Aller au contenu principal
← La bibliothèque
Pochette de l'épisode 97 du podcast Ose Écrire

ÉPISODE 97AVEC INVITÉ18 MARS 202688 MIN

Discussion avec Flavie Bertrand

Clarté · Rythmecréativitétransmission
00:001:28:08

FACE A — LES 22 CHAPITRES · CLIQUE POUR ÉCOUTER

Faut-il souffrir pour écrire quelque chose de bien ?

CE QUE RACONTE CET ÉPISODE

Flavie Bertrand, écrivaine et illustratrice, remonte à la source de cette idée et la situe précisément : c'est une lubie du 19e siècle dont on subit encore les effets. Elle prend soin de préciser ce qu'elle ne critique pas. Vivre de sa plume à plein temps ne pose aucun problème. Ce qu'elle vise, c'est l'image de l'auteur romantique qui sacrifie sa santé, son sommeil et ses amitiés par amour de son art.

Ce que ce mythe sous-entend est plus toxique qu'il n'en a l'air. Si tu ne souffres pas, ce que tu écris n'aurait pas d'intérêt. De là vient le mépris pour tous les genres où l'on s'amuse : la romance, la fantasy, tout ce qui procure du plaisir à écrire comme à lire.

Sa réponse va plus loin. Elle réfute même l'existence des livres ennuyeux. Il y a des livres qui correspondent à l'intérêt d'un lecteur, et d'autres non. Et sur ceux qui entretiennent la légende, sa formule est cinglante : ils sont plus amoureux de l'idée de l'artiste que de la production de l'artiste.

Son propre parcours démonte le mythe encore mieux que ses arguments. Un chapitre publié chaque jeudi soir pendant deux ans sur une plateforme en ligne, une discipline calquée sur le rythme de parution des mangas, et une maison d'édition qui finit par la trouver là.

Dans cet épisode, on parle aussi du conseil que son père lui a donné à dix ans, du dessin comme deuxième jambe créative, et de la double tendinite qu'elle a attrapée en escrime, exactement celle de son personnage, des mois après avoir écrit la scène.

LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE

CAROUSEL À VENIR

Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.

Face B — le transcript

L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE

Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !

Écrire n'est pas censé faire souffrir

Ybelion — Yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans l'épisode 97 d'Ose Écrire. Et aujourd'hui, j'accueille Flavie, qui nous partage son parcours d'écrivaine en fantaisie, mais aussi sa double casquette d'illustratrice. On évoque ses méthodes d'écriture, l'importance du partage, de la discipline, et les expériences de Flavie dans les communautés d'écrivaines et d'écrivains. On fait aussi une petite parenthèse sur l'espèce de mythe romantique de l'écrivain qui s'enferme avec des cheveux un peu trop longs et trop sales, en fumant des clopes et en buvant du café. Et j'avoue, on n'est pas tendre. Mais le message derrière tout ça, c'est que l'écriture, ce n'est pas censé faire souffrir. Je vous laisse avec ça. Je vous souhaite une très bonne écoute. Moi, c'est Sam Ybelion de Mon Nom de Plume. Je suis écrivain, coach, et j'accompagne celles et ceux qui veulent renouer avec leurs rêves d'écriture. T'écoutes un podcast dont l'intention est simple. Te donner inspiration, outils, motivation, discipline, bref. Tout ce qui peut te permettre d'oser écrire. En gros, c'est un peu dans le titre, aux écrires. Et du coup, j'ai vu que tu écrivais surtout de la fantasy. Oui, surtout. Et moi, j'aime beaucoup porter l'attention sur les titres. Et du coup, là, j'ai vu... Alors du coup, comme j'ai dû fermer toutes mes pages internet, j'ai plus le nom entier, mais je sais qu'il y a Sylph dedans, qu'ici, ma mémoire est bonne, sont des élémentaires d'air, non ? Quelque chose comme ça ?

La Mémoire des Sylphes : charmée par un mot

Flavie Bertrand — Alors, d'origine, oui. C'est de là que vient le mot. Moi, j'en fais quelque chose d'autre dans mon roman, mais j'avais été charmée par la sonorité de ce mot et donc je l'ai attribué à des êtres qui n'ont pas tout à fait le même statut, mais qui ont un peu cet aspect éthéré dans mon roman. Dont le titre est La mémoire des syphres. Moi, j'ai pas besoin de pages internet, heureusement.

Ybelion — Voilà, c'est ça. Tu vois, c'est ma... Ce qui est marrant, c'est qu'après, j'ai juste dit deux mémoires, donc comme ça, tu vois, j'avais le lien. Mais ok, ok. Ouais, c'est ça. Et du coup, de ce que t'en as fait là des sylphres, toi, comment tu te les es appropriés et qu'est-ce qu'ils représentent dans ton univers ? Puisque comme ils sont dans le titre, ils doivent quand même avoir une importance capitale.

Flavie Bertrand — Alors, je peux pas trop en dire, parce que ça fait partie des choses qu'on découvre dans le tome 1, mais de manière très schématique, ce sont des sortes d'êtres un peu éthérides qui ont le pouvoir de donner une certaine capacité à la personne dont ils deviennent... Enfin, à la personne qu'ils choisissent comme hôte. Donc, ils possèdent leur porteur et leur donnent un pouvoir particulier. Voilà. Et les personnages principaux vont être amenés à s'entraîner pour potentiellement être choisis. Voilà. À se préparer pour ça. Donc, c'est... Encore une fois, je peux pas trop en dire dessus. Parce que ça s'étend sur le tome 1. Et la suite aussi.

Ybelion — Ouais, j'imagine que... Ouais, j'imagine que c'est pas évident. C'est pas évident, mais du coup, c'est très intriguant ce que tu partages, parce qu'il y a cette notion... Déjà, j'aime beaucoup le mot éthéré. C'est... Tu vois, c'est dans le titre de mon premier livre. J'aime beaucoup le... Je sais pas, il a une poésie, ce mot, je trouve. Et il y a cette notion, du coup, de rentrer dans un autre. Donc... Alors, tu vois, tout de suite, moi, ce que ça m'évoque, c'est des thématiques comme... OK, si quelqu'un... Si je suis l'hôte de quelque chose ou de quelqu'un, quel contrôle je garde sur moi, etc., etc. Alors, je sais pas si c'est... Tu vois, c'est des choses tout de suite qui m'évoquent, et ça m'intrigue beaucoup sur la manière dont tu déroules ça. Après, je sais pas si je suis dans le juste ou pas, je sais pas si tu peux me dire oui ou non, mais en tout cas, tu m'as intrigué.

Flavie Bertrand — Je peux pas trop confirmer, mais on va dire que c'est pas... T'es pas complètement en dehors des problématiques qui vont être abordées dans la trilogie, ça, c'est sûr. Ouais.

« Une lubie du 19e siècle dont on subit encore les effets »

Trois tomes, et des plotlines à sacrifier

Ybelion — Et tu l'avais pensé comme une trilogie dès le départ ?

Flavie Bertrand — Alors, j'étais sûre que ce serait au moins deux tomes, et en fait, le tome 3 est tellement dense que je pense qu'il tiendra en trois tomes, et même là, il va falloir que je sacrifie des plotlines, parce qu'en fait, quand on s'attache au personnage, on a envie de raconter un peu de tout, l'histoire de tout le monde. Au début, t'as que les trames des personnages principaux, puis ensuite, tu découvres les autres, et t'es en mode, ah ! Je voudrais que ce soit plus grand ! Et parfois, il faut être raisonnable, donc on va dire trois tomes. Je cache pas le fait qu'il y a certains moments, certains moments, je me dis, ah ! Après, quel ? Ça pourrait être sympa ! Mais j'en suis très loin encore, je suis dans l'écriture du tome 2, donc déjà, se focus là-dessus, et puis on verra plus tard.

Ybelion — C'est... Ok, ok. Tu sais que c'est passionnant, je trouve, ce que tu partages, parce que c'est un des gros enjeux des écrivains et des écrivaines de fantasy, c'est toujours ce... Au fur et à mesure que tu développes l'histoire, forcément, t'as envie de parler de tout, et puis en plus, c'est ton univers, donc t'as envie d'autant plus de l'explorer. Comment tu fais, toi, pour réussir à... Tu vois, comme tu l'as dit, à finalement peut-être choisir les plotlines que t'as envie de développer, et d'autres où tu te dis, bon, bah, en vrai, celle-là, faut que je la mette de côté, et même si je l'exploite plus tard, dans une préquelle, dans une suite, je sais pas. Comment t'arrives à faire ce choix, toi ?

Partager dès les premiers écrits bancals

Flavie Bertrand — Alors, déjà, je vais commencer par dire que je suis pas très bonne à ce choix, toute seule. C'est pour ça que je m'entoure, et je suis quelqu'un qui est tout de suite partagé dès mes premiers écrits très bancals, avec mes parents, ma famille, ce que j'écrivais. Et en fait, ça m'a aidée à avoir régulièrement des retours, de voir qu'est-ce que les... lecteurs ou auditeurs à l'époque, retenaient quelles sont les questions qui se posent, et peut-être quelles sont les choses qui les intéressent un peu moins. Et en fait, l'avantage du tome 1, c'est qu'il a d'abord été publié de manière hebdomadaire sur un site qui n'existe plus maintenant, qui s'appelle Plume d'Argent. Et en fait, dans ce premier jet, en fait, qui était publié de manière hebdomadaire, j'avais beaucoup plus de personnages, beaucoup plus de plotlines et de potentiel pour les tomes suivants. Et quand je les réécris, j'ai, par exemple, eu des personnages où je me suis dit, ils sont très intéressants en eux-mêmes, mais j'ai pas du tout la place de leur donner. en fait, c'est un peu plus par amour de ces personnages que j'aime bien. Je peux pas me permettre de les couper à ce point ou d'en montrer qu'à une toute petite partie au risque de les ruiner. Donc, en fait, je me suis dit, bon, je garde leurs concepts. Au pire, je les adapte dans un autre univers. Au mieux, je leur fais un préquel et ils ont leur place appropriée. Mais, c'est... la coupe est un peu obligatoire quand on se rend compte de la taille du truc et on se dit, ah, mais moi, je veux qu'ils soient publiés. C'est un peu ça aussi.

