L'inaction a trouvé son déguisement : le choix philosophique.
CE QUE RACONTE CET ÉPISODE
Architecte ou jardinier ? Du matin ou du soir ? Écrire ou garder une vie normale ? Ces questions ont l'air profondes. En réalité, elles servent souvent à repousser le moment d'écrire.
Le tout ou rien est une élégance. Il rend l'inaction respectable en la faisant passer pour un choix philosophique.
Elle m'a cogné à la porte de la cage à penser, et depuis, je la vois partout.
En coaching, le recadrage tient en un mot : remplace ton OU par un ET. Qu'est-ce qui t'empêche de faire A et un peu de B ? J'ai vécu ce recadrage dans ma chair. J'ai lancé mon activité avant de quitter mon poste d'ingénieur en sûreté nucléaire, un pied dans l'eau avant de plonger. Au bout de quelques mois, la réponse était claire comme de l'eau de roche.
Ton rythme d'écriture fonctionne pareil. Ce sont des potards : tu peux les régler, les tester, les décaler. Cet été, la chaleur m'a poussé à écrire après 9h au lieu d'avant, le temps de promener Voltaire à la fraîche. Résultat, mon tome 3 approche les 100 000 mots.
Dans l'épisode 132, on va plus loin : ce que le tout ou rien apprend à tes personnages, pourquoi les profils gris à la Dexter créent les meilleurs conflits de valeurs, et cette scène d'Off Campus qui rappelle que l'émotion prime sur la technique.
À écouter là où tu écoutes tes podcasts.
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Face B — le transcript
L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE
Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !
Introduction
Hola mi amigos, mi amiguet. Oui, je parle espagnol. Aujourd'hui, je suis ravi de vous retrouver dans ce nouvel épisode d'Ose Écrire où on parle du tout ou rien qu'on transforme en tout et rien et de ce que ça nous apprend sur notre rythme d'écrivain et aussi sur l'univers narratif de nos personnages pour en créer des biens non manichéens qui créent de beaux conflits de valeurs pour notre lecteur. On parle aussi de cette géniale série qui est off campus et de ce que ça nous apprend que l'émotion peut primer sur la technique. Je vous souhaite une très belle écoute. Moi, c'est Sam, Ybelion de mon nom de plume. Je suis écrivain, coach ICF et j'ai créé Ose Écrire, un accompagnement pour celles et ceux qui veulent enfin accomplir leur rêve d'écrire un livre. Ce podcast a la même intention. C'est ton rendez-vous, inspiration, discipline et passage à l'action. Et si ça te parle, abonne-toi, mets 5 étoiles et partage autour de toi parce que plus il y a de gens qui osent, plus d'autres oseront à leur tour.
Chemise d'été et podcasts vlog
Allez, c'est parti et bonne écoute. Bonjour les amis, j'espère que vous allez bien. Je ne serai jamais chanteur, je le sais. J'espère que vous allez bien en ce début de mois d'août, mon mois préféré de l'année, parce que c'était le mois des grandes vacances, un mois où j'aime bien partir en vacances, le mois de mon anniversaire, un mois qui, je trouve, sonne très bien à l'oreille, août. Tu vois ? Et puis voilà. Et puis aussi parce que j'ai une bague, une bague avec la pierre du mois d'août, le pérideau. Donc pourquoi pas ? Cette introduction est en faite. Écoutez, je suis trop heureux de vous retrouver. J'ai mis ma chemise d'été. Alors j'ai mis un t-shirt en dessous. Pour quelle raison ? Parce que je n'ai jamais fermé les boutons de cette chemise et je n'avais pas envie de me trimballer torse nu à l'écran, évidemment. Ça aurait été un petit peu étrange pour un podcast sur l'écriture.
Quoique à tout moment, ça peut se transformer en vlog muscu. Après tout, pourquoi pas ? Pourquoi pas ? Corde à mon arc que d'ailleurs, je n'ai pas continué à tirer la partie vlog. Pourquoi ? Parce que je me rendais compte. Tiens, première digression, ça fait cinq minutes, même pas. Deux minutes. Parce que je me suis rendu compte qu'en fait, ma manière de vlogger était exactement ma manière de faire des podcasts. Sauf que je ne le faisais pas dans un décor fixe. Je marchais, quoi. Donc ça avait assez peu de sens. Donc soit il faut que je trouve un angle différent, soit tout simplement je continue quelque part ces podcasts vlog qui sont ce que je préfère faire au monde. Et aujourd'hui, j'ai plein de choses à vous raconter. J'ai noté au fil de la semaine là, un, deux, trois, quatre sujets au moins, plus tous ceux qui me viendront à l'esprit. Par où commencer ?
« Ton inaction se déguise en philosophie »
Merci pour vos retours sur l'épisode Pokémon
Par où commencer ? C'est une très bonne question. Écoutez, j'ai parlé de la chemise d'été. J'ai parlé... Ah oui, si ! Oui, oui, oui, c'est ça. Un autre sujet. Après, je vais commencer par là. Alors déjà, de remercier tous ceux qui ont laissé des commentaires sur le podcast et les extraits du podcast de Pokémon. C'est marrant parce qu'il y a eu un petit peu deux écoles. Il y a eu les gens qui, je pense, me connaissaient et donc voyaient le côté évidemment absurde un petit peu d'aller étudier le, je dirais, le point narratif des Pokémon avec leur définition du Pokédex. Et puis, il y a ceux qui n'ont pas compris. Et je ne peux pas leur en vouloir. Parce que c'est souvent des commentaires que j'ai reçus sur les extraits courts de clipping quelque part que je fais sur le format long. Donc, je ne peux pas me plaindre d'avoir des retours cohérents avec le format que je propose.
C'est-à-dire que si je coupe mon format long pour en faire des extraits courts et faire découvrir le podcast, évidemment que certains vont prendre l'extrait hors contexte, voir un gars qui parle de la crise d'identité de Pikachu et se dire, mais c'est qui ce malade ? Donc, je comprends. Mais, je réponds évidemment avec toute bienveillance à tous les gens qui, parfois, ne mettent pas de forme à leur retour négatif. Mais écoutez, c'est le jeu. Mais, cela étant dit, j'ai eu le retour de quelqu'un qui se reconnaîtra et grand merci à lui parce que ça fait partie des petites choses qui te redonnent foi en l'humanité. Quelqu'un qui, du tout coup, tombe sur mon extrait court et ne comprend pas le fond du message que je voulais faire passer. Mais ce n'est pas sa faute. C'est parce que c'est moi qui joue forcément le jeu de l'extrait court sur un contenu long. Donc, forcément, tout peut sortir de son contexte.
C'est le principe. Donc, je remets dans le contexte. Et là, quelle fut ma surprise de voir cette même personne aller commenter le podcast en entier et de mettre, écoute, je suis désolé. Maintenant, en ayant écouté ton propos en entier, je trouve ça hyper intéressant. Et puis, il m'a même partagé que lui, il se voyait comme un Mewtwo. Et j'aime beaucoup parce que Mewtwo, pour le coup, porte énormément de choses très intéressantes. C'est aussi l'incarnation de la narration chez Pokémon puisque c'est le grand méchant du premier film. Je ne sais pas si vous avez ce film en tête. Moi, je l'avais en cassette. Je le regardais chez mes grands-parents quasiment tous les week-ends. J'étais obsédé par ce film. Donc, c'est hyper intéressant qu'un Pokémon préféré soit le premier méchant de l'univers Pokémon qui, narrativement, porte énormément de choses. Et c'est exceptionnel. Je ne vais pas continuer à faire des digressions sur Pokémon, mais je voulais souligner et remercier cette personne.
Et d'ailleurs, je peux même citer son nom. D'ailleurs, je vais le retrouver. Hop. Tac, tac, tac, tac, tac. Saderose93. Merci à toi. Voilà. Je te fais un gros big up parce que ça m'a redonné foi quelque part. Parfois, on reçoit des commentaires négatifs et en accueillant les commentaires négatifs comme ce qu'ils sont, parfois simplement un manque de contexte de notre part ou tout simplement en accueillant la tempête avec quelque part un pragmatisme un peu froid, tu vois, et en n'interprétant pas, en étant très toltec quelque part. Eh bien, ça peut... Les gens peuvent avoir un déclic et t'amorces un changement qui va aussi dans la direction des messages que t'as envie de porter. Et ça, pour moi, ça rejoint la posture responsabilisante que t'as quand tu partages quelque chose. Voilà. Donc ça, c'est un retour qui m'a fait grave plaisir. J'ai évidemment eu toujours les retours de notre très cher ami Shade Wall qui partage des choses très intéressantes et qui m'a notamment partagé les histoires d'amour entre un Lipoutou et un Monsieur Mime, c'est ça ?
