Ep 15 · Intro : un syndrome qui touche tout le monde00:00
CE QUE RACONTE CET ÉPISODE
Ton manuscrit existe et n'existe pas, en même temps. Tu as l'histoire, la structure, les personnages, le planning qui va jusqu'au best-seller adapté par HBO. Tout existe, sauf le texte. J'ai rebaptisé le syndrome de l'objet brillant en syndrome du manuscrit de Schrödinger, et son vrai poison est là : le faux sentiment d'avancer, plan après plan, pendant que l'histoire reste à zéro mot. Dans l'épisode 15, je raconte l'engrenage de l'assassin et de la sorcière, ce que ce syndrome cache (une belle créativité, une peur, un manque de discipline), et les antidotes : un seul projet à la fois, un coffre à idées, et une pièce à lancer pour découvrir laquelle tu préfères. À écouter là où tu écoutes tes podcasts.
LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE
CAROUSEL À VENIR
Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.
Face B — le transcript
L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE
Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !
Intro : un syndrome qui touche tout le monde
Yo yo yo, c'est Ybelion, tu es dans le 15e épisode de Chemin d'Artiste et d'Auteur, et aujourd'hui on parle d'un syndrome qui touche absolument tout le monde, le syndrome de l'objet brillant, que je préfère appeler le syndrome du manuscrit de Schrödinger. Sur ce, je te laisse, bonne écoute et à bientôt !
Parenthèse : l'épisode avec Ingrid
Coucou les amis, coucou, coucou, on est dans le 15e, ouais ouais ouais, le 15e épisode du podcast. J'ai un décalage avec ce que j'ai écrit sur mes notes, parce que le 14e est finalement l'épisode que j'ai eu la chance de tourner avec Ingrid, a.k.a. j'écris un roman. Si vous n'avez pas vu cet épisode, d'ailleurs voilà on fait une parenthèse directement, ça vient à peine de commencer. Si vous n'avez pas vu cet épisode avec Ingrid, je vous conseille d'aller le voir, il est passionnant. Et là je viens de me faire interrompre par Voltaire qui est en train de dégommer sa gamelle d'eau. Voilà ça fait... j'enregistre des trucs depuis une heure, mais là c'est le moment qu'il décide. Ok, la magie du direct ! Bref, si vous n'avez pas écouté cet épisode avec Ingrid, je vous conseille d'aller l'écouter. On y parle d'écriture, de coaching principalement, de la liaison qu'on a pu tous les deux faire des deux. Et c'est un épisode assez intime, passionnant, et qui je pense pourra t'inspirer dans ta quête d'écrire un livre. Voilà. En plus c'est super drôle parce qu'avec Ingrid on partage énormément de choses, mais ça je ne te spoil pas, je te laisserai découvrir par toi-même. Bref, aujourd'hui épisode 15, épisode 15, on va parler d'un syndrome... hop, petite pause café... On va parler d'un syndrome qui touche énormément de créatifs. Le syndrome de l'objet brillant. On l'appelle comme ça. Évidemment, il a aussi plein d'autres noms parce que comme un méchant d'univers de fantasy ou d'univers de SF, il est partout, il est différemment représenté. Bref, il est terrible et insidieux. Le syndrome de l'objet brillant. Certains l'appelleront parce que ils sont un peu bilingues. Le shiny effect problem. Voilà, anglais casé, hop, casse-coché, le bingo est en cours.