Ybelion — C'est clair que c'est un vrai enjeu, que ça... C'est toujours l'équilibre entre l'univers et l'histoire. Alors, ce que je vais dire là va surtout parler aux gens qui écrivent de la fantaisie, forcément, mais quand on a envie d'écrire des romans, que ça soit en autoédition ou en édition classique, effectivement, l'univers doit être au service de l'histoire et pas l'inverse, finalement. Parce que sinon, bah, c'est... Tu fais une encyclopédie, quoi. Alors, c'est pas forcément négatif, mais c'est pas forcément le but. Il y a très souvent des auteurs de fantaisie.

« Je ne suis pas Tolkien » : les personnages avant le monde

Flavie Bertrand — J'avoue que je suis... J'ai un world building, mais j'avoue que ce qui me... Ce qui me fait beaucoup plus écrire, ce qui me... Mon moteur, on va dire, c'est plus la complexité des personnages et leurs scènes d'interaction, en fait, qui vont être mon moteur. Et en fait, le monde, il va se baser sur mes... mes souhaits et la raison que je vais avoir d'avancer. J'ai envie qu'il se passe tel truc. Et en fait, je fais une arborescence en disant, bon, si je veux qu'il se passe ça, et bien, il va devoir y avoir ça, ça. Et je suis pas... Je pense que c'est peut-être une facilité pour l'instant. Je dis pas que ça changera pas plus tard, mais pour l'instant, mes mondes, ont toujours commencé par une esthétique qui me plaisait. Et ensuite, je les ai développés, mais je suis pas... J'en suis pas à faire une bible. Je suis pas Tolkien. Ils sont développés, ils sont riches, mais je me laisse aussi libre d'apprendre à les connaître à travers des personnages, beaucoup.

Ybelion — C'est... J'entends que tu... que tu le découvres aussi, ton univers, en l'écrivant, quoi. t'en fais ta propre... En partie. Oui, en partie. OK.

Flavie Bertrand — Parfois, en fait, en général, ce que je découvre, c'est des petits aspects, les gros... les gros principes, les gros axes, ceux qui sont importants pour l'intrigue au large. En général, je les ai découverts et déblayés et creusés avant. mais des petits aspects de la culture, des petits... Ah, tel personnage, il va avoir tel intérêt, tel goût culinaire, ce genre de choses. Ça, je vais le découvrir au fur et à mesure, en fait. Un peu comme s'ils voyagaient avec eux. C'est surtout valable pour le premier jet, parce que le deuxième jet, l'intentionnalité passe un peu plus dans l'écriture, mais dans le premier jet, il y a ce plaisir de découvrir un peu... de voyager avec des personnages au plus proche de leur culture, en fait. C'est toujours fun.

Ybelion — Ouais, c'est clair. Franchement, c'est vrai que c'est... c'est un passage super agréable de découvrir ce que tes personnages vont faire dans l'univers, quoi. Tout à fait. Parce qu'évidemment, t'as raison, effectivement, généralement, ce que t'as envie de raconter, les intentions que t'as avec le roman, elles sont claires. Donc t'as à plus ou moins le dérouler, alors de manière plus ou moins précise en fonction du niveau de structure dont t'as besoin, quoi. Mais après, il reste tous les petits trous à combler et eux qui sont des découvertes au fil de l'écriture et c'est vraiment... Comme t'as dit, franchement, c'est super fun, quoi. C'est tellement cool de vivre ça.

Flavie Bertrand — Ah bah si c'était pas cool, on écrirait pas de roman.

Ybelion — Ah bah ça... Il y aurait beaucoup

Flavie Bertrand — de gens pour lire aussi.

Ybelion — Ouais, c'est clair. Franchement, c'est toujours le truc que je commence par dire, c'est écrire, c'est un processus qui est long, alors tu vas y passer plusieurs mois, alors si t'aimes pas le processus, ça va être compliqué, quoi. Donc effectivement, c'est de savoir ce qu'on aime dans l'écriture pour pouvoir vivre ce kiff, quoi, en fait. Aussi simple que ça. Enfin, aussi simple. ça veut dire...

Flavie Bertrand — Oui, on s'est compris.

2018 : un univers né d'un rêve

Ybelion — Oui, voilà, c'est ça. Oui, dans les faits, dans les faits, écrire un livre, c'est 50 000 mots de suite. Donc tu peux écrire 50 000 fois le mot 1, t'auras un livre. Maintenant. Est-ce qu'il y aura l'intérêt ? Voilà, c'est ça. Et c'est après, justement, toute l'idée d'aligner avec ce que toi, t'as envie de raconter, etc., etc. Mais, ouais. Ok, et c'est... Alors, du coup, forcément, moi, ce qui me titille avec l'univers de fantasy que tu crées, je me demande, est-ce que c'est un univers dont la création t'est venue récemment ou alors c'est une vieille idée que t'as depuis longtemps ?

Flavie Bertrand — Alors, c'est une idée qui est... Bon, par rapport à mes autres idées de romans qui sont... qui datent souvent... Le plus loin, c'est toute fin primaire, mais le plus... C'est la plus récente, quand même. Donc, 2018, j'ai fait la première... le premier... le premier croquis, entre guillemets, du monde et de son... de la problématique de ce roman. Il n'avait pas grand-chose à voir avec ce qu'il y a maintenant, mais... C'est l'un des rares où c'est un rêve. J'ai encore certaines images. je sais plus ou moins où mon imagination est allé l'épuiser, ce qui est toujours très drôle. Je sais ce qu'il y a... Un peu l'étincelle, je sais d'où elle vient. Mais, ouais, c'est un monde qui n'est pas si vieux par rapport à d'autres mondes que je porte depuis bien plus longtemps et qui, en fait, je ne peux pas... À moins de les retravailler profondément, ils sont difficiles à exploiter maintenant parce que tout ce que j'ai écrit, qui parfois se compte... c'est très long, ne sont pas exploitables parce qu'en fait, souvent, c'est dû à un manque de maturité émotionnelle et les personnages, même si j'y suis très attachée, ne réagissent pas comme devraient réagir des personnages de soit l'âge, soit la culture, soit le background. Mais je pense que cette phase-là était importante pour en arriver là. mais ça ne m'étonne pas que ce soit la mémoire des sylvres qui soit d'abord été publiée plutôt que les autres parce que l'idée était plus proche de qui je suis maintenant et donc plus facile à exploiter.

Ybelion — C'est super intéressant tout ce que tu amènes. Ça me vient une tonne de questions. Alors, je vais essayer de commencer comme ça me vient. Déjà, tu as partagé quelque chose à la fin qui est effectivement passionnant. ça me ressemble plus et donc forcément c'est plus facile de l'exploiter. Ça, c'est très vrai. C'est tout l'intérêt d'identifier ce qu'on a envie de raconter et pourquoi c'est important pour nous de le faire. Et parenthèse mise à part, tu disais dans l'univers des sylvres, tu te rappelles des origines de l'idée et de l'étincelle. Est-ce que tu peux la partager ou pas cette étincelle qui t'a fait créer cet univers ?

Narnia, le manoir invisible et l'étincelle

Flavie Bertrand — Alors, il y a des choses que je ne peux pas dire mais je sais qu'il y a à l'époque, surtout à l'époque où je faisais beaucoup de rêves très, un peu comme si je regardais et vivais un film à la fois et c'était une source d'inspiration et même dans le rêve lui-même j'étais en mode ah, c'est super comme un spy, on va recommencer et j'ai recommencé le rêve plusieurs fois. Donc c'était une époque assez particulière au niveau de la manière dont je rêvais maintenant je rêvais parce que ça me bouffe le sommeil mais du coup c'était des rêves assez complexes et avec des histoires un peu imbriquées les unes dans les autres mais je sais qu'il y a un passage où mon cerveau est allé chercher une image du passeur d'aurore de Narnia c'est très précis c'est le passage où ils sont dans la ils arrivent dans la maison sur une île où il y a un manoir invisible et une sorte de jardin avec des haies des arbres en forme de boule et une sorte de pelouse et je sais que mes personnages passaient là-dedans et ça m'avait frappée parce que je me suis dit ça je connais ça c'est pas mon cerveau tout seul il y a quelque chose ça te donne aucune information mais

Ybelion — tu sais que tu viens de tu viens de me faire un flashback sur Narnia là j'avais pas repensé à ça depuis une éternité incroyable

Flavie Bertrand — incroyable il y a des scènes qui te marquent

Ybelion — ouais et du coup c'est cette scène-là que tu que tu que tu revis plus ou moins en rêve et c'est comment le matin tu te lèves et tu fais oh putain j'ai une idée c'est comme ça ou c'était un peu plus long

Rêves lucides : noter les yeux fermés

Flavie Bertrand — c'est le oh putain j'ai une idée il arrive dans le rêve en fait c'était une fois que je pouvais provoquer des rêves lucides encore une fois c'était une très bonne chose parce qu'on a pu après le sommeil empathie on est moins reposé mais à l'époque je ne savais rien je l'ai un peu payé plus tard mais c'était tout un passage où je faisais des rêves très compliqués et très vraiment comme un film et c'était des aventures où je alors même que je vivais le rêve à la fois en mode omniscient et personnage principal ce qui est toujours assez perturbant dans les rêves il y avait cette dimension de ça c'est une bonne idée parfois je me je me levais et je le notais parfois j'avais peur d'ouvrir les yeux donc j'écrivais les yeux fermés sur le post-it parce que je me disais à partir du moment où j'ai les informations du monde réel ça attaque le l'espèce d'image résiduelle du rêve bon au final tout ce que j'ai noté à côté c'est jamais très exploitable mais c'est toujours très fun d'avoir cette espèce de frénésie au réveil en mode c'était génial il faut que je le note c'était incroyable j'ai entre guillemets refait repassé le film toute la nuit pour essayer de m'en souvenir et arrivé le matin tu le notes tu le fais mais pour éviter d'être dérangé par les le monde réel et après tu regardes c'est n'importe quoi mais parfois il y a des idées c'est rare