Attends, parce que ça, ça, c'était quand même... ça, c'était quand même assez exceptionnel. Ça, c'était assez exceptionnel. Il faut absolument que je retrouve ça.
Si un Monsieur Mime et un Lipoutou et de leur union naissaient un métamorphe, écoutez, mes amis, je ne vais pas tirer ce fil-là, mais simplement vous partager cette créativité débordante et à vous d'interpréter. Ouvrez le Pokédex et voilà, je vous laisse l'interprétation créative de cette union magique qui donne un métamorphe.
Magnifique. Cela étant dit, ça m'a redonné foi en l'humanité quelque part. Les choses peuvent changer. C'est magnifique. Et il est possible d'avoir des changements de point de vue. Peut-être que nos politiques pourraient apprendre de tout ça à qui c'est, plutôt que de se gueuler dessus en permanence. Mais nous ne sommes pas là pour faire de la politique, nous sommes là pour parler d'écriture. Donc, je vais plonger sans attendre dans tous les sujets que je voulais aborder avec vous. Le premier, qui m'a particulièrement marqué, je vous lis cette phrase. Alors, attendez. Le tout ou rien est une élégance. Il rend l'inaction respectable en la faisant passer pour un choix philosophique.
Est-ce que ça cogne ? à la porte, là, de votre cage à penser ? Une expression qui n'est pas de moi. Et d'ailleurs, une phrase qui m'a fait... qui me fait trop rire. En ce moment, en première parenthèse, je vous ai partagé cette phrase et j'ouvre directement une parenthèse. C'est pour vous laisser le temps d'interpréter vous-même cette phrase. En ce moment, comme je vous l'ai raconté je ne sais plus où, je me suis mis à écouter des livres audio. En ce moment, j'écoute L'ombre des dieux, la confrérie du sang de John Gwynn, si je prononce bien son nom. Et il a une expression en français, alors je ne suis pas allé voir le texte original qui est écrit en anglais, de cage à penser, mais pour dire, voilà, le cerveau qui réfléchit parle de cage à penser. Je trouve que c'est une magnifique expression et comment je sais qu'elle est magnifique ? Parce qu'elle me fait tout de suite ressentir tout ce qui se passe là-haut.
Et en plus de ça, un peu égotiquement, ça aurait été une expression que j'aurais bien aimé trouver. Mais du coup, je vais la rendre à César et je vais l'utiliser. La cage à penser, je trouve ça génial. Vous voyez, il y a le côté ok on pense et il y a le côté cage. Et il y a le côté du coup rumination, je tourne dans ma cage comme un lion en cage. Voilà. Parenthèse fermée. Cette phrase, le tout ou rien est une élégance. Il rend l'inaction respectable en la faisant passer pour un choix philosophique. Et on le retrouve partout. Architecte, jardinier, c'est du tout ou rien. C'est se cacher derrière une posture philosophique en se disant mais ouais, mais est-ce que je suis l'un ou est-ce que je suis l'autre ? Du coup, je ne fais rien. Mais en fait, la vérité se situait entre les deux. Si on prenait conscience simplement de cette posture philosophique avec laquelle on adresse ce sujet-là, et bien peut-être qu'on s'autoriserait à un chemin un petit peu détourné en étant archi-digné ou jarditecte, tu vois.
Et c'est valable dans tellement de choses. C'est valable, par exemple, quand on parle de choix de vie. D'ailleurs, ça me fait penser à un bouquin sur les choix où la personne parlait de d'outché, O-U-T-C-H-E-R, si je ne dis pas de bêtises, qui était ce petit pas qui ne nous engageait pas. C'est-à-dire que c'est comme avant de se baigner, mettre un pied dans l'eau. Tu vois si la température te semble OK et puis tu plonges ou pas. Et dans nos choix de vie, parfois, on se retrouve tiraillé. Par exemple, dans un choix dans une relation, dans un choix de vendre ou acheter une maison, dans un choix de changer de taf ou garder un taf. Et tout de suite, on voit les choses de manière très binaire, très manichéenne, en se disant je peux faire que si ou que ça. Et vous, amis auteurs qui m'entendez, vous vous doutez bien que ce côté manichéen, on ne l'aime pas tellement, notamment en écriture.
Alors pourquoi on l'apprécie tant dans notre vie ? Pourquoi on fonctionne sur ce mode tout ou rien ? Et bien, je trouve que tu vois encore une fois que l'écriture nous fait porter un regard totalement différent sur notre personne en se disant quelque part, peut-être que ce fonctionnement tout ou rien effectivement est un piège. il nous ancre dans une inaction qui ne sert rien en fait.
Comme un personnage manichéen ne raconte quelque part pas grand chose. Justement, cette zone grise est la plus intéressante. Et d'ailleurs, ça fait lien avec le deuxième sujet dont je vais vous parler après. Mais bref, pour revenir à ces situations de vie dans lesquelles on se trouve tiraillé entre un choix A ou un choix B, et bien, quelque part, ok, j'entends que tu me partages un OU, c'est-à-dire je fais A ou je fais B. Et bien, qu'est-ce qui t'empêcherait de faire A et B ? Ou de faire A et un petit peu de B ? Ou de faire B et un petit peu de A ? Et là, tout de suite, paf, recadrage. On est vraiment dans une démarche coaching ici. Recadrage. Ah, en fait, c'est pas un OU, c'est un E. Donc, comment je peux articuler ma vie, mes croyances, mes forces, mon système de valeurs pour justement transformer ce choix philosophique, ce tout ou rien, cette posture qui nous place en inaction en posture qui, elle, nous place en action ?
Et là, tout se débloque, tout est magnifique. C'est-à-dire que peut-être, en fait, j'ai envie, je vais prendre l'exemple du travail, par exemple. Ok, je suis dans un poste que j'ai l'impression de ne pas aimer et je me dis, putain, ça serait tellement mieux si je faisais autre chose. Attention, exemple totalement aléatoire et pas du tout tiré de la vie réelle, je suis ingénieur en sûreté nucléaire et je me dis, putain, mais ça serait incroyable de se lancer dans le monde du livre, de travailler dans le monde du livre. Et bien, plutôt que de me dire, est-ce que je fais que l'ingénierie nucléaire et j'abandonne le côté écrivain ou est-ce que je fais que le côté écrivain et j'abandonne l'ingénierie nucléaire, d'abord, il n'y aurait pas un petit step, une petite manière d'oucher, comme dit notre cher ami. Voilà, toujours, je ne sais plus quel livre c'est. En plus, je pense que je ne vais pas être capable de le retrouver.
Je ne sais plus si c'est Daniel Pink. Je ne sais plus. Bref, vous me direz dans les commentaires. Si je le retrouve, je le mettrai en description.
Quel choix j'ai à m'apporter ? En fait, je me rends compte que c'est exactement ce que j'ai fait. C'est-à-dire que j'ai commencé mon activité avant de quitter mon taf. Et même toutes les démarches que j'ai faites pour quitter mon travail m'ont obligé à mettre un pied dans ce taf-là pour me dire comment ça va se dérouler. Alors, spoiler alert, évidemment, les choses ne se déroulent jamais exactement comme on les prévoit ou comme quand on les houtche parce que le paradigme change. Mais en fait, ça te donne confirmation ou non de si ce domaine-là t'intéresse. Et donc, d'une posture de ou qui te fait de l'inaction où tu choisis le statu quo, rester dans un travail qui ne te plaît pas et refuser une aventure différente, eh bien, tu te places dans un système de « et » où tu continues le travail que tu as histoire de non plus pas tout risquer, mais tu vas essayer autre chose pour voir si.
