Ep 16 · Intro : pourquoi Lynn Fox impressionne Ybe00:00
Comment reconnaître un vrai rêve d'une simple envie de passage ?
CE QUE RACONTE CET ÉPISODE
Lynn Fox traversait une période où ses repères s'effondraient, entre un travail qui l'usait et une vie qui ne ressemblait plus à rien de choisi. Elle dit que c'est là, au fond, qu'elle a eu le plus de lucidité. Chaque soir, elle pratiquait une visualisation guidée. Et chaque soir, la même scène revenait sans qu'elle la convoque.
Elle écrit dans une maison en bois, au milieu d'une forêt. Elle vit de ses livres. Une partie de ce qu'ils rapportent va à la protection des animaux.
Sa conclusion est d'une simplicité désarmante : si l'image revient tout le temps, c'est qu'elle est juste. Depuis, elle avance dans cette direction. Neuf livres en trois ans, une série de sept tomes portée depuis ses six ans, et Arci, un livre jeunesse dont les bénéfices vont au refuge tenu par son ancien entraîneur d'athlétisme.
Dans cet épisode, on parle aussi de sa méthode pour structurer un roman en naviguant de phare en phare, de la demi-heure de larmes qui a suivi le dernier mot du tome 7, et de ce que le sprint lui a appris sur les lancements de livre.
LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE
CAROUSEL À VENIR
Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.
Face B — le transcript
L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE
Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !
Intro : pourquoi Lynn Fox impressionne Ybe
Ybelion — Yo yo, c'est Ybelion et aujourd'hui un épisode un peu particulier dans lequel j'ai la chance et l'honneur d'accueillir Lynn Fox qui est une autrice qui m'inspire énormément de par les messages qu'elle véhicule, sa productivité, son organisation, bref, tous ces sujets qu'on aborde dans l'épisode d'aujourd'hui. Je vous souhaite une bonne écoute et je vous dis à très bientôt. Et toi, parce que tu dis que je suis impressionnant, mais en vrai, toi, c'est d'autant plus impressionnant parce que vraiment, je te jure que tu m'impressionnes parce que là, typiquement, le projet Arci, j'ai l'impression que tu l'as lancé il y a genre deux mois, même pas. Et là, en fait, c'est quasiment fini.
Un livre écrit d'une traite en un week-end
Lynn Fox — Non, en fait, j'ai eu l'idée il y a six mois et j'étais en week-end dans ma famille et je ne sais pas pourquoi ils étaient partis faire un truc que je ne pouvais pas faire. Je me suis dit qu'est ce que je vais faire pendant qu'ils ne sont pas là. Et donc, je me suis dit que je vais écrire le livre pour les enfants parce qu'il y avait mon neveu et ma nièce et moi, mon neveu et ma nièce, je suis complètement gaga de quoi. Et du coup, je me suis dit que je vais leur écrire un livre pour quand ils seront plus grands. Et pendant les deux jours où ma famille n'était pas là, j'ai écrit en fait. J'ai écrit d'une traite en mode, j'ai fait que ça, quoi. Et en même temps, je me trottais dans la tête depuis longtemps parce que j'avais vraiment envie de faire un truc. J'avais promis à mon ancien entraire d'athlétisme, qui maintenant gère l'association animale dont je parle régulièrement dans ma campagne, d'essayer de l'aider à mon niveau. Et là, ça tombe bien, je me disais que je vais écrire une histoire du coup et je vais l'associer au refuge pour pouvoir générer un peu de bénéfices pour l'assaut. Et ça s'est passé sur un week-end, c'est un coup de tête. Je ne pouvais pas prévu le coup. Et une fois que le livre était écrit, je me suis dit, bon, voilà, j'ai une histoire. Je vais la publier maintenant. Du coup, j'ai corrigé tous mes trucs par rapport à la campagne Ulule pour me dire, cette fois-ci, je peux en lancer une sans me faire éclater par les impôts derrière. J'ai commencé à bosser sur la campagne Ulule en début d'année, mais c'est énorme. Et par contre, la campagne Ulule, presque plus que d'écrire au livre, quoi.
« J'ai vu ma vie avant de la vivre »
Ulule : 60 heures, 20 bannières et zéro marketing
Ybelion — Et c'est quoi qui prend du temps pour faire la campagne Ulule ?
Lynn Fox — Alors déjà, un truc que moi, je faisais super mal avant, c'est faire un business, en fait, une offre où tu peux générer un petit peu de bénéfices sur tes packs. Sur mes précédentes campagnes Ulule, je génère à peu près zéro euro sur mes packs. Donc, non seulement, en plus de ne pas faire de bénéfices, c'était presque coûteux. Donc, faire un mix produit, en fait, avec des goodies qui intéressent les gens, mais qui n'ont plus, tu ne coûtent pas trop cher, mais qui sont quand même qualitatifs. En fait, tu as tout ça à faire. Ça prend beaucoup de temps. Et après, les visuels, moi, je ne suis pas graphiste. Donc, j'ai refait ma bannière. Je pense que je l'ai refait à peu près 15 fois, quoi, si ce n'est pas 20 fois. Et à chaque fois, j'ai essayé de m'améliorer pour faire un graphisme un petit peu vendeur, quoi. Et ça, ça prend beaucoup de temps. J'ai passé presque une soixantaine d'heures dessus, quoi.
Ybelion — Ouais, ouais. Ça, d'ailleurs, tu n'hésites pas. À l'occasion, je commence à me débrouiller à peu près sur Photoshop. Si tu as besoin, tu n'hésites pas.
Lynn Fox — Ça marche, c'est gentil.
Ybelion — Avec plaisir. Et après, j'imagine que tu as un peu d'écriture de la page, quoi. Enfin, de présenter le projet aussi. Oui.
Lynn Fox — En fait, c'est dur aussi de se dire comment je vais le présenter. Parce que moi, c'est vrai que le marketing, c'est vraiment pas mon fort. Le marketing commercial, moi, je suis genre l'écrivaine dans sa grotte, quoi. Et qui se dit, le truc, il va se vendre tout seul. Mais non, pas du tout. Et c'est dur de se dire comment on va présenter le projet. C'est pareil, c'est un truc qu'on va tourner 40 fois l'idée dans la tête en disant qu'est-ce que je mets en avant ? Est-ce que c'est l'histoire ? Est-ce que c'est ce que ça véhicule ? Qui est ma cible ? Ça, c'est super important. Parce que souvent, on écrit un livre et on oublie à qui on s'adresse. C'était ma grosse erreur avec Annie Maë, d'ailleurs. Et du coup, j'ai structuré mes idées pour présenter le projet et rédiger effectivement ce que tu dis, tout ce qui est présentation, quoi.
Ybelion — Très cool. En tout cas, moi, j'ai bien hâte de voir le résultat. Merci. Et le lancement de la campagne, c'est...
Lynn Fox — Le 20 mars.
Ybelion — C'est... Le 20 mars, ok.
Lynn Fox — Ouais, le jour du 30 ans.
Ybelion — On partagera... Ouais, c'est bien, c'est bien. C'est une histoire qui... Elle est longue ou pas ?
Arci, le chien qui change de couleur
Lynn Fox — Non, c'est une centaine de pages. C'est pour les enfants à partir de 6-7 ans. Ah oui. Ouais, c'est pour ça. Ça a été rapide à écrire. Surtout que c'est une trame narrative. Du coup, quand t'écris pour les enfants, c'est beaucoup plus simple. T'as genre une trame narrative, ça va tout droit. Et t'as besoin de moins d'expliquer les choses, quoi. Pour les adultes, t'as besoin d'expliquer pour la cohérence pourquoi Bidule, il fait telle chose. Et pourquoi il le fait pas dans telle situation, etc. Là, c'est un chien qui change de couleur et qui se retrouve abandonné. Donc, ça va tout droit, quoi.
Ybelion — Ah, j'aime bien le pitch. Un chien qui change de couleur, j'aime bien. Et c'est le combienième de livre que t'écris ?
