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Pochette de l'épisode 50 du podcast Ose Écrire

ÉPISODE 50AVEC INVITÉ24 SEPTEMBRE 2025116 MIN

Discussion avec Aurore Vasselin-Lesca

Clarté · Rythmeworldbuilding
00:001:55:41

FACE A — LES 24 CHAPITRES · CLIQUE POUR ÉCOUTER

Qu'est-ce qui fait qu'un personnage sonne vrai ?

CE QUE RACONTE CET ÉPISODE

Aurore Vasselin-Lesca construit la saga Subbdonn depuis presque quatorze ans, et elle attribue à chacun de ses personnages un type MBTI, un ennéagramme, un signe astro, un mood board et une playlist. Tout est publié sur son site. Je m'y suis perdu avant même de l'interviewer.

Le plus intéressant vient de ce qu'elle fait de ces outils. Elle démonte au passage le MBTI simplifié qui circule partout : on n'a jamais du 50-50, parce que le modèle repose sur quatre fonctions cognitives ordonnées et pas sur quatre lettres. Être F ne signifie pas fonctionner uniquement aux émotions, ça signifie que le thinking arrive en troisième ou quatrième position. Deux personnages du même type ne se ressemblent donc pas, ils se comprennent. Et les cases ne sont jamais fixes, elles bougent avec le personnage au fil de l'histoire.

Ce que je retiens, c'est que le travail sert l'incarnation, pas la fiche. Elle dit avoir eu l'impression, en les construisant, d'écrire des gens qu'elle pourrait croiser dans la rue. Aujourd'hui, elle les connaît comme des potes.

Dans cet épisode, on parle aussi de l'idée qui ne l'a plus quittée depuis ses seize ans et demi, du fait qu'elle n'a jamais creusé son worldbuilding avant d'écrire, et de la théorie la plus inattendue qu'une lectrice lui ait sortie sur deux de ses personnages.

LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE

CAROUSEL À VENIR

Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.

Face B — le transcript

L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE

Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !

Le 50e épisode, et une invitée qu'on n'a pas vue venir

Ybelion — Yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans le cinquantième épisode d'Ose Écrire Champagne. Et aujourd'hui, pour cet épisode, j'ai l'honneur d'accueillir Aurore, avec laquelle on parle de sa saga Subdone, et on parle de worldbuilding, d'auto-édition, d'entraide, de profil MBTI, d'Eneagramme, j'en passe, et des meilleurs. Bref, c'était un épisode passionnant, le plus long jusqu'à maintenant, et sincèrement, ça aurait pu durer encore des heures. Je vous souhaite une très bonne écoute, et je vous dis à très vite. Moi, c'est Sam Ybelion, de mon nom de plume. Je suis écrivain, coach, et j'accompagne celles et ceux qui veulent renouer avec leurs rêves d'écriture. T'écoutes un podcast dont l'intention est simple, te donner inspiration, outils, motivation, discipline, bref, tout ce qui peut te permettre d'oser écrire. En gros, c'est un peu dans le titre, quoi. Ose Écrire. Je suis trop content. Tu sais que là, j'étais en train de me perdre sur ton site. Je regardais les personnages, et je me disais, parce que je n'avais pas tilté la première fois que je suis allé voir, j'avais été hyper concentré sur les musiques des personnages. Et là, j'ai vu que tu avais mis, c'est les Enneagrammes et les profils MBTI, si je ne dis pas de bêtises. Oui, mais ça me passionne. Et Noémie, elle est de mon profil MBTI.

MBTI, Ennéagramme, playlists : le site qui a happé Ybe

Aurore Vasselin-Lesca — Ah ! Et du coup, j'étais là.

Ybelion — Et après, je regardais Enneagrammes, je n'ai jamais trop creusé avec moi, mais je sais que c'est tête-cœur-corps, non ? C'est un peu un espèce de truc comme ça.

Aurore Vasselin-Lesca — Oui, c'est un peu ça. Oui, oui.

Ybelion — Et je me reconnaissais bien dans son truc. J'étais là, putain ! En fait, c'est trop marrant parce que ça t'accroche de fou. Et du coup, tu es là, tu fais, putain ! Tu sais, genre, dans la playlist de Noémie, il y a beaucoup de chansons que je ne connais pas. Enfin, il y a certains artistes que je connais. Mais du coup, j'ai envie de l'écouter pour voir si ça va résonner avec moi ou pas.

Aurore Vasselin-Lesca — Oui, si ça te parle. Après, il faut savoir que moi, je n'écoute jamais les paroles des chansons. Et en fait, je me base vraiment sur l'ambiance. Et des fois, les paroles, je suis en mode, ah putain, ça tombe bien. Mais je ne suis pas dans mon attention. Et je sais que c'est vraiment que l'ambiance sur laquelle je me base. Parce que moi, je suis quelqu'un qui ne sait pas retenir les paroles des chansons. Et que ce soit en français comme en anglais. Franchement, tu me mets une chanson en français. Tu me demandes après de quoi ça parle. Je suis incapable de te le dire.

Ybelion — Sincèrement, je suis comme toi sur la musique. Je fonctionne beaucoup à l'énergie ou en tout cas à ce que ça dégage. Et franchement, ton site, il m'a happé. J'étais là, trop cool. Je regardais le truc.

Aurore Vasselin-Lesca — Ça me fait trop plaisir.

Ybelion — Ouais, je ne sais pas si tu as même... En fait, ce qui est impressionnant, c'est que je sais à quel point c'est difficile de tenir un site à jour, d'y mettre toutes les infos qu'on veut. Et je trouve que... Alors, j'avoue que c'est surtout la page des personnages qui m'intéresse beaucoup. Mais elle est hyper succincte. Il y a tellement d'infos. Il y a tous les petits détails, je trouve, qui sont... Peut-être que tu as le petit mood board, que tu as la musique. Franchement, bravo. Vraiment, tu vois, quand j'étais avec Élise, elle m'avait dit... Discute avec Aurore. Tu vas voir son rapport à l'auto-édition, tout son univers, tout ce qu'elle fait, etc. Et ouais, du coup, franchement, je ne sais même pas par où commencer. Je suis impressionné.

Aurore Vasselin-Lesca — Moi, ça me touche beaucoup, en tout cas. C'est-à-dire que je ne fais pas tout ça non plus pour rien. C'est-à-dire qu'il y a des gens qui savent l'apprécier, donc c'est cool. Ça fait plaisir.

Ybelion — Ouais, clairement, clairement. Du coup, je rentre direct parce que je suis hyper curieux. C'est un univers... Subdown, ça, je prononce bien ?

« Je pourrais les croiser dans la rue »

Subbdonn : le titre cache tout le système de magie

Aurore Vasselin-Lesca — Ouais, Subdown. C'est un univers que... Il y a beaucoup de gens qui disent Subdown. Parce qu'ils pensent qu'en fait, comme c'est... Le sous-titre, il est en anglais. Du coup, ils essaient de faire un mélange. En fait, non, il y a une vraie justification de pourquoi ça se dit Subdown et pas Subdown. La page est oublée.

Ybelion — Est-ce que c'est une signification qu'on comprend en lisant ou tu peux le... Ok, d'accord. Donc, on garde le secret.

Aurore Vasselin-Lesca — Ouais, je pense que c'est mieux. C'est mieux quand même parce qu'il y a vraiment tout le principe magique qui est résumé dans le titre. Mais les gens ne le savent pas au premier abord, du coup.

Ybelion — Tu m'intrigues trop, tu m'as accroché. Putain, bien joué. Et c'est un univers que tu as commencé à bâtir il y a longtemps ou pas ?

L'idée qui ne l'a plus quittée depuis ses 16 ans et demi

Aurore Vasselin-Lesca — Ouais, il y a très longtemps. Il faut se dire que moi, j'ai eu la première idée quand j'avais 16 ans et demi. Et maintenant, j'en ai 30. Donc, ça fait presque 14 ans que j'ai eu l'idée. Ça fera ça en mois de février, du coup, prochain. Donc, ouais, ça fait un petit bout de temps. Et je sais qu'une fois, en fait, que j'ai eu cette idée-là, j'ai écrit quelques chapitres. Après, je me suis arrêtée. J'en ai écrit 4-5. Mais déjà, c'était un record chez moi parce que d'habitude, j'écris mes pleins d'histoires. Mais genre 2-3 chapitres. Et là, j'avais atteint les 5. C'était en mode, waouh, truc de fou. Et en fait, j'ai arrêté pendant un an. J'ai retesté d'autres trucs. Et en fait, il n'y avait aucun qui m'accrochait. Et je suis retombée sur ces 5 fameux chapitres-là. Et en fait, j'ai continué. Et après, j'étais accro, quoi. Et après, je suis restée. Et c'est devenu vraiment ma seconde maison, ma deuxième vie, on va dire.

Ybelion — Putain, c'est fou, en vrai. C'est fou. Et c'est du coup, Team 95 aussi ?

Aurore Vasselin-Lesca — Ouais, ouais.

Ybelion — La meilleure team. Ouais, la meilleure, bien sûr. J'ai passé le cap il y a 4 jours, là.

Aurore Vasselin-Lesca — Ah, ok, tu es bien.

Ybelion — Ouais, exactement, exactement. Ça, tu vois, c'est un truc que je connais pas trop. J'ai vu que tu avais mis aussi les Gémeaux, les signes avec les ascendants. Mais je maîtrise pas trop encore ça.

Aurore Vasselin-Lesca — Ouais, c'est plus compliqué encore. Je pense qu'en termes de facilité, t'as quand même l'énéagramme d'abord.

Ybelion — Ouais.

Aurore Vasselin-Lesca — Et le MBTI, puis l'astrologie. Mais l'astrologie, c'est parce qu'il y a beaucoup de choses. Pour avoir des bases, c'est plus facile que des fois certains trucs du MBTI, quand même.

Ybelion — Ouais, ouais. Le MBTI a un côté qui m'a parfois un peu frustré. Parce que je trouve qu'en fonction des moods, parfois, tu peux rentrer... Quand t'as des trucs qui sont un peu 50-50, tu vois. Tu switches un peu entre les différents profils. Et parfois, mon esprit cartésien aimerait bien être dans une casse, tu vois. En même temps, c'est quand même cool de pas être parfaitement dans les cas.

« Tu n'as jamais du 50-50 » : le vrai MBTI

Aurore Vasselin-Lesca — Mais pour te rassurer un petit peu, ça, c'est parce que c'est la théorie française que t'as dû voir. Genre ses personnalités, etc. Et en fait, le MBTI, c'est plus que ça. Et en fait, t'as jamais du 50-50. Et le MBTI, en fait, quand tu prends la théorie vraiment complète et pas simplifié par ses personnalités ou même d'autres théoristes français, en fait, tu te rends compte que non, tu n'as qu'un seul MBTI. Il y a beaucoup qui se trompent, en plus, en faisant les trucs sur ses personnalités. Souvent, tu te... Enfin, voilà. Et en fait, le MBTI prend en compte l'évolution dans le temps. Parce que du coup, en fait, ça se base sur des fonctions cognitives plus que juste des lettres. Alors, le WF a un sens. Mais derrière, si par exemple, t'es F pour feelings, ça ne veut pas dire que derrière, en fait, tu n'utilises que tes émotions. Non, parce que du coup, ça veut dire que si t'as un F dans ton MBTI, ça veut dire que c'est une de tes deux fonctions principales. Mais c'est juste que ton T, ton thinking, il est en troisième, quatrième position. En fait, tu utilises tes quatre fonctions cognitives, que ce soit intuition, sensation, feelings et thinking. Mais c'est juste que t'as un ordre précis. Et après, ça dépend si tu les utilises de manière extravertie ou introvertie. Si tu utilises ta toute première fonction comme quelque chose d'extravertie, tu es E. Et si ta toute première fonction est une fonction introvertie, tu es I. Et du coup, il faut vraiment le décomposer parce qu'il y a aussi beaucoup de gens qui se disent « Moi, je me sens plutôt extravertie, mais pas tout le temps. » Et du coup, des fois, je suis E, des fois, je suis I. Mais en fait, ça n'a rien à voir. Tu peux très bien être un type introvertie dans ton MBTI, mais être de manière générale assez ouvert vers les autres, etc. Ça dépend de beaucoup de facteurs là-dessus. Et la théorie française a enlevé tout ça pour mettre dans des cases encore plus basiques. Alors que derrière, en fait, il y a une richesse énorme. Et qu'après, il faut aussi associer à d'autres choses comme l'énéagramme, l'astropsycho, le vécu de la personne, même d'autres trucs qui ne sont pas théorisés, etc. Pour que tu aies vraiment la big picture du truc et que ça fasse une personnalité propre. Parce que quelqu'un qui a le même MBTI, tu vois Noémie, le personnage qui a le même MBTI a priori que toi. Je dis a priori parce qu'il faut croiser la théorie. Typiquement, vous êtes deux personnes très différentes, mais vous allez vous comprendre sur votre fonctionnement cognitif donné par le MBTI. Mais derrière, ça ne veut pas dire que vous aurez tout pareil non plus. C'est ça qui est intéressant de creuser.

Ybelion — Oui, ok. Du coup, je comprends parce qu'effectivement, moi, j'ai été confronté à deux choses dans mon ancienne carrière d'ingé. Un truc que j'avais fait en off qui était la process com. Alors, je ne sais pas si ça te parle, mais c'est pareil. Tu as des histoires de profils comme ça. Et là, c'est pareil, c'est américain. On était rentré dans le détail, dans la richesse dont tu parlais un peu. Et le MBTI, je l'avais vu dans une formation de management un peu mid-tier, tu vois. Et effectivement, il n'y avait pas cette richesse-là. Et ça manquait du coup de tout ce que tu viens d'expliquer. Et tu vois, du coup, je comprends l'explication que tu en fais.

Aurore Vasselin-Lesca — Oui, je pourrais te donner des petites sources sympas. En français comme en anglais, tu me diras ce que toi tu veux, qui sont intéressantes. Il y a un site en français que j'ai trouvé par Miracle qui explique bien ça. Mais tu vois, c'est le seul que j'ai vu.

Ybelion — Ok. En vrai, carrément. Et je le mettrai en description en plus. Ça aidera. Parce que du coup, la question qui m'est venue, c'était... Toi, tous ces outils-là, tu les as découverts comment ?

Se comprendre soi pour donner de la substance à ses personnages

Aurore Vasselin-Lesca — Quand j'étais... Quand je suis arrivée à la fac, donc tous les 18 ans. Et qu'en fait, j'étais un peu dans les remises en question de la vie, de ce qu'on veut faire, de qui on est, etc. Et en fait, j'ai trouvé déjà des choses, des sources sur l'astrologie. Parce que l'astrologie, en fait, c'était le truc que tout le monde un peu connaissait, entre guillemets. Tout le monde connaît son signe solaire, etc. Et en fait, c'était un peu ma porte d'entrée. Et en fait, après, j'ai appris en cherchant un petit peu même d'autres choses, en allant d'un truc à l'autre, etc. J'ai appris le MBTI. Et en fait, je l'ai d'abord utilisé pour moi. Pour en fait, me poser les bonnes questions. Plutôt que pour savoir qui j'étais. Parce que j'attends pas qu'un type psychologique me dise qui je suis. Mais plutôt pour me les poser. Pour voir ce vers quoi je vais tendre, etc. Qu'est-ce que je veux dans la vie ? Qui je veux devenir aussi ? Et qui je me trimballe aussi depuis la naissance, quoi. Et en fait, ça m'a aussi aidée après, en deuxième, on va dire, à essayer de comprendre un peu plus mes proches. À comprendre les différences de fonctionnement. De pourquoi est-ce qu'ils fonctionnaient pas pareil que moi. Pourquoi je me sentais des fois un peu différente. Et en fait, après, comme j'écrivais aussi en même temps mon tome 1. Ça m'a permis aussi de prendre pour exemple mes personnages. Et de me dire, bah en fait, je vais pouvoir m'en aider pour les créer. Pour leur donner une vraie personnalité. Pour leur donner de la substance. Pour qu'ils aient une cohérence aussi. Parce que comme je me lance dans une saga. Si les personnages sont pas cohérents entre le premier tome et le quatrième. Bah en fait, ça marche pas. Et du coup, il me fallait une bonne base, bien solide, de connaissances de mes personnages. Les connaître par cœur. Comprendre qu'ils fonctionnent pas de la même manière. Ils prennent pas leurs décisions de la même façon. Ils ont pas les mêmes défauts, les mêmes qualités. Ils ont pas les mêmes caractéristiques. Parce que des fois, j'aime pas trop parler de défauts et qualités. Parce que pour moi, c'est une caractéristique. Et après, t'en fais quelque chose de mauvais. Ou de bon. Ou de moyen. Enfin voilà, tu mets un peu tes propres trucs. Ton propre niveau, on va dire. Et du coup, ouais, ça m'a beaucoup aidée personnellement. Mais aussi du coup, à comprendre les autres autour de moi. Et à comprendre mes personnages. Et à comment les rendre réels. Parce que du coup, pour moi, si tu passes pas par un peu ce côté où il faut creuser tes personnages. Alors que ce soit avec des typologies psychologiques ou pas. Tu peux creuser sans. Mais faut juste se poser les bonnes questions quand même. Et pas rester qu'en surface. Et c'est vrai que les théories psychologiques aident à essayer de se poser des questions auxquelles on aurait pas pensé au premier abord. Bah du coup, au final, ça permet de donner plus de poids en fait à ces personnages. Et qu'on y croit. Et je sais que moi, rien ne me fait plus plaisir que quand un lecteur me dit. Et ça arrivait il y a pas si longtemps que ça. Où on m'a dit. Mais en fait, les personnages, j'avais l'impression que ça pouvait être des gens que je pouvais croiser dans la rue en fait. Et là, je me suis dit, ah bah banco, j'ai tout gagné en fait. Si les gens pensent ça, très bien. Parfait.

