Chez Elio Destrez, la réponse est douze. Quatorze maisons contactées, douze réponses déjà tombées, toutes négatives ou en « oui mais non ». Il écrit à temps plein depuis cinq ans, il a un manuscrit précédent rangé au tiroir, et il attend les deux dernières réponses.
Le treizième mail arrive pendant qu'il est à Japan Expo avec son copain. Il préfère attendre d'être rentré pour l'ouvrir, persuadé que c'est le bon. Le mail loue le livre, dit avoir ressenti énormément d'émotions, puis refuse. Il s'effondre. Son copain pense qu'il va arrêter d'écrire.
Ce qu'il fait ensuite est ce qui m'intéresse le plus. Il décide d'arrêter de s'investir dans l'attente. Sa formule : j'ai fait tout ce que je pouvais, la suite ne m'appartient plus. Deux semaines après, deux oui tombent.
Je ne crois pas au hasard mystique là-dedans. Je crois que continuer à courir après un résultat qui ne dépend plus de nous consomme exactement l'énergie dont on a besoin pour la suite.
Dans cet épisode, on parle aussi du mur de bougies devant lequel son système de magie est né, du tableau Excel qui lui a fait écrire six fois plus que prévu, et de la méthode des sept post-it.
LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE — CLIQUE UN SLIDE POUR L'AGRANDIR
Face B — le transcript
L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE
Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !
Tu cherches un passage précis ? La table d'écoute passe les transcripts de tous les épisodes au peigne fin.
Bienvenue dans l'épisode 99
Ybelion — Yo yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans l'épisode 99 d'Ose Écrire. Et aujourd'hui, j'ai
l'immense plaisir d'accueillir Elio. Il nous partage son processus créatif, on échange autour de ses défis
personnels liés à l'écriture, la manière dont ses personnages l'accompagnent, la magnifique magie des bougies
qu'il a inventée, et on discute aussi de comment on trouve un équilibre entre créativité, santé mentale et
succès littéraire. Je vous souhaite une très bonne écoute et je vous dis à très vite. Moi, c'est Sam Ybelion
de Mon Nom de Plume. Je suis écrivain, coach, et j'accompagne celles et ceux qui veulent renouer avec leurs
rêves d'écriture. T'écoutes un podcast dont l'intention est simple, te donner inspiration, outils, motivation,
discipline, bref, tout ce qui peut te permettre d'oser écrire. En gros, c'est un peu dans le titre, quoi. Ose
écrire. Ça va être un sujet intéressant.
Elio Destrez — Ouais, les livres, ils sortent en octobre, là, sur les bougies. Et franchement,
c'est cool. Avoir inventé une magie comme ça, ça me laisse plein de liberté.
Ybelion — Donc, c'est trop bien. Comment tu te sens en ayant cette date, là, d'octobre ?
Elio Destrez — Bien, franchement serein. Au début, c'était un peu paniqué et tout, mais maintenant,
hyper serein, en vrai. Je suis vraiment bien accompagné, donc j'ai de la chance là-dessus.
Ybelion — Non, je suis vraiment... Parce que j'ai vu, du coup, dans ton bilan 2025 que tu avais signé
l'année dernière. Ouais. Du coup, il y aura eu un delta de combien de temps entre la signature et le...
Elio Destrez — J'ai signé en juillet 2025. Enfin, j'ai eu mon oui en juillet 2025. Ok. Je l'ai
signé en septembre-octobre et il sort un an plus tard.
Ybelion — Ok, ouais. Ok. Et alors là, quand tu te... Parce que ça doit être... Enfin, tu vas me dire,
mais... Quand tu vois que c'est acté, donc que le livre va sortir, le mec qui a un delta d'un an, c'est
comment, genre, des émotions ?
Elio Destrez — Il y avait un delta de deux ans.
Ybelion — Ah ouais ?
Le déjeuner qui fait gagner un an
Elio Destrez — Je suis en 2027, ouais. Ok. Et j'ai mangé avec mon éditrice, c'était en septembre
l'année dernière, du coup. Et elle me dit, écoute, avec ma boss, on se dit que c'est trop dommage, en fait,
d'attendre super longtemps. Donc, si t'es... Enfin, si t'es prêt à travailler, quoi, on sort en 2026. Et moi,
je suis en mode, bah, let's go. Moi, je suis prêt à travailler. Mais en fait, c'est parce que... Quand j'ai
signé... Enfin, elle m'a donné son oui en juillet. Et si tu veux, le temps qu'il fasse les contrats, etc. Ben,
j'avais pas le contrat en septembre. Donc moi, j'étais un peu en mode, d'accord, mais je veux une preuve
écrite que vous me préparez un contrat, etc. Enfin, tu sais, un peu sécure, quoi. Et bref, et... Et dans le
mail, à bout d'un moment, elle me dit, ben, je te souhaite des bonnes vacances. Moi, je suis en vacances et
tout. Et elle me dit, je reviens tel jour. Et elle me dit, t'as prévu quoi ? Je dis, ben, moi, j'ai pas
vraiment de vacances parce que j'écris à temps plein. Et puis bref, et quand on a mangé ensemble en septembre,
elle m'a dit, ah, quand tu m'as dit que t'écrivais à temps plein, je suis revenu de vacances. Et j'ai dit à ma
boss, mais en vrai, puisqu'il écrit à temps plein, il pourrait bosser dessus tout de suite, quoi, en fait. Et
en fait, c'est ça qui m'a sauvé. Genre, c'est ça qui a fait que je sors un an plus tôt. Sinon, je serais en
2027.
Ybelion — Et effectivement, ça amène la particularité que t'assumes pleinement, qui est, moi, je fais
ça à temps plein. Et on va sûrement en reparler. Et là, quand tu dis travailler, c'est déjà sur le retravail
du premier. Et le deuxième, c'est ça, parce que si j'ai bien compris, c'est une duologie.
Elio Destrez — Ouais, c'est une duologie. Ben, ouais, j'ai commencé à travailler sur le tome 1,
ben, directement en septembre, en fait, dès qu'elle m'a dit que je sortirai en 2026. Si tu veux, elle m'a fait
d'abord, enfin, elle a relu le manuscrit avec des commentaires. Donc, elle m'a mis des commentaires
d'amélioration, de réécriture. Et vu que j'étais monté à Paris pour qu'on se voit, elle m'a emmené dans les
locaux. Et on a fait tout un brainstorming dans les locaux. Parce que, si tu veux, moi, la quête de la
duologie, elle devait durer sur les deux tomes. Donc, elle, elle était plutôt en mode, la fin de ton tome 2,
il faudrait l'amener dans le tome 1. Moi, je t'enlève pas de challenge. D'accord ? Je dis, ouais, mais ça
enlève, ben, du coup, plein de trucs à voir et à faire, quoi. Et du coup, on a vraiment brainstormé pour
reconstruire le tome 2. Parce que le livre, il parle de résurrection, mais il parle aussi de quête d'héritage,
de savoir d'héritage. Donc, en fait, ce qu'on a fait, c'est qu'on a basé la résurrection sur le tome 1 et
continué l'héritage sur le tome 2.
Ybelion — Vas-y, pardon, je te laisse.
Elio Destrez — Non, mais du coup, c'était super cool. Parce que, si tu veux, moi, avant de me faire
publier, je pensais que j'étais vachement restreint. Parce que tu sais pas trop, en fait, qu'est-ce qui fait
que tu vas être publié ? Quelles limites tu peux pas dépasser, etc. Et en fait, ça m'a vraiment montré que...
Parce que, au bout d'un moment, si tu veux, on était dans une impasse. Genre, elle aimait pas spécialement ce
que je proposais. Moi, j'aimais pas spécialement ce qu'elle proposait. Puisqu'au moment, je lui ai dit, ben,
écoute, j'ai une solution. Mais ça serait vraiment faire des gros fucks au lecteur. Donc, c'est toi qui vois.
Et quand je lui ai dit, elle m'a dit, j'adore. On va partir là-dessus. Donc, tu vois, ça va montrer que tu
peux aussi explorer plus de choses.
Ybelion — Ouais, putain, il y a trop de trucs intéressants. Je le glisse là, parce que je vais rebondir
dessus après. Mais la thématique de la résurrection, j'ai vu que tu parlais beaucoup du Seigneur des Anneaux.
C'est un truc qui m'intéresse trop. J'aimerais bien qu'on revienne dessus après. Mais là, sur ce que t'amènes,
sur l'aspect du coup de brainstorming qui rebondit, et parfois, tu te rends compte, t'es pas d'accord. Enfin,
personne n'est d'accord, mais qu'en fait, c'est à ce moment-là que justement, la bonne intelligence doit te
conduire à trouver une solution. Et quand tu dis fuck au lecteur, c'est quoi derrière ? C'est genre ça va
aller...
Elio Destrez — En soi, je peux pas trop le dire, sinon ça se spoil. Ouais, ok, ok. Mais si tu veux,
c'est vraiment prendre un schéma qui est pas du tout classique. Trop bien. Dans le livre, on pourrait penser
que c'est un schéma classique et en fait, pas du tout. Et je veux dire, il n'y a pas... Enfin, c'est pas du
tout ce truc de « Oh, ils vont souffrir, etc. » parce que moi, j'aime pas du tout vendre la souffrance, tu
vois. Mais on sort d'un schéma classique, entre guillemets, tu vois. Donc, c'est... Après, je dis pas que
c'est révolutionnaire, du tout. Mais c'est pas du tout le schéma classique du héros qu'on va retrouver en
fantasy.
