Quel texte tu gardes à portée d'œil pour les mauvais jours ?
CE QUE RACONTE CET ÉPISODE
J'ai le poème de Kipling imprimé dans un beau cadre, offert je crois par ma grand-mère. Je suis retombé dessus après ma première grosse rupture amoureuse, et le vers sur être amant sans être fou d'amour m'a percuté de plein fouet.
Fin d'année dernière, une période délicate arrive. Le genre de petit coup à la nuque. Sauf que je suis loin de chez moi, donc loin du cadre. Alors j'ai supprimé mon fond d'écran, un Pokémon, et j'ai mis le poème à la place. Il y est toujours.
Je ne le lis pas tous les jours. La plupart du temps je déverrouille sans le regarder. Il est simplement là, disponible, les jours où j'en ai besoin. Et il ne me dit jamais la même chose : la phrase qui me percutait il y a huit ans n'est plus celle qui me percute aujourd'hui. Le poème n'a pas bougé, moi si.
C'est ce que j'aime dans ce texte. Il ne prescrit rien, il ne console pas. Il me sert de miroir de feedback quand une émotion forte me traverse, et il me remet en face de la question de l'alignement.
Dans cet épisode, je le lis en entier, et j'en tire trois parallèles avec le métier d'écrire.
LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE
CAROUSEL À VENIR
Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.
Face B — le transcript
L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE
Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !
Un poème en guise de fond d'écran
Yo yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans l'épisode 102 d'Ose Écrire, et aujourd'hui, écoutez petite dissertation autour d'un de mes poèmes favoris, Si tu veux être un homme, de Kipling. Je vous laisse avec l'épisode, je vous souhaite une très bonne écoute. Moi c'est Sam, Ybelion de mon nom de plume. Je suis écrivain, coach ICF, et j'ai créé Ose Écrire, un accompagnement pour celles et ceux qui veulent enfin accomplir leur rêve d'écrire un livre. Ce podcast a la même intention, c'est ton rendez-vous inspiration, discipline et passage à l'action. Et si ça te parle, abonne-toi, mets 5 étoiles et partage autour de toi, parce que plus il y a de gens qui osent, plus d'autres oseront à leur tour. Allez, c'est parti et bonne écoute. Coucou les amis, bienvenue dans cet épisode. Je dois vous avouer que je recommence l'enregistrement. Pourquoi ? Parce que je m'étais dit, j'ai un peu la flemme, je suis un peu fatigué, j'étais resté dans mon fauteuil de gamer et c'était limite si je n'étais pas en train de m'endormir.
Rupture brutale ou rupture de fatigue
Déjà, je baillais et j'étais là en mode, non mais bon frérot, respecte un peu les auditeurs quand même. Du coup, j'ai cut, je me suis dit, allez, perdu pour perdu, il y a 20 minutes d'enregistrement, ce n'est pas grave, de toute manière, l'impro, ça se refait. Et voilà, je suis reparti, je me suis inscrit à 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10. Je me suis assis sur une chaise beaucoup moins confortable, bien droite, bien dure et bien froide. Comme ça, l'inconfort me maintient éveillé et tout va pour le mieux. Oh là là. Bon, rien que de vous avouer ça, ça m'a mis en énergie et je me sens beaucoup moins fatigué que ce que j'étais au moment du premier enregistrement il y a une demi-heure. Donc, c'est nickel. D'ailleurs, c'est en fait, c'est vrai que j'avais commencé par raconter que j'étais un peu fatigué en ce moment. Je sentais que c'était une fatigue un peu profonde.
« J'ai remplacé mon Pokémon par un poème »
Ralentir, ce n'est pas mourir
Vous savez, quand... Là, ça me rappelle mon passé d'ingénieur matériau physique. Mais vous savez, vous avez les ruptures brutales d'un coup comme ça, quand on met un coup très fort. Et puis, vous avez les ruptures de fatigue où, vous savez, vous mettez toujours le même effort sur... Assez léger sur un morceau de matériau comme ça. Et puis, à un moment, ça casse de fatigue. Je me sens un petit peu comme ça. Je sens que la prépa marathon... Voilà, là, on est sur la fin. C'est dans deux semaines. Les très grosses séances sont passées. Mais je sens qu'elles ont laissé une certaine fatigue musculaire profonde, même peut-être nerveuse, je ne sais pas. Et donc, je suis très content de pouvoir me poser un petit peu. Et bon, après, voilà, vous connaissez, je le partage tout le temps. Je l'ai partagé dans mon bilan de début de semaine. Mais vraiment, l'enjeu pour moi est toujours d'accepter que ralentir, ce n'est pas mourir.