Ybelion — c'est vraiment Flavie j'adore ton partage parce que c'est tellement vrai c'est tellement vrai cette sensation de tu es en pleine nuit tu fais un rêve tu te dis mais c'est l'histoire du siècle c'est tellement intéressant et tout et effectivement t'as ce truc moi quand ça m'arrive en pleine nuit je fais juste une petite parenthèse parce que personnel j'ai eu un moment un peu comme toi aussi où je faisais je notais beaucoup mes rêves même quand c'était en pleine nuit et petit à petit tu développes cette capacité de rêve lucide ou en tout cas de sensation de commencer à maîtriser plus ou moins ce que vit ton esprit la nuit et effectivement par contre c'est hyper crevant et il y a un moment vraiment où tu te dis j'ai envie de dormir et donc t'arrêtes tout ça et du coup depuis quand je fais des rêves ça m'arrive beaucoup moins souvent mais quand j'en fais je fais comme toi t'essaies les yeux fermés de répéter les scènes de les répéter et quand tu te lèves le matin tu les écris et après tu fais non attends alors je crois qu'il y a quand même un problème de cohérence je ne comprends plus du tout ce que c'est cette idée qu'est-ce que je vais faire de ce machin en vrai c'est super drôle c'est super drôle et ce que ça me fait venir c'est que en même temps tu vois toi pour créer l'univers des sylphes quelque part t'as eu besoin de toutes ces notes ou toutes ces idées qui te serviront peut-être jamais mais qui ont permis à ton esprit aussi de se vider pour en garder vraiment que l'utile et l'exploitable quelque part

L'écriture a besoin d'autre chose pour se nourrir

Flavie Bertrand — tout à fait moi je dirais même que maintenant comme j'ai beaucoup d'inquiétudes qui ne concernent pas l'écriture et qui sont plus des inquiétudes d'adultes ou de proto-adultes c'est plus je me rends compte que je réfléchis moins dans une journée à mes personnages pas non plus de manière mais enfin quand j'étais quand j'étais à la fac même au lycée c'était je faisais quasiment que ça je sais pas comment j'ai passé d'ailleurs mais j'ai passé mes études mais du coup il y a quand même un temps plus enfin moins grand que je que je passe à ça et du coup la conséquence c'est que quand je me mets à écrire ça me demande un peu plus de temps avant de replonger dedans une fois qu'on est lancé on est lancé mais j'ai besoin d'une plus grande phase de lecture de lecture d'écriture et depuis que j'ai retrouvé que je fais je suis de nouveau dans un boulot classique avec un prof là les je sens que ce besoin en fait d'échappatoire revient pour ça que je trouve que c'est ça demande beaucoup de discipline et d'être de travailler à vraiment 100% hauteur j'admire beaucoup ceux qui le font mais je pense que c'est il faut une autre activité pour équilibrer qu'elle soit professionnelle ou pas mais je pense que on a besoin de l'écriture a besoin de quelque chose d'autre pour l'alimenter que je trouve quelle que soit la chose en question mais c'est souvent ça aide on va dire

Ybelion — alors je te rejoins tout à fait c'était c'est tout à fait vrai à plusieurs égards à mon sens t'as aussi la créativité se recharge de par ce qu'on vit et donc si tu vis plus rien d'autre que l'écriture de facto à un moment c'est comme si tu vidais ton réservoir et à un moment t'as plus de réserve et après plus largement c'est aussi c'est équilibrant de parfois prendre le recul et de sortir de cet univers là et après tout simplement il y a aussi des gens qui en fait n'ont pas forcément la capacité de devenir écrivain enfin alors attention non que je

Flavie Bertrand — je pense que c'est plus une question d'intérêt en fait

Ybelion — exactement intérêt ou persévérance

Flavie Bertrand — tout à fait

Démonter le mythe de l'auteur qui sacrifie tout

Ybelion — c'est pour ça tu fais très bien justement j'ai commencé à parler je me suis dit oh là c'est pas du tout ça que je veux dire c'est plus le rêve d'écrire un livre et de et de devenir écrivain au sens j'ai écrit un livre ne nécessite pas que tu sacrifies tout et au contraire ça peut être très sain dans une dans un rituel dans un rythme d'auteur de devenir à l'aise avec le fait de dire bah en fait j'ai mes impératifs j'ai ma vie j'ai ma santé j'ai ma famille et sur le temps libre qui me reste je décide d'exploiter ce rêve là et à mon sens c'est quand tu prends conscience de ça et que tu déconstruis un peu ce mythe de l'auteur qui plaque tout et qui vit dans la pauvreté en fumant des cigarettes et des cafés à 4h du matin merci pour l'air ouais c'est clair et que tu te libères tu vois de ce poids là et que t'arrives en fait à devenir ta propre version de l'écrivain ou de l'écrivaine et donc là t'abordes un ouais

Flavie Bertrand — je trouve que encore une fois le métier d'auteur à plein temps il est possible mais en général ce sont des gens qui soient par exemple une mère qui a une vie de famille très elle est aussi maman à plein temps c'est un job c'est pas un job rémunéré mais c'est un job à plein temps donc il y a quand même cette notion là qui arrive ça laisse pas beaucoup de temps à l'écriture ça je l'admets mais ça peut ça peut alimenter quelque chose je pense que les plus grands écrivains qui ont à la fois la capacité monétaire et l'intérêt de ce enfin l'envie de travailler uniquement en tant qu'auteur à plein temps je pense qu'ils ont ils ont ils ont cet équilibre je j'arrive pas jusqu'à dire que je sais ce que c'est mais je pense qu'il est il est crucial vraiment

Ybelion — ouais moi je te rejoins tout à fait c'est ce que je partage quasiment quotidiennement avec les auteurs que j'accompagne qui sont tous des auteurs qui ont des vies en fait au sens ils ont des travails des familles etc et c'est très important de parler de ce de ce cliché qui est un peu la vie dure parfois quand même

Flavie Bertrand — dans l'imaginaire collectif c'est l'auteur romantique que je critique c'est pas le fait d'être un auteur à plein temps

Ybelion — ah oui non bien sûr

Flavie Bertrand — c'est la vision de l'auteur romantique qui par amour pour son art sacrifie tout exactement sa santé ses amis c'est une lubie du 19ème siècle dont on subit encore les effets parce qu'on est hyper infantilisé en tant qu'auteur donc c'est un hobby pas d'accord

« À pied d'œuvre » et l'élite qui fantasme l'artiste

Ybelion — je suis ravi de parler de ce sujet là avec toi parce que c'est marrant le podcast qui va sortir la dimanche demain là c'est justement je parle d'un film que je viens de voir qui s'appelle à pied d'oeuvre et qui raconte l'histoire vraie d'un photographe qui plaque tout alors qu'il gagnait très bien sa vie pour devenir écrivain et le film raconte justement ce en fait il vit dans la pauvreté et donc il se met à faire des petits boulots pas terribles pour pouvoir survivre et continuer à écrire etc et je suis tu vois j'ai trouvé ce qui serait si t'as l'occasion de voir ce film un jour tu me partageras ce que t'as ressenti en le voyant mais moi je suis ressorti de ce film avec justement ce cliché tu vois de l'auteur qui sacrifie tout pour écrire qui souffre pour écrire et j'aime pas trop cette croyance que l'écriture c'est souffrir tu vois oui l'écriture c'est long mais ça veut pas dire que t'es obligé de souffrir à chaque pas quoi je veux dire c'est

Flavie Bertrand — dans toutes les tâches en fait le problème c'est que les le problème de cette idée c'est que ça sous-entend que comme on a décidé que c'était la définition si tu ne souffres pas dans ton écriture ou si tu n'es pas cette espèce d'image torturée alors soit ce que tu écris n'a pas d'intérêt sous-entendre et là tu peux en général les gens condamnent tous les genres dans lesquels on s'amuse donc la romance la fantaisie peut-être un peu plus légère parce que dès que c'est un peu sérieux les gens respectent ça va il faut que il faut que il faut que le livre soit chiant pour qu'il ait de l'intérêt moi je suis très contre cette idée je ne trouve pas qu'il y ait de livres chiants à proprement parler il y a des livres qui correspondent ou non à l'intérêt de la personne qui lit parce que moi aussi moi je ne sais pas une encyclopédie des plantes elle peut m'être utile mais elle ne m'a pas forcément de grand intérêt il y a des gens qui vont la lire religieusement tu vois ils vont se dire waouh comment est-ce qu'il est bien dessiné ce truc comment est-ce qu'il est bien écrit comment est-ce que c'est bien documenté je ne sais pas tu vois donc de livres chiants à proprement parler non des livres problématiques il y en a toujours en fonction des idées qu'on a mais elle demanderait d'être revues mais si tu écoutes un peu la ligue des artistes-auteurs qui s'occupent aussi pareil beaucoup de les artistes-auteurs et comment est-ce qu'ils sont considérés par l'état par les toutes ces choses-là ils font un travail incroyable et eux ils sont très opposés à cette idée-là dont on subit encore une fois les conséquences encore aujourd'hui

Ybelion — ah bah c'est clair c'est clair c'est clair et j'irai voir du coup ce que fait la ligue des artistes-auteurs parce que c'est vrai que je ne me suis pas forcément renseigné mais ça c'est pareil moi c'est un cliché contre lequel je me battrais toute ma vie et tu vois ça m'a presque déprimé d'aller voir un film qui parle d'écriture et je me suis dit putain on aurait pu avoir justement une conclusion qui dit que finalement c'est pas parce que t'es publié ou que tu gagnes de l'argent que tu deviens écrite écrivain et je suis reparti de ce film avec cette sensation tu vois et je me suis dit putain merde les clichés ont encore la vie dure quoi et

Flavie Bertrand — en fait c'est une sorte de fantasy d'une élite qui n'écrit pas et qui fantasme sur l'idée de l'artiste enfin excusez-moi mais ils sont plus amoureux par l'idée de l'artiste que par la production elle-même de l'artiste

