Et si ce qui te débloquait, c'était une bonne colère ?
CE QUE RACONTE CET ÉPISODE
Juliette Alousque construit son univers de fantasy depuis le collège. Des déboires avec une maison d'édition finissent par la dégoûter de ce monde qu'elle adore pourtant. Un an entier sans écrire une ligne.
Puis il lui arrive quelque chose qui la met, selon ses propres mots, full en colère. Vraiment vénère. Et au lieu d'attendre que ça passe, elle décide d'en faire quelque chose. Un one-shot, sans plan, sans se soucier de la cohérence, sans prise de tête. Juste une meuf qui veut tout défoncer, sans aucune morale à en tirer.
Elle l'écrit pour elle, sans intention de le publier. Cinquante mille mots plus tard, elle réalise que ce n'est plus un défouloir, c'est un roman.
Ce que je trouve précieux là-dedans, c'est qu'elle n'a pas cherché à écrire quelque chose de bien. Elle a cherché à sortir ce qu'elle avait. Et c'est exactement ce qui a produit un texte qui tient debout, après un an de page blanche.
Dans cet épisode, on parle aussi de ses deux règles très concrètes pour encaisser les retours de bêta-lecture, de ce que le jeu de rôle lui a appris sur la brièveté des vrais combats, et de cette idée qu'on met peut-être plus de soi dans la fantasy que dans le contemporain.
LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE
CAROUSEL À VENIR
Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.
Face B — le transcript
L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE
Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !
Bienvenue dans l'épisode 95
Ybelion — Yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans l'épisode 95 d'Ose Écrire. Et aujourd'hui, j'accueille Juliette. On parle de son parcours d'écrivaine, de ses influences issues des mangas, des jeux vidéo et de la mythologie. On évoque aussi l'importance des retours bienveillants en écriture. Mais surtout, comment lâcher prise vis-à-vis de ces retours. Évidemment, on évoque le jeu de rôle et la liberté créative en fantaisie. Je vous laisse avec tous ces sujets passionnants et je vous dis à très vite. Moi, c'est Sam, Ybelion de mon nom de plume. Je suis écrivain, coach et j'accompagne celles et ceux qui veulent renouer avec leurs rêves d'écriture. T'écoutes un podcast dont l'intention est simple. Te donner inspiration, outils, motivation, discipline. Bref, tout ce qui peut te permettre d'oser écrire. En gros, c'est un peu dans le titre. Ose Écrire. Et du coup, je disais, avant que t'arrives, je regardais sur Insta un peu tous les moodboards que t'as fait. Et j'ai trop aimé, notamment celui qui parle de toi avec tout ce que t'apprécies, etc. Et j'ai vu des trucs où je me suis dit, ça va être trop cool. Tu sais, t'as l'aspect jeu de rôle. J'ai vu Arkane, Fullmetal Alchemist. Que des trucs qui parlent à mon petit cœur. Mon petit nerd. Ouais, voilà, exactement. Tu vois, moi, ça me parle tout à fait. Et franchement, je crois que j'ai envie de commencer par là. Genre, à quel point un peu tout cet univers, tu vois, jeux vidéo, jeux de rôle, il t'a lancé dans l'écriture. Enfin, ouais, vraiment démarrage libre. Genre, par où t'as...
Des mangas aux fanfictions Naruto
Juliette Alousque — En fait, c'est hyper drôle. Les jeux vidéo, en vrai, je suis pas très jeux vidéo. Enfin, je suis plus MMORPG dans mon coin de temps en temps. Je suis pas trop axée dessus. À part Baldur's Gate, bien sûr. L'Aklair Obscur, par exemple. Etc. Donc ça, c'est très... C'est irrégulier, on va dire. Et en fait, du coup, moi, j'ai commencé l'écriture comme beaucoup de gens au collège. Et pour le coup, c'est à cause... Enfin, à cause. C'est grâce au manga. Du coup, Full Metal. Bon, à l'époque, Naruto.
Ouais.
Que je me suis lancée d'être... Mais pareil, en mode fanfiction, tu vois. Et en fait, grâce à ça, j'ai créé mon propre univers, qui est devenu Elvis maintenant. Et après, je me suis arrêtée d'écrire l'ICFAC. Par là, parce que surtout avec la fac, avec les CM, les cours magistraux, les TD, la recherche, enfin, tout ce qu'il fallait faire, vraiment plus de temps pour. Mais du coup, j'ai aussi découvert le jeu de rôle à la fac. Enfin, je connaissais déjà petite, mais j'avais pas de personne avec qui y jouer. Et en fait, c'est un pote de fac qui nous a dit, venez, je vous initie. Et en fait, ça, ça m'a complètement aidée à reprendre l'écriture. J'ai en mode, ah mais oui, carrément. Genre, en fait, ça, ça me... Vraiment le leitmotiv en mode, ok, maintenant, je sais comment construire un personnage, comment les relations entre les personnages peuvent évoluer, ce genre de choses. Genre, c'est naturel. Autour d'une table, en fait, au début, t'aimes pas quelqu'un. Et puis, au fur et à mesure des aventures, t'es en mode, bah en fait, lui, il est cool, tu vois. Et c'est plus comme ça. Ça m'a relancée dedans. Bah là, en fait, il y a quelques années, il y a 8 ans, 6-8 ans. Et ça m'a fait trop du bien. J'étais là en mode, oh là là. J'ai renoué avec l'écriture, enfin, franchement.
« Juste une meuf qui veut tout défoncer »
Le jeu de rôle à la fac relance tout
Ybelion — C'est incroyable, ouais. Et c'est... Alors, j'aime bien toujours le côté... Alors, quand on commence à écrire au collège, est-ce que t'as gardé les trucs que t'écrivais quand t'étais au collège ?
La documentaliste, première lectrice
Juliette Alousque — Je crois pas. En vrai, c'est les seuls trucs que j'ai gardé. Parce que pareil, tu sais, j'écrivais des petits mots avec les copains à l'époque. Du coup, j'ai tout gardé. Et je suis sûre d'y avoir des extraits. Mais je sais que ma documentaliste à l'époque, qui est une amie en plus que je vois tout le temps maintenant, mais c'était ma première lectrice, je la plains parce qu'elle a dû lire des horaires, juste pour me faire plaisir. Mais je pense pas que je les ai gardées. Peut-être des idées comme ça, sur des words encore, que j'ai pas osé supprimer, mais c'est vraiment dans un dossier en mode à oublier.
Ybelion — Ouais, c'était un espèce de sentiment mi-tendresse, mi-un peu honte, tu vois. Ouais, carrément. J'écrivais des trucs quand même. Et en même temps, tu vois, c'est grâce à des gens comme ta documentaliste qui prennent le temps de lire et de te dire, c'est bien quand même.
Juliette Alousque — Ouais, tu peux faire mieux, mais t'es sur la bonne voie.
Ybelion — Ouais, exactement. Et en vrai, ça part de là, tu vois. C'est ça qui est génial. Et donc toi, c'était fanfic Naruto, c'est ça ?
Juliette Alousque — Ouais, mais ça a pas duré très longtemps. Ça a pas duré très longtemps. Non. Rapidement, il fallait que j'écrive mon propre truc. Du coup...
Ybelion — C'est quoi qui te plaisait dans les mangas ? Quand t'étais petite ?
