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Pochette de l'épisode 125 du podcast Ose Écrire

ÉPISODE 125AVEC INVITÉ8 JUILLET 202676 MIN

Ce manuscrit personne n'en veut, j'en changerai pas un mot - Discussion avec Juliette

Clarté · Identitéauthenticitécongruence
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FACE A — LES 24 CHAPITRES · CLIQUE POUR ÉCOUTER

Certains livres méritent d'attendre leur heure dans un tiroir.

CE QUE RACONTE CET ÉPISODE

Juliette écrit depuis des années. Un premier roman en hommage à son père, des livres sur le Liban, un recueil de poésie qui paraît bientôt. Et puis il y a cet autre manuscrit. Celui qu'elle a écrit pour raconter des destins de femmes pendant la guerre civile, avec cette rage au fond du ventre qu'elle porte parfois sans jamais la crier.

Ce texte-là, personne n'en veut en l'état. Elle a reçu des retours constructifs pour le retravailler, lui donner une forme plus publiable. Mais c'est cette forme brute qui lui plaît, ce message-là qui la traverse. Alors elle fait un choix rare : le garder dans un tiroir plutôt que de le trahir.

« Il existera peut-être un jour, mais il existera sous mes conditions. »

C'est bouleversant. Accepter que ton livre attende son heure, parce que le lisser reviendrait à le vider de ce qui l'a fait naître. Voilà la congruence avec ton intention de départ, ta pleine liberté d'autrice.

On peut écrire pour être publié, avec les concessions et la co-construction précieuse que ça demande. On peut aussi écrire juste pour sortir ce qu'on a au fond de soi. Le plus courageux, c'est souvent d'assumer lequel des deux on suit à cet instant.

C'est tout l'épisode 125 avec Juliette, à écouter là où tu écoutes tes podcasts.

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LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE — CLIQUE UN SLIDE POUR L'AGRANDIR

Face B — le transcript

L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE

Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !

Bienvenue dans l'épisode 125 avec Juliette

Ybelion — Bienvenue dans cet épisode où j'accueille Juliette. On parle de Naples, de Beyrouth, de liberté, de poésie, et que vous dire de plus, ça m'a donné envie d'écrire. Je vous souhaite une très bonne écoute et je vous dis à très vite. Moi c'est Sam, Ybelion de mon nom de plume. Je suis écrivain, coach ICF et j'ai créé Ose Écrire, un accompagnement pour celles et ceux qui veulent enfin accomplir leur rêve d'écrire un livre. Ce podcast a la même intention. C'est ton rendez-vous inspiration, discipline et passage à l'action. Et si ça te parle, abonne-toi, mets 5 étoiles et partage autour de toi. Parce que plus il y a de gens qui osent, plus d'autres oseront à leur tour. Allez, c'est parti et bonne écoute. Et j'ai vu que vous alliez faire un atelier avec Gabriel. Ouais. Un atelier d'écriture. Ouais, ouais. C'est trop cool ça.

Juliette Elamine — Il squatte un atelier que j'ai donné une fois à Concarneau. Trop bien. Grâce à une écrivaine qui est chouette, qui s'appelle Julie Neveu, qui écrit de la poésie et des haïkus, qui bosse par ailleurs dans ce centre à Concarneau. J'espère que je ne dis pas de bêtises, elle fait des soins thérapeutiques, y compris via l'écriture. Et en fait, elles sont un petit groupe, je crois qu'il y a des femmes qui viennent écrire un lundi sur deux. Et en fait, c'est assez chouette. Tu vois, c'est sur une mezzanine, on est au calme, il y a de la lumière partout, il y a des livres, c'est décoré, et juste t'arrives et elles sont trop contentes, ces dames, d'écrire pendant toute la journée, en fait. Pas juste deux heures, t'as vraiment l'impression que le temps sait dire. Et mon premier atelier avec elles, en tout cas, c'était vraiment très détendant, très relaxant, au-delà de... Alors, peut-être parce que moi, j'écrivais pas. Parce que d'habitude, pendant les ateliers d'écriture, j'essayais d'écrire un petit peu. Mais là, non, vraiment, je guidais. Et donc, elles m'ont proposé de revenir et comme j'ai une dédicace, le lendemain, avec Gabriel, je lui ai proposé. Sur l'initiative, on va voir.

Un atelier d'écriture à deux, avec Gabriel

Ybelion — C'est trop cool, en vrai, de le faire à deux, en plus, ça va être sympa. Vous avez... Comment, toi, quand tu l'as fait, comment tu abordes ces ateliers ? Est-ce que vous avez une idée de ce que vous allez faire ?

Juliette Elamine — Je suis super curieuse. Ouais, ouais. Là, alors, moi, je prépare toujours les ateliers d'écriture. Au moins... Alors, j'essaye, en fait, j'essaye d'avoir le thème au dernier moment. Vraiment, la contrainte au dernier moment parce que sinon, comme j'écris avec mes participants, en fait, j'ai le temps de préparer, c'est moins drôle. Ouais,

Ybelion — tu triches, entre guillemets. Ouais,

Juliette Elamine — exactement. Alors, des fois, c'est nécessaire et du coup, ce que j'écris, c'est pas souvent des bons textes. Ça fait très mécanique. Et là, je pense qu'on n'aura pas le temps d'écrire. Donc, je suis plus détendue pour l'aborder. Et donc, on a ce thème voyage intérieur-extérieur. En fait, on voulait partir de la collection voyage-voyage dans laquelle on écrit. Mais en se disant, on va aller au-delà. Moi, ce qui m'intéresse, c'est le voyage au-delà du livre et le voyage que tu fais en tant qu'écrivain, mais dans le sens personne qui écrit, donc y compris nos participants. et tout ce que ça te pousse à faire en fait, comme recherche, comme démarche perso, d'écrire en fait, ça va bien au-delà de juste le rendu à la fin. Donc, on a réfléchi dans ce sens-là. On a commencé à structurer un peu la journée et on a des idées pour aborder. On va se servir en fait de texte d'autres auteurs, je pense, pour ouvrir la porte et après, on leur donnera la contrainte et on devrait écrire.

Ybelion — Trop bien. N'en dit pas plus, du coup, pour garder le secret. Mais ouais, c'est trop cool. Moi, j'avais lu un livre qui m'avait hyper inspiré qui est d'ailleurs, en haut, tu ne dois pas très le voir, mais un livre de Jeanne Bonammer qui s'appelle Vers l'écriture et franchement, c'est un livre, c'était une dame qui a donné énormément d'ateliers d'écriture et ce petit bouquin est tellement inspirant. Je me rappelle au début, c'est ma mère qui me l'avait offert au moment où j'avais lancé le coaching, tout ça. Et je me rappelle lire les premières pages et surligner plein de trucs et d'être tellement submergé par ce que le livre transmet que tu n'arrives presque pas à lire. Et du coup, je l'avais fini après il y a plus longtemps. Mais du coup, je porte un tout autre regard sur les ateliers d'écriture et sur ce que ça permet. c'est trop cool que vous fassiez ça avec Gabrielle.

Le thème du voyage intérieur et extérieur

Juliette Elamine — Ouais, ça va être chouette. J'ai hâte.

Ybelion — Et du coup, pour faire le parallèle, donc la thématique du voyage, effectivement, toi, tu es dans une collection de Maisons Pop qui explore, je dirais, ce que sont les villes ou les endroits. Et donc, tu as écrit sur Naples. Et je me rappelle que dans notre première tentative d'enregistrement vaincue par les problèmes de connexion, tu m'avais parlé d'un truc qui m'a fait cogiter depuis un moment. du coup, je te partage tout ça et puis après, tu me diras tout ce que tu en penses et tu me parleras un peu plus de Naples. Tu m'avais partagé de Naples comme presque une personne à part entière qui porte plein de choses, etc. et c'est marrant parce que je me suis observé essayer de faire la même chose avec les villes que j'avais connues, tu vois, et de voir, OK, Agen, Lyon, Stockholm, New York, comment je les représenterais dans mon imaginaire et je trouve ça trop intéressant et tu te rends compte qu'en fait, il y a vraiment des particularités que tu as tendance peut-être parfois un petit peu oublier. Et je voulais savoir, du coup, je t'emmène du coup sur le terrain de Naples, mais qu'est-ce que c'est Naples ? Comment tu la représenterais, du coup ?

Juliette Elamine — Ah, c'est drôle comme question. Autant là, tu as dit New York, j'ai eu une réponse directe parce que pour y aller une fois, c'est extrêmement bruyant et je me suis toujours dit que si j'ai retourné, il faudrait que j'ai du Doliprane avec moi. Elle fait du bruit, cette ville. Elle est bavarde. si on devait la personnifier. Naples, c'est une... Je ne sais pas, c'est une femme un peu plantureuse, sulfureuse aussi, très généreuse. Tu sais, une... Je ne sais pas, une femme qui te prend dans son giron et qui te protège, qui partage son histoire avec toi, qui te transmet sans trop te dire qu'elle te transmet, mais en fait, tu te rends compte après avoir passé du temps avec elle dans cette ville qu'en fait, il y avait plein de trucs à apprendre et que tu n'as pas du tout fini en l'ayant vue qu'une seule fois. Toujours dans l'idée où c'est une femme, j'avais très grande, un peu comme le Vésuve, je pense, tu vois, sa robe. je pense qu'elle est assez pudique aussi parce que je trouve que les Italiens, malgré l'image qu'on en a, très ouverte, très sociable, très bruyante, très joyeuse, je pense qu'ils sont assez pudiques, en particulier autour de leur histoire ou de l'histoire de leur pays ou de leur ville. Alors après, est-ce que c'est parce que j'ai travaillé sur les quatre jours de l'insurrection que j'ai l'impression que cette population-là, elle est humble ? Et ouais, du coup, j'ai l'impression que Naples est une ville humble qui, je ne sais pas, qui mériterait d'être bien plus mise en lumière que ce qui est le cas actuellement.

Naples, une femme plantureuse et pudique

Ybelion — J'adore l'image que tu en donnes. Je ne sais pas pourquoi ça me parle trop de personnifier peut-être les concepts comme ça qui ne le sont pas forcément. comment ça t'a pris l'idée, l'envie d'écrire sur Naples et d'aller, du coup, creuser vers cette humilité, cette histoire pas forcément transmise au premier abord ?