Ybelion — je suis merci beaucoup pour tes mots Flavie parce que tu viens de tu viens de partager un truc que j'arrivais pas à dire dans le sens où j'avais pas encore réussi à mettre les mots sur ce que je pensais et tu viens de le faire donc ouais merci je partage tout à fait ton avis et moi je pense au contraire qu'écrire c'est absolument pour tout le monde ou en tout cas pour tous les gens qui ont envie de s'y essayer et c'est très bien comme ça et alors pardon du coup on a totalement on a totalement dévié du sujet du sujet dont on parlait mais alors je reviens du coup sur une question que j'avais voulu te poser tout à l'heure du coup j'ai senti dans ton partage que l'écriture t'as vraiment accompagné toute ta vie et que t'as jamais décroché de l'écriture même pendant tes études etc qu'est-ce que tu peux raconter un petit peu sur ton rapport à l'écriture depuis ton enfance et jusqu'à aujourd'hui comment ça ouais comment tu la vis

10 ans, un vieux carnet, une famille à l'écoute

Flavie Bertrand — alors l'écriture bah tu vois on parlait de rêve tout à l'heure elle a commencé après un rêve particulièrement complexe et sur des dragons des trucs hyper classiques en soi mais à l'époque je m'en rendais pas compte j'étais en j'avais 9-10 ans aux primaires et j'avais commencé à écrire dans un vieux carnet et en fait je pense que ce qui me je me rends compte en discutant avec d'autres auteurs et autrices que c'est pas toujours le cas mais encore une fois moi j'ai partagé tout de suite ce que j'écrivais avec ma famille et plus tard mes amis parce que j'avais envie de partager les mondes qui les mondes qui commençaient à se développer dans ma tête presque trop vite j'écrivais très mal l'orthographe absolument déplorable mais j'ai eu la grande chance à la fois d'avoir une famille à l'écoute malgré le fait que c'était pas toujours compréhensible slash audible et surtout qui m'ont encouragée sur le principe plus que sur la production telle qu'elle c'est toujours le cas c'est assez cohérent avec qui sont mes parents parce que on a commencé avec cette approche là plutôt sur la peinture et ce genre de choses et le dessin parce que mon papa dessine beaucoup il peint beaucoup et moi je l'ai toujours vu quand on était petit on partait en vacances et lui il faisait des toiles il faisait des toiles lui il peignait ce qu'on appelle nos cartes postales qui sont des tableaux des endroits où on allait donc j'avais ce rapport là avec l'art et j'étais la première de la famille à prendre le chemin de l'écriture et en fait j'ai été encouragée sur pour l'instant entre guillemets on s'en fiche que ce soit bon ou pas tu écris et je sais plus quel musicien il m'avait donné comme image mais je m'en souviens toujours d'un je crois que c'est Goldman ou un truc comme ça qui avait des tas de écrit des tas de chansons et qui les a sorties tout au long de sa vie après mais il a commencé par écrire beaucoup et ensuite sortir et en fait ça c'était le premier conseil qu'ils m'ont donné qu'ils m'ont dit bon moi du coup je me suis pas arrêtée on m'a lancée malgré le fait que mes idées au début j'en avais une très compliquée très cliché et puis ensuite j'en ai eu de plus en plus que j'écrivais en parallèle et ensuite mais ça c'est venu après que mon père m'a dit Flavie c'est bien que tu écrives mais faut pas que tu aies qu'un seul projet c'est bon que tu n'aies pas genre un seul projet auquel tu t'identifies bon il l'a dit avec des mots peut-être un peu plus simples parce que j'avais 10 ans mais tout de suite il m'a dit attention le risque d'avoir qu'un seul projet c'est de s'identifier à ce projet et que donc si ce projet ne marche pas c'est toute une vie qui est remis en cause en fait et en se détachant dans une certaine mesure son identité entre guillemets de cette de cette création et en multipliant les projets en fait on finit par s'asseoir plus dans le rôle d'écrivain que dans le rôle de j'ai ce projet et ce projet c'est moi et donc tous les critiques qui sont sur ce projet et bah je les prends pour moi et du coup c'est d'autant plus dur de corriger et de progresser et ce conseil là j'étais un peu focus quand j'étais petite j'ai fait ok compris il y a genre 10 projets nouveaux qui sont nus et qui sont nés et c'est que des années plus tard où ça s'est au lycée où j'ai vraiment eu un projet que j'ai sur lequel je me suis je me suis vraiment concentrée c'était une dystopie et c'est la première fois que j'ai eu des retours entre guillemets professionnels par ma mère avait trouvé une amie qui avait une soeur qui travaillait pour une maison d'édition et elle a revu mon texte elle m'a donné des conseils plus techniques que pouvait pas me donner ma famille et ça m'a fait beaucoup progresser mais pour le projet aurait pu être porté à la maison d'édition mais à cause d'un micmac un peu compliqué ça s'est pas fait ça m'a un peu énervée et un peu déçue et du coup je me suis lancée sur la mémoire des sylphes et je me suis lancée après avoir montré à ma famille j'ai montré à des gens que je connaissais pas à travers la plume d'argent et on en arrive plus ou moins ici à terme où mes éditrices m'ont trouvé sur plume d'argent donc en fait ça tape toute l'épopée

Le conseil du père : jamais un seul projet

Ybelion — de plume d'argent c'est fou en vrai c'est trop cool et tu vois quelque chose qui marque dans le parcours que t'as pu partager c'est l'importance du partage et du fait de montrer ce qu'on peut faire et d'oser montrer et d'oser recueillir du feedback et quelque part c'est en plus en s'ouvrant comme ça aux autres que naissent de très belles opportunités tu l'aurais pas montré à tes parents t'aurais jamais reçu ses premiers retours où ton père t'aurait jamais partagé ce conseil là tu l'aurais t'aurais pas partagé sur les plumes d'argent tes éditrices t'aurais peut-être pas trouvé donc ouais je trouve que c'est un très beau message de dire ça encourage au partage et je trouve ça génial je trouve ça génial

« C'est par là que passe le progrès »

Flavie Bertrand — je pourrais jamais assez promouvoir le partage parce que c'est par là que passe le progrès enfin un auteur qui est réceptif aux critiques j'entends par là des critiques constructives bien sûr c'est un auteur qui progresse c'est un auteur qui est alors il y a il y a une certaine il y a une certaine enfin il faut être capable de faire la part des choses et de voir ce que soit on souhaite mais pouvoir entendre que son personnage on comprend pas trop qui c'est son personnage est un peu un peu bancal parce que d'un coup il fait ça d'un coup il fait ça ou alors tout simplement vraiment sur le texte le vocabulaire est pas suffisamment si ou ça la syntaxe la grammaire enfin il faut moi j'aurais encore une fois pas progressé comme j'ai progressé si j'avais pas partagé mais il y a un autre un autre facteur qu'il faut choisir à qui on partage au début parce que si j'avais pas eu un entourage aussi comment dire on a pas tous la chance d'avoir un entourage qui est aussi accueillant pour une pulsion créative et par exemple si les parents sont pas du tout artistes et que ça les intéresse pas du tout peut-être partager avec un ami qui lui comprend un peu plus cette dimension là ou un oncle quelqu'un je pense que avoir en face quelqu'un d'indulgent et d'aimant entre guillemets ça aide beaucoup surtout au début parce que moi les critiques de Plume d'Argent je pense pas que j'aurais vraiment pu les comprendre et les prendre si j'avais pas été d'abord formée à une enfin si j'avais pas appris à aimer la critique à travers des gens que j'aimais qui faisaient des critiques sur mes romans dosées

Ybelion — c'est vrai c'est vrai que il y a toujours les critiques qu'on reçoit déjà il est toujours important de rappeler qu'elles parlent du texte et pas de la personne et c'est vrai que parfois on a enfin forcément les textes qu'on écrit nous touchent profondément nous représentent on a tendance nous en tant qu'auteurs à faire cet amalgame là donc c'est bien parfois avant de recevoir les critiques hop de prendre un peu de recul de commencer par se dire ok on va parler de mon texte mais pas de moi et à partir de là l'auteur reste quand même le décisionnaire les critiques ou les commentaires sont toujours des invitations à et c'est comme ça qu'il faut les prendre alors il faut pas rester non plus dans une posture égotique en voulant ne rien entendre

Flavie Bertrand — ça polarise d'abord soi-même quand on est dans cette dimension là

Ybelion — ça c'est sûr ça c'est sûr et alors ah mince j'ai voulu j'ai voulu rebondir sur quelque chose et ça m'est c'est arrivé aussi vite que c'est reparti non t'inquiète c'est pas ta faute c'était quoi oui voilà c'était toi c'est parmi toutes celles que t'as pu recevoir alors tiens je vais prendre plutôt la période où tu partages sur plume d'argent parce qu'en plus je trouve que c'est hyper intéressant comme processus de partager au fur et à mesure et donc t'as un espèce de processus itératif avec les gens qui te lisent c'est quoi à la fois peut-être le conseil ou la critique la plus pertinente que t'as pu recevoir ouais

Flavie Bertrand — alors les critiques qui sont qui sont sur plume d'argent enfin qui étaient sur plume d'argent à l'époque plume d'argent était essentiellement constitué d'auteurs lisants donc on va avoir pas mal de j'ai eu pas mal de corrections surtout de la syntaxe moi j'en ai j'ai un de mes lecteurs qui est enfin qui est devenu mon bêta lecteur pour la suite donc là lui il m'a donné vraiment des gros conseils sur en général c'est des remarques de lecteurs et c'est là que je trouve ça intéressant c'est que c'est en tant que lecteur ça j'ai pas compris ça j'arrive pas à comprendre ce que c'est comme sens et donc la manière dont c'est dit compte parce que c'est pas culpabilisant c'est ton livre est nul c'est très bien ça ne me sert à rien mais

