À quoi ressemble vraiment une carrière d'autrice qui démarre ?
CE QUE RACONTE CET ÉPISODE
Manon Lécuyer raconte la sienne dans l'épisode 48, et ça n'a rien d'une ligne droite. Elle commence par auto-éditer une fantasy en deux tomes, seule, correction et couverture comprises, sur une plateforme payante. Une trentaine d'exemplaires vendus en un an. Elle en parle sans se protéger : elle a complètement foiré son auto-édition, et elle sait pourquoi.
Puis un concours, un contrat, une romance de Noël publiée. Un an après la sortie, la maison ferme. Au même moment, avec son binôme d'écriture, elle décide de renoncer à un autre contrat dont les conditions clochaient, pour récupérer leurs droits. Deux autrices, plus aucun contrat, retour à la case départ.
Trois mois plus tard, fin 2024, elle signe trois contrats coup sur coup juste avant Noël. Des manuscrits envoyés à des moments différents, restés sans réponse, qui reviennent tous en même temps, pendant qu'elle traverse un deuil. Deux sorties en 2025, trois en 2026, une en 2027.
Ce que je retiens de son parcours, c'est que la porte qui claque ne dit rien sur la suite. Elle dit juste que cette porte-là était la mauvaise.
Dans cet épisode, on parle aussi du pari qui a lancé sa carrière, de sa manière d'écrire avec deux enfants et un travail, et du roman qu'elle a écrit après un deuil pour laisser rentrer la lumière par les interstices.
LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE
CAROUSEL À VENIR
Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.
Face B — le transcript
L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE
Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !
Résilience, romcom et beurre salé
Ybelion — Yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans le 48e épisode d'Ose Écrire, dans lequel j'ai l'honneur d'accueillir Manon Lécuyer, avec qui je discute de son parcours, de résilience, de romcom, de vie de famille, d'auto-édition et de maison d'édition, et bien évidemment de beurre salé, parce qu'il n'y a que lui qui compte. Je vous souhaite une très bonne écoute et je vous dis à très vite. Moi, c'est Sam, Ybelion, de mon nom de plume. Je suis écrivain, coach et j'accompagne celles et ceux qui veulent renouer avec leurs rêves d'écriture. T'écoutes un podcast dont l'intention est simple, te donner inspiration, outils, motivation, discipline, bref, tout ce qui peut te permettre d'oser écrire. En gros, c'est un peu dans le titre, quoi. Ose Écrire. Si tu me vois déconcentrer un moment, c'est parce que j'ai mon petit toutou qui fait un peu des bêtises en ce moment. Il est en train de faire une crise d'adolescence, je crois. Ça va. C'est pas que je t'écoute pas. Pas de souci. Ça me fait grave plaisir de t'accueillir. Tu fais partie des autrices que j'ai découvertes, vraiment parce que j'aimais bien la vibe sur Insta. Je me rappelle que toi et Elise, je vous ai découvert au moment où vous aviez commencé à faire la promo de Sipping Love. Je trouve que vous avez une personnalité avec qui on accroche grave. En tout cas, ça donne envie de découvrir qui vous êtes et ce que vous écrivez. Naturellement, je serais pas forcément allé vers des livres comme La Vie en Turquoise ou Sipping Love ou même ce que tu me raconteras que tu écris après. Mais le fait de vous découvrir comme ça, franchement, ça donne envie de se plonger dans ce que vous écrivez. Donc, bravo pour ça en vrai.
Manon Lécuyer — Merci. C'est le meilleur compliment en vrai, je trouve. D'accrocher à la personnalité avant d'accrocher au bouquin, je trouve ça trop cool.
Ybelion — Ouais. Et je trouve que ça résonne totalement différemment. D'ailleurs, ça m'a fait rire parce que quand j'ai lu La Vie en Turquoise, il y a un moment, Elise, elle parle de vous puisque c'est son nouveau groupe, tu vois. Et j'étais là, je les connais, je vois qui c'est. Et je trouve que ça fait rire, tu vois. Et du coup, en vrai, j'y avais pas pensé, mais ça m'a pas trop étonné quand Elise, elle m'a renvoyé vers toi et Aurore.
Manon Lécuyer — C'est devenu un peu notre running gag depuis, dans chacun de nos romans à toutes, il y a un petit easter egg, en fait, soit des autres romans, soit des autres nanas. Donc, on est toutes un peu dans les romans de tout le monde, c'est rigolo.
Ybelion — Ouais. C'est marrant parce que vous avez transformé un peu l'aventure d'écriture qui est un premier abord qui peut paraître un peu solitaire, tu vois, quelque chose de groupé, quoi.
Manon Lécuyer — Ouais. Mais on s'attendait pas à ce que ça match autant, tu vois, parce que c'est vraiment du pur hasard. On a juste cliqué sur un sondage d'Elise une fois, on est quatre à avoir répondu. Et il s'avère que les quatre, on s'entend, mais genre, vraiment, à perfection, on n'a jamais eu de dispute ou quoi, on est d'accord sur tout, enfin, c'est un truc de ouf. Vraiment le hasard.
Ybelion — Et c'est à quel moment que vous connectez toutes ensemble ?
Manon Lécuyer — Alors, c'est en mai 2022.
Ybelion — Ok. Ok, ok.
Manon Lécuyer — Ça fait trois ans.
Ybelion — Ouais. Et qu'est-ce que ça t'a apporté de pouvoir partager un peu avec d'autres autrices ?
Écrire seule, c'est se tromper seule
Manon Lécuyer — Bah déjà, ça m'a... Je pense que ça m'a fait grave progresser déjà moi en tant qu'autrice, parce que de base, je suis quelqu'un de très introverti, très solitaire. J'ai commencé ma carrière, entre guillemets, d'autrice en auto-édition, et j'ai vraiment voulu tout faire de mon côté. Je m'étais pas entourée de personnes, ni de correctrices, ni de bête électrice, enfin, vraiment personne. Preuve en est, j'ai foiré complètement mon auto-édition. Et là, du coup, j'ai appris à faire confiance aussi à d'autres gens, et j'ai aussi compris que les critiques qu'on me faisait, c'était pas forcément sur moi, la personne, mais sur vraiment mon texte, pour l'embellir, pour qu'il progresse, et qu'il soit meilleur. Et depuis, je trouve que j'écris mieux, du coup. Parce que je peux pas voir toutes les erreurs que je fais, forcément, au bout d'un moment, t'es trop dans ton texte, tu vois plus rien. Et voilà, apprendre à accepter les critiques, puis travailler sur soi, c'est important aussi.
Ybelion — Ouais, c'est fou, quand t'as la tête dans le guidon, c'est dingue ce que tu laisses passer. Ce que tu laisses passer, parfois, t'hallucines. Et puis mine de rien,
Manon Lécuyer — aussi, quand tu prends des refus, une maison d'audition, ou des critiques sur tes bouquins, de savoir que t'as quelqu'un derrière qui va être honnête, et qui va te dire, là, ok, de la merde, c'est pas vrai, ou là, oui, effectivement, c'était nul, ça aurait été revoir. Pourtant, ça va faire relativiser de fou. Et tu te sens moins seul, en fait, dans la détresse que tu peux avoir de recevoir des refus et tout, parce que quand tu vois Insta, souvent, tu partages que ce qui est bien. Enfin, la plupart du temps, tu mets pas trop en avant tes refus, ou tes désillusions et tout, tu mets vraiment tes réussites. Donc là, d'avoir quelqu'un
Ybelion — qui est très important, c'est assez important de parler de tout ça, parce que des refus, tout le monde en prend des critiques pareilles. Après, c'est vrai que c'est plutôt bien. En vrai, Instagram est de manière générale, quand même, un milieu plutôt bienveillant. Oui, je trouve. Mais c'est vrai que les premières critiques, quelles qu'elles soient, qu'elles soient bonnes ou mauvaises, tu les prends vraiment avec une posture d'égo, je trouve. En fait, où tu te dis, c'est n'importe quoi, moi, je suis un génie, qu'est-ce que tu racontes ? Il est génial, mon livre,
Manon Lécuyer — qu'est-ce que tu racontes ?
Ybelion — Oui, c'est ça. Et puis après, après tu relis et tu fais, ouais, peut-être qu'en fait, il y a un peu de vrai dans ce qu'il dit. Et c'est un peu, ouais, t'as raison, c'est un vrai travail, en vrai, de réussir à faire le tri de toutes ces critiques.
Manon Lécuyer — Oui.