Ybelion — Ouais, je suis d'accord avec toi. Franchement, merci pour ton partage. J'ai plein de questions qui me viennent. C'est la première là. Tu m'as parlé d'une sorte de base de connaissances que j'imagine forcément. Vu que si j'ai bien compris, il y a 7 tomes puis tout le reste autour. Elle ressemble à quoi cette base de connaissances aujourd'hui ?

Des fiches partout : la base de données en chantier

Aurore Vasselin-Lesca — Aujourd'hui, c'est un peu clairsemé, j'avoue. De base, moi j'écris tout sur Word. Avec des tableaux Excel aussi. Des trucs du genre. Ça veut dire que j'ai des personnages de partout. Sauf qu'après, j'ai fait aussi pas mal de choses. Mais vraiment random. Par exemple sur Miro. Je ne sais pas si tu connais. C'est un peu un tableau blanc où tu mets plein de trucs. Mais en fait, aujourd'hui, c'est un peu désorganisé. J'ai trop de fichiers dans tous les sens pour mes personnages, etc. L'avantage, c'est que ça fait presque 14 ans que j'ai commencé à les connaître. Donc dans ma tête, je n'ai plus trop besoin de me fier à mes fichiers. Surtout que mes fichiers que j'avais fait à l'époque, du coup, sont plus tant que ça valables tous. En tout cas, ou à des niveaux différents. Parce qu'il y a eu beaucoup de réécritures, etc. Notamment du tome 1. Du coup, il y a eu beaucoup de changements. Enfin, changements ou évolutions, on va plutôt dire. Parce que pour moi, ce ne sont pas des vrais changements. Mais voilà. Et du coup, je sais que moi, un de mes projets, là, à court terme, c'est que j'ai vu un logiciel qui permettait... qui est utilisé normalement pour le jeu de rôle. Qui permettait d'écrire un peu tout le lore autour du jeu de rôle. Et en fait, ça peut être utilisé aussi pour les auteurs. Et du coup, j'ai envie de tester ce logiciel-là. Alors, il est payant. Donc, je vais voir ce que ça donne. Je pense que de toute façon, je vais le tester. Et je sais que mon copain qui aime bien faire du jeu de rôle, le testera aussi pour ses trucs à lui. Mais du coup, à voir ce que ça va donner. Le but, c'est de mettre toute ma base de données là-dedans. Que je puisse aussi la tenir à jour. Parce que là, mes Word, etc. À un moment donné, j'étais sur OpenOffice. Il faut faire les conversions. Enfin, c'est horrible parce qu'un Word, en plus, si tu veux mettre des images, des moodboards, tu ne peux pas. Donc, c'est un peu complexe d'en avoir dans tous les sens. D'avoir des trucs dans le dossier images, des trucs dans le dossier fiches de personnages. Enfin, il y en a partout, quoi. Donc, il me faut une base où je peux tout mutualiser. Donc, je vais tester. Et on verra ce que ça donne.

Ybelion — Bah, écoute, I feel you. Parce que j'ai le même sentiment. Mais j'ai commencé un peu, tu vois. J'avais pris des notes sur mon Mac à l'époque. Donc, sur Page, tu vois. Et puis après, j'avais bossé sur Word. Parce que tu avais la fonction Drive. Donc, tu pouvais travailler de n'importe où. Et puis, du coup, à force. Après, tu te dis, ah ouais, non mais attends. Un tableau Excel. Et puis, et puis, et puis, et puis, l'explosion. Et on attend. Ouais, il y en a partout. Après, je suis d'accord avec toi que souvent dans ces univers-là, c'est des choses qui tiennent tellement à cœur et qui viennent depuis tellement longtemps que les personnages sont quand même bien, bien ancrés. Donc, ça aide. Mais effectivement, tu vois quand même un moment que mettre de la structure dans tout ça, ça va avoir son importance. Et puis, même à terme, tu vois, pour même pour partager avec les gens aussi, je trouve ça super cool. Tu vois, tu as évoqué le jeu de rôle avec ton copain qui en fait. Du coup, si j'ai bien compris. Moi, tu vois, je ne joue pas du tout au jeu de rôle. Mais je suis un fan des bouquins de genre de personnages ou de monstres, des trucs de jeux de rôle. Et donc, parfois, j'en achète comme ça et je les regarde juste. Ah putain, c'est cool. Et ça, j'avoue que c'est un truc, tu sais, putain, une sorte d'encyclopédie de ton univers à la fin. C'est quand même un truc, ça peut être sympa, quoi.

Aurore Vasselin-Lesca — Ouais, complètement. Et puis, même des fois, quand tu cherches une info, des fois qui n'est pas forcément sur le caractère, mais qui est par contre, par exemple. Tu vois, il n'y a pas longtemps, j'ai cherché la taille d'un personnage. Du coup, j'étais en mode, alors il y en a certains, je l'ai à peu près en tête. Enfin, je sais à peu près, c'est quoi l'ordre de grandeur. Mais est-ce que j'ai mis un chiffre ? Et là, du coup, tu te dis, ah putain, en fait, je ne sais plus, mais il va falloir que je cherche ça. Mais bon courage pour rechercher ça dans tes manuscrits précédents, quoi. Quand tu es dans le temps et qu'il faut faire des recherches dans le tome 1 et dans le tome 2.

Ybelion — Ouais, ça commence à faire beaucoup. C'est facile quand il y a cinq chapitres et que tu es au début, mais après, c'est compliqué.

Aurore Vasselin-Lesca — Oui, et puis des fois, juste pour savoir, est-ce que tu l'as écrit, en fait ?

Ybelion — Ouais, c'est vrai.

Aurore Vasselin-Lesca — Des fois, ce n'est pas facile de le savoir et du coup, d'avoir un document à côté, au moins, tu es sûr que, hop, tu es cohérent et qu'il n'y a pas de problème. Donc voilà, c'est un gros chantier, je pense, à lancer de faire ça. Mais je pense que je le ferai, si ce n'est pas là tout de suite, je pense que je le ferai pendant que mes bêtas lectrices sont en train de bosser sur le tome 3.

Ybelion — C'est un peu un combat de longue haleine de réussir à organiser ses pensées et ses notes. Je sais qu'au-delà de l'univers dont on parlait, moi, par exemple, je sais que c'est un enjeu constant. Je cherche la meilleure manière de ne pas perdre mes idées. Et quelque part, j'ai l'impression que la meilleure manière que j'ai trouvée, c'est un peu un truc fourre-tout ou juste je les dépose. Et après, je crois à la bonne énergie et la bonne étoile qui me fera ouvrir un jour une note pile au moment où j'en aurais besoin. Mais j'avoue que ça, c'est un truc vraiment, ce n'est pas évident. Et tu me parleras quand tu auras essayé le logiciel. En vrai, je suis curieux. J'ai essayé beaucoup de trucs pour tenir des notes à jour, mais ce n'est jamais trop évident, je trouve.

Aurore Vasselin-Lesca — Oui, c'est pour ça que là, ça a l'air d'être un peu fait pour.

Ybelion — Donc, je vais voir ce que ça donne. Et un point, moi, contre lequel je me bats assez souvent, notamment avec les auteurs de fantasy, parce que c'est quand même très nous, ça, le world building, etc. Je croise pas mal d'auteurs qui sont enfermés dans ce truc de world building et qui en oublient d'écrire des histoires, tu vois. Et je me demandais, toi, comment tu as réussi justement à faire les deux, finalement, et à un moment à passer le cap, à dire, OK, peut-être que mon univers n'est pas parfaitement défini, mais je vais quand même commencer à écrire et publier les premiers tomes, etc.

Le piège du worldbuilding qui empêche d'écrire

Aurore Vasselin-Lesca — En fait, moi, je suis partie directement sans beaucoup réfléchir à l'univers.

Ybelion — Ah, c'est intéressant.

Aurore Vasselin-Lesca — En fait, j'ai pensé plus au personnage d'abord. Après, je savais que j'avais des bases, etc. Moi, j'ai toujours voulu écrire le livre dont j'aurais été fan ado. Parce que quand on me posait la question, c'est quoi ton livre préféré ? Même encore aujourd'hui, je suis incapable de répondre. Je ne peux pas, en fait. Je n'ai pas de livre préféré, parce qu'il n'y a aucun livre qui rassemblait, tu vois, tous les éléments que j'aime en un seul. Alors qu'il y a plein de livres qui ont certains éléments, mais ils n'ont jamais tous. Du coup, je voulais ça. Et je savais que ça passait par des personnages, déjà, que j'apprécie, qui ont des typologies différentes, de caractères, etc. Que ça passait par... Moi, j'ai toujours rêvé d'avoir des pouvoirs magiques. Donc, en fait, je me disais, il faut que ça se passe dans notre monde. Mais avec les rues sur la magie. Donc, hop, coché. Il me faut un système de magie original. Et là, quand j'ai eu l'idée, c'est arrivé. Et en fait, j'ai eu l'idée du système magique et du premier personnage, qui est d'ailleurs Noémie. Et en fait, c'était la première idée que j'ai eue. C'était un mélange de personnages plus système de magie. Après, je savais que je voulais que ça se passe à Londres parce que c'est ma vie le coup de cœur depuis que j'y suis allée quand j'étais ado. Donc, il y avait plein, tu vois, de petites choses comme ça où tout ce que j'aime en général, il fallait que ça soit dans la situation initiale. Et en fait, après, j'ai commencé un petit peu à m'acclimater en écrivant quelques petits trucs sur les personnages, etc. Et puis, il y en a plusieurs. Donc, moi, j'ai toujours aimé ce foisonnement, tu vois, de personnalité pour... Déjà, pour ne pas m'ennuyer. Parce que rester sur un seul personnage, ça peut m'ennuyer facilement. Mais d'un autre aussi, pour que les gens puissent aussi se dire « Bon, voilà, moi, je ressemble plus à un tel. » Et puis, des fois, plus à lui. Et puis, enfin, voilà, je voulais un truc un peu intéressant. Et puis, je trouve que les relations humaines sont intéressantes à creuser. Et en fait, j'ai commencé à creuser ce côté-là, finalement, bien avant de creuser même les détails du système de magie qui est arrivé, en fait, au fur et à mesure des intrigues et de ma réflexion et de mon entrée dans cet univers. Parce qu'à partir du moment où j'y étais à fond, dès que j'ai eu 17 ans et demi, bah, en fait, ça m'a pu quitter. Et j'y pensais tout le temps. Et du coup, bah, après, les idées, elles viennent vraiment au fur et à mesure du lore. Et après, quand j'ai fini mon tome 1, il y a eu beaucoup plus encore d'idées qui sont arrivées pour creuser le world building et qu'après, j'ai pu rajouter dans le tome 1 au fur et à mesure des réécritures. Mais il y avait des moments, par exemple, où je me plongeais dedans et j'étais en mode, bah, vas-y, il faut creuser ça. Mais ça, ça arrivait finalement vraiment sur plus le tard. Et ça m'est venu plutôt naturellement sur une envie de prendre certaines directions parce que ça me convenait à moi, parce que j'étais inspirée par ce que j'écoutais, parce que la musique m'inspire énormément, par des films et des séries aussi. Et en fait, j'en ai fait un peu un petit mélange de récupérer vraiment que les trucs que j'adore et que je voulais faire. Mais ouais, il n'y a pas eu de moment où je me suis dit, oh, ce serait bien de creuser le world building. Non, pas du tout. Là, franchement, zéro là-dessus.

Ybelion — Ah, ok. En vrai, c'est très, très inspirant parce que je pense que beaucoup, se cache peut-être un peu derrière ça parce que ça fait peur de se mettre à écrire et de, entre guillemets, de se lancer dans cet acte-là. Et j'en ai oublié ma question. Je suis désolé. J'ai un trou. Si, c'est ça. En fait, la réponse qu'on me fait souvent, c'est de dire, et en vérité, je dis ça, mais je me mets dans le panier. Moi, pendant très longtemps, ça a été ça aussi. C'était le côté, oui, mais tu comprends, en fait, si je définis pas tout maintenant, il y aura des incohérences plus tard, tu vois. Et, bon, alors, j'ai pris conscience, tu vois, très récemment, j'étais assez réfractaire à lire Tolkien parce qu'il y a un côté très descriptif avec lequel j'ai un peu de mal, moi, mais c'est très personnel. Et donc, j'ai lu un bouquin sur la vie de Tolkien et en fait, il y a écrit qu'il y a des moments où ils changent d'avis. Il y a des trucs qui changent. Avant, les elfes, ils sont nés comme ça. Puis après, en fait, non, c'est pas ça. Et donc là, je me dis, putain, mais en fait, oui, c'est vrai que tu peux changer. Et qu'est-ce que tu dirais à quelqu'un dont la peur, c'est ça ? C'est-à-dire, j'ai peur qu'il y ait des incohérences et qu'en fait, je sois impuissant à les changer et que je dois composer avec.

Aurore Vasselin-Lesca — On peut jamais... On n'est jamais bloqué face à des incohérences. Pour moi, on peut toujours modifier des choses ou trouver des alternatives. Moi, je pars du principe que si à un moment donné, il y a une incohérence ou quelque chose qu'on ne voulait finalement plus faire, etc., on peut toujours reformuler. On peut toujours trouver des alternatives. Il y a toujours des solutions qui arrivent, même si des fois, on pense qu'il y a une seule. Des fois, c'est intéressant aussi d'en parler. Et c'est pour ça que les bêta-lectrices ou les alpha-lectrices ou lecteurs, ils sont là, en fait, pour aider. Parce qu'eux, ils vont peut-être arriver, en fait, avec des nouvelles idées auxquelles nous, on n'aurait pas forcément pensé. Et pour moi, il y a tellement, en fait... Le bouquin n'est pas un premier jet. Parce qu'un premier jet, personne ne publie un premier jet. vraiment personne. Il y a forcément un travail de réécriture qui soit plus ou moins conséquent selon les auteurs, etc. Ça dépend de comment on écrit notre premier jet aussi. Mais il n'y a jamais d'impasse. Enfin, on peut toujours faire marche arrière, ça, c'est sûr, sans détruire tout ce qu'on a fait après. Et ça, c'est pas grave. Et on peut se rendre compte d'incohérences sur... Même après avoir réécrit dix fois le bouquin, quoi. c'est possible. Alors évidemment, au fur et à mesure qu'on avance, les incohérences sont de plus en plus petites. Heureusement, quand même. Mais après, ouais, je pense que c'est important aussi de savoir où est-ce qu'on veut aller. Après, moi, j'avoue que je suis une autrice architecte. Donc, même si j'ai commencé en tant que jardinière ma saga, très vite, j'ai eu besoin de planifier, de voir plus loin, de prévoir l'avenir, etc. Et c'est pour ça que je me projette sur cette tome. C'est parce que, justement, je sais où je veux aller. Je connais ma fin. Là-dessus, il n'y a que des certitudes. Mais après, derrière, il y a tout le chemin pour y arriver qui peut changer. Des fois, il peut y avoir des incohérences qui se mettent en travers de mon chemin. Mais il y a toujours des... On peut toujours en créer des nouveaux. Et c'est ça qui est bien avec l'écriture, c'est qu'on peut tout créer.

« Personne ne publie un premier jet »

Ybelion — Ouais, j'aime beaucoup cette réponse. J'aime beaucoup cette réponse. C'est très, très beau. Et en plus de ça, c'est vrai que penser à la possibilité qu'une incohérence apparaisse, quelque part, si tu te poses la mauvaise question, parce que tu ne sais pas. Ce n'est même pas sûr qu'elle apparaisse.

