« Le plus court chemin vers soi passe par les autres. » Cette phrase clôt La rencontre de Charles Pépin, l'un des trois livres qui m'ont mis une claque en 2025. Il y distingue le moi social, celui de la carte d'identité et du métier, figé dans sa glue d'étiquettes, et le moi profond, changeant et énigmatique. La rencontre fait souffler un vent de liberté sur cette identité figée : l'autre décentre ton regard et t'offre un point de vue que tu n'avais pas. Et si tu te sens bloqué depuis des mois, le remède est presque bête : sors de chez toi, parle à quelqu'un. Parce qu'agir, c'est provoquer la contingence et braver le hasard, et que la chance ne se croise pas depuis un canapé. Dans l'épisode 77, je partage aussi mes pépites de Libérez votre créativité de Julia Cameron et de Martin Eden. À écouter là où tu écoutes tes podcasts.
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Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !
Tu cherches un passage précis ? La table d'écoute passe les transcripts de tous les épisodes au peigne fin.
Intro : bilan lectures 2025
Yo yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans l'épisode 77, Ose Écrire, dernier épisode de l'année 2025. Et aujourd'hui, on fait tout simplement un bilan des lectures 2025, et surtout des trois livres qui m'ont profondément marqué, et de toutes les belles leçons que j'ai pu en tirer. Je vous laisse avec ça, je vous souhaite une très bonne écoute, et je vous dis à très très vite en 2026. Moi, c'est Sam, Ybelion de mon nom de plume. Je suis écrivain, coach, et j'accompagne celles et ceux qui veulent renouer avec leurs rêves d'écriture. T'écoutes un podcast dont l'intention est simple, te donner inspiration, outils, motivation, discipline, bref, tout ce qui peut te permettre d'oser écrire. En gros, c'est un peu dans le titre, quoi. Ose Écrire.
Allez, y'a pas le temps de niaiser, comme on dit. Bienvenue, bienvenue dans cet épisode bilan de lecture. Pas de préambule, quelque part. Est-ce que vous êtes là pour un préambule ? Pas du tout. Cet épisode va sortir après le réveillon et après Noël. Donc j'espère que vous avez été gâtés, et que vous êtes très heureux des cadeaux qu'on vous a faits. Et j'espère que vous êtes aussi très heureux des cadeaux que vous vous êtes faits à vous-même. En prenant le temps, par exemple, de vous féliciter de tous les efforts que vous avez faits cette année. De toutes les belles choses que vous avez accomplies. Et qui vont vous permettre, quelque part, de vous offrir le plus beau des cadeaux pour l'année prochaine. A savoir celui d'aller vers ce que vous voulez profondément accomplir en 2026. Voilà. Cela étant dit, et ce préambule étant fait. Je vous propose un petit bilan des lectures de mai à lecture 2025.
Big up à Élise et Ingrid
J'ai volontairement choisi que trois livres. Alors, pourquoi ? La première, c'est que, en vrai, j'en ai lu peut-être, je ne sais pas, une quinzaine, une vingtaine, je ne sais pas, je n'ai pas compté. Je les ai tous appréciés, ils m'ont tous apporté quelque chose. Et je pense qu'au cours de l'année, j'ai quasiment parlé de tous. Je fais notamment un big up à deux, puisque c'est aussi des amiotrices. Alors, il y a la vie en turquoise d'Elise, qui était un bouquin qui m'a vraiment fait quelque chose, d'un point de vue émotionnel, je dirais. On a enregistré un épisode tous les deux sur son livre et elle. Juste après, je vous y renvoie. C'était l'épisode 44, si je ne dis pas de bêtises. Je me rappelle que le chiffre 4 avait une signification, et que le hasard fait très très très très bien les choses. Gros big up aussi à Ingrid, puisque cette année, j'ai lu ses deux bouquins.
On crie dans le chaos, et elle va me détester parce que là, j'ai un trou sur le deuxième livre. Putain, j'ai mal fait mon travail. Attendez, ça je vais quand même vérifier tout de suite, parce que ça ne se fait pas.
Ingrid, si tu passes par là, je suis vraiment désolé. Ingrid, alors si je pouvais avoir un petit peu de réseau pour contre-checker ça, ça serait sympa. Voilà, parfait, pas de réseau. Pas d'assises, voilà. Crie dans le chaos, ça je m'en rappelle. Et chant des étoiles, bien évidemment. Chant des étoiles que j'avais eu la chance de bétalir. J'avais même pu donner mon avis avant, et permettre peut-être une amélioration à la première version. En tout cas, j'avais adoré aussi Crie dans le chaos, Chant des étoiles. Ça abordait des thématiques en plus, moi qui me touche beaucoup. Donc voilà, je ne vous en dis pas plus. Si vous aimez la SF, franchement, foncez. Voilà. Et je vous invite à aller faire un tour sur son compte Instagram, Ingrid Écrit, pour, si vous voulez, des petits indices en plus. Pareil, vous pouvez aller sur le compte d'Elise pour voir ce que vous pourrez trouver dans la vie en turquoise.
D'ailleurs, c'est marrant, mais j'ai remis une casquette turquoise, et je reparle de la vie en turquoise. Bref, le hasard fait bien les choses, encore une fois. Voilà, il y a eu tous ces livres-là, il y a eu tous les livres que j'ai mis sur ma pâle, que je n'ai pas lus. Notamment des livres d'auteurs que j'ai reçus en podcast, et qui m'ont passionné à un point où je me suis dit, il faut vraiment que je lise, et que je découvre ce qu'ils ont écrit. Voilà. La vie est la vie. Je les préviens toujours que je suis un lecteur qui prend son temps, donc un jour je lirai, et j'en parlerai avec grand plaisir. Mais j'ai reçu tellement d'auteurs passionnants cette année, que je les aborderai dans l'épisode bilan et remerciement qui viendra après celui-là. Bref, tout ça pour dire que j'ai lu plein de livres qui m'ont marqué. J'en ai choisi que trois. Pourquoi ?
Parce que c'est ceux qui, quelque part, m'ont le plus marqué. Ceux qui vraiment m'ont... Voilà. C'était une évidence pour moi de devoir en parler. J'en ai choisi trois.
Pourquoi aussi je disais ça juste avant ? Parce que, en fait, je prends des notes quand je lis des livres comme ça, parce qu'en fait, je ne peux pas me retenir. Je lis des trucs qui me passionnent tellement, que je me dis, il faut vraiment que je le note, parce que, en fait, je n'ai pas du tout envie de l'oublier, et j'ai vraiment envie de pouvoir y retourner quand j'en aurais besoin. Et donc, j'ai pris des notes. Et donc, plutôt que de foncer tête baissée en me disant, je vais reparler de ces trois livres, et puis lire absolument toutes mes notes, ce qui aurait fait un épisode d'approximativement 18h30, et bah, j'ai surligné quelques citations de ce livre, et voilà. Et donc, je vais parler de ça aujourd'hui. Je vais parler de ces trois livres, et de toutes les choses, et de toutes les citations qui m'ont vraiment marqué dans ces livres. Il y a un livre de philo, un livre de Dev Perso Créativité, peut-être, je ne saurais pas trop comment le catégoriser, et un classique de la littérature.
Voilà. Et c'est assez marrant parce que, alors, qu'il y ait de la philo, ça ne m'étonne pas trop, parce que j'en lis tout le temps. Du Dev Perso, ça ne m'étonne pas trop, mais qu'il y ait un grand classique, quelque part, ça m'étonne un petit peu, parce que je ne suis pas un très grand lecteur de grands classiques, je pense. Ou en tout cas, j'ai toujours peut-être la sensation de les lire en me disant, ouais, il faut que je le lise, parce que c'est un grand classique, qui est quand même, il représente quelque chose dans ce qu'est l'écriture, tu vois, depuis tout ce temps. Et peut-être que je l'associe aussi, tout simplement, à ce qu'on voyait en cours de français, tu vois. Et peut-être que je me dis, tu sais, avec un esprit un petit peu rebelle, vas-y, en fait, moi j'ai envie de choisir, moi j'ai pas envie qu'on me dise, lis c'est lui-là, parce que c'est un grand classique.
C'était un enfant rebelle à deux balles, quoi. Bref. Alors, le premier livre, qui est le livre de philo, que j'ai lu, cet été, à un moment où il faisait, en plus, extrêmement sens.
« Le plus court chemin vers soi passe par les autres »
Livre 1 : La rencontre, de Charles Pépin
Je reparlerai ça dans le bilan, parce que c'est une partie, plus perso, qui a impacté aussi mon taf, évidemment, mais je reparlerai plutôt dans le bilan de la synchronicité à laquelle est apparu ce livre et l'impact qu'il a pu avoir, mais ce livre-là, c'est La rencontre de Charles Pépin. Charles Pépin est un auteur dont j'ai déjà beaucoup parlé, notamment parce qu'il a écrit un livre qui s'appelle Les vertus de l'échec, et qui est absolument passionnant. J'aurais pu le mettre, je me rappelle plus si je l'ai lu cette année ou l'année dernière. Cette année a été tellement intense.
