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Pochette de l'épisode 99 du podcast Ose Écrire

ÉPISODE 99AVEC INVITÉ25 MARS 202666 MIN

Discussion avec Elio Destrez

Clarté · Identitélâcher-prisepersévérance
00:001:06:11

FACE A — LES 20 CHAPITRES · CLIQUE POUR ÉCOUTER

Combien de non avant le oui ?

CE QUE RACONTE CET ÉPISODE

Chez Elio Destrez, la réponse est douze. Quatorze maisons contactées, douze réponses déjà tombées, toutes négatives ou en « oui mais non ». Il écrit à temps plein depuis cinq ans, il a un manuscrit précédent rangé au tiroir, et il attend les deux dernières réponses.

Le treizième mail arrive pendant qu'il est à Japan Expo avec son copain. Il préfère attendre d'être rentré pour l'ouvrir, persuadé que c'est le bon. Le mail loue le livre, dit avoir ressenti énormément d'émotions, puis refuse. Il s'effondre. Son copain pense qu'il va arrêter d'écrire.

Ce qu'il fait ensuite est ce qui m'intéresse le plus. Il décide d'arrêter de s'investir dans l'attente. Sa formule : j'ai fait tout ce que je pouvais, la suite ne m'appartient plus. Deux semaines après, deux oui tombent.

Je ne crois pas au hasard mystique là-dedans. Je crois que continuer à courir après un résultat qui ne dépend plus de nous consomme exactement l'énergie dont on a besoin pour la suite.

Dans cet épisode, on parle aussi du mur de bougies devant lequel son système de magie est né, du tableau Excel qui lui a fait écrire six fois plus que prévu, et de la méthode des sept post-it.

LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE

CAROUSEL À VENIR

Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.

Face B — le transcript

L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE

Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !

Bienvenue dans l'épisode 99

Ybelion — Yo yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans l'épisode 99 d'Ose Écrire. Et aujourd'hui, j'ai l'immense plaisir d'accueillir Elio. Il nous partage son processus créatif, on échange autour de ses défis personnels liés à l'écriture, la manière dont ses personnages l'accompagnent, la magnifique magie des bougies qu'il a inventée, et on discute aussi de comment on trouve un équilibre entre créativité, santé mentale et succès littéraire. Je vous souhaite une très bonne écoute et je vous dis à très vite. Moi, c'est Sam Ybelion de Mon Nom de Plume. Je suis écrivain, coach, et j'accompagne celles et ceux qui veulent renouer avec leurs rêves d'écriture. T'écoutes un podcast dont l'intention est simple, te donner inspiration, outils, motivation, discipline, bref, tout ce qui peut te permettre d'oser écrire. En gros, c'est un peu dans le titre, quoi. Ose Écrire. Ça va être un sujet intéressant.

Elio Destrez — Ouais, les livres, ils sortent en octobre, là, sur les bougies. Et franchement, c'est cool. Avoir inventé une magie comme ça, ça me laisse plein de liberté.

Ybelion — Donc, c'est trop bien. Comment tu te sens en ayant cette date, là, d'octobre ?

Elio Destrez — Bien, franchement serein. Au début, c'était un peu paniqué et tout, mais maintenant, hyper serein, en vrai. Je suis vraiment bien accompagné, donc j'ai de la chance là-dessus.

Ybelion — Non, je suis vraiment... Parce que j'ai vu, du coup, dans ton bilan 2025 que tu avais signé l'année dernière. Ouais. Du coup, il y aura eu un delta de combien de temps entre la signature et le... J'ai signé en juillet 2025.

Elio Destrez — Enfin, j'ai eu mon oui en juillet 2025. Ok. Je l'ai signé en septembre-octobre et il sort un an plus tard. Ok, ouais. Ok.

Ybelion — Et alors là, quand tu te... Parce que ça doit être... Enfin, tu vas me dire, mais... Quand tu vois que c'est acté, donc que le livre va sortir, le mec qui a un delta d'un an, c'est comment, genre, des émotions ?

Elio Destrez — Il y avait un delta de deux ans. Ah ouais ?

Ybelion — Je suis en 2027, ouais. Ok.

Le déjeuner qui fait gagner un an

Elio Destrez — Et j'ai mangé avec mon éditrice, c'était en septembre l'année dernière, du coup. Et elle me dit, écoute, avec ma boss, on se dit que c'est trop dommage, en fait, d'attendre super longtemps. Donc, si t'es... Enfin, si t'es prêt à travailler, quoi, on sort en 2026. Et moi, je suis en mode, bah, let's go. Moi, je suis prêt à travailler. Mais en fait, c'est parce que... Quand j'ai signé... Enfin, elle m'a donné son oui en juillet. Et si tu veux, le temps qu'il fasse les contrats, etc. Ben, j'avais pas le contrat en septembre. Donc moi, j'étais un peu en mode, d'accord, mais je veux une preuve écrite que vous me préparez un contrat, etc. Enfin, tu sais, un peu sécure, quoi. Et bref, et... Et dans le mail, à bout d'un moment, elle me dit, ben, je te souhaite des bonnes vacances. Moi, je suis en vacances et tout. Et elle me dit, je reviens tel jour. Et elle me dit, t'as prévu quoi ? Je dis, ben, moi, j'ai pas vraiment de vacances parce que j'écris à temps plein. Et puis bref, et quand on a mangé ensemble en septembre, elle m'a dit, ah, quand tu m'as dit que t'écrivais à temps plein, je suis revenu de vacances. Et j'ai dit à ma boss, mais en vrai, puisqu'il écrit à temps plein, il pourrait bosser dessus tout de suite, quoi, en fait. Et en fait, c'est ça qui m'a sauvé. Genre, c'est ça qui a fait que je sors un an plus tôt.

Ybelion — Sinon, je serais en 2017. Et effectivement, ça amène la particularité que t'assumes pleinement, qui est, moi, je fais ça à temps plein. Et on va sûrement en reparler. Et là, quand tu dis travailler, c'est déjà sur le retravail du premier. Et le deuxième, c'est ça, parce que si j'ai bien compris, c'est une duologie. Ouais, c'est une duologie.

Elio Destrez — Ben, ouais, j'ai commencé à travailler sur le tome 1, ben, directement en septembre, en fait, dès qu'elle m'a dit que je sortirai en 2026. Si tu veux, elle m'a fait d'abord, enfin, elle a relu le manuscrit avec des commentaires. Donc, elle m'a mis des commentaires d'amélioration, de réécriture. Et vu que j'étais monté à Paris pour qu'on se voit, elle m'a emmené dans les locaux. Et on a fait tout un brainstorming dans les locaux. Parce que, si tu veux, moi, la quête de la duologie, elle devait durer sur les deux tomes. Donc, elle, elle était plutôt en mode, la fin de ton tome 2, il faudrait l'amener dans le tome 1. Moi, je t'en ai pas de challenge. D'accord ? Je dis, ouais, mais ça enlève, ben, du coup, plein de trucs à voir et à faire, quoi. Et du coup, on a vraiment brainstormé pour reconstruire le tome 2. Parce que le livre, il parle de résurrection, mais il parle aussi de quête d'héritage, de savoir d'héritage. Donc, en fait, ce qu'on a fait, c'est qu'on a basé la résurrection sur le tome 1 et continué l'héritage sur le tome 2.

Ybelion — Vas-y, pardon, je te laisse. Non, mais du coup, c'était super cool.

Elio Destrez — Parce que, si tu veux, moi, avant de me faire publier, je pensais que j'étais vachement restreint. Parce que tu sais pas trop, en fait, qu'est-ce qui fait que tu vas être publié ? Quelles limites tu peux pas dépasser, etc. Et en fait, ça m'a vraiment montré que... Parce que, au bout d'un moment, si tu veux, on était dans une impasse. Genre, elle aimait pas spécialement ce que je proposais. Moi, j'aimais pas spécialement ce qu'elle proposait. Puisqu'au moment, je lui ai dit, ben, écoute, j'ai une solution. Mais ça serait vraiment faire des gros fucks au lecteur. Donc, c'est toi qui vois. Et quand je lui ai dit, elle m'a dit, j'adore. On va partir là-dessus. Donc, tu vois, ça va montrer que tu peux aussi explorer plus de choses.

Ybelion — Ouais, putain, il y a trop de trucs intéressants. Je le glisse là, parce que je vais rebondir dessus après. Mais la thématique de la résurrection, j'ai vu que tu parlais beaucoup du Seigneur des Anneaux. C'est un truc qui m'intéresse trop. J'aimerais bien qu'on revienne dessus après. Mais là, sur ce que t'amènes, sur l'aspect du coup de brainstorming qui rebondit, et parfois, tu te rends compte, t'es pas d'accord. Enfin, personne n'est d'accord, mais qu'en fait, c'est à ce moment-là que justement, la bonne intelligence doit te conduire à trouver une solution. Et quand tu dis fuck au lecteur, c'est quoi derrière ? C'est genre ça va aller...

Elio Destrez — En soi, je peux pas trop le dire, sinon ça se spoil. Ouais, ok, ok. Mais si tu veux, c'est vraiment prendre un schéma qui est pas du tout classique. Trop bien. Dans le livre, on pourrait penser que c'est un schéma classique et en fait, pas du tout. Et je veux dire, il n'y a pas... Enfin, c'est pas du tout ce truc de « Oh, ils vont souffrir, etc. » parce que moi, j'aime pas du tout vendre la souffrance, tu vois. Mais on sort d'un schéma classique, entre guillemets, tu vois. Donc, c'est... Après, je dis pas que c'est révolutionnaire, du tout. Mais c'est pas du tout le schéma classique du héros qu'on va retrouver en fantasy.

