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Pochette de l'épisode 101 du podcast Ose Écrire

ÉPISODE 101AVEC INVITÉ1 AVRIL 202671 MIN

Discussion avec Rozenn Savignan

Clarté · Identitécréativitéauthenticité
00:001:10:34

FACE A — LES 29 CHAPITRES · CLIQUE POUR ÉCOUTER

Une critique dit-elle quelque chose de vrai sur ton livre ?

CE QUE RACONTE CET ÉPISODE

Rozenn Savignan a envoyé son roman à un youtubeur qui fait des retours de lecture, un canal par lequel elle avait elle-même découvert des auteurs. Il n'a pas du tout aimé. Et il a particulièrement descendu le loupin, sa créature mi-loup mi-lapin : quitte à inventer un univers imaginaire, autant aller plus loin.

Elle a digéré. Elle comprend même le point de vue, et elle ne s'est ni défendue ni effondrée.

Ce qui s'est passé ensuite est plus intéressant. En salon littéraire, le loupin est devenu son banger. C'est lui qui attrape les gens qui passent, ceux qui aiment les loups comme ceux qui aiment les lapins. C'est lui qui fait vendre les affiches et les cartes. Et sa défense tient en une phrase que je trouve imparable : critique Le Seigneur des Anneaux et ses olifants, c'est juste des gros éléphants, et pourtant ça fonctionne.

Une critique ne dit jamais si une idée est bonne. Elle dit qu'elle n'a pas fonctionné sur cette personne-là, à ce moment-là. Ce n'est pas rien, mais ce n'est pas un verdict.

Dans cet épisode, on parle aussi de l'année et demie pendant laquelle elle est restée bloquée à quatre chapitres de la fin de son tome 3, et de sa façon de planter des questions philosophiques dans ses dialogues sans jamais donner de réponse.

LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE

CAROUSEL À VENIR

Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.

Face B — le transcript

L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE

Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !

Intro : fantasy, philosophie et insolence

Ybelion — Yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans l'épisode 101 d'Ose Écrire et aujourd'hui j'accueille Rosen. On parle de son univers de fantasy Atria, on parle de questionnement philosophique, on parle d'insolence que c'est bon d'assumer et on parle aussi de ses inspirations et on tombe d'accord sur le fait que Gale dans Hunger Games est un personnage détestable. Je vous laisse avec tout ça et je vous souhaite une très bonne écoute. Moi c'est Sam, Ybelion de mon nom de plume. Je suis écrivain, coach et j'accompagne celles et ceux qui veulent renouer avec leur rêve d'écriture. T'écoutes un podcast dont l'intention est simple, te donner inspiration, outils, motivation, discipline, bref tout ce qui peut te permettre d'oser écrire. En gros c'est un peu dans le titre quoi, Ose Écrire.

Le nucléaire, la Bretagne et les forêts couvertes de mousse

Rozenn — Ouais c'est la première fois que j'ai vu ma supérieure en sous-vêtements devant moi.

Ybelion — Ah ouais ça rapproche.

Rozenn — Oui.

Ybelion — Ah là là. Putain, incroyable. Eh bah écoute voilà, magnifique boucle du nucléaire à l'écriture quelque part. C'est fou. Putain. Bah écoute en vrai je peux commencer comme ça. Est-ce que ça t'a inspiré des choses de vivre, de bosser à Brenélys ?

Rozenn — Ouh là bonne question. Est-ce que ça m'a inspiré ? Forcément c'est sûr mais à quel à quel point... Ah là comme ça je peux pas te dire. Ah si, c'est pas Brenélys forcément. C'est le coin à côté avec la forêt de Huelgouat. Ah ouais, ouais ouais. C'est super beau. Et j'ai adoré en fait toutes les forêts dans ces coins-là. C'est des forêts très couvertes de mousse, les troncs. C'est vraiment des forêts qui sont complètement ouvertes, très particulières. Et ça, ça m'a inspiré, oui, dans mes écrits.

Ybelion — Ouais. Elles ont un côté un peu mystique. Je sais pas... C'est le mot qui me vient. Et il y avait aussi le... Je sais pas si tu l'as... Le caillou qui bouge là.

Rozenn — Oui, tu as essayé de le faire bouger.

Ybelion — Ouais. Ouais, ouais. Le gros caillou, je me rappelle. Putain c'est fou. C'est fou. Incroyable. Et... Putain, du coup, là, c'est la première fois que je suis pris de court sur le démarrage du podcast. Je sais pas par où commencer.

Rozenn — Ah ben, je suis ravie de te prendre de court.

Ybelion — Ah là là, incroyable. Bah, t'écrivais déjà quand tu bossais là-bas ?

« Le loupin, en salon, c'est mon banger »

Écrire sans oser se lancer

Rozenn — J'écrivais, oui. Mais rien de sérieux, entre guillemets. J'avais pas encore osé me lancer, en fait, dans l'écriture. Donc c'était vraiment que des petits passages à droite, à gauche, en mode j'ose pas, en fait, le faire ou je... J'y pense pas à le faire, mais j'écrivais un petit peu.

Ybelion — Ouais, ok. Et le passage à j'ose le faire, qui a dû arriver après, ça a été quoi le déclic, quelque part ?

Le départ au Canada et la phrase qui change tout

Rozenn — Ça a été plusieurs choses. Ça a été mon mec qui m'a proposé d'écrire, tout simplement. Mais c'est surtout que... Donc après ce passage chez cet employeur-là que j'ai adoré, j'ai travaillé ailleurs pendant plusieurs mois et j'ai détesté cet endroit. J'ai fini en dépression, en fait, à la fin de mon premier job. Et j'avais besoin, en fait, d'une pause. Et on a décidé de partir au Canada pendant un an avec mon copain. Et quand on est arrivé là-bas, en fait, lui, il a le cul bordé de nous. Il a réussi à avoir le... Comment ça s'appelle ? Le permis PVT, permis vacances-travail, sur l'auterie. Et moi, j'ai jamais réussi à l'avoir. Donc je suis partie en visa-vacances-travail. Et là-bas, j'avais rien d'autre, entre guillemets, à faire que écrire. Et c'est là, il savait que j'écrivais. Il m'a dit, mais pourquoi tu te lances pas, en fait, tout simplement ? Et je me suis dit, bah, oui, en fait. Il fallait que quelqu'un me le dise pour que je le fasse. Et c'est là que j'ai commencé à écrire l'histoire qui a été publiée.

Atryas : pourquoi le S ne se prononce pas

Ybelion — Et là, tu parles de... de Atrias ou de... Atria ! Atria ! Ah, j'ai hésité ! Tu sais qu'avant de voir, j'étais là. Putain, attends, est-ce qu'on prononce le S ou pas ? Bon, dommage. Atria.

Rozenn — Ça ne me plaît pas, tout le monde prononce le S et ça me fait doucement rire parce que je dis rien, en fait.

Ybelion — Aïe, aïe. Non, Atria. OK.

Rozenn — C'est cette histoire, oui, que j'ai commencé à écrire là-bas.

Ybelion — OK. Et alors, du coup, vu qu'on a parlé du nom, mais... J'insère cette question dans une parenthèse. Pourquoi Atria ?

Rozenn — Alors, je vais te décevoir, mais je n'ai pas choisi le nom.

Ybelion — Incroyable. Moi, je trouve ça... Je sens qu'il y a une anecdote dessous.

Rozenn — Je suis très mauvaise à trouver des noms. J'étais, en tout cas, ça s'améliore aujourd'hui. Ça ne peut pas aller pire que le niveau que j'avais avant. Mais j'étais très nulle. Et en fait, pareil, c'est mon copain qui m'a trouvé ce nom, qui est sorti de nulle part. Je suis désolée, je n'ai pas d'anecdote là-dessus. Mais par contre, le S, en fait, qui est dans le nom de Atria, c'est un S pluriel.

Ybelion — OK.

Rozenn — C'est pour ça qu'il ne se prononce pas.

Ybelion — OK, OK. Ça fait sens. Écoute, moi, je trouve que si, au contraire, c'est une belle anecdote, parce qu'on sent l'importance de l'entourage dans le processus d'écriture et le fait de commencer. Et c'est hyper sous-coté, en vrai. Parfois, juste de dire à haute voix qu'on a envie d'écrire. Les gens disent, pourquoi tu ne le fais pas ? Et parfois, c'est juste cette sorte de permission qu'on s'autorise après ça. Et donc, c'est trop cool. C'est trop cool si tu peux partager ça et que tu es soutenu aussi dans ce processus-là.

Le soutien, angle mort de la vie d'auteur

Rozenn — Le soutien, c'est vraiment une des choses les plus importantes quand tu écris, parce que tu es tout seul devant ton écran. Et si tu n'arrives pas à trouver du soutien quelque part, que ce soit des amis, de la famille ou des gens randoms sur Internet avec qui tu vas allier des liens, c'est très difficile de tenir le rythme.

