et en fait, ça
m'a mis le feu à l'inspiration et tout. Et là, j'avais la motive d'écrire et je ne savais pas si mon histoire
était bien, mais j'avais la motive de le faire.
Ybelion — Alors, je n'ai peut-être pas fini le NaNoWriMo,
Ingrid — mais j'ai quand même bien avancé dessus. Même si tout le reste, en fait, je doutais énormément de mon style.
Je le trouvais absolument horrible.
Ybelion — Ouais, ça c'est... Voilà.
Démission, tour du monde et la plume qu'on ne se connaissait pas
Ingrid — Et du coup, j'ai quand même bien ramé et je n'ai pas beaucoup avancé. Et la deuxième étape, c'est qu'en fait,
en 2017, donc un peu après, mais bon, on va dire que j'avais une vitreur remplie quand même. J'avais plein de
fois en Chine, tout ça. En gros, en 2017, j'ai demandé à faire une année sabbatique à mon employeur qui m'a
dit non parce que je ne remplissais pas les conditions. Et en fait, direct, je me dis bah ok, je vais
démissionner, cool. Et je suis allée faire le tour du monde. Et en fait, quand je suis allée faire le tour du
monde, j'ai fait un blog de voyage. Au début, c'était pas spécialement le but du tout. Je voulais au contraire
être coupée un peu de tout ça. J'étais pas très fan des réseaux sociaux à l'époque d'ailleurs. Mais
finalement, non seulement je pouvais en même temps donner des news et en même temps écrire. Et surtout, petit
à petit, j'ai commencé à me dire mais en fait, j'en ai besoin. J'ai besoin d'écrire ce que je suis en train de
vivre et tout parce qu'il m'arrivait des trucs assez fous. Et donc, je me posais à chaque fois tous les jours
et j'écrivais des trucs divers et variés. Des fois, c'était plus ou moins construit. Des fois, ça n'avait rien
à voir. Et après, je faisais une sélection pour les mettre sur ce fameux blog de voyage. Et là, en fait,
grosse surprise parce que tous les gens qui me lisaient alors c'était parfois des proches et parfois pas parce
que j'étais un peu sur des forums des trucs comme ça aussi ils me disaient « Wouah, c'était trop bien ! J'ai
vu jusqu'à la fin plume de ouf ! C'est dingue ! » Et là, d'un coup, je me dis « C'est bizarre ! » Parce que
moi, c'était nul ce que j'écrivais dans mon roman. Il était nul, normalement. Mais pourquoi vous vous dites
que c'est bien ? Parce que là, j'ai pas l'impression d'écrire non plus. Je mets des blagues, tout ça. Et du
coup, je pense que c'était un de mes déclics j'en parle assez souvent mais un de mes déclics de « Ah, mais je
peux peut-être faire pareil avec la fiction ! » Un des premiers déclics et puis en même temps, là aussi, c'est
parce que c'est fluide. J'ai écrit de manière fluide alors que moi, sur mon roman, je m'étais 10 000 ans à
écrire une phrase. Du coup, ça m'a beaucoup aidé, je pense, à voir l'écriture différemment même s'il me
manquait encore quelques petits déclics. Il m'en a manqué surtout un. C'est-à-dire que justement, pendant ce
fameux voyage, je me suis dit, j'étais sur une plage à l'autre bout du monde et on me dit « Qu'est-ce que je
vais faire de ma vie ? » Parce que bon, ingénieur, ça me saoule. Et je me suis dit « En fait, ce roman-là, je
vais l'écrire. » Vraiment, c'est le premier truc que j'ai envie de faire. C'est le seul à lequel je pense. Il
y a aussi un autre truc qui est cool, c'est que ma famille,
Ybelion — vu que j'étais loin, ils avaient dit
Ingrid — « Pour Noël, écrivez chacun une histoire. »
Ybelion — C'était très mignon. On est trois enfants.
Ingrid — Ça n'avait rien à voir entre les trucs. Et en fait, moi, j'ai pris ça, mais genre, c'était le boulot de ma
vie. Et en même temps, je me suis dit « Mais c'est trop bien. » Et là, en fait, c'est con, mais c'était une
histoire plus courte. Donc, c'était facile de faire le scénario d'une histoire courte et trop bien avec plein
de pays du monde et tout ça. Et pourtant, l'histoire était chouette. Je me suis dit « Mais en fait, quand je
vais rentrer, je vais essayer d'avoir le plan avant d'écrire l'histoire. » Et ça, c'est quelque chose que je
n'avais jamais essayé de faire. Et là, j'ai découvert que les méthodes de préparation varient selon les
auteurs, selon leurs projets aussi, parce qu'il y a des romans que j'ai beaucoup moins préparés que celui-là.
Mais en gros, quand je suis rentrée, j'ai quitté région parisienne,
Ybelion — je suis à l'habitat de Nice et juste,
Les post-it au mur et le 31 décembre à 22h
Ingrid — j'allais me coller devant une table avec mon plan pour essayer d'en faire quelque chose. J'ai mis un temps fou
à le faire, le plan. J'ai eu une formation de prof de yoga où je faisais toujours le plan. Je me souviens
parce qu'il y avait des post-it au-dessus de mon mur
Ybelion — avec les opératifs. Et là,
Ingrid — vers la fin, j'avais mon plan et j'ai commencé à l'écrire en juillet 2018. Mon but, c'était de finir avant la
fin de l'année et j'ai fini le 31 décembre à genre 22 heures. Mes potes m'ont détesté. Tu pètes l'ambiance.
Mais moi,
Ybelion — je voulais finir mon premier jeu. Fixer des deadlines comme quoi ça pousse souvent un petit peu. En tout cas,
c'est un beau parcours parce que ça prouve que c'est toujours des petits pas qui te mènent à cette espèce de
légitimité d'écrivain. Et au début, tu as toujours cette sensation de te dire en fait, c'est nul. Mais en
fait, c'est parce que tu essaies d'être quelqu'un que tu n'es pas. Et ça ne veut pas dire que tu n'es pas
capable. C'est juste qu'il s'agit d'être soi-même. En tout cas, moi, c'est un peu la vision que j'ai de la
manière d'écrire. Oui, et puis en fait, ce n'est pas ça.
Ingrid — C'est aussi que tu as lu plein de livres qui sont géniaux et du coup, tu compares. Parce que tu te dis là, je
suis en train de créer un livre. C'est aussi bien que Philippe Poulman, intro de Royaume du Nord. Et ça ne
marche pas. Parce que tu ne sais pas que ces livres-là, ils ont été relus 48 fois et là, c'est la version 1
que tu as. Oui,
Ybelion — et puis tu n'es juste pas la même personne. Non plus. Et donc, ce n'est pas possible de faire la même chose.
Chacun est unique. Il faut cultiver cette unicité. Je le dis à tout le monde que c'est important. Et donc, ce
premier roman dont tu as parlé, que tu finis le 1er siècle le 31 2018,
Ingrid — c'est quoi comme roman ? C'est écrit dans le chaos
Ybelion — qui est sorti en juillet 2024. Ah, d'accord. Et du coup, entre 2018 et 2024, une boucle infinie de relectures
ou c'est juste une mise en pause ? Non,
Ingrid — il y a des relectures au début et ensuite, j'ai aussi écrit d'autres romans parce que j'étais persuadée
d'écrir dans le chaos, je n'en ferais jamais rien. Ah ouais ? Parce qu'il est un peu inclassable entre Space
Opera qui déjà n'est pas un très bon genre
Ybelion — pour trouver des éditeurs et moi, c'est là tout. Tu sais que j'ai découvert la définition de Space Opera dans
ton live mercredi parce qu'à chaque fois j'étais en mode ouest, c'est Space Opera, ouais, j'essayais pas ce
que c'était. Non, tu sais, c'est bon, il faut expliquer. Je veux bien que tu le rends.
Ingrid — Contrairement à la science-fiction, un Space Opera, c'est justement, comme son nom l'indique, un roman qui se
passe dans l'espace mais donc où on va parler d'une échelle où il y a plusieurs planètes. Tu pourrais avoir un
planète opéra, par contre, c'est un roman qui se passe sur une seule planète. Genre, bon,
Ybelion — on peut dire d'une, plus ou moins,
Ingrid — c'est pas vraiment ça ou seul sur Mars. Ok. Mais théoriquement, c'est des mondes fictifs, ou Jupiter, ou je
sais pas trop quoi. Un truc où vraiment on voit un futur pour l'humanité. Moi,
Ybelion — j'avais opéra dans ma tête, genre musique, violon et tout, tu vois.