Là, j'ai choisi La rencontre, parce que ce livre-là, t'invite à te reconnecter à l'autre, t'invite à prendre un peu de recul sur toi-même grâce à l'autre, t'invite à replacer l'autre comme étant un vecteur d'exponentialité plutôt que comme un obstacle ou un compétiteur à abattre ou un ennemi, il replace l'autre à sa juste place quelque part dans ce qu'on est d'humain, à savoir une étincelle. Et ce livre m'a vraiment touché. Alors, il parle de la rencontre à plusieurs égards. Il parle de la rencontre amoureuse, beaucoup parce que c'est celle qui, quelque part, nous impacte le plus.
On sort rarement indemne, on sort rarement inchangé d'une rencontre amoureuse, qu'elle se termine ou qu'elle se termine pas. Mais il parle aussi des rencontres amicales, professionnelles. Et au fil de la lecture de ce livre, au-delà du fait qu'il y a des phrases qui sont vraiment empreintes de vérité, il y a surtout des passages où on se dit « Putain, mais c'est cette personne. C'est tellement cette personne. Je reconnais l'effet qu'a eu cette personne sur ma vie. » Et quand je prolongeais la réflexion de ça, ça me donne envie d'être extrêmement reconnaissant envers tous les gens que j'ai croisés dans ma vie. Ceux qui m'ont fait du mal, ceux qui m'ont fait du bien, ceux à qui j'ai pu faire du mal, ceux à qui j'ai pu faire du bien. Bref, tout le monde. Parce que tout le monde t'apprend quelque chose sur toi. Quand quelqu'un t'énerve, ça en dit beaucoup plus sur toi que sur lui.
Quand quelqu'un te fait rire, ça en dit beaucoup plus sur toi que sur lui. Bref, les autres sont un miroir de nous et nous permettent de nous comprendre et donc d'évoluer et donc de changer. Et quelque part, ce que j'ai pu retenir profondément de ce livre, c'est que si vous avez l'impression de stagner ou d'être bloqué dans une boucle ou que le changement vous paraît impossible, alors ayez simplement la curiosité de sortir de chez vous et de rencontrer quelqu'un, n'importe qui, la boulangère, le premier gars que vous croiserez dans la rue, quelqu'un à un café, j'en sais rien, un ami que vous avez pas vu depuis longtemps, pas forcément un inconnu, mais allez confronter votre prisme actuel au prisme de quelqu'un d'autre. Tout changera, le paradigme de ce que vous voyez changera et toute votre compréhension et l'analyse que vous pouvez faire de votre situation changera aussi. Voilà ce que m'a appris ce livre. Et sans plus tarder, je pars dans les citations qui m'ont marqué et alors je peux vous dire que c'était extrêmement compliqué d'en sélectionner parce que franchement ce livre est un condensé de punchlines.
D'ailleurs, du coup, de manière générale, je fais un petit commentaire sur Charles Pépin, je trouve qu'il a une philosophie qui est extrêmement abordable. D'ailleurs, il parle sur France Inter, je crois que c'est les samedis matins, si je dis pas de bêtises. Ma mère m'en parle tout le temps, c'est pour ça que ça me fait rire. Et il a une philosophie extrêmement abordable, extrêmement compréhensible et loin de ce qu'on peut... Parce qu'on va pas se cacher qu'il y a de la philosophie qui est casse-bonbon à lire pour pas être plus... Voilà. Quand on commence à ouvrir un bouquin dégueul, de Spinoza, allez, vas-y, quoi. Vas-y, on a compris que tu savais utiliser des mots compliqués et des phrases compliquées.
Mais tous les philosophes sont pas comme ça. Et la philosophie est pas quelque chose d'incompréhensible, c'est quelque chose qui te renvoie à tes propres réflexions quelque part. Philosopher, c'est important, je pense. Et je pense qu'on philosophe tous sans vraiment trop le savoir. Bref, si vous voulez une porte d'entrée à la philosophie, moi je trouve que Charles Pépin, à l'écrit, en est une extrêmement bonne. à l'oral, je l'écoute moins, par contre, ce que je peux vous conseiller, c'est le podcast du Précepteur qui aborde des thématiques vraiment très vastes dans la philosophie, qui a un ton très calme, qui parle très lentement, et c'est volontaire, parce que il laisse le temps au mot de te pénétrer dans le cerveau, tu vois, et que ça infuse. et il a fait de très très bons épisodes, je vous les conseille, voilà, je vous envoie sur d'autres podcasts si la philosophie vous intéresse. Bref, la rencontre, Charles Pépin, qu'est-ce qui m'a marqué ?
La première citation que j'ai surlignée, c'est la rencontre a alors le pouvoir de créer du jeu, J-E-U, dans ce jeu, J-E, social. Elle fait souffler un vent de liberté sur une identité figée. Et ça rejoint ce que je vous racontais juste avant. Il parle de, il définit en fait deux parties de soi. Le soi profond qui est complexe, changeant, un peu énigmatique. Et il parle du soi social qui est celui qu'on montre en façade. C'est un peu, il dit, tu vois, la carte d'identité, la fonction professionnelle, le truc qui te colle des étiquettes, tu vois. et que tu présentes au premier abord. Et il parle de ce truc-là comme étant extrêmement figé et extrêmement réducteur. Et il n'a pas tort. Et je voulais vous faire un partage personnel sur ce point-là. C'est que, par exemple, on se colle souvent l'étiquette de ce qu'on fait dans la vie. Et les réponses qu'on apporte à cette question sont toujours extrêmement pratico-pratiques.
Du genre, je suis ingénieur. Et je le remarque parce que depuis que je ne suis plus ingénieur, je me sens à la fois plus libre parce que je peux vraiment partir dans tous les sens, mais à la fois, en fait, je sens encore le poids du réflexe du passé, tu vois. J'ai tendance à dire je suis un ancien ingénieur mais aujourd'hui, je fais.
Mais elle est si importante que ça, cette étiquette, Sam ? Et j'ai toujours été assez admiratif des gens qui se présentent, ils m'ont toujours attiré. Les gens qui se présentent en disant genre tu fais quoi dans la vie ? Je suis heureux ou curieux. Je trouve que là, il y a une espèce de liberté, de curiosité et d'ouverture qui te connecte justement à ce moi un peu plus profond que le social figé dans sa glue d'étiquette. et du coup, il parle de la rencontre comme étant quelque chose qui vient te connecter et qui vient remuer le jeu profond et le faire émerger. La rencontre permet de souffler dans ce moi profond et de le faire réapparaître dans le jeu que tu montres au monde. Et je trouve ça je trouve ça assez magnifique et le texte juste au-dessus de ça, tu vois, il dit combien d'hommes ou de femmes se condamnent à la solitude faute d'avoir su s'arracher à cette glue du social.
Le moi social figé contre le moi profond
L'autre s'est présenté devant eux avec peut-être la possibilité d'une histoire, mais ils ne l'ont pas vu, pas même envisagé. Ils ne se sont pas autorisés à le remarquer, gardant porte close à la possibilité du trouble, parce que cet autre ne correspondait pas à leurs critères sociaux, n'entrait pas dans la bonne case. Et quelque part, il renvoie aussi, il renvoie à cette question du moi social, qui est une étiquette qu'on nous colle un peu de gré ou de force, ou en tout cas qu'on se colle un peu de gré ou de force, et dans laquelle on aime bien rester figé. Mais quand on s'autorise à aller creuser profondément en nous et en l'autre, et bah en fait, ça remue aussi en nous, et pouf, on s'autorise à avoir un prisme différent, à changer quelque part.
Voilà pour cette première citation, que je trouvais intéressante parce que ça rejoint cette idée que l'autre nous remue et nous renvoie à des questions de, ok, en fait, qui suis-je, quelque part ? Et... et j'avais écrit effectivement le parallèle avec oser. Et dingue, oser, s'autoriser à remarquer le potentiel qu'on a en nous et qu'on voit chez les autres.
Alors, autre citation. « Son monde est de toute façon toujours différent, du simple fait qu'il décentre notre regard, nous offre un autre point de vue. » Et j'avais écrit : la rencontre comme processus de recadrage. Et effectivement, c'est simplement ça, et ça rejoint l'unicité que je peux très souvent partager dans l'écriture, et qui est la raison pour laquelle j'encourage tout le monde à écrire. C'est que la vie qui vous a mené jusqu'à aujourd'hui, avec tout ce que vous avez pu faire, tout ce que vous avez pu vivre, tout ce que vous avez pu ressentir, est tellement unique par essence. Parce que si vraiment vous voulez un procédé mathématique, vous découpez toute votre vie en suite de millisecondes, et vous remarquez bien qu'à chaque milliseconde il se passe un truc, et que c'est mathématiquement impossible qu'un autre être humain fasse la même chose à chaque milliseconde, tu vois. Et donc, par essence, vous êtes unique.