Ybelion — Young Adult, quoi. Ah bah c'est trop cool, en vrai. Évidemment, c'est le côté révolutionnaire
des idées. Bon, c'est un peu tout le truc. Bon, finalement, toutes les idées existent, tu vois. Après, c'est
la manière dont tu les exploites. Le truc un peu plus révolutionnaire, entre grosses guillemets, ça serait la
magie des bougies parce que c'est du jamais vu, mais... Ouais, ça, c'est trop cool. Raconte-moi un peu comment
ça t'est venu, cette idée de magie des bougies.
« Ce n'est plus entre mes mains »
Un mur de bougies, un sorcier
Elio Destrez — Eh bien, c'est très simple. Moi, j'ai un petit rituel d'écriture, c'est que j'ai
toujours eu une bougie quand j'écris. Encore. OK. Et quand j'écrivais mon ancien manuscrit, L'Enfant du
siècle, du coup, j'avais une énorme bougie, tu sais, qui met genre mille ans à brûler le truc. Et vraiment,
elle m'avait accompagné tout le long du manuscrit. Et bizarrement, quand j'ai fini le manuscrit, la bougie
était finie aussi. Donc, je me suis dit, il faut que j'en achète une pour le prochain. Et je suis allé dans
une boutique où il y avait, tu sais, une espèce de grand mur de bougies de toutes les couleurs, de toutes les
formes, etc. Et en fait, Ashton, mon personnage principal, je ne savais pas qu'il s'appelait Ashton à ce
moment-là, était déjà dans ma tête. Donc, la manière dont se présente un personnage est très bizarre. Ashton,
encore plus. Donc, c'est vraiment comme des espèces de petites entités comme ça qui popent dans ma tête, tu
vois. Après, j'étais devant le mur et je me suis dit, bon, vas-y, je prends laquelle. Et en fait, j'ai
entendu, Ashton qui me dit, ah bah tu vois, ça, c'est ce que je fais. Je suis un sorcier des bougies. Et puis,
là, à partir de là, les idées ont fusé, quoi. Tellement de possibilités avec les formes, les couleurs, les
cires qu'on peut exploiter. Je ne sais pas si tu as déjà vu aussi les petits créateurs qui font des bougies
avec des plantes dessus de différentes couleurs, des dégradés, etc. Enfin, ça a été tout d'un coup un monde
qui s'est offert à moi. Et après, les complications que j'ai trouvées dans l'écriture, c'est que j'arrivais
très facilement à créer des bougies qui jouent sur le psychisme. Donc, par exemple, pour aider au sommeil,
etc. Je ne vais pas dire les noms des bougies parce que c'est un peu la surprise du livre. Mais des bougies
qui aident généralement comme des médicaments pour aider maintenant, tu vois. Et en fait, j'ai une amie
illustratrice, Jun Kulkou, qui m'a aidé à créer des bougies aussi qui jouent plus dans l'action, tu vois.
Donc, des bougies qui peuvent aider au combat, aider à se sortir de situations, enfin, ce genre de choses. Et
j'ai même des bougies qui maintenant pourraient être des téléphones portables, tu vois. Donc, c'était vraiment
super sympa à exploiter. Et j'espère que ça plaira.
Ybelion — Moi, je trouve que c'est une idée fantastique. Ce qui me fascine assez dans ce que tu
racontes, c'est le côté en apparence très simple. En soi, on parle d'une bougie, tu vois. C'est commun, on en
voit quasiment tous les jours. Et d'arriver à en construire quelque chose d'aussi intéressant et d'aussi vaste
quelque part, après tu l'exploites et puis les fils se tirent et c'est incroyable. Je trouve que c'est une
trop bonne idée. C'est pousser vraiment l'imagination à regarder un objet complètement statique et t'imaginer
à quoi il pourrait te servir si tu avais magie illimitée, quoi. C'est incroyable. C'est une super bonne idée
ne serait-ce que pour travailler la créativité. En vrai, on va prendre n'importe quel objet et te demander
s'il était magique, qu'est-ce qu'il te permettrait de faire. C'est incroyable. C'est incroyable. Et c'est une
idée que tu as eu quand ?
Cinq ans à courir après un oui
Elio Destrez — Alors, j'ai eu cette idée, c'était en août 2025, non, 2024, du coup. août 2024,
parce que j'avais, si tu veux, j'avais fait des pitches sauvages aux Imaginales pour L'Enfant du siècle et
j'avais eu vraiment pas mal de contacts. C'était vraiment hardcore cette année-là. J'avais couru après les
éditeurs, j'avais payé une éditrice pour qu'elle me coach. Enfin, tu vois, j'ai vraiment tout donné. et j'ai
eu, entre guillemets, un petit coup de mou parce qu'il y avait eu de l'enthousiasme et finalement, ça n'a pas
abouti. Donc, dans mon cas où tu passes depuis cinq ans le plus clair de ton temps à essayer de te faire
publier pour en vivre un jour, espérer en vivre un jour, c'était très démoralisant. Donc, tu sais, quand tu es
dans cette optique, tu ne cherches pas à prendre ton temps, entre guillemets. Moi, l'Enfant du siècle n'avait
pas fonctionné. Je me suis dit, ok, je le range dans le tiroir et j'en commence un autre. Sauf que celui que
j'ai commencé, du coup, c'était du coup Projet Bougie. Mais ce n'était pas vraiment dans l'optique de
publication. C'était vraiment dans l'optique de renouer avec l'écriture parce que justement, j'avais charbonné
comme un dingue et j'avais envie de retrouver un peu cette essence de pourquoi j'aime écrire. Et donc, je l'ai
commencé très tranquillement en septembre parce que c'était l'automne. Donc, je me suis dit, bon, ça tombe
bien. C'est un livre d'automne. Très tranquillement. Et puis, je m'étais dit, tiens, je vais faire un petit
post Instagram pour présenter le projet histoire d'en parler un peu et de passer un peu à autre chose. Et en
fait, le post a très, très bien marché. Je ne m'y attendais pas. Et de ce post a découlé le fait que j'ai eu
des mails d'éditeurs qui m'ont dit, ouais, j'ai vu ton post sur Instagram. On serait intéressé par le projet.
Et j'étais en mode, ben, tout doux les gars, il y a cinq chapitres. Je ne m'attendais vraiment pas. Et tout de
suite, en fait, le projet a intéressé. Et je l'ai écrit après, tranquillement quand même. Et j'ai compris que
je tenais un truc. Je me suis dit, bon, il va falloir que je me bouge comme je l'ai fait pour les autres.
Donc, ben, pareil, je me suis répréparé au pitch. J'ai fait des flyers. J'ai commandé des illustrations. J'en
ai parlé sur Instagram. Ça a hypé tellement de gens. Et je suis allé à Livre Paris, du coup, l'année dernière,
en avril. Je l'ai pitché à plusieurs maisons. J'ai eu un oui, d'ailleurs, d'une de ces maisons, mais que du
coup, je n'ai pas accepté parce que je suis allé chez Milan. Et j'ai été pris aux rencontres des Imaginales.
Je ne sais pas si tu connais. Tu connais, ok. Donc, j'ai été pris aux rencontres l'année dernière. Et c'est
là-bas où j'ai rencontré Milan et avec qui j'ai signé. Et oui, j'ai eu deux oui. Et en vrai, j'avais beaucoup,
beaucoup d'éditeurs qui étaient très, très intéressés. Je crois qu'en juillet, j'attendais 14 réponses de
maisons d'édition intéressées. Et vraiment, des fois, ça s'est joué à un cheveu. Des fois, c'était... J'ai
reçu des mails de... Moi, j'aurais bien voulu, mais ce n'était pas unanime, etc. Et j'ai eu, du coup, beaucoup
de contacts qui me disaient « Ben, tes prochains textes, envoie-les, on va regarder. » Enfin, vraiment, j'ai
découvert qu'il y avait pire que le non. Il y avait le « Oui, mais non. » Tu vois ? Donc, non, franchement,
c'était des bonnes expériences. Je ne regrette pas du tout toutes les étapes par lesquelles je suis passé et
recevoir des non, c'est aussi... Ça fait partie aussi du processus. Et en soi, je veux dire, les non étaient
hyper bienveillants et il y avait toujours des compliments vraiment super et des contacts qu'on m'encourageait
à garder. Donc, voilà.
Le post Instagram qui change tout
Ybelion — Elle donne trop le smile, ton histoire. Je trouve ça trop cool. Bravo, en vrai, pour tout le
chemin parcouru. Ce qui m'a marqué, je me permets de te faire un partage, c'est... J'ai entendu, tu vois,
l'année un peu difficile où le texte ne te trouve pas preneur et où tu te dis « Bon, putain, c'est dur, quoi. » Vraiment, on sent le côté dur. Et à ce moment-là, le lâcher pris sur... En fait, j'ai envie de, moi, kiffer
mon écriture. Et je ne saurais pas trop t'expliquer pourquoi, mais c'est ce que je peux observer aussi chez
les gens, c'est que la plupart du temps, c'est vraiment quand tu lâches prise sur cette volonté ou en tout cas
d'écrire pour être publié. Alors, c'est extrêmement paradoxal ce que je vais dire, mais c'est quand tu lâches
prise sur ce truc-là, que tu embrasses vraiment pleinement qui t'es et ce que tu aimes faire dans l'écriture.
