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Pochette de l'épisode 83 du podcast Ose Écrire

ÉPISODE 83AVEC INVITÉ28 JANVIER 202677 MIN

Discussion avec Anaëlle Chaudet

Clarté · Rythmegamification
00:001:16:47

FACE A — LES 20 CHAPITRES · CLIQUE POUR ÉCOUTER

Et si le problème n'était pas ta volonté, mais le format ?

CE QUE RACONTE CET ÉPISODE

Anaëlle Chaudet a un TDAH, et toute tâche ennuyeuse lui est quasi impossible à démarrer. Plutôt que de se forcer, elle a décidé en décembre 2023 que son système d'organisation devait d'abord l'amuser. Elle a bricolé des cartes-quêtes sur un thème de sorcière, les a imprimées, plastifiées. Puis elle a cherché un carnet d'organisation gamifié jusqu'aux États-Unis et en Allemagne, n'a rien trouvé, et l'a fabriqué elle-même en une après-midi.

La démonstration qui m'a le plus marqué dans cet épisode tient en une scène. Son fils de sept ans râlait chaque fois qu'elle lui demandait de vider le lave-vaisselle. Elle lui a fabriqué ses cartes et un système de points. Maintenant, c'est lui qui demande. Ça me rapporte combien de points ? Cinq. Ok, si je fais ça j'arrive à soixante demain, donc trente minutes de jeu vidéo en plus.

Ce que ça dit de nos blocages d'auteurs me paraît important. On se croit paresseux, on se croit indiscipliné, alors que très souvent on a simplement construit un système qui ne parle pas à notre cerveau.

Dans cet épisode, on parle aussi de la to-do list soi-disant raisonnable qui représente quinze heures de travail, de la bêta-lecture comme acte de confiance, et de la façon dont elle est passée de deux minutes à trois heures de concentration en deux ans.

LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE

CAROUSEL À VENIR

Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.

Face B — le transcript

L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE

Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !

Bienvenue dans Ose Écrire

Ybelion — Yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans l'épisode 83 d'Ose Écrire. Et aujourd'hui, j'ai l'immense plaisir d'accueillir Anaëlle Chaudet. Elle-même accompagnatrice d'auteurs, bêta-lectrice, j'en passe et des meilleurs. Dans cet épisode, on parle d'organisation, de gamification et de plaisir d'écrire. Notamment parce qu'on parle de son nouveau livre Level Up. Je vous en dis pas plus, c'est vraiment passionnant. Bonne écoute et à très vite. Moi, c'est Sam Ybelion de mon nom de plume. Je suis écrivain, coach et j'accompagne celles et ceux qui veulent renouer avec leurs rêves d'écriture. T'écoutes un podcast dont l'intention est simple. Te donner inspiration, outils, motivation, discipline. Bref, tout ce qui peut te permettre d'oser écrire. En gros, c'est un peu dans le titre quoi. Ose Écrire. Hyper heureux de t'accueillir parce que je trouve ton contenu hyper inspirant. Je suis sûr que depuis 2020, du coup, il y a plein de gens qui se sont mis à l'écriture grâce à toi. Ou en tout cas, qui avancent en plus sur leur texte grâce à toi. Et pourquoi je t'avais proposé spontanément, en tout cas, pourquoi j'avais osé te proposer spontanément de venir enregistrer. C'est que du coup, tu as sorti un livre avec Marabou qui s'appelle Level Up. Oui. Et en fait, j'aimerais bien commencer par là. J'aimerais bien que tu nous racontes un peu, quelque part, comment est né ce projet. Et quelle est l'intention, tu vois, pour les gens, pour les gens.

Level Up : un TDAH et un besoin de jouer

Anaëlle Chaudet — OK. Alors, ce projet, du coup, ce n'est pas directement lié à l'écriture, mais c'est plutôt lié à l'organisation. Donc, évidemment, c'est aussi si on a un projet d'écriture. Mais c'est un carnet d'organisation pour organiser sa vie professionnelle, personnelle, un projet qu'on a, comme écrire un livre. Et c'est né en décembre 2023. Donc, moi, déjà, j'ai un TDAH. Donc, j'ai un trouble de l'attention. Je progresse énormément. Et en fait, dès que c'est ennuyeux, c'est compliqué de travailler. Ça, c'est quelque chose sur lequel je communique beaucoup, d'ailleurs, sur mes réseaux. Et en décembre, je me suis dit, mais en fait, il me faut quelque chose qui... Il faut que ce soit un jeu, en fait. Il faut que je m'amuse en m'organisant parce que sinon, ça ne va pas marcher. Et je me suis amusée sur Canva à créer des cartes, des petits formats cartes. Par exemple, j'ai choisi le thème de la sorcière. Donc, j'avais le grimoire, j'avais le château hanté. Et du coup, sur chaque carte, je mettais une tâche que je devais faire, le nombre de points que ça me rapportait, la récompense que j'avais. Et voilà. Et j'ai imprimé mes petites cartes. Je les plastifiais. Je me suis dit, ah voilà, ça, c'est rigolo. Ça me donne envie de faire ça. Après, je me suis dit, bon, par contre, sur le long terme, je passe trop de temps sur Canva, c'est pas possible. Mais je me suis dit, il y a un truc quand même là-dessus. Du coup, après, je me suis dit, il faut que je m'organise, mais sur un carnet, en fait. Je ne peux pas imprimer des trucs comme ça. Il faut que tout soit possible sur un carnet. Donc, j'ai cherché un carnet qui existait. J'ai cherché même aux Etats-Unis, en Allemagne. J'ai rien trouvé. Je me suis dit, c'était pas possible. Il n'y a rien qui a été fait pour avoir une organisation gamifiée, amusante, où vraiment, t'en multimètre, tu gagnes des points, comme un jeu vidéo, mais en fait, version papier. Du coup, je l'ai fabriqué moi-même sur mon carnet, à la main. J'ai passé une après-midi à faire ça. Et je l'ai partagé sur mes réseaux, mais comme ça, juste en story, je me suis dit, il y a peut-être trois Zanzins comme moi, ça va les aider. Et en fait, j'ai reçu 70 messages de gens qui disaient, mais attends, mais c'est trop bien ton truc. Par contre, moi, j'aime être la vie, je fais tout ça à la main. Il faut que tu le fasses publier. Et c'est là que ça m'a donné l'idée, puisque jamais j'aurais cru qu'il y avait un marché. J'avais l'impression d'être la seule Zanzin à avoir besoin vraiment de jouer pour m'organiser. Et je n'aurais jamais pensé à publier ça. Donc, du coup, après, j'ai fait ça un peu plus sérieusement, donc le fichier Word et tout. Et j'ai envoyé ça à trois maisons d'édition, dont Marabou, qui m'a répondu en deux semaines. Ça, je pense que c'est intéressant à savoir. Ils m'ont répondu rapidement. Mais je pense qu'en fait, dans ces collections-là, moi, c'est la collection bien-être, organisation. En fait, ils sont moins surchargés. Donc, je pense qu'ils répondent beaucoup plus rapidement. Donc, pour les auteurs et les autrices qui nous écoutent, qui ont envie de créer peut-être un guide, quelque chose comme ça, sachez qu'il y a moins d'attente que pour les romans. Donc, ça peut être intéressant quand même. Et du coup, ils m'ont répondu en deux semaines. Après, j'ai revu le projet que je leur avais envoyé. Ils étaient vraiment gentils et déterminés parce que c'était pas cool. Donc, vraiment. C'était vraiment très gentil. Donc, ils ont vraiment posé beaucoup de questions pour comprendre. et puis, j'ai signé le contrat en avril 2024. Et après, il a fallu retravailler, etc. Il y a eu beaucoup d'allers-retours et jusqu'à la version finale, en fait, que j'ai aujourd'hui.

Ybelion — C'était incroyable. C'est marrant. Moi, ce qui me marque toujours dans ces histoires, c'est que c'est vraiment une belle histoire et qui part toujours, tu sais, des petites excentricités qu'on a quelque part. C'est ce qui fait vraiment notre authenticité. Et c'est vraiment en embrassant ce truc-là et en la partageant que tu te rends compte que c'est ça qui touche les gens. Et puis, tu te rends compte que les gens aussi partagent ce genre d'excentricité. Et c'est trop cool. C'est trop cool. Et donc, quelqu'un qui achète Level Up, qui l'a en main, comment ça se passe ? C'est quoi la première... Quelque part, comment ça commence pour lui ?

« Ça me rapporte combien de points ? »

Devenir le héros de son propre carnet

Anaëlle Chaudet — Alors, du coup, on explique comment ça fonctionne. Et en fait, après, c'est comme si, quand tu achètes ton carnet, c'est comme si tu étais le héros du carnet. Donc, tu as un petit personnage qui est là que tu peux colorier aussi. C'est un carnet que tu peux colorier exprès. C'est pour ça que j'ai demandé à ce qu'une illustratrice travaille sur le projet pour que je puisse vraiment te l'approprier. Et en fait, le coloriage, ça fait aussi une récompense. En fait, tu es content d'avoir un joli dessin. Donc, tout est vraiment pensé pour que ce soit gamifié et que tu prennes plaisir. Donc, tu as un petit personnage, c'est toi. Tu mets tes qualités, etc. Et après, ça t'explique en fait tout ce que tu as. Donc, tu vas pouvoir débloquer des artefacts. Donc, c'est des objets magiques. Il y a une épée, par exemple. Attends, je vais regarder tout ce que j'ai mis. Et en fait, tu as des trucs hyper jolis, hyper incroyables. Par exemple, tu as un chaudron de l'audace que tu peux gagner, une épée du focus, bouclier de la sérénité, des choses comme ça. Et ça, on t'explique que tu vas pouvoir les gagner si tu gagnes des points. Et pour gagner des points, il faut faire des tâches. Donc, soit c'est les tâches de la vie quotidienne, soit du travail, soit d'un projet que tu as. Et on t'explique, on te prend par la main vraiment. On t'explique comment organiser tes tâches. Donc, par mois déjà, comment tu fais ? Donc, je t'explique vraiment avec la méthode SMART qui est assez connue. Avec un objectif très spécifique, etc. Réalisable. Et du coup, tu fais tes tâches comme ça. Tu choisis tes objets de prioriser aussi pour ne pas en faire trop. C'est vraiment accompagné pour ne pas avoir une to-do list interminable. Par exemple, les gens souvent ne savent pas combien de temps ils mettent à faire une tâche. Donc, en fait, ils mettent une to-do list. Et en fait, quand tu regardes combien de temps chaque tâche va te prendre, c'est une to-do list qui fait 15 heures. Évidemment que c'est infaisable sur une journée. Donc, à la fin de ta journée, tu n'as pas fini. Tu te sens mal parce que tu n'as pas fini. Mais en fait, c'était infaisable. Donc, ça, on apprend à faire ça. Et à chaque fois, tu gagnes des points. Et donc, tu fais ça de manière mensuelle, hebdomadaire, journalière. Et tu gagnes des points. Et en plus, au lieu d'appeler ça des tâches, j'ai appelé ça des missions, des quêtes, etc. Vraiment, que ce soit amusant. Et tu gagnes des points, des XP. Et après, en fonction, si tu atteins un certain palier, tu gagnes des récompenses. Et les récompenses, c'est toi qui les fixes. Pour que ce soit vraiment... Tu mets ce que tu veux. Par exemple, j'ai le droit de m'acheter un nouveau livre, par exemple. Ou de me faire un petit spa. Enfin, en fonction de vraiment ce que tu veux. Et ça te motive de fou. Pour te dire une petite anecdote, je l'ai testé sur mon fils. Il avait 7 ans à l'époque. Parce qu'il râlait quand je lui demandais de vider le lave-vaisselle. Typiquement. Ah, je me demande toujours à moi. Et du coup, je lui ai fait ces petites cartes. Je lui ai fait des points. Et ça a complètement changé. En fait, après, quand je lui demandais de vider le lave-vaisselle, il me disait... Ok, ça me rapporte combien de points ? 5 points. Ok, si je fais ça, j'arriverai à 60 points demain. Ça veut dire que je vais avoir le droit à 30 minutes de jeux vidéo supplémentaires. Et ça marche aussi sur moi, en fait. Et ça te motive de fou à faire tes tâches. Et même quand t'es à la flemme, tu dis... Ah, mais si je la fais pas aujourd'hui, ça retarde ma récompense. Ça, c'est vraiment dommage. Donc voilà. Et du coup, tu débloques des artefacts aussi quand tu atteins certains paliers. Ce qui fait que ça te donne des super pouvoirs. Encore des points supplémentaires, etc. Et pour encore ajouter de la gamification, tu as des défis hebdomadaires que t'es pas obligé de faire. Mais moi, ça fait un an que je fais ça. Et je trouve que les défis hebdomadaires, ça rajoute un petit peu de... un petit peu de nouveauté pour éviter de se lasser. Et du coup, c'est pareil. Tu peux gagner des points supplémentaires. C'est par exemple, si tu fais ta tâche principale, si tu la finis avant 11h du matin, tu as encore des points supplémentaires. Ou des trucs comme ça.