Juliette Elamine — Alors, je voulais, enfin, c'est un regroupement de plusieurs choses. J'ai toujours voulu écrire sur Naples sans jamais avoir spécialement d'idées, mais j'avais des idées sur une histoire familiale italienne plutôt inspirée de la vie ma belle famille parce qu'il y a des histoires de famille comme ça qui marquent et qui méritent d'avoir de la place. Et puis, j'avais des idées comme ça mais sans jamais me lancer. Et puis, il y avait cette collection donc Maison Pop, Voyage que je commençais à découvrir mais dont en fait je connaissais l'existence depuis un moment pour avoir papoté avec ses auteurs dont Gabriel mais aussi Magali Discours et Marie, elle a deux noms, Marie Joudineau ou Marie Rouleau-Dugage. et en fait, j'ai connu un petit peu les coulisses on va dire de la création de Voyage portée par Virginie Fuertes l'éditrice et à l'époque quand j'en discutais avec Magali Discours elle me disait tu devrais la contacter tu as écrit un livre où Beyrouth est central quand même où Beyrouth est un personnage mais pour le coup maintenant que j'ai du recul qui n'entre pas du tout dans cette collection peu importe et Magali me dit tu devrais lui écrire ça peut l'intéresser elle recherche des livres sur le voyage ce qui fait je ne sais pas si elle recherche tellement à mon avis il y a deux propositions mais je repense à Naples la fin d'année 2025 en me disant quand même j'aimerais bien écrire un truc dessus j'ai un manuscrit qui est en cours mais je peine d'abord personne n'en veut je ne sais pas quoi en faire je l'aime bien et des fois je sais qu'il faut le retravailler il me prend la tête et je le mets de côté et je me dis ok il me fait un nouveau projet je vais écrire un truc sur Naples et je vais contacter Virginie Fuertes elle va se souvenir de moi on a parlé de Beyrouth je pense qu'il n'y a pas 50 000 écrivaines qui lui ont proposé un projet sur Beyrouth et je demande en fait c'est un concours de circonstances je demande à Gabriel est-ce que tu sais si quelqu'un s'est positionné sur Naples et il est très généreux très impulsif il dit attends je vais demander et en fait c'est pas attends je vais demander si tu veux c'est je demande et donc 5 minutes après il a la réponse personne n'écrit sur Naples je pense peut-être vous avec Magali parce qu'elle aime écrire sur l'Italie tout ça j'ai la confirmation que personne n'a écrit sur Naples je me dis ok il y a vraiment un truc à faire si je voulais écrire sur Naples où est-ce que j'irais histoire de femme seconde guerre mondiale ça fait longtemps que j'ai dans la tête aussi que je veux écrire sur le sujet mais pas sur l'histoire de la France j'ai envie d'aller sur un autre terrain et puis tu vois le tout faisant je commence à faire des recherches je me dis ah tiens c'est marrant j'avais pas vu ça en passant à tel endroit ah tiens ce monument là je savais pas du tout qu'il était relié aux 4 jours de l'insurrection je savais même pas qu'il y avait 4 jours d'insurrection et en fait en cherchant je me dis il y a un truc il y a un truc qui est en train de se faire il faut battre le faire tant qu'il est chaud je vais écrire une histoire sur une résistante qui n'est pas très connue mais dont en fait après mes recherches je vais découvrir qu'elle est quand même bien connue à Naples en tout cas en Italie je sais pas dans le monde peu mais à Naples oui et en fait je propose ce projet là à Virginie Fuertes mais tu vois en lui faisant un mail de j'ai une idée ça parlerait de ça donnerait à peu près ça ce serait ce contexte en gros si ça vous plaît je peux proposer un synopsis un plan enfin ça commence à se détailler pour moi et elle me répond assez rapidement une semaine ou 10 jours quelque chose comme ça dans le nombre de l'édition c'est quand même très rapide et en fait moi pendant 10 jours ça s'était construit dans ma tête et j'en étais à il faut absolument qu'elle adhère à mon projet je pense que c'est pour ça j'ai travaillé vraiment fort pendant 10 jours parce que sinon quelqu'un d'autre va prendre Naples et là je serai dégoûtée et donc voilà comment j'en suis arrivée à écrire sur Naples en fait juste je connaissais la ville évidemment enfin je veux dire j'ai pas choisi Naples au hasard j'y suis allée plein de fois le petit plus c'est que c'est une ville mais je te le disais la dernière fois qui ressemble beaucoup à Beyrouth et voilà moi j'ai été à Naples à un moment donné de ma vie où j'ai pas pu aller à Beyrouth et il y a cette familiarité voilà cette décharge émotionnelle qui a pris beaucoup de place dans le coup de coeur pour cette ville donc c'est tout ce truc là se rejoignant voilà sachant que le roman dont personne ne veut pour le moment c'est Beyrouth 100% donc je pense il y avait un truc il y avait un truc qu'il fallait que je règle j'en sais rien

Comment est née l'envie d'écrire sur Naples

Ybelion — quelque part les choses se déroulent toujours dans le bon sens à la fin quand on le regarde de manière rétrospective j'adore ton partage c'est vraiment le cocktail tu sais qui est magnifique en écriture tu vois il y a beaucoup de personnel avec ce que représente Naples pour toi par rapport à Beyrouth il y a aussi le concours de circonstances des rencontres avec Gabriel et puis hop la connexion comme ça et puis le bon moment et puis le fait que parfois il y a aussi le fait que bah oui effectivement personne n'avait commencé à écrire sur Naples dans cette collection et hop et puis hop et puis et puis à la fin le livre sort c'est trop cool c'est trop cool

Juliette Elamine — et franchement pour le coup cette expérience elle est très intense ça s'est passé entre octobre et rendu de manuscrit fin février donc ça a été hyper dense c'était un gros challenge parce que je me disais en fait cette éditrice elle me fait confiance a priori elle m'a jamais lu enfin elle a est-ce qu'elle se souvient seulement de ce que j'ai envoyé sur Beyrouth tu vois enfin je me disais il y a un gros défi il y a d'autres livres qui marchent très bien sur cette collection qui sont je les ai tous lus sauf celui sur l'Italie je l'ai lu après avoir écrit le mien pour pas être influencé mais je me disais c'est quand même vachement bien ce qu'ils ont écrit ces auteurs là c'est des plumes c'est pas juste c'est pas un guide touristique c'est enfin il y a une histoire un gros challenge derrière et ouais la magie de l'écriture a opéré vraiment c'était transcendant enfin c'était tous les jours il faut que j'aille au bout il faut que j'aille au bout c'est moi qui signerai Naples

Cinq mois de course, « c'est moi qui signerai Naples »

Ybelion — et qu'est-ce que alors j'entends du coup qu'il y a cette volonté vraiment de dire ok j'ai envie que ça soit moi qui signe Naples qu'est-ce qui te permet de tenir parce que octobre février du coup ça fait 5 mois donc c'est quand même franchement pour un enfin c'est efficace on va dire qu'est-ce qui t'anime là au quotidien pour y retourner comme ça tous les jours sur les 5 mois

Juliette Elamine — ah ouais clairement le chronomètre enfin c'est parce que je sais à quel moment il faut que je il faut que je rentre parce qu'il y a quand même des temps où il y a quand même des fois je me dis là ce serait bien que j'écrive et où j'y arrive pas parce que c'est pas non plus tout le temps sur le commande enfin tu sais bien mais j'ai eu vachement de soutien aussi de la part de mon compagnon voilà je suis arrivée avec ce truc de je vais écrire un roman en moins de 6 mois je suis hyper exaltée il me faut de la place et donc ce soutien là aussi faisait que bah voilà ça y est je commençais à en parler c'était puis j'avais signé un contrat enfin c'était pas juste entre moi et mon syndrome de l'imposteur ou ma page blanche ou ce qu'on veut c'est il fallait que j'y retourne et chaque fois que je recommençais à bosser dessus parce qu'au début c'était beaucoup de phases de recherche à chaque fois je découvrais de nouvelles choses je voyais de nouvelles vidéos je tombais sur de nouveaux livres à lire et en fait c'est hyper stimulant enfin c'est une drogue j'avais tous les jours envie d'y retourner alors j'ai un boulot de rédactrice à côté du coup j'ai inversé la tendance je faisais ma rédaction genre dans la nuit pour être sûr que dans la journée en fait je faisais pas ma rédaction si j'avais pas écrit Naples sauf que si je fais pas ma rédaction je gagne pas ma vie a priori donc voilà je me suis moi-même mise dans un truc où je sortais pas la tête de l'eau hyper enthousiasmant pas du tout enfin j'étais pas dans les limites ou quoi que ce soit

Ybelion — ouais je te sens de toute façon je te sens pleine d'énergie quand tu racontes ce passage c'est marrant parce que tu vois c'est toujours ce truc de quelque part tu commences par faire vraiment le truc le plus important pour toi et après tu fais tout le reste et c'est vrai que moi je suis un peu comme toi j'aime bien écrire au début de la journée mais pas tellement ok t'es matinale tout ça peut-être mais c'est surtout parce qu'après tu peux passer tout le reste de la journée sans te dire putain il faut absolument que j'écrive aujourd'hui quoi c'est ça et t'as quelque part cette légèreté qui vient du fait que ok aujourd'hui t'as la sensation d'avoir avancé sur ce qui compte vraiment quoi

Juliette Elamine — ouais sur ce qui a du sens et à l'inverse les journées où ça a pas été possible je pense que j'ai fait maximum trois jours sans toucher à Naples de suite en me disant non là ça fait trois jours il faut que je m'y remette mais ces jours là c'est de la frustration du coup c'est pas un état qui est agréable déjà dans la vie normale au quotidien trouver le temps d'écrire et de pas avancer comme on veut je trouve que c'est frustrant mais je pense que je suis pas la seule à ressentir ça mais là en plus avec la deadline ouais c'est pas c'est vraiment pas agréable là en ce moment sur ce que j'écris si j'ai pas trop le temps c'est pas dramatique et voilà c'est