Shonen, drama et dépassement de soi
Juliette Alousque — Même encore maintenant, en fait, je suis très shonen. Ouais. Donc ça va être tout ce qui est vraiment aventure, évolution, un peu de l'enfance à l'adolescence. Et je serais pas... Il y a une construction que j'aime bien. Genre, il y a vraiment un dépassement des personnages. Bon, après, il y a plein de trucs que je trouve un peu problématiques maintenant. Genre la représentation des femmes, par exemple, dans les shonen, je suis en mode les gars, arrêtez, ils sont pas obligés d'être à poil tout le temps. Mais bon, je sais pas, les rythmes qu'ils arrivent à faire avec les musiques aussi, l'animation, enfin, je suis plus animé que manga, pour le coup. J'en ai quelques ans, mais j'ai pas le temps de lire, donc... Et ouais, c'est vraiment les intrigues, le dépassement de soi et en faire toujours plus. Je sais pas, je trouve ça vraiment motivant. Depuis petite, ils me donnent envie de me dépasser aussi.
Ybelion — Ouais, je suis d'accord. T'as envie de vivre ta propre aventure, quoi. C'est ça. Et c'est un peu... C'est un peu bateau dit comme ça, mais en vrai, c'est hyper efficace et hyper motivant, je trouve, effectivement.
Juliette Alousque — Ouais, puis il y a toujours la dose de drama qu'il faut pour que je pleure. Et j'adore pleurer, donc c'est parfait.
Ybelion — C'est lequel qui t'a le plus marqué récemment, du coup ?
Juliette Alousque — Là, des sorties récentes.
Ybelion — Ouais, ou... Ouais, sorties récentes, on va dire.
Juliette Alousque — Euh...
En vrai... Juzukai Zen et Chainsaw Man, je dirais.
Ok, ok.
Demon's Seller parce qu'il y a eu le film qui n'est pas sorti il n'y a pas très longtemps. Mais, ouais. Très shonen.
Ybelion — Ouais. Deux qui sont dans ma liste, mais que j'ai pas encore ni lu ni regardé.
Juliette Alousque — Chainsaw Man, c'est particulier, mais c'est vraiment cool.
Ybelion — Ouais, ok. Ok, ok. Mais j'aime bien, je trouve que c'est toujours... Ils ont un peu des idées de barge, parfois, tu vois. Tu te dis, mais...
Juliette Alousque — Ouais, surtout lui.
Ybelion — Comment... Qu'est-ce qui t'est arrivé pour que... Pour que... Pour que t'imagines des choses comme ça. Et en même temps, c'est ça qui est génial. Donc, ouais.
Juliette Alousque — Et après, dans les plus vieux, full metal alchimiste. Mais bon, le Brotherhood. Donc, désolé, c'est pas.
Ybelion — Ouais, c'est le... J'arrive jamais à me rappeler lequel est... Ouais, je sais plus. Moi, je sais que j'avais aimé. Je sais plus lequel j'ai lu ou regardé. Mais je sais que j'avais aimé. Et que ça m'avait fait poser des questions petites... Des questions un peu philosophiques, tu dis. Ouais, de tout.
Juliette Alousque — Et puis, l'intrigue, elle tient vraiment la route en plus. T'es là en mode, tu te prends claque sur claque. C'est vraiment incroyable.
Ybelion — C'est clair, c'est clair. Et comment ça nourrit ton écriture, toi, tout ça ?
Juliette Alousque — Je sais pas. C'est plus dans les personnages, en vrai. Parce que les intrigues, c'est difficile de s'inspirer, je trouve. Pour arriver à réussir des plots, par exemple. C'est là en mode, oui, bah, toi, il faut que tu réfléchisses de ton côté. Parce que sinon... Mais vraiment, pour la construction des personnages, de vraiment créer des personnages qui sont différents les uns des autres. Et de leur faire une évolution. C'est hyper difficile. Je sais que j'y arrive pas forcément tout le temps. Mais ça m'aide pas mal à voir, ok, ce type de personnage, j'aime bien. Pourquoi j'aime bien ? Et au contraire, pourquoi lui, j'aime pas ? Et du coup, essayer de noter des trucs dans ma tête qui peuvent me dire, ces archétypes-là, en tout cas, ils sont efficaces. Du coup, pourquoi pas essayer de s'en inspirer aussi pour créer des choses... Ouais.
Naissance d'Elpis : d'Avatar à la mythologie grecque
Ybelion — Dans ton propre univers. Et du coup, t'évoquais ça tout à l'heure, là, que ça t'avait permis de... de commencer à créer ton propre univers, dès que t'étais au collège. Est-ce que c'est cet univers-là que t'as récupéré, là, il y a 6-8 ans, là, quand tu t'y es remise ? Ou pas ?
Juliette Alousque — Oui et non. En fait, il y a des personnages qui sont là depuis le début. Notamment la personnage principale, elle a évolué depuis, quand même. Elle a changé de prénom, elle a changé plein de choses. Mais tout au long du collège-lycée, en fait, je suis partie d'un univers très fantasy, mais un peu à la... Je saurais même pas dire. Un peu avec de la magie, mais... Peut-être un peu comme Avatar. Tu sais, des éléments et ce genre de choses, et des clans. Et après, c'est parti direct mythologie grecque. Surtout à l'époque, j'avais vite fait lu le début de Percy Jackson et tout, et puis je suis fan de mythologie, donc obligé. Et du coup, après, ça s'est ancré dans la mythologie grecque. Et du coup, le socle, là, s'est fait au lycée. Et après, j'ai gardé ça pour la suite. Et après, je suis allée en fac d'histoire exprès. Pour pouvoir peaufiner un peu tout ce qui est antiquité, mythologie grecque. Et du coup, ça m'a permis de plus développer encore l'univers. Que ce soit à la fois historique, parce que c'est d'inspiration, c'est pas pour l'histoire, puisque moi, après, je rajoute des choses à ma sauce, quand même. Mais pour qu'il y ait des trucs que certains... Je sais pas, des gens qui sont fans d'histoires anciennes, de mythologie, ils peuvent se dire « Ah, j'y cette ref ! » Et d'autres choses complètement inventées, parce que c'est bien aussi de mêler la fiction pure et dure.
Ybelion — Ouais, ok. Et ça, on est d'accord que c'est l'univers... Comment il s'appelle déjà ? J'ai mâché le nom.
Juliette Alousque — C'est Elpis.
Ybelion — Oui, voilà, c'est ça. Et après, le one-shot que t'écris, il est dans cet univers-là ou c'est...
Des déboires d'édition qui dégoûtent d'écrire
Juliette Alousque — Non. Non, tu as pas. Du coup, j'ai eu des petits dévoires avec une maison d'édition, 2023-2024, et c'était avec Elpis. Et en fait, moi, ça m'a complètement déboussolée. Mais genre, vraiment, ça m'a dégoûtée. Ça m'a dégoûtée de cet univers-là que j'adore. Et du coup, je me suis dit, en fait, ça sert à quoi d'écrire. Et du coup, pendant bien un an, j'ai pas réussi à écrire. Et l'année dernière, il m'est arrivé un petit truc et j'étais full en colère, mais genre vraiment vénère. Et c'est en fait, je me retiens d'être en colère et il faut que je l'exprime d'une certaine façon parce que c'est bien la colère aussi de l'exprimer. Bien sûr. Et du coup, je me suis dit, allez, go, je vais écrire un one-shot, mais sans prise de tête, sur juste une meuf qui veut tout défoncer. Et genre vraiment, elle a aucune morale, elle veut juste être vénère. Et du coup, j'ai vraiment commencé à écrire par jour le one-shot en mode no pression. Tu sais vraiment comme avant, tu te prends pas la tête, t'écris, ça vient. Tu cherches pas à faire un plan, tu cherches pas à ce que ce soit cohérent et tout. Vraiment, tu y vas à fond. Et en fait, je me suis dit, au bout d'un moment, j'étais à 50 000 mots, j'ai fait, en vrai, c'est déjà un roman là. En soi, en termes de mots, c'est un roman. Et je me suis dit, go, essayez de raccrocher avec l'écriture et peut-être, on croise les doigts, le monde de l'édition, via un one-shot. Puis c'est beaucoup plus simple, de toute façon, pour commencer aussi, un one-shot avec une trilogie.
