Ep 130 · Intro : Ulysse, mais surtout quel Pokémon il serait00:00
Tu as choisi Carapuce sans hésiter ? Voilà qui mérite qu'on en parle.
CE QUE RACONTE CET ÉPISODE
Dans l'épisode 130, je pars de l'Odyssée de Nolan pour poser la question la plus sérieuse de l'été : et si Ulysse était un Pokémon ? Derrière le jeu, une découverte qui m'a bluffé. Les trois starters de la première génération portent exactement les blocages que je croise en coaching d'auteurs et d'autrices. Bulbizarre et sa graine héritée, comme ces croyances qu'on te colle sur le dos avant même ta première page. Salamèche et sa flamme, qui s'éteint s'il cache ses émotions. Carapuce et sa carapace, où sa puissance se charge loin des regards.
Le Pokédex devient alors un manuel d'écriture : chaque phrase est un enjeu narratif, chaque évolution un chemin de transformation. Et l'exercice est à ta portée. Prends n'importe quoi, un Pokémon, un légume, un objet, et demande-toi quelle histoire il te raconte. C'est comme ça qu'on entraîne sa créativité et qu'on retrouve le fun d'écrire.
L'épisode complet t'attend là où tu écoutes tes podcasts : l'Odyssée, les sirènes que j'aurais rêvé de voir, le duo Évoli-Pikachu, et l'arc complet d'Ulysse, de Dracaufeu à Léviator.
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Face B — le transcript
L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE
Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !
Tu cherches un passage précis ? La table d'écoute passe les transcripts de tous les épisodes au peigne fin.
Intro : Ulysse, mais surtout quel Pokémon il serait
Hola, bienvenue dans cet épisode où on parle de l'Odyssée, donc d'Ulysse, mais surtout de quel Pokémon il serait. Vous ne voyez peut-être pas encore le rapport avec l'écriture, mais je vous assure qu'on va aborder tout un tas d'enjeux narratifs pour certains de nos personnages favoris. Ceux qu'on écrit. Je vous souhaite une très bonne écoute. Moi c'est Sam, Ybelion de mon nom de plume. Je suis écrivain, coach ICF et j'ai créé Ose Écrire, un accompagnement pour celles et ceux qui veulent enfin accomplir leur rêve d'écrire un livre. Ce podcast a la même intention. C'est ton rendez-vous, inspiration, discipline et passage à l'action. Et si ça te parle, abonne-toi, mets 5 étoiles et partage autour de toi. Parce que plus il y a de gens qui osent, plus d'autres oseront à leur tour. Allez, c'est parti et bonne écoute. Coucou les amis, bienvenue dans cet épisode en plein été. J'avais envie de faire quelque chose de très fun, que j'ai un petit peu préparé, puisque j'ai eu plein de bonnes idées, donc je me suis dit que ce serait très con de les oublier.
Donc j'ai pris quelques notes sur mon téléphone. Oh là là, grand scandale, Sam prépare ses épisodes. N'exagérons rien. Bref, j'avais envie de vous parler de Pokémon. Je vous ai même posé la question sur Insta si vous avez des Pokémon préférés. Vous allez comprendre pourquoi. Et pour ceux qui se disent, oh merde, putain, les Pokémon, ça ne m'intéresse pas. Vous pouvez rester quand même parce qu'en fait, les Pokémon ne sont qu'un prétexte pour parler de tout ce qui m'évoque. Les Pokémon sont porteurs d'histoire, porteurs d'arc narratif extrêmement fort et extrêmement intéressant que j'avais envie d'explorer aujourd'hui. Évidemment, vous vous en doutez bien, une fois que j'ai pensé à ça, mon petit cerveau a fait des liens partout et j'ai voulu partir dans tous les sens. Bon, j'ai une petite rationalité d'ingénieur qui me permet quand même de mettre des rigoles histoire de ne pas partir en hors-piste. Et donc, je me suis arrêté sur les Pokémon et le film que j'ai vu tout récemment, l'Odyssée de Nolan, évidemment, que je pense que je n'ai pas besoin de vous présenter.
La folie d'écrire, un sujet qui revient en coaching
C'est un film que j'ai adoré au demeurant et c'est aussi l'occasion d'en parler. Mais on va faire le lien entre Ulysse, les Pokémon, les histoires, l'écriture. Bref, tout ça, quelque part, va faire un beau mélange. Et c'est exactement ce dont j'ai besoin aujourd'hui. Beaucoup de fun. Je pense aussi que ça m'est venu parce que c'est un sujet assez récurrent dans mes coachings récemment. La folie de l'écriture, le fun. Comment on kiffe ? On voit ça comme quelque chose de si sérieux parce que c'est important pour nous. Que parfois, on en oublie à quel point l'écriture est un domaine dans lequel on a le droit d'être fou. On a le droit d'être créatif. On a le droit de tout faire. Et c'est génial. Cet épisode est aussi là pour vous montrer cette folie, quelque part, des liens qu'on fait entre toutes les choses qui nous passent par la tête. Et donc, par où je vais commencer ?
« Le Pokédex sait pourquoi tu bloques »
Ma toute première Game Boy, la relique
Maintenant que j'ai dit que j'allais parler de l'Odyssée et donc d'Ulysse et de Pokémon. Bon, globalement, la question qui m'est venue et quel lien je faisais, c'était de me dire, vis-à-vis de ce que j'ai pu voir des Pokémon et de ce qu'ils portent comme arc narratif ou comme enjeu narratif, si Ulysse était un Pokémon, ce serait lequel ? Je me suis aussi évidemment posé la question pour moi. Si j'étais un Pokémon, ce serait lequel ? Bon, je ne vais pas vous mentir que c'est une question que je me suis très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très, très... Et j'ai forcément la petite Game Boy, là, là, ma première, ma toute première, la relique que je n'ai pas allumée depuis une éternité. Vous vous en doutez bien, je ne sais même pas si elle marche encore. Mais oh là là, elle est exceptionnelle, je suis tellement content. Elle représente vraiment cette partie de ma vie. Et quelque part, je crois aussi que, tu vois, je disais la dernière fois, Yu-Gi-Oh! a nourri ma créativité. Et bah c'est pareil pour Pokémon, genre, il n'y a rien de plus créatif que Pokémon, c'est incroyable.
Et donc, l'Odyssée. Comment sauter du coq à l'âne ! Mais je vous jure, tout est lié, tout est lié. Alors, bon, évidemment, je vais, bon, je vais pas vous, je veux dire, qui peut spoiler l'Odyssée ? Je pense que, on, j'ai pas besoin de vous mettre un spoiler alert. Je vais évidemment parler de l'Odyssée et de ce que Ulysse vit, et je vais parler du film, du coup, un petit peu sans filtre. Donc je m'excuse, il y a des gros spoilers. Mais encore une fois, qu'est-ce que je pourrais vous spoiler sur l'Odyssée ? Alors, c'est un film que j'ai adoré. Je sais qu'il y a des, il y a des gens qui l'ont adoré, parce que c'est des fanatiques de Nolan, donc ils sont pas du tout objectifs. Mais moi, j'ai jamais été réellement fasciné par Nolan. Je respecte beaucoup son travail, il a fait de bons films. Mais là, j'y suis allé, franchement, je suis allé le voir. Ça aurait été lui, un autre, quelque part, pour moi, ça changeait rien.
Cheval de Troie et Cyclope : des réinterprétations brillantes
J'avais envie de voir l'Odyssée d'Ulysse, j'avais envie de me replonger dans ses mythes, dans ses légendes, qui, elles aussi, sont porteuses de tellement d'histoires que c'est infini. En fait, c'est infini. Et ce que j'ai énormément apprécié dans ce film, c'est les quelques réinterprétations qu'il y a pu avoir de certains événements d'Ulysse. Par exemple, la réinterprétation du Cheval de Troie, je la trouve extrêmement intelligente, beaucoup plus rusée dans l'approche, beaucoup plus cohérente. Quelque part, quand j'y repensais, ça m'a toujours un petit peu dérangé, ce truc de, oh là là, comme par hasard, tout disparaît, et un cheval sur des roulettes devant la porte, et les mecs le font rentrer.