Aurore Vasselin-Lesca — Oui, en plus. Parce que franchement, moi, je sais que je me bats assez peu contre les incohérences. Des fois, c'est plus... Quand je réécris, c'est moins des incohérences que des changements de perception, au final. Des personnages qui ont pris des directions dans un tome précédent qui, en fait, dans ce tome-là, ce n'est peut-être pas cohérent par rapport à leur personnalité, mais pour moi, c'est plus des changements de perception et ça ne m'a jamais fait revoir toute une intrigue. Ça, clairement pas. Clairement pas. Non, c'est une reformulation, des changements de dialogue, mais c'est... Si tu as le cœur de ce que tu veux faire, après, derrière, c'est des détails et les détails, ça se change très facilement. Oui,

Ybelion — et puis ça fait, mine de rien, le sel d'une histoire aussi. Et si tu vois, le... Alors bon, l'autrice est plus ou moins controversée maintenant, mais J.K. Rowling dans Harry Potter, il y a quand même des trucs, parfois, tu te dis, c'est bizarre, c'est incohérent, mais tu vois, ça nourrit un espèce de dialogue, ça nourrit aussi tout l'univers qu'il y a autour, ça laisse des parts de mystère, parce qu'en fait, c'est ça qu'on oublie, nous, en tant qu'auteur, c'est qu'on est quasiment sûr de tout, comment notre univers fonctionne, etc. Mais un lecteur, il va être sensible à certaines choses, pas à d'autres, d'autres feront très attention aux descriptions, d'autres très attention aux personnages, et quelque part, tous ces, je ne sais pas comment on pourrait les appeler, mais ces niveaux de lecture différents en fonction des gens, va faire ces petits débats ou ces petits trucs en disant, mais tu ne te rends pas compte, ça c'est incohérent, il va dire, mais non, machin, et tout. Et ça, je trouve ça cool aussi, c'est ça qui fait le sel d'une histoire, puis la perfection n'existe pas à partir de là.

Aurore Vasselin-Lesca — Oui, c'est ça, et puis vraiment, chaque lecteur a sa propre perception et tu auras beau, toi, prévoir la tienne et vouloir que tout le monde l'ait, en fait, c'est impossible, c'est impossible, parce qu'il y a des gens qui vont être plus tatillons sur certains points et que toi, tu t'es dit, en fait, c'était clairement dit, mais en fait, pour le lecteur, non, donc du coup, en fait, tu ne peux pas te battre contre la perception des lecteurs. J'ai déjà eu des avis où il y en a certains qui me disaient qu'il y avait des choses qu'ils n'avaient pas compris, etc., et en fait, quand je leur explique, je me rends compte que quand je suis allée voir après si c'était dit, moi, je le comprenais comme ça, dit par rapport à mes mots, mais effectivement, un lecteur ne va pas forcément le voir comme ça parce qu'il vient aussi avec son vécu, sa propre perception des choses, ce qu'il veut aussi lire, parce qu'il y a aussi des lecteurs qui ont des attentes en lisant le livre et qui, des fois, ben, voilà, toi, si tu mets plus l'accent sur un point qu'un autre parce que c'est ton kiff, ben, un lecteur ne le verra pas forcément comme ça et après, c'est pas grave et c'est pour ça qu'on ne peut jamais plaire à tout le monde, d'ailleurs, et il y a plein de choses sur lesquelles il y a beaucoup de lecteurs aussi qui, soit, font confiance à l'auteur, c'est-à-dire que ce qui a l'air pour eux d'être une incohérence ou d'être même quelque chose d'inutile, ils se disent si l'auteur a choisi de faire ça comme ça, c'est qu'il y a une raison et il y a d'autres auteurs, d'autres lecteurs, pardon, qui se disent là, il y a des incohérences, là, c'est inutile et en fait, c'est un vrai jugement de valeur qui est, par contre, un peu difficile à avaler mais on n'a pas choix en tant qu'auteur parce qu'il y a des fois des trucs que je vois dans des avis, je suis en mode en fait, c'est peut-être inutile pour toi mais derrière, continue de lire et tu comprendras que c'était pas du tout inutile et que ça avait du sens et que tu le comprends qu'après mais du coup, je trouve qu'il y a des lecteurs qui ont du mal à faire confiance parce qu'on est dans un monde où on humanise du coup beaucoup les auteurs parce qu'on les voit comme des êtres humains et pas comme des machines qui nous font tomber un produit dans les mains et d'un côté, ça vient avec beaucoup de richesse et ça peut créer aussi des forts liens aussi entre auteur et lecteur je le vois pendant des dédicaces, etc. enfin, on devient plus accessible parce qu'il est maintenant possible de rencontrer ces auteurs, les auteurs qu'on lit alors qu'avant, non mais jamais, moi je me disais j'adore ce livre, je vais rencontrer l'auteur ou j'ai la possibilité de le faire. Non, jamais. Du coup, ça vient quand même avec un avantage mais ça vient avec un inconvénient parce que du coup, ils disent c'est un humain donc l'erreur est possible donc il est peut-être pas si bon.

Ybelion — Ouais, c'est fou, tu vois, j'avais jamais conscientisé cette histoire de confiance en l'auteur et t'as raison. je me rappelle, il y a des livres comme ça, moi récemment, celui qui m'a marqué dans ce sens-là, c'est Les Annales de la Compagnie Noire de Glenn Cook qui est de la dark fantasy qui date un peu, tu vois, et justement, je me rappelle avoir lu ce livre au début et rien pipé. Avant, je lisais, j'étais là et je comprends pas mais en fait, ça me plaisait bien et je me disais putain, mais c'est fou, c'est sûr qu'il sait tout ce que je suis en train de lire, ça aura son sens, etc. Et c'est vrai que maintenant, parfois, je suis plus sévère, entre guillemets. Alors, je dis ça et en même temps, moi je suis plutôt de la première catégorie que tu disais, moi j'aime bien me dire que l'auteur c'est absolument ce qu'il fait et que même parfois s'il y a des erreurs, peut-être que c'est inconsciemment peut-être fait exprès, tu vois, je sais pas, j'aime bien, c'est un peu dans ma vie aussi dans ça.

Aurore Vasselin-Lesca — Et des fois, on fait des erreurs mais on explique mal, on veut dire quelque chose et on l'a mal fait et ça c'est possible aussi. Mais parfois, c'est fait exprès.

Ybelion — Ça m'a fait rire parce que ça m'est arrivé pas plus tard que ce matin, je suis sûrement aussi de la réécriture et donc je prenais ce matin un commentaire de bêta lecture, tu vois, elle a entouré un truc et elle m'écrit genre un truc genre j'ai pas compris, tu l'as pas dit. Et moi, tout de suite, et c'est ce que tu disais, c'est réaction un peu d'ego, tu fais comment ça je l'ai pas dit ? Attends, je sais parfaitement ce que je fais. Et donc là, tu relis au-dessus, tu relis en dessous et après, tu t'enfonces un peu dans ton fauteuil, tu fais bon, ok, peut-être que je l'avais pas écrit. Peut-être que, ok, ok.

Aurore Vasselin-Lesca — Oui, c'était clairement dans notre tête mais dans mon avis.

Ybelion — Exactement. Et c'est pour ça, alors au niveau de la bêta lecture, c'est intéressant de prendre un peu tous les commentaires, notamment de compréhension, après en fonction de l'intention que t'as, t'as toi, tu vois. Mais parfois, quand les gens comprennent pas, c'est que peut-être il y a vraiment un truc derrière et ça vaut toujours le coup de se poser la question. Et après, par contre, effectivement, quand le livre en soi est sorti, bon bah, de toute manière, ce genre de commentaires, oui, ça pique un peu et tu peux pas y faire grand-chose, tu vois. Et il y a aussi des trucs que t'as juste envie d'expliquer en disant, bah si, mais tu verras, tu verras, reste concentré, ouvre les yeux et tu verras. Oui,

Aurore Vasselin-Lesca — des fois, il suffit de formuler parfois différemment si au moment de la bêta lecture, ça a été montré, mais qu'il y a des choses où en fait, on veut pas le dire tout de suite parce qu'il y a un truc qui arrive plus tard, et que t'en as besoin pour un plot twist ou des révélations, bah, en fait, des fois, il faut formuler différemment pour faire comprendre que c'est normal qu'on n'en sache pas plus. Et des fois, il suffit d'une phrase ou d'une reformulation pour faire comprendre au lecteur que, ok, c'est normal, il n'y a pas de problème et je sais que moi, j'ai fait ça, en fait, la première édition de mon tome 1 qui est sortie lors de ma campagne Ulule, j'avais fait une précommande etc. Du coup, une première impression de 200 brochets et 200 reliés, donc de 400 livres au total. Bah, en fait, cette première édition, il y avait ce côté-là justement où il y avait des choses que certains lecteurs, hélas, c'était plutôt des chroniqueuses qui me l'avaient remonté, remonté des choses qu'elles n'avaient pas compris ou pas compris pourquoi ça se passait comme ça, etc. et en fait, moi, je pensais que c'était clair et du coup, bah, en fait, j'ai fait une réédition assez rapidement, genre, je crois, six mois à peu près après la sortie, j'ai commencé à bosser dessus pour justement faire des petites reformulations comme ça pour faire comprendre au lecteur, du coup, ce que les chroniqueuses, par exemple, n'avaient pas trop compris et où des choses en mode, bah, c'est normal, en fait, qu'on n'en sache pas plus et en plus de ça, j'en ai profité aussi pour gommer aussi un petit titre d'écriture que j'avais qui était de dire deux fois la même chose mais avec deux phrases différentes et du coup, pareil, j'ai gommé et ça m'a fait enlever, tu vois, 12 000 mots au total quand même en enlevant, en allégeant aussi certaines descriptions qui étaient effectivement pas toujours utiles, etc. mais en gardant l'essentiel et je savais, tu vois, qu'après cette version-là, tout est essentiel, en fait, et après, si un lecteur me dit il y a des choses qui sont pas utiles, etc., bah, dans ma tête, je suis en mode si ça l'est, mais voilà, c'est de ta perception que ça l'est pas, mais wait for it et du coup, c'est vrai que moi, j'ai eu la possibilité de le faire mais parce que j'étais auto-éditée et que c'est moi qui gère tout de mon côté mais quelqu'un en maison d'édition où c'est passé à la trappe, etc., parce que, encore une fois, l'auteur, les éditeurs, les bêta-lecteurs, franchement, on reste humain et il y a des choses sur lesquelles, évidemment, on va pas s'arrêter ou on va pas relever ou pour nous, ça va être normal mais en fait, pas pour tout le monde. Bah là, par contre, t'es un petit peu plus bloqué parce que faire une réédition, tu le fais pas comme ça. Clairement pas. Même quand il y a des réimpressions, tu modifies pas le texte, etc. L'éditeur, alors qu'en auto-édition, j'ai eu la possibilité de le faire donc du coup, j'en ai profité. Mais après, voilà, il faut aussi savoir arrêter de toucher à son texte et ça, c'est pas évident.

Ulule, 400 exemplaires, et 12 000 mots supprimés

Ybelion — Ça, c'est le fameux problème de lâcher le bébé qui est parfois... Alors, je trouve que c'est extrêmement vrai sur le premier, en vérité. Le premier roman parce que t'as ce côté et c'est le premier. Après, t'es un peu... Tu dédramatises, entre guillemets. Tu l'as eu, toi, ça, sur... au moment de le lancer parce que du coup, le tome 1, tu le commences assez tôt et il sort l'année dernière si je dis pas de bêtises. Ouais,

Onze versions du tome 1 avant d'oser lâcher

Aurore Vasselin-Lesca — il est sorti en 2024. Ouais. Bah, en fait, je l'ai réécrit énormément parce que, en fait, au fil de ma vie, j'ai aussi beaucoup évolué et je crois que je faisais une réécriture, je sais pas, tous les 3-4 ans, un truc du genre, voire même, des fois, des réécritures beaucoup plus rapprochées. Mais ça dépendait vraiment des périodes. Des fois, je pouvais... une fois que je l'avais fini, en fait, je le réécrivais parce que j'avais des choses que j'avais apprises, en fait, entre-temps. Et du coup, je réécrivais des trucs. Donc, au final, je crois que j'ai eu pas moins de 11 versions différentes. Ah ouais. alors, j'ai fait des versions où il n'y avait pas tant que ça de différence non plus, ! Mais quand même, il y a eu de la rélecture, des réécritures, des corrections, etc. Et c'est vrai qu'à un moment donné, en fait, je me suis dit, bon, allez, maintenant, il faut que je me lance. En fait, j'ai envie, je sentais que c'était le moment aussi de me lancer en auto-édition, tout ça. Donc, il fallait que j'apprenne à lâcher. Mais tu vois, la preuve, je n'ai pas réussi à lâcher tout de suite parce que j'ai fait une réédition, finalement, presque six mois après, quoi.

Ybelion — Ouais. Ouais, mais je trouve que c'est, tu vois, tu l'as fait quand même avant. Et quelque part, c'est ça le plus important. C'est un moment de livrer au public, tu vois. Et ça a été quoi, le déclic, au moment où tu dis, là, je sens que c'est le bon moment, il faut que je le fasse maintenant.

Le « non » d'une grande maison d'édition comme dernier signe

Aurore Vasselin-Lesca — Bah, alors déjà, j'étais sûre de mon choix pour l'auto-édition parce qu'il y a une période où je n'étais pas sûre de moi, je ne savais pas. Surtout que l'auto-édition, je ne connaissais pas depuis très longtemps. Quand je me suis lancée, ça faisait quoi ? Ça faisait deux ans que j'étais sur Instagram. Et du coup, j'avoue que avant ces deux ans-là, en fait, je ne savais pas que l'auto-édition, ça existait. Je ne pensais pas du tout qu'on pouvait faire soi-même. Et en fait, après, il m'a fallu quand même que je voie des gens faire, que je voie des gens réussir aussi. Je voulais être rassurée, d'en parler avec d'autres personnes, etc. Avant d'être vraiment sûre de moi et de pouvoir me lancer. Et en fait, un des déclencheurs, c'est que j'attendais un dernier signe qu'il fallait que je me lance en auto-édition. De base, je m'orientais vraiment beaucoup plus vers l'auto-édition parce que moi, je suis un peu contre le fric parce que comme c'est un peu la saga de ma vie, je ne voulais pas que ce soit gâché. Et quand tu es édité par une maison d'édition, tu as limite trois mois pour faire tes preuves après la sortie et après, sinon, ta saga, c'est ce qu'elle ne continue pas. Donc, c'était hyper stressant pour moi et du coup, c'est pour ça que l'auto-édition est cool parce que tu peux faire vivre beaucoup plus longtemps un livre et du coup, la saga qui va avec. Et du coup, mon dernier signe, c'était que j'avais envoyé une grosse maison d'édition que j'avais rencontrée sur un salon, au salon de Montreuil qui m'avait dit bah vas-y, envoie-moi ton manuscrit. Et moi, j'étais en mode ok, je tente, après cette discussion, cet échange où je partais de toute façon plus sur l'auto-édition, elle veut lire donc j'ai envie de dire vas-y go, on va voir ce que ça donne et si elle me dit non, c'est que c'est clairement le signe qu'il faut que je m'auto-édite. Si elle me dit oui, j'y réfléchirais mais je suis même pas sûre de dire oui. Parce que ça dépendrait de plein de choses. En mode, j'aurais été la négociatrice de partout, j'aurais été insupportable et en fait, du coup, l'illustrice a lu et en fait, elle a dit qu'elle avait beaucoup aimé que c'était bien écrit donc déjà, j'étais en mode ok, on coche une case bien écrite du coup ok, c'est cool mais ça rentre pas dans leur ligne édito parce que moi, c'est de l'urban fantasy et en fait, urban fantasy n'a jamais été un genre à la mode en France. C'est pas un genre qui est très publié. Vraiment, il y a très peu de bouquins comme ça qui se passent dans notre monde où il y a des gens qui ont des super pouvoirs et je parle pas d'urban fantasy avec des créatures surnaturelles, je parle vraiment des gens avec des pouvoirs à la Heroes, Sense8, etc. On n'a pas de livres là-dessus. On n'en a pas ou quasiment pas. Ils sont très rares et en tout cas, en France, il y en a qui existent mais souvent, c'est des pays anglophones qui les éditent. De base, je pense à The Bone Season par exemple, c'est anglophone, c'est pas francophone. Et en France, on n'en a pas. Et du coup, je savais déjà qu'il y avait ce risque-là aussi. Et du coup, je l'ai vu aussi comme un signe qu'il a quand même été validé dans le sens où on m'a dit que c'était bien écrit, etc. Il y avait du potentiel. Et du coup, ça veut dire que je pouvais me lancer aussi avec mon texte. Alors, j'ai un peu remanié après ça quand même. J'ai refait une réécriture après pour encore plus te peaufiner, etc. Et en fait, après, je me suis lancée dans la campagne de précommande, etc. Mais oui, ça a été beaucoup de réflexion et c'est vrai que l'auto-édition m'a toujours appelée à ce moment où j'ai appris que ça existait.