« Si j'arrête d'écrire, je perds tout ? »
Que de faire une pause, ce n'est pas mourir. Que de profiter, ce n'est pas mourir. Que de créer des trucs qui n'ont pas forcément de valeur, ce n'est pas mourir. Bref, je lutte contre la mort. Non, plus sérieusement, c'est vrai que c'est un vrai enjeu pour moi.
C'est en plus, paradoxalement, un enjeu que je traite assez souvent avec des auteurs quand ils ont commencé à trouver leur rythme, quand ils ont vaincu leur vrai gros blocage, qu'ils installent une vraie routine et rythme d'écriture qui commence à incarner pleinement l'identité d'auteur qu'ils ont envie d'être. Et bien, c'est assez commun qu'à un moment, on se dise « Ah bah putain, merde, là, je vais t'envoyer mon texte. Donc, pendant deux semaines, je vais au moins rien faire. Merde, qu'est-ce qui va se passer ? Est-ce que je ne vais pas perdre tout ce que j'ai fait ? » Et évidemment, ça se travaille en coaching. Si je devais vous faire un gros résumé en mettant ma casquette de conseiller et d'observateur, je vous dirais qu'en fait, à chaque fois, les gens remarquent que le chemin qu'ils ont parcouru n'est pas dépendant du rythme qu'ils maintiennent ou pas. Ils sont maintenant une nouvelle personne. Tout ça grâce évidemment au rythme qu'ils ont mis en place.
Mais ils sont cette nouvelle personne aujourd'hui. Et à un moment donné, et ce n'est pas en claquant des doigts, on ne sait pas quand, à un moment, c'est juste que ça se révèle comme ça. À un moment donné, on est cette personne. Et c'est plus corrélé au fait de faire les choses quotidiennement. Et le rythme devient un automatisme ou aussi quelque chose qu'on peut mettre de côté, duquel on peut s'éloigner et puis hop, y revenir dès qu'on a envie de conduire un projet pleinement.
Des milliards de notes et zéro frein
Et j'ai beau savoir tout ça, j'ai beau le partager dans le cadre de l'écriture, j'ai beau accompagner des gens. Et bien, vous voyez, j'ai toujours moi aussi du mal à l'identifier pour moi. Donc, je vais me connecter aux autres quelque part. J'ai la chance de côtoyer plein de coachs parce que je suis dans le cercle pédagogique d'une formation qui accompagne de nouveaux coachs. Je vais aller un peu questionner ce rapport au mouvement perpétuel, mon Sam. Parce que bon, je répète tout le temps qu'une voiture qui ne s'arrête jamais, elle tombe en panne. Mais ça serait bien que la mienne, elle fasse un petit arrêt au stand-là. En tout cas, je le sens fort. Et en même temps, je suis tellement dans une émulsion créative.
Vous voyez, tout le site a été refait. Je suis retombé sur des milliards de notes. Je vous jure, il y a tellement de notes. J'ai tellement de notes sur des petites pensées sur l'écriture, des morceaux d'articles. À un moment, j'ai récupéré tout ça. Je me suis dit, il faut que j'en fasse quelque chose, il faut que je le partage. C'est pour ça que vous avez vu, j'ai dû déjà publier peut-être une dizaine d'articles. Parce qu'en fait, c'est boulimique pour moi. J'ai retrouvé cette espèce de base de données de data énorme. Je me dis, il faut que je l'utilise, il faut que je la partage, il faut que ça serve à quelque chose. Et donc, c'est d'autant plus dur pour moi de ralentir. Je ne vais pas continuer à vous raconter ma vie. Mais globalement, ce que vous pouvez retenir là, c'est que...