Quelque part, vous l'avez bien cherché, tu vois. Et là, je trouve que dans le film, c'est bien amené, parce qu'il y a ce côté, le cheval échoué sur la mer, et donc, forcément, il y a beaucoup d'efforts pour le ramener à l'intérieur. Enfin bref, il y a un truc intéressant, je trouve. J'ai aussi énormément aimé la réinterprétation du Cyclope, que j'ai trouvé extrêmement terrifiant, et du coup, extrêmement intéressant. C'était très créatif. J'avais jamais vu un Cyclope comme ça. Alors là, pour le coup, je pense qu'on le voit dans la bande-annonce, mais d'habitude, les Cyclopes, en fait, ils ont une tête d'homme, et puis c'est comme si on leur avait gommé les deux yeux, et puis qu'on en avait foutu un seul. Et là, justement, il a le visage déformé, vraiment comme si c'était une espèce de malformation, comme s'il y avait un truc qui avait vraiment pas bien fonctionné au moment où il a été mis au monde, tu vois, le pauvre petit Cyclope.
Et j'ai adoré, j'ai vraiment adoré cette réinterprétation quelque part du Cyclope. C'est les deux choses qui m'ont vraiment marqué dans les réinterprétations des épreuves quelque part que traverse Ulysse ou des mythes et des histoires qui sont racontées dans ce film-là et dans cette histoire-là, du coup, dans l'Odyssée.
Charybde et Scylla : ma petite déception
En parlant, là, je repense aussi à Charybde et Scylla, ce qui, pour le coup, eux m'ont un petit peu déçu, je crois, parce que, putain, là aussi, il y avait moyen d'être créatif, là. Et alors, je vous pose une question, parce que je suis sûr que ça vient pas de moi, je suis sûr que je l'ai vu quelque part, mais impossible de le retrouver. J'ai le souvenir d'un livre, d'une série, d'un film, je sais plus exactement, où Charybde et Scylla étaient interprétés par des êtres humains. Enfin, ils étaient personnifiés. Et j'arrive pas à me rappeler de ça. Et je sais pas pourquoi, quelque part, je m'attendais un petit peu à ça, tu vois, à un truc un peu différent. Et là, bon, on a vraiment le tourbillon très classique, mais il manque la bouche du centre qui dévore tout. Et puis, par contre, le monstre qui est Scylla, du coup, si je dis pas de bêtises, là, il a un côté intéressant, vraiment très particulier.
Tom Holland et les acteurs inséparables de leur rôle
Il est très protéiforme. C'est informe. Pour le coup, je l'ai bien aimé. Donc, je dis que j'ai été déçu, mais en fait, pas tellement. Pas tellement. C'est juste que dans ma tête, j'avais cette espèce de truc de Charybde et Scylla personnifiés en être humain. Et je sais pas pourquoi, je m'attendais à ça, alors que ça n'a aucun sens. Mais bref, si ça vous revient, vous me dites, je suis curieux, j'arrive pas à retrouver d'où me vient cette idée. Parce que je sais qu'elle me vient pas de moi. Enfin, j'ai l'impression de l'avoir déjà vue quelque part. Bref, et plus que tout, ce que j'ai aimé, alors bon, il y a beaucoup d'acteurs très célèbres, pour le coup, qui jouent quand même très bien, je trouve. Après, je suis un cinéphile, enfin, je suis pas un professionnel du cinéma, tu vois, et je suis pas très dur à convaincre. Donc, je dis ça, s'il faut, il y a certains de vous qui adorent le cinéma, qui vont s'arracher les cheveux et les yeux en se disant, mais qui est-ce qu'il raconte, lui, ils ont pas du tout bien joué.
J'en sais rien, moi, j'ai trouvé que c'était très agréable. J'ai notamment, bah, étonnamment, bien apprécié Tom Holland, où je me disais, je sais pas si ça va bien marcher, mais en fait, si, ça va bien marcher. En fait, je suis tellement habitué à le voir en Spider-Man aussi, alors que ça fait pas si longtemps qu'il joue le rôle, mais quand tu trouves un acteur qui tombe parfaitement dans le rôle, c'est difficile de le voir jouer dans d'autres rôles. C'est un truc qu'on a, par exemple, extrêmement vu avec Daniel Radcliffe et Harry Potter. Quand je vois Daniel Radcliffe, moi, je pense à Harry Potter direct, et c'est impossible pour moi de les séparer, quoi. Et Tom Holland, bah, comme Robert Downey Jr. avec Iron Man, je trouve qu'ils correspondent extrêmement bien au rôle qu'ils ont dans leurs films par rapport à ce qu'ils sont dans les comics et ce qu'ils incarnent dans les comics.
Et donc, au-delà des acteurs, au-delà des monstres, au-delà de replonger dans une mythologie hyper intéressante, j'ai aussi particulièrement apprécié le message final du film. Alors là, que je vous partage, comme moi, je l'ai perçu, j'ai beaucoup aimé ce truc de dire en fait, on a créé le monstre qu'on dit combattre à la fin. En brisant cette loi de Zeus de l'hospitalité, quelque part, on a ouvert la porte à toutes sortes de traîtrises, toutes sortes de bassesses, toutes sortes de crimes. Et d'ailleurs, le fils d'Ulysse, donc Télémaque, risque de mourir avec cette loi brisée. Puisqu'il y a toute cette intrication avec... cette intrication... cette intrigue avec les mercenaires qui se déguisent en prêtres et qui accueillent Télémaque et qui essaient de le tuer. Donc vraiment, le truc, la bassesse ultime, tu vois, de prendre le costume d'un agneau pour dévorer celui qui vient te voir, tu vois.
Quelque part, juste retour de bâton avec ce qu'ils ont pu faire en brisant la loi de Zeus. Et ça, tu vois, c'est ce qui est expliqué dans le film. Donc, briser la loi de Zeus fait que toutes les bassesses sont possibles et qu'on ne peut plus faire confiance à personne. Mais en fait, le message va bien au-delà de ça. Le message, c'est pour quelle raison l'être humain passe son temps à créer le feu qu'il dit vouloir éteindre. Et je n'ai pas besoin de vous faire un dessin de tout ce que le monde peut vivre en ce moment, mais les parallèles sont quand même extrêmement limpides, ne serait-ce que l'écologie, ne serait-ce que la politique. Enfin bref, il y a un milliard de sujets où on est vraiment dans ce truc de, on dit combattre quelque chose qu'on nourrit en arrière-plan. Et c'est terrible, en fait, c'est terrible. Et ça m'a vraiment marqué dans le film et j'ai particulièrement apprécié le film parce que j'aime particulièrement ce message, parce que c'est un message que, en fait, j'écris sur ce message aussi de mon côté, puisque la trilogie de Karnoa est quand même très orientée aussi autour de ce message.
Le rapport aux différences de Baltem et Ulrock, c'est ça, en fait. C'est pour quelle raison détester un autre et continuer à nourrir ce feu-là alors que tu dis que tu souhaites la paix, tu vois.
Et donc, c'est pour ça que je pense que le film m'a autant plu parce qu'il regroupe deux éléments essentiels pour moi, à savoir une thématique qui me touche particulièrement, ce côté nourrir le feu qu'on dit combattre et la mythologie grecque, Enfin, c'est incroyable, je veux dire, la mythologie, mais grecque et pas grecque. Toutes les mythologies sont exceptionnellement intéressantes. Pokémon est un type de mythologie, tu vois. Et comme je pourrais prendre tous les dieux grecs et voir tout ce que narrativement ils peuvent nous apprendre sur la construction d'un personnage, je vais le faire avec Pokémon. Voilà.
Les sirènes que j'aurais rêvé de voir
Voilà pour Ulysse. Qu'est-ce que je pourrais vous... Enfin, pour l'Odyssée, pardon. Et qu'est-ce que je pourrais vous raconter d'autre ? J'ai été un petit peu déçu de ne pas voir une réinterprétation des sirènes, pour le coup. Parce que ça, je pense qu'il y aurait moyen de faire un truc un peu stylé et un peu différent aussi parce que... Pardon pour le baillement, j'ai pas beaucoup dormi cette nuit. La réinterprétation des sirènes, je sais pas, je trouve qu'il y aurait un truc à faire.
Alors, on sait déjà quelque part une réinterprétation parce que là, elles avaient leur forme humaine très jolie. Dans la mythologie, il me semble que c'est des espèces de piaf très méchants, quoi. je sais pas, je m'attendais à quelque chose de très créatif, un peu fou sur les sirènes. Qu'est-ce que ça aurait pu être ? Peut-être des... Je sais pas, je pense tout de suite à des méduses, tu vois, qui ont des espèces qui sont très belles, très brillantes, et puis dès que tu les touches, elles t'électrocutent, tu vois. Je sais pas, voilà, je m'attendais à quelque chose de différent.
