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Pochette de l'épisode 100 du podcast Ose Écrire

ÉPISODE 100SOLO29 MARS 202649 MIN

L'Ikigai ne se trouve pas, il se vit

Clarté · Identitéphilosophieintrospection
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FACE A — LES 18 CHAPITRES · CLIQUE POUR ÉCOUTER

Tu as déjà rempli les quatre cases de l'Ikigai ?

CE QUE RACONTE CET ÉPISODE

Ce qu'on aime, ce pour quoi on est doué, ce dont le monde a besoin, ce pour quoi on peut être payé. Quatre bulles de taille identique, une feuille, et l'idée qu'en cochant les quatre on trouverait sa raison d'être. Cette lecture-là me fait tiquer, parce qu'elle est à l'opposé de la philosophie que porte ce mot.

Premier point : on ne trouve pas son Ikigai. On se rend compte un jour qu'on commence à le révéler, et ensuite on questionne en permanence l'alignement.

Deuxième point, et c'est le plus important : le schéma est mal fait. Les quatre sphères sont mises sur le même plan alors que ce qu'on aime devrait être une grosse planète, avec les trois autres en satellites autour. Comme si quatre-vingt-dix pour cent de l'Ikigai, c'était ce qu'on aime faire.

Partir de là est plus difficile, je l'assume. Ça oblige à venir plaquer les autres sphères sur quelque chose qu'on n'a pas envie de tordre. Mais ce qu'on aime est tellement inscrit en nous que ça donne la détermination de l'action. Et l'action quotidienne, c'est ce qui produit la constance, la régularité, le rythme.

Dans cet épisode, je raconte aussi le billard à mille bandes qui m'a fait passer de l'ingénierie à l'écriture puis au coaching, coup par coup, sans jamais voir la trajectoire complète.

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Face B — le transcript

L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE

Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !

Tu cherches un passage précis ? La table d'écoute passe les transcripts de tous les épisodes au peigne fin.

L'Ikigai, façon Ybelion

Yo yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans le centième épisode d'Ose Écrire, n'est-ce pas magnifique ? Et aujourd'hui, épisode très particulier. Je parle d'Ikigai, et pas de manière scolaire, à la Ybelion style, si je pouvais dire quelque chose. Je vous laisse avec cette belle découverte et cette introspection, quelque part. Et je vous dis à très vite. Bonne écoute. Moi, c'est Sam, Ybelion de mon nom de plume. Je suis écrivain, coach, et j'accompagne celles et ceux qui veulent renouer avec leurs rêves d'écriture. T'écoutes un podcast dont l'intention est simple. Te donner inspiration, outils, motivation, discipline, bref. Tout ce qui peut te permettre d'oser écrire. En gros, c'est un peu dans le titre, quoi. Ose Écrire. Coucou les amis, bienvenue dans ce centième épisode. Enfin, trois chiffres, cent, c'est magnifique. C'est une très belle étape pour moi. Étape que je voulais, évidemment, atteindre. La prochaine sera peut-être, je sais pas, 250, 300, 500, j'en sais rien. Puis un jour, on atteindra 1000 et ça sera magnifique.

Et voilà. Aujourd'hui, épisode très particulier. Pourquoi ? Pour énormément de raisons. Déjà, le centième épisode. Ensuite, parce que j'ai pas de casquette. Et oui, qui dit centième épisode dit changement drastique. Non, non, non. Vanne à part, c'est aussi un épisode qui compte beaucoup pour moi. Parce qu'on va parler d'un sujet qui me parle énormément. Et qu'en même temps, je ne connais pas si bien. Vous allez voir pourquoi je dis tout ça. Ça va faire sens après. Pourquoi ce sujet ? Ce sujet, c'est l'ikigai. Ce concept japonais.

D'ingénieur englué à écrivain-coach

Peut-être un peu à la mode dans les quartiers bobos de Paris. Parfois un petit peu galvaudé. Mais qui, je pense, fait quand même énormément de sens. Et donc, c'est de ça que je vais parler.

Ce qui est marrant, c'est que je l'écrivais en fait dans le... Quand j'ai réédité mes deux livres qui, du coup, sont sortis début mars. Enfin, ressortis pour le premier et sortis pour le deuxième. J'avais refait, vous savez, l'avant-propos un peu. Ou à propos de l'auteur plutôt. Et j'expliquais globalement que depuis que j'avais commencé à écrire ce premier livre, il y avait énormément de choses qui avaient changé. Et notamment, ce que je faisais dans ma vie. Quand j'ai commencé à écrire mon premier livre publié. Parce que je le répète à chaque fois. Mais des manuscrits que je n'ai pas publiés. J'en ai quelques-uns à côté. Mais qui mériterait probablement que je les retravaille au regard du nouveau Sam. Parenthèse fermée. Quand j'ai commencé l'écriture de ce premier livre publié. Et j'étais encore ingénieur. J'étais encore... Cette image la fera sourire. Mais j'étais encore englué à ma chaise d'ingénieur. Et... Quand j'ai terminé aujourd'hui ces deux livres.

Bah, je m'appelle écrivain. Je dis, quand je me présente. Enchanté, Samuel, je suis écrivain. Ce que je ne faisais pas avant. Je suis aussi et surtout... Coach. J'accompagne les auteurs. De leur idée jusqu'au manuscrit terminé. Et... C'est fou de voir à quel point ma vie a changé. Entre ce premier livre. Le début de ce premier livre. Et la suite. Et donc, je disais dans cet avant-propos. Parce que, évidemment, je parle beaucoup. Mais je ne perds jamais le fil. Je disais dans cet avant-propos. Que tout ça avait énormément changé. Et que j'avais la sensation d'avoir mis le doigt sur mon ikigai. Et... Une coachée, en recevant mes livres. D'ailleurs, merci beaucoup de te les être procurés. M'a posé la question de... Mais en fait, comment j'avais fait pour trouver l'ikigai ? Alors, c'est de ça qu'on va parler aujourd'hui. Je vais vous parler de ce concept. Vous allez voir. Je vais vous en donner une définition un petit peu.

