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Pochette de l'épisode 131 du podcast Ose Écrire

ÉPISODE 131AVEC INVITÉ29 JUILLET 202682 MIN

Si ça ne me fait pas pleurer, ça ne touchera personne - Discussion avec Sam DeLuca

Clarté · Intentiontransmissionvulnérabilité
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FACE A — LES 26 CHAPITRES · CLIQUE POUR ÉCOUTER

Trouver les bons mots qui claquent pour émouvoir les autres ?

CE QUE RACONTE CET ÉPISODE

Sam a une autre boussole. Si une scène ne la fait pas rire ou pleurer pendant qu'elle l'écrit, elle sait que l'histoire ne la touche pas vraiment. Et si l'histoire ne la touche pas, elle ne touchera personne.

Son dernier roman raconte un chanteur qui apprend qu'il va mourir. Un sujet lourd, une matière à larmes. Pourtant elle n'a jamais cherché le pathos. Elle l'a écrit en pleurant, oui, mais en gardant toujours une porte ouverte vers la lumière. Résultat : une lectrice lui a raconté l'avoir lu en riant et en pleurant sur la même page.

C'est ça, écrire avec ses tripes : être assez honnête pour ressentir soi-même ce qu'on pose sur la page !

La prochaine fois que tu doutes d'une scène, pose-toi la vraie question. Est-ce qu'elle te fait quelque chose, à toi ?

C'est tout l'épisode 131 avec Sam, à écouter là où tu écoutes tes podcasts.

LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE — CLIQUE UN SLIDE POUR L'AGRANDIR

Face B — le transcript

L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE

Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !

Intro : Sam, ses histoires et les oiseaux qui la poursuivent

Ybelion — Aujourd'hui, j'accueille Sam, autrice et raconteuse d'histoire. On parle notamment de son dernier livre, Le Dernier Chant du Cygne, qui porte extraordinairement bien son nom et qui aborde des thématiques qui m'ont particulièrement touché. On évoque aussi les impératifs qui parfois nous empêchent d'écrire, la maternité, les inspirations. Bref, un épisode plein d'inspiration pour toutes celles et ceux qui parfois se retrouvent attrapés par l'engrenage de la vie. Je vous souhaite une très bonne écoute. Moi, c'est Sam, Ybelion de mon nom de plume. Je suis écrivain, coach ICF et j'ai créé Ose Écrire, un accompagnement pour celles et ceux qui veulent enfin accomplir leur rêve d'écrire un livre. Ce podcast a la même intention. C'est ton rendez-vous, inspiration, discipline et passage à l'action. Et si ça te parle, abonne-toi, mets 5 étoiles et partage autour de toi. Parce que plus il y a de gens qui osent, plus d'autres oseront à leur tour. Allez, c'est parti et bonne écoute. Moi, ce qui m'a marqué quand j'ai vu tous les titres de tes livres, c'est qu'il y a pas mal de rapports aux oiseaux, je trouve. Il y a les plumes, les cygnes.

Sam DeLuca — C'est ça. Disons qu'en fait, au départ, le premier personnage que j'ai écrit, c'était Lucie Loiseau. Donc, pour moi, ça a toujours été son nom. Et en fait, après, j'ai voulu jouer sur ça, sur cette saga. Et il se trouve que pour le dernier, en fait, sur le dernier Chant du Cygne, c'était pas du tout prévu qu'il y ait des oiseaux. Et ils sont venus quand même.

Ybelion — Donc, comme quoi ?

Sam DeLuca — Et dans un autre projet que j'aime et qui n'est pas encore écrit, je me suis aussi retrouvée encore avec un oiseau, ce que j'ai flashé sur une pre-made sur Internet, en fait. Et dès que j'ai vu la couverture, j'ai dit, oh là là, je vois la couverture. C'est avec un titre en anglais, souvent. Et là, j'avais le titre en français qui a popé. Et j'ai dit, bon, bah, encore un oiseau. Tant pis, c'est pas grave. Voilà. Donc, du coup, les oiseaux me poursuivent, alors que j'aime pas spécialement ça au départ, quoi.

Ybelion — Tu vois, c'est ça, j'allais te demander, du coup, qu'est-ce qui les rend si fascinants pour l'écriture, tu vois.

Sam DeLuca — Rien spécial. À part, je te dis, ce personnage au départ, mais je sais pas pourquoi, c'est le nom vraiment apparu dans ma tête, Lucille Oiseau, quand j'ai commencé mon tout premier. Et forcément, du coup, au début, dans les premiers titres de test, quand j'ai écrit sur WhatPass, c'était Lucille Oiseau prend son envol, en fait, le titre de travail, quoi. Donc, j'avais joué déjà sur la sémantique et le champ lexical de l'oiseau, quoi, en fait. Et une fois que t'en as fait un, bah, derrière, du coup, il s'est trouvé que l'oiseau s'est réinvité dans le tome 2, alors que c'était pas non plus prévu. Et une fois que t'en as deux comme ça, bah, t'es obligé de suivre derrière, quoi, parce que... Enfin, voilà. Donc, du coup, les oiseaux, et ouais, donc le dernier, pas du tout prévu qu'il y en ait. Et puis, en fait, ils sont arrivés tout seuls dans l'écriture. Donc, voilà.

La saga Lucie Loiseau et un one-shot à part

Ybelion — Et quand tu dis saga, c'est une saga basée sur le personnage de Lucille, c'est ça ?

Sam DeLuca — Ouais. En fait, il y a deux romans et une novella. Et là, ce que je suis censée être en train d'écrire quand il fera moins chaud et qu'on pourra retrouver du cerveau, c'est le tome 3 qui clôt la saga. Et là, c'est le même personnage et on la suit de bout en bout. Donc, ça se lit... Enfin, il faut le lire dans l'ordre, sinon, du coup, tu comprends pas vraiment la progression. Voilà.

Ybelion — Et le dernier chant du cygne est le tome 2 de cette saga ? Non.

Sam DeLuca — Il est à part. Le dernier chant du cygne, du coup, c'est vraiment à part. C'est un one shot qui n'aura pas de suite, qui est à part dans un registre de genre aussi différent. Puisque là, sur Lucille Loiseau, j'étais vraiment partie, au départ, sur une comédie romantique. Un peu, du coup, je sais pas si tu as lu, parce que c'était pas forcément le public cible, mais les Confessions d'une accro au shopping de Sophie Kinsella, qui a eu un personnage un petit peu comme ça, mis-catastrophe avec son argent, elle, et qui avait une frénésie de shopping. Et du coup, moi, ça me faisait beaucoup rire, parce qu'en fait, elle se mettait toujours dans des situations ubuesques, en fait, et tu te dis, mais non, pourquoi tu fais ça ? Et du coup, moi, j'aime beaucoup ce genre de littérature, donc c'est forcément ce que j'ai écrit pour le premier, en fait. Et au départ, ça devait être juste cette histoire-là, et puis en fait, le problème, c'est que les personnages, des fois, ils restent, ils restent et ils veulent pas forcément partir. Donc du coup, il y a eu un tome 2, et puis à la fin du tome 2, j'ai laissé un cliffhanger en suspens, parce que du coup, c'était plus son histoire à elle, ça ouvrait sur autre chose, donc les gens m'ont beaucoup voulu, de dire non, mais non, on veut savoir ce qui se passe, et sauf que moi, entre temps, après, j'avais envie de décrire aussi un peu autre chose, donc c'est là où je suis partie sur l'histoire du dernier champ du cygne, qui m'a pris deux ans de travail, et là, une chose, on entraîne dans une autre. Du coup, la novella, elle est sortie en 2023, on est en 26, donc il va quand même falloir que je sorte le dernier tome à un moment ou à un autre.

Ybelion — C'est pas forcément évident, au premier abord, de dire, ok, je suis entre guillemets reconnu pour une certaine saga, et puis de s'autoriser, tu vois, à aller voir un autre genre. Comment toi, t'as réussi à aller explorer d'autres terrains ?

« Sa fille veut des droits d'auteur »

La naissance du Dernier Chant du Cygne : une voix, un chanteur mégalo

Sam DeLuca — Eh bien, au départ, ça devait être aussi une comédie romantique, celui-là, j'étais partie pour en faire une autre, du coup, ça devait être l'histoire d'une wedding planner, une funeral planner, du coup, donc là, les gens qui organisent des enterrements, qui héritait d'un nouveau contrat avec une star mégalo qui n'avait rien du tout d'être proche de la mort, mais qui voulait absolument penser ses obsèques comme un immense show et lumière pour que tout soit prêt, et tout ça. Et donc, du coup, ça devait être une comédie romantique autour de ces deux personnages très différents. Et puis, je n'arrivais pas du tout à la démarrer, je n'arrivais pas à trouver le plan, à savoir dans quel sens prendre l'histoire. Vraiment, ça ne marchait pas du tout. Et un autre moment, un peu comme le nom de Lucie m'est tombée dans l'oreille, tu vois, je promenais mes chiens, justement, et j'entends, tu vas prendre une fois, mais ce n'est pas grave, j'entends une voix qui me dit, non, mais en fait, moi, ce n'est pas Louise, du coup, parce que c'était le nom du personnage que j'avais commencé à travailler. Et je dis, OK, qu'est-ce qui se passe ? Et puis, de fil en aiguille, mais ça a été très long parce que le personnage était très complexe à appréhender. Du coup, je me suis rendu compte que ce n'était pas la bonne histoire et que ça tournait bien autour d'un chanteur mégalo, ça c'est sûr, lui, il n'a jamais changé, mais du coup, il n'y avait pas cette histoire du tout de préparer ses obsèques et tout ça. Et je ne saurais pas trop te dire à quel moment j'ai décidé qu'il allait vraiment être atteint d'une maladie incurable, qu'il allait le faire devoir vraiment envisager la fin. Si, je crois que pendant un temps, je m'étais dit qu'il aurait eu un faux diagnostic parce qu'en cherchant sur cette maladie-là, qui aussi m'est arrivée dessus par hasard, je me suis rendu compte qu'un jour, un type, donc ça, le glioblastome, c'est un cancer du cerveau qui est incurable, qu'on ne sait pas, on sait juste soulager les symptômes, mais c'est tout. Et en fait, il y a un Français à qui on a diagnostiqué ça, qui a fait un an, je crois, de chimio-radiothérapie. Et en fait, son médecin trouvait qu'il améliorait quand même vraiment, vraiment bien son état, alors que ce n'était pas normalement le but. Le but, c'était de le soulager, de prolonger un petit peu, mais pas d'aller mieux, vraiment. Et ils ont refait des examens, ils ont réanalysé les cellules de la biopsie et ils se sont rendus compte qu'ils n'avaient pas diagnostiqué le bon cancer. Et c'était bien une tumeur du cerveau, mais pas du tout de stade 4, juste entre guillemets, je crois, d'un stade 2, donc pénible, mais totalement vivable avec en fait. Donc bien sûr, du coup, là tu te dis, non mais t'imagines, le mec, il a fait un an de radiophiniothérapie, il a cru qu'il allait mourir, peut-être il a tout liquidé, parce que quand tu sais que tu vas mourir, des fois tu fais des choix un peu fous, et en fait non, du coup, il n'allait pas du tout mourir. Et c'était cette histoire-là, je me suis dit, ah mais c'est vrai que si tu mets ça en plus avec un chanteur un peu complètement mégalo, ça peut faire un truc sympa. Et puis en fait, arrivé à la fin de mon plan, je trouvais que ça faisait un petit peu trop, tu sais, le Deus Ex Machina, ah tata, en fait non, du coup, je vous ai fait pleurer pendant tout le livre, vous croyez qu'il allait mourir, en fait non, il ne meurt pas. Et là, je me suis dit, non, je ne peux pas faire ça, c'est vraiment trop trahir le lecteur, donc soit en fait, ce n'est pas une maladie incurable et tu restes sur un truc léger, soit c'est une maladie incurable et tu vas jusqu'au bout, quoi. Mais bon, il y avait la question de savoir entre le plan où tu imagines l'histoire et est-ce que ça va fonctionner, est-ce que tu vas vraiment réussir à faire une histoire triste sans tomber dans le pathos, alors que du coup, tu n'as toujours fait que de la comédie romantique ou du roman jeunesse, c'était quand même un petit peu risqué et ça faisait quand même vachement peur, en fait.

