Aller au contenu principal
← La bibliothèque
Pochette de l'épisode 129 du podcast Ose Écrire

ÉPISODE 129AVEC INVITÉ22 JUILLET 202678 MIN

Je me suis inventé un monde pour m'y réfugier - Discussion avec Stéphane Torre

Clarté · Identitéworldbuildingauto-édition
00:001:18:10

FACE A — LES 26 CHAPITRES · CLIQUE POUR ÉCOUTER

Et si le monde dont tu rêves n'attendait que toi pour exister ?

CE QUE RACONTE CET ÉPISODE

Quand Stéphane était enfant, il a pris une feuille et un crayon, et il a dessiné une carte. Des îles, des peuples, des créatures. Un monde entier, rien qu'à lui. Pas pour un éditeur, pas pour des lecteurs. Juste un refuge, un endroit où aller quand il avait envie de penser à autre chose.

Ce monde ne s'est jamais arrêté de grandir. Il a évolué au fil des années, en même temps que lui, jusqu'à devenir Blyn, sa saga de fantasy. Ce que tu crées pour toi a de la valeur dès le premier trait, même imparfait. Surtout imparfait.

C'est peut-être ça qu'on oublie quand on rêve d'écrire : on attend d'avoir l'univers complet, l'histoire ficelée, le talent en poche. Alors que tout commence par un dessin, une carte, un coin de monde où l'on a envie de se réfugier.

Ton univers t'attend. Commence par un premier trait.

C'est tout l'épisode 129 avec Stéphane Torre, à écouter là où tu écoutes tes podcasts.

LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE — CLIQUE UN SLIDE POUR L'AGRANDIR

Face B — le transcript

L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE

Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !

Intro : la fantasy, ce refuge qu'on découvre adolescent

Ybelion — Bienvenue dans cet épisode où j'accueille Stéphane, auteur et entrepreneur dans le monde du livre, puisqu'il a créé un prime livre. On parle de fantaisie et, avec ce point d'entrée, de ce que l'écriture nous permet. Et je crois que plus que tout, ça m'a rappelé pour quelle raison je fais tout ce que je fais aujourd'hui. Vive le livre de fantaisie qu'on découvre quand on est adolescent. Bonne écoute. Moi c'est Sam, Ybelion de mon nom de plume. Je suis écrivain, coach ICF et j'ai créé Ose Écrire, un accompagnement pour celles et ceux qui veulent enfin accomplir leur rêve d'écrire un livre. Ce podcast a la même intention. C'est ton rendez-vous, inspiration, discipline et passage à l'action. Et si ça te parle, abonne-toi, mets 5 étoiles et partage autour de toi. Parce que plus il y a de gens qui osent, plus d'autres oseront à leur tour. Allez, c'est parti et bonne écoute. Je vois aussi des petites figurines derrière Star Wars, Mario, Zelda, tout ça. Ouais, ouais. C'est quoi le point de départ de tout ?

Stéphane Torre — Le point de départ... En fait, c'est marrant parce que mon influence principale, ce n'est pas forcément les livres ou quoi, c'est les jeux vidéo. Depuis que je suis petit, j'ai toujours baigné là-dedans. J'ai un grand frère qui a 4 ans de plus et qui jouait déjà en fait moi quand je suis né, quand j'ai mes premiers souvenirs. À la Megadrive, à Sony, etc. Donc, ça ne rajeunit pas. Et en fait, je suis toujours un peu baigné là-dedans. J'ai toujours été happé par les univers des jeux vidéo. C'est vraiment ce qui m'a plu. C'est vraiment de m'immerger dans un monde, dans un lore et en étant en fait acteur. On est beaucoup plus actif dans un jeu que quand on regarde un film, une série, même quand on lit un livre. Parce que c'est nos actions qui font avancer l'histoire.

Les jeux vidéo, sa véritable source d'inspiration

Stéphane Torre — Et du coup, c'est ça qui m'a donné envie de créer mon univers en fait. Le point de départ de l'écriture, ça a été le jeu Zelda The Wind Waker sur Gamecube. Où en fait, c'est mon premier souvenir de monde.

« Les jeux vidéo m'ont appris à écrire »

Wind Waker, sa première carte et la naissance de Blyn

Stéphane Torre — Alors, ce n'est pas vraiment un monde ouvert, mais je ne sais pas si tu as déjà joué. C'est un jeu où tu t'explores différentes îles sur ton bateau, etc. Et tu as un sentiment de liberté qui est pas mal. Et d'ailleurs, quand j'ai commencé à écrire Blind, en fait, ça s'est matérialisé sous forme de carte. Je pris une feuille, je pris un crayon, j'ai dessiné ma carte. Et c'est une carte qui peut ressembler un petit peu à celle de Zelda avec différentes îles en fait. Donc, ça a été vraiment le point de départ. Et après, j'ai créé mon univers autour de ça. Avant d'avoir une histoire, j'ai créé des peuples, etc. Et je voulais avoir mon monde à moi, quoi. C'était mon refuge, quoi.

Ybelion — C'est incroyable. Le côté vouloir se créer son petit univers à soi. Puis en fait, on dit petit univers, mais en fait, j'imagine que ça doit être... Ça agrandit, à fur et à mesure. C'est bien vaste, ouais. Donc, tu vois, c'est associé quand même à des souvenirs d'enfants, d'adolescents. C'est à ce moment-là déjà que tu as l'idée, tu dis, ok, j'ai envie de créer mon univers à moi. Ou ça te revient... Ouais, non, complètement. Franchement, mes premiers dessins de Blind,

Stéphane Torre — donc du coup, ma saga de fantasy, ça s'appelle Blind, c'est le nom du monde. Et ça remonte vraiment à la primaire, quoi. C'est-à-dire que j'ai des dessins que j'ai encore, où j'ai ma première carte, etc. Et j'ai des bribes comme ça, des personnages que j'ai finalement mis dans le livre, etc.

Ybelion — Bon, qui ont évolué depuis, mais... Donc, ça s'est fait, en fait, tout au long de ma scolarité.

Stéphane Torre — Et ça a grandi, l'univers a grandi avec moi, tu vois. Et j'ai vraiment commencé l'écriture du roman à la fin du lycée, je dirais. Donc, ça a eu le temps de grandir. Et j'ai fini l'écriture pendant mes études, à la fin de mes études, à la fin de mes études. Et je l'ai publié en 2019. Donc, voilà. Ça a été très long, parce qu'en fait, je ne me suis jamais mis... Enfin, au départ, quand j'ai commencé à imaginer l'histoire, etc., je ne pensais pas forcément en faire un roman ou quoi. C'était un truc un peu perso, tu vois. Faire mon univers, dessiner. C'était beaucoup par le dessin au départ. Je voulais en faire un manga au départ. J'ai eu ma période où je voulais faire un manga. Et après, finalement, c'est l'écriture qui est venue, parce qu'en fait, l'écriture, il y a beaucoup moins de contraintes, je trouve, que le dessin. Moi, j'avais ma contrainte un peu technique. Pour être mangaka, c'est compliqué. Il faut vraiment voir... Il faut beaucoup travailler, etc., le dessin.

Un monde imaginé dès la primaire, qui grandit avec lui

Ybelion — Là où l'écriture, si je voulais... Selon la scène que j'imaginais,

Stéphane Torre — avec des mots, je trouvais ça beaucoup plus simple de le retranscrire. Et c'est comme ça que c'est venu. C'est trop cool ce que tu racontes. Et c'est tout à fait vrai.

Ybelion — Dans l'écriture, il y a un côté... C'est tellement simple, entre guillemets, tu vois. C'est ça. Alors, bon, simple dans l'acte. Après, effectivement, mener un projet jusqu'au bout,

Stéphane Torre — c'est pas forcément simple. C'est long.

Ybelion — Mais c'est vrai que la contrainte technique est beaucoup moins importante, quelque part. C'est ça. Et alors, c'est hyper intéressant. Je suis assez... Moi, j'adore les auteurs de fantasy parce que très souvent, effectivement, c'est des souvenirs qu'on a depuis l'enfance, qu'on construit, qu'on construit. J'ai entendu aussi que tu disais, au début, c'était vraiment créer un univers et puis après, t'es parti sur l'idée du roman. Alors, du coup, il y a deux choses qui me viennent, tu vois. Il y a la première, c'est comment t'as fait pour, quelque part, récupérer la matière que t'as créée quand t'étais enfant pour en faire un roman parce que entre ce qu'on crée quand on est enfant et la réalité d'un roman, parfois, il y a quelques dissonances, tu vois. Et après, comment t'as fait pour te dire, OK, en fait, mon univers, il est suffisamment complet pour que je l'exploite dans une histoire. Et tu vois, et pas tomber dans cet écueil, parfois, qu'on a quand on fait de la fantasy de vouloir world buildinger à l'infini, tu vois. Ouais.

Stéphane Torre — En fait, ça s'est tellement fait sur une longue période qu'il n'y a pas eu vraiment...

Ybelion — Je ne me souviens pas d'un déclic, tu vois. OK. Ça s'est fait petit à petit. Je me souviens assez bien de comment ça a évolué. Au début, je voulais faire un jeu, justement, un jeu de société, tu vois.

Stéphane Torre — Quand j'avais ma carte, je me suis dit peut-être qu'on peut faire avec des personnages, aller d'une île en île, etc. J'ai eu plusieurs périodes, en fait,

Ybelion — parce que j'aime beaucoup de choses dans tout ce qui est ludique et divertissement.

Stéphane Torre — donc je voulais avoir mon truc, quoi. Soit mon jeu, soit mon histoire, voilà. Donc, c'est passé par différentes phases. Et au final, j'ai regroupé les meilleures idées

Ybelion — que j'avais eues au fur et à mesure, tu vois, des idées de personnages,

Stéphane Torre — des idées de pouvoir. Et ça s'est développé comme ça. Au tout début, j'avais imaginé une comète qui arrive, qui donne des sortes de dés, c'était sous forme de dés, en fait, qui donnait les pouvoirs aux héros, tu vois. Et finalement, ça a évolué. Ça n'a rien à voir avec une comète. Enfin, il y a des choses, en fait, comme n'importe quelle histoire, qu'on a des idées, on les note, on les jette, ça évolue. Et puis, finalement, à un moment donné, je me suis dit, là, ça commence à être assez clair dans ma tête. J'ai ce personnage-là qui me plaît bien.

Ybelion — J'ai l'univers qui était, en fait, j'avais mes limites.

Stéphane Torre — Et ça, je trouve que c'est le plus important, je pense, quand on écrit de la fantasy, c'est de connaître les limites de son monde, de savoir ce qu'on peut y faire ou pas y faire. Parce que si on n'a pas de cadre, en fait, ça peut partir de tous les sens. Donc moi, je sais que, par exemple, il n'y a pas de voyage dans le temps, dans mon univers. Je sais que ce n'est pas quelque chose que je vais avoir dans mon histoire. Donc ça me cadre, ça me permet d'avoir des limites. Et une fois que j'avais mon univers de construit, je me suis dit, quelle serait la meilleure histoire, en fait, à raconter. Et au final, au départ, l'histoire que je voulais raconter, ce n'était même pas celle que j'ai racontée, là. C'est la génération d'après que j'ai racontée, que celle que j'avais imaginée au départ. Parce que ça me semblait plus intéressant. C'est des choses qui sont venues vraiment petit à petit. Il n'y a pas eu un moment, jusqu'au jour où j'ai commencé à écrire, où vraiment j'ai eu le twist. Tu sais que c'est... En vrai,

Ybelion — c'est assez impressionnant, quelque part, le fait que tu aies réussi à dire, bon, ok, je vais en mettre de côté. Tu as dit, par exemple, bon, tu sais, tu as des idées, tu les jettes et que ça. Mais tu sais, ce truc de jeter, en vrai, ce n'est pas forcément si évident. Non, non. C'est vrai. Il y en a certaines que... que... que tu as eu du mal à jeter. Est-ce qu'il y en a d'autres que tu te dis, genre, ouais, je les jette, mais en vrai, si un jour, j'arrive à les exploiter, c'est cool.