Ybelion — dire

Flavie Bertrand — j'ai pas compris tel personnage je n'arrive pas à le placer ou là ton intrigue enfin franchement l'action de ces de ces personnages là ils devraient faire l'inverse ça correspond pas à leur caractère ou des trucs de ce genre là j'en ai pas eu tant que ça parce que entre guillemets je faisais quand même relire avant alors c'était surtout pour les photographe mais à ma mère avant de le publier parce que c'était quand même une pression pour moi de le faire mais j'ai vraiment eu je pense que ce qui m'a le plus apporté de plumes d'argent c'est pas franchement les critiques c'est la discipline que je me suis imposée c'est à dire que je me suis dit ok le but là c'est de je vais utiliser des mots pas très fun fidéliser son public et donc de faire ce que moi j'aimais bien avec les mangas c'est à dire avoir une sorte de publication hebdomadaire et donc qu'il y ait une attente qui se crée moi j'avais déjà je publieais tous les vendredis enfin je postais tous les jeudis soir tard et c'était j'avais les premières lectures le vendredi et en fait je faisais un format assez court en 2000 mots un chapitre de 2000 mots par semaine c'était tenable sauf pendant les partiels où je faisais une pause mais en fait ce petit format régulier et bien en fait outre le fait que tu crées une attente tu commences à apprendre à connaître tes lecteurs etc surtout toi même tu apprends à te montrer au rendez-vous régulièrement et à faire cette petite production toutes les semaines et même toi tu finis par être presque comme ton lecteur j'ai trop hâte d'avoir les retours sur ce chapitre et en fait ça devient un moteur en fait au début on peut se dire que c'est s'imposer quelque chose de compliqué et je ne dirais pas que ça ne l'est pas compliqué mais je pense qu'il y a un côté grisant aussi à avoir comme une occasion par semaine réservée à l'écriture où tu vas mettre enfin leur montrer un peu dire ah regarde ce que j'ai fait ça y est c'est la suite et les gens qui s'interrogent sur alors il va se passer ça comment c'est possible ces petites choses là c'est vraiment ce qui m'a ce qui m'a beaucoup plu avec l'expérience que j'ai eu sur Plume d'Argent vraiment

Un chapitre par semaine : la discipline Plume d'Argent

Ybelion — c'est hyper intéressant ce que tu ce que tu amènes parce que tout à l'heure on parlait de d'amour de l'écriture et d'amour du processus et en fait là tu vois tu viens de partager une des clés qui toi t'as fait aimer ce processus aussi c'était de dire ah mais en fait toutes les semaines je vais partager ce que j'écris et on va me faire des retours et il va y avoir cette boucle avec mes lecteurs et quelque part tu vois là t'as mis le doigt sur un truc qui toi te drive et qui te permet de dire bon là j'ai peut-être un petit peu la flemme d'écrire mais en fait je vais quand même le faire parce que j'ai bien envie quand même d'avoir cette boucle avec les gens qui me lisent et ça c'est

Flavie Bertrand — c'est ce qui est très important pour moi je sais que c'est pas le cas de tout le monde mais là maintenant que je suis dans le tome 2 et que du coup je peux pas partager de cette manière là le tome 2 je sens un peu ça me manque en fait alors j'ai toujours mon beta lecteur qui m'a suivi alors lui du coup je l'ai gardé il a l'exclusivité du premier jet mais c'est pas tout à fait pareil que de le montrer à tout le monde parce qu'une personne peut être indulgente alors que quand c'est aux yeux de tout le monde il y a un peu un côté tu t'engages et entre guillemets c'est hors de tes mains après donc advienne que pourra c'est clair

Ybelion — c'est clair et oui tu fais bien le noter c'est ce truc cet aspect qui toi te drive effectivement c'est pas le même pour tout le monde mais c'est ça aussi qui est magnifique et c'est pour ça qu'il n'y a jamais aucune méthode secrète qui a marché pour écrire des livres c'est qu'en fait ces métriques là elles sont différentes pour chacun et chacun aura une manière de kiffer son processus d'écriture et c'est ça aussi qui le rend magnifique ce processus d'écriture donc c'est hyper intéressant et tu vois encore une fois c'est génial ce que tu partages parce qu'on se rend bien compte que la manière qu'on a de trouver ce qui nous anime en écriture c'est en faisant et c'est dans le processus que toi tu remarques qu'en fait cette boucle là elle te nourrit et t'aurais pas pu deviner avant sans le faire de dire non

Flavie Bertrand — je dirais ça prend du temps ça prend du temps oui parce que moi j'ai pris presque allez j'ai si on dit que j'ai commencé à 10 ans et j'en ai 25 j'ai presque pris entre 6 et 7 ans avant de vraiment comprendre qu'est-ce qui me drive et c'est que sur mes années de fac donc j'avais entre 19 et 22 ans j'ai commencé la publication sur plume d'argent c'était de 2020 à 2022 donc j'avais de 20 à 22 ans ça veut dire que ça m'a mis vraiment 10 ans pour me dire waouh c'est ça qui me je me rendais pas compte avant j'en profitais déjà parce que je partageais à ma famille mais partager plus large ça m'a mis 10 ans donc non seulement ça vient en faisant mais ça vient aussi en faisant longtemps on peut pas l'avoir instantanément c'est rares sont les gens pour qui ça arrive je trouve

Ybelion — exactement c'est un processus très itératif et la seule première règle c'est de d'oser commencer quelque part rentrer dans cette boucle littérative c'est ça

Assumer un premier jet qui ne sera pas bon

Flavie Bertrand — et d'assumer le fait que ça sera pas bon au début c'est ça ouais

Ybelion — c'est vrai

Flavie Bertrand — et c'est pas grave et on le réapprend à chaque premier jet parce que après avoir passé je sais pas combien d'années sur le sur le tome 1 et donc d'avoir je suis passé je crois 3 ans bah j'ai terminé en 2022 non j'ai passé un an et demi à faire que de la réécriture et du retravail du truc jusqu'à la sortie en 2025 et en fait là je me relance dans un premier jet je réapprends tout il faut que j'assume le fait que ça soit pas tout de suite quelque chose de clean quoi et il y a un petit coup à l'ego mais en fait il est bon parce que ça rappelle que bah non on commence pas avec un texte fini quoi qu'en pensent les gens qui n'écrivent pas on commence avec un royaume

Ybelion — oui ça c'est le c'est vraiment ça c'est le rôle du premier jet c'est d'exister et pas d'être parfait ouais c'est ça et une fois qu'on lâche prise sur cette perfection alors évidemment c'est pas évident de lâcher prise et c'est ok chacun trouve après sa manière de faire mais je peux rassurer la plupart des gens que j'accompagne sont dans un moment ce truc de putain mais je me rends compte que mon premier jet va pas être parfait et alors si vous êtes dans ce cas là ne vous inquiétez pas c'est normal et vous allez vous en sortir c'est normal et quelque part c'est aussi ça qui est qui est beau un moment de lâcher prise et puis tu sais que tu vas y revenir de toute manière

Flavie Bertrand — oui c'est entre guillemets c'est bon parce que ça veut dire qu'on progresse au fur et à mesure qu'on écrit on se dit oula on a un regard critique qui se marche il faut pas que ce regard critique se transforme en jugement et que le jugement personnel de notre oeuvre nous arrête d'écrire c'est exactement et c'est pour ça que partager peut aider moi je trouve parce que ça permet de sortir de la boucle soit son livre et du coup le livre sort un peu de soi et on a l'avis de la personne et ça peut rassurer ça peut inspirer même je trouve qu'il y a toute cette dimension là qui moi pour moi le partage est une manière assez efficace de sortir de cette boucle d'angoisse finalement et de jugement qui peut arriver encore maintenant très régulièrement

Feedback utile ou procrastination active ?

Ybelion — alors ça aussi c'est intéressant et j'ai un avis peut-être un peu différent tu vas me dire ce que t'en penses ce que j'ai pu remarquer quand même c'est que alors je parle surtout des primo-auteurs pas forcément je veux dire une fois qu'un auteur se connait et qu'il sait comment il fonctionne les règles sont d'autant plus différentes parce qu'il a vraiment pris corps avec la manière dont il écrit mais très souvent je remarque certains qui avant même d'avoir fini un premier jet ou d'avoir terminé une fois le processus sont à la recherche justement de feedback mais pas alors et c'est là que je mets un bémol par rapport à ce que tu pouvais amener peut-être c'est pas forcément en conscience et pas forcément pour les bonnes raisons et ce que j'entends par bonnes raisons c'est parfois certains rentrent dans une sorte de procrastination active dans le sens où je donne je donne mon texte à relire c'est comme si j'écrivais mais en fait c'est une manière de se cacher et de pas aller se confronter à l'acte d'écrire et c'est pour ça que typiquement quelqu'un qui viendrait me demander avant d'avoir fini son premier jet si je peux relire son texte moi je le questionnerais beaucoup sur ok pour quelle raison t'as besoin de le relire sur quel aspect t'as besoin d'une critique et si ça tombe sur des ah mais c'est parce que je suis pas sûr que ça soit assez bon ok mais assez bon pour qui et pourquoi et là après toujours faire le lien avec le pourquoi et les raisons pour lesquelles toi t'écris si t'écris pour toi dans une démarche d'accomplissement personnel savoir si tes trois premiers chapitres sont bons ça n'a pas vraiment de sens dans le sens où

Flavie Bertrand — bon pour qui voilà il peut y avoir des trucs techniques mais en fait ça passe après ça passe après

Ybelion — exactement et là t'as mis le doigt sur une des raisons pour lesquelles ça m'arrive de le faire c'est quand au fil de tirer ces questions là tu te rends compte qu'il y a vraiment un truc de en fait j'ai besoin de savoir s'il y a une cohérence que j'ai raté ou alors est-ce que ça suit vraiment les intentions que j'ai avec mon roman ou alors est-ce que techniquement j'ai pas raté quelque chose et là ça peut être pertinent de faire relire avant même d'avoir terminé le premier jet mais sinon c'est aussi prendre le risque quand on se connait pas pardon désolé je parle longtemps mais c'est aussi c'est aussi prendre le risque de tomber dans une boucle de correction perpétuelle et d'arriver dans un truc où tu donnes ton chapitre à lire t'as un retour ça te donne envie de tout modifier sauf qu'entre temps t'as réécrit un chapitre et du coup tu le fais relire et là ça te donne encore envie de tout modifier et là t'as une espèce de fractale de correction et un moment qui fait une espèce d'erreur 404 et qui te fait un peu voilà exactement et alors c'est pour ça c'est juste une petite nuance par rapport à ce que t'amenais parce que t'es pas la première autrice à me partager comme ça qu'au fil de la découverte qu'ils ont fait de leur processus ils se sont rendus compte qu'avoir des feedbacks perpétuels pendant l'écriture de leur premier geste ça leur faisait beaucoup de bien mais c'est