Ingrid — Mais j'ai jamais compris pourquoi il y a opéra. Ouais. Du coup,
Ybelion — j'avais jamais compris le rapport avec Star Wars, tu vois. Mais bon, je comprends du coup. Moi, il y a un
truc, j'essaie de mettre des mots dessus à chaque fois. Qu'est-ce que t'as ressenti quand t'as tenu Cri dans
le chaos,
Tenir son livre : petite Ingrid, 6 ans
Ingrid — terminé, imprimé, dans tes mains, la première fois ? J'étais hyper émue parce que, du coup, j'ai pas trouvé
d'éditeur pour ce roman malgré de nombreuses recherches quand même. Et je reste assez persuadée que c'était
surtout une histoire de fait qu'il était pas trop catégorisable. Et en fait, hier sur Instagram, j'ai posté un
réel où je montre que j'ai écrit des livres depuis que j'ai genre 6 ans et que j'avais fabriqué un livre.
c'est souvent pas moi qui avais mis les agrafes, mais bref. J'avais 6 ans avec une histoire, un titre, une
fin, des numéros de pages et tout ça. Et du coup, je pense que il y a quelques moments comme ça dans ma vie où
je me suis dit tu reconnectes en un instant avec l'enfant que t'étais qui avait ce rêve-là
Ybelion — et tu l'as réalisé, tu vois.
Ingrid — Ça m'est arrivé plusieurs fois parce que quand je fais le tour du monde, j'ai aussi eu ça. Ok. C'est quelque
chose que j'utilise beaucoup pour avancer
Ybelion — et faire mes choix de vie, de me demander ce que dirait
Ingrid — petite Ingrid 6 ans. Et là, ouais, j'étais très très émue du coup d'avoir ça parce que j'ai repensé, j'ai
reconnecté
Ybelion — avec petite Ingrid 6 ans. Elle m'a dit c'est cool. t'arrives à décrire. J'ai jamais réussi à mettre de mots
moi sur l'émotion que j'ai eue quand j'ai reçu le livre. Ah ouais. Ouais. C'était, ouais, je sais pas. C'était
un truc de, de, putain, enfin, pas enfin, mais le rêve accompli et tu vois, c'était la première fois que je
réalisais un rêve, un vrai rêve. Et je crois que la première chose que je me suis dit, c'est, mais attends,
mais je crois qu'en fait, tout ce que je peux faire, tout ce que j'ai envie de faire dans ma vie, je peux le
faire, quoi. Ah ouais, je vois. Et genre, je sais pas, c'est l'impression que ça a ouvert un peu une porte en
disant, mais si ce rêve-là, il était accomplissable, peut-être que, t'en as plein d'autres, quoi. Et je pense
que, tu vois, c'est arrivé un timing où aussi, bah finalement, ce livre-là, je l'ai dans les mains en
septembre, c'est en octobre que je démissionne, vraiment, tu vois. Je pense qu'il y a un peu un lien, tu vois,
entre ces rêves-là. Alors, je dis ça, mais il y avait aussi
« Il est horrible ! » : la première épreuve entre les mains
Ingrid — des émotions négatives. Ah ouais ? Alors déjà, bon, c'est bête, mais quand tu es auto-édité, le premier, la
première fois que tu le tiens dans tes mains, c'est la version Amazon toute moche, et j'ai fait, mais il est
horrible ! Mais aussi, moi, il y a un côté, enfin, j'en parle quand même assez souvent parce que je trouve que
c'est important de le dire, c'est qu'en fait, la raison pour laquelle aussi j'aime autant l'écriture et les
livres, c'est que je partageais cette passion-là avec mon grand-père et il est décédé en 2023, décembre 2023.
En décembre 2023, j'attendais toujours de trouver des éditeurs pour créer dans le chaos un jour. Et là, ça m'a
vraiment mis une claque en me disant tu vas attendre longtemps encore ? Il n'a même pas pu lire quoi que ce
soit. Alors si, il avait quand même
Son grand-père, six ans d'attente et la décision d'y aller
Ybelion — lu le début et tout ça. Et vraiment, ça m'a mis une claque de me dire
Ingrid — mais pourquoi tu as attendu 6 ans ? C'est quoi le projet en fait ? Tu vas attendre 18 ans avant d'oublier ton
truc que quoi ?
Ybelion — Et là, je me suis dit
Ingrid — non mais c'est bon maintenant, j'ai assez attendu, je vais le faire moi-même. Et c'était hyper émouvant parce
que là du coup, tu reconnectes aussi avec ce lien-là
Ybelion — qui est si tu fais ton deuil. Je ne dis pas qu'il faut absolument faire son deuil mais en tout cas,
Ingrid — moi, ça m'a aussi permis de réaliser que j'avais attendu beaucoup trop longtemps et que c'était sans intérêt.
Et de me dire c'est par fierté que tu ne veux pas auto-éditer ton roman en fait ? C'est quoi le problème ? Et
je pense qu'effectivement se prendre ce mur-là, ça fait quand même du bien
Ybelion — parce que tu questionnes aussi un petit peu pourquoi tu veux
Ingrid — typiquement un éditeur parce qu'en fait, c'est quand même quelque chose que j'ai toujours envie et d'ailleurs,
j'ai un roman qui est chez un agent littéraire pour ça, tu vois. Mais en même temps, tu te dis à quel prix tu
le veux travailler sur un roman avec un éditeur ? Est-ce que tu veux sacrifier des trucs aussi importants que
ça ? Oui.
Ybelion — Quel est le but d'avoir un éditeur ? Moi, par exemple, je sais que je me trompais. Je pensais que j'avais
envie d'écrire des livres parce que je voulais devenir célèbre ou en vendre beaucoup, tu vois. Mais en fait,
pas du tout. C'est vraiment, pas du tout. Je veux que le truc existe, tu vois. Je veux me sentir avancé. C'est
une manière d'avancer. Et du coup, moi, le mien, je ne l'ai même pas envoyé à personne. Après, on l'a édité
avec la maison d'édition. C'est de l'auto-édition déguisée parce que je suis un des fondateurs de la maison.
Donc forcément, la seule différence, c'est que tu maîtrises tous les... on a pu faire ce qu'on voulait avec le
livre, tu vois.
Ingrid — Pas une différence avec l'auto-édition. Ah oui, avec l'édition pratique. Ouais, c'est ça.
Ybelion — Plutôt avec l'auto-édition. Tu vois, on avait vraiment le choix sur le format, l'épaisseur des pages, la
couverture. Ouais, t'as plus de choix. On se sentit beaucoup plus libre, tu vois. Plus de choix. C'est vrai
que selon
Ingrid — en auto-édition, tu peux avoir ce choix, mais c'est pas le même budget. Ouais, effectivement.
Ybelion — Et donc, ouais, c'est bien de se rendre compte. Après, c'est bien l'édition aussi. Bah voilà, moi, du coup,
Ingrid — ça m'a quand même questionné et je me suis dit, bah non, moi, j'adore travailler collectivement sur un livre.
D'ailleurs, toute l'écriture est collective chez moi à chaque fois. Ouais. C'est depuis 2018 et du coup, c'est
vrai que c'est pour ça que je voulais un éditeur, moi, en fait, et je l'ai réalisé grâce à ça aussi. Je me
suis dit, mais moi, je veux travailler main dans la main avec quelqu'un pour que mon livre soit le meilleur
possible. Alors oui, tu peux le faire en auto-édition parce que tu vas faire des bétalecteurs, etc., mais
c'est quand même pas du tout la même chose. Puis tu portes
Ybelion — toute la charge mentale aussi du travail. Et en plus, voilà,
Ingrid — tu es chef d'entreprise et tout, et clairement, ça c'est aussi un truc où je suis allé à reculons parce que
j'avais déjà une entreprise à côté et clairement, me remettre dedans, etc., c'était quelque chose qui au début
Ybelion — ne me faisait pas du tout envie. Ouais.
Ingrid — Et en même temps, tu vois, finalement, petit à petit, je me disais, bah ouais, mais tu peux aussi,
effectivement, t'as quand même des bétalecteurs, t'as quand même un projet, tu peux en discuter avec des amis
qui vont te conseiller, tu peux confronter tes avis, même si t'es en auto-édition tout seul. Mais c'est vrai
que pour avoir travaillé il n'y a pas longtemps sur une nouvelle avec une éditrice,
Ybelion — c'est quand même super cool. Ouais, ça libère beaucoup de charge mentale. Ça fait plaisir, ouais. Tu peux nous
en dire plus sur cette nouvelle ou c'est... Ouais, bien sûr,
Satoshi Nakamoto, Burning Man et les GAFAM
Ingrid — elle va paraître en avril 2025 dans un recueil qui, je ne sais pas si c'est le petit temporaire ou pas, mais
ça s'appelle le recueil de Nakamoto parce que ça parle de crypto, mais...
