Aller au contenu principal
← La bibliothèque
Pochette de l'épisode 85 du podcast Ose Écrire

ÉPISODE 85AVEC INVITÉ4 FÉVRIER 202669 MIN

Discussion avec Diane Fastrez

Clarté · Intentionauto-édition
00:001:08:52

FACE A — LES 23 CHAPITRES · CLIQUE POUR ÉCOUTER

Et si tu annonçais ton livre maintenant, avant d'avoir écrit une ligne ?

CE QUE RACONTE CET ÉPISODE

C'est exactement ce qu'a fait Diane Fastrez. Elle annonce publiquement qu'elle va écrire un roman et lance une newsletter pour documenter chaque étape. À ce moment-là, il n'y a pas un mot d'écrit. Elle n'a jamais écrit de fiction, jamais inventé de personnage, et personne dans son entourage n'a écrit de livre. Premier objet de mail : « j'écris un livre ». Dix abonnés, ses parents, ses oncles, ses cousins.

Sa logique est imparable. Personne ne l'engueulera si elle abandonne, mais tout le monde demandera des nouvelles. Le dire à voix haute crée un engagement dont on ne sort plus discrètement.

Le plus intéressant est ce que ça a produit sans qu'elle le prévoie. Parler tôt lui a apporté des ressources, des conseils, des recommandations de lecture, et surtout des rencontres. Dont un auteur qui documentait lui aussi son écriture, avec qui elle a fini par partager son Google Doc, chacun relisant les chapitres de l'autre. Elle est claire là-dessus : ce contact-là n'aurait jamais existé sans la newsletter, et il l'a aidée à aller au bout.

Trois ans plus tard, le roman est en vente.

Dans cet épisode, on parle aussi du blocage à trente mille mots qui l'a poussée à tout effacer, du retour d'éditrice qu'elle a refusé pour garder sa petite fille de sept ans, et des vingt minutes de silence en voiture avant que son beau-père lâche « c'était formidable ».

LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE

CAROUSEL À VENIR

Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.

Face B — le transcript

L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE

Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !

Bienvenue dans l'épisode 85

Ybelion — Yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans l'épisode 85 d'Ose Écrire. Et aujourd'hui, j'accueille Diane qui a écrit Alors j'ai oublié d'hésiter. Si vous me connaissez, vous savez à quel point ce titre me parle et vous allez découvrir dans cet épisode le parcours de Diane de toute l'écriture. C'est absolument passionnant, je vous laisse avec ça et je vous souhaite une très bonne écoute. Moi, c'est Sam, Ybelion de Mon Nom de Plume. Je suis écrivain, coach et j'accompagne celles et ceux qui veulent renouer avec leurs rêves d'écriture. T'écoutes un podcast dont l'intention est simple de te donner inspiration, outils, motivation, discipline, bref. Tout ce qui peut te permettre d'oser écrire. En gros, c'est un peu dans le titre quoi. Ose Écrire. Eh bien écoute, Diane, franchement, je suis trop content. Je vais découvrir ton univers. J'ai vu que tu avais une belle approche aussi de comment tu as construit, je dirais, au-delà du livre. Puisque évidemment, tu l'as écrit, mais ta volonté était aussi de bien partager tout autour. Et donc ça, je trouve ça hyper intéressant. Et moi, j'ai adoré le titre. Alors, j'ai oublié d'hésiter. Je trouve que c'est hyper parlant. Et je pense qu'en fait, c'est par là que j'aimerais commencer. J'aimerais savoir ce que ce titre représente pour toi. Parce que moi, quand je le vois, il me parle beaucoup. Et moi qui ai un profil très tête, tu vois, ancien ingénieur, voilà, on mesure les risques, machin et tout. Eh bien, je crois que le jour où j'ai oublié d'hésiter, c'était vraiment les moments les plus clés quelque part de ma vie.

« Alors j'ai oublié d'hésiter » : d'où vient ce titre

Diane Fastrez — Ah, c'est marrant. Tu es démarré par le titre. C'est un sujet sur lequel j'ai longtemps hésité. Je savais qu'il y avait quelque chose que j'adorais. C'était quand le titre est un extrait directement du roman. Quand c'est une phrase qui est directement dans le livre. Parce que j'adore ce moment quand tu es lecteur ou tu es plongé dans le roman. Et là, tu tombes sur la phrase, le mot clé qui a été utilisé dans le titre. Je trouve qu'il y a toujours un côté, ça y est, j'ai compris les rouages de cet ouvrage. Et du coup, je m'étais dit que je voulais faire ça. Et donc, j'ai passé pas mal de temps à relire et scruter dans le livre les phrases qui pourraient être potentiellement intéressantes. Et en fait, je me suis arrêtée sur celle-là qui, pour moi, me semblait évidente. Qui pourtant est plutôt à la fin du bouquin. Mais je trouve qu'elle représente pas mal de choses. Elle représente le fait d'avoir du culot, le fait d'avancer, le fait de se lancer, de ne pas avoir froid aux yeux. Et à la fois, elle ne veut rien dire. Donc, j'ai quand même beaucoup hésité pour ça. Parce que soit on hésite, soit on n'hésite pas. Mais je trouvais qu'il y avait un côté quand même un peu intriguant et qui donnait envie de creuser, savoir ce qu'il y avait derrière. Donc, finalement, c'est assez rapidement resté ce titre-là.

Ybelion — Ouais, je suis tout à fait d'accord. Je trouve que c'est pas faux. C'est pas une phrase que tu te dirais tous les jours. Et c'est pour ça que je trouve qu'elle tape au bon endroit, quoi. Et ouais, du coup, curieux de voir à quel moment et quand est-ce que ça arrive. Et tu l'as dit, il y a le côté avoir du culot. Quand tu t'es dit que t'allais écrire un livre, comment ça s'est passé ? Est-ce que t'as eu du culot à ce moment-là ?

« J'ai annoncé mon livre avant d'écrire une ligne »

Le culot d'annoncer un livre qu'on n'a pas écrit

Diane Fastrez — Oui, c'est marrant. Sur le moment, je me disais pas que j'avais du culot. Maintenant, quand j'y repense, je me dis que waouh. Si, clairement, j'en ai eu presque trop. En gros, j'ai toujours su que je voulais écrire. J'ai toujours écrit un peu quand j'étais petite, en grandissant. Mais j'ai jamais vraiment écrit d'histoire à proprement parler, inventé de personnages. Comme tout le monde, j'ai eu un journal intime, j'ai écrit des notes par-ci, par-là. J'ai toujours rêvé d'écrire un livre, mais honnêtement, ça me paraissait vraiment inaccessible. Je me disais que c'était pour d'autres, pour des gens qui écrivaient mieux, pour des personnes dans notre milieu. Enfin, vraiment, je me disais que c'était pas pour moi. Et du coup, pendant longtemps, c'est resté dans ma tête, mais sans être vraiment concret. Et en fait, il y a trois ans, je me suis dit, mais en fait, c'est débile. Enfin, je me tire une balle dans le pied toute seule. Ça se trouve, je peux écrire un livre. Ça se trouve, ça peut même être une belle expérience. Et donc, du coup, la meilleure solution pour le savoir, c'est juste de me lancer et de voir ce que ça donne. Et pour ça, j'ai mis un parler autour de moi, le dire. Et donc, j'ai commencé à le dire à mon entourage, à mes proches, à ma famille. Parce que le fait de le dire à l'oral, il y avait un côté un peu engageant. Enfin, je savais qu'ils allaient pas m'engueuler si je l'écrivais pas. Mais par contre, ils allaient me demander des nouvelles. Et donc, du coup, j'allais être plus ou moins obligée d'avoir avancé, quoi. Et puis, finalement, j'ai commencé à en parler. J'ai vu qu'il y avait un peu un intérêt et de la curiosité. Et du coup, j'ai décidé d'aller même plus loin et de créer une newsletter qui s'appelle Chapitre, où je me suis dit, bah, en fait, je vais écrire un livre. Mais d'abord, je vais apprendre comment on écrit un livre, parce que je sais pas par où je démarre. Et en fait, je pense qu'il y a plein de gens qui sont dans ce cas-là. Parce que moi, quand j'ai commencé à me renseigner, je trouvais pas forcément les éléments, j'en sais rien, des idées de l'exercice, des choses à savoir. Et du coup, je me suis dit, bah, je vais documenter mon parcours parce que peut-être que ça intéressera d'autres personnes en cours de route. Donc, j'ai annoncé que j'allais écrire un livre et créer une newsletter alors qu'il n'y avait pas une seule ligne et que j'avais jamais rien écrit en termes de fiction, quoi.

En parler autour de soi pour ne plus reculer

Ybelion — Je trouve que c'est incroyable. Et t'avais construit... T'avais déjà une communauté quand tu commences à parler de ça ou t'as construit toute ta communauté autour de ça, justement ?

Zéro communauté, dix abonnés : les débuts de la newsletter

Diane Fastrez — Non, j'avais vraiment pas de communauté. Incroyable. J'avais rencontré Instagram personnel, où il y avait à peu près mes amis, donc 120 personnes. J'avais un peu de visibilité sur LinkedIn, mais vraiment pas énorme. J'ai jamais eu de blog. Enfin, non, vraiment, j'avais pas d'audience du tout. Donc, au début, j'envoyais ma newsletter à, globalement, mes parents, mes oncles, mes tantes, mes cousins. Enfin, au début, il y avait 10 personnes. J'y passais le même temps que j'y passe pour chaque édition aujourd'hui, sauf que là, maintenant, il y a un peu plus de monde. Mais clairement, au début, c'était vraiment le cercle proche, quoi. Et d'ailleurs, j'ai regardé l'historique. Le premier objet de mail, c'était j'écris un livre. Comme ça, c'était vraiment, bon, ça y est, je suis engagée. Maintenant, je suis obligée d'avancer.

Ybelion — Je ne peux plus m'échapper.