Neuf livres en trois ans : la mécanique
Lynn Fox — Ça sera mon neuvième que je publie.
Putain.
Ybelion — Neuvième ? En combien de temps ?
Lynn Fox — Punaise. Je crois que ça fait deux ans et demi, maintenant. Je me suis lancée dans l'autopublication. Deux ou trois ans. Je sais plus. Deux ou trois ans. Ça passe trop vite. Je crois que ça va faire trois ans cette année, ouais.
Ybelion — Attends, t'avais commencé à écrire avant, quand même ? Ou genre, vraiment, c'est trois ans, neuf bouquins ?
Lynn Fox — Non, animalé, j'avais commencé à écrire avant. J'avais une petite base pour animalé. Ok, putain.
Ybelion — Parce qu'en vrai, c'est quand même vraiment très impressionnant. Je pense que t'es sur une moyenne assez haute, quand même, pour un auteur. Neuf livres, putain.
Lynn Fox — J'écris assez rapidement, en fait. L'écriture, je suis rapide. La réécriture, comme je déteste ça, généralement, je freine un peu des cas de fer, mais c'est vraiment là où je dois travailler, parce que c'est ce qui donne vraiment le rendu qualitatif au livre, quoi. Donc, c'est ce que j'ai retenu de ces trois années.
Ybelion — C'est quoi que t'aimes pas dans la réécriture ?
Écrire le film qu'elle a dans la tête
Lynn Fox — En fait, moi, quand j'écris un livre, c'est comme si j'avais une histoire dans la tête, un film, en fait. Moi, je vois comme si j'avais un film. Et quand j'écris, c'est pour ça que je suis rapide, c'est que j'ai juste à retranscrire à l'écrit ce que je vois dans ma tête. Et ce que j'aime pas dans la réécriture, c'est que j'ai l'impression de repasser le film. Et moi, je regarde jamais un film deux fois. Sauf Princess Mononoke. Mais voilà.
Ybelion — J'aime bien l'image. J'aime bien l'image. J'avais jamais vu ça comme ça. Et alors, parce que c'est ça qui me... Tu vois, moi, je réfléchis parce que, justement, j'ai tendance à conseiller aux gens de... Enfin, je leur dis que la réécriture, elle est toujours plus agréable quand t'as une intention claire au démarrage, que tu t'enfermes pas dans une boucle de correction infinie quand tu fais ton premier jet. Tu vois, en mode, tu reviens pas en permanence sur ce que t'as écrit. T'attends vraiment de mettre un point final au premier jet. et généralement, quand t'es un peu plus... T'as un peu plus de discipline sur ça, la réécriture est un peu plus facile parce que t'as vraiment l'impression de redécouvrir l'histoire et de lui apporter une cohérence différente, etc. Et toi, du coup, quand tu commences à écrire, en fait, t'as tout dans la tête ou t'as besoin de mettre sur papier, je sais pas, un plan, les arts narratifs ?
Naviguer de phare en phare : le plan directeur
Lynn Fox — Ouais, en fait, j'ai mon plan. En fait, la dernière fois, je discutais... Je sais plus avec qui, d'ailleurs. J'ai des trous de mémoire en ce moment. Donc, je discutais. Moi, c'est comme si j'étais sur un bateau, que j'avais mes phares, en fait, et jusqu'à ma destination finale. Donc, j'ai ma ligne directrice, donc mon plan directeur. Et que des fois, entre les phares, en fonction de mon imagination, de mes personnages, au lieu d'aller tout droit, je fais une petite boucle. Mais je vais toujours aller de phare en phare. J'ai mes étapes principales. Celles-là, je les ai dans la tête. Et après, des fois, je laisse un petit peu les choses aller toutes seules. Mais c'est comme si j'avais mon film et puis le tournais, quoi. Il va tout droit.
Ybelion — Ouais, je te rejoins complètement sur le fonctionnement. Je fonctionne pareil. J'ai la destination, tu vois. J'ai le point Z. Et par contre, après, je me laisse un peu guider aussi. C'est les moments que je préfère en écriture. C'est quand tu commences à écrire une scène et elle ne se passe pas du tout comme tu avais prévu. Et que tu te laisses emporter par tes personnages, tu vois.
Lynn Fox — Ouais, ça, c'est trop bien, ça. D'ailleurs, t'en es où, là, dans tes projets ?
Ybelion — Franchement, en ce moment, ça avance bien. Je suis content. Le tome 2, tu vois, il est... J'ai fini le premier G il y a peut-être une semaine et demie. Et là, ça m'a fait plaisir de le poser, de ne pas y penser, de ne pas retravailler dessus. Et donc, je pense que peut-être dans 10 jours, tu vois, je vais laisser encore couler une semaine. Et là, je reprendrai la réécriture. Et là, tu vois, pour le coup, j'ai assez hâte. Parce que je me suis forcé, tu vois, justement, à ne pas repartir. Tu vois, il y a déjà des trucs, je me suis dit, ok, ça, je vais devoir le corriger. Mais je me suis forcé à ne pas le faire. Et là, j'ai hâte parce que je sais que je vais rendre le tout vraiment plus cohérent, tu vois. Et quelque part, le fait de foncer sur le premier jet sans te poser la question, ça fonctionne bien. Et en parallèle de ça, du coup, moi, je suis un peu... Tu sais, j'écris tous les jours, en vrai, je me force. Enfin, je me force. J'adore ça. Mais il y a une partie de moi qui est là en mode, vas-y, tu peux pas niquer ta win streak, là. Si tu n'écris pas aujourd'hui, c'est dommage.
Lynn Fox — On sent le gamer.
Ybelion — Ouais, de fou. Mais ça, ça a trop bien marché. Moi, ça a trop, trop bien marché sur moi. C'est un truc de fou. Et du coup, en ce moment, j'écris... En fait, il y a un truc qui me tenait à cœur pour véhiculer ce que je voulais véhiculer avec l'accompagnement de coaching pour permettre aux gens d'écrire leurs livres. C'était de présenter des parcours inspirants. Et donc, ma volonté, c'était d'écrire une sorte de magazine avec un personnage par magazine. Et chaque personnage, en fait, aurait une histoire de vie qu'il confronte très fort à une certaine croyance limitante. Tu vois, par exemple, ce matin, j'écrivais l'histoire d'un ingénieur qui pense qu'il n'est pas légitime parce qu'il n'a pas fait d'études de lettres, tu vois. Je mets un peu de moi dans chacune des histoires. Et en fait, je voulais écrire des histoires comme ça et les gens, en fait, battent cette croyance-là et finissent par écrire leurs livres et leur vie change, quoi. Et donc, j'en fais un... Mon objectif, c'est d'en faire un petit magazine. Et en vrai, c'est assez cool. Je t'enverrai les visuels, si tu veux.
Lynn Fox — Ah ouais, c'est trop bien. Et du coup, tu les matérialises comment, les croyances ? C'est des boss qui doivent combattre ? Un truc comme ça ?
Ybelion — Eh bien, écoute, j'aurais pu, effectivement. Et tu vois, en vrai, quand tu le dis, je trouve que c'est une très bonne idée. Et ça parle au gamer qui est en moi. Mais en l'occurrence, là, je ne l'ai pas fait comme ça. Il y a très longtemps, on fait un podcast autour de toi, c'est moi qui raconte ma vie. Il y a très longtemps, j'avais eu une idée, en fait, de collection vraiment très artistique où je voulais faire une espèce de défilé de mode de mère nature. En mode, chaque personnage aurait une tenue associée à un animal, tu vois. Je ne sais pas, la personne associée au tigre, elle aurait une veste avec des motifs de tigre, etc. Enfin, t'imagines, quoi. Et j'ai eu cette idée il y a très longtemps, mais je n'arrivais pas à l'exploiter comme je voulais parce que je n'arrivais pas à obtenir les résultats des matériaux indépendants avec les IA. Je n'arrivais pas à les mettre en œuvre sur Photoshop, je n'arrivais pas à en faire un collage qui fonctionnait, tu vois. Je n'étais pas content du résultat et donc j'ai laissé ça traîner un petit peu et cette année, en fait, il y a tout, tu sais, toutes les planètes se sont alignées. J'avais cette idée d'accompagnement d'écriture et dans ma tête, pour moi, mère nature, c'est la première créatrice, tu vois. Enfin, genre quand tu regardes tout ce qu'elle a pu créer, il y a des trucs exceptionnels, tu vois, tu as des animaux exceptionnels partout, c'est trop inspirant. Je trouve que le niveau créativité, c'est vraiment la... Enfin, c'est la première source d'inspiration pour moi. Et du coup, je me suis dit, putain, mais en fait, cette collection, ces personnages que j'avais en tête, ça peut devenir les personnages de qui je vais raconter l'histoire. Et donc, c'est comme ça qu'ils sont devenus le centre de ces histoires-là. Et d'ailleurs, c'est les... C'est les... Tu vois, j'en ai fait des... Je ne sais pas si tu verras bien, mais j'en ai fait des collages comme ça, tu vois.