Une colère brute devient un roman
Ybelion — Ouais, c'est clair. C'est clair. Et t'en es où, là, dans le processus, avec la page du crépuscule, si j'ai bien retenu ?
Juliette Alousque — C'est ça. Là, du coup, j'ai fait le mot TRIARCA le mois dernier. Et du coup, je l'avais fait en mode réécriture. Et je me suis dit, je vais réussir à faire la moitié. Et en fait, j'ai fait la réécriture quasiment entière. Trop bien. Comme quand on se dépasse de fou. Après, c'était une petite réécriture, en vrai. Je ne me suis pas trop agencée dans d'autres choses. Mais du coup, là, j'ai envoyé ma première partie en bêta lecture hier. Et à la fin du mois, parce qu'il me reste quelques passages, la deuxième partie à écrire, à réécrire. Du coup, à la fin du mois, j'envoie tout. Et donc après, ça part en BL et réécriture. Et après, je renverrai encore une fois en BL pour que ce soit bien carré.
Ybelion — OK.
Juliette Alousque — Et voilà. Et après, j'essaierai de soumettre en maison d'édition. On ne sait jamais.
Ybelion — Sur ça, effectivement, je te souhaite le meilleur. Il y a toujours un peu des parts de chance et de timing aussi. Mais d'opression,
Juliette Alousque — franchement. ouais,
Ybelion — de toute façon, à partir du moment où tu vois, je t'entends dire que c'était aussi une manière pour toi de mettre des mots sur la colère que tu avais pu ressentir. On sent bien que tu l'as fait pour toi et que forcément, après, ça libère un peu de la pression qu'on peut se mettre sur le... Comment ce texte va vivre quelque part.
Juliette Alousque — C'est ça.
Ybelion — T'as déjà servi, quoi.
Juliette Alousque — Puis dans le monde de l'édition, de toute façon, une fois qu'on envoie nos textes, après, on ne contrôle plus rien.
Donc,
qu'il y ait des non ou des oui, on espère tout le temps l'ouïe. Mais après, même si je n'ai pas de oui en soi, ce ne sera pas... J'espère. Je dis ça maintenant, on verra dans un an.
Ybelion — En tout cas, je te souhaite le meilleur. Et comment on fait pour passer d'un... du coup, une écriture très intuitive où tu as vraiment libéré tout ce que tu avais en toi à te dire, bon, en fait, j'en fais un vrai roman. Et du coup, qui amène forcément un niveau de cohérence un petit peu plus élevé, je dirais, que juste quand on écrit sans réfléchir comme ça.
« Je suis à moitié architecte »
Juliette Alousque — Très bonne question. Je suis à moitié architecte. Autant, je n'aime pas faire des plans en avance. Autant, j'aime bien prendre des petites notes. Du coup, c'est un peu ce que j'ai fait au fur et à mesure que j'écrivais. Je me suis dit, OK, il me semble que dans ma tête, ça, ce n'était pas comme ça avant. Du coup, je me suis juste fait des commentaires au fur et à mesure sur mon texte où je me suis fait carrément un doc à côté en mode, pour la réécriture, check, est-ce que tel personnage, il existe avant ? Est-ce que... Enfin, voilà. Je me suis fait une petite checklist que j'ai revérifiée pendant la réécriture que j'ai faite le mois dernier, enfin au début du mois, pour justement voir à quel point j'étais incohérente ou pas. Parce qu'en fait, inconsciemment, il y a des choses où tu penses que c'est incohérent et en fait, tu as réussi à faire en sorte que ça le soit à peu près.
Ouais.
À peu près. Donc, en vrai, j'ai la chance d'avoir des premiers jets très clean aussi quand même. Même si c'est full intuition, j'aime bien quand il y a une certaine cohérence. Après, il y a tout le temps des choses qui ne vont pas et du coup, je n'ai pas hésité à supprimer aussi des passages qui ont... Moi, ça m'a fait du bien mais ça n'a rien à voir, ça casse le rythme. Pourquoi ? Mais ouais, c'est plutôt inconscient en vrai, je pense. À part cette petite to-do list que j'avais fait.
Ybelion — Je trouve que justement, tu vois, ça prouve bien. Tu vois, le architecte jardinier, je trouve qu'il est tellement manichéen que c'est super dur en fait pour les gens de s'identifier. C'est pour ça que j'aime bien toujours que les auteurs parlent un peu de leur mode de fonctionnement parce que ça donne aussi une vision un peu différente de la manière dont on peut fonctionner. Et là, tu vois, on sent que ton côté très instinctif, du coup, très jardinier, si on devait réutiliser le terme, en fait, tu le compenses par cette petite touche d'architecte où tu vas noter les choses que tu as envie de vérifier. Et ce qui est assez impressionnant d'un point de vue extérieur, c'est que justement, tu arrives quand même à lâcher prise sur ce truc de OK, peut-être que là, il y a des choses incohérentes mais vas-y, on verra plus tard. Et ça, c'est top parce que tu ne t'enfermes pas dans cette espèce de boucle de correction perpétuelle avant même d'avoir terminé quelque chose.
Écrire la fin en premier
Juliette Alousque — Je me suis fait avoir dessus avec Elpis au tout début et du coup, j'étais en mode non, surtout que la plupart du temps, moi, c'est la fin de mes romans ou de mes histoires qui me viennent en premier. Du coup, je sais où je veux aller et je sais qu'il faut que ça arrive à ce moment-là et souvent, j'écris déjà la fin, en fait, elle peut se modifier après parce qu'il y a plein de choses qui changent. Mais du coup, en fait, à partir du moment où tu as la fin, je trouve que c'est vachement plus facile aussi d'axer ton intrigue et tes personnages pour aller dans cette direction-là. Bon, après, il y a tout le temps des changements mais Elpis, par exemple, je suis revenue beaucoup de fois en arrière. Contrairement à Parjure, j'ai fait non, ce sera comme ça. Point.
Ybelion — Et c'est quoi le plus confortable, du coup ?
Juliette Alousque — Entre les deux ?
Ybelion — Oui.
Juliette Alousque — Oh, c'est Parjure. C'est de savoir, en fait, c'est d'arrêter de lâcher prise, en fait.
Ybelion — Oui.
Juliette Alousque — Juste lâcher prise.
Ybelion — Et ouais, je vais te poser une question. Je ne sais pas si tu auras la réponse parce que souvent, c'est difficile mais comment on fait pour lâcher prise quand on est dans le process comme ça ?
Encaisser les retours de bêta-lecture
Juliette Alousque — C'est tout un processus. En vrai, je me questionne vachement dessus depuis plusieurs années aussi. Par exemple, les retours de Belle, j'avais beaucoup de mal au début. Pourtant, c'était des gens bienveillants souvent. Mais je suis là en mode, OK, à partir de 22 heures, déjà, il ne faut pas que je regarde les commentaires parce que sinon, ça va être mortel. Pareil, quand tu es en syndrome prémentsuel, non, ne lis pas ce genre de commentaires, ça va juste faire du mal. Du coup, là, j'ai réussi à lâcher prise aussi, à me dire, ce n'est pas moi qu'on vise, c'est pour améliorer le texte, ce n'est pas contre toi, ce n'est pas méchant, c'est juste pour perfectionner et pour que toi, tu sois aussi vachement fière de toi à la fin. Et j'avais vraiment ce côté où l'écriture, c'est personnel. Je ne le faisais lire à personne avant et c'est ton travail, c'est vraiment à toi. Les gens, ils n'ont pas le droit d'avoir de regard dessus et de dire que si, si tu veux évoluer, il faut s'entourer de personnes hyper bienveillantes pour progresser qui sont un peu dans ta vibe aussi parce que ces personnes-là, il ne faut pas forcément que tu sois proche avec elles mais au moins qu'elles sachent te parler pour que tu le prennes pas mal aussi. Après, si tu le prends mal, c'est autre chose. Du coup, j'ai fait un gros travail là-dessus sur apprendre à prendre la critique pour pouvoir en faire un moteur. Ce n'est pas évident du tout.