Mais c'était très bien quand même. Voilà, et donc, la fameuse question, et si Ulysse était un Pokémon, ce serait lequel ? En fait, j'en ai identifié plusieurs, mais très exactement, j'en ai identifié un, un, deux, trois, ouais, quatre, cinq, on va dire. Mais, avant ça, qu'est-ce que j'entends, moi, quand je vous dis, là, Pokémon, esprit narratif, tout ça, là ? En fait, je vous donne l'exemple, je vais prendre l'exemple sur les Pokémon que vous m'avez cités sur Insta. Alors, la plupart des réponses que j'ai reçues, pardon, c'était, je cite, c'est trop dur, ta question, impossible de choisir, il y en a trop des géniaux. Bon, ok, vous ne m'aidez pas, les gars, là. Mais c'est vrai que c'est extrêmement dur de choisir. Mais, j'ai eu, après, des Carapuce, des Salamèche, des Bulbizarre, bien évidemment, difficile de séparer Pokémon de ce premier trio de tête, j'ai eu des Pikachu, des Évoli, j'ai eu des Aquali, effectivement, les Évolutions, Évolitions, je ne sais plus comment on les appelle, avec Aquali, Pyroli, Voltali, sont souvent très appréciés, et j'ai eu étonnamment un Soporifique.
Et alors, pour quelle raison ? Parce que Soporifique, il est quand même vachement particulier, et quand même plutôt moche, si tu veux mon avis. Je rigole. Grand respect à Soporifique, qui, je pense, il est... En fait, le fait que tout le monde le trouve moche, le rend beau à mes yeux, je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire.
J'ai eu aussi, évidemment, Insécateur, Dracaufeu, bon, voilà, les Pokémon un peu badass, et je pense que moi, si j'avais dû, je vais vous le faire en direct, comme ça, parce que, je pense que si j'avais dû faire une équipe de 6, j'aurais pris Nidoking, Alakazam, Ectoplasma, Insécateur, Kabutops, putain, il ne me reste plus qu'un, c'est terrible, Arcanin ou Ossatueur, allez, peut-être Arcanin, ouais. En fait, il y en a trop, c'est vrai qu'il y en a trop, c'est vrai qu'il y en a trop. Et donc, qu'est-ce que j'entends par esprit narratif ? Écoutez, c'est très simple, je vais vous donner l'exemple de notre petit Bulbizarre. Donc, comment j'ai fait mon travail ? C'est tout simplement que je suis allé récupérer la phrase, vous savez, qu'il y a dans le Pokédex.
Et Bulbizarre, il y a écrit une étrange, alors le problème, c'est que je l'ai en anglais, je vais vous épargner la prononciation anglaise, quoique vous voulez peut-être un peu rigoler, donc je vais le faire finalement. A strange seed was planted on its back at birth. The plant sprouts and grows with this Pokémon. Donc, en gros, il a une plante, enfin, une graine qu'on lui a mis sur le dos qui grandit avec lui quand il grandit. et typiquement, moi tout de suite, quand je vois ça, je me dis narrativement, il y a plein de choses à raconter. C'est le poids de la personne qu'on est, tu vois, le sac à dos qu'on a, la graine qu'on a sur le dos et de laquelle on a l'impression qu'on ne peut pas s'éloigner et donc, qui nous pèse. Et ça, c'est hyper intéressant narrativement. Un enjeu de Bulbizarre pourrait être justement d'accepter ce qu'il est pour devenir ce qu'il a vraiment envie de devenir plutôt que de se dire putain merde, j'ai cette graine dans le dos, j'ai pas envie d'avoir cette graine dans le dos et elle m'empêche de faire quoi que ce soit.
Et c'est exactement ça que j'aime dans Pokémon et d'en réfléchir à comment les choses pourraient s'articuler narrativement parce que, du coup, je vois Bulbizarre, je l'ai écrit, tu vois, comme l'enfant qui porte dès la naissance ce qu'il n'a pas choisi et qui devra choisir un jour d'en faire son identité plutôt que son fardeau. Tu vois ? Et donc, derrière, ça pose plein de questions. Le rapport à l'identité, ce qui nous est hérité, ce qu'on a envie de construire, comment on fait avec les deux, est-ce que les deux s'opposent, est-ce que les deux peuvent cohabiter ? Et ça, c'est hyper intéressant pour l'évolution d'un personnage. Et donc, en tout cas, moi, j'aime beaucoup les personnages construits comme des Bulbizarre qui ont une graine sur le dos et une graine qui fait partie de leur identité et qui se demandent. Ok, mais qui je suis, en fait ? Cette grande question, qui suis-je ? Elle est hyper intéressante.
Bulbizarre représente ça. Et donc, après, tu peux avoir derrière, tu peux avoir plein de choses. Ça peut être incarné dans un, par exemple, un élu réticent, quelqu'un qui est désigné pour accomplir quelque chose, mais qui n'a pas envie d'accomplir cette chose-là. Et personne ne comprend autour de lui pourquoi il refuse d'accomplir ce pour quoi il est censé, enfin, ce pour quoi il est né. ça peut être aussi quelqu'un qui hérite d'une pression familiale. Ça peut être, je ne sais pas, le... Ah si, la pression familiale, ça peut être, par exemple, le fils d'un joueur de foot ultra célèbre. Tu vois ? Comment tu construis avec cette pression familiale qui fait partie de ton identité mais qui n'est pas totalement toi puisqu'elle est héritée ? Et donc, comment on fait pour construire autour de tout ça ? Vous voyez, quand je réfléchis aux Pokémon, c'est ce genre de questions que j'aime me poser. Et c'est pour ça que je vous demandais vos Pokémon préférés parce que du coup, j'avais envie d'aller en explorer quelques-uns.
Évidemment, je ne vais pas oublier Soporifique parce que celui-là, je ne m'y attendais pas. Mais pour faire les quelques classiques qui me sont venus, donc, il y a Bulbizarre, avec cette espèce d'enjeu d'hériter d'une certaine pression de par la personne qu'on est. Ou enfin, qu'on est quand on est, plutôt, qu'on naît, E-S-T, quand on naît, N-E, quoi.
Salamèche : cacher ses émotions, c'est s'éteindre
J'espère que je l'ai bien conjugué, peut-être pas. Vous ne m'en voudrez pas, j'ai des bécherelles dans mon armoire, mais ça fait longtemps que je ne les ai pas ouvertes. Je ne vais pas m'en dire. Et je ne suis pas correcteur, je suis écrivain. Voilà. Un bon rappel pour l'été, c'est cool. Après, il y a notre petit... Je vais faire le trio. Parce qu'on pourrait faire tous les Pokémon, mais il y en a 151 et je ne suis pas sûr que vous avez 18 heures devant vous. Il y a notre petit Salamèche. Donc, la flamme extérieure qui change avec ses émotions. En plus de ça, il y a ce côté, quand elle s'éteint, il meurt. Et là, quelque part, on se retrouve, tu vois, avec un personnage qui est absolument transparent sur les émotions qu'il traverse. Et ça, c'est extrêmement intéressant narrativement, d'avoir un personnage qui est incapable de cacher les émotions qu'il traverse.