Ybelion — Et c'était... Ouais, et justement,
Ingrid — c'était un appel à texte où le but, c'était de caser le mot Satoshi Nakamoto et le thème, c'était utopie ou
dystopie, pire tout pire. Incroyable. Et je suis fan de crypto. Putain, c'est fou,
Ybelion — je ne sais pas pourquoi on est passé à côté de ça.
Ingrid — Je ne sais pas comment t'as fait pour ne pas le voir. C'était il y a assez longtemps, cela dit. Parce qu'il y
a eu le Covid, je crois, des trucs comme ça, je pense que ça date vraiment. Non, c'est peut-être post-Covid,
et en fait, moi, il se trouve une super idée d'histoire que je n'écrivais pas parce que j'avais d'autres
projets. Et je me suis dit, ah, ça y est, je vais enfin pouvoir écrire cette histoire-là. Parfait pour l'appel
à texte. Et donc, cette histoire, ça passe à Burning Man qui est un événement slash festival slash ville
éphémère dans le désert du Nevada qui a lieu tous les ans. Et je me suis dit, c'est marrant, ça pourrait être
le dernier refuge contre les envahisseurs et les GAFAM. Et en gros, le pitch, c'est que du coup, les GAFAM ont
envoyé, donc un peu comme aujourd'hui, le monde, l'économie, mais aussi la politique. Enfin, c'est vraiment
beaucoup, un tout petit peu plus dictatorial. Mais il y a le Bitcoin. Le Bitcoin, c'est décentralisé, c'est
pas les GAFAM et tout ça. Mais il se fait attaquer de tous les côtés par les GAFAM qui aimeraient bien avoir
le GAFCOIN. Et du coup, les derniers défenseurs du Bitcoin sont à nos GAFAM City qui est Burning Man devenu
permanent, enfin fondu désert, avec l'esprit Burning Man parce que c'est quand même quelque chose que j'adore,
qui me questionne beaucoup. artistiquement, c'est hyper chouette. Et en même temps, c'est pas évident, c'est
pas forcément, ils sont en danger en étant là, en vivant là. Il y a une rumeur qui est que Satoshi Nakamoto va
apparaître pour les X années, j'ai même oublié, 30 ans du Bitcoin, je sais pas trop quoi, là-bas. Et du coup,
il y a une journaliste financière de Londres qui se dit, j'y vais, je vais voir. Et en même temps, comme ça,
je verrai NOGAFAM City. Et en même temps, comme ça, je verrai si Satoshi va apparaître. Va vraiment
réapparaître. C'est le début de NOGAFAM City. Là,
Ybelion — ça m'a donné envie. Moi, j'adore ces sujets-là aussi. Et le sujet de Satoshi Nakamoto est quand même assez
exceptionnel. Il y en a même qui disent que c'est forcément, c'est des gens qui viennent du futur ou des
aliens. Tu vois, tellement c'est improbable que... Enfin ouais, c'est un sujet qui s'éloigne un peu de
l'écriture, mais qui est assez intéressant quand même.
Ingrid — C'est assez inspirant aussi d'avoir ce genre de mystère comme ça dans notre vie. Ouais. Et en fait, c'est ça.
Tu vois,
Ybelion — quelque part, j'aimerais savoir qui c'est, quel génie qui a inventé un truc comme ça, tu vois. Mais en même
temps, le jour où on le sait, la portée ne serait plus la même, je pense. C'est clair. Mais en tout cas, ça
invite des questions philosophiques qui sont quand même très intéressantes. J'invite tout le monde à ne
serait-ce se questionner sur le sujet du Bitcoin, mais vraiment que d'un point de vue philosophique,
c'est-à-dire ce que ça représente. Après, investir ou pas, ça, c'est au regard de chacun, mais
philosophiquement, cette question de décentralisation, de où est placé le pouvoir, où est la sécurité, où est
la liberté, tout ça. En plus, c'est des thèmes qu'on retrouve dans énormément de bouquins de science-fiction
partout, en fait. j'ai utilisé science-fiction parce que j'ai pas bien révisé tous les thèmes et tout. Non,
mais science-fiction, c'est vrai, c'est notre monde. C'est ça, exactement. Après, tu peux, je crois,
Ingrid — avoir des techno-thrillers aussi. J'aimerais bien écrire un truc comme ça.
Ybelion — Un techno-thriller ? Ouais,
Ingrid — genre un thriller qui est un peu sur l'univers de la tech. Et en fait, NogaFamCity, je voulais que ça soit un
techno-thriller, je voulais que ça se passe dans notre monde, mais que ça soit plus long qu'une nouvelle.
Ouais, genre Terminator, c'est un peu un... Ouais, c'est mi-sf, mi-techno-thriller. Tu vois, un
techno-thriller, pour moi, il peut se passer en 2025 dans je sais pas quel univers. Ok. Pas si c'est code
volé. Ouais.
De la bêta lecture au coaching littéraire
Ybelion — J'ai des idées qui me viennent comme ça d'un coup. Désolée de te donner plein d'idées drôles. Non, t'inquiète.
Et donc, quelque chose dont on n'a pas parlé pour l'instant, c'est le fait que t'es coach et comment t'as
commencé à te rapprocher de ce métier-là et à vouloir accompagner les gens à écrire, finalement. En fait, je
disais que je me suis lancée
Ingrid — dans l'écriture en 2018. En même temps, je me suis aussi lancée dans la bêta lecture. Vraiment, c'était au
même moment. Ok. Hasard de fou parce que j'ai fait une... J'étais avec la communauté NanoRemo de Lyon-Grenable
Ybelion — à l'époque puisque ça existait beaucoup.
Ingrid — C'était très en physique, en fait, au début de NanoRemo avant le Covid. Ok. Moi, j'aime bien aussi les trucs
un peu de hasard et tout. Et genre, j'étais à côté d'une fille qui était scientifique comme moi qui écrivait
un bouquin d'imaginaire comme moi et qui me dit mais tu connais pas le forum machin et tout.
Ybelion — Elle m'en a présenté plusieurs où il y avait
Ingrid — de la bêta lecture et j'ai commencé à m'entraîner à la bêta lecture. Comprendre ce qui fait qu'une histoire
fonctionne ou pas, comprendre ce qui fait qu'il y a des accros dans le texte. J'ai des grumeaux sur l'écrire
au monde. Il y a des grumeaux, quoi. Et puis, il y a un truc qui passe pas. A comprendre aussi ce qui fait
qu'un style fonctionne ou pas et qu'il est fluide ou pas. Et c'est par là que je suis entrée, c'est par le
côté technique parce que, au fil du temps et notamment fin 2019, j'ai commencé à me dire mais moi, fin 2019,
en fait, je travaillais dans une start-up où du coup, je passais énormément de temps au travail et là, il y
avait déjà l'écriture dans ma vie
Ybelion — et j'écrivais beaucoup et du coup, j'étais en train
Ingrid — de tout remettre en question et me dire non mais, je ne tiendrai pas éternellement dans cette start-up, c'est
épuisant, qu'est-ce que je veux faire ? Et en même temps, j'ai aussi découvert qu'il y avait des filles
entrepreneurs qui s'en sortaient à peu près bien alors que dans ma tête, en France, c'était absolument
impossible et du coup, je me suis dit en fait, je pourrais juste faire de la bêta lecture ou des trucs comme
ça, je pourrais aider les gens à améliorer leur texte et tout. J'ai une coach après ça. C'était l'évolution
naturelle parce qu'en fait, pour écrire, il faut aussi avoir confiance en soi. Je n'avais pas encore, je pense
totalement, mesuré la portée du truc à l'époque mais en fait, du coup, le 4 avril 2020, j'ai ouvert mon école
d'écriture, j'écris un roman où le but, surtout au début, c'était de travailler ensemble sur les textes et la
bêta lecture, limite,
Ybelion — c'était le module numéro 1. Très drôle. Et puis,
Ingrid — tout très vite, je me suis dit mais non, mais en fait, parfois, ce n'est pas du tout ça dont il est question,
ce n'est pas du tout une histoire de technique, ce n'est pas du tout pour ça que le texte n'avance pas, ce
n'est pas du tout pour ça que la personne n'écrit pas et que l'extérieur ne fonctionne pas, c'est un blocage
qui est plus profond et je pense qu'il y a un côté où j'avais quand même, alors j'avais suivi des formations
un peu sur les gens, l'humain et tout ça et aussi, je pense que j'avais un peu plus de recul donc même en
n'ayant pas du tout étudié le coaching, j'arrivais plus ou moins à trouver les blocages quand on en discutait
et aussi, ça faisait, enfin là, je parle de 2020 donc ça faisait quand même un an et demi que j'étais sur le
sujet et que j'étais aussi des auteurs même bénévolement et en fait, c'est souvent la même chose quand même
aussi, les blocages mais du coup, en mi-2020, j'ai commencé à suivre une formation de coach alors c'était en
distanciel parce qu'il y avait le Covid et là, pour vraiment être, c'était PNL mais pour au moins pouvoir
faire des vrais coachings où on va chercher vraiment les blocages. C'est hyper puissant. C'est hyper puissant
et en plus, c'est toi qui m'as dit ça d'ailleurs, je crois, c'est qu'en plus, tu te coaches toi-même quand tu
suis ce genre de formation,
Ybelion — tu découvres des choses sur toi. Alors moi,
Ingrid — je m'étais déjà pris des grosses claques parce que j'avais quand j'ai fait ma formation de prof de yoga, il y
avait une formation, alors c'est un peu ésotérique mais de kinésio. Là, ça m'avait beaucoup retourné le
cerveau aussi donc c'était pas une première.