Lâcher les idées : les bonnes reviennent au bon moment

Stéphane Torre — Comment ça se passe, tout ça ? Alors, il y a différentes choses, je pense, parce que j'écris plusieurs choses. Alors là, moi, ce que j'ai auto-édité, c'est Blind, qui est toujours en cours. Mais j'ai d'autres projets d'écriture, donc c'est vrai que parfois, il y a des idées qui peuvent ne pas correspondre à Blind,

Ybelion — que je mets de côté et que je peux utiliser dans d'autres choses. Et après, il y a des idées souvent

Stéphane Torre — qui se sont transformées. J'ai un personnage, par exemple, dans Blind, qui manipule le sable. J'avais écrit un truc il y a longtemps, j'étais au collège, avec un personnage qui maîtrisait le sable. Alors, ça n'a plus rien à voir, mais il y a quand même ce personnage-là. C'est-à-dire que j'ai vraiment recyclé l'idée et je l'ai adapté à cet univers-là, en fait. Donc, c'est vrai que

Ybelion — des idées, parfois,

Stéphane Torre — on se rend compte que c'est nul, donc on ne les exploite pas. Moi, c'est souvent le soir où, quand j'ai les yeux fermés, je suis dans mon lit, j'ai des choses qui me viennent et parfois, avant de m'endormir, je me dis, c'est trop bien et tout. Et je me révèle le matin et je me dis, mais c'est éclaté, en fait. Donc, voilà, il y a des choses. Après, parfois, quand c'est des idées qui restent, qui reviennent, etc., ça veut dire que c'est peut-être bien à exploiter d'une certaine façon, que ce soit dans Blind, dans autre chose, je les note et puis parfois, je reviens dessus

Ybelion — et puis parfois, j'en oublie aussi. Donc, quand je les oublie, ça veut dire que

Stéphane Torre — ce n'était pas forcément une bonne idée ou... Enfin, c'est... ça se fait assez naturellement mais c'est vrai que ce n'est pas simple quand on a une idée pendant plusieurs jours, plusieurs semaines de se dire, bon, finalement, ça-là, je ne la fais pas. souvent, ça évolue plus que ça disparaît dans mon cas, en tout cas.

Ybelion — Je suis d'accord avec toi et moi, pendant très longtemps, ça a été assez... Tu vois, le partage que tu faisais de dire, il y en a certaines que tu oublies puis en fait, ça veut peut-être dire que ce n'était pas la meilleure idée, etc. Moi, pendant très longtemps, j'ai été vraiment... J'ai été omnubilé par le fait de ne pas oublier les idées, tu vois. Et c'est super dur en fait parce que c'est hyper parasitant sur la réalité de ce que tu écris, quoi. et petit à petit, bon alors, c'est long les étapes quelque part, tu vois, c'est très itératif mais il y a un moment où tu comprends comment tu fonctionnes et comment tu arrives à lâcher prise sur, ok, en fait, les idées, quelque part, quand elles sont excellentes, elles te viennent au moment où elles sont excellentes et quelque part, elles sont très moment dépendantes, tu vois. C'est ça. J'aime bien l'idée de, ok, ne t'inquiète pas, si c'est vraiment une bonne idée,

Stéphane Torre — tu t'en rappelleras au moment

Ybelion — où elle est extrêmement pertinente, tu vois. Ouais, c'est ça. Un peu de hasard. En plus, moi, il y avait un moment

Stéphane Torre — où j'avais du mal à me mettre à écrire si je ne savais pas exactement ce que j'allais écrire. Alors, lancer le Word, par exemple, avec une page blanche et me dire, bon, voilà, là, j'ai une heure, je vais écrire. Non, ça, j'arrive pas. Même encore aujourd'hui, j'ai du mal. Alors, je préfère me cadrer et me dire, bon, voilà, j'ai ce chapitre en tête, je vois où ça va. Même si ce n'est pas dans tous les détails, maintenant, j'ai plus de facilité à commencer à écrire parce qu'en fait, en écrivant, il y a plein de choses qui viennent et on se pose beaucoup plus de questions en écrivant que ce soit sur les personnages, comment ils vont parler, etc.

Ybelion — Même si c'est assez clair dans mon esprit, moi,

Stéphane Torre — je suis plus architecte que jardinier. Si tu vois, voilà, je ne sais pas s'il faudrait expliquer les termes ou pas, mais en gros, je construis mon histoire avant de l'écrire. Je ne fais pas tout au feeling sans savoir où je vais. Dans la fantasy, je pense que c'est obligatoire parce que sinon, en fait, je ne sais pas où tu vas.

Ybelion — C'est effectivement, ça me fait sourire parce que je le trouve, il est hyper manichéen, tu vois, le architecte jardinier et les gens passent leur temps à se demander dans quelle case ils sont et la réalité est beaucoup plus mouvante entre les deux. Et tu as très bien expliqué justement le fonctionnement qu'on peut avoir, celui que tu as évoqué pour toi, de dire, ok, en fait, je me rends compte que là, dans l'élan, l'objectif, c'est d'écrire dans l'élan d'écriture, si le truc qui te bloque, c'est de te dire merde, en fait, je ne sais pas où je vais, alors là, va adresser le côté très architecte et va mettre

Architecte ou jardinier : sortir du faux débat

Stéphane Torre — un peu de structure. Et effectivement, dans la fantasy,

Ybelion — être purement jardinier, il y a certains osos rares donc ça doit exister, tu vois. Mais oui, généralement, c'est tellement, il y a quand même des choses complexes, beaucoup de connexions, de liens, donc forcément, c'est difficile. C'est surtout que c'est un univers

Stéphane Torre — qui est inventé, en fait, la fantasy. Donc, si on ne l'a pas établi au minimum avant, c'est comme je disais tout à l'heure, il peut se passer tout et n'importe quoi. C'est-à-dire qu'il peut y avoir des aliens, il peut y avoir des monstres tentaculaires qui sortent de l'eau, il peut y avoir du vache dans le temps et tout, enfin, on ne s'en sort plus. Donc, on peut tout mettre, ça peut être le foutoir. C'est bien de cadrer, je pense, un minimum. même si l'univers est très riche, mais qu'il soit maîtrisé. Franchement,

Ybelion — c'est tout l'enjeu vraiment du côté world building quand tu écris de la fantasy. Ton univers est censé être au service de l'histoire, pas l'inverse. Et c'est tout l'enjeu de suivre un chemin, d'avoir de la clarté sur les intentions que tu peux suivre. Donc, effectivement, effectivement. et du coup, si je me rappelle bien, le premier tome, c'est Les Fragments Perdus,

Stéphane Torre — c'est ça ? Ouais.

Ybelion — Et c'est le premier tome d'une trilogie, de beaucoup plus. en fait,

Stéphane Torre — je l'ai fait en deux étapes. C'est-à-dire que dans ma tête, il y avait quatre livres, quatre gros livres, on va dire. et je me suis rendu compte en faisant les salons et tout, quand tu es en auto-édition, il faut savoir se vendre. Il n'y a pas une maison d'édition derrière qui va te pousser, etc., qui va te faire participer. Tu fais tout en autonomie. Et je me suis rendu compte qu'en faisant des salons, ce n'est pas évident pour quelqu'un d'acheter un livre d'une personne que tu ne connais pas qui coûte 20, 22 euros parce qu'il est assez gros. je ne peux pas le mettre à 10 euros par rapport au coût de fabrication, etc. Ce n'est pas possible. Du coup, j'ai décidé d'en faire des versions de poche et de faire trois versions de poche. Le premier tome, c'est devenu une sorte d'intégrale des trois premières parties. J'ai sectionné en trois tomes et je l'ai mis à 8 euros. Du coup, c'est des petits formats de poche. C'est plus accessible pour rentrer dans l'univers. on se dit que je vais donner la chance à cet auteur. Ça ne coûte même pas 10 euros. Ça l'encourage parce qu'il y a l'affect aussi qui peut se créer pendant un salon. On discute, on échange, on a envie

Les Fragments Perdus et le pari des livres de poche

Ybelion — de donner un coup de pouce à un auteur. Donc,

Stéphane Torre — ça peut jouer même pour faire un cadeau à un proche, à un enfant. c'est vrai que j'ai décidé de mettre des livres de poche. Il y aura plus de livres de poche que quatre au total étant donné que les quatre c'était quatre gros. Et là, en fait,

Ybelion — le tome 2, j'ai écrit

Stéphane Torre — la première partie du tome 2. Je sais que le tome 2 il sera divisé

Ybelion — en deux livres de poche. Les suivants, ils vont être en deux livres de poche à chaque fois que je vais sortir. Je vais privilégier à sortir des livres de poche

Stéphane Torre — en continuant comme ça. Donc là, je vais sortir la partie 4 et la partie 5, une fois qu'elle sera sortie, je sortirai l'intégrale du tome 2. Enfin, voilà, ce sera un peu plus comme ça. Je préfère sortir au compte gouttes parce que c'est très long à écrire. Aujourd'hui, moi, je ne vis pas de mon statut d'auteur. Donc, il faut savoir se libérer du temps tout en sachant que c'est un investissement de temps mais qu'au bout, ce n'est pas forcément quelque chose qui va nous faire vivre derrière. Donc, c'est toujours plus simple de prioriser ce qui fait gagner de l'argent et ce qui nous fait vivre à la fin du mois. Et ce qui est dommage parce que moi, ce qui me fait kiffer, c'est d'écrire des bouquins. Ça,

Ybelion — c'est le très, très grand enjeu de beaucoup d'auteurs et effectivement, en l'occurrence, tu vois, quand je t'entends, j'ai l'impression aussi, à mon sens, c'est le plus important d'être au clair

Stéphane Torre — sur ça, de dire, ok, effectivement,

Ybelion — ce n'est probablement pas de ça dont je vais vivre. et je trouve que ce qui peut faire le plus mal, c'est quand il y a une dissonance entre le résultat qu'on entend et les raisons pour lesquelles on le fait et ça peut être difficile derrière. Mais elle est intéressante ta réflexion et tu vois, c'est vrai que naturellement, on ne fait pas des livres de poche alors qu'effectivement, c'est beaucoup plus accessible.