Éviter le Deus Ex Machina et le larmoyant

Ybelion — Et il y a plein de choses hyper intéressantes dans ce que tu as partagé, alors déjà, tu sais, le côté, j'entends quelque part mon personnage me parler et me dire, écoute, tu ne vas pas dans le bon chemin, moi je t'envoie totalement et en vrai, tu n'es pas la première, j'ai l'impression que c'est quand même un truc assez commun, tu vois, quelque part, que nos personnages prennent vie quelque part avec nous, donc non, au contraire, au contraire, je suis content de t'entendre dire ça, je me sens moins seul aussi et là, c'est quoi le plus gros challenge du coup que tu as rencontré quand tu essaies de ne pas tomber dans les écueils que tu as pu partager, de ne pas faire de Deus Ex Machina ou alors de ne pas non plus tomber dans le larmoyant à outrance, etc.

Oliver et Sixtine : se préparer à la fin, se reconstruire

Sam DeLuca — Moi déjà, je ne voulais pas écrire un truc vraiment larmoyant parce que, en fait, pour moi, l'idée, ce n'était pas de dire, du coup, on va parler d'un personnage en spoiler dont on sait qu'il va mourir parce que je n'ai pas trahi la maladie, pour moi, ce n'était pas de dire oui, le personnage, il va mourir, pleurer pendant les 600 pages du livre, en fait, moi, c'était vraiment de dire une fois que tu sais que c'est la fin, qu'est-ce que tu en fais, en fait ? Comment tu réagis ? Qu'est-ce que tu fais de ces derniers temps ? Et sachant que, du coup, dans le roman, en plus, le personnage le cache à tout son entourage. il n'y a que son manager qui est là et qui le sait et qui l'accompagne, mais il n'y a aucun autre personnage qui est au courant de sa maladie. Et donc, comment est-ce que tu fais pour vivre avec ça, avec ce secret que tu caches aux autres, soi-disant, pour les protéger, mais qu'est-ce que tu protèges ? Est-ce que c'est toi ou les autres ? Voilà. Et donc, il y avait toute cette histoire-là que je voulais tirer. Et en face, il y a le personnage de Sixteen puisque c'est en double point de vue. Et elle, en fait, elle a vécu un drame dans le passé qu'on découvre au fur et à mesure du roman, mais on comprend qu'il s'est passé un truc vraiment grave et moche qui fait qu'elle a complètement coupé avec sa vie d'avant. Elle était réalisatrice de documentaires, de making of, etc., en couple avec une célébrité. Et donc, du coup, elle est revenue en Haute-Loire chez ses parents pour vraiment couper avec sa vie et elle est maintenant professeure dans un lycée. Et déjà, il fallait trouver comment est-ce que tu les racontes eux tous les deux, comment est-ce qu'ils emmènent à se rencontrer, etc. Et elle, du coup, c'était, toi lui, c'est plutôt le chemin de qu'est-ce qu'on fait quand on sait qu'il reste peu de temps et elle, c'était plutôt comment est-ce qu'on arrive à se reconstruire après un drame et en fait, leurs histoires, ça inverse un peu, si tu veux, ils cèdent mutuellement l'un l'autre à se reconstruire ou à se préparer à la fin. Donc pour moi, l'idée, c'était vraiment d'être dans le positif et d'être dans la lumière ou des choses comme ça, pas du tout, d'être dans le larmoyant, etc. Donc c'est sûr qu'il y a des passages pas drôles, évidemment, parce que j'ai pas masqué la maladie ni rien, mais ce que disent les lectrices et lecteurs qui ont lu l'histoire, c'est que c'est quand même un beau message, du coup, à la fin et que c'est pas du tout, voilà, c'est pas pathos, c'est pas glauque. Alors oui, il y a le cancer, mais bon, en même temps, je crois que, si tu vois une personne qui n'a pas rencontré le cancer de près ou de loin maintenant, de toute façon, donc l'idée, c'est plus de se dire, voilà, qu'est-ce qu'on fait de ça, qu'est-ce qu'on fait de soit ces traumas, soit d'une épée de Damoclès qui va forcément tomber sur la tête et voilà, comment est-ce qu'on agit et comment est-ce qu'on se comporte, quel choix on fait et voilà.

Digression sur la mort et ce qu'on en fait

Ybelion — C'est, j'adore cette thématique, je la trouve assez fascinante, tout le rapport à la mort justement et de se dire, ok, qu'est-ce qu'on en fait quand on sait que finalement, elle arrive quoi et quelque part, on sait, tu vois là, je fais un peu une digression philosophique parce que c'est vraiment un sujet qui me passionne mais quelque part, elle arrive toujours, tu vois, donc c'est, pour quelle raison on a besoin, tu vois, aussi de ces déclencheurs extérieurs pour s'en rendre compte et après, la vie change toujours quand on se retrouve confronté à ça et c'est extrêmement fascinant de voir à quel point quelque chose qui paraît, enfin qui est extrêmement triste et peut-être négatif au premier abord, se transforme toujours souvent en expérience parfois très positive derrière, c'est vraiment fascinant et ouais, là je suis parti dans une petite digression mais c'est vraiment un super sujet. de toute façon,

Sam DeLuca — c'est pour ça, moi aussi, mes histoires, elles parlent toujours de choses que n'importe qui peut expérimenter, tu vois, je sais très clairement que j'irai jamais écrire dans du fantastique ou de l'imaginaire parce que, enfin moi, voilà, j'ai trop d'histoires à raconter dans le réel déjà de toute façon, bon, ça pourrait sûrement se transposer mais voilà, déjà, j'en lis pas des masses donc je sais que j'irai jamais là-dedans, c'est pas dit que j'explore pas un jour un autre genre, du coup, mais même si c'est fortement déconseillé, tu vas de rester sur différents genres avec un même nom de plume, paraît-il que c'est trop confusant pour les lecteurs, bon, je pars du principe que les lecteurs sont quand même du coup pas forcément mono-genre ou mono-maniaque et qui sont suffisamment intelligents pour se rendre compte en lisant le résumé ou en voyant le titre que c'est pour eux ou c'est pas pour eux, mais ouais, non, du coup, c'est des histoires qui parlent de la vie de tous les jours, tu vois, dans la saga, le premier roman que j'avais fait, on était vraiment sur le poids d'un héritage familial et les secrets de famille, du coup, comment est-ce qu'on se construit quand on se rend compte qu'on nous a caché tout un pan de notre histoire. Donc ça aussi, c'est pareil, je pense que tout le monde peut se raccrocher à ça même si c'est pas sous le même angle vraiment que le vie, le personnage, tu vois.

Trouver le titre : du vent au chant du cygne

Ybelion — Et du coup, le dernier chant du signe, alors je comprends mieux le chant parce qu'il y a le chanteur du coup et puis le chant du signe, le fameux dernier chant avant.

Sam DeLuca — mais tu sais qu'il y a vachement de gens qui ne connaissaient pas l'expression en fait et qui l'ont découvert dans le livre quoi. Et en fait, j'ai galéré pour ce livre mais je te jure, j'ai passé des heures et des heures à embêter mes bêtes à l'actrice pour trouver le titre qui collait bien et au départ, c'était pas du tout ça. J'avais mon titre, j'avais ma couvre, tout était bon et en fait, il s'est trouvé qu'en recherchant, poussant, je trouve une couverture de Colline Hoover avec la même photo que j'avais prise pour la mienne. Et là, je dis, bon, c'est mort du coup, donc je dois changer la photo. Je cherche une autre photo et je fais ma couvre, tout était prêt, on est dans les bêtas lectures et tout machin. Je relis moi le roman une fois pour faire aussi moi-même ma propre bêtas lecture et là, j'envoie un message, je pense à 23h, en panique, à mes bêtas écrits en disant, putain, je suis dans la merde en fait, je me rends compte que mon titre, il va pas du tout. Ah bon, mais pourquoi ? En fait, le titre de départ qui aurait dû sortir, c'était Et que le vent emporte tout que je trouvais très poétique qui, du coup, pour moi, en plus, c'était en écho avec une chanson de Miane Farmer que j'adore et je dis, mais en fait, c'est pas du tout ça. En fait, je viens de relire le livre et en fait, clairement, le thème, enfin, un des thèmes, c'est qu'est-ce qu'on laisse derrière soi, quelles traces on laisse, du coup, quel impact on a sur le monde et sur notre entourage et tout ça. Je peux pas mettre un titre qui dit et que le vent emporte tout parce qu'en fait, ça veut dire que tout s'en va et qu'il reste rien. J'ai fait, c'est pas possible. Et donc là, ça a été OK. Et bah donc, qu'est-ce qu'on fait ? On cherche des titres. Et alors, on est parti par plein de titres what the fuck et puis, en force de force, je sais plus comment, j'étais partie sur les symboliques à chercher autour de la mort, de l'art et tout ça. Et là, je retombe sur la symbolique. J'étais partie pour faire une scène avec une constellation. Je regarde, parce que je suis une toquée du détail, qu'est-ce qu'il y a à cette période de l'année dans le ciel de Bretagne comme constellation ? Je regarde, tout, je regarde en association les symboliques. Et là, je dis, mais le signe, en fait, pourquoi j'ai pas pensé au signe dès le départ ? Et en fait, il se trouve que le gars, dans mon histoire, il fait des origamis quand il est, juste avant de monter sur scène, il fait des origamis et il les fait quand il n'a rien d'autre à faire qu'il veut passer le temps, en fait. Et il faisait des hirondelles. Du coup, comme ça, je faisais un petit clin d'œil à mon tome 2 de Lucie Loiseau, qui s'appelle La Rétendelle de l'hirondelle. Donc, lui, ça fait un petit clin d'œil. Et puis, du coup, j'ai dit, ça qui n'était pas du tout prévu au départ et qui, au final, tu te dis, mais oui, c'était évident que c'était ça qu'il fallait, en fait.

Ybelion — J'adore ces anecdotes parce que tu ne pouvais pas l'inventer, tu ne peux pas le prévoir, tu vois, ce truc-là. Et puis, les trucs tombent comme si toutes les pièces avaient été là depuis le début. Je trouve ça fascinant, quoi.

Sam DeLuca — C'est ça. Mais par contre, tu sais, quand il y a un truc qui ne clique pas et des fois, tu es là, non, ça ne marche pas. Je ne sais pas vous dire pourquoi, mais ça ne marche pas. Et puis, un moment, comme tu dis, la pièce arrive et là, tu dis, ben voilà, là, c'est bon, ça fait sens et c'est cohérent. Donc, c'est ça que je trouve génial.

Ybelion — Et c'est effectivement très parlant sur les titres ou les noms de personnages ou même certains arcs narratifs carrément où tu te dis, il y a comme une fausse note, quoi. Et puis, bon, parfois, ce n'est pas facile d'avoir le recul instantané et d'écouter son instinct. Et puis, après, ça te tombe dessus et tu fais, me mentais depuis le début. C'était évident que c'était ça. C'est ça. Et le fait, du coup, que le dernier champ du signe, tu disais que c'était un projet que tu avais commencé depuis longtemps dans ta jeunesse. Enfin, je dis ça comme si tu n'étais plus jeune. Non, je n'ai pas commencé

Sam DeLuca — dans ma jeunesse. Du coup, j'ai peut-être mal écrit, du coup, sur mon petit formulé. Reprendre un roman jeunesse. Et je reprends un roman jeunesse que j'ai sorti. C'est le deuxième que j'ai publié. Mais on verra après sur ce sujet-là. Mais c'est autre chose. Donc, le dernier champ du signe, ce n'était pas dans ma jeunesse.