« Le manuscrit de Schrödinger »
Bonne nouvelle : il prouve ta créativité
Certains l'appelleront aussi le syndrome du papillon, le syndrome de la pi, le tda créatif. J'ai découvert ça il n'y a pas longtemps. Bref, on peut l'appeler comme on veut, je l'appellerai le syndrome de l'objet brillant puis je lui donnerai un autre nom après que je trouve super sympa, mais que je vous spoil pas parce qu'on va dérouler un petit peu l'épisode d'abord. Ce syndrome là, bah déjà, tant mieux. Finalement, c'est la première chose qu'il cache. J'allais vous dire, il cache trois choses. Effectivement, il en cache trois, mais la première et finalement la plus importante, c'est que ça cache que vous avez une imagination débordante, une très belle créativité, que vous arrivez à l'exploiter au moins intellectuellement et ça c'est très bien, donc bravo à vous. Vous avez la chance d'avoir ce syndrome. Il a des effets négatifs comme on va les voir, mais il vaut mieux avoir plein d'idées que pas en avoir du tout. Et si certains m'écoutent, enfin si toi qui m'écoutes, tu penses, on est toujours dans la bataille du tutoiement, si toi tu m'écoutes et que tu penses que tu n'as aucune idée, eh bah c'est pas vrai. Je te jure que c'est pas vrai, la créativité ça se travaille. N'hésite pas à m'envoyer un DM. J'ai plein de petits exercices qui permettent de travailler cette créativité et c'est exponentiel. Travailler la créativité c'est l'équivalent du snowball effect, c'est un délire. Donc voilà, parenthèse fermée, vous avez de la chance si vous avez le syndrome de l'objet brillant, ça veut dire que vous avez énormément d'idées et de créativité. Cependant, il y a quand même des effets négatifs comme je le disais, ce que ça cache déjà c'est souvent beaucoup de peur. Ça peut être la peur du regard des autres, qui porteront sur notre manuscrit, sur notre livre. Ça peut être la peur de réussir, plus simplement. Ça peut être la peur de terminer quelque chose qui nous tient à coeur et qu'on a en nous depuis si longtemps. C'est très vrai dans notamment l'écriture du premier roman. C'est souvent quelque chose qui dure sur plusieurs années et donc quelque part ça fait toujours mal au coeur quand ça se termine. Parfois, cette peur de terminer, elle peut se traduire dans le syndrome de l'objet brillant. Ensuite, ce que ça cache, c'est aussi, et ça c'est bien parce que ça se règle encore plus facilement. Attendez, le Voltaire est en train de s'énerver, je vais le calmer, je reviens. Je vous montre à la caméra celui qui est en train de foutre le bordel. Voilà, vous ne voyez pas parce qu'il est tout noir. Il est en train de foutre le bordel pour la faire courte. Lui aussi, il est très créatif et là, il a trouvé une nouvelle manière de dégommer son panier. Voilà, soyez comme Voltaire, soyez créatif. Après avoir mis Voltaire sur le canapé pour qu'il dorme et qu'il dégomme plus son panier, je peux revenir à là où j'en étais.
Le second point, souvent, le syndrome de l'objet brillant cache un problème de discipline. En fait, il provoque ce syndrome quelque chose de très fort, c'est que il y a une espèce d'émulsion en nous. On sent une motivation nouvelle. Tu vois, je fais le mouvement en plus un peu inconsciemment. On sent une motivation nouvelle quand on a une nouvelle idée. On voit toutes les possibilités qu'elle offre et tout de suite, tout paraît, tout paraît génial quoi. Sauf que ça, ça descend à un moment, ça se calme. Cette motivation, elle est pas infinie. Et la seule manière d'avoir une idée et d'arriver à sa réalisation complète, surtout en écriture, qui est un processus long, c'est d'avoir de la discipline. Et il y a un moment, il faut que la discipline prenne le pas sur la motivation. Je pense que dans la plupart des cas, c'est très compliqué d'écrire un livre seulement à coups de motivation. C'est pas impossible, comme d'habitude et comme on l'a beaucoup répété avec Ingrid dans le podcast précédent, on va pas faire de généralité. Certains fonctionnent que à la motivation, sur des éclairs de flots qui peuvent popper à droite à gauche. C'est pas le cas de la majorité des gens. C'est pas le cas de la majorité des gens qui veulent accomplir leurs rêves. Et donc à un moment, il faut que la discipline supplante la motivation. C'est pour ça qu'on dit souvent que discipline over motivation et que la boucle qu'il faut créer, en fait, c'est discipline qui implique motivation, qui implique action, qui implique discipline, etc. On peut même commencer par l'action. C'est encore plus simple. Pas besoin de se poser la question. Et c'est pour ça que moi je préconise toujours, et c'est ce que j'encourage tous les auteurs que je peux accompagner à faire, je les encourage à être disciplinés, mais à trouver leur discipline. Il n'y a rien de pire que ça se trainde à une discipline qui n'est pas la nôtre. Je sais pas, moi je suis pas du tout du soir.