Toute cette unicité découpée amène une unicité globale, qui fait qu'en fait, sur une situation donnée, il y a autant de regards que de personnes. Et on l'oublie trop souvent dans les débats qu'on peut avoir. On oublie trop souvent que tout est contextuel, et tout est, et et multiparamétrique, notamment par l'expérience qu'on peut avoir. On peut regarder une expérience et ne pas du tout avoir la même conclusion que quelqu'un d'autre. Et... et c'est bien de garder ça à l'esprit quand on, notamment quand on débat avec des gens. Alors, malheureusement, cet épisode sort après Noël, donc vous avez déjà eu les terribles débats des repas de Noël. Mais maintenant que vous savez ça, vous pouvez respirer un bon coup et vous dire : bon, peut-être que j'ai des gens dans ma famille qui sont pas d'accord avec moi, mais peut-être qu'ils ont quand même des bons arguments sur certains points, qui mériteraient, dans un, dans une certaine recontextualisation, d'être entendus. Et peut-être qu'il y a un petit fond de vérité. Voilà. Alors bon, ça vaut pas forcément pour toutes les idées, mais là je vous fais un partage global.
Bref, autre citation. « Rencontrer quelqu'un, c'est découvrir un monde si vaste que nous n'en ferons peut-être jamais le tour. Sentir en soi une curiosité qui ne se taira pas de sitôt. Comprendre que le mystère d'un être ne se dissipe pas en quelques jours. Voilà une manière d'échapper à l'agitation de l'époque, et l'une des belles promesses de la rencontre. » Ouais, ouais, ouais, ouais, ouais. C'est... en fait, je n'ai pas, je ne sais pas vraiment quoi vous dire par rapport à cette citation, parce que je la trouve très très belle. Découvrir un monde si vaste que nous n'en ferons peut-être jamais le tour. Ça rejoint quelque chose qui m'a extrêmement marqué cette année. Cet été, j'ai eu la chance de, d'être à un mariage, j'étais témoin en plus, et la mariée a dit quelque chose de, d'extrêmement beau. Elle a dit dans son discours de mariage à son nouveau mari, tout reste tout nouveau mari, elle lui a dit : tu m'inspires. Et c'est exactement ça : un monde si vaste que tu n'en fais jamais le tour, et que tu sens que cette curiosité, elle ne va jamais s'éteindre, et que tous les jours cette personne, elle va te surprendre. Et ça nourrit l'admiration que tu as pour la personne avec qui tu es, tu vois. Qui jamais, tu vois, tu sais jamais ce qui va, comment il va me surprendre aujourd'hui.
Et je partage toujours cette, je fais un parallèle avec l'écriture parce que j'aime bien, mais je partage toujours cette, quand j'ai eu la chance d'échanger avec OHD, il m'avait dit : l'écriture, c'est se surprendre soi-même. Et en fait, tu remarques que c'est exactement aussi ce que tu attends de la vie et de la rencontre avec quelqu'un. C'est de tomber sur quelqu'un qui, malgré tout ce qu'il est et tous les enjeux que peut y avoir dans une relation, qu'elle soit amicale ou amoureuse d'ailleurs, mais te dire : comment il va me surprendre aujourd'hui ? Et c'est marrant, parce que ça, tu vois, je le ressens très fort par exemple avec certains de mes potes, où quand je les vois, je me dis : attends, qu'est-ce qu'il va me raconter encore ? Comment il va me surprendre ? Ça, c'est toujours l'indice d'une, alors toujours, ne faisons pas de généralité, mais très souvent l'indice d'une relation qui vaut la peine d'être vécue, quelque part.
Voilà. Autre citation. « Cela ne s'explique pas, mais se vit, se perçoit, se ressent. La rencontre crée un désir, ouvre un champ de possible. Il faut s'y engouffrer. » Voilà. Et j'avais écrit : c'est totalement ça. On débranche le cerveau, on s'autorise le chaos. Ça rejoint toujours cette histoire que je partage beaucoup du chaos, du lâcher prise, du je sens que ce truc va m'apporter quelque chose mais je ne sais pas quoi, mais je débranche mon cerveau et j'y fonce, je me laisse porter, on verra bien. Et bien la rencontre est un, est une multitude d'étincelles, en fait. C'est comme si je vois tous les gens que tu peux rencontrer dans ta vie comme des, des champs des possibles. Ils ouvrent un nombre de chemins infinis vers des possibilités.
Et donc chaque rencontre que tu fais ouvre ta vie sur plein de chemins que tu n'aurais jamais vu si tu étais resté tout seul sur ta ligne. C'est pour ça que c'est bien d'avoir un objectif, mais c'est bien de ne pas avoir la rigidité de savoir exactement comment tu vas atteindre cet objectif. Parce que quand tu laisses, quand tu restes ouvert, quand tu t'autorises à vivoter autour de cette ligne qui t'amène à ton objectif (alors je ne dis pas qu'il ne faut pas avoir d'intention claire, je vous vois venir), tu te, restes ouvert aux opportunités qui vont apparaître. Et les rencontres sont ces points-là, comme des points qui partent dans tous les sens. Et donc quand tu penses au nombre de rencontres que tu peux faire, tu te dis : putain, mais en fait c'est fou toutes les opportunités qui s'ouvrent à moi.
Alors, autre citation. « Une idée doit rencontrer une autre idée pour déployer toute sa puissance. Seule, sans antithèse, négation à laquelle se confronter, une thèse ne peut vraiment s'exprimer. Il en va de même des individus : il faut se confronter à une autre conscience pour, contre sa différence, apprendre à se situer, connaître sa valeur et progresser. » Alors là, il y aurait un paquet de choses à dire. Déjà, c'est quelque chose que, c'est le principe même d'une bêta lecture. Tu vas confronter ton regard à celui de quelqu'un d'autre qui te fait un retour au regard de l'intention que toi t'as mis dans ton roman, pour savoir s'il comprend bien cette intention, pour savoir s'il n'y a pas des passages où tu pourrais renforcer cette intention, pour savoir même s'il y a des passages qui ne servent pas à cette intention.
C'est vrai aussi, par exemple, dans des contextes beaucoup plus actuels et politiques, où les algorithmes des réseaux sociaux ont tendance à nous enfermer dans des bulles de croyances qui ne font que renforcer ce qu'on croit. Et bah avoir la curiosité intellectuelle d'aller se confronter à l'idée d'en face. Et attention, j'entends sans sortir les piques, les fourches et les torches, dans une démarche de, ok, juste de l'écoute, et toujours en gardant cette idée de, ok, tout est contextuel, plaçons les débats dans un contexte pour éviter les points Godwin, tout simplement. Et... et et tout, et cette confrontation d'idées, de conscience, d'être, permet à toi de te remodeler sur tout ce que tu peux penser. C'est comme ça que tu développes une pensée. Et ça me fait toujours écho à, à, à une chanson que j'adore de Népal, de Nekfeu, dont, dont j'ai là le nom, me, me sort de la tête. Mais il dit que aujourd'hui toutes les réponses sont dans les questions, et on t'apprend pas à penser par toi même. Et quelque part c'est ça, c'est à dire que ayons la curiosité de, de nous poser des questions qui, qui ne sont pas rhétoriques et qui ne sont pas fermées, tu vois.
Et voilà, restons ouverts, tout en sachant que tout est contextuel, et que si quelqu'un dit un truc qui vous choque, peut-être que, bon, n'excusons pas tout bien évidemment, mais c'est parfois intéressant de s'interroger sur comment on peut en arriver à dire un truc pareil. Il y en a, des exemples, de nos jours. Il y en a un paquet, d'exemples comme ça, et parfois des trucs que tu n'as pas envie d'entendre. Bref, on n'est pas là pour faire de la politique. Mais voilà, quand tu te confrontes à des individus, tu confrontes tes idées, et tu, c'est comme si tu les affinais. C'est comme si tu étais un, un peu un diamant brut, et que c'est en te confrontant aux autres personnes que tu tailles ton diamant, et que tu, ça te permet d'identifier parfaitement ton unicité, tu vois. C'est pour ça que c'est important aussi de partager, et pas de rester dans sa tête, tu vois.
Voilà. Autre citation. Ah bah c'est une citation de Camus, dans, dans, dans, dans le livre de Charles Pépin. « On voudrait que ceux qu'on commence d'aimer vous aient connus tels que vous étiez avant de les rencontrer, pour qu'ils puissent apercevoir ce qu'ils ont fait de vous. » J'ai un frisson en lisant cette phrase. Je, j'ai d'ailleurs écrit juste en dessous : c'est si beau. Ouais, c'est si beau. C'est si beau. Je, je, je, je, je reste là dessus, sur cette citation.