Ybelion — C'est une de mes envies de tenter la kinésio.
Ingrid — C'est très intense. Et c'est, alors pour le coup, j'aime, bon c'est normal que ce soit sur la mi-vilude et
tous les trucs de secte parce que c'est vraiment d'une puissance inouïe quoi. En même temps, bah oui, c'est
une puissance inouïe parce que ça marche. Ouais.
Ybelion — Et c'est ça qui est, c'est assez dur d'expliquer aux gens qui ont jamais ou qui sont très, un peu frileux
vis-à-vis du coaching pour expliquer à quel point c'est puissant quoi. Faut vraiment l'expérimenter une fois,
se finir assis sur sa chaise en regardant le ciel en disant putain mais c'est vrai j'avais jamais pris
conscience de ça. Et souvent c'est des trucs très bateaux et effectivement en fonction des gens on retrouve
toujours un peu les mêmes choses mais franchement c'est hyper puissant. Dans ma démarche de savoir ce que je
voulais faire de ma vie il y a un moment je vois bien que le rapport que j'ai à l'écriture c'est pas quelque
chose j'arriverais pas à en faire quelque chose où j'ai envie d'en vivre. Tu vois j'ai pas envie que cette
passion là soit quelque chose où je me dis ok je suis obligé d'écrire parce que là il faut que je sorte un
livre parce qu'il faut que je mange à la fin du mois tu vois. C'était pas du tout la rationalité d'ingénieur
là elle était ça marchait pas du tout. Et du coup je cherchais et la seule chose que j'aimais bien dans le
travail c'était l'accompagnement des gens la formation ce genre de choses. Et donc là à ce moment là je
commence à me dire bon bah ok qu'est-ce que je peux faire autour de l'écriture avec cette compétence que j'ai
pu acquérir. Donc là tout de suite je me dis bon bah ok la formation a priori c'est sûrement ça mais à
l'époque j'ai un truc très technique en tête tu vois. Et donc là je vais discuter avec plein de formateurs que
j'ai pu avoir dans ma vie professionnelle et la plupart ont la casquette formateurs coach et ils me disent en
vrai interesse-toi plutôt peut-être à la truc de coach et c'est un truc que je voyais vraiment pas en écriture
en tout cas qui n'est pas du tout mis en avant j'ai découvert après qu'il y en avait quelques-uns et en fait
je commence à imaginer ce que je vais faire plus tard en me disant ok je vais voir ce que je peux faire autour
de là. Donc là évidemment tu fais un peu ton travail de veille tu vas voir ce que font les autres et t'es la
seule que j'ai trouvé à l'époque qui avait un discours qui était orienté autour de briser les croyances
limitantes de déverrouiller les blocages avec vraiment une posture de coach et pas seulement de dire pour
écrire une histoire il faut faire A, B, C, D il faut forcément que ton personnage il évolue machin machin tu
vois l'aspect technique il y en avait plein il y a à boire et à manger des gens qui te promettent des
best-sellers d'autres qui te disent qu'en 3 mois t'auras écrit la trilogie que t'as toujours rêvé d'écrire et
toi t'es la seule qui avait ce discours là et donc quand j'ai vu ça je me suis dit ok je suis sûr que je me
trompe pas tu vois je suis sûr et en plus tu sais j'ai retrouvé des posts que tu faisais sur Reddit il y a
très longtemps ouais j'ai retrouvé un post je te jure je crois qu'il date de 2013-2014 je sais plus faudra que
je le retrouve et j'étais là en mode ouais mais elle a vraiment raison et donc tu m'as t'as été le petit le
petit truc qui m'a fait dire ok c'est la je pense que c'est la bonne direction tu vois et là hasard de dingue
comme quoi la vie est bien faite je fais tout ça et un jour là où on travaille parce qu'on s'est rencontré par
hasard on travaille au même endroit à un moment je te vois passer je suis dans dans la cantine là je te vois
passer je me dis attends je la connais je confirme
Ingrid — c'est très très drôle d'avoir que t'as 4500 abonnés et qu'il y en a un qui te dit hé c'est pas toi que je
viens de voir dans les couleurs du taf j'avais raconté ça à tous mes collègues tout le monde était mort de
rire
Ybelion — en vrai c'est une truc de fou je dis bah oui c'est sûr que si
Pourquoi elle refuse de lâcher l'ingénierie
Ingrid — justement parce que aussi c'est un truc dont je parle peu mais que moi mon métier d'ingénieur j'en ai besoin
c'est un peu mon rock dans la tempête de l'écriture et de l'entrepreneuriat et du coaching et c'est quelque
chose aussi qui me sort complètement de tout ça et qui fait une coupure avec tu vois toi tu disais j'aimerais
pas devoir avoir besoin d'écrire mon livre pour pouvoir manger à la fin du mois et moi non plus parce que je
pense que je détesterais l'écriture si c'est ça et j'ai aussi failli détester mon entreprise mon bébé que
j'aime tellement parce que bah en fait pareil je devais faire que ça et je devais manger à la fin du mois et
du coup je faisais n'importe quoi et j'étais en panique et du coup l'ingénierie ça m'a sauvée par rapport à
tout ça et j'ai converti du coup cette enfin comment dire
Ybelion — j'ai retrouvé le plaisir dans ce que je faisais
Ingrid — dans l'entrepreneuriat on va dire dans le coaching dans l'accompagnement et du coup justement il y a alors il
y a un côté équilibre financier certes mais il n'y a vraiment pas du tout que ça ça me donne un rythme aussi
ça me donne le côté collectif où tu rencontres des gens c'est très inspirant et il y a une autrice que j'aime
énormément qui s'appelle Floriane Sula qui écrit La Très Bonne SF qui a dit une fois dans une table ronde que
elle est ingénieure encore maintenant je ne sais pas si c'est le cas encore aujourd'hui en 2025 mais elle
écrivait énormément à côté et qu'elle ne se voyait pas du tout lâcher parce que déjà pourquoi ? il y a eu une
époque il y avait des époques quand même dans l'histoire de France où c'était plutôt cool de faire plein de
métiers et d'avoir plein de talents et aussi que par contre une fois elle était 6 mois pas enfin elle n'a pas
travaillé mais du coup elle n'avait aucune inspiration elle avait dit électroencephalogramme plat quoi et je
suis sûr je suis sûr que alors je ne suis pas sûr non plus parce que moi je vais aussi prendre une année où je
ne travaille pas dans pas trop longtemps enfin où je ne suis pas ingénieur plutôt
Ybelion — coucou l'employeur coucou l'employeur et en fait
Ingrid — je ne pense pas non plus que là ça soit une crainte mais clairement ça nourrit énormément le reste et je n'ai
pas envie
Ybelion — de le lâcher je suis beaucoup touché par ce que tu dis parce que c'est très vrai l'écriture est nourrie par
tout le autour c'est impossible je l'ai fait une fois pendant une semaine de me dire ok je vais écrire 5000
mots par jour ah c'était horrible c'est la pire semaine de ma vie ça a remis ça a remis en question toute ma
vision je me suis dit non mais attends c'est pas comme ça qu'on peut avancer et donc ouais c'est très
important d'avoir autre chose à côté pour nourrir cette inspiration et les gens en font partie effectivement
donc le travail offre quand même ce cadre là
Ingrid — je pense surtout si c'est un travail qui te permet de rencontrer plein de personnes différentes et de
découvrir des projets ou ce genre de choses très différents et moi c'est clairement quelque chose dont j'ai
besoin et puis vraiment le côté collectif ne pas être tout seul c'est très drôle parce que j'étais à mon
compte que pendant un an complet où j'ai fait beaucoup de j'écris romans un peu d'écriture et déjà je pense
que dès le premier mois au fond de moi je savais que c'était pas pour moi d'être toute seule dans mon compte
et effectivement c'était pas le but parce que quand je me suis posé la question moi je me voyais j'avais déjà
une assistante à l'époque qui m'aidait à répondre aux mails et je me voyais être en équipe au moins avec elle
besoin de pas être toute seule clairement et aujourd'hui j'ai une assistante qui travaille quand même beaucoup