Diane Fastrez — Je ne peux plus m'échapper, les gars. Il y a une preuve, vous avez tous un mail, donc il va falloir que je délivre, quoi.

Ybelion — C'est hyper inspirant parce qu'effectivement, tu te rends redevable. Enfin, en tout cas, tu dois rendre des comptes à quelqu'un quelque part. Alors, certains utilisent ça un peu comme procrastination active, en disant, bon, voilà, j'ai fait un pas, aujourd'hui, j'en ai parlé. La vérité, c'est que toi, quand tu le racontes, on sent que c'était vraiment dans une démarche de, vas-y, ça me permet d'ancrer cet objectif dans ma réalité et d'aller travailler au-dessus, autour de ça. Et tu as partagé autre chose qui est la douloureuse vie de quelqu'un qui partage des trucs, c'est qu'au début, on ne les partage à personne. Ou en tout cas, à très peu de gens, à nos amis, à nos familles, tu vois. Et c'est pas forcément évident. Et je pense que ça traduit aussi le fait que toi, tu as aimé ce processus d'écriture et de partage. Et justement, qu'est-ce qui t'a le plus drivé au début quand tu étais, du coup, quand tu t'y es mise, quand tu as commencé à partager, à dire, bon, bah, envoyez ce premier mail, j'écris un livre. Qu'est-ce qui t'a fait tenir ? Puisque forcément, au début, c'est pas de voir les retours sur notre newsletter ou sur nos partages qui nous font tenir, puisqu'en fait, on n'en a pas. Mais c'est normal. Et voilà. Je suis curieux de savoir ce qui t'a drivé, si je devais résumer ma question.

Diane Fastrez — Ouais. Alors, c'est marrant parce que du coup, quand j'ai parlé de ça et de cette idée de newsletter autour de moi, il se trouve qu'il y a un ami qui se posait la question de lancer une newsletter aussi. Et du coup, on s'est un peu motivés mutuellement. Et donc, moi, j'ai lancé la mienne. Il a lancé la sienne en parallèle, qui était dans un univers qui n'y avait rien à voir. Il faisait des portraits d'entrepreneurs. Mais en fait, c'était... À chaque fois que je publiais, il publiait. Dès que j'avais préparé une édition, je lui faisais relire. Et moi, je relisais la sienne. Du coup, on avançait en parallèle. Alors même si c'était sur des sujets qui n'avaient rien à voir, c'était hyper motivant de pouvoir être à deux dans ce projet-là. Et du coup, on s'était vraiment engagés à envoyer chacun une newsletter chaque semaine. Et donc, il y avait vraiment une routine qui s'est intégrée finalement très rapidement. Pour moi, c'est rapidement devenu... C'était même plus une option. C'était comme ça. Chaque semaine, il fallait que j'envoie mon newsletter et que je raconte ce que j'avais appris. Mais l'élément déclencheur, ça a été... Moi, j'en parle. Finalement, quand tu en parles, tu te rends compte qu'il y a plein de gens autour de toi qui peuvent être intéressés par les sujets ou qui lancent des choses en parallèle. Si tu n'en parles pas, tu ne peux pas le savoir. Et du coup, ça m'a permis d'échanger avec ce pote qui a aussi lancé sa newsletter. Et c'était trop bien d'avancer à deux. Franchement, c'était hyper motivant. Lui, il a arrêté au bout d'un an, mais pendant un an, on s'envoyait chacun nos newsletters, on se motivait mutuellement. C'était vraiment... Franchement, c'était génial de pouvoir avancer en duo.

Le pote qui lance sa newsletter en même temps

Ybelion — C'est fou. C'est... Ouais, bah... C'est... Je... Je partage totalement ton avis, en fait, de... Quand tu le dis à haute voix, en fait, tu déclenches des choses chez les gens et ça t'automotive en retour. C'est vraiment une boucle positive.

Diane Fastrez — Ouais, c'est impressionnant. C'est parce qu'on se rend peur. Souvent, les gens n'osent pas parler tant qu'ils n'ont pas terminé un sujet. Mais j'avoue que moi, je suis assez à l'aise avec l'idée de... En fait, souvent, quand tu parles des choses bien en amont, tu te rends compte que ça génère potentiellement des opportunités, des rencontres. Moi, au début, du coup, on partageait des ressources. On me disait, est-ce que t'as vu ce bouquin ? Est-ce que... Et en fait, ça, si j'en avais pas parlé, j'aurais jamais eu toutes ces portes d'entrée-là. Et donc, je suis assez à l'aise avec cette idée de construire en public, entre guillemets, et d'en parler, quitte à ce que ça foire à la fin. C'est pas grave. Enfin, ce qui compte, c'est le chemin. Et pour le coup, je suis assez à l'aise avec cette idée-là.

Construire en public, quitte à ce que ça foire

Ybelion — Ouais, ouais. Bah, c'est... Effectivement, c'est une des clés aussi quand tu passes sur une démarche de construire en public, d'accepter quelque part que, ouais, à la fin, ça, peut-être pas le résultat que t'espères, quoi. Du coup, le faire... Enfin, savoir pourquoi tu le fais, quoi. C'est un peu toujours... Toujours ce sujet-là. Et quand tu commences, donc, t'as déjà l'idée... L'idée qui t'a amené au livre que t'as aujourd'hui, où finalement, tu partais vraiment de... Ok, en fait, j'ai envie d'écrire un livre, mais je sais pas ce que je vais raconter.

Diane Fastrez — Et... Ouais, non, quand j'annonce ça, j'ai littéralement rien du tout. Mais j'ai vraiment... Putain, c'est incroyable. Pas un thème, pas un personnage, pas rien du tout. Je sais juste que j'ai envie de relever ce défi d'écrire un livre. Donc, vraiment, je pars de zéro complètement. Et autour de moi, personne n'a écrit de livre. Enfin, vraiment, je découvre non seulement un métier, un univers. Enfin, vraiment, je pars de zéro complètement. Et du coup, c'est aussi pour ça que mon premier constat, c'est que je sais écrire, mais je sais écrire pour l'école. J'ai toujours aimé le français. J'ai le grammaire, l'orthographe. Enfin, vraiment, les basiques de l'écriture. Mais à l'école, on n'apprend pas à inventer des histoires. On n'apprend pas à inventer des personnages. On n'apprend pas à écrire des dialogues. On n'apprend pas tout ce qui sert à écrire un livre, finalement. Et donc, du coup, la première étape pour moi, ça a été de me renseigner, d'apprendre, en fait, à écrire vraiment de la fiction. Donc, j'ai passé, finalement, les trois, quatre premiers mois à écouter plein de podcasts, comme le tien, mais d'autres, avec des exercices d'écriture, à découvrir des parcours d'auteurs, à acheter des livres qui parlent de comment construire une histoire, notamment John Truby, que tout le monde a lu.

« Je sais écrire pour l'école » : tout réapprendre

Ybelion — Oui, tout le monde a un grand classique, effectivement.

Diane Fastrez — Oui, un grand classique. À m'inscrire à des ateliers d'écriture, en ligne, en vrai. Enfin, en gros, j'ai exploré tous les possibles pour essayer d'apprendre et voir un peu quels étaient tous les basiques pour pouvoir ensuite me lancer. Mais vraiment, au début, j'avais rien du tout, quoi.

Ybelion — C'est intéressant, ce que tu partages. Ça fait écho à quelque chose que... Enfin, en tout cas, ce que je trouve cool, c'est que, tu vois, t'es dans une démarche d'apprentissage. Donc, effectivement, tu vas voir ce que font les autres. Mais toi, ça a été vraiment ancré dans le temps. C'est-à-dire que c'était orienté à action. Et c'est toujours ça que je trouve intéressant et c'est pour ça que j'appuie dessus, parce que je trouve que c'est hyper pertinent ce que tu partages. C'est de dire... OK. Effectivement, j'ai besoin d'apprendre des choses, mais c'est dans le but d'agir et de le faire moi-même. Et ce que j'ai pu remarquer, et c'est aussi, moi, ma posture et celle que j'ai envie d'adresser aux gens, c'est que quand t'as fait une formation d'écriture, quand t'as lu un bouquin, quand t'as regardé 15 séries, 30 milliards de films et lu 70 autres livres, en fait, tu sais raconter une histoire. C'est pas une nouvelle formation, c'est pas un nouveau PDF ou une nouvelle méthode secrète qui va te donner les clés que t'as pas, tu vois. Et à un moment, il faut passer dans cette action. Et tu vois, bon là, je sais que toi, t'es arrivé au bout. Donc quand tu me dis, voilà, je suis allé me renseigner, tu vois là, ça serait quelqu'un qui viendrait me voir pour me dire, j'ai envie de finir mon livre. j'aurais une ampoule qui s'allume en mode, ok, là je sens de la procrastination par la formation, tu vois. Et toi, en même temps, t'étais là, ok, en fait, je me suis concentré sur ça pendant 3-4 mois et après, je suis parti dans l'action. Et ça, je trouve que c'est vraiment la bonne démarche, tu vois, de dire, mon intention, c'est de me mettre à écrire. Et ça, trop cool. Franchement, bravo.

Le piège de la procrastination par la formation

Diane Fastrez — Ouais, en fait, effectivement, je pense que trop apprendre, ça peut être aussi bloquant. C'est un piège. ça peut être carrément un piège et je sais que moi, je fonctionne avec l'action, enfin, c'est-à-dire que si j'apprends, c'est bien, mais tant que je le fais pas, moi, je saurais pas. Et donc, du coup, il y avait un mélange de à la fois m'informer et juste apprendre au sens large et à la fois écrire, commencer à faire des exercices. tu vois, il y avait vraiment des trucs, c'était, prends une des dernières photos sur ton iPhone et décris ce que ça t'inspire. Et vraiment des basiques mais moi, j'avais jamais connu ça et en fait, je trouve que des petits exercices comme ça, sans avoir de grandes attentes en termes de résultats, ça débloque plein de choses et c'est grâce à ça que j'ai pu avancer et vraiment intégrer l'écriture dans mon quotidien. Et j'ai un peu, j'ai poussé la démarche parce que ces exercices, je les partageais dans ma newsletter. Donc en plus, j'étais confrontée au regard des personnes qui étaient abonnées. Il y a une posture qui est assez agréable dans le sens où le message, c'est pas regarder comme j'écris bien parce que c'est pas le cas. c'est regarder, je pars de zéro et j'apprends et du coup, les personnes le lisent aussi de manière très bienveillante avec des retours qui sont hyper constructifs. donc ouais, je partageais carrément les exercices d'écriture dans la newsletter au fil de l'eau.