Ybelion — Non, ce n'est pas évident. et comme, alors tu vois, toi, effectivement, j'entends aussi que tu le fais beaucoup pour toi, tu vois, que l'écriture est un processus très personnel et effectivement, on a tendance à mélanger un peu notre personne et notre texte alors que les bêta lecteurs, en fait, on leur donne notre texte et donc, c'est ça qu'ils regardent et là, effectivement, au début, au début, ça picote quand même. Ça picote.
Juliette Alousque — Tu as eu ça ?
Ybelion — Oui, moi, j'ai eu ça de manière, déjà, personnellement et puis, tu vois, les auteurs que j'accompagne, c'est toujours un enjeu même pour des gens qui sont dans une démarche très, je dirais, de développement personnel, je ne sais pas, c'est le terme qui me vient là mais tu vois, très ouverts à la critique, très ouverts à l'évolution. Déjà, s'ils viennent me voir et qu'ils sont dans une démarche d'être accompagnés pour écrire, tu vois, ils sont déjà dans cette démarche-là mais quand même, le coup de retour est toujours un peu piquant et moi, je vais parler de moi, du coup, je ne vais pas parler en leur nom mais moi, les premières réflexions à chaque fois qui me viennent et encore aujourd'hui, c'est, vas-y, ils n'ont pas compris de toute façon, c'est moi le génie ici, tu vois. ils n'ont juste pas été touchés par mon génie et c'est toujours ma réaction à chaud et puis après, ça redescend et tu fais, ah non, mais en fait, les commentaires sont très intéressants et alors évidemment, tu l'as dit aussi, on parle ici de commentaires bienveillants, tu vois, qui parlent, qui sont contextuels et qui ne sont pas genre, c'est nul, tu vois, c'est toujours nul, c'est encore pire, tu vois, donc non, on parle de commentaires bienveillants et je remarque que ça te sert quand même énormément toujours à vraiment asseoir les intentions que tu as avec ton roman, quoi, en intégrant les commentaires ou justement, en les intégrant pas mais en faisant des modifs qui font que presque la sensation du commentaire est renforcée, tu vois.
Juliette Alousque — Oui, c'est pas forcément, c'est pas parce qu'on nous fait une remarque, il faut l'apprendre aussi, c'est ça qui est chouette, c'est justement des observations et des suggestions en mode, est-ce que c'est ça que tu voulais faire, enfin est-ce que c'est ça que tu voulais qu'on comprenne et du coup, je trouve ça aussi chouette parce que ça te permet vraiment de te mettre à la place du lecteur, du coup, de sortir un peu de hors caméra et te refocus, enfin, de prendre plus de distance par rapport à ça parce que nous, on a l'intime aussi dedans donc, difficile de se remettre en question directement.
Ybelion — Ah ouais, puis, tu oublies trop en fait et t'as la tête dans le guidon à force, quoi, et des trucs qui te paraissent cohérents, logiques, bien amenés, génial, etc., tu vois que ça sert pas en fait ton histoire et ça, c'est pour ça que c'est positif, quoi. Et ça rejoint toujours cette boucle un peu, je trouve, du créatif où t'as besoin de te trouver naïvement génial quand t'es dans le processus parce que sinon, c'est super dur de tenir et après, cette honnêteté intellectuelle de te remettre en question et de dire, ok, vas-y, comment je peux améliorer ce que je suis en train de faire et comment je peux, enfin, ouais, être meilleur, quoi. et hop, t'alterne entre ça et puis...
Juliette Alousque — Il ne faut pas tomber dans le côté, ce n'est pas égocentrique, mais tu sais, vraiment ce côté fier et c'est comme ça que je fais, c'est mon univers et point, c'est... Il faut être fier de soi, il faut être capable de se remettre en question, ouais.
Ybelion — Ouais, et c'est très souvent, en tout cas, de ce que je peux observer, je ne peux pas faire de généralité toujours, mais c'est la notion de faire les choses en conscience, tu vois. Parfois, tu fais quelque chose, c'est une faute ou alors une règle pas communément admise dans l'écriture ou le genre d'écriture que tu fais, mais si c'est fait en conscience, tu vois, ok, de toute façon, les règles sont faites pour être brisées, mais avoir connaissance des règles pour les briser, c'est important. Et moi, je remarque que les plus grosses erreurs entre guillemets que j'ai pu faire et que les bêta lecteurs ont pu faire remonter, c'est souvent des moments où je faisais des choses et que je n'en étais pas conscient. Et c'est ça, en fait, c'est ça l'apprentissage derrière, je trouve.
Juliette Alousque — Ouais, de fou. Surtout que les bêta lecteurs sont, enfin, souvent, on les sélectionne aussi parce qu'ils connaissent ce genre-là aussi ou qu'ils ont une sensibilité qui peut nous permettre justement de faire attention à ça.
Le retour d'éditrice qui a tout changé
Ybelion — Ouais, exactement. Et toi, c'est quoi le, peut-être la, ouais, la plus belle leçon que tu as retenue après une BL ?
Juliette Alousque — Oula, la plus belle leçon. En vrai, je ne sais pas, c'était pas vraiment une BL, c'était un retour, pour le coup, d'une éditrice. OK. Et qui, pour, ça ne rentrait pas dans la ligne édito, en fait, de la maison d'édition, mais c'était elle qui m'avait demandé si elle pouvait lire mon texte. Et du coup, déjà, j'étais trop contente. Et en fait, elle m'a fait un retour par téléphone hyper précis. Et par exemple, je suis très attachée, c'était du coup, le chapitre 1 de mon tome 1 sur Elpis. OK. Et en fait, c'est un flashback pour vraiment, ben voilà, poser un peu l'univers. Et du coup, elle avait tout lu et elle me fait, ben en vrai, ce chapitre-là, il est fort, mais il faudrait que tu le mettes en début de tome 2. Et en fait, du coup, elle m'avait expliqué toute une logique de pourquoi ce chapitre 1 serait beaucoup mieux en début de tome 2 pour le drama, pour X choses. Et j'étais là en mode, OK, en fait, elle a vraiment lu mon roman, elle a vraiment capté l'enjeu qu'il y avait derrière ce chapitre, l'intérêt des personnages aussi à l'intérieur et tous les petits reveals qu'il peut y avoir. Et en fait, j'ai trouvé ça hyper intéressant parce que les retours que j'ai autant eu des retours positifs que négatifs sur ce chapitre, mais c'est effectivement fantasy, beaucoup d'infos, etc. Et là, j'étais en mode, OK, en fait, là, c'est pour que ça, on garde ça, mais que ça s'agence à un moment où ce sera plus bénéfique en quelque sorte. Et vraiment, tous les retours qu'elle a eus derrière m'ont fait beaucoup de bien aussi à ce moment-là. Et pareil, elle m'a fait des retours sur mes descriptions, je suis très descriptive. Du coup, elle m'avait donné des petits tips pour pas trop en faire parce que parfois, tu vas décrire une chose de cinq façons différentes. Et du coup, elle m'avait fait, voilà, elle m'avait donné des conseils pour réduire ça aussi parce que déjà, ça va réduire le texte drastiquement et puis aussi, ça va être plus percutant. Et elle m'avait fait des compliments sur mes dialogues alors que moi, je pensais écrire des dialogues avec les pieds. J'étais là en mode, c'est pas du tout ce qui m'intéresse d'écrire des dialogues. Et j'étais en mode, ah ok, on m'avait jamais fait de retour sur mes dialogues et en fait, cette personne-là, elle trouve, il y en a peu mais ils sont percutants. Et du coup, j'étais en mode, oh, ça fait trop du bien. Et c'était bien parce qu'à ce moment-là, j'avais besoin aussi de positifs sur cet univers et que voilà, il avait ses chances plus tard dans une autre maison des étions ou quoi mais ça m'a fait beaucoup de bien parce que c'était, certes, pour le coup, c'est positif mais voilà, il y avait tout le temps des conseils derrière pour améliorer justement et je pense à partir de là aussi où j'ai lâché prise sur les retours de BL même si là, c'était pas de la BL encore une fois et je me suis dit ok, bah effectivement, tu pointes des choses aussi qui sont pas bien à l'instant T mais tu peux en faire quelque chose de bien avec différentes avec différentes façons de le faire en fait et c'était trop bien enfin, je sais pas si t'as répond vraiment à ta question mais...