Stéphane Torre — Ça fait un beau parallèle d'ailleurs

Ybelion — avec ce que tu as lancé, du coup, Imprime Livre. c'est ça. Et du coup, alors pour le coup, je prends cette diagonale mais je n'oublie pas, j'ai envie de retourner après son tournure de fantasy, mais à quel moment du coup, ça naît, Imprime Livre ? Quand est-ce que tu te dis finalement, en fait, peut-être que je vais, je pourrais le faire tout seul,

Stéphane Torre — tout ça ? Alors, en fait, je travaillais en imprimerie. J'étais chargé de produits dans une imprimerie donc j'ai développé les nouveaux projets en fait, les nouveaux produits qu'on pouvait faire et j'ai travaillé sur les livres justement et ça me parle forcément peut-être plus qu'à un autre et c'est vraiment tout le long du projet comparé aux autres projets que j'avais pu faire au sein de l'imprimerie, c'est ce qui me parlait le plus en fait parce que j'étais ultra motivé, ça a duré plusieurs mois et tous les matins j'y allais et j'étais vraiment au taquet quoi. Donc,

De l'imprimerie à l'idée d'Imprime Livre

Ybelion — je me suis dit au bout de ce projet, moi, ce qui me fait kiffer, ce qui me plaît, ce qui me motive

Stéphane Torre — à me lever le matin, c'est de travailler dans cet univers-là des livres que ce soit en tant qu'auteur ou du coup, là, j'ai découvert aussi le fait de pouvoir proposer cette prestation-là. Alors, le public, là où je travaillais, je restais vague mais bon, ce n'était pas du tout des auteurs ou quoi mais c'est ça

Ybelion — qui m'a donné l'idée en tout cas

Stéphane Torre — de créer un site axé pour les auteurs en auto-édition de par mon parcours au personnel du coup, dans l'auto-édition depuis 2019, je savais quelles étaient les étapes où j'ai galéré, où ce n'est pas forcément clair, il faut aller chercher des infos à droite, à gauche, il faut commander des choses à droite, à gauche et l'idée, c'était de proposer un site qui regroupe un peu tout donc où il y a des tutos pour expliquer comment faire un dépôt légal, qu'est-ce que c'est un dépôt légal, d'avoir un numéro d'immatriculation entre guillemets pour son livre, c'est l'ISBN, comment ça fonctionne, etc. Donc, il y a plusieurs tutos comme ça et aussi, il y a des services de correction, de mise en page, de création de couverture, toutes les choses où en fait, c'est des choses que l'auteur en auto-édition va devoir gérer tout seul. Alors, pour ma part, comme j'ai fait des études où j'ai appris à manier Photoshop, je faisais beaucoup de dessins, etc., j'ai réussi à faire toutes ces choses moi-même donc en termes de frais, j'en ai eu très peu moi quand j'ai fait mon livre. J'ai fait la couverture moi, j'ai fait la mise en page moi, enfin voilà. Mais, mais c'est pas forcément à la portée de tout le monde ou alors simplement pas le temps, pas les compétences. Beaucoup de personnes qui sont à la retraite sont pas forcément à l'aise avec les outils numériques pour ça. Donc voilà, c'est proposer des services à la carte jusqu'à l'impression du livre, jusqu'à l'impression des goodies pour faire des salons, que ce soit des patchs personnalisés, des flyers, des roll-up, voilà. Tout centralisé au sein d'un site pour les auteurs et c'est de les accompagner au mieux.

Ybelion — C'est très très cool. C'est vrai que le, moi je trouve ça très, enfin en fait, le fait que ça soit accessible de pouvoir tenir son livre entre les mains sans que ça soit une espèce de contrainte qui soit pas driveée par nous. Parce qu'en fait, les histoires de maisons d'édition, tout ça c'est très bien. Encore faut-il décider d'écrire pour être publié quelque part, ce qui peut être parfois très différent d'écrire pour nous et de raconter ce qu'on a au fond de nos tripes et d'avoir justement des services qu'ils mettent à disposition, enfin, que ce soit plus facile d'avoir ce livre-là, c'est super cool. Comment ça se passe du coup si un auteur se dit vas-y, j'ai envie de le faire imprimer avec Stéphane ? Ouais. En fait, tout est possible en autonomie sur le site.

Stéphane Torre — C'est-à-dire qu'on peut

Ybelion — configurer notre livre

Stéphane Torre — sur le site. Il y a un tuto qui explique comment configurer parce qu'on n'est pas forcément familier avec le type de papier qu'il faut choisir, les finitions pour la couverture, tout ça. La préparation des fichiers, c'est la partie la plus compliquée, on ne va pas se mentir. c'est vrai que ce n'est pas simple. Selon les imprimeurs, en plus, ça change tout le temps parce qu'il y a les bords perdus, bon, bref. Mais, en tout cas, voilà,

Imprimer son livre en autonomie, et rester maître de son texte

Ybelion — j'ai mis tous les outils sur le site

Stéphane Torre — pour que ça puisse être fait en autonomie, mais on ne va pas se mentir, 90% du temps, c'est une prise de contact, ça va être un devis, ça va être des conseils, ça va être des appels pour guider au mieux, comprendre le besoin et, voilà, mon rôle, c'est de m'adapter, de proposer ce qui convient le mieux à chaque type de projet parce que, parfois, on a une idée en tête et puis, en discutant, on se rend compte que ce n'est pas forcément le mieux ou qu'il y a une meilleure option et que, voilà. Donc, tout est faisable en ligne, on peut vraiment passer à la commande de A à Z, ce qui est bien, c'est qu'il y a vraiment le prix, en fait, qui s'affiche, il y a un calculateur de prix, donc on n'a même pas besoin de faire une demande de devis ou quoi, sauf quand c'est quelque chose de spécifique, mais sinon, on peut tout chérer en autonomie et, en plus, chaque prestation, en fait, qu'il y a sur un prime livre n'engage en rien, c'est-à-dire qu'une personne qui veut corriger son livre, le mettre en page avant de l'envoyer à des maisons d'édition, par exemple, il n'y a pas de souci, le but, ce n'est pas d'être en auto-édition forcément sur un prime livre, c'est d'accompagner les auteurs, d'accompagner les personnes qui ont envie d'aller au bout d'un projet, que ce soit, comme tu disais, un livre personnel,

Ybelion — j'en ai eu beaucoup des exemples comme ça, juste 10 exemplaires, il n'y a même pas besoin de faire de dépôt légal, il n'y a même pas besoin

Stéphane Torre — d'avoir un ISBN, c'est un cercle familial, ça peut être une autobiographie, ça peut être un livre de souvenirs, des photos, des choses comme ça, donc,

Ybelion — tout type de projet, que ça soit

Stéphane Torre — imprimé avec un livre agrafé, à spirale, deux carrés collés, avec une couverture

Ybelion — souple ou rigide, voilà, selon les projets, on s'adapte,

Stéphane Torre — et le but, c'est de rester maître de son livre, de son texte, et que les auteurs fassent après ce qu'ils veulent avec. J'adore,

Ybelion — parce que ça déconstruit un peu cette idée que l'étape d'après, tu vois, une fois que tu as terminé ton manuscrit, c'est extrêmement compliqué, extrêmement long, etc., et en fait, c'est tellement ancré, cette croyance, qu'il y a beaucoup de gens qui, au moment de commencer à écrire, ils se disent, ah oui, mais comment je vais faire pour mettre en page, comment je vais faire pour imprimer, etc., etc., et en fait, d'avoir des solutions comme la tienne, ça simplifie beaucoup les choses, et surtout, quand tu es dans des livres extrêmement personnels où tu te dis, mais en fait, j'ai le mien et je l'ai pour mes proches, c'est déjà, en tout cas, pour certains, c'est exactement ça l'objectif. Tout le monde n'écrit pas pour ces raisons-là,

Stéphane Torre — mais vas-y, pardon,

Ybelion — je t'ai coupé. Non, non, pas du tout. En fait, il y en a, effectivement, même s'ils ont

Stéphane Torre — l'envie de passer en maison d'édition, ils ont hâte d'avoir un livre, leur livre entre leurs mains. C'est normal. On a tous envie d'avoir, parce que ce n'est pas pareil même de relire son texte sur l'ordi, etc., ce n'est pas pareil quand on est en papier et puis on se rend compte d'autres choses aussi. Donc, on peut très bien commander un exemplaire sur mon site et après, si on veut se commander un stock, etc., plus tard, les prix sont dégressifs, etc., mais en tout cas,

Ybelion — c'est accessible. Aujourd'hui, il y a des solutions pour imprimer son livre

Stéphane Torre — à la demande et il ne faut pas s'en priver. En fait, c'est ça,

Ybelion — c'est aider dans le but de... Aider l'auteur dans le but de parvenir à ça. et ce qui me motive aussi,

Stéphane Torre — c'est de savoir qu'à la fin du projet, j'ai un auteur qui a accompli un objectif, qui a son livre entre les mains et c'est plaisant. Ça donne du sens à ce qu'on fait. Ça change tout. Je te rejoins.

Ybelion — Je fais le métier que je fais aujourd'hui exactement pour la même raison. et en fait, on ne se rend pas compte. Tu vas me raconter, toi d'ailleurs, quand tu as tenu ton premier livre, mais pour moi, ça change tout. Il y a un espèce de... Je ne sais pas, c'est un vrai point d'inflexion dans une vie. Il y a comme un champ des possibles qui s'ouvre après en disant si j'ai réussi

Stéphane Torre — à faire ce truc-là tout seul.

Ybelion — Parce que l'écriture, même si tu es accompagné, même si tu prends des conseils à droite et à gauche, l'acte d'écrire, à la fin, c'est toi qui poses les mots sur la feuille. Tu vois ? Et je ne sais pas, il y a un vrai truc. Ça a été quoi, toi, quelque part, le truc que ça a déclenché ? Ouais,

Tenir son livre entre les mains : un point d'inflexion

Stéphane Torre — c'est vrai qu'il y a une satisfaction, il y a un sentiment de fierté déjà. Parce qu'on se dit, le bouquin que j'ai entre les mains, c'est moi et moi seul

Ybelion — qui l'ai écrit, qui l'ai fait.

Stéphane Torre — Et c'est vrai que c'est un sentiment qui est incroyable. Moi, je me souviens très bien de quand j'ai reçu mes premiers bouquins. En plus, j'ai fait... Au début, j'ai essayé de passer par des maisons d'édition, donc j'avais envoyé des manuscrits, etc. J'avais déjà sous forme papier, mais sous forme manuscrit, c'est pas du tout pareil que quand on l'a... avec une vraie couverture et tout. Donc, on a toutes ces étapes de la couverture, comment je la veux, comment je l'imagine, et quand on l'a en vrai, en matériel, c'est vrai que ça marque le truc. On se dit, c'est bon, je suis arrivé au bout du projet et ça a une satisfaction. Moi, je suis du mal et même encore aujourd'hui, je me dis, mais vraiment, je suis allé au bout de cette démarche, je suis allé au bout de mon bouquin et il fait 550 pages, c'est moi qui les ai écrits et c'est beau, quoi. Et même, je me demande, comment j'ai fait, en fait ? Moi, je trouve que plus le temps passe

Ybelion — et plus j'ai du mal à mettre des mots sur l'émotion du moment, tu vois. C'est comme un truc un peu suspendu dans le temps,

Stéphane Torre — c'est très bateau de dire ça, mais le truc,

Ybelion — c'est que c'est pareil pour tout le monde, donc à force, je me dis, il y a quand même un truc, tu vois. Ah ouais, non, c'est clair. En plus,

Stéphane Torre — c'est la fin du processus d'écriture,

Ybelion — mais c'est le début du partage, en fait,

Stéphane Torre — parce que, bon, moi, c'est de la fantaisie, c'est pas un, c'est pas quelque chose que je voulais garder forcément dans un cercle familial ou quoi, le but, c'était de faire découvrir à d'autres personnes et c'est vrai que les premières ventes, les premières personnes que tu ne connais absolument pas, donc qui n'ont pas besoin d'être gentils avec toi parce que les proches, bon, ça peut prendre un peu des formes, c'est normal, on ne sait pas jamais trop sur quel pied danser, mais là, c'est des personnes que tu ne connais pas et quand ils te disent mais j'ai adoré votre livre et tout, c'est incroyable comme sentiment, en fait, parce que même s'il n'y en a pas beaucoup, tu te dis, il y a peut-être 10 personnes, 50, 100, et puis de plus en plus après qui te disent, en fait, ton histoire, elle est bien, j'ai envie de savoir la suite, donc c'est vrai que c'est fou.