Et c'est là que tu crées des trucs qui intéressent vraiment les éditeurs, quoi. Et c'est très difficile,
enfin, ce n'est pas facile à faire. Il y a une histoire de lâcher prise derrière, de, OK, en fait, je vais le
faire pour moi et je verrai l'étape d'après, quoi. Et ça, là, on le sent dans ton partage que quelque part, ça
a grandement joué parce que le fait que tu te reconnectes à ce que tu kiffes en écriture, c'est
probablement... Enfin, ce n'est pas probablement, c'est sûr que c'est ça qui a touché aussi les éditeurs. Et
après, il y a l'étape du partage aussi qui est hyper touchante. Voilà, tu partages sans vraiment en attendre
quoi que ce soit et puis, en fait, tu te rends compte que les gens trouvent ça génial. Et sincèrement, tu
vois, moi, c'est ce que j'ai vu hier aussi. Je pense que la plupart des gens, c'était ça. Putain, de la magie
des bougies, trop cool, tu vois. Et tout de suite, ça t'intrigue. Et donc, bravo pour tout ça. Franchement,
c'est grave inspirant. C'est grave inspirant. Vas-y, excuse-moi. Non, t'inquiète, j'allais dire, et on sent en
fait que t'as vraiment... Alors, il y a cette histoire de lâcher prise qui est vraiment difficile, mais
au-delà de ça, t'as professionnalisé le truc et puis, tu te donnes quoi. Parce que, pour faire la petite
parenthèse sur les rencontres imaginales, si je devais résumer brièvement, globalement, c'est un speed dating
avec des éditeurs quoi, où t'as très peu de temps et tu dois pitcher ton roman. Et tout ça, ça se prépare.
C'est pas évident de pitcher un roman de manière fluide et rapide en présentant tous les enjeux, toutes les
intentions. Donc, ouais, on sent que tu te donnes à fond et c'est cool de voir que la mayonnaise prend quelque
part après ces années-là.
Flyers, budget : rien sans rien
Elio Destrez — De toute façon, on n'a jamais rien sans rien. Je veux dire, j'étais très naïf du
milieu de l'édition il y a encore quatre ans en arrière. C'est en discutant avec des auteurs, en discutant
aussi avec des éditeurs, en t'intéressant aux autres, tu peux facilement apprendre et mettant aussi un peu le
budget aussi. les flyers, ils ont tous fait sensation parce que j'avais passé des commissions, parce que les
flyers fallait les payer quand même. J'avais fait tout le design, etc. Ça prend du temps, ça prend de
l'argent, ça prend de l'énergie. Mais j'ai envie de dire que c'est jamais mal placé. Si t'as vraiment envie
d'y arriver, c'est jamais mal placé. Même si ça paye pas, je veux dire, tout ce que j'ai dépensé pour L'Enfant
du siècle, je me dis pas, oh, ça sert à rien. Je sais qu'un jour, le livre, je vais le placer quelque part.
Mais quand, je sais pas. Mais un jour, je ressortirai les illustrations et je pourrai faire de la com' avec.
Et c'est pas, je me dis pas du tout que ça sert à rien. Et pour Bougie, j'ai pas du tout hésité à recommencer.
Mais c'est vrai que pour rebondir sur le fait de lâcher prise, etc. J'avais pu en discuter avec une éditrice
qui avait étudié mes deux autres textes où elle me disait, elle avait déjà lu un peu les débuts de Bougie. Et
quand on se fait rencontre aux Imaginales, elle me disait, on ressent que c'est vraiment toi, en fait. Elle me
dit, là, c'est complètement ton imagination, c'est quelque chose qui part de A à Z. Donc bien sûr, t'es
toujours biaisé par des choses que t'aimes ou que tu vois et que tu vis. Mais elle me disait, t'as vraiment
pris en maturité, tu oses enfin te montrer. Et c'est une des choses, parce qu'elle connaissait mes anciens
textes, qu'elle avait beaucoup aimé à travers Bougie. Donc c'est vrai que je pense que c'est quelque chose
d'important de des fois se poser la question, s'arrêter de se dire, ok, alors, pourquoi j'écris en fait ? Bien
sûr, j'écris parce que je veux en faire mon métier. Moi, personnellement, je pense que si je fais autre chose
qu'écrire, je meurs. Et c'est même pas pour rire ou quoi, je peux faire que ça de ma vie. mais il y a eu ce
moment où j'étais tellement dans le il me faut un oui que j'avais complètement oublié ce plaisir en fait
d'écrire. Et je pense que c'est vraiment Ashton qui est venu un peu me secouer les plumes et me dire moi, je
vais te montrer pourquoi tu écris quoi en fait.
« Si je fais autre chose qu'écrire, je meurs »
Ybelion — Ouais, c'est trop cool en vrai. Tu sais que sémantiquement, il y a un truc intéressant dans
ce que tu dis : c'est que tu étais dans un « il faut écrire ». Et là, tout de suite, bon, après, c'est ma
posture de coach, mais là, j'entends une injonction, tu vois. C'est qui, « il » ? Qui te dit « il faut écrire », tu vois ? Et quand le lâcher prise, il se passe dans le « il faut », en fait, « j'ai envie ». Et ça rejoint
le… Je suis trop content que tu poses cette question, parce qu'à mon sens, c'est le nœud central de
l'écriture. C'est pourquoi j'écris, pourquoi j'aime écrire. Quelle idée de s'infliger un processus de
plusieurs mois ou plusieurs années si tu détestes chaque pas, tu vois ? Et vraiment, ça, c'est le nœud. C'est
trop cool que tu aies mis le doigt dessus. Et très souvent, les personnages qu'on invente qui viennent nous
mettre des petits coups pour nous rappeler tout ça. C'est incroyable. C'est vrai. Et si tu devais retenir
peut-être une des grandes leçons que tu as appris Ashton, ce serait quoi ?
La leçon d'Ashton : persévérer
Elio Destrez — Ashton m'a appris d'être persévérant. Genre vraiment, c'est un personnage de base
persévérant. Et je pense que… Enfin, une petite anecdote, parce que, mine de rien, le parcours n'a jamais été
facile. Même si je prends et toujours énormément de plaisir à écrire, la vie, quand elle te rattrape à côté…
Et que, financièrement, on ne va pas se mentir, je n'ai pratiquement rien en finance, parce qu'aux yeux de la
société, je ne travaille pas, n'est-ce pas ? Même si je me suis acharné tous les jours pendant 5 ans.
Financièrement, tu vois, c'est difficile. Mentalement, c'est difficile aussi. Et tu vois, cet été, quand
j'attendais les réponses… Donc j'attendais 14 maisons d'édition qui devaient me répondre, et là, tu vois, j'en
avais genre 12 qui m'avaient répondu et c'était des oui, mais non ou des non. Et je me souviens que j'étais à
Japan Expo avec mon copain, et j'ai reçu une réponse. Et on était à la rentrée de la Japan, et je lui ai dit :
écoute, je préfère attendre qu'on soit au BNB avant de regarder, parce que, comme ça, en public, je ne peux
pas. Et personnellement, j'étais sûr que j'allais recevoir un oui. Et quand je suis rentré et que j'ai lu que
c'était vraiment… Le mail, c'était : waouh, ton livre était extraordinaire, tu nous as fait ressentir
tellement d'émotions, mais non. Et là, je me suis effondré. Je crois que c'était la première fois que j'ai
souffert à cause de l'écriture. Là, vraiment, je me suis effondré. Mon copain, il s'est même dit : ok, donc
là, en fait, il n'en peut plus, il va arrêter. Et, et vraiment, j'étais au plus bas et je me suis dit, bon, en
fait, maintenant, je lâche prise. Peu importe ce qui se passe, là, je ne peux plus. Je vais arrêter de
m'investir et d'attendre comme ça parce que je me fais du mal tout seul. Et deux semaines plus tard, j'ai eu
deux oui. Donc, voilà. Je pense que c'est très dur, l'attente comme ça. C'est le plus dur. Mais je pense que
il ne faut vraiment pas miser sur soi dans ces moments-là. Il faut juste dire, moi, j'ai fait tout ce que je
pouvais. Et maintenant, tout ça, ce n'est plus entre mes mains. Ça ne m'appartient plus et on verra bien ce
qui se passe. Si ça marche, tant mieux. Si ça ne marche pas, j'encaisse le coup et après, je me relève. Et je
pense que c'est une des choses qu'Ashton m'a appris parce qu'il est vraiment comme ça aussi. Il y a plein de
choses qui ne marchent pas pour Ashton et souvent, ça le frustre beaucoup. C'est quelqu'un qui gère très mal
la frustration. Mais après, il se remonte les manches et il dit, bon, on va réessayer pour ses bougies parce
qu'Ashton, dès qu'il a sa marque, il est très mauvais. C'est un très, très mauvais céromancien. Et ça le
frustre énormément parce que sa mère, c'est une des meilleures, pour ne pas dire la meilleure du royaume. Et
lui, il fait une espèce de calque comme ça sur sa mère. Donc, il est hyper frustré d'être pas mauvais mais
bof. quoi. Et c'est justement cette frustration et cette hargne qu'il a d'y arriver qui va faire qu'il va
devenir un bon céromancien. Je pense que c'est un peu peut-être un miroir de mon processus aussi. Voilà.