avec moi et un développeur qui travaille aussi énormément avec moi mais ça n'empêche que c'est pas du tout la
même chose que d'être à plusieurs en chair et en os aussi donc il y a tout ce côté là un peu qui est quand
même à prendre en compte
La prépa, l'école d'ingé et la créativité écrasée
Ybelion — tout à l'heure tu as évoqué l'impact de la prépa sur la créativité là on est tous les deux ingénieurs
qu'est-ce que t'en penses de ce rapport entre l'ingénierie et la créativité les études d'ingénieur
Ingrid — alors moi je suis un peu un cas particulier parce que j'ai adoré ma prépa et j'ai détesté mon école
d'ingénieur mais du coup j'ai écrit en prépa et en école d'ingénieur j'ai absolument rien fait d'artistique
pendant trois ans zéro c'est d'ailleurs comme ça c'est mon super repère pour savoir si je vais bien ou pas
est-ce que j'écris ou pas ou est-ce que j'ai besoin de faire de l'art ou pas ou de la musique
Ybelion — je suis tout à fait d'accord avec toi
Ingrid — et clairement là quand je me suis rendu compte que mon école d'ingénieur c'était zéro je me suis dit ok en
fait j'étais vraiment en dépression
Ybelion — t'avais déjà le marqueur d'écriture en fait plus ou moins
Ingrid — de trucs artistiques soit d'avoir envie d'écrire j'ai écrit des chansons depuis un peu mon adolescence
Ybelion — ça j'allais y revenir j'allais dire à son ou les chansons pardon je t'ai coupé sujet intéressant et du coup en
prépa par contre j'ai écrit
Ingrid — je saurais même pas t'expliquer ce que c'était c'était des histoires
Ybelion — courtes des tranches de vie
Ingrid — des choses comme ça ou des comment on appellerait ça du verre libre ok une espèce de poésie déguisée ouais et
ça c'est quelque chose que j'ai toujours fait en fait et en prépa je l'ai beaucoup fait parce que c'est un
petit peu t'sais en 5 minutes tu peux un peu sortir de ta de ta vie et vraiment j'avais je sais pas puis
j'avais un peu plus le côté artiste je pense en prépa parce que je fais aussi de la photo et tout et j'allais
dans les musées c'est un petit peu le moment où aussi j'ai pu vraiment découvrir l'art on va dire puisque
j'étais en ville etc ce côté entre ingénierie et art c'est très drôle parce que justement dans mon école
d'ingénieur il y avait un espèce de groupement entre l'école d'ingé l'école d'art et l'école de commerce sur
le papier ça fait rêver moi j'ai essayé de rejoindre alors du coup dans ce cadre là en fait le vendredi il
proposait de faire du coup tu pouvais rejoindre des espèces de groupes de travail sur des trucs et j'en ai
rejoint un avec plein d'espoir en fait c'était naze clairement j'ai le détesté mais il y avait quand même une
histoire de projet artistique et tout ça et en fait c'est très dur je trouve parce que moi typiquement je
pense que j'ai voulu du coup faire littéraire quand j'étais en seconde et je me suis anguilée par mes parents
et j'ai fait scientifique puis la prépa pareil je voulais faire littéraire et je me suis anguilée par mes
parents et je suis allé en scientifique où on m'a dit oui mais tu verras il y a des trucs littéraires en prépa
scientifique ce qui n'était pas non plus faux en plus du coup j'étais prumse dans toutes les langues et le
français c'était super mais en fait enfin en vrai il y a cette énorme différence et il n'y a pas la place je
trouve et en même temps c'est trop drôle parce que quand je suis arrivée en école d'ingénieur alors certes
j'ai détesté mais il y avait énormément de trucs de musique d'art et tout ça donc il y avait un petit peu une
porte ouverte on va dire et moi typiquement je me suis engouffrée dedans énorme et même si j'ai détesté mon
école d'ingénieur j'ai adoré une partie d'elle qui était que l'école où j'étais co-organisait un énorme
événement sur la culture japonaise qui avait lieu à Nancy qui vient tous les ans d'ailleurs qui s'appelle
Animest qui est incroyable j'étais présidente de l'association du coup évidemment ils n'ont fait pas les
choses à moitié et en fait où justement tu te rends compte que en même temps c'est très chouette parce que ce
côté justement très cartésien au quotidien ça ouvre une porte énorme à tout le reste tu vois alors que
Ybelion — je discute souvent et j'ai un ami qui est journaliste qui me dit
Ingrid — bah tu sais déjà t'es collé devant ton ordi à écrire du matin au soir et ensuite tu dois écrire ton roman et
ça m'avait beaucoup marqué quand il y avait dit ça je me suis dit mais c'est vrai qu'en fait on a aussi de la
place tu vois mais en tout cas ce qui est sûr c'est que j'ai pas écrit de roman pendant toute cette période là
et que c'est revenu beaucoup plus tard et je pense que c'était là une histoire de voir l'écriture différemment
de pas juste c'est quelque chose que je fais comme ça mais qu'est-ce que je veux en faire quel rêve je veux
réaliser
Ybelion — je sais je saurais pas trop expliquer pourquoi mais la prépa l'ingénierie t'écrase toute créativité et moi je
pense qu'à la fin c'est pour ça que j'étais malheureux mais je le savais pas parce que moi j'avais pas du tout
ce marqueur là et en fait j'ai commencé à déconnecter de tout ce qui était créatif bien avant à partir du
lycée et après comme toi c'est un peu en vrai t'es pas trop bête à l'école donc on t'envoie plutôt en filière
scientifique et quand tu sais pas ce que tu veux faire rationnellement dans l'organisation du monde actuel
c'est mieux de partir en filière scientifique parce que tu peux toujours reboucler après en littéraire si t'as
envie et moi j'ai vraiment super mal vécu rétrospectivement j'ai compris pourquoi je me sentais pas bien
j'étais j'osais plus être créatif et j'avais l'impression de pas l'être et ça tu vois quelque part il y a un
truc j'en veux presque tu vois je me dis putain c'est fou qu'on ait réussi à me dire que t'étais pas créatif
et en fait ce qui me touche beaucoup aujourd'hui c'est que je vois beaucoup de gens ingénieurs qui sont comme
ça aussi et tu vois je pense quand je suis parti là où on bosse un collègue qui m'appelle voilà il dit c'est
très inspirant le fait que t'oses partir machin machin et il me dit parce que moi j'oserais jamais en plus je
suis pas du tout créatif alors tu vois tout de suite la voilà la posture de coach t'entends pas du tout tout
de suite tu questionnes pas du tout jamais vraiment jamais créatif
Ingrid — on dirait une chose que tu te répètes
Ybelion — ouais c'est ça et tout de suite il dit ah non mais c'est vrai j'écrivais des trucs avant pour quelqu'un machin
et tu vois tu l'es créatif et en fait c'est fou on oublie on oublie qu'on est créatif voilà c'est pour ça que
je posais la question parce que je pense qu'il y a beaucoup d'ingénieurs qui s'ignorent qui s'ignorent et
c'est dommage
Ingrid — la Florian Soula quand je disais qu'elle avait parlé de ça c'était justement une table ronde qui était quand
ton autre métier nourrit l'écriture et il y avait elle qui est ingénieure en je crois que c'est de la méca en
aérospatiale il y avait une prof de maths que j'aime beaucoup
Ybelion — qui s'appelle Elodie Boucher qui écrit des livres de fantasy
Ingrid — et qui dit que les maths et la fantasy c'est pareil il y a des règles et il faut s'amuser avec
Ybelion — elle a tellement raison et moi j'ai fait des tableaux Excel pour les mondes de fantasy t'es là tu fais attends
faut calculer les trucs et tout
Ingrid — c'est clair et il y avait aussi pareil une personne qui avait dit qu'elle avait fait scientifique un peu par
défaut et qui se retrouvait écrire etc et cette table ronde elle était passionnante c'était aux aventuriales
au salon des aventuriales il y avait ça le comble il y avait plein de gens qui avaient ce parcours c'est dispo
c'est possible