Ybelion — Quel est le retour qui t'a le plus touché, toi, qu'on ait pu te faire ? Je n'en ai pas un précis, il y en a eu plusieurs

Stéphane Torre — qui m'ont marqué, en fait, moi,

Ybelion — c'est plus le fait qu'il y ait des personnes

Stéphane Torre — qui prennent le temps de te faire un retour, moi, c'est ça qui me touche, c'est-à-dire qu'elles peuvent très bien acheter ton bouquin, le mettre dans un coin, jamais le lire, il y en a, forcément, mais après, il y a des personnes qui l'ont lu, et puis peut-être qu'elles ont aimé, pas aimé, mais elles ne te font pas le retour, et puis tu as des personnes

Le premier retour d'un lecteur inconnu

Ybelion — qui ont aimé, ou un peu moins,

Stéphane Torre — mais qui prennent le temps de te faire le retour, et moi,

Ybelion — c'est ça qui me touche le plus,

Stéphane Torre — parce que, ben voilà, elles prennent le temps, et puis il peut y avoir un échange, ça permet de s'améliorer aussi, parce que parfois, c'est très constructif, parfois, c'est juste, ouais, j'ai kiffé trop bien, c'est quand la suite, parfois, c'est, ouais, j'ai beaucoup aimé ce personnage-là, je pense que tu peux faire ci, par ça, machin, donc moi, c'est ça qui me plaît, échanger avec, avec des personnes qui ont lu, qui ont pris le temps de découvrir ton univers, c'est top, quoi. Ouais,

Ybelion — et tu disais là, il y a que certains te disent, ouais, j'ai adoré ce personnage,

Stéphane Torre — etc., est-ce que toi,

Ybelion — parmi tous ceux que tu as écrits, il y en a un que tu aimes plus que tout ? Euh... Difficile comme question. Ouais,

Stéphane Torre — il y en a plusieurs pour différentes raisons, il y en a, en fait, il y a un groupe de personnages qui fait une apparition très rapide, c'est juste le temps d'un chapitre dans Blind, c'est des pirates, et c'est, ils sont dans un ton très décalé par rapport au reste, en fait. Et, en fait, j'ai réutilisé ces personnages-là

Ybelion — dans des nouvelles, c'est un projet avec,

Le personnage préféré et les pirates de Blyn

Stéphane Torre — avec d'autres auteurs de fantasy, en fait, on a fait un recueil de fantasy, qui s'appelle la fantasy en folie, on est en train d'écrire le troisième volume, d'ailleurs, et en fait, à chaque fois,

Ybelion — c'est des nouvelles tirées de nos univers

Stéphane Torre — respectifs, mais dans un ton très light fantasy, donc c'est pas forcément avec le même ton que Blind, par exemple, pour moi, qui est assez, c'est assez soutenu, voilà, je tends vers quelque chose un peu épique, là où, dans la light fantasy, la nouvelle, c'est un peu à la camelote, il y a des vulgarités, etc., et en fait, ce groupe de personnages-là me permet de le faire, et ça me permet aussi de l'intégrer, du coup, dans la suite de Blind, et j'aime beaucoup ce ton-là décalé, c'est fun à écrire. Après, j'ai d'autres personnages qui me plaisent, parce que je me souviens

Ybelion — comment je les ai imaginés, et comment j'en suis venu

Stéphane Torre — à l'écrire de cette façon, donc ouais, j'ai des persos comme ça qui sont un peu plus marquants que d'autres, ouais.

Ybelion — C'est marrant parce que je... Moi-même,

Stéphane Torre — je suis assez fasciné par, quelque part, ces personnages

Ybelion — toujours un peu décalés, ou... Et je crois que dans les premiers trucs que j'ai écrits, en l'occurrence que je n'ai pas publiés encore,

Stéphane Torre — mais... C'est pareil,

Ybelion — il y avait un côté de ces personnages un peu décalés, peut-être parfois beaucoup plus vulgaires,

Stéphane Torre — très arrogants, etc., il me fascine aussi assez à écrire. Je ne m'explique pas encore pourquoi, enfin, si, remarque,

Ybelion — c'est parce qu'on n'est généralement pas comme ça dans la vraie vie. Ouais,

Stéphane Torre — ça peut exagérer, ils sortent un peu de nulle part, c'est The Sidesider, quoi. Ouais, c'est ça. C'est marrant, c'est marrant. C'est toujours marrant d'écrire des persos qui ont un caractère très différent d'une autre, en fait, parce qu'on ne peut que s'imaginer comment un gars comme ça pourrait réagir et tout.

Ybelion — Et en même temps, je me demande, est-ce qu'il n'y a pas aussi un peu de... quelque part, c'est d'inconscient de dire, est-ce que ça ne serait pas cool parfois d'être comme ça,

Stéphane Torre — tu vois ? Ouais, c'est sûr. C'est sûr. En savant de dévier, c'est tout à fait. Ouais, c'est ça. C'est ça. Et moi, j'aime toujours bien faire le parallèle

Ybelion — entre l'évolution de l'auteur et l'évolution des personnages. Quand tu regardes quelque part le parcours de tes personnages, qu'est-ce que tu vois comme similitude entre ce qu'ils ont traversé et ce que toi, tu as pu traverser

Stéphane Torre — personnellement, peut-être, alors sans rentrer forcément dans les détails extrêmement persos, mais... Déjà, jusqu'à ce que je commence à écrire, l'âge de mes personnages, il a évolué avec mon âge à moi, en fait. C'est-à-dire que quand j'ai écrit, j'ai terminé d'écrire, j'avais 21 ans, quelque chose comme ça. Donc, mes persos, ils ont 21 ans, alors que quand j'ai commencé à imaginer l'histoire, ils avaient plus 14, 15 ans, 16 ans. Et puis, finalement, après, j'avais envie de raconter un truc, quelque chose d'un peu plus mature, donc forcément, les personnages ont grandi un peu en même temps que moi. Et oui, c'est certain qu'il y a des... Alors, pas tout recentrer au sein d'un même personnage, mais il y a différentes parties, je pense,

Ses personnages ont grandi et douté en même temps que lui

Ybelion — des émotions, des choses

Stéphane Torre — qui sont un peu éparpillées entre différents personnages,

Ybelion — que ce soit moi-même ou même des proches,

Stéphane Torre — des comportements de proches, d'amis, que j'ai retranscrit un petit peu, des clins d'œil que, bon, seul moi ou peut-être eux peuvent capter. Et c'est vrai

Ybelion — que j'ai souvent tendance

Stéphane Torre — à faire de mes personnages dans l'univers, ils sont assez naïfs, en fait. Je pense que c'est parce que je suis un peu moi-même, tu vois, j'ai tendance à voir toujours le bon côté des gens. J'arrive pas à imaginer quelqu'un qui puisse être mauvais, en fait. J'arrive pas à me dire mais comment on peut être

Ybelion — méchant comme ça, comment on peut être mauvais comme ça. Et ça, ça se retranscrit beaucoup dans le livre et c'est quelque chose qui va évoluer, justement,

Stéphane Torre — parce qu'au début, c'est un peu le monde des bisounours, entre guillemets, tu vois, tout va bien, voilà. Et puis,

Ybelion — tout le monde est gentil, tout le monde est mignon

Stéphane Torre — et puis en fait, ça va être de plus en plus sombre et ça va, évoluer et ça fait évoluer aussi et je pense que c'est la maturité que j'ai pu moi-même acquérir, tu vois, on se rend compte au fur et à mesure qu'on grandit de l'expérience de la vie professionnelle. Il y a des situations, des choses où on se dit en fait, c'est pas facile la vie, quoi. Et je pense que c'est ce côté-là qui va se voir le plus, sans parler d'expérience personnelle plus que ça, mais ouais, c'est ce côté-là, je pense. J'adore.

Ybelion — Tu sais que je suis vraiment fasciné par ces parallèles. Je trouve ça fou. Est-ce que tu te rappelles si, je pose la question, mais bon, si c'était conscient, tu vois, de dire, je vais y mettre de cette naïveté.

Stéphane Torre — non, c'est vrai que c'était une question. Mais là, ça fait dix ans que j'ai fini d'écrire le premier livre. En dix ans, il s'est passé des choses, tu vois. Et c'est vrai que moi, je suis quelqu'un qui me pose beaucoup de questions, je me remets beaucoup en question. Et ça, ça se retranscrit. C'est quelque chose que j'ai transmis à mes personnages, quoi. En tout cas, le personnage principal, il a des doutes. C'est normal, après, comme tout le monde, mais de par son rôle, lui, en plus, c'est le héros, il doit sauver le monde. Mais, mais ouais, c'est quelque chose que j'ai vu au fur et à mesure dans mon livre en revenant dessus. C'est vrai que c'est pas quelque chose quand j'ai écrit

Ybelion — où je me suis dit ouais, je vais faire ça

Stéphane Torre — parce que machin. Non, c'est venu naturellement. Après, je pense que chaque auteur met un peu de soi. Ah bah, carrément. Tu vois, c'est pour ça qu'à chaque fois,

Ybelion — je pose ces questions-là puis je sais jamais ce que va être la réponse mais quelque part, c'est fou. C'est fou comme à chaque fois, on découvre des... On découvre ce qu'on y met, quoi. Ouais. Et c'est assez imprévisible, incontrôlable. Tu peux pas te dire au moment où tu commences à écrire ton livre, ok, je vais écrire ce livre pour découvrir telle partie de moi, tu vois. C'est ça. Enfin, avec précision. Au contraire, c'est ça qui est magnifique, quoi. Chacun y trouve exactement ce qu'il a besoin d'y trouver et ça me facile toujours, tu vois, de voir les parallèles qu'il y a entre l'évolution de nos personnages et notre propre évolution et d'autant plus dans la fantaisie, tu vois. J'ai ce truc... Tiens, tu vas me dire ce que t'en penses, toi, qui en écrit, du coup. quelque part, on pourrait penser qu'en écrivant de la fantaisie, c'est plus facile parce qu'on se détache vraiment de nous, tu vois. Et moi, au contraire, j'ai tendance à penser que les auteurs de fantaisie sont presque ceux qui mettent le plus d'eux-mêmes parce qu'il y a quelque part ce voile de... Non, mais c'est un univers fictif, donc quelque part, je suis détaché. Et en fait, ce faux sentiment d'être détaché fait qu'on y met vraiment beaucoup plus, beaucoup plus de nos propres peurs, nos propres enjeux, etc. Et que du coup, le héros de notre fantaisie, généralement, reflète beaucoup nos propres enjeux personnels. Plus que si on écrivait un truc en se disant OK, je vais écrire l'histoire d'un gars qui pourrait être un petit peu naïf, par exemple, si je reprends l'exemple que tu partageais. Ah, mais c'est vrai,

En fantasy, on cache le plus de soi

Stéphane Torre — je pense qu'il y a pas mal de vrais dans ce que tu dis. En fait, je pense que le genre de la fantaisie, ça implique un peu ça parce qu'il y a tellement tout qui est faux, c'est imaginaire, que si t'ancres pas avec des vraies émotions, avec des vraies choses dans lesquelles

Ybelion — les gens peuvent s'identifier, en fait,

Stéphane Torre — personne va y trouver son compte.

