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Trope de personnages

L'élu

Une prophétie désigne un personnage ordinaire : le monde entier attend désormais qu'il le sauve.

Ce que c'est

Un personnage, souvent jeune et sans histoire, apprend qu'il est le seul à pouvoir vaincre un grand mal ou changer le monde. Une prophétie, un héritage ou un signe le désigne, et le récit suit son apprentissage d'un rôle trop grand pour lui.

Tout se joue dans l'écart entre la mission et la personne : plus l'élu doute, plus on tremble pour lui.

L'anecdote historique

Avant de paraître en 1997, le premier manuscrit de Harry Potter essuie une série de refus d'éditeurs. Chez Bloomsbury, le patron, Nigel Newton, rapporte le premier chapitre chez lui et le confie à sa fille Alice, huit ans. Une heure plus tard, elle redescend de sa chambre en déclarant que c'est bien meilleur que tout le reste. Bloomsbury fait son offre ; Alice, elle, réclamera la suite pendant des mois. Bien avant la prophétie, le petit sorcier a été élu par une lectrice de huit ans.

Pourquoi ce trope marche

Un inconnu frappe à la porte et annonce au héros qu'il n'est pas celui qu'il croit. On vit la même bascule que lui : la vie banale s'arrête, l'aventure commence.

Le trope flatte aussi un désir discret, celui d'être attendu, reconnu, nécessaire, même quand on se sent petit.

Quand ça rate

Une désignation qui coûte rend l'élu crédible : une vie perdue, des proches en danger, un doute qui ne le lâche pas. Si la prophétie fait tout le travail, le héros gagne parce qu'il était écrit qu'il gagnerait : on n'a jamais eu peur pour lui.

J'ai relu la Belgariade de David Eddings en prépa, une période méga dure où j'avais deux moments de déconnexion : League of Legends le samedi après-midi et la Belgariade le soir. J'y suivais ce petit garçon qui tombe sur un pouvoir qu'il doit apprendre à utiliser, et je me disais que c'était un peu pareil que la prépa : allez, on va à la guerre. Ce petit garçon recevait un pouvoir trop grand pour lui, moi une prépa qui me paraissait l'être : l'élu marche quand la personne qui lit reconnaît son propre écart entre la mission et ses forces.

La Clarté qu'il éclaire

Ce trope touche à la Clarté d'Identité par le chemin inverse : l'élu attend qu'une prophétie le nomme, alors que le titre d'auteur·ice se prend sans l'attendre. Dans mon bureau, ton élu dessinerait son blason avant et après la prophétie ; on verrait vite ce qui lui appartient vraiment.

Application gratuiteLe blasonDessine le blason de ton personnage, puis le tien, pour voir ce qui vous sépare.Les 3 Clartés

Avant de l'écrire

  • 1

    Que perd ton élu le jour où il apprend son rôle ?

  • 2

    Qui, dans ton histoire, aurait préféré être choisi à sa place ?

  • 3

    Si la prophétie se trompait, que ferait ton héros ?

Pour continuer

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