Mais sincèrement, la définition... Qu'importe un peu. L'important, c'est ce qu'on en fait derrière. Comment j'agis avec tout ça. Et qu'est-ce que ça peut signifier pour moi. Voilà. Donc... Peut-être un peu plus large que l'écriture. Je ne sais pas en fait. Parce que je pense qu'au contraire, ça rejoint énormément. Pourquoi ? Parce que sans l'écriture, je n'aurais pas cette sensation aujourd'hui d'être proche de mon ikigai. Et vous allez comprendre ensuite pourquoi je dis ça. D'être proche et pas que je l'ai trouvé.

« Le schéma de l'Ikigai est mal fait »

Débrief : formation, prépa, marathon

Voilà. Voilà pour l'introduction à ce podcast. Maintenant, suspense. Avant de parler de tout ça, je vais vous faire un petit débrief. Parce que ça fait en fait quasiment deux semaines que je n'ai pas enregistré de podcast. Donc, vous l'avez peut-être senti sur les premières phrases. J'étais un peu rouillé. Il fallait que je m'échauffe socialement. En tout cas. Que je récupère ce mood de parler là. Pourquoi ? Parce que j'étais en formation la semaine dernière. Dans le cercle pédagogique d'une formation pour le coaching. Donc, c'était passionnant. Mais c'est pas mal intense. Parce que t'es en posture méta dans l'accompagnement d'un groupe. T'es attentif à ce que les élèves et les participants font et disent. T'es là aussi pour partager, répondre aux questions. Donc, c'est une posture absolument passionnante. Une posture qui est quand même fatigante. Et le dernier jour, je crois que je me suis bien couché genre à 9h. 9h du soir. Et je me suis réveillé, je ne sais pas, peut-être à 5h30.

Je suis allé courir. Et après, j'ai refait une giga sieste à 14h. Bref, j'étais claqué. Et puis après, ce week-end, je retrouvais des copains de prépa que je n'avais pas vus depuis longtemps. C'était des retrouvailles, c'était génial. Et puis, c'est toujours passionnant de voir qu'on est tous à des moments de vie autour de la trentaine. Où on se questionne beaucoup quelque part. Et on agit beaucoup avec ces questionnements. Ça rejoint un peu la discussion d'aujourd'hui d'ailleurs autour de l'ikigai. Et c'est toujours très inspirant de voir ce que chacun fait dans sa vie. Et de voir que même si on a suivi des chemins équivalents, en fait, un moment divague sur les nôtres. Et on les explore. Et ces singularités qui se développent en chacun, elles sont passionnantes.

Trouver une superviseuse, et pourquoi

Quelque part, j'aime à croire que malgré le formatage que peut amener la classe préparatoire, l'école d'ingénieurs, avec tous les points positifs que ça, évidemment, quelque part, ce formatage ne nous a pas eu. Et on arrive à développer notre propre posture et notre propre histoire. Et ça, c'est magnifique. Puis ensuite, la semaine a commencé. Hyper intense parce que du coup, quelques jours off en étant en formation la semaine d'avant. Donc voilà, là, j'atterris. On est après-midi. J'ai pas de call jusqu'à ce soir. Ça me fait plaisir. Et j'ai le temps de pouvoir parler et de pouvoir me reposer là. Et de me lancer dans ce qu'est cet ikigai. Autre chose. Et voilà, quelque part, les synchronicités sont belles. J'étais en recherche de supervision dans ma posture de coach. Non pas que ça se passe mal. Au contraire, ça se passe très bien. Par contre, le Sam peut être un petit peu perfectionniste et toujours dans cette démarche d'amélioration continue.

Ressent le besoin de me faire superviser pour apporter un œil différent de temps en temps à cette posture de coach. Et en fait, au-delà de moi, c'est aussi dans le code déontologique d'ICF, la Fédération Internationale de Coaching, qui invite, et c'est peut-être même plus qu'une invitation, qui invite à être supervisé pour toujours se remettre en question dans cette posture. Pourquoi ? Parce que le métier de coach, c'est de poser des questions. Ça paraît très bête comme ça, mais c'est extrêmement puissant. Et c'est pour ça que ça devient extrêmement individuel et que ça fonctionne avec les gens. Et en ayant cette intention et cette volonté de poser de bonnes questions, on pourrait débattre sur qu'est-ce qu'une bonne question, mais avec cette volonté de toujours poser des bonnes questions, et bien en fait, c'est important de s'en poser soi-même. Et donc de se remettre en question. Et quelque part, notre âme de coach meurt le jour où on arrête de se poser des questions.

L'imposteur, c'est celui qui se questionne

Et tant qu'on s'en pose, quelque part, ça veut dire qu'on est sur le bon chemin. Ça rejoint un peu, si je devais faire un parallèle, ce fameux syndrome de l'imposteur. J'en ai fait des articles sur mon site. Évidemment, il y a plein de racines, etc. Mais très souvent, quand même, quand on se demande si on est un imposteur, m'est avis qu'on ne l'est pas. Parce que justement, on est dans une démarche de se dire, OK, potentiellement, qu'est-ce qui me manque ? Ou pour le dire de manière peut-être plus positive, de quoi j'ai besoin ? De quoi j'ai besoin ? Et qu'est-ce que j'ai envie de m'autoriser pour le devenir ? Et ne plus l'être. Enfin, devenir la personne que j'ai envie d'être, et ne plus être imposteur. Pas devenir imposteur, évidemment. Voilà. Et donc, j'ai trouvé une superviseuse, superviseuse, je ne sais pas, et ce qui est génial, et pourquoi je l'ai choisi, pour plusieurs raisons, en fait.