Mais est-ce que c'est vraiment un risque finalement ? Et là, moi, au bout de plusieurs mois de ou-t-sé, la réponse était claire comme de l'eau de roche et donc je me suis jeté dans l'autre rivière quelque part. Et ça, c'est magnifique. Voilà. Ça, c'est magnifique. Et donc, cette phrase « Le tout ou rien est une élégance. Il rend l'inaction respectable en la faisant passer pour un choix philosophique » catalyse tout ça et je la trouve magnifique. Voilà. Plaçons-nous dans une posture de et plutôt que de. Où ? Et au lieu d'avoir le tout ou rien, ayons le tout et rien. Et voyons comment on peut lier les deux. Voilà.
Ajuster les potards de ton rythme d'écriture
Magnifique premier sujet qui nous a ouvert la porte sur qu'est-ce que c'est le tout ou rien en écriture. Voilà. Le côté narratif. D'ailleurs, d'ailleurs, d'ailleurs, d'ailleurs, petite parenthèse avant de plonger dans ce tout ou rien narratif, évidemment, ce tout ou rien transformé en tout et rien est valable dans une posture d'écriture. Quand on se demande « Je suis du matin ou je suis du soir ? Je suis jardinier ou architecte ? Je dois faire un chapitre long ou un chapitre court ? » Bah, tout ça sont des choix manichéens qui, en fait, n'en sont pas. C'est des potards. Mettez-les où vous voulez, ces potards-là. Et essayez, surtout. Voilà. C'est que comme ça, c'est qu'en itérant qu'on arrive à trouver exactement le réglage qui nous correspond. Sachant que ce réglage est toujours corrélé à la vie avec laquelle on fonctionne au moment où on la vit.
Il est utile, parfois, de se réinterroger sur la justesse des potards. Je vous donne un exemple et puis après, je plonge dans ce que, narrativement, ça peut nous apprendre sur nos personnages.
En ce moment, j'ai décalé un petit peu mon démarrage de journée. Parce qu'il fait chaud, donc je vais parfois courir le matin, je vais promener Voltaire le matin parce que sinon, il fait trop chaud pour lui. Et donc, en fait, si j'étais resté aussi rigide que sur mon rythme d'avant, c'est-à-dire j'écris avant 9h, je me privais d'écriture. Voilà. Parce que j'étais obligé de faire plein d'autres choses le matin que je fais d'habitude un petit peu après. Et donc là, j'ai changé le paradigme. Je me suis dit OK, je vais faire toutes ces choses-là avant 9h parce qu'en fait, la chaleur ne me permet pas de les faire après et je vais écrire un petit peu après. Vous voyez, ça, c'est un ajustement de potard. C'est éviter le tout ou rien. Si j'étais resté dans bon, en fait, je ne peux pas écrire avant 9h, donc je n'écris pas. Mais OK, mais attends, est-ce que tu ne peux pas faire un et ici ?
Si, en fait, il suffit de décaler un petit peu. Et là, paf, c'est magique et j'écris. Et d'ailleurs, en ce moment, je suis trop content de ce que j'écris. Je suis vraiment sur la fin de mon tome 3, du premier jet de mon tome 3. Quasiment 100 000 mots là au moment où je vous écris. À la fin de la semaine, j'aurais dépassé les 100 000 mots. J'espère, je croise les doigts. Dieu merci. Et en même temps, je me suis blessé et je ne peux pas courir. Donc, je ne peux pas croire que ce n'est pas un message de l'univers qui me dit frérot, arrête de courir sur la route et cours sur ton manuscrit. Bref, seconde parenthèse fermée. Tout ça pour dire que j'espère que ce premier jet va se terminer. Et tout ça est parce que j'ai réussi à ajuster ce potard que je suis passé dans un fonctionnement tout et rien et pas tout ou rien.
Les personnages manichéens racontent peu
Voilà. Point final à ce truc-là pour basculer dans l'univers narratif que ça peut nous raconter. Les personnages manichéens sont, je ne vais pas dire jamais parce que ce n'est pas vrai, mais un petit peu rarement intéressants. Par exemple, alors, j'ai plus le souvenir. Je vais citer Harry Potter. Effectivement, voilà, disclaimer, je sais, J.K. Rowling prend une sauce. Je ne suis pas là pour en juger. Je parle de la matière narrative qu'elle nous a pondue quelque part.
Je n'ai pas le souvenir des livres. Donc, peut-être que je vais me tromper, mais dans les films, j'ai toujours ressenti un petit peu, j'ai toujours trouvé le traitement de Voldemort un petit peu dommage. En fait, il est purement manichéen. C'est une incarnation pleine et entière du mal. Il n'y a presque aucun moment dans les films où on se dit « Ah, peu chère, Voldemort, franchement, j'aurais bien aimé qu'il gagne. » Non, non, jamais, jamais. C'est Bruce Rock. Pourquoi il est tant apprécié ? Parce qu'il est vraiment morally gray, comme on dit en anglais. Il est dans cette zone de flou. Il fait des choses détestables, mais il fait des choses qu'il est impossible de détester. Et c'est ce fonctionnement sur cette ligne, le fait de nous faire croire qu'il est très méchant et puis de le voir faire des actions gentilles et puis, et puis, et puis, c'est ça qui est magnifique. Donc, les personnages manichéens sont rarement intéressants.
Dexter et les conflits de valeurs
C'est évidemment pas tout à fait vrai. Ça dépend évidemment des lectorats cibles. Ça peut être, par exemple, pour des enfants très jeunes, beaucoup plus facile de créer une narration avec des personnages manichéens. Ça permet de focaliser vraiment le message sur quelque chose de très précis. Bref, je mets un peu tout ça mis à part, je mets un peu tout ça à part, pardon, ou mis à part tout ça. les personnages manichéens sont assez rarement très intéressants. Et là où ça m'a percuté, et vous verrez le lien, c'est que j'ai re-regardé, enfin, re-re-re-regardé Dexter, la série des débuts des années 2000, série qui nous fait suivre un... Oula, il y a Siri qui vient de se déclencher sur mon téléphone parce que j'ai dit le mot série. Bon, ça fait grave plaisir.
Donc, série qui nous place... C'est bon, cette fois, il ne s'est pas déclenché. Série qui nous place dans la tête d'un tueur en série, en fait, et qui nous fait presque l'apprécier. C'est terrible, quand même. C'est fou.
Et ça fait tout à fait le parallèle avec ce côté-là. Dexter, alors, c'est une série que j'adore. je l'ai découvert quand j'étais ado, je la regardais beaucoup quand j'étais au lycée, j'ai énormément apprécié les... 1, 2... Saison 1, saison 2 sont très bien, saison 3, saison 4, celle avec Trinité, c'est la 4 ou la 3, je ne sais plus jamais. Et après Trinité, bon, voilà, il y a des trucs bien, des trucs pas bien, et à la fin, sincèrement, ça part un peu en cacahuète, et je trouve même que le traitement Dexter à la fin est à moitié terminé. Mais je vais y revenir en finissant d'abord mon côté Morali Gray des personnages.
Et pourquoi Dexter est un personnage extrêmement intéressant ? Parce qu'il n'est pas manichéen, et parce qu'il crée vraiment cette friction de système de valeur. Alors, au moment où vous écoutez cet épisode, l'épisode que j'ai enregistré avec Elali n'est pas encore sorti. Mais quand il sortira, vous verrez qu'on en a parlé. Et c'est aussi pour ça que je vous en parle aujourd'hui, parce qu'on explore un petit peu ce truc-là avec Elali.
Et au moment où j'enregistre, j'ai du coup fini la série Dexter. Dexter crée un vrai conflit de valeurs dans l'esprit du gars qui regarde, comment on dit ? Du spectateur. Attendez, je prends une petite gorgée de thé quand même, parce que là, je débite, je débite, mais du coup, je suis en train de m'assécher. Ah, pardon.
Et donc, il crée vraiment dès le début cette friction. Quand on comprend que c'est un tueur en série, mais qui tue des gens qui font des choses absolument horribles, on se dit est-ce qu'il a tort finalement ? Mais c'est là qu'apparaît le la première friction du système de valeurs parce qu'il y en a deux. Oh, et d'ailleurs, ça me fait penser qu'il faut que je vous partage un exemple qu'on avait vu en coaching après. Alors, attendez, il faut que j'attrape mon petit carnet. Comme ça, je n'oublie pas, je vous le partage après. bref, ça nous place dans ce premier conflit de système de valeurs qui est ok, est-ce que quelque chose enfin, est-ce que quelque chose d'illégal qui fait du bien doit être puni ou doit être autorisé ? Et c'est terrible parce que en fait, c'est simplement où est-ce qu'on place le respect des lois et où est-ce qu'on place le output positif dans notre hiérarchie des valeurs ?