Ne paniquez pas quand une fois que vous avez trouvé votre rythme d'écriture, si à un moment, vous devez vous en éloigner, votre rythme existe, vous l'avez trouvé, vous savez comment vous fonctionnez, vous incarnez votre nouvelle identité d'auteur.
Les étages du doute
Retournez dans ce rythme quand vous aurez envie de reconduire un projet, et ça sera nickel. Voilà. Et l'autre chose, c'est que vous pouvez trouver plein d'articles super cool sur l'écriture sur mon site, dans la section blog. Il y a notamment un article dont je suis très fier, parce qu'il lit vraiment mes deux passions, l'écriture et du coaching, sur le syndrome de l'imposteur, et plus largement, les doutes en écriture, où je les décompose selon les niveaux logiques de deals, qui est un outil très très utilisé en coaching, parce que, évidemment, le but en coaching n'est pas de rester dans le bas des niveaux, qui est l'environnement, ou les capacités, mais vraiment d'aller monter dans les niveaux, et donc d'aller adresser les croyances, les valeurs, les émotions, l'identité, et même le sens spirituel global qu'on a avec notre existence. Voilà. Et donc j'ai fait un parallèle qui, pour moi, fonctionne très bien. J'ai appelé ça les étages du doute, quelque part.
Et plus on monte dans ces niveaux, plus on adresse le doute à la racine. Et à mon sens, ça manquait dans l'écosystème écriture. On parle toujours de technique d'écriture, on parle toujours d'environnement, on parle toujours de « oui, prends ton thé et écris le matin », on parle toujours de « oui, apprends à construire une histoire avec cette étape » ou que sais-je. Et en fait, tout ça, ce sont des solutions qui ne traitent que le bas des niveaux, mais qui n'osent jamais aller plus haut. Et justement, moi, tout mon propos, c'est de dire « en fait, si ça fait cinq ans que vous essayez plein de méthodes et plein d'environnements différents, mais que vous n'avez toujours pas écrit votre livre », quelque part, c'est qu'à un moment, ayez le courage et ayez l'audace d'aller adresser ces niveaux un peu plus haut sur vos croyances et vos valeurs, sur votre identité. Et c'est tout le propos d'Aux Écrire et de l'accompagnement aux Écrire.
Le sujet était sous mes yeux
Et donc, c'est pour ça que c'est un article qui me tenait à cœur, parce qu'il fait vraiment le parallèle entre ma passion de l'écriture et la manière avec laquelle j'accompagne les gens dans l'écriture. Voilà, vous pourrez aller le lire, il est vraiment passionnant. Vous allez retrouver plein de choses que j'ai évidemment déjà évoquées à droite à gauche, mais là, bien structurées avec cette belle pyramide des niveaux logiques de deals. Et c'est passionnant. Voilà, ce que je voulais vous partager aujourd'hui aussi. J'ai eu l'idée tout à l'heure, j'allais me balader dans mes notes que je prends, quand j'ai des trucs où je me dis, « Ah, ça serait intéressant pour le podcast ». Et en fait, il n'y a rien qui m'a vraiment parlé, où il n'y avait rien où je me suis dit, « Bon, ouais, vas-y, je vais parler ça ». Et en fait, je me suis arrêté sur mon fond d'écran, qui est un poème ultra célèbre, qui me touche depuis hyper longtemps, qui est « Si tu veux être un homme, mon fils », de Kipling.
Donc, je vais vous faire une petite introduction de ce qu'est ce poème pour moi, et ensuite, je vais vous le lire, et je vais vous partager après deux, trois anecdotes qui me sont passées en tête tout à l'heure quand j'enregistrais, avant que je commence à bailler et à m'endormir dans mon fauteuil de gamer.
Voilà. Et une fois que ça, ça sera fait, hop, hop, hop, c'est bon. Vous aurez un podcast bien sympathique. Et j'aurais dit tout ce que j'avais envie de partager aujourd'hui. Voilà. Donc, je disais, le poème « Si tu veux être un homme » de Kipling, c'est un poème qui me suit depuis très longtemps. Alors, je suis quasiment persuadé de l'avoir étudié au collège ou au lycée, mais je ne sais plus quand. J'ai un trou de mémoire, j'ai l'impression de l'avoir déjà connu, mais j'ai un trou de mémoire. Ou alors, j'invente ce truc-là et se souvenir, mais je ne crois pas. Et ensuite, quelqu'un me l'a offert. Dire que j'ai une version imprimée dans un beau cadre, qui d'ailleurs, ouais, qui est là-bas.