Ce qui fait tenir : le chronomètre et le soutien

Ybelion — c'est ça qui est assez fascinant c'est que chaque livre est toujours différent sur ce sentiment là il y en a certains effectivement c'est extrêmement frustrant de se voir le temps accaparé par autre chose et c'est effectivement t'es clairement pas la seule on est beaucoup dans ce cas là et j'en vois beaucoup et justement de quelque part gérer le temps où t'écris pas est presque à presque plus d'enjeux que de gérer le temps où t'écris quoi pour justement canaliser cette frustration tout à l'heure t'as dit que t'avais commencé par faire beaucoup de recherches et que t'ouvrais une porte et que ça t'en ouvrait plein d'autres comment t'arrives à trouver l'équilibre tu vois en me disant ok là j'ai suffisamment de recherches pour écrire est-ce que tu fais des allers-retours en disant ok j'écris un peu puis je vais voir les infos qui me manquent comment tu fonctionnes toi en termes de pêche aux infos je disais pour pas tomber aussi dans la procrastination active de dire moi je fais que des recherches pendant 10 ans

Juliette Elamine — oui ça a pu être un écueil quand même j'ai fait des recherches je vais dire j'ai fait peut-être 80% des recherches pour avoir le contexte pour être immergée dans ce que je voulais raconter sachant que j'avais l'histoire l'idée le synopsis et le déroulé quand même assez clair rapidement et puis j'ai enfin je suis passée des recherches au plan moi je suis de toute façon très carrée quand j'écris donc j'avais un plan très détaillé donc je savais à quel moment j'aurais besoin de quelles infos historiques et il y a un moment donné où je me suis dit ok j'en ai un peu marre en fait là de faire des recherches même si c'est génial en fait si j'ouvre 50 000 portes je vais pas m'en sortir j'ai envie de commencer à écrire et en écrivant en fait j'ai l'impression que c'est un truc un peu sans fin j'écrivais un peu il me manquait une info ok j'allais dans mes propres recherches ce que j'avais noté bon j'ai suffisamment ou j'ai pas suffisamment allez j'ai suffisamment faut que j'avance et en fait j'ai dosé comme ça un petit peu à chaque fois et je me suis retrouvée finalement à avoir un manuscrit mélangé à mes recherches j'avais de la rédaction des il faut creuser ça donc du coup des passages blancs mais j'ai quand même envie de continuer la rédaction donc en fait toute l'histoire fictionnelle et tout ce qui est imaginaire c'était presque le plus facile ça a tissé la grosse toile on va dire par contre après pour que ce soit bien fini là j'ai dû refaire une phase de recherche donc c'était des allers-retours mais c'était pas tellement entremêlé en fait j'ai quand même eu des moments vraiment de rédaction et d'écriture plaisir j'ai fait le plus gros avant on va dire

Écrire l'essentiel en premier, gérer les jours sans

Ybelion — ouais ok c'est hyper intéressant parce que c'est vraiment un enjeu je trouve à chaque fois de trouver le bon équilibre entre ok j'ai effectivement besoin de faire des recherches et bon voilà à la fin j'ai la sensation que cette question de calibration c'est toujours ok qu'est-ce qui me manque là pour écrire si c'est vraiment une information de contexte bon bah ok va sur l'information de contexte mais si en fait c'est rien bah écrivons quoi et puis derrière si c'est un autre truc un truc je sais pas une peur un blocage et après tout ce que tu disais un poster page blanche ça peut être plein de choses chacun trouve ces choses là mais ouais vrai enjeu vrai enjeu ça le de bien doser le contexte

Juliette Elamine — je me mettais donc j'avais une contrainte temporale je devais rendre mon manuscrit fin décembre j'ai un peu débordé mais globalement c'était ça l'idée et moi même je me disais ok il faudrait qu'à la fin de la semaine j'ai quand même que j'ouvre un fichier word satisfaisant en me disant il y a quand même une histoire qui a commencé à être écrite ça je voudrais le voir pour vendredi prochain par exemple pendant trois jours j'aimerais bien me dire que telle période ou tel événement historique où je dois aller fouiller bon j'ai fait l'effort d'aller fouiller je me mettais aussi des petites ouais des petites deadlines comme ça ouais pour garder le cap parce que effectivement sinon je pourrais regarder 50 000 vidéos de suite sur la famille de Madalena de Sherald Golo en me disant ah c'est super et puis à la fin me dire ouais mais bon j'avais rien en faire quoi enfin c'est pas j'avais rien en faire ça fera forcément quelque chose mais

Ybelion — oui c'est après le juste nécessaire dont t'as besoin pour écrire le livre et transmettre le message que t'as envie de transmettre la dame dont t'as signé le nom et que j'oserais pas reprononcer

Juliette Elamine — Madalena

Ybelion — Madalena ouais c'est celle qui inspire Anita c'est ça ou je dis une

Juliette Elamine — alors c'est la résistante la vraie de vraie napolitaine dont Anita est fan entre guillemets Anita c'est une thésa d'une alors c'est pas une historienne mais c'est une férue d'histoire et elle quand elle décide d'écrire une thèse sur les résistantes italiennes elle se passionne pour trois femmes dont Madalena Cerazzuolo qui est la celle qui va la fasciner le plus et c'est pour ça qu'elle se dira ok ma thèse est écrite mon oral c'est pas tout de suite je me paye le luxe d'aller à Naples et je vais marcher sur les traces de mon héroïne c'est ça le point de départ et en fait ce point de départ là c'est moi ce qui m'a fascinée dans l'histoire en fait quand je suis tombée sur ce personnage Madalena je me suis dit non mais il y a un truc de fou à écrire autour de l'histoire de cette femme et de nouveau une histoire de dosage elle va inspirer elle va être l'inspiratrice d'Anita mon personnage principal par laquelle je vais raconter mais elle m'inspire moi aussi très fort donc il faut que je trouve le bon équilibre entre ce qui moi là est en train de m'émoustiller ce qui va vraiment plaire et intriguer un lecteur pour parce que tout le monde ne va pas se trouver hyper intéressante l'histoire de Madalena enfin il y avait un enjeu comme ça aussi

Doser la recherche pour ne pas s'y noyer

Ybelion — ouais ça c'est pas forcément évident c'est entre le plaisir le kiff de l'auteur et en fait savoir ce qui le lecteur s'en fout un peu mais et comment tu fais toi pour est-ce que t'as un truc pour te dire ok non là je suis dans le là c'est le kiff de Juliette ça va ça va trop loin

Juliette Elamine — je crois que je sais pas trop le faire c'est en fait déjà je déteste je déteste retirer des passages de mes de mes romans donc quand ils reviennent par exemple avec les retours de Virginie où elle me dit bah là je pense je me souviens de son commentaire c'était peut-être que ça on doit le supprimer ça fait un peu c'est un effet un peu too much oui t'as raison mais quand même ça m'ennuie et donc je me dis bah ouais mais ça c'est la partie que j'ai inventée je trouvais en plus vraiment j'aimais bien ça c'était une anecdote toute bête j'inventais un truc peu importe mais où je me suis dit c'est vraiment dommage de l'enlever même si Madalena elle l'a pas fait en vrai et je me disais ouais mais en vrai cette scène elle me fait plaisir à moi c'était une scène un peu enfin c'était une scène complètement romanesque d'un baiser avant une attaque pardon il y a du bruit une attaque par un soldat allemand enfin c'était hyper c'était très romantisé aussi dans ma tête c'est pour ça que cette scène elle me plaisait et là je me suis bien rendu compte en relisant qu'effectivement on avait pas besoin elle est pas nécessaire elle apporte rien bon bah elle me fait plaisir à moi je la garde dans un brouillon et puis voilà

Ybelion — c'est là que tu vois à quel point c'est précieux d'avoir des gens qui viennent à un moment mettre un oeil différent sur ton texte parce que alors tu vois moi à chaque fois je fais bien la distinction ok avec l'intention personnelle que t'as je précise pour les gens qui nous écoutent tu vois de dire ok si t'écris avec la volonté d'être publié par une maison d'édition comme c'était ton cas en plus là t'avais la maison donc t'as la direction de la maison t'as la ligne éditoriale donc t'es obligé de t'inscrire dans cette intention globale et donc de quelque part mettre de côté parfois comme tu disais là le kiff de Juliette quoi et c'est important de savoir d'avoir ça en tête au début quand on commence parce que si on a profondément envie d'écrire ce livre pour nous et qu'on a aussi profondément envie de l'écrire pour une maison d'édition c'est pas que c'est incompatible à la fin c'est juste que marcher sur les deux chemins en même temps quand t'es dans l'acte d'écrire c'est super dur parce que justement ce dosage en fait à un moment comment tu décides si ce passage tu l'aimes ça répond bien à ton intention personnelle de je veux l'écrire pour moi mais si ton intention c'est d'être publié par telle ou telle maison d'édition et bah peut-être que c'est plutôt là il te dit plutôt de retirer le passage et cet équilibre là il est pas forcément évident à trouver et du coup quand t'es dans le cas en plus là avec l'intention d'être publié par une maison spécifique bah là en l'occurrence oui le regard de l'éditrice il est très précieux et il te permet de prendre beaucoup de recul quoi

Le kiff de l'autrice contre ce qui sert le lecteur

Juliette Elamine — oui puis là il y avait aussi le fait que je m'engageais aussi à ce que ce soit de la co-construction c'est-à-dire qu'on était à deux dans cette histoire-là j'écrivais bien sûr mais je savais que derrière j'avais le backup elle recadrait à chaque fois enfin à chaque fois c'est pas tout à fait ça c'est elle sait ce qu'elle elle a une idée de ce qu'elle s'attend à lire je dois remplir cette idée je le sais et il faut que je lâche prise sur le fait que c'est il faut que je fasse confiance de toute façon mais je le ressens là parce que j'ai terminé un manuscrit enfin voilà ça fait plusieurs années que je suis dessus je l'ai terminé je l'ai envoyé à mes éditrices et j'ai tout fait toute seule et en fait là je me sens beaucoup plus vulnérable par rapport au texte que là où je savais qu'on attendait telle et telle chose de moi et que je cochais les cases ou pas mais à peu de choses presque que j'ai envoyé pour Naples ça cochait les cases le travail il est à la fois enthousiasmant et réconfortant il fallait que je sois à la hauteur ça c'était mon stress mais je savais que j'étais dans les clous et là je repasse sur un autre format et je me dis si ça se trouve j'ai écrit quelque chose qui est que pour moi qui me fait juste plaisir à moi et qui n'a pas d'intention et d'ailleurs Gabriel m'a fait ma bêta lecture de ce texte là et il m'a posé la question c'est quoi l'intention et ben moi je n'arrive jamais à répondre à cette question là sur quoi il m'a dit bah oui Virginie en l'occurrence te la posera mais tous les éditeurs la posent