Ybelion — Oui, c'est clair. C'est même... Je trouve ça hyper dur dans les moments surtout difficiles, en fait. Parce que, quelque part, quand tout va bien, on est dans le flow et tu ne te poses pas trop de temps. question. Mais quand tu doutes de tout, avoir quelqu'un qui dit « t'inquiète, tout va bien se passer », franchement, ça fait du bien. Ça fait du bien. Et dans le voyage au Canada, du coup, que tu fais, c'était... Alors, je n'ai pas les calculs en tête, mais c'était il y a quelques années. Et combien de temps tu mets pour... Au moment où tu as ton copain qui te dit « en vrai, pourquoi pas écrire ? » Et le moment où ça... Où tu arrives vraiment à... À quelque chose où tu te dis « putain, c'est une version terminée, je ne vais plus pouvoir publier, etc. »

Rozenn — Ah, en fait, entre le moment où j'ai commencé et le moment où je l'ai publié, il s'est coulé deux ans, mais je ne suis pas partie de zéro. J'avais déjà... Je ne vais pas dire l'histoire en tête, mais j'avais une idée et quelques... Surtout quelques personnages, en fait, avant de commencer. Et si, il me semble que j'avais quand même un début de plan. Si, j'avais un début de plan aussi. En fait, j'avais commencé à l'époque où j'écrivais un petit peu à rédiger les premiers chapitres qui ne sont pas du tout ceux qui ont été publiés. Et c'est là-dessus, en fait, que ça m'a permis de démarrer un peu plus vite parce que j'avais cette idée-là. Mais oui, deux ans sinon pour le publier.

Une idée portée depuis ses 16 ans

Ybelion — Et donc, j'entends que c'était une idée que tu avais en tête depuis un moment, c'est ça ?

Rozenn — Oui, c'était une idée que j'avais depuis mes 16 ans. Parce que j'écris depuis assez longtemps, en fait. J'avais une enfance assez merdique. Et pour m'évader, en fait, j'écrivais beaucoup de choses imaginaires. Et mon époque manga, pendant mon adolescence, je regardais beaucoup tout ce qui est Naruto, Bleach, tout ça, tout ça. Et à l'époque, je voulais faire un manga parce que je dessine. Mais c'est beaucoup de travail. Enfin, juste faire une planche, c'est super long. Donc, j'avais toujours... J'avais quand même toujours cette idée avec l'histoire de base. Et ça a fini par s'affiner, en fait. Et par rapport à moi, à la personne que je suis devenue et à quel point j'ai mûri, j'ai ajouté, en fait, tout ça dans le projet actuel.

Ybelion — Oui. Et à quel point c'est compliqué ? Parce que moi, c'est une difficulté que j'ai pu rencontrer et que je vois certains auteurs rencontrer. C'est quand tu portes une histoire, souvent, tu sais, qui vient de l'adolescence, quand tu as 14, 15, 16 ans. On a souvent un œil un peu d'enfant, tu vois, peut-être un peu naïf, tu vois, sur ces textes-là. Comment tu as réussi, toi, à les transformer avec ton prisme d'adulte, je dirais ? Moi, c'est vraiment un chantier que je ne trouve pas évident. Enfin, tu vois, d'un point de vue personnel, quand je retombe sur des très vieux trucs, tu me dis, ah putain, il y a du boulot, quoi.

Truby, Lavandier : transformer une idée d'ado

Rozenn — En fait, l'idée de base, c'est que le personnage principal cherchait quelqu'un qui avait disparu de sa famille. Et c'est ça qu'il lançait dans sa quête. Donc, c'est... Et il y avait des... des choses... Comment définir ? Des êtres, en fait, à l'apparence humaine qui gravitaient dans cet univers-là et qu'elle allait rencontrer. Et de ce que ça a changé, en fait, c'est ce personnage, je l'ai gardé, mais elle a beaucoup évolué, justement. C'était très enfantin, très... Des désirs, oui, à l'époque, très basiques, pas du tout poussés ni matures. Et c'est juste ça, en fait, où je me suis dit, ah, ça serait intéressant de creuser, d'aller de tel ou tel côté. Et ce qui fait qu'aujourd'hui, le personnage, ce qu'il cherche à faire, en fait, c'est sauver la vie de quelqu'un d'autre. Et l'idée, en fait, de base, était plutôt... Comment dire ? C'était pas forcément quelque chose d'enfantin, je trouve, le fait de vouloir retrouver quelqu'un de sa famille. Donc, là-dessus, en fait, c'est pas vraiment d'idée sur la transition, mais ce que je peux te dire, c'est que j'ai lu beaucoup de livres de théorie pour apprendre à faire un scénario. Il y a John Truby... Enfin, j'avais eu des cours de scénario pendant ma scolarité, et il nous avait parlé de John Truby, Trudy.

Ybelion — Ouais, Truby, ouais.

Rozenn — Et j'avais regardé les sept clés du scénario, les 22 clés, quelque chose comme ça. Très intéressant. Et j'ai découvert Yves Lavandier derrière, qui est un Français, en fait, qui a fait sa propre méthode, que j'aime beaucoup. C'est pas en mode, faut faire ça, ça fait ça. C'est plus, tiens, si tu réfléchis comme ça, ça peut amener quelque chose comme ça. Et c'est là-dessus, en fait, où j'ai commencé à creuser énormément tout ce qui est besoin, faiblesse, désir, faiblesse, besoin psychologique, tout ça. Et c'est ça qui m'a emmenée, en fait, à développer les idées que j'avais du moi ado. Je sais pas si ça répond à ta question.

Ybelion — Si, carrément, en vrai, c'est super intéressant. Et à chaque fois qu'on parle de Truby, parfois, je tique un peu parce qu'effectivement, en vrai, il dit des trucs assez passionnants. Mais c'est effectivement beaucoup d'injonctions. C'est beaucoup de il faut faire ci, il faut faire ça. Et je trouve que, d'une manière générale, ça peut apporter un peu de confusion, quelque part. C'est très américain. Ouais, exactement. Et j'aime beaucoup plus la seconde approche. Alors, effectivement, j'ai pas lu La Bandier, là. Mais cette approche en invitation à, ou en plutôt se questionner sur ce que tu peux pouvoir, enfin, ce que tu as envie de raconter, comment tu as envie de le raconter. Et se questionner tout autour de ça, je trouve ça beaucoup plus intéressant. Et c'est... Ouais, je comprends. Je comprends, du coup, que tu sois allé plus dans ce sens-là.

Rozenn — Après, je pense que chaque méthode convient à chaque personne, en fait, en fonction de comment il choisit d'écrire.

Ybelion — Ah bah là, tu prêches un convaincu. Moi, je passe mon temps à répéter que les méthodes secrètes n'existent pas et que la bonne méthode, c'est celle qu'on se découvre. Donc, ouais, je suis totalement, totalement d'accord avec toi. C'est une très bonne question, d'ailleurs. Comment, c'est quoi ta méthode, toi, pour écrire ?

« C'est quoi ta méthode ? » — J'en ai plusieurs

Rozenn — J'en ai plusieurs. Ça dépend du projet.

Ybelion — Ah, c'est marrant. C'est-à-dire en fonction des projets, du coup, différents fonctionnements.

Rozenn — Oui.

Ybelion — Ah, tiens, c'est intéressant. Est-ce que tu peux nous parler peut-être des différentes manières, du coup ? Ouais. Non, je te laisse le champ libre parce que j'ai plein de questions qui me viennent, du coup, mais une par une.

Index cards, indices semés, tout est cadré

Rozenn — Là, actuellement, j'ai publié deux livres différents, on va dire. dans ma saga Atria, j'en ai deux qui sont sortis et j'écris à côté une romance d'un univers complètement différent. Atria, c'est très cadré, très plan, tout est fait. Tu as le scénario de mon tome 3, là-derrière, pour te dire, avec la méthode de l'index card.

Ybelion — Ouais.

Rozenn — Et vraiment, tout est cadré, tout est chapitré. Chaque chapitre, je sais exactement ce qui va se passer. Bon, bien sûr, ça peut... Je me laisse une marge d'évolution, comme le tome 2, par exemple. La fin, je l'ai revue au moins 4 fois parce que ça ne me convenait pas. Mais je veux que tout soit préparé pour qu'en fait, quand il se passe quelque chose, enfin, je prépare un événement qui va avoir sa conclusion potentiellement dans 5, 6, 10 chapitres après. Mais il me faut, en fait, ce cadrage-là pour être sûre que ça fonctionne, que j'ai bien mis tous les éléments. Parce que dans cette écriture-là, j'aime bien disséminer un peu des indices, laisser les gens réfléchir. Ils peuvent essayer de trouver des réponses et comprendre certaines choses avant que je les donne. Il y a certaines choses aussi que je ne donne pas volontairement parce que ce n'est pas nécessaire l'histoire. Mais tu peux, en fait, avoir plus d'informations si tu creuses. Et donc, j'ai besoin d'avoir quelque chose de très structuré, très réfléchi là-dessus pour pouvoir, en fait, écrire cette histoire-là qui a quand même... Même si c'est un gros jeu, ça a quand même pas mal de personnages, de conflits politiques, d'événements surnaturels et tout que je dois bien préparer pour éviter les incohérences, les délus, sexe, machina, l'intervention divine. Donc là-dessus, oui, c'est très, très cadré. Et à côté, en fait, j'ai une romance que j'ai écrite. Et ce qui fait que je ne suis pas partie en mode cadré, c'est parce que je l'écrivais le soir un peu en mode... J'ai besoin de me reposer, mais j'ai envie d'écrire. Et je n'ai pas envie d'écrire quelque chose qui me prend mentalement beaucoup de cerveau. Et en fait, cette histoire-là, cette romance, je l'écrivais principalement sur mon téléphone. Ce qui fait que j'écrivais ce qui me venait au jour le jour, les scènes, tout ça. Et à aucun moment, j'ai structuré ni réfléchi à comment ça allait se passer. Je ne connaissais même pas la fin, en fait. Juste je me laissais bercer par les personnages qui se construisaient, par ce qu'ils avaient envie de faire. Et ça m'a amenée directement à quelque chose que je voulais. Et j'aime beaucoup ce moyen d'écrire parce que c'est... C'est vraiment en fonction de... Je choisis ce que j'ai envie de faire. À côté, j'ai Atria où je sais exactement quasiment tout ce qui va se dérouler. Je connais à la fin. Je découvre quasiment plus rien. Et à côté, j'ai mes autres projets où justement, je peux me laisser surprendre par des choses qui arrivent et que je n'avais pas prévues. Mais aucune que je trouve plus intéressante que l'autre. J'adore les deux.

