Conseil d'écriture
Lis beaucoup, écris beaucoup
Les romans que tu as aimés t'ont appris à écrire bien avant ta première page.
Ce que dit le conseil
D'où viennent ces faits
Dans On Writing: A Memoir of the Craft (2000), Stephen King écrit que pour être écrivain il faut avant tout deux choses : « read a lot and write a lot ». Le « Read, read, read » qu'on lui attribue parfois est l'intertitre d'une blogueuse, daté de 2013.
En avril 1947, William Faulkner répond à des étudiants du département d'anglais de l'université du Mississippi : « Read, read, read. Read everything », le rebut comme les classiques, pour voir comment ils font, puis écrire.
Tu as repéré une erreur ? Écris-moi, je corrige.
Ce conseil reprend quelques mots d'On Writing, le livre où Stephen King raconte son métier, paru en 2000 : pour être écrivain, il faut avant tout « read a lot and write a lot », lire beaucoup et écrire beaucoup. Une heure de roman à midi et une page de manuscrit le soir comptent, selon cette règle, pour une même journée de travail.
Il réclame deux habitudes menées ensemble, sans raccourci connu de son auteur. Le « Read, read, read » qu'on attribue parfois au même livre est l'intertitre d'une blogueuse, publié en 2013. Le conseil fait de la lecture une boîte à outils que l'écriture apprend à manier.
Pourquoi on te le répète
William Faulkner donnait déjà la consigne en avril 1947, à des étudiant·es de l'université du Mississippi qui lui demandaient comment se former : « Read, read, read. Read everything ». Il fallait tout lire, le rebut comme les classiques, pour voir comment c'est fait, à la façon d'un apprenti charpentier qui étudie le maître, puis écrire.
Un roman lu laisse des solutions en dépôt : une façon d'entrer dans une scène, de couper un dialogue, de finir un chapitre. Le jour où ta page résiste, tu puises dans ce fonds sans savoir à quel livre tu le dois. Écrire beaucoup met ces solutions à l'épreuve.
Et dans la vraie vie
Comment ce conseil peut mal tourner
Il m'est arrivé de me dire que ce serait génial de lire un peu, pour apprendre de nouveaux mots. On se trouve trop peu de vocabulaire, trop peu de technique, alors on ouvre un livre de plus. Au bout de cette logique, on s'enfile le Robert. Du coup, quand tu dis ce conseil à quelqu'un, j'ai l'impression qu'il en retiendra la moitié la plus facile et avalera des tas de livres avant de commencer à écrire. Lire beaucoup a une autre pente, la comparaison. Une autrice que j'accompagne corrigeait son roman quand son écrivain préféré a sorti un nouveau livre. Elle en a lu la première page et s'est sentie écrasée.
Ce que j'en pense
C'est plutôt bien, mais « beaucoup », ça veut dire quoi ? Rien ne se mesure là-dedans. Et puis je n'ai pas envie de faire le mec élitiste : des gens écrivent des bouquins sans lire, d'autres n'en écriront qu'un seul. D'ailleurs, le livre de Stephen King d'où sort la formule attend encore dans ma pile à lire. Lire aide, forcément, quand ça sert ce que tu as envie d'atteindre, mais je n'ai pas l'impression que ce conseil-là fasse la différence. Alors, tu veux devenir le plus grand lecteur que la Terre ait porté, ou écrire des histoires ? Si c'est écrire, demande-toi de quoi tu as besoin pour écrire, là. Tu sens une faiblesse sur les descriptions, par exemple ? Va lire les cent premières pages du Seigneur des anneaux, tu sauras décrire la Comté, et advienne que pourra. Mais je fais toujours passer la lecture en second.
Un contre-exemple
D'où vient cette anecdote
Dans un entretien publié par Goodreads le 8 septembre 2009, James Ellroy, à qui l'on demande s'il lit des essais, répond : « No. I don't read. I ignore the culture. » En 2019, il dit à l'AFP ne lire aucun de ses contemporains et s'en tenir aux polars de Dashiell Hammett et de Raymond Chandler.
Tu as repéré une erreur ? Écris-moi, je corrige.
Le 8 septembre 2009, Goodreads publie un entretien avec James Ellroy. On lui demande s'il lit des essais, puisqu'il a dit ne pas lire les autres romanciers, et il répond : « No. I don't read. I ignore the culture. » Il ne lit pas, dit-il, il ignore la culture. Sa réponse ne dit rien de ses lectures de jeunesse. En 2019, il déclarait à l'AFP ne lire aucun de ses contemporains et s'en tenir aux polars de Dashiell Hammett et de Raymond Chandler.
Donc y'a pas de solution miracle.
Mon verdict dans la tier list
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