Et, ok, on a encore quelques-unes. Ok. « Agir, c'est provoquer la contingence, braver le hasard. En me mettant en mouvement, je produis des changements dont je ne peux mesurer précisément les effets, mais qui influeront sur la chaîne de causalité. Agir reconfigure le monde, rebat les cartes. » Agir nous connecte à notre pouvoir démiurgique, dont j'ai déjà beaucoup parlé cette année. « Il suffit de sortir de chez soi pour provoquer le hasard, et peut-être tout changer, tel un lancé de dés dans le jeu de nos relations aux autres, de nos histoires d'amour ou d'amitié, de nos rapports professionnels. La superstition nous conduit à nous représenter la chance comme une donnée objective, indépendante de notre volonté ou de notre action. C'est oublier qu'elle se provoque. Rencontrer quelqu'un, c'est sortir de soi, s'arracher à sa position de sujet auto-centré pour s'ouvrir à la perspective de l'autre. Mais pour réussir ainsi à sortir de soi, encore faut-il par commencer à sortir de chez soi. »
C'est magnifique. Il y a beaucoup de choses à dire que j'ai déjà dites, donc je vous partage les citations pour qu'elles se réinfusent en vous. Mais agir, c'est provoquer la contingence, braver le hasard. Moi je trouve ça absolument magnifique. Agir reconfigure le monde, rebat les cartes. Et voilà, laisse tomber, j'ai même pas envie de commenter. D'ailleurs c'est marrant, parce que j'ai écrit juste en dessous : j'ai rien à dire, c'est incroyable. Bon. Voilà. Je pense que si vous entendez cette phrase là aujourd'hui, je pense que c'est parce que vous aviez besoin de l'entendre. Et là, il n'y a pas de hasard. Vous avez choisi de cliquer sur play dans cet épisode, vous avez choisi déjà de m'écouter parler pendant quasiment 25 minutes, je pense que vous aviez besoin d'entendre que agir reconfigure le monde et rebat les cartes. Et j'entends vos cartes, celles que vous pouvez jouer.
Ok, il m'en reste trois, et après on passe aux autres livres. Allez. « Y aller vraiment, c'est y aller sans être vraiment prêt. » Putain, c'est beau, ça. « À tout vouloir prévoir, nous en oubliant la vérité même de l'action. Elle ne se résume pas à la conséquence d'une réflexion préalable, elle est aussi et avant tout un instant, une ouverture, un saut dans l'inconnu qui vaut pour lui-même. Dans l'action, quelque chose se crée, s'invente, qui n'avait pas été pensé, encore moins planifié. » Voilà, je ne vous en dis pas plus, c'est exactement ce que je dis juste avant. Et après il parle aussi de la disponibilité à la rencontre, donc le fait de sortir de chez soi, quelque part. « Lorsque nous sommes ainsi disponibles, le présent nous fait parfois ce cadeau de nous offrir un avenir. » Oh putain, qu'est-ce que c'est beau. C'est magnifique.
Et je finis. « Le plus court chemin vers soi passe par les autres. » Bon, voilà, c'est la conclusion du livre. Et j'avais écrit : si je devais résumer ce livre, la rencontre, c'est l'art de se perdre pour mieux se retrouver. Voilà, moi j'aime bien. Je trouve que, je trouve qu'on devrait, on devrait, on devrait faire plus de rencontres, quelque part. Voilà, osons les rencontres. Et ça me fait penser que dans le bilan de l'année, en fait, ça serait assez intéressant de faire : ok, j'ai fait quoi comme rencontre marquante ? Et parce que parfois ça peut être des gens qui étaient des inconnus qui sont devenus des gens importants dans votre vie. Je pense moi par exemple à Ingrid. Je la connaissais pas, et il se trouve qu'on bossait au même endroit, et qu'on faisait le même métier, et qu'on s'entend super bien, et aujourd'hui on échange régulièrement, tu vois. On parle de coaching d'écriture, on se bétalie, on est encore enregistré un podcast ensemble hier. Bref, ça serait intéressant ça, de faire la liste des rencontres et de noter ce qu'elles nous ont appris sur nous. Putain, c'est une bonne idée ça. Ah ouais, vous voyez. Je pense je vais le rajouter dans les questions de mon bilan, ça. Ouais, très bonne idée.
Voilà, conclusion sur la rencontre. Deuxième livre. Et alors là, bon, je vais peut-être en sauter, parce que, en fait, putain, j'en ai mis beaucoup trop sur ce livre. Mais en même temps, il était incroyable. Bref. C'est Libérez votre créativité, de Julia Cameron. C'est un bouquin qui est vieux, qui m'a été conseillé d'ailleurs par Maya, qui se reconnaîtra. Je crois que j'ai déjà parlé d'ailleurs de ce bouquin, et que je l'avais déjà, pardon, excusez-moi, que je l'avais déjà remercié. Que dire de ce bouquin ? C'est une, je pense que c'est un bouquin que tout créatif a besoin de lire une fois dans sa vie. Le jour où vous le lirez, vous comprendrez pourquoi vous aviez besoin de le lire.
Je vais vous balayer les citations sans forcément, je sais pas, je vais voir. La première, c'est : « Ne laissez pas la sémantique devenir pour vous un blocage supplémentaire. » Alors ça, si vous saviez à quel point les, je sais pas comment le dire sans insulte, mais comme les chevaliers sémantiques m'agacent. Sous mes vidéos, les commentaires que j'ai le plus souvent, c'est des trucs du genre : oui mais pour être auteur il faut avoir publié des livres. Bon. Espèce de gros, allez, vas-y, t'as capté. Utilise ta sémantique, tu peux me sortir tous tes arguments rationnels de oui mais le dictionnaire il dit que. J'en ai rien à battre, gros. J'en ai vraiment rien à battre. L'étiquette importante, c'est celle que vous décidez de vous coller sur la tête. Si vous avez envie de vous appeler auteur, et que ça vous permet d'écrire cette première ligne qui vous permet de terminer ce premier roman, appelez-vous comme ça. Si vous avez pas envie de vous appeler comme ça parce que vous estimez que vous avez besoin de faire ci ou ça avant, faites-le. Sentez-vous libre d'utiliser la sémantique comme vous l'entendez.
Vous pouvez, c'est important de connaître les règles, c'est comme ça qu'on peut y déroger. Mais bordel de dieu, utilisez la sémantique que vous voulez, et la laissez pas être un blocage supplémentaire. Vraiment. N'écoutez pas ceux qui vous diront : oui mais pour écrire... Ah putain, je suis désolé, j'arrive pas à le dire sans prendre une voix de débile, parce que vraiment je les vois comme ça. Je sais pas si vous voyez, le même, avec le mec qui a un tricycle sur la tête et qui essaie de mettre des triangles dans des carrés. Voilà, c'est exactement comme ça que je vois les gens qui sont à cheval sur la sémantique.
Et je pense que quand t'es vraiment à cheval sur la sémantique, c'est que tu t'autorises pas toi-même à dépasser cette sémantique. C'est parce que t'es tellement confortable dans cette définition sémantique que t'as pas envie de te dire : peut-être qu'en fait il a raison, et peut-être qu'en fait moi je pourrais être quelqu'un d'autre. Et je vais faire quelque chose, parce que là je sens que je suis un peu agressif envers ces personnes là. Je disais tout à l'heure : ok, pourquoi cette catégorie de personnes m'énerve autant ? Et bah vous savez, c'est exactement pour la raison que je viens de dire. Parce que pendant très longtemps, moi-même je me suis enfermé dans un carcan sémantique. Moi-même je me disais : mais attends, je suis pas écrivain moi, j'ai pas écrit de livre, en plus je suis ingénieur, c'est totalement incompatible.
Et c'est pour ça que je suis allergique aujourd'hui aux gens qui me renvoient à cette partie de moi que j'ai plus du tout envie d'être, tu vois, et que j'ai été. Et je me dis, quelque part, peut-être qu'il y a des gens que j'ai découragé avec, avec ce carcan sémantique que j'avais sur moi, tu vois. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, typiquement, ces gens-là, je prends toujours le temps de leur répondre, de leur dire : tu te trompes. Et si les gens ont envie d'utiliser la sémantique qu'ils veulent, tant mieux, et laisse les faire, tu vois. Vis avec ta sémantique, mais l'impose pas aux autres. Et c'est pour ça que ces gens-là m'irritent beaucoup, parce qu'en fait ils me renvoient à moi avant, quand j'étais bloqué dans ce carcan-là et que je véhiculais ce carcan-là, tu vois, parce que je le portais. Voilà. Petit travail presque d'auto-coaching en direct live.
Ok, autre citation. « En fait, de nombreux artistes disent qu'une fois leur créativité rendue plus harmonieuse, ils sont devenus des personnes à temps plein. » Bon, ça c'est totalement ce que permet l'écriture. Moi c'est vraiment ça qui m'impressionne le plus. J'accompagne des gens à écrire un livre, les gens viennent avec l'intention de terminer un livre, et ils repartent en étant totalement transformés. Et c'est... je n'ai pas les mots, genre, je ne peux pas vous décrire, c'est impressionnant. Et bravo, bravo, bravo aux gens qui osent la transformation par l'écriture parce que c'est leur rêve, et qui en ressortent avec une grande confiance en eux, avec le fait d'oser faire des choses différentes, avec le fait de se libérer de leurs drivers, de leurs injonctions, de leurs croyances limitantes, et des carcans sémantiques qu'ils pouvaient porter.