Parce qu'elle avait fait une partie de moi, la formation que j'avais suivie en 2020, que j'avais commencé en 2024. Donc, j'avais beaucoup aimé son énergie. Elle était elle-même, en fait, elle est elle-même écrivaine. Donc, elle a un livre à paraître chez Eyrolles. Et quand j'ai vu ça sur LinkedIn, déjà, j'étais super content pour elle. Et puis après, quand j'ai repensé à la supervision, je me suis dit, putain, mais à qui je vais demander ? Et puis, en fait, j'ai tout de suite pensé à elle, et je me suis dit, putain, non, attends, mais c'est presque trop beau. Elle a une super carrière dans le coaching, elle est écrivaine. Qui de mieux pour m'aider, quoi, et m'aider à améliorer cette posture de coach ? Bref, j'ai trouvé cette superviseur, je suis super content.

Coachez, si vous m'entendez, ça sera de mieux en mieux. Voilà. J'adore, j'adore. J'ai aussi, presque terminé ma prépa marathon, on court le 12 avril, c'est bientôt, j'ai trop hâte, je me sens prêt, j'ai hâte de découvrir. Voilà, je suis...

Le lâcher prise s'incarne de plus en plus. J'ai juste hâte de courir, et de voir, de voir ce que je vais trouver sur le chemin, pour arriver jusqu'au bout. On parle toujours du mur du 30, du 38, bref, tout ça, tout ça. Du 30 kilomètres, j'en ai fait, donc, j'ai pas l'impression qu'il y a un mur particulier. Par contre, je sais que dans l'effervescence de la course, avec l'adrénaline, des gens qu'il y aura autour, que ce soit des coureurs, ou des gens qui observent, je sais que ça va être différent. Et j'ai très hâte de découvrir ce qui aura différent, tout en sachant pas exactement ce qui va être différent, mais j'ai très hâte. J'aurai la chance de courir en plus, si tout se passe bien, avec un de mes très bons potes, donc on va courir à deux, ça va être... Il n'y a pas plus incroyable que ça. Donc voilà, c'était deux semaines hyper intenses. J'ai l'impression qu'elles ont duré à peu près 1500 ans, mais c'était ce que je partageais dans mon bilan de la semaine dernière.

Quelque part, mes heures sont des secondes, donc je les vis, et plus le temps passe vite, plus on a l'impression qu'il s'étend, ou en tout cas, il s'expand. J'ai pas encore... J'aime beaucoup cette boucle paradoxale autour du temps. Cette citation, mes heures sont des secondes, donc je les vis, dédicace à Poupie, qui est une artiste que j'adore. J'aime beaucoup son nom en plus, Poupie, je trouve ça... C'est un côté très mignon, tu vois, et pourtant elle aborde des très beaux sujets dans ses musiques. Je vous conseille son album L'Enfant Roi, qui est blindé de petites phrases qui tapent vraiment très juste, et qui m'ont fait extrêmement plaisir dans ces deux dernières semaines. Je sais pas pourquoi elle m'est revenue aussi fort, là. Faudrait que je creuse, il y a sûrement une raison.

Écrire est un acte de courage

J'ai une petite idée très personnelle, mais ouais, c'est de la très belle musique. Voilà, et puis, et puis, et puis, et puis, et puis, le démarrage de l'écriture du troisième livre qui va commencer. On va faire les choses à peine différemment, cette fois-ci. Je vous en dis pas plus, vous en saurez suffisamment en temps et en heure, mais ça sera une belle aventure, j'ai très hâte de la commencer. Voilà. Et j'ai très hâte de retrouver ce cadre, ce rythme d'écrivain qui est le mien, et de me voir avancer, de passer par des phases de doute, parce qu'arrêtons de nous mentir en écrivant des livres, que ça soit le premier, le troisième ou le quinzième, on a toujours des moments où ça nous fait chier, où c'est difficile, où on a de l'ennui. Voilà, je disais encore pas plus tard que ce matin que si c'était facile, tout le monde le ferait. Évidemment, c'est pas le cas.

Et écrire est un acte de courage. Si vous êtes dans cet acte-là, et bien vous êtes courageux. Si vous écoutez ce podcast dans le but de vous dire peut-être que ça va me donner quelque chose pour écrire, vous êtes aussi courageux parce que vous êtes là pour entendre des choses peut-être qu'ils peuvent parfois un petit peu gratter.

Voilà. Voilà, voilà. Donc bravo à vous qui m'écoutez quelque part. Dernière parenthèse avant de parler du vrai sujet. Je vous invite, si ça ne vous dérange pas, à mettre un petit like sur cette vidéo si vous la regardez sur YouTube. Si vous l'écoutez en podcast, tout simplement à vous abonner au podcast. Et si la plateforme le permet à laisser 5 étoiles et un petit commentaire, ça me fait déjà super plaisir. Et puis ça permet de donner une voix supplémentaire au podcast. Et quelque part, faites-le si vous sentez qu'il vous aide. Bah, dites-vous que peut-être quelqu'un d'autre qui l'écoutera grâce à votre note, ça l'aidera aussi. Et c'est un peu ma mission que le plus de livres possibles soient écrits. Et donc, plus je touche de gens, mieux c'est. Donc merci à ceux qui le feront. Et voilà. Sur ce, petite gorgée de thé parce que j'en ai marre de la caféine. Voilà, je le dis, j'en ai marre.

Petite gorgée : les quatre cases

J'aime bien l'état d'excitation mais je sais pas pourquoi. Ouais, je sais pas. J'aime un peu moins le café. Donc, du thé, c'est très bien. Et en fait, c'est même pas du thé, c'est de la tisane, de la verveine. Voilà, donc c'est magnifique. Petite gorgée et on part sur l'ikigai.