Ybelion — et en fait c'est vraiment pas évident c'est vraiment pas forcément évident à faire moi c'est le je me permets comme ça me vient tu vois moi je les trie toujours en trois tu vois l'intention personnelle c'est dire ok pour quelle raison j'écris ce livre qu'est-ce qui va changer dans ma vie une fois que je l'aurai écrit comment je me sentirais donc vraiment un truc très intrinsèque tu vois et puis un côté ok bah ce livre là qu'est-ce qu'il transmet comme message s'il y avait trois thèmes ça serait quoi et si ces trois thèmes c'était des mantras ça serait lesquels et le personnage qui part de A à B il passe de quelle phrase à quelle phrase tu vois tous ces trucs qui permettent de faire le tri en fait dans les messages que tu as envie de faire passer et puis après ok à qui j'ai envie de parler quoi et là ça peut être alors à qui j'ai envie de parler parfois elle est piégée cette question parce qu'on a envie de dire bah tout le monde en fait moi j'ai envie que tout le monde livre mon livre du coup je pose la question inverse après pour les gens qui ont vraiment du mal à déposer ça c'est ok mais à qui tu n'as pas du tout envie de parler tu vois et alors là parfois ça se détend ça se détend un peu mais c'est

Juliette Elamine — ah c'est un moment vu comme ça ouais

Ybelion — mais tu sais que c'est en fait c'est assez fascinant parce que je commence à en avoir vu discuté avec beaucoup notamment tu vois de primo-auteurs qui sont du coup dans la recherche d'accomplir ce rêve qu'ils ont depuis longtemps et ils arrivent très souvent et avec ce côté un petit peu naïf tu vois mais je ne le dis pas de manière méchante je trouve ça très touchant au contraire et de dire oui non mais c'est très clair dans ma tête et justement quand tu commences à creuser cette histoire d'intention de ok pourquoi c'est important pour toi et qu'est-ce que tu as envie de transmettre et à qui tu as envie de parler et là en fait tu te rends compte que les mots ont plus de mal à sortir parce que parfois aussi ça porte des choses qui touchent à la vulnérabilité intérieure et que c'est pas forcément évident de mettre des mots dessus et quand tu creuses et que tu creuses tu vois que c'est pas forcément très clair et au contraire à la fin quand ils ont posé ça ils ont un sentiment d'avoir sorti ça effectivement c'est un travail bonne question de Gabrielle

La scène coupée qu'elle garde dans un brouillon

Juliette Elamine — mais parce que je pense aussi que quand il y a quelque chose de comment dire d'un peu un peu un peu bipolaire enfin je sais pas du tout le mot qu'il faudrait employer mais il y a un truc de j'écris ce truc là ça sort de moi je sais pas pourquoi ça sort de cette façon là par contre ce que je sais c'est que j'aimerais bien accomplir mon rêve de le publier mais quand on me pose plus de questions de nouveau ça touche à mes tripes et je les vois pas donc je ne peux pas te dire ce qui voilà ce qui m'anime je pense qu'il y a quelque chose qui est très à côté de soi aussi je crois même que ce serait triste si j'arrivais enfin pour moi c'est perso si j'arrivais à dire en fait je veux l'écrire pour aller tel lecteur pour faire passer tel message ça m'enferme en fait le non c'est tellement plus drôle d'entendre les gens dire ah bah moi je l'ai lu et je m'y suis retrouvée pour telle et telle raison

Ybelion — de quelque part pardon désolé je t'ai couvé

Juliette Elamine — non vas-y

Ybelion — non je disais de quelque part d'accueillir plutôt la réponse plutôt que d'essayer de la trouver de la trouver soi-même en avance quoi c'est ça j'entends

Juliette Elamine — parce que dans la question quelle est l'intention de ce texte il y a derrière en tout cas quand c'est un éditeur qui pose cette question là il y a une démarche derrière déjà plus avancée d'un potentiel processus éditorial d'une potentielle vente du roman et en fait quand on écrit et quand ça sort la première fois on n'y pense pas forcément en revanche quand il faut se poser pour l'écrire cette note d'intention bon c'est pénible c'est pas un exercice

Ybelion — non c'est clair après c'est là effectivement que l'intention personnelle aiguille aussi beaucoup et ah mince il y a deux trucs qui me sont venus en tête en même temps et du coup ça s'est télescopé et j'ai plus rien c'est hyper intéressant ce que tu disais attends je reconstruis mon fil de pensée vas-y tac oui voilà pardon tu disais quelque part je préfère quand les gens viennent me voir et disent ok moi j'ai apprécié ce livre là pour telle manière et moi en fait c'est ça que je trouve génial dans l'écriture c'est que l'auteur peut poser toutes les intentions qu'il veut et en fait à la fin la magie c'est que quand tu laisses de la place au lecteur en fait il en fait ce qu'il veut et il y a un truc comme ça d'espèce de perte de contrôle de lâcher prise de création d'infinité à partir d'un seul truc chacun s'empare de l'histoire qui est lue et en fait la sienne et c'est ça que je trouve assez magique c'est que t'as beau essayer de contenir ton histoire et la mettre dans une case en fait à la fin tu décides pas en fait le lecteur qui lit à la fin il fait il fait ce qu'il veut et c'est ça aussi qui est génial forcément c'est la magie de l'écriture

Intention personnelle et intention d'être publiée

Juliette Elamine — ça me fait penser j'ai accompagné dans le cadre des ateliers d'écriture j'accompagne aussi peut-être que ça ressemble à ce que tu fais des primo-romanciers qui veulent arriver au bout de leur rêve de publier leur livre en tout cas de le terminer déjà mais après de le publier c'est une autre démarche en tout cas pour celui auquel je pense et du coup dans les questions que moi je lui pose dans les commentaires que je peux faire sur son texte tout ça à mon échelle d'autrice encore une fois pas du tout d'éditrice je me suis rendu compte qu'au bout d'un moment c'est lui qui est retourné la situation c'est-à-dire qu'il a lu l'un de mes livres le dernier Jasmin et il me dit bah si je peux me permettre moi à la fin j'aurais bien aimé que tel personnage on en sache plus je trouve que t'as pas creusé assez et tout et en fait je me suis dit c'est génial parce que d'abord j'ai rien demandé j'adore les retours moi j'aime beaucoup les retours constructifs évidemment enfin les retours qu'on peut en t'intéresser voilà mais j'aime bien j'aime bien entendre ce que les gens en ont pensé et je me disais c'est dingue qu'il ait fait d'un principe auquel lui avait pas pensé il y a quelque temps parce qu'il écrivait pour se faire plaisir mais comme maintenant il a une autre démarche c'est d'aboutir et d'être publié il arrive à prendre pour lui ces questions-là et aller les chercher dans les textes des autres mais je pense pour mieux travailler lui derrière et c'était hyper intéressant parce qu'il jonglait vraiment entre je me permets le prends pas mal mais là je trouve que et je me disais c'est génial parce que ouais peut-être que quand j'ai créé tel personnage j'ai pas fouillé telle partie de son essor parce qu'en fait je voulais pas la raconter et que toi t'aurais bien aimé exactement

Ybelion — et c'est ça qui est magnifique en fait et puis après tu touches aussi à un moment effectivement les textes peuvent pas être parfaits au sens de en fait si t'attends d'avoir traité tout il y a quelque chose qui se termine jamais et à un moment le point final doit être posé c'est un enjeu pour certains je l'appelle l'enjeu de lâcher le bébé tu vois c'est marrant ça dépend tout le monde est pas touché par en tout cas ceux que j'ai pu accompagner tout le monde est pas touché par ça mais certains oui et c'est ça chacun a ses enjeux à la fin tu parlais des retours est-ce qu'il y en a un justement sur alors que ça soit le Naples ou tes livres d'avant où justement tu t'es dit ah c'est fou je m'attendais pas à ce qu'on me fasse parce que c'était pas forcément moi ce que j'avais voulu mettre un retour qui t'a peut-être un petit peu étonné particulièrement

Juliette Elamine — alors il m'a étonné en même temps c'était pas surprenant mon premier roman donc maintenant il s'appelle Et mon coeur a quitté la nuit il est en poche chez Erol mais au tout début c'est un roman qui vient de l'auto-édition c'est un roman que j'avais écrit en hommage à mon père qui du reste est toujours vivant mais que j'avais écrit parce que je voulais raconter notre histoire libanaise vraiment notre histoire à nous et donc je raconte l'histoire je vais faire très bref mais l'histoire d'un Libanais réfugié de guerre qui est obligé de quitter son pays parce que c'est la guerre et qui va se retrouver propulsé en Europe donc un peu dans le choc des cultures entre guillemets et qui va se retrouver tout seul et à lui de recréer sa famille et de s'enraciner et tout ce que ça suppose derrière l'immigration forcée et moi j'écris ça mais j'écris l'histoire de mon père du coup dans une fiction j'invente ce que je veux je manie ce que je veux mais pour moi c'est son histoire à lui que j'écris et puis ce roman je l'auto-édite en novembre 2020 après les explosions du port de Beyrouth en me disant si j'arrive à le vendre et si j'ai des bénéfices je les verserai à une association libanaise et donc j'entame tout un autre chemin d'engagement solidaire qui a été très beau pour le Liban que j'ai plus le temps de mener mais qui a été très beau et puis les premiers retours arrivent parce que la diaspora libanaise en France me soutient beaucoup alors surtout à Amiens qui est ma ville de naissance à laquelle j'ai fait enfin j'ai grandi et en fait les retours parce que ça a été un puis un autre puis un autre qui reviennent c'est en fait t'as raconté l'histoire de ton père mais tu sais c'est mon histoire aussi ou c'est celle de ma cousine c'est celle de ma grand-mère en fait je me suis rendu compte que j'avais raconté l'histoire d'un réfugié de la guerre de 75-90 et que derrière ce personnage là que j'avais quand même personnalisé puisque c'est à priori mon père ou en tout cas un mélange de lui et de moi et en fait je me suis rendu compte qu'il était universel et finalement entre guillemets banal dans le sens où les Libanais m'ont beaucoup dit c'est beau d'avoir raconté cette histoire là parce que à priori personne ne l'a raconté ou pas comme ça parce qu'il y en a plein des romans sur le sujet et ce qui est beau c'est que je pourrais en parler à machin et machin et machin et machin qui ont vécu la même chose c'est ça qui m'a touchée le plus de me dire au début j'avais juste écrit cette histoire pour mon père puis ensuite je l'avais juste écrite pour essayer de verser des fonds à une assolibance et en fait je me rends compte que j'ai parlé à des gens qui avaient vraiment vécu ça c'est ça qui m'a qui a été le plus fulgurant je me suis vraiment pris l'histoire en pleine l'histoire des autres en pleine face