Voilà. Autre citation. « Nous changeons, et l'univers favorise et amplifie ce changement. » Bon, ça, ça rejoint un peu toute la thématique de la rencontre, de la synchronicité, du hasard qui n'est pas vraiment un hasard mais qui se provoque. C'est à dire que peut-être qu'au hasard de vos rencontres, vous rencontrerez un jour l'éditeur qui publiera votre premier livre. J'en sais rien. Mais ce qui est sûr, c'est que si vous ne sortez pas de chez vous, vous ne risquez pas de le rencontrer et de provoquer cette chance. On s'arrête tellement, tellement souvent à : ce gars a eu de la chance parce qu'il connaissait un tel, un tel. Alors parfois oui, il y en a, voilà, tu nais fils d'acteur, bah oui, c'est peut-être plus facile d'avoir les contacts pour devenir acteur toi-même. Mais il y en a certains, c'est pas le cas. Juste, ils marchaient dans la rue, ils ont rencontré une personne qui les a amenés à rencontrer une autre personne, qui les a amenés à rencontrer une autre personne. Et parce qu'ils ont été ouverts tout le long du processus, ils ont rencontré quelqu'un qui a profondément changé leur vie. Je reste convaincu de ça. Donc ayons bien en tête ce que nous souhaitons être, ça provoquera un petit peu le hasard qu'on attend. 36 minutes, putain, ça va être un épisode record. Ça faisait longtemps que j'avais pas fait un épisode aussi long.
« Les mots sont une forme d'action capable d'influencer le changement. » Bon ça, j'en suis catégorique, ça rejoint le pouvoir des musiques d'avant. « Il y a autant de façons d'échapper à notre engagement d'écrire le livre de nos rêves qu'il y a de jours dans votre vie. » Ça fait pas plaisir d'entendre ça, je suis désolé, mais vous aviez sûrement besoin de l'entendre. Oui. Voilà. Et ça, c'est toujours la question que je partage aux gens qui me disent : non mais en fait j'ai besoin de réfléchir pour savoir si vraiment j'ai envie d'écrire ce livre. Bon. Alors, outre le fait que ça fait 45 minutes que tu me racontes pourquoi c'est extrêmement important pour toi d'écrire ce livre, je vais te renvoyer à cette simple question : qu'est-ce qui va changer pendant les 3 mois que t'as prévu de réfléchir ? Parce que si c'est juste l'objectif de triturer l'esprit et de te développer de nouvelles peurs, ça va très très bien marcher. Par contre, en ce qui concerne écrire le livre, ça va pas du tout marcher.
Et ouais, il y a autant de façons d'échapper à notre engagement d'écrire un livre que de jours dans notre vie. Et on est très fort pour procrastiner les choses qui sont importantes pour nous. Je peux même pas vous faire la liste de tout ce que vous pouvez vous raconter. Et le seul bon moment, c'était hier. Le prochain bon moment, c'est aujourd'hui. Et c'est peut-être dur à entendre, mais c'est le cas. Et si vraiment vous avez besoin de temps, mettez-vous un cadre, par pitié. Et pas genre deux semaines de rumination, quoi. Mettez-vous un cadre : ok, je vais réfléchir X jours, je vais me poser quelle question, je vais me poser cette question, cette question, cette question, cette question. Ok, là t'as un cadre, t'as un temps, hop, tu te places dans cette réflexion. Et après, est-ce que j'ai besoin d'oser, par exemple, de faire un petit, un petit pas en avant pour voir si je kiffe ? Si vous voulez savoir si vous aimez écrire, je vous file des thèmes aléatoires, vous allez très vite voir si vous vous laissez emporter, parfois. Voilà. C'est d'ailleurs ce que j'ai conseillé à quelqu'un tout récemment, et j'ai vu dans ses yeux une étincelle qui s'allumait. Je me suis dit : toi, ça va te plaire. Elle se reconnaîtra peut-être si elle passe par là.
« On nous a fait croire que le négatif équivaut au réaliste, et le positif à l'irréaliste. » Ouais, ça c'est vrai. Ça c'est vrai. Alors que en fait, tout ce qui est réaliste est positif. C'est marrant, parce que ça me renvoie à une question. On m'a posé la question la dernière fois : c'est quoi le travail pour toi ? Et j'ai eu extrêmement de mal à répondre à cette question, parce que je me disais, genre, quand j'étais ingénieur j'avais l'impression de travailler, mais là aujourd'hui je, enfin, factuellement je travaille beaucoup plus, mais j'ai moins cette sensation là. Et ouais, j'ai pas encore tranché cette question philosophique, j'y reviendrai un jour.
« Ce que nous devons exiger de nous-mêmes, c'est de faire des progrès et non atteindre la perfection. » Bon bah ça, voilà, c'est toujours : ok, on a un objectif en tête, on a envie d'être une personne différente, on sait qu'on n'est pas cette personne différente, et notre responsabilité, ce n'est pas d'un claquement de doigts de devenir la personne qu'on a envie d'être, mais simplement de se dire : ok, aujourd'hui, quel petit pas je peux faire pour devenir cette personne que j'ai envie d'être ? Voilà, j'ai tellement répété cette année que maintenant ça sort tout seul. Indubitablement, j'adore cet adverbe. « Nous devenons ce que nous envisageons d'être. » Ça rejoint ce que je disais, mais c'est toujours bon de le réentendre. « Il est beaucoup plus douloureux d'être un artiste bloqué que de faire le travail d'artiste. » Ça, ça ne fait pas plaisir à entendre non plus, mais c'est tellement vrai. Les moments où tu te tritures l'esprit en disant : j'ai la page blanche, comment, je n'arrive pas à écrire. Je me permets de taquiner parce que j'ai été comme ça, et je le suis aussi toujours de temps en temps. Il ne faut pas croire que j'ai la science infuse et que je n'ai aucun blocage. Et ouais, c'est toujours plus douloureux d'être bloqué que d'être dans l'action. Parce que quand on est dans l'action, c'est parce qu'on a osé commencer à traverser ce blocage. C'est plus un blocage quand on est en train de le traverser. Enfin, ça en devient moins, en tout cas.
Les prières... Oh, celle-là, celle-là, je me rappelle, attention. « Les prières exaucées font peur. Elles impliquent la responsabilité. Vous l'avez demandé, et maintenant que vous l'avez obtenu, qu'allez-vous faire ? » Et il y a ça, c'est très souvent, moi je le regroupe dans la thématique de la peur de réussir. C'est-à-dire que tu t'auto-sabote pour ne pas te confronter à : putain, tout le truc incroyable qui pourrait se passer si vraiment je réussissais. Et parce que de se marteler de dire : voilà, j'ai envie de devenir un écrivain super célèbre. Et bien en fait, parfois tu peux avoir peur de rater, par exemple, mais parfois t'as juste peur de réussir, et de te dire : mais attends, quand je vais vraiment réussir, tout ce qui va se passer là, genre... et je suis pas sûr d'avoir envie de ça.
Et ça, c'est pas toujours évident de mettre le doigt dessus, parce que c'est pas forcément naturel. On pourrait se dire : mais enfin, genre, pourquoi t'as peur de réussir ? En fait, il y a tellement de raisons d'avoir peur de réussir. Et... et par exemple, par exemple, un exemple, c'est par exemple la peur que le regard que portent les gens sur toi change, et que on se mette à t'apprécier pour ce que t'as accompli et pas pour ce que t'es. D'ailleurs ça rejoindra le troisième livre dont je vais parler. Mais voilà, la peur de réussir, c'est aussi un blocage d'écrivain. Enfin, un blocage global, c'est... On est, la posture de coach, je l'ai vue dans plein de domaines, mais comme je, je m'adresse maintenant quasiment exclusivement aux écrivaines et aux écrivains, je le vois beaucoup là-dedans, forcément. Voilà. Et ça me fait penser, d'ailleurs, dans le dernier album d'Orelsan, je crois que c'est la première chanson, où il répète comme ça : tu l'as voulu, tu l'as eu, maintenant assume. Tu vois. Tu l'as voulu, tu l'as eu, maintenant assume. C'est... quelque part, il y a un peu de ça. Mais no soucy, si vous avez cette peur de réussir, ça se, ça se traverse très bien.
« Toute personne honnête vous dira que le possible est beaucoup plus effrayant que l'impossible, que la liberté est beaucoup plus terrifiante que n'importe quelle prison. » J'avais surligné cette citation parce que je suis partiellement d'accord. En fait, je trouve que la liberté est plus terrifiante que n'importe quelle prison quand tu remarques que la prison dans laquelle tu es, en fait, elle a pas de, elle a pas de porte fermée, et qu'elle s'ouvre à toi. Mais quand t'oses te saisir de la liberté, tu remarques tout de suite l'effet que ça a sur toi. Je vous donne l'exemple : avant de démissionner, j'entreapercevais cette liberté, je me disais : attends là, si je fais un pas, je suis libre. Et ça m'a fait peur pendant assez longtemps. Et c'est vraiment tenir mon premier livre qui m'a libéré de ça, qui m'a osé, qui m'a fait dire : ok, vas-y, je vais aller faire ce pas dehors. Et... et ouais, je crois que, je crois qu'une fois que t'as goûté à la liberté, tu te rends compte de l'effet que ça... Et d'ailleurs je m'en suis rendu compte, c'est ça que je voulais dire mais je me suis perdu dans mes pensées.