Ybelion — et je crois que... c'est... putain, je me suis perdu, je me suis perdu, j'ai voulu dire deux trucs à la fois, je me suis perdu. Moi, je crois que ce qui m'avait fait le plus mal au début, c'est quand j'expliquais mal ce que voulait faire mon roman, tu vois. Quand tu l'expliques pas, les gens peuvent s'attendre à quelque chose de totalement différent et du coup, avoir une lecture de... enfin, en tout cas, une critique de ce que t'écris totalement différente aussi parce qu'ils s'attendent pas... enfin, tu leur as pas expliqué. et en fait, réussir à clarifier avant ce que moi, j'avais envie d'écrire et donc expliquer à la personne, voilà, j'ai écrit un roman, mon intention, c'est ça, tu vois. Là, tout de suite, les critiques sont totalement différentes, quoi. C'est moins... enfin, en tout cas, ça part moins dans tous les sens, quoi.
Manon Lécuyer — Ouais, ça me fait un peu penser au cours de français, et au téléprof, ils faisaient des analyses de textes, mais je suis pas sûre que le gars, il voulait dire ça à la base. C'est un peu la moucheuse.
Ybelion — Tu sais que ça, ça me fait trop marrer parce que c'est... c'est vraiment quelque chose que je fais maintenant, tu vois. Et il y a des moments, je lis des trucs et je commence à partir dans les analyses et je me dis, ouais, là, Sam, t'es en train de te transformer en prof de français. Mais ça me fait marrer, tu vois, quelque part, c'est un peu un truc de... Tu sais, tu laisses la place au lecteur de comprendre un peu ce qu'il veut, tu vois. Et évidemment, je pense que... Enfin, je sais pas, toi, tu vas me raconter un peu, mais évidemment qu'on met des messages, mais c'est un peu inconscient, tu vois. On pense pas, ok, là, il va lire tel truc, il va penser à telle chose et machin, etc. C'est un peu moins vrai. C'est un peu moins vrai.
Manon Lécuyer — Je pense que ça, les messages que tu mets sciemment parce que tu veux faire passer le message, les messages que tu mets inconsciemment et les messages que les gens vont interpréter avec leur vision, eux, de leur propre vie parce que tu vis pas les mêmes expériences de vie de la même façon. Et du coup, t'as trois strates de lecture, je pense, dans un même texte.
Ybelion — Sur des textes que t'avais écrits, on t'a déjà fait des retours comme ça où ça t'a presque surpris, tu vois, l'interprétation ?
Manon Lécuyer — Non, pas encore, je t'avoue.
Ybelion — Ok. Je me chargerai de t'en faire en lisant.
Manon Lécuyer — Je me chargerai de réfléchir même les bêtas lectures. Pas forcément. J'ai rien qui me vient en tête, je t'avoue. Mais j'attends mes critiques de prof de français. J'ai hâte. Ouais, ça marche.
Ybelion — Je note.
Manon Lécuyer — Voir ce que j'avais dans le cerveau sans le savoir, je vois, ça va.
« La porte s'est ouverte, puis elle m'a claqué au nez »
Mythologia, One Direction et 300 000 mots
Ybelion — Et ça fait combien de temps que t'écris, du coup, toi ?
Manon Lécuyer — La réponse bateau, ça va te dire de toujours, tu sais, mais en vrai,
Ybelion — c'est bien, c'est la meilleure.
Manon Lécuyer — Bah, oui. On a envie de dire ça, je suis née comme ça. Mais je pense que la première ébauche de roman que j'ai fait, elle doit dater du collège, envers la 6ème, donc j'avais 11 ans, je pense. J'avais commencé un roman de fantasy. Je me rappelle, ça s'appelait Mythologia, le secret de la pierre de lune, un truc comme ça. T'avais une ado qui était l'élu qui se retrouve dans un monde fantastique, puis évidemment, elle sait se battre, elle sait faire de la magie, elle sait tout faire. vraiment le cliché, quoi. Mais j'ai jamais fini, ce truc. J'ai dû avoir une ébauche d'un tome 1, une ébauche d'un tome 2 avec des petites scènes par-ci, par-là, mais j'ai jamais retouché. Ça peut être très beau à voir. Et après, collège, j'étais ça. Au lycée, j'ai commencé les fanfictions, je pense comme beaucoup. Je me réfugiais un peu là-dedans avec ma meilleure amie. On a écrit quand même un document qui faisait presque 300 000 mots, je crois. Donc c'est quand même pas mal.
Ybelion — Ouais !
Manon Lécuyer — Ça nous a tenu tout le lycée, donc tous les jours un petit peu. C'était
Ybelion — fanfiction sur quoi ?
Manon Lécuyer — Sur les One Direction.
Ybelion — Ah, sur les One Direction, incroyable.
Manon Lécuyer — Voilà. Et après, il y a eu les études supérieures donc j'ai un peu laissé de côté. J'ai créé des petits textes par-ci, par-là, plus pour moi. Et ensuite, j'ai dû reprendre en... que je vais pas dire de bêtises... 2017-2018, je pense. Par là où j'ai écrit du coup mon vrai premier roman que j'ai terminé et qu'après, j'ai essayé de mener plus loin.
Ybelion — OK. C'est quoi le déclic qui te fait reprendre ?
Le déclic : « là, j'ai le temps »
Manon Lécuyer — Bah du coup, j'avais fini tout ce qui était études et ça, j'avais mon travail d'adulte qui était à mi-temps. J'avais pas trouvé dans ma branche, j'avais pas trouvé un travail à temps plein pour commencer. Du coup, j'avais du temps à la maison et à part faire le ménage et tout ça, je m'ennuie un petit peu. Et j'ai renoué un peu avec ça. C'est peut-être le moment en fait, là j'ai le temps. Après, j'arrête pas de dire j'ai pas le temps, je peux pas faire, machin. Là, j'ai le temps, je vais profiter, je vais me remettre dedans puis on verra ce que ça donne. Une fois que j'ai mis le doigt dans ma branche, j'ai pas réussi à me ressortir. Je suis restée coincée dedans.
Ybelion — C'est hyper inspirant de prendre conscience comme ça, à un moment qu'on a du temps autant l'utiliser pour faire des choses qu'on aime. On peut se perdre un petit peu parfois. C'est là qu'en reprenant,
Manon Lécuyer — je me suis rendu compte qu'en fait, ça me manquait de fou et que j'aurais jamais dû arrêter parce que là, on est combien de temps plus tard ? Presque 8 ans plus tard et au final, je me suis rendu compte que le métier que je faisais ne me plaisait pas, que ce que je voulais, c'était vraiment écrire et que là, à 30 ans maintenant, mon objectif de vie, c'est de vivre de ma plume. Ça se fera, ça se fera pas, mais au lycée, on te demande toujours tu veux faire quoi plus tard ? Il faut que tu trouves tes études dessus, on ne sait pas à 17, 18 ans ce qu'on veut faire à part quelques-uns qui sont persuadés d'avoir leur chemin de vie et tout. Moi, je ne savais pas, j'ai pris un peu des trucs par défaut parce qu'on me disait va par là, ça ouvrira des portes, tu verras bien. Et puis finalement, c'est à 30 ans que je me rends compte que depuis le début, c'était l'écriture et maintenant, je suis focus là-dessus. On verra où ça me mènera plus tard.
À 30 ans, comprendre que c'était l'écriture
Ybelion — Trop bien. C'est hyper bon, en vrai. Je partage ton avis sur ça. Moi, j'ai pareil que toi. Je me suis laissé porter toute ma vie et c'est pareil, approche des 30 ans, on a notre crise plus tôt qu'avant.
Manon Lécuyer — C'est ça. Je n'ai pas fait de crise d'ado, c'est une crise de 30 ans.
Ybelion — Oui, voilà, exactement. Et en vrai, ça fait du bien aussi de se sentir beaucoup plus aligné avec ce qu'on fait au quotidien.
Manon Lécuyer — Vraiment.
Ybelion — Et du coup, maintenant, j'ai vu, il y a 6 Pin Love qui a été publié, tu en as deux autres qui sont prévus. Plus que ça ?
Manon Lécuyer — Je suis en train de compter.
Ybelion — Aïe, c'est beau.
Manon Lécuyer — Ouais, je suis trop bien de pouvoir compter. J'en ai, là, en 2025, il y en a deux. 2026, il y en a trois.
Ybelion — Ouah, incroyable.
Manon Lécuyer — Et 2027, il y en a un pour l'instant. C'est trop cool. Ouais. Merak, je n'ai pas annoncé parce que je n'avais pas le droit, mais il y a le chiffre.
Ybelion — Ok. En vrai, c'est hyper impressionnant. Et parce que quand Elise, elle m'a parlé de toi, elle m'a dit justement qu'elle était, ça sentait d'ailleurs dans sa voix, qu'elle était hyper impressionnée, hyper fière aussi de tout ce que tu accomplissais finalement en écriture. Et est-ce que tu peux me raconter un petit peu le chemin du coup avec ce premier échec, si je peux appeler ça comme ça, sans que ça soit négatif évidemment, mais avec l'auto-édition et ensuite, le parcours que tu as jusqu'à... Sipping Love est le premier du coup, ça je dis une bêtise ? Non ?