Ybelion — tu sais que c'est franchement hyper précieux le partage que tu as fait. Je trouve que ça manque, tu vois. Et surtout, c'est que là, quand je t'entends parler, ça me donne envie de la lire, tu vois, même à posteriori. Et j'ai l'impression que tu as réussi à y mettre un truc intéressant parce que moi, un truc, c'est un avis perso. Je trouve que de manière extérieure, le processus d'écriture, il n'est pas non plus hyper sexy, tu vois. Ce n'est pas comme un mec qui apprendrait à faire l'équilibre sur les mains où tu as vraiment de l'action, d'un truc, tu vois. Écrire un livre, quelque part, c'est que tu poses tes fesses sur ton siège et t'écris, tu vois. Et ce n'est pas évident de le rendre intéressant et je trouve que quand tu le partages, tu le rends intéressant. Donc ça, ça m'intrigue. On peut la lire à posteriori.

Diane Fastrez — Ça a été un peu long parce qu'il y a eu beaucoup d'épisodes, mais j'essayais toujours d'alterner entre à la fois un exercice d'écriture, qui était pour moi vraiment la partie pratique qui m'a permis de progresser, et aussi partager des ressources. En gros, de me dire dans la newsletter, la personne, elle a 5, 6, 7 sujets. Il y en a peut-être 5 qui ne vont pas lui plaire, mais le sixième va lui plaire et elle se dira qu'elle n'a pas perdu de temps en ayant lu la newsletter. Et oui, je suis d'accord. Quand j'ai commencé à me renseigner sur le sujet, je trouvais que ça paraissait un peu magique l'écriture d'un bouquin. Souvent, l'auteur, t'as l'impression que tu passes de 0 à 1 et que paf, il y a eu une lumière et que c'est fait, alors que c'est généralement beaucoup de travail, des années de travail, souvent des retours en arrière, des corrections. Et donc, je trouvais ça cool de montrer la partie un peu acharnement, vraiment le travail et le processus qu'il y a derrière tout ça.

Ybelion — Tu as tout à fait raison parce que, en fait, même si tu as un don, ou un talent inné, tu as quand même 50 000 mots à coucher sur le papier. Donc, ça, voilà, malheureusement, ça ne se fait pas les doigts de pied en éventail en regardant le ciel. Et ouais, donc il y a un moment en écriture, c'est pour le coup vraiment très vrai, le talent sans travail, c'est vraiment du vent. quoi. Et ouais, donc c'est vrai, c'est vrai. Et donc, tu te lances comme ça avec les exercices et ça d'ailleurs, c'est un conseil que je donne à tout le monde. Moi, c'est comme ça que j'ai commencé aussi, des thèmes aléatoires qui te font écrire des bêtises qui n'ont pas tellement grande importance pour toi mais qui te libèrent vraiment. Comment tu trouves le sujet de ton roman ? Comment tu te lances dans l'écriture ? Par quoi tu commences ? C'est quoi la genèse de toute cette idée ?

La genèse : Alix, la petite fille, et Nino

Diane Fastrez — Et ben, au bout de quelques mois, du coup, je commence à écrire des mini-fictions, des histoires, enfin, pas vraiment des histoires mais je commence à noter des idées de thèmes, des idées de personnages, des personnes que j'ai croisées dans la rue où je me dis tiens, il y a peut-être moyen d'en faire un personnage derrière. Et donc, j'ai incarné avec plein de matières différentes qui partent un peu dans tous les sens mais dans ma tête, il y a un personnage qui me reste en tête, c'est celui d'Alix, le personnage vraiment qui a initié le roman qui est une mère trentenaire célibataire, donc un enfant en bas âge à qui il arrive un gros pépin. Et donc, c'est pas du tout mon histoire parce que je n'ai pas d'enfant ni rien, mais je trouve que c'est des personnes qui ne sont pas forcément souvent mises en avant à travers la fiction. Et j'ai vu l'exemple de ma mère qui était un peu dans ce profil-là, plein de personnes autour de moi, et je me dis que j'ai envie de leur faire une place et de montrer un peu ce profil-là des mamans qui arrivent à tout gérer de front malgré tout ce qui leur arrive dans la tête. Et j'ai juste ça, c'est tout. Ensuite, je me dis ce serait chouette de ne pas avoir que Alix parce que ça risque d'être potentiellement un peu dur et j'ai envie que ça soit un roman joyeux et positif. Et donc, je me dis en fait, je vais ajouter La Petite Fille et cette petite fille, elle va raconter les choses mais de son point de vue d'enfant. Et donc là, l'histoire, elle commence rapidement à se construire avec la maman qui a ses problèmes à gérer, elle essaye de protéger la petite fille et la petite fille du haut de ses 7 ans qui essaye de comprendre un peu ce qui se passe et qui enquête à sa façon. Et donc là, déjà, j'ai commencé à me lancer et c'était assez intuitif. Et ensuite, c'est marrant mais pour le coup, il y a quand même de l'intuition qui vient au fil de l'eau mais je trouvais qu'il manquait quelque chose, je ne savais pas quoi. Et en fait, un jour, j'écris une scène où elle croise un voisin qui est Nino qui a été intégré ensuite à l'histoire et qui est un vieux retraité grincheux. Et en fait, c'est marrant, dès qu'il est apparu dans le texte, je me suis dit ok, lui, il faut absolument que ce soit le troisième personnage clé de cette histoire et finalement, tout tourne autour des trois avec chacun leurs histoires qui s'entremènent. Mais du coup, tout est parti d'Alix. Sauf qu'ensuite, je me suis attachée à la petite fille et je me suis attachée au voisin qui a été greffé à l'histoire et c'est marrant mais j'ai un peu laissé Alix de côté. Puis finalement, selon les moments de l'écriture, j'étais plus attachée à un personnage, en autre, ça changeait d'un moment à l'autre. Mais tout est parti d'Alix, oui.

Ybelion — C'est trop cool parce qu'effectivement, tu tires un fil et c'est ça qui te fait naître après d'autres idées. Si tu t'es arrêtée comme ça et que tu n'avais pas écrit, en fait, tu n'aurais jamais eu l'idée de la petite fille et de Nino. Donc, c'est cool. Et du coup, le livre est écrit selon les trois points de vue, c'est ça ?

Écrire par mini-scènes : découper la montagne

Diane Fastrez — Oui. Dans chaque chapitre, c'est deux, trois pages pour chaque personnage avec chacun son point de vue. Il y a un côté, dans cette écriture-là, il y a un côté très accessible en tant qu'écrivain parce que du coup, j'avais l'impression d'écrire des mini-histoires, de faire des mini-exercices pour chaque personnage et chaque chapitre plutôt que de me lancer dans un chapitre de 25 pages qui peut-être aurait pu m'impressionner. Là, le fait d'écrire des mini-scènes à chaque fois avec un début, une fin sur deux, trois pages, il y a un côté qui est assez dynamique et assez décomplexant. C'est un format qui me convenait bien en tout cas pour ce premier roman. Je ne sais pas si ça changera par la suite mais je trouve que pour écrire en tout cas, c'est assez agréable.

Ybelion — C'est vraiment la définition même de découper la montagne. C'est écrire 20 pages, ça me fait peur, on va commencer par une. Et c'est trop bien. J'adore. Et c'est quoi le... J'ai entendu du coup que c'était plutôt feel good si je devais dire. Comment tu le... Question un peu piège, pas forcément facile, mais comment tu le résumerais ton livre ? Comment tu me le pitcherais ?

Diane Fastrez — Ah oui, alors ça, je ne suis vraiment pas forte pour ça. Oui,

Ybelion — c'est pour ça que je préviens, c'est toujours, je sais que ce n'est pas une question facile, même moi à force, j'ai toujours du mal, donc c'est pour ça. C'est un livre sur...

Diane Fastrez — C'est une histoire de vie, comme on peut tous en vivre, autour d'une... Du coup, maman, 30 mères célibataires à qui il arrive un gros pépin et qui décide de ne pas en parler à sa fille pour la protéger et ne pas l'angoisser plus que de raison. C'est aussi l'histoire du coup de sa fille qui du haut de ses 7 ans détecte qu'il y a quelque chose qui se passe et elle décide de mener sa propre enquête pour comprendre et essayer d'aider sa mère du point de vue d'un enfant donc un peu loufoque et un voisin qui est un vieux retraité un peu grincheux et isolé qui ne voit plus grand monde et qui ne croit plus trop en la vie. Et donc, c'est trois personnes qui se rencontrent et c'est une histoire de rencontre, de seconde chance, de résilience.

Ybelion — Franchement, bravo. C'est super bien pitié. On a les personnages clés, on a les intentions, on a les thèmes ouais, je trouve que le paysage, bravo, tu l'as bien dressé. Et moi, tu vois, ce qui m'intrigue le plus, c'est le côté de la fille qui va mener son enquête. Effectivement, j'y vois bien le côté un peu loufoque d'une petite fille qui enquête comme ça et ça m'intrigue vraiment. Tu vois, je suis vraiment curieux de découvrir ça.