J'ai menti, j'ai pris plusieurs gorgées. L'ikigai, ce concept japonais. Les japonais sont géniaux pour inventer des termes qui concatènent des pans entiers de la philosophie occidentale. Donc c'est génial. Et l'ikigai concatène cette notion de peut-être notre raison d'être. Alors, je vous préviens tout de suite, ne vous attendez pas un cours sur l'ikigai. Moi, j'ai juste, là vous voyez le petit schéma, vous allez rien voir là, je le montre comme ça. Le petit schéma qui définit les quatre cases de l'ikigai. La raison d'être étant le centre, la réunion des quatre.

Pardon. Et j'ai pas creusé plus que ça la définition. Donc je vais je vais vous expliquer rapidement ce que c'est et puis moi, vous partager comment, quel est mon avis quelque part.

Voilà. Donc ça, ne vous attendez pas à quelque chose de très scolaire, ne vous attendez pas à une lecture de page Wikipédia. Je sais même pas si l'ikigai a une page Wikipédia, j'imagine que oui. On n'est pas là pour ça. Donc, l'ikigai, en théorie, c'est la réunion de quatre choses, quatre concepts, appelons-les comme on veut, ce que vous aimez, ce dont le monde a besoin, ce avec quoi vous pouvez être payé et ce dans quoi vous êtes doué. Alors, très souvent, on en parle en termes de métier, quelque part.

C'est un outil parfois utilisé pour commencer à mettre du sens dans sa vie. Alors, vous me voyez un petit peu tiquer en disant ça, pour la simple et bonne raison que je trouve que c'est une lecture extrêmement simpliste de ce qu'est l'ikigai, comme si, en claquant des doigts, on le trouvait. Vous verrez, dans ce que je vais dérouler, et je peux le spoiler tout de suite, que, à mon sens, c'est vraiment à l'opposé de la philosophie que porte ce mot-là. Pour moi, c'est une philosophie de l'action, du présent. Et donc, c'est par essence quelque chose de mouvant. On ne découvre pas, on ne trouve pas son ikigai. On se rend compte un jour qu'on commence à le trouver... Enfin, non, j'ai mal choisi le terme. On se rend compte plutôt un jour qu'on commence à le révéler. Et ensuite, on questionne toujours l'alignement de cette raison d'être.

Les quatre colonnes, testées sur moi

C'est peut-être un peu ça, voilà. Je passe tout de suite le côté négatif. C'est peut-être un peu ça que je reproche parfois à l'approche occidentale qu'on fait. L'exercice le plus commun qu'on donne aux gens autour de l'ikigai, c'est ce truc de dire : bon, c'est simple, vous faites quatre colonnes, ce que vous aimez, ce dont le monde a besoin, ce pour quoi vous êtes doué, et ce pour quoi vous pouvez être payé. Et dans chaque colonne, vous mettez, effectivement, ce à quoi correspondent les colonnes pour vous. Donc, si je le prenais pour moi, je dirais : ce que j'aime, c'est l'écriture et le sport. Ce dont le monde a besoin, c'est probablement de plus de gens qui accomplissent leurs rêves. Ce pour quoi je peux être payé, de mon métier de coaching ou de mon métier d'ingénieur. Et ce pour quoi je suis doué, mon métier d'ingénieur, mon coaching, l'écriture, et plein d'autres trucs. Bon, pourquoi parfois on fait faire cet exercice aussi brutalement ?

Parce que certaines personnes, en fait, ça fait vraiment prendre conscience qu'il y a un point commun à tous. Et c'est vrai que moi, quand j'y pense, à l'époque, quand on m'a fait faire cet exercice de manière un peu traditionnelle comme ça, bah oui, je voyais bien que l'écriture était dans beaucoup de catégories, mais pas dans la catégorie où je pouvais être payé, parce que j'estimais pas. Ou en tout cas, j'avais pas velléité à vouloir être payé de ma plume. Et donc, j'avoue que même cet exercice, aussi peut-être terre à terre soit-il, m'a permis d'enclencher des premiers mécanismes de réflexion. Et c'est ça aussi qui m'a tendu vers des actions dans le présent pour aller chercher justement ce pour quoi je pouvais être payé. Voilà. Après cette petite dégression sur le concept très classique, on retrouve... Alors, ce qui est intéressant dans ces petits schémas, c'est que il y a beaucoup de mots. Moi, ma casquette de coach, pour qui les mots ont une importance, bon, j'ai tout de suite envie de les questionner.

Je pense que on a chacun une définition de ce qu'on aime. C'est quoi aimer ? Ce dont le monde a besoin, c'est encore plus vaste parce que, quelque part, qui suis-je, moi, Samuel, pour dire ce dont le monde a exactement besoin ? En fait, je peux le voir qu'à travers mon prisme, Certains diront que le monde a besoin qu'il n'y ait plus aucune guerre, certains diront que c'est plus aucune famine, je ne sais pas. En fait, je me rends compte que est-ce que c'est forcément incompatible ? Je ne crois pas, en fait. Moi, j'allais dire que le monde a besoin de rêve et de créativité et en fait, m'est avis que le rêve et la créativité, en tout cas, d'elle, découle aussi l'apaisement. Voilà. Les gens qui accomplissent leurs rêves s'apaisent, rayonnent et permettent à d'autres de s'apaiser à leur tour. Voilà, c'est la puissance de la créativité.