Montagnes russes : une auto-édition ratée
Manon Lécuyer — Non, il y a eu les montagnes russes où il y a eu des oui, des non, des fermetures, des ouvertures, enfin tu vas voir, c'est très...
Ybelion — Ouais, vas-y.
Manon Lécuyer — J'ai eu beaucoup de joie et beaucoup de pleurs aussi. Donc du coup, j'ai commencé avec le roman que je disais que j'ai auto-édité, qui est une fantasy à dos, je dirais, qui est en deux tomes. Donc j'ai commencé à... J'ai écrit ce livre-là, je l'ai corrigé moi-même, j'ai fait la couverture moi-même, qui n'est pas si laide, je ne suis pas si déçue de ce que j'avais fait. Et après, j'ai décidé, vu que j'étais très introvertie et très... Peut-être un but de moi-même, je ne sais pas trop à l'époque, mais je ne voulais pas que les autres le lisent, mais je voulais le publier pour que les autres le lisent. Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire. L'ambivalence du truc. Et donc je l'ai auto-publié grâce à une plateforme que je ne recommande pas trop aujourd'hui, je ne sais pas si... Je ne vais pas dire le nom, mais bon. C'est une plateforme d'auto-édition qui te fait payer des services pour t'aider à mettre en page, pour t'aider à mettre en vente, etc., qui prennent après des pourcentages dessus. Tu ne gagnes pas grand-chose sur ton bouquin.
Ybelion — Ah oui, ils prennent des pourcentages sur les ventes. Oui, tu n'es pas très gagnant.
Manon Lécuyer — Je l'ai auto-publié pendant un an. J'ai dû vendre une trentaine d'exemplaires, donc vraiment, je n'ai pas fait best-seller avec celui-là. Et au bout d'un an, il fallait renouveler le contrat, tu devais repayer pour refaire un an, etc. par coup d'une année sur une année. Et au bout d'un an, je me dis, non, ça ne sert à rien. En fait, je perds de l'argent, clairement, parce que derrière, je ne vends pas les livres. Puis je n'en suis pas si fière que ça, donc je ne fais pas non plus trop de la promo. Donc, j'ai arrêté là en me disant, de toute façon, je n'étais pas faite pour ça, j'étais nulle et tout. J'ai eu un gros zone à ce moment-là où j'ai laissé un peu tomber, j'ai mis de côté. Et entre-temps, je suis tombée enceinte, donc j'ai eu ma première fille. Donc là, franchement, merci. Du coup, la priorité, elle était vraiment ailleurs. Et une fois que tu as accouché, tu as ce qu'on appelle le congé maternité. J'ai eu une petite fille qui faisait des bonnes siestes. Donc du coup, j'ai pu reprendre l'écriture pendant qu'elle dormait. Donc ça, c'était chouette. Et c'est là que j'ai repongé une deuxième fois dedans. Et après, j'ai rencontré les filles, les patates filantes sur Instagram pour ceux qui connaissent. Où là, du coup, en se hypant entre nous, on s'est dit, mais en fait, je pourrais tenter l'édition classique. Qu'est-ce que j'ai à perdre au final ? S'ils me disent oui, ils me disent oui, tant mieux. Ils font tout le travail à ma place de promo, de me mettre en vente les bouquins. Et moi, je n'ai pas à toucher à ça et ça serait trop cool. Et puis s'ils me disent non, ce sera un autre. Et puis, on verra ce que ça donne. Et donc du coup, après, je suis en train de me perdre dans mes romans aussi. Donc, première descente de Montagne Gris, j'ai repris l'écriture d'une autre fantaisie. Parce qu'à l'époque, j'étais persuadée que je serais autrice de fantaisie et que je serais connue pour ça. Spoiler alert, pas du tout. J'ai toujours pas réussi à signer mes fantaisies. Donc, j'ai écrit une deuxième fantaisie qui s'appelle Les Suppliciés de l'ombre qui est une fantaisie un peu plus adulte où j'ai commencé du coup, là, la bêta lecture avec Élise et les copines. Donc, pendant que les filles elles lisaient ce roman-là, j'ai fait un pari avec un copain d'Insta qui me disait tu n'es pas capable d'écrire ta propre romance de Noël. Parce que, pour l'anecdote, il y a beaucoup d'anecdotes, je suis une fan de Noël et je regarde tous les films de Noël sur M6TF1. Je les ai vus 15 fois mais je les regarde quand même. C'est mon petit plaisir. Coupable, tu vois.
Le pari de la manonnerie
Ybelion — Tu me feras une parenthèse avec le top 3 des meilleurs films de Noël. Ok.
Manon Lécuyer — J'ai. Et mon mari appelle ça des manonneries du coup. Parce que je regarde ça tout le temps que c'est toujours la même chose, le même procédé, mais à la fin, grande ville qui arrive dans la petite ville qui trouve son bûcheron et puis voilà. Du coup, ça s'appelait comme ça. Voilà. Tout le monde connaît. Et il m'a dit mais t'es pas capable d'écrire ta propre manonnerie. Je me suis dit si, capable. Donc au plein mois d'août, je me suis mis à écrire un roman de Noël. Je me suis dit c'est quand même vachement rigolo d'écrire ça. Je vais le mettre sur Wattpad. Donc j'ai commencé le 1er décembre à mettre un chapitre, 2 décembre, un deuxième chapitre et ça a fait un calendrier de l'Avent au final jusqu'au 25 décembre et ça a bien plu. Et du coup, mes copines me disent si ça a bien plu sur Wattpad, pourquoi tu t'entrais pas une maison d'édition ? Peut-être ça peut plaire aussi à d'autres lecteurs en dehors de la plateforme. Je lui dis bon, je tente, chiche. Donc j'ai envoyé à des maisons d'édition et j'ai participé en même temps à un concours qui était organisé par la maison d'édition qui s'appelle L'Abeille Bleue qui a fermé depuis. Donc voilà, tu as le spoil de la fin de l'aventure du coup. Donc j'ai participé à ce concours-là. J'ai été édité avec ce texte-là dans une petite maison d'édition indépendante. Le texte a vécu un an et au mois d'août 2024, malheureusement, la maison a fermé donc je n'étais plus édité. Donc là, ça a été une parade assez difficile parce que je passais de... Enfin, j'ai mis le doigt dans l'édition. Je suis rentrée, la porte s'est ouverte et puis bam, elle s'est reclaquée à la figure. Je repartais de zéro. Et pendant ce même temps-là, parce que du coup, ça fait un an complet, on a écrit du coup Sleeping Love avec Élise qui s'appelait Daikiri à l'époque où pareil, on avait trouvé une maison d'édition, on était contentes et tout et au final, on a rétropédalé parce que les conditions, on s'est rendu compte de plein de choses qui n'allaient pas. On a rétropédalé, on a repris nos droits et du coup, à ce moment-là, on s'était retrouvées toutes les deux sans plus rien. Enfin, Élise avait avion turquoise mais on s'est retrouvées vraiment zéro contrat et plus rien, on était toutes ressorties de nos maisons. Là, c'était vraiment dur. Et finalement, trois mois après, on a eu la bonne surprise d'être contacté par une maison d'édition qui avait lu du coup notre roman qu'on avait resoumis où là, du coup, on a eu le Oui chez Nisha, etc. Donc là, on était re-rendrés et c'était reparti et suite à ce contrat-là, j'ai eu la chance de signer trois contrats coup sur coup avant Noël. On a tous mis tombés dessus au même moment parce qu'évidemment, pendant ce temps-là, j'avais écrit d'autres choses que j'avais soumis aussi ailleurs et que j'avais jamais eu de réponse et comme de par hasard, ils sont tous arrivés là en même temps. Donc la fin d'année 2024 a été à la fois très dure parce que j'ai vécu un deuil assez difficile et sur le même coup, j'ai signé trois contrats d'édition donc j'accédais enfin à mon rêve de voir mes livres. Ça y est, j'étais lancée dans l'édition. Je savais que sur les deux prochaines années, j'allais avoir des livres qui sortaient et tout donc vraiment un gros chemilic d'émotion la fin 2024.
Fin 2024 : un deuil et trois contrats
Ybelion — Putain, c'est fou.
Manon Lécuyer — Ouais, c'était incroyable.
Ybelion — Ce qui me marque beaucoup dans le parcours, c'est déjà la résilience, franchement, bravo parce que c'est vraiment pas évident de faire face comme ça à des dons et de repartir. Et aussi, c'est la place qu'a finalement le petit groupe que tu t'es fait, les patates filantes du coup. on sent que ça a une place importante et que ça t'a aussi beaucoup aidé dans le chemin global. Et en vrai, c'est cool parce que tu vois, c'est là qu'on voit que l'écriture, c'est solitaire mais ça, c'est pas forcément obligé d'être si solitaire que ça parce qu'on est plein, on est tous plein à écrire et en fait, c'est trop bien de partager tout ça avec des gens. Donc franchement, trop cool et bravo du coup parce que là, la fin du coup, 2024, est au top, franchement. Oui, franchement, dans des belles maisons en plus. Oui,
Manon Lécuyer — je ne m'y attendais vraiment pas et du coup, j'ai passé mon temps à pleurer en fait, fin 2024, de joie, de tristesse, de un peu tout. Oui, je comprends. Je suis grave contente.