La rupture qui a réveillé le poème
Je crois que c'est ma grand-mère qui me l'a offert, mais je ne suis plus tout à fait sûr. Et depuis ce jour-là, ça date, ça date, ça date, ce poème m'a toujours suivi. Il m'a toujours suivi sans vraiment que je prenne conscience du sens et de la force et de la puissance et de la bienveillance et de la conscience qu'il portait. La première fois. Donc, vous voyez déjà, je parle toujours des autres. Et là, encore une fois, c'est grâce à quelqu'un qui me fait ce cadeau, qui me met en contact avec ce poème, qui me permet ensuite de toujours l'avoir avec moi. et vous verrez, il m'a accompagné. En fait, ce n'est pas vous verrez, je vais vous le partager tout de suite. Il m'a accompagné dans énormément de phases de ma vie. La première et le moment où vraiment, je le reprends plein de balle, ce poème. C'est ma première vraie grosse rupture amoureuse où je retombe sur ce poème.
Et là, il m'a percuté parce que dedans, il y a une phrase qui, sans vous la spoiler, mais qui parle du fait d'être amant sans être fou d'amour, d'être fort sans cesser d'être tendre. Et je ne sais plus pourquoi exactement, et puis je n'ai pas envie de rentrer dans les détails trop personnels, mais globalement, ce truc-là me heurte vraiment en pleine face. Et depuis, je me raccroche beaucoup à ce poème dans les périodes délicates. J'entends délicates, parfois positives, parfois négatives, mais dans les périodes où tu as besoin un moment d'une prise de hauteur et d'une prise de conscience nouvelle sur ce qui est en train de t'arriver. Je trouve que ce poème incarne tout ça. Je vais vous le lire. Je vous laisserai le prendre comme il vient et comme il résonne en vous. Mais pour moi, c'est un peu l'incarnation de l'alignement, de l'équilibre. Et j'aime beaucoup voir ce poème comme un miroir de feedback.
C'est-à-dire que globalement, quand il arrive un truc dans ma vie et que j'ai un sentiment, une émotion forte, dira-t-on, je remarque que ce poème me donne toujours des clés pour venir interroger ce truc-là. Alors, loin de moi, l'idée de transformer ce poème en autoflagellation et en création de regrets et de boucles nostalgiques, simplement d'observer le passé en se disant « Ok, la prochaine fois dans le futur, si je rencontre telle ou telle situation, voilà comment je pourrais mettre un peu plus de conscience pour agir d'une manière qui est plus juste pour moi, plus alignée pour moi. » Je trouve que ce poème respire beaucoup ça. Et quelque part, je suis quasiment convaincu que si l'entièreté de la population lisait ce poème et s'interrogeait sur la manière dont il raisonne, je crois que le monde se porterait mieux. Je suis peut-être le faxé à M. Trump, je pense qu'il y a quelque chose qu'il a raté dans ce poème.
Adieu le Pokémon, bonjour Kipling
Bref, loin de moi l'envie de faire de la politique, mais certains mériteraient de s'interroger peut-être sur leur petite personne. Voilà ce qu'est ce poème pour moi. C'est un poème qui revient de manière récurrente. C'est mon fond d'écran désormais. En fait, en fin d'année dernière, je devais avoir un Pokémon, je pense un ectoplasma probablement, comme vous pouvez en voir un dans mon décor, en fond d'écran. Et puis, j'ai vraiment pris une phase délicate en fin d'année dernière. voilà, une petite... Le genre de petit coup à la nuque qui fait dire genre... Ok. Ok, ok, ok. Ok, ok, ok, ok, ok, ok. Cool, cool, cool, cool, cool, cool, cool, cool, cool, cool, cool. Je ne sais pas si vous avez la ref de Brooklyn Nine-Nine, de Jack Peralta, qui fait ça quand il est au tribunal et qui se retrouve en taule. Mais vraiment, c'est cette sensation-là de... Ok. Cool, cool, cool, cool, cool, cool, cool. Alors que ce n'est pas du tout cool.