Le mail reçu à Japan Expo
Ybelion — Merci pour ton partage. En vrai, c'est incroyable. En vrai, ça me touche, parce que ça fait
écho aussi à ce que moi, je peux vivre par l'écriture et ce que je peux voir chez les gens. Tu vois, c'est
marrant, parce que la fois où ça m'est arrivé, tu vois, cette espèce de réalisation que mon personnage était
en train de vivre un processus que je vivais moi-même… Ça m'a vraiment fait une espèce de choc, tu vois. Comme
un miroir qui se brise, et tu te retrouves un peu face au vide, tu vois. Et comme j'en avais jamais vraiment
trop parlé, j'avais vraiment l'impression que c'était une espèce d'occurrence un peu obscure, tu vois. Et en
fait, je me rends compte, à force de discuter avec les auteurs, que c'est assez commun, tu vois. Ce moment où
tu dis : en fait, ce qu'il est en train de vivre, c'est peut-être pas pour rien, parce que je le vis moi-même,
je le vis moi-même. C'est fou. Je n'ai pas les mots vraiment pour expliquer ce truc-là. C'est assez fou, le
parallèle qu'il y a entre les personnages et ceux qui les écrivent.
Elio Destrez — D'à côté, ce n'est pas trop étonnant. Je pense qu'on chemine à travers nos
personnages.
Le personnage qui portait une force cachée
Ybelion — Bien sûr, c'est vrai. C'est vrai. C'est vrai. Est-ce qu'à part Ashton, il y en a un autre
qui t'a marqué comme ça ?
Elio Destrez — Sorsha, ma chevaleresse. Ce n'est pas un personnage auquel j'étais attaché. Enfin,
pas pareil qu'Ashton, tu vois. J'étais... Ouais, je l'aimais bien, mais ce n'était pas un gros attachement. Et
c'est un personnage qui est resté très, très secret avec moi tout le long du livre. Et c'est mon éditrice, en
fait, qui a vraiment renoué le lien entre moi et Sorsha. Parce que, si tu veux, dans la réécriture, l'une des
choses que je devais le plus développer, c'était elle. OK. Donc, dans la réécriture, c'était très dur,
honnêtement, de la développer. Je n'arrivais pas trop à communiquer avec elle. Elle restait très en surface.
Et maintenant, je pourrais dire que c'est sans doute l'un de mes personnages préférés. Et en fait, je me suis
rendu compte que Sorsha, elle avait le courage de faire des choses que moi, je n'ai pas. Et que pourtant, je
voudrais. C'est, je pense, un personnage qui n'est pas égoïste, mais qui veut tellement s'en sortir qu'elle
est prête à tout. Et je pense que je suis un peu comme ça aussi. C'est peut-être un peu une partie sombre de
moi où je me dis moi, moi, j'ai un rêve. Enfin, j'ai un souhait parce que je n'aime plus dire les rêves, mais
j'ai un souhait et cette vie, c'est moi qui la vis. Je veux dire, j'ai beau avoir des gens autour de moi,
etc., je me dis souvent quand je serai dans la tombe, je n'ai pas envie de regretter, en fait. Je n'ai pas
envie de me dire que j'ai eu une vie bof ou que je ne me suis pas donné pour faire ce que j'avais envie de
faire. Donc, généralement, quand j'ai un objectif, vraiment, je donne tout de moi, vraiment absolument tout.
Et un peu comme elle, je suis vraiment prête à me donner à 100%. Peu importe les obstacles que je vais
rencontrer, peu importe tout, en fait. Je me dis que les choses vont s'aligner parce que je sais qu'elles
seront en accord avec moi et les choses se sont toujours alignées. Mais si elles ne s'alignent pas, je
commence à me poser un peu des questions, tu vois. Mais, non, Sorsha, ça a été un très, très gros coup de cœur
pendant la réécriture. J'ai adoré la développer et d'ailleurs, mon éditrice m'a dit c'est top, franchement,
c'est trop bien. Et en plus de ça, ça l'a rapproché d'Ashton donc c'était vraiment très cool d'écrire de
nouveaux échanges entre eux. Voilà, je ne peux pas trop en dire sinon, sinon, je vais trop parler du livre et
je ne voudrais pas cacher des surprises ou des choses comme ça. Mais c'est un personnage qui est vraiment très
fort, qui est très téméraire et je pense que je m'y retrouve un peu. En fait, dans ma vie, on m'a souvent
caché mes forces. On m'a souvent dit que je ne l'étais pas ou que j'étais trop sensible parce que je suis
hyper sensible, tu vois. Ou que, oh, tu pleures pour ça, oh, tu es sensible, tu vois. Et je pense que Sorsha,
elle incarne vraiment toute ma force que les gens ne voient pas ou que, en tout cas, les plus intelligents
voient. Mais, ouais, c'est... Elle a vraiment des forces et elle fait des choix que j'ai envie de faire, que
potentiellement, je suis en train de faire dans ma vie. Et c'est un long cheminement à travers elle. voilà.
Ybelion — C'est trop cool parce que c'est, tu vois, le fait que ton éditrice te dise de creuser ce
personnage, c'est parce qu'elle doit faire partie des gens qui ont vu ta force, tu vois. Et je pense que le
parallèle, en tout cas, c'est dingue, c'est trop bien, c'est trop bien. Félicitations, du coup, d'être allé le
creuser aussi parce que ce n'est pas évident forcément de creuser des personnages qui parfois...
Elio Destrez — Mon éditrice a vu la force de Sorsha et qu'elle a vu que je ne l'ai pas beaucoup
exploité et elle m'a aidé à l'exploiter.
Ybelion — Exactement. C'était le moment d'aller voir le héliophore quelque part qui se cachait dans
Sorsha, du coup. C'est trop cool.
Elio Destrez — Elle est trop stylée en plus, Sorsha. Tu verras, elle est trop stylée.
Ybelion — Ouais, incroyable, incroyable. C'est par curiosité, j'ai entendu que du coup, Ashton avait
une place particulière. C'est un livre qui est écrit à la première personne, à la troisième personne ?
Elio Destrez — À la troisième personne. Troisième personne, ok. plusieurs points de vue. Ok. Et
non, c'est écrit à la troisième.
Ybelion — Ok, trop cool. Tu as parlé tout à l'heure de, tu as dit, j'aime plus trop parler de rêve, je
préfère parler de souhait. J'ai entendu tout à l'heure aussi que tu disais que ça faisait, il y a cinq ans, tu
avais décidé de dire, ok, l'écriture et c'est ça que j'ai envie de faire. C'est un souhait du coup que tu as
depuis très longtemps ou quelque part ça s'est réveillé il y a cinq ans ?
Elio Destrez — Alors moi, j'ai un parcours un peu particulier parce que j'ai grandi dans une
famille d'intermittents du spectacle qui en ont fait leur métier principal. Ok. Et donc, mes parents sont dans
la musique et si tu veux, moi, quand j'étais petit, je n'allais pas chez la nounou. Moi, j'insistais pour
venir avec mes parents. donc, j'ai passé tous mes week-ends, enfin, tous mes samedis soirs de mes cinq ans
jusqu'à mes 13 ans au bord d'une scène. Et ce qui m'a frappé le plus quand j'étais petit, c'est les gens qui
dansaient et qui chantaient. Comme j'étais sur le bord de la scène, je regardais beaucoup les gens, et je
trouvais ça incroyable que mes parents arrivent à faire danser et chanter les gens. Comme quand j'allais chez
des amis, et que je rencontrais leurs parents, et qu'ils allaient me dire « Ils font quoi tes parents ? » Je
dis « Ah, mes parents, c'est le chanteur et la chanteuse de tel orchestre. » « Oh, mais on s'est rencontrés
avec son père là-bas, on est tombés amoureux là-bas. » Et je trouvais ça ouf, en fait. Que mes parents, que
moi, je voyais toute la semaine, qui étaient honnêtement précaires, qui restaient à la maison, la semaine, à
bosser des morceaux en chuchotant pour pas nous réveiller la nuit… C'est… Mais quand je les voyais le samedi
soir, tu sais, en fait, ils avaient une loge et ils se changeaient. Genre, si c'était les westerns, ils
allaient se déguiser en cow-boy. Si c'était la Salsa du démon, ma mère elle se déguise en sorcière, mon père
en diable. C'était vraiment un gros show, tu vois ? Et je trouvais ça ouf. Donc, c'est sûr qu'en grandissant,
je pouvais pas faire un autre métier qu'artiste. Je voulais pas. après avoir été témoin de tellement de joie,
tellement d'amour, tellement de magie, au final. Je me suis dit... Je me suis jamais été conditionné pour
faire autre chose qu'un métier artistique. Contrairement à ma soeur, tu vois, elle a 6 ans de plus que moi, ma
soeur, elle, elle est jamais venue au bal. Elle aime pas ça. Elle aimait pas ça. Elle préférait rester chez la
nounou, chez ses amis, ce genre de choses. Et tu vois, ma soeur, elle a jamais eu le désir d'être artiste. Et
ça s'entend, je veux dire, c'est pas moins bien ou quoi. Mais moi, ouais, ça a été complètement différent. Et
c'est un peu comme si la réalité, je voulais pas l'accepter. Genre, moi, je veux pas accepter une société où
je fais un 35 heures comme ça, dans quelque chose que j'aime bof ou que j'aime pas. Après, il y a des gens,
ils adorent ce qu'ils font, peu importe ce que c'est. Et tant mieux, parce qu'ils font ce qu'ils aiment. mais
moi, tout ce qu'on me propose actuellement de classique dans la société, j'aime pas ça. Donc, si tu veux, j'ai
fait des études tout à fait classiques que j'ai détestées. J'étais pas mauvais, mais je détestais. C'était pas
ce que je voulais faire. Et puis, j'ai commencé à travailler et puis, il y a un moment, j'ai fait un burn-out.