Mise en situation : l'assassin, la sorcière et le dragon
Écrire le soir pour moi c'est pas possible, j'ai le cerveau cramé et j'ai aucune imagination. Bon, si j'écoute, je sais pas quel auteur est comme ça, mais il y en a forcément. Si je commence à copier la méthode d'un auteur qui me dit, ok, pour écrire ton livre le plus rapidement possible, et qu'il soit le meilleur, il faut que tu écrives tous les jours, de 22h à minuit, bon bah écoutez c'est simple, moi ça va me cramer et j'écrirai zéro livre, ça va me dégoûter et j'abandonnerai peut-être même mon rêve. C'est pour ça qu'il faut réussir à trouver sa discipline. Donc trouvons, enfin trouver, non trouvons, moi aussi, en tout cas moi je l'ai un peu trouvé déjà, donc trouvons notre discipline pour accomplir notre rêve. Petite conclusion intermédiaire, le syndrome de l'objet brillant est donc quelque chose de positif, puisqu'il signifie que vous avez beaucoup de créativité, et est aussi quelque chose d'assez insidieux parce qu'il cache souvent, soit une peur, comme j'ai dit, peur de réussir, peur de terminer, peur du regard des autres, et qu'il cache aussi un problème de discipline qu'on met toujours en dessous de la motivation de l'idée nouvelle. Voilà, conclusion intermédiaire. Maintenant je vais tout simplement vous décrire une situation qui va conduire à la nouvelle appellation de ce syndrome qui me fait personnellement beaucoup rire. Ensuite je vous parlerai un peu d'exemples plus concrets qui viennent de ma vie forcément, puisque c'est celle que je connais le mieux, comme vous vous connaissez le mieux votre vie évidemment. Je n'arrive toujours pas à vous tutoyer, je vais y arriver, je vous jure, je te jure. Et ensuite je vous donnerai forcément des clés pour réussir à vaincre ce syndrome de l'objet brillant.
Mise en situation. Tu es là, tu es en train d'inventer un monde de fantaisie. Ton rêve c'est d'écrire plein de livres dans cet univers là. Tu te dis que le plus important c'est quand même que tout soit bien défini. Donc tu commences à inventer les pays, les personnages, leurs interactions, l'histoire, là où tu veux aller avec cet univers. Tu inventes aussi les bêtes, les nouveaux langages, les signes magiques. D'ailleurs tu inventes aussi tout le système de magie. Tu fais peut-être même des tableaux excel pour quantifier la puissance magique des gens de ton univers. Évidemment il y a des personnages qui t'appellent plus que d'autres. Tu vois, tu as par exemple cet assassin, ouais il est top. Tu as envie de faire une histoire autour de lui. Tu as envie de raconter son histoire. Donc là tu dis ok, tu vas te pencher un peu sur le scénario de l'histoire de cet assassin. Tu dis ok, cette histoire, elle va raconter ci, elle va raconter ça. Et puis l'histoire commence à bien de beauté. Là tu as l'émulsion qui naît, tu as la motivation. Tu dis putain ouais ouais ouais, c'est cette histoire que je vais écrire. Et donc tu commences à faire le plan détaillé de cette histoire. Parce que tu aimes bien quand même être un petit peu organisé.