Ybelion — Si, c'est top en vrai le... je suis toujours hyper touché tu vois par le temps que peuvent prendre les gens à, je dirais, encourager d'autres sur le chemin de l'écriture parce que en vrai, l'écriture c'est long et parfois t'es un peu seul et seul et seul et seul tu vois et avoir quelqu'un qui te... ne serait-ce que te dit ouais, t'es sur le bon chemin franchement, ça peut te remotiver et te faire ne pas abandonner quoi donc ouais, c'est top comme partage gros big up à cette éditrice du coup
Juliette Alousque — très sympathique franchement
Ybelion — et tu parlais
Juliette Alousque — ouais,
Ybelion — bah ouais c'est toujours ça c'est les retours dont on a le plus besoin on s'y attend jamais et quand on les a on se rend compte que c'était exactement ça dont on avait besoin le... tu parlais là des descriptions des dialogues moi je suis j'ai pas du tout description c'est quoi les conseils qu'elle t'a donné ou toi c'est quoi les conseils que tu donnerais autour des... comment on fait une bonne description question très vaste
Juliette Alousque — en plus qu'une mine en conseil d'écrire parce que je dis moi c'est instinctif donc je réfléchis pas forcément
Ybelion — alors du coup du coup je pour te peut-être le tourner moins conseil c'est toi comment quand t'as écrit une description du coup maintenant tu sais que c'est une bonne description ou en tout cas une description qui toi te plaît
Décrire juste : la leçon des combats
Juliette Alousque — par exemple typiquement dans Hell Peace donc c'est de la fantasy antique il y a pas mal de combats et moi j'ai beau faire beaucoup de combats entre guillemets dans les jeux de rôle ça prend une grande part de la partie parfois ça dure toute la partie ce genre de choses du coup tu vois j'ai un peu des mécaniques mais après je fais pas des arts martiaux historiques ce genre de choses donc j'ai pas les techniques et ce genre de choses et en fait moi dans mes descriptions à la base une action ça faisait genre un paragraphe genre vraiment juste le fait de donner un coup d'épée et moi ça m'allait parce que c'était très cinématique cinématographique du coup en soi c'était assez fluide c'était cinématographique etc mais en soi les lecteurs ils s'en foutent enfin tu vois comment t'as tourné ta lame etc enfin non va à l'essentiel et du coup en fait c'est en lisant David Gemmel pour le coup de la dark fantasy etc et en fait lui son héros Drus je crois que c'est Drus ou Maylander un des deux en deux phrases c'est plié genre il a fait son combat en deux phrases je suis en mode bah oui en fait un combat techniquement tu vois dans les films ça dure une scène de 20 minutes et ça c'est le JDR aussi qui me l'a appris un combat c'est très rapide genre ça dure pas 10 pages ça dure pas 10 minutes genre surtout si t'es en armure ou ce genre de choses c'est lourd c'est fatigué va porter ton épée ce genre de choses et du coup en fait j'ai pris ça aussi en compte en mode ok effectivement ça sert à rien de décrire il faut plutôt être descriptif dans le sens réel mais pas dans le sublime je sais pas si c'est tu vois ce que je veux dire et du coup ça c'est ce qu'il va falloir que je fasse dans la piste de reprendre cette description là en mode bah ça peut être beau mais sans que ça fasse 10 lignes tu vois
Ybelion — ouais c'est le la justesse quelque part dans ce que tu dans ce que t'amènes
Juliette Alousque — c'est aller à l'essentiel ouais mais à ce que tout en comment dire ouais aller à l'essentiel faut que ça reste cohérent aussi mais pas besoin d'écrire mille choses il se prend un coup d'épée il se prend un coup d'épée quoi il esquive il esquive pas besoin de dire elle esquive en faisant je sais pas un moulinet de ses bras et puis enfin bref
Ybelion — c'est la justesse est l'essentiel quelque part
Un ou deux sens, pas cinq
Juliette Alousque — ouais et après pour les autres descriptions elle m'avait dit de jouer sur les sens mais pas forcément de mettre tous les sens dans une description de faire un choix justement sur ces sens là parce que moi j'avais tendance par exemple tu rentres dans un temple les temples grecs c'est très coloré contrairement à ce qu'on pense du coup t'as la couleur tu vas avoir la luminosité qui est plus ou moins importante avec les torches ce genre de choses tu vas avoir les odeurs aussi donc en fait t'as tellement de choses à décrire que moi je me perdais aussi là dedans en mode je veux tout décrire parce que les gens enfin moi aussi en soi tu sais pas vraiment à quoi ressemble un temple grec mais maintenant avec les recherches qu'on a fait on a des images plus dans Assassin's Creed Odyssée justement je sais pas si t'as vu les images c'est très coloré et l'antiquité grec c'est ça en fait c'est juste les peintures n'ont pas été conservées avec le temps et j'étais là en mode ok bah moi en fait je veux que les gens qui connaissent pas du tout l'antiquité grec ils se disent que ah c'était pas tout blanc mais du coup je décrivais tout trop tout le temps genre les odeurs les bruits les textures et genre de choses et en fait elle m'a dit bah c'est bien mais est-ce que c'est vraiment pertinent et du coup elle me disait voilà tu centralises sur un ou deux sens pas plus pour que ce soit en fait le plus efficace possible plutôt que de tout décrire à balle ouais
Ybelion — et plutôt que de faire cette sorte de checklist de ok j'ai mis le goût ok j'ai mis la vue ok j'ai mis le ouais ok c'est vrai ça on y pense pas forcément le on fait beaucoup avec la vue forcément ouais et on oublie on oublie on peut un peu oublier les autres alors que c'est aussi ça peut ça peut très bien très bien fonctionner
Juliette Alousque — c'est ça et moi je suis tombée dans le piège en mode faut parler des sens ok je vais tout
Ybelion — ok le curseur hop total opposé
Juliette Alousque — c'est tout rien
Ybelion — mais tu vois c'est un peu c'est un peu comme ça qu'on découvre qu'on découvre aussi notre manière de fonctionner en écriture c'est en essayant en essayant et puis justement en essayant et en recevant des commentaires et puis on ajuste en fonction de ce qui est juste pour nous aussi quoi
Juliette Alousque — oui parce qu'à contrario enfin à contrario dans mes retours de BL j'ai des gens qui sont qui adorent la description et qui sont en mode j'adore tes descriptions et il y a des gens qui adorent la description qui étaient en mode bah c'est un peu long d'autres qui aiment pas du tout ça qui sont en mode enfin tu vois il y a vraiment tous les avis c'est là aussi où tu dis que de toute façon la chypre ça plaira pas à tout le monde
Ybelion — ah bah ça c'est d'autant plus sur des choses je trouve aussi enfin aussi fortes que les descriptions tu vois moi par exemple je c'est pas que j'aime pas mais c'est que ça me sort un peu de l'histoire et quelque part j'ai les lis sans lire et ce qui fait que moi la plupart tu prends les à chaque fois je cite cet exemple mais dans Hunger Games il est écrit que Pita est petit blond et plutôt Barack moi dans ma tête quand j'ai lu Hunger Games il était grand gros héros ça n'a rien à voir et pourtant c'était comme ça donc preuve que en fait les descriptions je les lis à moitié tu vois ou en diagonale et donc forcément tu vois que notamment quand je fais des bêtas lecture les gens savent qu'ils vont pas avoir de retour extrêmement pertinent sur les descriptions parce que voilà moi c'est pas quelque chose qui me touche forcément alors bon après il y a certains trucs que tu vois quand même ou pas mais voilà et donc effectivement tu plairas jamais à tout le monde ça c'est clair et net