Une fois que j'ai été libre, c'était juste, enfin, juste, tu te dis : putain, mais en fait pourquoi je l'ai pas fait plus tôt ? Tu vois. Et la réponse, c'est que t'avais besoin de tout ce cheminement et de cette rumination quelque part malsaine parfois, qui te fait beaucoup de mal. C'est pour ça que je me permets d'être provocateur un peu avant, et un peu bousculant. Ça reste bienveillant, évidemment. Mais c'est pour ça que je vous dis : pourquoi tu vas ruminer pendant des mois une décision que tu sais déjà que t'as envie de prendre ? Tu vois. Et quelque part, bah ouais, il y a des gens qui vont avoir besoin de cette rumination et de se faire mal pendant trois mois pour prendre une décision qu'ils auraient pu prendre il y a trois mois. Mais c'est la vie. Voilà. Et la vie est juste la vie, et c'est déjà bien assez, quoi.
Ok. « Bien trop souvent, quand les gens parlent de travail créatif, ils mettent l'accent sur la stratégie. On conseille aux néophytes d'adopter une tactique machiavélique pour pouvoir percer sur le terrain. À mon sens, c'est idiot. Demandez à un artiste comment il en est arrivé là : il ne vous évoquera pas d'entrée en force, mais toute une série de coups de chance. Des milliers de mains invisibles qui vous aident, c'est ainsi que Joseph Campbell appelle ses coups de chance. » Et ça rejoint la théorie de la rencontre. C'est que vous pouvez passer des mois à définir une stratégie en disant : je vais faire ci, je vais faire ça, je vais faire ci, je vais faire ça. La vérité, c'est que le moment où vous mettrez le pied dans l'action, le plan va péter dans tous les sens, et vous vous laisserez juste porter par les opportunités qui arrivent à droite, à gauche. Et ça sert à rien de faire un plan trop précis sur trop de temps. Donne-moi la première étape, après je te coupe, et fais cette première étape, et on avise le plan, tu vois. Aie juste ton intention claire et fonce, garçon. Tu vois. Ou garçonne, enfin bref, voilà, j'ai des réflexes d'utiliser des mots purement masculins, mais ça fonctionne pour tous les genres, évidemment.
Ok. « Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles. » Bon, moi... Ça, c'est Sénèque. Homme sage. Vieux homme sage. C'est fou, parce que les choses qu'on n'ose pas faire sont difficiles, et puis quand on commence à les faire, on se rend compte qu'en fait c'est vachement facile. Mais c'est louche. Et ouais, c'est, enfin, vraiment le pas le plus dur pour écrire un livre, c'est vraiment se lancer, quoi. Alors bon, je, j'exagère, parce que c'est bien quand même de, enfin, si je veux dire, le premier pas c'est de se dire : ok, je vais le faire, je vais mettre toutes les chances de mon côté pour le faire. Une fois ça fait, bon, c'est bien de se poser par exemple les 10 questions du RÉVÉLATEUR, petit acronyme que je vous invite à aller voir si vous ne le connaissez pas. Mais voilà, comme ça, hop, vous avez des intentions claires, une structure claire sur laquelle itérer pour trouver votre routine et votre posture d'auteur, et ensuite on avance et on termine le livre. Mais si vous passez votre temps à pas faire cet engagement, voilà comment c'est difficile d'écrire un livre. Ça paraît être une montagne infranchissable et insurmontable.
Ok. « Le perfectionnisme n'a rien à voir avec le fait de bien faire les choses. Cela n'a rien à voir avec le fait de remédier aux choses, cela n'a rien à voir avec les normes. Le perfectionnisme, c'est le refus d'aller de l'avant. C'est une boucle, un système obsessionnel fermé, débilitant, qui vous arrête sur les détails dans votre écriture, votre peinture, pour vous en faire perdre l'ensemble. » Il m'avait touché ce passage, parce que je l'avais un peu pris pleine poire. Et... et c'était un moment, en plus, où je tergiversais pas mal sur, sur un truc, et j'étais là en mode : arrête, putain, vas-y. Ok, allez, arrête de tergiverser, Sam. C'est une boucle, effectivement. Le perfectionnisme, c'est une boucle c'est une boucle qu'on retrouve typiquement beaucoup dans, parfois dans, dans, j'allais dire les primo-auteurs, mais en vrai c'est vrai pour beaucoup de gens. Mais c'est ce truc de : ok, j'écris un chapitre, je le fais relire, j'avance sur le deuxième, je, j'ai les retours, puis en fait je modifie le premier, et comme j'ai des retours après sur le deuxième... Enfin bref, déjà rien qu'en l'expliquant vous voyez que ça part dans tous les sens. Et là t'es dans des fractales, laisse tomber, quoi. Pour peu que t'es pas une intention claire, personnelle, du roman et du lecteur à cible, alors là, laisse tomber mon pote, t'es parti dans, dans des fractales de corrections qui vont t'amener à juste abandonner et puis recommencer au début, un moment, quoi.
« Nous avons tous entendu qu'une vie sur laquelle on ne s'interroge pas ne vaut pas la peine d'être vécu. Mais considérez aussi qu'une vie non vécue ne vaut pas la peine qu'on s'interroge. » Et ouais, on parle toujours de triptyque tête, coeur, corps. C'est pas pour laisser les commandes à un seul. Les trois se répondent, les trois sont importants. Réfléchir, c'est important. Écouter ses émotions, c'est important. Agir, c'est important. C'est le triptyque des trois qui fait que on devient la personne qu'on a envie d'être, en fait, tout simplement.
Ok, question. « Sais-tu quel âge j'aurais quand j'aurais terminé mon livre de rêve ? Le même âge que tu aurais si tu n'apprenais jamais à écrire. » J'ai essayé de refaire la phrase avec l'écriture, mais en vérité : « Sais-tu quel âge j'aurais quand je saurais jouer du piano ? Le même âge que tu aurais si tu n'apprenais pas à en jouer. » Aussi, commence maintenant. Voilà, je vous en dis pas plus. « La créativité survient dans l'instant, et dans l'instant nous sommes éternels. » C'est une citation que je n'avais pas surlignée, donc je vais m'arrêter là, mais il y en aurait tellement. Dans l'instant nous sommes éternels. Le fameux paradoxe du temps : il n'existe, il n'existe que parce que nous avons la mémoire et la projection dans l'avenir. Mais sans mémoire, pas de passé. Sans avenir, pas de futur. Il ne reste plus que le présent.
Et ok, bon, il n'en reste plus beaucoup, mais on va quand même essayer d'avancer, parce qu'après il y a quand même un gros morceau. « Pour être créatif, il faut être actif. Voilà sans doute une mauvaise nouvelle pour la plupart d'entre nous : cela nous rend responsables, et nous n'aimons pas trop. Voulez-vous dire que je dois agir pour aller mieux ? Oui. La plupart d'entre nous n'aiment pas agir quand l'esprit est occupé ailleurs par une obsession. C'est ce que nous préférons faire au lieu de pratiquer notre art, c'est de miser sur nos chances. » Alors qu'on a vu que la chance se provoquait et allait chercher. Et ouais, c'est toujours cette notion de responsabilité. C'est un truc très bête, le premier truc, c'est : j'ai pas le temps. Quand on passe de j'ai pas le temps à je prends pas le temps, bah, on se responsabilise, et là tout de suite tout change. C'est difficile de se responsabiliser, c'est vraiment pas évident, c'est vraiment pas évident. Mais quand on le fait, ça change beaucoup de choses. Si vous avez besoin d'en parler, n'hésitez pas. Je connais, je connais ce pas, ça c'est difficile.
Les pages du matin
« L'originalité et le processus de rester authentique. » Ça, je le répète énormément à tous ceux qui me disent : ouais mais je sais pas si mon idée est bonne, et je me demande si elle est pas plagiée, tu vois. Et bien écoute, l'authenticité de ta vie, comme je disais un peu précédemment là avant, fait que de toute manière ton histoire sera originale. Voilà, et j'ai terminé pour ce livre, qui est vraiment genre un livre qui m'a, qui m'a bouleversé. Il est trop percutant sur plein de choses. Il donne aussi plein de conseils très pratiques pour en créer sa créativité. Moi celui que j'applique le plus, c'est les pages du matin. Je me lève, j'écris tout ce qui me passe par la tête. Et il y a des jours où t'as pas vraiment d'idée, mais justement t'écris juste, genre : bon bah là j'ai rien qui me passe en tête. Et en fait, rien que d'écrire ça, déjà, tu peux l'écrire dix fois si t'as toujours rien en tête, mais juste le fait de le faire, ça va te libérer. Et ça te permet de commencer la journée en t'étant libéré de tous les trucs qui te pèsent un peu, tu vois. Parce que voilà, parfois tu te lèves le matin, tu repenses à une discussion, à un truc, machin. Bah vas-y, écris, écris, écris, libère-toi, libère-toi, libère-toi, libère-toi. Voilà.