Ybelion — Et le... Et donc, Sipping Love sort au début de l'année, enfin au milieu de l'année.
Sipping Love : tout est dédoublé à deux
Manon Lécuyer — Il est sorti en... le 27 mars 2025.
Ybelion — 27 mars. Et qu'est-ce que ça te fait quand tu le reçois, le premier exemplaire que tu vois du coup l'accomplissement ? L'accomplissement.
Manon Lécuyer — Déjà, là, c'est le... Comment dire ? C'est quoi le mot ? Les auteurs qui ne font pas leur mot, c'est horrible. La première grosse joie, déjà, ça a été le... Déjà, on partage tout à deux avec Alice du coup pour ce roman, donc ça décuple, je trouve, les émotions. Parce que déjà, ça a commencé au moment des resoumissions. l'attente à deux, elle est beaucoup plus agréable déjà que tout seul quand tu rafraîchis ta boîte mail 15 fois et que tu n'as pas de réponse. Donc déjà, là, c'était cool. Et quand on a reçu un mail qui me disait bonjour, on aimerait faire un entretien vidéo avec vous pour parler du roman, etc. Rendez-vous dans une semaine. Et là, on s'est fait tous les films possibles. Si ça se trouve, ils nous appellent pour nous dire c'était bien, mais non, ou c'est de la merde, pourquoi vous nous avez envoyé ça ? On s'est fait tous les films possibles alors que toutes nos copines se disent mais si elles veulent vous voir en visio, je ne pense pas qu'on perdent leur temps pour vous dire c'est de la merde en fait. Bisous. Donc, pendant une semaine, on était intenable. Désolée pour les copines qui ont dû supporter ça. Puis ensuite, on a eu la visio où on était du coup toutes les deux, chacune chez nous, en visio avec la troisième personne. Donc déjà là, c'était... Je pense qu'il y a une vidéo sur Instagram de ça, je crois. On était extatique. On a hurlé partout dans la marraque entre les voisins qui se demandaient ce qu'il se passait. Puis ensuite, il y a tout qui découle, le choix de la couverture, de tout le travail édito qui va déjà deux fois plus vite du coup. Parce que repasser chacune, on voit les trucs plus vite. Et ensuite, de le recevoir, on s'est attendus aussi. On s'est pris en vidéo en même temps. On ouvre le colis ensemble. Puis de voir l'accomplissement, vraiment, c'est génial d'avoir ton nom sur la couverture avec ta meilleure amie en plus dessus. Vraiment, c'est un truc de ouf. Et ensuite, tout est ouf parce que tout est à deux. Les dédicaces, on a fait des interviews radio, on a fait des rencontres avec les lecteurs. À deux, c'est encore mieux. Puis même, la moindre désillusion, du coup, tu la prends vachement mieux. Il n'y a personne à ta dédicace, ce n'est pas grave, il y a la copine à côté, on peut discuter, on peut rigoler. Il y a tout qui est dédoublé. Ça, c'est vraiment trop bien.
Ybelion — Oui, OK. C'est beau, en vrai. Ça se voyait que vous étiez hyper contente de partager ça. mais je pense que c'est ça qui donne aussi envie de lire. Au-delà du fait que le coup des noms de cocktails au chapitre, c'était quand même très drôle. Ça se sentait qu'il y avait une énergie. Oui, franchement, bravo. Il y a autre chose qui m'a marqué aussi dans tout ce que tu as raconté. C'est sur une période de temps quand même courte, tu as beaucoup écrit, tes mamans en plus. comment tu fais pour écrire ? Finalement, t'organiser et puis réussir à écrire autant de livres parce que moi, je trouve ça quand même impressionnant.
« Je fais comme je peux »
Manon Lécuyer — En fait, déjà, ça va être encore plus bateau ce que je veux dire, mais j'ai besoin d'écrire sinon je ne me sens pas bien dans mon quotidien. C'est vraiment mon truc. Déjà, quand tu es maman, tu as ton travail, tu as très peu de temps libre pour toi, tout seul. Déjà, c'est mon activité qui me fait m'évader, qui me fait plaisir, qui me fait du bien. même si ça devient un travail, je suis hyper contente que ce soit un travail passion. C'est vraiment le meilleur truc, le meilleur sentiment parce que j'ai jamais ressenti ça dans un autre travail, je veux dire, d'être contente d'y aller. Et du coup, ce que je dis souvent, c'est que je ne fais pas comme je veux, je fais comme je peux. Et à force, je me suis quand même créé une petite routine. J'ai un mari qui a des horaires de travail qui sont assez atypiques. Donc moi, je travaille plutôt le jour, lui travaille plutôt le soir ou les week-ends, ce qui fait qu'on n'est pas forcément tout le temps à la maison en même temps. Donc, j'ai mes soirées, tranquilles entre guillemets. Donc, je n'ai pas du temps à lui accorder à lui à ce moment-là. Je suis vraiment solo. Et une fois que les enfants sont couchés, du coup, j'ai deux, trois heures devant moi pour écrire. Donc après, c'est le choix, est-ce que je veux regarder ma série tranquille ou est-ce que je veux écrire ? C'est à moi de faire le choix. Mais j'ai des petits temps comme ça où les mercredis après-midi, maintenant, ils sont grands, donc ils sont gentils. Ils vont jouer une petite heure dans votre chambre pendant que j'écris et puis après, on ira jouer au parc. Enfin, on prend un truc. Et ils sont assez conseillants là-dessus maintenant qu'ils sont grands. plus ça va aller, plus j'aurai de temps pour moi, je pense. Mais c'est une routine à mettre en place.
Ybelion — C'est trop cool que tu dises de faire comme tu peux et pas comme tu veux. Ça me touche beaucoup à plusieurs égards. Ça me donne plein d'idées. J'espère que je ne vais pas me perdre dans tout ce que je vais dire. C'est vrai que ça m'arrive assez fréquemment de rencontrer des auteurs qui... Et en fait, moi, j'avoue que j'ai fait un peu le... J'ai réussi à moi faire la paix avec ça, mais la frustration de ne pas justement réussir à écrire autant qu'on voudrait. Effectivement, si on pouvait, on passerait notre vie à faire ça. Et c'est pas... En fait, on a des impératifs. Et donc, il faut composer avec la vie qu'on a et faire la paix avec ce truc de... Bon, je fais comme je peux. Franchement, c'est assez précieux. Et je ne sais pas... Est-ce que tu as ressenti cette frustration dont je parle, toi, à un moment, où finalement, ça s'est fait assez naturellement que tu t'inscrives dans ce truc de... Bon, en fait, j'ai des impératifs et puis c'est OK.
Manon Lécuyer — Je t'avoue, j'ai encore un peu de frustration parfois quand même parce que quand je suis à fond dans un projet que j'ai envie d'écrire tout le temps, ils me disent « Maman, tu peux jouer avec moi ? » J'ai envie de leur dire « Non, là, je vais écrire, je joue tout seul, mais je ne peux pas. Le pauvre... Il faut aussi que je leur accorde mais j'ai aussi développé des trucs à côté. J'arrive à écrire maintenant sur mon téléphone, chose que je ne pouvais pas faire du tout avant. Donc là, déjà, ça te sauve des petits temps quand même mine de rien où typiquement, avec des enfants, tu te trouves souvent chez le médecin ou tu es dans les celles d'attentes, bien relou. Du coup, là, tu gagnes du temps, par exemple, pendant une demi-heure d'attente chez le médecin, j'ai écrit sur mon téléphone et ça, c'est chouette. J'ai mis beaucoup à profiter aussi les déplacements pour les dédicaces dans le train. J'étais incapable d'être autrice nomade maintenant, d'écrire dans le train, d'écrire dans les transports, vraiment de sauver les petites minutes que je peux avoir par-ci, par-là. Mais sinon, la frustration, elle est toujours là. Même le soir, quand tu es fatiguée, tu vois, il faudrait que j'écrive, je n'y arrive pas, qu'est-ce qui est l'ambivalence de il faut que j'aille me coucher, mais en même temps, si je n'écris pas ce chapitre, je vais en rêver cette nuit. Ce n'est pas encore tout à fait l'idéal. Si je pouvais, j'écrireais dans une maison au bord de la mer toute seule pendant des mois, mais tu ne peux pas.