Et j'ai commencé à faire des grosses crises d'angoisse à tel point que je pouvais plus sortir de chez moi. Et
ma mère, elle m'a dit, ben, faut que tu sortes de ça, quoi. Je sais pas ce qu'il faut que tu fasses, mais il
faut que tu sortes. Et je lui ai dit, ben, moi, je veux écrire. Je veux être auteur. Je lui ai dit, je lui ai
dit, mais il y a déjà trop d'auteurs. Genre, j'aurais pas ma place, quoi. Elle m'a dit, ben, si, Elio, il y
aura des gens pour te lire. Donc, elle m'a dit, si tu veux être auteur, ben, fais-le. Et puis, depuis là, ben,
j'ai fait que ça. Donc, voilà. Comment j'en suis venu. C'était... De toute façon, c'était simple. C'était
soit, soit je fais tout pour faire ça de ma vie, soit la vie, elle avait pas de sens. Donc, si elle a pas de
sens, j'avais pas de raison de vivre, en fait. Et l'écriture, c'est vraiment une raison de vivre. Être dans le
métier du livre, c'est une raison de vivre. Je pourrais faire autre chose qu'écrire, mais je serais toujours
obligé de rester dans le métier du livre. en fait, c'est comme s'il n'y avait pas le choix. C'est un peu ça
dans ma tête, c'est, ben, accroche-toi, parce que de toute façon, t'es pas venu ici pour faire autre chose.
J'ai un peu cette voix-là dans ma tête, tu vois, ben, si je suis pas venu ici pour faire autre chose, pourquoi
faire autre chose ? Voilà. C'est un instinct, si tu préfères. C'est vraiment, il y a toujours eu quelque chose
qui m'a dit, t'inquiète. j'ai toujours écouté, t'inquiète. Voilà.
Le burn-out et la phrase de sa mère
Ybelion — C'est super beau comme partage. Gros, gros big up à ta maman qui te dit : ben si, t'auras un
public. C'est trop cool, c'est trop cool. Parce que c'est vrai que c'est une, c'est une, une croyance
limitante, que quelque part, qui sommes-nous pour écrire alors que il y a tant de génies qui existent ? Ben,
en fait, tu es ton propre génie, quoi. C'est ça.
Elio Destrez — Je repense souvent à cette phrase, maman m'a dit : ah, t'auras ton public, ton
public. Parce que je me dis : ah, c'est bientôt, là, je vais rencontrer mon public. Et ça a d'autant plus
d'importance, parce que il y a eu, il y a eu 5 ans en arrière, je pensais qu'il n'y aurait jamais de public.
Et maintenant, il va y en avoir un, forcément.
Ybelion — Et, quelque part, t'en as déjà un parce que tu partages déjà autour de ce projet, t'as déjà
des gens qui sont curieux de découvrir ces personnages. Donc, le public est en train de naître, tu vois, c'est
ça qui est fou.
Elio Destrez — C'est trop vrai. Mais je pense que je le réaliserai beaucoup plus quand je serai
assis derrière une table et que je vais me dire, waouh, des gens, ils viennent, ils ont lu mon livre, j'aurai
des gens, ils viennent.
Ybelion — Tu vas te retourner, là, tu vas faire attendre, c'est pour moi que...
Elio Destrez — Ça, ça va être, je pense que c'est quelque chose qui va être totalement lunaire
pour moi parce que je n'envisage pas du tout l'idée de quelqu'un qui vient je ne dis pas vraiment pour moi
parce que je n'ai pas la sensation que c'est pour moi. C'est pour l'histoire, tu vois. Moi, généralement,
après, c'est différent parce que je connais les auteurs, c'est des amis, c'est des collègues, mais je veux
dire, avant que je sois vraiment bien intégré dans le monde d'édition, quand j'allais voir un auteur, une
autrice, c'était surtout parce que son univers m'intéressait. mais, mais, ouais, j'ai un certain recul quand
même avec mes oeuvres où j'ai un peu cette théorie où je pense que je suis juste un outil d'exploitation pour
des entités qui viennent me raconter leurs histoires. Mais, c'est un peu bizarre dit comme ça, mais je vais
l'assumer entièrement. T'inquiète. Mais, non, je pense que je ne prendrai jamais vraiment les choses,
notamment pour moi. Je pense que, moi, j'avais besoin d'écrire cette histoire. Et je pense que certaines
personnes auront besoin de la lire parce que c'est comme ça que le schéma fonctionne. Moi, ça m'a apporté
beaucoup de choses. Ça m'apporte encore beaucoup de choses avec le tome 2. Des fois, j'écris des trucs et je
me dis, waouh, en fait, je ne suis rien de me rendre compte que ça, ça, c'est lié et que machin et ça. Mais,
mais, en tout cas, je serais très heureux que cette histoire puisse parler et aider d'autres personnes.
Ybelion — Ça, c'est un peu, moi, je te rejoins, c'est un peu ma conviction personnelle. À mon sens,
les livres, quand ils prennent forme physique, c'est qu'ils doivent changer la vie de quelqu'un. On ne sait
pas qui, on ne sait pas quand, peut-être dans 200 ans, peut-être demain, on ne sait pas. Mais ils changeront
la vie de quelqu'un, et c'est pour ça que c'est important de sortir toutes les idées qu'on a en tête. Et
j'aime beaucoup le rapport un peu, peut-être spirituel, si tu mettais un mot, que tu peux avoir aussi avec
l'écriture. Que je partage ton avis. Et c'est pour ça que j'aime bien voir les personnages, en tout cas, que
j'écris, je parle pour moi, mais un peu comme des compagnons de route qui ont des choses à me dire. Je pense
que, pareil, c'est ma conviction personnelle, c'est qu'un personnage qui te vient dans ta tête et qui, de
manière récurrente, et puis t'écris avec lui… Quelque part, tant qu'il est là et tant qu'il ne se libère pas,
il a encore quelque chose à te dire. Tu vois, toujours aller creuser ce qu'a ce personnage à te dire, c'est
extrêmement important. Autant pour toi qu'évidemment pour le texte qui naît à la fin. Mais, mais, ouais, c'est
vraiment passionnant toute cette…
Ashton, compagnon de tous les jours
Elio Destrez — Ah, excuse-moi.
Ybelion — Non, j'allais dire toute la justesse qui en découle. Tu vois, comme tu dis, parfois, c'est
hallucinant de voir. Tu dis : putain, mais c'est fou à quel point je ne l'avais pas vraiment prévu, mais ça
tombe comme si, tu sais, tu lançais toutes les pièces d'un puzzle en l'air, et puis, paf, ça retombe et tout
est assemblé.
Elio Destrez — Tu vois, Ashton, je crois que c'est le premier personnage qui me fait ça, mais
c'est vraiment un compagnon, mais quotidien, parce que quand j'ai été aux rencontres des Imaginales, j'étais
quand même très, très stressé avant de rentrer dans la salle, je lui parlais. Genre, j'étais en mode : Ashton,
là, il faut que tu m'aides à bien pitcher, à rien oublier, à bien répondre aux questions. Et je lui parle des
fois comme ça, je dis : ah, il faut que tu m'aides, là, il faut que tu m'accompagnes, comme une espèce
d'assistant. Et je l'imaginais toujours au-dessus de mon épaule, comme ça. Et à chaque fois, ça va très bien,
ça va très bien. Comme quand j'ai pitché L'Enfant du siècle, j'avais demandé à mes personnages de
m'accompagner, et ça s'est très, très bien passé. Et Ashton, je sais que quand j'écrivais le tome 1, j'en ai
énormément rêvé. Je rêvais des fois toutes les nuits d'Ashton. Mais c'était même pas des trucs what the fuck
ou quoi, juste je rêvais qu'il me parlait. Et des fois, ça me troublait. Genre, je disais à mon copain :
Ashton, c'est trop bizarre, des fois, j'ai l'impression, genre, il existe vraiment. Alors que non, mais non,
c'était un peu flippant, même, parce qu'il y avait vraiment une présence, tu vois, une présence. Après, je ne
dis pas qu'il y avait un fantôme ou quoi que ce soit, tu vois. Je veux dire, j'ai un côté très spirituel, mais
pas non plus poussé à ce stade de dire que mon personnage est une entité à part entière. Mais, mais ouais, je
ressentais vraiment une présence dans mon imaginaire, qui était très, très, très, très, insistante, voilà,
très insistante. Et du coup, en fait, je ne l'ai pas du tout repoussé. Je me suis dit : bon ben, t'es là, on y
va, quoi. Let's go, tu m'accompagnes. Le tome 2, tu vois, c'est un peu plus calme. Mais, le tome 2, j'ai plus
d'autres personnages qui m'accompagnent pendant ce tome 2. Mais ouais, Ashton est hyper insistant. Et des
fois, quand j'ai peur de quelque chose ou quoi, ben des fois, je lui parle, et ça me fait vraiment du bien. Et
j'espère vraiment que les gens qui vont lire Projet Bougie, je n'ai pas encore de révéler le titre… J'espère
qu'ils vont gagner un ami, en fait, en lisant le livre. Que ce soit Ashton, Rune, Sorsha, Silas ou autre
personnage, j'espère qu'ils vont gagner un ami, comme moi, j'ai gagné un ami, en fait, en écrivant ce livre.
Ybelion — Tu sais que je suis super content de rencontrer quelqu'un qui parle aussi à ses personnages ? Parce que moi, j'ai l'impression de passer pour un fou parfois, mais je trouve ça hyper efficace de parler
comme ça, tu te débloques. Les rêves que tu évoquais, est-ce qu'ils t'ont… Comment ils t'ont aidé dans le,
dans, peut-être dans l'écriture de l'histoire, ou de la découverte de cette, de cette histoire ? Ou pas,
peut-être ?