Creativity is contagious, keep it spinning. Je le répète tout le temps, j'adore cette phrase. Bref, voilà. Donc, il y a plein de mots, je peux vous les partager parce que ça vous donnera peut-être une idée aussi de comment tout ça s'articule, mais, par exemple, quand on croise ce qu'on aime et ce dont le monde a besoin, on appelle ça une vocation. Quand on croise ce dont le monde a besoin et ce pour quoi on peut être payé, on appelle ça une mission. Quand c'est ce pour quoi on peut être payé et ce pour quoi on est doué, on appelle ça une profession. Le métier traditionnel, le travail. Et, quand on croise ce qu'on aime et ce pour quoi on est doué, on appelle ça la passion. Et, en fait, on se rend bien compte que quand on mélange tout ça, on arrive au truc parfait quelque part. C'est ça, en fait. C'est ce truc qui fait que tu te lèves le matin et t'es trop content de te lever, parce que tu sais que tu vas pouvoir vivre de ce que tu fais, tu kiffes le faire, tu vois que ça a du sens et tu vois que t'es doué dedans.

Seule la réalité du terrain tranche

Tu vois, j'ai recité les quatre points. Une fois que j'ai dit ça, ça fait une belle jambe pour le trouver, je vous l'accorde. Et là, on retombe sur ce que j'ai commencé à introduire tout à l'heure. C'est que à mon sens, tout ça, c'est de belles paroles, mais dans le fond, je... ça sert peut-être à rien. Parce qu'il n'y a que la réalité du terrain qui indiquera si ce... cet ikigai est fonctionnel. C'est impossible sans faire et sans explorer et sans rencontrer et sans discuter et sans agir de voir si on aime, si on est doué, si le monde en a besoin ou si on peut être payé pour. Donc, pour moi, l'ikigai est une philosophie de l'action, une philosophie qui encourage à entreprendre, pas au sens entrepreneur, mais au sens exploration. C'est une philosophie qui encourage à faire des choses différentes, qui encourage à se poser des questions différentes, qui encourage quand on voit qu'une des colonnes n'est pas remplie dans ce qu'on fait au quotidien, de se dire : OK, qu'est-ce que je peux faire pour aller la remplir ?

Et une fois qu'on identifie ce premier petit pas, et bah go ! Voilà. Et on remarque toujours dans ces philosophies-là qu'on vient toucher tout ce qui compose un être humain. On vient toucher ses émotions, on vient toucher l'action et le corps, et on vient toucher l'intellectuel et la tête.

Le passé, mine d'informations

Et donc je crois qu'en fait il n'y a pas meilleure réponse que ça, de dire pour trouver son ikigai quelque part il s'agit de faire. Ouais c'est un peu simpliste. Peut-être que ça vous fait aussi une très belle jambe que je vous dise ça. Putain, ah là là, désolé, ça vous aide pas du tout.

Une philosophie de l'action dans le présent, qui se nourrit des expériences passées. Pas d'un point de vue nostalgique et regret, mais d'un point de vue : OK, au regard de ce que j'ai déjà pu faire, qu'est-ce que je peux mettre dans ces colonnes, ou qu'est-ce que je peux pas y mettre ? Et là je vous inviterai... Je vais décomposer un passé, futur, et puis après il y a le présent, là où se joue l'ikigai. C'est vraiment quelque chose qu'on incarne aujourd'hui, et on sait pas si on l'incarnera demain. On voit qu'on l'a incarné ou pas hier, et ce qui est important, c'est ce qu'on en fait aujourd'hui. Tu vois, c'est pas de se dire merde, je l'ai pas été pendant X années. C'est pas de se dire merde, est-ce que je le serai demain et pendant 10 ans ? Ce qui est important, c'est aujourd'hui. Voilà. Et donc je reprends là où j'en étais, sur le passé. Je vous invite à réfléchir à ce que vous avez pu faire, et que vous l'ayez aimé ou pas, vous demandez qu'est-ce que ça vous apprend de nouveau sur ces quatre sphères de l'ikigai. C'est une question, à mon sens, bien plus intéressante que simplement remplir, remplir des colonnes avec ce pour quoi je suis doué. Parce que quand on dit ce pour quoi je suis doué, on pense tout de suite, en fait, on se... Assez naturellement, on occulte beaucoup de choses. Notamment toutes les activités qu'on n'aime pas, mais dans lesquelles il y a peut-être beaucoup de choses qu'on adore et pour lesquelles on est doué. Être doué, c'est pas une question d'aimer, en fait.

Et... Et je donne un exemple. Je n'aimais pas particulièrement mon métier d'ingénieur. Attention, attention, si d'anciens collègues passent par là, déjà, vous, je vous adorais. Mais surtout, c'était pas une plaie de travailler en tant qu'ingénieur. Je l'ai pas vécu comme une immense souffrance, je sentais juste que ça manquait de sens. Tu vois, quand je regardais mon métier d'ingénieur, je voyais bien que ça remplissait pas la case ce que j'aimais. Et... Et en fait, j'étais confortable, mais j'avais un sentiment de vide. Voilà. Néanmoins, c'est vrai, il y a des choses dans mon métier d'ingénieur pour lesquelles j'étais très doué. Structurer des idées, structurer des notes, résumer, synthétiser, systémiser, tout ça, j'étais très doué. Et ben ça, c'est une qualité. Et d'ailleurs, je le retrouve aujourd'hui dans mon quotidien. Tout le process que j'ai mis en place pour pouvoir tenir le rythme avec les podcasts, tout le process que j'ai mis en place pour pouvoir onboarder, accompagner les gens et ensuite les laisser partir et voler de leurs propres ailes, tout ça, ma rigueur d'ingénieur, mon côté organisé, carré, qui aime le process et les trucs bien cadrés, ça m'aide énormément.