Flavie Bertrand — c'est pas n'importe quel feedback aussi oui voilà c'est ça je pense que alors moi c'est très particulier parce que souvent c'est fait par ma famille j'ai très peu de personnes qui les relisent de manière entre guillemets professionnelle ou vraiment externe et j'ai toujours un peu les mêmes questions sur je donne par exemple un chapitre à lire à ma mère et ensuite je lui posais la question est-ce que qu'est-ce que t'as pensé des personnages dans ce chapitre-là qu'est-ce qui t'a intéressé elle va pas franchement me donner d'informations enfin ça c'est peut-être les retours particuliers de ma mère mais elle va plutôt me pousser vers l'avant plutôt que de me dire il manque quelque chose parce qu'on fait on sait qu'on n'est pas là et souvent parce que là récemment il y a un aspect qui me taraudait un peu un peu en fond sur mon premier jet je me disais est-ce qu'on a compris enfin est-ce que parce que moi je sais ce que pensent les personnages qui ne sont pas les personnages principaux mais est-ce que l'intention est compréhensible on a l'impression que c'est moi qui fais mal mon job parce que parfois c'est pas évident et j'ai reçu les retours de mon beta lecteur et là j'ai la confirmation que ça y est il vient comprendre toutes les pistes que j'ai mis sur mon dans les chapitres précédents mais comme il vient de les comprendre seulement maintenant je me dis bon du coup il faudrait quand même l'expliciter plus tôt parce que ça arrive trop tard cette compréhension donc ça c'est quelque chose que je vais me mettre en post-it sur mon côté parce qu'en fait je ne peux pas revenir sans arrêt de en arrière mais ça me demande de la discipline aussi c'est pas on aurait envie de procrastiner mais je pense que depuis Plume d'Argent je le fais beaucoup plus relire chapitre à chapitre avant c'était mou je revenais beaucoup moins sur mes textes parce qu'ils étaient entre guillemets lus que par ma famille donc s'il y a des problèmes finalement d'histoire je corrigeais très peu en fait je pense que maintenant j'aurais plus ce problème là de faire attention il faut que je fasse attention à ne pas trop revenir en arrière mais comme j'ai des les retours que je reçois sont souvent des retours très plutôt des encouragements que des retours à proprement parler c'est vrai que tu parles de quelqu'un qui te demande des retours en général il demande des retours quasi pro oui t'as raison et en fait moi là ce que je reçois c'est pas des retours c'est des encouragements je viens chercher je fais faire l'aumône donnez-moi la foi s'il vous plaît

Ybelion — c'est en vrai c'est trop cool que tu partages ça parce que ça c'est justement je trouve que c'est hyper inspirant d'entendre les auteurs parler un peu plus de la manière dont ils fonctionnent parce que ça déculpabilise aussi certaines manières qu'on peut avoir de mettre en place et de se dire ah mais putain pourtant j'ai entendu tel auteur célèbre dire qu'il fallait faire comme ça je fais pas pareil est-ce que ça est-ce que est-ce que c'est bien est-ce que c'est mal et c'est pour ça que c'est trop cool et effectivement t'as dit un truc mais la recherche de t'inquiète t'es sur le bon chemin dans le processus d'écriture d'où l'importance d'être bien entouré c'est aussi important parce que comme on l'a dit c'est un processus long il y a des hauts il y a des bas il y a la vie aussi qui fait que parfois le moral est pas forcément là et avoir des gens qui te rappellent que ouais t'inquiète là ce que tu fais c'est bien et continue ça fait vachement bien en fait

Réfléchir à voix haute, dessiner pour patienter

Flavie Bertrand — ouais c'est vraiment le nerf de la guerre vraiment pour ma part j'écris vraiment pour les gens je sais qu'il y a des sortes d'écriture ou des on a tous un peu un avis un peu à soi il y a des écritures qui sont vraiment destinées à soi-même et qui font du bien à soi mais je trouve que ça me fait du bien de sortir de moi à travers le roman et de montrer le roman devient en fait une manière de rentrer en relation avec les gens en fait et comme il l'a toujours été pour moi maintenant il devient aussi un moyen de renforcer la relation que j'ai avec ma mère et d'avoir des moments sympas de discussion et outre les moments où je lui fais relire ça m'arrive aussi beaucoup de réfléchir ce que j'appelle réfléchir à voix haute je lui explique ce qui soit me pose problème pour les futurs chapitres soit les idées que j'ai eues pour résoudre des problèmes que je lui avais mentionné plus tôt et de faire un peu ma sauce et elle va m'écouter avec un talent incroyable et parfois intervenir en disant mais alors il y a tel truc qui pourrait être intéressant et elle me laisse très libre mais elle a souvent de très bonnes de très bonnes intuitions et moi en fait ça le verbaliser face à quelqu'un qui va pas forcément te dire quoi faire mais rien que le verbaliser face à quelqu'un ça peut aider à mettre de l'ordre dans la tête je trouve du coup mes amis et ma maman sont souvent victimes de mes réflexions à voix haute mais en général je leur demande si ça les dérange ou pas parce que sinon mais en général elles sont contentes de m'aider sur ce point là j'abuse pas faut pas déconner non plus mais moi ça m'aide terriblement enfin de le faire passer par autre chose que mon cerveau intérieurement avec sa petite voix qui fait marcher la turbine et à la main quand ça passe par la voix c'est une autre manière que ça que ça s'exprime et j'irais même j'irais même plus loin pour moi le dessin est aussi une autre manière de réfléchir donc parfois j'ai des scènes qui sont plus loin j'ai peur de casser de souffler un peu la bougie trop tôt en les écrivant maintenant ou en les décrivant du coup je vais les dessiner pour que la description reste entre guillemets abstraite que les mots soient pas fixés et que le sentiment de la n'est fixé que le sentiment et l'impression de la scène des postures mais rien de verbal et donc en fait ça me laisse très libre face à la scène future que j'ai envie d'écrire mais que pour l'instant c'est presque trop tôt tiens

Ybelion — alors c'est trop cool parce que justement je voyais le temps passé je m'étais dit on a toujours pas parlé du fait que tu sois illustratrice et du coup là tu fais la passe décisive par là bas quelle place je t'arrête

Flavie Bertrand — deux secondes il faut que je monte là haut dans ma chambre parce que il n'y a pas de j'ai pas amené le chargeur et sinon on va te couper donc je t'attends deux secondes le temps que je me rebrince

Ybelion — petite interlude voilà

Flavie Bertrand — petite interlude technique voilà sinon ça va être très bien les aléas

Ybelion — toujours

Flavie Bertrand — c'est ça on est branché ça devrait fonctionner c'est bon tu m'entends toujours très bien oui donc oui pardon non pas de problème

Deux jambes : l'écriture et le dessin

Ybelion — et du coup le donc le parallèle avec ta casquette d'illustratrice comment alors je dirais hein quelle place à le à le dessin et les illustrations dans ton processus créatif d'écriture et ouais quel lien tu fais entre les deux enfin ouais c'est très large comme question en fait je suis assez fasciné par l'utilisation de tous les médiums créatifs et du coup je suis très curieux de savoir comment tout ça s'imbrique dans ton quotidien d'artiste quelque part

Flavie Bertrand — je dirais que le quotidien le dessin passait beaucoup de temps enfin je passais beaucoup de temps à dessiner quand j'étais à la fac pour faire le prom pendant que je faisais le premier jet parce que je pouvais pas toujours écrire moi en fait je trouve que le dessin va vraiment avoir le me permettre de réfléchir différemment en fait parce que c'est un peu mettre le pied dans son univers mais sans avoir à buter sur les phrases sur comment est-ce que je vais faire passer tel ou tel sentiment ça fait fonctionner une autre partie de mon cerveau un peu moins je suis quand même dans des métiers assez verbaux on va dire et passer un peu plus par d'autres sens et d'autres une autre manière de réfléchir c'est en fait c'est libérateur je trouve ça permet vraiment de je sais pas rafraîchir un peu son imagination et comme je disais tout à l'heure je m'en sers beaucoup pour fixer l'impression d'une scène future c'est pas contraignant c'est à dire que j'ai des dessins qui étaient des bonnes idées mais qui ne sont pas par lesquels je ne vais pas forcément passer mais c'est un peu comme si t'avais des teasers de la série que tu veux regarder c'est pas trop exactement comment est-ce que tu vas y arriver mais t'as tellement hâte d'arriver à cette scène

Ybelion — pour moi

Flavie Bertrand — dessiner ces scènes là c'est le même effet c'est à dire que je le chemin n'est pas forcément toujours tracé entre moi et la le début du roman et la scène en question mais c'est une scène qui va me motiver et moi j'ai un peu parfois la sensation je sais qu'il y a des auteurs qui peuvent s'amuser à qui que ça aide d'écrire dans le désordre moi je peux pas j'ai beaucoup de mal parce que parce que ça change tellement au cours du premier jet j'ai tellement d'arborescence qui se des choses qui se révèlent en fait avec le premier jet que faire un premier jet dans le désordre ça me convient pas du tout j'ai besoin d'une certaine linéarité parce que je c'est un peu bizarre de dire ça mais je pense que beaucoup d'auteurs le disent j'ai l'impression de lire mon roman quand je l'écris je suis pas vraiment surpris parce que à la fois je le construis ce roman mais j'ai quand même cette sensation de pour la première fois passer par ce chemin et si je me mettais à j'ai des bonnes idées mais je veux surtout je veux pas les perdre mais les fixer par écrit c'est compliqué je vais les dessiner et j'ai tout très tôt dans le processus d'écriture eu besoin de cette de cette de cette de cette de cette de cette de cette deuxième jambe si tu veux pour moi j'ai une jambe d'écriture une jambe de dessin et j'avais besoin d'équilibre en fait et j'avais besoin de me représenter les personnages les scènes très tôt j'ai des dessins terribles de mes de mes tout premiers mes tout premier roman j'en ai plein presque ça devient presque une bd alors c'est pas aussi proche qu'une bd mais c'est un peu comme si je faisais une comment on appelle ça c'est pas un scénario c'est