Et donc tu dis, voilà, ça va raconter l'histoire de cet assassin. Il va partir de là. Puis en fait il y a bien qu'il arrive ici. Et il va rencontrer tel personnage, machin, machin, machin. Bon, tu commences avant une structure. Tu dis ok, cette histoire là, je vais commencer à l'écrire la semaine prochaine. Là j'ai encore du travail sur la structure avant de commencer à écrire. Puis après tu te fais un planning un peu plus détaillé. Tu dis ok, la semaine prochaine je commence à écrire. Dans deux mois j'ai terminé le livre. Ensuite je le réécris. Ensuite je le fais relire. Ensuite je le publie. Ensuite je deviens un notaire de best-seller. Ensuite je suis contacté par HBO. Ensuite je suis invité au festival de Cannes. Puis je deviens président de la France. Puis président du monde. Puis président de l'univers. Et voilà. Projetons-nous loin. Une fois que tu as ce beau planning. Comme tu commences à écrire la semaine prochaine, tu retournes sur ta structure. Et donc là tu repars. Il va rencontrer tel personnage. Ça serait bien d'y mettre peut-être une histoire d'amour par exemple. Donc ok, il va rencontrer cette sorcière avec qui au début ils s'entendent pas bien. Mais en fait ils s'entendent un peu bien. Et cette sorcière, bon voilà, il faut aussi que je réussisse à lui inventer un background. Donc tu commences à inventer le background de cette sorcière. Et là t'imagines que cette sorcière en fait elle a été maudite par une famille il y a très longtemps. Et qu'elle a des pouvoirs très particuliers qui sont liés à elle et à sa personnalité. Et à toutes ses injonctions, ses croyances. Et là, là il y a une nouvelle émulsion.
Là tu te dis attends. Ça c'est une idée géniale. Une sorcière comme ça qui s'est construite des pouvoirs autour de ces injonctions. Premier degré je trouve que c'est vraiment une super bonne idée. Je suis en train de me le noter là. Et tu te dis mais en fait c'est peut-être cette histoire que j'ai envie de raconter. Il faut absolument que j'ai réussi à la raconter en même temps que celle de l'assassin. Bon par contre ça peut pas être dans le même livre. Donc je vais faire deux livres. Et j'essaierai de les sortir à peu près au même moment peut-être. Ou alors l'un après l'autre. Mais du coup il faut que j'arrive à écrire les deux. Ok donc ce que je vais faire c'est que je vais tout simplement faire un second plan pour l'histoire de cette sorcière. Ok bah c'est parti. Ok donc l'histoire de l'assassin on a dit qu'on commençait la semaine prochaine. L'histoire de la sorcière on peut commencer au milieu de l'histoire de l'assassin. Comme ça on arrive à les terminer l'un puis l'autre.
On aura juste une petite période au milieu où on écrira les deux mais ça devrait aller. Ok ok donc tu te fais un nouveau plan. Nouvelle structure. Nouveau scénario. Et là tu vois très bien de quoi je parle. Là c'est bon. Là c'est syndrome de l'objet brillant. T'es parti avec l'idée d'écrire une histoire. T'en as accroché une deuxième et tu te doutes bien en déroulant la deuxième je vais en avoir je vais avoir l'idée d'une troisième puisqu'après je vais vouloir raconter l'histoire de l'enfant qu'ils ont qu'ils auront tous les deux puis l'histoire de leur chat puis l'histoire de leur dragon puis l'histoire de son frère de son père bref. Et là je compte même pas toutes les idées des personnages qui n'ont rien à voir avec eux mais qui sont dans le même univers.
Le problème : pas une ligne écrite
Ça parlera énormément à tous les gens qui écrivent de la fantasy. Ça parlera aussi énormément à tous les autres. J'en suis persuadé. Mais je vous laisse méditer à cette situation. évidemment toute ressemblance avec la vie réelle est parfaitement fortuite. Je le répète souvent mais petite pause café pour vous laisser réfléchir. Est-ce que vous avez remarqué le problème de la situation que je viens de vous décrire ? C'est que j'ai pas écrit une ligne. J'ai rien écrit. J'ai raconté aucune histoire. Alors que c'est quand même mon but. C'est quand même mon rêve. Ouais ça fait mal ça fait mal mais j'ai écrit absolument aucune histoire. Et le pire est le pire et le plus insidieux et c'est pour ça que je déteste ce syndrome. même s'il veut dire qu'on est très créatif. C'est qu'il nous donne un faux sentiment d'avancer. Et ça ça fait vraiment mal. Quand on s'en rend compte après. Donc vous pouvez déjà me remercier de vous l'avoir fait remarquer.