Voler les minutes mortes
Ybelion — Il va falloir que je me mette à essayer, d'écrire dans les transports, etc. parce que du coup, Élise fait pareil. Et je ne sais pas pourquoi, ça ne m'est jamais venu à l'idée, en fait. Et ce que je disais à Élise, c'est que je pense qu'il y a plein de gens qui, juste, n'ont jamais pensé à essayer de faire ça. Donc c'est bien que vous soyez plusieurs à lire, parce que ça va en dégocier. C'est celle qui m'a influencé, je t'avoue.
Manon Lécuyer — Quand je l'ai vu faire, je me suis dit, mais comment tu fais ? Moi, je vais être malade dans le bus, si je fais ça, je n'y arriverai pas. Sur le téléphone, il y a tellement de choses. Si tu as une notif Insta qui passe, ça y est, tu es parti. Et en fait, pas du tout. Une fois que tu es sur ton texte, les notifs, elles ne apparaissent pas forcément en fonction de l'appli que tu utilises. Et du coup, tu es focus sur ton truc et jamais autant avancer que sur mon téléphone dans les transports.
Ybelion — C'est fou. Je ne vais pas imaginer. Je vais mettre un conseiller à tout le monde.
Manon Lécuyer — Essaye, je te jure, c'est sympa.
Devenir mère change le point de vue
Ybelion — Il y a une question que j'aime bien poser parce que comme tu es mamans, c'est effectivement parfois peut être frustrant parce que comme tu disais, ils demandent de l'attention, etc. Et au contraire, qu'est-ce que ça t'apporte de positif d'avoir ça dans ton écriture, d'avoir les enfants, la famille, etc.
Manon Lécuyer — Dans mes écrits ou au quotidien ?
Ybelion — Oui, dans tes écrits au quotidien, j'imagine qu'il y a plein de... C'est mes premiers fans donc c'est trop cru.
Manon Lécuyer — Ils sont toujours là. Il est trop beau le livre. Premier fan d'Elise aussi. Ils demandent plus de nouvelles d'Elise que de moi donc c'est un peu... Mais dans l'écriture, je pense que j'ai... J'ai toujours écrit un peu sur... Il y a toujours eu une figure un peu maternelle dans mes romans et je pense que ça s'est exacerbé depuis que je suis maman parce que je vois aussi dans le monde dans lequel ils grandissent et du coup, j'écris aussi sur ce sujet-là sur quel avenir on va laisser à nos enfants, etc. et de comment aborder la vie avec le plus de positivité possible ce qui n'est pas toujours évident. Je pense qu'avant, j'écrivais plus du point de vue de l'enfant avec les expériences que j'ai eues avec ma maman qui est géniale au passage. Et que maintenant, j'ai aussi le point de vue de... Je comprends... Comment dire ça ? Très philosophique, ce que je dis. j'arrive à comprendre en fait ma mère de certaines réactions qu'elle aurait pu peut-être avoir aussi moi quand j'étais plus petite ou certains interdits certaines choses, certaines peurs qu'elle avait aussi quand je shortais ou quoi. Que maintenant, je comprends mieux moi en étant maman et en ayant les mêmes peurs avec mes enfants. Et du coup, je pense que j'ai un peu switché mon point de vue. J'arrive à écrire du point de vue de l'enfant comme j'arrive à mettre le point de vue plus maternel, paternel, de la figure du parent dans mes romans. Et... Voilà. Parce que j'écris pas ce temps sur la maternité parce que je suis encore un peu ado dans ma tête aussi. Mais il y a quand même des échos dedans.
Ybelion — Alors c'est intéressant, je pose cette question parce que je sais qu'il y a certaines mamans qui m'écoutent justement et je sais que c'est un enjeu pour elles aussi parfois de réussir à trouver un équilibre dans tout ça sans frustration que ça soit d'un côté en disant j'ai l'impression de pas bien faire mon travail ou de pas suffisamment écrire, de trouver cet équilibre-là. Parfois, c'est pas forcément évident. C'est pour ça qu'il n'y a rien de mieux placé que quelqu'un qui est dans cette situation aussi pour parler de ça. Donc ouais, merci pour ce partage. Et pour replonger un peu plus dans tes écrits qui vont venir, qu'est-ce que t'as le droit de dire, qu'est-ce que t'as envie de me dire sur les livres qui arrivent ?
Réécrire sa romance de Noël en mieux
Manon Lécuyer — Alors, ce que j'ai le droit de dire, j'ai le droit de dire que j'ai deux romances de Noël qui vont sortir aux éditions que j'ai lues. La première sort le 1er octobre 2025 et la deuxième sortira à peu près la même date je pense, une année d'après parce que c'est un tome compagnon ou c'est une suite indirecte on va dire. j'ai le droit de dire quoi d'autre ?
Ybelion — Basé sur la première que t'avais écrite ? Alors, exactement,
Manon Lécuyer — c'est la première que j'ai écrite du coup qui avait été édité chez l'Abeille Bleue avant que ça ferme que j'ai retravaillé. Donc, il a grossi, c'est un beau bébé maintenant. J'ai retravaillé plein de détails, plein de choses qui au final en le relisant me frustraient. Du coup, j'ai eu la chance de ce côté-là de pouvoir étayer en fait l'histoire, de pousser un peu plus et j'ai aussi la chance du coup d'avoir eu les avis des lectrices sur la première version. Donc, j'ai pu reprendre aussi ces avis-là pour retravailler le texte. Donc, je pense que là, il plaira encore plus. Et puis, j'ai retravaillé du coup avec l'éditrice chez Gélu qui a eu une autre vision encore que ma première éditrice même si c'était dans la continuité. On a pu étayer encore plus. Donc, effectivement, c'est ça que aussi la montre-là que je te disais tout à l'heure, c'est que ça a fermé mais au final, je suis remontée plus haut parce que Gélu, je ne croyais pas quand on m'a dit « Oui, on vous prend les deux, pas de souci, on a bien aimé. » Ah bon ? Vous êtes sûre ? Moi ? D'accord. J'ai pleuré encore pour changer.
Ybelion — C'était un an franchement, c'est incroyable.
Manon Lécuyer — Et juste avant Noël, je me disais « Vraiment, là, c'est le meilleur cadeau. » Voilà. Le 2, je l'avais prévu aussi pour la première maison à la base qui m'avait dit « Oui, je te le signerai » et puis finalement, ça ne s'est jamais fait. Et puis, Bélie a trouvé sa maison aussi donc c'est trop cool.
Ybelion — Et à quel... Comment tu arrives à... C'est vrai que c'est un exercice auquel je ne me suis jamais plié alors ça me fait un peu peur, tu vois. Mais comment tu arrives à te replonger sur un texte, tu sais, qui a été terminé pour te remettre dedans, retravailler, réussir à prendre le recul suffisant pour le corriger, etc., l'améliorer encore ?
Manon Lécuyer — Alors du coup, je l'ai relu en entier en essayant de me mettre en tant que lectrice. C'est compliqué parce que c'est ton propre texte mais vu que j'avais de la version papier, c'est un peu plus simple aussi de relire ton texte plutôt que sur l'ordi. Et j'avais pris plein de notes des avis des lectrices à côté, en disant là, ils avaient été frustrés à tel endroit, machin et tout. Et au final, moi, j'ai vu que le positif de la chance de pouvoir faire un texte encore mieux. Parce qu'une fois que tu as édité un texte, même si tu vois après coup qu'il y a un truc qui coince, c'est rare que tu puisses dire je le reprends, on recommence. Là, j'ai eu la chance de faire ça, j'ai trouvé ça trop bien et j'ai dit il faut que je saisisse la chance de faire un truc trop bien. Je serais vraiment très contente surtout si j'ai lu, je n'ai pas envie d'être déçue d'un roman qui va être dans les librairies. Parce que la première version n'était pas en librairie. Et là, je veux vraiment être très fière de ce que je vais faire. J'ai donné tout ce que j'avais pour essayer de faire le roman que moi, j'avais envie de lire aussi. Avec mes téléfilms de Noël. J'ai essayé de faire au max de ce que j'aimais en détournant un peu avec beaucoup d'humour tous les clichés qu'on peut retrouver dans les romances de Noël. Je suis plutôt fière de ce qui va sortir donc j'espère que ça plaira. Et c'est un super exercice et je suis vraiment contente d'avoir pu vraiment peaufiner au max ce texte-là.
Ybelion — T'as hâte de découvrir ça. Je trouve qu'il y a un truc hyper rassurant dans les romances de Noël.
Le petit plaid des romances de Noël
Manon Lécuyer — Oui.
Ybelion — Je sais pas, la période arrive et tu sais que tu vas avoir ta petite dose de trucs mignons, tu vois. C'est ça.
Manon Lécuyer — C'est pour ça que je suis toujours sur mes téléfilms. C'est toujours la même chose mais je sais pas, il y a un côté vraiment très rassurant, très doudou, tu te sens vraiment comme dans un petit plaid. T'as tous tes problèmes, ils sont à côté le temps que la nana trouve son bûcheron et puis après, après ça va mieux. C'est vraiment une période très propice je trouve au cocooning, à la détente et tout, à la magie. donc c'est vraiment un truc que j'adore.