Elio Destrez — Je pense que ça ne m'a pas vraiment aidé. Je pense que c'était, que je rêvais de ça
peut-être parce que j'avais des appréhensions, ou peut-être parce que j'étais trop dans l'écriture et que, et
que mon ami, ma tête était imbibée de, de l'univers. Mais, non, je… Enfin, je ne me souviens plus très bien.
Je me souviens juste que j'étais dans l'atelier d'Ashton et que, juste, on parlait, mais je ne me souviens
plus de quoi. Mais, c'était juste une présence. Et je pense que, moi, personnellement, je rêvais de ça parce
que ça me rassurait, en fait, de sa présence, et l'univers me rassurait. Surtout que l'atelier, c'est
vraiment, pour moi, l'un des lieux les plus chaleureux et les plus… C'est là où la magie naît. Donc,
forcément, peut-être que mon cerveau l'avait associé à l'imagination, la source de l'imagination. Mais, non,
je pense juste que j'avais besoin d'une présence, parce que, mine de rien, l'écriture, ça peut être très
solitaire. Et, et, je pense que ça m'a aidé, surtout que l'année dernière, je souffrais beaucoup de solitude
et, potentiellement, c'était peut-être un remède à tout ça.
Ybelion — Je comprends, je comprends. Et c'est vrai que c'est une question que je me suis posée quand
je t'entendais raconter le fait que l'écriture pleine très grande place dans ta vie. Alors, ça en dit
probablement vachement sur moi, la peur que je pourrais avoir derrière ça. Mais, mais, comment on fait pour,
pour rester, peut-être, connecté à sa créativité, ou la nourrir, quand on écrit peut-être de manière très
professionnelle ? Et en même temps, je te pose la question, moi, quand j'écris, j'écris tous les jours, c'est
juste que je ne fais pas ça toute la journée. Donc, je ne sais pas si ma question, elle est pertinente, en
fait. Je te laisse y répondre comment tu veux y répondre, je ne sais pas où je vais, là.
Elio Destrez — Je comprends le fond de ta question. Alors, il faut savoir que actuellement, je
trouve que j'ai un meilleur équilibre dans l'écriture que quand je n'avais pas de contrat. Parce que si tu
veux, là, enfin, avant, tu es ton propre patron. Je dis même là, je suis mon propre patron en soi, sauf que
maintenant, il y a des gens qui attendent des comptes rendus, entre guillemets. Là, par exemple, moi, je dois
rendre mon tome 2 en septembre, parce qu'il me laisse le temps. Mais, moi, je me considère comme un auteur
très lent. Donc, si tu veux, le temps que j'écrive le premier jet, que je fasse une réécriture, que je le
mette entre les mains de ma BL, je me dis, en fait, le temps est court, parce qu'entre temps, je vais faire
l'édito du tome 1, etc. J'avais très peur de comment ça allait se passer, parce que je me connaissais
justement. Et qu'avant, je pouvais passer une journée sur l'ordi et écrire 2000 mots. Je veux dire, c'est que
dalle que tu passes une journée entière. Une journée entière, tu vois. Et en fait, je pense qu'avant, j'avais
tendance à l'auto-sabotage. C'est même pas je pense, c'est même, c'est sûr. j'étais quelqu'un qui
procrastinait beaucoup et qui avait très peur d'écrire. Genre, j'écrivais, puis je faisais une grosse pause et
j'écrivais, puis je faisais une grosse pause. J'avais vraiment très peur d'écrire et les seuls moments où
j'étais vraiment à fond, à fond, à fond, c'est parce que j'avais une deadline comme par exemple les
imaginales, ce genre de choses. Je travaillais beaucoup mieux sous pression que pas sous pression. Et en même
temps, en plus, quand tu es chez toi, c'est très facile d'avoir des distractions. Donc voilà. Mais ouais, je
pense que j'avais très peur d'échouer ou de réussir. Alors que maintenant, quand j'ai commencé à écrire
bougie, je me suis dit maintenant, je n'ai plus peur d'échouer. Et je l'accepte en fait, l'échec. Et
maintenant que je suis sous deadline, tu vois, j'ai trouvé un équilibre très sain. C'est que je me suis fait
un tableau Excel. Enfin, mon copain m'a fait un tableau Excel. Et non, c'est lui l'expert du Excel, c'est moi.
Il va s'insurger. mais en gros, il m'a fait un tableau Excel, si tu veux, avec ma deadline. Moi, perso, je me
suis mis une deadline à fin mars pour le premier jet. J'ai commencé en janvier. Et en fait, avec le tableau,
je me suis rendu compte que si j'écrivais 500 mots par jour, je pouvais remplir ma deadline tout pile. Je me
suis dit ah, en vrai, ça va quoi. Et du coup, vu que je trouve que ça va, je te tape 2000, 3000 mots par jour.
Mais le pire, c'est que ça me prend même pas toute la journée. Ça me prend quelques heures. Des fois, j'écris
un peu le matin. Et puis en fait, en ce moment, tu vois, par exemple, je suis inspiré que le soir. Donc,
j'écris un peu le matin. Puis j'écris après uniquement le soir. Et puis après, la journée, je fais ma vie.
J'ai des trucs à faire aussi. Je n'ai pas que l'écriture non plus. Mais, mais, mais ouais, j'ai l'impression
que je trouve un équilibre. Et du coup, je me dis ah, mais en fait, je peux écrire un premier jet en trois
mois. Genre, alors avant, je pensais que je l'écrivais en un an. Et il y a une grosse différence. Donc, je
pense que des fois, poser à plat tes objectifs, ça peut t'aider à trouver un équilibre. Par exemple, moi, je
n'arrive pas du tout à lire quand j'écris. Et ça me frustre parce que j'écris toute l'année et du coup, je ne
lis pas beaucoup durant l'année. Et ça me frustre beaucoup parce que j'adore lire aussi. Du coup, j'ai fait un
truc. C'est que j'ai séparé mes lectures par cinq chapitres. J'ai mis des post-it tous les cinq chapitres.
S'ils sont trop longs, je mets tous les trois chapitres. Et mon cerveau, quand il regarde après le bouquin, il
se rend compte qu'il y a sept post-it. Généralement, c'est ça. C'est sept post-it. Et en fait, mon cerveau, il
a fait mais si tu lis cinq chapitres par jour, en une semaine, tu as lu un bouquin. Et du coup, en un mois, tu
peux en lire quatre. Résultat, en janvier, j'ai lu neuf livres. Et du coup, tu vois, tu tu t'embrouilles,
enfin tu merde, je n'ai plus le mot. C'est tu vas embrouiller ton cerveau.
Sept post-it, neuf livres en janvier
Ybelion — Oui, voilà.
Elio Destrez — Je ne sais pas embrouiller le mot mais
Ybelion — c'est la confusion. C'est vraiment… Tu parles vraiment à mon cœur de coach, là. Mais tu
vois, cette sensation d'espèce de brouillard mental. En fait, tu ne sais pas vraiment que tu es dedans, mais
ça te donne l'impression que les journées sont trop courtes, qu'il n'y a jamais le temps de rien faire, et que
tu as beau rester toute la journée devant ton PC, tu écris 500 mots. Et justement, aller se questionner sur
déjà pourquoi j'ai envie de le faire, qu'est-ce qui est important pour moi, quels sont les moments dans la
journée que j'ai envie d'avoir pour mes impératifs. Et là-dedans, ça peut être tout et n'importe quoi. Le
travail, sortir le chien, passer du temps avec son conjoint ou sa conjointe, faire du sport. Et là, c'est très
important, tu le dis, faire du sport, bien dormir, bien manger, la santé. Et en fait, c'est : ok, j'ai tous
ces impératifs-là, et maintenant, on regarde du temps libre, comment j'organise tout le reste, et comment je
suis, et comment je drive mon cerveau à ce qu'il aime le processus. Et c'est exactement ce que tu as fait. Un
livre entier peut te paraître une montagne, sauf qu'en fait, si tu mets sept post-its dedans, tout de suite,
ça paraît vachement moins gros. C'est parce que tu montres à ton cerveau que finalement, il n'y a pas de
charge mentale.
Elio Destrez — Exactement. Et que finalement, tu sais, moi, j'étais un peu du genre, je veux vite
arriver à la ligne d'arrivée, mais tu ne profites pas du chemin. Donc du coup, mon objectif, c'était juste
d'aller vite, vite, vite, vite. Et en fait, je me suis dit : mais pourquoi se précipiter, alors que si je fais
tout doucement, eh bien, j'arrive au même objectif, et en plus, je ne suis pas fatigué ? Alors que, alors que,
en fait, là maintenant… Avant, j'étais tout le temps dans le speed, mais par contre, après, il me fallait des
mois de récup, quoi. Des mois de récup, et c'était terrible. Donc, écrire à temps plein, c'est hyper
énergivore. J'ai déjà fait, beaucoup plus que raison, des journées de « je commence à 8h et je termine à 1h du
matin », à me prendre la tête, à me forcer à écrire et tout. Maintenant, je vais te dire, des fois, j'écris le
matin et j'adore ce que j'écris. Je sais ce que je dois écrire, mais juste, mon cerveau, il est en mode : là,
non. Donc, ce n'est pas grave, je laisse tomber. Et puis, tu vois, hier, j'ai écrit un peu le matin. La
journée, j'ai eu plein de trucs à faire. J'ai rouvert le PC, il était 21h, voilà, j'ai tapé 1500 mots, et
j'avais fait tous mes mots de la journée, même plus. Donc, tu vois, c'est… Il faut vraiment, en fait, en tout
cas, moi, ça marche sur moi, ça ne marche peut-être pas sur d'autres, mais me montrer que ce n'est pas une
montagne, eh bien, en fait, c'est hyper facile. C'est comme pour lire des livres. Dire : j'adore lire, mais
avec ce que je fais à côté, je me dis, oh, un gros bouquin comme ça, je n'ai pas le temps. Alors qu'en fait,
tu as largement le temps. Bon, après, en janvier, j'ai lu 9 livres, j'ai écrit 12 000 mots. Je veux dire, en
février, j'en ai lu 1,5, j'ai écrit 50 000 mots. Bon, voilà, il y a une grosse différence, mais…
Ybelion — La vie n'est jamais stable, tu vois, l'équilibre bouge. Mais tu as dit un truc extrêmement
intéressant, et ça, c'est sûr que ça aidera beaucoup de gens. Effectivement, se donner la sensation que la
montagne n'est pas si grosse. Alors, ça arrive qu'il y ait des gens qui aient besoin de voir une immense
montagne pour se dire : j'y vais, tu vois. Il y a certains profils, ok. Mais quelle que soit, en fait, la
solution derrière, c'est : ok, comment je garde cette sensation pour vouloir aller, aller la grimper, quoi ?