Et paradoxalement, c'est ça qui est aussi intéressant de ces Salamèches, c'est qu'en plus de ça, c'est un indicateur de sa vitalité. Donc, s'il éteint sa flamme et donc, il cache ses émotions, eh bien, il meurt. Et cet enjeu-là, entre exprimer ses émotions mais qu'on ne s'en serve pas contre nous, mais en même temps, si on ne les montre pas, on meurt, parce que c'est extrêmement important pour nous de les exprimer, vous voyez, ça place dans une espèce de boucle qui est hyper intéressante pour un personnage. Parce que derrière, tu as aussi des enjeux de dire « Oui, mais alors, en fait, si j'exprime mes émotions mais que je tombe que sur des gens qui les exploitent, où est le problème ? Est-ce que c'est moi qui dois apprendre à cacher mes émotions et donc à développer un cœur de pierre ? Ou alors, c'est juste que je m'entoure de gens qui sont incapables d'accepter les émotions que je peux traverser ? »
Et donc, tout ça, ça place dans des... Tout de suite, tu vois, ça tisse des fils de contexte narratif hyper intéressant. Et donc, comment... La question après, c'est « Ok, quand j'ai un personnage salamèche, qu'est-ce qui peut se passer ? » Tu vois, quels sont les chemins par lesquels il peut passer ? Voilà. Donc, c'est ça, tu vois, j'ai écrit « L'enfant intuitif » dans une famille qui exige la dissimulation. Alors ça, c'est marrant parce que c'est un petit peu... Je me suis un petit peu reconnu dans ça, tu vois, le côté très instinctif dans une famille plutôt ou avec la réserve, tu vois, on exprime nos émotions par réserve. Alors attention, j'ai eu une enfance très heureuse et il n'y a pas de... Voilà, il n'y a pas de catastrophisme. Simplement, on n'exprimait pas nos émotions. D'ailleurs, je l'ai partagé dans l'épisode sur la roue des permissions. Vous pouvez aller le voir, la roue des permissions est en plus un très très bon outil de coaching.
Et donc, je voyais... Je me reconnaissais un petit peu dans ce Salamèche, tu vois, quelqu'un d'assez instinctif, d'assez intuitif qui a envie de s'exprimer mais à qui on apprend à être, voilà, réservé. Et ça, ça a été un vrai enjeu pour moi, après, de m'autoriser l'expression de qui je suis pour pas m'éteindre, tu vois, et ça se reconnaît aussi dans la recherche du métier que je voulais faire. En étant ingénieur, j'étais pas tout à fait la personne que je voulais être et à la longue, je me voyais vraiment m'éteindre. C'est pas pour rien que je vous partageais plusieurs fois cette sensation de, à l'époque, de quand je suis ingénieur, de me dire, j'ai l'impression d'être au bord d'une route et de pas avancer. Et pas avancer, pour moi, c'est la mort, tu vois. Et depuis que j'ai changé de métier, et bah quelque part, je suis beaucoup plus moi-même. Et donc, bah, je me sens avancer, et donc je me sens vivant. Et c'est exactement comme Salamèche.
Et en même temps, Salamèche a d'autres enjeux aussi, c'est qu'il peut pas simplement se laisser dominer par ses émotions, tu vois, il peut pas se mettre à tout cramer avec sa queue juste parce qu'il est en colère. Donc il y a aussi cet aspect de c'est ok d'être soi-même et de montrer ses émotions, mais ça n'excuse pas tout et ça n'excuse pas tous les types de comportements. Et tout ça, c'est extrêmement intéressant. Vous voyez un peu plus ce que je voulais dire par ce que les Pokémon nous apprennent narrativement ? Donc là, j'ai fait Bulbizarre, donc l'enfant qui hérite, on a fait Salamèche, l'enfant qui est instinctif et qui... qui doit apprendre à composer avec cette transparence de ses émotions. Et puis après, il y a Carapuce que lui, je vois beaucoup plus comme... Voilà, parce que sa phrase, c'est... C'est... Pardon, allez, c'est pour vous. C'est pour vous. C'est pour vous. Putain, j'ai vraiment un accent anglais affreux.
Je repense à mes années de double diplôme à Stockholm. À l'époque, j'étais vraiment bien bilingue. Les temps ont bien changé, mais bon, que voulez-vous, c'est la vie aussi.
Je parlerai, tiens, un jour de ce que j'ai... Ah, ce serait intéressant de ça te faire... OK, tous les endroits où t'es allé, que t'ont-ils appris sur l'écriture ? Je raccroche tout à l'écriture. Bref, en lisant cette phrase de Carapuce. Donc, quand il rentre sa tête dans sa carapace, il y a de l'eau qui sort avec force. Eh bien, tout de suite, moi, ça me fait écho au côté introverti qui peut être très puissant. Tu vois, c'est le fameux truc, tu dis toujours aux gens, sors de ta coquille, sors de ta coquille. Bon, c'est super de dire à Carapuce de sortir de sa coquille, mais s'il sort de sa coquille, il ne peut pas attaquer avec toute sa puissance. Et donc, quelque part, ça replace au centre cette puissance personnelle. Tu vois, être introverti peut être une force. Se retirer à l'intérieur ne veut pas dire s'effacer, ne veut pas dire être faible. Tu vois, et ça, c'est trop cool, je trouve.
Voilà, tu vois, c'est... c'est... ah, mince, le mot est parti aussi vite qu'il est venu. Voilà, le timide, quelque part explosif, tu vois, qui fait les choses dans son coin et qui, parce qu'il les fait dans son coin, est capable de les construire. Et en même temps, quand je dis ça, eh bien, faire les choses dans son coin, ça peut aussi te couper de beaucoup de bonnes idées, tu vois, de retours positifs. Ça peut te couper d'une posture challengeante de coach, clin d'œil, clin d'œil, qui te permet de développer pleinement ta force. Donc, tu vois, l'enjeu de Carapuce serait aussi de trouver un équilibre entre son besoin de se replier sur lui-même pour développer sa puissance et s'autoriser d'aller voir à l'extérieur pour la développer encore plus. Et donc, il y aurait tout ce jeu entre le côté réservé qui le sert, mais qui peut le desservir s'il ne fait que ça. Et ça, c'est pareil, c'est très très intéressant.
Le trio de départ, miroir des blocages d'auteur-e-s
Et ce qui est marrant, c'est que là, les trois... Alors, tu vois, quelque part, l'œuf, la poule, la synchronicité. Mais j'ai l'impression que les trois, là, Bulbizarre, Salamèche, Carapuce, porter des croyances qui ne sont pas les nôtres, accepter nos émotions et notre vitalité, et oser se recentrer sur nous-mêmes pour développer notre puissance sans s'y enfermer, et bien, quelque part, en fait, c'est quand même beaucoup de blocages très classiques qu'on rencontre en écriture. Le nombre de croyances limitantes qui sont héritées de profs de français, de parents ou de proches, amis, etc., c'est une dinguerie. Et, à l'inverse, ça peut aussi être positif, je ne dis pas que tous les profs ou tous les proches sont... n'encouragent pas à l'écriture. Au contraire, ça m'arrive de rencontrer des gens qui me disent, bah moi, j'ai jamais lâché l'écriture parce qu'en fait, j'ai un prof de français qui m'a dit, bah continue, en vrai, t'es sur la bonne voie.
bah là, c'est pareil, tu vois, ça ancre une croyance et ça, ça joue sur le long terme. Donc, il y a toutes ces croyances qu'on porte dont on hérite. Ça peut être aussi, par exemple, tu es ingénieur, tu ne peux pas écrire. Tiens, tiens, tiens, ça me rappelle quelqu'un. Ça peut être aussi, si je reprends notre ami Carapuce, ce côté, on t'a tellement dit de sortir de ta coquille, on t'a tellement dit de rentrer dans le moule que tu t'es jamais autorisé à regarder qui tu étais à l'intérieur. Donc, c'est comme si un Carapuce n'avait jamais osé rentrer la tête dans sa carapace pour développer cette très très belle attaque pistolet à eau. Tu vois.
Et alors, Salamèche, franchement, c'est exactement pareil. Ce côté, s'interdire la vulnérabilité parce que ça pourrait se retourner contre nous sans se questionner sur... En fait, peut-être que ça en dit beaucoup plus sur ceux qui sont critiques vis-à-vis de ça que sur moi. Et donc, en s'autorisant à verbaliser nos émotions, on se comprend beaucoup plus et on avance beaucoup plus loin. Et surtout, on arrive à décorréler l'émotion de notre vitalité. Parce que si on n'est pas capable de traverser nos émotions, elle nous contrôle. Et c'est quand elle nous contrôle que la flamme peut s'éteindre. Et c'est tout l'enjeu de Salamèche de réussir à contrôler ce pouvoir. Tu vois.