Lynn Fox — Ah oui.
Ybelion — Et je te montrerai, je te les enverrai en vrai. C'est... Ah ouais, c'est forcément à l'image.
Lynn Fox — J'adore. Ouais, et du coup,
Ybelion — ouais, il y a mon...
Lynn Fox — Qui, il est trop beau.
Ybelion — Dis bonjour, dis bonjour, Voltaire.
Lynn Fox — Il s'appelle Voltaire, en fait, c'est trop chaud. Oh, il est trop mignon, bébé. J'ai pas envie de faire des bisous. Pardon.
Ybelion — Ouais, en vrai, il est trop mignon. Il disait qu'il est propre depuis... Là, ça fait quelques jours qu'il fait plus aucun accident.
Lynn Fox — Ah, et bien, félicitations, Voltaire.
Ybelion — Voilà. À ses six mois, il commence à être vraiment le meilleur toutou du monde.
Lynn Fox — Ah oui, il est encore bébé, là. Oh, il est trop beau. Oui,
Ybelion — il est encore bébé, tu vois, il est tout petit. Voilà mon toutou. Et du coup, dans les neuf bouquins, Annie Mae, il y en a cinq. Je dis une bêtise. Ouais,
Lynn Fox — c'est ça.
Ybelion — Ouais. Et les autres, c'est lesquels ?
Lynn Fox — Alors, j'en ai un, ça s'appelle La jeune fille aux cheveux rouges et l'homme cravate.
Ybelion — J'aime bien le nom.
Lynn Fox — Ouais, c'est un genre de conte un peu philosophique, développement perso, naturaliste, bref, mon père, il a dit que j'ai inventé un nouveau style. Après, c'est La princesse du silence, pareil, c'est un peu du Fantastic Feel Good. En fait, j'appelle ça du Fantastic Feel Good. C'est vraiment des histoires un peu douces, mais à chaque fois, j'aime bien passer des véhicules, des messages un peu positifs, un peu doux, bienveillants, parce que je trouve que ça manque un petit peu et c'est ce que j'ai envie de laisser. Après, on passe ça sur Terre, un, deux, trois. Après, j'ai fait quoi d'autre ? Ava Sauve Noël. Alors lui, c'est un film de Noël, mais en version livre. En fait, c'est une petite histoire.
Ybelion — Trop cool.
Lynn Fox — C'est en juillet dernier où avant, je ne sais plus, il y a un ou deux ans, ma petite soeur, elle m'appelle. On était en plein été, genre, il faisait 35 degrés, elle me dit, on adore les films de Noël avec ma soeur. Elle m'appelle, elle me dit, oh Justine, j'ai trop envie de regarder un film de Noël. Je lui dis, bouge pas, je t'en écris un. Et donc, en plein milieu du mois, j'ai commencé à écrire un film de Noël. Je l'ai publié après, en octobre. Et pour l'autre anecdote, l'héroïne principale porte le prénom d'une de ses copines. C'était juste pour lui rendre hommage, comme ça, pour un petit blague.
Ybelion — Ah, c'est trop cool. C'est trop cool. Tu sais que, ce qui me touche dans ce que tu dis depuis le début, c'est que l'histoire d'Arcy et celle-là, du coup, c'est des histoires qui te sont inspirées parce que tu es en contact avec ta famille, tu vois. Et je trouve ça très beau comme manière de transmettre. C'est touchant.
Lynn Fox — Ah, je vous rendais pas compte, merci.
Ybelion — Et Animae, ça va aller jusqu'où ? Il y aura combien de tomes ?
Lynn Fox — Sept. Les deux derniers sont déjà écrits. Le six, il est en cours de correction et j'ai fait le final et tout ça.
Le dernier mot du tome 7 : une demi-heure de larmes
Ybelion — Putain. Qu'est-ce que t'as ressenti quand t'as mis, tu sais, le dernier mot, le septième tome ?
Lynn Fox — Ouf, là, j'en ai des frissons, rien qu'il pensait, j'ai pleuré. Et en fait, après, je sais que je devais aller chercher un connu. Je crois que j'ai marché pendant une demi-heure et une demi-heure, je pleurais. Je pleurais, mais de joie et en même temps, je me sentais libérée parce que ce livre, en fait, cette histoire, je l'ai dans les tripes depuis que j'ai 6-7 ans. En fait, j'ai commencé à écrire Nimae et je me suis sentie libérée. En même temps, joie intense, pleurée, indescriptible.
Ybelion — Voilà. C'est beau. C'est beau. T'es la deuxième personne avec qui je fais un podcast à deux et t'es la deuxième personne qui me parle d'un livre qu'elle a écrit qui vient de l'enfance, tu vois, de, pareil, 6-7 ans, une idée qui te suit et à la fin, t'arrives à la mettre sur papier. Franchement, c'est super beau. Comme quoi, ce qu'on a quand on est enfant, ça nous quitte jamais vraiment.
Lynn Fox — Ouais. Mais je pense que quand, justement, quand on est enfant, on sait tout ce qu'on doit être et tout ce qu'on veut faire, c'est juste qu'on oublie, quoi. Et toi, du coup, je me posais la question, tes livres, t'as commencé à écrire dessus en étant adulte ou il y a des choses qui te viennent de ton enfance ?
Ybelion — Eh bien, c'est une très bonne question. En fait, comme toi, moi, j'ai mon monde de fantasy à moi aussi, tu vois. c'est sur ça que j'ai principalement écrit, mais j'ai jamais publié sur celui-là. Et en fait, ce qui m'a permis, moi, de vraiment me débloquer, c'est quand, en fait, les trains t'éterrés, donc dans le monde de Carnot, c'est parce que le hasard de la vie a fait qu'un jour, je rencontre un gars qui s'appelle Aubin que je dédicace ce qu'il écoute. Et en fait, il avait un lore et en fait, il découvre que j'écris. Et il me demande, il me dit, putain, est-ce que tu voudrais pas écrire l'histoire de mon lore, tu vois ? Et moi, au début, je suis assez frileux, je lui dis, bah en vrai, pourquoi pas, mais mon rapport à l'écriture est tellement intime que j'ai du mal à jouer le prêt de plume avec la définition stricto sensus, tu vois ? Quelqu'un qui te dit, ok, je veux raconter ça, il se passe ça et ça. Et du coup, je lui dis, bon voilà, et en fait, il me dit, non, mais en fait, c'est simple, le pitch, franchement, je veux juste un monde, une académie de magie et deux peuples qui se détestent, tu vois ? Donc je fais, ok, ça, ça me parle plus, niveau créativité, je sens que je vais être libre et donc je dis oui et en fait, ce, quand je dis ce, ce oui, il a tout changé dans ma vie parce que, parce qu'il m'a, le fait que ça soit quelqu'un qui me l'ait demandé, j'étais redevable et j'avais une deadline, tu vois ? Il m'avait dit, mi-2023, bon ok, j'aimerais bien que ça sorte en 2024 et donc en fait, ça a totalement chamboulé mon rapport à l'écriture parce que je pense que j'étais au départ un peu plus détaché de l'histoire, tu vois, c'était beaucoup moins personnel quand même au début et donc finalement, ça a vraiment libéré ma plume, tu vois, j'ai eu beaucoup plus, c'était beaucoup plus facile de me mettre à l'écriture, au fur et à mesure, c'est devenu une histoire très personnelle et où j'ai mis beaucoup de mois mais au début, non et ça m'a permis vraiment de lancer la machine et d'arriver au bout quoi et donc, c'est marrant parce que je pense qu'il s'en rend pas compte, mais il a vraiment tout déclenché, tu vois, chez moi et maintenant, je suis très attaché à cette histoire, il y aura trois tomes mais après, ça sera fini et après, laisse tomber l'univers de fantasy que j'ai depuis tout petit en tête, là, je vais pouvoir m'y attaquer, je vais pouvoir m'y attaquer et je suis hyper, tu vois, quelque part, je suis hyper heureux que j'ai éprouvé un petit peu déjà le fonctionnement, de savoir comment moi, je fonctionne, comment il faut écrire un livre, enfin, il faut dans le sens comment moi, il faut que je l'écris, j'ai très hâte de commencer, j'ai très hâte de commencer le reste, tu vois, et en même temps, maintenant, je me rends compte que, tu vois, j'arrive pas, moi, à fonctionner avec plein de projets d'écriture, tu vois, j'ai besoin d'avoir un par un et donc, j'essaie de le prendre un peu de recul en me disant, t'inquiète, ça viendra, tu écriras ce monde de fantasy.