Ybelion — Oui, je comprends ce besoin de te dire je peux faire absolument ce que je veux. Et j'ai la main mise sur absolument tous les paramètres. Et effectivement, tu as certains auteurs à qui ça ne fait pas forcément peur ou même pas envie, tu vois, parce que, bon, ok, décider de comment tu vas agencer ton texte, la couverture, machin et tout, c'est la partie qu'ils n'aiment pas trop. Mais je comprends ce besoin d'en faire vraiment l'objet de saga que tu voulais. Oui,

Tout maîtriser : collector, audiobook, figurines

Aurore Vasselin-Lesca — pouvoir changer d'avis, tu vois.

Ybelion — Oui, en plus.

Aurore Vasselin-Lesca — Et ça aussi, c'est important parce que si un jour je veux faire une édition collector avec, je ne sais pas, les quatre premiers bouquins du premier cycle, tout ça, en fait, je peux. Et si je veux refaire une version avec une autre couverture, je peux. J'ai la main mise en fait là-dessus parce que c'est mes droits. Et c'est ça qui est agréable, c'est de se dire qu'on a toutes ces possibilités-là. J'ai pu lancer une version audiobook.

Ybelion — Oui,

Aurore Vasselin-Lesca — si j'avais été édité, si on ne me l'avait pas proposé, ce n'était pas mon idée qui allait déclencher le truc. Et en plus, j'ai pu choisir aussi qui allait le lire aussi parce que des fois, les audiobooks, je m'y suis mise après parce que de base, je n'en écoutais jamais. Mais je m'étais dit que j'ai eu l'opportunité par une rencontre, etc., de me lancer. Du coup, je me suis lancée dessus. mais typiquement, j'adorais la voix de la personne que j'ai rencontrée. Mais après, quand j'ai commencé à écouter des audiobooks de moi-même et d'autres sur mon temps libre, etc., il y a des voix, des fois, j'ai du mal. J'ai du mal et franchement, les auteurs, des fois, ne choisissent pas. Enfin, ils ne choisissent même jamais les voix. sauf quand tu es autoédité et que tu vas voir la personne pour le lire. Et du coup, c'est vrai que ça, je n'aurais pas eu la possibilité de le faire. Et ça aurait été dommage. Enfin, ça m'aurait enlevé, tu vois, des choses. Alors que là, je fais ce que je veux. Si je veux faire des illustrations, des trucs, des goodies, une pochette à livres. Enfin, tu vois, je n'ai pas besoin de demander l'autorisation à la maison d'édition. J'ai envie, je le fais. Bon, on dépense au budget.

Ybelion — Oui, bien sûr. Donc,

Aurore Vasselin-Lesca — on va avoir beaucoup d'envie et être bloqué par le budget aussi.

Ybelion — J'ai vu que tu avais fait aussi des petites figurines pour la collègue. Oui, j'en ai commenté, oui.

Aurore Vasselin-Lesca — Oui, je ne les ai pas encore vus. J'attends, il y a du retard. Je savais qu'il y aurait du retard. On m'avait déjà prévenu, même d'autres personnes qui avaient fait pareil. Mais oui, tu vois, ça, c'est des petites choses. Tu te fais des kiffes, en fait. Et c'est rendu possible parce que je fais des campagnes de précommande, que du coup, il y a quand même des gens qui sont là. Et j'ai de la chance aussi d'aimer faire de la com, créer du lien, etc. L'auto-élection, si on n'aime pas créer du lien, si on n'aime pas être un peu sur tous les fronts et s'adapter et faire plein de choses, même de la compta. Alors, je n'aime pas faire de la compta, mais maintenant, j'ai pris le pli et ça me pèse moins. voilà, je le fais et limite, je préfère ça que faire mon boulot alimentaire. C'est pour dire. Mais c'est pour dire que quand tu es impliquée aussi dans ce que tu fais, tu as envie un peu plus de faire les choses, même si de base, les tâches t'intéressent moins. Mais c'est pour ton bébé. Donc du coup, tu as envie de faire bien les choses et du coup, ça ne devient pas une contrainte. Ça devient un plaisir et après, tu dois juste gérer la charge mentale et le quotidien à côté. Parce que, effectivement, des fois, tu n'as pas forcément l'énergie pour, tu aurais envie, mais des fois, tu ne peux pas mettre cette énergie-là. Mais voilà, et l'auto-élection est très enrichissante de ce point de vue-là et c'est pour ça que je n'ai aucun regret. Oui,

Ybelion — je comprends. Et sur les bouquins, je ne suis pas sûr d'avoir bien... Il y a un jaspace, non ? Oui,

Aurore Vasselin-Lesca — sur la version reliée, oui.

Imprimeurs, maquettiste, illustratrices : cheffe d'entreprise

Ybelion — C'est incroyable. Oui, bravo. Et du coup, j'en déduis qu'en plus, tu as dû faire l'effort de... Enfin, tu n'es pas passé par les trucs genre KDP ou ce genre de choses. Et donc, tu as dû faire l'effort en plus de toi à contacter des imprimeurs ou ce genre de choses. Oui,

Aurore Vasselin-Lesca — complètement. Oui, et d'ailleurs, j'ai changé récemment. Je teste un autre imprimeur pour version brochée et reliée. Mais oui, effectivement, il faut contacter, il faut gérer tout ça. Des fois, ils te demandent des fichiers et en fait, tu te rends compte que tu n'as pas... Il te manque des trucs sur les fichiers. Donc, il faut recontacter la maquettiste, l'illustratrice, tout ça. Et puis, tu demandes par exemple des pages de garde à une illustratrice et puis la couverture, c'est une autre. Il faut un peu coordonner tout ce petit monde-là. Et vraiment, c'est la sensation, tu es chef d'entreprise.

Ybelion — C'est clairement... Tu es clairement dans du... Tu gères un projet avec des gens, etc. Mais tu vois, quelque part, ça rend le métier aussi d'écrivain qu'on voit un peu solitaire parfois et qu'à l'extrême, on dépeint comme quelqu'un qui s'enferme six mois comme un ermite. En fait, c'est loin d'être ça, quoi. Et du coup, tu gères toi ça toute seule ou tu as quand même... Non, ok, tu gères vraiment... Oui,

Aurore Vasselin-Lesca — mais après, j'ai un background aussi professionnel qui m'aide beaucoup. C'est que moi, j'ai été... Enfin, j'ai fait des études pour justement après devenir chef de projet. Ok, ok. Chef de projet, c'est un grand mot. Il y a plein de postes après derrière. Mais du coup, moi, je suis chef de projet. Pour faire le raccourci, j'ai un autre intitulé. Il y a des petites différences de termes. Mais en gros, c'est aussi ce que je fais, mais pour le web.

Ybelion — Ok. Et je pense que

Aurore Vasselin-Lesca — si tu veux faire un site internet, c'est un peu plus facile pour moi.

Ybelion — Oui. Oui, ça s'est... Enfin, ça se voyait que soit tu avais travaillé avec un professionnel, soit toi-même, tu devais t'y connaître parce qu'effectivement, le site est vraiment bien quali.

Aurore Vasselin-Lesca — Oui, j'ai essayé. À la base, des bases, j'avais fait, j'avais vu pour faire appel à un professionnel et en fait, la façon dont la personne travaillait ne me plaisait pas.

Ybelion — Oui.

Aurore Vasselin-Lesca — Et ce que la personne faisait, je trouvais ça hyper esthétique. Et du coup, comme j'ai un regard très critique parce que je botte là-dedans, j'ai géré des sites institutionnels, etc. Donc, il y a des choses, j'étais en mode non, non.

Ybelion — je refuse de payer pour ça. Je le ferai toute seule.

Aurore Vasselin-Lesca — C'est ça. Et du coup, j'ai fait, vas-y, non, on annule et je vais le faire toute seule. Alors, je me suis aidée quand même parce que les bases, je passe par WordPress parce que je connaissais déjà un petit peu WordPress, j'avais déjà un peu bossé dessus mais je ne suis pas développeuse, clairement pas. Et du coup, tout ce qui est installation, extension, etc., de savoir quoi faire pour avoir la bonne base, c'est jamais moi qui ai fait ça même dans mes expériences professionnelles. Moi, je pouvais faire un peu de contenu, etc., faire de l'agencement, tout ça, mais je ne faisais pas plus. Mais du coup, je suis passée par la formation de Margot de Seine pour créer un site internet et en fait, ça s'est venu compléter ce que je savais déjà. Il y a des choses que j'ai suivies sur l'Install, etc., il y a des choses qui m'ont donné des idées, qui m'ont inspirées pour faire certaines choses, mais il y a des choses que je n'ai pas du tout regardées parce que je connaissais déjà et que je savais que je n'y trouverais pas mon compte parce que, voilà, il y a des choses que je savais en plus que la formation donnait et du coup, c'est venu compléter et ça m'a beaucoup aidé à lancer. Oui,

Ybelion — je comprends. De toute façon, moi, je suis un grand fan, j'accompagne les gens à écrire, donc de toute manière, j'avoue que l'accompagnement, je le vois vraiment comme un raccourci, ça te fait gagner tellement de temps pour plein de choses et ça sert dans plein de domaines et parfois des niches, tu ne te douterais pas, mais en fait, ça te fait gagner tellement de temps.

Aurore Vasselin-Lesca — Ben, complètement, complètement. Et puis des fois, je les fais en une semaine.

Ybelion — Ouais, ok, bravo franchement.

Aurore Vasselin-Lesca — Mais en y étant à temps plein, moi, j'avais plus des bâtiments pour.

Ybelion — Je me rappelle la première version de mon site aussi que comme toi, j'ai fait sur WordPress. C'était marrant, le hasard de la vie, tu vois, mais j'étais littéralement tombé malade genre pendant 3-4 jours et j'étais malade mais j'étais quand même cloué à mon ordinateur, tu vois.

Aurore Vasselin-Lesca — T'en profiter.

Ybelion — Ouais, de fou, j'étais là en mode putain, c'est fou, c'est un signe de Dieu, c'est pas possible. La terre m'envoie le moment et en fait, c'est marrant parce que je trouve que c'est des expériences très enrichissantes en fait, mais c'est un peu l'aventure entrepreneuriale dont tu parles. C'est très enrichissant de faire un peu, de toucher à tout, tu vois, le contact avec les imprimeurs, même la mise en page, faire les maquettes et tout et à un moment, ça te permet aussi de te dire, si tu veux te décharger, tu vois, de dire, ok, maintenant, je suis en capacité de savoir comment le déléguer et à qui et ce pour quoi je vais payer et c'est pour ça que c'est bien quand même de mettre parfois les mains dans le cambouis quand même avant. Ouais,

La correctrice tombée du ciel

Aurore Vasselin-Lesca — je suis d'accord, moi ça a été ça un peu pour la partie de correction. Au début, c'est moi qui me suis lancée toute seule dedans et en fait, au bout d'un moment, moi j'en pouvais plus et du coup, j'ai fait appel à quelqu'un que je connais qui justement, elle m'a dit oh, je viens de finir, j'ai eu mon diplôme de correctrice et tout, moi je me suis dit what ? Ça m'intéresse en fait. Les synchronicités,

Ybelion — synchronicité parfois, c'est fou, on t'envoie ce que tu as besoin, tu vois.

Aurore Vasselin-Lesca — C'est ça et au final, c'est la personne qui va faire même toutes mes corrections derrière, c'est celle qui les a déjà faites et c'est celle qui va les continuer donc je lui ai dit avec moi, t'as du boulot pour 10 ans là.

Ybelion — C'est un métier mais j'ai tellement de respect pour ces gens là. C'est un métier de fourmi où il faut être full concentré. Franchement, vraiment bravo quoi. Ouais, puis il y a beaucoup de gens

Aurore Vasselin-Lesca — qui sous-estiment la charge de ce que tu fais. Quand tu vois des fois des correcteurs qui font des devis etc. et que tu vois le chiffre sur leur devis, en fait, tu te dis mais en fait, si tu passes le temps alloué à ce montant, soit tu te brides et tu bosses pour que dalle, soit tu fais pas du très bon travail sinon tu fais la vie. Et moi, je trouve que la correction pour moi, c'est le poste de budget, c'est le poste budgétaire qui devrait coûter le plus cher.

Ybelion — Je suis d'accord avec toi.

Aurore Vasselin-Lesca — Franchement, si c'est pas celui-là, c'est bizarre.

Ybelion — Ouais, je suis d'accord avec toi parce que enfin, c'est... Moi déjà, tu vois, même sur les devis que tu peux recevoir, parfois je trouve que j'ai jamais demandé de discuter avec vraiment une correctrice ou un correcteur en profondeur. Je me rends pas compte le temps que ça prend, tu vois. Mais moi, j'ai toujours trouvé que c'était quand même... Même si ça peut paraître cher, je trouve que c'est pas non plus excessif pour la pénibilité que ça retire, tu vois. Moi, ça m'a tellement soulagé que tu te dis putain, c'est fou, quoi. Et ouais, je suis d'accord avec toi s'il y a vraiment... Une fois que t'as terminé ton livre, effectivement, la correction est peut-être la première chose à faire, quoi.

Neuf mois de correction seule = un mois et demi à temps plein

Aurore Vasselin-Lesca — Bah ouais, totalement. En fait, c'est le poste budgétaire qu'il faut pas négliger. Et je sais que pour mon tome 1, moi, je m'étais essayée justement à cette correction-là de moi-même. Et en fait, j'ai bossé pendant 9 mois dessus. On m'aiderait aussi d'antidotes, d'autres outils, etc. Et en fait, ça équivalait... Alors évidemment, j'avais un boulot à côté, etc. Mais je prenais ça sur mon temps libre. Et en fait, ça équivalait, j'ai calculé à un mois et deux semaines de boulot à temps plein. Donc comme si je faisais un 35 heures pendant un mois et demi, quasiment. et en fait, tu te dis mais si quelqu'un envoie un devis pour 1000 euros, je me dirais mais tu te payes. Enfin,

Ybelion — c'est clair.

Aurore Vasselin-Lesca — Tu arrives à vivre. Enfin, du coup, tu peux pas. Et du coup, je sais que c'est un poste budgétaire à ne pas négliger. Et en plus, t'as les charges derrière, t'as tout ça. Franchement, mais après, il y a tellement de concurrence pour les correcteurs pro.

Ybelion — Ouais, ouais.

Aurore Vasselin-Lesca — Ils sont obligés de se brader. Moi, ça me fait mal au cœur pour eux.

176 000 mots, 2 000 euros : le vrai prix d'une correction

Ybelion — Ouais.

Aurore Vasselin-Lesca — Et je comprends aussi que les autoédités n'aient pas toujours un budget énorme. Moi, je sais, tu vois, pour mon tome 2, parce que moi, il faut aussi remettre du contexte, moi, j'écris aussi des gros pavés. Voilà. Mon tome 2, il fait 176 000 mots. Ah oui,

Ybelion — quand même. Effectivement, un gros bébé.

Aurore Vasselin-Lesca — Voilà. Ça fait un gros pavé et tu vois, ma correctrice, je l'ai payé 2000 euros. OK. Il y en a beaucoup d'autoédités qui me disent mais c'est énorme et tout. En fait, bon, parce que pour le boulot qui a fait derrière et c'est vraiment parce que aussi, on se connaît, on a mis, je sais que si j'avais pu mettre plus cher pour me la payer et mieux la rémunérer, je l'aurais fait et je vais essayer pour mon tome 3 de mettre un peu plus de budget du coup. Alors, je ne pourrais pas mettre beaucoup plus non plus mais voilà, un minimum. En fait, c'est logique pour moi.

Ybelion — je faisais le calcul comptable mais moi, c'était ce... Enfin, rapporté au nom de mots, c'était cette sorte de grandeur là. Et en vérité, en plus, enfin, remarque, non, ce n'est pas forcément plus le manuscrit est long, plus c'est dur mais le temps de concentration, forcément, ça s'étale sur plus longtemps. Et ouais, mais je suis d'accord avec toi. Alors, du coup, moi, j'avoue que sur ces postes-là, entre guillemets, je fonctionne vachement à l'humain, tu vois, c'est quand tu connectes avec quelqu'un, moi, ça ne me dérange pas de le payer, tu vois. C'est un truc, tu vois, là, je fais une parenthèse mais j'ai jamais trop compris, tu vois, tes amis qui te demandent des trucs gratuits, tu vois. Genre, tu ne veux pas me filer ton livre gratuitement, tu es mon pote, tu devrais me proposer de l'acheter trois fois plus cher, tu vois, pour être le premier à le soutenir. Et j'avoue que du coup, tu vois, je n'ai jamais trop, pour le coup, si la personne de but en blanc ne te dit pas, ok, vas-y, on se connaît, je te fais un petit prix et tout, j'avoue que je n'ai jamais négocié vraiment pour dire, non, mais tu vois, machin, parce qu'en vrai, effectivement, il y a tellement de gens qui font ça. En plus, c'est parfois difficile aussi d'attester réellement de la compétence des gens ou alors quand tu creuses, effectivement, tu as quand même des diplômes, tu as quand même des accrétitations. Je ne sais plus comment il s'appelle pour l'histoire des correcteurs mais je sais qu'il y a quelque chose, j'ai oublié.