Parce que si on place le respect des lois, évidemment, à partir du moment où c'est illégal, ce n'est pas une bonne chose. Mais si on est plus attentif à l'output qu'on peut en tirer, et bien quelque part, on se dit ok, en fait, quelque chose d'illégal mais qui ferait le plus grand bien, c'est top. Après, derrière ça, j'omets par exemple tout le démêlage philosophique qu'on pourrait faire des deux valeurs, mais tirer quelque chose de positif d'une action illégale, il y a aussi le fait qu'on se place dans certaines circonstances avec une posture providentielle en se disant je suis en capacité de décider ce qui a vraiment un impact positif. En l'occurrence, c'est vrai pour Dexter là parce qu'il se dit ok, je suis la meilleure personne pour trancher à la place de la justice. Donc, il y a aussi cette notion de posture providentielle, de posture de héros qui est très questionnante aussi. Bref, un autre exemple qui sera beaucoup plus parlant, c'est si quelqu'un et celle-là, elle est terrible dans des débats de famille, si vous voulez allumer une mèche au prochain Noël, voilà.
Si quelqu'un détourne des milliards d'euros de fonds publics, mais qu'avec ces milliards d'euros, il découvre la solution pour soigner tous les cancers, par exemple. Ah !
Est-ce qu'on accepte ou est-ce qu'on n'accepte pas ? Et le problème de ce débat philosophique, c'est est-ce qu'on est orienté résultat ou pas ? Parce qu'en connaissant le résultat, on aurait envie de dire franchement, pourquoi pas ? Et encore une fois, ça dépend de notre hiérarchie du système de valeur. Mais sans connaître le résultat, en sachant que le mec détourne des milliards d'euros de fonds publics, est-ce qu'on aurait envie de lui laisser la capacité de le faire ? Et c'est là que derrière, il y a tout un débat sur comment peuvent être construits les systèmes politiques, comment peuvent être construits la systémie d'un État, etc. Et vous voyez à quel point c'est simplement un débat de valeur. Et bien, ce débat de valeur, ces conflits entre systèmes de valeur, c'est ça qui fait le sel des histoires. Vous ne pouvez vous concentrer quasiment que sur ça et vous êtes sûr que vous aurez un livre qui fera réagir la personne qui le lit.
Avec un effet à la fin, évidemment, attention, avec des intentions très claires, parce que là, je vais parler du lectorat et d'une attente de résultats sur le lectorat, mais, mais, mais, soyons toujours très au clair sur la raison pour laquelle on fait les choses. Si on ne le fait pas pour le regard des autres, alors, tout ce que je vais dire quelque part n'est pas très intéressant. Mais, ce débat de système de valeur qui peut naître entre les personnages et apparaître dans un livre est exactement ce qui fait parler les lecteurs. Parce que vous n'aurez jamais un lectorat avec une unicité de système de valeur. C'est impossible. Donc, vous aurez des fans, des gens qui aiment votre livre, qui ne seront pas d'accord avec certains personnages et d'accord avec d'autres. Et inversement. Et c'est les débats entre ces deux personnes-là qui feront aussi toute l'émulsion autour d'un livre. Il y a plein, plein d'exemples. C'est le fameux « Est-ce que t'es Tim Gale ou Tim Pita dans Hunger Games ?
Est-ce que t'es Tim Serena ou Tim Blair ? » Voilà. Sachant qu'il n'y a qu'une seule bonne réponse, évidemment, Tim Pita et Tim Blair. Et là, des gens ne seront pas d'accord avec moi. Sauf Cynthia qui trouve que Serena est effectivement une aubergine. Mais ça, je la réinviterai pour qu'on reparle de ça.
Mais, tout ça pour dire que, voilà, c'est ces conflits de valeur. Et d'ailleurs, ça fait le lien avec un troisième point dont je voulais vous parler aujourd'hui. Moi, qui ai commencé sur les conseils de ma sœur off campus. Mais quelle série merveilleuse ! C'est exactement ce que j'avais besoin de voir cet été. Enfin, cet été, ça va durer trois jours. voilà.
C'est pareil. Qu'on aime un personnage ou qu'on en préfère un autre est toujours sur une identification du système de valeur. Quelqu'un qui ne respecterait pas notre système de valeur, là, on ne va pas l'aimer. Et quelqu'un qui le respecterait, là, on va l'aimer. Et quand, en plus, l'auteur ou le scénariste arrive à faire prendre un système de valeur à un personnage et par toutes les actions et les tragédies qu'il va vivre, le faire changer de système de valeur à comment ça brise le cœur du spectateur ou du lecteur. Et c'est magnifique. Et là, en plus d'avoir des conflits de valeur entre personnages, on a des conflits de valeur dans le personnage lui-même. Et pouf, c'est magnifique. Voilà. Donc, Dexter est une série qui commence, qui est basée sur ça, en fait, qui est basée sur OK, est-ce que c'est grave de faire le bien en faisant une chose illégale ? Vaste question et je n'ai pas de réponse, évidemment.
Donc, vous pourrez en débattre dans les commentaires, évidemment. Et je trouve qu'il y a en plus de ça dans Dexter une seconde lecture de ce conflit de valeur-là. c'est la responsabilité qu'on porte ou non vis-à-vis des traumatismes qu'on a vécu.
Ça, c'est un sujet passionnant. C'est un sujet qu'il faut manipuler avec une certaine douceur parce que, à mon sens, il n'y a quand même pas de réalité absolue. On ne peut pas dire que quelqu'un qui a vécu un traumatisme va perpétrer ce traumatisme-là. Ce n'est pas vrai et surtout, ça enfermerait les gens qui ont vécu dans un traumatisme, dans un truc où c'est impossible de changer. Ce n'est pas vrai. Les choses peuvent changer. En tout cas, ça, c'est ma conviction personnelle peut-être. Là, je vous partage un débat de valeur en vous balançant à la figure ma propre interprétation de ce débat de valeur. Bref, c'est ma position. Je trouve qu'on a une responsabilité individuelle dans le traitement de ces traumatismes-là. Et quelque part, Dexter, pendant une très, très, très, très grande partie de la série, se cache un petit peu derrière ça. Il a vu sa mère se faire tuer quand il était tout bébé et donc, il ne peut pas s'empêcher de laisser le contrôle à son passager noir et donc, de tuer lui-même des gens.
Et quelque part, après, son père et la psy, c'est là où ça devient un petit peu le bordel, je trouve, mais on réussit à l'infléchir dans une direction où finalement, il laisse le passager noir au contrôle que pour tuer des gens qui font le mal. Donc, ça crée ce personnage moral ygré. Mais initialement, il y a ce truc. Pendant très longtemps, il se cache en disant je ne suis pas responsable de ce qu'on a fait à ma mère et donc, de ce que j'ai subi et donc, je ne suis pas responsable de ce passager noir. sauf que ce passager noir, c'est quand même toi. Et donc, où est la responsabilité dans ce qu'on fait d'un traumatisme ? Je trouve que cette série aborde aussi très bien ce sujet-là et d'ailleurs, je ne sais pas, je n'ai pas d'autres séries qui me viennent en tête avec ce traitement-là et si vous en avez, je suis très curieux parce que c'est un truc que j'aimerais bien regarder encore.
Ouais. Voilà. Et donc, on a ce double niveau-là dans Dexter. Alors, on a beaucoup le premier au début et puis, je trouve qu'après, on l'a un peu moins... Enfin, remarque si, on l'a un petit peu tout le temps quand même. Ce côté de responsabilisation apparaît vraiment plus au fil de la série, notamment avec l'apparition du personnage de Anna qui lui dit non mais frérot, qu'est-ce que tu me racontes avec ton passager noir ? Tu parles de toi. Donc, elle le recadre pas mal sur ça. Puis après, toute l'histoire avec la sœur qui le voit aussi incarner ce propre traumatisme sur sa sœur. Donc, on a en plus un coulissement de il a vécu un traumatisme, il le fait vivre à sa sœur et donc, il se rend compte qu'il est quelque part responsable des actes de sa sœur après, mais pas totalement puisque c'est sa sœur qui tient quelque part ses actions en main. Bref, je trouve que la série est très intéressante sur l'exploration des conflits de valeurs, ce que ça permet en termes d'attachement au personnage et ce que ça permet de faire vivre aux lecteurs ou aux spectateurs.