La note d'intention, cette question qui touche aux tripes

Ybelion — c'est beau de voir effectivement ce que tu disais le côté ordinaire qui devient universel et donc un peu extraordinaire dans la construction

Juliette Elamine — ouais

Ybelion — à l'inverse

Juliette Elamine — je disais tout à l'heure j'aime tous les commentaires parce que je me dis que ça va me servir et que ça m'aidera à me perfectionner et il y en a un qui m'a fait énormément de mal et qui pourtant avec le recul et là maintenant il me ferait plus rien c'était un c'était j'aime pas deux points personnage creux histoire vide je me suis dit waouh pas pour celui-là c'est pas possible de me dire ça pour celui-là en fait c'est tellement personnel que c'est violent c'est hyper violent et c'est pas du tout

Ybelion — ça c'est le c'est le c'est le l'éternel enfin des commentaires comme ça c'est je trouve ça on pourrait s'en passer quoi en fait

Juliette Elamine — ah ouais complètement c'est

Ybelion — c'est un commentaire moi tu sais je les range à chaque fois t'as les commentaires positifs négatifs conditionnels inconditionnels tu vois l'inconditionnel négatif en mode genre c'est nul t'es nul ça ne sert personne en fait ça en dit beaucoup plus sur celui qui fait le commentaire d'ailleurs que sur la personne qui le reçoit mais ouais non ça c'est clair c'est clair et malheureusement il y a forcément un moment on est confronté à ça mais

Juliette Elamine — ouais et en plus quand on est conscient qu'on doit moi je suis très consciente de ça il faut que tes personnages soient authentiques il faut que ton intrigue elle l'emporte il faut que il faut que il faut que et puis une fois que t'as mené le travail et que t'as un commentaire comme ça tu te dis mince je suis passé à côté du sujet ou après voilà ça passe avec un commentaire parmi les autres

Laisser de la place au lecteur et lâcher le contrôle

Ybelion — et puis c'est le côté aussi tu vois le pourquoi faire les gens à qui t'as pas envie de parler il y a un peu quelque part quelque part tu retrouves toujours tu vois dans les alors ça marche surtout quand tu crains en avance avant quand tu crains les commentaires tu dirais mais imagine telle personne dit ça et tu fais attends décris moi un petit peu la personne elle ressemble à quoi là et tu vois qu'en fait tu la décris et tu fais mais attends t'as envie de lui parler à lui bah non pas du tout bah alors ton commentaire écoute grand bien lui face et si par contre il te lit tant mieux ça veut dire que t'auras rendu un bouquin tu vois

Juliette Elamine — oui c'est ce que je me suis dit aussi

Ybelion — mais bon c'est facile à dire ça quand t'es dans la posture justement du coach qui est pas touché par le commentaire

Juliette Elamine — ouais c'est ça

Ybelion — et je voulais te demander sur le sur du coup du coup est-ce que tu sens une influence de je dirais de alors forcément je vais pas la poser comme ça de tes origines libanaises mais tu sais plus sur la sur le rapport à l'écriture ou à la culture est-ce que il y a tu perçois des choses différentes entre la France le Liban

Juliette Elamine — un peu vaste

Ybelion — comme question mais ça m'intéresse toujours de voir

Juliette Elamine — non c'est intéressant je dirais en premier ça me paraît très bateau mais une forme de liberté de penser déjà et d'écrire je pense à une autrice que j'adore qui s'appelle Jumana Haddad qui est libanaise et qui a des origines arméniennes qui a écrit un livre qui s'appelle le livre des reines qui raconte son histoire familiale l'histoire des femmes de sa famille pendant le génocide arménien et moi j'ai découvert cette autrice par ce livre là et je me souviens de m'être dit si un jour j'écris comme elle avec cette puissance là je considérais que j'ai tout accompli et puis j'ai eu de la chance ça a été un zard et à la fois j'ai eu de la chance de rencontrer cette femme de dîner avec elle de faire une présentation commune de nos ouvrages qui n'ont rien à voir mais donc d'échanger avec elle et Jumana Haddad elle se décrit comme une femme arabe libre et il n'y a pas un mot pour ça mais c'est pas décomplexer c'est enfin c'est le sens de décomplexer mais c'est pas comme ça qu'elle le dit libre et je sais pas je trouve pas le mot et je lis d'autres choses dont j'ai tué Cheherazade qu'elle a écrit et en fait dans ce livre là elle explique que elle a grandi elle s'est émancipée à travers la littérature qu'elle piquait dans les bibliothèques de ses parents et qu'en fait très tôt elle a découvert des livres interdits entre guillemets qu'on ne verrait pas publier au Liban des livres avec des scènes érotiques ou juste des histoires d'amour alors on a pas du tout le même âge elle et moi je sais même pas quel âge elle a peut-être une cinquantaine d'années j'en sais rien et je me disais ah ouais ça veut dire que quand elle avait 13-14 ans elle est tombée sur des écrits a priori pas trop de son âge mais c'est pas grave mais qu'elle elle s'est dit en fait moi je veux pas être juste une fille arabe je veux être une fille arabe libérée ce mot que je ne trouve pas décomplexée sexualisée affirmée et cette différence là moi je la ressens pas pour mon cas personnel mais je la ressens dans mon écriture par exemple dans le Les enfants de la vie ou le dernier jasmin qui sont mes 2ème et 3ème romans je me suis sentie beaucoup plus libre d'écrire sur le Liban et sur l'histoire du Liban avec ma part d'imaginaire avec mon choix je me disais ok c'est mon livre j'écris ce que je veux pour autant que je respecte évidemment l'histoire et l'objectivité surtout quand on écrit sur l'histoire du Liban mais quand même j'écris ce que je veux donc si je veux que ce soit un personnage féminin libéré qui a des relations sexuelles avant le mariage je vais le faire et je m'en fiche ça je le sentais et je pense que si j'avais grandi au Liban à moins d'être peut-être que je ne résonnerais pas comme ça peut-être que je me sentirais plus interdite d'écrire tel ou tel sujet ou d'écrire sur l'homosexualité par exemple ce serait intéressant tu vois ça me donne des idées ce serait intéressant un jour d'aborder ce sujet là dans un pays comme le Liban enfin voilà c'est en ça que je sens mais ça ne va pas au-delà je me dis juste j'ai eu la chance de l'écrire depuis la France c'est parce que je suis française et libanaise peut-être que si j'étais juste libanaise je ne pourrais pas

Quand l'histoire d'un père devient universelle

Ybelion — c'est intéressant c'est effectivement là que tu vois la puissance de tout ce qui nous compose et de tout ce qui fait que nos origines en fait de là où on vient je ne sais pas pourquoi mais du coup je pense et en fait je me rends compte que parmi les auteurs que j'apprécie énormément en fait il y a Ouajdi Mouahad que je suis on en a déjà parlé mais moi cet auteur alors j'ai eu la chance de le rencontrer en plus parce qu'il était directeur de la colline à Paris enfin bref un concours de circonstances mais j'ai eu des chances de discuter avec lui et je ne saurais pas d'écrire avec des mots cette rencontre à quel point c'était je ne sais pas je crois qu'une très grande partie de ma vision de l'écriture vient de ce très court échange que j'ai pu avoir avec lui enfin très court en plus non c'était quand même relativement long et c'est ouais dingue et je trouve que tu ressens ce côté très liberté en l'occurrence chez lui notamment t'as un truc tout con mais par exemple moi un livre que j'aime beaucoup du coup c'est Anima et dedans t'as des chapitres qui font une ligne tu vois ah ouais et alors au moment où tu te dis toujours ah mais quelle est la bonne taille de chapitre est-ce que ça va pas être trop long est-ce que ça va pas être trop court et moi je sors toujours ce livre là tu vois et je lui fais regarde là il y a un chapitre qui fait 20 pages et là il y a une ligne

Juliette Elamine — et je trouve ça génial ouais c'est génial ça en termes de ouais ça c'est super ça me fait penser à un peu alors c'est pas dans le même style mais un peu quand même un livre de Christy Leftery je crois si je dis pas de bêtises L'apiculteur d'Alep qui est une merveille ce livre et elle du coup j'ai eu envie de copier l'idée mais je le ferai pas elle finissait chaque chapitre par un mot qui était le même que celui qui commençait le chapitre d'après

Ybelion — ah j'adore conctuation

Juliette Elamine — et en fait le premier chapitre c'est perturbant déjà toi tu te dis très humain mécanisé il manque un point mais non du tout il manque pas un point puis il y a une petite abeille parce que c'est une histoire d'apiculteur il y a une petite abeille qui moi je l'ai pris comme ça qui te dit te voler d'une page à l'autre quoi et t'allais voir un peu plus loin et donc tu comprends et en fait je me disais mais c'est génial c'est génial qu'elle ait pris cette liberté là et du coup ça me fait rebondir sur un autre truc et je vais parler de Cynthia Raymond parce que je suis en train de lire ce qu'elle a eu plein ce moment je me disais alors hier j'étais dans le train et je voulais voilà il y avait une dame à côté de moi qui une petite grand-mère toute mignonne qui se dépatouillait avec toutes ses affaires tu sais ce genre de petite grand-mère pas du tout moderne qui m'a demandé si elle pouvait emprunter mon cellulaire pour appeler sa fille un truc hors du temps et en fait en fouillant dans ses affaires elle allumait sans faire exprès son petit poste de radio donc ça faisait un insupportable et je me disais cette scène elle mériterait d'être dans un roman et je me suis dit dans un roman de Cynthia Raymond et je la verrais bien écrire ça et je me suis dit parce que l'idée finale c'était parce que Cynthia elle saurait décrire le est-ce que ça me fait ressentir que moi je saurais pas le faire sur une page enfin je veux dire c'est pas juste écrire P-S-C-H-I-I-I-T enfin il y a un truc qui va au-delà de la page comme Christy Leftery qui finit pas qui finit pas comme je dis moi qui fait des chapitres il fait bien ce qu'il veut et ça marche