Aurore Vasselin-Lesca — C'est plus un auteur connu en plus.

Ybelion — Oui, j'ai oublié. Mais voilà, mais tu vois, c'est comme dans le coaching, il y a à boire et à manger, c'est un terme derrière, tu peux mettre n'importe quoi et en fait, ce qui est important, c'est où tu as appris et qu'est-ce que ça veut dire, tu vois. Et ça, les gens ne font pas forcément attention, ce n'est pas toujours très clair et du coup, je trouve que ça remet de l'humain aussi au milieu de tout ça et c'est pas mal, tu vois. Et c'est pour ça, encourager les gens avec qui vous êtes, partager ça.

Aurore Vasselin-Lesca — Oui, c'est important, oui.

Ybelion — Et les réseaux permettent ça, tu vois, de connecter tous ces gens-là entre eux donc ça, c'est cool.

Les coûts cachés et l'argent qu'on doit être prêt à perdre

Aurore Vasselin-Lesca — Oui, totalement. Et puis après, moi, je comprends que tu ne veuilles pas mettre par exemple 2 000 euros dans une correction pour quelqu'un que tu ne connais pas. Oui. Clairement, si ça n'a pas été recommandé, etc., par plusieurs personnes, moi, je ne me serais pas lancée du tout là-dedans. Mais par contre, l'investissement, quand tu connais la qualité, tu as envie après derrière d'encourager, évidemment, après à la hauteur de tes moyens parce que des fois, l'auto-édition, c'est dur aussi pour ce point de vue-là parce que si tu n'as pas d'économie de ton côté, il faut peut-être penser à décaler ton projet. Oui. C'est possible parce que, voilà, c'est un coût, il y a des coûts cachés que tu ne vois pas, auxquels tu ne penses pas, mais qui sont nécessaires derrière pour publier. Et j'avoue que, moi, j'ai eu la chance d'avoir un boulot, tu vois, qui me permettait de mettre de côté, qui m'a permis aussi d'avoir de l'argent à investir là-dedans pour me lancer. Et, tu vois, cet argent-là, je ne l'ai pas encore récupéré dans mes économies perso parce que je le réinvestis derrière pour d'autres bouquins, etc. alors, maintenant, j'arrive à me faire une trésorerie. J'ai la trésorerie depuis la dernière campagne de précommande pour le tome 2. J'ai de la trésorerie. Et je sais que mon but, maintenant, c'est de ne plus toucher à mes économies personnelles pour investir dans les prochains tomes. Et mon but, après, ça va être de, parce que maintenant que j'ai atteint ça et que ma trésorerie est autonome, mon but, ça va être de mettre de l'argent pour me payer, en fait,

Ybelion — et ça,

Aurore Vasselin-Lesca — ça va être mon objectif en 2026, c'est d'arriver jusque-là pour renflouer un petit peu mes économies perso que j'ai pu investir pour le premier tome et le deuxième aussi, même si le deuxième, ça a été, voilà, ça a été, enfin, c'est un peu différent, mais voilà. Et en fait, ces économies-là, j'ai envie de me dire, hop, je me suis remboursée de ce que j'ai investi au tout départ et après, j'ai du gain aussi pour me payer. Et c'est vrai qu'en autonition, c'est pas facile à faire et il faut avoir conscience que ça prend du temps. Tu vois, j'ai lancé ma campagne de précommande du tome 1 toute fin 2023 pour une sortie, du coup, début 2024, officielle. En fait, on est déjà, enfin, on y est bientôt dans deux ans, au final, et en deux ans, je n'ai pas remboursé mes économies. Donc, il faut que ce soit aussi de l'argent, tu vois, qu'on est prêt à perdre parce qu'on n'est jamais sûr de pouvoir le revoir. ça dépend de plein de choses et du coup, si on se lance et qu'avec juste 100 euros, bon courage. Ou sinon, il faut revoir ses ambitions à la baisse parce qu'il y a des questions d'ambition aussi. Moi, j'avais l'ambition de faire autant, aussi bien, en fait, qu'une grande maison d'édition en termes de moyens, etc. pour que, en fait, en termes de qualité, on ne voit pas de différence entre si c'est de l'auto-édition ou si c'est pas de l'auto-édition. Et du coup, ça nécessitait d'investir beaucoup plus d'argent aussi que ce soit dans les illustrations, dans les correcteurs, dans les maquettistes, enfin, plein de choses, en fait, là-dedans pour investir. Mais après, derrière, si on a un plus petit budget, il faut peut-être revoir ses ambitions à la baisse et peut-être que avec un premier livre avec moins d'ambition, si ça marche bien, etc., le deuxième, il y aura peut-être plus d'ambition, etc., etc. Et ça, il faut y réfléchir, il faut en avoir conscience. On se passe pas dans un niveau de qualité sans avoir des économies derrière.

Ybelion — De toute façon, c'est l'éternel. Tout ce qui est qualitatif demande un minima du temps. Tu pourrais, en fait, la méthode, l'absolutisme, c'est de dire en fait, je vais faire tout, tout seul et du coup, ça me coûtera rien et ça va te prendre 15 ans, je n'en sais rien. Effectivement, je pense que beaucoup de gens parfois se perdent au début dans ça. Ils ne se posent pas la question de pourquoi ils font, pourquoi ils écrivent, tu vois, mais au sens personnel. Oui. En fait, la plupart des gens, quand tu creuses, tu te rends compte que c'est un rêve, c'est presque parfois une question de vie ou de mort. Ils ont envie d'avoir cet objet qui vient d'eux. Mais ça, en fait, ça peut passer par plein de choses qui ne nécessitent pas un investissement extrêmement élevé dans la qualité du papier, etc. et parfois aussi se reconnecter à ça, tu vois, accepter qu'on n'est pas encore la version qu'on aurait envie d'être parfaite, etc. Et de dire, bon, ok, le premier petit pas que je peux faire aujourd'hui pour aller peut-être un jour chercher ça, c'est déjà d'accepter qu'aujourd'hui, ce que je peux faire, c'est par exemple passer par, alors je ne suis pas forcément fan de faire de la pub pour eux, mais pour le coup, c'est très facile, tu vois, par KDP, voilà, tu le fais, ça ne coûte quasiment rien, tu vois. Oui, c'est ça. Et tu peux arriver à l'objet livre et c'est peut-être qu'une étape, tu vois, mais déjà, tu auras connecté avec ton rêve, tu l'auras atteint, tu tiendras ton livre dans les mains, tu auras ressenti ce truc qui est indescriptible que la première fois que tu tiens ton livre dans les mains, tu vois, et voilà, step by step, quoi. Oui,

Aurore Vasselin-Lesca — c'est exactement ça et c'est vrai qu'il faut en avoir conscience parce que des fois, tu l'oublies trop facilement et ça ne remet jamais en question ta qualité d'écriture, la qualité de ton livre, etc. mais c'est l'objet livre, les retouches, etc. qui vont faire la différence et qui derrière, ben voilà, si tu as de l'ambition, économise.

Ybelion — C'est clair, c'est vrai qu'on ne se rend pas trop compte le prix d'un livre est totalement décorrélé du temps qu'on y passe. À chaque fois, je me dis, je le dis tellement qu'un jour, il va falloir que je fasse exercice mais parfois, je me dis, si je rattachais mon ancien taux d'ingénieur quand je bossais au temps que je passe à écrire un livre et que j'en déduisais le prix du livre, ça serait complètement délirant. Tu vendrais ton bouquin 15 000 euros, tu vois, ça n'aurait aucun sens. Et c'est vrai que, c'est pour ça parfois, en vrai, en tant que lecteur, il faut être indulgent avec ça aussi, tu vois. Je pense qu'il faut prendre la mesure et se rendre compte d'à quel point c'est difficile d'écrire un livre parce qu'au-delà de toutes les barrières parfois physiques dont on a parlé qui sont très matérielles, en fait, rien que d'arriver au bout, de mettre un point final et de dire, c'est bon, je suis prêt à le livrer au monde, ça, ça demande une force, une résilience, je peux mettre un courage, bref, il y a un tas de mots, tu vois. Et on ne s'en rend pas toujours compte quand on est lecteur. Donc, voilà, c'est important de ne pas l'oublier, franchement.

Aurore Vasselin-Lesca — Ouais, je suis d'accord.

Le calendrier de la saga et le projet de fonder une famille

Ybelion — Et du coup, est-ce que tu as un planning genre pour ton, pour ce donne en mode, ok, un tome par an, un tome tous les deux ans, je ne sais pas. Ouais.

Aurore Vasselin-Lesca — Bah en fait, il faut savoir que quand moi, j'ai autorité le premier tome, j'avais déjà le 2 et le 3 décrit.

Ybelion — Ok.

Aurore Vasselin-Lesca — Alors, le 2 avait déjà eu une réécriture, mais le 3 était en mode premier jet. Ok. En fait, je partais quand même avec un travail, alors pas fini, mais tu vois, j'avais une bonne base, quoi. J'ai eu un gain de temps. Et du coup, j'ai pu sortir le tome 2 un an et demi après le premier. Ok. Pour le tome 3, c'est pareil, ça fera un an et demi après le deuxième, du coup. Mais sauf qu'après, moi, il n'y a rien d'écrit. Même si j'ai les idées et que le tome 4, tu vois, j'ai planifié toute la première partie, c'est-à-dire scène par scène, etc., qu'est-ce qui va se passer dans chaque chapitre, il n'y a quand même rien d'écrit. Alors, je sais déjà qu'avec le tome 3, je fais une foule réécriture, je garde quasiment rien, il n'y a quasiment aucune phrase que je garde en tant que telle. En tout cas, pour l'instant, jusqu'au chapitre 12 sur 40. Donc, voilà. Du coup, ça me met un peu dans le mood d'écriture, parce que là, c'est vraiment pas de la correction. Mais, je sais que forcément, ça prendra un petit peu plus de temps pour le tome 4 à ce niveau-là, parce qu'en plus, je n'aurai pas le recul non plus sur ce que j'aurais écrit. Alors que le tome 3, en réécriture, j'ai du recul parce que je connais de A à Z de ce que j'ai fait. Donc, du coup, ça va. le tome 4, pas forcément. Donc, je n'ai pas forcément ce recul-là. Donc, je sais que ça prendra un petit peu plus de temps, mais j'ai envie quand même d'enchaîner assez vite parce que le tome 4, il clôture le premier cycle. Il y a des gens qui pourront s'arrêter s'ils veulent ne pas poursuivre avec le deuxième cycle. Ils pourront s'arrêter au tome 4 sans être frustrés parce que de toute façon, toutes les réponses sont données et elles sont toutes répondues. on n'est pas que de poisson sur quelque chose. Et après, si les gens veulent continuer, ils pourront lire l'épilogue qui lance la voie vers le tome 4, vers le tome 5, du coup. Mais du coup, ils pourront s'arrêter. Et du coup, je sais qu'après le tome 4, moi, j'aurai des projets personnels qui vont aussi me prendre du temps parce que quand tu as un projet de fonder une famille, par exemple, tu sais que tu écris un petit peu moins, tu es un peu moins rapide. Donc, mon objectif, c'est vraiment de sortir le tome 4 et qu'en fait, après de voir ce projet-là, personnel, comme ça, ça permet aussi aux gens de ne pas être frustrés d'attendre la suite. Mais je sais qu'après, j'aurai besoin de me remettre aussi dans le tome 5. En plus, le tome 5, ça va être un de mes prefs. Là où ? Je le sais parce qu'en termes de vibe, on va découvrir encore autre chose. Alors, à chaque fois, chaque tome a sa propre vibe, mais là, on fait une marche encore plus haute au final pour le tome 5 parce que deuxième cycle et du coup, on lance un truc qui a des différences quand même, même si on suit toujours les mêmes personnages ou en tout cas, ceux qui ont survécu, évidemment.

Ybelion — La multitude. Voilà.

Aurore Vasselin-Lesca — Mais je sais que ce tome 5 me remettra aussi dans le moule et j'ai envie, évidemment, de faire la suite parce que je ne me vois pas écrire autre chose que cette saga, que cet univers. Donc, pour moi, c'est même difficile d'imaginer même le après sub-done. Franchement, je n'arrive même pas à l'imaginer. C'est impossible. Et c'est pour ça que je cite des idées de spin-off, etc. que je ne publierai peut-être pas selon mon envie, selon le moment, etc. ma priorité, c'est la saga et après des spin-off. Mais voilà, je ne me vois pas quitter cet univers. Donc, je sais que les lecteurs, ils sont assurés, de toute façon, d'avoir la fin. Sauf si je décède avant, là, ce serait bête. Par contre, donc, espérez que je vieillisse.

Ybelion — On touche du bois, de la peau de singe, de tout.

Aurore Vasselin-Lesca — C'est ça. Mais du coup, voilà, je sais que après, pour ce deuxième cycle, j'ai un peu moins de connaissances sur combien de temps il me faudra. Parce que là, ça dépendra de ton facteur.

Ybelion — Je te fais un partage, mais tu dégages une sérénité par rapport à ça qui est assez impressionnante parce que tu as conscience que ça va te prendre du temps, mais tu commences quand même par ce que tu peux faire aujourd'hui, tu vois. Et ça, c'est quelque chose que j'essaie de transmettre très fort et je le répète tout le temps aux gens que j'accompagne parce que c'est extrêmement dur de décorréler la personne qu'on est aujourd'hui et celle qu'on aimerait être. Je le disais un peu tout à l'heure, mais vraiment, tu dégâches ça et bravo parce que en fait, ce que je ressens, c'est que tu es au courant que ça va prendre du temps, tu es au courant qu'il y aura des pauses, mais on sent que tu dis ça avec une confiance, tu vois. Tu ne te caches pas derrière. Enfin, on sent que ce n'est pas tu ne te caches pas, tu vois. Et franchement, bravo. Ça donne envie de lire, de découvrir et de dire on va attendre. Ce n'est pas grave, on attendra.

Aurore Vasselin-Lesca — Oui, et puis des fois, pour faire les meilleures versions que je veux que les lecteurs découvrent, il faut des fois du temps et bien sûr que des fois, c'est frustrant d'arrêter la lecture parce que tu attends le prochain tome, mais si c'est pour récupérer après le tome suivant et qu'il ne soit pas fou, pas très abouti ou moins bien que les autres, ça, je refuse. En fait, je préfère avoir du retard que de livrer quelque chose de mal fait. Ça, c'est inenvisageable parce que de toute façon, moi, je pars du principe que pour une saga longue comme celle que je prévois, en fait, le premier tome n'est jamais le meilleur. En tout cas, si ça l'est, c'est qu'il y a vraiment un problème. C'est que j'aurais loupé quelque chose, clairement, mais mon objectif, c'est qu'après, chaque lecteur se dise « Ok, c'est toujours de mieux en mieux, je m'accroche, etc. » Les personnages, maintenant, j'ai l'impression de les connaître comme si c'était des potes. Franchement, j'ai envie que les lecteurs ressentent ça et du coup, ça nécessite du temps, ça nécessite de se remettre en question aussi, de passer par plein de phases différentes et je les passerai sans hésiter là-dessus parce que j'en ai conscience et je pense que c'est important d'avoir cette conscience de soi et cette conscience que la vie, des fois, nous réserve des surprises. On peut avoir un plan, mais des fois, le plan, il ne se passe pas comme on l'espérait. Donc, je sais que je ne parle que sur le court et moyen terme, mais que le long terme, je n'en ai aucune idée après derrière de ce que ça va donner. même si j'ai des envies, mais il faut le décorréler de ce qui va vraiment se passer après derrière et c'est pour ça que me projeter sur le tome 3, c'est facile parce que je suis en pleine réécriture dessus et je sais que je veux qu'il sorte fin 2026 donc là-dessus, il n'y a pas de questions à se poser. Le tome 4, j'ai tout un peu dans ma tête, il faut juste que je le mette en pratique et je sais que ça va être à court terme parce que finalement, ça va être dans un peu plus d'un an et demi, où je vais me lancer dedans vraiment à fond et en plus, comme je diminue aussi mon temps de travail alimentaire, je sais que j'aurai aussi un petit peu plus de temps pour ça au fur et à mesure. Donc, je sais que je serai à fond dedans mais c'est vrai qu'après, je ne sais pas. Je ne sais pas ce que ça peut donner et c'est pour ça que donner, en fait, c'est une fin à ce premier cycle. C'est important pour moi pour pas que les lecteurs se sentent lésés ou de laisser sur un truc qui fait une gueule de taré, en fait. Alors, dans ce cas-là, ils ne disent pas l'épilogue.