Aussi, j'ai remarqué en étant ingénieur que j'étais doué avec les autres. C'est-à-dire que, vous savez, au travail, il y a toujours des gens qui ne s'apprécient pas, ou ce genre de choses. Moi, bizarrement, ça ne m'a jamais arrivé, il n'y a jamais des gens qui me sortaient par les yeux. Je pense que c'est une qualité que je peux avoir, en tout cas j'ose espérer continuer à la nourrir, et continuer à la développer, et la questionner si jamais elle parvenait à disparaître. Mais être... Avoir une bonne écoute, et surtout être capable de me mettre à la place de la personne que j'ai en face, et donc de ne pas être dans un rapport parfois égotique, mais simplement dans l'écoute. Et donc j'ai apprécié travailler avec tout le monde. Les gens lents comme les gens rapides, les gens rudes comme les gens doux, les gens très techniques comme les gens pas du tout techniques. Et ça, c'est vraiment quelque chose pour lequel je me sens doué. Alors, quand vous remplissez cette case, ne vous privez pas d'être arrogant et insolent. C'est ce qu'on disait, non ? Vous le verrez dans l'épisode 101, où j'étais avec Rozenn. Elle répondait parfois à certaines de mes questions en disant : ça va peut-être paraître insolent. Mais non ! Soyons fiers de nos qualités, osons dire ce pour quoi on est doué. Personne ne le fera à notre place. Donc osons le faire.

Voilà. Et donc, quelque part, ce métier, si je m'étais arrêté à « ouais, j'aime pas », j'aurais occulté énormément de choses. En fait, j'aurais occulté énormément de choses que je... que je pouvais mettre dans les cases de l'ikigai. Et le passé ne dit rien sur votre avenir. Par contre, le passé est une source d'informations hyper précieuse pour l'avenir. Donc posons des questions sur ce passé, exactement comme je viens de le faire. Et après, on peut tirer les fils et aller beaucoup plus loin. Si je reprends mon exemple, là, quand je dis j'aime bien m'occuper des gens : OK, c'est quoi s'occuper ? Qu'est-ce que t'aimais particulièrement, et pourquoi t'étais particulièrement doué dans... dans ce truc de t'occuper des gens ? OK, là je tire le fil, et puis après ça me permet de d'autant plus mettre de mots sur la compréhension que j'ai de moi-même. Mieux je me comprends moi-même, plus je suis capable d'incarner la personne que j'ai envie de devenir, et plus je suis dans l'ikigai, en fait. C'est pour ça que je dis que c'est une philosophie du présent, et une philosophie de l'action éclairée, quelque part, avec des intentions très claires et, en tout cas, une compréhension de sa personne la plus claire possible. Et c'est pour ça que c'est une philosophie mouvante. Parce que se connaître aujourd'hui ne... ne dit rien sur est-ce qu'on se connaîtra dans dix ans ou dans un an. Et même si c'était le cas, ça serait presque triste.

Le futur, déroulé à rebours

Voilà. Là j'ai parlé un petit peu du passé. Si je devais parler aussi du futur, il y a tout simplement : OK, qui j'ai envie d'être dans... dans, je sais pas, cinq ans, un an, dix ans ? Bref, le faire à toutes les temporalités est intéressant. Le faire de manière rétroactive, par exemple. Le rétroactif, c'est peut-être pas le terme. Le faire en dix ans : OK, je commence à ce que j'ai envie d'être dans dix ans, et puis je reviens. Tu vois, je fais : OK, j'ai envie d'être là dans dix ans, qu'est-ce que ça me dit sur là où j'ai envie d'être dans cinq ? Qu'est-ce que ça me dit sur là où j'ai envie d'être dans un ? Qu'est-ce que ça me dit dans là où j'ai envie d'être demain ? Qu'est-ce que ça me dit sur ce que j'ai envie de faire aujourd'hui ? Le futur sert à ça. Le futur sert à identifier qui on a envie d'incarner, tout en assumant et en reconnaissant qu'on l'est pas aujourd'hui. Par contre, une fois qu'on a dit ça et qu'on a cette cible, quelque part : OK, qu'est-ce que je fais aujourd'hui ? Qu'est-ce que je fais aujourd'hui ? Comment je fais pour aligner mes actions avec cette volonté et cet objectif ? Voilà à quoi sert le futur. Et ça aussi, ça permet de remplir les colonnes de l'ikigai, quasiment toutes.

Voilà. Et une fois qu'on arrive à remplir toutes ces colonnes, etc., après, c'est la réalité du présent qui parle. C'est la réalité de se dire : bon bah, j'agis et puis j'itère. Parce que si c'était, comme je disais, en claquant des doigts qu'on le trouvait, on n'en parlerait pas, en fait. Voilà. Il n'y aurait pas besoin de faire des schémas avec des flèches et des couleurs, il n'y aurait pas besoin de philosopher autour de ce que c'est. Voilà, ça serait juste un truc, et puis tiens, voilà ton ikigai, et bien joué. En fait non, parce que ce qui est génial, c'est que c'est justement mouvant, questionnant, transformatoire, évolutif, tout ça. Donc voilà les clés de réponse. Les débuts de clés de réponse. Qu'est-ce que je peux ajouter d'autres que j'aurais envie de dire sur l'ikigai ? J'en ai parlé un petit peu avec Ingrid, de J'écris un roman, en off, et on était assez d'accord, et je pense qu'effectivement c'est important de le rappeler. Pour moi, le schéma est un peu mal fait. C'est-à-dire qu'effectivement, on a 4 bulles : doué, payé, besoin, aimé. À mon sens, à mon sens, le plus important, c'est ce qu'on aime faire. C'est beaucoup plus facile de partir de là. Et peut-être que le schéma qui me parlerait le plus, c'est ce qu'on aime comme une grosse planète, et ce pour quoi on est doué, ce dont le monde a besoin et ce pour quoi on peut être payé comme des satellites autour. Comme si 90 % de l'ikigai, c'était ce qu'on aimait faire. C'est beaucoup plus facile de partir de là, à mon sens.