Le retour des 300 cantons
Il y a un moment et je l'ai partagé. Je l'ai déjà dit dans un épisode de podcast mais je vais le redire parce que c'est un exemple qui m'a tellement marqué maintenant rétrospectivement. Il y a un moment dans mon univers de fantasy. J'invente un pays et je le découpe en 300 cantons. Je leur donne 300 noms. Chacun ont un animal totem. Je fais un tableau Excel. Dans ce tableau Excel il y a donc 300 lignes. Et il y a donc un nom et un animal. Donc ça fait 600 trucs que j'ai choisi. A l'époque j'avais l'impression d'avoir avancé sur mon histoire de fantasy. Bah écoutez aussi triste que ça puisse paraître. Je n'ai écrit 0 lignes de vraie histoire. Et en plus le premier manuscrit que j'ai écrit qui se passe dans cet univers de fantasy n'utilisait qu'un seul canton. Donc les 299 autres, aussi mignons que ça puisse paraître sur un tableau Excel et aussi beaux que ça puisse être sur une carte, ça ne servait à rien.
Et ça quand je le dis maintenant, ça me fait un peu mal. Moi je te partage. Franchement ça me fait un peu mal. Je ne peux pas m'empêcher de me demander ce qui se passerait si à l'époque quelqu'un m'avait dit Fais attention à ce que tu es en train de faire. Ou au moins fais-le en conscience. Et maintenant j'estime que c'est mon devoir d'aider les gens que je remarque et qui souffrent du même syndrome. D'aider les gens à prendre conscience que ce syndrome existe. Le tout c'est d'agir en conscience. Et en étant congruent avec nos rêves. Je le répéterai toujours, j'aime beaucoup cette formule. Ah là là, c'est pour ça que j'ai décidé de donner un second nom. Un nouveau nom, pardon. Un second, j'en ai cité 15 avant. Putain, vraiment paumé le Sam. Hop, il va reprendre une gange de café pour finir de s'exciter.
Le baptême : le manuscrit de Schrödinger
Je lui ai trouvé un nouveau nom au syndrome de l'objet brillant. Je l'ai appelé le syndrome du manuscrit de Schrödinger. J'adore cette idée. Ça parle beaucoup au physicien qui est en moi.
Le manuscrit de Schrödinger. Le syndrome du manuscrit de Schrödinger. Parce qu'en fait, à la fois le manuscrit existe, parce qu'on a l'idée. On a toute la structure, on a toute l'histoire, on a l'intention, on a le point A, on a le point Z. On a tous les personnages qui jouent ensemble. L'histoire est magnifique, le manuscrit existe. Mais en même temps il n'est pas écrit. Donc il n'existe pas vraiment vraiment. Et donc il existe, il n'existe pas le manuscrit de Schrödinger.
Vous me direz ce que vous pensez de ce nouveau nom. Moi, j'adore. Bref. Je vais vous donner quelques exemples. En fait, ça va être surtout l'étreinte éterrée. Non, en fait non, j'en ai deux très bons exemples. Ok.
Je vous donne ces exemples-là sur comment j'ai pu évoluer autour de ce syndrome du manuscrit de Schrödinger. Ensuite je vous donnerai les quelques clés qui vont dérouler naturellement de ce que je vais vous raconter, évidemment. Et je finirai par une belle citation, une belle question qui vous permettra sûrement de vous aiguiller autour de ce syndrome du manuscrit de Schrödinger. J'ai pas souffert du syndrome du manuscrit de Schrödinger avec l'étreinte éterrée. Et il y a un moment, je me suis demandé pourquoi j'en avais pas souffert. Parce que sur tous les manuscrits que j'avais écrits avant, j'en souffrais énormément. Je les mettais souvent en pause, j'allais souvent faire autre chose. Et en fait je ne terminais aucun manuscrit. J'avançais sur plusieurs. À terme, j'en finissais plusieurs. Mais dans les faits, je perdais énormément de temps. Et puis au milieu il y avait toutes les histoires de world building des enfers où j'inventais 300 milliards de trucs, des langues, des symboles magiques.