La romance écrite sur un téléphone, sans plan ni fin

Ybelion — Oui, ça allait être ma question justement s'il y en avait une que tu préférais. Mais du coup, j'entends que en fait, c'est un peu le mood et les deux te correspondent super bien.

Rozenn — C'est vraiment en fonction de mon humour. Oui.

Ybelion — Je trouve que ça a un côté hyper apaisant le deuxième fonctionnement dont tu as parlé. Beaucoup plus instinctif, beaucoup plus suivre ce qui vient. Oui, ça détend. Ça détend d'écrire sans vraiment avoir de but. Et comment tu as réussi à la fin quand tu le transformes en vraie histoire ? Ça s'est vraiment goupillé tout seul ou tu as dû retravailler peut-être un peu la cohérence ?

« Ça va être très insolent » : l'histoire a marché toute seule

Rozenn — Ça va être très insolent ce que je vais dire.

Ybelion — Vas-y, lâche-toi.

Rozenn — Mais l'histoire, en fait, elle a fonctionné comme ça.

Ybelion — C'est trop bien, en vrai. Mais ça prouve que l'instinct est un bon conseiller aussi. Parfois, il ne faut pas trop se prendre la tête avec des trucs de cohérence. C'est pour ça que je trouve ça hyper intéressant que toi, qui aies à la fois un projet où il y a des petites fiches partout, des liens, etc., tu aies pu écrire un projet qui soit totalement instinctif parce que ça prouve bien qu'en fait, regarder la cohérence des autres ou la complexité du processus d'écriture des autres ne dit rien sur ta manière à toi de fonctionner. Donc, ouais, c'est top. C'est top. C'est Captif du désert, c'est ça, le livre dont tu parlais ou pas du tout ?

Rozenn — C'est ça. C'est très cosy, très livre doudou et en fait, je l'ai écrit, la plupart du temps, je l'ai écrit sur un canapé, en fait.

Ybelion — Je me rends encore

Rozenn — pendant des repas de famille où je m'ennuyais un peu, j'avais besoin de moments à moi mais en même temps sans pouvoir m'isoler et je ne sais plus, j'avais passé une heure sur mon téléphone à écrire une scène qui se passe dans un bateau qui figure aujourd'hui dans le livre et ouais, ce livre est écrit comme ça et c'est pour ça qu'il n'est pas prise de tête à lire et que les gens en fait l'aiment bien, il est addictif, il se lit bien, je ne l'ai pas pensé comme Atria, à chaque chapitre, à une manière de se faire dedans, enfin, quelque chose qui est raconté dans le chapitre et en fait, il vaut mieux lire les chapitres après chapitre alors que Captive, c'est plus justement en mode des scènes en fait qui s'ajoutent. Enfin, j'ai plus écrit dans la longueur et après, j'ai coupé à des moments, des moments, il y avait des cliffhangers donc c'est vraiment, même la structure est complètement différente.

Ybelion — Ok. Et celui-là, il a été plus rapide à écrire du coup ?

Rozenn — Il me semble, je crois que je l'ai écrit en... Vu que je ne lui allouais pas le temps d'Atria, oui, il a écrit plus vite.

Ybelion — Ah ok. Ok, ok. je trouve ça fascinant d'avoir... de voir que tu as deux fonctionnements qui sont aussi opposés, je ne sais pas, ce n'est pas le bon terme mais qui en tout cas tournent de manière différente.

Rozenn — Oui.

Ybelion — Et Atria, c'est ton... C'est... J'entends que c'est ton univers un peu à toi où tu construis beaucoup d'histoires à l'intérieur, c'est ça ?

Rozenn — Non, même pas, c'est juste une histoire en fait d'un personnage qui cherche à sauver quelqu'un.

Ybelion — Ok. Et est-ce que j'ai vu qu'il y en avait deux, c'est ça ?

Rozenn — Oui.

Ybelion — Ok, c'est une déologie ou pas du tout ?

Trilogie, procrastination et peur d'écrire la fin

Rozenn — Non, c'est une trilogie et le 3 est attendu et je procrastine. En fait, j'ai juste peur d'écrire la fin.

Ybelion — Ah ouais, c'est vrai ? C'est... C'est quoi qui te fait peur si ce n'est pas indiscret ?

Rozenn — J'arrive pas à mettre des mots dessus, c'est juste que je suis bloquée, ça fait un an, un an et demi que je n'ai pas écrit sérieusement dessus, il me semble, ce qui est effrayant, j'ose même pas le dire et j'avais presque fini mon premier jet, il me restait les quatre derniers chapitres et les quatre derniers chapitres c'est les chapitres de conclusion. Donc c'est même pas les plus durs à écrire mais je n'arrive pas, j'ai arrêté à ce moment-là et là, dès que je me dis que je vais reprendre, je ne sais pas, je n'ai pas cet engouement mais j'ai toujours eu en fait à la fin de mes projets un blocage et je suis obligée de me pousser très fort et là, pour te dire, cette semaine en fait, je reprends sérieusement l'écriture pour terminer ce premier jet une bonne fois pour toutes mais je suis bloquée. Je ne suis pas bloquée sur l'écriture, juste bloquée sur ce projet.

L'hydre à plusieurs têtes de la page blanche

Ybelion — Ok, ok. Loin de moi, l'envie d'enfiler la casquette de coach qui capte des petits mots que j'aurais envie de questionner mais si je peux te partager une question qui peut parfois aider un peu sur ces pages blanches un peu inexplicables en vrai, surtout quand on est quelqu'un qui a déjà écrit etc. C'est de se demander qu'est-ce que ce chapitre est différent des autres qu'on a écrits mais pour nous, tu vois, pas en sens, pas en termes d'intrigue ou ce genre de choses. C'est-à-dire, dans cette scène que je dois écrire et que je n'écris pas, qu'est-ce qu'elle est différente de celle que j'ai écrite juste avant ? Et de voir comment elle résonne en nous, quels sont les mots qui viennent, quels sont les instincts qui viennent et s'il n'y a rien qui vient quelles sont les couleurs et n'importe quoi, tu vois, et tirer ce fil-là, tu vois, voilà, et tu trouveras peut-être des clés, des clés, voilà. Je note,

Rozenn — je note.

Ybelion — Ça, c'est le, c'était un peu, c'est marrant que tu parles de ça parce que je ne sais pas pourquoi la page blanche a été un sujet récurrent de, il y a deux semaines ou une semaine avec les coachings que j'ai pu avoir et j'en ai un peu déduit que la page blanche était une espèce d'hydre qui a plusieurs têtes, tu vois, et quelque part, tant qu'on la, on la, on la combat en surface, tu vois, en fait, on coupe des têtes qui repoussent et ce qu'il faut, enfin, ce qu'il faut, tu vois, je n'ai pas envie de rentrer dans les injonctions mais du coup, ce que j'invite les gens à faire de manière générale, c'est quand on est confronté à une tête, tu vois, avant de la couper, de la remonter pour voir là exactement qu'est-ce qu'elle vient toucher chez nous, tu vois, parce qu'en fait, ça peut être tellement de choses, tellement de choses. C'est vrai,

Rozenn — tu as mis les mots dessus, je n'ai jamais osé le dire mais oui, c'est le syndrome de la page blanche.

Ybelion — Il est, je ne sais pas, je pense que c'est, enfin, franchement, on peut poser la question à tous les auteurs, je pense que 100% disent que ça leur est déjà arrivé, tu vois, et si je devais te faire le partage personnel, moi, ça a été, il y a un personnage qui m'agaçait énormément et un jour, je me suis rendu compte que c'était une partie de moi que je détestais, tu vois, et j'étais là, enfin, que je détestais, je suis un peu, j'abuse peut-être un petit peu mais en tout cas, une partie de moi que je n'avais pas vraiment envie de voir, tu vois, et quand je l'ai vu, j'ai fait, ah ouais, ok, et quelque part, ça a tout libéré, tu vois, ça a, comme si tu crevais un ballon qui était coincé ou que tu retirais le couvercle d'une cocotte minute, tu vois,

Rozenn — et là,

Ybelion — tu fais, ah putain, ça fait du bien, enfin, je comprends, c'est parce que je n'avais pas vraiment envie de creuser ce truc-là chez moi, donc, chez mon personnage, tu vois, voilà, enfin bref, ça, je pourrais en parler très longtemps, mais je vais éviter de trop m'étaler, en tout cas, je te souhaite de vaincre cette page blanche, quand elle passera, tu seras trop contente,

Rozenn — et c'est,

Ybelion — tu l'avais déjà initialement pensé comme une trilogie ou c'est né un petit peu au fil de, je te vois rigoler ?

De cinq tomes à trois : couper ce qu'on aime

Rozenn — J'ai envie de dire que comme beaucoup d'auteurs qui écrivent un premier livre, j'avais prévu beaucoup de livres dans cet univers.

Ybelion — 15, 20,

Rozenn — je ne sais pas, je ne peux même pas dire, je pense au moins 5, au moins.

Ybelion — Incroyable.