Ybelion — Young Adult, quoi. Ah bah c'est trop cool, en vrai. Évidemment, c'est le côté révolutionnaire des idées. Bon, c'est un peu tout le truc. Bon, finalement, toutes les idées existent, tu vois. Après, c'est la manière dont tu les exploites. Le truc un peu plus révolutionnaire, entre grosses guillemets, ça serait la magie des bougies parce que c'est du jamais vu, mais... Ouais, ça, c'est trop cool. Raconte-moi un peu comment ça t'est venu, cette idée de magie des bougies.

« Ce n'est plus entre mes mains »

Un mur de bougies, un sorcier

Elio Destrez — Eh bien, c'est très simple. Moi, j'ai un petit rituel d'écriture, c'est que j'ai toujours eu une bougie quand j'écris. Encore. OK. Et quand j'écrivais mon ancien manuscrit, L'enfant du siècle, du coup, j'avais une énorme bougie, tu sais, qui met genre mille ans à brûler le truc. Et vraiment, elle m'avait accompagné tout le long du manuscrit. Et bizarrement, quand j'ai fini le manuscrit, la bougie était finie aussi. Donc, je me suis dit, il faut que j'en achète une pour le prochain. Et je suis allé dans une boutique où il y avait, tu sais, une espèce de grand mur de bougies de toutes les couleurs, de toutes les formes, etc. Et en fait, Ashton, mon personnage principal, je ne savais pas qu'il s'appelait Ashton à ce moment-là, était déjà dans ma tête. Donc, la manière dont se présente un personnage est très bizarre. Ashton, encore plus. Donc, c'est vraiment

Ybelion — comme des espèces de petites entités

Elio Destrez — comme ça qui popent dans ma tête, tu vois. Après, j'étais devant le mur et je me suis dit, bon, vas-y, je prends laquelle. Et en fait, j'ai entregué, Ashton qui me dit, ah bah tu vois, ça, c'est ce que je fais. Je suis un sortier des bougies. Et puis, là, à partir de là, les idées ont fusé, quoi. Tellement de possibilités avec les formes, les couleurs, les cires qu'on peut exploiter. Je ne sais pas si tu as déjà vu aussi les petits créateurs qui font des bougies avec des plantes dessus de différentes couleurs, des dégradés, etc. Enfin, ça a été tout d'un coup un monde qui s'est offert à moi. Et après, les complications que j'ai trouvées dans l'écriture, c'est que j'arrivais très facilement à créer des bougies

Ybelion — qui jouent sur le psychisme. Donc, par exemple,

Elio Destrez — pour aider au sommeil, etc. Je ne vais pas dire les noms des bougies parce que c'est un peu la surprise du livre. Mais des bougies qui aident généralement comme des médicaments pour aider maintenant, tu vois. Et en fait, j'ai une amie illustratrice, Jun Kulkou, qui m'a aidé à créer des bougies aussi qui jouent plus dans l'action, tu vois. Donc, des bougies qui peuvent aider au combat, aider à se sortir

Ybelion — de situations, enfin, ce genre de choses.

Elio Destrez — Et j'ai même des bougies qui maintenant pourraient être des téléphones portables, tu vois. Donc, c'était vraiment super sympa à exploiter.

Ybelion — Et j'espère que ça plaira. Moi, je trouve que c'est une idée fantastique. Ce qui me fascine assez dans ce que tu racontes, c'est le côté en apparence très simple. En soi, on parle d'une bougie, tu vois. C'est commun, on en voit quasiment tous les jours. Et d'arriver à en construire quelque chose d'aussi intéressant et d'aussi vaste quelque part, après tu l'exploites et puis les fils se tirent et c'est incroyable. Je trouve que c'est une trop bonne idée. C'est pousser

Elio Destrez — vraiment l'imagination à regarder un objet complètement statique et t'imaginer à quoi il pourrait te servir si tu avais

Ybelion — magie illimitée, quoi. C'est incroyable. C'est une super bonne idée ne serait-ce que pour travailler la créativité. En vrai, on va prendre n'importe quel objet et te demander s'il était magique, qu'est-ce qu'il te permettrait de faire. C'est incroyable. C'est incroyable. Et c'est une idée que tu as eu quand ? Alors, j'ai eu cette idée, c'était en août

Cinq ans à courir après un oui

Elio Destrez — 2025, non, 2024, du coup. août 2024, parce que j'avais, si tu veux, j'avais fait des pitches sauvages aux Imaginales pour l'enfant du siècle et j'avais eu vraiment pas mal de contacts. C'était vraiment hardcore cette année-là. J'avais couru après les éditeurs, j'avais payé une éditrice pour qu'elle me coach. Enfin, tu vois, j'ai vraiment tout donné. et j'ai eu, entre guillemets, un petit coup de mou parce qu'il y avait eu de l'enthousiasme et finalement, ça n'a pas abouti. Donc, dans mon cas où tu passes depuis cinq ans le plus clair de ton temps à essayer de te faire publier pour en vivre un jour, espérer en vivre un jour, c'était très démoralisant. Donc, tu sais, quand tu es dans cette optique, tu ne cherches pas à prendre ton temps, entre guillemets. Moi, l'Enfant du siècle n'avait pas fonctionné. Je me suis dit, ok, je le range dans le tiroir et j'en commence un autre. Sauf que celui que j'ai commencé, du coup, c'était du coup Projet Bougie. Mais ce n'était pas vraiment dans l'optique de publication. C'était vraiment dans l'optique de renouer avec l'écriture parce que justement, j'avais charbonné comme un dingue et j'avais envie de retrouver un peu cette essence de pourquoi j'aime écrire. Et donc, je l'ai commencé très tranquillement en septembre parce que c'était l'automne. Donc, je me suis dit, bon, ça tombe bien. C'est un livre d'automne. Très tranquillement. Et puis,

Le post Instagram qui change tout

Ybelion — je m'étais dit, tiens,

Elio Destrez — je vais faire un petit post Instagram pour présenter le projet histoire d'en parler un peu et de passer un peu à autre chose. Et en fait, le post a très, très bien marché. Je ne m'y attendais pas. Et de ce post a découlé le fait

Ybelion — que j'ai eu des mails d'éditeurs qui m'ont dit, ouais,

Elio Destrez — j'ai vu ton post sur Instagram. On serait intéressé par le projet. Et j'étais en mode, ben, tout doux les gars, il y a cinq chapitres. Je ne m'attendais vraiment pas. Et tout de suite, en fait, le projet a intéressé. Et je l'ai écrit après, tranquillement quand même. Et j'ai compris que je tenais un truc. Je me suis dit, bon, il va falloir que je me bouge comme je l'ai fait pour les autres. Donc, ben, pareil, je me suis répréparé au pitch. J'ai fait des flyers. J'ai commandé des illustrations. J'en ai parlé sur Instagram. Ça a hypé tellement de gens. Et je suis allé à Livre Paris, du coup, l'année dernière, en avril. Je l'ai pitché à plusieurs maisons. J'ai eu un oui, d'ailleurs,

Ybelion — d'une de ces maisons, mais que du coup, je n'ai pas accepté parce que je suis allé chez Milan.

Elio Destrez — Et j'ai été pris aux rencontres des Imaginales. Je ne sais pas si tu connais. Tu connais, ok. Donc, j'ai été pris aux rencontres l'année dernière. Et c'est là-bas où j'ai rencontré Milan

Ybelion — et avec qui j'ai signé. Et oui,

Elio Destrez — j'ai eu deux oui. Et en vrai, j'avais beaucoup, beaucoup d'éditeurs qui étaient très, très intéressés. Je crois qu'en juillet, j'attendais 14 réponses de maisons d'édition intéressées. Et vraiment, des fois, ça s'est joué à un cheveu. Des fois, c'était... J'ai reçu des mails de... Moi, j'aurais bien voulu, mais ce n'était pas unanime, etc. Et j'ai eu, du coup, beaucoup de contacts qui me disaient « Ben, tes prochains textes, envoie-les, on va regarder. » Enfin, vraiment, j'ai découvert qu'il y avait pire que le non. Il y avait le « Oui, mais non. » Tu vois ? Donc, non, franchement, c'était des bonnes expériences. Je ne regrette pas du tout toutes les étapes par lesquelles je suis passé et recevoir des noms, c'est aussi... Ça fait partie aussi

Ybelion — du processus. Et en soi, je veux dire, les noms étaient

Elio Destrez — hyper bienveillants et il y avait toujours des compliments vraiment super et des contacts qu'on m'encourageait à garder. Donc, voilà.