Le test grandeur nature sur son fils de 7 ans

Ybelion — C'est assez... Tu touches mon cœur de petit geek. J'adore ce côté gamifié qui... Ouais, ça facilite la vie. Franchement, ça rend les trucs tellement plus fun, tellement plus drôles. Et en même temps, ce que je trouve trop cool, c'est que c'est hyper profond dans la professionnalisation de quelque chose. Parce que, tu vois, tu l'as dit, par exemple, la méthode SMART, on l'entend partout. Même au travail, partout. Et en même temps, on n'ose vraiment jamais aller répondre aux questions qu'il y a derrière. Tu vois, c'est quoi ? Comme tu l'as dit, découper. Tu as une semaine, une journée, une matinée, etc. Ça veut dire quoi, ça, derrière ? Comment on met un temps sur quelque chose ? Et comment on le mesure ? Tout ça, c'est des questions. On les zappe un petit peu. On dit, ouais, c'est clair dans ma tête. Le fait est que ce n'est jamais clair et que généralement, c'est pour ça que ça bloque. Et quelque part, par la gamification, là, tu mets dans la main des gens tous ces outils qui sont hyper professionnalisants et combinés à une passion ou à un projet. En fait, c'est ça qui te fait aller au bout de tout ça. Donc, ouais, c'est assez passionnant.

Anaëlle Chaudet — Moi, je suis passionnée de neurosciences et d'organisation. Et depuis le temps, avec tous les problèmes d'attention que j'ai, j'ai vraiment appris là-dessus. Et en fait, j'ai mis tout ça, mais dans quelque chose d'amusant parce que je pense que l'organisation, ça fait peur aux gens. Tout le monde en a besoin, mais ça paraît tellement dur, tellement ennuyeux. Comme tu dis, on n'a pas envie d'aller creuser. Mais c'est quoi la méthode smart ? Et souvent, ça fait peur quand on voit aussi la durée que va prendre nos tâches. Quand on regarde vraiment, on dit « Non, mais attends, 4 heures pour ça. Mais en fait, du coup, ça veut dire mes projets. En fait, je vais devoir repousser les échéances. » Bah oui, souvent, c'est ça. Mais là, on le fait de manière… Voilà, on est vraiment pris par la main. Et il n'y a rien de mieux que de le faire de manière amusante, en fait. En vrai, c'est difficile.

Ybelion — Bah, il faut être… Tu sais, c'est des phrases trop cons, mais en fait, la vie est trop courte pour ne pas s'amuser, quoi, en fait. Mais oui, mais en fait, c'est… Voilà. Et c'est marrant, ça me fait toujours… Il y a une autre phrase qui me vient là, comme ça, c'est « On sous-estime toujours ce qu'on peut faire en plusieurs mois et on surestime toujours ce qu'on peut faire en une journée, tu vois. » Et je ne l'ai vu pas plus tard qu'hier parce que moi, j'ai un rapport… Alors là, du coup, je fais un partage très personnel, mais je trouve que ça rebondit aussi avec l'intention de level up, tu vois. J'ai un rapport très personnel à l'organisation et à des to-do list. C'est-à-dire que j'ai des phases. Parfois, je les fais sur papier, parfois sur ma tablette, parfois sur mon téléphone. Mais tu vois, j'ai vraiment un espèce de truc d'élan, tu vois, qui me fait « Ah ouais, là, c'est trop cool. Je vais faire mes to-do list sur mon téléphone. Ça va vraiment changer ma vie. » Bon, un mois après, je change. Je l'ai fait sur mon papier. Là, je suis une phase où je le fais sur papier. Et hier, j'ai fait l'erreur de faire une to-do list où j'ai mis tout ce que je voulais faire dans la semaine. Bah, lundi soir, hier, je vois ma to-do list. Il y avait deux trucs qui étaient rayés. J'étais là « Ah vas-y, journée de merde. » Et en plus, la semaine, voilà, c'est foutu. Et tu vois, là, je prends du recul et je fais « Non, mais en fait, Sam, t'es trop con. C'est juste parce que t'as fait sur ta semaine, alors que d'habitude, tu fais par jour. Et c'est vachement bien parce que du coup, t'es tout rayé à la fin. » Et tu vois, c'est des petits tricks comme ça qu'amène du coup ton bouquin, parce que c'est ça. Ça te met face à ça. Et c'est tout con, mais ça peut changer une année, quoi.

Anaëlle Chaudet — Mais exactement. Mais c'est vraiment tout bête, vraiment de mesurer. Déjà, choisir les tâches parce que des fois, il y a des tâches qui sont très importantes à faire mais qu'on procrastine parce qu'elles nous font peur et qu'elles sont intimidantes parce que c'est des grosses tâches. Et du coup, on va avancer mais sur des petites choses qui ne nous faut pas vraiment avancer. Donc là, on est obligé de prioriser. Et en plus de ça, on est obligé de mettre en fait combien de temps ça va me prendre. Et moi, je conseille de ne pas planifier plus de 70 à 80 % de son temps chaque jour. Donc en fait, chaque jour, tu dois savoir combien de temps j'ai pour travailler chaque semaine et chaque mois. Et quand on regarde ça, déjà, ça fait peur parce que quand tu te rends compte qu'en fait, que tu travailles à peu près que 22 jours par mois, tu te dis mais en fait, c'est rien du tout, 22 jours. Ben oui, tu es obligé de prioriser, de faire des choix. Et en fait, quand on ne se pose pas cinq minutes sur ça, mais c'est comme ça qu'on fait des tout doux à rallonge et qu'on n'y arrive pas et après, on se sent mal, on a l'impression d'être nul alors que non, c'est juste le système qui n'est pas bon, tout simplement.

Ne planifiez que 70 % de votre temps

Ybelion — C'est hyper pertinent ce que tu dis. Et c'est là que je trouve que quelque part, la rationalité froide des chiffres, parfois, elle l'aide vachement parce qu'elle te fait prendre conscience de, ouais, en fait, tu ne pourras pas tout faire et il y a des choses qui sont plus importantes. Là, j'aime bien toujours rappeler aux gens que choisir, c'est préférer, ce n'est pas renoncer. C'est-à-dire, voilà, il y a toujours, ça, c'est important. Et au contraire, ça peut être aussi hyper motivant en fait de parfois juste de découper comme ça et de voir, ah, mais en fait, ça rentre dans une année et en fait, je n'ai peut-être pas besoin de mettre une hyper pression aujourd'hui. Et ça, parfois, ça permet de toi un peu de recul et de souffler. C'est, ouais, c'est trop cool. Franchement, je suis, quand j'ai vu que tu avais sorti ce projet, tu vois, c'est le genre de projet, tu le vois, je fais, j'aurais rêvé avoir cette idée. Tu fais, putain, c'est incroyable. C'est trop cool en vrai. Trop cool. Et en fait, moi, ce qui m'a touché aussi, c'est quelque chose que toi, tu portes au quotidien. Tu partages beaucoup sur ça, sur Insta. Moi, ce qui me fascine chez toi, c'est les petits dessins que tu fais, tu les fais par jour de mois. Enfin, par jour en fait. Chaque jour,

Anaëlle Chaudet — mais j'ai un, ouais, ça fait un mois que je ne l'ai plus fait en plus. Mais chaque jour, je dessine, je résume ma journée en un dessin et du coup, ça fait une double page où tu as mon mois en fait en dessin et c'est pareil, en fait, c'est de la gamification juste à la fin de ta journée. Mais tu es trop content de faire ça et après, ça fait des souvenirs et voilà. Je trouve que la vie, comme tu disais, en fait, la vie, elle devrait être plus amusante et toute l'organisation, ça ne devrait pas être ennuyeux et stressant et chiant. Ça doit être amusant.

Ybelion — Exactement. Un peu plus, on l'entend tellement partout. Et puis, c'est un petit côté reposant d'être organisé. Tu vois, quand tu sais que tu as ça sur lequel te reposer, ça fait du bien, quoi. Quand c'est plus trop le flou. Après, c'est peut-être aussi ça parle peut-être à certains ou moins à d'autres, mais en tout cas, moi, quand tu as, là, quand je m'imagine organisé, tu fais, ah ouais, ça va être cool. C'est bien. Tout est rangé à peu près. Et derrière, toi, donc, tu écris aussi de ton côté. Oui. comment les deux, enfin, un, deux, trois, pardon, je vais réussir à poser ma question. Tu as commencé à partager, du coup, autour de l'écriture. Maintenant, tu as un axe qui est très, du coup, organisationnel et comment je, quelque part, je structure ma routine d'écrivain, je dirais, plutôt. J'utilise peut-être des mauvais termes, tu pourras corriger. comment ça, pour quelles raisons tu t'es mise à partager autour de l'écriture et à prendre cette voie-là, quelque part ? C'est très vaste comme question.