L'antidote vécu : être redevable de quelqu'un
Bref, putain, c'est l'enfer. Stylé mais c'est l'enfer. Et en fait, si j'ai pas souffert de syndrome sur l'étreinte éterrée, c'est parce que j'avais quelqu'un de qui j'étais redevable. Voilà, putain j'avais le mot en anglais faire preuve d'e-contability. Oh là là, j'y crois pas.
Il y a quelqu'un de qui j'étais redevable. Comme je l'ai raconté plusieurs fois, l'histoire de ce livre, elle est très intéressante parce que c'est une vraie histoire de famille. C'est quelqu'un, un jour, qui, dans le cadre d'un lore que lui développait, m'a dit, putain Sam, enfin pardon, on était dans le monde du Web3, donc putain eBay, j'ai découvert que t'écrivais. Tu voudrais pas raconter l'histoire de mon lore ? Moi au début j'étais là, hé, tu sais, moi quand c'est pas des idées qui viennent de moi, j'aime pas trop écrire dessus, tu vois. C'est mon rapport à l'écriture. Certains y arrivent, certains non, bref. Moi, pas trop. Et il me dit, non, non, mais regarde, le pitch est très simple, tu pourras être créatif. En gros, il y a juste un monde, une académie de magie, de peuples qui se détestent. Fais-en ce que tu veux. Bon, bah là, pour le coup, je me suis senti assez libre créativement.
Et donc je dis oui. Et quand je lui dis oui, le sous-jacent, c'est que je lui dis oui dans le timing que lui, il espère. Alors, il a conscience qu'écrire un livre, c'est long. Je lui dis d'ailleurs. Donc il me demande pas de l'écrire en deux mois. Il me dit, j'aimerais que ça sorte courant de l'année prochaine. A l'époque, on est mi-2023 et il me dit, j'aimerais bien que ça sorte courant 2024. Donc en gros, j'ai une date, il faut que je lui envoie à peu près un truc fini en mars.
Et en fait, là, j'ai pas pu avoir le syndrome de l'objet brillant. Il fallait que dans ma tête, ça soit très clair. Il fallait que j'ai une seule direction dans laquelle avancer. Et donc avoir quelqu'un avec qui j'ai pu me rendre redevable, ça m'a énormément aidé. Ça m'a énormément aidé à me challenger. Et quelque part, ça m'a permis de connecter avec mon vrai rapport à l'écriture. Ça m'a permis de me poser les bonnes questions. Et c'est d'ailleurs toutes les questions que je pose aux auteurs que j'accompagne dans Ose Écrire. Parce que c'est vraiment la base. Voilà. Alors, dans Ose Écrire, les gens sont redevables de moi. C'est moi qui leur mets la pression. Non, je rigole, je mets pas la pression. On est là pour avancer dans une bonne énergie, dans un environnement porteur. Avoir quelqu'un de qui on est redevable, en fait, c'est très, très, très moteur pour se fixer sur une seule idée.
On peut pas s'éparpiller. Parce qu'on le sait, au fond de nous. On le sait. Si on travaille sur deux manuscrits à la fois, on sait qu'on n'arrivera pas à finir le premier dans les temps. Si j'avais eu deux manuscrits au moment d'écrire l'étreinte éthérée, je n'aurais jamais pu le finir en partant de l'idée jusqu'à avoir le manuscrit terminé. J'aurais jamais pu le finir en sept mois. Voilà. Ça aurait été impossible. Et ça, ça a été la très, très belle leçon de l'étreinte éthérée. Et d'ailleurs, c'est grâce à ça qu'ensuite j'ai construit toute la méthode autour, que je l'ai rééprouvée, etc. Donc finalement, merci. Merci. Merci à Nab. C'est toi. C'est grâce à toi tout ça. Ça, je le dirai jamais assez, mais je fais une petite parenthèse. Soyez toujours immensément redevable de tous les gens que vous croisez sur votre chemin. Tous les gens qui peuvent vous pousser, vous guider. Même avec qui vous partagez des choses.