Diane Fastrez — c'est le personnage qui, pour moi, était le plus difficile à écrire. Donc, pour le coup, la petite fille, elle l'écrit de son point de vue via une écriture journal intime. Donc, c'est un peu un excès de son journal. Ce qui a été compliqué, c'est qu'autour de moi, j'ai pas d'enfant et donc, je savais pas forcément comment parler une enfant de 7 ans. Donc, j'ai poncé les rayons Livre Enfant de la FNAC et autres magasins en allant lire des bouquins qui étaient destinés à cette tranche d'âge-là. J'ai écouté pas mal de podcasts avec des témoignages d'enfants de cet âge-là pour voir un peu comment ils parlaient, quelles étaient les questions qui se posaient à cet âge-là, les réflexions, leurs attitudes parce que, vraiment, autour de moi, j'en avais pas et donc, c'est dur de pouvoir incarner ce message. Donc, vraiment, ça a été celle qui a été la plus compliquée pour moi.

Faire parler une enfant de 7 ans

Ybelion — C'est incroyable. Tu sais, j'ai eu un flashback, je sais pas si tu connais, mais les petits bateaux sur France Inter où t'as des enfants qui posent des questions. Et ça m'a fait penser à ça. C'est toujours des petits enfants et ils posent toujours des questions. T'es en mode, putain, mais c'est vrai, je me suis jamais posé la question. Putain, vraiment, bien joué. la naïveté des enfants, parfois, c'est ça, tu vois, c'est ça qui m'intrigue, je pense, du point de vue que t'as pu prendre. C'est que les enfants ont un côté très naïf et très créatif et ils imaginent tout. Et je trouve que c'est cool dans une histoire, du coup, plutôt pour adultes. ça vient mettre aussi un peu de chaleur et d'étincelle dans nos vies d'adultes où parfois on manque de créativité quelque part.

Diane Fastrez — Oui, il y a clairement un côté naïf qui permet d'avoir un angle mignon sur des sujets qui ne sont pas forcément évidents à aborder. Et moi, le plus dur, ça a été trouver le juste milieu entre ce regard naïf et enfantin. Et parfois, les enfants, ils ont des réflexions très adultes. Enfin, vraiment, de trouver ce juste milieu-là, ça a été la partie la plus difficile. Donc, j'ai fait relire à des parents qui avaient des enfants à peu près autour de cet âge-là pour m'assurer que ce soit pas déconnant en termes d'écriture.

Ybelion — C'est trop cool. C'est vrai que les enfants ont parfois cette naïveté qui leur fait poser des questions qui sont très challengeantes. Et eux, ils ne voient aucune... Enfin, c'est juste, ils se posent la question. Ils voient un truc, ils se posent la question. Et parfois, tu prends des claques par des enfants parce que tu fais putain, il vient de me poser une question, ça remet toute ma vie en question. tu vois. Et c'est très puissant. C'est très puissant. Ah, trop bien. Je suis très curieux. À chaque fois, je démarre en me disant ça va être intéressant, je vais voir. Et à chaque fois, je repars, j'allonge ma pile de livres à lire. Alors qu'en ce moment, je n'en lis pas beaucoup. Mais ça me fait trop plaisir. Et tu... Du coup, il y a quand même un... Je ne sais pas si c'est un paradoxe, ou en tout cas, un enjeu que tu as vécu pendant cette aventure-là, c'est que tu écrivais à la fois ton livre et à la fois la newsletter. Et comment tu faisais pour que les deux ne se parasitent pas ? Ou comment tu trouvais ton équilibre ? Ou voilà, comment tu ne te réfugiais pas aussi dans le disant non, mais c'est bon, je fais la newsletter, donc j'avance sur mon livre ? Enfin voilà, comment tout ça s'équilibrait ?

Livre et newsletter : comment tenir les deux

Diane Fastrez — Vrai sujet. Surtout qu'à ce moment-là, là aujourd'hui, j'ai réduit le rythme, mais avant, j'envoyais une newsletter tous les mardis, donc chaque semaine. Donc ça faisait vraiment pas mal de travail. Disons qu'au début, ça a été très facile d'écrire la newsletter parce que j'arrivais dans un nouvel univers où il y avait énormément de matière. Et donc j'avais l'impression de découvrir le monde avec des tonnes de ressources à partager. Donc au final, au début, c'était très facile et il y avait vraiment une différence entre j'écris le livre, là je suis dans ma fiction, dans mes personnages, et dans la newsletter, je partage les ressources, mais ça, entre guillemets, je commençais à avoir une banque de données et pas mal d'éléments à partager. Là où ça a été plus dur, c'est au bout d'un an, un an et demi, quand j'avais déjà partagé pas mal des ressources que j'avais pu découvrir et que j'étais vraiment dans la finalisation de mon roman. Enfin, les deux en parallèle, c'était compliqué à gérer. Mais en même temps, la newsletter, ça me faisait un peu... Ça me donnait l'occasion de prendre du recul sur ce qui se passait et ça m'a souvent aidée à débloquer des choses, du coup, dans l'écriture derrière. Et j'en ai profité aussi pour partager peut-être des galères que je vivais ou des extraits du roman pour impliquer les personnes qui étaient abonnées dans l'histoire, pour leur demander des retours, des choses comme ça. Et du coup, ça m'a aussi servi de tremplin, entre guillemets, pour l'écriture. Donc au final, ça se faisait assez bien. Et il y a un côté quand même quand tu vois l'audience de ta newsletter grandir, ça doit être un peu la même chose pour toi avec le podcast, mais quand tu commences à avoir des retours, quand tu commences à avoir des personnes qui t'écrivent, qui te demandent des nouvelles, il y a un côté aussi stimulant. Enfin, tu vois, tu commences à te dire qu'ils ont l'air d'avoir hâte. Moi aussi, j'ai hâte en fait de le finir ce bouquin et de partager les avancées. Donc finalement, ça m'a aidée plus que rajouter des contraintes. Oui,

Ybelion — c'est... Je partage, je suis touché par ce que tu racontes, parce que, en fait, je... T'as totalement raison. C'est-à-dire que tu le fais, tu commences de toute façon toujours par le faire pour toi, parce que comme tu disais, au début, tu parles à personne, tu vois. Et par contre, effectivement, ça fait extrêmement chaud au cœur quand tu reçois un message de quelqu'un qui te dit j'ai écouté tel épisode où j'ai lu Test Lunator et ça m'a vraiment fait du bien. Et voilà. Et ouais, ça, c'est un vrai moteur. C'est un vrai truc qui te pousse encore plus et qui te permet encore plus de te connecter au fait que, ouais, tu t'aimes faire ça, quoi. Et c'est paradoxal parce que si t'étais que à la recherche de ce genre de commentaires, en fait, tu te serais jamais lancé et t'aurais jamais eu la ténacité de tenir, notamment au début. Et c'est... tout le paradoxe de quelque part du partage. Mais... Ouais. Je comprends que ça t'est bien motivé. Et vas-y, pardon. T'allais dire.

Alexandre Courbin et les Google Docs partagés

Diane Fastrez — Ouais, il y a une autre anecdote, en fait, j'ai complètement oublié de t'en parler. Mais du coup, sur les premiers mois d'écriture de cette newsletter, j'ai aussi, du coup, au passage, découvert d'autres newsletters, de personnes qui avaient une démarche assez proche de la mienne sur l'écriture. Et il se trouve que, du coup, j'ai rencontré quelqu'un qui s'appelle Alexandre Courbin qui avait une newsletter où, pareil, il racontait les coulisses de l'écriture de son livre. Et donc, on s'est rencontrés et ça a matché, évidemment, immédiatement parce qu'on vivait plus ou moins la même chose. Et du coup, on a commencé à écrire chacun notre livre en parallèle, mais en se le partageant. Et donc, dans la même logique que j'avais un pote qui avait sa newsletter et on s'aidait mutuellement, bah, avec Alex, du coup, on a commencé à faire la même chose, mais pour le bouquin. Donc, lui, il avait son Google Doc. Moi, j'avais mon Google Doc avec les accès partagés. Et il avançait sur ses chapitres, moi sur les miens. On se relisait mutuellement nos chapitres, on se faisait des retours. Et donc, en fait, ce contact-là, je l'aurais jamais eu sans la newsletter. Et ça m'a aidée à aller jusqu'au bout du projet. C'était incroyable. Donc, vraiment, ça a généré que des opportunités, quoi.

Ybelion — Ouais, j'adore. Moi, j'adore les anecdotes comme ça parce que c'est vraiment montrer que, en fait, les plus belles choses qui t'arrivent, c'est jamais prévu. Tu vois, quand tu lances ta newsletter, tu ne penses pas que tu vas rencontrer cet Alex et avec lequel tu vas te driver mutuellement pour avancer. Tu ne penses pas... En fait, tout ça, c'est impossible de l'imaginer. Et c'est vraiment ce truc de... Oser, c'est ça, tu vois. C'est genre lâcher prise sur le résultat et dire juste, vas-y, aujourd'hui, je vais faire un premier pas. Demain, pareil. Et puis, on verra. Advienne que poids. Et vraiment, ce lâcher prise... Et tu vois, je serais curieux de savoir comment tu l'as... Tu vois, c'est quoi qui t'a permis de lâcher prise ? Parce que... En fait, je ne sais pas, je crois qu'il n'y a peut-être pas de réponse. Parce que moi, ça a été toute la démarche aussi beaucoup l'année dernière, tu vois, de ça. Et beaucoup sur beaucoup d'années, en fait. C'est un travail de longue haleine, tu vois, pour quelqu'un qui est très tête.

Diane Fastrez — Mais...

Ybelion — Je me dis toujours, putain, mais est-ce qu'il y a une recette à se lâcher prise, vraiment, outre le fait d'accepter un moment de se jeter dans le vide, tu vois. C'est un peu une question ouverte, je ne sais même pas s'il y a vraiment de questions derrière tout ça, tu vois, mais je suis curieux d'avoir ton avis, du coup, plutôt, peut-être.