L'exercice du baron
Voilà pourquoi les conflits de valeurs sont très intéressants. Et pour ça, je voulais vous partager un petit exercice de coaching. Alors, on le fait en coaching de groupe, notamment. Vous pouvez le faire. Je suis un salaud parce que ça peut détruire des repas de Noël. Mais, si vous voulez, pimenter un petit peu quand vous êtes dans un repas de famille. Alors, cadrez l'exercice. Lancez pas cet exercice-là en mode sournois comme un petit furet quelque part. Mais, posez le cadre. Voilà, j'ai un exercice qui vient de ce qu'on peut trouver quand on fait du coaching de groupe et qui permet d'avoir un débat autour de la hiérarchie des valeurs. Voilà. Vous pouvez poser ce cadre comme ça. Et donc, c'est un exercice qu'on appelle le baron. Alors, c'est probablement assez connu. C'est pas moi qui l'ai inventé. Je sais pas si c'est l'école de coaching ou je suis qui l'a inventé. Mais, toujours est-il que cet exercice nous demande de nous mettre d'accord sur une hiérarchie des responsables.
Voilà. C'est volontairement flou. Une hiérarchie des responsables. On peut déjà débattre de, ok, qu'est-ce qu'est la responsabilité ? Est-ce qu'on parle d'une responsabilité juridique ou d'une responsabilité morale qui n'est pas tout à fait la même chose ? Mais, je vous laisserai trancher ça avec votre famille à Noël quand vous lancerez cette bombe en plein repas. Bref, on a six personnages. On a le baron, l'épouse du baron, l'amant de l'épouse, le fou, l'ami de l'épouse et le batelier. Ces six personnages, on doit donc se mettre d'accord en groupe sur une hiérarchie des responsables. Donc, c'est-à-dire que dans un truc très sociocratique, quelqu'un propose, je propose de mettre le baron en premier responsable. Si quelqu'un n'est pas d'accord, il doit du coup dire pour quelle raison et ce qu'il proposerait à la place. Et à la fin, c'est évidemment quand même les personnes pas d'accord sont finalement OK avec le choix et quelque part sont les moins dérangés avec ce premier choix.
Fonctionnement très sociocratique, je pourrais en parler très longtemps. C'est différent de la démocratie parce que l'objectif, ce n'est pas de prendre la majorité mais quelque part de prendre la solution la plus majoritairement acceptée, quelque part, je le dirais comme ça. Ou qui pose le moins de problèmes à tout le monde. Bref, on pourra en reparler si ça vous intéresse. Je vous lis cet exercice.
Oyez, oyez, chers citoyens. Oui, je parle d'un baron donc on part en mode médiéval. Je pourrais le réécrire en mode médiéval mais bon, je n'ai pas le temps. Ce jour-là, le baron part guéroyer aux confins de son territoire. À ce moment, son épouse quitte le château pour aller rejoindre son amant. Au retour, elle voit qu'un fou muni d'une lame trucide qui compte traverse le pont-levis.
Elle s'en retourne voir son amant, demande de l'aide qu'elle ne reçoit pas. Parce qu'évidemment, pour rentrer au château, il n'y a que le pont-levis où elle peut marcher comme ça et quand elle voit le fou trucider tout le monde, quelque part, elle n'a pas tellement envie d'essayer de traverser. Donc, elle s'en retourne voir son amant, demande de l'aide qu'elle ne reçoit pas. Elle décide de s'adresser à un ami commun, demande de l'aide qu'elle ne reçoit pas.
Elle répète la même chose avec un batelier dont le travail consiste à passer les personnes d'une rive à l'autre. Mais, comme elle ne peut le payer, elle ne reçoit pas l'aide demandée.
Elle décide donc de traverser le pont-levis et se fait trucider. Voilà, avec cette histoire, vous pouvez dresser une hiérarchie des responsables entre le baron qui est parti à la guerre, l'épouse qui va tromper son mari, l'amant avec qui elle le trompe, le fou qui la trucide, l'ami qui ne l'aide pas quand elle en a besoin, quand il apprend qu'elle trompe son mari et le batelier qui refuse de la faire traverser parce qu'en fait, lui, il a besoin d'être payé pour faire traverser les gens. Voilà, je vous laisse avec ce joyeux exercice et je ne sais pas si ça vous fait sourire quand vous l'entendez, mais à mon avis, quand vous avez entendu l'histoire, il y a déjà des trucs qui ont dû popper dans votre tête en disant, par exemple, ah mais quel bâtard cet ami, tu vois. Voilà, j'utilise un mot peut-être un petit peu dur, je suis désolé, mais ça peut être ce genre de phrase.
Voilà. Et bah, faites-le à une table avec dix personnes, avec même cinq ou même trois, vous verrez à quel point les gens ne sont pas d'accord entre eux. C'est incroyable. Voilà, c'est pour ça que c'est important de le cadrer parce que ça, c'est de la poudre toxique. Enfin, de la poudre toxique quand ce n'est pas cadré, évidemment, parce que tout de suite, on se place dans un truc où on est obligé de verbaliser ces désaccords. Et parfois, on n'est pas hyper doué pour verbaliser ces désaccords. vous voyez très bien de quoi je parle, on osse la voix, on commence à avoir des arguments à dominem et on fait des généralités avec des toujours et des jamais. Voilà. C'était un exercice extrêmement intéressant. Et moi, je peux vous partager, par exemple, quand on a fait cet exercice, j'étais dans un groupe où on s'entendait très bien. On avait eu très peu de ce qu'on appelle un storming quand on est en groupe.
c'est les moments où il y a des conflits et c'est le moment où ça pète et après, il faut le régler. On avait eu quasiment zéro moment comme ça. Et bien, la sixième fois qu'on se voit, c'était du coup, on venait de faire plus de, je ne sais pas, on s'était vu cinq fois, trois fois, huit heures et puis tous les échanges qu'on avait eu entre temps. Donc, on se connaissait bien, on s'entendait bien. En plus, on avait partagé beaucoup de choses personnelles dans la démarche d'apprentissage du coaching. Donc, on était au courant des cordes sensibles quelque part de chacun. Et bien, je peux vous dire que cet exercice-là, il a fait hausser la voix tout de suite. Voilà, parce qu'on n'était vraiment pas d'accord parfois.
Off Campus, la série moderne qui fait du bien
Je vous laisse avec cet exercice et je passe à la suite. C'était quoi le sujet ? Oui, off campus du coup. Attendez, je réfléchis. Tac, ça c'est quoi ? Oui, ok. Non, je vais faire off campus. Très bien. On a parlé, voilà, on est passé du tout ou rien au tout et rien, à ce que ça nous apprenait sur notre pratique de l'écriture et ensuite sur l'univers narratif que ça pouvait avoir comme effet sur les personnages, c'est-à-dire de créer des personnages qui sont gris, qui sont non manichéens, qui créent des conflits de valeurs internes, externes, bref, partout. Et je disais que c'est quelque chose que j'ai retrouvé évidemment dans la série off campus. Alors, je ne sais pas si vous êtes friands de ce genre de série, je dois avouer que j'aime plutôt bien ce genre de série. Des séries qui nous placent globalement dans un campus américain avec des histoires d'amour. Et putain, qu'est-ce que ça fait du bien pour se détendre ?
Voilà. J'ai trouvé néanmoins cette série extrêmement moderne et qui traitait extrêmement bien, notamment deux sujets, trois sujets. Les amitiés, homme-homme, homme-femme, sans tomber dans l'ancienne caricature qui est l'homme macho et la femme qui n'est là que pour son physique, globalement. Enfin, vous voyez bien, genre American Pie, voilà.