Livre 3 : Martin Eden
Ok, on a fait les deux livres, celui de Philo, celui de Dev Perso. On va passer au grand classique : Martin Eden. Dont j'ai déjà un petit peu parlé, mais il m'a tellement marqué cette année que je ne peux pas ne pas en parler. Bon bah, ça fait déjà 50 minutes que je parle, donc bah écoutez, enjoyer cet épisode vraiment hyper long. Mais ça fait du bien de temps en temps, non ? Quand même. En plus c'est fin d'année. Et là je suis en train de me faire une réflexion, c'est que je me disais que j'avais eu, en fait j'avais envie de faire le bilan juste après. Mais en fait je pense que je vais pas faire comme ça. Je vais faire un peu mon bilan à chaud, et puis je le structurerai un peu plus, donc je le tournerai avant le nouvel an.
Allez, du coup je prends mon temps pour parler de Martin Eden. Martin Eden est un livre que je n'avais pas prévu de lire quand je suis parti en vacances cet été. En fait, je passe chez mes parents pour leur déposer Voltaire, et... et voilà. Et sur l'étagère, je vois un livre orange fluo dégueulasse, tu vois. Je le prends, c'est Martin Eden. Je me dis : putain, je l'ai que sur mon téléphone parce qu'il est gratuit sur Apple Book, mais comme c'est que sur mon téléphone, en fait j'aime pas lire sur mon téléphone, donc je l'ai jamais lu, j'avais lu que la première page. Et là je me dis : putain, mais Martin Eden ! Moi je suis fan de Nekfeu, il en parle tout le temps, il est tellement inspiré par Jack London. J'avais lu un bouquin de Jack London dont j'ai parlé dans mon top 2024 d'ailleurs, que là j'ai un trou, mais Le vagabond des étoiles, qui était incroyable. Et du coup je vois ce bouquin, je fais : vas-y, je vais le prendre, c'est celui-là que je vais lire pendant les vacances. Et donc, rencontre. Voilà, on est vraiment dans un truc, le hasard.
« Je sens en moi cette capacité d'écrire »
Et en fait Martin Eden, c'est un bouquin qui est tellement puissant sur tellement de choses. Et je vais en déjà parler un petit peu, mais je, je saurais pas trop décrire exactement l'effet qu'il m'a fait. Je vais vous lire les passages qui m'ont marqué, et puis on verra où ça nous amène, d'accord ? La première citation, c'est : « N'oubliez pas que je sens en moi cette capacité d'écrire. Je suis incapable de l'expliquer exactement, je sais seulement que je l'ai. » Ouais. Putain, c'est beau ça, quand même. C'est vraiment ce truc, ça c'est le, c'est quand les tripes parlent, tu vois, avant que la tête reprenne le contrôle et dise : ouais mais t'as pas le temps, et puis t'es pas écrivain, et puis t'es ingénieur, et puis en fait est-ce que vraiment t'es capable, et puis c'est long, et puis machin. Vraiment, quand vous avez cette sensation de : je sens en moi cette capacité d'écrire, je suis incapable de l'expliquer, je sais seulement que je l'ai. Et notez-le sur un papier, que vous l'avez ressenti, parce que ça c'est légitime, ça. Il n'y a pas plus légitime que ce que crient les tripes.
Et là après il parle de Ruth, et il dit : « Comment aurait-elle pu s'en douter ? La sérénité de 24 ans de vie toute blanche ne pouvait lui donner la perception nette de ses propres sentiments. N'ayant jamais brûlé ses ailes, elle ne sentait pas le danger de la flamme. » Et ça, c'était une phrase que j'avais écrite sur mon tableau. J'avais déjà dû en parler dans un podcast d'ailleurs, qui était : il faut mettre la main près du feu pour sentir quand ça brûle, et donc connaître sa limite, tu vois. Et moi j'aime à croire, et j'ose espérer, qu'on n'a pas besoin de se brûler, et donc de souffrir, pour découvrir ses limites. Mais je pense qu'on a besoin de voir la menace que représente le soleil pour comprendre quelle est notre limite. L'exemple, et que je ne souhaite à personne parce que c'est vraiment terrible, c'est le burn-out, tout simplement. Bon bah effectivement, quand tu fais un burn-out, bah quelque part après tu vois ta limite, parce qu'en fait ton corps te l'a crié, quoi. Mais je ne suis pas un expert, donc je...
En tout cas moi, c'est, cette année j'ai beaucoup été à la recherche de cette limite là, parce que je savais que c'était un risque que je ne m'arrête jamais. Et que, et en fait, c'est grâce à ma soeur notamment que j'ai réussi à déconnecter à des moments importants, qui m'ont fait prendre du recul et qui m'ont permis de, tout simplement, bah, que ma voiture s'arrête pour faire le plein. Parce que la phrase que je me suis beaucoup répétée cette année pour faire rentrer dans ma tête ce côté là, c'était : une voiture qui s'arrête jamais, elle tombe en panne. Ce à quoi j'ai rajouté récemment : une voiture qui accélère tout le temps, bah en fait elle fonce dans le mur, tu perds le contrôle. Et donc t'es obligé d'avancer avec tempérance dans ta vie. Et la tempérance implique d'avoir l'esprit suffisamment ouvert pour pouvoir potentiellement remarquer ce qui pourrait être un frein pour toi.
C'est pour ça que dans le processus de coaching, quand t'arrives à la fin de la séance et que t'arrives à l'engagement, tu demandes toujours : ok, au regard de cet engagement, qu'est-ce qui pourrait te freiner pour l'atteindre ? Tu vois. Parce que ça te permet tout de suite de dire : ok, il y a peut-être ça, on va, comment je fais ? Tu vois. Et en fait moi, c'est un truc que j'ai identifié tout de suite au début de l'année, pareil en coaching : ok, qu'est-ce qui peut m'empêcher ? Bah en fait, c'est de jamais m'arrêter et d'exploser en vol. Ok, qu'est-ce que tu peux faire pour justement ne pas exploser en vol ? Bah prendre des pauses. Voilà, prendre des pauses.
Et donc pendant toute l'année, ça a été très compliqué de réellement prendre des pauses. Mais grâce à ma soeur, j'ai pu prendre des vacances, et ça m'a quand même pas mal déconnecté. Et puis récemment, l'intensité des calls et des coaching a fait que, comme j'en mettais pas le week-end, bah naturellement en fait je me suis un peu plus déconnecté le week-end. Et donc je m'autorise plus de légèreté, plus de kiff, quoi. Bon, après là vous voyez, on est un week-end, je bosse, mais il n'y a pas de problème parce que je fais des trucs qui sont vraiment dans la catégorie kiff, quoi. Ce podcast, c'est juste du kiff pour moi. Allez, on passe à la suite, parce que sinon on va jamais, c'est terminé. Mais bon, c'est quand même très cool tout ça.
« Je voudrais bien que les morts restent où ils sont. Pourquoi des morts me feraient-ils la loi ? La beauté est vivante et elle est éternelle, et les langues passent, c'est la poussière des morts. » C'est beau. C'est beau. Ça rejoint un petit peu, à mon sens, les règles qu'on a pu ériger dans la littérature au fil du temps, et qui en même temps sont toujours des héritages de nouveautés qu'on a créé à ces époques là. Et c'est pour ça, quand on dit : oui mais t'as pas le droit de faire ça parce que, oui mais la sémantique dit que... J'en ai un peu rien à battre, je t'avoue. Parce que quelque part, la créativité c'est ça, c'est oser, en ayant conscience des limites, oser aller au-delà, parce que c'est là que ça nous appelle. Ah oui, il y avait ce, il y avait ce côté qui met en relief l'alignement personnel, et pourquoi, et pourquoi le pourquoi derrière nos actes est vraiment très très important.
La musicienne qui joue sans savoir pourquoi
Il y a un moment, il arrive dans un dîner plus ou moins mondain, il rencontre une musicienne je crois, et là il dit, enfin il écrit en tout cas : « Et la musicienne, ça m'est bien égal qu'elle ait des doigts extraordinaires, que sa technique soit parfaite et son jeu admirable. Ce qui est certain, c'est qu'elle ne connaît rien à la musique. Mais elle joue magnifiquement, en proteste Arrow. » Je sais pas si ça s'appelle vraiment Arrow, mais en tout cas c'est ce que j'ai écrit. « Oui, sa gymnastique musicale est parfaite. Mais je lui ai demandé ce que la musique signifiait pour elle, et elle n'en sait rien, excepté qu'elle adore la musique, que c'est le plus grand des arts et qu'elle ne vit que pour ça. »
Et vous voyez, là il connecte à quelque chose que moi j'essaie, que, c'est pas j'essaie, c'est que je cherche toujours à faire ressortir chez les auteurs. Quelqu'un qui veut profondément écrire un livre, il a toujours un pourquoi extrêmement important. Parfois c'est un héritage, parfois un hommage, parfois un pur accomplissement personnel. Mais c'est jamais parce que je kiffe simplement écrire, tu vois. Aimer écrire, c'est plutôt pas mal quand tu sais que c'est un processus qui prend plusieurs mois. Mais il y a toujours un pourquoi derrière, tu vois. Et parfois les gens disent ça du premier abord parce que, en fait, c'est pas évident de mettre des mots sur ça. Et donc c'est aussi mon rôle, tu vois, de prendre le temps de les questionner pour faire émerger ce pourquoi. Et eux-mêmes, ça leur fait un déclic, de dire : ah putain, c'est pour ça que c'est tellement important pour moi. Qui, en plus, très souvent lié aussi à des blocages qu'ils peuvent avoir. Et quand tu le mets, le doigt dessus, tu oses aller traverser et travailler ce blocage, et là tu te mets en action, tu vois.