Pas d'ego, et ce que la compétition lui a appris

Diane Fastrez — Oui, c'est marrant. J'ai l'impression que c'est un peu ma personnalité que j'ai un peu toujours fonctionné comme ça. Je pense que c'est aussi lié au fait que... Je n'ai pas... Je ne sais pas si c'est la bonne formation, mais je n'ai pas d'ego. En fait, je me dis, si ça ne marche pas, au pire, ce n'est pas grave, j'aurais appris, mais du coup, je passerais à autre chose. Et donc, j'ai toujours fonctionné comme ça. En parallèle du livre, j'ai créé un projet dans le tourisme durable et j'ai dit, bon, je vais construire une maison, une tiny house. Et je l'ai annoncé et j'ai raconté toutes les coulisses de cette construction et ça m'a généré plein de contexte. En fait, je me suis rendue compte très vite que quand tu parles des choses et que tu n'as pas peur et que tu fonces, ça génère généralement beaucoup plus d'opportunités que ce que tu aurais pu imaginer à la base. Donc en fait, c'est super, c'est forcément positif d'une manière ou d'une autre. Et d'où ça vient, je ne sais pas, peut-être que quand j'étais petite, je faisais beaucoup de compétitions. J'ai passé mon enfance à faire des compétitions et quand tu fais vraiment de la compétition, tu apprends tous les jours que tu peux perdre mais que ce qui compte, c'est le chemin, c'est d'avancer et c'est comme ça, c'est la base. Donc je pense que ça m'est resté dans un peu tous les pans de ma vie.

Ybelion — J'adore, j'adore. C'est vrai. Putain, tu vois, j'avais jamais vraiment vu la compétition comme ça mais tu as raison. Moi, tu vois, c'est marrant. Moi, là, je te fais un partage personnel mais je trouve que ça rebondit bien avec le sujet que tu amènes mais j'ai jamais trop aimé la compétition parce que je n'aimais pas trop ce rapport de force qu'il y avait entre les gens. Je voyais plus ça, je me suis toujours beaucoup plus reconnu dans les sports collectifs par exemple où tu es vraiment avec ton équipe et tu essaies de construire et ce que tu aimes plus que gagner, c'est le fait de faire quelque chose avec les gens, tu vois. Mais c'est vrai que tu vois, là, tu viens de me faire prendre conscience qu'en fait, c'est vrai que la compétition, elle t'apprend aussi que tu perds et que c'est OK et qu'en fait, tu survis très bien. Et ouais, putain, c'est...

Diane Fastrez — Tu perds beaucoup plus que tu gagnes souvent.

Ybelion — Bah ouais, c'est clair.

Diane Fastrez — Tu viens de donner et puis tu peux aussi t'entraîner pendant des mois pour un seul match et tu le perds. Et en fait, qu'est-ce que tu fais à ce moment-là ? Tu ne ranges pas tes équipements au placard et tu arrêtes ou peut-être, certains, je ne sais pas, mais moi, dans ces cas-là, je me disais OK, qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce que je peux faire mieux ? Qu'est-ce que je peux apprendre pour que la prochaine fois, ça n'arrive pas ? Et c'est toujours cette logique de OK, j'ai perdu quelque chose mais du coup, je vais faire en sorte de faire mieux et d'avancer. Et je pense que quand tu es dans l'action, typiquement là-dedans, tu bloques moins, tu vois. Pour faire le parallèle avec l'écriture, quand j'ai écrit du coup ce roman-là, au bout de six mois, j'étais à 30 ou 40 000 mots et je visais à peu près 60 ou 70. Et pendant des jours, je n'arrivais plus à avancer. Vraiment, j'avais un blocage. Je ne trouvais plus d'inspiration. Je trouvais que du coup, tout était nul, que mes personnages, c'était l'enfer. Enfin, vraiment, ça n'allait plus. Et je me suis dit, ok, qu'est-ce qu'on fait ? Là, si moi, je n'ai pas envie de continuer, je ne peux pas rester bloquée comme ça. Et il se trouve qu'en fait, j'avais suivi une méthode qui ne me convenait pas. C'était, j'avais vu qu'il y avait pas mal d'auteurs qui détaillaient en amont de l'écriture chaque chapitre du bouquin avec les étapes, ce qui va se passer exactement dans chaque chapitre, comment va avancer chaque personnage, etc. Donc, j'avais fait ça. Sauf que moi, je ne suis pas quelqu'un de structuré comme ça. Je ne peux pas, en fait, ça me bloque. Donc, ça a marché au début, mais très vite, je me suis dit, mais pour moi, c'est l'enfer. En fait, quand j'écris, j'ai besoin de découvrir l'histoire comme le ferait le lecteur en lisant les pages. Et donc, en fait, ça ne marchait pas. Donc, ce que j'ai fait, c'est que j'ai tout effacé. J'avais 30 000 mots et je me suis dit, bon, ok, ce n'est pas grave. Si je bloque là, c'est que vraiment, ce n'est pas la méthode qui me convient. J'ai tout effacé en gardant en tête l'histoire et les personnages. J'ai redémarré de zéro, mais sans ça. Et vraiment, ça m'a permis d'avancer beaucoup plus vite derrière. Toujours dans cette logique de se dire, si ça ne marche pas, c'est peut-être qu'il y a une autre méthode, qu'il y a peut-être autre chose qui est mieux pour toi.

Le blocage à 30 000 mots, et tout effacer

Ybelion — C'est... Ouais, il n'y a pas de méthode miracle. Il n'y a pas de méthode secrète. Et c'est vraiment... Tu vois, c'est intéressant parce que tu as réussi à te poser des très bonnes questions toute seule. Je pense que tu te connais bien aussi. Et ça a permis de réussir à te connecter à quelque chose qui te drive vraiment. Tu vois. Et effectivement, si toi, c'est aussi découvrir qui te permet d'avancer, le fait d'avoir tout planifié, quelque part, ça t'enlève tout ce truc qui fait le processus. Et du coup, effectivement, ça te paralyse. Et après, tu es là. Putain, je ne comprends pas. pourtant, cette méthode, elle marche chez les autres. Et là, c'est bon. Tu mets le doigt dans un engrenage de confusion horrible qui après te détruit un peu de l'intérieur, quelque part. Oui,

Diane Fastrez — complètement. et c'est...

Ybelion — Et c'est... Comment tu... Comment tu as construit... Alors, tu vois, du coup, je comprends que tu avais un processus qui était très intuitif, quelque part. Et comment tu t'es... Comment tu t'es organisé après, plutôt, je dirais, quotidiennement ou hebdomadairement pour écrire ton livre, du coup, jusqu'au bout ?

Mille mots par jour et un mois d'août bloqué

Diane Fastrez — Déjà, pour l'histoire, du coup, effectivement, je n'avais aucune idée de ce vers quoi j'allais. Enfin, c'était vraiment à l'aveugle. Et je m'étais simplement fixé un objectif de... Le fameux objectif de 1000 mots par jour que j'avais entendu littéralement partout qui est un objectif de volume assez raisonnable mais qui, en même temps, te force à avancer un peu tous les jours. Il y a des jours où j'avançais très bien. Il y a des jours où je mettais 8 heures à faire ce que la veille j'avais fait en une heure. Et je me disais tous les jours, j'avance. Par contre, je n'avais aucune idée de ce que j'allais écrire le lendemain. Donc, à chaque fois, je terminais, je me disais bon, ok, il est arrivé ça à Alix, qu'est-ce qui va se passer demain ? Et du coup, je découvrais à chaque fois la suite. Et moi, du coup, en parallèle, je suis freelance donc je travaille à temps plein sur d'autres sujets que l'écriture. Et donc, généralement, ce que je faisais, c'est que j'écrivais le matin avant de démarrer ma journée. Ça, ça a marché quelques mois et au bout d'un moment, je me suis rendu compte que c'était hyper difficile pour moi d'écrire 2 heures le matin, de partir dans d'autres sujets pros à côté. Le soir, je me couchais avec plein d'autres choses en tête mais pas mon histoire. Donc, le matin, je mettais beaucoup plus de temps à me replonger dans l'histoire. Je sentais que ce n'était pas vraiment optimisé et donc, du coup, j'ai pris un mois le mois d'août pour terminer le bouquin. J'avais à ce moment-là 30, 40 000 mots et je me suis dit là, pendant un mois, tu ne penses que à ça. Du coup, je pensais comme mes personnages toute la journée. Le matin, je me réveillais, j'en avais rêvé la nuit. J'étais vraiment plongée dans l'histoire et en un mois, j'ai terminé cette écriture-là. Et au final, dans un monde idéal, évidemment, si tu peux être dans le plan là-dessus, pour moi, ce serait le top mais après, il y a la rééconomie que tu n'as rien à faire.

Ybelion — Ben, c'est toujours ça, effectivement, il y a des impératifs, tu vois, et malheureusement, ces impératifs-là, on est obligé de composer avec, donc à un moment, tu es obligé de lâcher prise aussi sur ça et de composer avec le temps libre que tu as. Et c'est pour ça aussi que souvent, toutes ces méthodes-là que les gens partagent, en fait, c'est irreproductible parce qu'en fait, c'est construit autour des impératifs de quelqu'un. si tu n'as pas les mêmes déjà tout de suite, ça coince. Et après, voilà, c'est vrai que le nombre de mots par jour, tu vois, moi, j'en deviens un petit peu pareil, un petit peu sceptique, pas du fait que ça marche ou que ça ne marche pas. Je pense que ça marche très bien sur certains profils. Moi, je sais que ça me met la pression, tu vois, par exemple, si je me mets un minimum de mots, je suis concentré sur ce truc-là et en fait, ça me fait même moins travailler que quand je ne me mets pas, tu vois. Parce que du coup, quand j'ai atteint le truc, je fais, ah non, c'est bon, j'ai atteint mes mots, tu vois. Et donc, quelque part, je range mon truc et je m'en vais, tu vois. Et par contre, ce qui est intéressant quand même dans ça, c'est de se dire, en fait, à un moment, il faut apprendre à se connaître aussi. Et donc, à mon sens, trouver sa routine, c'est comme toi, en fait, ce que tu as fait, c'est très itératif. c'est-à-dire que, bon, on part de quelque chose, de toute façon. Donc, ok, j'ai entendu mille mots par jour, faisons ça et puis voyons ce qui se passe. Qu'est-ce qui se passe ? Comment je me sens ? Qu'est-ce que j'ai ressenti pendant ma session ? Etc. Et c'est au regard de tous ces ressentis et tous ces feedbacks que tu te fais à toi-même, quelque part, que tu es capable de construire et de comprendre après ce qui marche avec toi. Et c'est hyper intéressant de voir que tu as eu un... Je trouve que tu as un... Ouais, tu as beaucoup de recul sur ta situation et tu as réussi à construire vraiment ton rituel, quelque part, d'écrivaine. C'est vraiment inspirant.