Parce que c'est extrêmement précieux. Il y a toujours énormément à retirer dans les contacts qu'on a. Ça crée tellement d'opportunités. Bon, je l'ai déjà dit plein de fois dans les épisodes sur le chaos, etc. Et je m'écarte du sujet, donc je ferme la parenthèse. Mais soyez toujours extrêmement redevable de tous les gens que vous croisez. Bref.
L'idée qui a mûri au coffre : Ose Écrire
Je finis l'étreinte éthérée. Donc j'ai réussi à me concentrer sur un seul projet. C'est la réussite. Et là, en plus, s'ouvre quelque chose à moi que je n'avais pas imaginé. C'est qu'en fait, en terminant un projet, ça me donne une puissance exponentielle pour tous les autres. Je m'explique. Et je l'ai déjà dit. Quand j'ai tenu mon livre, mon livre qui est juste derrière d'ailleurs, ici là. Quand je l'ai tenu entre mes mains, je me suis dit, ok, tout le reste, c'est possible. Et donc là, je me disais, mais let's go en fait. Let's go. Let's go. Maintenant, je vais prendre histoire par histoire. Et tout ce que j'ai en tête, je vais l'écrire. Voilà. Vainquez le premier et vous verrez. C'est incroyable. Un autre exemple que j'ai, c'est justement pour Ose Écrire. Ose Écrire, initialement, c'est une collection visuelle. J'ai dû le raconter dans un autre podcast, peut-être. Mais Ose Écrire, initialement, c'est une collection visuelle.
J'avais en tête l'histoire de personnages qui auraient un mantra qui leur permettent de changer de vie. Et cette idée, je l'ai eue depuis très très longtemps. Et quelque part, en ne subissant pas le syndrome de l'objet brillant, en ne me jetant pas à corps perdu à l'époque dans cette idée et en l'abandonnant. Ensuite, je l'ai laissé maturer. Je l'ai laissé atteindre un stade auquel, à un moment, mon instinct m'a dit, Sam, c'est maintenant qu'il faut que tu utilises cette idée-là. Ne pas subir le syndrome de l'objet brillant, c'est pas dire qu'il ne faut pas s'interdire d'avoir des idées. C'est pas du tout ça. Au contraire, il faut s'autoriser à en avoir. Il faut juste s'autoriser à ne pas se jeter dedans à corps perdu et de sauter d'une idée à l'autre comme ça et donc finalement de jamais avancer. Voilà les deux exemples. Et d'ailleurs, je peux vous montrer.
C'est magnifique. Je ne sais pas si vous verrez bien, mais... Voilà le graphisme. J'adore, même au retour, c'est cool. Voilà les graphismes de Ose Écrire. Et à l'époque, quand j'ai cette idée-là, j'ai aucune compétence en Photoshop qui me permet de faire des collages d'art comme ça que j'aime bien, avec la tablette, Photoshop, etc.
Et donc, il aurait pu se passer un truc terrible si j'avais succombé à mon syndrome de l'objet brillant. J'aurais eu cette idée en 2023, j'aurais essayé un truc, j'aurais vu que c'était moche et que ça ne me parlait pas. Je l'aurais abandonné et peut-être que je n'y serais jamais retourné. Quelque part, mettre cette idée en pause, pas en pause, mais la ranger dans mon coffre à idées, ça m'a permis, une fois après que j'ai processé, en me disant, ok, mon accompagnement, j'ai envie qu'il parle de ça. Et là, bam, en fait, ça a reconnecté avec l'ancienne idée que j'avais eue. Je me suis dit, mais c'est parfait. Cette idée n'attendait que le fait que je mature un petit peu. Voilà. Voilà les deux exemples qui me viennent quand je pense au syndrome de l'objet brillant. Le premier, très classique, c'est-à-dire que, en fait, je me suis focus que sur une seule idée. J'ai pu accomplir mon rêve d'écrire un livre en étant redevable à quelqu'un.