Des RH à l'écriture : aider les auteurs d'abord

Anaëlle Chaudet — Alors, j'adore écrire, mais ce que j'aime le plus au monde, c'est vraiment aider les autres auteurs. En fait, j'ai tellement galéré, moi, j'ai commencé à écrire en 2015 et je t'ai dit, j'ai ouvert mon compte Instagram en 2020 et j'ai tellement galéré à écrire qu'en fait, chaque fois que je faisais des découvertes, il fallait que je partage. Je me dis, c'est pas possible que les autres galèrent autant que moi. Je veux pas qu'ils subissent ça. Donc voilà, j'étais vraiment dans ce petit débat de partage et ça a continué et je préfère tellement aider les autres auteurs. C'est vraiment ce qui m'anime. C'est pour ça que mon compte, il est vraiment pour les auteurs. Il est vraiment pensé organisation comme des techniques narratives, etc. Parce que je préfère ça et je pense que je privilégierai toujours ça par rapport à l'écriture. Ce qui est moins fréquent sur Instagram parce qu'on a plutôt tendance à trouver des auteurs et il y en a qui donnent des conseils m'essaient en attendant d'avoir leur livre publié par exemple ou pour continuer à poster, etc. Moi, c'est vraiment ce qui prend le plus de place dans ma vie. C'est vraiment aider les autres. Donc l'écriture, ça vient à côté. Donc j'écris plutôt sur mon temps personnel. Quand je peux, je le fais sur mon temps pro et plutôt sur le temps personnel quand même.

Ybelion — Moi, je te rejoins totalement sur ça. Et tiens, c'est intéressant, c'est ça qui me vient. quand tu as commencé à vouloir écrire donc avant, enfin 2015 par là, c'était quoi ton envie autour de ça ? Est-ce que tu avais, tu disais j'ai envie d'être publié, j'ai envie d'écrire beaucoup de romans. Ta première intention, c'était quoi ? Et pourquoi je pose cette question ? Parce que moi, un passage que j'ai trouvé difficile, c'est justement de dire ah mais en fait, je crois que l'écriture n'est pas si importante pour moi. Elle est importante au global et dans le message que j'ai envie de véhiculer aux autres mais je pense que moi, je n'ai pas tant envie que ça d'être juste un auteur. Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire mais un peu cette double casquette.

Anaëlle Chaudet — Je te rejoins. Moi, c'était vraiment juste écrire le plaisir d'écrire. Dans le contexte, en 2015, je travaillais dans les ressources humaines et dans l'entreprise, c'était compliqué à ce moment-là parce que j'ai dû faire énormément de licenciements donc ce n'est jamais facile et les lettres de licenciement, c'est des courriers juridiques, c'est à la virgule près, il faut poser chaque mot et déjà, c'était stressant et je ne faisais que ça de mes journées pendant quelques semaines et d'un coup, j'ai eu envie d'écrire et là, vraiment, c'était vraiment le côté plaisir. J'écris ce que je veux, c'est de la fantaisie, c'est une histoire de dragon, voilà. Et je pense que c'est juste ça qui me plaît dans l'écriture, c'est vraiment... Donc, je n'ai jamais pensé je veux absolument être publiée par telle maison d'édition, écrire plein de romans. Non, je veux garder le plaisir d'écriture. Donc, du coup, je n'ai pas cette pression de je veux terminer, il faut que je sois publiée, etc. Par contre, ce qui m'anime, mais comme toi, c'est vraiment aider les autres auteurs et autrices lire, bétalir leurs manuscrits mais j'ai l'impression qu'ils me le remettent. Tu sais, j'ai toujours cette image de petits coussins rouges, là, avec le manuscrit, un objet très précieux qu'ils me remettent et j'en prends grand soin et après, je leur redonne et c'est vraiment ça, aider les autres. l'écriture, ça vient juste après même si j'adore ça. Ce n'est pas ma priorité.

La bêta-lecture, un manuscrit sur coussin rouge

Ybelion — Et dans la bêta lecture, là, c'est quoi qui te touche le plus quand tu fais une bêta lecture ?

Anaëlle Chaudet — Je crois que ça va être la confiance que les auteurs et les autrices mettent en moi dans le sens où il y a un rapport très intime quand même parce que souvent, je leur demande c'est quoi tes attentes spécifiques ? Je leur demande, je creuse vraiment, ce n'est pas juste ils me remettent le texte, je bétalie et je le renvoie. Et souvent, les auteurs se confient en fait et derrière leur texte, il y a quelque chose de très intime. Par exemple, il y en a, ça va être je raconte l'histoire de mon grand-père, il y en a, moi, j'ai vécu quelque chose comme ça, donc je veux raconter ça et je trouve ça incroyable d'être dans les coulisses de la création d'une oeuvre et je me dis en plus, c'est tellement fragile parce que peut-être que l'auteur, si jamais il ne retrouve pas confiance, si jamais il ne trouve pas comment terminer, peut-être que l'oeuvre ne sortira jamais et donc, c'est très précieux et donc j'adore ce rapport-là et en soi, j'ai toujours adoré regarder les coulisses des créations, que ce soit les oeuvres musicales, les livres, les films, j'ai toujours adoré voir comment c'est fait et donc c'est la même chose avec l'écriture en fait, j'aime voir les coulisses, comment les auteurs pensent les choses, comment ils les transcrivent dans leur histoire et ce que j'aime aussi qui me surprend à chaque fois, c'est souvent il y a des choses qui me disent là je suis très mauvaise sur ça, il faut que tu m'aides sur ça et je me rends compte qu'en fait ils sont très bons sur ça parce qu'ils se pensaient mauvais donc ils ont beaucoup travaillé ça par exemple les dialogues et en fait tout va bien et à l'inverse, il y a des choses où les problèmes sont sur autre chose et donc en fait je me rends compte qu'on se connaît assez mal en tant qu'auteur, c'est dur de savoir nos points forts, nos points faibles en fait on n'est pas on n'a pas assez de recul normal donc c'est donc j'adore ça c'est très touchant de voir surtout de les rassurer sur des points où je sais pas oh j'arrive pas à transmettre les émotions des personnages bah si en fait de quoi tu me parles des fois je dis mais de quoi tu parles c'est pas possible

Ybelion — c'est tellement vrai là en fait ça me touche ce que tu dis parce que je repense à des textes un tout récent que j'ai pétalus justement de quelqu'un que j'accompagne et c'était une romance et moi je suis pas du tout un lecteur de romance mais là en fait c'est quelqu'un que tu vois évoluer donc tu comme t'as dit en fait tu as la personne c'est à dire que dans son texte il y a elle en fait il y a tout ce qu'elle a mis inconsciemment tous les sujets qui étaient importants pour elle et ça je suis d'accord avec toi c'est ça qui est le plus touchant dans un texte en fait et je pense que bon là je fais un partage global peut-être un petit coup de gueule sur ce qu'on peut voir mais je pense que on oublie ça quand on lit un livre on lit un livre de quelqu'un qui a mis ses tripes sa sueur et son sang dans le texte et j'aime bien toujours me demander ok qu'est-ce qu'il y a derrière pourquoi il me partage cette émotion pourquoi il insiste sur ce mot pourquoi etc et derrière je trouve ça t'en dit tellement et quand tu fais le parallèle avec ce qu'ils partagent de leur parcours là tu comprends et ça donne une telle profondeur au texte que je comprends cet amour que tu as de la bêta lecture si tu avais un souvenir vraiment marquant en bêta lecture est-ce que tu en aurais un qui t'a marqué plus que les autres

Anaëlle Chaudet — oui une bêta lecture que j'ai faite récemment donc pareil donc l'auteur partage en partie une histoire familiale et ce qui m'a marqué c'est que du coup l'histoire se passe dans d'autres pays notamment Madagascar Sénégal à une autre époque dans les années 60 et la manière dont il les a décrit comme ça je me suis dit mais c'est incroyable enfin t'y aller quoi non jamais par contre j'ai fait des recherches malades et je me suis dit c'est l'impossible tu ne vas pas aller et ça m'a marqué à quel point les auteurs veulent être extrêmement précis ils veulent faire attention à ce qu'ils transmettent aussi c'est pas sa culture c'est pas son pays et on ne se rend pas compte quand on lit un livre qu'on achète un livre comme ça on ne se rend pas compte de tout le travail qu'il y a derrière mais je vois vraiment beaucoup d'auteurs qui pèsent chaque mot chaque phrase vraiment pour que enfin et ça je trouve ça incroyable et c'est très marquant

Le courage d'avouer son blocage

Ybelion — c'est fou ouais le courage le courage qu'ils ont on oublie ça de partager quelque chose et puis son être quoi quelque part c'est presque un peu philosophique ce que je dis mais tu vois tous les deux on s'adresse à des gens qui ont des blocages et je pense qu'ils oublient que déjà ils ont le courage de s'avouer qu'ils ont un blocage et ça c'est une qualité qui est hyper précieuse et c'est vraiment courageux c'est-à-dire c'est courageux de dire ok là j'ai un blocage et j'ai besoin d'aller demander de l'aide et je trouve que ça c'est voilà il faut le rappeler aux gens c'est important il n'y a pas de question derrière c'est important c'est courageux

Anaëlle Chaudet — déjà d'avoir le courage de le reconnaître de trouver c'est quoi le blocage et après d'aller chercher quelqu'un et de s'ouvrir vraiment à coeur ouvert de voilà parce que c'est vraiment c'est vraiment très intime en fait l'écriture même quand c'est pas de l'autofiction c'est vraiment très intime donc ouais le courage en plus après de s'adresser de faire confiance à quelqu'un alors que tu sais pas si ça va bien se passer si vraiment cette personne va t'aider donc ouais je suis d'accord avec toi

Ybelion — sur ce que tu dis là sur la l'ouverture même quand c'est pas de la fiction j'ai cru remarquer un truc j'aimerais bien ton avis moi j'ai l'impression que quand on écrit un texte de fantaisie donc vraiment de fantaisie de science-fiction donc qui est hors de notre monde au monde réel j'ai l'impression qu'on y met encore plus de nous et que dans tout ce qu'on parle dans tout ce qui constitue cet univers en fait on y met vraiment énormément de nous et je trouve que les textes de fantaisie parfois sont presque plus intimes qu'un texte qu'on dirait ok je vais raconter ma vie et donc volontairement je vais en mettre une certaine partie de côté pour pas tout montrer etc j'ai l'impression que les gens sont presque plus authentiques tu vois bon je hiérarchise je ne hiérarchise pas mais j'ai cette sensation quelque part

Anaëlle Chaudet — peut-être parce que quand t'écris de la fantaisie tu te sens protégée parce qu'on sait tout de suite que c'est pas ta vie donc il y a peut-être des barrières qui tombent aussi je pense et c'est vrai que quand on imagine un monde je pense qu'on crée aussi le monde qu'on a envie de voir ou celui qu'on a l'impression de voir et ouais c'est ouais je pense effectivement c'est aussi on met de toute façon dans tous les livres on met toujours quelque chose de soi ça c'est sûr et certain