Diane Fastrez — C'est marrant, je reviens sur ce que tu disais sur la partie routine d'écriture et les mille mots. Je comprends qu'il y a un côté bloquant. Moi, j'ai un peu le syndrome de la bonne élève. Donc, si je ne fais pas mes mille mots comme je me suis fait, je ne suis pas bien. Je me dis non, c'est nul. Donc, j'avoue que ça correspond plus à mon profit. Mais par contre, ce que j'ai trouvé vraiment bien avec ça, c'est justement, il y a des jours où tu es inspirée et il y a des jours où tu n'es pas inspirée où ça ne vient pas du tout. Et... du coup, moi, je me suis forcée ces jours-là à quand même rester devant ma feuille pendant une heure ou alors aller marcher, revenir et ensuite écrire. Et je me suis rendue compte que finalement, ça vient quand même. Plutôt que de me dire ah non, aujourd'hui, je ne suis pas inspirée, je fais autre chose, on verra demain. Je reste là-dessus et je me dis tant pis. Je prends un bouquin d'une autre personne, je recopie une page et au bout d'un moment, je me rends compte que ça me donne une idée, ça m'inspire. Et en fait, je me suis vraiment rendue compte du côté de l'écriture, c'est du travail. Et même quand tu n'es pas inspirée, si tu te forces entre guillemets à avancer ou si tu fais l'effort d'attendre que l'inspiration vienne ou je faisais un exercice ou des choses comme ça, finalement, ça vient quand même les jours où tu as l'impression que ça ne viendra pas. Et donc, c'est vraiment ce côté finalement, c'est un travail. Et en se forçant et en avançant, derrière, tu peux avoir le déclic même quand tu pensais ne pas pouvoir l'avoir.

Ybelion — C'est vraiment la phrase « Trust the process » n'a jamais été aussi vraie qu'en écriture. Et effectivement, c'est un processus qui est long, c'est toujours plusieurs mois. Et du coup, tu es obligé de ne pas compter que sur la motivation. Parce qu'effectivement, quand tu lances, tu es l'effervescence. Et d'ailleurs, c'est ce que tu disais sur les newsletters, ça marche dans toutes les choses qui prennent du temps. au départ, tu es tout feu, tout flamme. Et puis, à force, voilà. Et donc, c'est pour ça que c'est important de réussir à ancrer ça dans sa réalité aussi. Et donc, effectivement, le voir comme un travail est une solution. Et ça marche très bien avec certains. Effectivement, moi aussi, c'est ça, tu vois, le fait de se mettre tous les matins et quelque part de ne pas réfléchir. Bon, voilà, jusqu'à 9h, c'est ça. Voilà, hop, ça marche très bien. Et ce qui est marrant, c'est qu'à contrario, certaines personnes, le fait qu'ils voient ça comme un travail, ça les bloque direct. Et donc, justement, tout le truc est détricoté cet aspect travail que ça peut avoir et d'en faire un truc beaucoup plus plaisir. Mais chacun ses enjeux quelque part. Pas de bon.

Diane Fastrez — Après, moi, il y avait aussi un aspect sur la partie où j'avais besoin d'être plongée dans mon histoire. Et je me rendais compte que j'étais jamais aussi efficace que quand vraiment j'avançais tous les jours et que du coup, j'en rêvais et j'y pensais. Et enfin, je me baladais dans la rue et je me disais mais tiens, comment aurait réagi Alix ? Enfin, vraiment, j'étais plongée dans mon truc. Et du coup, je savais qu'il ne fallait pas que je laisse retomber la dynamique. Et je me disais si j'écris un jour et que je ne me sens plus inspirée, que j'attends trois semaines pour réenclencher, puis trois semaines, je savais qu'avec moi, ça n'allait pas marcher. Il y en a avec qui ça fonctionne pour un peu plus des éclairs de génie à certains moments. Moi, je savais que j'avais besoin d'être vraiment plongée dans l'histoire tous les jours pour pouvoir avancer. Sinon, j'allais l'abandonner en cours de route, je pense. Donc, je pense que ça dépend plus de la manière de réfléchir de chacun.

Ce que l'écriture a changé dans son regard sur le monde

Ybelion — Ouais, c'est ça. De toute façon, l'écriture est très intime et très personnelle. Et tiens, d'ailleurs, ça me fait venir une question. Qu'est-ce que tu as découvert sur toi en écrivant tes trois personnages ? S'il y avait un truc qui t'a marqué ?

Diane Fastrez — C'est une bonne question. Il y a quelque chose... Enfin, l'écriture m'a beaucoup aidée sur être plus ouverte au monde dans le sens où... Bon, avant, je vivais une vie très bien, mais quand j'ai commencé à écrire, je me suis rendue compte que j'étais beaucoup plus attentive à tout ce qui m'entourait. Et je me suis rendue compte que tous les soirs, finalement, je notais une phrase que j'avais entendue que je trouvais chouette, une réflexion d'une personne, une musique entendue, un décor. Et en fait, ça m'a un peu éveillée sur ces sujets-là et rendue encore plus optimiste. même, tu vois, par exemple, des gens qui auraient pu m'énerver dans la journée, ça devenait un personnage dans mon carnet et je le tournais en dérision et ça devenait quelque chose de chouette finalement. Et donc, du coup, ça m'a permis d'avoir une approche encore plus positive de mon quotidien de manière générale et à relativiser sur pas mal de choses. pour ça, ça m'a pas mal aidée même en perso, du coup.

Ybelion — C'est beau de voir toujours les transferts que fait l'écriture dans la vie. Et en suivant, du coup, tu termines ton livre. Toi, tu fais le choix de l'auto-édition, du coup.

Un an d'attente, puis le choix de l'auto-édition

Diane Fastrez — Oui.

Ybelion — Comment t'en es arrivée à ce choix ? Qu'est-ce que... Ouais, comment t'en es arrivée à ce choix ?

Diane Fastrez — Ouais, alors ça n'a pas été mon premier choix. Enfin, je me suis beaucoup posé la question et j'avais toujours cette question de complexe, de légitimité. Donc, j'ai quand même envoyé mon bouquin à une dizaine de maisons d'édition. Plus dans cette logique, enfin, je me suis vraiment dit je ne tiens pas absolument à être édité. Je veux l'être uniquement si quelqu'un estime que vraiment ça vaut le coup et que c'est un bouquin coup de cœur. Et donc, du coup, j'ai vraiment fait la voie pas la plus simple, c'est-à-dire que j'ai choisi les plus grosses maisons qui éditaient des bouquins comme les miens dans l'univers du feel-good, donc celles qui sont évidemment les moins accessibles. Et donc, j'ai envoyé mon bouquin et ensuite, attendu pendant des mois des retours. J'ai eu un retour d'une grande maison d'édition qui me disait qu'il n'y avait plus de place pour des nouveaux auteurs mais qui me faisait un retour ultra détaillé sur potentiellement des pistes pour améliorer le manuscrit. Donc franchement, vraiment cool. Incroyable. Ouais, assez cool. Et j'ai eu un autre retour d'une autre maison qui... Enfin, la personne m'a dit qu'elle avait bien aimé le bouquin et pareil, elle me suggérait deux, trois ajustements pour potentiellement rediscuter d'une publication. Donc, une fois que j'ai reçu ce mail, je me suis dit ok, je fais les modifications. je les ai faites presque toutes parce qu'il y en a certaines où je me disais non, là ça change vraiment l'histoire ou ça change vraiment ça et je tiens à cet aspect-là et donc voilà. Mais j'ai intégré une bonne partie des corrections suggérées et j'ai envoyé ensuite la V2 à cette éditrice qui m'avait répondu et derrière, Silence Radio. finalement, quelques mois plus tard, elle m'écrit pour me dire qu'elle l'a fait lire à quelqu'un qui a adoré et qu'elle me tient au courant et plus de nouvelles depuis. Donc en fait, j'ai passé un peu plus d'un an à attendre et donc j'ai joué le jeu des maisons d'édition et de cet univers-là et j'avoue qu'au bout d'un moment, je me suis dit bah en fait, même si cette personne revient vers moi au bout d'un an et demi, je pense que j'ai plus envie de travailler avec cette personne parce que si elle a mis tant de temps, c'est qu'elle n'a pas eu tant que ça un coup de cœur. Donc je me suis dit bah écoute, on va faire tout soi-même et j'ai un profil assez entrepreneur, j'aime bien l'idée de comprendre un peu tous les rouages de tout ce qui se passe derrière. Donc j'ai trouvé ça trop bien de me dire ok, bon bah, j'auto-édite, du coup ça veut dire qu'il va falloir que je fasse la couverture, la quatrième de couve, la mise en page, la promotion, que je fasse mon ISBN, enfin que je découvre un petit peu tout ça et... j'aime bien l'idée de maîtriser un peu les rouages et de savoir comment ça fonctionne. Donc au final, j'ai adoré faire l'auto-édition et je le recommande partout autour de moi parce que je trouve que c'est vraiment une belle expérience.

Ybelion — Comment t'as... Il y a un point que j'ai trouvé hyper intéressant dans ce que tu partages, le moment où t'as une éditrice du coup qui te fait des retours, donc qui d'un point de vue extérieur a une posture un peu d'autorité quelque part, de dire moi je sais ce qui est bien ou ce qui est pas bien. Comment, quelque part, t'as le courage de dire non, il y a des retours que j'intègre pas ?