Ybelion — un du maquete enfin des sortes de maquettes quoi de ouais

Flavie Bertrand — la version pour la pour le film tu sais les shots par scène tu dessines pas toute la scène mais t'as les shots t'as les shots tu vois et bah dans les premiers dessins que j'ai fait de romans de fantasy avec des dragons et tout j'avais vraiment ça et c'était parce qu'en fait ça c'est né d'une frustration mon écriture n'allait pas assez vite parce que j'étais petite j'écrivais pas très bien j'écrivais euh enfin même quand je relis je me dis bon j'aurais peut-être dû ralentir un peu déjà rien que dans l'écriture mais c'était frustrant de ne pas pouvoir écrire assez vite du coup euh le dessin permettait de s'avancer d'aller un peu dans les pre-shops des scènes futures des épisodes tu vois c'est donc c'était par là que j'ai commencé puis ensuite il y a eu le fait de mes dessins n'étaient pas très beaux et à partager bah c'était pas forcément ouf donc je me suis améliorée parce que je voulais pas avoir le regard j'ai dit mon papa il dessine donc quand c'est pas bon bah du coup il va le voir et je vois qu'il le voit même s'il va pas forcément me dire c'est mauvais je sais qu'il le voit donc au bout d'un moment même pour moi j'ai envie de m'améliorer puis j'ai aussi envie que les gens trouvent ça beau donc puis honnêtement pour moi-même je sais quand c'est pas beau quand ça ressemble pas à la vraie vie un peu les humains qui ont des têtes un peu bizarres des yeux un peu bizarres des mains pas possibles des pieds j'ai toujours du mal avec les pieds mais c'est je suis passée dans le trou sans fond de travail d'anatomie de dessin de tout machin j'ai fait ça un peu de mon côté de moi régulièrement pareil toujours des retours de mon papa qui dosait les compliments et les encouragements avec parfois des mots purement objectifs et moi j'avais besoin de ça en fait beaucoup de retours j'ai toujours été comme ça et donc c'était pareil pour le dessin et petit à petit j'ai progressé en parallèle et ça me permettait aussi d'exprimer par exemple quand quelqu'un tu veux parler de ton roman tu sais pas trop comment t'expliquer surtout au début t'as pas les mots même encore aujourd'hui ça peut m'arriver d'être très brouillon dans mes explications du coup je manquerais des dessins et c'était peut-être ça parlait plus aux gens parce que pour rentrer dans un livre il faut le lire alors qu'un dessin c'est instantané et je pense que c'est ça une des motivations que j'avais comme j'avais tellement besoin de partage je suis passée par la méthode la plus instantanée possible

Ybelion — en vrai c'est trop cool c'est vrai tu vois genre j'avais jamais vraiment pensé à ça mais c'est vrai qu'en fait le dessin est un peu plus instantané que l'écriture ou pour que ça soit comme dans ta tête bah en fait c'est pas pour rien qu'on fait un premier jet une réécriture et puis qu'une deuxième etc et c'est vrai que le dessin a ce côté mettre ouais des une image ouais exactement et moi ce qui tu vois encore une fois ça je trouve ça trop intéressant parce que un processus qui a marché pour toi en écriture fonctionne aussi pour toi en dessin ce côté très itératif avec les retours et comme quoi en fait c'est vraiment la démarche pour écrire un livre et plus largement un peu tout type de projet qui nous tient à coeur c'est vraiment de savoir et de s'interroger et de se questionner sur comment on fonctionne et donc d'apprendre à se connaître et donc il y a un truc très développement de soi-même dans tous ces dans tous ces projets et donc dans l'écriture et c'est et c'est assez passionnant en vrai

Plume d'Argent, Christelle Dabos et La Passe-miroir

Flavie Bertrand — c'est quand on est un peu plus stable enfin moi j'ai écrit une grosse partie pendant toute mon adolescence et quand finalement c'est que le livre où je suis un peu plus stable sur mes appuis qui a été publié donc finalement c'est enfin moi je trouve ça un peu drôle le livre d'avant qui était passé pas trop loin qui était une dystopie assez sombre ben moi quand je le lis je suis en mode c'est des bonnes idées mais moi je peux pas m'empêcher de voir dans ce livre là toutes les angoisses et puis les choses pas forcément super cool que j'ai vécu au lycée et je suis en mode bon ben j'étais pas stable à ce stade c'est pas forcément mauvais mais c'est pas mûr et c'est que quand je me suis un peu de plus trouvée que j'ai ben que j'ai eu le courage d'aller plus loin quoi et que ça a commencé à plaire ça a failli être parfait que j'ai pu partager plus loin et donc que ça a pu plaire à d'autres gens moi je me suis inspirée quand la décision de publier sur Plume d'Argent elle est venue de des discussions que j'avais vues sur ben c'est Christelle Davos qui a fait la pub de Plume d'Argent parce qu'à la base elle aussi elle a publié la passe-miroir sur Plume d'Argent il y a très longtemps et c'est les gens de Plume d'Argent qui lui avaient permis de enfin qui l'avaient un peu poussé pour qu'elle l'envoie la passe-miroir à Gallimard Jeunesse pour le concours et moi cette communauté là m'avait fait envie et c'était là que je suis allée bon maintenant ça n'existe plus mais c'était mon c'était c'est par là que j'ai aussi rencontré plein d'auteurs et autrices sur des salons ensuite enfin Plume d'Argent c'était une expérience assez sympa de partager et de enfin vraiment c'est dommage que ça se soit terminé c'est un peu c'est un peu inévitable mais il y a d'autres manières enfin je pense que des communautés d'écriture avec des endroits où partager ces chapitres ça existe toujours Plume d'Argent n'était qu'une des communautés il en existe à mon avis toujours allo ?

Ybelion — ah je t'ai récupéré Flavie

Flavie Bertrand — ah pardon du coup tu m'entendais plus tout à l'heure

Ybelion — ouais non désolé en fait ma connexion internet elle a sauté et du coup je suis passé en partage de connexion pour te récupérer et désolé du coup j'ai dû rater les 30 dernières secondes je pense

Flavie Bertrand — c'est pas grave

Ybelion — qu'est-ce que si tu te rappelles de ce que tu partageais tu peux reprendre là où t'en étais je suis désolé

Flavie Bertrand — je sais pas du tout où est-ce que tu en étais arrêté mais moi ce que je disais c'est que l'expérience Plume d'Argent était vraiment incroyable mais je pense qu'il en existe toujours des communautés où on peut partager ses romans ses chapitres avoir des retours et lire les premiers chapitres des autres je trouve que c'est dommage que ça n'existe plus c'était un peu inévitable mais je pense que c'est pas cette envie de partager n'est pas propre à Plume d'Argent il y a d'autres ressources de nos jours qui sont toujours disponibles il y en a de nouvelles qui sont créées je ne saurais plus donner le nom mais je sais qu'il y en a récemment qui sont réapparues donc Wattpad est un peu envahie donc c'est un peu compliqué pour Wattpad mais il en existe d'autres et je pense que je pense que l'idée de Wattpad à la base c'était ça aussi c'était ce partage et cette espèce d'envie de retour et de donner aussi des avis sur les textes des autres je trouve que c'est il n'y a pas que moi qui aime entre guillemets

Ybelion — non mais c'est clair c'est hyper précieux en plus d'avoir ces espaces là ça permet à tout un chacun de trouver exactement le niveau de la manière dont il a envie de fonctionner et c'est ça qui est super cool et pour boucler j'imagine que du coup tu fais des illustrations pour ton univers des sylphes et à quel point c'est cool de pouvoir illustrer ce qu'on a en tête nous-mêmes

Flavie Bertrand — alors c'est à la fois cool parce que je me rends compte surtout quand je vois les gens frustrés avec leur propre avec leur propre univers en se disant je voudrais tellement le représenter c'est là que je me dis effectivement c'est fun c'est un peu comme je disais tout à l'heure il y a un côté libérateur à se dire je vais leur donner un visage et puis les regarder presque directement il y a un côté ils existent ils sont pas que faits de mots ils sont aussi ça je pense que pour moi c'est très important je pense que c'est ce qui a motivé mes progrès en dessin j'avais aussi envie de les voir être et je pense que c'est aussi beaucoup de pression parce que surtout depuis que je poste et que je publie des illustrations c'est qu'il faut que ce soit bien fait parce qu'il faut moi quand j'ai fait la couverture pour la mémoire des sylphes j'avais été embauchée par l'arche des songes sur ça je voulais pas que ça fasse pas pro parce que techniquement je suis une autodidacte d'un bout à l'autre en fait donc le fait que faut pas que ça fasse cheap faut pas que ça fasse pas pro faut que il y a beaucoup de il faut qui apparaissent quand tu publies et je pense que c'est vrai aussi pour le roman pour les romans quand tu publies il y a aussi beaucoup de il faut qui arrivent surtout quand t'en as déjà publié un tu l'as écrit dans le secret entre guillemets de ta chambre et tu l'as peut-être fait relire mais finalement il est qu'à toi jusqu'au moment où il t'échappe et pour le deuxième tome tu sais qu'il va t'échapper et donc là c'est plus compliqué et pour les dessins c'est pareil il y a une certaine pression là je suis en train de travailler sur une illustration du tome 2 qui est au tout début donc il n'y a pas grand spoil dans l'image en soi mais je me suis fait un challenge beaucoup trop grand c'est à dire que je veux faire un paysage chose que je ne fais pas souvent je suis sur tous les personnages je fais aussi des personnages mais je veux aussi qu'ils soient sur des chevaux or les chevaux ce n'est pas mon truc je ne sais pas faire ça donc du coup j'ai passé tout l'été à travailler les chevaux et c'est un projet qui est encore là parce que je suis sans arrêt interrompue dans mon travail et du coup c'est difficile de tenir un projet sur une courte période donc j'ai plein de projets qui sont en parallèle et je switch parce que voilà la difficulté du dessin ne descend pas forcément même si t'es bon mais en fait t'as toujours meilleur et quand t'as le regard du public en fait ce qui est terrible c'est que et à la fois c'est une bonne chose même quelqu'un qui ne connait rien en dessin si le portrait de quelqu'un est mal fait il va le voir instant il ne saura pas forcément dire pourquoi il est parfait mais il va le voir instantanément et du coup ça fout la pression quand même