Juliette Alousque — j'aime bien partir du principe aussi parce que pareil moi autant j'adore écrire la description et autant quand je lis parfois je trouve qu'il y a des longueurs ou ce genre de choses en fait du coup je préfère aussi quand il y en a trop qui n'est pas assez tu vois quand il y en a trop effectivement tu peux lire en diagonale tu peux passer le passage ou ce genre de choses mais tu manques pas de contenu si t'as envie de te poser la question tu reviens en arrière et tu relis le paragraphe ça m'est déjà arrivé en mode attends j'ai pas cette info c'était là-bas tu vois alors que si t'y a pas assez ça va plus me je vais pas être contente
Ybelion — tu vois tu vois c'est trop j'adore ça parce que moi c'est le contraire moi quand il y a pas je fais que me demander putain mais qu'est-ce que c'est tu vois et du coup c'est mon imagination qui travaille mais c'est trop drôle parce que c'est vraiment deux conceptions totalement différentes et de comment quelque part notre cerveau remplit les vides tu vois et c'est trop drôle c'est trop drôle de voir ça et ça pour le coup les descriptions c'est très ça fait moins ça avec les dialogues tu vois il y a moins ce débat de j'aime les dialogues j'aime pas du tout les dialogues je trouve
Juliette Alousque — il y a pas mal de romans où je suis là en mode oh tu parles pour rien dire
Ybelion — ah oui ouais ok aussi dans le côté est-ce que le dialogue est utile à l'histoire ou est-ce que c'est un truc un peu vide ouais c'est vrai après ça fait longtemps
Juliette Alousque — que j'ai pas lu de livre où les dialogues ! oh la arrête de parler elle est où l'action?
Le jeu de rôle, des caves à Stranger Things
Ybelion — ouais c'est vrai c'est vrai et alors du coup tu parlais de tu parlais de jeux de rôle de jeux de rôle avant là c'est alors tu sais que c'est en fait je suis je ne sais pas comment je te fais un partage personnel mais vraiment nerd tu vois assez classique génération des premiers Pokémon de 1 2 3 de la Gamecube PS1 bref tout ça tu vois et j'ai pas pris le jeu de rôle en tant que tel en étant petit tu vois ouais c'est vrai c'est vrai que c'est quand même un peu difficile
Juliette Alousque — il y a vraiment cet a priori moi je sais que depuis petite j'avais des petites notions du jeu de rôle mais déjà j'étais catégorisé un peu comme la garçon manqué un peu nerd qui joue dans la cour à faire de la magie là
Ybelion — ouais
Juliette Alousque — déjà j'étais la petite on est ensemble voilà du coup je me suis dit je peux pas arriver à trouver des gens qui font du jeu de rôle en fait je vais être encore plus bizarre et en plus pendant longtemps le jeu de rôle c'était un peu le truc qui était mal vu par tout le monde enfin je sais quand ça arrivait dans les années 80 c'était dans les caves aux Etats-Unis là personne n'est message genre les satanistes tout ça tout ça
Ybelion — ouais c'est ça il y avait ces grands débats là
Juliette Alousque — c'était un truc à la cave on n'en parle pas et c'est des gens qui font du théâtre un peu et qui se déguisent autour d'une table et qui lancent des dés alors sur le papier c'est pas fou en soi et ouais du coup quand t'es petit enfin surtout notre génération en France je pense pas que c'était tant développé que ça c'est vrai c'est vrai après j'ai des copains qui sont très petits mais je pense c'est plus tard et surtout avec la avec Stranger Things notaire moi c'est ça et je sais plus quel autre univers aussi ou du coup ça s'est démocratisé aussi ouais
Ybelion — l'autre il me revient pas mais Stranger Things c'est un truc de fou moi ça m'a j'ai repris ce truc et je me suis dit non mais attends comment j'ai pas pu découvrir ça avant et en fait après j'ai eu un flashback j'avais un jeu de société avec mon meilleur ami quand on était à l'école primaire et en fait c'était un c'était un donjon et dragon mais simplifié pour les enfants et c'était un jeu de plateau tu vois donc c'était vraiment t'avais juste des cases tu plaçais des monstres et t'avançais sur des cases donc c'était une version très simplifiée mais je me rappelle l'espèce de kiff et ouais franchement c'est rien que d'y penser je me dis putain mais quelle invention géniale quelle invention géniale
Juliette Alousque — on a plein des releases qui disent enfin même c'est comme ça tonjon et drago en soi c'est un jeu de plateau à la base mais avec des narrations puisque les maps quand t'as des combats c'est vraiment la map avec voilà tes monstres tes figurines etc et après il y a tout le côté narratif RP mais à la base c'est vraiment du j'ai plus le terme crawler où vraiment tu lances des dés enfin typicole donjon et dragon tu rentes dans un donjon tu le clines du coup c'est beaucoup de combats de combats de combats mais c'est après que ça s'est un peu démocratisé avec les actuales play aussi ou c'est le rôle plus connu où justement t'as le côté narratif interaction où il n'y a pas que du combat bon après je fais des raccourcis ça fait même avant que ça existe le côté narratif mais je sais que moi j'ai des convain qui pratiquent pas mal le donjon et dragon à cause de ça où ils ont adoré ils aiment toujours mais il y a ce côté où c'est trop combat et il n'y a pas assez de narratif et après c'est à toi à ta table de faire en sorte qu'il y ait de la narration et que
Ybelion — c'est vraiment un truc d'émulsion collectif quoi c'est toi et ton groupe qui crée la narration quelque part et oui si personne ne veut créer de narration bon bah oui ça peut ça peut s'arrêter là
Juliette Alousque — mais après quand t'es petit l'écriture tu peux écrire tout seul le jeu de rôle tout seul à part les livres dont t'es le héros bah en fait si t'as personne avec toi avec qui jouer c'est difficile de se lancer aussi du coup je pense que si en plus t'avais pas des copains copines à l'époque qui étaient intéressés au genre de choses c'est dur de se lancer parce qu'il faut que quelqu'un fasse le maître du jeu bien sûr
Ybelion — ouais faut au moins être deux ça c'est sûr c'est clair et tu disais que c'était quelque chose qui prenait j'entends dans l'écriture qui prenait le pas parfois même sur l'écriture de romans plus de tes romans
Juliette Alousque — ouais je passe beaucoup plus de temps en jeu de rôle je crois
Ybelion — ok
Juliette Alousque — ou même à penser à mes personnages du jeu de rôle et ce genre de choses qu'à l'écriture en ce moment parce que j'ai perdu aussi la rigueur d'écrire tous les jours aussi ok et là j'ai la chance d'avoir plusieurs tables de jeux de rôle du coup en soi je crois que je dois avoir au minimum 4 JDR par mois donc à peu près un par semaine ok si ce n'est plus et du coup en fait ça prend beaucoup plus de temps que l'écriture
Ybelion — ok et pour bien comprendre quand tu dis là 4 JDR c'est 4 parties où t'incarnes un personnage c'est ça ?