Rozenn — mais je me suis dit que c'était mieux de réduire le, comment dire, pas l'univers, mais l'histoire que je voulais raconter, parce que sinon, ça allait durer beaucoup d'années, et pour une première histoire, est-ce que j'avais envie, en fait, que ça dure aussi longtemps ? Donc, j'ai pris la décision de le faire en trois, et ce qui a été dur, en fait, c'est de supprimer certaines intrigues que j'avais en tête, certains développements de personnages auxquels je m'étais déjà attachée, mais au final, aujourd'hui, ce qui est devenu l'histoire, je suis super contente, j'estime que j'ai fait un bon choix aujourd'hui, vis-à-vis de la vitesse à laquelle l'intrigue avance, et du développement des personnages à côté. Mais oui, sinon, de base, j'étais partie sur jusqu'à ma mort.

Ybelion — En vrai, c'est une décision super courageuse de choisir une direction, et surtout, de supprimer, tu sais, tous les trucs auxquels on tient vraiment, mais qui ne servent pas vraiment l'histoire. Et ça, c'est vraiment pas évident. T'as eu un déclic particulier sur ça, à un moment ?

Rozenn — En fait, je me suis rendu compte que le tome 1 était beaucoup trop long et qu'il fallait que je le coupe en deux. Et là, je me suis dit, mais si je commence à couper le 1 en deux, le 2 que j'ai prévu en tête, je vais le couper en deux, et le 3. Et c'est là que je me suis dit qu'il fallait que je fasse quelque chose et que j'ai revu ma structure là-dessus, sur ce que je pouvais supprimer là-dessus. Mais oui, c'est vraiment, quand j'ai vu que le tome 1 était beaucoup trop long.

Ybelion — OK. C'est vraiment, c'est le... ce côté, l'univers au service de l'histoire et pas l'inverse. C'est... Sinon, c'est vrai que tu peux passer ta vie à construire ton univers et avoir 35 milliards d'idées d'histoire. Et puis, tu tires un fil et puis hop, t'as deux nouvelles idées avec trois nouveaux personnages qui eux-mêmes...

Rozenn — Surtout dans la fantaisie.

Ybelion — Ah ouais, c'est clair. C'est clair. Toi, c'est le style qui te plaît le plus ?

Ni dragons ni elfes : inventer absolument tout

Rozenn — Oui, j'adore l'imaginaire et là-dessus, en fait, sur cette histoire, j'ai choisi d'inventer... Comment dire ? Ça m'énerve de voir des histoires avec des dragons, des elfes, partout. Je me dis, c'est dommage, on peut créer quelque chose comme on veut. Pourquoi, en fait, reprendre des idées qu'on a déjà vues ? Et je me suis dit, qui t'a inventé un monde, autant tout t'inventer. Et donc, j'ai inventé tout mon bestiaire, mes créatures, ma végétation. J'ai gardé certaines choses comme l'or, l'argent, le métal. Mais sinon, tous les animaux, en fait, je les ai inventés, ils apparaissent au moment où j'en ai besoin, on va dire. Je veux pas m'amuser à inventer des trucs pour inventer des trucs. Et c'est là-dessus, en fait, où je me suis fait plaisir. Vraiment, il n'y a rien qui existe. Si forcément, il y a le ciel, il est bleu. À la base, j'avais pas quatre saisons, j'étais partie sur plus, mais j'ai choisi de partir sur un truc totalement imaginaire, en fait, quitte à s'amuser, autant y aller à fond.

Ybelion — Incroyable. C'est laquelle l'invention la plus... peut-être la plus... que tu trouves la plus cool ?

Le loupin, mi-loup mi-lapin

Rozenn — Ah ! Facile ! Il fait défoncer là-dessus sur une chronique littéraire à propos de ça. c'est le loupin. C'est un mix entre un loup et un lapin, je vais pas le cacher. Mais en fait, j'aime beaucoup cet animal-là par rapport à comment je l'ai créé, parce que j'adore les lapins. Et donc, je l'ai fait vraiment comme une bête, en fait, un peu sauvage, qui est impossible à empoisonner. Enfin, très difficile. Et donc, dans l'histoire, en fait, je questionne tout ce qui est expérimentation. Enfin, je questionne. C'est des petits trucs que je mets. C'est pas centré, ça te fait réfléchir. L'expérimentation des médicaments sur ce type, sur les animaux. Et le loupin, en fait, il a une place très centrale là-dessus. C'est le surnom d'un de mes personnages aussi. Et c'est un peu, j'aime bien mettre, suivre quand les gens, je leur dis de me suivre, de suivre le loupin noir pour la référence à l'Issopée des Merveilles. C'est plus un ensemble, même si la bête n'a rien d'eux et qu'il y en a qui sont beaucoup plus intéressantes, on va dire. Mais celle-là, c'est plus tout ce qui a été fait autour.

Le youtubeur qui a détesté le loupin

Ybelion — Et tu disais qu'on t'avait critiqué avec véhémence pour l'invention du loupin.

Rozenn — Comment dire ? J'ai digéré cette critique, je te précise. C'était, ça m'avait plus fait rire, en fait, à l'époque, parce que c'est, elle est disponible, en fait, sur YouTube. C'est, t'envoyer, en fait, ton livre à un YouTuber qui allait le lire et en faire un retour. Et à cette époque-là, j'avais découvert pas mal d'auteurs, en fait, grâce à ses retours, bons ou mauvais, mais ça m'a permis d'en découvrir. Et donc, je lui avais envoyé mon livre, il l'a lu, il ne l'a pas du tout aimé. Il n'y a pas de souci là-dessus, chacun a ses goûts. Et je me souviens qu'il a critiqué, en fait, le loupin, comme quoi, quitte à inventer un univers imaginaire, autant aller plus loin que ça. Et je comprends, en fait, pourquoi il l'a dit, ça. Et j'ai deux types de manières de faire. J'ai des animaux que tu ne verras nulle part ailleurs. J'ai des filvants, ça ressemble à des émeux, enfin, des autruches à quatre pattes, avec un dos rond comme un dromadaire, enfin, des trucs comme ça. Et d'autres choses que, pareil, tu ne peux pas retrouver de ressemblance, mais à côté, je suis un peu plus « feignante » parce que je ne peux pas tout inventer de zéro et je me vois mal inventer des choses, je ne sais plus, un gloubi-boulga, comme créature et ça sera un truc avec des tentacules et des croûts et des cordes. Et donc, là-dessus, en fait, il m'avait dit, enfin, il avait dit en vidéo que c'était... Je n'ai plus les mots, donc je vais forcément paraphraser de façon tellement mauvaise, mais que, en fait, ce n'était pas pourquoi créer ce genre d'animal pour faire ça. Et ce qui m'a fait énormément rire, c'est que le loupin, quand je suis en salon littéraire, c'est mon banger. C'est-à-dire que je vends des affiches et des cartes et des possibles. je ters et tout et c'est lui qui parle mieux parce qu'en fait, ça résonne chez les gens. Je chope les gens qui aiment les loups, je chope les gens qui aiment les lapins et j'ai découvert tellement de gens qui aiment les lapins grâce à lui. Donc, ça m'a fait rire, en fait.

Ybelion — En fait, c'est... Je comprends la critique qui, en disant, c'est d'une apparente simplicité, mais je trouve que c'est peut-être là que le truc se trouve, qui est vraiment cool. tu vois. Parfois, les meilleures inventions ne sont pas les plus... celles qui paraissent le plus extraordinaires. Je suis d'accord.

Olifants, dahu et la beauté des inventions simples

Rozenn — Je me dis, dans ces cas-là, critique le seigneur des oineaux et leurs olifants. C'est juste des gros éléphants.

Ybelion — Un gros éléphant.

Rozenn — Mais ça fonctionne.

Ybelion — Exactement. Et puis, c'est un peu... Après, je pense que la créativité se situe à tous les niveaux, tu vois, mais quelque part, comme tu l'as dit, tu vois, ça rattache aussi beaucoup à ce que les gens connaissent. C'est comme quand tu utilises un trope ou un autre. Quelque part, la personne sait tout de suite ce qu'elle va découvrir. Bon, voilà. Quand tu entends le loupin, tu sais tout de suite que, OK, je vais avoir un loup, je vais avoir un lapin. C'est bon, je vois à peu près ce que c'est. Et peut-être même que tu auras des... Parce que moi, les olifants, je pensais que ça existait vraiment. Après, je me disais, attends, mais peut-être qu'en fait, ça a vraiment existé. Peut-être que tu déclencheras chez des enfants la recherche du loupin.

Rozenn — Je m'en viens. Comme le dahu.

Ybelion — Exactement. Qui est un animal qui existe, d'ailleurs, le dahu. Il faut juste être attentif et tourner dans le bon sens sur la montagne. Mais ça, c'est un autre débat.

Rozenn — C'est très légendeux.

Ybelion — Ouais. C'est incroyable, incroyable le dahu. Ouais, tu vois, ça, c'est pareil. Finalement, c'est une chèvre un peu mal branlée, mais quelque part, quelque part, voilà. C'est pour ça que c'est une invention fantastique.

Rozenn — Elle est différente de tes standards. Elle n'est pas forcément mal branlée.