Refuser un retour d'éditrice : garder 7 ans

Diane Fastrez — C'est une question que je me suis beaucoup posée. Honnêtement, les retours qu'elle a faits, il y en avait trois principaux, je les trouvais tous vraiment très pertinents. Enfin, j'étais vraiment d'accord avec ce qu'elle disait dans le sens où j'avais l'impression qu'elle pointait du doigt quelque chose que j'avais senti sans l'identifier réellement et sans savoir exactement ce que c'était. Donc, finalement, c'était assez simple cette partie-là. Donc, j'ai intégré... Notamment, par exemple, il y avait un retour sur June, la petite fille, où elle me disait des fois, on a l'impression qu'elle a plutôt 12-13 ans et des fois, on a l'impression qu'elle a plutôt 4-5 ans. Et c'était quelque chose où je savais que c'était justement le sujet sur lequel j'avais le plus galéré et donc j'ai repassé tous ces textes, toutes ces parties à elle pour voir comment je pouvais ajuster où étaient les problèmes. Donc, c'était vraiment cohérent et j'étais d'accord avec ce qu'elle disait sur cette partie-là. Il y a certains passages que j'ai gardés où elle avait suggéré de les modifier parce que c'était ceux d'Alix et parce que c'était le point initial du bouquin et que je n'avais pas à cœur de le changer et que je trouvais qu'il faisait sens comme ça. Je l'ai simplement retravaillé pour l'améliorer mais je n'ai pas intégré exactement ce qu'elle disait. Après, son retour, il était vraiment plus dans une logique, pas tant d'une posture d'autorité mais plus de tiens, voilà une suggestion, voilà ce que j'ai ressenti, peut-être que tu pourrais changer ça ou... Mais par exemple, dans son retour, elle me suggérait de changer l'âge de la petite pour qu'elle ait plutôt 10-12 ans. j'ai préféré la garder à 7 ans parce que je trouvais qu'à 12 ans, on a beaucoup moins ce regard naïf que celui qu'on peut avoir à 7 ans et que du coup, on perdait tout l'intérêt de la petite fille dans le bouquin. Donc, j'ai simplement fait en sorte qu'elle ait vraiment 7 ans et qu'il n'y ait plus de doute là-dessus mais par contre, j'ai gardé cet âge-là. Donc, honnêtement, ça a été une période de doute pas mal mais en même temps, j'étais assez alignée avec les retours donc... Et en parallèle, du coup, je l'avais envoyée aux maisons d'édition mais je l'avais aussi envoyée à d'autres bêta-lecteurs et il se trouve que les bêta-lecteurs, certains en tout cas, avaient fait exactement les mêmes retours que l'éditrice. Donc, vu que tout était aligné, je me disais, ok, donc c'est quand même vraiment un ressenti global donc ça fait sens quoi, donc allons-y.

Ybelion — Ouais, c'est pour ça que c'est toujours intéressant de croiser des retours et d'être ensuite très au clair sur les intentions qu'on a avec son livre parce que ça te permet justement de trier ce qu'on te dit ou pas et quelque part, si ton intention était, tu vois, de montrer aussi la naïveté qu'on a quand on est enfant et le regard qu'on peut porter sur ses parents à cet âge-là et que changer l'âge, retirer toute cette partie-là, ben là, il y a une espèce de dissonance qui se crée entre toi, ce que tu avais envie d'accomplir et la finalité de l'écrit et ça, moi, je trouve ça pas évident et très courageux, tu vois, d'avoir le courage de choisir ses intentions aussi et de pas simplement écouter les retours qu'on te dit parce que c'est les retours et quand effectivement, quand je parlais de posture d'autorité, c'était plus quelqu'un qui travaille dans une maison d'édition, du coup, qui a priori, dont l'esprit s'y connaît plus, mais en vérité, c'est que c'est toi, Diane, qui a la pleine connaissance de tes intentions et effectivement, les retours sont toujours des suggestions, jamais des ordres et jamais des injonctions et donc après, libre à chacun effectivement de comment les intégrer. C'est ça qui est magnifique et t'as raison, souvent, ça touche quand même juste et au bon endroit et c'est pas toujours évident d'ailleurs parce qu'il y a des trucs que tu dis, putain, je m'en doutais, ça me saoule parce que je vais devoir modifier des trucs et tout mais t'avais besoin de l'entendre de quelqu'un d'autre pour en prendre vraiment pleinement conscience.

Diane Fastrez — Et après, la structure de mon récit faisait que c'était pas si difficile de faire des changements dans le sens où du coup, dans chaque chapitre, il y a un personnage puis le deuxième puis le troisième avec à chaque fois deux, trois pages et du coup, t'as à chaque fois des mini-scènes et donc en gros, j'avais identifié notamment par exemple pour Alix les cinq, six scènes qui étaient potentiellement à changer ou ajuster et en fait, j'ai juste pris celle-là, j'ai effacé et je me suis dit ok, par quoi on remplace ? Mais du coup, ça avait pas un impact sur tout le récit, je pouvais simplement changer cette partie-là sans perdre le sens pour l'histoire au global donc les changements étaient peut-être plus simples que dans d'autres formes de récits, je pense.

Ybelion — Trop cool. Désolé, j'ai eu trois questions qui me sont venues dans la tête au même moment. c'est quoi le retour qui t'a peut-être le plus touché ?

Le beau-père, la gare, et « c'était formidable »

Diane Fastrez — Je pense que c'est celui de mon beau-père Ok. Donc je lui ai fait relire pas la V1. En fait, j'ai fait d'abord lire le manuscrit à cinq, six personnes pour la V1. Ensuite, j'ai fait les corrections et j'ai fait relire cette V2 à d'autres personnes. Je voulais pas que ce soit les mêmes pour voir s'il y avait des retours qui étaient similaires et donc il a fait partie de la vague V2 et c'est quelqu'un qui lit pas beaucoup, qui lit plutôt des policiers, donc pas dans mon univers et qui est très réservé en termes de mots. Il est pas forcément expansif. Et donc, je lui ai envoyé et ma mère me racontait ce qui se passait et elle m'a raconté qu'en fait, il a pas dormi de la nuit, il l'a lu dans la foulée et il y a pas fait de retour et moi, j'arrivais quelques jours après et en fait, donc il me vient de me récupérer à la gare et il dit rien. Genre, vraiment, il dit rien.

Ybelion — Horrible.

Diane Fastrez — Et je me dis, waouh, là, je vais me liquéfier sur place. Je me dis vraiment, ça doit être un sacré navet pour qu'il dise rien, tu vois, genre, il sait même pas comment m'amener le truc et me dire, bon, c'est bien beau cette histoire de bouquin mais passe à autre chose. Et genre, vraiment, je passe 20 minutes et il me dis, waouh, ça va être un moment horrible. Et on arrive pour prendre le café et il me dit, c'était formidable.

Ybelion — Et c'est tout

Diane Fastrez — ce qu'il m'a dit et franchement, il y avait pas mieux quoi. Genre, vraiment, c'était hyper touchant et après, il y a eu plein d'autres retours incroyables mais ils m'ont dit tous qu'ils avaient peur en le lisant parce que, bah, en fait, le fait d'en avoir parlé pendant trois ans dans une newsletter, ça crée quand même une attention, tu vois, les gens attendent. une attente, pardon, ça crée une attente et du coup, forcément, les gens guettaient mais en fait, personne ne savait si je l'écris bien ou pas, ou si ça allait leur plaire. Donc, ça crée une pression en plus quoi. Et encore plus vis-à-vis de ma famille parce que, bah, ils disaient, ok, je vais être obligé de le lire et imagine, vraiment, ça me plaît pas et c'est assez hyper dur de dire ça à quelqu'un et en l'occurrence, ils ont tous adoré et du coup, bon, au final, ça s'est bien passé mais je pense qu'il y a un côté stressant aussi pour l'entourage de savoir faire un retour et d'être impliqué là-dedans sans trop savoir comment prendre les choses, quoi. C'est le retour qui m'a le plus touchée, je pense.

Ybelion — En vrai, c'est trop cool comme partage et je crois que c'est vrai, c'est difficile de lire parce que moi, tu vois, le retour qui m'a le plus touchée, c'est mon père qui m'a dit j'ai oublié que c'était toi qui l'avais écrit et ça, ça m'a fait plaisir parce qu'effectivement, je trouve que c'est très compliqué pour eux, tu vois, de décorréler ce qu'ils lisent de la personne qui l'a écrit et parce que derrière, tu vois, ils connaissent toute ta vie, ils savent plein de choses sur toi et ils savent que t'es pas écrivain de métier même si ça a en vérité pas vraiment de valeur et que c'est beaucoup plus ce que toi, tu décides d'être qui est important mais voilà, il y a tout ce regard, tout ce biais qu'il y a qui fait que je pense, je leur ai jamais posé la question mais en tout cas, je l'interprète comme ça, je pense beaucoup d'appréhension de découvrir tout ça et de dire effectivement et en fait, peut-être que c'est nul et comment je vais le dire après ? Et bon, voilà, en vérité, quelqu'un qui prend le temps de lire tout un livre, si c'est vraiment nul, c'est pas possible. voilà, donc il y a ça aussi quand même, ouais, c'est un vrai challenge ça.

Diane Fastrez — Après avoir eu ces retours, c'est marrant, je me suis dit, à la fois, au début, j'étais super contente et après, je me suis dit, non mais ils doivent pas être objectifs.

Ybelion — Ouais, ils doivent me mentir, ouais, classique,

Diane Fastrez — classique. C'est trop bien, à la fois, non mais en vrai, c'est pas possible.

Ybelion — Ouais.

Diane Fastrez — Il y a des personnes un peu plus éloignées, mais il y a toujours cette remise en question qui fait aussi partie du process.