Ybelion — Ok, d'accord. Ce n'était pas un roman que tu as commencé. Non, c'est un roman.

Sam DeLuca — Je suis aussi en train de reprendre un de mes romans jeunesse du coup, en parallèle.

Ybelion — Ok, parce que pour ne pas faire simple. Ok, je comprends mieux. Je comprends mieux. ça marche. Et alors, du coup, juste pour clôturer sur le dernier champ du signe, quand il y a des thématiques vraiment fortes comme ça, il y a une question que j'aime bien poser aux auteurs, c'est justement, toi, qu'est-ce que ça t'a appris sur cette thématique autour de la mort ? Qu'est-ce que tu as peut-être découvert sur toi ou sur ce sujet en l'écrivant ?

Ce que la mort lui a appris : la main tendue

Sam DeLuca — Du coup, c'est... Alors, il n'y a pas forcément sur la mort, le fait du coup d'appréhender sa propre mort, mais plus de réfléchir à qu'est-ce qu'on fait pour ce qui reste, en fait, qu'est-ce qui se passe pour ce qui reste après, en fait. Et pour le coup, il y avait autre chose que j'ai voulu, alors qui est beaucoup plus discret et diffus, etc., mais en fait, le personnage principal, Oliver, on sait très vite que c'est un ancien addict, du coup, alcoolique et drogue, du coup, qui est sobre depuis quelques années. Et du coup, c'est juste effleuré parce qu'il est sobre maintenant, mais il y avait la question du coup de l'entourage, en fait. Et du coup, justement, on sait qu'il a coupé les ponts un peu, qu'il n'a plus trop de contact avec ses parents. On ne sait pas forcément pourquoi, mais au fil de l'histoire, on apprend que, du coup, sa mère a arrêté de lui tendre la main parce qu'en fait, elle en avait assez de voir son fils se détruire et de ne pas vouloir agir, etc., etc. Et du coup, moi, j'ai voulu, du coup, aborder cette partie-là parce que c'est quelque chose que j'ai vécu, alors en étant celle qui tend la main et la personne en face ne la saisit pas. et ça m'a permis un peu d'explorer par rapport à ça, voilà, est-ce que c'était le bon choix ou pas ? Comment est-ce que tu te sens de l'avoir fait ? Comment est-ce que tu te sens quand tu l'as fait et que tu perds plein d'années quand finalement tu apprends la vérité que la personne va partir dans très peu de temps ? Et donc voilà, ça m'a permis un peu de travailler sur ça. Par rapport à la mort, ouais, peut-être, c'est un peu bateau, tu sais, mais de se dire, en fait, arrête de te plaindre quand en fait, du coup, t'es vivante, t'as un corps fonctionnel, t'as un toit sur la tête, enfin voilà, faut arrêter de faire du moins ou un pour rien et du coup, tu vois, ce week-end, je lisais un livre et dedans, il y a une citation qui est aussi assez connue, je crois qu'elle est non attribuée, mais si cette chose-là n'aura plus d'importance dans cinq ans, ne passe pas plus de cinq minutes à être en colère ou à t'énerver dessus maintenant quoi et c'est un peu ça du coup de se dire, ouais, repositionne un peu les priorités, revois où est l'essentiel et voilà, arrêter de s'apesantir sur son sort et pour profiter de ce qu'il y a en fait, oui, ça pourrait toujours être mieux mais ça aussi pourrait être bien pire donc, il faut aussi voir la réalité en face quoi.

Ybelion — C'est joli le partage que tu fais là et les questions que tu as pu te poser, alors c'est aussi personnel j'entends, sans y répondre forcément, mais est-ce que tu as trouvé les réponses aux questions que tu pouvais te poser ?

Sam DeLuca — Bah oui, parce que, disons que le personnage donc de la mère d'Oliver, du coup, je l'ai un peu calqué sur mon propre cheminement du coup, à moi aussi, donc ça m'a un peu permis de boucler la boucle, on va dire, parce que moi du coup, donc quand la personne est décédée, j'ai tenté d'avoir une explication, tu vois, d'essayer de comprendre pourquoi est-ce que on en était arrivé là, sachant que du coup, moi, la personne n'a jamais fini par aller jusqu'à la sobriété, donc du coup, c'était un peu raté par rapport à ça et je n'ai pas eu de réponse en fait, je n'ai jamais eu d'explication, donc du coup, finalement, je les ai écrites comme j'aurais voulu les entendre dans la bouche d'Oliver et de sa mère en fait. Donc, je ne sais pas si ça fait office de thérapie, mais comme de toute façon, on ne peut pas aller en thérapie avec des morts, de toute façon, je n'avais pas d'attention.

Ybelion — C'est fou ce que permet l'écriture sur ce point de vue-là, de traverser toutes ces situations. À chaque fois, je suis toujours impressionné de ce qu'on fait. Alors, on le fait traverser à nos personnages et c'est toujours une manière pour nous de le traverser aussi. C'est vraiment...

L'héritage : qu'est-ce qu'on laisse derrière soi

Sam DeLuca — Et sans être forcément sur le... Tu te parlais de ce que j'en ai ressorti sur l'appréhension de la mort ou quoi. Il y avait cette question, du coup, je te disais, de l'héritage, de ce qu'on laisse derrière soi, de ce qu'on transmet. Et ça, par contre, du coup, c'est beaucoup plus proche de ce que je peux expérimenter ou vivre parce que, du coup, Oliver n'a pas d'enfant dans l'histoire, donc il sait qu'il n'en aura pas de toute façon. Et donc, qu'est-ce que tu laisses derrière toi quand tu n'as même pas de filiation, du coup, alors que lui, il voulait laisser une empreinte sur le monde avec sa musique. Donc, tu as aussi ce rapport-là de qu'est-ce qu'on laisse de soi quand, par exemple, on n'est pas artiste, on n'a pas laissé des millions de disques, on n'a pas d'enfants, on n'a pas de... Voilà, il ne reste personne, quoi. Après, en fait, comment est-ce qu'on sait qu'on a eu un impact sur le monde ou pas, tu vois ? Et est-ce que c'est important d'avoir un impact sur le monde ou est-ce que l'important, c'est d'avoir un impact sur les gens ? Enfin, voilà, c'est... Putain,

Ybelion — c'est... C'est des questions profondes que tu poses. Ouais, c'est pour ça que, du coup,

Sam DeLuca — je me suis pris la tête un peu longtemps sur ce truc parce que tu ne voulais pas non plus que ça ait l'air complètement... Tu vois, je ne voulais pas que ça ressorte comme un bouquin de développement perso ou ce genre de roman où on t'écrit la morale stricto sensu comme ça. Ben, voilà ce qu'il fallait comprendre. Ça, je déteste. J'ai vraiment l'impression que l'auteur prend le lecteur pour un idiot, tu sais. Donc, il faut arriver à le faire de manière subtile et des fois, tu vois, il y a des choses, tu les écris et c'est que quand tu as les retours des bêtas lecteurs que tu te rends compte qu'il y avait une couche que tu n'avais pas envisagée ou même après avec les lecteurs quand il est sorti que tu te dis ah oui, c'est vrai, je n'avais pas du tout vu ça. Enfin, moi, je ne l'avais pas perçu du tout comme ça mais effectivement et ça, je trouve ça génial parce que c'est là où tu te rends compte qu'il y a des choses qui se font par-delà toi en fait, qui ne sont pas du tout conscientisées et c'est vrai que je ne sais pas si ça avait ce souvenir mais moi, je sais que je crois que c'est au lycée et je me rappelle trop d'un jour en course cinéma où on regardait un film d'Almodovar et je crois que c'est par la ma mère là du coup, il y a une scène au début quand il y a un accident avec un parapluie arc-en-ciel et là, la prof qui était en train de se dire oui, donc là, vous voyez, le parapluie il est positionné comme ça parce que si, parce que ça ou même dans les textes l'auteur a voulu rendre ça et en fait, à chaque fois, je disais mais qu'est-ce qu'on en sait en fait ? C'est nous qui posons notre propre ressenté, notre propre analyse si ça se trouve, il n'avait jamais pensé à ça c'est juste que la meuf elle avait son parapluie comme ça et puis ça collait bien à l'image c'était joli pour Pedro Almodovar et puis c'est tout quoi et voilà, donc du coup, je me dis en fait des fois, les autres vont aller analyser quelque chose derrière que tu n'avais pas du tout envisagé qui est peut-être tout à fait vrai mais peut-être pas du tout non plus

Ybelion — ouais, c'est clair, c'est clair et c'est ça qui est beau aussi tu vois c'est qu'à la fin, tout le monde repart des histoires avec ce quoi il a envie de repartir et c'est peut-être exactement ce dont ils ont besoin et effectivement c'est quand même ce côté prof de français tu vois, je l'appelle toujours comme ça moi j'adore faire ça dans les... je trouve que c'est ça tu vois dans les... alors c'est vrai dans les romans et c'est encore plus vrai tu vois dans la musique ou la poésie où il y a beaucoup de places pour... comme tu utilises peu de mots pour dire beaucoup de choses il y a plein de places à l'interprétation et donc tu peux partir et c'est vrai que les souvenirs les plus peut-être loufoques presque de prof de français que j'ai c'était sur les analyses de poèmes où tu te dis il a voulu dire ça et tout et tu fais mais attends il y a trois mots peut-être qu'il a voulu dire l'inverse aussi tu vois c'est fascinant c'est fascinant et toi le sujet de laisser du coup une empreinte sur les gens ou sur le monde c'est important pour toi

Le poème qui a consolé une inconnue en deuil

Sam DeLuca — disons que je pars du principe que si on est là c'est pour faire quelque chose sur cette terre sinon du coup si on est juste là pour son bon plaisir je trouve ça un peu dommage tu sais donc ouais je pense que c'est important de savoir que tu as marqué d'une certaine façon que ce soit par des actions par des mots des fois c'est peut-être pas grand chose mais juste un mot que tu as dit à quelqu'un et qui fait que peut-être il n'est pas allé se jeter sous un train derrière enfin des fois tu sais il y a des choses c'est hyper infime et ça me rappelle quand j'étais jeune donc j'étais dans un club photo là au lycée à côté de chez moi et la première année on devait préparer une expo avec les membres et tout donc chacun devait choisir des photos et tout et j'écrivais déjà à l'époque mais j'écrivais de la poésie pas de roman et je me suis dit ça va être l'occasion d'allier les deux donc je vais afficher un poème avec une photo vraiment photo d'art et tout et je vais faire un duo à chaque fois comme ça et il y avait un poème que j'avais écrit et que j'ai perdu malheureusement depuis je suis un peu dégoûtée parce que finalement il devait être assez sympa je pense qui parlait de chemin de prendre le mauvais ou le bon chemin et du coup c'était ça le thème et en fait il y a une dame qui est venue que je ne connaissais absolument pas et qui est venue parler au président du club photo elle n'a pas venu me parler en direct parce que je ne sais plus si j'étais là voilà et il me dit cette dame a perdu son fils et en fait ton poème lui a fait beaucoup de bien elle a compris quelque chose elle s'est sentie elle s'est sentie moins seule et elle voulait te le faire savoir et tout ça et là tu te dis c'est un truc que j'ai fait à la base juste parce que ça me plaisait et en fait c'était pas vain parce que tu vois t'as aussi un peu des fois ce truc quand tu dis que t'es jeune que tu veux écrire ou des choses comme ça c'est pas un métier je cherche un vrai truc etc et à quoi ça sert c'est un hobby ouais c'est un hobby mais en fait du coup ça peut aider en fait des gens et voilà c'était pas très visible mais je sais que au moins cette fois là cette personne là elle s'est sentie mieux parce qu'elle a lu ce que j'avais écrit et enfin là tu te dis c'est déjà enfin voilà cette sensation de se dire que ce que t'as fait c'est important c'est juste génial en fait donc voilà et après il y a tout ce que tu laisses voilà après à tes enfants pour le coup derrière aussi et leur montrer bah moi du coup enfin alors des fois je me dis je suis un peu la mère qui passe pour la mère égoïste mais en fait j'ai jamais envisagé moi la maternité comme étant bah je deviens mère et c'est tout en fait donc depuis qu'ils sont tout petits on explique à nos enfants que bah en fait maman elle c'est encore une femme enfin une femme une personne du coup c'est aussi une femme avec un mari donc elle a besoin de temps avec son mari elle a besoin de temps comme de mère et puis maintenant ils savent que du coup j'ai besoin de mes temps pour faire mon sport pour écrire et que et que voilà c'est important que chacun ait ses moments et qu'on n'est pas là à disposer enfin conviable à merci à la disposition en fait et que c'est important pour son équilibre à soi d'avoir ses trucs quoi donc j'aime bien me dire que je leur montre au moins ça que c'est important de penser aussi à soi de ne pas s'oublier tout le temps quoi