Évoli et Pikachu : deux héros, deux clartés
J'aime bien ça. Il y a beaucoup de choses à apprendre sur l'écriture avec les Pokémon. Les deux autres Pokémon très classiques que j'ai pu voir, c'est Pikachu et Évoli. Et alors, c'est marrant parce que je me suis fait la réflexion que Évoli, donc dans son Pokédex, alors je ne sais pas si j'arriverai à le retrouver, mais il y a ce côté le code ADN non stable et qui évolue en fonction de la pierre avec laquelle on le met en contact. Et en fait, c'est génial parce que ça représente vraiment le champ des possibles ouverts quand on s'autorise l'ouverture à toutes les opportunités qu'on peut avoir. Et donc, Évoli, c'est vraiment ce petit Pokémon tout mignon qui, le jour où il voit une pierre eau, il se dit putain, trop bien, je vais pouvoir en faire quelque chose et qu'il devient un Aquali. Et puis, si c'est une pierre feu, il devient quelqu'un d'autre. Et puis, s'il est minuit moins 5 et qu'il fait nuit, il devient quelqu'un d'autre.
Tu vois, j'ai toujours été agacé par ces méthodes d'évolution compliquées qu'ils nous ont mis après. Moi, j'aimais bien le côté une pierre, hop, une évolution. Tu vois ? Mais bref, ça, c'est un avis personnel sur Pokémon et nous ne sommes pas là pour ça. Nous sommes là pour parler du pouvoir, en fait, de l'hyper-inspiration qu'est Évoli. Évoli, c'est donc ce petit personnage qui est ouvert à toutes les routes qu'il a devant lui et puis qui, un jour, en choisit une et il décide de l'explorer. Et ça, je trouve ça génial. Ça laisse... Et quelque part, je me suis dit, putain, mais en fait, c'est pour ça que quand ils ont fait des remakes, ils ont pris Pikachu et Évoli pour être les mascottes. Je ne peux pas m'empêcher de penser que derrière ça, il y a une justesse. Je parlais d'œuf et de la poule tout à l'heure et puis après, je suis reparti dans mes...
dans... dans mes comparaisons Pokémon histoire. Mais en fait, ce que je voulais dire avec la synchronicité, l'œuf ou la poule ou je ne sais pas quoi, c'est surtout que de dire c'est fou quand tu prends le trio de base Bulbizarre, Carapuce et Salamèche, c'est les trois premiers Pokémon et en fait, ils portent vraiment les enjeux de quelqu'un qui débute. Tu vois ce que je veux dire ? Et ça, je trouve ça génial. Alors, c'est sûrement un hasard, c'est sûrement aussi de la... de la construction rétroactive, enfin, ou rétrospective dans le sens où... Oui, comme ce sont des Pokémon du début, c'est comme ça que je les interprète. Mais peut-être aussi que très inconsciemment, ils ont construit ces Pokémon en étant au début avec des enjeux de Pokémon du début. Tu vois ? Et je trouve ça hyper intéressant. Et donc, c'est pour ça aussi que j'ai compris pourquoi Évoli pouvait être un très bon Pokémon de départ.
Parce qu'il n'y a rien de plus versatile qu'un Évoli. Il n'y a rien de plus créatif qu'un Évoli. Il n'y a rien de plus fou qu'un Évoli. Il peut littéralement devenir quasiment de tous les types. Tout est ouvert à lui. Il s'autorise toutes les identités. C'est passionnant et c'est génial. Ça en fait un héros fondamentalement très très intéressant. Parce qu'en plus, chaque histoire que vivra un Évoli sera différente de celui ou celle d'à côté. ça me fait penser à un article que j'avais écrit sur une salle d'attente des rêves où les rêves étaient distribués comme ça et puis ils se teintaient de la couleur avec laquelle ils étaient réalisés par les gens. Enfin, je ne sais pas si j'ai été très clair mais en gros ils partaient chez les gens et puis en étant réalisés par les gens ils se teintaient d'une certaine couleur. Et puis un jour tous ces rêves-là se retrouvaient à une table et tu avais comme un arc-en-ciel.
Tu vois, toutes les couleurs possibles. Un même rêve décliné en des centaines de milliers de couleurs. Et bah, Évoli c'est ça. C'est-à-dire que il y a toutes les histoires qui sont possibles. Toutes les histoires sont possibles. Et si tu mets toutes les évolutions d'Évoli, tu te retrouves avec un magnifique arc-en-ciel et je trouve ça trop cool. Et donc, je trouvais ça intéressant et je me suis dit ah mais tiens c'est intéressant. Tu as donc ce... Là, en l'occurrence je fais référence au Pokémon Let's Go Pikachu et Évoli où ils ont choisi les deux héros Pikachu et Évoli. Et donc, dans la même logique que ce que je disais en synchronicité, l'œuf ou la poule, tu vois, de choisir d'un côté un héros comme Évoli qui lui s'autorise toutes les voies et de l'autre côté un héros comme Pikachu qui lui refuse l'évolution. Tout le principe de Pikachu notamment dans l'anime c'est qu'il refuse l'évolution. Il décide de rester ancré avec son identité.
Et je trouve ça génial d'avoir deux héros profondément opposés, mais quand tu les prends séparément, quelque part, ils ont chacun leur raison. Tu vois, quand je vois Pikachu, c'est super beau de voir un personnage qui est convaincu qu'il porte la bonne identité et qu'il est qui il est. Et donc, pour quelle raison il changerait ? Tu vois, pour faire plaisir à quelqu'un d'autre ? Non, ce qui compte, c'est ce que lui veut faire. Et je trouve ça hyper intéressant d'avoir ces deux... J'avais jamais vu ça comme ça. Et je trouve ça intéressant d'avoir ces deux héros, tu vois, celui qui se laisse l'opportunité de tout le champ des possibles parce qu'il est encore en exploration, et celui qui sait dur comme fer dans quelle direction il veut aller. Et voilà, qui n'a pas envie de changer, d'évoluer et d'adopter une autre identité.
Et si Ulysse était un Pokémon ?
Et quand on a ces cinq Pokémon, et bien, en fait, on a quand même déjà, déjà cinq potentiels arcs narratifs, parce qu'en plus, évidemment, tous sont déclinables en milliards, en milliards de solutions. Et d'ailleurs, je disais Évoli et Pikachu, je les voyais que d'un oeil positif, mais les deux ont leur piège, tu vois. Refuser d'évoluer comme Pikachu, ça peut être dangereux. Si tu veux obtenir un résultat différent de celui que tu as aujourd'hui, et bien, à un moment, il faut évoluer. Donc soit apprendre une nouvelle attaque, soit évoluer. Je parle comme si je coachais Pikachu, tu vois. Si Pikachu vient me voir en coaching et me dit, écoute Sam, ça va pas, voilà, quelque chose doit changer, et je lui dis, très bien Pikachu, mais qu'est-ce que t'as envie de changer ? Alors il me dit, ah non, rien du tout je changerai, je veux juste un résultat différent. Bah Pikachu, mon frérot, je suis désolé pour toi, mais ça va pas être possible. Il faut que tu changes quelque chose. Donc soit tu évolues, soit tu apprends des nouvelles attaques, mais voilà, quelque chose doit changer, tu vois. Et c'est génial. Et au contraire, Évoli, et bah, il a ce piège. Il a plein d'opportunités, tout ce qu'il rencontre est une nouvelle opportunité. Et donc, qu'est-ce qu'il se passe si un jour il voit un caillou ? Il se dit, ah, je prends celui-là. Et puis en allant vers celui-là, il en voit un autre, et puis en fait non, il veut prendre l'autre, etc, etc. Là, il se retrouve comme un auteur qui a 18 idées de romans, tu vois. Lequel je choisis ? Tu vois, Évoli a un enjeu de clarté d'intention, et Pikachu a un enjeu de clarté, quelque part, d'identité, parce que l'intention, il l'a très bien, mais ça peut être un piège si il attend un résultat qui est différent sans oser se changer lui-même, tu vois. C'est passionnant, c'est passionnant. J'aime beaucoup ça. Je pourrais faire des séances de coaching de Pokémon. Voilà, nouvelle série, coaching session with, et hop, là, un Pokémon. Et donc là, il faudrait que vous m'imaginiez. Attention, je vous demande d'être créatif. Vous m'imaginez