Ybelion — comme toi finalement ton amour de l'organisation et de la gamification qu'on retrouve dans l'éveloppe et il y a quelque chose aussi moi que j'aime beaucoup dans ce que tu partages c'est tout l'aspect journaling et j'aimerais bien que tu me dises comment t'as fait enfin comment t'as découvert finalement le journaling et comment t'en as fait quelque chose qui t'appartient parce que je trouve que t'as une approche du journaling qui est pas forcément celle qu'on croise quotidiennement ça du coup je suis très curieux de cet aspect là

Le journaling par questions

Anaëlle Chaudet — alors comment je l'ai découvert je sais plus c'était il y a des années ça c'est sûr mais je sais plus trop après le journaling j'ai l'impression pour les gens c'est surtout écrire ce qu'on a dans la tête moi j'avoue que j'aime bien poser des questions spécifiques parce que je trouve que c'est beaucoup plus pertinent et tu vois vraiment des avancées et j'aime bien poser des questions spécifiques soit sur l'écriture vraiment de ton roman en cours soit sur justement l'organisation soit sur le mindset pour travailler les blocages et j'aime bien ce j'aime bien ce trio parce que j'ai l'impression qu'on aborde tous les points et avec ça et avec ça on y va donc le journaling fait partie de ma vie depuis des années donc c'est vraiment du quotidien et c'est vrai que je le partage beaucoup sur c'est vrai sur Instagram mais ça aide vraiment en fait ça paraît pas comme ça mais ça aide vraiment à mettre le doigt sur ce qui va pas parce que des fois on sent qu'il y a quelque chose qui va pas que ce soit dans notre texte ou même dans nous on sent qu'on a des blocages on arrive pas à avancer ou on procrastine d'écrire un texte qu'on a super envie d'écrire et pourtant on n'y arrive pas et bien de se poser vraiment des questions en fait notre cerveau déjà il adore les questions peut-être que c'est comme ça qu'il fonctionne si je te dis 2 plus 2 forcément tu vas penser 4 même si ça te saoule et tu me dis pourquoi on me pose cette question ton cerveau il est obligé il va chercher la réponse et donc quand tu poses une question comme ça en journaling forcément ton cerveau il va chercher la réponse et d'ailleurs tu te rends compte que quand tu poses la question tu commences à écrire tu vas continuer à y penser même dans la journée et le lendemain t'as une autre réponse qui va devenir ça continue de tourner et c'est là où tu mets vraiment je trouve que c'est en fait c'est un moyen introspectif incroyable qui permet vraiment de mettre à plat des choses de voir des choses et après tu peux faire des modifications donc j'aime bien voir ok il y a ça qui va pas tiens ça c'est pas la première fois que ce sujet revient et que j'ai un problème là-dessus et après du coup tu dis ok maintenant je peux prendre des décisions mettre en place des actions pour modifier ça donc je trouve que c'est une méthode un peu de développement personnel mais qui est très pertinente et que tu peux modeler comme tu veux moi je l'applique à l'écriture mais tu peux l'appliquer à tout en vrai

Ybelion — c'est j'avais jamais je viens d'avoir une réalisation c'est que mon métier de coach c'est de poser des questions et j'avais jamais fait le rapprochement avec en fait les poser à l'écrit c'est vrai c'est tout con mais t'as totalement raison comment tu les trouves les questions à te poser toi ?

Anaëlle Chaudet — en général c'est les questions que moi j'ai ou beaucoup comme les gens m'écrivent beaucoup sur Instagram toutes les problématiques qu'ils ont en fait j'en fais des questions derrière pour rester au plus proche de mon audience en fait vraiment comprendre ce dont ils ont besoin et du coup à chaque fois que j'ai des idées je me fais une liste et puis après je pioche dans la liste partager

Ybelion — incroyable c'est j'entends derrière un peu aussi la passion que tu peux avoir pour la neurosciences non ? ouais dans le rapport de toute façon

Anaëlle Chaudet — tout ce qui est psychologie neurosciences vraiment d'ailleurs j'ai été coach aussi en programmation neurolinguistique et donc on voit beaucoup avec le psychologie enfin vraiment c'est quelque chose que j'adore donc ça transparaît dans mes contenus sur Instagram clairement

Ybelion — c'est je vais pas le raconter parce que c'est un peu trop long mais j'ai eu une expérience de quand j'étais en formation de coach de voir une séance de coaching par PNL et c'était je t'en parlerai en off mais c'était incroyable c'est vraiment un truc j'ai été un peu bluffé un peu bluffé alors j'étais il y avait c'était une grande coach quelque part tu vois qui avait beaucoup d'expérience mais c'était assez fou pour revenir du coup plutôt à toi comment ça t'aide là justement d'avoir toute cette casquette de coach de PNL d'approche un peu de neurosciences quelque part comment ça t'aide pour à la fois toi construire tes journées et puis qui fait ton écriture quelque part et pour aider les gens les gens qui te suivent

Anaëlle Chaudet — c'est sûr qu'en fait quand on est coach comme toi comme moi quand on accompagne il faut connaître un peu il faut avoir un peu des outils de psychologie parce qu'en fait tu fais de l'humain donc ça m'aide là-dedans en fait je pose beaucoup de questions comme toi ça marche tellement bien les questions vraiment au lieu de parler à la place de la personne tu poses des questions et tu dis exactement tout ce qui ne va pas et tu mets en place des solutions et dans mon quotidien pardon j'oublie la question

Ybelion — non t'inquiète j'ai envie de rebondir sur ce que t'amènes c'est quoi à ton sens les questions les plus puissantes que tu pourrais poser à quelqu'un qui vient te voir et qui te dit bon là je suis bloqué en écriture ce serait quoi toi si t'avais genre deux trois questions vraiment puissantes

Les questions les plus puissantes : les peurs

Anaëlle Chaudet — si t'avais aucune contrainte aucun blocage rien du tout si tout était possible qu'est-ce que tu ferais vraiment qu'est-ce que vraiment t'as envie de raconter et comment t'as envie de raconter parce qu'en fait on se rend pas compte mais on a très peur du regard des autres du regard de la famille etc donc vraiment des questions sur les peurs en fait t'as peur de quoi et on enlève toutes les peurs qu'est-ce que tu veux vraiment au fond parce qu'il y a aussi ce truc de j'ai l'impression qu'en ce moment la mode c'est d'écrire sur je sais pas les romances donc je fais ça et en fait on se rend même pas compte c'est inconscient tout ça c'est des décisions inconscientes qu'on prend et du coup c'est vrai qu'après ça crée des blocages parce que c'est pas vraiment ce que t'as envie de raconter mais t'as peur de raconter ce que tu veux vraiment raconter parce que t'as l'impression que ça va intéresser personne et en fait voilà en fait on se met trop comme ça de barrières et on s'en rend pas compte donc là vraiment on travaille sur les peurs pour moi c'est ça les questions les plus puissantes les peurs qu'est-ce que tu veux vraiment raconter

Ybelion — aller creuser je te suis trouvé

Anaëlle Chaudet — de la même manière d'ailleurs ça m'intéresse de savoir

Ybelion — ouais bah tu vois déjà je t'ai donné un cas pas du tout facile parce que quelqu'un qui vient de te voir en me disant je suis bloqué en écriture déjà moi je lui dis c'est quoi l'écriture pour toi bloqué sur quoi tu vois donc déjà je te donne un cas c'est pas du tout évident juste une question comme ça mais sinon je rejoins totalement ton approche pour moi alors ça c'est ma posture aussi pour moi il y a très peu la technique en écriture est importante tu vois c'est intéressant de savoir comment sont construites les histoires de savoir comment on fait des personnages intéressants et il y a énormément de gens typiquement grâce à du contenu comme le tien qui arrivent à trouver tu vois les rouages de ça et après il y a un deuxième niveau qui est celui que tu partages qui est ok qu'est-ce que je m'autorise pas pour aller vraiment être la personne que je veux être et là on tombe sur un truc qui est très alors le mot qui me vient c'est mindset donc ça fait un peu coach américain à deux balles quelque part mais je pense vraiment que je pense qu'il y a je pense qu'il y a beaucoup de blocages en écriture qui viennent de ça et qui viennent effectivement des peurs des croyances limitantes des injonctions qu'on a pu entendre et c'est parfois très con mais ça peut être un parent ça peut être un ami ça peut être un prof ça peut être un inconnu qu'on croise une fois dans la rue et qui nous dit mais bordel tu peux pas faire attention où tu regardes tu vois et parfois il y a juste des phrases comme ça qui nous marquent et en fait c'est tout ça qu'inconsciemment on cache on a plutôt tendance à vouloir les mettre sous le tapis parce que ouais c'est un peu plus confortable mais on se rend compte que quand on porte des projets personnels l'écriture est un révélateur de ça parce que c'est long l'écriture donc t'es confronté à toutes les facettes de toi les facettes heureuses les facettes tristes c'est pas comme l'élan de vouloir juste aller se taper un sprint dehors et après t'oublies tu vois la motivation à mon sens ne suffit pas en écriture derrière ça c'est ça un peu le message que je veux faire passer et donc t'es toujours confronté à tes peurs et pour se confronter à ses peurs il n'y a pas d'autre choix que de se poser les questions et d'oser les regarder en face et donc quelqu'un qui vient avec un blocage tu vois ça peut être très con mais c'est ouais bah là j'ai la page blanche tu vois bon bah ok c'est quoi la page blanche qu'est-ce qui se passe qu'est-ce que tu ressens quand t'es sur la page blanche est-ce que c'est de l'ennui est-ce que c'est de la frustration est-ce que c'est de la colère est-ce que là t'as une autre idée qui vient et tout de suite qui t'appelle et une fois que t'as identifié ce premier point bah après tu creuses ok c'est de la frustration il y a quoi derrière cette frustration qu'est-ce que qu'est-ce qu'elle qu'est-ce qu'elle t'appelle qu'est-ce qu'elle te rappelle de toi ton passé il y a quoi comme phrase derrière bon là tu vois je bombarde de questions parce que c'est j'ai toujours du mal à imaginer un côtier répondre à ma place mais une fois que t'as ça bah pareil tu tires le fil et en fait tu te rends compte à un moment il y a un truc qui drop tu vois et parfois c'est très con c'est bah ouais je sais pas mais dans cette scène ça me rappelle quand mon prof de maths il m'a dit que je savais pas faire des calculs de statistiques ah ok là c'est extrêmement précis ok vas-y on continue à creuser ce fil là il y a quoi qu'est-ce qu'il t'a dit ton prof tu vois et si aujourd'hui tu le voyais qu'est-ce que t'aimerais lui dire tu vois et là je te dis des trucs comme ça qui me viennent et d'ailleurs je me rends compte que ça parle de moi en fait parce que j'ai effectivement eu un prof en quatrième qui m'avait vachement mis la pression pour faire des produits en croix de pourcentage tu vois c'est marrant parce que je déroule un fil derrière il y a sûrement un truc que moi-même je devrais tirer tu vois bref j'ai un peu parlé un peu dans tous les sens mais je pense que s'interroger sur les peurs les émotions et les croyances qu'on peut mettre derrière c'est trois points qui sont extrêmement importants tout est un petit peu lié mais c'est vraiment la clé de au moins oser se poser la question et l'auto-coaching c'est difficile parce que là on est vraiment poser des questions c'est du coaching bon voilà donc allez en parler alors évidemment là on prêche pour notre paroisse tu vois j'ai envie de dire allez en parler à Naël allez en parler à Sam tu vois mais en vérité si vous avez des gens de confiance autour de vous bah demandez-leur de vous poser ces questions quelque part parfois ça peut ça peut ça peut ça peut aider voilà bon c'est mieux dans un espace cadré professionnel avec des gens voilà mais bon ça je prêche pour ma paroisse donc forcément