Ybelion — Elle donne trop le smile, ton histoire. Je trouve ça trop cool. Bravo, en vrai, pour Tout le chemin parcours. Ce qui m'a marqué, je me permets de te faire un partage, c'est... J'ai entendu, tu vois, l'année un peu difficile où le texte ne te trouve pas preneur et où tu te dis « Bon, putain, c'est dur, quoi. » Vraiment, on sent le côté dur. Et à ce moment-là, le lâcher pris sur... En fait, j'ai envie de, moi, kiffer mon écriture. Et je ne saurais pas trop t'expliquer pourquoi, mais c'est ce que je peux observer aussi ces légendes, c'est que la plupart du temps, c'est vraiment quand tu lâches prise sur cette volonté ou en tout cas d'écrire pour être publié. Alors, c'est extrêmement paradoxal ce que je vais dire, mais c'est quand tu lâches prise sur ce truc-là, que tu embrasses vraiment pleinement qui t'es et ce que tu aimes faire dans l'écriture. Et c'est là que tu crées des trucs qui intéressent vraiment les éditeurs, quoi. Et c'est très difficile, enfin, ce n'est pas facile à faire. Il y a une histoire de lâcher prise derrière, de, OK, en fait, je vais le faire pour moi et je verrai l'étape d'après, quoi. Et ça, là, on le sent dans ton partage que quelque part, ça a grandement joué parce que le fait que tu te reconnectes à ce que tu kiffes en écriture, c'est probablement... Enfin, ce n'est pas probablement, c'est sûr que c'est ça qui a touché aussi les éditeurs. Et après, il y a l'étape du partage aussi qui est hyper touchante. Voilà, tu partages sans vraiment en attendre quoi que ce soit et puis, en fait, tu te rends compte que les gens trouvent ça génial. Et sincèrement, tu vois, moi, c'est ce que j'ai vu hier aussi. Je pense que la plupart des gens, c'était ça. Putain, de la magie des bougies, trop cool, tu vois. Et tout de suite, ça t'intrigue. Et donc, bravo pour tout ça. Franchement, c'est grave inspirant. C'est grave inspirant. Vas-y, excuse-moi. Non, t'inquiète, j'allais dire, et on sent en fait que t'as vraiment... Alors, il y a cette histoire de lâcher prise qui est vraiment difficile, mais au-delà de ça, t'as professionnalisé le truc et puis, tu te donnes quoi. Parce que, pour faire la petite parenthèse sur les rencontres imaginales, si je devais résumer brièvement, globalement, c'est un speed dating avec des éditeurs quoi, où t'as très peu de temps et tu dois pitcher ton roman. Et tout ça, ça se prépare. C'est pas évident de pitcher un roman de manière fluide et rapide en présentant tous les enjeux, toutes les intentions. Donc, ouais, on sent que tu te donnes à fond et c'est cool de voir que la mayonnaise prend quelque part après ces années-là. De toute façon,

Flyers, budget : rien sans rien

Elio Destrez — on n'a jamais rien sans rien. Je veux dire, j'étais très naïf

Ybelion — du milieu de l'édition il y a encore

Elio Destrez — quatre ans en arrière. C'est en discutant avec des auteurs, en discutant aussi avec des éditeurs, en t'intéressant

Ybelion — aux autres, tu peux facilement apprendre et mettant aussi un peu le budget aussi. les flyers, ils ont tous fait sensation

Elio Destrez — parce que j'avais passé des commissions, parce que les flyers fallait les payer quand même. J'avais fait tout le design, etc. Ça prend du temps, ça prend de l'argent, ça prend de l'énergie. Mais j'ai envie de dire que c'est jamais mal placé. Si t'as vraiment envie d'y arriver, c'est jamais mal placé. Même si ça paye pas, je veux dire, tout ce que j'ai dépensé pour l'enfant du siècle, je me dis pas, oh, ça sert à rien. Je sais qu'un jour, le livre, je vais le placer quelque part. Mais quand, je sais pas. Mais un jour, je ressortirai les illustrations et je pourrai faire de la com' avec. Et c'est pas, je me dis pas du tout que ça sert à rien.

Ybelion — Et pour Bougie, j'ai pas du tout

Elio Destrez — hésité à recommencer. Mais c'est vrai que pour rebondir sur le fait de lâcher prise, etc. J'avais pu en discuter avec une éditrice qui avait étudié mes deux autres textes où elle me disait, elle avait déjà lu un peu les débuts de Bougie. Et quand on se fait rencontre aux Imaginales, elle me disait, on ressent que c'est vraiment toi, en fait. Elle me dit, là, c'est complètement ton imagination, c'est quelque chose qui part de A à Z. Donc bien sûr, t'es toujours biaisé par des choses que t'aimes ou que tu vois et que tu vis. Mais elle me disait, t'as vraiment pris en maturité, tu oses enfin te montrer. Et c'est une des choses, parce qu'elle connaissait mes anciens textes, qu'elle avait beaucoup aimé à travers Bougie. Donc c'est vrai que je pense que c'est quelque chose d'important de des fois se poser la question, s'arrêter de se dire, ok, alors, pourquoi j'écris en fait ? Bien sûr, j'écris parce que je veux en faire mon métier. Moi, personnellement, je pense que

Ybelion — si je fais autre chose qu'écrire, je meurs.

« Si je fais autre chose qu'écrire, je meurs »

Elio Destrez — Et c'est même pas pour rire ou quoi, je peux faire que ça de ma vie. mais il y a eu ce moment où j'étais tellement dans le il me faut un oui

Ybelion — que j'avais complètement oublié

Elio Destrez — ce plaisir en fait d'écrire. Et je pense que c'est vraiment Ashton qui est venu un peu me secouer les plumes et me dire moi, je vais te montrer

Ybelion — pourquoi tu écris quoi en fait. Ouais, c'est trop cool en vrai. Tu sais que sémantiquement, il y a un truc intéressant dans ce que tu dis, c'est que tu étais dans un il faut écrire. Et là, tout de suite, bon après, c'est ma posture de coach, mais là, j'entends une injonction, tu vois, c'est qui il ? Qui te dit il faut écrire, tu vois ? Et quand le lâcher prise, il se passe dans le il faut, en fait, j'ai envie. Et ça rejoint le je suis trop content que tu poses cette question parce qu'à mon sens, c'est le nœud central de l'écriture, c'est pourquoi j'écris, pourquoi j'aime écrire, quelle idée de s'infliger un processus de plusieurs mois ou plusieurs années si tu détestes chaque pas, tu vois ? Et vraiment, ça, c'est le nœud. C'est trop cool que tu aies mis le doigt dessus et très souvent, les personnages qu'on invente qui viennent nous mettre des petits coups pour nous rappeler tout ça. C'est incroyable. C'est vrai. Et si tu devais retenir peut-être une des grandes leçons que tu as appris Ashton, ce serait quoi ?

La leçon d'Ashton : persévérer

Elio Destrez — Ashton m'a appris d'être persévérant. Genre vraiment, c'est un personnage de base persévérant. Et je pense que, enfin, une petite anecdote parce que, mine de rien, le parcours n'a jamais été facile, même si je prends et toujours énormément de plaisir à écrire, la vie, quand elle te rattrape à côté et que, financièrement, on ne va pas se mentir, je n'ai pratiquement rien en finance parce qu'au lieu de la société, je ne travaille pas, n'est-ce pas ? Même si je me suis acharné tous les jours pendant 5 ans. Financièrement, tu vois, c'est difficile. Mentalement, c'est difficile aussi. Et tu vois, cet été, quand j'attendais les réponses, donc j'attendais 14 maisons d'édition qui devaient me répondre et là, tu vois, j'en avais genre 12 qui m'avaient répondu

Ybelion — et c'était des oui, mais non ou des non.

Elio Destrez — Et je me souviens que j'étais à Japan Expo avec mon copain et j'ai reçu une réponse et on était à la rentrée de la Japan et je lui ai dit, écoute, je préfère attendre qu'on soit au BNB avant de regarder parce que, comme ça, en public, je ne peux pas. Et personnellement, j'étais sûr que j'allais recevoir un oui. Et quand je suis rentré et que j'ai lu que c'était vraiment, le mail, c'était, waouh, ton livre était extraordinaire, tu nous as fait ressentir tellement d'émotions, mais non. Et là, je me suis effondré. Je crois que c'était la première fois que j'ai souffert à cause de l'écriture. Là, vraiment, je me suis effondré. Mon copain, il s'est même dit, ok, donc là, en fait, il n'en peut plus, il va arrêter. Et, et vraiment, j'étais au plus bas

Le mail reçu à Japan Expo

Ybelion — et je me suis dit, bon, en fait, maintenant,

Elio Destrez — je lâche prise. Peu importe ce qui se passe, là, je ne peux plus. Je vais arrêter de m'investir et d'attendre comme ça parce que je me fais du mal tout seul. Et deux semaines plus tard, j'ai eu deux oui. Donc, voilà. Je pense que c'est très dur, l'attente comme ça. C'est le plus dur. Mais je pense que il ne faut vraiment pas miser sur soi dans ces moments-là. Il faut juste dire, moi, j'ai fait tout ce que je pouvais. Et maintenant, tout ça, ce n'est plus entre mes mains. Ça ne m'appartient plus et on verra bien ce qui se passe. Si ça marche, tant mieux. Si ça ne marche pas, j'encaisse le coup et après, je me relève. Et je pense que c'est une des choses qu'Ashton m'a appris parce qu'il est vraiment comme ça aussi. Il y a plein de choses qui ne marchent pas pour Ashton et souvent, ça le frustre beaucoup. C'est quelqu'un qui gère très mal la frustration. Mais après, il se remonte les manches et il dit, bon, on va réessayer pour ses bougies parce qu'Ashton, dès qu'il a sa marque, il est très mauvais. C'est un très, très mauvais séromanceur. Et ça le frustre énormément parce que sa mère, c'est une des meilleures, pour ne pas dire la meilleure du royaume. Et lui, il fait une espèce de calque comme ça sur sa mère. Donc, il est hyper frustré d'être pas mauvais mais bof. quoi. Et c'est justement cette frustration et cette hargne qu'il a d'y arriver qui va faire qu'il va devenir un bon séromantien. Je pense que c'est un peu peut-être un miroir de mon processus aussi. Voilà.