Ybelion — Et du coup, le petit top 3 des romances de Noël ?
Manon Lécuyer — Ma préférée, c'est The Holiday.
Ybelion — Ok, ouais, elle est très cool.
Manon Lécuyer — Elle est très cool. Il y a Love Actually, vraiment classique aussi.
Ybelion — Très grand classique mais extrêmement... Et après, il y a un film
Manon Lécuyer — que je regarde tous les Noëls depuis que je suis toute petite avec mes frères, c'est Super Noël. Je sais pas si tu connais.
Ybelion — Ah non, il me dit rien celui-là.
Manon Lécuyer — Super Noël, c'est un papa qui est solo avec son fils et un soir, il fait tomber le Père Noël de son toit et en fait, quand tu mets le costume du Père Noël, tu deviens le nouveau Père Noël. Donc c'est tout le processus pour devenir le nouveau Père Noël. Quand j'étais petite, j'adorais ce film et c'est toujours une petite madame de Proust, tu vois, de regarder ça. J'ai hâte de montrer aux enfants.
Ybelion — C'est trop cool en vrai. Ouais, je comprends, je comprends. En vrai, c'est incroyable. Ah non, le Actuali, c'est vrai quand même, c'est vraiment très classique.
Manon Lécuyer — C'est le seul que j'arrive à faire regarder mon mari tous les ans. Donc c'est cool. Mais Die Holiday, si vous ne connaissez pas, regardez, c'est vraiment chouette.
Ybelion — Ouais, je connais, j'ai peur de le confondre avec, j'ai pas envie, est-ce qu'on peut spoiler ce genre de film ? Je ne sais pas. Die Holiday,
Manon Lécuyer — c'est avec Catherine Slette, avec Cameron Diaz, Jude Law et je ne sais plus le nom du dernier.
Ybelion — Ouais, c'est bon.
Manon Lécuyer — Mais regardez juste pour Jude Law dans Die Holiday.
Ybelion — C'est bon, quand tu as dit Jude Law, j'ai reconnecté. Jude Law avec ses petites lunettes, là. Celui-ci. Ma soeur est pas mal femme de rom-com aussi. Je me rappelle que le Noël dernier, justement, on lui avait offert un grand bouquin qui parlait de la rom-com, tu vois, et qui parlait de toutes les rom-com les plus connues, etc. Et ouais, c'est fou. En tout cas, c'est un genre hyper cool, pour le coup, je n'ai jamais lu. J'en ai jamais lu. Je ne sais pas d'ailleurs si les films viennent de livres ou pas. Ah voilà, c'est une bonne question. Je ne crois pas. Je ne sais pas, est-ce que toi, par exemple, c'est un truc que tu imagines ? Est-ce que tu te dis, en vrai, celle que j'ai écrite, j'aimerais trop la voir ?
Mes yeux sont la caméra
Manon Lécuyer — Clairement, j'aimerais trop. C'était un des goals quand on rigolait avec les copines, justement, on disait, imagine, on en fait un téléfilm sur TF1 ou sur M6. Ce serait génial. Et en même temps, quand j'écris, j'ai un peu une vision cinématographique. Je ne sais pas si ça fait ça à tous les auteurs, d'ailleurs. Mais quand j'écris, je vois ça un peu comme un film de comment ça pourrait être tourné, en fait, avec les angles de caméra, etc. Donc, je le vois carrément en téléfilm. Ça se prête très bien, je pense. Après, Netflix, cinéma, qui veut, mais carrément.
Ybelion — Oui, on prend. Je prends tout.
Manon Lécuyer — Envoyez-moi un mail, je suis prêt.
Ybelion — Est-ce que tu t'es fait, genre, OK, ce personnage-là, serait bien qu'il soit joué par tel acteur ?
Manon Lécuyer — Oui.
Ybelion — Oui, oui. Oui, c'est vrai. Incroyable. Je ne sais pas si tu as le droit de parler du bouquin qui va sortir. Il est déjà sorti
Manon Lécuyer — techniquement avant, donc je ne spoiler trop rien à ceux qui l'ont déjà lu.
Ybelion — Est-ce que, vas-y, dis les acteurs pour vraiment se mettre un peu dans l'ambiance.
Manon Lécuyer — Je ne sais plus
comment elle s'appelle la nana, je ne sais plus.
Ybelion — Il faut que je retrouve
Manon Lécuyer — le nom de la nana. Le personnage principal s'appelle Gabriel, le jeune homme, et moi, je vois carrément Sam Claflin jouer Gabriel. Je ne sais pas si tu vois qui est Sam Claflin.
Ybelion — Si, je vois. Ah non, ok, ah si, putain, ouais.
Manon Lécuyer — C'est Phimic dans Hunger Games par exemple.
Ybelion — Voilà, c'est ça, je vais chercher son nom.
Manon Lécuyer — Et elle, comment elle s'appelle ? Je vais le trouver. Je vais le trouver. Juste que je retrouve le film dans lequel je l'ai vu sera plus simple pour trouver son nom. Elle s'appelle Sophia Carson.
Ybelion — Sophia Carson.
Manon Lécuyer — Qui jouerait du coup Elsa.
Ybelion — Ah oui, je la connais aussi. J'ai vu son visage. Dans quoi je l'ai vue ?
Manon Lécuyer — Je crois qu'elle a une moue un peu boudeuse qui va très bien mon personnage principal qui est un peu grumpy.
Ybelion — Ah, trop cool. Voilà. c'est hyper intéressant pour se projeter dans son écriture d'avoir des espèces de mood boards comme ça. Que ça soit des musiques. Je sais, tu vois, en regardant, j'ai vu qu'Aurore par exemple sur son site elle partageait les playlists de ses personnages et tout. Je trouvais ça hyper intéressant. Et même, tu vois, de se dire ok, parce que souvent les acteurs on leur renvoie comme tu as dit, tu vois par exemple cette actrice elle renvoie un côté un peu grumpy et tu vois, ça te met dans l'ambiance qu'a ton personnage aussi. Et franchement, c'est hyper pratique. C'est hyper pratique pour Eka.
Manon Lécuyer — Mais je crois que tous mes romans je peux te donner des acteurs pour chacun. C'est un des premiers trucs que je fais je crois, de chercher un peu au hasard avec l'idée que j'ai en tête de mon personnage et je tombe sur un visage et je me dis mais oui, c'est celui-là. Et du coup, ça reste après derrière. Après, je ne partage pas forcément parce que j'aime bien que les gens s'imaginent eux-mêmes les personnages mais moi dans ma tête je sais que si un jour il y a un film ce serait cette personne que je verrais incarner physiquement du moins le rôle. Ça m'aide.
Ybelion — Dans ton processus créatif du coup, quand tu es au départ quand tu as l'idée tu fais justement cet exercice de chercher ok, mon personnage il ressemblerait un peu à ça en essayant de fouiller un peu partout ce que tu disais.
Manon Lécuyer — Ouais. La première chose que je fais c'est d'acheter un nouveau carnet et comme ça je prends des notes avec mes personnages ils s'appellent à machin ils a tes âges voici son background machin et tout et après c'est vrai que j'aime bien aller un peu sur Pinterest internet et tout chercher un peu au pif des fois souvent c'est juste marqué acteur brun c'est tout ce que je mets dans ma recherche puis je défile jusqu'à temps qu'il y ait un visage qui me saute aux yeux en me disant mais oui c'est à ça que je pensais en imaginant X ou Y et après ça reste j'ai ma petite image de mon carnet.