Ybelion — Oui, c'est ça. Tu ne boucles pas la boucle mais en vérité, même pour toi, tu as un sentiment d'inachevé qui est assez dingue. Oui,

Le disclaimer avant l'épilogue du tome 4

Aurore Vasselin-Lesca — ce serait trop frustrant mais en plus, dans le tome 4, je mettrai un disclaimer avant l'épilogue. Si vous voulez vous arrêter là, c'est une fin. Il n'y a pas de questions qui se posent. Si vous voulez, après, être un peu teasé sur un deuxième cycle qui a un changement d'ambiance où il y a un vrai saut dans le temps, etc., allez-y.

Ybelion — J'aimerais bien discuter avec le lecteur qui s'arrêtera à ce disclaimer. Oui, peut-être. Non, c'est possible. Là, je me projette moi. Je me dis jamais je tiendrai. Je serais obligé de le lire. C'est comme quand tu écoutes une critique de quelque chose et qu'ils font une partie spoiler sans spoiler. Je ne m'arrête jamais à la partie sans spoiler. J'ai trop envie de savoir même si je n'ai pas vu.

Aurore Vasselin-Lesca — Oui, mais je pense qu'on est des gens curieux quand tu vois. On a envie de savoir. Mais il y a des gens qui, s'ils n'aiment pas les longues sagas, ils vont se dire OK, c'est bon, je peux m'arrêter, tu vois. Et je ne me pose même pas la question et je veux ne pas empêcher ces gens-là d'avoir apprécié leur aventure. Et ce serait dommage. Alors que les gens qui sont curieux, let's go. Il faudra juste prendre votre mal en patience.

Ybelion — J'aime bien l'idée, tu vois. C'est vraiment, tu fais assez atterrisqué péril. Allez.

Aurore Vasselin-Lesca — Bah oui. Bah oui. parce que je sais que moi, j'aurais aimé aussi me dire, tu vois, il y a des bouquins comme ça où j'ai pas forcément aimé la fin où des fois, t'as la suite qui sort pas. Bah en fait, des fois, j'aurais aimé qu'on me donne quand même une fin quand même et qu'il y a un chapitre et qu'il y a un chapitre de plus pour donner autre chose sur la suite. Mais en fait, de pouvoir me dire, tu vois, dans ma tête que les personnages, ils ont un happy ending ou pas, ils ont une vraie fin, ça se termine, j'ai toutes les réponses, j'arrive pas avec des questions restantes. Et parce que ça, ça peut être aussi très frustrant pour le lecteur. C'est que là... Complètement. Et puis l'avantage, c'est que les lecteurs qui voudront lire la suite et qui ont lu après ces fameux épilogues qui tisent de folie le deuxième cycle, bah en fait, je mettrai, je pense aussi, un deuxième discrimeur de maintenant que vous savez tout sur 1, 2, 3, 4, si vous voulez patienter avant le tome 5, je vous invite à relire le tome 1, 2, 3, 4 dans le bon ordre, du coup, parce que vous découvrirez plein de nouvelles choses. Maintenant que vous avez avancé, vous allez avoir un deuxième niveau de lecture et en plus, vous allez comprendre des choses qui étaient là sous votre nez depuis le début et ou des choses où vous êtes dit pendant l'étude du tome 1, mais c'est quoi ce passage ? Ça sert à quoi ?

Ybelion — J'ai pas compris.

Aurore Vasselin-Lesca — J'ai pas compris ? Eh bah, vous allez tout comprendre.

Ybelion — En vrai, ça, c'est trop cool et pour le coup, en tant qu'auteur, c'est trop bien de mettre des petits...

Aurore Vasselin-Lesca — Rous shadowing. Ouais,

Ybelion — voilà, c'est ça, de parsemer comme ça de petits easter eggs entre guillemets, ça fait toujours son effet après, quand tu dis « Ah, mais il le disait déjà ! »

Aurore Vasselin-Lesca — Mais c'est ça ! Et là, tu t'es dit « Ok, ça c'est fort ! » Et en fait, en tant qu'auteur, t'as envie que les gens y ressentent ça en lisant.

Ybelion — Bah ouais, complètement.

Aurore Vasselin-Lesca — Et t'as envie, en fait, qu'ils relisent ton livre. Et moi, je sais que pour un sens, j'ai eu qu'une seule personne, en tout cas, une seule personne qui m'a fait un retour de relecture, du coup, une chroniqueuse qui avait lu d'abord en version papier et qui, en fait, a relu en version audiobook avant de se mettre dans la lecture du tome 2. Et c'était dit « Bon, bah comme ça, j'ai bien tout en tête, etc. » Puis comme elle avait déjà apprécié sa lecture la première fois, je me suis dit « Bah vas-y, en audiobook, c'est pas mal. En plus, je peux faire autre chose en même temps, etc. C'est pas le même niveau d'attention et tout. » Et en fait, elle m'a dit « Mais j'ai encore plus apprécié, en fait, ce tome 1 en le relisant parce que déjà, les personnages, en fait, c'est moi, je les connaissais déjà donc j'avais pas ce moment d'immersion, un peu d'adaptation, la lecture, je connaissais la plume, tout ça. Et c'est ça qui est aussi intéressant, c'est qu'elle a pu passer toute cette adaptation-là pour être vraiment à fond dedans et pour voir aussi tous les petits indices, tu vois, que j'ai pu dissimiler dès le départ parce qu'il y a des choses que tu peux voir déjà par une reliture du tome 1. Il y a des choses où tu peux te dire « Ah purée ! » Par exemple, tu vois, il y a un personnage qui a un don qui est caché jusqu'au chapitre 21, en fait, où on ne dit pas c'est quoi son don. Mais typiquement, tu relis après avoir su quel était son don le début, mais tu as l'impression de voir que ça.

Ybelion — Et c'est ça

Aurore Vasselin-Lesca — qui est rigolo et qui rend un peu la lecture aussi fun sur de la relecture parce que la première fois, tu découvres, tu ne sais pas trop et puis moi, je suis une adepte des métaphores. Donc, des fois, tu ne sais pas trop sur qu'elle pied dansée, tu ne sais pas si cette métaphore, elle veut dire plus que ça, etc. Et de relire, tu comprends. Tu comprends ce niveau de lecture-là et c'est intéressant et c'est pour ça que tu vois, c'est aussi un argument de relecture pour que les gens, ils ne quittent pas ton univers parce que c'est le but en tant qu'auteur, c'est qu'on n'a pas envie que les gens quittent notre univers. On a envie qu'ils y pensent même après, qu'ils le fassent vivre, que ça devienne aussi leur univers, même si des fois, ce n'est pas facile de lâcher un peu nos trucs à nous, mais je trouve que c'est enrichissant si personne ne dit finalement la même histoire.

Ybelion — Non, ça c'est vrai. Il y a autant d'interprétations et d'histoires que de lecteurs et quelque part, c'est ça qui est magnifique de toute manière. Ouais. Et chacun, ouais, fait son interprétation de l'univers, s'imagine comment il est et... Et moi, personnellement, tu vois, c'est ça qui m'a toujours touché dans les livres. Je fais très peu attention aux descriptions et en fait, c'est dans ma tête, je m'imagine des trucs, tu vois, l'exemple que je cite à chaque fois, c'est dans Hunger Games, pour moi, Pita, il était grand héros, tu vois, alors que c'est écrit, je ne sais pas, peut-être page 3, tu vois, qu'il n'est pas du tout comme ça, mais tu vois, tu te crées ta propre version en fait et c'est quand même vraiment beau, quoi. Et puis, c'est toujours touchant après en tant qu'auteur de recevoir ce genre de retour, tu vois. Est-ce que toi, tu as un retour qui t'a touché en te disant « Ah, je ne m'attendais pas que ça soit compris comme ça ou que ça passe comme ça ? »

Aurore Vasselin-Lesca — Ben, des fois, il y a des théories de personnes qui viennent me voir et qui me donnent des théories, moi, je suis en mode « Mais qu'est-ce qui t'as fait penser ça ? » Ce n'est pas vraiment des trucs « What the fuck ? » Je ne sais pas si de temps en temps, je prends un peu des captures écran de certains retours parce que dans les coups de blues, des fois, ça fait du bien.

Ybelion — Ça fait toujours du bien. Ça fait toujours complètement.

Aurore Vasselin-Lesca — Mais en termes de retour, je crois que j'ai dû prendre une capture écran de ça. Je regarde très rapidement pour ne pas trop prendre.

Ybelion — Je fais un petit rappel à tout le monde pendant que tu cherches ça. C'est que fêter ces petites victoires, c'est extrêmement important. Ça passe aussi par les retours des gens qui sont positifs, que ce soit des retours de bêta lecteurs, d'amis, de lecteurs inconnus, bref, n'importe quoi. Effectivement, prenez-les en capture d'écran, vous les rangez dans un petit dossier là et comme ça, vous les relisez quand vous avez des coups de blues. Parce que l'écriture d'un livre étant un chemin long et parfois douloureux, des coups de blues, il y en a quelques-uns quand même. Ça, c'est important.

Aurore Vasselin-Lesca — En fait, ça spoil trop.

Ybelion — Tu le gardes. Tu me le montreras quand j'aurai lu.

Aurore Vasselin-Lesca — Oui, carrément. Des fois, c'est un peu rigolo de voir ça de voir les réactions et tout. Ah si. Oui. Mais franchement, c'est un truc de fou. Sans dire les prénoms, en fait, il y a deux personnages qui sont des amis très complices, etc. Mais on ne connaît pas trop la nature de leur relation de base parce que je laisse un peu de mystère autour. Et en fait, elle pense que ils ont failli avoir un bébé ensemble. Et dans ma tête, je suis en mode « Ah, mais non ! » Ça ne va pas.

Ybelion — Et il y a tellement d'étapes entre l'amitié complice et le bébé ensemble quand même.

Aurore Vasselin-Lesca — Oui, mais c'est rigolo parce que du coup, je suis en mode « Mais pourquoi t'as pensé ça ? »

Ybelion — Finalement, c'est aussi que tu laisses de la place au lecteur, tu vois. Il se fait ses propres interprétations.

Aurore Vasselin-Lesca — Oui, complètement. Et c'est ça qui est rigolo aussi. Et pour ça que moi, j'aime bien aussi demander les chouchous aussi des personnes parce qu'en fait, à chaque fois, c'est des gens différents. Alors, il y a des fois des prénoms qui reviennent un peu plus souvent que d'autres. Mais il y a quand même une belle variété quand même de chouchous. Et je trouve ça cool.

« Les cases sont mouvantes »

Ybelion — C'est cool. Et ça, tu vois, je trouve que ça rejoint un peu ce qu'on disait au tout début. Le fait de préparer ces personnages et là, en l'occurrence, toi, tu leur as rattaché des profils très spécifiques, etc. Ça en devient, c'est toute la théorie des archétypes en fait, ça marque les gens et tu te reconnais beaucoup. Et être parfois archétypal, je crois comment on pourrait dire, en tout cas, se reconnaître, c'est pas forcément négatif, tu vois. Au contraire, quelqu'un qui agirait de manière, tu pourrais pas vraiment le mettre quelque part, c'est presque bizarre, tu vois.

Aurore Vasselin-Lesca — Mais il serait pas cohérent. En fait, on ne croirait pas. On se dirait que c'est quelqu'un qui, ouais, qui a pas assez de substance, du coup, pour tenir de A à Z. Alors après, évidemment, un personnage évolue, mais il faut que ce soit toujours cohérent. c'est ce que je dis souvent aux gens qui n'aiment pas trop le MBTI, parce qu'ils se disent, ah, c'est mettre les gens dans les cases. Et en fait, ce que je dis à part entre quelqu'un, c'est que les cases, elles sont mouvantes. De toute façon, on met tout le monde dans des cases. Par exemple, un exemple hyper concret, on a des meilleurs potes, des amis proches, des amis, des copains, on a des connaissances appréciées, des connaissances, bref, on catalogue de toute façon les gens. L'important, c'est de ne pas considérer les cases comme fixes. Et l'important, c'est de voir que les cases, elles peuvent se mouvoir, elles peuvent évoluer. Un personnage qui va être archétypé comme un méchant, en fait, non, peut-être pas. En fait, ça peut changer dans le temps. Il y a des... C'est parce que c'est humain, en fait, de changer. On change constamment. Changer n'est pas négatif, ce qu'on entend souvent. Oh, t'as changé, etc. Mais en fait, non, j'ai évolué. Et c'est pas pareil pour moi, cette notion-là. Parce que, du coup, il y a une évolution, des fois, qui est logique, en fonction du vécu, de la personne, etc. Et pour les personnages de livres, c'est la même chose, en fait. Et il faut qu'on comprenne les évolutions par rapport à leur vécu, leur émotion, etc. Et s'il n'y a pas, et que, vraiment, il y a un vrai changement de A à Z pour caricaturer un personnage qui est introverti qui va devenir d'un coup extraverti, on ne va pas comprendre. En fait, oui, là, c'est problématique. Mais s'il y a une évolution d'ouverture progressive, etc., ça change beaucoup les choses. Et là, on y croit. Et on va se dire, en disant, qu'on s'identifie, en fait, à ces personnages-là qui évoluent, parce que nous-mêmes, on évolue.

Ybelion — Oui, tout à fait. Et en plus, t'as le double niveau d'évolution, c'est-à-dire que t'as l'évolution du personnage en lui-même. Tu vois, il vit des trucs, il évolue. Et toi, t'as ton regard sur la personne qui évolue aussi. En fonction de... Et c'est toujours le rapport à garder un esprit critique, à s'interroger, à être curieux, tu vois. Oui. Et tu vois, typiquement, moi, ce que j'aime bien aussi dans certains bouquins, alors j'ai pas d'exemples qui me viennent en tête là, mais c'est des bouquins que tu peux lire à un moment et tu les relis peut-être cinq, six ans après. Et là, t'as un niveau de lecture qui change totalement et tu l'interprètes pas de la même manière. Et ça, ça veut dire aussi que derrière, t'as de l'humain qui est mis dans le livre, tu vois. Et c'est ça, tu le ressens fort. Comme tu dis, on évolue, donc notre vision aussi de tout ça évolue. Et les cases sont bonnes, effectivement, c'est ça. Une fois que t'acceptes ça, les cases bougent, quoi. Et les étiquettes changent, etc. Et ça te permet aussi de mieux comprendre. C'est vrai que naturellement, tout de suite, notre cerveau est construit comme ça. Tu vois quelque chose, tu paf tout de suite, tu mets une étiquette dessus. Après, il faut juste avoir l'honnêteté intellectuelle quand tu découvres ce que c'est de parfois changer l'étiquette, quoi.

Aurore Vasselin-Lesca — Ouais, totalement. Exactement ça. Et pour un bouquin, ça s'applique doublement.

Ybelion — c'est clair. Est-ce que je peux encore t'embêter un peu ? Oui,

Aurore Vasselin-Lesca — bien sûr. Non, je n'ai pas compris.

Nocturnes de 23h à 5h et semaine de quatre jours

Ybelion — Ce que j'ai cru comprendre, du coup, tu t'as fait à côté aussi. Comment tu fais, du coup, pour t'organiser quotidiennement entre ton travail, ton écriture ?

