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Sous-genre

Dark romance

Un couple se forme dans la violence et le danger : le livre prévient ses lecteur·ices avant de les y emmener.

Ce que c'est

La dark romance met en scène une histoire d'amour traversée par la violence, le danger, le crime ou une relation d'emprise, parfois sans consentement clair. Le héros y est souvent un antihéros, mafieux, criminel ou harceleur ; le récit va là où la romance classique s'arrête.

Le couple reste au centre et le récit lui cherche une issue, ce qui la rattache à la romance. C'est aussi un genre discuté : ses lecteur·ices y défendent le droit d'explorer leurs peurs en fiction, ses critiques lui reprochent de rendre l'emprise désirable.

Ce que le genre promet

La peur et le désir mêlés, poussés à l'extrême : voilà ce que ses lecteur·ices viennent chercher, dans une fiction qu'ils et elles décrivent comme un espace pour explorer ces émotions à distance. Les avertissements sur le contenu font partie du contrat, puisqu'ils laissent chacun·e choisir d'entrer.

Le livre perd ses lecteur·ices quand il présente la domination comme une preuve d'amour sans jamais la regarder en face.

L'anecdote historique

Au début des années 1950, l'écrivain Jean Paulhan affirme qu'aucune femme n'est capable d'écrire un roman érotique. Dominique Aury, sa maîtresse, relève le défi et lui écrit, la nuit, un récit sous forme de lettres. Histoire d'O paraît en 1954 sous le pseudonyme de Pauline Réage et reçoit le prix des Deux Magots l'année suivante. Aury ne révèle être l'autrice qu'en 1994, à quatre-vingt-six ans. Ce récit de soumission, écrit par une femme pour relever le défi d'un homme, a gardé son autrice masquée quarante ans : la dark romance hérite de ce trouble entre désir, domination et secret.

Ses tropes

La dark romance emprunte les tropes de la romance pour les tirer vers l'ombre : des ennemis qui s'aiment malgré le sang versé, un héros moralement gris, une créature qui fascine autant qu'elle menace.

Au micro, Sam DeLuca m'a dit qu'elle n'était pas du tout le public cible de la dark romance : pour le sombre, les infos lui suffisent, et la fiction doit faire passer, à un moment ou à un autre, par des émotions positives. Je l'ai rejointe sur l'espoir, ce qui me touche le plus quand je repense aux textes que j'ai aimés, même en fantasy ou en fantastique : des histoires très tristes qui finissent sur une note d'espoir. Nos deux réponses dessinent la ligne sur laquelle marche le genre. Il doit une issue à son couple, comme toute romance ; il garde les lecteur·ices en quête d'espoir tant que cette issue ne transforme pas la violence en preuve d'amour.

La Clarté qu'il éclaire

La Clarté d'Intention a ici un rôle très concret : elle décide de ce que ton livre fait ressentir face à la violence qu'il montre, et de ce que disent tes avertissements. Dans mon bureau, j'inviterais d'abord ton héroïne : qu'est-ce qu'elle choisit dans cette histoire, et qu'est-ce qu'on choisit à sa place ?

Les 3 Clartés

Avant de l'écrire

  • 1

    Quelle limite ton couple franchit-il, et au service de quoi ?

  • 2

    Quels avertissements tes lecteur·ices méritent-ils avant d'ouvrir le livre ?

  • 3

    Qu'est-ce qui change entre tes personnages, de la première à la dernière page ?

Pour continuer

L'atelier offert

Ce que ton livre fait ressentir dans le noir se décide avant la première scène ; l'atelier t'aide à le formuler.

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