Anaëlle Chaudet — j'ai beaucoup parlé c'est genre quand tu es un professionnel en fait déjà les questions sont cadrées et en fait tu vas savoir repérer justement où est-ce qu'il y a quelque chose et tu vas creuser au bon endroit mais effectivement déjà parler à quelqu'un de confiance c'est bien et je te rejoins sur ce que tu dis moi je suis plus portée sur la structure narrative etc parce que c'est ce que je préfère mais quand on vient me voir pour des blocages je me rends compte souvent on me pose des questions sur les techniques narratives les gens pensent que les blocages viennent de ça et au moins la moitié du temps en fait les blocages c'est le mindset c'est les croyances et en fait on remarque que les techniques d'écriture la structure etc en fait c'est un peu l'arbre qui cache la forêt

Le mindset, l'arbre qui cache la forêt

Ybelion — c'est très bien résumé ouais c'est très bien résumé

Anaëlle Chaudet — et les gens par contre ne se rendent pas compte que je te rejoins vraiment c'est très long d'écrire un roman tu passes par plein de plein de phases enfin le roman traverse ta vie en fait et c'est vrai qu'on ne se rend pas compte en fait à quel point nos croyances sont limitantes tout notre problème de légitimité en fait à quel point ça impacte le roman

Ybelion — et là j'ai envie de faire un petite désensibilisation pour que les gens se sentent rassurés le mot de croyance limitante il te sais il porte un peu un truc comme si c'était négatif tu vois faut pas oublier que les croyances limitantes c'est toujours quelque chose qui dans votre vie vous a aidé tu vois cette croyance à un moment elle t'a permis de te placer en sécurité parfois elles sont ce qu'on appelle plutôt transgénérationnelles tu vois donc faut pas voilà on a eu des parents des grands-parents qui ont vécu des périodes qui étaient différentes de la nôtre qui ont grandi par exemple avec un truc bon fracture sociale aujourd'hui c'est tout le rapport qu'on peut avoir au CDI par exemple tu vois voilà pour nos grands-parents c'était impensable ils étaient dans une époque où il n'y avait pas beaucoup de travail c'était important la sécurité donc tu vois ça c'est une croyance limitante voilà j'ai besoin d'un travail stable pour être heureux dans ma vie c'est quelque chose qui a placé tes parents en sécurité qui te place en sécurité aussi c'est pas forcément négatif maintenant tu peux aussi vouloir la déconstruire et en faire ta propre croyance et par exemple la transformer en fait ne pas avoir de CDI c'est une grande liberté voilà une liberté de temps d'espace de tout de plein de choses et ce qui est marrant c'est que quand tu quand tu admets ça déjà t'es beaucoup plus à l'aise avec parler de tes croyances limitantes c'est beaucoup plus facile de dire ouais j'ai cette croyance là et tu te sens à l'aise avec ça après libre à toi de vouloir la déconstruire je me rends compte que là on s'est mis à parler de coaching je fais des tunnels je parle tout seul je suis désolé

Anaëlle Chaudet — aucun problème moi ça me passionne donc j'ai été coach en panel donc tout ça me passionne ça me parle et effectivement les croyances limitantes c'était des croyances aidantes un jour

Ybelion — voilà c'est ça c'est le mot

Anaëlle Chaudet — c'est remplacé à nouveau par des croyances aidantes qui vont t'aider aujourd'hui mais à nouveau peut-être que dans 5 ans bah ce sera de l'unis des croyances limitantes et voilà à nouveau

Ybelion — trop bien et est-ce que il y a des un deux trois je me suis perdu tu parlais des techniques narratives avant et je pense que c'est effectivement intéressant au moins d'avoir conscience alors je pense qu'inconsciemment on est tellement on a lu tellement de livres on a vu tellement de films qu'on a un peu les ficelles parfois un petit peu inconscientes selon toi c'est quoi peut-être les deux trois points d'intention ouais pour globalement son histoire tu vois si là moi j'ai commencé à écrire une fantasy et je te demande quelque part à Naël à quoi je dois faire attention tu me dirais tu me dirais quoi

Anaëlle Chaudet — la question vaste déjà je reviens sur ce que tu as dit comme on lit des livres on voit des films on a un peu on sait à un peu près comment écrire une histoire et justement sur ce point là je crois que c'est hyper intéressant on va pas tous être égaux à ce niveau là il y en a qui ont moi j'appelle ça l'intuition narrative il y a des auteurs des autrices qui n'ont absolument pas besoin de savoir quelle technique utiliser d'ailleurs ils les utilisent sans savoir comment ça s'appelle etc mais ils savent que ça marche et on les reconnait très bien en interview où ils disent non mais ça s'apprend pas à l'écriture grand bien leur face eux ils ont pas besoin moi j'ai pas cette intuition narrative là donc moi c'est pour ça que j'ai eu besoin de m'intéresser à la narratologie et c'est pour ça que c'est ce que je transmets aussi en fait ça te permet quand tu écris de faire des choix conscients de savoir pourquoi tu écris ça à ce moment là comme ça donc les 2-3 points qui sont importants ça fait toujours de choisir 2-3 points c'est la question et la question je dirais qui est important en fait

Intuition narrative : le squelette avant la chantilly

Ybelion — je te la ré-ouvre autant de points que tu veux

Anaëlle Chaudet — en fait c'est moi je dirais ce qu'il comment on dit je vais peut-être digresser tu me diras c'est pas grave

Ybelion — vas-y tu peux digresser on est là pour digresser

Anaëlle Chaudet — mince attends j'ai oublié ce que je voulais dire ah mince attends je voulais partir je voulais partir de toutes les étapes ah j'ai oublié mon trouble de l'attention pardon je voulais parler euh

Ybelion — narratologie euh les points importants euh

Anaëlle Chaudet — oui c'est ça je voulais digresser sur ça quand je sais pas si toi t'as la même chose mais quand les auteurs viennent me voir souvent ils sont très attachés euh au style d'écriture en fait pour eux c'est ça qui va pas c'est là il manque de rythme donc c'est mes phrases qui sont pas bonnes etc et euh bah moi je travaille surtout sur la structure narrative enfin ils le savent je le redis d'ailleurs et en fait c'est sur ça que j'accentue et en fait ils se rendent compte que souvent le problème pour moi en fait tout ce qui est structure narrative à quel moment tu parles de ton personnage à quel moment tu essaies de faire ressentir de l'empathie à quel moment tu mets des rebrandissements tout ça pour moi c'est vraiment c'est la base c'est le squelette et une fois que t'as ça le style d'écriture etc c'est la cerise sur le gâteau avec la chantilly et puis les cacahuètes mais pour moi c'est hyper important de se poser ces questions-là de savoir exactement en fait moi j'aime bien j'aime bien m'intéresser au comment dire au voyage du héros de Joseph Campbell je sais pas si tu connais ouais je connais ouais voilà c'est un peu la structure de base parce qu'il y a quasiment toutes les histoires qui rentrent dans cette structure en douze étapes quand ça a été repris par Christopher Vogler et moi j'aime bien parler de ces étapes-là dans mes retours parce que en fait chaque étape est importante et tu la vois partout mais dans les films dans les séries dans les livres évidemment tu peux un peu changer quelques petites choses mais globalement ça s'écrit comme ça et sauf qu'une fois que t'en as conscience parce que souvent t'as pas conscience c'est ça ou quand t'écris sans avoir conscience de ça c'est là où tu vas avoir des petits problèmes ce qui est normal et du coup tu sais t'as du mal à les répartir alors que quand tu reprends une structure tu dis ah mais oui mais là il manque forcément il manque ça là j'ai oublié d'augmenter les enjeux petit à petit donc forcément j'ai un peu l'impression que ça s'essouffle et c'est pour ça que je te dis j'ai du mal à choisir pour moi c'est toute la structure qui est importante tous ces points là et c'est ça qui est important de travailler pour moi c'est vraiment un squelette solide en fait et après tu peux t'amuser à en sortir c'est un cadre mais ça t'enferme pas ça t'aide juste à comprendre ce qui marche pourquoi ça doit venir à ce moment là et après tu t'amuses

Ybelion — t'as mis le doigt sur quelque chose d'extrêmement important c'est le faire les choses en conscience c'est tout le rapport aux règles quelque part d'écriture bon la vie créative de l'humanité a bien montré qu'à l'époque il y avait des règles qu'un jour des gens ont enfreint et que du coup ça fait de nouvelles règles donc il y a ce truc d'enfreindre les règles qui est important quelque part pour en créativité par contre ça enlève pas le fait qu'en fait t'as besoin de les comprendre et donc de faire en conscience quelque part de les enfreindre en conscience et effectivement tu l'as dit c'est hyper important de réussir à mettre le doigt sur quelque part les rouages qui fonctionnent enfin qui activent notre histoire et je me rends compte là effectivement en réfléchissant que je t'ai posé une question super dure de juste deux trois points d'attention pour construire une histoire je réfléchis moi à celui qui m'a peut-être le plus retourné la tête ah c'est intéressant moi j'ai l'impression qu'un des très gros trucs que j'avais c'était le rapport au world building je passais mon temps à tu crées tu crées tu inventes des trucs mais du coup tu écris pas d'histoire et j'ai mis très longtemps à dépasser ça en me rendant compte qu'en fait ce que je voulais écrire c'était des histoires et pas une encyclopédie quoi est-ce que ça c'est toi quelque chose que tu vois tu vois assez souvent ou pas du tout

Le piège du worldbuilding

Anaëlle Chaudet — oui pour ceux qui écrivent de la fantasy ouais je le vois assez souvent après il y en a qui aiment en fait qui n'aiment pas écrire des histoires mais qui aiment juste inventer des mondes il y a ceux là et il y a ceux effectivement qui adorent inventer des mondes mais en fait ils ont envie d'écrire une histoire mais ils savent pas comment le faire par où commencer tellement ils ont fait un monde riche donc ils continuent de travailler leur monde parce que j'avance quand même si c'est pas directement sur mon histoire donc il y a aussi en même temps c'est dur d'écrire de la fantasy enfin tu inventes un monde donc il y a des il doit y avoir des règles il y a une histoire il y a de la géopolitique il y a de la sociologie enfin des technologies c'est en fait c'est tellement riche que c'est je pense pour moi c'est ce qu'il y a de plus dur d'écrire de la fantasy de la science fiction vraiment