Ybelion — Merci pour ton partage. En vrai, c'est incroyable. En vrai, ça me touche parce que ça fait écho aussi à ce que moi, je peux vivre par l'écriture et ce que je peux voir chez les gens. Tu vois, c'est marrant parce que la fois où ça m'est arrivé, tu vois, cette espèce de réalisation que mon personnage était en train de vivre, un processus que je vivais moi-même, ça m'a vraiment fait une espèce de choc tu vois, comme un miroir qui se brise et tu te retrouves un peu face au vide, tu vois. Et comme j'en avais jamais vraiment trop parlé, j'avais vraiment l'impression que c'était une espèce d'occurrence un peu obscure, tu vois. Et en fait, je me rends compte à force de discuter avec les auteurs que c'est assez commun, tu vois, ce moment où tu dis en fait, ce qu'il est en train de vivre, c'est peut-être pas pour rien parce que je le vis moi-même, je le vis moi-même. C'est fou. je n'ai pas les mots vraiment pour expliquer ce truc-là. C'est assez fou le parallèle qu'il y a entre les personnages et ceux qui les écrivent.

Elio Destrez — D'à côté, ce n'est pas trop étonnant. Je pense qu'on chemine à travers nos personnages. Bien sûr, c'est vrai. C'est vrai. C'est vrai.

Le personnage qui portait une force cachée

Ybelion — Est-ce qu'à part Ashton, il y en a un autre qui t'a marqué comme ça ?

Elio Destrez — Sœur chat, ma chevaleresse. Ce n'est pas un personnage auquel j'étais attaché. Enfin, pas pareil qu'Ashton, tu vois.

Ybelion — J'étais... Ouais, je l'aimais bien,

Elio Destrez — mais ce n'était pas un gros attachement. Et c'est un personnage qui est resté très, très secret avec moi tout le long du livre. Et c'est mon éditrice, en fait, qui a vraiment renoué le lien entre moi et Sœur chat. Parce que, si tu veux, dans la réécriture, l'une des choses que je devais le plus développer, c'était elle. OK. Donc, dans la réécriture, c'était très dur, honnêtement, de la développer. Je n'arrivais pas trop à communiquer avec elle. Elle restait très en surface. Et maintenant, je pourrais dire que c'est sans doute l'un de mes personnages préférés. Et en fait, je me suis rendu compte que Sœur chat, elle avait le courage de faire des choses que moi, je n'ai pas. Et que pourtant, je voudrais. C'est, je pense, un personnage qui n'est pas égoïste, mais qui veut tellement s'en sortir qu'elle est prête à tout. Et je pense que je suis un peu comme ça aussi. C'est peut-être un peu une partie sombre de moi où je me dis moi, moi, j'ai un rêve. Enfin, j'ai un souhait parce que je n'aime plus dire les rêves, mais j'ai un souhait et cette vie, c'est moi qui la vis. Je veux dire, j'ai beau avoir des gens autour de moi, etc., je me dis souvent quand je serai dans la tombe, je n'ai pas envie de regretter, en fait. Je n'ai pas envie de me dire

Ybelion — que j'ai eu une vie bof ou que je ne me suis pas donné pour faire ce que j'avais envie

Elio Destrez — de faire. Donc, généralement, quand j'ai un objectif, vraiment, je donne tout de moi, vraiment absolument tout. Et un peu comme elle, je suis vraiment prête à me donner à 100%. Peu importe les obstacles que je vais rencontrer, peu importe tout, en fait. Je me dis que les choses vont s'aligner parce que je sais qu'elles seront en accord avec moi et les choses se sont toujours alignées. Mais si elles ne s'alignent pas, je commence à me poser un peu des questions, tu vois. Mais, non, ce rechasse, ça a été un très, très gros coup de cœur pendant la réécriture. J'ai adoré la développer et d'ailleurs, mon éditrice m'a dit c'est top, franchement, c'est trop bien. Et en plus de ça, ça l'a rapproché d'Aston donc c'était vraiment très cool

Ybelion — d'écrire de nouveaux échanges entre eux. Voilà,

Elio Destrez — je ne peux pas trop en dire sinon, sinon, je vais trop parler du livre et je ne voudrais pas cacher des surprises ou des choses comme ça. Mais c'est un personnage qui est vraiment très fort, qui est très téméraire et je pense que je m'y retrouve un peu. En fait, dans ma vie, on m'a souvent caché mes forces. On m'a souvent dit que je ne l'étais pas ou que j'étais trop sensible parce que je suis hyper sensible, tu vois. Ou que, oh, tu pleures pour ça, oh,

Ybelion — tu es sensible, tu vois.

Elio Destrez — Et je pense que Sercha, elle incarne vraiment toute ma force que les gens ne voient pas ou que, en tout cas, les plus intelligents voient. Mais, ouais,

Ybelion — c'est... Elle a vraiment des forces

Elio Destrez — et elle fait des choix que j'ai envie de faire, que potentiellement,

Ybelion — je suis en train de faire dans ma vie.

Elio Destrez — Et c'est un long cheminement à travers elle. voilà.

Ybelion — C'est trop cool parce que c'est, tu vois, le fait que ton éditrice te dise de creuser ce personnage, c'est parce qu'elle doit faire partie des gens qui ont vu ta force, tu vois. Et je pense que le parallèle, en tout cas, c'est dingue, c'est trop bien, c'est trop bien. Félicitations, du coup, d'être allé le creuser aussi parce que ce n'est pas évident forcément de creuser des personnages qui parfois...

Elio Destrez — Mon éditrice a vu la force de Sercha et qu'elle a vu que je ne l'ai pas beaucoup exploité et elle m'a aidé à l'exploser. Exactement. C'était le moment

Ybelion — d'aller voir le héliophore quelque part qui se cachait dans Sercha, du coup. C'est trop cool.

Elio Destrez — Elle est trop stylée en plus, Sercha. Tu verras, elle est trop stylée. Ouais, incroyable, incroyable.

Ybelion — C'est par curiosité, j'ai entendu que du coup, Ashton avait une place particulière. C'est un livre qui est écrit à la première personne, à la troisième personne ?

Elio Destrez — À la troisième personne. Troisième personne, ok. plusieurs points de vue. Ok. Et non, c'est écrit à la troisième. Ok, trop cool. Tu as parlé tout à l'heure de, tu as dit,

Ybelion — j'aime plus trop parler de rêve, je préfère parler de souhait. J'ai entendu tout à l'heure aussi que tu disais que ça faisait, il y a cinq ans, tu avais décidé de dire, ok, l'écriture et c'est ça que j'ai envie de faire. C'est un souhait du coup que tu as depuis très longtemps ou quelque part ça s'est réveillé il y a cinq ans ? Alors moi, j'ai un parcours

Elio Destrez — un peu particulier parce que j'ai grandi dans une famille d'intermittents du spectacle qui en ont fait leur métier principal. Ok. Et donc, mes parents sont dans la musique et si tu veux, moi, quand j'étais petit, je n'allais pas chez la nounou. Moi, j'insistais pour venir avec mes parents. donc, j'ai passé tous mes week-ends, enfin, tous mes samedis soirs de mes cinq ans jusqu'à mes 13 ans au bord d'une scène. Et ce qui m'a frappé le plus

Enfant au bord d'une scène

Ybelion — quand j'étais petit, c'est les gens qui dansaient et qui chantaient.

Elio Destrez — Comme j'étais sur le bord de la scène, je regardais beaucoup les gens et je trouvais ça incroyable que mes parents arrivent à faire danser et chanter les gens. comme quand j'allais chez des amis et que je rencontrais leurs parents et que j'allais me dire « Elles font quoi tes parents ? » Je dis « Ah, mes parents, c'est le chanteur et la chanteuse de tel orchestre. Oh, mais on s'est rencontrés avec son père là-bas, on est tombés amoureux là-bas. » et je trouvais ça ouf, en fait, que mes parents que moi, je voyais toute la semaine qui étaient honnêtement précaires, qui restaient à la maison, la semaine à bosser des morceaux en chuchotant pour pas nous réveiller la nuit. c'est... Mais quand je les voyais

Ybelion — le samedi soir, tu sais, en fait,

Elio Destrez — ils avaient une loge et ils se changeaient. Genre, si c'était les westerns, ils allaient se déguiser en cow-boy. Si c'était la salle-salle du démon, ma mère elle se déguise en sorcière, mon père en diable. C'était vraiment un gros show, tu vois ? Et je trouvais ça ouf. Donc, c'est sûr qu'en grandissant, je pouvais pas faire un autre métier qu'artiste. Je voulais pas. après avoir été témoin de tellement de joie, tellement d'amour, tellement de magie, au final. Je me suis dit... Je me suis jamais été conditionné pour faire autre chose qu'un métier artistique. Contrairement à ma soeur, tu vois, elle a 6 ans de plus que moi, ma soeur, elle, elle est jamais venue au bal. Elle aime pas ça. Elle aimait pas ça. Elle préférait rester chez Adonu,

Ybelion — chez ses amis, ce genre de choses. Et tu vois, ma soeur,

Elio Destrez — elle a jamais eu le désir d'être artiste. Et ça s'entend, je veux dire, c'est pas moins bien ou quoi. Mais moi, ouais, ça a été complètement différent. Et c'est un peu comme si la réalité, je voulais pas l'accepter. Genre, moi, je veux pas accepter une société où je fais un 35 heures comme ça, dans quelque chose que j'aime bof ou que j'aime pas. Après, il y a des gens, ils adorent ce qu'ils font, peu importe ce que c'est. Et tant mieux, parce qu'ils font ce qu'ils aiment. mais moi, tout ce qu'on me propose actuellement de classique dans la société, j'aime pas ça. Donc, si tu veux, j'ai fait des études tout à fait classiques que j'ai détestées. J'étais pas mauvais, mais je détestais. C'était pas ce que je voulais faire. Et puis, j'ai commencé à travailler

Ybelion — et puis, il y a un moment,

Le burn-out et la phrase de sa mère

Elio Destrez — j'ai fait un burn-out. Et j'ai commencé à faire des grosses crises d'angoisse à tel point que je pouvais plus sortir de chez moi. Et ma mère, elle m'a dit, ben, faut que tu sortes de ça, quoi. Je sais pas ce qu'il faut que tu fasses, mais il faut que tu sortes. Et je lui ai dit, ben, moi, je veux écrire. Je veux être auteur. Je lui ai dit, je lui ai dit, mais il y a déjà trop d'auteurs. Genre, j'aurais pas ma place, quoi. Elle m'a dit, ben, si, Elio, il y aura des gens pour te lire. Donc, elle m'a dit, si tu veux être auteur, ben, fais-le. Et puis, depuis là, ben, j'ai fait que ça. Donc, voilà.