Ybelion — C'est trop cool en vrai c'est vrai que moi tu vois effectivement t'es pas la première autrice avec qui je discute qui me dit qu'elle voit les scènes un peu comme au cinéma moi j'avoue que je fonctionne pas trop comme ça mais tu vois c'est peut-être aussi pour ça que j'ai du mal par exemple à faire des descriptions ou du mal à les aimer même dans les livres tu vois et du coup est-ce que c'est ce que tu vois ce qui m'avait impressionné dans ce qu'elle m'avait dit c'est que du coup elle voyait la scène et donc pour elle c'était extrêmement facile d'écrire parce que tu vois elle se posait jamais la question de savoir comment étaient les choses etc parce qu'elle les voyait très clairement est-ce que ça te parle ce que je te dis en fait
Manon Lécuyer — pour t'imaginer un peu j'ai l'impression que mes yeux à moi c'est la caméra du coup c'est comme si moi je filmais la scène tu vois et je la vois vraiment se jouer devant moi et j'ai juste à décrire ce que je vois
Ybelion — ok
Manon Lécuyer — enfin juste entre guillemets mais je vois la scène en fait vraiment comme si comme si j'étais au ciné
Ybelion — ouais ça c'est
Manon Lécuyer — ça c'est hyper intéressant parce qu'on a pas tous la même vision des choses pour écrire je sais qu'il y en a qui sont alors je sais plus le nom ils voient pas du tout d'image même quand ils rêvent ou quand ils imaginent des choses ils ont pas l'image dans la tête je sais plus quel nom ça a un nom mais moi ça me ça m'épate un peu parce que je vois tout dans ma tête j'ai limite les odeurs dans le nez enfin il y en a ils voient pas
Ybelion — ouais en vrai forcément ça aide ça aide et c'est tu vois parce que effectivement moi j'ai plus l'impression d'avoir des espèces de flash tu vois d'image j'ai des trucs qui me marquent mais pas mais c'est vrai que tu vois et tu vois là je prends conscience en parlant avec toi que il faudrait que je fasse l'effort de justement essayer d'écrire ce que je vois tu vois de m'habituer à voir c'est plus photographique que c'est un mot je le vois beaucoup plus de manière photographique ça c'est plus sujet en fait comme c'est ça c'est ça comme si c'était un
Manon Lécuyer — un roman photo tu vois genre
Ybelion — la scène forte qui fait ouais la photo la scène forte
Manon Lécuyer — et après tu brodes autour ce qui se passe ok
Ybelion — ouais je brode autour après tu vois moi j'aime beaucoup plus enfin en tout cas pour l'instant ce que j'aime beaucoup c'est aussi en fait j'avoue que j'ai un côté un peu fan de philosophie ou de sociologie tu vois ou ce genre de choses et donc j'aime beaucoup le tout ce qui vient connecter avec la réflexion tu vois donc j'aime beaucoup les livres par exemple qui se passent beaucoup dans la tête du personnage très introspectif très introspectif c'est chercher le mot tu vois je suis en train d'inventer le mot introspectif
Manon Lécuyer — c'est notre taf on invente des mots quelque chose déjà
Dialogues, punchlines et amitiés brutes
Ybelion — voilà c'est ça exactement et du coup c'est vrai que mais tu vois je sais que parfois pour certains ça manque tu vois c'est toujours un petit peu un équilibre entre description dialogue etc et tu vois c'est un équilibre que à mon sens parfois j'ai encore un peu de mal à trouver c'est parmi toi tout ça c'est quoi que tu préfères écrire
Manon Lécuyer — les dialogues
Ybelion — les dialogues particulièrement les disputes
Manon Lécuyer — quand ça monte dans les tours et tout tu vas me dire mais ouais les dialogues parce que j'adore faire du sarcasme lancer des punchlines et tout c'est un peu les trucs que je dirais pas en vrai tu vois dans ma vraie vie ou alors c'est les trucs tu te disputes avec quelqu'un puis après une fois le soir dans ton lit tu fais putain j'aurais dû dire ça là je peux le faire en vrai tu vois
Ybelion — ouais j'étais en train de penser exactement à ça il doit y avoir une frustration tu sais d'enfant d'être en train de dire putain j'aurais dû lui dire ça j'aurais dû lui dire ça
Manon Lécuyer — ouais
Ybelion — c'est totalement ça ouais c'est clair et comment tu fais est-ce que t'as des astuces pour tu sais les rendre plus cohérents plus crédibles plus touchants peut-être
Manon Lécuyer — alors là c'est une colle que tu me poses parce que pour le coup les descriptions et tout je suis un peu comme ça j'ai du mal à les enfin moi j'ai du bruit de mal à faire des descriptions c'est le truc un peu laborieux etc alors que les dialogues ils me viennent assez naturellement enfin j'écris ça sort quoi ça part et moi je fais ah ouais c'est bien ça mais pourquoi je le dis pas en vrai quand ça m'arrive tu vois ça me vient pas alors qu'elle écrit oui et je sais pas c'est vraiment le truc pour lequel j'ai des facilités c'est les dialogues après le reste pas ok mais non je sais pas je suis fan de jeux de mots tout ça vient tout seul mon petit pouvoir c'est ça de faire des jeux de mots pourris
Ybelion — c'est ça le petit super pouvoir c'est ça en vrai c'est trop bien moi c'est vrai que parfois il y en tu vois ça vient quand même assez naturellement parfois et il y a des moments je les relis à haute voix et je trouve que ça te permet juste de corriger les quelques les quelques trucs pour les rendre encore à peine plus naturels tu vois et mais ouais des bons dialogues franchement moi je pourrais lire un texte qu'avec des dialogues ouais carrément ça te rendra bien et d'ailleurs je pense que c'était un peu ça qui m'avait bien plu dans tu vois je fais le lien avec ce que je disais au début mais dans toute votre com de Sipping Love je trouvais qu'il y avait ce truc là tu vois de dialogue un peu vrai etc enfin beaucoup plus actuel peut-être tu vois aussi dans la forme et dans la manière
Manon Lécuyer — ouais on a vraiment pris le parti pris pour le coup d'être vraiment dans le brut et dans le naturel en fait comme vraiment enfin tu prends Elise et moi comme ça tu nous filmes limite les dialogues c'est la même chose tu vois on s'envoie des punchs à la tronche c'est naturel on va pas mettre les pincettes pour ci ou ça et c'est vraiment les relations entre amis c'est ça tu vas pas lui dire oui très cher il faudrait que je vous assoie il faudrait que je vous dise quelque chose tu lui dis ton truc et puis voilà on avait envie que ce soit vraiment brut et que tout le monde puisse se reconnaître dans des amitiés comme ça où t'as pas peur de dire les choses et que tu sais que même si tu dis les choses derrière on t'aimera quand même et qu'ils sont aptes à l'entendre etc donc ça c'est j'aime beaucoup ce roman pour ça il est un peu à part des autres que j'ai pu écrire qui est quand même beaucoup plus cru plus brut et tout mais je trouve qu'il fait bien taf pour ça justement c'est dans les avis qu'on a eus c'est souvent on nous avait dit que c'était très crédible et la relation qu'elles avaient entre elles que beaucoup s'étaient retrouvées aussi dans leur amitié ou dans leur couple à travers les filles donc je trouve ça trop chouette
Ybelion — ouais effectivement en tout cas tu vois je l'ai pas lu encore mais l'authenticité avait l'air d'être une des plus grandes forces de en tout cas du début aussi que vous aviez partagé des premiers chapitres voilà le enfin une très grande force du texte ok et donc du coup la romance à Sipping Love les rom-coms chez Gélu et ensuite d'autres genres ou
Le contemporain pour guérir
Manon Lécuyer — alors comme je te disais au début j'avais voulu au début me lancer dans la fantasy du coup ça n'a jamais mercé personne ne les veut pour le moment donc abonne dans 11 heures si vous voulez des fantaisies il y en a dans mes tiroirs et finalement je me suis beaucoup trouvée dans le contemporain alors plus dans le contemporain plutôt comédie romantique ou contemporain drôle finalement j'aime bien ça de raconter des tranches de vie en rajoutant des petits un peu d'épices là-dedans des petits rebondissements et tout parce que ça me permet du coup les petits punchlines les petits puis aussi de faire un peu des critiques de ce qui m'entoure un peu cachée de guérir aussi des trucs là clairement le dernier que j'ai écrit c'est sur le deuil sur c'est une petite nana qui travaille au père Lachaise et qui va se rendre compte qu'en fait elle peut voir les personnes décédées et puis du coup j'ai un peu guéri mon deuil là-dedans ça m'a fait beaucoup de bien et je pense que je passe aussi des messages très chouettes donc j'espère qu'il trouvera sa maison un jour parce que il me tient beaucoup à coeur mais ouais les contemporains me permettent ouais de guérir des trucs en moi et aussi de critiquer des trucs qui m'emmerdent clairement dans la vie de tous les jours dans le quotidien et je trouve ça super chouette de pouvoir le faire passer avec un petit côté humoristique et toujours un peu d'amour parce que j'adore les romans d'amour aussi donc je pense que je me trouve plus dans le contemporain bizarrement c'est pas du tout là où je m'attendais et c'est là où les autres m'ont attendu clairement mes copines m'ont dit mais pourquoi tu alors t'écris bien la fantaisie y'a pas de problème elles n'ont pas voulu me blesser je pense mais le contemporain c'est un truc bah là bah vraiment et donc je les ai écoutés et franchement je m'épanouis vachement dans le contemporain mine de rien donc je vais continuer par là je pense toujours avec de l'humour et de l'amour dedans