Montrer à ses enfants qu'une mère reste une personne

Ybelion — il est hyper important ton partage à la fois sur ce que tu laisses aux gens tu vois les fameux petits mots ou tes textes quelque part sont ça aussi mais qui peuvent avoir de grands effets papillons après moi ça me renvoie toujours à une phrase de ouais je dis que je répète que je répète que je répète c'est on ne sait jamais qui on sauve en écrivant comme on ne sait jamais qui nous a sauvés parce qu'il écrivit et je trouve que à chaque fois que je lis cette phrase je me dis putain c'est vrai et tu repenses à tous les textes que toi t'as lus et qui à un moment ont changé la trajectoire de ta vie etc et c'est hyper touchant et le deuxième point qui est ok le modèle aussi que t'incarnes toi en l'occurrence pour tes enfants comment tu fais justement pour parce que ça c'est un vrai enjeu que je rencontre d'ailleurs pas mal avec les autrices que j'accompagne qui peuvent être maman de s'autoriser tu vois ce temps là sans le alors je te partage peut-être la croyance que je vois le plus souvent qui est évidemment pas vrai pour tout le monde mais ce côté mince est-ce que je suis pas une mauvaise mère tu vois de m'autoriser du temps seulement pour moi tu vois comment toi t'as réussi simplement à organiser je dirais du coup plutôt la partie sam tu vois en disant je prends du temps pour moi pour écrire pour faire du sport etc

Comment elle a commencé à écrire : pauses déj et soirs

Sam DeLuca — bah de manière très factuelle quand j'ai commencé à écrire donc c'était parce que au bureau là où j'étais on avait une grosse fusion qui arrivait et mon poste était complètement reconfiguré dans un truc qui m'intéressait beaucoup moins et alors que j'adorais ce que je faisais en fait du coup je m'écladais j'avais vraiment même pas l'impression d'aller travailler si tu veux donc et là je me suis dit oh là mais je vais m'ennuyer toute la journée il faut absolument que je fasse quelque chose de mon cerveau sinon je vais péter un plomb donc je me suis mis à écrire pendant les pauses déjeuner parce que les pauses déjeuner étaient très long donc il fallait optimiser cette pause déjeuner parce que j'avais pas du tout envie de parler encore boulot à midi de trucs qui étaient pas intéressants et du coup le soir comme j'avais attaqué le midi bah j'aurais enchaîné le soir donc au départ c'était un peu de se dire il faut que je m'occupe parce que sinon je vais devenir chèvre à pas utiliser mon cerveau et les enfants étaient tout petits à l'époque puisque j'ai commencé à écrire en 2017 donc ma plus grande avait 4 ans tu vois donc ils étaient vraiment petits et pourtant finalement c'était là que j'arrivais le mieux à écrire parce que finalement il y a beaucoup moins de demandes en fait que maintenant ils sont pré-ado tu vois et donc c'est parti comme ça et du coup le seul moment en fait qui avait de libre c'était justement le moment où les enfants étaient couchés après hormis les pauses déjeuner quand il n'y a plus eu ces pauses déjeuners longues à optimiser c'était le soir une fois qu'ils s'étaient couchés mon mari avait sa propre activité de son côté donc plutôt que de regarder Netflix je me suis dit bah écoute autant faire ce qui te plaît en fait plutôt que de t'abrutir devant la télé même si ça fait des fois du bien et maintenant c'est resté alors même si c'est beaucoup plus compliqué comme je le disais maintenant qu'ils sont pré-ado parce que même au niveau du travail c'est redevenu plus intéressant plus intense et du coup il n'y a pas forcément toujours l'énergie le soir c'est là aussi un peu le souci mais je ne suis pas du matin donc je ne peux pas faire un miracle morning et me lever pour écrire le matin donc c'est ça ou alors c'est les jours de RTT du coup je prends des RTT ou c'est des vacances des congés où il n'y a que moi qui est sur vacances les enfants sont à l'école mon mari est au travail et du coup c'est ce que j'ai fait là notamment sur la fin de réécriture et d'écriture du champ du signe parce que du coup j'y arrivais plus la maison tu as toujours une lessive un mélange un truc et puis en fait du coup tu as passé ta matinée à faire que des trucs pour la maison et tu n'as pas touché ton clavier donc maintenant ce que je fais c'est que je prends mes RTT et je vais me mettre dans un tiers lieu où je n'ai aucune autre option que d'écrire parce que je paye la salle en plus donc tu te dis que tu ne vas pas payer pour rien et donc voilà et en fait je m'impose du coup ces contraintes parce que sinon tu te laisses déborder par le quotidien par ce que tu as à faire dans ta maison etc mais j'avoue que le plus compliqué quand même en ce moment c'est vraiment d'avoir l'énergie le soir après la journée de travail de 8h après avoir géré les gamins et les problèmes de collège etc parce que finalement c'est beaucoup plus demandeur d'attention et de disponibilité mentale maintenant qu'ils sont grands que quand ils étaient bébés donc ouais c'est pas facile c'est sûr que j'écris beaucoup moins maintenant que ce que j'écrivais au tout début puisque tu vois le premier roman de Lucie Loiseau il fait il fait 140 000 mots un truc comme ça donc il est quand même assez conséquent et je l'ai écrit en 4 mois donc voilà donc c'était quand même un bon rythme d'écriture mais là du coup c'est vrai que c'est compliqué j'arrive pas forcément à écrire tous les soirs parce qu'il y a des soirs où j'ai pas l'énergie et puis voilà et puis là en ce moment avec les chaleurs de toute façon enfin moi j'ai le cerveau complètement grillé le soir donc en fait t'attends juste qu'il y ait un peu de frais le frais il arrive à 23h donc j'ai pas commencé à écrire à 23h non plus quoi

Ybelion — c'était le fameux truc de réussir à jongler avec ses impératifs dont typiquement la santé le fait de dormir je le compte aussi là dedans et parfois c'est pas évident en tout cas le gérer quelque part cette frustration d'avoir ses impératifs n'est pas toujours évident

La maladie, la pause et le lâcher-prise sur la culpabilité

Sam DeLuca — longtemps j'ai lutté contre parce que comme puer de santé du coup moi j'ai déclenché une maladie auto-immune il y a 2021 ce qui fait que du coup quand je suis en crise du coup c'est un dérèglement de ma thyroïde quand je suis en crise j'ai aucune énergie en fait mon corps est en suractivité donc je suis KO complètement tout le temps et c'est brouillard mental incapable de rester concentré plus de 20 minutes etc donc c'était hyper déstabilisant pour moi qui suis plutôt à tendance hyper active de me dire oh putain je peux rien faire tout me demande le moindre effort c'est insurmontable j'y arrive pas quoi donc déjà il a fallu accepter qu'à ce moment là il faut te mettre en pause ce qui n'est pas forcément toujours simple du coup dans notre société et puis malgré tout de se concéder que même si je fais mon activité de manière professionnelle et que du coup j'estime qu'il y a un gage d'excellence à obtenir parce que pour moi l'auto-édition pour certains c'est souvent mal fait c'est pas pro etc et moi je suis pas du tout d'accord avec ça parce que je ne connais que des autrices en auto-édition qui se donnent autant voire plus qu'en maison d'édition mais néanmoins comme ce n'est pas mon gagne-pain je m'autorise maintenant plus alors que j'avais beaucoup de mal au début à me dire si t'as pas écrit cette semaine c'est pas grave il y avait d'autres impératifs parce que même si c'est important pour moi d'écrire j'ai pas que ça dans ma vie il faut aussi quand même que si mes enfants ont besoin de moi que je sois là enfin voilà tu vois on est en train de regarder pour acheter une maison mon mari il commence à me dire attention quand on va être dans les travaux enfin ça va être compliqué du coup d'écrire tu vois parce que les week-ends du coup on sera dans les travaux et je dis bah oui bon après le week-end de toute façon vous savez bien que j'écris pas le week-end parce qu'en fait moi j'ai besoin d'être toute seule dans ma bulle donc c'est le soir quand ils dorment ou qu'ils sont devant la télé ou qu'ils sont pas là donc de toute façon je pense que ça changera pas si ce n'est peut-être la fatigue tu vois mais ouais c'est sûr que c'est compliqué parce qu'à la fois il faut pas se laisser déborder par le quotidien mais il faut pas non plus mettre une pression de fou si c'est pour péter un plomb après derrière quoi

Ybelion — exactement c'est vraiment cet équilibre entre le temps libre et le temps impératif tu vois et d'être bah comme tu l'as dit en fait à l'aise avec le fait que ouais il y a des moments bah ouais c'est simplement la vie on a plus d'impératif et effectivement c'est pas forcément facile de canaliser et de gérer cette frustration et mais c'est jamais tu vois définitif c'est toujours c'est pour ça que c'est très c'est un processus très itératif l'écriture et il n'y a pas de tiens je serais curieux aussi de savoir après toi quand tu disais attends pardon hop je reprends mon fil de pensée le il n'y a pas de rythme miracle qu'on tient toute une vie il y a évidemment un rythme qu'on préfère et puis après il y a le ce rythme là ancré dans notre réalité et sans tirer un trait sur tout ce qui tout ce qui fait notre vie et j'aime beaucoup ton partage parce que je le trouve important aussi à entendre pour se sentir peut-être moins coupable tu vois c'est souvent ce sentiment de culpabilité de dire merde j'ai trop de trucs à faire ouais mais est-ce que c'est pas des choses de toute manière que t'aurais dû faire quoi qu'il en soit tu vois et c'est ça

Sam DeLuca — parce que moi je ne conçois pas alors ok du coup pour moi c'est important et je sais que si je sors pas les histoires de ma tête à un moment ou à un autre je vais finir par péter un plomb ça c'est sûr mais néanmoins je ne vais pas vivre dans une porcherie et je ne vais pas dire à mes enfants bah en fait non je n'ai pas fait à manger parce que j'écrivais démerdez-vous en fait donc à un moment ou à un autre ils seront suffisamment pour se nourrir seul certes mais en fait voilà il faut arriver à concilier toutes tes obligations et même si du coup l'écriture c'est mon obligation que je me mets à moi bah il faut arriver à jauger des pourcentages que tu accordes dans ta journée quoi

Ybelion — c'est le ça me fait sourire ce que tu racontes parce que je me rends compte que pas la majorité mais une petite partie de mon travail consiste à apprendre enfin à travailler sur gérer cette frustration de ne pas écrire tu vois c'est à dire qu'une fois que le mouvement est lancé tout ce qui n'est pas de l'écriture devient un truc de ah merde putain mais moi j'aurais envie d'écrire et de transformer justement alors à la fois tu vois d'accepter qu'il y a des impératifs et après de voir ok mais alors tous ces impératifs qu'est-ce qu'ils peuvent t'apporter dans l'écriture et derrière tu vois il y a toujours des trucs très innovants de dire ah bah en fait c'est toutes ces petites choses ces petites choses ordinaires elles nourrissent aussi mon écriture mes personnages toutes ces petites choses imparfaites et d'ailleurs j'ai vu que dans ta bio tu parlais d'héroïne qui n'était pas parfaite bah tout ça nourrit aussi tes personnages et donc de venir nourrir avec du positif quelque part tout ce qui n'est pas l'écriture et à force c'est comme ça qu'on devient beaucoup plus à l'aise et après les choses prennent leur temps et arrivent et paradoxalement