Ybelion — j'allais te poser la question tu m'as devancé j'allais te demander si tu pensais qu'il y avait un style qui était plus dur et encore faudrait définir dur mais ouais et en même temps tu vois quand j'entends parfois des auteurs ou des autrices qui écrivent des choses plus ancrées dans le réel j'ai l'impression que ça a aussi son lot de difficultés j'ai du mal j'ai du mal à trancher sur ça j'ai du mal à trancher sur ça

Anaëlle Chaudet — parce que je remarque quand même c'est que c'est quand t'écris dans notre monde à notre époque bah t'as quand même t'as moins de questions à te poser

Ybelion — ouais c'est vrai c'est vrai

Anaëlle Chaudet — c'est pas que c'est tant plus facile mais t'as moins de travail à faire parce que

Ybelion — ouais t'as moins de travail c'est ça

Anaëlle Chaudet — et déjà même juste quand t'écris pas notre époque quand tu veux écrire à une époque bien particulière déjà là tu te rends compte des recherches que tu dois faire et du réalisme que tu dois réussir à retranscrire dans ton texte en fait dès que tu sors de ça c'est quand même peut-être j'en reviens sur ce que j'ai dit peut-être écrire dans un dans une époque qui a vraiment existé un autre pays une autre époque c'est peut-être encore plus dur que la fantaisie parce que la fantaisie tu peux inventer donc ouais t'es obligé d'être hyper réaliste c'est pas grave alors qu'une autre époque et une autre culture que tu connais pas peut-être là c'est peut-être encore plus dur

Ybelion — ouais t'as raison t'as raison t'as raison parce qu'en fantaisie t'as un peu l'option ouais t'inquiète c'est magique t'as un peu la porte de sortie un peu facile et d'ailleurs ça me fait marrer mais en science-fiction il y a Ingrid à chaque fois qui me dit ouais t'inquiète c'est quantique ça fonctionne aussi et effectivement parfois t'es traversé par des idées de dire ouais ça serait trop bien un roman historique qui parle de ça qui parle de ci et après tu dis attends la quantité de recherche que je vais devoir faire pour faire ça et là j'avoue que moi typiquement c'est quelque chose qui me décourage beaucoup je suis très admiratif des gens qui se plongent dans ce genre de sujet t'as raison

Anaëlle Chaudet — alors là typiquement j'adore cet auteur Pierre Lemaitre et il a écrit des livres qui se passaient lors de la seconde guerre mondiale enfin première d'ailleurs première, deuxième et lui il est connu pour faire des recherches il dit qu'il fait six mois de recherche mais il ne fait que ça il va à la BNF il ne fait que ça et à chaque fois c'est incroyable le réalisme et je me dis mais jamais de la vie je passe autant de temps à faire ça enfin j'y arriverai pas déjà et puis le temps qui doit passer enfin je ne peux pas non plus donc pareil je suis très admirative

Ybelion — c'est fou comme c'est important de se connaître en fait et ça renvoie vraiment à ça l'écriture te renvoie à toi perpétuellement quoi et ça en dit toujours beaucoup sur la personne qu'on est qu'on est d'écrire est-ce que de ton côté donc j'ai compris que tu écrivais aussi beaucoup pour du coup beaucoup pour toi en fait sur ton temps perso qu'est-ce que t'as pu écrire et qu'est-ce que ça t'a permis ou comment ça t'a transformé je dirais

Anaëlle Chaudet — ça m'a permis d'arrêter d'imaginer des mondes dans ma tête et de les poser sur papier donc déjà ça les rend plus concrets d'une certaine manière ça c'est chouette après c'est l'écriture qui m'a amenée au fait après d'accompagner les auteurs donc ça m'a apporté mon travail actuel et cette passion de la numératologie vraiment quand j'ai découvert mais je trouve ça extraordinaire genre ça s'apprend d'écrire il y a des livres mais vraiment ça a été comme une enfant comme une enfant de 5 ans et qu'est-ce que ça m'a apporté d'autre le plaisir vraiment un loisir juste le plaisir d'écrire j'en parle d'ailleurs assez souvent plutôt en newsletter mais il y en a qui me demandent mais pourquoi tu parles tout le temps du plaisir d'écrire parce qu'il y en a qui se disent non c'est juste faut y aller on n'aime pas j'ai mon objectif j'y vais j'ai été un peu comme ça à un moment donné et en fait ça me bloquait donc je trouve qu'en fait à la base souvent pour beaucoup de monde ça vient d'un loisir en fait l'écriture et je pense que ça c'est mieux quand ça le reste en fait ça rend ta vie plus belle plus simple c'est déjà suffisamment dur comme ça et long d'écrire un projet jusqu'au bout si en plus tu perds complètement de plaisir à le faire mais c'est tellement dommage en fait

Garder l'écriture comme un loisir

Ybelion — c'est clair c'est clair et c'est une très belle boucle avec le début de notre podcast avec Level Up qui te permet justement de te connecter à cet amour de l'écriture parce que c'est ça la vraie bonne métrique à suivre c'est le plaisir que tu prends quotidiennement ou pas d'ailleurs à écrire et on a tendance un petit peu à oublier ça parce que et là c'est mon analyse personnelle j'ai l'impression qu'en France on est très orienté tête tu vois et donc chiffres et donc voilà j'ai écrit tant de mots j'ai fait tant de sessions tant d'heures etc et certains n'ont pas un fonctionnement très tête tu vois c'est beaucoup plus soit le coeur soit le corps et s'interroger sur ok qu'est-ce qui nous connecte vraiment à notre amour de l'écriture et là je partage toujours alors là en plus je sais qu'elle va se reconnaître parce qu'elle est fan de ton contenu et c'est une autrice que j'accompagne donc elle va elle va être contente que je parle de ça elle a une manière de suivre sa enfin en tout cas de se connecter à son amour de l'écriture qui est la musicalité de sa session et derrière ce mot de musicalité il y a ok j'ai écrit à la fin je me lis à haute voix à quel point je kiffe ce que j'entends tu vois et donc elle se met une note sur 20 sur ça et ça c'est un truc qui la drive beaucoup tu vois et cet exemple là me marque vraiment me fait dire qu'il y a vraiment une infinité de manières il y a autant d'êtres humains sur terre que de manières de mesurer son amour de l'écriture et donc de s'autoriser un petit peu aussi comment je mesure ce kiff là dont tu parlais c'est hyper important c'est hyper important

Anaëlle Chaudet — j'adore cette anecdote et c'est ce que je voulais dire c'est que enfin moi je le fais aussi et j'en connais d'autres qui le font au lieu de mesurer le nombre de mots écrits ou le temps passé moi je demande toujours mais comment tu t'es sentie dans cette session en fait tu t'es amusée c'était enfin plutôt ouais sur un terme de ressenti alors tu peux aussi pas rester que sur ça mais je pense aussi que c'est peut-être les réseaux sociaux qui font que plus les auteurs sont sur les réseaux sociaux plus ils se mettent de pression je trouve parce que moi j'en accompagne qui sont pas du tout sur les réseaux sociaux c'est ceux qui se portent le mieux vraiment ils sont de leur petit monde et ils ont tellement raison parce que sur les réseaux sociaux t'as un peu l'impression chacun partage ses chiffres et c'est la magie des réseaux sociaux t'as l'impression que c'est que ça et que cette personne est hyper productive alors que non elle partage juste une information ça veut pas dire que c'est tout le temps comme ça mais ça met la pression j'en vois beaucoup plutôt sur les jeunes auteurs et les jeunes autrices qui se mettent énormément de pression à ce niveau là j'en ai des autrices ça me fait mal au coeur mais j'ai 25 ans alors que normalement j'aurais déjà dû être publiée à 20 ans comme les autres et tout je me dis mais mon dieu 25 ans t'as la vie devant toi t'inquiète pourquoi tu parles

Ton moteur contre leur carrosserie

Ybelion — putain il y a une phrase moi qu'un jour j'ai entendue et je la partage parce qu'elle m'a beaucoup aidée quand t'es comme ça sur ton téléphone et que tu vois quelqu'un qui te dit qu'il a réussi un truc super n'oublie pas que et quand tu te dis tu te sens coupable tu vois tu te dis putain merde il a fait ça il est plus jeune il l'a fait plus vite etc n'oublie pas que ça là tu compares toi ton moteur à la carrosserie de ce que tu vois tu vois et en fait tu compares pas du tout la même chose tu sais pas par quoi elle est passée tu sais pas si elle dit la vérité ou alors est-ce qu'elle la déforme un petit peu donc toujours prendre en tout cas toujours bon là c'est une injonction mais je vous invite à prendre un peu de recul là sur ce que vous pouvez voir et à vous demander tiens on parlait des questions et alors ça parfois ça aide aussi quand vous voyez quelqu'un sur les réseaux sociaux alors ça peut être ce qui vous agace où il y a une pointe de jalousie ou une pointe d'envie une pointe de tristesse demandez-vous ce que la personne a osé faire que vous n'osez pas faire vous ça vous place en posture de responsabilité et ça vous invite à vous dire ok peut-être qu'il a fait ça que moi j'ai pas osé faire et après derrière il y a tout simplement le système de valeur c'est peut-être qu'en fait j'ai pas envie de le faire et auquel cas c'est vachement plus simple tu vois quelqu'un mais tu fais de toute façon moi j'ai pas envie de faire pareil donc tant mieux ou alors tu dis ah mais en fait il y a peut-être une piste à creuser de ce côté là et ça parfois ça peut un petit peu aider

Anaëlle Chaudet — oui complètement et il y a aussi autre chose que je voulais dire quand tu vois quelqu'un partager une réussite et justement ça te met mal mais dis-toi que si cette personne partage cette réussite c'est que ça a pas été facile c'est qu'avant il y a eu des échecs probablement donc t'as l'impression que c'est facile mais si elle partage c'est qu'il y a une bonne raison

Ybelion — ah c'est vrai ça

Anaëlle Chaudet — c'est si facile qu'on rêve parce que l'aurait pas partagé parce que ce serait son quotidien tu vois

Ybelion — ouais c'est vrai c'est vrai c'est vrai les trucs qu'on ouais t'as raison t'as raison si tout ce qu'on réussit bien dans la journée mais qu'on réussit tout le temps on le partage pas c'est vrai c'est vrai c'est trop vrai ça ouais tu le fais aussi toi beaucoup de célébrer tes petites victoires non ?