Ybelion — Il faut qu'on puisse justement s'identifier

Stéphane Torre — avec des personnages qui, même s'ils font pas partie de notre monde, on est avec eux. Parce qu'effectivement, si t'écris une romance qui se passe à la Côte d'Azur, tu connais la ville, c'est très ancré dans le réel, il n'y a pas d'événement fantastique, il n'y a rien de spécial. Alors, on peut s'identifier au personnage, évidemment, puisque c'est ancré dans le réel. Mais par contre, l'auteur ne va pas forcément mettre quelque chose de lui, il va mettre des connaissances, la ville, la maîtrise d'un métier, de choses comme ça. Moi, je ne maîtrise pas le feu dans la vraie vie, donc tu vois ce que je veux dire ? Donc,

Ybelion — si mes personnages, ils ne sont pas

Stéphane Torre — un minimum attachants, ça ne le fait pas. Et pour être attachant, oui, il faut mettre des choses personnelles dedans, même inconscientes, pour les faire vivre. C'est incroyable. C'est vraiment... Ça, je ne me lasserai jamais de découvrir

Ybelion — ce que les auteurs trouvent quand ils écrivent. Pour revenir un peu plus dans la thématique de ton livre,

Stéphane Torre — tu dirais que c'est quoi

Ybelion — les plus grands thèmes que tu abordes qui sont importants que tu voulais développer au travers de ton univers aussi ?

Voyage, équilibre, amitié : les grands thèmes

Stéphane Torre — Moi, le premier truc, ce qui m'a fait commencer à écrire, c'est de créer mon monde à moi parfait, entre guillemets, tu vois. un endroit où, avant l'écriture, même, du coup, quand j'ai commencé à créer l'univers, c'était mon monde. L'endroit où, quand j'ai envie de penser à autre chose, je vais là-bas. Donc, c'est... la découverte, le voyage, c'est ça que j'ai envie de retranscrire et je suis content parce que ça fait partie des retours des lecteurs que j'ai eus où ils me disent j'ai voyagé, t'as beaucoup d'imagination pour décrire des lieux fantastiques, etc. Donc, ça, c'est cool parce que j'avais vraiment envie de partager ce sentiment de voyage, de quête à travers différents paysages, voilà. Des choses qu'on... C'est de la fantaisie, donc des choses qu'on n'a pas vues, quoi, voilà. Par exemple, j'ai un endroit, c'est un désert, je voulais pas mettre des pyramides dans le désert parce que sinon, c'est pas de la fantaisie. Mais voilà. Donc,

Ybelion — ce côté voyage, découverte, ça,

Stéphane Torre — c'est le premier truc. Après, dans les thèmes principaux du livre, c'est justement de préserver

Ybelion — l'équilibre du monde. C'est un truc un petit peu écologique

Stéphane Torre — alors que, bon, je suis pas spécialement à fond dans l'écologie de ma vie de tous les jours, mais je sens que c'est important d'avoir ce côté de faire attention en fait à ce qui nous entoure, à la nature, aux animaux, voilà. C'est quelque chose qui est important et plus tard, dans la suite, voir le contraste justement de si on le fait pas, qu'est-ce qui se passe. Donc, ça, c'est un des thèmes principaux et après, ce qui va ressortir le plus aussi, c'est l'amitié.

Ybelion — C'est quelque chose, c'est un thème

Stéphane Torre — qu'on peut retrouver souvent dans les mangas. Tu vois, au début, je te disais, j'avais envie d'en faire un manga et ça, c'est resté. Il y a un côté très manga dans mes personnages, les archétypes des personnages, les silhouettes que j'imagine. C'est très manga dans ma tête. Et du coup, il y a ce côté et l'amitié qui va être très fort. Voilà.

Ybelion — Dans les mangas qui t'ont inspiré, c'est lesquels auxquels tu penses, toi, en premier ?

Stéphane Torre — Moi, le manga qui m'a marqué quand j'étais enfant, c'était Fullmetal Alchemist. Ok, ouais. Ça, c'est vraiment mon leitmotiv. Alors, c'est marrant parce qu'il n'y a pas beaucoup d'éléments de Fullmetal dans Blind. Je n'ai pas mis grand-chose de cet univers-là. Mais, en fait, c'est mon premier héros d'enfance. Je ne sais pas, c'est Edward de Fullmetal. Il m'a marqué parce que,

Fullmetal Alchemist et Naruto, ses mangas fondateurs

Ybelion — justement, ce n'était pas un univers tout gentil, tout mignon. C'était ultra chaud.

Stéphane Torre — Ça me faisait peur même quand j'étais enfant et pourtant, j'ai envie de regarder. Et, ouais, c'est cette fratrie, ces deux frères qui ont une quête, qui veulent vraiment, qui ont bravé les interdits et qui veulent réparer un peu leurs erreurs et tout. J'ai un frère, alors peut-être que je m'identifie plus facilement avec ça. Là, par exemple, dans Blind, mes héros, c'est des jumeaux. Donc, ce côté fraternel, je le vois dans... Enfin, voilà, je le retranscris. Et après, je regardais beaucoup Naruto aussi à l'époque. Je pense que c'est les deux qui m'ont le plus inspiré parce que c'est là où j'ai commencé à un petit peu imaginer mon univers. Donc, je dirais ces deux-là.

Ybelion — j'allais dire, effectivement, dans Fullmetal, on retrouve le côté fraternité, effectivement, unity, amitié, tout ça. Et puis, le côté équilibre. Franchement, Fullmetal, c'est beaucoup ça aussi. Oui, c'est ça.

Stéphane Torre — L'échange équivalent. Ouais. Donc, c'est une notion fascinante,

Ybelion — la notion d'équilibre. qu'est-ce que... Enfin, alors, j'ai vu, tu parlais de jeux vidéo, de jeux de société, etc. Qu'est-ce que t'imagines, tu vois, pour le futur de tout ton univers ? Est-ce que t'as des... Genre, si tout était possible, qu'est-ce que t'imaginerais, toi ?

Son rêve : une série animée, un jeu en monde ouvert

Stéphane Torre — Tellement de choses. Ah, mon rêve absolu, mon rêve absolu, c'est de faire une série, une série d'animation de bagne, quoi. OK. Si demain, tu me donnes un budget illimité, c'est ce que je ferais. Voilà. OK. Soit film d'animation, soit série d'animation. J'ai toujours adoré l'animation. J'avais commencé des études dans ce milieu avant de faire autre chose, mais c'est vrai que c'est ce qui me plairait le plus. Alors, il y a un univers sur lequel j'échange beaucoup quand je veux faire découvrir Blind, c'est Avatar, le dernier maître de l'air. C'est une série animée, en ce moment, qui est adaptée en live action par Netflix. Forcément, il y a des choses qui s'y rapprochent par rapport à mon univers parce que c'est des maîtres des éléments. j'ai bien tout regardé quand j'ai découvert Avatar. En fait, moi, j'avais déjà commencé à imaginer, à écrire Blind. Donc, j'ai tout regardé Avatar pour être sûr que ce ne soit pas pareil parce qu'il peut y avoir des éléments. Quand c'est trop semblable, on se dit, bon, voilà, mon histoire, elle a déjà été racontée. mais en fait, l'univers, ça n'a rien à voir. Ce n'est pas du tout la même chose. Effectivement, les héros, ils maîtrisent des éléments mais c'est le seul point de raccord, en fait, entre les deux histoires. Mais ouais, mon kiff, ce serait de faire une série d'animation ou un film d'animation ou un vrai film, pourquoi pas ? Après, si on a le budget d'Avatar, on peut tout imaginer. On peut tout imaginer, c'est clair. C'est fou.

Ybelion — Ou un jeu vidéo aussi. Un jeu vidéo, ça me ferait kiffer. Ouais, ça, c'est marrant. moi, je pense plus, si pareil comme toi, j'avais genre le budget illimité, je pense plus à un jeu vidéo

Stéphane Torre — qu'à une série. Ça serait quoi comme jeu ? Tu vois, en vrai,

Ybelion — quand j'étais petit, j'ai toujours été extrêmement fasciné par les mondes ouverts. J'ai adoré les Assassin's Creed, par exemple, parce que même si ce n'est pas du monde complètement ouvert, alors je parle des premiers, tu vois. Je me suis arrêté à Brotherhood, en gros, le troisième, tu vois. Et j'ai toujours été fasciné par ce côté, OK, tu peux explorer la ville, tu peux faire des trucs et tout. Et moi, petit, j'étais fan de Marvel, tu vois. Et en fait, je me suis toujours demandé, en étant petit, je me suis dit, mais pourquoi ça n'existe pas ? Genre, tu prends... Alors, il y a Spider-Man qui est un peu en monde ouvert dans New York, ils l'ont fait après. Ouais, c'est vrai. Ils le faisaient déjà un petit peu à l'époque, mais bon, c'était... Voilà, ça valait ce que ça valait. Je me suis toujours dit, putain, mais tu sais, tu prends une ville comme New York et tu peux incarner les différents superhéros de New York et vivre chacun vraiment comme dans un monde ouvert, faire des trucs et tout. Et je me suis dit, putain,

Stéphane Torre — mais ça serait exceptionnel. Donc, en fait,

Ybelion — je suis fasciné par ce type de jeu que j'ai beaucoup retrouvé, tu vois, après dans The Witcher 3, notamment. Et en fait, moi, je ne suis omnubilé que par ce type de jeu, tu vois. Je me dis, et je n'y joue quasiment plus d'ailleurs parce que c'est des jeux qui sont extrêmement chronophages. Ouais, c'est ça. Mais moi, tous les univers que j'imagine, je les imagine dans un jeu comme ça, en fait. Je me dis, putain, ça serait incroyable que tu... Évidemment, c'est le genre de jeu, ça demande des années de développement, ça coûte des fortunes à développer. Donc, voilà, mais écoute, qui sait, tu vois, on ne sait jamais ce que l'avenir réserve quelque part. Ah oui, c'est sûr, c'est sûr.

Stéphane Torre — C'est vraiment ce genre de jeu. Mais tu vois, comme un... Je rêverais

Ybelion — d'un jeu Pokémon en monde ouvert où tu incarnes un Pikachu samouraï qui t'ézingue des trucs, tu vois.