Bref, du coup, période délicate. Et là, tout de suite, je me dis Ok, j'ai besoin d'être en contact avec ce poème. Je n'étais pas chez moi, je n'avais pas le cadre. Et donc, j'ai réactivé ce fond d'écran. Et j'ai changé mon ectoplasma. J'ai mis, si tu veux être un homme, de Kipling en fond d'écran. Et depuis, en fait, je l'ai laissé parce que je crois que ça me fait du bien de l'avoir inconsciemment toujours quand j'ouvre mon téléphone, de le voir. Voilà. Même si je ne le lis pas à chaque fois, mais inconsciemment, les mots me percutent, les phrases me percutent, les idées résonnent et je crois que ça m'amène une justesse qui, quotidiennement, fait me dire Tout va bien se passer, mon Sam. C'est aligné. C'est aligné tout ce que tu fais. Tout va bien se passer. Et qui questionne en plus l'alignement derrière en disant Ok, qu'est-ce que j'aurais envie de faire pour être encore plus aligné ?
Pas dans le but d'être mieux aligné mais de se réaligner plutôt. Voilà. Allez, c'est parti pour la lecture du poème. Hop, je me mets en mode mode ASMR. C'est pas vrai, je ne sais pas faire d'ASMR mais je vais essayer de bien le prononcer pour que vous en profitiez.
Petit moment de suspense. Attendez. Hop. Je vais boire une gorgée de mon thé. Ah bon. Ah, top. C'est parti. Si tu veux être un homme. Si tu peux voir détruire l'ouvrage de ta vie. et sans dire un seul mot.
sans mentir toi-même. tu seras un seul mot. Tu seras un homme. Mon fils. Est-ce que j'ai vraiment besoin de commenter ce texte ? Il est tellement magnifique.
La phrase qui te percute change avec toi
Est-ce que vous avez un texte comme ça auquel vous revenez tout le temps et vous vous dites putain, c'est dingue. C'est dingue. C'est dingue la puissance qu'il a. Et ce texte rentre dans la très petite catégorie des textes que j'aurais aimé écrire.
C'est fou. Je ne saurais même pas dire quelles phrases me percutent le plus. En fait, je me rends compte que les phrases qui me percutent le plus changent en fonction du temps. Je pense qu'à un moment, c'était le si tu peux être amant sans être fou d'amour.
Je pense qu'à un autre moment, ça a été rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître. Pensé sans être qu'un penseur. Et je pense qu'aujourd'hui, je pense que celle qui me marque le plus, je l'ai sentie émotionnellement dans mon corps quand je lisais, c'est si tu peux rencontrer triomphe après défaite et recevoir ces deux menteurs d'un même front. Je crois que c'est celle-là qui me touche le plus en ce moment. Ouais.
Très beau. C'est beau. C'est laquelle qui vous parle le plus parmi toutes ces phrases ? Moi, ce que je peux faire, c'est vous raconter quelques petits parallèles que ça me fait avec l'écriture. Alors, déjà, il y a le si tu peux voir détruire l'ouvrage de ta vie et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir ou perdre d'un seul coup le gain de son parti sans un geste sans un soupir. Bon, ça ferait écho. Je fais un gros big up à une coachée qui se reconnaîtra, mais ça fait très écho à ce moment où on écrit notre texte et puis ça disparaît. Si vous l'écrivez sur papier, vous perdez le papier. Vous l'écrivez sur ordinateur, vous faites un mal en contrôle, contrôle A, supr, contrôle S, et hop, le truc a disparu. Et ouais, c'est hyper agaçant et c'est tellement frustrant de voir un truc qu'on a aimé bâtir disparaître comme ça et savoir que tu vas devoir le refaire.