Et ça, après, ça devient très personnel, tu vois. C'est pour ça que moi, je suis croix et bannière contre
toutes les méthodes secrètes qu'on pourrait dire, vouloir appliquer pour écrire un livre. Moi, j'écris le
matin de 6h à 9h tous les jours quand je suis dans mon process : si tu n'es pas du matin, ça te fait une belle
jambe de savoir que c'est comme ça que j'ai écrit mon livre, tu vois. Et par contre, aller s'interroger sur ce
qui fonctionne pour nous… Et ce qui est hyper intéressant dans ton partage, c'est qu'en fait, tu te rends
compte que c'est une fois que tu te connectes à ça et que tu lâches prise, en fait, sur cette espèce de « putain, il faut que j'aille vite, il faut que j'aille vite, il faut que je fasse, il faut que je fasse », en
fait, c'est encore plus efficace. Et c'est ça qui est dingue, et c'est impressionnant. Quand tu retires toutes
ces espèces de verrous qu'il y a dans ta tête, tu as vraiment, ouais, comme si le brouillard… Chacun aura son
image, mais comme si le brouillard s'envolait, comme s'il y avait du soleil et puis plus qu'une seule
direction, quoi. Et puis tu y vas tranquillement, pas à pas, quoi. Là, c'est hyper intéressant tout ce que tu
partages. C'est incroyable que tu aies réussi à trouver ton rythme d'auteur, quelque part.
Elio Destrez — Oui, après, ça reste du taf, je veux dire. Ça, ça, c'est sûr. Mais en fait, ça m'a
prouvé que je pouvais le faire. Je me suis dit : en fait, je peux écrire un premier jet en trois mois. Et du
coup, je me suis dit : ça se trouve, cette année, j'écrirai un autre premier jet, parce que j'ai d'autres
projets en tête. Mais alors qu'avant, je veux dire, ça me bouffait. Je veux dire, je faisais beaucoup
d'angoisse de performance, un sujet que j'aborderai d'ailleurs dans mon prochain roman. Mais c'est quelque
chose qui m'a énormément touché, honnêtement. C'est quelque chose sur lequel je veux vraiment sensibiliser,
parce que c'était vraiment des attaques de panique. Et puis, en fait, je répétais souvent la phrase « je suis
en train de devenir fou », et j'avais vraiment la sensation d'être en train de devenir fou. Et en fait, mon
copain, il a fait des recherches, parce qu'il s'inquiétait beaucoup. Et en fait, il a trouvé que les personnes
qui font des attaques de panique ou d'angoisse et qui disent « je suis en train de devenir fou », c'est des
angoisses de performance. Ton cerveau pense que tu es en train de devenir fou en fait et c'est horrible.
Genre, tu as l'impression d'être au bord d'un gouffre et que ce gouffre, il t'aspire, tu vois, et c'était
vraiment horrible à vivre, horrible à vivre. Suffisait que je reçois un mail d'éditeur, comme je l'avais eu
quand j'avais parlé de bougie. J'étais en train de me balader à la FNAC, j'ai reçu le mail et j'ai fait une
attaque de panique, en fait, directe. Et c'est parce que je me mettais tellement de pression, tellement de
pression de réussir, de ne pas échouer, etc. Et vraiment, bougie, ça m'a appris à prendre beaucoup de recul
là-dessus, à se reconnecter à son écriture, à pourquoi on écrit, à savoir aussi se respecter, parce que je ne
me respectais pas du tout. Je veux dire, je faisais pas sport, des fois, j'oubliais de manger, je dormais très
mal. Enfin, c'était terrible. Je me réveillais, la première chose à laquelle je pensais, c'était d'ouvrir mon
ordinateur, au lieu de penser juste d'abord à me réveiller, à laisser mon corps rebouger, ma tête reprendre
ses esprits. C'est quelque chose sur lequel je veux vraiment sensibiliser parce que cette angoisse, ça ne
venait pas de moi, cette angoisse, elle venait parfois malheureusement de mes proches qui me disaient « Ah, ça
t'as vu, tu te payes, donc tes personnes ? » Du système, de tout ce que la société nous demande d'être alors
qu'en fait, on a juste à être. Juste ça. Il n'y a rien de plus simple à faire.
Les angoisses de performance
Ybelion — Merci Elio. Merci. Franchement, je te rejoins à 2000% sur tout ce que t'as amené. Si je peux
glisser un conseil à ceux qui nous écoutent, t'as partagé quelque chose de très fort, cette phrase récurrente
que tu te répétais « Je suis en train de devenir fou ». Les récurrences comme ça de phrases, quelles qu'elles
soient, c'est intéressant d'en prendre conscience parce que c'est vraiment un signal faible qu'envoient le
corps et l'esprit. En mode, là, il y a un truc qui ne va pas. Je vais te le répéter jusqu'à ce que tu aies
compris et si tu ne comprends pas, ça peut exploser. Ça, c'est fou à quel point c'est important. En tout cas,
j'invite les gens à être attentifs à ce qu'ils ressentent justement.
Elio Destrez — C'est vraiment super important, parce que ce n'est pas quelque chose dont je parle
forcément sur mes réseaux sociaux, parce que ce n'est pas le lieu. Mais vivre comme ça, ça apportait beaucoup
de problèmes psychologiques, beaucoup de problèmes physiques aussi. Parce que mine de rien, ne pas faire du
sport, même pas sortir parce que tu es trop dans ton processus d'écriture… Je ne voulais même pas faire de
pause. Je ne voulais même pas sortir m'aérer l'esprit. Maintenant, c'est une chose que je fais
obligatoirement. Mais maintenant, je me remets en forme tout doucement, et c'est très compliqué, parce que tu
as perdu ce réflexe de te remettre en forme, de te forcer à aller marcher, de te forcer à te remuscler un peu,
à muscler ton dos. Je ne compte même plus les séances de kiné que j'ai eues tout simplement parce que je ne
pouvais plus être devant l'ordi sans avoir des maux de nuque, des maux de tête. C'est une pression monstre
qu'on se met. Et que ce soit dans l'écriture ou dans tout autre travail, jamais on ne doit en arriver à ce
stade. Jamais. Et même psychologique, c'est important de suivre ses souhaits, ses objectifs, mais c'est
d'autant plus important de pouvoir prendre soin de soi et de pouvoir les réaliser. Parce que si ton corps te
dit que ça ne va pas, il faut que tu l'écoutes absolument. Moi, je connais beaucoup trop de collègues qui ne
s'écoutent pas et qui après mettent des mois à s'en remettre, comme je mettais des mois à me remettre. Comme
je connais beaucoup de collègues qui sont… Moi, j'ai 30 ans, j'ai signé à 30 ans. J'ai beaucoup d'autres
collègues qui sont beaucoup plus jeunes que moi, qui sont dans la vingtaine, et qui sont hyper stressés de ne
pas avoir encore signé. Mais ce n'est pas grave. Le moment va arriver, sûr. Mais que tu signes à 23, 25, 28,
30 ans, ce n'est pas un souci. L'âge n'est pas un souci. Tu auras tout le temps de réaliser tout ce que tu as
envie de réaliser. Et ça aussi, je remarque que c'est une grosse pression qu'on se met, de devoir tout faire
très jeune : avoir une maison jeune, des enfants jeunes, se marier jeune, trouver l'amour jeune, réussir
jeune. Oh ! C'est beaucoup trop. On a le temps. Vous avez le temps. Et contrairement à ce que les gens
pensent, 30 ans, ce n'est pas vieux.
« L'âge n'est pas un souci »
Ybelion — Je suis d'accord avec toi. Du coup, on était 95 aussi, j'imagine. Mais on est ensemble, du
coup. Moi, une phrase que je me suis beaucoup répétée quand j'ai commencé à... Je le partage parce que c'est
dans le thème, mais c'est une voiture qui ne s'arrête jamais, elle tombe en panne. Et c'est hyper... Je suis
d'accord avec toi, ce n'est pas forcément évident de... Quelque part, tant que tu n'es pas tombé en panne, tu
as du mal à comprendre cette phrase. Et puis après, c'est pour ça que c'est très important dans les
impératifs, parce qu'atteindre un rêve au prix de sa santé, et de tout le reste, et de tout ce qui nous
entoure, c'est dommage. Donc, c'est pour ça que c'est important de prendre soin de soi, physiquement et
mentalement. Donc, ouais, de très bons conseils. Aller s'aérer l'esprit, faire du sport, c'est déjà deux
bonnes choses.