Pourquoi elle ne sera jamais autrice à 100 %

Sam DeLuca — je trouve moi tu vois je sais très bien que même si un jour je cartonnais avec mes livres et que je pouvais en tirer un revenu régulier mensuel je sais pertinemment que je ne me mettrais jamais 100% indépendante parce que là justement en fait je sais que le soir potentiellement j'ai une heure tu vois de 21 à 22 quand tu n'es encore pas trop au chaos de dire bon tu as une heure par jour sur 24 heures que tu as donné au reste du monde ou à ton gore ou à quoi tu as une heure pour se faire plaisir profites-en et en fait quand je suis dans des journées alors sauf quand je vois non j'ai trouvé cette solution d'aller m'enfermer dans le tiers lieu mais quand je suis à la maison en fait tu fais tout sauf écrire en fait c'est ça qui est terrible parce que tu as toute la journée devant toi et moi je me dis que si j'étais à mon compte mais je pense que je serais encore moins productive que ce que je peux être en phase d'écriture parce que je sais que je n'arriverais pas à me discipliner comme avec un travail avec des horaires etc donc je pense que je garderais toujours quelque chose à côté pour me dire voilà ce temps là faisons ce qu'il faut parce qu'il n'y en a pas beaucoup tu vois

Ybelion — tu as tout à fait raison on sous-estime le tout ce que le reste permet à l'écriture et ça donne quelque part un équilibre de dire ok là j'ai deux heures pour écrire une heure trente minutes cinq minutes ça peut être tout et n'importe quoi et le fait que j'ai que ces cinq minutes quelque part les rend beaucoup plus intenses et beaucoup plus important que si on en avait le triple

Sam DeLuca — c'est vraiment fascinant

Ybelion — et puis alors c'est marrant parce que c'est très différent en fonction des gens en plus donc c'est ça qui est c'est ça qui est fascinant chacun a ses curseurs différents il y en a au contraire quand ils ont toute la journée libre devant eux c'est là qu'ils sont le plus productifs à l'inverse pas du tout c'est vraiment passionnant toi c'est quoi ton le rythme que tu préfères et alors par exemple tu vois sur ton premier roman parce qu'effectivement 140 000 mots en quatre mois c'est vraiment un très beau très beau score qu'est-ce que tu préfères toi finalement comme rythme d'écriture

Ne jamais lâcher son histoire plus de 24 heures

Sam DeLuca — bah moi du coup j'aime bien quand justement je suis une fois que je suis lancée de ne pas sortir de l'histoire et c'est même si tu vois je vais pas forcément quand j'écris maintenant je suis pas forcément à écrire des mots tous les jours mais ce qui est sûr c'est que je veux il y a pas un jour où je pense pas à l'histoire ou je pose pas un truc qui servira ou une recherche ou voilà je lâche pas l'histoire de plus de 24 heures parce qu'après quand tu te remets dedans c'est trop compliqué en fait moi je comprends pas les gens enfin je sais pas comment ils arrivent à faire je pourrais pas commencer une histoire pendant 15 jours de vacances puis attendre les prochaines vacances 6 ou 8 semaines plus tard pour continuer en fait moi j'ai besoin de vivre avec les personnages et d'être dans le flot de l'action en fait donc une fois que j'ai posé toute ma phase préparatoire que j'ai mon plan il faut que je sois prête psychologiquement à me dire bon bah là meuf pendant 3 mois t'oublies les soirées Netflix du lundi au vendredi et puis t'écris en fait mais en fait c'est aussi ça tu vois au début j'étais là faut écrire tous les jours tous les jours tous les jours et donc c'est ce que j'avais fait pour Lucie j'écrivais tous les jours tous les jours tous les jours mais voilà t'as quand même une famille t'as quand même toujours bah du coup des fois des invitations des sorties et après t'sais c'est comme la blague je dois écrire 1000 mots tous les jours à chaque fois que je saute un jour je dois les remettre le lendemain bah demain je dois écrire 612 000 mots bah ouais non ça marche pas comme ça il faut que tu gardes les soupapes en fait dans ton organe donc maintenant de toute façon quand je suis en phase d'écriture j'écris que du lundi au vendredi et le week-end j'oublie parce que bah là j'en ai à tout le monde donc j'y arrive pas de toute façon et les soirs t'as toujours des trucs à faire ou quoi que ce soit donc l'idée c'est pas de se couper non plus du monde complètement donc j'aime bien voilà me dire que 5 jours par semaine au moins une heure tous les soirs si je peux après voilà pour forcément en fonction de la longueur du texte ça prend plus ou moins longtemps là du coup je sais que les prochains je vais quand même essayer de faire plus court parce que j'ai sorti que des pavés en fait les deux lucie ils font autour 140 000 le dernier champ du signe il en fait 165 et en fait bah déjà ça te paraît être une énorme montagne quand tu vois ton nombre de scènes à écrire et puis après bah c'est beaucoup plus long à relire beaucoup plus long à corriger beaucoup plus cher enfin bon c'est et donc voilà au bout d'un moment il faut aussi il faut donner sa place à l'histoire mais je pense qu'il va falloir que j'arrive aussi à me à me contraindre un petit peu pour arriver à et puis ça fera moins peur aussi parce que là quand tu vois c'est aussi pour ça je sais que le tome 3 de Lucie au départ je le repoussais c'est parce que quand tu sors d'un gros texte éprouvant te relancer dans un gros texte du coup pas forcément éprouvant mais long des fois tu te dis ouais je sais pas si j'ai le courage en fait tu vois et là en ce moment j'étais un peu dans cette phase là de me dire ouais je sais pas si j'ai vraiment l'énergie pour me relancer après Oliver qui m'a bien essorée je sais pas si j'ai la force pour me relancer en fait et après t'en viens même à encore plus dans le en fait je sais plus écrire je sais plus faire un plan je sais plus comment j'ai fait aller fois d'avant c'est plus possible

Le cerveau qui t'allonge la liste des peurs

Ybelion — ouais c'est ça heureusement

Sam DeLuca — t'as des copines qui sont là qui te rappellent que si tu sais faire et tout et tout mais ouais des fois c'est tu te lances quand même dans une spirale de bah j'y arriverai plus ça y est j'ai fini d'écrire j'ai fini ma carrière quoi

Ybelion — tout est fini ouais tout est fini ça c'est la magie du cerveau quand tu lui laisses cet espace là il te bombarde et il t'allonge la liste de peurs et de raisons pour lesquelles ça serait bien que tu fasses plus jamais rien que c'est vraiment c'est vraiment impressionnant ça ouais

Sam DeLuca — et c'est pour ça que j'adore tu vois on parlait d'Anaëlle du coup c'est pour ça que j'adore les posts d'Anaëlle parce qu'elle a vraiment cette façon de présenter les choses d'une manière décalée fun et tout ça pour te rappeler qu'en fait on vit tous la même chose et que non c'est bon ça va aller tu vas y arriver quoi c'est exactement ça et du coup ça fait du bien parce que des fois enfin moi des fois je lis ces newsletters et je dis elle a encore trouvé pile les mots qu'il me fallait pour me dire que oui c'est bon je peux y aller quoi et je trouve ça génial en fait

Ybelion — bah ouais c'est ça aussi qui est fascinant c'est qu'en fait les alors à mon sens les raisons pour lesquelles ces peurs peuvent se développer tu vois et les manières de les démêler sont toujours très personnelles mais en fait on a tous les mêmes enjeux et puis on les range derrière des trucs genre la page blanche le syndrome de l'imposteur etc mais ouais c'est fou c'est fou à quel point en fait on n'est pas seul quoi on n'est pas seul

Sam DeLuca — non c'est sûr c'est ça qui est rassurant parce que moi du coup j'ai une relation un peu ambivalente avec les réseaux sociaux parce que parce que je j'ai pas trop envie de jouer le jeu de méta tu vois de faire ce qui fait plaisir à l'algorithme et tout ça et puis en fait d'une manière très factuelle bah tout le temps que je passe sur Insta c'est du temps que je passe pas justement à écrire donc au bout d'un moment il y aura plus rien à dire sur Insta si j'écris pas mais néanmoins du moins du point de vue de la communauté des auteurs et autrices ça permet de te rendre compte qu'on est tous dans le même bateau qu'on vit tous les mêmes galères et que bah tout le monde s'en sort plus ou moins à un moment ou à un autre donc il n'y a pas de raison que ça fonctionne pas pour nous non plus et qu'on trouve pas comment se sortir du marasme dans lequel on s'est soi-même foutu quoi

Le roman jeunesse né d'un caprice de sa fille

Ybelion — exactement et pour repartir un peu sur toi et ton écriture alors du coup le fameux roman jeunesse et pas de jeunesse pardon j'ai vu effectivement que tu faisais des romans du coup qui étaient jeunesse en fait et là le fait de tu me disais l'enjeu c'est de le corriger c'est ça enfin en tout cas de prendre quelque chose qui était existant et d'en faire quelque chose de différent c'est ça

Sam DeLuca — en fait au départ je n'avais pas spécialement prévu d'écrire pour le jeunesse mais comme je te le disais quand j'ai commencé à écrire mes enfants étaient petits et bon le premier lucide a pris quelque temps parce que là aussi j'ai ratatouillé un peu longtemps avant de trouver la bonne histoire et à partir du moment où j'étais vraiment lancée là du coup dans cette phase là de 4 mois intensifs bah forcément bah le soir du coup j'étais sur mon ordinateur et puis bah des fois tu sais les enfants comment ils sont machin mais du coup j'arrive pas à dormir alors je redescends et du coup bon dans le moment je disais mais en fait là non c'est l'heure de dormir puis de toute façon maman elle est occupée maman elle écrit quoi et ma fille en fait ne supportait pas ça et un jour elle m'a fait un caprice en tapant des pieds en remontant les escaliers du haut de ses 6 ans ah mais tu nous saoules avec ton fichu livre du coup t'as qu'à m'en écrire un pour moi de livre dans ces cas là moi je mérite quoi si tu vois de rien me dire et donc du coup bah je l'ai pris au mot et je lui ai écrit un roman pour son 7ème anniversaire alors du coup elle a voulu participer elle a voulu trouver le nom du personnage de quoi ça allait parler etc grosso modo et moi je me suis basée sur ce qu'elle me racontait de l'école tu vois sur les problèmes qu'elle pouvait vivre à l'école j'adore c'est quoi les soucis des gamins à cet âge là pour savoir de quoi j'allais parler parce qu'autant elle lisait petite j'avais lu des albums avec elle mais elle était à l'âge où elle savait déjà lire toute seule donc je lui lisais plus de roman à elle je dis bon bah de quoi ça va parler et en fait ça m'a fait un peu comme Stéphanie Meyer si tu veux j'ai vu le roman dans un rêve tu vois j'ai vu ce qui allait se passer et donc je l'ai écrit un chapitre par jour la semaine de son anniversaire et je lui offrais un chapitre par jour et elle me disait ce qui allait ce qui allait pas ce qu'on changeait et tout et puis j'écrivais comme ça au fil de l'eau et à la fin du coup bah je lui avais imprimé ça à la maison tu vois et il me dit ouais c'est simple j'aurais bien voulu que ça ressemble moi chérie mais le problème c'est que bah je sais pas si on peut imprimer un seul livre tu vois pour que ça ressemble à quelque chose je fais si on le mettait sur Amazon comme mon livre à moi oui je pourrais te l'imprimer mais ça voudrait dire que tout le monde peut l'acheter quoi c'est mon livre à moi et tout bah voilà on pourra pas forcément avoir les deux faudra choisir et là elle me dit mais si tu le mets sur Amazon du coup ça veut dire que tu vas toucher des sous oui alors du coup je veux bien que tu le mettes sur Amazon mais je veux un pourcentage des sous