Ybelion — Exactement. C'est une très bonne remarque. C'est vrai. C'est vrai, c'est vrai. C'est exactement ça. C'est exactement ça. J'aime beaucoup. J'aime beaucoup. Et je pense que quand j'étais petit, j'ai cru que ça pouvait exister aussi. Je crois que mon grand-père avait été suffisamment malin avec ça pour me faire croire que le dahu existait. et ça, c'est trop... Ça, c'est... Alors, tu vois, sur ces animaux fantastiques que tu inventes, il y a quand même ce que tu as dit qui est toujours hyper intéressant, c'est que tu n'en as pas créé qui ne servent pas entre guillemets l'histoire. Parce que... Enfin, peut-être... Peut-être. Peut-être un petit peu. Mais ce que je veux dire par là, c'est que tu n'as pas créé ton bestiaire de 10 000 animaux avant de commencer à raconter ton histoire.

Le piège du worldbuilding

Rozenn — Non, je trouve que ça, c'est une très bonne manière de se perdre avant d'écrire.

Ybelion — Ouais, c'est vrai. C'est vrai. C'est tout le rapport au world building parfois un peu excessif qu'on a. Et toi, j'ai entendu du coup que tu avais un moment décidé de dire OK, en fait, moi j'ai envie de raconter des histoires, mais tu as déjà été happé par ce world building peut-être excessif qu'on peut connaître quand on est auteur de fantasy.

Rozenn — Non. Non, parce que pour moi, en fait, dans ma manière d'écrire, ce qui est plus important, en fait, c'est l'histoire racontée et les caractères des personnages.

Ybelion — OK.

Rozenn — OK.

Ybelion — C'est très drôle, en fait,

Rozenn — pour écrire de la fantasy de dire ça.

Ybelion — C'est franchement, t'évites peut-être un des plus gros pièges des auteurs de fantasy. et c'est vrai que je n'en ai pas entendu beaucoup dire ça. Mais c'est trop bien. C'est trop bien. Bravo. Tu aurais un conseil pour les gens qui se perdent dans leur world building ?

Rozenn — Pas forcément, parce que j'ai un ami qui se perd dans ce world building et je n'ai jamais réussi à l'aider. donc, je pense vraiment que c'est propre à chacun, en fait.

Ybelion — Oui.

Rozenn — C'est qu'il faut que la personne, en fait, qu'est-ce qu'elle a envie de raconter ? Ce qu'elle a envie de raconter, c'est faire du world building. Donc, dans ce cas-là, est-ce qu'elle veut vraiment raconter une histoire et écrire un roman ou faire autre chose ? Je ne m'y connais pas, mais du JDR ou ce genre de choses. C'est peut-être plus ça, en fait, plutôt que d'essayer à chaque fois de contrer ça.

Ybelion — Oui, tout à fait. C'est la meilleure question, cette clarté d'intention qu'on a avec ce projet-là. De manière un peu provocante, tu peux poser la question aux gens. Est-ce que tu as envie qu'on se rappelle de toi comme quelqu'un qui a écrit une encyclopédie ou qui a raconté une histoire ? Et généralement, hop, tout de suite, ça hape d'un côté ou de l'autre. Parce qu'il n'y a pas de mal à vouloir créer le plus beau bestiaire du monde ou le plus bel univers du monde.

Rozenn — Tout à fait.

Ybelion — Effectivement, voilà. ça... Ouais, c'est juste des intentions différentes et de toute manière, il faut un peu de tout pour faire un monde, quoi. C'est fou. Et alors, dans tes inspirations, j'ai entendu les mangas tout à l'heure, tu disais. Pas que, ou...

Nausicaä, Katniss, Made in Abyss : les inspirations

Rozenn — Ça, c'était avant.

Ybelion — Ah, c'était avant. Mais c'est ça qui a initié l'histoire, quand même ?

Rozenn — Il en reste plus grand-chose. Si je devais... Honnêtement, des mangas, il y a peut-être 0,5% qui en reste. Non, c'est pas... J'ai pas gardé, tu vois, l'idée que j'avais quand j'étais adolescente où je voulais à tout prix m'accrocher. C'est vraiment, en fait, après, quelle histoire je voulais raconter. Mes inspirations, c'est assez simple là-dessus. j'ai forcément Nausicaa et la vallée du vent des studios Ghibli. OK. Tout ce qui est la forêt, en fait, parce que j'ai une forêt assez particulière dans mon univers. Et donc, il y a ça qui m'a inspirée pour le caractère de mon personnage principal. j'aime beaucoup Katniss, en fait, dans Hunger Games. Son côté très froid, très... très particulier envers les autres, mais avec un fond vraiment adorable. L'amour, en fait, qu'elle porte à sa sœur et le rôle, en fait, du héros qu'elle a jamais voulu et qui est très détestable à tenir là-dessus. Il y a un manga que j'aime beaucoup, c'est très controversé sur certaines choses. Made in Abyss. C'est des adolescents qui vont dans une... Je ne sais pas si on dit un ou une abyssée. Et dedans, il y a plein de créatures imaginaires, de la végétation complètement tordue. Et ça, c'était une grosse source d'inspiration aussi. Et je crois que j'en ai d'autres, mais que j'ai oublié. Si... Bah, forcément, Avatar, avec la planète Pandora aussi. Donc ça, ça doit être mes inspirations principales.

Ybelion — c'est... Moi, ça me fait toujours... Je trouve ça toujours incroyable de voir le côté... C'est passeur d'histoire qu'on a. On récupère toutes nos inspirations et puis on fait ce monde-là n'existe pas encore. Hop ! Et hop, tu le donnes aux autres et c'est... J'ai pas les mots, moi. Je trouve ça toujours fantastique. Surtout la fantasy. Je me dis que c'est incroyable de voir ce que les gens arrivent à inventer.

Rozenn — Ouais, on est tous tordus.

Ybelion — Bah ouais, quelque part, on est tous le fou du bus, quoi. C'est ça qui est ouf. C'est ça qui est ouf. Oh là là. Et c'est le... C'est marrant que tu aies parlé de Katniss. Parce que... Alors, je sais pas si c'est... Je sais pas si c'est le jeu d'acteur de Jennifer Lawrence. Mais j'ai toujours eu un problème avec Katniss et j'arrive pas... Et en fait, quand tu le dis, je... Putain, c'est fou, j'ai jamais réussi à mettre vraiment de mots sur pourquoi j'appréciais pas plus que ça Katniss. Parce qu'en plus, tout ce que tu dis, ça fait extrêmement sens. Et en fait, elle le porte super bien. Et en fait, quand je m'entends parler, je me rends compte que justement, Jennifer Lawrence joue super bien ce côté hyper froid et un peu sans émotion. Et pourquoi ? Ouais, c'est fou ça.

Katniss, Gale et le procès de Hunger Games

Rozenn — Je sais pas. Qu'est-ce que t'aimes pas sur Katniss ?

Ybelion — Je crois que j'ai... Ah putain, c'est une très bonne question ça. C'est une très bonne question. Bah écoute, je crois que ce qui m'a toujours un petit peu dérangé, et peut-être que c'est le côté romantique, je sais pas, mais j'ai jamais trop apprécié cette espèce de double jeu qu'elle avait avec Pita et avec Gail. C'est peut-être un peu idiot dit comme ça, parce que ça un peu, c'est pas forcément important tu vois, dans l'histoire au global, mais je crois que c'est toujours ça qui m'a un petit peu dérangé. Et en fait, je me rends bien compte en le disant que c'est aussi parce qu'elle est portée par... Enfin, la chose la plus importante pour elle, c'est sa sœur. Et tout le reste est moins important. Et encore moins, les sentiments de gars autour qui sont focus sur ça au lieu de dire mais vous voyez pas que le monde est en train de cramer, en fait.

Rozenn — Est-ce que vous l'avez lu les livres ?

Ybelion — Je les ai lus, mais je t'avoue que je m'en rappelle... Je m'en rappelle pas trop. La seule chose que je peux partager sur les livres, c'est que je suis très mauvais en description. Je fais pas du tout attention aux descriptions. Et donc, pour moi, Pitta était grand, gros et roux. Ce qui n'est pas du tout le cas et c'est d'ailleurs très bien expliqué. Mais voilà. Donc non, je me rappelle pas trop des livres en vérité. Parce que je suis peut-être un peu loin de la vérité, en fait. Je suis peut-être très déformé aussi par la vision qu'on en donnait les films.

Rozenn — Je sais qu'il y a une autre personne qui m'avait fait une critique sur la romance qu'il détestait dans les Gorgames. Je comprends totalement et ce que j'aime beaucoup dans les livres, c'est que cette romance, c'était juste pour... Tu le sens beaucoup plus pour revenir en vie. Et c'était un peu un accord avec Amitch où, quand il lui a envoyé des cadeaux, c'est... Dans le film, il note un message. Alors que dans le livre, il n'y a pas de message qui accompagne. C'est juste, elle va tester quelque chose et elle va voir en réponse, en fait, le cadeau qu'elle a. Donc, quel geste Amitch attend d'elle pour justement avoir des sponsors, sortir envie de ça. Donc, c'est pour ça que la relation, elle démarre comme ça. Tiens, vas-y, je lui fais un... Je ne sais plus si c'est un bisou sur la joue, sur la bouche, mais tout petit. Et elle a juste un tout petit bol de soupe et en fait, elle interprète ça. Ah ouais, tu offres... Tu nous donnes que ça ? Je te donne que ça. Si tu veux plus, il va falloir faire plus que ça. Et j'aime beaucoup ce côté-là. Et pareil, dans la suite, il me semble que sa relation avec Gail, que je ne peux pas piffrer ce personnage, je le déteste.

Ybelion — Ouais, bah moi aussi, je te rejoins.