Autre... Ouais, putain, alors là, celle-là, celle-là, elle était magnifique. « Ce n'est pas dans le succès d'une oeuvre qu'on trouve sa joie, mais dans le fait de l'écrire. Je le sais, et vous le savez aussi. » Et ouais. Et ouais. Je crois que j'ai rien à ajouter sur cette phrase. C'est en plus un des cœurs de Martin Eden, parce que justement toute l'histoire du livre, c'est que il passe une grande partie de sa vie à écrire, il a aucun succès, et au moment où il commence à avoir du succès et qu'il arrête d'écrire parce qu'en fait plus rien n'a de sens pour lui, tous ses textes se vendent, et tout le monde est dithyrambique sur des trucs qu'il a écrits alors qu'on le refusait parce qu'il était personne, tu vois.
Et il se prend cette cruauté de dire : mais en fait tout ce que j'ai écrit est hyper apprécié maintenant, alors qu'en fait c'était la même chose avant et tout le monde détestait. Tu vois. Et tu ressens dans le texte cette incompréhension qu'il a, tu vois. Et cette prise de conscience de dire : en fait personne ne m'aime parce que je suis Martin Eden, tout le monde m'apprécie parce que je suis une image de ce qu'il pense que je suis, quoi. Et putain, mais alors c'était là. Quand tu prends toute la fin du texte, ça fait mal. Ça fait vraiment mal.
La fin en uppercut : réussir sans savoir pourquoi
Et d'ailleurs, en fait, c'est comme ça que je terminais. J'ai, j'ai, j'ai, j'ai pas fait plus de, j'ai pas mis plus de citations, parce que en vérité c'est, c'est vraiment un bouquin qu'il faut apprécier. Enfin, je vous encourage à le lire si vous l'avez jamais lu. Moi il m'a vraiment mis une claque. Et je m'étais noté à la fin qu'effectivement la fin était vraiment un uppercut, parce qu'en fait ce qu'il achève, c'est pas du tout l'échec, c'est la réussite. Et en fait tout ça, tout ce qu'il a écrit dans la misère, tout ce qui était rejeté par tous, ça finit par se vendre à prix d'or au moment même où lui n'écrit plus. Et il devient riche en liquidant, en fait c'est ça, en fait il devient riche en liquidant toutes ces souffrances du passé, mais il crée plus rien dans le présent.
Et en fait tu vois, c'est comme si il se vidait, et qu'il se rendait compte que c'était plus qu'une coquille, tu vois, et que là, tac, il n'y a plus rien, quoi. Et ça, tu sens... putain, qu'est-ce que c'est terrible à la fin. Et je pense que, tu vois, si je devais... Parce que l'histoire, elle illustre forcément, tu vois, si t'es d'un point de vue très pratico-pratique, tu te dis : voilà, ça illustre la persévérance, le travail qui paye, l'endurance, qui sacrifie beaucoup de choses pour arriver à son rêve. Mais je pense que quand tu dis ça, tu comprends pas vraiment le message de Martin Eden. Je pense que ce qu'il essaie de te faire comprendre, c'est qu'en fait, si t'apprécies pas le chemin et que tu le fais pas pour la beauté du geste, en fait tu risques d'en souffrir. Il te dit pas que tu vas en souffrir, parce qu'en fait il y a plein de gens qui, peut-être à sa place, auraient kiffé être riche et puis voilà, machin. Mais il te montre un futur où, si tu t'interroges pas sur pourquoi tu fais des choses, tu risques d'en souffrir.
Et ce qui est marrant, c'est que Martin Eden a le recul quelque part sur ça, tu vois. Il le critique chez la musicienne, il voit le désalignement qui fait que il y a un truc qui sonne faux. Et la personne qu'il rencontre, je me rappelle plus son nom, mais qui lui dit cette phrase : c'est pas dans le succès d'une oeuvre qu'on trouve sa joie mais dans le fait de l'écrire. Qui est un warning, puisqu'en plus je crois que cet homme meurt ensuite. Et il, enfin, il le voit ce truc, tu vois, il le prend en pleine face, mais il a pas cette prise de conscience, et ensuite il est pas capable de l'encaisser, quoi.
Et donc, au delà de la persévérance que ça semble transmettre, et qui parfois semble être le message qu'on garde du texte, moi je trouve que Martin Eden, c'est aussi une invitation à se réaligner sur notre pourquoi, et à la beauté de ce qu'on porte en nous. Et de, quelque part, parfois d'assumer que l'unicité qu'on porte, et le fait qu'on soit capable de l'exprimer, bah ça se suffit à soi-même. Et que tout ce qui vient après, même si on le souhaite, et même si je le souhaite à tous ceux qui m'écoutent là, d'avoir une putain de succès et une putain de success story, tu vois, avec leur écriture, bah quelque part tout ça, c'est pas important. Le fait d'avancer aligné dans un rêve qu'on a, et de se sentir porté par cette vibe qu'on a, et cette beauté qu'on porte, et cette unicité, ça c'est le principal.
Et j'en parlais d'ailleurs hier déjà aussi avec Ingrid, en disant : en fait, c'est au moment où tu te dis, même si c'est ton rêve d'être édité, au moment où tu te dis : non mais en fait, si je pense à être édité, je vais être désaligné sur ce que je suis en train de faire, donc je vais oublier ça, je vais m'aligner moi. Et juste en étant toi-même, en étant aligné, là parfois il se passe des trucs de fou. Et le parallèle le plus simple qu'on fait, c'est que quand on se sépare de quelqu'un, on a toujours, parfois, l'espoir secret de recroiser cette personne et de reconstruire une histoire. Et le paradoxe de tout ça, c'est que si tu vis avec cet espoir là sans oser tourner la page, un moment tu ne pourras jamais vivre cette seconde histoire. Et donc pour vivre potentiellement cette seconde histoire avec quelqu'un avec qui tu en as déjà eu une, il y a un moment où il faut que tu acceptes que la première soit terminée. Mais pas au sens faux de dire : oui, non, c'est bon, c'est terminé. Non non, vraiment au sens de : it's over bro. Tu vois. Et là, quand tu passes ce truc là, tu t'autorises de nouveau à vivre, tu t'autorises de nouveau à être toi-même.
Et là la vie, après, peut t'offrir plein de choses, mais je ne sais pas quoi. Voilà. Et le dernier truc que Martin Eden souligne, c'est quelle place on donne à l'art, en fait. Pourquoi on s'y accroche, qu'est-ce qui est important dans l'art quand on lui colle un prix, tu vois, dessus. Et c'est extrêmement compliqué, parce que en fait on ne, quelque part parfois, on ne retient que les, que les, que les oeuvres qui se vendent très bien. Et l'éternelle question de l'art et de l'argent. En tout cas moi, quand j'ai lu Martin Eden, ça m'a, ça m'a conforté dans, dans l'idée que je voulais écrire pour moi, et que je me, je m'interrogeais même pas de savoir : est-ce que mon livre se vend bien, très bien, pas bien ? En fait j'ai envie qu'il existe, j'ai envie qu'il soit là comme le témoignage de la personne que j'étais quand je l'ai écrite, tu vois. Et ça, ça me suffit. En fait je crois que c'est ça le plus beau message. Ouais. Être aligné avec ce qu'on fait dans la vie, c'est magnifique.
Bref, voilà ce que j'avais à dire pour Martin Eden, qui est vraiment un livre qui m'a marqué. Vraiment marqué, marqué. Et sur ce, je, je vais m'arrêter là. Je vais vous souhaiter une, une très bonne, une très bonne prochaine semaine, qui est la semaine du nouvel an. Désolé, j'étais dans Martin Eden là, j'ai dû me reconnecter, parce que, oh là là. Bref. Je vous souhaite une très bonne fin d'année, profitez bien. On se retrouve pour le prochain épisode, qui sera un bilan et les objectifs. Et en attendant, genre, juste prenez soin de vous. Kiffez vos dernières lectures là de 2025, kiffez vos moments avec vos proches, kiffez vos moments avec vous-même. Osez la rencontre, osez la créativité, osez l'alignement. Et... et voilà. On se retrouve très vite pour une année 2026 qui sera chargée en épisode. On en a fait 77 cette année, je sais pas combien on en fera l'année prochaine, mais on va aller taper les 100, c'est sûr. Et je suis infiniment reconnaissant. Et... et voilà, je vous fais des gros bisous les copines, des gros bisous les copains, et je vous dis à très vite. Et bonne année un peu en avance, j'avoue, mais la prochaine fois que je vous écoute et que je vous aurai, ce sera en 2026, donc quelque part j'ai un peu le droit déjà. Allez, je vous fais des bisous. Et on.
Ancien ingénieur en sûreté nucléaire, j'ai tout quitté pour l'écriture. J'anime Ose Écrire et j'accompagne les auteurs autour de trois clartés : le rythme, l'identité, l'intention. Toi aussi, tu as un livre qui attend ?