Ybelion — tu m'en verras si jamais c'est dispo c'est vrai tout à l'heure en off je te disais que j'avais rencontré Wajdi
et il m'avait dit ça justement parce que je l'avais appelé initialement en lui disant je sais pas trop ce que
je veux faire ma vie j'ai l'impression de jamais avoir le temps d'écrire alors que j'ai envie de faire que ça
j'ai l'impression que tout le reste prend beaucoup trop de place par rapport à l'écriture et il m'avait dit tu
sais avec le côté un peu artiste tu sais les très grands étrivains regarde Kafka je crois qu'il était avocat
j'ai pas retenu mais bref il m'en a cité plein des très grands comme ça il disait ils étaient jamais que
écrivains ils faisaient tous plein de choses à côté et c'est vrai quand tu remontes avant t'étais philosophe
mathématicien écrivain maçon
Ingrid — moi mon idole c'est Victor Hugo il faisait plein de trucs
2000 auteurs accompagnés : ce que ça fait vraiment
Ybelion — ouais c'est vrai c'est vrai j'ai jamais lu Les Misérables moment de confession c'est pas mal Les Misérables
non après j'exagère en vrai on en a lu des passages quand même à l'école on nous en fait lire t'as accompagné
plus de 2000 auteurs je crois qu'est-ce que ça fait comment on se sent quand on accompagne plus de 2000
auteurs
Ingrid — en individuel j'en accompagnais 500 mais c'est quand même beaucoup c'est quand même énorme qu'est-ce que ça
fait en fait c'est à la fois incroyable je réalise pas encore je pense et parfois ça me fait un peu de la
peine parce que je me dis c'est con mais on bloque toujours sur la même chose c'est un éternel recommencement
et si j'étais meilleure dans ce que je raconte sur les réseaux sociaux peut-être qu'ils auraient pas ces
blocages là
Ybelion — c'est dur de faire une séance de coaching à distance pas réelle interposée
Ingrid — c'est vrai alors oui pas réelle interposée oui mais c'est vrai que même moi c'est uniquement du distanciel
c'est pas comment dire non je pense que j'ai quand même énormément de gratitude pour ça parce que les gens
m'ont fait confiance dès le début vu que j'étais un petit peu la première coach littéraire qui passait par le
web dans 2020 et du coup c'est un cercle vertueux puisque du coup tu as de pouvoir dire
Ybelion — que tu fais du coaching régulièrement
Ingrid — et tu en parles etc je trouve que ça ça m'apporte énormément moi sur mon fonctionnement à moi
Ybelion — sur le fait qu'on peut
Ingrid — beaucoup se voler la face c'est quelque chose assez drôle qui va te faire rire je pense
Ybelion — parce que chez les coachs c'est quelque chose de connu
Ingrid — mais en fait la vraie réponse à la question du coaching arrive toujours dans la dernière minute avant la fin
et ça c'est quelque chose de très marrant parce que parfois je me souviens de ça pour moi et je me dis mais
non si tu te dis que c'est ça c'est que c'est pas ça et l'auto coaching ça marche pas forcément
Ybelion — très bien sur moi non c'est difficile parce que tu te poses jamais les bonnes questions tu te poses jamais les
bonnes questions
Ingrid — et c'est ce que font les gens ils arrivent en disant j'ai un problème dans mon plan et en fait c'était un
problème parce qu'ils déménagent ouais
Ybelion — c'est un truc de chou parce que en fait souvent c'est ça t'arrives et tu dis ok bon là j'ai ce problème là et
je sais que ça vient de là et c'est ça que je veux régler et après tu poses tes questions et tu te rends
compte que le chemin est en fait complètement différent et c'est pour ça que c'est hyper intéressant et c'est
pour ça que c'est très dur d'expliquer l'effet que ça fait bah voilà
Ingrid — et du coup je dirais que en fait bon c'est quand même à beaucoup de pourcentages peut-être 80% des coachings
très techniques
Ybelion — où je prends ma passion
Ingrid — c'est le scénario donc on prend le scénario on le dissèque dans tous les sens pour voir comment on peut faire
un meilleur scénario comment on peut pousser plus loin et vraiment c'est quelque chose que j'adore et qui
m'anime énormément et c'est génial mais ça suffira pas en fait ça donnera pas entièrement confiance dans
l'auteur et pareil le style c'est plus rare en général mais parfois voilà et puis moi je suis quand même une
grande amoureuse des mots et du coup faire un coaching sur le style c'est très différent du scénario c'est
moins technique c'est beaucoup plus artistique et c'est quelque chose que j'aime beaucoup aussi et il y a la
catégorie de la fin là c'est j'arrive pas
Ybelion — j'arrive pas j'arrive pas
Ingrid — et alors parfois j'ai des moments extrêmement durs pour moi alors posture de coach mais dans ta tête tu te dis
oh punaise en fait la personne son histoire de vie c'est ça et parfois c'est des personnes qui ont une
histoire de vie horrible et qui viennent me dire j'essaye de l'écrire et évidemment je blogue parce que
j'essaie de écrire des trucs horribles et ça m'est arrivé plusieurs fois et là vraiment c'est un autre niveau
de coaching sur lequel bah du coup je pratique beaucoup moins donc forcément tu te dis est-ce que c'est bon ce
que j'ai fait est-ce que bon la personne ça se voit que je l'ai aidé mais j'aurais peut-être pu faire mieux
etc c'est quand même très dur comme sujet on est entre un pied dans le coaching et un pied dans autre chose
Ybelion — bah après c'est les souvent la frontière entre psychologie faut faire attention effectivement c'est ça et moi
je suis quand même très vigilante parce que justement c'est pas du tout le sujet sur lequel je suis une
experte le plus
Ingrid — mais du coup ouais je dirais que ça fait ça nourrit la créativité de voir tous ces parcours là ça nourrit la
confiance de voir qu'ils me font confiance à moi moi je dis toujours que je suis personne pour juger leur
histoire etc bon à part le fait que je suis formé à l'écriture créative et au coaching mais sinon je me dis
toujours mais ils me font confiance à moi avec leur histoire et à chaque fois que je fais un coaching avec
quelqu'un et qu'après je vois un mail avec tout un tas de trucs pour discuter le replay et tout ça à chaque
fois je commence par dire que je leur remercie pour la confiance qu'ils m'ont accordé en me confiant ce qu'il
a de plus précieux à savoir son texte et dernier truc
Ces femmes à qui on n'a jamais donné le droit
Ybelion — parce que je trouve que c'est quand même
Ingrid — hyper important de le mentionner il y a un côté très dur aussi parce que j'accompagne parfois des personnes
qui n'ont pas du tout mon âge qui sont beaucoup plus âgées et aujourd'hui on a quand même alors on a parlé des
ingénieurs
Ybelion — chez qui on étouffe la créativité
Ingrid — on a quand même un petit peu plus d'ouverture à la pratique artistique que ça
Ybelion — surtout chez les gens par exemple
Ingrid — qui vont avoir un autre âge qui vont bon si on a un travail parfois on arrive quand même à faire plus ou moins
de l'art à côté mais il y a des personnes qui sont plus âgées que ça notamment les femmes chez qui on n'aura
jamais autorisé à faire des choses artistiques et à même faire quoi que ce soit pour elles en fait on a
accompagné quelques-unes c'était les pires coaching de ma vie d'un côté parce que réaliser ça en fait elle est
en train de me dire ça elle est en train d'essayer d'écrire un livre jeunesse alors que toute sa vie on lui a
dit qu'elle était nulle et c'est une grand-mère en fait et ça c'est terrible d'un côté et je sors de ces
coaching là complètement secoués et de l'autre je me dis mais c'est beau parce qu'elle va quand même essayer
de le faire un peu grâce à moi et il y a des moments très difficiles aussi quand tu réalises ça tu dis mais il
y a des personnes qui sont disées là sur les ingénieurs qui ont ça sur 50 ans en fait
Ybelion — et là c'est plus les barrières sont vieilles plus elles sont difficiles les injonctions de l'enfance c'est
compliqué c'est horrible