Ybelion — Comment j'en suis venu. C'était... De toute façon, c'était simple. C'était soit, soit je fais tout pour

Elio Destrez — faire ça de ma vie, soit la vie, elle avait pas de sens. Donc, si elle a pas de sens, j'avais pas de raison de vivre, en fait. Et l'écriture, c'est vraiment une raison de vivre. Être dans le métier du livre, c'est une raison de vivre. Je pourrais faire autre chose qu'écrire, mais je serais toujours obligé de rester dans le métier du livre. en fait, c'est comme s'il n'y avait pas le choix. C'est un peu ça dans ma tête, c'est, ben, accroche-toi, parce que de toute façon, t'es pas venu ici pour faire autre chose. J'ai un peu cette voix-là dans ma tête, tu vois, ben, si je suis pas venu ici pour faire autre chose, pourquoi faire autre chose ? Voilà. C'est un instinct, si tu préfères. C'est vraiment, il y a toujours eu quelque chose qui m'a dit, t'inquiète.

Ybelion — j'ai toujours écouté, t'inquiète. Voilà. C'est super beau comme partage. Gros, gros big up à ta maman qui te dit, ben si, t'auras un public. C'est trop cool, c'est trop cool, parce que c'est vrai que c'est une, c'est une, une croyance limitante que quelque part, qui sommes-nous pour écrire alors que il y a tant de génies qui existent, ben, en fait, tu es ton propre génie, quoi. C'est ça.

Elio Destrez — Je repense souvent à cette phrase, maman m'a dit, ah, t'auras ton public, ton public, parce que je me dis, ah, c'est bientôt, là, je vais rencontrer mon public et ça a d'autant plus d'importance parce que il y a eu, il y a eu 5 ans en arrière, je pensais qu'il n'y aurait jamais de public et maintenant, il va y en avoir un, forcément. Et, quelque part,

Ybelion — t'en as déjà un parce que tu partages déjà autour de ce projet, t'as déjà des gens qui sont curieux

Elio Destrez — de découvrir ces personnages. Donc,

Ybelion — le public est en train de naître, tu vois, c'est ça qui est fou. C'est trop vrai. Mais je pense que je le réaliserai beaucoup plus

Elio Destrez — quand je serai assis derrière une table et que je vais me dire, waouh, des gens, ils viennent, ils ont lu mon livre, j'aurai des gens, ils viennent.

Ybelion — Tu vas te retourner, là, tu vas faire attendre, c'est pour moi que... Ça, ça va être, je pense que c'est quelque chose

Elio Destrez — qui va être totalement lunaire pour moi parce que je n'envisage pas du tout l'idée de quelqu'un qui vient je ne dis pas vraiment pour moi

Ybelion — parce que je n'ai pas la sensation que c'est pour moi. C'est pour l'histoire, tu vois. Moi, généralement,

Elio Destrez — après, c'est différent parce que je connais les auteurs,

Ybelion — c'est des amis, c'est des collègues,

Elio Destrez — mais je veux dire, avant que je sois vraiment bien intégré dans le monde d'édition, quand j'allais voir un auteur, une autrice, c'était surtout parce que son univers m'intéressait. mais,

Ybelion — mais, ouais,

Elio Destrez — j'ai un certain recul quand même avec mes oeuvres où j'ai un peu cette théorie où je pense que je suis juste un outil d'exploitation pour des entités qui viennent me raconter leurs histoires. Mais, c'est un peu bizarre dit comme ça, mais je vais l'assumer entièrement. T'inquiète. Mais, non, je pense que je ne prendrai jamais vraiment les choses, notamment pour moi. Je pense que, moi, j'avais besoin d'écrire cette histoire. Et je pense que certaines personnes auront besoin de la lire parce que c'est comme ça que le schéma fonctionne. Moi, ça m'a apporté beaucoup de choses. Ça m'apporte encore beaucoup de choses avec le tome 2. Des fois, j'écris des trucs et je me dis, waouh, en fait, je ne suis rien de me rendre compte que ça, ça, c'est lié et que machin et ça. Mais, mais, en tout cas, je serais très heureux que cette histoire puisse parler et aider d'autres personnes. Ça, c'est un peu, moi, je te rejoins, c'est un peu

Ybelion — ma conviction personnelle. À mon sens, les livres, quand ils prennent forme physique, c'est qu'ils doivent changer la vie de quelqu'un. On ne sait pas qui, on ne sait pas quand, peut-être dans 200 ans, peut-être demain, on ne sait pas, mais ils changeront la vie de quelqu'un et c'est pour ça que c'est important de sortir toutes les idées qu'on a en tête. Et j'aime beaucoup le rapport un peu, peut-être spirituel, si tu mettais un mot, que tu peux avoir aussi avec l'écriture que je partage ton avis. Et c'est pour ça que j'aime bien voir les personnages, en tout cas, que j'écris, je parle pour moi, mais un peu comme des compagnons de route qui ont des choses à me dire. Je pense que, pareil, c'est ma conviction personnelle, c'est qu'un personnage qui te vient dans ta tête et qui, de manière récurrente, et puis t'écris avec lui, quelque part, tant qu'il est là et tant qu'il ne se libère pas, il a encore quelque chose à te dire. Tu vois, toujours aller creuser ce qu'a ce personnage à te dire, c'est extrêmement important. Autant pour toi qu'évidemment pour le texte qui naît à la fin. Mais, mais, ouais, c'est vraiment passionnant toute cette... Ah,

Ashton, compagnon de tous les jours

Elio Destrez — excuse-moi. Non, j'allais dire

Ybelion — toute la justesse qui en découle. Tu vois, comme tu dis, parfois, c'est hallucinant de voir, tu dis, putain, mais c'est fou à quel point je ne l'avais pas vraiment prévu, mais ça tombe comme si, tu sais, tu lançais toutes les pièces d'un puzzle en l'air et puis, paf, ça retombe et tout est assemblé. Tu vois, Ashton, je crois que c'est

Elio Destrez — le premier personnage qui me fait ça, mais c'est vraiment un compagnon, mais quotidien, parce que quand j'ai été aux rencontres des Imaginales,

Ybelion — j'étais quand même très, très stressé avant de rentrer dans la salle,

Elio Destrez — je lui parlais, genre, j'étais en mode Ashton, là, il faut que tu m'aides à bien pitcher, à rien oublier, à bien répondre aux questions et je lui parle des fois comme ça, je dis, ah, il faut que tu m'aides, là, il faut que tu m'accompagnes comme une espèce d'assistant et je l'imaginais toujours au-dessus de mon épaule comme ça et à chaque fois, ça va très bien, ça va très bien, comme quand j'ai pitché l'Enfant du siècle, j'avais demandé à mes personnages de m'accompagner et ça s'est très, très bien passé et Ashton, je sais que quand j'écrivais le tome 1, j'en ai énormément rêvé, je rêvais des fois toutes les nuits d'Ashton mais c'était même pas des trucs what the fuck ou quoi, juste je rêvais qu'il me parlait et des fois, ça me troublait, genre, je disais à mon copain, Ashton, c'est trop bizarre, des fois, j'ai l'impression, genre, il existe vraiment alors que non mais non, c'était un peu flippant même parce qu'il y avait vraiment une présence, tu vois, une présence, après, je ne dis pas qu'il y avait un fantôme ou quoi que ce soit, tu vois, je veux dire, j'ai un côté très spirituel mais pas non plus poussé à ce stade de dire que mon personnage est une entité à part entière mais, mais ouais, je ressentais vraiment une présence dans mon imaginaire qui était très, très, très, très,

Ybelion — insistante, voilà,

Elio Destrez — très insistante et du coup, en fait, je ne l'ai pas du tout repoussé, je me suis dit, bon ben, t'es là, on y va quoi, let's go, tu m'accompagnes, le tome 2, tu vois, c'est un peu plus calme mais, le tome 2, j'ai plus d'autres personnages qui m'accompagnent pendant ce tome 2 mais ouais, Ashton est hyper insistant et des fois, quand j'ai peur de quelque chose ou quoi, ben des fois, je lui parle et ça me fait vraiment du bien et j'espère vraiment que les gens qui vont lire

Ybelion — Roger Bougie, je n'ai pas encore

Elio Destrez — de révéler le titre, j'espère qu'ils vont gagner un ami, en fait, en lisant le livre, que ce soit Ashton, Rune, Surcha, Sidas ou autre personnage, j'espère qu'ils vont gagner un ami, comme moi, j'ai gagné un ami, en fait, en écrivant ce livre.

Ybelion — Tu sais que je suis super content de rencontrer quelqu'un qui parle aussi à ses personnages parce que moi, j'ai l'impression de passer pour un fou parfois, mais je trouve ça hyper efficace de parler comme ça, tu te débloques. Les rêves que tu évoquais, est-ce qu'ils t'ont, comment ils t'ont aidé dans le, dans, peut-être dans l'écriture de l'histoire ou de la découverte de cette, de cette histoire ou pas, peut-être ?