Mais, quelque part, je me dis toujours que c'est pour le mieux et généralement, en fait, c'est pas généralement, c'est toujours, je préfère toujours la deuxième version qui vient après, celle que j'ai malencontreusement perdue. Parce que, oui, ça m'est arrivé plus d'une fois. Ça m'est arrivé plus d'une fois. Et la deuxième version est toujours mieux. Aussi parce qu'on oublie la première et que la deuxième résonne beaucoup plus. Voilà. Ensuite, eh bien, forcément, il y a tout le, il y a tout le rapport aussi au regard des autres. Donc, il y a le te sentant haï sans haïr à ton tour pour t'enlutter et te défendre.
Il y a aussi ce côté entendre mentir sur toi leur bouche folle sans mentir toi-même d'un seul mot. Bon, globalement, j'en fais mon interprétation, là, volontairement, baqué sur l'écriture, mais tout le rapport qu'on peut avoir à la bêta lecture et au retour qu'on nous fait sur notre texte fait très, très écho à ça. Vous rencontrerez des gens qui n'aiment pas votre texte. Ne basculez pas dans leur jeu, quelque part, de vouloir haïr plus fort. quand quelqu'un déteste quelque chose, ça en dit toujours, toujours, toujours, beaucoup plus sur lui que sur vous. Et, quelque part, si votre texte a réveillé des trucs aussi fort chez lui, peut-être que votre texte était exactement ce dont il avait besoin pour commencer à prendre conscience de quelque chose. Et, de toute manière, vous avez envie de parler à certains et pas à d'autres. Donc, quand vous avez des détracteurs, quelque part, c'est aussi un indicateur de, je suis vraiment sur le bon chemin.
Et puis ensuite, il y a aussi le côté accepter la critique constructive, accepter les commentaires qui vont dans le bon sens. Et ça, je l'ai souvent partagé, mais quand on reçoit des commentaires de bêta lecture, en tout cas, moi, le premier réflexe, c'est de dire, oh là là, mais ils n'ont rien compris à ce que je voulais dire. De toute manière, c'est tous des ploucs, c'est moi qui ai raison.
Je repense aux commentaires d'Ingrid qui étaient hyper pertinents, que j'ai évidemment un moment pris comme ça. Et après, tu laisses un peu le calme revenir et tu dis, ah ouais, mais en fait, elle a raison. Et t'intègres les commentaires qui te permettent toujours de mieux asseoir ton intention. On en revient toujours là, mais tout ça est une histoire d'intention. Et ne laissons pas notre égo ou notre orgueil parasiter la justesse de nos intentions. Et donc, quand on reçoit des critiques, elles sont toujours à mettre en parallèle avec nos intentions et pas notre égo.
C'est un tri parfois difficile à faire, mais c'est le bon tri. Voilà. Par rapport aux intentions et pas par rapport à notre orgueil ou notre égo parce que, bon, l'objectif, c'est pas que que que que que de n'entendre rien autour. Voilà. Voilà, voilà. Le deuxième écho que ça me faisait. et un dernier peut-être pour la route et puis après, je vous laisse.
Bon, bah rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître, ça, c'est tellement vrai à plein d'égards. C'est-à-dire que c'est extrêmement important de rêver. Et il y a toujours cette notion de les yeux dans le ciel, donc dans le rêve et les pieds sur terre, donc dans la réalité. Le rêve n'a de valeur que si on le transforme en objectif et si tous les jours quotidiennement, on se demande OK, qu'est-ce que je peux faire pour aller chercher ce rêve ? Et ton rêve être ton maître, c'est à deux niveaux. C'est si tu restes perpétuellement dans ton rêve, il ne se réalisera jamais. Et là, le rêve est maître, mais pas dans la réalité, dans notre tête. Et ensuite, il y a aussi ce côté, ça, c'est une position que je défends, moi, je pense, à mon sens, que l'accomplissement des rêves ne doit pas se faire au prix de tout ce qui compose notre vie.