Ingrid — et justement on reconnecte beaucoup à cet enfant là quand on fait un coaching surtout sur des sujets très
profonds et tout et du coup c'est très intense alors c'est aussi pour ça que j'allais quand même dire que
globalement le tableau est très positif parce que quand tu vraiment t'as un blocage qui se libère et tout on
m'a régulièrement demandé si j'étais psy aussi en formation je dis non non non non
Ybelion — c'est vrai que c'est pas du tout le coach il te pousse vers le futur il va jamais creuser et gratter le passé
il te demandera jamais qu'est-ce que et ta mère elle en pensait quand même ça jamais tu questionnes ces sujets
là
Ingrid — j'ai qu'on m'a demandé ça aussi parce que justement d'un coup tu s'y connectes parfois et tu vois tout de
suite le blocage qui tombe chez la personne et Pascal s'est connecté aussi à se passer
Ybelion — moi je trouve que l'émotion que ça peut susciter chez la personne qui est en face de toi parfois tu sens c'est
beaucoup dans le non-verbal aussi un truc comme si t'as un miroir qui se brise tu vois et là la vie la
personne la voit complètement différemment et ta tu sens tout de suite la prise de conscience là tu fais ok
c'est bon mais moi je trouve que là où la posture de coach parfois elle est elle est compliquée c'est que et
ça c'est toujours important de le rappeler c'est que le coach il est garant du processus mais pas du résultat
tu vois tu peux pas coacher quelqu'un qui a pas envie d'être coacher tu peux pas coacher quelqu'un qui a pas
de sujet et moi c'était ça au début c'est compliqué tu vois de vraiment complètement se détacher parce que
parfois la personne elle arrive nulle part tu vois ça arrive et là tu fais putain merde j'ai mal fait mon
travail parce qu'en fait non toi t'es là pour essayer de l'attraper mais il y a des gens qui ont ils y vont
ils ont les deux pieds bloqués dans le sol ça m'est déjà arrivé
Ingrid — plusieurs fois aussi l'auteur en fait il y a alors j'ai plusieurs fois eu le cas où juste la personne elle m'a
écouté elle m'a parlé mais je voyais bien qu'elle était pas là elle était pas intéressée par ce que je disais
et tout à la fin
Ybelion — comme d'habitude mais du coup t'en as pensé quoi de l'extrait en fait elle voulait juste
Ingrid — une validation extérieure par quelqu'un qui a un peu
Ybelion — une légitimité et je lui dis donc en fait
Ingrid — toute cette heure de ma vie je viens de la perdre c'est assez énervant mais en même temps je lui dis elle en
est pas là c'est ok je vais bien lui dire dans le mail que je suis là pour quand elle aura besoin mais c'est
sûr que c'est frustrant et après il y a des personnes avec qui ça fonctionne pas forcément bien elles en sont
pas là aussi elles ont besoin de plus de temps que ça en fait mais c'est vrai que parfois c'est un peu c'est
un peu difficile parce qu'on a chez certaines personnes on va pouvoir lui ouvrir la porte de ce qui est
possible dans le futur si par exemple on refait un coaching dans 6 mois ce genre de choses si elle commence à
réfléchir à tel sujet mais bon il y a des personnes qui sont très fermées à ça et notamment parce que c'est du
coaching littéraire donc il y a des personnes qui viennent vraiment pour ce côté technique et toi tu vois que
le blocage c'est pas de la technique mais elles sont pas prêtes à l'entendre
Les deux familles d'auteurs
Ybelion — c'est vrai on se cache beaucoup derrière le non mais j'ai pas assez de vocabulaire non mais je sais pas bien
comment faire des histoires alors tout de suite derrière le truc c'est tu t'enfermes dans du world building
donc t'es en train d'inventer tous les trucs ok alors il y aura telle ville telle ville alors ça que ça sert à
rien dans ton histoire tu l'utiliseras jamais ou peut-être dans 10 ans ou alors tu te dis non mais je vais
peut-être encore lire 3 ou 4 bouquins pour apprendre à bien maîtriser un style
Ingrid — moi j'aime beaucoup parler de ça en disant qu'il y a un peu les deux familles il y a la famille qui va venir
me parler dès le début qui dit hé j'ai besoin d'aide c'est la famille qui a besoin d'aide et qui justement va
se diriger vers des coachs et qui va se diriger vers des questionnements de est-ce que j'utilise la bonne
méthode etc et j'accompagne plein de personnes comme ça qui sont formidables notamment ma communauté détermine
auteurs les auteurs le petit groupe que j'anime au quotidien et il y a les personnes j'ai pas besoin d'aide
qui elles elles vont écrire le manuscrit jusqu'à la fin tout seules et ensuite elles vont arriver elles vont
me dire voilà j'ai écrit un manuscrit en entier tu peux m'aider ah ok et en fait c'est ok en fait moi j'étais
comme ça aussi j'étais dans la famille pas besoin d'aide pour mon premier roman et après j'ai compris que j'en
avais besoin mais c'est le choc est plus dur pour la deuxième partie j'ai déjà eu des dialogues très
compliqués avec des personnes en plus souvent ça c'est plus par mail parce que c'est des personnes qui vont
venir me voir pour faire un diagnostic sur leur extrait et mon assistante et moi on essaie de leur expliquer
que oui alors par contre etc et je mets beaucoup de disclaimer parce que je fais des retours ouais par écrit
aussi et c'est très dur pour moi de faire un retour par écrit mais j'ai rendu compte que les gens en avaient
besoin aussi parce que ça engage moins et en même temps de dire mais là ça va pas suffire de recevoir ce
retour par écrit il y a un peu de travail sur ton roman est-ce que tu veux en parler et c'est très dur à
entendre quand on a passé déjà des mois, des années sur un roman d'entendre ce genre de choses et du coup là
j'ai déjà eu voilà des échanges très durs avec certaines personnes alors très durs non mais difficile pour moi
et mais souvent très très souvent même je trouve justement c'est ce premier choc dont l'auteur avait besoin il
réfléchit bras du noir un petit peu et d'un coup il revient et là son manuscrit
Ybelion — a évolué et lui aussi et c'est super ouais bah ça en fait ça touche énormément à l'ego parce que c'est souvent
quand tu mets je pense que comme t'as dit tu dois recevoir beaucoup d'auteurs qui ont écrit pendant des années
t'imagines t'écris quelque chose pendant des années ça veut dire que t'as vraiment craché tout ce que t'avais
en toi tous tes souvenirs tout ton inconscient tout tout tout et que quelqu'un puisse te dire que c'est pas
parfait ou que il y a quelques points à corriger c'est forcément c'est pas évident à entendre mais les ça fait
son petit bout de chemin généralement
Écrire la porte fermée, corriger la porte ouverte
Ingrid — et après et en fait finalement enfin juste pour compléter en plus il y a des auteurs qui sont vraiment encore
comme toi aujourd'hui moi je suis comme ça c'est à dire que je m'entoure et j'écris avec les autres mais je
montre enfin je dis pas ce que j'écris et je montre pas mes doutes tant que j'ai pas terminé ma réécriture
pour de bon et Aurélie Vellenstein une autrice que j'aime énormément m'a dit dans mon podcast qu'elle faisait
la technique de Stephen King qui est d'écrire la porte fermée et de corriger la porte ouverte et j'aime
beaucoup parce qu'effectivement alors c'est pas il y a des gens qui font comme ça et il y a des gens qui font
déjà relire dès l'écriture l'alpha lecture et moi je suis absolument incapable de faire un truc comme ça enfin
mon premier jet est horrible il n'a ni queue ni tête et il sait pas du tout la version finale et je sais que
c'est une pratique sur laquelle encore aujourd'hui j'ai du mal à dire ouais ouais vas-y fais l'alpha lecture
parce que si quelqu'un te dit quelque chose alors en général je dis cadrez le truc mais si quelqu'un te dit
quelque chose qui te bloque et que ton premier jet il s'écroule là maintenant qu'est-ce que tu vas faire ?