Rozenn — Il n'a rien pour lui. Et il me semble qu'en fait, il est très manipulateur, déjà dans le film et dans le livre, il fait des choses et il sait que Katniss va réagir comme ça. Et c'est lui qui, au final, il me semble réussi à faire en sorte qu'elle l'embrasse dans le livre parce qu'il a compris comment il fonctionnait. Et je trouve ça assez horrible, en fait, de la part de ces personnages-là qui manipulent celle qu'il aime et qu'il a perdue. Mais je ne sais pas, mec, il fallait te bouger plus tôt.

Ybelion — Je suis d'accord avec toi. Je n'ai jamais trop aimé aussi le personnage. Et par contre, du coup, c'est vrai que j'ai une toute autre lecture de... Effectivement, je me rappelle de cette scène du film où elle reçoit le message. Mais là, ce que tu partages avec le fait qu'il n'y en ait pas et du coup, ça laisse supposer aussi de... OK, qu'est-ce que moi, comment je fais pour ? C'est beaucoup plus intéressant. C'est beaucoup intéressant, en fait, et ça. Et du coup, je comprends aussi le côté peut-être très froid que tu as mené tout à l'heure en disant en fait, l'objectif, c'est de survivre quand même. Et bon, on va du coup faire tout pour survivre, quoi. Et ouais. En vrai, il faudrait que je les relise et que peut-être je les re-regarde, je ne sais pas. J'avoue que j'avais beaucoup aimé le 1 et le 2 en film et un peu moins que la fin, je crois. j'avoue que je ne les ai pas revus. Je ne les ai pas revus. Le 2, je le trouvais trop stylé. Je trouvais que c'était une invention fantastique, la carte horloge. Ça rentre dans les idées que j'aurais aimé avoir moi-même, tu vois. Est-ce que toi, il y en a des trucs comme ça, tu les vois passer et tu te dis putain, ça c'est un truc que j'aurais aimé avoir l'idée tellement c'est génial. tu vois ?

Rozenn — Oui, forcément. Après, là, comme ça.

Ybelion — J'ai vu que c'était une question facile.

Rozenn — Je retourne dans des choses que j'ai vues dernièrement et qui m'auraient marqué. Ouais, il y a un film que j'aime beaucoup, c'est... Oh là là, je vais écorcher en anglais. C'est Everything, Everywhere, All at Once. Et j'aime beaucoup le sujet de ce film, la manière... Enfin, le sujet de ce film et l'idée de base. J'aurais adoré raconter cette histoire.

Ybelion — C'est... Tu peux partager ? Moi, ça ne me parle pas, mais...

Rozenn — Sans spoiler,

Ybelion — c'est peut-être dur, c'est ça ?

Rozenn — Je vais essayer. C'est de l'absurde, déjà. Je vais te dire le genre et de la science-fiction. C'est une femme qui tient une laverie et qui a des dettes et qui a rendez-vous avec les impôts.

Ybelion — Ok.

Rozenn — Et c'est une personne qui n'écoute... qui n'écoute pas forcément autour d'elle, qui n'a pas conscience, en fait, des gens autour d'elle, de sa famille, qu'ils peuvent demander certaines choses, avoir une présence. Et en fait, elle découvre que son mari avec qui... qu'elle a... Pour dire, elle s'est mise en froid avec sa famille quand elle était jeune et elle a quitté la Chine. Il me semble que c'est la Chine pour sortir avec cette personne-là. Aujourd'hui, je ne sais plus combien d'années plus tard, veut demander le divorce. Mais pour dire à quel point elle ne le laisse même pas parler ou s'en fout, il n'arrive même pas à lui dire « j'aimerais divorcer ». Il n'arrive pas à tendre son papier. Et quand elle arrive chez les impôts, la nana des impôts est très fermée, porte de prison, pas du tout à l'écoute. Et là, en fait, son mari... Je crois qu'il y a quelque chose qui l'appelle. Et en fait, son mari est là, mais ce n'est pas vraiment son mari. Et il lui dit qu'il vient d'un univers parallèle et que dans ce monde, il y a quelqu'un qui est en train de détruire cet univers et il n'y a qu'elle qui peut la sauver. Et en fait, elle peut prendre tous les pouvoirs de elle dans tous les univers possibles. Donc dans n'importe quel univers, elle est forcément quelque chose. Dans un univers, pour te dire ils ont des doigts qui font cette taille-là. Et donc, elle peut prendre des capacités, mais pour faire ça, elle doit faire quelque chose qui est improbable que tu puisses faire comme te couper quatre fois le bord des doigts avec une feuille de papier pour déclencher en fait ce pouvoir. C'est ça sur tout le film. C'est incroyable.

Ybelion — Hyper intrigant.

Rozenn — J'adore. Il est hyper touchant. Les relations entre les personnages sont vraiment incroyables. Il me fait pleurer à chaque fois tellement l'histoire est magnifique. Mais c'est de l'absurde et très particulier mais incroyable ce film.

Ybelion — Tu as dit everywhere, everything,

Rozenn — everywhere, all at once.

Ybelion — Ok. Ça m'a bien intrigué. C'est fou, je ne sais pas pourquoi, mais ce sujet du multivers revient dans mes conversations récemment. et ça me questionne beaucoup ce truc-là. J'aime bien cette idée de peut-être qu'il y a des mondes où on est justement des versions de nous alternatives.

Rozenn — Là-bas, ils ont ratatouille mais racacuni qui existe. putain,

Ybelion — c'est incroyable. Ça, c'est vraiment un truc pareil, la créativité, après, tu peux y aller. Oui.

Rozenn — Putain,

Ybelion — incroyable. Je vais me perdre dans ces réflexions du multivers. Du coup, je vais recentrer sur le sujet qui nous amène quand même.

Rozenn — Parfait.

Ybelion — Sur ton livre, tu as partagé un petit peu déjà le contexte de l'histoire. Il y a une question que j'aime bien poser aux gens qui ont passé du temps sur leur livre et qui... Ou le livre a aussi traversé les âges, tu vois. C'est... Comment ce livre il t'a changé ?

« Comment ce livre t'a changée ? »

Rozenn — Par l'écriture ? La question, c'est comment ?

Ybelion — Oui.

Rozenn — Le fait de poser des mots sur quelque chose et de les relire au fur et à mesure, ça te permet de voir certains... Forcément, chaque livre parle un peu de nous-mêmes, de voir des comportements qu'on a ou des manières de réagir et de s'en détacher entre guillemets ou aujourd'hui de se rendre compte qu'on a grandi en fait, tout simplement. Mais comment il m'a changé, ce livre ? Il m'a fait... Il m'a fait prendre... me rendre compte qu'on pouvait être heureux.

Ybelion — C'est beau. En vrai, ça me touche parce que c'est d'une étonnante simplicité mais c'est très vrai.

Rozenn — Je suis très naïve dans ma manière de voir les choses.

Ybelion — Non mais c'est génial, en vrai, c'est vrai que l'écriture, ça rend heureux.

Rozenn — en fait.

Ybelion — C'est fou. J'ai fait une rapide rétrospective de ma vie et c'est vrai que ça rend heureux. Je suis totalement d'accord avec toi.

Rozenn — C'était rapide, dis donc.

Ybelion — Non mais c'est vrai, c'est parfois, tu réfléchis à des réponses alambiquées ou profondes, enfin très profondes et en fait, tu te dis, non mais en fait, c'est vrai que c'est aussi simple que ça. Ça met juste... Ouais, ça rend heureux. J'adore. Merci pour ce partage. Je t'ai compris. Et tu disais tout à l'heure que c'était écrit en jeu, c'est ça ? Ou c'est moi qui ai... Ouais. Et en jeu, avec plusieurs personnages ou toujours le même ?

Deux points de vue, dont celui d'un meurtrier

Rozenn — J'ai deux personnages. Donc deux points de vue et volontairement, il y a un point de vue où c'est un... Est-ce que je balance le nom ou pas ? C'est un Atria qui écrit et parce que cette information, tu l'as à la fin du livre et comme c'est une créature que tu connais pas, t'as juste envie de tout découvrir en fait sur elle. Tu as que trois ou quatre chapitres de son point de vue dans l'histoire, tous vraiment frustrants dès que tu les termines.

Ybelion — J'adore. Est-ce que c'est le genre de chapitre que tu lis et il y en a certains qui détestent et d'autres qui adorent parce que justement, t'as tout le côté « Ok, qu'est-ce que vient faire ce truc ? »

Rozenn — Je crois pas qu'on m'ait fait de réflexion comme quoi il détestait les chapitres, mais il y a plein de gens qui m'ont dit vu que ce personnage-là est un comportement très... pas très recommandable. Il y a plein de gens qui m'ont fait rire et qui ont su lire au-delà de ce personnage et de se rendre compte qu'il avait une sensibilité assez forte alors que vraiment, c'est un meurtrier qui... C'est vraiment un meurtrier. Et ça me fait rire que les gens me disent oui, il avait une sensibilité forte et on sentait une solitude qui émanait de lui. Et c'est quelque chose que j'avais pas pris le temps dans le 1 d'expliquer, mais qui doit se sentir en fait dans la manière d'écrire. Et ce qui fait que les gens, en fait, même s'il est censé être vu comme le méchant dans le 1, ne le voient pas vraiment comme un méchant. Mais dans tous les cas, c'est gris. Tout est gris.

Tout est gris : la nostalgie d'un méchant

Ybelion — Quand tu disais que la sensibilité, tu l'avais pas captée tout de suite, c'est-à-dire dans l'écriture du tome 1, c'est ça ?

Rozenn — J'avais pas choisi d'en mettre sur ce personnage-là. Je savais comment l'écrire, je savais son histoire, comment il réagit, mais je m'attendais pas à ce que ça se sente dans l'écriture.

