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Conseil d'écriture

Évite le prologue

Avant le chapitre 1, certaines histoires glissent quelques pages à part : une règle de deux mots, en anglais, voudrait les voir disparaître.

L'histoire

Ce que dit le conseil

Un prologue est un texte placé avant le premier chapitre d'un roman, à part du récit principal. Ce peut être une scène survenue des années plus tôt, la voix d'un autre narrateur ou un fragment de légende. Quelques pages racontent la nuit où un village a brûlé, puis l'histoire reprend vingt ans plus tard dans une cuisine. Ces pages-là sont un prologue. Le conseil demande de s'en passer et de commencer au chapitre 1.

« Avoid prologues. » (évite les prologues) est la deuxième des dix règles d'écriture d'Elmore Leonard, parues dans le New York Times du 16 juillet 2001. Pour lui, un prologue de roman contient de l'histoire d'avant, qu'on peut placer n'importe où ailleurs dans le livre. À le lire, la règle vise le contexte servi en bloc, avant que l'histoire ait commencé.

Pourquoi on te le répète

En librairie, tu ouvres un roman. La page 1, en italique, résume trois siècles de guerres entre des peuples dont tu ne connais pas un nom. Le chapitre 1 arrive page 4, avec une fille qui cherche ses clés.

Les pages d'ouverture décident si on lira les suivantes. Un prologue les dépense pour des événements qui n'ont encore personne à qui arriver. Le passé pèse davantage une fois qu'on s'est attaché à quelqu'un : les mêmes guerres, racontées au chapitre dix par celle qui y a perdu un frère, se lisent autrement. L'information qu'on déplace se trie au passage, puisque chaque morceau doit mériter sa place dans une scène.

Et dans la vraie vie

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Comment ce conseil peut mal tourner

Le mot « Prologue » disparaît de la page et rien d'autre ne bouge. Les mêmes pages s'appellent désormais « Chapitre 1 ». La règle est respectée, le livre n'a pas changé d'une ligne. Autre réparation de façade, le contexte est découpé, puis distribué de force dans les dialogues. L'information passe dans des répliques que personne ne prononcerait : un mari rappelle à sa femme l'année de leur mariage, un garde explique à un autre garde quel roi ils servent depuis dix ans.

Comment te dire que je m'en bats les… voilà. Je le mets en D, on va dire pas la cible. Ça noie le poisson et ça n'a pas trop de sens. Là où je suis d'accord, c'est qu'on ne doit pas avoir besoin du prologue pour comprendre l'histoire. Tant que tu gardes cette règle en tête, il ne fait de mal à personne. Le piège, généralement, c'est le prologue écrit comme un chapitre 1. On y tombe vite quand deux conseils se combinent. Prends L'Étreinte Éthérée, qui s'ouvre sur quatre paragraphes d'histoire de Karnoa, un début presque prologue dans le ton. Imagine qu'on me conseille de commencer en pleine action. J'écrirais une bagarre, et comme je tiens à ce contexte, je glisserais ces paragraphes dans un prologue. Sauf qu'il faut ces pages pour comprendre la suite, donc ce serait un chapitre 1. Du coup, je foirerais les deux, mon prologue, qui n'en est pas un, et mon vrai chapitre 1, qui ne commence pas en pleine action.

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Un contre-exemple

A Game of Thrones (1996), le premier tome du Trône de fer de George R. R. Martin, passe par un prologue avant d'arriver à son premier chapitre. Ces pages, du genre que Leonard conseillera d'éviter en 2001, montrent le Mur du point de vue de Will, un homme de la Garde de Nuit.

Donc y'a pas de solution miracle.

Mon verdict dans la tier list

DOn va dire « pas la cible »
Et toi, tu le classes où ?

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Prologue ou chapitre 1, la question se règle une fois que tu sais pour qui ce début est écrit.

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