Lynn Fox — C'est ce que tu vas faire après l'étreinte éterré ?
Ybelion — En vrai, d'abord, j'ai envie d'écrire une romance, j'ai un truc très précis en tête, donc je ferai ça d'abord, et après, je ferai ça. En vrai, de toute façon, je pense que c'est pareil pour toi, mais des idées, je pense que dans ton coffre à idées, il y en a un paquet, non ?
Lynn Fox — Oui,
il y en a trop.
Ybelion — Et toi, t'arrives, comment tu fais pour, parce que c'est ça qui, moi, m'avait impressionné chez toi, et en même temps, j'ai l'impression que t'écris tellement vite que peut-être que c'est pas le cas, mais comment tu fais pour arriver à écrire plusieurs projets à la fois ?
Deux projets en parallèle, jamais un de plus
Lynn Fox — En fait, quand il y en a un, je suis bloquée au qui me saoule un petit peu, je passe sur l'autre, et je switch. J'en ai toujours au moins deux. Et j'essaye aussi de faire en sorte où il y en a un en phase d'écriture, et l'autre en phase de réécriture. Et là, c'est un peu difficile pour moi, parce que j'ai deux projets en phase de réécriture. Donc, je grince un peu des dents.
Ybelion — Ok. Ah ouais, t'as envie de commencer un autre, en fait ?
Lynn Fox — Ah, j'ai envie de créer, moi. Je veux créer, je veux pas... Voilà, mais je sais qu'il faut que je fasse par là.
Ybelion — mais en fait, du coup, tu fais les choses dans l'ordre quand même, c'est-à-dire que tu le passes en réécriture, et après, tu vas en écrire un autre, quelque part, t'as... Parce que c'est un peu ça aussi que, parfois, il y a ce côté, ok, j'ai une idée, je commence à l'écrire, et puis en fait, à un moment, la motivation s'essouffle un peu, et c'est la discipline qui doit prendre le dessus, sauf que là, tu penses à une autre idée, et du coup, celle-là, elle est beaucoup plus excitante, et donc finalement, tu vas sur la nouvelle, et tu te retrouves avec 50 débuts d'histoire, mais aucun livre écrit, quoi. Oui, bah c'est quoi ?
Lynn Fox — Visiblement,
Ybelion — c'est...
Lynn Fox — C'est quoi ? Il faut terminer avant de... avant de se lancer le dessinement, ouais.
Écrire le matin : Murakami, Nothomb et cerveaux grillés
Ybelion — Toi, t'es... quelle team ? Plutôt écrire le matin, écrire le soir, ou écrire tout le temps ?
Lynn Fox — Alors, ça dépend. Normalement, j'aime bien écrire le matin, mais là, sinon, j'arrive plus trop à me lever, donc j'écris plus tôt le soir.
Ybelion — Je sais pas comment... Le soir, moi, j'ai le cerveau... le cerveau grillé. Ouais. On était... Mercredi, j'étais... Je sais pas si tu vois, j'écris un roman sur Instagram, elle fait des... Elle fait des live écritures le mercredi, elle m'avait invité, et mon cerveau... Franchement, mon cerveau, il était grillé, moi, j'arrivais à rien écrire.
Lynn Fox — Et toi, du coup, t'écris plus tôt le matin, là ?
Ybelion — Ouais, matin. Moi, je me lève tous les jours à 6h30, à 7h, je suis devant mon ordi, et j'écris jusqu'à 9h, à peu près.
Lynn Fox — Ouais, c'est ça qui est trop bien.
Ybelion — En moyenne.
Lynn Fox — C'est quelle auteur qui avait une routine, moi, c'est ma vie de rêve, ça ? Je crois que c'est Murakami. Le gars, il se lève... Tu connais ou pas ? Sa routine ?
Ybelion — Ouais, je connais de nom. Non, je connais pas la routine, par contre.
Lynn Fox — J'avais cru entendre, alors à vérifier, parce que moi, je retiens ce qui m'intéresse et j'oublie souvent les sources. Et en fait, j'avais lu que Murakami, il se levait, c'est un auteur japonais, il se levait à 4-5h du matin, il écrivait pendant 3-4h, et qu'après, il allait faire une randonnée ou une marche de 10km après des nièces. Mais genre, le gars, tous les matins, à 4-5h, il se lève et il écrit. Et c'est qui fait ça aussi ? Je crois que c'est Amélie Nothomb aussi. Je crois qu'elle écrit le matin aussi. Je pense qu'il doit y avoir un truc quelque chose le matin.
Ybelion — Je sais pas si c'est vrai, mais Amélie Nothomb, c'est pas elle qui... genre, elle se fait un litre de thé chaud, cul sec, peut-être à fact-checker ça. Je sais plus quel gars a dû me dire ça.
Lynn Fox — Ça m'étonnerait pas. Ça m'étonnerait pas, Colin. Des vidéos, j'ai videl.
Ybelion — Moi, ce qui me... ce qui me plaît beaucoup dans écrire le matin, c'est qu'en fait, tu vois, comme toi, je fais pas du tout que ça. Et quand j'ai pas écrit le matin, je passe toute la journée à me dire putain, il faut que j'écrive. Il faut que je trouve un moment pour écrire. Et en fait, le faire le matin, tu vois, à 9h, je ne pense plus du tout à l'écriture, tu vois. Je pense plus à mon histoire. C'est vraiment là, la journée commence. Et ça, ça a vraiment tout changé, quoi, dans mon rapport à l'écriture. Et voilà. C'est pour ça que moi, j'aime bien le matin. Mais après, ça peut... Enfin, chacun son truc, quoi. mais...
Lynn Fox — Je comprends. Moi aussi, j'aimais bien le matin. Mais en fait, il paraît que lors de ta routine matinale, il faut caler le truc le plus dur dès le matin, tu vois. Et comme je n'arrive plus à me lever, moi, souvent, maintenant, je calme mon sport le matin. je trouve un moyen d'écrire en faisant mon sport, tu vois. Il ne peut pas encore inventer le moyen de transmettre tes ondes du cerveau directement à l'écrit, mais ça serait peut-être pas mal, tu vois.
Ybelion — Il y a une idée de business, là. Tu l'as déjà essayé, peut-être, en vocal, tu sais, je ne sais pas, enregistré. Après, c'est quand même pas pareil. Non.
Lynn Fox — Non, je ne sais même pas faire un texto en vocal, alors faire ça, non, je pense que je ne vais pas retrouver mes enregistrements. C'est trop compliqué pour moi, là.