Aurore Vasselin-Lesca — En fait, moi, déjà, je suis à aujourd'hui 90%. C'est-à-dire que j'ai une après-midi off par semaine. Donc là, par exemple, en ce moment, j'ai consacré, du coup, à mes projets d'auto-édition et parfois à du repos. Sur mon repos, j'essaye maintenant parce que ce n'est pas facile en auto-édition de se reposer, de prendre le temps et de se forcer à se reposer parce que des fois, je travaille le samedi, voire le dimanche aussi parce que le samedi, des fois, j'ai des dates de dédicaces. Donc du coup, des fois, c'est un déplacement, ce n'est pas forcément juste à côté de chez moi. Donc ça peut me prendre vraiment toute une journée entière. Et du coup, des fois, j'ai quand même besoin d'avoir cet après-midi pour couper, pour me dire « vas-y, je prends du temps pour moi et ça va me faire du bien ou du temps pour mes projets, pour répondre à des mails, faire des corrections, faire pas mal de choses, etc. par rapport à tout ça, de la com, de la promo. Et souvent, moi par contre, j'écris plutôt la nuit ou le soir en tout cas. Là, pour le tome 3, j'essaye de me mettre un peu une routine des objectifs où je prends un petit rythme de, le soir, quand je rentre du boulot, je décompresse. Après, derrière, je mange, tout ça, on regarde une série avec mon mec. Et en fait, on regarde un épisode et pas plus. Comme ça, après, tu vois, moi je me mets sur ma réécriture. j'écris une à deux heures le soir pour essayer de faire au minimum une scène. Parce que chez moi, je parle en scène à l'intérieur de chapitre par session. Et après, je fais aussi des nocturnes plutôt le week-end. J'essaye, quand j'ai des week-ends où je suis chez moi, j'essaye de me faire une nocturne. C'est-à-dire que j'écris de 23 heures à 4-5 heures du mat pour essayer d'aller un petit peu plus vite. Parce que moi, je suis très inspirée par la nuit. Et du coup, forcément, il faut que ce soit quand je suis chez moi parce qu'après, je fais grâce matinée. ça me coûte un petit peu le reste quand même. Mais moi, ça me convient très bien. Mais par contre, à partir du 1er octobre, je sens que j'ai besoin de plus de temps. Notamment pendant les périodes de promo. Par exemple, pendant les périodes de précommande, de préparation à ce niveau-là ou de sortie. Là, j'ai besoin d'avoir une nouvelle après-midi-off. Du coup, je serai à 80% avec deux après-midi-off par semaine parce qu'en fait, j'en ai besoin pour m'organiser pour plein de trucs. Pour plein, plein de trucs. Et je me rends compte que sinon, je bosse constamment. Oui. Et ce n'est pas bon parce que du coup, après, tu froules quand même le burn-out. Et après, tu n'es pas concentré non plus sur ton travail alimentaire. Et en fait, moi, je veux faire bien les choses. pour moi, c'est essentiel d'avoir aussi du temps libre là-dessus. Et en plus, je sais que... Moi, je suis très partisane de la semaine de 4 jours pour tout le monde. même ceux qui n'ont pas forcément une passion chronophage, etc. Parce que je pars du principe que sur un temps plus court, tu es beaucoup plus concentré et productif. Tu n'as pas forcément besoin de bosser plus pour atteindre en fait tes objectifs. Et du coup, je sais qu'en passant à 80%, je ne vais pas bosser moins pour mon travail alimentaire. Je vais être plus concentré justement pour mon travail alimentaire parce que je sais que j'ai ces moments-là pour penser à autre chose, pour penser à mon autoédition et tout. Du coup, c'est des pensées qui vont moins m'assaillir pendant que je travaille pour mon boulot alimentaire. Donc là-dessus, je sais que j'ai la chance d'avoir... de bosser avec des gens qui sont hyper compréhensifs de ça et qui m'encouragent du coup à le faire et qui sont dans le même état d'esprit que moi. Donc je profite de cette chance.

Ybelion — C'est trop cool en vrai. C'est une très bonne... Tu fais de très bonnes réflexions. Il y a déjà le fait de dire OK, il y a un moment, il faut manger, il faut vivre. Donc il faut accepter qu'il y a du temps impératif qui est consacré à autre chose que ta passion. Et ensuite, sur tout ce temps libre, effectivement, s'interroger sur OK, qu'est-ce que j'ai envie d'accomplir dans ma vie ? Donc c'est là que tu te connectes. Tu vois, l'exemple que tu as donné, il me parle beaucoup le coup de OK, regarder une série. Tu vois, c'est un moment que tu partages avec ton chéri, donc c'est important. Et ensuite, quand même, tu arrives à mettre une limite en disant en fait, que je nourris pas. Et moi, je me suis perdu pendant très longtemps là-dedans, tu vois. Et tu dis toujours j'ai pas le temps, j'ai pas le temps. La vérité, c'est que quand tu passes ton dimanche à regarder une série sur Netflix, le temps tu l'as, tu vois, juste tu l'organises pas bien, tu vois. Et ça, ça a été une prise de conscience.

Aurore Vasselin-Lesca — C'est peut-être révélateur que du coup, tu prends pas assez de temps pour toi.

Ybelion — Exactement. Et c'était extrêmement douloureux comme prise de conscience de se rendre compte qu'en fait, c'était ma faute, tu vois. La gestion du temps, elle venait, en tout cas, j'étais responsable et j'avais la maîtrise dessus, tu vois. Et ça, c'est très beau. Et puis, le côté repos, moi, me touche beaucoup parce que depuis pas très longtemps, moi, j'ai quitté tout le travail un peu plus classique. Et effectivement, quand t'entreprends dans des choses qui te passionnent, couper, c'est extrêmement compliqué. C'est vraiment quand ça t'appelle, c'est dur de mettre un moment, un stop en disant n'oublie pas qu'une voiture qui ne s'arrête jamais, elle tombe en panne, tu vois. Et donc, ouais, c'est important de, au milieu de ces temps passion, de ces temps impératifs, en fait, dans l'impératif, il y a le ne pas mourir, tu vois. Et donc, ne pas oublier de manger, de dormir, de faire du sport. On voit là qui est grosso modo la triptyque qui te permet d'être bien, tu vois. Et si aussi le rajouter du temps avec ses proches, etc.

Aurore Vasselin-Lesca — Ouais, et ça, c'est important pour un équilibre et je pense que c'est ça qui est le plus difficile quand on est auteur de manière générale et surtout quand on s'auto-édite parce qu'il y a encore plus de taf, c'est de trouver cet équilibre entre le travail alimentaire quand on n'a pas le choix d'en avoir un, le travail passion et après, le côté perso et qui n'est pas à négliger et à côté du perso, il y a aussi toi-même, prendre soin de toi et en fait, on a tendance, comme tu dis, à oublier et c'est vraiment pas simple de se forcer à le faire, de prendre conscience, de comprendre que si on prend du temps pour nous à un moment donné, en fait, si on ne culpabilise pas, après derrière, on est productif alors que si on culpabilise, on ne va pas vraiment se reposer, en tout cas pas à 100% et moi, je l'ai compris assez récemment suite à la campagne de précommande du tome 2, c'est que du coup, je bossais constamment et je culpabilisais dès que je ne bossais pas sur mes projets sur mon temps libre. Et en fait, du coup, je ne me reposais jamais, même quand des fois, j'avais un trop-plein. Du coup, quand tu as un trop-plein, tu sais que c'est déjà trop tard en fait, que tu ne vas pas récupérer de l'énergie par ce trop-plein parce que tu es arrivé à un stade où si tu t'arrêtes, tu ne récupères pas cette énergie-là et finalement, effectivement, là, tu perds de l'énergie pour rien, entre guillemets. Alors que si tu t'arrêtes à temps, en fait, après derrière, tu ne culpabilises pas et après derrière, tu es encore plus productif et ça, j'ai compris vraiment que très récemment, je n'aurais pas du tout eu le même discours il y a un an, par exemple. J'aurais été plutôt dans la négation, le déni. Le, il faut y aller, il faut y aller, il faut faire bosser tout le temps.

Ybelion — ça, après, tu vois, c'est la notion de driver, je ne sais pas si ça te parle et ça, c'est le fait des efforts, tu vois, qui parle en disant, en fait, pour atteindre de grandes choses, il faut travailler et donc, moins je travaille, moins j'atteindrai de grandes choses sauf que quand tu dis ça, tu oublies un truc, c'est ce dont en plus tu as évoqué tout à l'heure, c'était le côté efficace, tu vois, travailler beaucoup ne veut pas dire que c'est qualitatif et parfois, en fait, faire un break et dire, ok, au lieu de travailler 6 heures, je vais bosser 4, et me reposer le reste du temps, en fait, c'est bien, bien plus efficace. Mais c'est un équilibre, tu vois, je pense qu'en plus, ça change en fonction des périodes de vie et il faut toujours, mais c'est intéressant de se réinterroger assez souvent sur ça et de faire toujours les choses en conscience, de ne pas laisser l'autopilote parfois dans lequel on s'enferme, diriger, et d'ailleurs, c'est vrai quand tu écris un bouquin, tu vois, se reconnecter à ce que tu as envie de raconter, c'est quoi l'intention, quel message tu veux faire passer, parfois, ça te permet de prendre un peu de recul aussi de dire, ok, attends, là, je suis en train peut-être de m'éloigner un petit peu, quoi. Ouais,

Aurore Vasselin-Lesca — je suis d'accord.

Les Patates Filantes : sans elles, pas d'auto-édition

Ybelion — Et c'est... Ah, j'ai oublié, j'ai oublié. Et si, voilà, c'était ça que je disais parce que du coup, j'ai échangé avec Manon, avec Élise, donc le groupe des patates filantes, si je ne me trompe pas, j'ai senti que ça avait une grande importance pour elle. Comment ça t'a aidé, tu vois, d'être entouré et donc de te sentir peut-être moins seul aussi dans cette aventure encore plus auto-édité ?

Aurore Vasselin-Lesca — Déjà, ça m'a permis de m'auto-éditer.

Ybelion — Ah, c'est beau, ouais.

Aurore Vasselin-Lesca — Bah ouais, parce que sinon, en fait, tu ne sais pas comment ça marche, etc. Tu ne sais pas quelles sont tes options qui s'offrent à toi et discuter avec des gens qui connaissent en fait les mêmes questionnements, plus ou moins, parce que des fois, il y a quand même des petites variantes. en fait, c'est important pour après savoir ce qui te plaît à toi et c'est vrai que moi, avant d'arriver sur Instagram et de parler avec des gens qui écrivent, moi, je ne connaissais personne qui écrivait, du coup, je vivais ça solo dans mon coin, en mode ma petite passion et puis voilà. Et en fait, après le Covid, il y a eu tellement de gens qui se sont mis à l'écriture qu'en fait, il y a eu un choix aussi énorme de personnes avec qui discuter et moi, je suis arrivée sur Instagram juste après le Covid au final, parce que c'était en... Attends, j'ai rencontré les patates... Ouais, c'était quand même un petit peu après le Covid quand même. Enfin, c'était pas juste après, tu vois, le préconfinement, les trucs du genre, il y a eu un peu de temps quand même qui a passé mais parce que là, avec les patates, on se connaît depuis plus de trois ans. Ouais, un peu plus de trois ans et du coup, j'étais arrivée sur Instagram genre cinq mois avant, tu vois, à peine, même pas. Donc, ça fait, ouais, ça fait presque quatre ans que je suis sur Instagram mais du coup, ouais, ça m'a aidée déjà pour avoir aussi d'autres points de vue aussi, comprendre que ce qu'on fait nous, bah, soit les autres le font aussi, soit ils font pas pareil et c'est pas grave, au contraire, c'est à force et c'est vrai que, bah, on se sent compte, parce que, bah, on peut parler des choses qui nous traversent et ça, c'est important. Alors après, avec les patates, moi, c'est aussi un schéma un peu différent quand même parce que, il y en a aucune qui s'auto-édite ou qui veut s'auto-éditer mais du coup, au moins, j'ai leur point de vue à elle et ça, c'est aussi hyper enrichissant de pas rester enfermée dans ce qu'on connaît et du coup, elle me montre plein d'autres points de vue, du coup, et ce qui est trop cool, du coup, de le savoir mais parfois, des fois, on peut se dire, ouais, mais du coup, des fois, je me sens un peu seule en fait avec mon auto-édition et tout, surtout qu'on est quand même très proche et du coup, j'ai commencé aussi à un peu plus discuter avec des auto-édités et j'ai eu récemment des coups de cœur amicaux d'ailleurs au printemps dernier avec des personnes avec qui je discute déjà sur Instagram depuis longtemps mais où on s'est vus et en fait, ouais, c'est facile du coup, c'est plus facile parce qu'en plus, c'est des personnes qui ont les mêmes valeurs donc là, comme les patates, en fait, on a les mêmes valeurs du coup, forcément, il y a de l'amitié qui est possible mais là, il y avait un truc en plus, c'est que on pouvait parler d'auto-édition sans avoir à expliquer, à mettre de la pédagogie, alors pédagogie, pas dans le sens négatif, dans le sens où on va mettre de l'énergie pour vouloir expliquer aux gens qu'on aime, on a envie qu'ils comprennent mais c'est juste que des fois, ça fait du bien de ne pas avoir besoin même d'expliquer, de comprendre d'un coup et moi, j'encourage les gens à, d'un côté, ne pas rester qu'avec des gens qui font la même chose qu'eux parce que sinon, on est bloqué dans notre microcosme et on n'en sort pas et d'un côté, d'avoir aussi des gens qui vivent aussi les mêmes choses pour se sentir des fois pas seul, se dire que, bah, on ressemble à d'autres et on est aussi nous-mêmes et différents de d'autres et du coup, ça fait un tout qui est assez unique pour nous et c'est pour ça que c'est des amitiés qui sont très complémentaires à ce niveau-là et qui font du bien et qu'on peut apprécier justement parce que on a les deux côtés parce que sinon, je pense que c'est pas facile d'avoir qu'un seul côté donc voilà, je pense qu'il faut trouver l'équilibre là-dessus et avoir des personnes en qui on a aussi les mêmes valeurs parce que dans l'écriture, tout est politique donc si on n'a pas les mêmes valeurs, pareil, ça ne va pas matcher non plus même si on s'auto-édite, c'est pas pareil. C'est clair. Ça ne fait pas le même rendu quoi. Mais voilà, moi je conseille aux gens qui se lancent de créer des amitiés effectivement, alors ça ne se fait pas comme parce qu'on le veut, des fois ça le fait parce que ça nous tombe dessus, on ne devient pas amie parce qu'on a envie de devenir amie avec la personne, on ne devient parce qu'on a des liens et on a des choses qui nous relient entre nous et ça, ça ne se choisit pas et ça ne se gère pas, l'amitié nous tombe dessus, clairement.

Ybelion — Mais c'est pour ça, tu vois, qu'en fait, c'est important de partager sans arrière-pensée, juste de partager et ce mécanisme-là fait que naturellement il va se passer des trucs que tu n'as jamais prévus. Tu vois, tu parlais des plans tout à l'heure, c'est exactement ça. En fait, il faut se mettre en action, en mouvement et c'est aussi simple que simplement dire bon bah ok, je vais écrire, je vais partager, je vais discuter et c'est là que naissent des choses exceptionnelles que tu n'aurais jamais pu prévoir et toujours les plus belles histoires sont des trucs que tu n'envisages pas. et effectivement, ce n'est pas comme tu regardes sur Instagram et puis tu dis à cette personne, je vais être amie avec toi à partir de maintenant. Malheureusement, ça ne marche pas comme ça. Et c'est ça, mais en même temps, c'est pour ça que c'est aussi beau. quoi. Et je t'envoie en... Ouais,

Aurore Vasselin-Lesca — c'est bien aussi parce que tu vois, les patates, c'est un bon exemple parce que c'est un concours de circonstances, un message de la part d'Élise qui dit bon, on va s'entraider qui est chaud et en fait, on arrive toutes les cinq qu'on ne se connaît pas du tout et en fait, on commence à parler et en fait, tu te rends compte que ça dépasse même le point commun de l'écriture parce qu'après, on parle de nos vies, enfin, il n'y a pas de limite en fait là-dessus et c'est ça qui est enrichissant aussi et que, ouais, avoir des amitiés en écriture, c'est important, c'est bien aussi d'avoir des amis hors écriture, évidemment, parce que ça nous fait aussi parler d'autres choses aussi, c'est bien et découvrir des nouvelles choses et je pense qu'on n'en a jamais assez mais effectivement, ça fait du bien d'être compris et ça booste parce que ça donne envie en fait d'accomplir, de réaliser ce qu'on veut et les autres en fait nous encouragent à le faire et c'est vrai que toute seule, sans ce point de vue-là, peut-être que j'aurais continué à écrire ma saga juste pour moi ou mes potes mais que j'aurais peut-être pas voulu le montrer à plein d'autres gens et des inconnus. J'aime beaucoup,

Ybelion — beaucoup ce message de dire que c'est aussi par le partage que tu connais le courage d'aller encore plus loin et moi je suis très sensible à ça, on est des êtres entre guillemets solitaires, on est tout seul tu vois, on est tout seul et en fait c'est par le groupe tu vois, qu'on est poussé à faire encore plus grand et ce qui élève le groupe qui est autour de nous et etc. et ce cercle vertueux dans lequel on grandit comme ça en s'accompagnant moi ça me touche beaucoup je trouve que c'est ça s'il y a parfois un seul conseil à donner c'est ça tu vois c'est oser partager oser demander de l'aide oser demander des conseils bref voilà ouais