avec un costume de Pikachu, et je m'allonge là sur mon canapé, et je fais, oui, bonjour monsieur le coach, voilà, je viens vous voir aujourd'hui parce que, en fait, j'en ai marre de faire que des attaques éclairs, quoi. Ah ouais, c'est quoi une attaque éclair pour vous, Pikachu ? Ça serait trop drôle. Putain, quel serait le pire déguisement ? Le jour où je fais le Grotadmorv, là. Là, c'est compliqué, quoi que ça peut être très marrant, je pense. Grotadmorv, c'est chaud. Ah, Smogo et Smogogo aussi, c'est pas cool. Attendez, je vais me reconcentrer, parce que là je suis en train d'imaginer des déguisements Pokémon, et c'était pas du tout de ça dont je voulais vous parler. Voilà. Alors, on va aller voir tout de suite notre ami Soporifique. Alors attendez, il faut que je retrouve, parce que là, pour le coup, je l'ai pas préparé, mais on va retrouver la phrase du Pokédex de Soporifique. Ok. [trou de transcription 40:28 → 40:42 : la lecture à voix haute de la fiche Pokédex de Soporifique n'a pas été transcrite par Whisper] Donc il est pas cool, en gros. Il bouffe tes rêves pendant que tu dors, et il te les aspire par tes narines. Trop bien, le petit Soporifique. Et bah là, pareil, tu vois, c'est hyper intéressant narrativement parlant. Le voleur, le voleur de songe, le ravisseur de rêve. C'est en plus des thématiques qu'on retrouve dans beaucoup d'histoires, si je dis pas de bêtises. Tout le... vous savez, là, il y a un, il y a un des slasheurs très connus dans les films d'horreur, là, qui... C'est quoi ? C'est Freddy qui va dans les cauchemars, là ? Non, c'est pas ça. Bref, il y a lui, tout ce qui est Sandman, etc. Là, c'est pareil, c'est dans les rêves, là. Vous voyez ce qui me vient, c'est que Soporifique, il est vu comme quelqu'un de très méchant, tu vois. C'est quelqu'un qui pique les rêves des gens. Et bah, je pense que le plus grand enjeu de Soporifique, c'est de comprendre que, en fait, ce qu'il a besoin de s'autoriser, c'est son propre rêve à lui. Voilà, c'est qu'il se nourrit de l'inconscient des gens en essayant d'ignorer le sien, et il se nourrit du rêve des gens en se disant que ça va remplacer celui qui lui-même n'ose pas regarder, tu vois. Quelque part, Soporifique se lève le matin en se disant, aujourd'hui je vais piquer x rêves, en oubliant qu'en fait la vérité, c'est qu'il en a besoin que d'un seul, et c'est le sien. Donc, qui a envie de devenir Soporifique ? C'est peut-être ça son vrai enjeu. Et donc là, tout de suite, si je devais raconter une histoire sur un personnage qui serait Soporifique, et bien je raconterais par exemple l'histoire d'un ingénieur qui est convaincu que pour réussir dans la vie il doit gravir les échelons, et donc accomplir les rêves de son père, par exemple. Voilà, son père qui n'a, n'a pas fait, tu vois, n'a pas fait d'études d'ingénieur, mais qui a toujours rêvé de le faire, et qui a toujours dit à son fils, il faut que tu sois ingénieur mon fils, il faut que tu gravisses les échelons. Et d'ailleurs, ça rejoint aussi le côté Bulbizarre, tu vois, mais là je le vois plutôt en côté Soporifique. En côté, ok mon père, il faudrait pas qu'il le dise en mode accomplis-le. Il faudrait plutôt que son père répète de manière passive et inconsciente, oh là là, j'ai échoué ma vie et j'ai pas pu gravir les échelons. Ou, tu vois, pas en mode directif. Et donc Soporifique, le personnage, le fils qui se reconstruit comme Soporifique à force de l'entendre, se dirait, ok, bah je vais piquer ce rêve de mon père, je vais l'accomplir pour lui. Et bah, en fait, non. Non, Soporifique ne pique pas le rêve des autres. Ou alors, on pourrait être encore plus terre à terre et avoir quelqu'un de fondamentalement, à première vue, méchant, qui, parce qu'il déteste quelqu'un, décide d'accomplir tous les rêves qu'il a en tête. Donc par exemple, si la personne qu'il déteste rêve d'aller à Bali, et bah Soporifique va aller à Bali. C'est pas très gentil, Soporifique. Et tout l'enjeu de l'histoire serait que, au fur et à mesure de réaliser les rêves de cette personne qu'il déteste, il se rend compte qu'en fait la vraie personne qu'il déteste, c'est lui-même, parce qu'il n'a jamais osé écouter le rêve qu'il porte. Voilà. C'est un... très cool ça, très cool, ce Soporifique. Qui j'ai vu d'autre ? J'ai dit Insécateur. Je vais pas pouvoir tous les faire, parce qu'après je dois vous parler d'Ulysse aussi, j'avais dit ça. Attendez, Insécateur. Insécateur, il est stylé. Définition d'Insécateur. Insécateur, il y a un peu le côté combattant qui a jamais évolué, quoi, qui ne peut pas, qui ne peut pas évoluer. Ça, c'est terrible pour Insécateur. Alors, définition, où est-ce qu'il est ? Pourquoi je ne le trouve pas ? Tac tac tac, où est mon petit Insécateur ? Alors, pour la petite histoire, Insécateur, c'était vraiment un de mes, mes personnages favoris, et je l'adorais. Alors, je sais que dans la version Rouge Feu, il était obtenable notamment par le, par le, par le casino, je crois. Et en fait, c'était terrible, parce que il est, il est, il était du coup bizarrement pas si fort que ça, parce qu'il ne pouvait pas évoluer, et c'était toujours mieux d'avoir des Pokémons évolués parce qu'ils avaient beaucoup plus de stats. Et donc c'était embêtant pour Insécateur. Ah voilà, c'est bon. J'arrête de raconter ma vie de, de mec qui était triste d'avoir Insécateur. Ok. It is nearly impossible to parry its attacking scythes, its movements are like a ninja's. Ouais, ok, d'accord. En gros, c'est, il est impossible de parer ses attaques avec ses faux, ses mouvements sont ceux d'un ninja. Bon, effectivement, quand je lis comme ça, il y a, c'est pas hyper intéressant. Mais, mais mais mais mais mais, mais mais mais mais, il y a un truc qui me vient quand même. Il y a du coup ce côté, comment il a fait pour rendre ses attaques imparables, tu vois ? Pourquoi il est presque impossible de ne pas parer ses attaques ? Surtout que c'est presque impossible. Donc ça veut dire qu'Insécateur lui-même sait que c'est encore possible de contrer ses attaques. Donc il a encore des efforts à fournir pour contrer, enfin pour qu'on ne puisse plus contrer ses attaques. Donc il est à la recherche d'une chimère, quelque part, qui est, un jour j'arriverai à, que mes attaques soient réellement imparables. Et donc il est tellement focalisé sur ça qu'il en oublie, quelque part, l'essentiel. Pour quelle raison tu fauches, mon petit Insécateur ? Et là, miroir brisé, les faux qui lui en tombent, et révélation ultime de, ah bah ouais, je ne me suis jamais posé la question de pourquoi je voulais absolument que mes attaques soient imparables et que mes faux découpent tout ce qui passe. Voilà ce qui me vient pour Insécateur. C'est, c'est intéressant, j'avais pas pensé à ça. Et alors là, pour le coup, l'enjeu serait de taille, parce que ça voudrait dire mettre de côté son perfectionnisme, d'accepter qu'il puisse se confronter à l'échec. Peut-être. Ça serait quoi le pire, entre qu'il ne soit pas capable de développer une attaque que personne peut arrêter, ou alors qu'il trouve quelqu'un qui soit capable d'arrêter ses attaques ? Tu vois, d'où lui vient cette peur de l'échec ? Quelque part, est-ce qu'elle est intérieure, est-ce qu'elle est extérieure ? Et là, pareil, là on commence à creuser, là on commence à creuser d'où lui vient cette peur. Et donc on pourrait très bien imaginer, alors ça rejoint en plus son enjeu que je vous disais juste avant, dans la première génération il n'évolue pas. Donc quelque part, il y a ce côté aussi, admettons qu'il accepte qu'il ne peut pas atteindre la perfection, peut-être