« Je veux un pourcentage, c'est mon histoire »

Ybelion — parce que

Sam DeLuca — c'est mon histoire

Ybelion — rusé

Sam DeLuca — voilà et là j'ai dit ok très bien d'accord et bah what et donc du coup je l'ai recorrigé correctement d'un point de vue vraiment orthotypaux tu vois mais j'ai pas retouché l'histoire juste mon mari a relu et il me dit ah je rajouterais bien un truc là et puis voilà ça m'est resté là et une chose en entraînant une autre comme j'ai un deuxième enfant bah lui aussi il a venu son livre donc du coup je me suis retrouvée en avoir deux comme ça et ce qui se passe c'est qu'il y a quand même vachement de gens qui m'ont demandé une suite du coup des petits lecteurs ou des parents du coup on aimerait bien retrouver le personnage d'Apolline ou les mousquets terribles dans une autre enquête etc et du coup pour Apolline j'avais dans l'idée que potentiellement ça aurait pu donner des suites mais je savais pas exactement quoi et quand j'ai commencé à y réfléchir parce que là j'ai fait aucun salon l'année dernière mais là cette année j'ai un salon un gros salon qui arrive en fin d'année dans le Cantal à une mine de livres et je me dis bon l'autre c'était tous les deux ans je vais arriver avec un nouveau roman adulte mais j'aurai pas de nouveau roman ça m'embête un peu donc c'est la bonne année pour le sortir donc allez on va regarder si on peut faire une suite à Apolline et en fait je savais que je voulais que le personnage grandisse du coup d'Apolline pour qu'il accompagne un peu les lecteurs tu vois un peu comme Harry Potter tu commences t'es petit tu finis t'es presque à la fin de ta scolarité mais bon sans aller sur la tranche d'âge collège lycée en accompagnant plutôt l'élémentaire et donc je dis bon bah faut que je relise mon texte et tout et en fait j'avais fermé toutes les portes puisque c'était un truc pour ma fille donc il n'y avait pas de porte ouverte vers une suite donc je me suis dit bah en fait c'est trop fermé il faut que je trouve autre chose et en fait en relisant en relisant en relisant en fait j'ai trouvé plein de défauts parce que forcément c'était un deuxième roman un premier roman jeunesse du coup que j'avais fait au départ pour ma fille et en fait maintenant d'un point du narratif je vois toutes les toutes les faiblesses c'est tout ce qu'il faudrait réparer quoi en fait donc du coup je me suis dit bon bah alors soit du coup tant qu'à faire de faire une suite je recorrige celui-ci vraiment comme il faut je refais l'intrigue c'est la même intrigue mais mieux du coup pour que tu vois d'un point de vue très bête la petite fille en fait elle a deux animaux imaginaires un éléphant et une coccinelle et ils recueillent un petit loup et un matin le loup est kidnappé et donc ils partent à la quête du coup du loup qui a été kidnappé par des vilaines fées etc et donc ils rentrent dans une forêt interdite où il y a qui fait peur et qui doit pas être pénétré par les enfants et en fait en me relisant je me dis bah en fait c'est chouette elle avance d'étape en étape elle rencontre différentes créatures imaginaires mais d'un point de vue narratif en fait même si c'est un roman pour les enfants c'est pas pour ça qu'on est obligé de faire mal il y a aucun vrai obstacle en fait elle rencontre des personnages et puis ça avance et en fait ils agrandissent la bande si tu veux mais il n'y a pas vraiment d'obstacle donc du coup je suis en train de regarder pour repositionner ça de bien comme il faut pour pas fermer toutes les portes et toutes les intrigues à la fin non plus pour pouvoir avoir un tome 2 et un tome 3 et donc le premier serait vraiment pour le niveau première lecture niveau CP donc je vais aussi un peu simplifier le texte parce qu'il y a quand même quelques parents qui m'avaient dit oui bon bah pour quand même 6-7 ans il y a certains mots c'est un peu compliqué donc tu vois je vais aussi réadapter un peu le vocabulaire faire un tome 2 plutôt pour le niveau CE et un tome 3 pour le niveau CM du coup pour accompagner jusqu'à l'entrée du collège donc ça c'est mon objectif il faut absolument que ce livre soit prêt pour une mine de livres fin novembre je me suis engagée à avoir ce livre là prêt le tome 2 donc peut-être pas le tome 3 non plus faut pas non plus exagérer parce que voilà mais voilà donc c'est comme ça que j'en suis partie à me dire et il faut reprendre parce qu'il y a quand même des problèmes l'histoire est sympa et elle plaît si tu veux mais moi d'un point de vue d'auteur maintenant quand je le relis je me dis non mais il y a trop de trucs qui sont un peu bancales je peux pas le laisser

Ce qui change quand on écrit pour la jeunesse

Ybelion — et comment qu'est-ce qui est différent quand tu écris pour la jeunesse au-delà du vocabulaire j'entends forcément quand tu t'adresses à des petits tu peux pas utiliser des mots trop compliqués quelque part et qu'est-ce qui est différent qu'est-ce qui est peut-être plus dur plus facile

Sam DeLuca — ben là pour l'instant celui-ci c'est vrai que alors je pensais avoir fait simple mais du coup je me suis basée sur du coup ce que je savais de mes enfants en fait etc donc je pense que déjà il faudra comme sur le tome le deuxième j'ai fait des bêta lecteurs enfants et je l'avais pas fait sur le premier donc maintenant je vais faire ça pour la réécriture d'Apolline je prends des enfants des copains ou sur un stage j'avais demandé des parents qui voulaient bien ils ont lu le livre avec leurs enfants et j'ai eu le retour des parents avec des enfants et dire ben là ça j'ai pas compris ou etc donc ça c'est hyper important je pense de faire ta bêta lecture avec le public qui va lire le livre avec des adultes et après ben c'est vraiment le vocabulaire je pense c'est la façon d'écrire parce que malgré tout on a une façon d'écrire de grand en fait et c'est hyper complexe je trouve moi ça d'arriver à trouver une syntaxe qui soit pas non plus trop bêtifiante parce que voilà enfin les phrases à la tchoupie c'est bon on est pas là non plus pour ça et l'idée c'est quand même de pas encore dire tu vois il y a plein de parents qui m'ont fait remercier d'avoir écrit un livre au passé simple parce que c'est pour eux le temps narratif des livres et que il y a quasiment aucun bouquin jeunesse visiblement de ce stage là qui était au passé simple et pour moi c'était juste la base en fait pour moi l'histoire quand tu racontes aux enfants c'est il était d'une fois donc c'est du passé c'est un parfait passé simple tu vois c'était pour moi une évidence mais visiblement c'est pas le cas pour les autres forcément romans de cet âge là et puis la façon de structurer aussi parce que moi j'aime bien cette idée tu vois qu'il y avait un chapitre qui pouvait se lire chaque soir parce que je sais que moi personnellement en tant que lectrice adulte je déteste devoir m'arrêter en plein milieu d'un chapitre donc les chapitres qui font 50 pages ça me saoule parce que tu peux pas moi j'arrive pas à lire autant le soir donc je me dis pour les enfants ça doit être pareil moi c'est toujours encore un chapitre encore un chapitre si je leur dis de s'arrêter au milieu d'une page ils me tuent mes gosses donc c'est pareil il doit être structure fallait que ça soit un chapitre du coup une session de lecture donc ça et voilà le truc que j'ai mieux réussi à faire sur le deuxième c'est de quand même respecter les codes de la narration en fait et pour le coup sur le 1 je me rends compte que je l'ai un peu raté pour le premier roman mais pour le deuxième je l'avais mieux envisagé vraiment avec vraiment pareil comme une structure pour les grands mais version petite parce que parce que j'en ai lu tellement moi des livres pour mes enfants où en fait il se passait pas grand chose en fait et à la fin tu ressors de l'histoire oui super t'as lu un livre mais il y avait pas sans forcément dire qu'il y a un message mais il faut quand même que ça ait suscité quelque chose en toi tu vois en fait ou que t'es ri ou que t'es eu peur ou que t'es vu les choses autrement mais voilà il faut qu'il y ait un truc qui se passe quoi c'est pas parce que t'écris pour les enfants que justement voilà à la fin d'un choupi ça te change pas grand chose quoi

Ybelion — oui c'est effectivement

Sam DeLuca — mais voilà l'idée c'est quand même arriver à savoir ce que tu veux leur dire en fait pourquoi est-ce que tu veux raconter cette histoire et l'histoire le coeur d'Apolline c'était dans un univers merveilleux donc avec des créatures imaginaires et l'idée c'était quand même de à la fois de donner quelques valeurs sur l'entraide et la solidarité et la différence parce que je sais qu'à cette époque là les enfants du coup il y en avait certains qui faisaient des remarques du coup déjà même si petit à 7 ans sur ah oui mais machin il est un peu gros ou il est un peu bête ou il a pas de parents enfin tu vois et du coup voilà donc de dire que chacun a son vécu et que tout le monde a sa place quoi et aussi pour la lecture plus pour les parents du coup là parce que des fois il faut aussi quand même penser que les parents vont le lire bah c'est quoi garder son âme d'enfant en fait du coup comment est-ce qu'on ne la perd pas et comment est-ce qu'on peut continuer à rêver les yeux ouverts en fait grosso modo c'était un peu ça que j'avais envie parce que du coup les parents les parents aussi ils ont le droit d'aimer les histoires pour les enfants et voilà j'avais bien cette petite touche de merveilleux de dire bon bah voilà c'est pour les petits mais j'espère que vous aussi ça vous a rappelé des valeurs qui vous touchaient quand vous étiez enfant ou qui vous touchent encore donc voilà moi j'aime bien essayer de faire en sorte que ce soit aussi sympa pour les adultes à lire en fait parce que parce que on sait que les parents vont être les accompagnateurs et c'est eux qui transmettent ça ou les parents ou les profs mais pour moi il fallait quand même que l'adulte ait un plaisir à lire le livre aussi quoi

Ybelion — ça effectivement ça doit pas forcément être facile d'avoir deux messages enfin pas différents mais deux messages pour deux types de personnes différentes et effectivement le côté rappeler aux adultes qu'ils ont le droit d'avoir une âme d'enfant ça à mon sens c'est hyper important c'est fou comme parfois ça se perd quand on grandit notre âme d'enfant créatif et un peu joueur et joueur est fou ouais c'est ça

Sam DeLuca — qui a dit c'est dès qui a dit que c'était plus de ton âge

Ybelion — elle est où la date de péremption parce que là c'est clair c'est fou et alors j'aime beaucoup le côté faire bétalir son texte à des enfants et c'est vrai que c'est logique en fait quelque part le public que tu cibles sont des enfants donc c'est important de prendre en compte leur retour tu le fais toujours lire à ta fille par exemple la suite de ses aventures

Sam DeLuca — ah mais là elle veut l'écrire avec moi donc j'ai commencé à m'expliquer qu'en fait du coup elle écrit pas vraiment avec moi du coup qu'elle me donne des idées mais que tant qu'elle tape pas les mots sur le clavier on va pas considérer qu'elle l'a écrit mais oui elle a l'intention de s'impliquer dans celui-là aussi il faut que je lui explique là qu'est-ce que j'ai prévu de changer et sur quoi est-ce qu'on part et tout oui elle a bien l'intention de garder sa main mise sur Apolline

Ybelion — tu la vois avec des envies de raconter des histoires elle aussi

Sam DeLuca — oui elle commence elle fait des petits trucs du coup de son côté mais après c'est souvent le problème de beaucoup d'enfance c'est que je sais pas si t'étais comme ça quand t'étais petit mais tu commences mille trucs et t'en finis deux donc c'est plus du coup d'arriver à avoir la constance et un peu comme notre problème après en tant qu'adulte aussi d'avoir la constance pour aller au bout donc non mais je pense que plus tard peut-être qu'elle essaiera à mon avis parce que c'est quand même quelque chose qui l'intéresse et même si elle pour le moment elle écrit pas sur un ordinateur pour faire un truc oui elle a déjà elle m'avait fait un micro une micro histoire que j'ai gardée qu'elle m'avait fait sur des petites feuilles de papier agrafées tout machin avec son petit texte dedans elle devait avoir 7-8 ans à l'époque un truc comme ça