Le commentaire violent qui fait le plus mal

Ybelion — c'est incroyable ces exemples que tu cites c'est exactement ça tu vois c'est ok l'écriture il y a des règles et puis en fait une fois que tu les connais tu fais ce que tu veux avec quoi et c'est tellement ouais c'est magique en fait c'est trop cool on peut tout s'autoriser on peut tout essayer et voilà et puis à la fin il y a voilà tant qu'on tant qu'on kiffe aussi c'est ça qui est important

Juliette Elamine — il y avait un j'ai écrit un donc tu vois la lettre de Georges Sand je ne sais plus qui j'ai un peu mémoire

Ybelion — oui en plus j'ai eu une expo chez moi qui parlait de ça et j'ai oublié le nom je vais me faire taper par ma mère si je ne suis pas capable de le retrouver je crois que c'est ça

Juliette Elamine — mais bon la lettre de Georges Sand on va faire une recherche rapide mais je crois que c'est ça

Ybelion — j'étais en train de faire ça

Juliette Elamine — ah bah vas-y comme ça te raconte donc il y a cette lettre hyper érotique et que moi je trouve une prouesse littéraire extraordinaire et un été je me suis dit je vais essayer de faire le même concept d'une lettre qui a deux messages comme ça Alfred de Musset

Ybelion — c'est ça

Juliette Elamine — c'est ça c'est lui ok super voilà et je me dis je vais essayer de faire ça c'est trop marrant et en fait je trouve l'exercice pas si difficile à mon échelle enfin à mon niveau et j'en fais donc je fais un poème qui sera dans un recueil qui paraît en septembre où donc j'ai cette lettre donc pour moi il y a une partie en gras c'est la première version à lire puis une partie qui n'est pas en gras la deuxième version à lire et en fait je trouve ça hyper facile hyper drôle je me dis c'est quand même trop marrant de faire passer deux messages totalement différents dans un seul et même par exemple et enthousiasmée par le truc je me dis bon super l'un des prochains ateliers d'écriture que je propose à ce moment là je l'ai donné à Carnac une bande de des petites dames ce sera ça et en fait quand je leur ai annoncé la consigne l'idée mais panique à bord elle limite révolte tu vois elles se sont dit ça va être trop compliqué c'est pas possible on peut pas le faire j'ai rebondi tu vois j'ai bien vu que c'est non que c'était pas possible c'était mon enthousiasme à moi qui était passé au dessus et mon envie d'écrire comme je voulais dans le sens que je voulais mais que elles ça leur parlait pas et donc on l'a pas fait au final mais voilà pour revenir sur cette question de liberté c'est bien la première fois je me suis dit bon bah elles veulent pas elles veulent pas après tout c'est leur choix aussi en atelier d'écriture de dire bah non on écrira pas ça

Ses origines libanaises et la liberté d'écrire

Ybelion — et dans le même style pardon

Juliette Elamine — dans le même style du coup la fois d'après ou deux fois après j'avais dit bon ok je vais quand même me faire un petit un petit clin d'oeil perso on va écrire un texte mais qu'on pensait pas qu'on écrirait et bah il y a une d'elles qui a écrit un texte mais hyper grossier mais vraiment hyper grossier impubliable et on a ri parce que je lui dis bah là tu vois tu prends toutes les libertés ça te parait hyper simple là où moi ça me paraîtrait hyper compliqué d'écrir de cette façon là et voilà pour revenir sur le concept de liberté d'écriture ouais

Ybelion — c'est cette question fondamentale de ok si je m'autorisais tout qu'est-ce que je ferais en écriture quoi et c'est là qu'effectivement tu te rends compte que tu te connectes à ta partie très instinctive très naturelle très dans le réflexe et alors là ça peut couler ça peut couler fort et longtemps quoi c'est fou ouais c'est fou

Juliette Elamine — ce manuscrit dont personne ne veut c'est un je l'ai écrit comme je voulais c'est différent de c'est mon petit plaisir de Juliette qui écrit ce qu'elle veut je l'ai écrit parce que je voulais raconter des destins de femmes pendant la guerre civile c'est cru c'est dur c'est violent mais je voulais l'écrire de cette manière là avec cette rage là au fond du ventre et en fait alors je dis personne n'en veut j'ai eu des retours hyper constructifs sur la manière de le retravailler de lui donner la bonne forme et ça mais en fait moi c'est cette forme là qui me plaît ce message là qui me plaît et je crois que j'ai pas envie d'en changer un mot et je crois que c'est pour ça que personne n'en veut dans le sens où il est pas publiable en fait pas en l'état et peut-être que dans deux ans je serai prête à le retravailler enfin voilà mais pour le moment ça me va bien de me dire qu'il est dans un tiroir qu'il existera peut-être mais qu'il existera sous mes conditions parce que je l'ai écrit de cette façon là et que non je vais pas changer telle scène parce qu'elle est un peu violente ou c'est trop important parfois

Ybelion — c'est sincèrement c'est aussi cette congruence avec la raison pour laquelle tu l'as écrit tu vois quand tu dis c'est trop important ça veut dire qu'il y a des concessions que t'es pas prêt à faire et quelque part t'en acceptes aussi la conclusion et c'est bon bah voilà le mieux c'est d'être à l'aise avec ça quoi là j'entends aussi que le plus important c'est que ça reste l'intention initiale que t'avais donc c'est ça le plus touchant je trouve et c'est pour ça et puis il trouvera un jour ouais

Juliette Elamine — on verra

Ybelion — là c'est le moment où après tu fais confiance à la vie tu vois oui de toute façon

Juliette Elamine — c'est pas son moment enfin ce serait je me sentirais pas de publier un truc comme ça maintenant mais c'est vrai que c'est les ce texte là je l'ai écrit sans intention enfin c'est pas sans intention de publication c'est plus je l'ai écrit parce que je voulais le sortir de cette façon là et après il devient ce qu'il devient mais et je trouve ça important ouais comme tu disais bah d'accepter la conclusion parce que finalement ça revient à ok mais c'est ma liberté d'autrice

Ybelion — ça me fait venir une question que je me permets de te poser ce livre là du coup que tu déposes aussi parce que tu sens que c'est comme ça que tu dois l'écrire qu'est-ce qui t'a appris sur toi tu vois parce que du coup c'est forcément quelque chose de aussi très probablement personnel et où tu mets aussi beaucoup de toi est-ce qu'il y a quelque chose que t'as compris sur toi ou que t'as découvert en écrivant ce manuscrit

Juliette Elamine — ouais je pense que c'est de me prouver que j'étais capable d'écrire quelque chose de très différent de mon premier roman qui est quand même une histoire familiale et personnelle et quelque chose de beaucoup moins polissé entre guillemets je suis cap je suis d'ailleurs j'ai une copine qui l'a lue qui lit tous mes textes et qui me donne un avis de copine donc un avis de j'achète un livre et il me plaît il me plaît pas qui m'a dit je pensais pas que tu pouvais écrire des choses aussi dures enfin je croyais pas que c'était toi qui écrivais ça et ça c'était un je voulais sortir ce qu'il y avait de violent en moi ouais je pense que c'était ça m'a appris que j'avais de la violence en moi qui s'exprimait heureusement par des mots et que j'étais capable d'en faire quelque chose de beau en tout cas à mes yeux à moi visiblement aux yeux de Chloé mais à mes yeux à moi de me dire ok il y a de la violence en moi mais c'est pas de la violence je me comment dire c'est pas de la violence qui me dégoûte c'est bien si elle l'exprime comme ça chez moi je pense que c'était ça le ouais l'enjeu

Wajdi Mouawad et les chapitres d'une seule ligne

Ybelion — c'est beau j'entends le violence colère donc il y a aussi ce truc de venir déposer l'émotion de manière quelque part saine tu vois en la traversant et l'écriture est assez fascinante dans ce qu'elle permet au niveau des émotions c'est dingue

Juliette Elamine — parce que ça libère c'est fou c'est fou c'est un shot d'endorphine enfin moi je le ressens vraiment c'est comme après un footing c'est comme ou n'importe quel sport mais ouais une plénitude qui est d'ailleurs inversement proportionnelle à la frustration de quand t'as pas pu écrire ce que tu voulais ou comme tu voulais c'est un up c'est un down

Ybelion — c'est ça c'est ça mais bon ça c'est toujours tu vois à chaque fois j'ai une phrase de Jack London qui me revient qui se soucie des fleurs quand elles fleurissent tout le temps et tu vois ça me rappelle à chaque fois que ouais mais tu vois pour avoir ce frisson parfois qui te prend en disant putain mais c'est dingue ce qui vient de se passer et bah forcément il y a des moments où c'est un petit peu moins dingue ou un peu plus téléphoné ou tu te surprends pas vraiment toi-même et d'ailleurs tu vois ça voilà tu vois je fais le lien ça c'est Wajdi qui me l'a dit il m'a dit l'écriture c'est surprendre tout le temps c'est surprendre c'est tellement vrai c'est tellement vrai ah c'est beau il y avait il y avait une partie pour pas te parasiter trop ton temps mais je sais que t'écris aussi beaucoup de poésie et je voulais quand même te poser une question un peu sur la poésie qu'est-ce que ça avait différent de l'écriture qu'est-ce que ça te permettait toi enfin bref voilà de te lancer un petit peu sur la pratique de la poésie