qu'en fait il évoluerait. Tu vois ? Intéressant. Et d'ailleurs, si je devais faire un parallèle avec son évolution, il évolue en Cizayox avec une Peau Métal. Donc il passe d'un, quelque part, d'un Pokémon offensif à un Pokémon un peu défensif. Et donc tu vois, il y a aussi cette notion qui se prolonge, de dire, si il s'autorise la non-perfection dans l'attaque et qu'il est ok avec le fait d'élargir sa zone de confort, et bah hop, il évolue. Tu vois, l'évolution passe aussi par le fait d'arrêter de chercher la perfection de manière extrêmement têtue dans une seule direction. Il y a donc une différence, c'est le fameux truc entre, c'est quoi l'expression, entre la persévérance et l'idiocie, ou quelque chose comme ça, ou être persévérant mais pas têtu, je sais plus. L'idée, qui est de dire, le souci c'est pas d'être persévérant, c'est de, de pas répéter tout le temps la même chose en espérant un résultat différent. Ça, c'est pas Einstein qui dit ça, d'ailleurs ? C'est très intelligent, ce bonhomme, je sais pas si vous connaissez. Voilà pour Insécateur. Et donc maintenant que j'ai dit ça, le rapport que je voulais faire avec, avec Ulysse. Parce que du coup, ça m'a questionné, tu vois. J'étais en train de réfléchir à tout ce que j'ai écrit là sur notamment Carapuce, Bulbizarre, Évoli, Pikachu, etc, et je me suis dit, du coup, avec les définitions du Pokédex, Ulysse, il est quoi ? Donc j'en ai, je suis arrivé à la conclusion, vous allez me dire si ça vous parle, mais je suis arrivé à la conclusion que Ulysse était, à des stades différents, un Pokémon différent avec des enjeux narratifs différents. Alors, j'ai repris un peu le Ulysse, du coup, de l'Odyssée. Je dois vous avouer que je me rappelle plus des textes, donc je sais pas si dans les textes originaux il y avait cette notion de, parce que, la vengeance avec les prétendants. Et je me rappelle jamais le nom du méchant, je l'ai appelé Antilope tout le temps où on en parlait après avec ma soeur, mais il s'appelle pas Antilope. Mais celui qui est joué par Robert Pattinson, qui joue extrêmement bien d'ailleurs, extrêmement bien, j'aurais dû le dire au début ça. Bref. Donc, tout cet aspect vengeance, etc, oui, ok, il y est. Par contre, je sais pas si c'était dans l'histoire originale, ce côté culpabilité, et donc ne pas s'autoriser à rentrer tant qu'il avait pas accepté cette culpabilité. Voilà, je vais ouvrir à mon petit toutou, je reviens. Donc je disais, je sais pas si c'est propre à Nolan ou si c'est comme ça dans l'Odyssée de base, mais ce côté besoin de passer outre la culpabilité pour l'accepter et revenir chez lui, et donc accepter qu'il a été le déclencheur de, quelque part, la fin de, presque la fin du monde, j'ai envie de dire, tu vois. De dire, ok, il a rompu le pacte de la loi de Zeus, et donc maintenant qu'est-ce qui empêche les autres de rompre l'hospitalité et la bienséance ? Et bah rien. Et donc il doit accepter que le monstre qu'il disait combattre et qu'il disait vouloir combattre, finalement, bah c'est lui qu'il a créé, et c'est par sa ruse qu'il a, qu'il a quelque part détruit le système fragile sur lequel fonctionnait le monde dans lequel il vivait. Voilà. Donc je sais pas si cette culpabilité là est dans l'Odyssée de base, mais moi j'ai réfléchi avec ça. Parce que le premier qui m'est venu, du coup, vis-à-vis de cette culpabilité, bah c'est évidemment Dracaufeu, puisqu'il y a écrit [trou de transcription 51:51 → 52:01 : la lecture à voix haute de la fiche Pokédex de Dracaufeu n'a pas été transcrite par Whisper] Et donc il y a ce côté, ok, un pouvoir si grand qu'il y a des dommages collatéraux. Et bah, Ulysse au départ, c'est un putain de Dracaufeu. Il est tellement malin qu'il arrive à trouver la faille, mais qu'il y a des dommages collatéraux qui sont immenses. Alors oui, il arrive à répondre à l'enjeu qu'il avait, c'était à savoir gagner la guerre de Troie et, et faire plaisir à Agamemnon, là. Mais en faisant ça, les dommages collatéraux sont immenses. La loi de Zeus rompue, tout le monde qui s'effrite du coup, parce que quand il y a plus de climat de confiance, bah il n'y a plus rien, en fait. Et donc au début, il est un Dracaufeu. Et quelque part, ce qui est, est-ce qu'à la fin il sera possible, tu vois ? Je me pose cette question du coup, parce que, du coup, si je devais me rattacher à ce qu'est Dracaufeu, c'est accepter cette puissance qu'il porte, qui peut être destructrice, et la réussir à la canaliser ou à l'utiliser de la bonne manière, tu vois. Et c'est vraiment ce truc de Spider-Man, un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Je me demande si à la fin il le comprend, Ulysse, dans le film, là. Je sais pas. En tout cas au début, il tombe dans le piège de ce qu'est un Dracaufeu. Il envoie tellement la patate avec sa puissance qu'il possède, qu'en fait il y a des dommages qui sont collatéraux, qui sont innommables. Voilà. Puisque quelque part, il y a même cette caricature dans le film d'Athéna qui est décapitée. Donc ça va loin, quoi. Ça va loin. Puis ensuite, à mon sens, à mon sens, il y a peut-être ce côté, alors moi, non, en fait je m'étais noté Ectoplasma. Pour quelles raisons ? Je vous explique. Parce qu'il y a ce côté, voilà, la définition d'Ectoplasma dans le Pokédex, c'est, il se cache dans l'ombre des gens et pendant la nuit il absorbe leur chaleur. Et il y avait un peu, alors c'est peut-être plutôt les monstres et donc le parcours d'Ulysse qui porte ceux-là, mais il y a ce côté, il va devoir payer de toute sa chaleur et toutes les étapes qu'il rencontre. Et donc je les ai notées là. Alors on les voit pas toutes dans le, j'ai vu qu'il y en avait pas mal qui n'étaient pas dans le film, mais nous on voit notamment Polyphème, on voit les Lestrygons, on voit Circé, on voit les Enfers, on voit les Sirènes, on voit Charybde et Scylla, on voit Calypso. Et bah tout ça sont des monstres qui viennent absorber ce qu'il était. Et il y a cette espèce d'ombre prédatrice, tu vois, de, il est menacé par sa propre création, et les monstres viennent le ponctionner de tout ce qui est cher à ses yeux, et quelque part tout son équipage, petit à petit. Voilà pourquoi j'ai pensé à ça. Mais j'ai un peu triché, j'avoue. Alors je dis que j'ai un peu triché, mais en fait je me dis, c'est surtout d'accepter sa part d'ombre et la part de responsabilité dans les choses qui nous arrivent. Quelque part, le Polyphème, le cyclope, il bouffe littéralement les gens qui viennent chez lui, donc il viole l'hospitalité que Ulysse a lui-même violée. Les sirènes chantent une gloire qui n'est qu'en fait qu'un orgueil. Et donc il est mis face à ses propres zones d'ombre, et donc il doit accepter la responsabilité de ses zones d'ombre pour pouvoir les traverser. Et pourquoi ça me fait penser, c'est bon, je recâble les liens, pourquoi ça me fait penser à un Ectoplasma ? Parce que Ectoplasma, justement, lui, c'est tout son enjeu narratif, c'est de remarquer qu'en fait, s'il se nourrit des ombres des autres, c'est parce qu'il refuse de voir la sienne et qu'il refuse de combattre la sienne. Et il y a donc ce truc de le prix à payer, et quelque part toujours de réussir à dialoguer avec son ombre. Et j'aime bien ce côté narratif, reconnaître sa signature sur les ombres qui peuvent nous entourer. Et la reconnaître ne veut pas dire, alors ça ne veut pas dire que c'est forcément négatif, mais au moins la reconnaître permet de la traverser et de la comprendre. Voilà. Et le dernier Pokémon, et après je m'arrête là parce que là ça fait déjà une éternité que je parle, je remarque, le dernier Pokémon...