Stéphane Torre — Je ne pense qu'à ça, tu vois. Je me dis, putain, mais... Là, il y a un jeu qui vient sortir, c'est Animaux. Ah oui, ouais. C'est gratuit apparemment, je vais peut-être tester pour voir. Ou t'incarnes, pendant les combats, t'incarnes la créature, en fait. Ouais. Je me dis, bon, pourquoi pas. Ouais. Ouais, tu sais,

Ybelion — c'est toujours... Dans ces types de jeux, il y a toujours un espèce d'équilibre aussi qui est difficile à trouver entre la liberté que tu accordes aux joueurs et le pied qu'il y prend parce que si tu as trop de liberté, c'est un peu comme tu disais avec les histoires de mondes de fantasy, quelque part, si tu n'as plus de limite, voilà, c'est compliqué. Et effectivement, j'entends, tu vois, que l'équilibre est dur à trouver. mais, tu vois, quand je vois une licence comme Pokémon, par exemple, je me dis, mais putain, vous pourriez faire

Stéphane Torre — tellement de choses, tu vois. Après, c'est ça,

Ybelion — c'est la réalité aussi. Je pense qu'il y a plein de raisons qui font qu'ils explorent telle ou telle piste, tu vois. Ouais. Ça, je pourrais en parler des heures. Ah,

Stéphane Torre — moi aussi, clairement. C'est vrai que, moi, les jeux, c'est ce que je disais au tout début, c'est vraiment ma source d'inspiration principale parce que, il y a tellement d'univers différents.

Ybelion — Même au niveau des histoires, comme c'est beaucoup plus long

Stéphane Torre — qu'un film ou même parfois qu'une série où il faut attendre 10 ans pour avoir 5 saisons, là, en un jeu, parfois, tu joues 20h, 40, 70, et tu as une histoire, tu as des cat annexes. C'est selon l'investissement du joueur aussi où tu peux approfondir le lore et c'est fou. Il n'y a pas beaucoup de choses qui permettent ça à part le jeu vidéo et en termes d'imagination, je trouve que c'est impressionnant. Surtout aujourd'hui avec les graphismes qu'on peut avoir, c'est un régal. On peut vraiment s'immerger dans un univers et c'est ultra inspirant. Franchement, j'adore.

Ybelion — si tu avais, si tu avais, toi, peut-être un top 3 de ce qui t'a inspiré, tu mettrais quoi,

Stéphane Torre — toi ? Du coup, Zelda, la licence Zelda en général. Wind Waker, ça fait partie

Ybelion — du plus inspirant parce que c'était le point de départ,

Stéphane Torre — mais tous les Zelda en général. Après, dans Blind, je pense qu'il y a aussi du World of Warcraft parce que je jouais à l'époque, c'est un monde ouvert, pareil. il y a beaucoup de créatures que je n'avais jamais vues avant. Il y a des Thorrens, ça n'existe pas autre part. Les elfes, les nains, on connaît. Les Thorrens, on ne connaît pas. Les Dry Nights. Et c'est vrai que je pense que ça m'a pas mal inspiré. Et après, je ne sais pas. C'est dur. C'est dur de faire. Si vraiment, je me fie à ce qui m'a inspiré dans l'écriture, je ne saurais pas te dire. Je ne saurais pas te dire. Peut-être Jack and Dexter. Peut-être. Ah ouais, putain, ça c'était incroyable. J'ai adoré ce jeu. Il y a eu Star Fox Adventure aussi, qui était un peu comme un Zelda et Jack and Dexter. Je pense que c'est les jeux

Top 3 : Zelda, World of Warcraft, Jak and Daxter

Ybelion — auxquels je jouais à l'époque

Stéphane Torre — où j'ai commencé à créer mon univers. Ça a forcément impacté. Après, j'ai joué à beaucoup de jeux. C'est incroyable. C'est incroyable.

Ybelion — Et pour quelle raison quand tu as commencé à inventer l'univers, tu t'es... Est-ce que tu disais ok, je vais faire... Enfin, à l'époque peut-être pas, mais tu disais j'ai envie d'aller vers la fantasy ou en fait, tu as juste créé toi l'univers et puis j'ai trouvé qu'en fait, c'était ce qu'on appelle de la fantasy. Ouais, en fait, c'est complètement ça. Moi,

Stéphane Torre — je n'avais pas de mots sur ce que j'étais en train de faire. En fait, c'est marrant parce que jusqu'à l'auto-édition de mon livre,

Ybelion — j'ai découvert chaque étape. Enfin, vraiment, je n'ai tellement pas anticipé le fait que j'allais aller au bout

Stéphane Torre — que je ne me suis pas attardé à comment... Ce que c'était vraiment, mettre un mot. Au début, je disais que c'était du fantastique alors que ce n'est pas du fantastique, c'est de la fantasy parce qu'il y a une différence quand même. mais c'est aussi la période où j'ai regardé Le Seigneur des Anneaux et je pense que personne aujourd'hui écrit de la fantasy s'il n'est pas le même fan du Seigneur des Anneaux parce que sinon, il n'y a pas trop de sens. Si tu me dis « Ouais, j'écris de la fantasy mais je déteste Le Seigneur des Anneaux, moi, je ne comprends pas ce qui se passe. » Donc, ça a été quelque chose qui m'a profondément marqué, Le Seigneur des Anneaux en film. Après, j'ai lu les bouquins, j'ai lu le Hobbit, mais ça a forcément impacté. En fait, j'ai essayé de comprendre comment on peut rendre une histoire aussi épique. Ce n'est pas possible. C'est un truc de fou. Et donc, ça, ça m'a beaucoup inspiré. J'ai eu la chance d'aller en Nouvelle-Zélande sur les traces des lieux de tournage du Seigneur des Anneaux. Donc,

Le Seigneur des Anneaux et les voyages qui nourrissent

Ybelion — j'ai pu vivre en plus, tu vois,

Stéphane Torre — ces trucs-là. Alors, j'avais déjà terminé d'écrire Blind mais pour la suite, pour même d'autres histoires que j'écris et tout ça. vivre des choses, ça aide beaucoup. Et c'est pour ça aussi que le voyage, c'est un des thèmes qui revient parce que j'ai eu la chance de faire quand même des beaux voyages dans ma vie et ça m'a forcément inspiré. L'Écosse m'a beaucoup inspiré, l'Irlande aussi. Voilà. Donc, sur Blind, en fait, c'est différents continents, un peu comme des îles, ce que je disais au départ,

Ybelion — et c'est un peu des biomes, en fait.

Stéphane Torre — C'est-à-dire qu'il y a un continent, ça va être désertique, il y a un continent, ça va être plus des montagnes et je retranscris, en fait, les différents paysages qui m'ont marqué ou ce que j'imagine comme ça. Donc, voilà. C'est incroyable.

Ybelion — C'est marrant, tu sais, ça fait le lien en plus avec notamment les thématiques, là, tu as réévoqué le voyage qui, du coup, est aussi vrai, toi, dans ta vie que dans celle de tes personnages. C'est ça. Ça devait être incroyable de voir, effectivement, les scènes de tournage de tout le seigneur des anneaux, là. C'est fou. Bah, surtout, alors, il y a des fois où il faut avoir

Stéphane Torre — vraiment de l'imagination parce qu'après, il y a des effets spéciaux par-dessus et tout ça, tu vois. Mais quand tu vas à Hobbitbourg, c'est le lieu de tournage, quoi. T'as les maisons des Hobbits, c'est impressionnant. T'as vraiment l'impression d'être dans un monde de fantasy et à vivre. Ouais, c'est fou. Surtout quand ça fait des années que... Ça, ça fait 15 ans que tu regardes les films tous les ans en version longue. Je viens de me les refaire, d'ailleurs. Mais, ouais, c'est un univers dont je me lasse pas et j'hésite, enfin, j'évite, je veux dire, à mettre trop de scènes des anneaux dans mon univers. Moi, ce que je voulais pas, c'était faire, pour cette histoire, en tout cas, je voulais pas avoir des elfes, je voulais pas avoir des nains, je voulais pas avoir des orques. Et c'est pour ça que j'ai créé mes propres peuples, mes propres créatures. Ce que je disais avec World of Warcraft tout à l'heure, voilà, j'ai inventé des noms, j'ai inventé des trucs qui n'ont rien à voir. On retrouve un peu des stéréotypes, mais sous une autre forme, quoi. Ouais, forcément,

Ybelion — de toute manière, c'est ce que t'expliques aussi avec toutes tes inspirations, on est un peu un mix de tout ça, quoi. Et après, ça fait naître des trucs nouveaux et exceptionnels, et puis ça sera pareil pour ceux qui t'ont lu après, et puis c'est la belle boucle de la création, quoi. Ouais, ouais, clairement. Et comment on fait pour jongler avec toutes ces casquettes

Jongler avec les casquettes et sectoriser son temps

Stéphane Torre — au quotidien ? Alors, il y a deux solutions. Soit on dort pas, mais moi, j'aime bien dormir, soit tout prend beaucoup de temps, et c'est ça qui se passe, c'est que, moi, j'ai beaucoup de choses qui me plaisent dans ma vie, il y a beaucoup de choses que j'aime faire, mais qui prennent beaucoup de temps et qui, malheureusement, à l'heure actuelle, me rapportent pas d'argent. Donc, voilà, j'adore jeux vidéo, mais je suis pas streamer, j'adore écrire, mais pour l'instant, ça me permet pas d'en vivre, j'adore jouer à des jeux de société, j'adore créer des jeux de société, mais pour l'instant, j'ai pas trouvé d'éditeur, voilà, donc, c'est des choses qui me plaisent et que je fais pour moi parce que ça m'éclate de les faire. Si, en plus, un jour, à un moment donné, j'arrive à pouvoir en vivre, mais moi, j'en rêve, bien sûr, mais sinon, on priorise des choses de la vie de tous les jours, voilà, le travail, des choses comme ça. Alors, aujourd'hui, avec Imprime Livre, ça reste encore une activité secondaire mais que j'essaye d'arriver au plus tôt, enfin, dès que possible en activité principale parce que ça, c'est, voilà, c'est quelque chose qui me plaît, qui me motive, qui me passionne, donc j'essaye de mettre de plus en plus en avant mais effectivement, les journées, elles sont très cordométrées, quoi. Tu vois, les rappels que j'ai toute la journée sur mon téléphone, ça rend zinzin. J'ai 15 trucs parce qu'à 8h, il faut que je fasse ça. À 8h30, je dois faire ça. À 9h, je dois faire ça. Et je suis obligé de me mettre des rappels parce que sinon, dans ma tête, avec toutes les histoires que j'invente, je m'en sors plus.