Ybelion — C'est perpétuel de toute manière et c'est pour ça que c'est aussi important à ce moment-là, tu vois, je disais, d'être clair sur les intentions de ton livre, mais aussi, pourquoi c'est important pour toi ? Parce qu'en fait, tu peux aussi le faire relire, je sais pas si mon livre, il est censé parler aux gens qui ont, aux hommes de 30 ans, si c'est une femme de 50 qui le relit et qu'elle me dit que c'est nul, bon bah quelque part, ça me fait une belle jambe, il y a aussi tout ce contexte-là à apporter dans le retour qu'on peut te faire et effectivement, je conseille aussi d'aller le faire relire par des gens qui ont un point de vue qui peut être plus objectif parce que ça te permet aussi de te libérer de ce truc-là qui vient toujours quand quelqu'un te dit que c'est bien de dire non mais peut-être qu'il me ment parce qu'il m'aime bien ou parce que voilà mais après, le truc, c'est vrai partout, je peux dire ouais mais il me ment parce qu'il me connaît pas et de toute façon, voilà, il sait qu'il aura plus jamais de compte à me rendre, tu vois, mais donc tu peux, si tu ne veux vraiment pas avoir confiance en toi, tu peux vraiment te trouver toutes les manières de le faire.

Diane Fastrez — En conclusion, tu peux aussi bien dire ok, il avait grave raison ou ok, j'arrête d'écrire, c'est fini cette carrière. Ouais,

Ybelion — c'est ça, exactement. Donc,

Diane Fastrez — souvent, ton état d'esprit, c'est sûr.

Ybelion — Exactement, et c'est pour ça que ça devient important de savoir pourquoi tu fais les choses, tu vois, et pourquoi pour toi, c'est important de le terminer. Parce que là, bien, c'est nul, c'est très nul, quelque part, moi je suis super fier de l'avoir fait, je l'ai terminé, je peux passer à autre chose et c'est trop bien, tu vois. Et voilà. Mais toi, du coup, ça t'a donné envie d'écrire d'autres livres ?

Diane Fastrez — Ouais, alors du coup, l'idée de tout ça, c'était de me dire que je me demandais si j'idéalisais pas le fait d'écrire un livre parce que c'est un peu, enfin, il y en a beaucoup qui en rêvent mais dans la réalité, entre le rêve et vraiment l'exercice lui-même, je pense qu'il y a un monde. Non, la conclusion, ça a été que j'ai adoré ça, vraiment, et que du coup, j'ai envie d'en écrire d'autres. Après là, j'étais bloquée tant que j'avais pas publié le premier. Pour moi, c'était impossible d'écrire l'histoire suivante parce que tant que le livre était pas entre les mains des lecteurs, qu'il s'était pas approprié, entre guillemets, j'aurais pu, je me disais toujours, peut-être que je devrais encore faire des modifications de cette histoire et donc me replonger dedans. Donc, j'arrivais pas tant qu'il était pas vraiment en vente. Et donc, je l'ai lancé, enfin, j'ai lancé les ventes fin novembre et depuis, ça y est, là, je commence à me reprojeter sur la suite mais vraiment, ça a été un énorme kiff. Ça a été dur, évidemment, notamment quand j'ai tout effacé pour tout reprendre mais j'ai adoré cette expérience et en fait, moi qui suis freelance et entrepreneur, je passe mes journées à faire des devis, des factures, des réunions de suivi, des mails, enfin, des choses qui sont très business, entre guillemets, de sortir de tout ça et d'être juste dans une histoire avec des personnages et d'être déconnecté de la réalité, je trouvais ça trop bien. Enfin, vraiment, c'était trop bien et en plus, j'écris sur papier, j'écris pas sur ordi, je peux pas écrire sur ordi, c'est impossible. Donc, il y avait aussi ce côté des connexions, des écrans, de l'ordi, enfin, du coup, je prenais juste mon carré, mon stylo, j'allais dans un café et j'écrivais et franchement, ça a été vraiment incroyable. Donc, j'ai qu'une envie, c'est de me replonger dans la prochaine histoire qui sera une histoire qui aura rien à voir avec la première, c'est pas une suite mais pour l'instant, j'ai aucune idée de ce que ça va être donc on verra dans les prochaines semaines.

Carnet, stylo, café : écrire à la main

Ybelion — C'est fou, en vrai. Je savais pas que du coup, t'écrivais sur vraiment manuscrit. Du coup, à la fin, t'as tout rebasculé sur ordinateur quand même ?

Diane Fastrez — En fait, ce que je faisais, c'est que ce que j'écrivais la journée, je le laissais dans mon carnet et le lendemain matin, quand je démarrais, je tapais d'abord sur l'ordi ce que j'avais écrit la veille et ensuite, je reprenais sur papier. Ça me permettrait de me replonger dans l'histoire et de, entre guillemets, déclencher l'écriture sans avoir à réfléchir. J'avais déjà du coup retapé une ou deux pages donc mon cerveau était réactivé et ensuite, j'écrivais sur papier.

Ybelion — C'est hyper intéressant. Tu vois, je découvre un nouveau mode de fonctionnement d'écrivaine et je trouve ça trop cool. Comme quoi, vraiment, c'est toujours surprenant ce que trouvent les gens pour vraiment que ça fit à leur envie et à leur vie.

Diane Fastrez — Oui. C'est marrant, je ne peux pas vraiment, je ne peux pas écrire de manière créative sur l'ordinateur. C'est comme si mon cerveau ne s'activait pas de la même manière et pourtant, je prends un papier, un stylo, je réécris simplement par exemple une phrase entendue deux minutes avant et dans la foulée, il y a des idées qui me viennent, tu vois, mais vraiment, sur l'ordinateur, ça ne marche pas, je peux faire ça et alors là, j'ai vraiment le cliché de la page blanche avec le truc qui clignote. et il ne se passe rien.

Ybelion — Et pour conclure, il y a une question que j'aime bien poser sur ton livre. Si tu avais une anecdote un peu insolite à raconter sur le livre ou le processus, bref, un truc que tu ne dirais pas forcément au premier abord, ça serait quoi ?

Diane Fastrez — Wow, une anecdote en plus. Je séche. Question pas facile. Une anecdote en plus.

Ybelion — Ah là, j'en ai pas qui me viennent. Attends.

Diane Fastrez — C'est pas forcément une anecdote, mais peut-être un retour d'expérience qui peut intéresser des personnes. C'est que c'est un premier roman, donc c'est quand même particulier. Et tu découvres un peu ton écriture. Et moi, j'ai vraiment senti l'évolution dans la manière d'écrire entre la première page et la dernière page. Et c'est marrant, je pense que si les personnes le lisent, le remarqueront peut-être. Mais par exemple, au début, j'étais pas du tout à l'aise avec les dialogues parce que j'en avais jamais écrit. Et donc, je savais pas du tout comment faire. Vraiment, à chaque fois, je me disais on les met où ces guillemets, comment ça se passe. Vraiment, j'étais perdue au niveau zéro. Et donc, au tout début du bouquin, il y a très peu de dialogues. Et petit à petit, il y en a un peu plus et il y a un peu plus cet aspect vivant. Et moi, j'ai vraiment l'impression qu'il y a un monde entre les dix premières pages et les dix dernières. Ce qui, a priori, se ressent pas forcément énormément à la lecture, mais l'écriture évolue tout le temps. Et donc, il y a des moments où je me suis dit ok, est-ce qu'il faut que je réécrive tout le début, du coup ? Mais non, c'est pas le cas. Mais en tout cas, je pense que potentiellement, ça fait ça à beaucoup de personnes qui écrivent, c'est que tu te rends compte au fur et à mesure que ta manière d'écrire change, s'affirme, évolue. Donc ça, je l'ai vraiment ressenti en écrivant ce premier roman.

Ybelion — Tu sais que c'est hyper... Ça me fait tilt dans la tête, mais ce que tu partages, je trouve que ça rejoint vachement l'intention que tu as avec le livre. Parce que tu m'as parlé d'une maman, du coup, qui cache un peu la vérité à sa fille. Donc, un manque de dialogue qui, je suppose, s'ouvre un petit peu au fil de l'histoire. Et aussi l'arrivée d'un troisième personnage qui vient du coup y mettre aussi du dialogue. Et je trouve du coup que ton partage, quelque part, il correspond bien à ce qu'est ce livre aussi et l'exploration que ça a été. Et quelque part, ça ne m'étonne pas qu'il y ait eu de nouveaux personnages puisque ça venait aussi remettre du dialogue là où peut-être au début, il n'y en avait pas forcément. Je trouve ça, c'est une belle boucle bouclée. Bon, ça, c'est mon analyse de quelqu'un d'extérieur. Peut-être que là, je fais mon prof de français qui trouve des trucs que les auteurs n'ont pas pensé. Mais ça me fait toujours rire de noter ces petites choses. Merci beaucoup, Diane. C'était un plaisir de découvrir ton univers. C'était un plaisir de découvrir tout ton processus autour de ton livre et de la newsletter qui l'a accompagné. et je te souhaite plein de succès avec ce livre et avec tous les autres. Et je te laisse le mot de la fin et n'hésite pas aussi à nous dire il est sur Amazon, je crois, c'est ça ?

Le mot de la fin : oubliez d'hésiter

Diane Fastrez — Oui, il est sur Amazon. Pour l'instant, exclusivement sur Amazon, on verra à terme. Mais c'était un plaisir d'échanger et un plaisir à chaque fois de découvrir d'autres parcours d'écrivains dans ton podcast. ravi d'être de l'autre côté aujourd'hui. Et le mot de la fin, je dirais, oubliez d'hésiter, en vrai, lancez-vous et ne générez que des bonnes choses.

Ybelion — Tu sais que j'allais le dire, j'allais le dire, maintenant, il ne reste plus qu'à oublier d'hésiter et ouais, trop belle conclusion. Merci beaucoup, Diagne.

Diane Fastrez — Merci.

Épisode 85 avec Diane Fastrez

AU MICRO AVEC

Diane Fastrez