Ybelion — ouais bah je pense que c'est effectivement c'est important de garder ça en tête quand même dans tous les dans tous les dans tous les trucs qui nous dérangent ou tous les ou toutes les guérisons ou les moments douloureux etc il y a toujours beaucoup d'espoir et beaucoup d'amour et beaucoup de ça tu vois ouais et c'est important effectivement de le garder au centre et je pense que ça se sent tu vois même inconsciemment quand t'écris même sur des sujets douloureux t'as toujours un petit un petit truc qui fait tu vois ne serait-ce que le fait de tu vois je sais pas comment dire mais le fait d'écrire sur des sujets douloureux quelque part quand quelqu'un lit ça tu vois il lit la preuve que t'as réussi à passer à autre chose tu vois enfin pas passer à autre chose mais
Manon Lécuyer — à verbaliser
Ybelion — à avancer exactement et en fait quelque part la personne qui le lit rien que par le fait de le lire voit déjà que c'est possible tu vois d'accepter et d'avancer sur ces sujets là et ça je trouve ça extrêmement fort tu vois j'en ai pris conscience très récemment de ça où tu dis putain mais en fait là la personne est en train de me partager une guérison enfin un chemin de guérison qu'elle a vécu ça veut dire que c'est possible tu vois et donc pourquoi pas moi tu vois et c'est ça que je trouve extrêmement cool dans alors j'ai une vision de l'écriture très justement un peu c'est aussi le métier de coach qui fait ça tu vois mais très pas thérapeutique parce que du coup c'est pas du coaching mais très évolution très enfin ouais évolution avancée dans sa vie être capable de bah voilà faire des deuils tourner des pages changer des choses etc et je trouve que c'est en tout cas moi les livres qui me touchent le plus tu vois ouais et c'est cool voilà c'est le partage le partage très perso
Manon Lécuyer — non mais c'est ça c'est d'arriver à faire rentrer la lumière par les petits interstices qui se sont créés sur ton chemin c'est un peu ça ouais que je vais faire dans mes romans c'était un truc cassé mais dans les petits interstices tu peux la lumière elle arrive à passer quand même du coup ouais exactement j'aime bien ça ouais c'est triste mais j'arrive t'arrives quand même t'arrives quand même à voir les côtés positifs et puis de trouver de la lumière vers le chemin que tu veux aller je trouve que c'est un message qui me plaît à faire passer souvent
Ybelion — ouais je partage c'est très beau et justement moi je trouve que c'est les textes les plus authentiques et ça tu peux pas trop tricher sur ça se sent en fait je pense ouais il y a un truc que ça se justifie pas tellement tu vois et ouais trop cool on vrai c'est passionnant c'est passionnant et j'ai vu dans ta bio insta que t'avais un truc avec un truc pardon désolé le mot est pas choisi un livre avec braise dedans c'est un rapport avec la Bretagne c'est ça
Braise, Bretagne et beurre salé
Manon Lécuyer — je suis bretonne ah ok
Ybelion — et voilà
Manon Lécuyer — mon pays ouais non j'ai un ton pays un roman qui s'appelle un souffle sur la braise tu vois j'ai deux mots toujours là très bien trouvé merci qui va sortir chez Erol en mai 2026 si je me trompe pas ok qui est aussi un contemporain qui part d'une base triste parce que c'est l'histoire de deux jeunes femmes qui ça commence dans un bureau de notaire pour un testament parce qu'elles ont perdu leur papa avec qui elles n'avaient plus trop de contacts et ce papa leur lègue une maison en Bretagne et cette maison va être du coup le cocon de beaucoup d'évolution pour les deux parce qu'il y en a une qui va partir du coup pour la rénover pour pouvoir la vendre pour se séparer de ce père qu'elles n'ont jamais trop connu et finalement là-bas elle va rencontrer du monde elle va rencontrer des gens qui connaissaient son père elle va comprendre aussi pourquoi il y a eu cette distance qui s'est créée etc. tout autour d'un secret de famille puis il va y aussi avoir une histoire d'amour etc. et de qu'est-ce que je veux faire dans la vie et beaucoup de aussi de la place de la grande sœur qui elle veut vendre la maison qui veut rien avoir avec ça parce qu'elle n'a pas vécu le traumatisme de la même façon qui a le côté protecteur enfin c'est aussi mon côté grande sœur là que je mette dans le roman pour le coup et ça parle de beaucoup de choses c'est tout doux et je pense que justement on voit la lumière passer entre les fissures pour éclairer le chemin je suis plutôt très fière de celui-là donc j'espère qu'il serait bien accueilli je sais pas si ça va couper je crois je m'entendais plus
Ybelion — c'est bon j'étais toujours ouais c'était bon j'étais toujours et voilà ok ouais trop bien trop bien donc ok les racines bretonnes dans l'écriture aussi
Manon Lécuyer — ça se passe près de chez mon grand-père pour tout dire qui est un endroit vraiment super beau donc j'ai vraiment aussi mis en lumière ma Bretagne c'est où si c'est pas c'est dans le Finistère près de Fouenon je sais pas si ça va te parler dans le Finistère vraiment dans le fond de la Bretagne
Ybelion — ouais ok je connais sur la côte je connais j'ai habité à Morlaix parce que je bossais à Brenélis je sais pas si tu vois
Manon Lécuyer — non
Ybelion — c'est enfin c'était une ancienne centrale nucléaire
Manon Lécuyer — ok
Ybelion — feu mon métier d'ingénieur m'a emmené là-bas et j'ai visité du coup un peu tout le tout le milieu du Finistère tu vois qui en vrai est hyper joli c'est très beau j'avais un gros a priori sur la Bretagne en plus une partie de ma famille est normande tu vois du coup c'est un petit peu voilà c'est très vrai voilà et mais en vrai c'est magnifique et après j'étais allé à côté de Brest j'avais une amie qui habitait à côté de Poudalmézo mais pas très loin de Brest aussi et en vrai c'est super
Manon Lécuyer — la côte elle est sublime tout est sublime en Guadel
Ybelion — c'est vrai du coup après j'ai compris le slogan la Bretagne ça vous gagne voilà il y a un petit peu de vrai
Manon Lécuyer — le beurre salé les galettes tout ça
Ybelion — ouais ça ouais clairement je suis reparti avec ça
Manon Lécuyer — c'est vrai il n'y a pas de débat le beurre doux n'est pas du beurre je le répète le beurre doux n'est pas du beurre ok
Ybelion — ça sera ça sera clippé et partagé merci
Manon Lécuyer — c'est très important
Ybelion — trop cool en vrai c'est bien c'est bien de on sent que tu mets un peu de chaque partie de toi dans chacun de tes livres
Manon Lécuyer — c'est vraiment
Ybelion — c'est vraiment très cool
Manon Lécuyer — excuse moi 30 secondes merci voilà
Ybelion — t'inquiète on va pas trop s'étaler non t'inquiète
Manon Lécuyer — je pense qu'il commence à être dépassé par les enfants
Ybelion — dépassé par les événements
Manon Lécuyer — c'est ça
Ybelion — j'avais je crois que j'avais une autre question si bah voilà j'aimerais bien finir comme ça quand même j'ai maintenant là qu'on a parlé un peu de tout de ton parcours etc qu'est-ce que t'aimerais dire à quelqu'un qui quel que soit son âge sa vie etc qui ose pas passer le pas d'écrire tu vois
Écrire pour soi, sans se comparer
Manon Lécuyer — déjà d'avoir en tête qu'écrire c'est pas forcément obligé d'être partagé donc déjà s'il y a une peur de quoi que ce soit qu'il puisse la mettre de côté parce que si la personne a besoin d'écrire déjà qu'elle le fasse pour elle sans se soucier de ce que les autres peuvent penser ou quoi même si c'est un petit texte par ci par là bah si ça fait du bien faites le enfin il y a aucune restriction pour le faire et ensuite si elle veut passer le cap d'écrire pour être lu dans ces cas là de bien s'entourer de d'avoir des personnes de confiance sur qui compter pour donner un avis éclairé sur ce qu'on fait pour partager les joies les peines etc du monde de l'écriture et surtout de ne pas de ne pas se comparer parce qu'on a tous un parcours différent quand je vois sur les réseaux les gens qui réussissent etc on n'a pas forcément le background derrière on sait pas combien de refusants ont eu avant on sait pas ce qu'ils vivent dans leur vie au quotidien etc donc se comparer ça sert à rien il y a de la place pour tout le monde en édition de toute façon tous les textes méritent d'exister aussi parce qu'un même texte peut être écrit par 15 personnes différentes ce sera forcément pas le même texte à la fin par rapport au vécu au sujet à comment on voit les choses on voit la vie donc pour moi il n'y a aucune restriction à écrire soit pour soi ou pour être lu tout à sa place toutes les émotions tous les sujets du moment que c'est bien fait dans le respect dans tout ce qu'il faut voilà il n'y a pas il n'y a pas de peur à avoir en soi je pense voilà
Ybelion — franchement je ne vais pas rajouter grand chose parce que je suis d'accord avec 100% de ce que tu as dit tu m'as pris un peu de cours je n'avais pas quoi dire non franchement je partage totalement ton avis c'est une très belle conclusion c'est une très belle conclusion on peut s'arrêter là