Ybelion — J'ai vu que depuis le début de l'année, tu avais commencé à partager pas mal de livres de devs perso que tu avais lus. Et c'est la première fois que tu en lis ou tu en avais déjà lu avant ?
Lynn Fox — Non, ça fait plus de... J'ai qu'il y a 35, ça fait plus de 10 ans que je m'intéresse au développement perso.
Ybelion — Ah, OK, OK.
Lynn Fox — Ouais, c'est un truc... En fait, depuis toute petite, je suis fascinée par la pensée humaine et les interactions humaines. Et j'ai commencé vraiment à me mettre dedans il y a 10 ans. J'avais fait une grosse pause dans la lecture, sur mise là, il y a 7-8 mois, en recommençant par des livres de développement perso. Voilà.
Ybelion — Et c'est lequel qui t'a mis la plus grande claque ?
Lynn Fox — Alors, c'est pas vraiment un livre de développement perso à proprement parler. Alors, il y en a deux. Mon premier livre de développement perso qui m'a mis une claque, ça s'appelait J'arrête de râler.
Ybelion — Je n'ai pas lu celui-là.
Lynn Fox — Il m'a transformé ma vie, j'arrête de râler. En fait, grosso modo, ça t'explique... Arrête de te plaindre, c'est un peu du stoïcisme, c'est... Accepte les choses. Et c'est vrai que ça transforme ta vie quand tu te dis bon, je vais arrêter de râler et tu transformes cette énergie en truc positif, c'est super puissant. Et c'était mon premier bouquin de développement perso que j'ai lu. Je me suis dit, c'est vrai qu'il faut que j'arrête de râler quand même. L'autre, c'est Polo Coelho, l'alchimiste. C'est pas vraiment du développement perso, c'est plus un peu spiritualité, etc. Mais lui, il m'a mis une énorme claque comme si je découvrais ah ouais, ok, c'était pas la vraie vie jusqu'à maintenant. La vraie vie, c'est autre chose.
Ybelion — ouais. Et toi, c'est fou comme les... Bah moi, en fait, c'est un peu comme toi, je pense que c'est les premiers que tu lis qui sont les plus marquants parce qu'après, tout se tourne forcément un peu autour des mêmes sujets. Et donc, la première fois où tu as cette espèce de prise de conscience, tu vois, de dire ah ouais, mais c'est vrai que si je fais pas que me plaindre et que si les choses qui sont pas sous mon contrôle, j'accepte qu'elles doivent pas influencer mon humeur, machin. Et du coup, moi, je pense que celui qui m'a le plus marqué, c'est The Subtle Art of Not Giving a Fuck.
Lynn Fox — Ah oui.
Ybelion — Qui... Ouais, lui vraiment, c'est... lui m'a marqué. Et c'est un peu dans la même vibe, tu vois, c'est une vibe très stoïciste. Alors, l'auteur est plus... Enfin, est très au goût du jour, donc t'as un côté très marketing, très actuel. Il a un ton volontairement un peu plus... Un peu plus... jeune, entre guillemets. J'ai pas d'autres termes qui me viennent, mais voilà. Et donc, il est super. Je sais pas si tu l'as lu, mais celui-là, il est top.
Lynn Fox — Non, je l'ai pas lu, mais je sais que je dois le lire avec celui... Comment il s'appelle si en ce moment qu'il fait un tabac ? C'est Le courage de ne pas être aimé. Et un peu là,
Ybelion — je suis un peu dans ma...
Lynn Fox — Non, alors c'est vrai. Dans ma période d'apprendre à la fieprise totalement, et je sais que ces deux-là, je dois les lire.
Ybelion — Ouais, alors du coup, je pseudo-change ma réponse. Avoir le courage de ne pas être aimé, il est encore plus puissant, je trouve.
Lynn Fox — Ah, bon, bah voilà.
Ybelion — Ouais, je... En fait, il est un peu différent dans la structure, parce que c'est un livre japonais. Du coup, je pense qu'ils ont une manière peut-être d'écrire qui est un peu différente, mais là, tu vois, c'est... Le livre est un dialogue entre un philosophe et quelqu'un, du coup, qui... Enfin voilà, quelqu'un. Et franchement, c'est trop puissant. Et celui-là, je me rappelle, alors là, c'est pas bien, mais maintenant, j'ai démissionné, je peux le dire. Lui, je l'ai lu au travail, parce qu'on me l'avait envoyé en PDF, et je me rappelle que sur des... que j'avais genre lu une première page en me disant, vas-y, je fais une petite pause et tout, et que j'avais été happé de fou par le livre, et j'avais lu, je sais pas, j'avais dû lire ça toute l'après-midi. Putain, ouais, tu vois, je l'avais oublié, et ouais, lui, ouais, lui, vraiment grosse claque. Ouais.
Lynn Fox — Mais tu l'as mis en application direct, quoi. Ouais,
Ybelion — parce qu'en fait, il est... Ouais, de fou. De fou, j'ai eu le courage de pas être aimé au travail, tu vois, c'est bon.
Lynn Fox — C'est pas mal, ça.
Ybelion — Ouais. Non, en vrai, lui, il est très puissant. Et je te spoil pas, du coup, je te spoil pas.
Lynn Fox — Ça marche. Je savais pas que vous pouvez spoiler un livre de développement perso. Ça ?
Ybelion — En fait, tu vois, je pense que si je te raconte le message, peut-être qu'il sera moins puissant, tu vois. Ou alors, en fait, je me dis aussi, il a un côté un peu philosophique et spirituel, et t'en feras peut-être une interprétation différente qui sera encore plus puissante pour toi, et je pense que c'est pour ça que c'est bien de les découvrir, de les découvrir tout seul.
Lynn Fox — D'accord, ça marche. Bon, de toute façon, dans ma distance.
La maison en bois dans la forêt : la vision qui revient
Ybelion — Et ouais, si, un truc tout à l'heure que je voulais te demander, t'as parlé de, récemment, t'as partagé sur Insta un peu ta vision, ton rêve, ce que tu voulais accomplir. Comment t'as réussi à trouver la clé ?
Lynn Fox — Bah, c'est compliqué ça, comme question. Attends, faut que je réfléchisse.
Ybelion — En fait,
Lynn Fox — je suis dans une période transitoire de ma vie. On va dire que il y a un peu tous mes repères qui sont effondrés ces derniers mois, et au travail, ça va vraiment pas. Et je pense que c'est dans ces moments où t'es dans le dur un petit peu au fond du trou, où t'as le plus de lucidité parce que, finalement, t'essaies de te dire c'est quoi l'essentiel. et c'est en travaillant sur ça, en me disant ok, j'ai plus de repères, je me sens pas bien dans mon travail, c'est quoi l'essentiel ? Si j'avais une baguette magique, qu'est-ce que serait ma vie de rêve ? Et en fait, j'ai simplement répondu à cette question sur quelle est ma vie de rêve ? Le soir, je fais de la visualisation avec des techniques de méditation et souvent, cette question, elle revient. Elle te dit qu'est-ce que t'as au plus profond de toi-même ? Et à force de faire, c'était toujours la même vision qui revenait. C'était moi en train d'écrire dans ma espèce de maison en bois, dans la forêt, avec plus forcément un compagnon, des enfants, etc. Et je vivais complètement de l'écriture, mais ça me permettait aussi de protéger les animaux et la nature en reversant les bénéfices et à chaque fois, c'est tout le temps cette vision qui revient. Donc je me dis, bon, si ça revient tout le temps, c'est que ça doit être ça quand même. Donc voilà.