Juliette Elamine — ouais alors en vérité j'en écris pas beaucoup c'est plus que on enfin j'en écris mais c'est plus que un jour alors il y a eu deux choses en même temps il y a un jour on m'a dit ah c'est hyper poétique ce que t'écris chose que moi je ne vois pas dans mes écrits ah si des fois je suis hyper fière je me disais cette phrase est très belle voilà mais je ne me disais pas que c'était poétique pour l'avoir lu et m'être fait la réflexion pour d'autres auteurs je me dis ah bah si c'est ça effectivement peut-être que je sais écrire de la poésie et à peu près à cette période-là mon éditrice chez Steren Paloma Grécien elle me dit je ne sais pas pourquoi elle me dit ça on était à un salon ensemble sans doute que je vendais bien tu vois et elle me dit pour la blague si t'écrivais un recueil de poésie ça se vendrait comme des petits pains et du coup je lui dis ben deal j'ai plein de poèmes moi dans mes tiroirs plein de petits bouts de trucs que j'écris comme ça que j'écris quand on en avait parlé la fois en courant la plupart du temps et je dis ok je vais ok je vais en faire un recueil et en fait je me suis rendu compte que donc j'en avais écrit beaucoup mais que c'est pas j'en ai écrit beaucoup c'est j'ai même pas l'impression que je les écris je sais pas comment dire c'est plus dans ma tête ce qu'ils sont ces poèmes et je les ai regroupés et je me suis rendu compte qu'en fait moi ma manière dont je vois les choses c'est que j'écris plutôt des petites histoires sous la forme enfin envers libre sous la forme de poésie et que c'est une autre forme d'épanouissement littéraire je trouve c'est ça me donne l'impression que c'est d'être capable de frapper très fort avec très peu de mots

Casser les règles, la lettre à double sens de Musset

Ybelion — ouais parfois c'est faux

Juliette Elamine — voilà je sais pas si c'est ce que je fais mais de chercher à faire ça et mon éditrice elle a mis un an et demi à me donner une réponse pour ce manuscrit notamment parce que il aborde alors maintenant je suis partie un peu dans autre chose mais j'ai eu toute cette période d'écrire sur le Liban la guerre la Palestine enfin je suis hyper touchée par ces causes là et le retour le retour commercial de ce manuscrit c'est à dire c'est trop dur pour le monde actuel en gros on va pas publier ça les gens vont être tristes et moi j'ai dit à Paloma mais attends vous n'avez pas compris l'intention en fait c'est pas un recueil pour être triste c'est un recueil qui est là pour se défendre je veux que ce soit beau c'est de nouveau toute cette rage peut-être moins cette violence mais toute cette rage que je peux avoir en moi parfois qui s'exprime enfin par les mots je crois que je me mets jamais en colère donc enfin ça voilà ça sort sur le papier donc mon rapport à la poésie c'est celui-là court percutant et ouais qui vient toucher au bon moment il y a des du coup j'en lis beaucoup de la poésie pour le coup et il y a des recueils que qui me touchent pas mais parce que je sais que c'est pas le moment qu'il y a une affaire aussi je pense de ouais c'est émotionnel c'est trop émotionnel

Ybelion — ouais je suis d'accord avec toi parce que en fait c'est ce qui m'a toujours fasciné dans la poésie c'est le il y a quelque chose de c'est comme si c'était pas très précis tu vois comme il y a très peu de mots ça laisse beaucoup de place à l'interprétation à l'imagination à la compréhension et donc en fait un poème que tu lis aujourd'hui tu peux ne pas du tout le prendre ne même pas le comprendre ou même te dire vraiment je vois pas du tout et puis un autre jour dans un autre état émotionnel avec une autre histoire de vie te le prendre et puis presque en pleurer quoi même carrément en pleurer parfois et c'est ça qui est assez fou dans la poésie et ce t'as raison c'est très dépendant aussi de et

Juliette Elamine — tu vois je pensais que je n'avais aucune sensibilité à la poésie classique parce que j'en ai jamais vraiment lu à part ce qui est obligatoire enfin à l'école quoi mais et dans la collection c'était rien d'édition il y a de la poésie classique et je me suis surprise à aimer ça à aimer le côté carré rythmé obligatoire et une autrice c'est Floriane Joseph elle écrit un peu des deux des vers libres et aussi des vers très je dis très carrés parce que même quand elle en parle les quadratants enfin moi je ne sais pas ça ne me parle pas mais quand elle en parle elle en parle avec tellement d'enthousiasme que ça donne envie d'avoir cette technique poétique là et je pensais que la poésie classique très cadrée très carrée comme ça elle ne me toucherait pas et en fait si de nouveau ça dépend des moments mais si et tout autant que ouais que des vers libres ou que des haïkus c'est très court les haïkus qui vont ouais qui vont te transcender tu ne sais pas pourquoi mais c'est parce que la phrase elle est formulée comme ça et je trouve qu'il y a un côté aussi inaccessible et c'est bien moi j'aime bien l'idée qu'il y a il y a de la poésie inaccessible il y a moi il y a des il y a des une poétesse en particulier mais que je ne citerai pas que je ne comprends pas je ne comprends pas ce qu'elle écrit je ne comprends pas déjà il y a des mots qu'elle emploie que je ne comprends pas parce que je ne les connais pas et je ne comprends pas où elle va en venir et c'est hyper frustrant et je me dis il faut que j'attende le bon moment et à un moment donné où je vais je vais entrer dans ça mais c'est sa poésie à elle et sa complexité je ne sais pas cognitive à elle enfin c'est fascinant la poésie c'est vraiment c'est encore autre chose que l'écriture enfin évidemment que c'est autre chose que l'écriture de roman mais c'est encore un remue ménage interne ménage interne

Le manuscrit que personne ne veut, écrit avec sa rage

Ybelion — c'est assez fascinant moi tu vois ça m'intrigue énormément et quelque part il y a un truc j'ai l'impression que c'est presque tu peux presque t'autoriser encore plus de mystère tu vois d'incompréhension laisser le lecteur beaucoup plus en doute en ouais je ne sais pas il y a un truc très mystérieux je trouve

Juliette Elamine — ouais c'est comme si ça faisait partie du je ne t'ai pas compris c'est normal c'est normal moi non plus

Ybelion — je n'ai pas compris mais c'est t'inquiète

Juliette Elamine — je ne sais pas pourquoi j'ai écrit ça mais ça peut arriver mais il y a un truc

Ybelion — c'est le fameux truc quand tu es quand tu es ado quand on te fait lire des poèmes par exemple en français au lycée et qu'on t'explique voilà l'auteur il a utilisé ce mot là pour faire penser à ci à machin tu as toujours ce truc de dire est-ce qu'on est sûr que l'auteur il a vraiment pensé à ça et bah moi j'aime à croire que parfois oui mais parfois pas du tout évidemment mais c'est ça qui est génial

Juliette Elamine — mais c'est sûr que oui enfin moi j'en suis persuadée toutes les analyses de texte moi je me dis j'allais même jusqu'à me dire enfin il est gentil le pro de français mais ça reste son avis oui bon après c'est peut-être que c'est son avis qui est partagé par plein d'autres gens mais oui je pense que c'est pareil je pense que ça fait partie et de la liberté de l'auteur et de ce truc un peu de l'image un peu fantasmée qu'on a de l'auteur tu sais tout seul dans son bureau qui écrit des trucs incompréhensibles qui avec lequel presque t'as pas envie de discuter parce que t'as peur de se sentir con ou il y a ce mystère là qui reste dans la poésie ce mythe là alors que je trouve que chez les romanciers on se rend bien compte qu'il y a tout un tas de romanciers différents et que

Ybelion — bah oui bien sûr

Juliette Elamine — c'est ça aussi

Ybelion — qui est bien et qui ouvre le champ des possibles et qui permet à d'autant plus de monde de s'autoriser l'écriture aussi tu vois mais ouais le effectivement le poète un peu torturé qui vit dans une vieille bicoque en haut d'une montagne mal rasé qui fume une cigarette et qui boit le bois son shot de whisky le matin dès qu'il se réveille

Juliette Elamine — qui crie sur la brume pendant

Ybelion — le mystère de la brume ouais c'est clair ouais c'est un c'est un c'est un truc qui a la qui a enfin une image qui reste quoi et qui est pas forcément évidente à déconstruire je suis pas sûr qu'il en reste beaucoup des auteurs ou des poètes comme ça aujourd'hui mais ça la vie dure comme image ouais

Juliette Elamine — en tout cas sur le marché de la poésie à Paris pour y être resté cinq jours il y en avait pas c'était vraiment la poésie sous toutes ses formes modernes dépoussiérées enfin c'est génial en fait puis la poésie c'est pas juste à l'écrit pour le coup le stand de Stéren il était juste en face de la scène donc on a eu toutes les enfin c'était génial on a eu toutes les lectures les poètes sont quand même habitées par leurs mots enfin il y a un côté théâtral scénarisé qui est enfin voilà c'est vraiment encore d'une autre façon au delà du roman et

Ybelion — la magie des mots c'est vraiment la poésie vraiment l'incarnation de ça quoi et puis ouais c'est dingue c'est dingue pour reboucler sur Naples quand même pour oui pour lui redonner à la fin la parole qu'est-ce que tu peux me raconter de un peu loufoque sur l'écriture de ce livre ou sur ce livre alors le truc que tu dirais pas forcément mais en fait qui est un peu une anecdote quoi

Juliette Elamine — j'en ai eu ouais j'ai bien une anecdote je sais que le premier G que j'ai envoyé à mon éditrice donc le premier G c'était les deux tiers du roman je sais qu'elle a eu peur parce qu'elle y a pas trouvé l'émotion j'en dirai pas plus mais je le sais Virginie si tu m'entends je sais qu'elle a eu peur de se dire ok on a tous les ingrédients mais le gâteau pour le moment il est pas bon dans le sens il y a pas il est mangeable mais il y a pas ce truc d'émotion et moi dans mon fort intérieur je savais que je lui rendais quelque chose de très mécanisé comme ça mais qu'il fallait qu'elle s'y fasse en gros c'était comme si je définissais les règles du jeu parce que ça viendrait après quand j'allais relire là mes personnages ils allaient prendre vie en fait j'ai pas osé lui dire au début mais elle avait l'air de beaucoup plus connaître les personnages que moi et moi ils étaient pas incarnés encore dans mon esprit c'était juste les pions qui me permettaient de poser l'intrigue et voilà je suis contente d'avoir su qu'elle avait ressenti ça évidemment qu'elle ne m'a pas dit il manque l'émotion ça va pas j'ai peur non elle m'a fait un super retour hyper constructif et tout ça en me disant maintenant il faut qu'on y aille sur la psychologie des personnages pour embarquer le lecteur hyper constructif voilà mais j'ai su qu'il y avait qu'il y avait eu ce retour là et voilà je sais quoi en faire parce que je connais mieux mon fonctionnement grâce à ça aussi