Ybelion — Tu es donc de la team je sectorise énormément l'agenda, même quotidiennement. Ouais, c'est ça. C'est vraiment

Stéphane Torre — essayer de donner un temps pour tout et c'est pour ça qu'en ce moment, j'ai un peu de mal à écrire parce que je peux pas me donner un créneau de 30 minutes pour écrire. C'est pas possible. Il faut que je sois pendant minimum 1h, 1h30 dédié à l'écriture parce qu'entre le moment de s'y mettre, etc., c'est trop dur sinon, en petite session, moi, j'arrive pas. donc c'est vrai que c'est pas évident de se donner du temps là-dessus mais on essaye. C'est marrant,

Ybelion — ça c'est le... Alors là, tu vois, j'entends que toi, tu as conscientisé aussi ton mode de fonctionnement et puis il y a des raisons pour lesquelles tu prends 1h30, tu vois. Je fais toujours attention aux auteurs, aux primos auteurs, d'écond ceux qui n'ont pas encore écrit de livre et qui justement arrivent avec ce truc de ouais, mais j'arrive jamais à me dégager du temps et puis après, tu creuses, tu creuses et tu te rends compte qu'en fait, ils ont quelque part jamais essayé vraiment d'écrire et donc en fait, ils connaissent pas ce rythme-là et effectivement, c'est quand même, à mon sens, important, tu vois, d'essayer et d'aller trouver son rythme à soi

Stéphane Torre — et voilà, en l'occurrence, j'entends que toi, tu sais,

Ybelion — t'as trouvé ton truc et que t'as besoin de gros créneaux et c'est vrai que moi, ça, c'est aussi un truc qui me fascine, il y a beaucoup de trucs qui me fascinent en écriture, évidemment, c'est peut-être pour ça que ça me passionne mais les différences de rythme entre chacun, tu vois. Il y a des gens effectivement qui ont besoin de gros blocs tous les deux jours parce qu'il y a cette notion de j'ai besoin de rester connecté quand même un petit moment à mon histoire sinon j'ai l'impression de la survoler et puis t'en as d'autres qui arrivent à voler quelques minutes à droite à gauche. Moi, je suis fasciné par ces gens-là. J'ai notamment une personne que j'accompagne qui écrit sur son téléphone, tu vois, entre deux trucs de boulot. Il y a quelques autrices que j'ai reçues dans le podcast aussi qui écrivent dans le métro, tu vois, sur leur téléphone. Moi, ça me fascine. Ça, ça me fascine vraiment. Il faut vraiment

Gérer ses notes : Notion, Obsidian, et le bon outil

Stéphane Torre — un environnement. Il me faut le casque, il me faut pas de perturbations, etc. Alors après, je parle d'écriture romancée. Oui, bien sûr. Effectivement, moi, sur le téléphone, je prends plein de prises de notes quotidiennement sur des idées, sur une phrase qui me plaît, sur, voilà. Mais je suis dans vraiment le processus d'écrire un chapitre ou quoi. Là, il me faut un créneau. Alors,

Ybelion — j'ai une question hyper, hyper, qui va me servir à moi aussi. C'est pour ça que je la pose. Tu parles de, justement, cette notion, du coup, des idées qui viennent, tu prends des notes, et je trouve, alors, c'est un enjeu que je vois, comme je t'ai dit, moi, j'ai commencé à être confortable avec, mais c'est un enjeu que je vois assez souvent, de dire, OK, mais comment je gère toutes ces notes, tu vois ? Comment je fais quand j'ai, quand au bout d'un mois, j'ai 200 notes sur mon téléphone ? comment tu fais, toi, tu vois,

Stéphane Torre — quand tu en as plein sur ton téléphone, comment ça se passe,

Ybelion — comment tu les tries, comment tu fais pour gérer toutes ces idées ? Alors,

Stéphane Torre — franchement, ça a été une galère sans nom pendant des années, parce qu'en plus, la fantasy, ça part dans tous les sens, alors dans n'importe quel truc, ça peut partir dans tous les sens, mais c'est vrai que j'ai commencé assez jeune, et il n'y a pas forcément, ou en tout cas, je n'avais pas la connaissance de tous les outils qui peuvent exister aujourd'hui, moi, je prenais des notes parfois sur des feuilles, c'est le pire en fait, parce que

Ybelion — tu es écrit à la main, après, du coup, tu as des feuilles

Stéphane Torre — partout qui volent sur ton bureau, et après, il faut les remettre sur l'ordi et tout, donc après, j'avais un document Word divisé 35 pages juste sur le lore, tu vois, et puis, j'avais fait un doublon, puis j'ai changé d'ordi, enfin, c'était une catastrophe. Là,

Ybelion — j'ai découvert depuis deux ans, je crois, Notion,

Stéphane Torre — et ça m'a changé la vie. Notion, en fait, pendant longtemps, j'ai cherché un truc sur lequel je pouvais jongler entre le téléphone et l'ordi, parce que justement, je prenais beaucoup de notes sur le téléphone et j'ai essayé OneDrive, mais ça synchronisait mal et c'était pas optimisé et c'était un peu chiant. Notion, c'est trop bien, parce qu'en fait, c'est pas, enfin, c'est en ligne, quoi, donc en fait, ce que je mets sur mon téléphone, instantanément, c'est sur ma page de navigateur quand je suis sur mon ordi, donc je sais que je centralise tout là-dessus, et donc je me fais mes onglets et je m'en sers pour tout mon quotidien, maintenant, tout est sur Notion, quoi. Je sais que pour mon site, pour l'écriture, pour même ma liste de course, en fait, je sais que Notion,

Ybelion — j'ai tout, tout ce que je dois rassembler

Stéphane Torre — entre mon téléphone et l'ordi, je sais que c'est là-dessus. Donc Notion, ça m'aide beaucoup, ouais. Ouais, moi, tu vois, c'est Obsidian, je sais pas si tu vois, mais c'est à peu près

Ybelion — la même chose. J'avais hésité,

Stéphane Torre — j'avais regardé, j'avais passé franchement beaucoup de temps à comparer un peu

Ybelion — les différents outils et Notion, c'est ce qui me semblait

Stéphane Torre — le mieux pour moi. C'est ça qui est marrant,

Ybelion — c'est qu'il y a plein d'outils et moi, pareil, j'ai été comme toi à essayer des milliards de trucs, alors les dock words, à plus savoir quoi en faire, ceux qui sont synchronisés sur le drive, ceux qui ne le sont pas, les notes dans des cahiers, puis à l'époque, je bossais, tu vois, donc parfois, t'as pas ton téléphone, donc je notais même sur des trucs de boulot, quoi. ça, des post-it, des machins. c'est là vraiment, j'étais presque plus accaparé par le truc de dire il faut que j'arrive à trier ces putains de notes

Stéphane Torre — que d'écrire, tu vois.

Ybelion — et donc après, voilà, tout ça, on t'arrive à trouver itérativement ton fonctionnement.

Stéphane Torre — ouais, c'est propre à chacun après parce que t'as tellement de trucs, pas par exemple pour l'écriture, moi j'écris sur Word parce que j'ai beau avoir essayé Scrivener, machin, en fait, je m'y retrouve que sur Word, quoi. Vraiment, pour romancer, moi je fais Word. Après,

Ybelion — peut-être qu'il y a d'autres outils, il y a beaucoup d'auteurs qui utilisent des outils

Stéphane Torre — pour se donner des objectifs de mots par jour, par session, etc. Moi, je m'en sers pas du tout parce que j'ai jamais vraiment pris le temps de le faire. Après, ça se trouve, ce serait très bien. C'est intéressant

Ybelion — que tu amènes ce sujet parce qu'en fait, là encore une fois, alors déjà, tu vois, là je suis taquin avec les primo-auteurs toujours, mais bon, ils ont l'habitude à force. C'est des questions qui sont toujours utiles de se poser pour procrastiner activement, tu vois, de dire à mes merdes sur quel logiciel je vais écrire tant que je n'ai pas décidé. Ok,

Stéphane Torre — c'est confortable, je n'ai pas besoin de me conspenter à mon histoire, tu vois. Et après, en fait, ça se construit

Ybelion — de manière très itérative et dans le test, tu vois. Effectivement, moi comme toi, j'ai essayé plein de choses. À la fin, c'est marrant parce que j'écris sur Scrivener parce que j'aime bien l'interface et le fait que tu puisses mettre des petites pastilles qui indiquent, voilà, etc. Et puis, je ne sais pas, j'ai l'habitude là-bas. Mais ce qui est marrant, c'est qu'à la fin, toute ma mise en page, en fait, je la fais sous Word, tu vois. Quand j'ai bossé avec Margot, quand elle a corrigé mon texte, pareil, elle travaille sous Word. Donc à la fin, en fait, le travail final se fait sous Word. Donc tu vois, c'est encore, le pipeline n'est pas encore tout à fait parfait. Mais ouais,

Stéphane Torre — chacun trouvera son truc. Il y a effectivement

Ybelion — plein d'outils. Je sais qu'il y a aussi beaucoup, j'entends beaucoup de gens qui travaillent avec Write Control parce qu'effectivement, tu as tous ces trucs de stats, etc. Moi, j'adore ça. Tu vois, je le faisais sous Excel avant. Je tracais tout dans un Excel. Et puis maintenant, je me suis fait mon petit dashboard perso comme ça, c'est plus sous Excel

Stéphane Torre — parce qu'en fait, Excel,

Ybelion — ça restait à force, ça devient un espèce de fourre-tout pas possible.

Stéphane Torre — Et ouais, c'est marrant. À chaque fois,

Ybelion — tu arrives à développer ta petite solution.

Stéphane Torre — Bah ouais, il faut se créer un environnement de travail qui nous convienne. Après, voilà, il ne faut pas se faire trop parasiter non plus. C'est dur parce qu'aujourd'hui, sur le téléphone, on ressent un message et tout. Moi, je sais que j'ai du mal là-dessus. Après, quand je suis dedans, je suis dedans, mais pour sortir de la vie réelle, c'est dur. Mais ouais. Toi, c'est quoi ton rythme d'écriture ? Tu arrives à écrire

Ybelion — tous les jours ? Ouais. Mais en fait, tu vois, je ne t'ai pas posé la question, je vais te la renvoyer après du coup, mais en fait, moi, il y a une chose qui me fait revenir à l'écriture, c'est l'assiduité. En fait, plus que le... Au début, j'étais hyper obnubilé par le nombre de mots, dire il faut que j'en écrive X par jour, etc. Et en fait, ça, ça me mettait une espèce de pression et je n'arrivais pas, tu vois. Moi, je dis ça, c'était quand j'ai repris l'écriture en 2021, 2022, tu vois. Et en fait, j'ai découvert, moi, c'est l'assiduité. Donc vraiment, c'est de dire, OK, là,

Son rythme d'écriture, entre matin et soir

Stéphane Torre — ça fait 50 jours que j'écris

Ybelion — et j'ai envie d'aller au 51e. Et en fait, juste ce truc-là m'accroche suffisamment pour que même quand je n'ai pas envie, même quand je trouve que je n'ai aucune idée, même quand je ne sais pas ce que ça va raconter, je me mets devant ma page et puis en fait, et puis il y a quelques mots qui déroulent et puis parfois, il y en a énormément. Donc moi, c'est ça mon rythme. Je le fais plutôt le matin, tu vois, juste avant qu'on commence à enregistrer, j'étais en train d'écrire.

Stéphane Torre — Et ouais, matin, parce que sinon,

Ybelion — j'y pense toute la journée, tu vois, c'est vraiment un truc, en fait, c'est ça, c'est la case que j'ai envie de cocher tous les jours, c'est de dire, j'ai avancé sur cette histoire-là et donc matin, l'assiduité qui me tient, vraiment, et voilà. Et toi, toi du coup, ton rythme, qu'est-ce qui te fait tenir ? C'est plus ça, parce que le rythme, du coup, tu l'as déjà évoqué un petit peu. Ouais,

Stéphane Torre — c'est marrant parce que toi, tu veux le faire le matin parce que sinon, tu penses toute la journée et moi, c'est l'inverse, c'est que je peux pas, enfin, en fait, selon ma journée, je vais pas réussir à me poser sur l'écriture si je pense à tout ce que je vais devoir faire après dans la journée, tu vois. De trucs chiants, genre, aller faire les courses, tu vois, des trucs. Donc, moi, c'est plus le soir. Une fois que ma journée, elle est finie et le piège avec ça, c'est que le soir, t'es souvent crevé et que t'as du mal à te poser pour écrire. Mais par contre, c'est là où je suis le plus créatif, je pense, parce que c'est là où je pense à plus rien d'autre. Donc, moi, quand j'écris, c'est plus le soir ou alors si je sais que je suis en vacances ou quoi, je peux écrire n'importe quand dans la journée parce que je sais que j'ai rien de spécial à faire ou quoi. En fait, c'est vraiment

Ybelion — l'état d'esprit de j'ai pas autre chose à faire, c'est pas une perte de temps entre guillemets. Moi, j'ai beaucoup ce truc

Stéphane Torre — de j'écris là mais je devrais plutôt faire ça à la place parce que c'est plus important ou quoi. Donc, c'est dur de trouver. Il y a des périodes où j'arrive

Ybelion — à beaucoup me libérer de temps et je peux écrire

Stéphane Torre — assez rapidement et il y en a d'autres où parfois pendant un mois, deux mois, je n'écris pas. c'est un peu chiant.