Le billard à mille bandes

Voilà. Et c'est peut-être aussi plus dur, en un sens, parce que ça oblige à venir mettre les autres sphères et les autres questions sur ce qu'on aime, que parfois on n'a pas envie de tordre. Mais ce qui nous passionne et ce qu'on aime, c'est tellement inscrit en nous que déjà, ça nous donne cette détermination de l'action. Parce que qui dit action quotidienne pour incarner la personne qu'on a envie d'être, et bah dit constance, dit résilience, dit régularité, dit rythme, dit routine, utilisez le mot que vous voulez, mais dit répétition, itération, etc., etc. Le faire avec quelque chose qu'on aime, c'est vachement plus simple. Et donc, à mon sens, si je devais... Et d'ailleurs, je le vois pour moi, en fait. Quand j'ai réfléchi à ce que je voulais faire, je suis parti de l'écriture. J'aime écrire. Je me suis confronté au mur de : bon, vivre de ma plume, ça me paraît compliqué. En tout cas, au-delà du fait que ce soit compliqué, est possible ou pas, je me disais c'est pas du tout aligné avec moi, même si j'avais jamais réalisé ça. Pardon pour le bâillement, je m'en excuse, si je vous ai fait bâiller à distance.

Si je m'étais arrêté à « merde, bon bah je peux pas », en fait, j'aurais jamais trouvé le coaching, etc. C'est en me disant : OK, l'écriture doit être au centre, mais je vois bien que là, avec l'idée que j'en ai, il y a un truc. Faut que je trouve, en fait, ce pour quoi je pourrais être payé autour de l'écriture. Et en me disant ça, bon, j'avais déjà dans ma tête le besoin que le plus de gens écrivent de livres, parce que créativité, rêve, etc. Et vous voyez, c'est un truc, c'est comme un billard à plein de bandes, en fait, ça se renvoie. J'étais coincé. Donc je voulais absolument l'écriture, je voulais trouver un truc, ce pour quoi je voulais être payé, mais je savais pas du tout où regarder. Je suis allé regarder ce pour quoi j'étais doué : OK, comme je vous disais, l'ingénierie, la structure et l'humain. Bon, il y a le mot formation qui a cliqué tout de suite dans ma tête, donc... Mais je savais pas faire de la formation d'écriture. Bon, peut-être. Donc j'ai fait quelque chose dans le présent. Voilà, je suis allé me confronter à des formatrices que j'avais eu dans ma carrière professionnelle, et en échangeant avec elles, c'est ce que je partage dans le À propos de mon site, en échangeant avec elles, en fait, elles m'ont dit : avec ce que t'amènes, Sam, je pense que tu devrais te tourner vers le coaching.

Hop, je suis allé vers le coaching, et là, révélation. Ouais, c'est ça, que c'est ça, c'est ça, c'est ça que je vais aimer, c'est avec ça que je vais être payé, c'est de ça dont le monde a besoin. Par contre, cette compétence de coaching et de coach, je suis pas encore doué pour. Bah très bien, je vais faire une formation. Et hop, itératif. Une fois que je passe cette formation, assez naturellement, bah je me retrouve à : OK, maintenant, comment je trouve des clients ? Et je retombe dans la case ce pour quoi j'ai envie d'être payé. Et quelque part, et bah là je me challenge, et donc je me dis : OK, comment je fais pour le transformer en quelque chose qui est vivant et qui me permet d'en vivre ? Avec toute la difficulté que ça peut être d'entreprendre en France, j'avais pas envie que ça soit ça qui m'arrête. Et voilà. Et maintenant que l'activité est lancée, qu'elle commence à tourner et que j'entraperçois quelque chose de stable, et bah il y a des remises en question sur la légitimité de la posture. OK, est-ce que je serais toujours doué pour ça ? Est-ce que je suis encore doué pour ça ? OK, supervision. OK, je vais écrire mon troisième livre pour m'affirmer encore plus en tant qu'écrivain, donc je fulfille ce côté être doué. Et puis il y a des jours plus durs que d'autres, où t'aimes un peu moins ce que tu fais, et bah là tu te retournes en arrière, tu vois tout ce que tu faisais avant, tu te dis : ah ouais non, c'était pas du tout aligné, ce que je fais aujourd'hui a beaucoup plus de sens. Puis tu relis tous les... tous les... les bilans des semaines, en voyant toutes les victoires, toutes les fiertés, tous les remerciements, et là tu te dis : ah OK, non, en fait j'étais juste dans... dans un bad mood, avec les mauvaises lunettes, euh, changeons ça, hop, l'amour revient, etc.

Et en fait, c'est un... un jeu perpétuel. C'est pour ça que je parle de... de philosophie de l'action et de philosophie du présent. C'est qu'en fait, on passe notre temps à osciller entre ces cases, toutes ces intersections entre ces quatre cases. Et là, quelque part, au-delà du fait de qu'est-ce que je vais faire, c'est, euh, comment je fais pour me déplacer un peu, pour recentrer et réaligner tout ça ? Et en fait, on se rend compte qu'il y a plein de manières de faire. C'est-à-dire que la réponse peut très bien être, euh, en fait : je me suis désaligné de... de mon ikigai, et je suis allé un peu trop, par exemple, euh, dans, euh, je sais pas, euh, euh, ce dont le monde a besoin, et je me suis... Et j'ai l'impression de m'éloigner de ce dont... pour quoi je suis doué, et je me pose des questions sur est-ce que je suis suffisamment doué. OK, comment je fais pour recentrer le... le... mon alignement ? Bah je vais me former, je vais me faire accompagner, je vais me faire superviser, je vais me mettre à écrire pour assumer et affirmer ma... ma légitimité d'écrivain, et... et la posture que j'ai envie de tenir. Voilà, et donc je recentre.