On a des impératifs dans la vie, et là, je parle, évidemment, travail, promener le chien, etc. Oui, mais il y a surtout s'occuper de soi, de sa santé et des gens qu'on aime. Et ça, c'est des impératifs sur lesquels, à mon sens, c'est important de ne pas tirer un trait quand on veut atteindre un rêve. Et je sais, ce n'est pas trop dans l'espèce de culture américaine de, je ne sais pas comment on pourrait appeler ça, la hustle culture ou j'en sais rien, ces trucs à la mode en mode, il faut se couper tout et puis c'est work, work, work et on ne s'arrête jamais. Je pense que ça, d'ailleurs, c'est marrant, vous voyez, comme je boucle par rapport à mon questionnement du début, mais à mon sens, ça, c'est se tromper et quelque part, qu'importe l'objectif si le chemin est hyper douloureux. Et c'est pour ça que c'est important de prendre soin de soi et des gens qu'on aime et de ceux dont on a besoin pour se nourrir quotidiennement dans notre bonheur, quelque part.
Voilà. Et après, la dernière, je peux boucler sur ça, le rencontrer triomphe après des fêtes et recevoir ces deux menteurs d'un même front. Je trouve que c'est une manière très astucieuse de dire que ce qui est arrivé hier, quelque part, ne prévaut jamais de ce qui va... Enfin, pardon, je me mélange un peu, je suis fatigué, vous l'avez remarqué, mais ne parle jamais de ce qui va arriver après.
Inverse le poème, tu obtiens le même poème
Et donc, ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas célébrer, ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas être triste quand on a un triomphe ou qu'on a une défaite. Ça veut simplement dire qu'il ne faut pas se reposer sur ses lauriers, il ne faut pas abandonner au premier échec. Vous voyez, ce poème incarne l'équilibre, il incarne la justesse, il incarne l'alignement. C'est pour ça qu'il est magnifique. Et c'est pour ça, et je terminerai sur ça, mais j'étais tombé sur un exercice d'écriture qui demandait de prendre un des poèmes qu'on préférait et d'en inverser le sens pour voir ce que ça donnerait. Et en fait, en réfléchissant à ce poème, je me disais que tu peux inverser le sens de toutes les phrases de ce poème, et à la fin, tu as la même chose. C'est-à-dire que, au lieu de dire si tu peux rencontrer triomphe après défaite, tu dis si tu peux rencontrer défaite après triomphe, et en fait, tu as la même, exactement, la même phrase.
et tu pourrais dire, recevoir ces deux menteurs d'un même front, tu pourrais très bien dire et repousser ces deux dix heures de vérité d'un même front. Et en fait, l'intention derrière est toujours la même. C'est-à-dire que c'est important de prendre ce qu'il y a à prendre dans la triomphe et la défaite, et c'est important de laisser ce qu'il y a à y laisser. Et c'est tout l'équilibre de ne pas abandonner trop, enfin, ne pas abandonner parce qu'on a une défaite ou ne pas se reposer sur les lauriers parce qu'on a une victoire. Et quelque part, c'est encore une fois, et je remarque en fait qu'en ce moment, je ne pense qu'à ça, mais c'est encore une fois, ça rejoint l'ikigai et cette philosophie de l'action et cette philosophie de l'équilibre et cette philosophie de l'alignement et cette philosophie d'être dans le moment présent. Voilà. Écoutez, je suis ravi. Volontairement, je vais faire un épisode un peu plus court.
Voilà. C'était un épisode sur si tu veux être un homme de Kipling. D'ailleurs, il utilise le mot homme. On pourrait utiliser le mot femme. On pourrait utiliser le mot homme avec un grand H. Bref, remplacez-le par ce que vous voulez. À mon sens, c'est valable pour chaque être humain sur cette Terre. On pourrait d'ailleurs mettre si tu veux être un être humain, mon fils ou ma fille, ça marcherait aussi. Voilà. C'était Ybelion. Je vous fais des gros bisous. Je vous dis à très vite et puis osez écrire. Osez écrire. Profitez.
Merci. Merci d'être là, épisode après épisode. Si ce podcast t'inspire, t'aide ou te mets du baume au cœur, t'abonner, mettre 5 étoiles et le partager, c'est le meilleur moyen de m'aider à toucher le plus de gens qui ont un livre en nous. Parce qu'après tout, plus il y a de livres écrits et mieux le monde se porte. À très vite. Ose Écrire. et le plus de gens qui ont un livre en nous.