Ce que sa propre violence lui a appris

Ybelion — c'est une très belle leçon notamment pour ceux qui attendent du premier jet d'être parfait comme s'il fallait plus le toucher et ça met une pression monstrueuse alors que quand tu sais que il y a la deuxième passe où tu vas pouvoir venir polir ajouter de la profondeur et de la nuance etc c'est important comment toi tu t'es habituée à faire ça tu vois comment tu l'as découvert ton fonctionnement en fait c'est vrai que j'aurais pu je sais pas poser cette question

Juliette Elamine — euh bah je sais pas trop mais je pense à travers cette expérience là parce que jusque là j'écrivais un manuscrit je l'envoyais et puis on me proposait de leur travailler de telle et telle manière mais là euh en fait elle est elle est l'éditrice elle est pas dans ma tête elle peut pas savoir que moi j'ai pensé que je ferais ça après que j'ai et moi j'ai pas pensé à lui dire non plus alors j'avais pas osé de lui dire que mes personnages étaient pas incarnés puis il y avait aussi le ah mais en fait mais oui j'aurais dû commencer par te dire que j'allais fonctionner comme ça donc ça m'a appris moi même à ce moment là je pense sur mon fonctionnement euh à travers cette expérience là de se dire en fait elle peut pas savoir où je vais et effectivement à réception de ce texte là ben si ça se trouve elle va se dire mais c'est pas du tout ce qu'on s'était dit alors c'est pas le cas mais j'ai pris aussi conscience de l'enjeu c'est à dire que l'éditeur et c'est pas juste j'ai bien aimé un texte je vais le publier derrière il y a un il y a un enjeu pour lui aussi en fait il a pas la maîtrise de ce que l'auteur va produire et pour le pour boucler cette anecdote là j'ai quand j'ai envoyé la donc elle m'a dit écrit jusqu'à la fin tu vas voir euh à mon avis ça va ça va bien aller effectivement je me suis éclatée sur la fin je l'ai écrit parce qu'on avait eu cette discussion aussi et que j'avais déjà rendu ce premier jet puis elle m'a dit et puis après tu le réécris à la lumière de ce qu'on s'est dit aujourd'hui donc en pensant on incarne les personnages émotions à faire passer au lecteur tout ça et je lui ai renvoyé au bout d'un moment et j'ai su de nouveau par le même petit procédé euh qu'elle adorait et donc je me suis dit ok la boucle est bouclée je peux respirer mais il faut que j'y pense que c'est bien que l'auteur soit rassuré quand il écrit c'est bien que l'éditeur soit rassuré sur ce que l'auteur enfin entreprend et comment il fonctionne parce que ouais effectivement je peux je peux comprendre c'est comme si je lui avais envoyé un texte tu vois en disant émotion Anita ressenti Léone c'est bien mais elle enfin elle a rien en fait en l'état elle a rien et elle voit pas dans ma tête donc voilà

La poésie, frapper très fort avec très peu de mots

Ybelion — ça en dit long aussi sur le comment fonctionne tu vois le processus quand t'es avec quelqu'un en l'occurrence en co-construction comme tu disais effectivement voilà c'est tout le monde n'a pas forcément le même niveau d'information et donc réussir c'est toujours l'enjeu de la communication quelque part c'est ça

Juliette Elamine — et quand ça match c'est génial on se l'est dit beaucoup à la fin on se l'est dit beaucoup on est content de ce qu'on s'est dit au début on le retrouve à la fin de l'aventure et ouais ça a marché en tout cas on est content d'arriver à ce résultat on s'est comprise et ça nous plaît c'est ouais c'est un peu très défini

Ybelion — pour quelle raison un balcon à Naples

Juliette Elamine — alors parce que je trouvais ça trop beau comme titre les fameuses phrases où je me dis c'est trop beau un balcon à Naples voilà quand je réfléchissais à mes titres et parce que mais je pense qu'il n'est pas venu comme ça dans ma tête pour rien parce qu'en fait j'ai découvert une anecdote en faisant mes recherches donc les napolitains pendant les 4 jours de l'insurrection ils sont soulevés contre les allemands de toutes les manières possibles je me figure vraiment ça comme ok ils n'ont pas réfléchi leur vie les attaqués ils la défendent et ils vont la défendre de toutes les façons possibles donc il y avait il y avait des enfants aussi qui œuvraient donc t'imagines des gamins avec leurs jouets par exemple essayer de se défendre enfin ça paraissait assez lunaire comme ça et il y a une dame qui s'est dit qu'elle allait balancer tout ce qu'elle pouvait de son balcon sur les allemands pour le ralentir et en fait j'ai trouvé ça génial je me suis dit mais jamais de la vie je ferais ça je me vois très mal j'ai habité à Paris pendant longtemps je me vois très mal me débarrasser de mes affaires personnelles pour lutter contre les allemands et en fait pour ne pas trop en dire parce que du coup l'anecdote elle est dans le lit mais elle a elle a balancé un objet improbable de son balcon et en fait elle a assommé elle a assommé des allemands comme ça et en fait en creusant je me suis rendu compte qu'elle n'était pas la seule à avoir fait ça toutes les femmes au moment où les hommes étaient un peu planqués parce qu'il y avait le service du travail obligatoire toutes les femmes ont fait ça et donc dans la liste t'as des vêtements des pots de fleurs des ustensiles de cuisine de l'électroménager balancer tout ce qu'elle pouvait je trouve ça super et donc je voulais un clin d'oeil à cette anecdote et je me dis aussi que moi quand je pars en vacances et que j'arrive dans un nouveau lieu je me mets au balcon à la fenêtre pour épouser un peu le paysage voilà c'est la première immersion quand te sentir chez toi dans ce nouvel endroit parce que t'as regardé par la fenêtre et que tu te dis waouh

Le premier jet mécanique et les personnages qui s'incarnent

Ybelion — c'est moi tu vois c'est exactement ça qui m'est venu je trouve que le balcon il y a un côté très ok je vais pouvoir découvrir un peu la ville parce que t'as forcément qui dit balcon dit vue un peu par dessus et puis je sais pas t'as un côté aussi un peu découvrir un peu plus en intimité parce que t'as des conversations qui t'arrivent tu vois le bruit de la rue en bas quelle que soit l'heure et donc il y a un truc vraiment de plonger dans l'intimité d'une ville quand t'es à son balcon et effectivement je le trouve encore une fois tu vois je le trouve simple mais extrêmement beau comme titre et je trouve qu'on saisit tu vois tu disais ok bah faire découvrir aussi et pour le coup c'est vrai que la phrase je l'ai pas relis mais dans cette ville où le passé ne meurt jamais Anita s'apprête à découvrir que les archives les plus précieuses ne sont pas toujours dans les bibliothèques mais dans le coeur de ceux qui se souviennent et je trouve que ça fait le penchant aussi tu vois le balcon c'est très ça t'as accès à quelque chose que

Juliette Elamine — ouais t'es déjà dedans

Ybelion — ouais exactement

Juliette Elamine — ouais elle vient pas de moi je salue je salue les éditrices pour ça et juste un petit un petit clin d'oeil à Beyrouth parce que ça va ça veut bien boucler la chose tu sais sur les balcons napoletains il y a du linge qui sèche qui sent bon et tout ça et il y a la même chose il y a la même chose à Beyrouth mais je pense qu'il y a la même chose dans beaucoup de villes où on peut faire sécher son linge dehors et je trouve que là aussi il y a un côté très intimiste je me souviens d'une vue c'était dans les 5 terres en Italie où je suis sur le balcon et en fait donc je vois la vue qui est devant moi mais ce qui m'attire l'oeil c'est le linge sur le balcon du dessous où c'était des sous-vêtements et je me disais j'avais oublié qu'on faisait ça ici j'ai axé quand même là des informations sur les voisins du dessous il y a qui ici que je vois ça tu vois ou encore une fois ça marche à Beyrouth aussi parce que tu vois les sous-vêtements des voisins qui sèchent mais je me suis dit il y a vraiment ce truc ouais c'est hyper typique ça doit jamais se perdre enfin j'espère que ça se perdra jamais c'est trop marrant

Pourquoi « Un balcon à Naples » : l'anecdote de l'insurrection

Ybelion — ça c'est une je trouve que c'est une c'est vrai c'est marrant ça te donne un accès à une intimité que t'aurais pas d'habitude quoi

Juliette Elamine — bien sûr

Ybelion — ah c'est fou merci beaucoup Juliette pour être venue de parler de Naples et puis ton rapport à l'écriture et de tous ces partages très inspirants

Juliette Elamine — bah merci à toi c'était cool

Ybelion — avec c'était ouais franchement ça donne presque envie d'aller à Naples surtout tu vois

Juliette Elamine — c'est un peu le but

Ybelion — avec ton livre dans la valise

Juliette Elamine — il y a une lectrice qui l'a fait c'était trop chouette du coup elle m'envoyait des photos ouais c'était ouais

Ybelion — elle s'est fait un beau

Juliette Elamine — la force de la collection je trouve d'avoir vraiment elle a besoin d'avoir un petit compagnon une mini ville quoi avec toi

Ybelion — merci d'être là épisode après épisode si ce podcast t'inspire t'aide ou te mets du baume au coeur t'abonner mettre 5 étoiles et le partager c'est le meilleur moyen de m'aider à toucher le plus de gens qui ont un livre en nous parce qu'après tout plus il y a de livres écrits et mieux le monde se porte à très vite ose écrire

Épisode 125 avec Juliette Elamine

AU MICRO AVEC

Juliette Elamine