Célébrer chaque petite victoire

Anaëlle Chaudet — bah c'est alors ça pareil c'est des neurosciences mais en fait souvent à la fin de la journée on se sent mal parce qu'on ne voit que ce qu'on a pas fait que ce qu'on a pas réussi mais c'est le cerveau c'est comme ça une fois qu'on a réussi une tâche notre cerveau il s'en débarrasse c'est bon c'est fini donc on n'y pense plus donc naturellement on pense encore à tout ce qui reste à faire tous les problèmes qu'on a rencontrés sauf que du coup on se sent pas bien donc on a des émotions négatives donc après peut-être on procrastine parce qu'on se dit on a pas réussi alors qu'en fait si donc c'est hyper important c'est une thérapeute qui m'a appris ça de faire le point sur tout ce qu'on a réussi et déjà on se rend compte qu'en fait il y a beaucoup de choses alors qu'on balaie ça comme si c'était normal bah non on en a fait tout ça donc on prend le temps et on se sent tellement mieux et c'est un cercle vertueux on se sent mieux donc ça nous ça nous remotive naturellement sans avoir besoin d'être productif juste et on a envie de recommencer demain etc donc ouais je trouve qu'il n'y a pas de petite victoire tout se célèbre et encore pareil ça fait partie du plaisir de l'écriture de la vie donc je vois pourquoi on devrait souffrir

Ybelion — j'adore cette conclusion c'est vrai ça pourquoi on devrait souffrir la vie est tellement belle comment tu le tu le fais toi tu le sur un carnet aussi ouais sur un carnet

Anaëlle Chaudet — en journaling j'écris voilà aujourd'hui j'ai fait ça j'ai fait ça et c'est un peu aussi l'idée ça rejoint l'idée de faire des gratitudes il y en a qui le font qui écrivent bah même quand on a passé une mauvaise journée d'essayer de trouver une ou deux choses qui se sont bien passées dans la journée et des fois c'est des petites choses mais ça permet de vraiment de souffler de se détendre et de se rendre compte qu'en fait tout n'est pas noir ça replace un peu l'église au milieu du village mais des fois c'est des petites choses où je sais pas j'ai acheté une pâtisserie et la boulangère était hyper gentille j'ai discuté avec elle et c'est des petites choses mais ça permet en fait de sortir de ce tunnel de tout ce qui va pas tous les problèmes à régler etc et je trouve que c'est hyper important surtout pour les gens un peu anxieux ça aide beaucoup

Ybelion — ouais c'est vrai c'est vrai moi je l'ai beaucoup fait je suis pas là pour le parler moi normalement mais je dis beaucoup moi dans ces vidéos moi j'adore

Anaëlle Chaudet — c'est hyper intéressant

Ybelion — je l'ai beaucoup fait en vidéo sur les 3 2 ans et demi tout le soir je disais bah aujourd'hui je suis je suis reconnaissant 2 bon ça a commencé à prendre beaucoup de place sur mon disque dur donc là j'ai cette année essayé un journal de victoire tu vois donc juste une ligne comme ça prend pas beaucoup de place et surtout tu l'as beaucoup plus parce que les vidéos le seul en vrai c'est super cool bon le fait est que je parlais à une caméra très souvent donc à un moment aussi peut-être que j'en avais marre tu vois mais cela étant dit tu vois je fais un parallèle je suis désolé moi pareil je pars dans tous les sens mais je pense que de faire ces reconnaissances vidéo m'a beaucoup aidé pour la facilité avec laquelle j'ai réussi à très rapidement parler à la caméra tu vois je le faisais déjà en fait tu vois et donc ça je l'ai beaucoup fait et ça m'aidait beaucoup dans les moments où c'était vraiment difficile tu sais tu réouvres des vidéos un peu aléatoirement et tu vois ah aujourd'hui j'étais reconnaissant parce que j'ai vu tel pote et puis on a fait tel truc tu vois et là tu fais ah putain ouais quand même la vie est belle et les petits détails comme ça font un peu la différence ouais ça c'est et donc toi surtout sur papier c'est ça ouais

Anaëlle Chaudet — moi j'aime écrire mais c'est pareil je pense que comme tu le disais en fait ce qu'on est ça retranscrit moi c'est vraiment l'écriture tu vois j'écris des carousels en fait sur Instagram ouais c'est vrai mais j'aime pas ça vraiment j'aime pas et toi par contre effectivement t'es très bon en vidéo tu fais des vidéos tout le temps enfin ça se voit que t'es à l'aise donc ça m'étonne pas ce que tu me dis en fait c'est comme ça

Ybelion — ça a dû me mettre le pied le pied à l'étrier effectivement ouais c'est marrant c'est marrant et tous ces carnets qu'est-ce que t'en fais après ?

Anaëlle Chaudet — je les garde d'ailleurs je veux tout un paquet j'en ai plein

Ybelion — c'est incroyable c'est incroyable

Anaëlle Chaudet — de temps en temps je regarde ce qu'il y a dedans je me dis ah c'est vrai il y avait ça c'est marrant de voir de voir un peu l'évolution aussi ça j'aime beaucoup en fait c'est ça que ça te permet c'est de voir l'évolution parce que pareil quand t'as réussi à quelque chose que t'arrivais pas avant ça devient ta nouvelle normalité et je sais pas moi je prends par exemple sur le travail je procrastinais beaucoup et avant il y a deux ans c'était une thérapeute qui m'a dit combien de temps vous êtes capable de vous concentrer vraiment sans distraction et c'était deux minutes et j'étais obligée de faire des tâches de cinq minutes et de changer de changer à chaque fois et maintenant je suis capable de travailler trois heures sur une même tâche sans problème et de me rappeler que ça a pas toujours été comme ça bah je savoure davantage que bah déjà c'est pas forcément acquis on peut perdre ça enfin il y a des aléas de la vie qui font que et vraiment de savourer de du coup ça me permet de savourer je sais plus si c'était la question pardon ça me permet de savourer des choses bah aujourd'hui je suis capable de travailler toute une après-midi sur le même le même sujet et je trouve ça incroyable alors pour d'autres c'est oui c'est un mardi quoi bah non c'est incroyable de réussir à faire ça

De 2 minutes à 3 heures de concentration

Ybelion — c'est le l'évolution et les changements en fait tu vois que changer c'est possible et tu t'en rappelles et ouais changer c'est possible c'est

Anaëlle Chaudet — et tu vois que c'est très lent aussi souvent c'est ça c'est souvent quand on veut changer un truc qu'on veut que ce soit rapide moi je me rends compte souvent ça prend au moins des mois voire des années très souvent sur plein de choses

Ybelion — ouais

Anaëlle Chaudet — c'est frustrant effectivement

Ybelion — effectivement c'est et d'ailleurs tu vois c'est aussi pour ça que c'est particulièrement vrai pour l'écriture parce que comme c'est un processus qui est long bah tu vois c'est un processus de vrai changement j'ai rarement en fait jamais là je hop injonction jamais j'ai jamais croisé d'auteur qui m'a partagé j'ai pas changé en écrivant mon livre tu vois voilà quel que ça soit une croyance une habitude une fierté un accomplissement un rapport aux autres à soi-même bref tu peux toucher tous les pans de la vie et ça qui est magnifique c'est qu'il y a autant encore une fois de transformation que de gens mais ouais c'est transformatoire c'est transformatoire

Anaëlle Chaudet — même dans le style d'écriture et même quelqu'un qui écrit vite qui écrit un roman en trois mois même dans le style d'écriture entre le début du roman et la fin il va y avoir une différence

Ybelion — ouais tiens un sujet super intéressant qui moi me passionne beaucoup aussi c'est ce rapport à la cohérence justement tu vois d'un roman donc en début fin etc face à cette problématique toi comment tu comment tu l'adresses cette problématique je dirais de cohérence que ça soit narrative ou stylistique peut-être il y a il y a peut-être les deux pans

Anaëlle Chaudet — alors pour la cohérence stylistique ça c'est peut-être le plus compliqué c'est il y a un moment donné il faut faire un choix soit reprendre je prends l'exemple d'un client qui a fait ça en fait ça fait 5 ans qu'il écrit son roman et là il a choisi de retravailler des extraits et c'est ce qu'il m'a demandé il m'a dit est-ce que c'est cohérent parce que ce que j'avais écrit avant après ces extraits corrigés je l'ai écrit il y a 5 ans et j'écris plus pareil donc il a été obligé de reprendre un peu son style d'avant il l'a fait divinement bien en plus ou alors un peu tout réécrire ou alors accepter aussi que comme le héros évolue en fonction de l'histoire que tu écris comme le héros évolue ça peut être aussi logique de voir une progression dans le style d'écriture ça peut arriver et sur plus l'histoire organique moi c'est pour ça que je m'attache beaucoup à la narratologie parce que hier soir j'ai donné un atelier d'écriture et j'en ai parlé donc je vais en parler par exemple au début d'une histoire moi ce que je dis c'est de trouver les valeurs en tension chez le protagoniste des valeurs qu'il a mais qu'il va avoir du mal à les faire respecter en même temps ça c'est quelque chose c'est déjà quelque chose que tu vas sentir dès le début de l'histoire avant même qu'on parle d'objectifs d'enjeux et que tu peux tirer très longtemps je te prends l'exemple de Katniss dans Hunger Games dès le début on voit qu'elle veut protéger sa famille notamment sa petite soeur dont elle est très proche et en même temps elle veut plus de justice dans ce monde et c'est difficile d'avoir les deux en même temps et ce besoin de protéger sa petite soeur ça l'a tiré jusqu'à la fin du tome 3 et donc c'est là la cohérence pour moi ça se travaille aussi beaucoup sur la narratologie en fait quand tu fais tes choix en conscience c'est ce qu'on a dit tout à l'heure quand tu choisis chaque chose pourquoi t'écris ça à ce moment là tu peux écrire une histoire hyper cohérente

Katniss et les valeurs en tension

Ybelion — on tombe sur un vrai point essentiel c'est la clarté que tu mets sur tes choix et tes intentions et très souvent là où on voit voilà je suis pas capable de et tu vois qu'on met plein derrière de croyances il y a un vrai truc qui est que quand t'écris sur plusieurs mois si ça c'est pas clair c'est à dire si tes intentions tes choix sont pas clairs c'est évident avec les aléas de la vie avec ce que tu peux voir avec ce que tu peux entendre avec ce que tu peux ressentir qu'il y aura une différence entre le chapitre 1 le 15 et le 35 quoi et cette différence là elle fait des incohérences il suffit que je sais pas t'es passé une journée dans les bouchons où tu sois bien énervé le soir ton personnage il sera bien en colère avec une valeur putain mais il y en a marre de ces gens qui respectent pas le code de la route tu vois et à l'inverse ça peut être totalement différent si ta journée ça a été papillon et champ de fleurs tu vois et quand t'as bien pris le temps de poser comme tu disais tes choix tes intentions et de faire tout ça en conscience et bah cette cohérence naturellement elle vient beaucoup elle vient elle vient plus vite et en plus elle te permet aussi d'adresser ces nouvelles idées tu vois c'est avant de dire ah ouais non mais là j'ai envie que mon personnage il soit très en colère est-ce que ça respecte vraiment ce que j'ai mis derrière tout ce qu'il y a dans ce personnage et c'est un petit peu ça paraît un petit peu bête dit comme ça mais en vérité c'est extrêmement important et j'aime beaucoup l'exemple que t'as cité de bataille de valeurs que tu peux pas faire respecter parce que ça crée un vrai nœud de tension quoi et effectivement Hunger Games là est un bon exemple ouais ça va très loin justement c'est tout ça après l'impact sur tout le monde ouais t'as trop bien super bon exemple et les ateliers d'écriture tu les t'en fais t'en fais souvent tu les fais comment t'as quel angle toi pour ces ateliers