Ybelion — Ouais moi je j'avoue que je suis un peu plus tranché sur ça je conseillerais à personne de faire ça en fait
avant je disais ça parce que parce qu'en fait bon après tu vois dans les généralités encore une fois il y a
toujours des exceptions donc tant mieux je m'adresse pas à ceux qui sont l'exception mais je pense que dans la
plupart des cas les gens le font relire parce que ça donne une sensation d'avancer et en fait t'avances pas en
faisant ça tu recules parce que la seule chose que tu vas faire c'est évidemment la personne qui va t'envoyer
qui va faire ton alpha lecture elle va te faire des commentaires toi tu vas repartir à la case départ et tu
vas tout changer et je pense qu'il faut s'astreindre au début à volontairement mettre un point final à son
manuscrit en disant ok là c'est une version que j'estime terminée et que sur laquelle on peut me faire des
retours et quand tu commences trop tôt à faire des relectures ou à demander des avis en fait tu t'enfermes un
peu dans une boucle infinie de relectures parce qu'en plus plus le temps avance plus toi t'évolues donc plus
ta patte aussi de manière d'écrire change donc ta cohérence change donc le premier chapitre que tu auras écrit
il sera forcément différent stylistiquement du dernier chapitre que tu auras écrit et quand t'as fini d'écrire
le dernier tu dis tu relis le premier tu dis attends mais c'est pas tout à fait la même chose et hop donc tu
repars sur le premier et là tu changes tout et en même temps tu reçois les commentaires de l'autre personne
qui a relu et tu vois genre là tout de suite moi dans ma tête j'ai l'image d'une fractale tu vois qui fait ok
putain les commentaires viennent de partout je dis pas que c'est mal je dis juste que t'as dit le mot cadrer
soit tu cadres vraiment les trucs soit vaut mieux bien les séparer c'est ça
Ingrid — en vrai les gens que je connais il y en a que j'accompagne même qui font ça ils le font en mode whatpad ils
envoient un chapitre
Ybelion — et ils auront envie de faire des retours
Ingrid — mais tu sais que la personne fait une alpha elle est pas en train de te demander des retours détaillés mais
même un petit truc que tu dis genre je me demande ce qui va devenir machin et toi t'avais pas prévu ça bah ah
merde ça peut poser ça peut questionner
Ybelion — c'est pour ça que à la fin quand les gens ont fini en fait j'avais déjà une idée assez précise de mon histoire
au global mais à la fin quand les gens ont fini le tome 1 il y en a quand même beaucoup qui m'ont dit est-ce
que truc est-ce que truc et c'est très dur de pas être influencé par ce que les gens te disent parce que
parfois les gens ont des bonnes idées en plus et du coup tu te dis attends mais est-ce que quand même faudrait
pas que je mette ça c'est dur c'est pas évident il n'y a pas de règle absolue mais je pense quand même que
c'est bien d'essayer de séparer morceau par morceau en tout cas ça te permettra au moins d'en finir un parce
que souvent le problème dont je parle c'est quand même sur le premier roman
Ingrid — après tu sais comment tu fonctionnes et justement si l'inapha lecture t'as fait du bien ou pas bah c'est ça
ton mieux exactement et c'est vrai que typiquement moi les retours sur le premier roman m'ont énormément fait
enfin les retours de lecteurs de bêta lecteurs etc m'ont énormément influencé dans l'écriture de la suite je
me suis dit mais oui en général ils avaient raison ces gens là parce que c'était un oeil extérieur qui avait
lu le livre dans sa version finale alors que moi j'avais les 50 versions en tête
Tuer un personnage : la douleur des retours
Ybelion — puis ils sont pas attachés aux personnages comme toi aussi parce que c'est ça qui est dur je crois que le truc
le plus dur que j'ai dû faire c'est d'admettre qu'il y a un personnage qui sert à rien bon ok ça me suis
désolé mais celui là il faut que tu le supprimes tu vois garde le dans un coin de ta tête si tu l'aimes bien
mais en vrai là il sert à rien quoi et ça c'est douloureux un peu c'est sûr mais en vrai c'est pour ça que je
trouve
Ingrid — que la bêta lecture fait quand même beaucoup de bien parce que les bêta lecteurs vont te dire ça mais il faut
trouver des bons bêta lecteurs qui oseront aller jusqu'au mais t'es sûr de ça et je t'en avais parlé moi pour
mon roman que j'écris actuellement qui est un roman de hard SF il y a vraiment plus ou moins 4 arcs en un bon
c'est quand même un arc narratif une histoire une héroïne mais il y a 4 thématiques dans cet arc là et 2 bêta
lectures ah c'est génial tout ça les arcs nouvelle bêta lecture d'un ami qui je savais aller être à fond dire
le quatrième
Ybelion — moi je ne sais pas ah
Ingrid — mais le quatrième c'est celui du twist ouais bah tu changes tu trouves pas ah bah si et en fait gros
questionnement grosse réflexion puis après je lui ai dit non mais il a complètement raison enfin justement ça
va ça redensifie d'avoir plus que 3 arcs au lieu de 4 et et grosse réflexion et tout mais en fait clairement
il avait raison ouais
Ybelion — donc le message c'est quand même qu'il faut partager à un moment à un moment ce qu'on écrit c'est ça qui nous
fait avancer clairement
Ingrid — mais à la fin de la réécriture voilà
Conclusion : ce que tu peux visualiser, tu peux le faire
Ybelion — je partage ce message ça a été un plaisir de discuter avec toi je pense qu'on pourrait continuer très
longtemps on le fera probablement je pense aussi comment t'aimerais conclure
Ingrid — ce que j'essaye de me dire à chaque fois c'est qu'est-ce que je ferais différemment si je recommençais tout
aujourd'hui en termes d'écriture et c'est bête mais je ferais ce que j'ai pas fait au début tout de suite ça
serait d'aller chercher de l'aide que ce soit juste suivre quelqu'un sur un réseau qui raconte des choses qui
résonnent en moi et pas juste la personne qui parle d'écriture que j'ai trouvé mais quelqu'un qui dit des
choses moi je me dis mais ouais je sens qu'il a raison et de l'aide entre guillemets sur tout et n'importe
quoi parce que ouais on a peut-être une idée de l'histoire mais on peut sûrement l'améliorer à un moment ou à
un autre plutôt à la réécriture et surtout de réfléchir deux secondes à mon objectif c'est quoi mon rêve c'est
quoi parce que si mon objectif c'est d'écrire ce roman cette année est-ce que c'est par fierté est-ce que
c'est un énorme objectif et j'aime bien les challenges ou est-ce que c'est quoi derrière en fait la vraie
raison cette vraie raison là souvent elle fait partie un petit peu notre vision de rêve j'appelle ça comme ça
qui est un peu ce qu'on souhaite vraiment pour ce projet là et avec tout l'imaginaire qu'il peut y avoir avec
tout le mythique un peu que c'est et justement quand on se reconnecte à cette vision là souvent c'est là qu'on
tue tous les blocages et on s'y reconnecte moi quand je fais des coachings par exemple je suis dit mais du
coup et souvent cette vision là on l'a au début et des fois on se perd un petit peu en route parce qu'en fait
on a trouvé que ça serait plus intéressant si on découpait l'histoire comme ça mais en général quand on
commence à faire des complications c'est pas forcément donc se reconnecter un peu à ce qu'on avait comme
intention de départ aussi c'est quelque chose que je fais énormément dans les coachings mais au début tu
voulais faire quoi ?
Ybelion — et puis parler de cette intention tu vois on disait pas partager mais en fait au début quand même c'est bien
de réussir à avoir les choses carré avoir l'intention claire et dès que t'as une question tu retournes sur
cette intention et c'est pour ça que tu disais questionner l'intention initiale bien s'organiser au début
aussi et sans faire un plan détaillé A, B, C, D, E, F, G sauf si on en a besoin ou qu'on est architecte c'est
ça ? non ?
Ingrid — alors moi je déteste le mot architecte j'écris un roman j'ai quatre familles et ça c'est la famille des
préparateurs de l'extrême
Ybelion — ouais préparateurs de l'extrême exactement certains en ont besoin j'irais voir les quatre familles si on
intéresse
Ingrid — et sinon ce côté vision aussi le fait d'avoir une vraie image à laquelle on se rattache c'est quelque chose
que font notamment les préparateurs sportifs les coachs sportifs c'est quelque chose que tu intères tellement
que tu visualises tellement que ça va devenir toi et on parlait tout au début du pouvoir de la visualisation
un petit peu et je trouve que c'est une belle façon de conclure les choses c'est de dire dans tous les cas ce
que tu peux visualiser pour moi tu peux le faire exactement
Ybelion — j'adore cette conclusion merci Ingrid deuxième Sous-titrage ST' 501