J'ai écrit l'être intéterré, ça m'a ouvert les yeux sur le fait qu'il fallait, en fait, que je prenne les idées une par une. Et le deuxième exemple, qui est, en fait, le pension un peu inverse, finalement, à savoir que j'ai décidé volontairement de ne pas exploiter une idée en me disant, bah, ouais, peut-être qu'en fait, elle me servira plus tard. Et c'est le cas. Voilà. On peut en venir à la partie comment mettre des tatanes au syndrome du manuscrit de Schrödinger.
Les clés : un seul projet, en conscience
Je l'ai déjà plus ou moins dit dans les exemples. La première manière, c'est tout simplement, et c'est hyper con, ce que je vais vous dire. La première manière, c'est de se concentrer sur un seul projet. Voilà. C'est de faire preuve de discipline et d'accomplir un projet. Voilà. Et si on change, c'est en conscience. C'est parce qu'on a envie de l'abandonner et qu'on se dit, ok, c'est pas le moment. Voilà. J'ai envie d'en faire un autre. C'est pas le moment. Si ça, ça arrive tout le temps, c'est l'équivalent du syndrome de l'objet brillant. Donc, même en conscience, ça peut cacher quelque chose. Et toutes les autres idées que vous aurez, quand vous vous focuserez sur un seul, vous les notez et vous les rangez dans votre coffre à idées. Franchement, ce coffre à idées, il faut accepter qu'il existe. On n'arrivera jamais à traiter toutes les idées qu'on a instantanément. Parfois, certaines prennent du temps à être appréciées.
Parfois, certaines ont besoin de maturer. Parfois, certaines nous retaperont dans 10, peut-être 20 ans. Qui sait ? Tu vois, l'exemple qu'on cite souvent, c'est les idées qu'on a quand on est enfant. C'est souvent celles-là qu'on a envie d'écrire.
Et parfois, il y a un delta de 15 ans, 20 ans. Dites-vous que c'est pareil pour les idées que vous aurez aujourd'hui. Et surtout, faites confiance à votre instinct. Il sait sincèrement, il est en avance sur votre cerveau. Il sait là où vous devez aller. Voilà. Et ne cédez pas aux sirènes de la motivation. Astreignez-vous à un peu de discipline. Ça va réveiller en vous des peurs. Ça va réveiller en vous des croyances limitantes, des injonctions. Et c'est aussi, moi, toute la position que j'adresse. C'est ça que j'ai envie de permettre aux gens de vaincre toutes ces barrières-là pour qu'ils arrivent à écrire enfin leurs livres. Ça, ça me fait sourire dès que j'en parle. Une petite astuce. Parce que là, je sens déjà certains commentaires qui vont dire « Oui, mais moi, j'ai deux super idées, je ne sais pas choisir, donc je préfère avancer sur les deux. » Vous savez très bien laquelle vous préférez.
Le test de la pièce
Pour faire un petit exercice très simple. Vous prenez une pièce. Face, c'est l'idée A. Pile, c'est l'idée B. Vous lancez la pièce. Avant même qu'elle tombe, vous savez déjà quelle face vous avez envie de voir.
C'est bon. Tout ça, c'est une histoire de priorisation. Et pour finir l'épisode, parce que je vois que ça fait déjà 30 minutes que je parle. Et je pense que j'ai dit le principal. Là, vous allez me dire « Oui, mais en fait, quand je choisis, j'ai l'impression d'abandonner tout le reste. J'ai envie de tout faire dans ma vie. » Et vous avez raison. C'est bien d'être ambitieux. C'est bien d'avoir des rêves. Et vous avez raison. Gardez cette envie de faire énormément de choses. La seule chose que vous ne pouvez pas faire, c'est tout faire en même temps. On sous-estime ce qu'on peut faire en 6 mois. On sous-estime encore plus ce qu'on peut faire en 6 ans. Et on sur-estime énormément ce qu'on peut faire en une journée ou en une semaine. Donc, il faut prioriser. Et là, vous allez me dire « Oui, mais en fait, quand j'en choisis un, j'abandonne tous les autres. »
« Et si choisir, c'était en fait préférer ? »
Ce que vous me dites, c'est que choisir, c'est renoncer. Moi, je vous invite à vous poser la question. Et si choisir, c'était en fait préféré ?