Qui ne tombait, et à l'inverse, qui ne tombait pas dans l'excès inverse de faire, je vais utiliser un mot, je suis vraiment désolé pour ça, mais c'est le premier qui me vient, de faire un truc trop déconstruit. Là, je trouve que les messages passent avec une fluidité et une justesse vraiment incroyable. et je trouve que c'est un très beau modèle de série pour, quelque part, je dirais, adolescents, mais qui présentent des modèles d'adolescence ou de jeunes adultes intéressants, je trouve, et pas toxic as fuck, tu vois, parce que tu prends, je ne sais pas, American Pie, Gossip Girl, Glee, Ah ouais, Mature Mother, c'est des séries qu'on a adorées quand on était ado, ma génération, par contre, comment elles sont bourrées de clichés toxic as fuck, tu vois. Et, alors, récemment, je n'ai pas forcément de série. Si celle qui peut me venir, par exemple, que j'avais quand même par ailleurs extrêmement bien aimée, c'était Blackish, qui était une série, je trouvais, qui était justement à l'inverse de ces séries-là, mais qui parfois versait dans un truc, c'était à peine de l'excès, tu voyais un peu les fils derrière qu'ils essayaient de construire, et du coup, ça te sortait un peu des personnages.
Mais peut-être qu'on a eu besoin de ces séries qui se cherchaient un peu sur ces nouveaux modèles pour avoir une série comme Off Campus qui, je trouve, les touche très bien, ces nouveaux modèles. Ou alors, c'est simplement parce que, moi, en ayant vu ces nouveaux modèles dans des séries où c'était peut-être un peu imparfait, ça m'a moi-même permis d'avoir ce nouveau regard et peut-être que je suis plus à même maintenant de capter ces nouveaux regards. Je ne sais pas. Bref, toujours est-il que je trouve qu'Off Campus traite très bien notamment ce sujet-là, amitié homme-homme, place homme-femme, quelque part. Je trouve qu'il traite très bien la notion du consentement, et je trouve qu'il traite quelque chose très très très très bien et Dieu merci parce que, en fait, je crois que c'est aussi une des raisons pour lesquelles je ne voulais pas devenir écrivain. La notion de les mecs cools et les mecs pas cools, les meufs cools et les meufs pas cools.
Voilà. Dans cette série, les mecs qui font du sport, les mecs qui font de la musique, les mecs qui font du théâtre, les femmes qui font du sport, les femmes qui font du théâtre, les femmes qui font de la musique, tout le monde est pote. Et personne n'est là en mode « Oh, sale bisou qui fait de la musique. » Eh bien, par les trous de nez maintenant. Et quand tu vois, c'est typiquement American Pie, c'est encore plus Glee ou c'est carrément détestable, presque. Pour le coup, j'ai adoré Glee. C'est certains arcs narratifs, certains personnages, je les ai adorés. Mais putain, tu le regardes aujourd'hui, voilà, comment ça a mal vieilli, je trouve. C'est bourré de clichés. Le côté, le geekos qui fait de la musique et qui est bisuté par le gros costaud qui fait du football. Bon, vas-y, ça va deux minutes. Bref, je trouve que cette série traite ça très bien. C'est ça qui m'a aussi déjà touché.
Après, évidemment, dans cette série, tout le monde est extrêmement beau gosse, ce qui est agréable. Hommes comme femmes, ils sont tous magnifiques. Mais, je trouve qu'elle traite ces sujets-là très bien. Elle fait exactement ce dont j'avais besoin. Elle me détend en me plaçant dans un truc où je me dis « Ah, mais c'est évident que ces deux-là vont tomber amoureux. Mais vous ne voyez pas là que vous êtes amoureux. Faites un truc, tu vois. » Et quand, en tant que spectateur, tu réagis comme ça et qu'en plus, les choses se passent, tu sais, tu as un sentiment d'extrême satisfaction en te disant « Ah, j'avais raison ! J'avais raison ! » Et c'est hyper appréciable. C'est trop cool, en fait, de vivre ça en tant que spectateur. Et puis, tu as les côtés aussi où tu te dis « Ah, j'espère qu'il ne va pas se passer ça. Et il se passe ça quand même. »
Et c'est là que tu te dis « Putain, mais ce personnage, comment je le déteste ! » Et c'est trop cool. C'est trop cool. Donc, je passe un extrêmement bon moment. Je ne m'y attendais pas, mais franchement, c'est trop cool. C'était vraiment la série que je ne savais pas que j'avais besoin de regarder. Voilà. Et à première vue, quelque part, c'est plutôt série de romances.
L'envie d'écrire une romance
Je ne suis probablement pas le lectorat ou le spectateur cible, mais je passe un très bon moment. Et ça me détend et c'est trop cool. Et ça me donne envie d'écrire cette romance dont je parle depuis des épisodes et des épisodes. En ce moment, dès que j'échange avec quelqu'un qui écrit un genre, ça me donne envie d'explorer ce genre. Voilà. En parlant avec Gabriel, avec Stéphane de fantasy, ça m'a donné envie de replonger dans mon monde de fantasy, mais à fond les ballons. Et en discutant, par exemple, là avec Eulali, qui elle, écrit aussi beaucoup de romances, de la romance historique, de la romantésie, en voyant Off Campus, ça me donne envie de replonger dans la romance. Et je crois que, voilà, je suis très au clair sur mes intentions. Je finis d'abord cette trilogie dont je suis en train de terminer, dont je suis en train de terminer le premier jet. J'ai déjà un autre projet qui est un petit peu plus professionnel que j'ai besoin de faire juste après, qui sera moins long qu'un vrai bouquin.
Donc, is okay, tu vois. Et après, je me mettrai au clair, mais cette romance, j'ai tellement envie de l'exploiter et je ne sais pas dans quel sens. Et en même temps, j'ai été aussi pris par des questionnements que je retrouve pas mal chez beaucoup d'auteurs que je rencontre et d'autres que j'accompagne, qui est, mais comment vont prendre les gens dont je m'inspire pour écrire cette histoire ? Maintenant, je crois que je m'en fiche parce que de toute manière, je cache déjà énormément de gens entre mes lignes. Et il n'y a que moi qui interprète cela en me disant mais c'est évident qu'ils vont se reconnaître. Alors, il y a un préambule que j'ai ignoré, c'est que je suppose qu'ils vont le lire, ce qui est déjà probablement pas le cas. Je suppose qu'ils vont se reconnaître, qui est probablement pas le cas. Et je suppose qu'ils vont mal le prendre, ce qui est probablement pas le cas.
Ça fait quand même beaucoup de suppositions pour placer en inaction. Donc, on arrête les scies, comme dit notre cher Adil Rami, avec des scies, on coupe du bois et on se concentre sur ce qu'on a envie de faire. Ok, j'ai envie d'explorer une romance qui évidemment va s'inspirer de ce que moi j'ai connu en tant que Sam. Et puis, advienne que pourra. De toute manière, tous ces scies, ces trois scies-là, oh putain, qui arrivent des scies-là ? Est-ce que c'est pour ça qu'il l'a appelé scie-là ?
Hein, peut-être ? J'adore. Bref, ces scies-là, vous voyez, je me les poserai quand le texte existera. Voilà, c'est comme toujours cet éternel, mais comment je vais faire pour être édité ? Bon, attends, attends, attends, tu me demandes comment tu vas faire pour être édité ? Pour l'instant, t'as pas de texte.
Sorry, not sorry, but... Qu'est-ce qu'on en fait de tout ça ? Donc voilà. Je ne suis pas encore en vérité au clair, mais parce que je sais, tant que j'ai d'autres projets, je ne vais pas me plonger dans la clarté d'intention que porte cette romance. Donc je me laisse porter parce qu'elle m'évoque et je prends des notes. Vous voyez, là je prends des notes sur Off Campus parce qu'évidemment, ça me donne beaucoup d'idées. Et donc je sais que ça nourrira aussi la clarté d'intention que je poserai au moment où je commencerai à exploiter ce texte-là et cette idée-là.