Elio Destrez — Je pense que ça ne m'a pas vraiment aidé. Je pense que c'était, que je rêvais de ça peut-être parce que j'avais des appréhensions ou peut-être parce que j'étais trop dans l'écriture et que, et que mon ami, ma tête était imbibée de, de l'univers. Mais, non, je, enfin, je ne me souviens plus très bien, je me souviens juste que j'étais dans l'atelier d'Ashton et que, juste, on parlait, mais je ne me souviens plus de quoi. Mais, c'était juste une présence et je pense que, moi, personnellement, je rêvais de ça parce que ça me rassurait, en fait, de sa présence et l'univers me rassurait. Surtout que l'atelier, c'est vraiment, pour moi, l'un des lieux les plus chaleureux et les plus, c'est là où la magie naît. Donc, forcément, peut-être que mon cerveau l'avait associé à l'imagination, la source de l'imagination. Mais, non, je pense juste que j'avais besoin d'une présence parce que, mine de rien, l'écriture, ça peut être très solitaire et, et, je pense que ça m'a aidé surtout que l'année dernière, je souffrais beaucoup de solitude et, potentiellement, c'était peut-être un remède à tout ça.

Ybelion — Je comprends, je comprends. Et c'est vrai que c'est une question que je me suis posée quand je t'entendais raconter le fait que l'écriture pleine très grande place dans ta vie. Alors, ça en dit probablement vachement sur moi la peur que je pourrais avoir derrière ça, mais, mais, comment on fait pour, pour rester, peut-être, connecté à sa créativité ou la nourrir quand on écrit peut-être de manière très professionnelle et en même temps, je te pose la question, moi, quand j'écris, j'écris tous les jours, c'est juste que je ne fais pas ça toute la journée donc, je ne sais pas si ma question, elle est pertinente en fait. je te laisse y répondre comment tu veux y répondre, je ne sais pas où je vais là. Je comprends

Elio Destrez — le fond de ta question. Alors, il faut savoir que actuellement, je trouve que j'ai un meilleur équilibre dans l'écriture que quand je n'avais pas de contrat parce que si tu veux, là, enfin, avant, tu es ton propre patron, je dis même là, je suis mon propre patron en soi, sauf que maintenant, il y a des gens qui attendent des comptes rendus, entre guillemets.

Ybelion — Là, par exemple, moi, je dois rendre

Elio Destrez — mon tome 2 en septembre parce qu'il me laisse le temps mais, moi, je me considère comme un auteur très lent donc, si tu veux, le temps que j'écrive le premier jet, que je fasse une réécriture, que je le mette entre les mains de ma BL, je me dis, en fait, le temps est court parce qu'entre temps, je vais faire l'édito du tome 1, etc. J'avais très peur de comment ça allait se passer parce que je me connaissais justement et qu'avant, je pouvais passer une journée sur l'ordi et écrire 2000 mots, je veux dire, c'est que dalle que tu passes

Ybelion — une journée entière. Une journée entière, tu vois. Et en fait,

Elio Destrez — je pense qu'avant, j'avais tendance à l'auto-sabotage. C'est même pas je pense, c'est même, c'est sûr. j'étais quelqu'un qui procrastinait beaucoup et qui avait très peur d'écrire. Genre, j'écrivais, puis je faisais une grosse pause et j'écrivais, puis je faisais une grosse pause. J'avais vraiment très peur d'écrire et les seuls moments où j'étais vraiment à fond, à fond, à fond, c'est parce que j'avais une deadline comme par exemple les imaginales, ce genre de choses. Je travaillais beaucoup mieux sous pression que pas sous pression. Et en même temps, en plus, quand tu es chez toi, c'est très facile d'avoir des distractions. Donc voilà. Mais ouais, je pense que j'avais très peur d'échouer ou de réussir. Alors que maintenant, quand j'ai commencé à écrire bougie, je me suis dit maintenant, je n'ai plus peur d'échouer. Et je l'accepte en fait, l'échec. Et maintenant que je suis sous deadline, tu vois, j'ai trouvé un équilibre très sain. C'est que je me suis fait un tableau Excel. Enfin, mon copain m'a fait un tableau Excel. Et non, c'est lui l'expert du Excel, c'est moi. Il va s'ensurger. mais en gros, il m'a fait un tableau Excel, si tu veux, avec ma deadline. Moi, perso, je me suis mis une deadline à fin mars pour le premier G. J'ai commencé en janvier. Et en fait, avec le tableau, je me suis rendu compte que si j'écrivais 500 mots par jour, je pouvais remplir ma deadline tout pile. Je me suis dit ah, en vrai, ça va quoi. Et du coup, vu que je trouve que ça va, je te tape 2000, 3000 mots par jour. Mais le pire, c'est que ça me prend même pas toute la journée. Ça me prend quelques heures. Des fois, j'écris un peu le matin. Et puis en fait, en ce moment, tu vois, par exemple, je suis inspiré que le soir. Donc, j'écris un peu le matin. Puis j'écris après uniquement le soir. Et puis après, la journée, je fais ma vie. J'ai des trucs à faire aussi. Je n'ai pas que l'écriture non plus. Mais, mais, mais ouais, j'ai l'impression que je trouve un équilibre. Et du coup, je me dis ah, mais en fait, je peux écrire un premier jeu en trois mois. Genre, alors avant,

Le tableau Excel et les 500 mots

Ybelion — je pensais que je l'écrivais en un an.

Elio Destrez — Et il y a une grosse différence. Donc, je pense que des fois, poser à plat tes objectifs, ça peut t'aider à trouver un équilibre. Par exemple, moi, je n'arrive pas du tout à lire quand j'écris. Et ça me frustre parce que j'écris toute l'année et du coup, je ne lis pas beaucoup durant l'année. Et ça me frustre beaucoup parce que j'adore lire aussi. Du coup, j'ai fait un truc. C'est que j'ai séparé mes lectures par cinq chapitres. J'ai mis des post-it tous les cinq chapitres. S'ils sont trop longs, je mets tous les trois chapitres. Et mon cerveau, quand il regarde après le bouquin, il se rend compte qu'il y a sept post-it. Généralement, c'est ça. C'est sept post-it. Et en fait, mon cerveau, il a fait mais si tu lis cinq chapitres par jour, en une semaine, tu as lu un bouquin. Et du coup, en un mois, tu peux en lire quatre. Résultat, en janvier, j'ai lu neuf livres. Et du coup, tu vois, tu tu t'embrouilles, enfin tu merde, je n'ai plus le mot. C'est tu vas

Sept post-it, neuf livres en janvier

Ybelion — embrouiller ton cerveau. Oui, voilà. Je ne sais pas

Elio Destrez — embrouiller le mot mais

Ybelion — c'est la confusion. C'est vraiment, tu parles vraiment à mon cœur de coach là. Mais tu vois, cette sensation d'espèce de brouillard mental. En fait, tu ne sais pas vraiment que tu es dedans mais ça te donne l'impression que les journées sont trop courtes, qu'il n'y a jamais le temps de rien faire et que tu as beau rester toute la journée devant ton PC, tu écris 500 mots. Et justement, aller se questionner sur déjà pourquoi j'ai envie de le faire, qu'est-ce qui est important pour moi, quels sont les moments dans la journée que j'ai envie d'avoir pour mes impératifs et là-dedans, ça peut être tout et n'importe quoi. Le travail, sortir le chien, passer du temps avec son conjoint ou sa conjointe, faire du sport. Et là, c'est très important, tu le dis, faire du sport, bien dormir, bien manger, la santé. Et en fait, c'est ok, j'ai tous ces impératifs-là et maintenant, on regarde du temps libre comment j'organise tout le reste et comment je suis et comment je drive mon cerveau à ce qu'il aime le processus. Et c'est exactement ce que tu as fait. Un livre entier peut te paraître une montagne, sauf qu'en fait, si tu mets sept post-its dedans, tout de suite, ça paraît vachement moins gros.

Elio Destrez — C'est parce que tu montres à ton cerveau que finalement, il n'y a pas de charge mentale. Exactement. Et que finalement, tu sais, moi, j'étais un peu du genre, je veux vite arriver à la ligne d'arrivée,

Ybelion — mais tu ne profites pas du chemin. Donc du coup, mon objectif, c'était juste d'aller vite, vite, vite, vite.

Elio Destrez — Et en fait, je me suis dit, mais pourquoi se précipiter alors que si je fais tout doucement, eh bien, j'arrive au même objectif et en plus, je ne suis pas fatigué. Alors que, alors que, en fait, là maintenant, avant, j'étais tout le temps dans le speed, mais par contre, après, il me fallait des mois de récup, quoi. Des mois de récup et c'était terrible. Donc, écrire à temps plein, c'est hyper énergivore. J'ai déjà fait, beaucoup plus que raison des journées de je commence à 8h et je termine à 1h du matin, à me prendre la tête, à me forcer à écrire et tout. Maintenant, je vais te dire, des fois, j'écris le matin et j'adore ce que j'écris. Je sais ce que je dois écrire, mais juste, mon cerveau, il est en mode, là, non. Donc, ce n'est pas grave, je laisse tomber. Et puis, tu vois, hier, j'ai écrit un peu le matin. La journée, j'ai eu plein de trucs à faire. J'ai rouvert le PC, il était 21h, voilà, j'ai tapé 1500 mots et j'avais fait tous mes mots de la journée, même plus. Donc, tu vois, c'est, il faut vraiment, en fait, en tout cas, moi, ça marche sur moi, ça ne marche peut-être pas sur d'autres, mais me montrer que ce n'est pas une montagne, eh bien, en fait, c'est hyper facile. C'est comme pour lire des livres, dire, j'adore lire, mais avec ce que je fais à côté, je me dis, oh, un gros bouquin comme ça, je n'ai pas le temps, alors qu'en fait, tu as largement le temps. Bon, après, en janvier, j'ai lu 9 livres,