Ybelion — Ok. Et est-ce que ça a changé ta manière de l'écrire dans la suite une fois qu'on a pu te faire ce retour ?

Rozenn — Un peu, je crois. J'ai un peu plus développé ce point-là vu que c'est quelque chose que les gens creusaient. Moi, je pense que j'ai mis un peu plus de nostalgie par rapport à ce que j'avais en tête sur ce personnage-là ou que je voulais dévoiler.

Ybelion — Ok. Quand tu dis nostalgie, c'est-à-dire ?

Rozenn — C'est un personnage qui déteste ce qui lui est arrivé. Il n'aime pas sa condition et qui a une idée en tête et qui aimerait revenir à sa vie d'avant, en fait, une existence plus simple.

Ybelion — Ok. Du coup, ça me fait venir une question, mais je ne sais pas si j'ai le droit de te la poser parce que je ne sais pas si elle est trop spoilante pour le livre, mais...

Rozenn — Vas-y, vas-y.

Ybelion — Un Atria, c'est quoi exactement ? Tu as le droit de ne pas répondre. Franchement, si c'est trop... Ce sera à moi d'aller lire pour découvrir.

Rozenn — Pour vrai, je me dis, s'il y a des lecteurs qui passent par là, de ne pas écouter la suite. Parce que je trouve ça intéressant, en fait, de discuter de ce genre de points. Trop bien. S'ils n'ont pas lu le 1 et le 2, de ne pas écouter ce qui va être dit. Mais un Atria, en fait, c'est quelque chose qui a une apparence humaine. La seule chose qui différencie de l'apparence humaine, c'est la forme de la pupille.

Ybelion — Ok.

Rozenn — Et chaque Atria a une capacité qui a été pensée sur un prolongement, en fait, de son caractère. Pour te dire, j'ai mon antisèche devant moi.

Ybelion — Trop bien. Profites-en.

Rozenn — Il y en a un qui est très porté sur les soins, soigner les autres, vraiment sauver des vies, et qui va développer un... Enfin, il était médecin et qui va développer justement une capacité à modifier les cellules du corps dans le bon ou le mauvais sens. Donc, t'imagines si tu peux toucher au corps humain tout ce que tu peux faire, en fait. Putain, l'histoire, c'est clair. Et le personnage principal que j'ai fait est très sensible, du coup, et qui a une capacité... Là, ça spoil très fort. C'est la fin du 2. Qui, en fait, est capable de... Comment dire ? De transmettre son émotion à quelqu'un d'autre. Donc, si elle est triste, elle peut mettre sa tristesse sur quelqu'un. Et inversement. Et elle peut aussi prendre une émotion de quelqu'un. Donc, si la personne est en colère, elle est capable de la prendre en elle-même ou de la rediriger sur quelqu'un.

Ybelion — Donc,

Rozenn — typiquement, sur une des scènes, il y a quelqu'un qui va buter quelqu'un qu'elle aime bien. Et pour essayer de le faire s'arrêter, elle montre sa détresse à ce personnage-là qui va ressentir sa détresse. Et un point que je n'ai pas mis encore, c'est est-ce qu'au final, le fait de ressentir l'émotion de quelqu'un, ça t'impacte de façon permanente ou ça va modifier ta manière d'être ou pas ?

Ybelion — C'est exactement ce qui m'est venu comme question. En vrai, parce que c'est passionnant ce sujet-là et ces sortes de résonances qu'on a entre êtres humains. J'entends quand tu es dans une démarche d'écoute et d'être attentif à ce que la personne que tu as en face de toi peut t'amener. mais c'est une super bonne question de savoir à quel point on est impacté par ce que déposent les gens. Je ne sais pas si toi, tu le ressens dans ce que tu peux vivre quotidiennement, etc. Mais moi, en coaching, les premières fois, quand tu as quelqu'un en face de toi qui dépose un truc très lourd et par exemple qui se met à pleurer de soulagement ou j'en sais rien, au début, ça fait bizarre. Et tu sais, ça te marque pendant un certain temps. Au-delà de la séance, tu y repenses. Tu vois, tu y repenses. Et je me questionne toujours sur... Du coup, j'imagine que c'est aussi des questionnements qui reviendraient si je lisais ton second tome. Mais je me questionne toujours sur est-ce que le fait de devenir quelque part un peu détaché ou insensible n'est pas le bon mot, tu vois, mais d'être capable de plus l'encaisser, est-ce que ça fait de toi quelqu'un de moins humain, tu vois ? Dans le sens, si je réagis moins aux émotions que je vois, est-ce que c'est moins humain ou alors au contraire encore plus humain parce que tu es capable de comprendre sans ressentir, tu vois ? Je te laisse avec cette question philosophique, je reviens, je vais me faire un café.

Rozenn — Je me dis, ça dépend de toi comment tu choisis de le vivre parce que sur le changement, c'est qui tu veux devenir. Oui, qui tu veux devenir et ça dépend entièrement de toi. Est-ce que tu as envie d'être cette personne ? Est-ce que tu te sentiras mieux être cette personne ?

Ybelion — Oui, c'est vrai, tu as raison, c'est une question d'intention en fait, qu'est-ce que je fais de ça ? Du coup, je répondrais, ça te rend plus humain. Dans le cas qui nous amène, je me rends bien compte que ça permet, ça rassure les gens aussi tu vois, d'avoir quelque part cette... qu'ils aient quelqu'un en face qui se sentent concernés mais pas impliqués. Ça me fait toujours marrer, je te le partage du coup parce que c'est un peu le sujet là, mais dans la formation de coaching, on nous apprend à être justement impliqués mais pas concernés et pour nous faire saisir la différence, ils disent, c'est l'histoire de l'omelette au bacon, le cochon, il est impliqué et la poule, elle est concernée, tu vois. Et voilà, et du coup, ils disent, il faut que vous seriez concernés mais pas impliqués.

Rozenn — C'est une très belle métaphore.

Ybelion — Voilà.

Rozenn — On va finir de suite.

Ybelion — Voilà, voilà. Et tu vois, c'est marrant, ça me fait penser à ça. Putain, trop bien, c'est des sujets hyper intéressants à creuser en fantaisie.

Poser des questions sans jamais y répondre

Rozenn — C'est des petits trucs que je mets en fait à des moments, des dialogues, des questionnements, comme quand je t'ai dit le truc de les tests sur les animaux vis-à-vis de la médecine. Est-ce que c'est OK de chaque mois essayer de presque tuer en fait ton animal de compagnie si tu cherches un remède pour sauver ta fille ?

Ybelion — Oh putain, ouais.

Rozenn — J'apporte pas de réponse. Je montre des choses. Je suis pas là pour dire ça ou ça. En tout cas, moi, je m'estime pas être là pour dire que ça ou ça, c'est bien. Je pose des trucs, je les fais pousser et vous faites ce que vous voulez avec.

Ybelion — Ça rejoint vachement la... Tu parlais des personnages mais c'est la même idée. T'es l'histoire de zone grise un peu et puis ça crée vraiment des conflits de valeurs et en fait, là, ça te renvoie à toi, ta propre truc et tu te dis putain, attends, si c'était moi qui étais là, qu'est-ce que serait le bon choix ? Et du coup, ça te fait réagir aussi par rapport à ce que font les personnages et c'est ça qui fait que certains te plaisent plus que d'autres, etc.

Rozenn — Ah oui, il y a des débats avec des personnages mais tu peux penser que c'est moi qui le pense parce que, entre guillemets, c'est le bon personnage qui le dit.

Ybelion — Ouais. Ah, c'est intéressant ça. C'est aussi le propre de l'auteur, je pense, d'être capable d'explorer des points de vue qui ne sont pas forcément les siens pour servir l'histoire aussi.

Rozenn — Oui.

Ybelion — Et à mon sens, c'est extrêmement important de réussir à partir dans... parfois même l'opposé de ce que tu pourrais penser. quoi. Comment tu fais pour choisir ces sujets peut-être un peu philosophiques quelque part dans le sens où il n'y a pas forcément de réponse mais tu vois par exemple sur le sujet des animaux ou sur ce rapport que tu peux avoir comment les émotions nous marquent, etc.

Les dialogues, sa partie préférée

Rozenn — Ça va encore être insolent mais...

Ybelion — Ça sera le titre.

Rozenn — Je ne les choisis pas vraiment en fait. j'ai construit des personnages et j'adore écrire des dialogues. C'est ma partie préférée. Et c'est juste qu'à un moment, un personnage par rapport à son vécu va amener un sujet sur le tapis et comme ils sont tous différents, ils vont forcément avoir une confrontation. Donc ça en fait, ça vient un peu tout seul. Mais enfin, ce n'est pas tout seul parce qu'il y a eu beaucoup de constructions quand même avant de chaque personnage mais le sujet, il s'invite un peu comme ça, comme une discussion sur le bord d'une table.

Ybelion — Oui. C'est très insolent

Rozenn — de dire ça.

Ybelion — Non, franchement, au contraire, ça rejoint aussi le côté instinctif que tu peux avoir vis-à-vis de l'écriture. Et je trouve que c'est un symbole d'espoir aussi. Parfois, il n'y a pas besoin de passer trop de temps à construire faisant confiance au personnage. T'inquié, ils vont trouver de quoi être pas d'accord. Oui,

Rozenn — oui.

Ybelion — Et quand tu dis les dialogues, c'est ce que tu préfères, c'est... T'aimes écrire les descriptions, les dialogues, tout, c'est vraiment...