« Seulement si tu crois aux obligations »
Et il y a eu plusieurs choses que je voulais partager de cette série qui m'ont marqué. Alors je ne vous partage pas la phrase entière parce que ce n'est pas très poli, mais il y a un moment, un personnage qui dit je vais être obligé d'eux et on lui répond seulement si tu crois aux obligations. J'adore cette phrase. Pareil, c'est une phrase que j'aurais aimé écrire. Seulement si tu crois aux obligations. Vous voyez, c'est comme le il faut que je fasse si. Attends, c'est qui il ? Pour quelle raison il faut que ? Et si tu avais envie, qu'est-ce que tu ferais ? Tu vois ? Si tu think outside of the box, qu'est-ce que tu fais ? Seulement si tu crois aux obligations. Ok, attends, mais si je ne croyais pas aux obligations, qu'est-ce que je ferais ? Tu vois, j'adore, j'adore. Il y a aussi le fait qu'il y a toute cette question d'identité qui est abordée dans cette série avec le...
Je suis désolé, je mélange à chaque fois son nom. Graham, peut-être. Bref, le personnage principal. Voilà, j'ai oublié son nom, ce n'est pas grave. Qui dit sans ok, je ne sais pas qui je suis. Donc, vous voyez, c'est toute cette question d'incarnation d'identité par ce qu'on fait. Et comment on fait pour décorréler l'identité de ce qu'on fait ? Et comment on fait pour aller chercher une nouvelle identité ? Et c'est tout le principe. Voilà, je vais résumer très rapidement ce que j'ai déjà abordé dans de nombreux épisodes. Mais le lien avec notre identité passée, notre identité future, notre identité passée est bourrée de forces qu'on peut utiliser pour développer une nouvelle identité. Ou en tout cas, de nouvelles actions qui, en les conduisant sur un long terme suffisant, vont nous permettre de développer une nouvelle identité. Parce qu'évidemment, en roulement de tambour qui n'est pas du tout en roulement de tambour, on ne développe pas une nouvelle identité en claquant des doigts.
Mais une fois qu'on a fait toutes ces actions et qu'on a développé une nouvelle identité, cette nouvelle identité ne dépend plus des actions qu'on fait au quotidien. Et c'est tout le truc de se mettre à écrire quotidiennement, développer une identité d'auteur et se dire « Merde, maintenant que je ne vais plus écrire quotidiennement, je ne serai plus auteur. » Non, non, non, ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai. La confiance que tu as développée, la certitude que tu as développée, que cette identité c'est toi, c'est une partie de toi, est une condition nécessaire et aussi suffisante à ce que tu te considères comme auteur. Et je dis nécessaire parce que, évidemment, au début, on ne l'a pas. Donc, tu vois, l'identité se développe en admettant qu'au début, qu'on ne l'a pas, qu'on ne l'a pas, pardon, en faisant plein de petits pas qui nous permettent de la développer, de la voir et après, ça ne dépend plus de ces petits pas qu'on a fait ou qu'on continue à faire.
Kierkegaard, confort, courage et étiquettes
Voilà. C'est le fameux truc de « Je quitte mon rythme d'écriture, ne veut pas dire que je ne suis plus écrivain et surtout ne veut pas dire que je vais pouvoir reprendre mon rythme d'écriture après. » Voilà. Donc ça, c'était un sujet que je trouvais que la série a adopté hyper bien. Il cite aussi Kierkegaard, j'adore. Moi, j'aime beaucoup Kierkegaard parce que je le trouve, c'est extrêmement paradoxal, mais je le trouve très sombre comme philosophe, parfois extrêmement dépressif. Il a écrit un truc qui s'appelle « Le traité du désespoir » de toute manière. Et pourtant, je ne sais pas pourquoi, je le trouve plein d'espoir ce Kierkegaard. Et ils en parlent. Et j'ai bien aimé ça. Voilà.
Et après, voilà, d'autres choses qu'ils partagent qui sont extrêmement pertinentes. Il y a ce préféré, le confort, le courage. Ça nous renvoie toujours à ce statu quo dont je parlais juste avant. Dans le choix manichéen, le tout ou rien, le confort, le courage, qu'est-ce que je choisis ? Mais si c'était un « et », comment je peux garder encore un pied dans le confort pour tenter un peu de courage ? Parce que, évidemment, se jeter dans le vide sans parachute, c'est extrêmement difficile. C'est toujours ce que je dis aux auteurs que je commence à accompagner. Je leur dis « Oui, tu vas sauter dans le vide, mais en travaillant avec moi, je suis le parachute et le filet que tu as en dessous qui te garantit que tu ne vas pas te casser la gueule. » Je ne dis évidemment pas que si les gens sautent dans le vide sans moi, ils n'y arriveront pas.
Attention, c'est toujours la même chose. Par contre, je suis évidemment, c'est aussi une promesse que je fais aux auteurs, de dire « Si tu es prête ou prête à te jeter dans le vide, à travailler sur tes peurs, tes croyances et à écrire ces lignes, parce que sans ça, évidemment, quelque part, je ne peux pas aider quelqu'un qui n'écrit pas et qui ne vient pas me voir en séance. Et bien, ne t'inquiète pas, j'ai bien aimé se préférer le confort au courage. Il y a aussi un moment où il dit « Me donner une étiquette, c'est m'annihiler. » Ça, j'adore aussi, on en a beaucoup parlé, cette notion d'identité, cette notion de « Ok, mais qu'est-ce que j'ai envie de me coller sur la tête comme étiquette ? Est-ce que j'ai envie de m'en coller une même ? » Voilà. Et en plus, oui, c'est un peu t'annihiler, c'est toujours ce truc, on en a parlé au début, le tout, le rien, l'étiquette de gauche, l'étiquette de droite, l'architecte, le jardinier.
Voilà. Et il y a aussi un moment, il parle, alors je n'ai pas encore vu la fin de la série, mais j'imagine que ça va être encore plus accentué sur la fin, il y a cette notion d'oser ouvrir son cœur, de la pop, qui est vue comme quelque chose de très simple, mais cette simplicité cache au demeurant toute l'émotion qu'on y met. Et l'accent est fait sur ce qui est important, c'est l'émotion. Et c'est magnifique, et je comprends pourquoi j'ai déroulé ce sujet jusqu'au bout, parce que ça m'amène sur le dernier point que je voulais partager avec vous, cette notion de sensibilité et d'émotion. Putain, c'est fou les parallèles de cette semaine, comment tout s'emboîte magnifiquement bien. C'est incroyable. Vous voyez, parfois il suffit juste de se mettre devant une caméra et de parler, et puis tout s'aligne. Peut-être qu'il suffit juste de faire ça, de se mettre sur une feuille et de commencer à écrire, et puis en fait, finalement, tout s'aligne.
L'émotion prime sur la technique
Qui sait ? Clin d'œil, Clin d'œil, peut-être que ça peut vous donner ce courage de commencer ce premier mot aujourd'hui, ou de venir me voir cette notion d'émotion, de sensibilité vis-à-vis de la technique. Il y a cette scène où Anna, du coup l'héroïne, parle à son prof de musique et elle lui dit voilà, j'ai pas encore fini mon texte, il manque ce truc de technique et puis machin, et puis truc, et il la coupe et il lui dit attends, je crois que t'as pas compris ce que je veux dire. Là, je te parle pas de technique, je te parle d'émotion. La pop est simple, mais c'est le but, parce que ça permet de se concentrer sur l'émotion. Et ça fait écho à un débat, enfin un débat, c'est un grand mot, un petit échange que j'ai eu avec une coachée qui se reconnaîtra, je te salue et te souhaite bon courage dans ce dernier rush de premier jet dans lequel tu es.
Pardon, ça me fait sourire, ça la fera sourire aussi, donc c'est ça qui compte aussi. On a eu ce petit échange en préambule de notre séance de coaching sur la technique, les émotions qu'on trouve dans un livre.
Et, je vais pas vous refaire tous les sens, mais je vais vous partager la conclusion. Ma conclusion, c'est que oui, oui, il y a une notion très objective dans, quand on juge un texte, la notion de technique. Bon voilà, je sais que je serai jamais meilleur que Victor Hugo. peut-être même que nous tous réunis, vous qui m'écoutez et moi réunis, on sera jamais, même si on assemblait toutes nos forces, aussi fort que Victor Hugo. Bon, et bah, ça, ça serait une fatalité s'il y avait que la technique qui existait dans un livre. Mais, je sais même pas si ça représente la majorité du jugement qu'on porte sur un texte. Mais t'avis que même parfois pour certains, ça représente même pas 1%. J'en suis même quasiment convaincu. Et, derrière, il y a une notion beaucoup plus subjective et qui est peut-être la principale de toutes. C'est l'émotion qu'on ressent quand on lit un texte. Cette sensibilité, ces valeurs communes qu'on partage avec les personnages pour faire le lien avec ce que je vous racontais avant.