Écrire pour soi ou pour que ça marche : la clarté

Ybelion — C'est trop cool le partage de ton rythme et notamment ce sujet de perte de temps parce que ça, c'est vraiment un truc que pour le coup, j'observe assez souvent de dire à quoi bon ou j'ai des choses plus utiles à faire et là, c'est toujours comment tu vois, à chaque fois, moi, je suis hyper insistant avec surtout les auteurs que j'accompagne puisque c'est eux qui me voient le plus souvent donc je me permets d'être tout le temps insistant mais sur ok, mais pour quelle raison tu veux l'écrire ce livre ? Ah oui, bah effectivement, il va changer ma vie, j'ai envie que ce soit une vraie fierté mais en fait,

Stéphane Torre — ça paraît hyper bateau dit comme ça

Ybelion — mais en fait, c'est en encrant ce truc-là aussi que effectivement, tu as moins la sensation

Stéphane Torre — de perdre ton temps parce que sinon, effectivement,

Ybelion — si c'est un truc que tu vois un peu comme un hobby que tu n'as pas tellement envie quelque part que ça soit terminé ou pas, ce n'est pas très grave mais écoute, tant mieux, c'est encore plus libérateur, tu n'as même pas, ça veut dire que si tu n'écris pas, ce n'est pas grave, il y en a pour qui c'est presque une question de vie ou de mort quoi, de dire, oui, c'est sûr, voilà, et quand tu es parasité par mais est-ce que j'ai le droit de m'autoriser quelque part à perdre ce temps-là, regarde ce que ça va te coûter si tu ne le fais pas, ah ok, et donc là, tout de suite, tu as une espèce d'apaisement, de la frustration et c'est réussir à gérer toutes ces jauges quelque part parce qu'en fait, c'est ça qui est le plus agaçant quand tu écris.

Stéphane Torre — C'est ça, moi, je suis souvent partagé entre ces deux sentiments-là, c'est-à-dire que j'écris pour me faire plaisir et donc ça reste un hobby mais d'un autre côté, j'ai tellement envie de pouvoir faire que ça et du coup, pour faire que ça, il faut au moins réussir à avoir un livre qui marche donc il faut produire et tu vois, après tu tombes dans un truc de est-ce que tu le fais pour les bonnes raisons, etc. Donc moi, je ne suis pas du tout dans le truc d'écrire quelque chose pour que ça marche, j'écris quelque chose avec l'envie que ça marche mais pas dans le truc ça, je pense que ça peut plaire, ça, machin. Non, j'écris avant tout quelque chose qui me plaît à moi et après, tant mieux si ça peut plaire à d'autres. Mais tu vois, la clarté,

Ybelion — la clarté justement, elle est là en fait, tu fais bien la distinction entre les deux et c'est quand tu tombes dans le mélange entre, en fait, j'ai envie d'écrire un truc qui me plaît à moi mais il faut que ça marche et là, tu as le il faut et à partir de là, déjà, tu as une espèce de dissonance et sans dire, je le répète tout le temps encore une fois, sans dire que c'est incompatible de l'écrire pour soi et que ça marche énormément. Bien sûr. Mais quand tu es dans le processus, c'est deux chemins qui peuvent être opposés et quelque part, marcher sur les deux chemins à la fois,

Stéphane Torre — ce n'est pas forcément évident. Par exemple, en ce moment, il y a un genre qui marche très bien, c'est la romantésie. Ce n'est pas parce que c'est le genre du moment que je vais écrire de la romantésie parce que moi, ça ne me parle pas spécialement. Je n'en ai jamais lu de ma vie, je ne saurais même pas à quoi faire. Tant pis, il n'y a pas beaucoup de romances dans mon livre. Il n'y a pas beaucoup de romances, ce n'est pas grave. C'est comme ça. Il n'y a pas de scène spicy, il n'y a pas de truc comme ça. Chacun, après, écrit ce qui lui plaît et c'est ça qui fait des bons livres parce que si on écrit toujours dans le but de faire un truc commercial, c'est comme dans tout. La musique, les séries, il y a des trucs pour faire des sous et on sent que derrière, il y a moins d'âme, il y a moins de passion.

Ybelion — Et quelque part, c'est le cycle infini de la création. Malheureusement, c'est difficile de décorréler les deux. On aimerait que tout ce qui est artistique soit totalement pas du tout corrélé au fait de gagner de l'argent quelque part. Mais malheureusement, c'est aussi un peu ça. Mais quand ça ne fait plus que ça, après, il y a ceux qui brisent les règles, ceux qui tentent de nouvelles choses, etc. Et ça, ça passe que par quelque part aussi faire ce qu'on aime. C'est comme ça qu'il y a un moment

Stéphane Torre — que ça peut toucher plein de gens. Enfin bref,

Ybelion — c'est mon côté un peu utopique. Non,

Stéphane Torre — mais je pense que c'est vrai quand on sent que quelqu'un s'éclate dans ce qu'il fait, ça donne tout de suite envie. C'est comme quand tu vas voir un concert et que le chanteur, il est à fond, le guitariste, il se donne et tout. Ça fait plaisir à voir, tu vois. Alors que si c'est un groupe que tu aimes en plus, mais que tu arrives et ils sont blasés sur scène, ils n'ont pas envie, ils jouent 1h20, ils se cassent, ah ouais,

Ybelion — t'es déçu quoi. C'est ça. Tu te dis, ouais bon en fait, ce qu'ils font,

Stéphane Torre — ils le font quoi parce que c'est le taf mais il faut ressentir, c'est important

Ybelion — dans les milieux artistiques d'autant plus

Stéphane Torre — parce que tu transmets quelque chose. Si t'as rien à transmettre, pourquoi tu le fais quoi ? Ouais,

Ybelion — être passionné pour être passionnant quoi. C'est toujours

Stéphane Torre — l'éternel phrase. Il y a une question

Ybelion — que j'aime bien poser pour conclure sur dans ton univers et dans les livres, que ce soit le process ou les livres eux-mêmes, qu'est-ce que tu pourrais raconter d'un peu insolite ? Tu raconterais pas forcément au premier abord, mais une anecdote, un truc un peu rigolo.

Stéphane Torre — La question piège pour la peur. C'est chaud. Qu'est-ce que je pourrais raconter d'un peu insolite ? Oh là là. Je sais pas trop en vrai. Franchement, je sais pas. J'étais pas, j'étais pas très fan de cette question. Non, après, c'est plus dans le process ou plus un truc dans l'histoire ? Franchement, comme tu veux. Ce qui devient, ce qui devient. Ça peut être dans tes inspirations, dans le process,

La question insolite et le foreshadowing

Ybelion — dans les rencontres que tu as pu faire. Bref, tout et n'importe quoi, franchement. Dans ce que tu y as mis, dans les références, bref. Ok. Ouais, bon alors,

Stéphane Torre — je vais commencer par le premier truc qui me vient. C'est pas forcément insolite, mais moi, ce que j'aime bien, c'est, je savais même pas comment ça s'appelait avant que, enfin, quand je vais commencer à le faire. C'est le foreshadowing. C'est-à-dire de mettre

Ybelion — des éléments, en fait,

Stéphane Torre — que personne ne peut capter, mais qui, plus tard, vont se voir et se comprendre. Et pour l'instant, j'en suis pas encore arrivé à ce moment-là dans l'écriture. Mais il y a

Ybelion — beaucoup d'éléments, voilà, où il peut y avoir

Stéphane Torre — une deuxième lecture. Et ça, c'est quelque chose que j'ai encore plus eu envie de faire après avoir vu l'attaque des titans, le manga l'attaque des titans, parce que c'est que du foreshadowing tout le temps et c'est fabuleux. C'est une de mes dernières grosses claques tous médias confondus. Jeux, séries, films, il faut voir ça. En termes de scénario, c'est incroyable. Moi, ça m'a retourné la tête. Je l'ai regardé trois fois et en fait, à chaque fois que tu le revois, tu as une lecture différente de l'œuvre et je trouve ça fabuleux. Et du coup, c'est comme ça que j'ai compris le terme foreshadowing. Je ne connaissais pas avant, même si je l'avais déjà fait. voilà. Donc, ça, c'est quelque chose

Ybelion — que je mets. J'ai des clins d'œil

Stéphane Torre — forcément des références à d'autres œuvres assez discrètes, plus dans des phrases, des mots utilisés, des choses comme ça. des noms que j'ai inventés qui font référence un petit peu à d'autres choses. Après, d'insolites dans mon parcours, je ne saurais pas te dire comme ça, ça ne me vient pas. Dans les salons, il y a toujours des choses un petit peu marrantes qui peuvent se passer en rencontrant d'autres auteurs, d'autres lecteurs et tout ça. Moi, ce que j'ai apprécié le plus, c'est de rencontrer justement Margot, par exemple. Il y a d'autres auteurs comme ça que je vois assez régulièrement avec qui on échange et qui sont devenus des amis. Ça,

Ybelion — c'est le plus, on va dire,

Les rencontres qui changent tout, et le mot de la fin

Stéphane Torre — que je n'avais pas pensé avant ça. Moi, je ne connaissais pas du tout Instagram avant. J'ai créé un compte Instagram dans le but de promouvoir mon livre et j'ai beaucoup apprécié tout cet univers d'auteurs. Je trouve que c'est hyper bienveillant, c'est cool. ça, c'est pas forcément insolite mais ça a été une découverte en tout cas sur le parcours. Trop cool, j'adore.

Ybelion — Ça fait le beau lien avec tout ce que tu as pu partager. Et c'est vrai que le côté rencontre, il est assez passionnant, il est un peu comme la transformation par l'écriture. On ne sait jamais trop qui on va rencontrer et puis c'est toujours fantastique. et ça rend l'écriture beaucoup moins solitaire qu'elle peut paraître être. Complètement. Trop cool. Merci beaucoup Stéphane d'avoir partagé autour de ton parcours. Je mettrai les liens du coup à la fois de ton site pour ton univers et puis un premier livre aussi. Ça marche, c'est gentil. Et puis à très vite à l'occasion. Yes. Avec plaisir

Stéphane Torre — de se rencontrer en vrai. Merci en tout cas pour ce moment, c'était cool. Merci. Merci d'être là épisode après épisode. Si ce podcast t'inspire, t'aide ou te met du baume au cœur, t'abonner, mettre 5 étoiles et le partager, c'est le meilleur moyen de m'aider à toucher le plus de gens qui ont un livre en eux. Parce qu'après tout, plus il y a de livres écrits et mieux le monde se porte. A très vite. Ose Écrire.

Épisode 129 avec Stéphane Torre

AU MICRO AVEC

Stéphane Torre