Ybelion — ça c'est trop précieux à garder quand tu retrouves ça quand t'es adulte t'es tellement heureux c'est ça c'est vrai que c'est une question

Sam DeLuca — j'ai rien gardé de tout ce que j'écrivais quand j'étais gamine tous les débuts de romans que j'ai pas fini mais tu vois même si c'est pas fini tu aimerais bien les relire en fait tout ça j'ai tout perdu et comme je disais tu vois le poème tout à l'heure aussi c'est pareil je sais pas où il est puis alors en plus quand j'étais au lycée j'écrivais et j'avais cette comme c'était sur l'ordinateur familial je voulais surtout pas que mes parents ils aillent regarder ce que je faisais comme les cadres d'ordinateurs dans la maison donc du coup j'avais eu la bonne idée de mettre des mots de passe à mes fichiers Word sauf que du coup et ben en fait 20 ans 30 ans plus tard tu sais plus ce que c'est le mot de passe de ton fichier Word donc tu peux plus l'ouvrir et du coup bon je vais quand même pas aller sur le dark web pour trouver comment est-ce qu'on va pirater des fichiers Word pour retrouver des vieux textes que t'écrivais au lycée mais donc voilà ça c'est tous des trucs ça fait des années que j'essaye de trouver comment les rouvrir et je ne sais pas si quelqu'un a la solution pour craquer un mot de passe Word mais tous mes textes que je connaisse sont morts

Ybelion — je me dis que ça doit être ça doit être faisable quand même parce que en tout cas je te souhaite de réussir à craquer ce code là

Sam DeLuca — oui juste pour rire tu vois parce que je sais que ça ne vautra sûrement rien mais juste pour retrouver ce que j'écrivais au lycée ou quoi les tout premiers débuts de textes de romans c'était fin collège début lycée donc

Écrire depuis toujours : du blog aux romans

Ybelion — c'est ça que j'allais te demander t'écris depuis ce moment là tu as commencé et puis ça t'a suivi tout du long

Sam DeLuca — oui de loin en loin alors soit comme je disais soit du coup des essais de romans ou des nouvelles de la poésie après post-bac j'étais partie sur le blog donc là du coup c'était un peu 36-15 ma life mais du coup raconté de manière humoristique pour voilà pour faire rire clairement et j'avais un blog en ligne et je me rappelle du coup quand j'étais quand j'avais 22-23 ans quelque chose comme ça du coup j'étais je donnais des cours dans la prépa cinéma que j'avais fait moi-même et du coup mes élèves ont fini par savoir que j'avais ce blog là et en fait ils le lisent du coup et du coup ça me faisait marrer parce que des fois j'arrivais comme ça ah madame j'ai lu votre truc hier c'était tellement drôle le machin mais du coup il s'est vraiment passé comme ça et du coup il m'en parlait j'étais oh là super j'avais pas spécialement envie que vous lisiez ça mais bon ça les faisait rire donc en fait comme l'objectif moi c'était que ça fasse rire du coup pour moi c'était bon même si c'était pas du tout ceux qui étaient censés lire donc ouais j'ai toujours j'ai toujours écrit ça c'est sûr et ouais avec si possible du coup à la base tu vois comme pour Lucie Loiseau le côté de faire rire quoi du coup donc

Ybelion — c'est ce que j'allais te dire c'est marrant on sent cette ligne constante que t'as gardée avec donc le bloc qui devait faire rire et puis quelque part les comédies romantiques que t'as pu écrire après ouais

Sam DeLuca — c'est ça

Ybelion — on sent ce fil rouge c'est oui bah écoute

Sam DeLuca — il y a suffisamment de raisons de pleurer la journée autant tu vois c'est pour ça que le dernier champ du film pour moi c'était impensable que ce soit Pato Slant enfin du coup je voulais que et d'ailleurs du coup il y a des gens enfin je sais que ma voisine elle me disait l'autre fois oh là mais je l'ai lu en deux jours au camping-car là aux vacances l'autre fois du coup et Philippe il pensait que j'étais folle parce que je riais et je pleurais dans la même page quoi pratiquement tu vois donc voilà pour moi c'est ce qu'il faut enfin du coup l'idée c'est pas de passer trois paquets de Kleenex quand tu lis un livre du coup et d'être de finir dévasté tu peux finir dévasté mais il faut qu'il y ait quand même un peu de enfin qu'on dirait pas de légèreté mais d'espoir ou d'ouverture vers quelque chose de plus lumineux que juste le sombre quoi je pensais que je sais que la dark romance ou les choses comme ça tu vois moi je suis pas du tout le public cible enfin voilà il y a assez si je veux des trucs dark t'écoutes les infos ça suffit donc pour moi il faut vraiment que dans la fiction tu passes enfin tu passes par des émotions positives quoi à un moment ou à un autre

L'espoir comme fil rouge, même dans le sombre

Ybelion — moi je suis effectivement très touché à chaque fois par l'espoir tu vois au delà de tout tu peux avoir des histoires très tristes mais qui se finissent avec une note d'espoir toujours en tout cas moi c'est ça qui me touche le plus quand je repense à tous les textes qui ont pu que j'ai pu apprécier même tu vois même en fantasy ou en fantastique à chaque fois je trouve que c'est ça qui me marque le plus ouais le truc de putain y croire en fait savoir que les choses peuvent changer les choses peuvent avancer enfin bref tout ça quoi l'espoir quoi l'espoir toujours en dernier c'est quoi le déclic qui te fait c'est marrant je te pose cette question à la fin ça aurait été plutôt le début mais c'est ça la magie des discussions qui te fait passer tu vois d'écrire des blogs des débuts de nouvelles des débuts de romans à vraiment basculer sur Louise et dire ok là en fait maintenant j'ai envie de faire un vrai roman entier terminé disponible

Le déclic : se prouver qu'on va au bout

Sam DeLuca — au delà comme je te disais quand le personnage de Lucie Loiseau est arrivé au delà de me dire que du coup il fallait que je m'occupe je pense que c'était vraiment de me prouver que j'étais capable de finir un truc tu vois parce que comme je te disais ma fille qui commence mille choses et en finit deux peut-être à plein des bouches de trucs que t'as commencé jamais fini ah une peinture au numéro ah bah il manque la moitié des numéros et donc je crois que du coup c'était vraiment de me dire attends là c'est bon maintenant t'es grand du coup si c'est important pour toi bah va au bout en fait et montre toi que t'es capable et en fait c'était déjà ça le challenge c'est d'arriver à poser le point final d'un truc dont t'es à peu près content même si tu sais qu'il y aura beaucoup de réécriture par rapport au premier jet mais je sais que c'est vraiment quand je sais très clairement auquel moment j'ai fini de l'écrire du coup je m'étais dit qu'il serait fini le 8 mars au plus tard bon on était sur le 9 parce qu'on était dans la nuit mais bon je m'étais fixé une deadline et je l'ai tenu et je sais que la fin c'est pas du tout triste et pourtant je pleurais mais juste de me dire ça y est t'es allé au bout en fait t'as raconté ce que tu voulais raconter et tu t'as tenu bon et t'es allé au bout et ça c'était juste grisant comme sensation de se dire j'ai réussi en fait j'ai réussi une fois donc je réussirai une autre au moins parce que si j'ai fait une fois pourquoi pas deux

Ybelion — j'adore c'est vraiment le tu te rappelles de l'émotion du moment quand tu la regardes aujourd'hui t'arrives à mettre des mots dessus sur ce moment

Sam DeLuca — ah bah c'était clairement du coup c'était un truc entre la fierté et le soulagement de se dire ça y est ça y est c'est sorti c'est bon moi j'ai quelque chose à travailler même si c'est pas tout bon etc et d'ailleurs du coup j'ai à part ces derniers chapitres là que j'ai écrit là dans ce dernier week-end d'écriture j'ai dans le week-end d'écriture avec des copines et je m'étais dit que je le finirais à ce moment là mais j'ai réécrit tout l'acte 3 à part ces quelques derniers chapitres que j'ai fait avec elle donc il faut il y avait quand même tu vois vraiment un truc à reprendre mais et à la fois quand tu dis j'ai déjà fait ça il faut que je recommence mais en fait tu te dis finalement c'est rien par rapport à ce que j'ai fait en fait oui d'accord t'as peut-être 10 chapitres à réécrire mais c'est que 10 chapitres sur 50 tu vois donc si t'en as fait 50 tu peux en faire 10 et non ouais c'était ça et puis la fierté de me dire ouais ça y est t'es allé au bout quoi t'as réussi t'es comme les grands ouais

Ybelion — l'écriture c'est vraiment ça c'est un truc c'est un truc c'est toujours ça prend du temps à écrire donc c'est toujours quelque chose que tu fais sur au moins plusieurs mois et quand ça quand ça se termine il y a un ouais il y a ce sentiment de libération et de dire en fait si ça c'est possible peut-être que tout le reste aussi quoi ouais et c'est toujours c'est là qu'on touche tu vois la transformation par l'écriture et je suis toujours fasciné moi par voir ce qui se passe chez les gens quand ils terminent quoi ouais et puis des gens tu vois je pense notamment aux auteurs que j'ai pu accompagner du début jusqu'à la fin qui se reconnaissent presque pas quoi qui quand tu leur demandes quel regard tu portes sur la personne que t'étais au début ils disent t'es presque un truc de dire j'aurais pas cru en fait et c'est ça qui est fou et c'est pour ça

Mettre ses tripes à nu à chaque livre, est-ce tenable ?

Sam DeLuca — que tu vois quand je te parlais du coup du fait d'être quand t'es auteur à 100% de ton temps etc alors je présume parce que ça m'arrive pas mais je me dis que est-ce que tu ressens la même chose quand du coup tu sais tu t'en es à écrire comme certaines du coup et c'est très bien si du coup elles y arrivent et tout ça écrire un livre tous les mois deux mois trois mois est-ce que t'as cette même sensation de te dire je suis allé au bout du coup parce que enfin clairement moi je sais que même si Lucie c'est léger etc bah tu mets un bout de toi dedans en fait quand même et du coup même si c'est léger et drôle bah tu mets tes tripes à nu en fait et je dis est-ce que tu peux mettre tes tripes à nu une fois enfin tous les mois sur un nouveau texte quand on voit certains qui sont à 100-120 bouquins sortis en quelques années est-ce que tu vis ça avec la même intensité c'est vraiment quelque chose qui m'intéresserait de savoir tu vois parce que pour moi c'est tellement fort du moment où tu commences au moment où tu finis c'est tellement intense et tu sais il y en a qui dit je sais plus qui c'est la citation tu sais d'écrire avec ton sang bah alors du coup j'ai pas forcément ça la bonne image mais pour moi il faut que l'histoire elle me touche en fait si ça me fait pas vivre quelque chose d'écrire tu vois si je ris pas ou que je pleure pas pendant que j'écris je me dis que j'en ai rien à faire de l'histoire et donc elle me touche pas et donc elle touchera personne est-ce que du coup t'arrives aussi à ça quand t'écris autant ça c'est une vraie question tu vois