Rozenn — Les dialogues, j'adore les écrire parce que c'est... J'ai toujours... Enfin, je trouve ça plus facile, en fait, moi, de mon point de vue. Mais j'aime beaucoup écrire les descriptions dans Atria. Il y a beaucoup de descriptions parce que forcément, il y a une forêt qui est complètement différente. j'ai un monde qui est complètement inventé donc j'ai de la description et j'adore les descriptions qui saisissent... Comment dire ? Surtout les descriptions d'émotions qui saisissent au trip, en fait, vis-à-vis du personnage qui a une forte sensibilité. Mais les dialogues, je trouve ça... J'adore, en fait, jouer avec les mots et forcément, ça se retranscrit dans les dialogues que chaque mot, en fait, a son importance. À un moment, il y a trouvé celui qui percute et tout. Enfin, c'est... Je ne sais pas, moi, ça me fait... c'est ce qui me met en forme d'écrire des dialogues.

Ybelion — Ouais. Moi, je te rejoins. J'aime trop ça. C'est peut-être parce que c'est ce qu'on... C'est ce qui reste le plus réel dans des histoires de fantasy. Quelque part, ça, il pourrait aussi avoir lieu dans la vie réelle. On ne parlerait pas de loupin, mais quelque part, on aurait les mêmes discussions. Ouais. je trouve aussi que... Tu vois, parce que je reboucle avec ce que tu disais sur le fait que tu écrives en jeu. Alors, c'est un avis personnel, tu vois, mais j'adore quand il y a l'écriture en jeu avec les dialogues parce que du coup, en jeu, tu es vachement dans l'intériorité du personnage et dans ce qu'il ressent. Et du coup, tu as son interprétation du dialogue qui peut être différente de l'interprétation du lecteur, tu vois. Et je trouve que ces oppositions, parfois, elles sont hyper intéressantes à exploiter et à explorer.

Rozenn — J'aime beaucoup jouer là-dessus et notamment avec... Alors, il y a une romance dans Atria et comme c'est écrit au jeu, le personnage décrit la personne qui l'attire mais de son point de vue. Donc, de son point de vue, ce personnage est très sensuel, tout ce que tu veux. Je n'ai pas assez développé ça dans le 2, mais en fait, il y a des personnes qui trouvent son love interest pas agréables du tout physiquement. J'aime beaucoup jouer avec ces manières de toi, tu vois quelque chose et tu le vois par le prisme de ton regard et tu vas fantasmer sur cette apparence alors que d'autres, pas du tout. Je trouve ça aussi un peu important de jouer là-dessus.

Ybelion — Oui, ça, c'est trop cool. En plus, c'est... Ce qui m'a toujours fasciné dans les histoires en jeu, c'est que tu prends un personnage récurrent mais qui n'est pas le personnage principal, tu pourrais réécrire l'histoire de son point de vue à lui et elle serait peut-être totalement différente. J'imagine que c'est des concepts, ça a déjà dû exister, des histoires racontées, la même histoire racontée selon différents points de vue.

Rozenn — Attends, ça me dit quelque chose.

Ybelion — Moi aussi, en le disant, je suis passé de... Putain, c'est une idée géniale à une idée qui a déjà été faite plein de fois.

Rozenn — Il y a un peu ça dans Margaret Atwood, le dernier Rome, mais c'est ça sans être ça parce que c'est un personnage qui raconte une histoire et après, tu vas voir un autre personnage à côté qui raconte une histoire mais il me semble qu'ils arrivent au même point à la fin de l'histoire. Au final, tu n'as pas avancé.

Ybelion — Oui, mais tu vois, c'est ça justement. Après, ça permet de... En fonction de là où tu arrives et de ce que tu veux raconter, ça peut être hyper intéressant. Il y a tellement de choses à faire en écriture. Ça m'a rendu créatif notre discussion. J'ai envie d'inventer des trucs.

Rozenn — Ça me fait plaisir.

Ybelion — Putain, j'avais même pas vu l'heure. T'es prise après ou j'ai le droit à quelques questions

Rozenn — de rab? À moi, par mon estomac mais pour l'instant, il me laisse du temps. Ça va,

Ybelion — il te laisse du temps. OK. C'est... Le... 1, 2, 3. Je vais réussir à regrouper mon esprit. Je suis dissipé ce soir, dis donc. Le... Une question que j'aime bien poser et en plus, toi, je pense qu'il y a peut-être matière... Tu m'as déjà parlé du loupin, donc t'as pas le droit de répondre comme ça. Mais... Si t'avais quelque chose de peut-être insolite à partager sur Atria, ça serait quoi?

L'insolite : la question qui aurait tout arrêté

Rozenn — D'insolite? Oh! T'as des questions? Insolite, je suppose, mais attends... J'ai pas d'antisèges devant moi.

Ybelion — En vrai, ça peut être tout et n'importe quoi.

Rozenn — j'aime bien écrire des choses où à un moment, si le personnage avait choisi, au lieu de dire non, de dire oui, l'histoire, elle était terminée.

Ybelion — Ah putain, c'est incroyable ça.

Rozenn — Donc dans le 2, au milieu du 2, si juste la personne, au lieu de dire non merci, avait dit oui, c'était plié.

Ybelion — Putain! Et est-ce que ça, t'as des lecteurs qui le détectent? Parce qu'en vrai, ça doit être subtil quand même, non? De réussir à remonter à la racine.

Rozenn — On m'en a pas... On m'en a pas parlé.

Ybelion — Alors voilà, lecteur à vos recherches, il est temps de trouver le... Putain, c'est trop cool ça.

Rozenn — C'est vraiment... C'est facile en deuxième lecture parce qu'en première lecture, tu ne peux pas... T'as pas accès à une information et quand tu relis et que tu le sais, tu fais, ah oui, d'accord. Et j'aime beaucoup le jeu avec ça, je trouve ça très... très pervers, entre guillemets, c'est mauvais.

Ybelion — C'est la joie un peu manipulatrice de l'auteur, tu sais. Mais par contre, tu déclenches un autre jeu encore plus drôle, c'est que maintenant que les gens sont au courant de ça, quand ils vont lire le 3, ils vont chercher à chaque question, ils vont se dire attends, peut-être que celle-là va tout changer. Et ça, c'est trop cool. Putain, c'est... C'est marrant parce que ça rejoint un peu, tu vas voir les états de mes réflexions en ce moment, mais ça rejoint un peu le truc du multivers qu'on racontait et j'aimais bien cette idée de chacun des choix qu'on fait dans notre vie est important et déclenche quelque part des occurrences qui n'auraient pas existé sans ces choix-là. Et alors, je sais que dit comme ça, ça peut sembler mettre une énorme pression sur tout ce que tu fais au quotidien, mais je préfère le voir comme quelque chose qui te permet de changer ta vie à chaque instant, tu vois. Ça fait un peu def perso dit comme ça, mais j'aime bien cette idée de dire chaque micro-décision que je prends peut en fait avoir un méga impact sur ma vie.

La dédicace du tome 2 boucle la boucle

Rozenn — que je te dise la dédicace du tome 2.

Ybelion — Vas-y.

Rozenn — La moindre décision pourrait avoir un impact considérable.

Ybelion — Ah bah voilà, la boucle est bouclée, c'est incroyable. C'est incroyable. Ouais bah franchement, trop, je suis totalement d'accord avec toi. Je suis totalement d'accord avec toi.

Rozenn — Bah c'est toi qui viens de le dire, donc je n'ai aucun m'arrive plus.

Ybelion — Voilà, non mais voilà, je m'auto-sauce en fait. Finalement, voilà, chacun un seul à notre tour. C'était un trop bien, trop bien. Mais du coup, tu vois, c'est marrant parce que cette dédicace, elle rejoint ce que tu disais sur le fait que tu apprécies que mettre des questions un peu coup près comme ça, ça rejoint ça aussi.

Rozenn — Mais en fait, tu ne sais jamais quel choix tu vas prendre dans ta vie et ce que ça va t'apporter. Tu choisis juste des chemins et tu vois où ça mène.

Ybelion — Ouais, exactement. Et c'est ça, c'est pour ça que ça rend les chemins super beaux, c'est que tu ne sais pas vraiment ce qu'il y a au bout du chemin. Trop bien. Écoute, ça m'a mis dans un mood philosophique notre discussion. J'adore ça. Et franchement, merci beaucoup pour cet échange. Est-ce que tu aurais peut-être un dernier mot pour Atria si tu as envie de glisser quelque chose d'important ? Peut-être qu'on n'aurait pas dit.

Rozenn — D'important ? Non, pas forcément. Renseignez-vous si vous êtes intéressé par l'histoire.

Ybelion — Il est dispo sur ton site, c'est bien ce que je... Oui,

Rozenn — je travaille avec un imprimeur et j'ai des stocks chez moi. Il est aussi sur... Non, je l'ai enlevé d'Amazon la version KDP, il y a juste l'e-book. Mais oui, c'est moi qui envoie tous les exemplaires dans un petit packaging bien fait aux petits oignons.

Ybelion — Ah, trop bien. Trop bien. Écoutez, sentez-vous libres d'aller explorer l'univers du loupin, en fait. c'est peut-être la chose la plus importante qu'on a dit aujourd'hui. Merci beaucoup pour cet échange, ça m'a fait super plaisir. Merci de m'avoir invité. Hâte de découvrir tous ces questionnements que ton livre va me faire ressentir, j'en suis sûr, avec la discussion.

Rozenn — Merci beaucoup. Merci à toi. Merci à toi.

Épisode 101 avec Rozenn

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Rozenn