Juliette Alousque — 4 parties différentes du coup avec 4 personnages différents 4 campagnes différentes
Ce qu'on écrit entre deux parties
Ybelion — ok et comment quand t'es je pose des questions un peu de novice tu vois mais qu'est-ce que t'écris sur tes personnages tu vois typiquement entre deux sessions ou ce genre de choses enfin comment ça se passe ouais
Juliette Alousque — moi je prends beaucoup de notes
Ybelion — ok
Juliette Alousque — du coup en fait suivant les parties pas toutes mais je vais faire un effort pour mettre au propre mes notes voilà juste comme ça au moins j'ai ça à quoi me référer plus tard et après en fait c'est plus en arrière-plan je suis très over-thinking je pense tout le temps à ce genre de choses genre avant de dormir par exemple ça va être mes romans mais ça va être aussi beaucoup de jeux de rôle ce genre de choses du coup en fait en fond ça réfléchit tout le temps en mode ok il s'est passé ça qu'est-ce que j'aurais pu faire d'autre à cette séance qu'est-ce que j'aurais pu dire à ce moment-là et là je sais qu'il y a ça qui va arriver la semaine prochaine ok qu'est-ce que je peux faire tu sais un peu anticiper comme quand tu vas anticiper ton chapitre ou ton extrait d'après c'est exactement pareil sauf qu'en jeu de rôle ça se passe jamais comme tu le souhaites parce que t'es pas tout seul autour de la table il y a les aléas aussi qui débarquent du coup en fait à chaque fois je me fais 10 scénarii possibles sur un événement et bien sûr ça va jamais être ce que j'avais prévu du coup je me dis non qu'est-ce que je fais qu'est-ce que je dis et du coup c'est vraiment à réfléchir je suis très dans la réflexion à chaque fois sur ce qui peut se passer
Ybelion — tu sais que je trouve ça assez je trouve ça vraiment assez fascinant parce que ça devient un processus d'écriture que tu fais pas toute seule entre guillemets alors quand je dis pas toute seule c'est quand tu prends tes notes ou quand tu penses à ce qui va se passer tu le fais toute seule mais quelque part t'es attendu tu vois tu peux pas arriver la semaine d'après sans avoir rien fait et ouais c'est non en fait je me rends compte que le jeu de rôle et l'écriture dans le jeu de rôle te placent dans une situation qui te qui te permet de décrire en te libérant un peu je cherche un peu mes mots parce que je suis vraiment en train de prendre conscience que si tu as typiquement je vois bien que pour te faire un parallèle quelqu'un que j'accompagne comme il doit me tenir au courant qu'il écrit tu vois c'est déjà rien que ça change la dynamique dans laquelle ça fait peut-être des années qu'il est inscrit tu vois et donc et je remarque que le jeu de rôle t'amène ça un petit peu aussi tu vois le fait que la semaine prochaine tu vas revoir tes potes et que bah il faut quand même que t'es un petit peu
Juliette Alousque — et puis on en parle aussi tu sais on se fait des enfin avec les autres joueurs ou même l'EMJ tu vois on va en parler après en mode ok ça c'était cool et tout pourquoi c'était cool enfin on se fait des feedbacks entre nous et en mode ouais qu'est-ce qu'on aimerait pour la suite du coup en fait on s'engraîne là-dedans parfois on a des systèmes d'inter-séances entre les séances où l'EMJ va nous prendre à part soit en vocal ou à l'écrit en fait on va juste faire une scène pour voir qu'est-ce qui s'est passé en secret et tu pourras jouer ou pas dessus à la prochaine session et après moi je suis enfin c'est pas pour mais je sais que par exemple on est beaucoup de potes chez moi à faire du jeu de rôle quand même on est une enfin on a un groupe d'une vingtaine de potes quand même mais je sais qu'il y a plein d'archétypes différents et ma meilleure amie et moi on adore les notes par exemple mais j'ai des potes qui prennent aucune note du tout tu vois et eux ils arrivent les mains dans les poches par contre ils te font une session en mode mais mec comment tu fais pour être autant dans l'impro et dans le rôle et c'est vraiment impressionnant par contre les MJ eux le travail qu'ils ont enfin parce que du coup eux ils écrivent vraiment tout le temps tu vois ils anticipent tout il faut qu'ils puissent improviser aussi parce que tes joueurs font jamais ce que t'as prévu ou ce genre de choses et je pense que c'est bah c'est pas ce jeu je pense c'est eux qui ont le plus gros la plus grosse charge de travail tout le temps surtout sur des jeux de rôle aussi réguliers tu vois quand c'est une fois par mois tu peux te permettre de souffler un peu mais quand ça m'arrive on essayait à un moment d'avoir une campagne toutes les deux semaines sauf que du coup bah le MJ pendant ce temps là lui il faut qu'il calme les choses parce qu'il faut que ça dure au moins 4 heures la partie donc et c'est ouf enfin franchement certains ils font des discords avec du lore mais là je suis là en mode oh oui c'est incroyable c'est incroyable comme franchement un big up à tous les MJ
Ybelion — ouais c'est clair c'est clair puis c'est là vraiment l'univers tu vois dans l'écriture de livres il y a quand même ce piège alors que toi tu dois connaître aussi en fantasy notamment du world building tu vois et c'est important quand ton envie c'est d'écrire une histoire que ton histoire soit au service de l'univers et pas l'inverse parce que sinon tu te perds tu te perds par contre en jeu de rôle quelque part c'est un peu l'inverse et c'est ça c'est ça qui est génial et en fait tout le monde trouve son kiff partout et t'as des mecs qui rentrent des trucs qui te disent putain mais c'est tellement incroyable d'avoir ouais c'est incroyable franchement
Juliette Alousque — c'est des images moi ça m'est déjà arrivé en jeu mais sur des actual plays ça arrive aussi où en fait effectivement les MJ ils ont une ville ils ont chaque bâtiment chaque PNJ du coup qui sont décrits et tout il y a même des arcs de l'intrigue qui sont liés à ça et en fait tu vas avoir les joueurs qui vont tuer tel PNJ et tu vois l'EMJ qui prend son gros paquet de feuilles et qui est là en mode en fait tout ça c'était censé être du script et du coup qui le jette à côté parce que du coup t'as aussi ce genre de choses où l'EMJ écrit full choses qui vont servir à rien alors qu'en écriture même si je sais qu'il y a des auteuristes qui sont très architectes au point où Gaël développe vraiment tout alors que ça va pas être du tout évoqué dans leur livre mais du coup ça rejoint un peu la chose alors qu'il y en a d'autres ils sont là en mode je vais décrire que ce qu'il y a dans le roman ça sert à rien d'aller plus loin parce que pour X raisons et c'est tout à fait ok aussi mais enfin c'est trop tellement de choses ouais c'est ça
Ybelion — et en fait c'est vraiment quelle est ton intention qu'est-ce que t'as envie de faire tu vois avec alors là en l'occurrence on parle souvent de c'est très vrai pour la fantaisie mais si t'as envie de raconter des histoires bah effectivement décrire tout ton univers en fait ça va servir à rien parce que les couleurs de chaussettes de ton personnage qui apparaît page 50 on s'en fout un peu tu vois mais en jeu de rôle justement tout ça peut avoir son importance tu peux jouer avec tout ça parce que peut-être que le mec qui va jouer ton histoire va vouloir regarder les pieds du mec à la page 50
Juliette Alousque — et
Ybelion — l'intention est pas la même
