Trope de personnages
La possession
Une présence étrangère s'installe dans un corps : ses proches ne reconnaissent plus la voix qui leur parle.
Ce que c'est
Dans le trope de la possession, un esprit, un démon ou une force inconnue prend le contrôle d'un corps humain. La victime change de voix, de gestes, parfois de langue ; ses proches assistent, impuissants, à la disparition de la personne qu'ils aimaient.
L'effroi vient de la proximité : le monstre a le visage d'un enfant, d'un conjoint, d'un ami.
L'anecdote historique
D'où vient cette anecdote
Sur le tournage de L'Exorciste, William Friedkin tire à blanc sans prévenir pour faire sursauter ses acteurs, une méthode qu'il dit tenir du réalisateur George Stevens.
Tu as repéré une erreur ? Écris-moi, je corrige.
Sur le tournage de L'Exorciste, William Friedkin veut des réactions de peur que ses acteurs ne jouent pas. Il se met à tirer à blanc sur le plateau, sans prévenir, juste avant certaines prises. Il racontera tenir l'idée du réalisateur George Stevens, en jurant n'avoir jamais utilisé de vraies balles. Pour filmer des corps qui ne s'appartiennent plus, Friedkin a volé à ses acteurs leurs propres sursauts : la peur à l'écran était la leur, déclenchée par un autre.
Pourquoi ce trope marche
Hier, la petite fille jouait dans le salon ; ce soir, elle parle avec une voix d'homme. Ce trope attaque ce qu'on croit le plus sûr, l'identité des gens qu'on aime, pour poser une question qui dérange : que reste-t-il de quelqu'un quand un autre parle à sa place ?
Quand ça rate
La possession glace si la personne d'origine affleure encore, par éclats, sous la présence qui l'occupe. Réduite à une succession d'effets, voix rauque, lit qui tremble, vomissures, elle vire au grand guignol et on oublie qui est en train de disparaître.
Ce que j'en dis
Sur le tome 3 de ma trilogie, j'ai passé une demi-heure à relire un passage sans comprendre les enjeux d'Ulrock, alors que ceux de Baltem coulaient de source. Le même jour, assis dans un transat, je démêlais des enjeux business, et j'ai compris qu'Ulrock portait les mêmes, sur une autre thématique. J'ai écrit 2 174 mots dans la journée. Comme les proches d'un possédé, je trouvais le personnage étrange sans reconnaître qui s'exprimait à travers lui ; dans ce transat, j'ai enfin mis un nom sur l'occupant, et la scène s'est débloquée.
La Clarté qu'il éclaire
La Clarté d'Identité touche ici un point sensible : tes personnages portent une part de toi, que tu le veuilles ou non. Face à moi, ton personnage répondrait avec une voix un peu trop familière, et c'est toi que je finirais par interroger.
Avant de l'écrire
- 1
Que veut obtenir la présence en prenant ce corps ?
- 2
Quel signe prouve à un proche que la personne résiste encore ?
- 3
Que devient ton personnage une fois libéré, s'il l'est ?
Pour continuer
L'atelier offert
Ce qui parle à travers tes personnages vient souvent de toi : on apprend à l'écouter sans en avoir peur.
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