Elio Destrez — De bonnes choses. Mais c'est compliqué, je fais ça. Je ne suis pas... Je ne suis
pas encore un sportif, on ne peut pas dire ça. Mais tout doucement, s'y remettre tout doucement, c'est bien.
Moi, franchement, j'admire, j'ai une très, très grande admiration pour mes collègues qui ont un travail à côté
de l'écriture parce que je pense que si j'avais un travail à côté, je n'écrirais pas comme ça. Et je suis
super admiratif de tous mes collègues qui arrivent à combiner tout ça, le travail alimentaire, l'écriture, le
sport. C'est un niveau d'âme que je n'ai pas. mais vraiment, c'est super important de ne pas s'oublier entre
toutes ces choses que la vie nous demande d'accomplir.
Ybelion — Ouais, c'est clair. C'est clair. Et puis, comme tu l'as dit, de démêler un peu tout ce qui
vient pas forcément de nous. Quelque part, toutes ces phrases, ces injonctions, ces croyances qui peuvent être
portées par le système, la famille, bref, plein de choses. Mais après, tout ça, c'est important. Enfin, en
tout cas, à mon sens, mais bon, ça forcément, c'est ma déformation professionnelle, mais c'est important de
mettre des mots dessus pour pouvoir s'écouter. Et pour revenir sur le projet Bougie, du coup, sorti fin
d'année, qu'est-ce que t'aurais envie de raconter d'un peu insolite sur Projet Bougie ?
Un personnage secondaire devenu préféré
Elio Destrez — Insolite ? Je ne sais pas si c'est vraiment insolite, mais j'ai un personnage
secondaire qui s'appelle Silas, qui, de base, devait me servir juste de personnage secondaire dans le roman,
qui, en fait, a pris une place pas principale, mais entre les deux. Et au point où j'ai un tome compagnon
complet sur Silas et son histoire. Et j'ai aussi inventé sa magie, sans vraiment le prédire, mais, ni le
prévoir. Mais, ouais, j'ai inventé l'ostéomancie. L'ostéomancie, c'est un mot qui existe déjà, c'est lié à
tout ce qui est, je ne sais plus si c'était quoi la définition, mais, en gros, ça existe déjà l'ostéomancie,
si tu cherches et tu trouves.
Ybelion — Ouais, alors, là, je tourne, non, scapulomancie, forme d'ostéomancie, divination par
l'examen, non, je crois que c'est ça, c'est divination par l'examen des os.
Elio Destrez — Ouais, voilà. Et en fait, Silas ne fait pas ça, il ne dévine pas les choses dans
les os, etc. Mais, bon, je ne vais pas spoiler, mais il a un pouvoir lié aux os. Et en fait, je me suis rendu
compte que… Enfin, en tout cas, je n'avais jamais vu cette magie-là. Après, je n'ai pas lu tous les livres,
mais, mais, mais voilà. Donc, il y aura un tome complètement compagnon pour Silas, que j'écrirai un de ses
jours, non, pas longtemps, je pense, parce que c'est un univers vraiment très glauque et très creepy et très
sympa. Mais, voilà. Silas, en insolite, c'était un personnage qui, de base, ne devait pas du tout exister plus
qu'une apparition ou deux. Et finalement, c'est le personnage préféré de mon éditrice, pratiquement, avec son
chat. Et à chaque fois que des gens ont pu BL bougie, Silas, c'est toujours le personnage préféré. Donc, je
m'attends à ce que Silas soit le personnage préféré de pas mal de gens, et je les comprendrai 100%. Et tu
vois, Silas, quand je l'ai écrit, enfin, quand je l'ai écrit, Silas, je suis toujours obligé de me dire :
qu'est-ce que moi, je ne ferai pas ? Parce que lui, il fait tout ce que moi, je ne ferai pas, qu'est-ce que la
plupart des gens ne ferai pas. Et c'est comme ça que j'ai écrit Silas : je fais tout mon contraire, et tout le
contraire de la plupart des gens, parce que sinon, c'est un peu glauque. Mais voilà.
Ybelion — C'est incroyable, c'est une idée très astucieuse pour aussi sortir un peu de ce qu'on peut
connaître. là, c'est une question qui m'est venue tout à l'heure, c'est comment tu les trouves les noms de tes
personnages ?
D'où viennent les prénoms
Elio Destrez — Ashton, ça a été, j'ai envie de dire, lui qui me l'a donné. Parce que quand j'ai
un personnage qui pop comme ça, dans ma tête, je me dis un peu : ok, t'es qui, et comment tu t'appelles ? Et
puis, c'est un peu l'idée germée, tu vois. Et quand j'ai commencé à vouloir, enfin, à me dire, bon, moi, je
vais me mettre sur Projet Bougie, le jour où j'ai été acheter ma nouvelle bougie, d'ailleurs, je suis allé
dans une librairie, et en fait, j'ai fait tomber un livre. Et quand j'ai ouvert le livre, il y avait un truc
écrit sur la page, c'était Ashton. Et je me suis dit : bon, ok, c'est ton prénom. Il s'appelait Ashton. C'est
réglé. Donc, pour lui, ça a été comme ça. Pour Rune et Rohan, c'est parce que j'aime beaucoup les prénoms
mixtes. C'est deux garçons. Mais, d'ailleurs, c'est super chiant, parce que quand j'écris sur Word, il veut
toujours tout remplacer au féminin pour eux, mais c'est masculin. Mais, non, Rune et Rohan, j'aimais beaucoup
le fait que les deux frères commencent par un R. J'ai un peu cherché, ça, j'avoue. Sorsha, c'est parce que
j'aime beaucoup l'actrice Saoirse Ronan. Et, en fait, elle me faisait beaucoup penser à elle. Donc, voilà,
j'ai pris ce prénom. Et, Silas, ça m'est venu naturellement aussi, comme ça. Après, le livre, il a beaucoup de
vibes sur l'Irlande, parce que ça parle beaucoup d'Halloween. Donc, il ne s'appelle pas Halloween dans le
livre, mais c'est beaucoup inspiré de la fête d'Halloween. Et, du coup, je voulais garder les bases, les
origines de la fête d'Halloween, donc l'Irlande. Donc, j'ai beaucoup cherché, tu vois. Sorsha, typiquement,
j'ai cherché à avoir une espèce de cohérence quand même, comme ça. Mais, comme on est aussi sur un peuple qui
est venu se réfugier sur Odenor, il y a eu un petit mélange. Genre, tu vois, typiquement, Silas, Ashton, ça a
des petites connotations anglophones quand même. Donc, voilà comment ça s'est fait. Après les autres, il y a
beaucoup de jeux de mots, en fait. Il y a beaucoup de jeux de mots aussi, surtout dans les noms de famille.
Typiquement, j'ai un personnage qui s'appelle Madame Cerfeuille, qui est super importante aussi. Et, elle n'a
pas forcément de prénom, je ne sais même pas c'est quoi son prénom. Juste, tout le monde l'appelle Madame
Cerfeuille. Donc, voilà. Sinon, non, le reste, mais un peu venu aussi selon la personnalité du personnage. Et,
voilà.
Ybelion — Trop cool. Trop cool. Et, qu'est-ce qu'on pourrait te souhaiter pour le projet Bougie ? Du
succès. Du succès. Je te souhaite vraiment beaucoup de succès. En tout cas, moi, j'ai très hâte de découvrir,
de découvrir cet univers. Alors, tu vois, je te l'avais dit, le, la magie des bougies, je trouve que c'est une
idée fantastique. Mais là, en discutant avec toi, tout le côté peut-être un peu intime et personnel que tu
mets dans tes personnages, je trouve que ça leur donne une âme que j'ai envie de découvrir. Et c'est ça, je
crois, qui me parle le plus à chaque fois quand j'échange avec les auteurs : c'est de ressentir ce qu'ils
peuvent y mettre, et de dire : ok, quand je vais découvrir, je rencontre les mêmes enjeux que toi pour la
lecture. Je ne suis pas forcément très assidu en ce moment. Mais quand je découvrirai, finalement, ça va me
rappeler un peu toute notre discussion, et probablement reconnaître quelques traits. Et c'est trop cool.
Elio Destrez — J'espère que tu apprécieras ta lecture.
Ybelion — Oui, carrément. Et de toute façon, on en reparlera. Mais écoute, moi, je te souhaite
effectivement le meilleur pour ce projet. Bravo pour toute la persévérance que tu as inculquée à Ashton et
dont tu as fait preuve pour en arriver jusque là. et merci d'être venu raconter tout ça.
Elio Destrez — Avec grand plaisir. Merci de m'avoir invité. C'était vraiment très chouette de
pouvoir échanger avec toi.
AU MICRO AVEC
Elio Destrez
Elio Destrez écrit de la fantasy sombre et de la romance, et illustre aussi. Il a passé cinq ans à écrire des manuscrits et à pitcher aux Imaginales avant de décrocher deux oui en quinze jours. Son système de magie est né d'un mur de bougies aperçu dans une boutique. Il parle aussi de ce que l'obsession d'écrire fait au corps quand on l'oublie.
Ancien ingénieur en sûreté nucléaire, j'ai tout quitté pour l'écriture. J'anime Ose Écrire et j'accompagne les auteurs autour de trois clartés : le rythme, l'identité, l'intention. Toi aussi, tu as un livre qui attend ?