Ce que ça nous procure, ce à quoi ça nous renvoie, ce dans quoi ça nous projette. Tu vois, ça mélange tout. Passé, futur, dans le présent, c'est tout. L'émotion, c'est ce tout qui fait naître réellement l'impact d'une histoire. Tu peux avoir l'écriture la plus simple du monde et faire ressentir énormément d'émotions au jour, provoquer énormément d'émotions. On parle beaucoup de musique aussi avec cette coachée. Il y a ce comparatif qu'on a fait.
Cabrel, Jul et Victor Hugo
Tout le monde n'est pas Cabrel et puis il y a Joule. Et c'est exactement ça. Oui, il est évident de dire que Joule n'a pas la technique d'écriture d'un Cabrel. Il suffit d'écouter Petite Marie ou La Corrida, puis d'écouter En Y ou Merci la Zone pour comprendre qu'on n'est pas sur le même niveau technique d'écriture. Mais ça ne fait rien. Joule peut transmettre des émotions. Il est tellement ancré dans le réel, il utilise des mots qu'on entend tellement au quotidien avec des phrases tellement simples et des sujets parfois qui sont extraordinairement simples que ça nous touche et que ça en touche même énormément. Et en fait, c'est ça le principal qui importe la technique tant qu'on a l'émotion, j'ai envie de dire. Et c'est parfois ce qu'on oublie un petit peu quand on est dans une posture un petit peu, je dirais, puriste de la technique. Voilà. C'est évidemment important, mais c'est d'autant plus important d'avoir la curiosité de s'ouvrir à ce que c'est pas aussi.
Voilà. Quelqu'un qui vous expliquerait que, voilà, on perd la technique du français, que certaines fautes ne doivent pas être commises, que certaines règles ne doivent pas être enfreintes. C'est vrai et en même temps, tant mieux, c'est trop bien, les règles existent pour qu'on les brise et on ne croit aux obligations que si on les respecte. Ça renvoie encore une fois à cette phrase qu'ils partagent dans Off Campus. et cette émotion est centrale quand on écrit parce que c'est ça aussi qui nous permet de nous détacher du regard des autres, parce que c'est ça qui nous permet de mettre pleinement l'émotion qu'on a en face de nous. Parfois, instinctivement, on écrira une phrase très simple qui explique exactement l'émotion qu'on a au plus profond de nos tripes. et bien c'est ça qui résonnera avec les lecteurs. Et c'est pas du tout la même phrase corrigée, écrite en beau français parfait. Voilà. Et j'ai pas d'exemple qui me vient, mais parfois, à la fin d'un dialogue, un je t'aime posé comme ça vaut infiniment plus qu'un truc brodé en disant tu es comme l'étoile de mon soleil, tu es comme l'hydrogène de mon soleil qui permet de chauffer et de faire vivre cette immense planète Terre.
Vous voyez ce que je veux dire, c'est parfois cette fameuse tendance qu'on a pu avoir sur les réseaux sociaux en disant dans mon univers, on ne dit pas je t'aime, on dit. Et bien parfois, je suis au regret de vous annoncer qu'une phrase aussi simple que je t'aime peut peser tout autant qu'un truc brodé et poétique. Et ça ne s'explique que par l'émotion et l'émotion over la technique, évidemment, pour caler un petit mot d'anglais comme ça en discret.
Et c'est un sujet extrêmement, extrêmement passionnant. Voilà. Et c'est ça aussi qui explique en partie pourquoi c'est impossible de promettre un best-seller. Parce que ça, ça ne se contrôle pas. Évidemment, ça essaie de se manipuler. C'est tous les principes marketing, l'utilisation des biais cognitifs qu'on a en marketing, l'utilisation des astuces, l'utilisation des tendances, l'utilisation des hooks, l'utilisation des tropes qui font vendre. Bref, de tout ça, c'est vrai, le best-seller peut se manipuler un petit peu. Par contre, l'émotion procurée, tout ça, on n'a pas de maîtrise dessus. C'est pour ça que je te promets, un best-seller n'est jamais une phrase que je prononcerai. Et je vous mettrai même en garde contre ce genre de promesses. Pas contre le travail de ceux qui peuvent faire ce genre de promesses, mais contre la promesse elle-même et ce qu'elle vous apprend sur vous-même. Parce que quand vous croyez à un best-seller, quelque part, très souvent, vous pouvez être en dissonance avec la raison pour laquelle vous faites tout ça.
Le cygne noir de Taleb
Et c'est cette dissonance qui crée le blocage. Ce n'est pas tellement la promesse qu'on vous fait. Être au clair sur les promesses, c'est important. Bref, parenthèse des promesses fermées, parenthèse de... L'émotion est aussi une des raisons qui fait que les best-sellers sont imprédictibles. Et d'ailleurs, ça me fait penser, je fais un dernier parallèle avec ça. Alors, je n'ai toujours pas fini ma lecture du signe noir de Taleb, mais je reviens toujours à cette définition du signe noir que je pourrais d'ailleurs peut-être retrouver, qui est dans mes notes que je vais vous relire parce que c'est quand même intéressant pour exploiter mon propos. Lecture du moment, signe noir, bon, je ne l'ai pas lu depuis décembre.
Voilà. résumer le triplet du signe noir, rareté, impact extrêmement fort et pré... 1, 2, 3, pardon, rareté... Attendez, je refais mon extrait parce que sinon, après, les gens sur les short to tip vont me dire mon ami, tu es incompréhensible. Bon, tu ne pourras plus me dire ça.
Je reprends la définition du signe noir de Taleb qui nous dit arrêtons-nous un instant pour résumer le triplet. Rareté, impact extrêmement fort et prévisibilité rétrospective mais jamais prévisible. Un best-seller en écriture, c'est exactement ça. C'est rare, ça a un impact extrêmement fort mais par contre, ça a une prévisibilité qui n'est que rétrospective. Et c'est exactement sur ça que les gens se basent pour essayer de faire un best-seller. Mais par définition, ça ne marche pas puisque c'est une interprétation rétrospective du résultat qui était imprévisible. Voilà. Et l'impact extrêmement fort naît aussi de tout ça. Et donc, c'est pour ça que concentrons-nous sur la seule chose qu'on maîtrise en tant qu'auteur, y mettre d'une autre, y mettre nos tripes, y mettre notre putain d'émotion. Voilà.
Résumé et question finale
Je conclurai là-dessus. Et pour vous faire un petit résumé de cet épisode et ensuite vous laisser avec la fameuse question « Toi qui m'écoutes, avec quoi tu repars aujourd'hui de tout ce que j'ai pu partager ? » Je ferai un résumé en disant « On a évoqué ce tout ou rien qu'on peut transformer en tout et rien. On a évoqué l'impact que ça avait sur notre quotidien d'écriture, sur notre identité d'auteur, sur nos choix, mais aussi sur l'univers narratif de nos personnages pour en créer des noms manichéens qui vont créer ces conflits de valeurs là. Et on a exploré évidemment cette magnifique série qui est off campus et tous les beaux messages qu'on peut y trouver, notamment que l'émotion doit primer sur la technique. Et pour sortir des obligations, je dirais que l'émotion peut primer sur la technique et que quand on s'autorise pardon, désolé, quand on s'autorise à ce que l'émotion prime sur la technique, là, on touche une justesse qu'on est les seuls en tant qu'auteurs à pouvoir toucher.
Sur ce, je vous souhaite une joyeuse journée, une joyeuse écriture. C'était Ybelion, à très vite et surtout, ose écrire. Merci. Merci d'être là, épisode après épisode. Si ce podcast t'inspire, t'aide ou te met du baume au cœur, t'abonner, mettre 5 étoiles et le partager, c'est le meilleur moyen de m'aider à toucher le plus de gens qui ont un livre en eux. Parce qu'après tout, plus il y a de livres écrits et mieux le monde se porte. A très vite. Ose Écrire. Merci.