Ybelion — C'est magnifique. C'est magnifique. Et ça me touche beaucoup parce que c'est... J'adore cette image de maison perdue dans la forêt dans laquelle tu peux avoir ton univers créatif à toi. Et moi, je l'imaginais un peu. Tu vois, j'avais en tête... En même temps, j'aime bien voyager et voir des gens, etc. Je sens qu'à un moment, la solitude vraiment me pèse parfois. Et donc, j'imaginais bien, tu vois, un espèce de point d'invariance à la campagne dans lequel tu peux te retirer quelques mois, plusieurs mois dans l'année et aller dire, allez, fuck tout le monde. Moi, là, laissez-moi tranquille. Moi, je vais écrire. Je vais créer, machin. Et ouais, ça me parle, putain, cette vision. Ouais, c'est très, très cool. En tout cas, c'est cool que t'aies fait cet exercice de te demander ce pourquoi t'étais faite. Parce que je pense qu'il y a beaucoup de gens qui le font pas. Et d'ailleurs, il y a beaucoup de gens qui ont le rêve d'écrire un livre qui le font jamais aussi à cause de ça. Parce qu'ils se posent jamais la question. Donc, bravo d'avoir fait cet exercice.
Lynn Fox — Merci. Mais grâce à toi, ils vont l'écrire, les livres.
Ybelion — Bah, j'espère. Tu sais que c'est le... D'ailleurs, en parlant de visualisation, moi, un truc que je visualise très clairement et que j'ai envie d'avoir, tu vois, c'est dans cette maison perdue dans la campagne, là, j'ai envie d'avoir une bibliothèque où dedans, il n'y a que les livres des gens que j'ai accompagnés, tu vois. Et ça, c'est vraiment un truc que je me dis, putain, mais ça serait... ça serait incroyable. Et tu vois, je l'imagine et j'ai presque... j'ai presque envie de le faire, c'est-à-dire de... Tu sais, d'acheter une bibliothèque et de rien mettre dedans à part les livres des gens que j'ai accompagnés. Et je pense que peut-être il faudrait que je le fasse pour acter, tu vois, l'acte... la visualisation, finalement.
Lynn Fox — Même ça, c'est trop puissant. Moi, ce que j'ai pensé, j'ai discuté là... Ce week-end, j'ai hébergé quelqu'un qui a tout lâché. Le gars, il a tout lâché. Il était... Il travaille dans le web. Là, grosso modo, il vit avec sa tante dans la nature, il fait des trucs par-ci, par-là. Et comme il y avait l'orage ce week-end, il a l'ascendé à pas l'âge. Je fais, viens à la maison, j'ai une chambre qui sert à rien. Et j'étais en train de raconter... Oui, on parlait des retraites dans les maisons. Et du coup, en discutant avec lui, parce que lui aussi, il écrivait un livre de fantasy. Du coup, il m'a montré tout ça. C'était incroyable. Le hasard des seins, tu vois.
Ybelion — Oui.
Lynn Fox — Et au fur et à mesure, on discutait et j'ai une nouvelle aussi idée qui est venue. Moi, je me suis dit, j'aimerais bien avoir une maison comme ça dans la campagne où la nature qui te permet vraiment de poser, d'avoir un cadre où tu fais que écrire. Et en fait, d'avoir un endroit dans un vieux corps de ferme ou j'en sais rien, où tu peux héberger des auteurs qui, eux, ont besoin aussi de se calmer, tu vois, pour s'isoler ou parce qu'ils ont eu de la famille ou etc. Et du coup, en me renseignant, j'ai vu là, il n'y a pas longtemps, il y a quoi, deux ou trois jours, parce que je me suis dit, mais c'est trop bien ça, pendant un ou deux mois, il te file 10 000 euros et pendant quelques mois, tu peux aller écrire dans un château ou des trucs comme ça.
Ybelion — C'est incroyable.
Lynn Fox — Ouais. Voilà. Enfin bref, je ne sais pas pourquoi je dis ça, si il m'y a fait penser. Tu digresses ?
Ybelion — Si, c'est... Mais je ne connaissais pas. Franchement, c'est une putain de bonne idée. Et je pense que ça, ça doit être super cool de pouvoir... Je n'ai jamais fait moi le... Enfin si, je l'ai fait tout seul, tu vois, la retraite d'écriture en mode un peu ermite, mais le faire à plusieurs, ça doit être vraiment sympa aussi. Ça doit être bien motivant de se retrouver dans la même situation que plein de gens.
Lynn Fox — Ouais, ça doit être trop bien. Ouais.
Reprogrammer son cerveau par la visualisation
Ybelion — Depuis combien de temps tu fais de la visualisation ?
Lynn Fox — Ce n'est pas longtemps. Ça fait depuis un an et demi, je crois. Mais c'est super puissant.
Ybelion — Moi, ça me... Tu sais que j'ai pris très récemment conscience de la puissance de la visualisation en formation de coaching parce qu'en fait, j'ai vu une démo de... En coaching, il y a un exercice de recadrage qui s'appelle la négociation des parties. C'est quand ton coaché, il a en gros un espèce de dilemme entre deux parties de lui. Souvent, ça peut être la partie qui lui dit genre non, en vrai, fais rien de nouveau parce que ça va te mettre en danger et la partie de lui qui lui dit non mais vas-y, fais que des trucs nouveaux, ça va être génial. tu vois. Et donc, elle lui fait un exercice de visualisation où elle l'invite à incarner la partie qui lui dit d'être folle et la partie qui lui dit d'être rationnelle. Et donc, elle mène son exercice comme ça et tu vois, en direct live, genre vraiment, c'était un truc de fou. Ça m'a marqué énormément et là, je me suis dit non, en vrai, c'est trop la visualisation. C'est vraiment... Tu vois, je le voyais un peu comme un truc ésotérique en mode ouais, c'est un truc un peu de mec perché et tout, mais genre, c'est... Je n'ai même pas les mots pour le décrire, tu vois. Je trouve que c'est trop, trop puissant.
Lynn Fox — Ouais, bah pareil, j'avais la même opinion que toi, je me suis dit c'est un peu barré ce truc-là. Puis j'ai téléchargé une appli. En fait, pour être totalement honnête et transparente, en fait, c'est l'année dernière quand je me suis mangé la réguile de l'Ursaf où je me suis dit mais je vais me pouvoir payer ça. J'étais en panique et je me suis dit bon, il faut que j'arrête de faire n'importe quoi au niveau financier parce que moi, je ne suis pas une très bonne gestionnaire. J'adore faire des cadeaux, etc. Et bon, bah voilà. Et je me suis acheté un guide de l'éducation financière et en même temps, je me suis téléchargé une appli en fait qui guide pour, tu sais, la réussite financière et tous les temps, j'écoute mes trucs, machin, etc. Et pendant six mois, en fait, j'ai fait le programme et en fait, j'ai vu que j'ai commencé à mettre en place des trucs naturellement pour réussir à améliorer ma gestion des finances. Alors bien sûr, j'ai lu le guide, etc. Mais à force, du coup, tu captes en fait ton cerveau, tu le programmes pour capter les infos qui t'intéressent. Et donc, bah tu as différents programmes, tu as l'abondance, etc., l'amour, l'amitié et la réussite, ce genre de choses. Et en fait, c'est que tu reprogrammes ton cerveau pour qu'il capte les infos qui l'intéressent et il fait le travail en tâche de fond pour toi. Donc tu fais des trucs, des fois, tu ne sais pas pourquoi, mais c'est dans cette intention-là.
Ybelion — Ouais, exactement. Et c'est pour ça qu'il faut réussir. Il faut en fait faire l'effort de... Mais c'est très... En fait, c'est plus facile quand tu es guidé par quelqu'un, je trouve. Oui. Tu es quelqu'un qui te fait fermer les yeux et qui te dit ok, là, tu t'imagines machin et alors, quelle question tu te poses et qu'est-ce que tu ressens, qu'est-ce que tu vois, machin, machin. Je ne sais pas si ça... Tu vois, s'il y a des gens qui... Il y a forcément des gens qui sont spécialisés là-dedans. Mais... Voilà, tu vois, c'est ça aussi que j'ai remarqué et du coup, ça va être le sens de ma question. J'ai remarqué à posteriori qu'il y avait des choses que j'avais, tu vois, déjà visualisées dans ma tête et typiquement, j'ai des souvenirs assez nets de moi, petit, tu vois, qui imagine qu'il écrit un livre, tu vois. Ou en tout cas, qu'il a écrit un livre. Et je me demande à quel point ce truc-là a pu, tu sais, être marqué, entre guillemets, dans ton inconscient et que finalement, tu vois, ça te conduit un petit peu à te retrouver sur ce chemin-là.