Ybelion — j'ai écrit 12 000 mots, je veux dire, en février, j'en ai lu 1,5, j'ai écrit 50 000 mots. Bon, voilà, il y a une grosse différence, mais... la vie n'est jamais stable, tu vois, l'équilibre bouge. Mais tu as dit un truc extrêmement intéressant, et ça, c'est sûr que ça aidera beaucoup de gens, effectivement, se donner la sensation que la montagne n'est pas si grosse, alors, ça arrive qu'il y ait des gens qui aient besoin de voir une immense montagne pour se dire, j'y vais, tu vois, il y a certains profils, ok, mais quelle que soit, en fait, la solution derrière, c'est, ok, comment je garde cette sensation pour vouloir aller, aller la grimper, quoi, et ça, après, ça devient très personnel, tu vois, c'est pour ça que moi, je suis croix et bannière contre toutes les méthodes secrètes qu'on pourrait dire, vouloir appliquer pour écrire un livre, moi, j'écris le matin de 6h à 9h tous les jours quand je suis dans mon process, si tu n'es pas du matin, ça te fait une belle jambe de savoir que c'est comme ça que j'ai écrit mon livre, tu vois, et par contre, aller s'interroger sur ce qui fonctionne pour nous, et ce qui est hyper intéressant dans ton partage, c'est qu'en fait, tu te rends compte que c'est une fois que tu te connectes à ça et que tu lâches prise, en fait, sur cette espèce de putain, il faut que j'aille vite, il faut que j'aille vite, il faut que je fasse, il faut que je fasse, en fait, c'est encore plus efficace et c'est ça qui est dingue et c'est impressionnant quand tu retires toutes ces espèces de verrous qu'il y a dans ta tête, tu as vraiment, ouais, comme si le brouillard, chacun aura son image, mais comme si le brouillard s'envolait, comme s'il y avait du soleil et puis plus qu'une seule direction, quoi, et puis tu y vas tranquillement, pas après, quoi, là, c'est hyper intéressant tout ce que tu partages, c'est incroyable que tu aies réussi à trouver ton rythme d'auteur quelque part, oui,

Elio Destrez — après, ça reste du taf, je veux dire, ça, ça, c'est sûr, mais en fait, ça m'a prouvé que je pouvais le faire, je me suis dit, en fait, je peux écrire un premier G en trois mois et du coup, je me suis dit, ça se trouve, cette année, j'écrirai un autre premier G, parce que j'ai d'autres projets en tête, mais alors qu'avant, je veux dire, ça me bouffait, je veux dire, je faisais beaucoup d'angoisse de performance, un sujet que j'aborderai d'ailleurs dans mon prochain roman, mais c'est quelque chose qui m'a énormément touché, honnêtement, c'est quelque chose sur lequel je veux vraiment sensibiliser parce que c'était vraiment des attaques de panique et puis, en fait, je répétais souvent la phrase je suis en train de devenir fou et j'avais vraiment la sensation d'être en train de devenir fou et en fait, mon copain, il a fait des recherches parce qu'il s'inquiétait beaucoup et en fait, il a trouvé que les personnes qui font des attaques de panique ou d'angoisse et qui disent je suis en train de devenir fou, c'est des angoisses de performance. Ton cerveau pense que tu es en train de devenir fou

Les angoisses de performance

Ybelion — en fait et c'est horrible. Genre, tu as l'impression

Elio Destrez — d'être au bord d'un gouffre

Ybelion — et que ce gouffre, il t'aspire, tu vois,

Elio Destrez — et c'était vraiment horrible à vivre, horrible à vivre. suffisait que je reçois un mail d'éditeur comme je l'avais eu quand j'avais parlé de bougie. J'étais en train de me balader à la FNAC, j'ai reçu le mail et j'ai fait une attaque de panique en fait, directe. Et c'est parce que je me mettais tellement de pression, tellement de pression de réussir, de ne pas échouer, etc. Et vraiment, bougie, ça m'a appris à prendre beaucoup de recul là-dessus, à se reconnecter à son écriture, à pourquoi on écrit, à savoir aussi se respecter parce que je ne me respectais pas du tout. Je veux dire, je faisais pas sport, des fois, j'oubliais de manger, je dormais très mal. Enfin, c'était terrible. Je me réveillais, la première chose à laquelle je pensais c'était d'ouvrir mon ordinateur au lieu de penser juste d'abord à me réveiller, à laisser mon corps rebouger, ma tête reprendre ses esprits.

Ybelion — C'est quelque chose sur lequel je veux

Elio Destrez — vraiment sensibiliser parce que cette angoisse, ça ne venait pas de moi, cette angoisse, elle venait parfois malheureusement de mes proches qui me disaient « Ah, ça t'as vu, tu te payes, donc tes personnes ? » Du système, de tout ce que la société nous demande d'être alors qu'en fait, on a juste à être. Juste ça. Il n'y a rien de plus simple à faire. Merci Elio.

Ybelion — Merci. Franchement, je te rejoins à 2000% sur tout ce que t'as amené. Si je peux glisser un conseil à ceux qui nous écoutent, t'as partagé quelque chose de très fort, cette phrase récurrente que tu te répétais « Je suis en train de devenir fou ». Les récurrences comme ça de phrases, quelles qu'elles soient, c'est intéressant d'en prendre conscience parce que c'est vraiment un signal faible qu'envoient le corps et l'esprit. En mode, là, il y a un truc qui ne va pas. Je vais te le répéter jusqu'à ce que tu aies compris et si tu ne comprends pas, ça peut exploser. Ça, c'est fou à quel point c'est important. En tout cas, j'invite les gens à être attentifs à ce qu'ils ressentent justement. C'est vraiment

Elio Destrez — super important parce que ce n'est pas quelque chose dont je parle forcément sur mes réseaux sociaux parce que ce n'est pas le lieu. mais vivre comme ça, ça apportait beaucoup de problèmes psychologiques, beaucoup de problèmes physiques aussi parce que mine de rien, ne pas faire du sport, même pas sortir parce que tu es trop dans ton processus d'écriture. Je ne voulais même pas faire de pause. Je ne voulais même pas sortir ma hérée et l'esprit. Maintenant, c'est une chose que je fais obligatoirement. Mais maintenant, je me remets en forme tout doucement et c'est très compliqué parce que tu as perdu ce réflexe de te remettre en forme, de te forcer à aller marcher, de te forcer à te remuscler un peu, à muscler ton dos. Je ne compte même plus

Le corps qui encaisse

Ybelion — les séances de kiné que j'ai eues tout simplement

Elio Destrez — parce que je ne pouvais plus être devant l'ordi sans avoir des maux de nuque, des maux de tête. C'est une pression monstre qu'on se met et que ce soit dans l'écriture ou dans tout autre travail, jamais on ne doit en arriver à ce stade. Jamais. Et même psychologique, c'est important de suivre ses souhaits, ses objectifs, mais c'est d'autant plus important de pouvoir prendre soin de soi et de pouvoir les réaliser parce que si ton corps te dit que ça ne va pas, il faut que tu l'écoutes absolument. Moi, je connais beaucoup trop de collègues qui ne s'écoutent pas et qui après mettent des mois à s'en remettre comme je mettais des mois à me remettre. Comme je connais beaucoup de collègues qui sont... Moi, j'ai 30 ans, j'ai signé à 30 ans. J'ai beaucoup d'autres collègues qui sont beaucoup plus jeunes que moi, qui sont dans la vingtaine et qui sont hyper stressés de ne pas avoir encore signé. Mais ce n'est pas grave. Le moment va arriver sûr, mais que tu signes à 23, 25, 28, 30 ans, ce n'est pas un souci. L'âge n'est pas un souci. Tu auras tout le temps de réaliser tout ce que tu as envie de réaliser. Et ça aussi, je remarque que c'est une grosse pression qu'on se met de devoir tout faire très jeune, avoir une maison jeune, des enfants jeunes, se marier jeune, trouver l'amour jeune, réussir jeune. Oh ! C'est beaucoup trop. On a le temps. Vous avez le temps. Et contrairement à ce que les gens pensent, 30 ans, ce n'est pas vieux. Je suis d'accord avec toi. Du coup,

« L'âge n'est pas un souci »

Ybelion — on était 95 aussi, j'imagine. Mais on est ensemble, du coup. Moi, une phrase que je me suis beaucoup répétée quand j'ai commencé à... Je le partage parce que c'est dans le thème, mais c'est une voiture qui ne s'arrête jamais, elle tombe en panne. Et c'est hyper... Je suis d'accord avec toi, ce n'est pas forcément évident de... Quelque part, tant que tu n'es pas

Elio Destrez — tombé en panne, tu as du mal

Ybelion — à comprendre cette phrase. Et puis après, c'est pour ça que c'est très important dans les impératifs parce qu'atteindre un rêve au prix de sa santé et de tout le reste et de tout ce qui nous entoure, c'est dommage. Donc, c'est pour ça que c'est important de prendre soin de soi physiquement et mentalement. Donc, ouais, de très bons conseils. Aller s'aérer l'esprit, faire du sport, c'est déjà deux bonnes choses. De bonnes choses. Mais c'est compliqué, je fais ça.