La clé sous-cotée : les rencontres

À l'inverse, ça peut être des réflexions beaucoup plus... beaucoup plus vastes, et de dire : bah en fait, c'est un peu mon ikigai que je vais déplacer, et donc là où avant j'étais x, bah en fait je vais être x plus 1, euh, voilà. Et donc tu... et donc tu te... tu te réalignes. Et... et c'est ça, en fait. Voilà. Ouais, c'est pas très compliqué dans le fond. C'est une question de présent, une question de questionnement, une question de... d'action. Et là, j'y rajoute moi ma touche personnelle, qui à mon sens est extrêmement sous-cotée : c'est aussi une question de rencontre, avant tout. Et sur ça, je vous conseille un seul livre, qui m'a absolument passionné, d'un auteur que j'espère qu'un jour je rencontrerai parce que je suis vraiment fan de et admiratif de son travail. C'est Charles Pépin, il a écrit un livre, La Rencontre. Et ce livre résume absolument tout ce que je pense sur l'importance et l'impact de la rencontre, notamment dans le fait de... de... de... de révéler son ikigai. Les autres sont un miroir à mille facettes, en fait. C'est... ouais, voilà, c'est une magnifique image : les autres sont une boule à facettes qui nous renvoient la lumière différemment, et de plein de manières différentes, et de plein de manières qui ne sont pas les nôtres pour voir. Et donc quand on rencontre quelqu'un et qu'on discute, qu'on... n'importe quoi, n'importe quoi, et ben en fait il nous apporte toujours un regard différent sur ce qu'on... sur les sujets qu'on porte.

Vous pouvez faire cet exercice, moi je le trouve passionnant. Vous pouvez faire cet exercice de faire la liste des gens que vous avez rencontrés la semaine dernière, et de vous demander pourquoi. Attention, c'est un petit peu spirituel pour les plus cartésiens d'entre vous : pourquoi la vie a mis ces gens sur votre route ? Vous verrez, parfois c'est très intéressant. Voilà, parfois c'est... Et là je vais citer mon exemple. Parfois c'est des gens qui vous donnent une idée, par exemple, de comment terminer votre roman. Vous parlez de tout à fait autre chose, juste un moment, vous avez un tilt, et là pouf, une explosion créative dans la tête, vous vous dites : putain, c'était ça qui me manquait pour mon livre. Ça peut être aussi des gens qui tout simplement vous vont poser 1, 2, 3... vont vous poser une question qui va vous retourner le crâne, comme quelqu'un qui me... qui me disait... les formatrices qui me disaient : intéresse-toi au métier du coaching. C'est que des choses comme ça, les rencontres. Voilà. Donc vous pouvez vous amuser à faire la liste des gens que vous avez rencontrés et ce qu'ils vous ont appris sur... sur la situation dans laquelle vous êtes aujourd'hui. Voilà, c'est quelque part oser aussi se confronter aux regards parfois différents que les gens portent sur les choses, et aux définitions qu'ils peuvent avoir. Et tout ça, cet éclairage permet, nous permet individuellement, de nous réaligner. Parce qu'on se construit autant par les affirmations, nos affirmations, que par celles des autres. Parce qu'on raisonne avec, ou parce qu'on ne raisonne pas avec.

Merci, et l'écriture qui révèle

Voilà. Et je crois que c'est à peu près tout ce que j'avais envie de partager sur... sur l'ikigai. Je prends une dernière gorgée pour rassembler toutes mes idées et voir si j'ai oublié un truc. Je crois pas, en vrai, il me semble que c'est pas mal là quand même. Donc si je devais résumer, l'ikigai, c'est quatre cases. C'est ce qu'on aime, ce pour quoi on est doué, ce dont le monde a besoin, et le dernier qui là d'un coup me sort totalement de la tête, ce pour quoi on doit être payé. Et tout ça est en perpétuel mouvement, tout ça est en perpétuel questionnement. C'est pour ça que l'ikigai, c'est une incarnation du présent, une incarnation dans l'action, au regard de... du passé qu'on a pu avoir et du futur qu'on a envie d'obtenir. Et voilà. Et si je devais donner une clé, je dirais que les rencontres en sont une. Et donc je finirai cet épisode pour, en remerciant... pardon, pas pour, mais je finirai cet épisode en remerciant absolument toutes les personnes que j'ai pu rencontrer dans ma vie, sans qui je ne serais probablement pas là où j'en suis aujourd'hui. Et merci pour ça. Vive les rencontres. Et... et voilà. Et vive l'écriture, évidemment, parce que tout ça est extrêmement valable en écriture. Vous pouvez avoir un ikigai pour votre livre, c'est tout l'enjeu des clartés d'intention. Voilà. Et quand on s'aligne avec cette volonté et ce que représente notre livre, quelque part... enfin non, pas quelque part, c'est à ce moment-là qu'on se met à vraiment l'écrire.

Voilà. Et ah si, si, oh là là, j'ai failli oublier, j'ai failli oublier, extrêmement, extrêmement, extrêmement important. L'écriture est un acte de découverte, est un acte d'exploration, est un acte de questionnement, est un acte de courage, et donc c'est un acte qui permet de révéler notre ikigai. Ça paraît très bizarre peut-être, dit comme ça, mais j'en suis absolument convaincu. Je suis absolument convaincu que, en étant dans l'acte d'écrire, c'est l'équivalent des rencontres : on se renvoie plein de choses qu'on n'aurait pas forcément voulu voir, et en les voyant, parfois ça gratte un petit peu, mais c'est toujours salvateur, et ça permet toujours de mieux se comprendre. Et mieux on se comprend, plus on est aligné, et plus on se rapproche de notre ikigai, ou en tout cas plus on l'incarne dans le présent. Voilà. Sur ce, je vous souhaite une très bonne journée, soirée, matinée, goûter, nuit, que sais-je. Je vous dis merci d'être toujours plus nombreux à écouter le podcast. Je vous dis merci de m'avoir suivi au long de ces 100 épisodes, et on continue. Voilà, on continue, le 101, le 102, etc., etc., jusqu'à l'infini et l'au-delà, comme dirait notre ami Buzz l'Éclair. Et je vous laisse avec ces belles paroles. C'était Ybelion, à très vite. Merci.