Ta part de responsabilité dans les feux que tu combats
...qui m'a vraiment, là pour le coup, lui, il m'a fait tilt quand je lisais les définitions du Pokédex, c'est Stari. Alors ça paraît hyper con, mais en fait c'est parce que il y a marqué, même si son, son, son corps est détruit, il peut se régénérer aussi longtemps que le coeur reste vivant. Et en fait, ce qui est incroyable, c'est que Ulysse, c'est exactement ça. À la fin, il perd absolument tout dans cette compréhension de sa responsabilité vis-à-vis du monde qui désormais l'entoure. Il perd quasiment tout, et en fait il ne se raccroche qu'à une seule chose, c'est sa femme, forcément, son fils, son chien, son Ithaque, et la personne qu'il est profondément, au fond. Et tant que ça reste vivant, et bien, quelque part, quel que soit l'endroit dans lequel il se retrouve, même si c'est au plus profond du trou, et bien hop, il y a toujours un espoir qui remonte. Et petit à petit, c'est vraiment cette histoire de, il remonte, il remonte, il remonte, jusqu'à la fin où il réincarne pleinement son individualité en tendant l'arc, et puis en bottant le cul de tous les prétendants, notamment d'Antilope, qui ne s'appelle toujours pas Antilope. Voilà. Donc j'aimais bien l'idée de voir les différents enjeux narratifs au travers de Pokémon. Alors c'est très con comme exercice, mais je trouve ça super marrant. J'ai pensé aussi à d'autres, tu vois. Il y a le fameux Dracolosse, qui est un personnage qu'on croit exister, tu vois, c'est un Pokémon dont on parle que dans des légendes. Bah Ulysse, c'est aussi un petit peu ça. Pendant très longtemps, on se dit, il est vivant, il est mort, qu'est-ce qui se passe ? Personne ne sait, tu vois. Il ne vit plus que dans les légendes, un peu comme un Dracolosse. Et ça aussi, narrativement, c'est hyper intéressant. C'est quelque chose qu'on retrouve beaucoup, notamment par exemple dans la fantasy, où t'as toujours ces histoires de dieux qui sont là sans être là. Sont-ils vivants ? Ont-ils des, ont-ils encore une emprise sur notre monde, etc, etc ? Et puis après, t'as aussi le fameux Léviator et sa colère ultime, sa rage qui rase tout sur son passage. Et bah, paradoxalement, Ulysse boucle aussi dans la violence. Alors ça, c'est quand même ça qui est un petit peu, à la fin tu te dis, attendez, je finis avant de faire cet épilogue là. Mais du coup, la fin est totalement Léviatoresque, à savoir que, quelque part, quand il se retrouve au milieu de tous ses prétendants, il n'a aucune autre issue que de tous les massacrer. Donc là, il est en pleine... en explosion de sa rage, et puis il balaye tout. Et donc, le parallèle qui est intéressant, c'est que finalement, au début, sa plus grande force, qui est sa ruse, c'est aussi ça qui déclenche, qui fait apparaître la destruction totale de tout. Et je remarque que là, en parlant, qu'en fait on boucle quand même pas mal dans la violence. Il y a un truc. Alors c'est vrai qu'à la fin il y a cette histoire un petit peu, peut-être, de rédemption, en disant, finalement on part vers le soleil et on va rendre hommage à tous ceux qui nous ont quitté. Mais il recède à la violence, quelque part. Voilà, un point que j'ai pas encore tout à fait creusé. Est-ce que Ulysse est un personnage qui a résolu tous ces enjeux narratifs quand il termine l'Odyssée ? C'est une très bonne question, à laquelle j'ai pas la réponse là tout de suite. Est-ce que c'est une, alors dans le film, dans le vrai texte je me rappelle plus, faudrait que je creuse. Dans le film, j'ai la sensation que, quelque part, oui, il boucle et ça se termine, parce qu'en fait ce voyage vers le soleil, c'était déjà quelque chose qu'il évoquait au début. Donc quelque part, il revient vraiment à son coeur, tu vois, comme exactement, comme je disais, Stari, tout le reste explose mais à la fin il ne reste plus que l'essentiel, et c'est comme ça qu'il se reconstruit. Et en même temps, il a quand même réglé tous ses problèmes à coup de, à coup de lance, d'épée et de flèche. Donc qu'est-ce, qu'est-ce que c'est de nous transmettre, Nolan, très exactement, là ? Non, je blague, je blague. Je retiens vraiment, moi, le message du film qui m'a beaucoup touché, c'est toujours s'interroger sur quelle est notre part de responsabilité dans les, dans tout ce qui arrive. Et alors, c'est au-delà de, de la cause, parce que quelque part la cause, le truc est là, tu vois. Donc à quoi bon s'autoflageller ? S'autoflageller, donc, c'est pas tellement ça. C'est plus, ok, aujourd'hui, une fois que je me rends compte qu'en fait l'humanité a créé des poisons qu'elle dit combattre, aujourd'hui, où se situe ma responsabilité individuelle pour faire en sorte que ces poisons soient réellement combattus et que j'arrête de les nourrir ? Tu vois. Et donc là, ça rejoint tout le discours de responsabilisation dont je vous parlais dans un épisode précédent, qui s'incarne par véhiculer les messages qu'on a envie de voir partout, bah déjà de manière individuelle, quoi. Voilà. Et si je devais boucler sur, encore une fois, sur l'écriture, parce que là du coup on a beaucoup parlé de personnages. Vous voyez, il y a plein de manières d'explorer des personnages. Tout est une matière à raconter des histoires. C'est vrai pour les Pokémons, c'est vrai pour la mythologie, c'est vrai pour absolument toutes les choses qui nous entourent. C'est aussi bête que ça, de commencer à raconter des histoires. Quelque part, c'est s'autoriser cette folie de prendre n'importe quoi qui nous passe et d'avoir la curiosité de dire, ok, mais qu'est-ce que ça me raconte comme histoire ? Voilà. Ça, c'est tout ce que j'ai pu partager là, est un très bon exercice pour entraîner sa créativité, et aussi se libérer de l'énorme pression qu'on a d'écrire le livre qu'on voudrait absolument écrire. Parfois on prend tout ça tellement au sérieux qu'on en oublie la folie et le fun qu'est l'écriture. Et faire un petit détour par toutes les choses qui sont un peu moins importantes que... pour nous, permet, une fois qu'on retourne sur le projet qui est le plus important pour nous, de se dire, ok, en fait je sais que je peux mettre un peu de fun, parce que je l'ai fait par ailleurs. Voilà. Alors évidemment, attention, je vous vois venir, l'idée n'est pas d'abandonner le projet qui est important pour nous pour aller faire des projets qui ne comptent pas. Non, non, non, non. C'est dans l'exploration de notre projet, comment je fais pour m'autoriser de la folie qui va servir le projet qui compte vraiment pour moi. Voilà. Je voulais vous partager ça. Je voulais vous partager aussi que cette responsabilité des messages qu'on a envie de véhiculer, elle passe aussi beaucoup par les livres qu'on a envie d'écrire. Tous les messages que portent nos livres sont des messages qu'on aurait envie de crier sur les toits. C'est une manière différente de faire. Et m'est avis que si votre livre est si important pour vous, c'est aussi que c'est une manière pour vous de mettre sur papier un message qui compte terriblement et que vous avez envie de voir partout. Et effectivement, ce message mérite d'exister, et un jour il touchera quelqu'un, et ça changera très certainement sa vie. Et donc je vais clôturer en répétant encore une fois cette phrase de Wajdi, qui est absolument essentielle. On ne sait jamais qui on sauve en écrivant, comme on ne sait jamais qui nous sauve parce qu'il écriva, ou plutôt nous sauva parce qu'il écrivit. Et donc évidemment, je clôture avec cette phrase de Wajdi que j'aime toujours rappeler, mais on ne sait jamais qui on sauve en écrivant. Et peut-être que ce sauvetage passe par les messages que vous avez envie de porter. Et quelque part, vous êtes responsable de les transmettre dans votre livre, et ça serait vraiment dommage que de si belles idées restent dans votre tête. Voilà. Voilà, sur ce, je vous souhaite une très bonne fin de journée, et puis osez écrire. Merci, merci d'être là, épisode après épisode. Si ce podcast t'inspire, t'aide ou te met du baume au coeur, t'abonner, mettre 5 étoiles et le partager, c'est le meilleur moyen de m'aider à toucher le plus de gens qui ont un livre en eux. Parce qu'après tout, plus il y a de livres écrits et mieux le monde se porte. À très vite, Ose Écrire.
Ancien ingénieur en sûreté nucléaire, j'ai tout quitté pour l'écriture. J'anime Ose Écrire et j'accompagne les auteurs autour de trois clartés : le rythme, l'identité, l'intention. Toi aussi, tu as un livre qui attend ?