Elio Destrez — Je ne suis pas... Je ne suis pas encore un sportif, on ne peut pas dire ça. Mais tout doucement, s'y remettre tout doucement,

Ybelion — c'est bien. Moi, franchement, j'admire,

Elio Destrez — j'ai une très, très grande admiration pour mes collègues qui ont un travail à côté de l'écriture parce que je pense que si j'avais un travail à côté, je n'écrirais pas comme ça. Et je suis super admiratif de tous mes collègues qui arrivent à combiner tout ça, le travail alimentaire, l'écriture, le sport. C'est un niveau d'âme que je n'ai pas. mais vraiment, c'est super important de ne pas s'oublier entre toutes ces choses que la vie nous demande d'accomplir. Ouais, c'est clair. C'est clair. Et puis,

Ybelion — comme tu l'as dit, de démêler un peu tout ce qui vient pas forcément de nous, quelque part, toutes ces phrases, ces injonctions, ces croyances qui peuvent être portées par le système, la famille, bref, plein de choses. Mais après, tout ça, c'est important. Enfin, en tout cas, à mon sens, mais bon, ça forcément, c'est ma déformation professionnelle, mais c'est important de mettre des mots dessus pour pouvoir s'écouter. Et pour revenir sur le projet Bougie, du coup, sorti fin d'année, qu'est-ce que t'aurais envie de raconter d'un peu insolite sur Projet Bougie ?

Un personnage secondaire devenu préféré

Elio Destrez — Insolite ? Je ne sais pas si c'est vraiment insolite, mais j'ai un personnage secondaire qui s'appelle Silas, qui, de base, devait me servir juste de personnage secondaire dans le roman, qui, en fait, a pris une place pas principale, mais entre les deux. Et au point où j'ai un tome compagnon complet sur Silas et son histoire. Et j'ai aussi inventé sa magie, sans vraiment le prédire, mais, ni le prévoir, mais, ouais, j'ai inventé l'ostéomancie. L'ostéomancie, c'est un mot qui existe déjà, c'est lié à tout ce qui est,

Ybelion — je ne sais plus si c'était quoi la définition, mais, en gros, ça existe déjà l'ostéomancie, si tu cherches et tu trouves. Ouais, alors, là, je tourne, non, scapulomancie, forme d'ostéomancie, divination par l'examen, non, je crois que c'est ça,

Elio Destrez — c'est divination par l'examen des os. Ouais, voilà. Et en fait, Silas ne fait pas ça, il ne dévine pas les choses dans les os, etc., mais, bon, je ne vais pas spoiler, mais il a un pouvoir lié aux os, et en fait, je me suis rendu compte que, enfin, en tout cas, je n'avais jamais vu cette magie-là, après, je n'ai pas lu tous les livres, mais, mais, mais voilà, donc, il y aura un tome complètement compagnon pour Silas, que j'écrirai un de ses jours, non, pas longtemps, je pense, parce que c'est un univers vraiment très glauque et très creepy et très sympa, mais, voilà, Silas, en insolite, c'était un personnage qui, de base, ne devait pas du tout exister plus qu'une apparition ou deux, et finalement, c'est le personnage préféré de mon éditrice, pratiquement, avec son chat, et à chaque fois que des gens ont pu BL bougie, Silas, c'est toujours le personnage préféré, donc, je m'attends à ce que Silas soit le personnage préféré de pas mal de gens et je les comprendrai 100%, et tu vois, Silas, quand je l'ai écrit, enfin, quand je l'ai écrit, Silas, je suis toujours obligé de me dire qu'est-ce que moi, je ne ferai pas, parce que lui, il fait tout ce que moi, je ne ferai pas, qu'est-ce que la plupart des gens ne ferai pas, et c'est comme ça que j'ai écrit Silas, je fais tout mon contraire, et tout le contraire de la plupart des gens, parce que sinon, c'est un peu glauque, mais voilà.

Ybelion — C'est incroyable, c'est une idée très astucieuse pour aussi sortir un peu de ce qu'on peut connaître. là, c'est une question qui m'est venue tout à l'heure, c'est comment tu les trouves les noms de tes personnages ?

D'où viennent les prénoms

Elio Destrez — Ashton, ça a été, j'ai envie de dire, lui qui me l'a donné, parce que quand j'ai un personnage qui pop comme ça, dans ma tête, je me dis un peu, ok, t'es qui, et comment tu t'appelles ? Et puis, c'est un peu l'idée germée, tu vois. Et quand j'ai commencé à vouloir, enfin, à me dire, bon, moi, je vais me mettre sur Projet Bougie, le jour où j'ai été acheter ma nouvelle bougie, d'ailleurs, je suis allé dans une librairie, et en fait, j'ai fait tomber un livre, et quand j'ai ouvert le livre, il y avait un truc écrit sur la page, c'était Ashton. Et je me suis dit, bon, ok, c'est ton prénom. Il s'appelait Ashton. C'est réglé. Donc, pour lui, ça a été comme ça. pour Rune et Rohan,

Ybelion — c'est parce que j'aime beaucoup les prénoms mixtes. C'est deux garçons. Mais,

Elio Destrez — d'ailleurs, c'est super chiant, parce que quand j'écris sur Word, il veut toujours tout remplacer au féminin pour eux, mais c'est masculin. Mais, non, Rune et Rohan, j'aimais beaucoup le fait que les deux frères commencent par un R. J'ai un peu cherché, ça, j'avoue. Sorsha, c'est parce que j'aime beaucoup l'actrice Sorsha Ronan. Et, en fait, elle me faisait beaucoup penser à elle. Donc, voilà, j'ai pris ce prénom. Et, Scylla,

Ybelion — ça m'est venu naturellement aussi, comme ça. Après,

Elio Destrez — le livre, il a beaucoup de vibes sur l'Irlande, parce que ça parle beaucoup d'Halloween. Donc, il ne s'appelle pas Halloween dans le livre, mais c'est beaucoup inspiré de la fête d'Halloween. Et, du coup, je voulais garder les bases, les origines de la fête d'Halloween, donc l'Irlande. Donc, j'ai beaucoup cherché, tu vois, Sorsha, typiquement, j'ai cherché à avoir une espèce de cohérence quand même, comme ça. Mais, comme on est aussi sur un peuple qui est venu se réfugier sur Odenor, il y a eu un petit mélange, genre, tu vois, typiquement, Silas, Ashton, ça a des petites connotations anglophones quand même. Donc, voilà, comment ça s'est fait. Après les autres, il y a beaucoup de jeux de mots, en fait. Il y a beaucoup de jeux de mots aussi, surtout dans les noms de famille, typiquement, j'ai un personnage qui s'appelle Madame Cerfeuille, qui est super importante aussi. Et, elle n'a pas forcément de prénom, je ne sais même pas c'est quoi son prénom. Juste, tout le monde l'appelle Madame Cerfeuille. Donc, voilà, sinon, non, le reste, mais un peu venu aussi selon la personnalité du personnage. Et,

Ybelion — voilà. Trop cool. Trop cool. Et, qu'est-ce qu'on pourrait te souhaiter pour le projet Bougie ? Du succès. Du succès. Je te souhaite vraiment beaucoup de succès. En tout cas, moi, j'ai très hâte de découvrir, de découvrir cet univers. Alors, tu vois, je te l'avais dit, le, la magie des bougies, je trouve que c'est une idée fantastique. Mais là, en discutant avec toi, tout le côté peut-être un peu intime et personnel que tu mets dans tes personnages, je trouve que ça leur donne une âme que j'ai envie de découvrir. Et c'est ça, je crois, qui me parle le plus à chaque fois quand j'échange avec les auteurs, c'est de ressentir ce qu'ils peuvent y mettre et de dire, ok, quand je vais découvrir, je rencontre les mêmes enjeux que toi pour la lecture. Je ne suis pas forcément très assidu en ce moment. mais quand je découvrirai, finalement, ça va me rappeler un peu toute notre discussion et probablement reconnaître quelques traits et c'est trop cool.

Elio Destrez — J'espère que tu apprécieras ta lecture. Oui, carrément. Et de toute façon,

Ybelion — on en reparlera. Mais écoute, moi, je te souhaite effectivement le meilleur pour ce projet. Bravo pour toute la persévérance que tu as inculquée à Ashton et dont tu as fait preuve pour en arriver jusque là. et merci d'être venu raconter tout ça. Avec grand plaisir.

Elio Destrez — Merci de m'avoir invité. C'était vraiment très chouette

Ybelion — de pouvoir échanger avec toi. Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada

Épisode 99 avec Elio Destrez

AU MICRO AVEC

Elio Destrez

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UN AU HASARD, ET LES DEUX D'À CÔTÉ

Ose Écrire, épisode 112

ÉPISODE AU HASARD · N°112

Écrire pour changer le monde - Discussion avec Léonie Bloom

Épisode 112 avec Léonie ! On parle d'écriture, de transmission et de double temporalité avec Léonie Bloom, dont le nouveau roman Le Voyage de mille lieux paraît chez HarperCollins. On évoque cette matinée où elle prépare le petit-déjeuner d'un hôtel à 6 heures, regarde le café couler, et se demande soudain : « mais pourquoi je suis pas écrivaine, moi ? ». On aborde la grève des Sardinières de 1925, la lutte contre la centrale de Plogoff et cette lignée de femmes bretonnes qui devient le cœur du roman. On explore l'instant où Léonie confie à son éditrice « j'écris pour changer le monde » et reçoit cette réponse magique : « super, comment on peut t'aider ? ». On parle aussi de sa newsletter, vraie lettre envoyée à ses lecteurs tous les 15 jours, du syndrome de l'imposteur qui frappe après un succès, et de cette anecdote inoubliable où elle passe une journée d'immersion chez un éleveur de porcs. On découvre enfin pourquoi une licorne a parfaitement sa place dans le monde, et pourquoi le boulot d'un auteur ne sera jamais d'être irréprochable en orthographe.

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Les discussions du podcast sont ouvertes à celles et ceux qui osent. Viens partager ton chemin d'écriture au micro.

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