Aurore Vasselin-Lesca — et ça c'est important cette dimension individuelle et collective il faut un mélange des deux on peut pas oublier l'un ou l'autre sinon il nous manquera quelque chose forcément et tu vois c'est une des thématiques un peu cachées que j'interroge aussi tu vois dans ma saga cette distinction entre l'individu et le collectif bah tu vois dans le tome 1 c'est que des individus qui découvrent donc ils sont très focalisés sur eux-mêmes dans le tome 2 c'est plus les relations qu'on commence à tisser dans un cercle restreint et en fait dans le tome 3 bah on interroge on remet en question même les relations etc. enfin on remet en question un peu ce qu'on veut aussi pour nous-mêmes après avoir rencontré les gens donc tu vois il y a un petit retour en arrière et après dans le tome 4 hop c'est une ouverture d'esprit plus grande et de comprendre sa place au sein du collectif au sein du monde quelle est la place qu'on veut prendre et quelle est la place qu'on est capable aussi de prendre etc. et en fait cette dimension là je l'interroge vraiment avec chaque tome de ma saga parce que c'est un truc qui m'intéresse beaucoup parce que finalement je l'ai vécu aussi en arrivant dans l'âge adulte parce que quand j'ai eu 18 ans bah je suis partie de vivre toute seule dans une nouvelle ville où je repartais en fait à zéro donc la découverte bizarrement j'ai fini le tome 1 à ce moment là après j'ai un peu plus creusé les relations et là j'étais en plein dans mon tome 2 et dans le tome 3 là je me suis un peu repliée sur moi-même parce que j'ai vécu des fois des trucs plus sombres et du coup bah j'ai réinterrogé vraiment ce que je voulais que ce soit par rapport aux autres ou par rapport à mon individualité et je sais que le tome 4 bah ça va être cette réouverture tu vois vers le monde qui m'attend parce que bah là j'ai un peu j'ai eu un petit peu ça à une période de ma vie mais là je suis un peu retombée dans le côté un peu truc pas cool qui nous arrive et qui nous fait nous remettre en question etc et bizarre je suis dans ma réécriture de ton point

Ybelion — la vie est bien faite

Aurore Vasselin-Lesca — comme c'est bizarre et je sais qu'après une fois que j'aurai fini ça je sais que je m'en serai sortie aussi parce que des fois on prend ça prend du temps de sortir de certaines choses sur nous-mêmes et je sais que le tome 4 arrivera à point nommé et c'est ça qui me fait intéressant aussi dans la démarche d'écrire et de renvoyer ce qu'on vit nous en tant qu'auteur dans notre écriture et après d'en faire ce qu'on en fait en termes d'intrigue etc il y a toujours des liens avec nous-mêmes

Heroes, Inception, Now You See Me et la mythologie

Ybelion — toujours c'est une réexploration de son propre intérieur et c'est ça qui est magnifique dans l'acte d'écrire d'autant plus quand tu le fais aussi pour toi et sur une saga qui te tient autant à coeur et j'ai une dernière question et après je te libère promis sur ta saga du coup pour je sais que tu l'évoques un peu sur ton site mais tu m'as dit du coup qu'il n'y avait jamais tu n'avais jamais pu avoir de livre ou de série préférée parce qu'il manquait toujours un truc est-ce que tu pourrais faire un petit panorama du coup des 2, 3, 4 préférées peut-être qui t'ont inspiré et qui se auxquelles on pourrait peut-être comparer ta saga sans faire de comparaison de valeurs ou quoi que ce soit mais

Aurore Vasselin-Lesca — c'est un univers ma série préférée de tous les temps où j'aurais voulu qu'il y ait un livre c'est la série Heroes la série des années 2010

Ybelion — tu m'as remis cette série en tête et j'y ai repensé en regardant j'étais là putain c'est vrai

Aurore Vasselin-Lesca — et là je me la suis refaite là hyper récemment pour me mettre dans l'ambiance réécrition du tome 3 et franchement c'est un délice toujours j'adore leur traitement des personnages le réalisme aussi que la série peut donner parce qu'en termes de colorimétrie rien que ça en fait t'y crois t'as l'impression que c'est arrivé et t'y crois t'as pas des pouvoirs un peu bizarres t'as des trucs qui c'est cohérent en fait et tu vois si ça nous arrivait à nous dans notre monde bah en fait ce serait pas si étonnant tu vois ça pourrait très bien aller et moi c'est exactement ce que je voulais faire cette dimension là avec ma saga c'est qu'on puisse y croire et que ce soit pas juste de la magie en mode show off en mode too much je voulais que ce soit parfois très discret et des fois bah t'as des pouvoirs comme dans Heroes où c'est très discret ça ne se voit pas ça se ressent j'ai beaucoup ce parti pris là et d'avoir beaucoup de personnages d'avoir ce côté cinématographique parce que moi en plus comme je suis une passionnée de cinéma de séries même d'audiovisuel en général j'adore jouer avec l'image et bah en fait j'ai une écriture assez cinématographique donc du coup pour moi c'est un peu le enfin la comparaison la plus qui se rapproche le plus de mon univers et après derrière il faut rajouter des trucs qui moi me portent à coeur moi je rajouterais mon film préféré c'est Inception ok je suis très portée sur les rêves de manière générale quand j'ai été même étudiante j'en ai fait un peu une passion et je m'entraînais même à rêver

Ybelion — j'ai eu cette phase aussi

Aurore Vasselin-Lesca — et ça c'est génial mais ça s'entraîne et ça se perd

Ybelion — ouais c'est clair

Aurore Vasselin-Lesca — ça peut se retrouver il y a des techniques qui existent et du coup j'étais à fond là-dedans et moi Inception j'adore parce qu'en plus il y a de l'action il y a vraiment des scènes d'action il y a du rêve il y a pas mal de personnages et le traitement est très bien fait sur la psychologie il y a beaucoup aussi de symbolique et ça c'est des choses qui me parlent énormément moi j'ai été bercée aussi aux films d'action aux films où il y a des symboliques et en fait c'est pour ça que dans mon écriture j'ai beaucoup de métaphores aussi parce que pour moi une métaphore c'est pas juste pour faire joli pour moi derrière c'est un sens pour mieux comprendre par exemple une émotion mieux comprendre une situation un rôle d'un personnage etc et pour moi je trouve que Inception le fait très bien quand on creuse un petit peu tout ça et puis les rêves de toute façon il n'y a pas un seul tome où il n'y a pas à un moment donné un rêve direct c'est qu'il y a un truc bizarre mais voilà et sinon après dans mes inspirations évidemment j'ai été inspirée de l'univers d'Harry Potter alors par contre qui est maintenant très problématique par rapport à son autrice ça me fend le coeur qu'elle soit devenue comme ça je ne comprends pas mais je ne peux pas ne pas parler de cette saga parce que ça a été ma saga coup de coeur quand j'étais ado

Ybelion — on était fin 95 on a quasiment l'âge des héros au moment où ça sort effectivement je partage totalement ton avis mais c'est vrai que c'est impossible de retirer l'impact que ça a encore aujourd'hui

Aurore Vasselin-Lesca — donc c'est pour ça qu'à chaque fois que j'en parle je remets en contexte c'est que c'était mon ressenti de l'époque alors évidemment j'ai toujours un attachement mais je ne vais plus acheter je n'ai plus donner de l'argent à cette personne mais par contre oui sur le côté urban fantasy clairement on était en plein dedans la magie qui s'inscrit dans notre monde avec pas mal de personnages du fin de famille et le fin de famille pour moi est très cher à mon coeur et c'est vrai que cette saga le mettait beaucoup en avant sur la famille vraiment qu'on se créait et ça pour moi c'est une thématique que je veux qu'on retrouve en fait dans mes livres et quand les chroniqueurs quand les avis de lecture etc sortent et que je vois qu'ils me disent c'est un vrai fan family là dedans je suis en mode ouf trop bien cool j'ai eu l'effet excompté donc ça fait plaisir alors que pourtant des fois pour un premier tome des fois fan family ils commencent à peine donc des fois tu ne te sens pas beaucoup mais du coup je suis en mode bon bah la suite devrait leur plaire alors c'est bien mais ouais il y a cette saga là qui est évidemment là même sur la présence de la magie etc ça fait ça envoie du rêve et après sinon ouais j'ai un peu plus de mal à trouver après si je peux plocher un petit peu du côté du film alors en français c'est insaisissable en anglais c'est Now You See Me ça j'adore c'est mon deuxième film préféré après Inception mais pour le côté illusion et bon c'est pas un spoiler pour personne un des personnages principaux de Sobdon manipule les illusions et du coup ce film m'a énormément inspiré sur les scènes même d'action j'ai beaucoup appris des scènes d'action grâce à ce film là et ce côté aussi très mystérieux le côté on met des indices depuis le départ et en fait à la fin t'as le plot twist et t'es là c'était là c'est putain j'avais pas vu

Ybelion — et tu vois tout je suis d'accord

Aurore Vasselin-Lesca — et quand tu le revois tu te dis mais comment j'ai pas pu me revenir et ça j'avoue que j'adore et après sinon dans les dernières choses mais c'est pas du tout des films des séries ou des livres c'est la mythologie

Ybelion — et l'histoire

Aurore Vasselin-Lesca — clairement moi je suis une férue de mythologie et d'histoire surtout du coup de l'antiquité et de la renaissance et d'ailleurs je projette un jour de faire un spin-off sur la renaissance voir des petits sub-down au moment de la renaissance et du coup avec d'autres personnages etc bon là ce sera un gros taf et tout de mes présentations mais j'avoue que je suis très inspirée aussi par tout ça et c'est pour ça que dans ma saga il y a beaucoup de métaphores mythologiques des parallèles plutôt que plus que des métaphores finalement mais des fois ça se mélange un petit peu où en fait des fois je vais comparer des situations à de la mythologie et à la place de chacun et je sais que chaque personnage pour moi a des fois des rôles et parfois peut prendre des fois des visages qui ressemblent à des gens de la mythologie Ariane c'est dans son prénom clairement le parallèle il est là donc dès qu'il y a Ariane vous aurez des métaphores sur le labyrinthe etc sur même l'histoire d'Ariane mythologiquement parlant il y a aussi des petites références surtout dans le tome 2 donc pour les gens qui l'ont lu je pense que vous savez de quoi je parle mais du coup il y a forcément des références mais il y a d'autres personnages qui ont aussi un peu leur penchant mythologique qui des fois peut changer il y en a qui en ont plusieurs je ne veux pas dire lesquels parce qu'hormis Ariane les autres ça spoil de fou mais de toute façon ça donne un niveau d'lecture différent et qui vient enrichir encore le récit de tout ça et historiquement parlant oui je m'en inspire aussi beaucoup plus pour le lore des sub-down j'adore ça et du coup il y a forcément des références historiques par rapport à tout ça j'en dis pas plus non plus c'est juste pour intriguer

Ybelion — franchement ça marche bien ça marche bien j'aime bien le panel ça me parle beaucoup c'est très vaste et je pense que c'est pour le coup un très bon exercice pour se rendre compte de l'univers dans lequel on va on va grandir

Aurore Vasselin-Lesca — ouais et puis de s'en rendre compte de ce qui nous a inspiré et du coup dès qu'on a besoin de cette inspiration bah des fois ça fait du bien tu vois de se replonger dans ce qui nous a inspiré moi je sais que tu vois pour écrire mon tome 3 pour me lancer bah j'ai re-regardé la série Heroes pour bien démarrer et que l'inspiration elle revienne parce que je suis dans un environnement inspirant alors que tu vois je sais que je dois regarder la saison 2 de The And The Maze Tale clairement c'est pas le moment parce que là ça va me couper l'inspiration et ça va pas du tout être dans la même vibe et je trouve qu'en tant qu'auteur de savoir ce qui nous inspire le plus et où ça marche c'est important pour l'utiliser après derrière pour parce que l'inspiration elle nous tombe pas du ciel clairement pas elle nous vient de plein de choses et des fois c'est du hasard et du coup bah des fois on se dit oh bah là j'ai eu un pic d'inspiration je m'y attendais pas oui mais quand même souvent on peut aussi la provoquer et ça se provoque aussi en connaissant nos propres inspirations qu'est-ce qui nous fait nous sentir bien nous mettre en condition par rapport à ça sans copier évidemment mais justement je trouve que le jeu il est un peu intéressant des fois tu vois de voir tu regardes ta série preff et en fait après tu te dis ouais là j'ai moins aimé leur traitement de cet aspect là comment je peux faire mieux

Ybelion — c'est ça exactement de faire de devenir aussi un consommateur un peu conscient quand quelque chose te plaît de dire ok pour quelle raison ça m'a plu et quand quelque chose te plaît pas de faire l'inverse et c'est vrai que ça c'est très c'est très inspirant et là t'es en apprentissage tu vois

Aurore Vasselin-Lesca — ouais complètement et c'est pour ça qu'après voilà tu perfectionnes un peu tes capacités de storyteller clairement parce que là tu parles même pas de la forme là tu parles du fond et c'est vrai que c'est ça qui est intéressant ouais c'est vraiment de prendre ce recul sur sa propre écriture et de voir aussi nos forces nos faiblesses derrière ça peut jouer aussi et en fait on comprend que nos forces elles viennent pas de nulle part et nos faiblesses non plus moi je sais que je suis moins bonne dans par exemple les dialogues c'est un peu c'est pas mon point fort les dialogues donc c'est souvent quelque chose qui me demande plus d'effort à faire mais en fait c'est parce que moi je fonctionne beaucoup à la vibe quand il y a des musiques etc j'écoute pas les paroles enfin quand il y a une série etc je m'en fais emporter par la vibe et des fois je peux arrêter une série juste parce que la colorimétrie me met mal à l'aise ou l'ambiance me met mal à l'aise c'est possible donc du coup je sais que cet aspect là va faire plus ma force alors que effectivement les dialogues vont être plus ma faiblesse donc je sais qu'il va falloir que je fasse plus d'efforts pour ça mais c'est pas grave parce que du coup on apprend à mettre son énergie au bon endroit et ça rejoint en fait ce qu'on disait sur être plus efficace et ça passe par une pleine conscience de ce qu'on fait on n'a jamais totalement conscience de tout mais il faut le faire au maximum non c'est ça

Ybelion — exactement faire les choses en conscience et c'est une très belle conclusion parce que je vais pas te déranger plus longtemps et franchement tu vois tu parlais d'inspiration sache que à titre personnel je me suis trouvée extrêmement inspirante donc merci pour tous tes partages Aurore et on en rediscute tu reviens quand tu veux pour parler de ça

Aurore Vasselin-Lesca — c'est très gentil merci beaucoup ça m'a fait très plaisir d'échanger et de parler de ce qu'on aime etc je trouve que ça booste ouais

Ybelion — c'est ça là j'ai envie de me mettre à écrire

Aurore Vasselin-Lesca — ouais

Ybelion — ça motive exactement et c'est vrai qu'il faut le part c'est vrai c'est vrai

Épisode 50 avec Aurore Vasselin-Lesca

AU MICRO AVEC

Aurore Vasselin-Lesca

Remets un disque

UN AU HASARD, ET LES DEUX D'À CÔTÉ

Ose Écrire, épisode 111

ÉPISODE AU HASARD · N°111

Discussion avec Isabelle Amiard

Épisode 111 avec Isabelle ! Et si écrire ton rêve te le faisait vivre avant même de le vivre ? Trois ans après la sortie de Comme une envie d'ailleurs , Isabelle me confie qu'elle ne ressent plus l'envie de partir en van avec sa fille. Pourquoi ? Parce qu'elle est déjà partie. Dans son livre. On parle de Morgane, son personnage qui rêve d'ailleurs et que les doutes rattrapent quand le van arrive devant chez elle. On évoque ce déclic d'une fille de 13 ans qui lui demande « mais pourquoi tu le fais pas ? » et qui change tout. On aborde le marché de Noël où 120 livres se vendent en un week-end, ce moment où l'on découvre qu'écrire impressionne et fait grandir. On explore son deuxième livre, 182 jours pour réaliser mes rêves , ce journal qui transforme un rêve en projet par des mini-actions quotidiennes, un tableau de visualisation et trois gratitudes par soir. On parle du Sahara avec sa fille, du pouvoir des mots qui guérissent autant qu'ils détruisent, des 1440 minutes qu'on a chaque jour à dépenser, et de cette lectrice qui a brûlé ses peurs comme Morgane le fait dans le roman. On découvre enfin pourquoi il n'y a pas de petits rêves, juste des rêves uniques qu'on incarne pas à pas, sans se sacrifier, sans sortir en force de sa zone de confort, et à n'importe quel âge.

Toi aussi, tu as une histoire à raconter ?

Les discussions du podcast sont ouvertes à celles et ceux qui osent. Viens partager ton chemin d'écriture au micro.

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