Lynn Fox — Là, tu parles de ce que tu as vu quand tu étais petit.
Ybelion — Ouais, tu vois, j'essaie de, tu vois, est-ce que je le reconstruis rétrospectivement ? J'ai l'impression que ça m'a quelque part influencé, je sais pas.
Lynn Fox — Je pense que si tu l'avais, si tu l'as reconstruit mais que c'était le cas, tu ne se croutes pas là aujourd'hui, regarde, tu es en train de coacher des gens pour y faire.
Ybelion — C'est vrai.
Lynn Fox — C'est vrai. C'est pas un truc que tu disais, peut-être tu t'es découvert ça récemment, mais je sais pas, tu as quand même abandonné ton travail pour faire ça. Je pense que c'est quelque chose qui t'amène. Non, je sais pas.
Ybelion — C'est vrai, c'est vrai, c'est vrai. Ah là là, vive la liberté, c'est trop bien.
Lynn Fox — Ah ouais.
Les braises : douter de l'utilité d'écrire
Ybelion — Et toi, est-ce que t'as déjà eu du mal à te, à écrire ? Est-ce qu'il y a des moments où tu t'es sentie bloquée ?
Lynn Fox — Alors pour écrire, l'histoire, non, mais des doutes sur l'utilité d'écrire, oui. Ou t'as plus envie parce que tu dis ça sera rien, là je suis en galère, bah j'ai pas, j'ai pas de succès, c'est un gouffre financier, j'arrive pas à transmettre correctement les messages que je veux. Et régulièrement, j'ai ces doutes-là. J'en parle d'ailleurs dans ma dernière newsletter, c'est un peu les montagnes russes. Mais il y a toujours ce petit quelque chose, cette petite flamme, même si des fois on a l'impression que c'est des braises, bah il suffit d'un truc, un lecteur qui dit qu'il est content, une dédicace ou juste un sourire et hop, ça s'embrase à nouveau. Donc ouais, ça m'est déjà arrivé d'être bloqué, pas la page blanche, mais d'être bloqué par rapport à est-ce que ça fait du sens, est-ce que c'est utile, voilà. Parce que toute cette énergie que je mets, à la fin, je me dis, bon, est-ce que ça servira à quelque chose ? Je sais pas.
Ybelion — T'aimerais que ça serve à quoi ?
Lynn Fox — Bah moi, j'aimerais bien que l'écriture, ça aide les gens, tu vois, ou quelque part, soit une petite tape sur l'épaule en disant coucou, moi aussi je suis là, tu vois, à travers les mots ou de les faire voyager. Moi, je sais que quand j'étais petite, en fait, la lecture, c'était mon refuge. J'ai pas eu une enfance très facile et du coup, bah souvent, moi, j'allais me réfugier dans les mondes de l'imaginaire et c'était ma bulle d'oxygène et je voyageais. Moi, quand je lisais les trucs avec les dragons, j'étais sur le dos du dragon, c'était pas Aragon, c'était moi, la place, tu vois. Et du coup, je me suis dit, c'est ça que j'aimerais bien offrir aux gens, cette évasion pour une partie de mes livres, un peu fantasy, mais aussi, autre chose, c'est de transmettre un petit peu de douceur et de joie à travers d'autres livres, un petit peu feel good, fantastique, parce que je pense que le monde, il manque un peu de douceur et c'est ce que j'aimerais aussi partager.
Sniffer les vieux livres et écrire sur le Minitel
Ybelion — C'est beau. C'est beau. Et c'est ça, c'est quoi qui t'a donné envie d'écrire quand t'avais 6 ou 7 ans ?
Lynn Fox — Je sais pas, je crois que j'ai toujours eu envie d'écrire. Il y avait une bibliothèque, on avait une bibliothèque avec des vieux livres en cuir. Il y en avait 2 ou 3, je me souviens, je pouvais passer des soirées alors que je savais pas encore lire, aller sniffer. J'adorais l'odeur des livres.
Ybelion — Incroyable.
Lynn Fox — J'avais 4 ans, je faisais semblant de le lire, mais je passais des heures, faire semblant de lire les livres quand j'avais 4 ans, mais je les tenais à l'envers et tout. Mais toute seule, comme une gogolito, j'étais dans mon truc en train de lire. Et un jour, ils avaient acheté un mini-tel, mes parents, et pareil, dès qu'il y a eu le mini-tel, je faisais semblant d'écrire dessus. Bon, je n'étais pas trop contente parce que je me connectais et ça coûtait de l'argent, mais en fait, je pense que c'est naturel. Dès que j'ai eu 5-6 ans, je voulais écrire.
Ybelion — C'est beau. En fait, c'est un peu, quand on parle, on sent qu'il y a une sorte de vocation. Du coup, je comprends l'image que tu utilisais tout à l'heure des braises qui s'éteignent jamais. Elles ont toujours été là quelque part.
Lynn Fox — Oui.
Ybelion — Et ça nous fait un point de moment parce que
Lynn Fox — ah ben voilà.
Ybelion — Alors, je fais la parenthèse sur le point commun, mais ce qui m'a fait rire, c'est que tu as parlé du mini-tel et moi aussi, j'ai le souvenir de petit écrire n'importe quoi sur le mini-tel. Donc, je suis en train de me dire que peut-être le point commun de tous les écrivains, c'est un grand-père ou un parent qui avait un mini-tel. Voilà. Et moi, ça, c'est une bonne question. Tu vois, comme toi, je n'arrive pas trop à me rappeler. Je pense que l'écriture est plus un et une sorte de vecteur pour moi de la manière de réaliser mon imagination. Quand j'étais petit, je l'ai beaucoup passé par tu vois, je jouais énormément avec mes figurines, mes Legos, mes Playmobil et j'imaginais énormément d'histoires, tu vois. Et je pouvais passer des heures à jouer avec deux Playmobil et il se passait des trucs de dingue et j'ai encore... Et ce qui est marrant et tu vois, tu disais tout à l'heure, ce qui est marrant, c'est que je sens qu'il y a des histoires que j'écris qui sont encore influencées par ces idées que j'avais, tu vois, à l'époque. Et après, assez naturellement, je pense que quand tu te mets un crayon dans les mains, tu te mets à écrire en fait ce que t'as en tête. Avant, tu l'imaginais, après tu l'écris, tu le dessines. Tu vois, je me rappelle avoir fait des... Putain, j'aimerais bien le retrouver, mais des BD, tu vois, de moi et mon meilleur ami qui partaient en exploration, tu vois. Parce que moi, quand j'étais petit, à un moment, je lui dis à ma mère, maman, je suis désolé, mais quand je serai plus grand, tu me verras pas beaucoup parce que je serai explorateur, tu vois. Explorateur de quoi ? Je sais pas. Mais je pense qu'en fait, après, moi, alors une chance, une malchance, je sais pas, mais les études ont complètement ratatiné cette créativité. J'ai fait des études scientifiques, prépa, école d'ingé, et en fait, à la fin de l'école d'ingé, j'ai l'impression de pas être créatif, tu vois. Et quelque part, après, j'ai eu la chance que ça renaisse. Et donc, un peu comme toi, en fait, je saurais pas vraiment trop dire. Je pense que c'est... je pense que c'est un peu un truc instinctif chez moi aussi, tu vois. Mais d'ailleurs, je le sens, tu vois, dans la manière que j'ai d'explorer ma créativité, j'aime bien tout utiliser. Tu vois, c'est pour ça que j'ai été passionné par l'utilisation de l'IA. Alors, les gens aiment ou pas, tu vois, chacun voit midi à sa porte. Mais, tu vois, je dessine sur tablette, je joue avec Photoshop, je joue avec la vidéo. Je sais qu'un jour, d'ailleurs, je sais qu'un jour, j'essaierai aussi la musique, tu vois. J'ai trop envie, en fait. Je trouve qu'il y a une énergie dans toute cette créativité qui est dingue et qu'il faut aller chercher quel que soit le moyen, quoi. Je le vois comme ça. Ouais, un truc un peu instinctif. Tu la vois comment, genre, ta journée idéale ?