Ybelion — ce que je remarque c'est qu'il y a quand même un très grand parallèle entre le processus d'écriture et le processus de dessin c'est quand t'es dans une intention personnelle et bah effectivement alors oui il y a un travail à faire de lâcher prise sur le regard des autres de s'autoriser sa propre posture etc mais effectivement t'as passé il faut ou en tout cas justement t'apprends à t'en détacher et après oui quand tu passes avec une intention de vouloir le publier et donc t'es plus du tout dans une posture artistique quelque part c'est vraiment bon bar ok exactement puisque il faut enfin voilà l'objectif c'est que le livre se vende et donc ça devient une posture commerciale c'est pour ça que c'est très important et je trouve que dans le partage avec lequel qu'on a eu là ensemble je trouve que t'as quand même enfin à mon sens d'un point de vue un peu extérieur t'as bien réussi à séparer ces demandes là t'en as déjà d'abord fait une aventure personnelle où toi t'as appris à savoir comment tu fonctionnes etc et là maintenant que ça est bouclé bah tu t'interroges sur la suite en disant bon bah ok maintenant ce livre là était à publier et preuve en est que du coup t'as réussi à le publier en plus oui

Des Imaginales au contrat avec L'Arche des Songes

Flavie Bertrand — moi je l'avais envoyé à la base je l'avais envoyé pour je l'avais envoyé à Gulfstream en fait en 2024 je l'avais envoyé en février 2024 à Gulfstream parce qu'ils avaient ouvert leur soumission et en fait aux imaginales enfin j'avais aussi envoyé le texte alors j'ai la chance d'avoir pu discuter et sympathiser avec Christen Dabos et par ailleurs au cours de ces sympathiques expériences nous avons échangé sur mon roman et elle m'a proposé de le lire donc elle a lu la version avant qu'elle soit prise par l'arche des songes et elle m'en avait parlé aux imaginales de 2024 et donc ça m'a donné confiance en moi là dessus mais j'ai aussi appris aux imaginales de 2024 par l'éditeur que j'avais rencontré de Gulfstream au cours d'un dîner alors pas personnel il y avait plein de monde c'était assez divers il m'a expliqué un peu comment est-ce qu'ils allaient traiter les textes qui avaient été envoyés en février c'est à dire que c'était un peu une banque de données dans laquelle ils piochaient en fonction de ce qu'ils avaient déjà envie de publier et voir un peu ce qui allait correspondre et qu'est-ce qui allait les inspirer et donc moi je me suis dit bon dans ce cas là ça peut être moi je pense que mes romans auraient très bien pu se trouver dans leur DA après ça aurait pu être beaucoup plus tard tu vois c'était un peu trop flou pour moi à ce moment là et la vie de Christelle m'a beaucoup aidé à me à gagner encore un peu plus confiance dans un texte que forcément au bout d'un an et demi de réécriture je commençais à avoir des doutes

Ybelion — c'est clair c'est normal

Flavie Bertrand — et puis je me demandais est-ce que je l'enlève de plume d'argent ou pas est-ce que je l'enlève de plume d'argent ou pas parce qu'il est terminé puis c'était que le premier jet donc toute la réécriture je ne l'ai pas mise sur plume d'argent mais en même temps tu vois je me disais bon je me posais vraiment la question de est-ce que je le laisse ou pas Christelle m'a dit laisse-le il n'y a pas de raison donc je l'ai écouté et puis vraiment en août je reçois un message de l'arche des songes en mode oui on a commencé à lire sur plume d'argent ça nous intéresse est-ce que tu as une version plus aboutie alors moi dès que je suis fébrile je leur envoie et ensuite ils me disent ça nous intéresse vraiment on aimerait bien le publier est-ce que ça t'irait de se voir en visio et du coup après cette visio en août 2024 ça a commencé et le contrat a été signé le 12 octobre 2024 tu vois donc c'était vraiment un enchaînement de choses si j'avais pas écouté Christelle je leur ai enlevé de plume d'argent et enfin probablement je leur ai enlevé de plume d'argent et du coup j'aurais pas été j'aurais pas été trouvée par l'arche des songes donc c'est franchement ça tient pas à grand chose

Ybelion — c'est franchement tu partages là le hasard miraculeux de la vie des échanges et du partage c'est quelque chose que t'aurais jamais pu prévoir et c'est simplement exactement et puis c'est simplement en vivant ta vie d'écrivaine quelque part que cette opportunité un jour s'est offerte à toi et franchement je trouve que c'est moi c'est vraiment ce genre de partage qui m'inspire énormément parce que ça rappelle quand même que le principal c'est en fait concentrons-nous sur ce qu'on maîtrise à savoir prendre plaisir dans ce processus là et advienne que pourra et quelque part c'est quand on lâche prise sur ce advienne que pourra et qu'on profite du processus que se passent les plus belles choses ouais c'est un peu ça

Flavie Bertrand — bordel de la providence

Ybelion — putain ouais exactement c'est très bien dit ouais exactement et euh alors moi je vais pas devoir tarder mais j'ai quand même envie de te poser euh une dernière question au moins une dernière question sur les un deux trois je vais y arriver les mémoires des sylphes c'est ça la mémoire des sylphes la mémoire putain j'étais presque non ça va je peux dire que je vais je vais pas oublier du coup maintenant sur la mémoire des sylphes euh déjà je commence par là mais merci beaucoup d'avoir partagé euh autour de son processus de création et de ta manière d'écrire euh moi ça me touche beaucoup et je trouve que c'est toujours super d'avoir les insights un peu d'un écrivain ou d'une écrivaine parce que tout de suite quand on s'accapare son livre et qu'on le découvre euh ça a tout de suite une saveur différente parce que on ouais exactement on note beaucoup plus de choses euh on fait des liens avec ce qu'on a pu entendre enfin bref c'est vraiment trop cool donc merci pour ça et la question alors c'est une question que je pose toujours un petit peu à la fin c'est euh si t'avais quelque chose de d'insolite à raconter sur la mémoire des sylphes euh que ça soit de dans le bouquin dans les personnages ou dans le processus euh qu'est-ce que qu'est-ce que tu pourrais raconter sur

La double tendinite : devenir son personnage

Flavie Bertrand — alors j'ai découvert que mes recherches sur l'escrime euh étaient vraies euh en pratiquant l'escrime médiéval après la publication ce roman

Ybelion — incroyable

Flavie Bertrand — mon personnage principal euh a quelques mésaventures avec euh avec son épée enfin avec son processus de enfin quand elle se bat elle a pas forcément l'habitude et euh elle a euh elle souffre des poignets beaucoup euh parce que euh elle a en face des gens qui sont assez costauds et donc euh elle se tape une double tendinite et en fait moi j'ai commencé l'escrime médiéval euh à peu près en mars euh en mars 2025 euh et vraiment très rapidement je me suis chopée une double tendinite parce que alors là c'est pas parce que je change d'épée comme elle le fait c'est parce que il y a bouclier et épée et donc euh mais en fait quand t'as pas l'habitude et que t'es quelqu'un peut-être plus artiste tu vois tu tapes toute la journée ou tu dessines tu pour mon personnage j'ai joué du violon et ben euh t'as pas forcément la résistance musculaire le enfin pour tenir des objets lourds et les manier euh longtemps en fait et euh et encaisser des chocs et tout et donc j'ai réalisé que j'avais raison et j'ai eu des gens de mon groupe des screens qui ont lu mon roman et qui m'ont dit ah tu t'es inspiré de ce qui t'est arrivé je te demande non il est sorti ah bon

Ybelion — franchement putain c'est incroyable c'est incroyable tu es littéralement devenu ton personnage quoi

Flavie Bertrand — oui pas sur un aspect que j'aurais aimé c'est vrai ça je m'en serais bien passé

Ybelion — oh là putain c'est incroyable bah écoute tu vois c'est exactement ce genre de petite anecdote que j'adore entendre pour clôturer ça donne vraiment du ça fait le tu sais le petit sel je trouve des histoires ouais merci beaucoup Flavie d'être venu parler de la mémoire des sylphes et de d'écriture parce qu'on a et puis d'illustration aussi on a balayé beaucoup de sujets et j'invite tous les gens qui nous écoutent à aller découvrir ton univers à la fois sur le domaine de l'illustration ou de l'écriture et on mettra tous les liens notamment de ton livre en description voilà merci beaucoup Flavie

Flavie Bertrand — et merci à toi pour ce podcast c'était très agréable vraiment j'ai passé un super moment c'est pas

Épisode 97 avec Flavie Bertrand

AU MICRO AVEC

Flavie Bertrand

Remets un disque

UN AU HASARD, ET LES DEUX D'À CÔTÉ

Ose Écrire, épisode 110

ÉPISODE AU HASARD · N°110

Les deux personnes qu'on doit rendre fiers

Épisode 110. Un épisode décousu, traversé d'élans, de pauses café et d'un drôle de jeu : laisser Claude (l'IA) me poser des questions auxquelles je dois répondre en direct. On parle de vos retours bouleversants sur l'épisode 108 et de ces deux typologies de réactions qui m'ont profondément touché. On évoque cette première question que je n'ai pas osé entendre, à savoir qu'est-ce que tu as bien fait ces dernières semaines, et l'éternel insatisfait qui parle plus fort que les fiertés en nous. On aborde la vraie question qui me hante en tant que coach : est-ce que tout le monde devrait oser écrire son livre ? Et cette nuance qui change tout, entre courage et envie de mettre son courage au service d'un projet long. On parle aussi de cette chaîne d'écriture quotidienne de plus de 1200 jours et de ce que ça ferait si je la cassais volontairement. On évoque le culte de la robustesse plutôt que celui de la performance, ces deux personnes qu'on doit vraiment rendre fières (le petit garçon de 8 ans et le papi de 80 ans), pourquoi un coaching s'espace de deux semaines, et cette consommation un peu trop facile de contenus motivationnels. On découvre enfin pourquoi, quand le réel cogne plus fort que la croyance, c'est toujours la croyance qui doit bouger.

Toi aussi, tu as une histoire à raconter ?

Les discussions du podcast sont ouvertes à celles et ceux qui osent. Viens partager ton chemin d'écriture au micro.

Passer au micro