Trope de personnages
La final girl
Tous les autres sont tombés : il reste une jeune femme, et c'est elle qui fait face au tueur.
Ce que c'est
Dans un récit d'horreur, et surtout dans le slasher, la final girl est la dernière survivante : celle qui voit tomber ses amis un à un, puis affronte le tueur et reste debout à l'aube. Elle se montre plus attentive que les autres, repère les signes que personne ne veut voir, et finit par se battre.
Le trope repose sur un renversement : la plus vulnérable du groupe, en apparence, se révèle la plus coriace.
L'anecdote historique
D'où vient cette anecdote
Pour Halloween (1978), le masque du tueur est un masque de Captain Kirk acheté environ deux dollars, dont l'équipe agrandit les yeux avant de le peindre en blanc bleuté.
Tu as repéré une erreur ? Écris-moi, je corrige.
Pour Halloween, tourné en 1978 avec un petit budget, l'équipe cherche un masque inquiétant pour le tueur. Le décorateur achète dans une boutique de Hollywood un masque de Captain Kirk, le capitaine de Star Trek, pour environ deux dollars. On agrandit les trous des yeux, on retire sourcils et favoris, on peint le visage en blanc bleuté. Le tueur a pris le visage d'un héros de science-fiction ; le rôle du héros, le film le confie à Laurie Strode, la baby-sitter qui reste debout jusqu'au matin.
Pourquoi ce trope marche
Elle a entendu un bruit dans la cuisine ; cette fois, au lieu de fuir, elle prend le couteau. On attend ce moment tout le film, parce qu'il transforme la proie en adversaire.
La final girl nous rassure sur notre propre capacité à tenir : si elle y arrive, peut-être qu'on y arriverait aussi.
Quand ça rate
Sa survie doit se mériter, grâce à son attention, ses choix et son courage. Sauvée par la chance ou par un sauveur arrivé à la dernière minute, elle redevient une victime qui a eu de la veine.
Ce que j'en dis
L'épisode qui en parle
Lors d'une formation de coachs où j'assistais le formateur, on nous a montré une courte vidéo intitulée « Ose ». Une femme y fonce vers un loup qui vole en éclats : ce loup, ce sont ses peurs. Je passe ma vie à répéter que les peurs se traversent, et pourtant une petite voix m'a soufflé : « Sam, à la place de cette fille, j'espère que tu fuirais. » Au micro, je lui ai répondu que j'espérais bien lui foncer dedans. Ce réflexe de fuite, puis ce retour vers le loup, forment tout l'arc de la final girl : au moment où tout lui dit de fuir, elle se retourne vers le monstre.
La Clarté qu'il éclaire
La Clarté d'Identité passe par ce même demi-tour, le jour où tu arrêtes de fuir le mot « auteur·ice ». Si elle venait me voir à l'aube, le couteau encore à la main, on passerait l'heure sur la seconde où elle a arrêté de courir.
Avant de l'écrire
- 1
Que remarque ton héroïne, là où les autres regardent ailleurs ?
- 2
Quel détail la fait passer de la cachette à l'attaque ?
- 3
Que lui coûte la survie, une fois le jour levé ?
Pour continuer
L'atelier offert
Te dire auteur·ice malgré la peur se prépare à voix haute, avec quelqu'un en face.
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