Lynn Fox — Ah, alors, ma journée idéale. Je me lève, je vais courir. Moi, je fais le sport avant l'écriture. Ok. Ah non, remarque, c'est pas une bonne idée parce que si je vais courir en borne, je vais éclater. Non, je me lève, gratitude, yoga, tout ça, écriture avec le lever du soleil et les oeufs qui chantent. Après, course à pied et après, l'après-midi, moi, j'aime bien être dans la nature donc je pense que je ferai de la randonnée. Écriture le matin, avant de donner l'après-midi. Voilà. Ou plonger.
Ybelion — Si je ferai de la mer. Moi, je trouve ça vendeur, j'achète.
Lynn Fox — C'est bien comme vie, ça.
Marathon, starting blocks et lancements ratés
Ybelion — C'est vrai qu'on ne l'a pas dit mais un truc impressionnant aussi, c'est que tu as couru ton premier marathon récemment aussi.
Lynn Fox — Ouais, mais ça, bon, il ne faut pas faire ça comme ça parce que c'était l'année dernière, en fait, à Noël avec mes frères. J'ai quatre frères et une sœur et en fait, pour moi, la famille, c'est super important et je les aime vraiment, c'est mon trésor. Ma famille, c'est ce qu'il y a de plus précieux sur Terre, le monde peut s'effondrer tant que j'ai mes frères et sœurs, c'est pas grave. Et en fait, on avait un peu bu avec mes frères et on se dit, ouais, viens, l'année prochaine, on va courir un semi-marathon. Donc, on s'est inscrit à un semi-marathon après avoir bu, donc on n'avait pas trop réalisé. Et puis moi, je dis, bon, bah allez, moi, je voulais courir au moins un marathon dans ma vie et je me suis dit, j'ai inscrit au marathon. Sauf que mes frères, ils m'ont pas suivi. Ils ont fait le semi-marathon avec moi et je leur ai dit, bon, bah les gars, on a fait le semi-marathon, vous allez venir avec moi un marathon ? Ils se disent, non, non. Du coup, j'ai été courir mon marathon mais j'étais pas trop entraînée, je suis arrivée un peu comme une touriste. J'ai eu des crampes au bout de 20 kilomètres, je me suis dit, ah, il reste le double, ça va être sympa. il faut le faire en confiance, il ne faut pas s'inscrire sur un coup de tête comme ça. C'est quand même un sacré effort.
Ybelion — Ok, je note parce que j'avais très envie de m'inscrire sur un coup de tête justement.
Lynn Fox — Un petit peu, hein ?
Ybelion — Est-ce que, moi, je vois un peu un parallèle entre la discipline qu'il faut pour écrire un livre et pour faire du sport, ça marche très bien avec le marathon. Est-ce que je suis fou de faire ce parallèle ?
Lynn Fox — Non, en vrai, exactement, parce que, moi, je pense que l'écriture, ce n'est pas juste un élan créatif. D'ailleurs, il faut une discipline parce qu'aller jusqu'au bout d'un livre, c'est quand même un sacré projet. C'est entre 300 et 400 pages. Si tu n'as pas un minimum de discipline, c'est comme le sport. Si tu n'entraînes pas un minimum, tu n'arriveras pas jusqu'au bout. Moi, j'ai fait de l'athlétisme à haut niveau pendant longtemps et, par exemple, je passais des séances entières à juste travailler mon départ dans les starting blocks. C'est pareil quand tu écris. Si tu ne t'entraînes pas régulièrement à améliorer ta technique, donc à écrire beaucoup de façon disciplinée, tu ne t'améliores pas et tu vas toujours faire un petit peu la même chose sans vraiment avoir une ligne directrice qui te permet de progresser. Je pense que le parallèle, il est super pertinent, justement.
Ybelion — Ça me parle beaucoup de ce que tu dis. Tu faisais quoi comme course à l'athlétisme ?
Lynn Fox — Je faisais du 100 mètres plat, du 100 mètres et du soin en longueur.
Ybelion — C'est un stylé. Stylé, stylé. Hyper impressionnant et effectivement, le 100 mètres, du coup, ça joue beaucoup au démarrage, j'imagine, d'où l'entraînement.
Lynn Fox — Non, mais je disais qu'il y avait des techniques de déstabilisation où, justement, comme tout se joue à quelques secondes près via le départ, parce que la course, tu cours. En fait, quand tu fais des compètes, tu as le droit à deux départs, deux faux départs. Le deuxième faux départ, la personne qui fait le faux départ est éliminée, même si ce n'est pas elle qui a fait le premier faux départ. Et tu as des gens qui font exprès de bouger dans les starting blocks au premier départ pour qu'il y ait un coup de feu. Comme ça, tout le monde est déstabilisé et c'est-à-dire que lors du deuxième coup de feu, généralement, tu en as un qui stresse, qui bouge et qui est éliminé. Donc, c'est là où tu te dis, tu as certaines fois où c'est super important de bosser sur un truc précis parce que c'est le truc critique qui va te permettre d'avoir le succès. Et là, c'est un peu pareil. Moi, tu vois, sur Amazon, je me suis foirée dans tous mes lancements. Tous mes lancements de livres, je me suis foirée parce que je voulais aller trop vite. Je m'aperçois qu'en fait, le truc crucial, c'est le lancement. En fait, tu peux avoir le meilleur livre du monde si tu n'arrives pas ton lancement sur Amazon KDP, ton livre, il restera dans les pages 200 d'Amazon. Et c'est toujours pareil, en fait. Pour moi, écrire, ce n'est pas seulement écrire, c'est aussi se former constamment tout le temps pour améliorer ces points-là qui sont ultra crucials. Il n'y a pas que ça, il y a aussi la couverture, ce genre de choses, mais ouais. Pardon, du coup, je t'ai mis.
L'ego, les œillères et l'art de se faire aider
Ybelion — Non, mais je rebondis directement sur ce que tu dis. Moi, je suis un grand fan aussi de formation et d'accompagnement. Je le fais pour tout et n'importe quoi. En fait, après, je pense que c'est un peu naturel. Moi, si j'en propose, c'est aussi parce que je connais à quel point c'est puissant. En fait, à un moment, je me disais, franchement, je suis devenu ingénieur, j'ai fait une formation pour, j'ai obtenu un diplôme et pourquoi pour le reste, je ne le ferais pas ? Quelque part, parfois, il faut se donner les moyens de son ambition aussi. Moi, je sais que tu vois, par exemple, j'ai suivi un accompagnement justement pour réussir à construire un accompagnement digne d'intérêt et de qualité avec une livraison vraiment à la hauteur. Et en fait, il y a un moment, j'avais un peu l'ego qui jouait en mode non, mais je n'ai pas besoin de quelqu'un pour faire ça, franchement, machin, machin. Et à un moment, je me suis dit, non, mais en fait, tu es trop con, genre, il ne serait jamais venu à l'idée de faire un nouveau métier sans en avoir un peu les règles ou les manières de faire. et là, aujourd'hui, Dieu merci que je me sois fait accompagner pour ça parce que sinon, je pense que j'aurais perdu mais des mois, des mois, quoi, des mois. Je me serais un peu... Donc, je n'aurais pas été aussi serein quand je t'en parlais, tu vois, par message parce que j'aurais galéré de fou.
Lynn Fox — On a toujours besoin des autres. Et même si la personne n'est pas ultra experte d'avoir un point de vue extérieur qui te remet un petit peu en question, qui te challenge, c'est toujours intéressant parce que souvent, tu te mets des œillères. Moi, je sais que quand tu laisses ton ego travailler, tu te mets des œillères et tu oublies et d'avoir quelqu'un qui te remet un petit peu en perspective. Franchement, c'est super important, ça.