Anaëlle Chaudet — non je démarre les ateliers d'écriture donc là c'est je les fais uniquement avec Kobo c'était j'étais marraine du mois de l'écriture en 2025 et du coup c'était la récompense des finalistes donc ils ont 12 ateliers avec moi donc je suis avec eux pendant 6 mois comme ça et sinon il y a des ateliers d'écriture que je vais donner mais c'est pas encore fait avec une entreprise aussi pour mais là ce sera des ateliers d'écriture en physique donc dans le cadre de résidence d'auteur et ce sera voilà ce sera à partir de avril je crois

Ybelion — trop bien

Anaëlle Chaudet — et moi comme je t'ai dit moi c'est vraiment je me concentre vraiment sur la narratologie donc c'est ce qui me passionne et c'est là où je suis meilleure donc je pars du principe qu'il faut être là il faut faire ce pourquoi on est on est meilleur c'est mieux comme ça t'apportes plus de valeur aux gens donc je me concentre vraiment sur ça tu vois par exemple là mes ateliers d'écriture avec Kobo il y a une partie magistrale une partie écriture et une partie retour alors que d'habitude les ateliers d'écriture c'est majoritairement de l'écriture en fait avec un petit au départ une consigne et après on écrit beaucoup et à la fin on échange il y en a qui le lis on fait des retours moi je travaille pas comme ça parce que ce que je veux c'est que les gens puissent avancer concrètement sur leur texte alors que j'en ai fait des ateliers d'écriture en tant que participante et il y a ce côté qui est très bien mais très frustrant où tu travailles juste la créativité en fait on te dit par exemple à partir d'une photo invente une histoire ok c'est intéressant par contre j'ai pas appris ça me dérange moi je veux apprendre et je veux que les autres puissent apprendre vraiment comprendre des techniques et puissent se l'approprier après pour leur propre histoire

Ybelion — trop bien j'aime beaucoup l'approche justement très orientée autour du projet de la personne encore une fois ça devient quelque chose d'humain et ouais c'est une très bonne idée effectivement moi c'est toujours ça qui m'a qui m'a pas attiré et alors je dis pas que c'est pas bien tu vois je pense qu'il y a plein de gens justement avec qui ça fonctionne bien parce que justement ça fait travailler la créativité ça permet de s'autoriser à partager etc c'est des très bons premiers pas mais effectivement moi ça m'a toujours un petit peu frustré et puis en fait je me rends compte que je le fais déjà quotidiennement depuis trois ans moi tu vois j'ai des thèmes aléatoires et tous les jours j'écris sur ça tu vois donc c'est vraiment juste un truc un peu libérateur tu vois mais effectivement c'est sympa comme angle et moi il y a un autre truc alors tu vois je ne saurais pas trop comment l'explorer encore mais je suis assez fasciné de quand on fait un dessin ou qu'on raconte une histoire par rapport à un truc qu'on nous donne d'un coup comme ça à quel point ça dedans transparaît les vrais enjeux de la personne au moment où elle le fait tu vois et ce que j'aime beaucoup faire alors j'avais eu l'occasion de faire tout ça en formation de coaching je n'ai pas eu l'occasion de le faire vraiment pour l'instant avec des vraies personnes tu vois orientées écriture mais quand tu demandes à quelqu'un de faire un dessin ou de raconter une histoire qu'il n'a pas prévu de raconter et après tu creuses sur les sur les images qu'il y a sur les archétypes qu'il peut y avoir derrière et que tu creuses ces fils là tu trouves des trucs vraiment pépites et des vrais cailloux dans la chaussure des gens quoi et je pense que c'est très tu vois moi ma passion c'est un peu le quelque part la psychanalyse et les et toutes les analyses des rêves que qu'ont pu faire Adler Jung ou Freud tu vois et surtout Jung en fait il a beaucoup travaillé sur ces symboles et je trouve ça passionnant de tirer un symbole comme ça et d'aller voir ce que ça représente chez la personne parce que quelque part si dans son dessin elle a mis une étoile filante c'est pas pour rien tu vois même si ça paraît anecdotique et j'aime bien cette petite attention aux détails là je fais une digression sur les ateliers d'écriture mais c'est je sais pas j'aime bien cette petite attention aux détails et autour de la créativité comme ça

Anaëlle Chaudet — mais je suis d'accord avec toi tout ce qu'on met dans l'art peu importe sous quelle forme c'est pas anodin ça dit quelque chose de nous en fait c'est forcément révélateur et souvent de manière inconsciente en fait comme tu dis

Ybelion — trop cool j'aurais des milliards de questions d'autres à te poser peut-être si quand même en narratologie tu si t'avais ah j'ai envie je sais pas laquelle choisir j'ai envie de te poser la question à la fois sur la narratologie ou à la fois sur peut-être les neurosciences ou comment comprendre nos motivations tu vois ou comment on fonctionne est-ce que t'aurais des ouvrages ou des ou des ou des ou des contenus ouais à conseiller et en préambule je rajouterais que bah déjà il y a toi tout ce que tu partages voilà j'imagine que tu fais beaucoup dans ta newsletter aussi et donc déjà première personne à aller vers qui se tourner et ensuite je te laisse la main aussi si t'as des choses à conseiller je dirais

Anaëlle Chaudet — sur les neurosciences ou la psychologie alors moi je suis un peu zinzin je vais voir les livres écrits par les médecins et les livres en fait que tu genre tu fais médecine t'es en psychiatrie il faut que tu lises ces livres là moi j'achète ceux là donc vraiment t'es à la source c'est extraordinaire donc parce que les livres que en fait il y a des livres aussi très bien grand public mais en fait faut regarder qui les a écrits parce que des fois c'est des personnes professionnelles donc là je trouve qu'on apprend beaucoup plus c'est tellement clair et des fois c'est juste des personnes qui ont vécu quelque chose par exemple et c'est juste leur expérience donc c'est un peu différent donc moi j'aime bien aller à la source vraiment professionnelle ça je trouve qu'on apprend tellement plus et pour la narratologie il y a plein de livres que j'aime bien je crois qu'un des basiques qui m'a vraiment aidée c'était personnages et points de vue de Orson Scott Card parce que les personnages sont quand même très importants dans c'est quand même tout est fait quand même autour d'eux dans une histoire donc celui-là il est exceptionnel il est très vieux mais pépite et sinon moi je m'attache pas trop aux livres comme ça mais moi je vous dis allez voir par exemple en médiathèque si vous avez une médiathèque près de chez vous moi c'est comme ça que j'ai découvert mes livres en fait et des fois t'as des très vieux livres dont personne ne parle et qui sont mais exceptionnels il y a quelques années j'ai travaillé comme scénariste sur un jeu vidéo c'était la première fois grosse panique à bord je suis allée à la médiathèque et les livres dont on parlait que j'ai acheté ils n'étaient pas extraordinaires et j'en ai trouvé un jeu dont personne ne parlait mais il était tellement clair ça analysait Tom Rider exactement comment ça avait été fait et j'ai tellement appris avec ce livre et donc des fois enfin moi j'aime bien aller chercher en fait aller dans les rayons c'est les rayons cinéma en général pour la narratologie et regarder ce qui vous parle le plus parce que pareil chaque auteur a une approche différente donc moi ce que j'ai aimé c'est pas ce que vous allez aimer et inversement pardon tout le monde parle de l'anatomie du scénario de Trouby moi je ne l'ai jamais lu tout simplement parce qu'il n'était pas dans ma médiathèque et je ne ressens pas le besoin de le lire mais tout le monde en parle en bien très bien mais moi je ne l'ai pas lu mais c'est ok donc prenez ce qui vous appelle aussi parce qu'on a tous une sensibilité

Ybelion — j'aime beaucoup ce message laissez-vous porter par votre instinct allez dans un rayon et choisissez un livre met ta vie que ce n'est pas pour rien que vous avez pris celui-là il y a forcément un message d'ailleurs c'est un exercice que je trouve marrant à faire tu vas dans ta bibliothèque tu prends un livre au hasard t'ouvres une page et tu lis genre juste une ou deux phrases et là tu essaies de comprendre ce que ça peut pourquoi tu as lu cette phrase maintenant alors c'est un côté peut-être un petit peu perché spirituel mais moi je trouve ça très marrant et ton cerveau fait des liens tu vois tu disais tout à l'heure c'est une belle boucle d'ailleurs on aime répondre à des questions ouvrez un truc au hasard et demandez-vous pourquoi quelque part l'univers vous a fait lire cette phrase maintenant tu vois et là le cerveau il fait des liens il fait des liens marrants un peu perché

Anaëlle Chaudet — c'est une bonne manière de créer des associations d'idées et de développer sa créativité aussi en plus

L'anecdote insolite du livre

Ybelion — c'est vrai c'est vrai c'est vrai carrément ah trop cool pour conclure pour reboucler sur level up il y a une question que j'aime bien poser aux auteurs quand ils quand ils me parlent de leur livre c'est si t'avais quelque chose d'un peu insolite que tu dirais pas forcément comme ça en parlant de ce livre ça serait quoi ?

Anaëlle Chaudet — drôle de question si j'avais quelque chose d'insolite pour parler de ce livre je pense que je l'ai dit tout à l'heure c'est d'avoir testé le concept sur mon fils de 7 ans quand même et de voir que ça avait le même effet sur le livre sur moi ça j'ai trouvé ça incroyable parce que je me suis dit ça va peut-être marcher que sur moi et quand je vois que ça marche sur un enfant aussi je me dis il y a vraiment un truc avec le jeu non je pense que c'est juste ça mon anecdote

Ybelion — j'adore c'est une super anecdote d'ailleurs bah écoute merci beaucoup Annaëlle le livre il est dispo partout il est dispo depuis quasiment une semaine maintenant là au moment où on enregistre et bah foncez moi j'attends de passer dans une FNAC pour aller me le procurer je vais m'amuser un petit peu je sens que ça va bien me parler moi à mon coeur de gamer qui aime la progression

Anaëlle Chaudet — je l'ai pensé comme un jeu vidéo mais version papier en fait c'est comme ça qu'on l'a imaginé en tout cas avec Marab

Ybelion — trop bien et bah écoute merci beaucoup Annaëlle pour ton temps pour tous tes partages hyper précieux et je vous invite si vous êtes à la fois passionné de narratologie si vous avez des envies de questions des besoins de bêta lecture à aller faire un tour sur son compte Instagram qui est absolument passionnant et voilà

Anaëlle Chaudet — merci pour cet échange c'était super chouette merci

Épisode 83 avec Anaëlle Chaudet

AU MICRO AVEC

Anaëlle Chaudet