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Trope de situation

Le pacte avec le diable

Un personnage obtient ce qu'il désire contre ce qu'il a de plus précieux : l'addition tombe toujours au pire moment.

Ce que c'est

Un personnage conclut un marché avec une puissance surnaturelle, diable, démon ou esprit, pour obtenir un savoir, un amour, la gloire ou la jeunesse. En échange, il engage son âme ou ce qu'il aime le plus. Le contrat se révèle toujours plus retors qu'il n'y paraissait.

Tout le suspense naît de l'échéance : on sait dès la signature que le prix sera payé, reste à savoir quand et comment.

L'anecdote historique

Goethe commence à travailler sur Faust au début des années 1770, jeune homme. Il y revient toute sa vie, publie une première partie, puis s'attaque à une seconde. En juillet 1831, à quatre-vingt-un ans, il en note enfin la dernière ligne et fait sceller le manuscrit, avec la consigne de ne l'ouvrir qu'après sa mort, survenue quelques mois plus tard. L'histoire du savant qui vend son âme aura occupé son auteur plus de soixante ans, comme un contrat qu'il ne pouvait pas rompre.

Pourquoi ce trope marche

Le soir où le héros signe, on voudrait lui arracher la plume des mains ; on comprend pourtant son geste. Le pacte met en scène une tentation familière : obtenir tout de suite ce qu'on n'a pas la patience ou le courage de conquérir.

Chaque avantage gagné rapproche l'échéance, si bien que la réussite du héros devient elle-même une source d'angoisse.

Quand ça rate

Un contrat dont aucune clause ne fait peur réduit le diable à un amateur. Le prix reste lourd et surprenant jusqu'au bout quand il se cache dans les lignes que le personnage n'a pas lues ; une astuce gratuite qui le tire d'affaire sans qu'il perde rien ôte au trope sa morsure.

Ce que j'en dis

Dans un rêve, j'étais un petit garçon mis en prison dans une immense réserve d'animaux entraînés à tuer, où je devais aller travailler tous les soirs. Pour en sortir, j'ai proposé un deal : si je battais une équipe dans un art martial basé sur le crachat d'huile bouillante, je repartais libre avec trois animaux. Si je perdais, je reprenais dix jours de prison et je perdais mon chien. Ce deal a la structure d'un pacte avec le diable : un désir immense, la liberté, contre un être aimé que je mettais moi-même dans la balance.

La Clarté qu'il éclaire

Chaque livre se signe comme un pacte, et la Clarté d'Intention en lit les clauses : ce que tu veux que ce livre change, avant de lui céder tes soirées. Son contrat, ton héros me le lirait à voix haute, et je guetterais la clause qu'il enjambe : elle dit ce qu'il refuse de voir.

Application gratuiteLe test des driversSois parfait, fais plaisir, sois fort : découvre quel driver pousse ton personnage à signer.Les 3 Clartés

Avant de l'écrire

  • 1

    Que désire ton personnage au point de signer sans lire les clauses ?

  • 2

    À quel moment une clause cachée le rattrape-t-elle ?

  • 3

    Qui, autour de lui, paie une part de l'addition ?

Pour continuer

L'atelier offert

Avant de signer avec ton livre, tu sauras ce que tu attends de lui.

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