Ybelion — et bah c'est une très bonne question je j'ai la sensation que tu vois ça mélange aussi beaucoup de sujets il y a ce côté quelque part les gens qui arrivent à ce stade là sont des gens qui probablement vivent de l'écriture pour la plupart tu vois encore il doit y avoir peut-être quelques exceptions et à mon sens peut-être que quand tu écris plus tout à fait dans la même démarche tu vois c'est ce côté de ok l'intention tu vois moi je parle toujours de trio d'intention et puis là je parle spécifiquement de l'intention personnelle de la raison pour laquelle tu le fais je pense qu'il y a un moment bah le pas de dire ok donc c'est mon métier donc mon objectif c'est de faire un livre qui va se vendre c'est pas négatif de dire ça chacun écrit avec l'intention personnelle qu'il veut l'important c'est qu'elle soit claire et que tu saches sur quel chemin tu avances et peut-être qu'effectivement quand t'écris avec l'intention très ferme de dire mon objectif n'est que de vendre et de faire que ça et bah ouais tu te déconnectes peut-être un petit peu de ce que toi tu peux y mettre de l'émotionnel peut-être exactement et en même temps malgré ça moi je peux pas m'empêcher de penser que même si ces auteurs-là peut-être le conscientisent un peu moins à force peut-être le vivent avec moins d'intensité parce que évidemment quand t'as vécu quelque chose plusieurs fois est-ce que ça a toujours la même intensité très grande question tu vois je pense que

Sam DeLuca — ça doit être vachement lourd du coup alors bon même si t'écris sur des trucs légers enfin comment tu l'as dit tout à l'heure écrire un texte ça prend du temps c'est gros comme truc en fait et de dire que du coup tous les mois tous les deux mois il faut recommencer et tout moi je sais que j'ai besoin de pause je suis incapable du coup une fois que j'ai fini un texte qu'il est écrit déjà j'ai la pause avant de faire la correction et une fois qu'il est sorti je suis incapable de me relancer tout de suite dans l'écriture dans la préparation ok mais dans l'écriture non moi j'ai besoin d'un sas de décompression derrière en fait

Ybelion — moi je partage ton tu disais tout à l'heure je peux pas me relancer dans un très gros projet et moi effectivement je suis comme toi quand j'ai terminé un vrai roman à chaque fois je glisse l'écriture d'une nouvelle tu vois un truc un peu plus court qui est beaucoup plus beaucoup plus à la fois expérimental et beaucoup plus facile quelque part à écrire donc ouais parce que à mon sens l'écriture vient remuer beaucoup de choses que ce soit inconsciente ou inconsciente et donc ouais ces auteurs qui ne font que ça ouais j'ai l'impression qu'il y en a quand même pas beaucoup qui font vraiment que ça et même d'autres de très grands auteurs défendent aussi que c'est la vie ordinaire et tout le reste que tu fais qui nourrit l'écriture si tu ne fais plus que ça bah ton réservoir s'épuise en fait au moment t'as plus d'inspiration donc ouais mais très bonne question très bonne question ouais je pense qu'il y a toujours quand même une transformation quand t'écris un livre il y a toujours un truc que tu peux en tirer quelque part de ce que tu as j'espère mais après

Sam DeLuca — si c'est pas ce que les gens recherchent et comme tu dis qu'ils veulent juste publier parce que du coup ils se sont mis une sorte de contrat moral de sortir un livre tous les temps parce qu'il faut ça pour Amazon pour les lecteurs etc mais qu'ils sont ok avec c'est bon quoi mais moi je crois pas que je pourrais me glisser dans ce mode là en fait de fonctionnement tu vois

Ybelion — moi je pourrais pas non plus je suis d'accord avec toi le temps ce côté aussi tes personnages découvrent leur chemin il faut que ça infuse toi aussi parce que ce chemin là c'est un peu toi qui le parcours aussi et toujours c'est très challengeant pour eux mais c'est aussi très challengeant pour toi et les parallèles entre nos personnages et nous c'est toujours très beau alors c'est vrai que tu m'as raconté d'habitude je finis toujours mes discussions avec une anecdote sur par exemple le dernier chant du signe sur l'écriture etc c'est vrai que tu m'en as déjà pas mal raconté des anecdotes un petit peu insolites et puis pareil sur le roman jeunesse la jeunesse avec ta fille etc est-ce qu'il y aurait quand même quelque chose d'autre que tu aimerais partager soit ce roman jeunesse soit le dernier chant du signe que tu raconterais peut-être pas comme ça de prime abord mais qui peut être soit amusant soit loufoque soit cocasse

La rencontre : l'oncologue croisée au bon moment

Sam DeLuca — et bien pas forcément ni loufoque ni cocasse mais pour ça on parlait des signes du coup l'autre fois et vous les devez voir tout à l'heure et donc du coup ce qui me bloquait beaucoup aussi pour aller au bout du chant du signe c'est que comme je te le disais ça parle d'un cancer incurable qui est pas forcément le plus connu et autant du coup j'ai énormément fait de recherches dessus j'avais fait beaucoup de recherches sur toute la partie musique et documentaire et j'avais une source fiable pour poser mes questions etc j'avais un copain qui bosse là-dedans donc il avait répondu à tout donc là je savais qu'il allait faire la relecture sur cette partie là je savais que ça allait être ok et en fait au fond de moi j'ai lu beaucoup de bouquins par hasard en plus du coup quand tu du coup tu tombes enceinte tu vois que des femmes enceintes quand j'ai commencé à écrire ça je suis tombée complètement par hasard sur 3 ou 4 livres qui traitaient de manière beaucoup plus ténue de ce cancer là ok et dans tous en fait de ce que j'avais lu parce que j'ai lu beaucoup de témoignages et Dieu sait que c'est pas du tout drôle à lire ces témoignages là en fait à chaque fois que je suis tombée sur ces romans là je me suis dit mais vous êtes documenté sur la maladie parce que là les gars on dirait que du coup juste il a une grippe et puis c'est bon en fait et du coup j'étais en colère en fait parce que je me dis les gens qui ont vécu ça et qui lisent ça ils doivent se sentir tellement mal et je voulais surtout pas du coup que malgré toutes les recherches que j'ai pu faire je fasse un faux pas en fait et donc je cherchais désespérément un relecteur qui ait la connaissance de cette maladie et bon du coup côté malade c'était pas possible côté famille de malade je trouvais ça un peu aussi un peu on va dire irrespectueux tu vas te demander à quelqu'un de faire ça donc j'avais contacté une association qui lève des fonds pour la recherche dans cette maladie mais ils m'ont dit bah désolé on est tous des bénévoles en fait on n'a pas de temps à consacrer à ça et j'étais désespérée parce que je me suis dit je ne sortirai pas ce livre si je n'ai pas un aval médical sur la question en fait donc j'avais trouvé ici un médecin par chez moi qui était qui a accompagné beaucoup de cancers mais pas ça et elle me dit je peux regarder mais franchement je ne connais pas donc moi je connais le palliatif mais pas vraiment ça non plus donc je ne sais pas si je vais être très pertinente et j'étais vraiment désespérée j'étais pas à la fin de l'arrêt d'écriture loin de là mais ça me bloquait vraiment de me dire que s'il n'y avait pas ça j'irais pas au bout de la publication en fait et donc à ce fameux salon une mine de livres dont je te parlais tout à l'heure qui a lieu tous les deux ans donc il y a deux ans donc je devais être à peu près à la moitié du projet dans une énième phase de recommencement je discute dans une table ronde en expliquant mon affaire que ça me bloque ça me bloque ça me bloque et une des participantes à cette table ronde du coup qui écrit de la poésie qui était là au salon pour ça vient me voir à la fin et elle me dit bon bah écoute je ne sais pas si ça peut aider ou pas mais elle me dit moi je suis oncologue radiothérapeute donc du coup je connais bien le cancer donc je ne connais pas tous les cancers je ne sais pas de quoi tu parles dans ton livre mais bon si ça peut t'aider pourquoi pas et là je lui dis c'est quand même hyper précise c'est un glioblastome et j'ai trouvé personne pour l'instant qui connaissait et là elle tombe des nuits elle me dit mais c'était mes premiers cas quand j'étais en internat et tout ça j'en ai finalement suivi plein je connais ça par coeur quoi là j'ai dit non mais là c'est trop fort parce que du coup le truc depuis le temps que je cherchais il n'y a personne qui connaissait ou qui se sentait légitime pour là elle me dit bah ok banco quoi et donc là c'était génial parce que j'avais à la fois le médecin la lectrice puisqu'elle lit et l'autrice donc du coup pour moi c'était banco quoi et du coup depuis on est devenu bonne copine et tout ça on se fait enfin du coup je lui fais ces bêta lectures aussi de et je trouve ça génial tu vois de te dire bon j'étais au fond du saut j'étais à deux doigts de me dire bah je vais arrêter parce que si j'ai pas cette caution là médicale je ne sortirai pas et là pan du coup complètement par hasard cette fille qui se trouve là et qui en fait grosso modo elle est à deux heures de route de chez moi et on s'est trouvé là si on n'aurait pas eu ce salon on ne se serait jamais rencontré sur les réseaux sociaux parce qu'elle elle publie de la poésie je ne suis pas de conte de poésie et bon elle s'est mis à la fiction depuis mais tu vois c'est vraiment le destin qu'il a mis sur mon chemin

Synchronicité et responsabilité : le pas d'aujourd'hui

Ybelion — j'adore c'est vraiment incroyable ça

Sam DeLuca — et du coup je trouve ça exceptionnel quoi

Ybelion — ah ouais non moi c'est tu vois ça me laisse sans voix à chaque fois ces histoires là je trouve ça trop beau les synchronicités comme ça tu te dis que

Sam DeLuca — c'est le signe que du coup il y a quelqu'un là-haut qui te dit non mais vas-y continue il faut que tu sentes cette histoire je te mets les feux verts c'est bon vas-y

Ybelion — t'es sur le bon chemin et tu vois en même temps évidemment tu vois il y a ce côté hasard synchronicité tout ça et puis je ne peux pas m'empêcher toujours de penser qu'aussi il y a toi ta responsabilité de dire bon bah de toute façon moi j'avance dans mon aventure d'autrice donc je vais en salon etc et qui provoque toutes ces synchronicités tu vois et c'est pour ça qu'à mon sens toutes les petites choses qu'on peut faire au quotidien en fait provoque tout ça et c'est pour ça que quelque part le pas le plus important qui est à faire c'est celui que tu peux faire aujourd'hui parce qu'en fait c'est peut-être celui-là qui va tout déclencher c'est clair

Sam DeLuca — oui parce que là tu vois en fait au départ cette table ronde elle parlait de comment est-ce qu'on écrit des comédies romantiques ou du thriller on était deux autrices de comédies romantiques et un auteur de thriller donc c'était pas du tout le sujet et de fil en aiguille dans la discussion j'ai dit bah voilà moi ce qui me stresse c'est que je suis en train de changer de genre et donc voilà blablabla et en fait elle était là dans le public elle était même pas là en tant qu'autrice tu vois elle était vraiment là pour écouter la table ronde donc j'aurais pas dit oui à cette table ronde qui me faisait flipper et elle pareil elle serait restée à son stand bêtement à se dire bon bah moi je suis là pour vendre mes livres peu importe je reste focus sur mon truc ça se serait pas passé quoi et voilà c'est juste génial ce genre de rencontre enfin c'est génial

Conclusion : oser dire oui à ce qui fait peur

Ybelion — putain bah écoute je pense que tu voulais pas faire une plus belle conclusion parce que ça c'est un message je trouve ça faut le répéter tout le temps c'est incroyable merci beaucoup d'être venu échanger autour de tes romans

Sam DeLuca — merci pour cette chouette opportunité

Ybelion — et écoute je te souhaite plein de réussites avec à la fois ton roman jeunesse puis le dernier chant du signe qui du coup je trouve que le titre est extrêmement juste avec tout ce que t'as pu amener sur ce texte là et merci encore une fois

Sam DeLuca — bah merci de tout ce temps qu'on a passé ensemble

Ybelion — merci d'être là épisode après épisode si ce podcast t'inspire t'aide ou te met du baume au coeur t'abonner mettre 5 étoiles et le partager c'est le meilleur moyen de m'aider à toucher le plus de gens qui ont un livre en eux parce qu'après tout plus il y a de livres écrits et mieux le monde se porte à très vite ose écrire comme ce que je sais

Sam DeLuca — comme ce que je sais comme ce que je sais comme ce que je sais comme ce que je sais

Épisode 131 avec Sam DeLuca

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Sam DeLuca