Conseil d'écriture
Ne commence jamais par la météo
Tes lecteur·ices ouvrent ton roman pour y trouver quelqu'un et la page 1 leur parle du ciel.
Ce que dit le conseil
D'où viennent ces faits
« Never open a book with weather. » est la règle n° 1 des dix règles d'écriture d'Elmore Leonard, parues dans le New York Times du 16 juillet 2001, puis en livre en 2007. Son explication vise la météo d'ambiance qui s'attarde, et il ajoute : « There are exceptions. »
Paul Clifford (1830), roman d'Edward Bulwer-Lytton, commence par « It was a dark and stormy night ». Snoopy, quand il écrit son roman, le commence par cette phrase.
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Laisse le ciel de côté à ta première ligne et commence par quelqu'un. Un roman qui s'ouvre sur « Un vent glacé balayait la plaine depuis l'aube » enfreint la consigne. Le même vent passe sans encombre un paragraphe plus bas, quand une voyageuse relève son col pour traverser cette plaine.
La consigne d'origine est en anglais : « Never open a book with weather. », n'ouvre jamais un livre sur la météo. Elmore Leonard la place en tête d'une liste qui interdit aussi le prologue, parue dans le New York Times en 2001 et reprise en livre en 2007. Son explication est moins tranchante que ce « never ». Il vise la météo d'ambiance, qui s'attarde sans montrer la réaction d'un personnage, puis il ajoute : « There are exceptions. »
Pourquoi on te le répète
« Une pluie fine tombait sur les vignes depuis le matin. » Fais passer la même information par quelqu'un : « Le vendangeur rentra ses seaux sous une pluie qui durait depuis le matin. » La pluie est toujours là, et la page a gagné un homme, un geste, une raison de lire la suite.
Leonard le dit à sa façon : devant une météo qui s'éternise, on feuillette plus loin, à la recherche des personnages. L'ouverture par le ciel a son cliché attitré. Paul Clifford, roman d'Edward Bulwer-Lytton paru en 1830, commence par « It was a dark and stormy night », une nuit sombre et orageuse. Snoopy, quand il écrit son roman, le commence par cette phrase.
Et dans la vraie vie
Comment ce conseil peut mal tourner
J'ai improvisé un jour le début d'une histoire d'horreur. Il pleut, il tonne, un accouchement se passe mal et l'enfant naît sans visage. Alors la pluie s'arrête, le tonnerre aussi, et il ne reste que le silence. L'orage a un rôle dans cette scène, il se tait quand l'enfant paraît. Réduite à son « never », la règle barre cette ouverture comme un bulletin d'ambiance. Elle fabrique aussi des débuts sans ciel, amputés de la tempête dont dépendait la scène.
Commencer par la météo, c'est ce que je conseille en général à quelqu'un qui bloque devant sa page blanche : écris que le soleil se levait, puis complète avec ce qui vient. Mon thème d'écriture quotidien démarre souvent par une banalité du même genre, le soleil est jaune par exemple. Et si tu écris un livre sur la météo, avec le soleil et les nuages pour personnages, bien sûr qu'il commence par elle. Dire de ne jamais le faire, c'est donc pour moi un conseil qui noie le poisson, de ceux qui ne te font pas avancer. J'ai failli le descendre en D pour cette raison. Mais il ne va tuer personne non plus, alors je le laisse en C.
Un contre-exemple
D'où vient cette anecdote
Une vie, roman de Maupassant paru en 1883, s'ouvre sur la phrase « Jeanne, ayant fini ses malles, s'approcha de la fenêtre, mais la pluie ne cessait pas. » et consacre son premier paragraphe à l'averse.
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Jeanne attend de partir et il a plu toute la nuit. Une vie, que Maupassant fait paraître en 1883, passe son premier paragraphe à cette averse, entre le ciel, les rafales et les ruisseaux qui débordent. Le roman commence par ces mots : « Jeanne, ayant fini ses malles, s'approcha de la fenêtre, mais la pluie ne cessait pas. »
Donc y'a pas de solution miracle.
Mon verdict dans la tier list
Pour continuer
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Ton intention de livre décide si l'orage a sa place en tête du chapitre 1.
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