Juliette Alousque — c'est un de mes potes MJ non c'est moi qui t'ai coupé c'est un de mes potes MJ qui lui n'aime pas la description mais même en jeu de rôle et en fait il m'a dit un jour parce qu'on en parlait justement on a eu cette discussion que bah moi mes descriptions elles sont quand même giga développées et que lui en JDR tu vois c'est assez bref il me fait bah en fait en JDR par exemple pour un le pidé vaigale le grand méchant je vais décrire que des éléments pertinents ça sert à rien de décrire toute sa panoplie et tout si je te dis juste qu'il est grand qu'il a une capuche et qu'il a une cicatrice sous l'oeil on s'en fiche de sa couleur de cheveux genre tu sais que c'est le méchant et tu reconnais avec sa cicatrice si plus tard je décris quelqu'un avec sa cicatrice juste ça tu vas me dire toi elle est où sa cicatrice et du coup je suis en mode ah ok effectivement c'est bien aussi c'est hyper efficace quand t'as pas besoin d'en faire tout un voilà décrire coupe de cheveux couleur des yeux quel type de vêtements il porte ce genre de choses ça peut avoir son intérêt s'il y a une question de classe sociale par exemple pour les vêtements mais sinon et franchement cette conversation elle m'a fait un peu un déclic aussi en mode ah ok faut que j'arrête d'écrire trop de choses aussi et d'aller aussi à l'essentiel comme ce que je te disais tout à l'heure
Ce que le JDR apporte vraiment à l'écriture
Ybelion — ouais ça rejoint aussi le commentaire qu'on avait pu te faire ouais et parfois ces commentaires te frappent après que quelqu'un d'autre t'ait dit quelque chose et hop tu fais ah mais oui c'est vrai en fait on me l'avait déjà dit puis hop c'est bon maintenant ça s'intègre et dans le dans le jeu de rôle il y a aussi toute cette notion de d'archétype de 1 2 3 je vais réussir de ouais de neutral chaotique evil good etc ouais les alignements c'est ça en quoi ça t'aide toi je dis alors du coup je changerais peut-être un petit peu ma question mais ça serait plutôt comment le jeu de rôle t'aide dans ton écriture qu'est-ce qui t'apporte que t'aurais pas trouvé ailleurs
Juliette Alousque — euh je vais pas d'arriver à ressentir le personnage en vrai d'être dans sa tête vraiment euh après la question pour le coup les alignements ça va pas du tout m'aider en écriture ça donne un petit axe mais même en jeu je joue pas trop dessus ça te permet d'avoir au début je pense que c'est bien parce que ça te permet de savoir ou d'avoir une idée vague tu sais à peu près où ton personnage se place sur l'échelle parce qu'effectivement tu peux pas switch non plus du jour au lendemain du coup ça te permet d'avoir une directrice et en vrai dans ce sens là ça m'a un peu aidé euh surtout quand tu commences je pense l'écriture euh tu as des personnages principaux qui sont forts qui sont confrontés à des je reste tout le temps dans la fantasy même si dans le contemporain tu peux aussi ressentir tout ce genre de choses mais dans la fantasy vu qu'il y a des enjeux un peu plus euh létal souvent euh tu sais c'est vraiment ce côté de ok par exemple dans Parjure c'est la vengeance c'est la colère ok je suis très sensible aussi et très empathique du coup tu vois il faut arriver à faire la limite entre les deux parce que si je veux faire un personnage qui veut tuer tout le monde sans rose encore mort bah il faut pas qu'elle culpabilise euh sur des souvenirs d'avant tu vois et du coup là dans ce sens là euh les alignements en l'occurrence et aussi euh le fait d'incarner un personnage qui est totalement différent de toi euh ça m'a beaucoup aidé parce que il faut faire la différence entre le personnage et le l'auteuriste euh le joueur euh pour pouvoir l'incarner au mieux parce qu'il faut pas qu'on se déverse non plus même s'il y a des choses forcément on met de soi dans les personnages mais si on veut garder la ligne directrice un peu cohérence il faut pas que s'il y a un switch en tout cas il soit trop brutal il faut que ce soit aussi progressif il faut qu'il y a un bon moment ce genre de choses et en jeu de rôle ça on le voit parfaitement j'ai des personnages un de mes personnages j'ai joué depuis le plus longtemps qui est très euh c'est vraiment la claire naïve pipou euh qui veut que le bien etc et voilà ça fait 6 ans que je la joue elle a vécu des horreurs tué pour la première fois de sang froid il y a pas si longtemps et genre c'était une horreur pour elle mais elle avait pas le choix genre en mode ah ok tu vois l'évolution d'un personnage c'est bon après le temps qui passe c'est pas le même que quand t'écris un livre mais euh du coup je trouve ça te permet de garder une cohérence dans le personnage et le fait d'être entouré aussi encore une fois enfin en jeu de rôle on écrit à plusieurs c'est l'histoire du MJ qui décide de lâcher prise pour que ces personnages aka les joueurs en fait fassent un peu ce qu'ils veulent tout en nous guidant là où il veut quand même et contrairement à l'écriture ou comme on disait t'es un peu livré à toi même et s'embête à l'acteur finalement difficile de prendre du recul et d'être certain que c'est cohérent en fait
Ybelion — l'incarnation du personnage dont tu parles effectivement ça c'est hyper intense comme de le vivre tu vois d'incarner un personnage parce que tu l'as dit c'est en fait on incarne un personnage différent mais quand même
Juliette Alousque — c'est forcément du toi qui sort ouais
Ybelion — c'est ça c'est ça c'est clair
Juliette Alousque — ça dépend de ton humeur aussi ça dépend de ta journée de ce qui s'est passé récemment comme en écriture enfin t'es obligé de on est humain
Ybelion — est-ce que il y a dans les dans les dans ce que t'as pu écrire un personnage un moment où tu que tu pensais pas être une partie de toi et puis un moment tu t'es dit ah merde putain c'est en fait c'est vachement moi quand même
Juliette Alousque — oui en vrai je pense qu'il y en a beaucoup mais celui qui m'a le plus surpris c'est un personnage un peu secondaire d'Elpis qui fait partie du socle principaux mais il a pas de point de vue ce genre de choses et en fait c'est un personnage très réservé qui a été brisé pour différentes raisons mais en fait qui a très peu de confiance en lui et en fait à un moment donné il a eu une conversation il a eu une conversation avec un autre personnage et genre j'étais vraiment pas bien et en fait j'ai capté que ah mais toute la confiance en moi que je peux avoir en fait je l'ai mis dans ce personnage là le genre je me l'attendais vraiment pas parce que c'est vraiment le personnage qu'il est là pour parce qu'il faut qu'il soit là il apporte plein de choses à l'intrigue aussi mais je pensais pas que ça résonnerait autant à ce moment là et j'ai fait ah d'accord ok ça me parle un peu trop là ce que j'écris avec lui
Ybelion — et comment tu t'es sentie là quand tu remarques ça qu'est-ce que ça change après dans l'écriture que tu peux avoir de ce personnage
Juliette Alousque — euh j'avoue je sais pas trop euh je sais pas trop il y a peut-être plus de compassion envers ce personnage maintenant mais je sais pas je pense je fais un peu plus attention aussi à pourquoi euh il est comme ça et comment il évolue euh grâce à quoi il arrive à prendre confiance euh quelles sont les paroles qui sont réconfortantes aussi ou ce genre de choses je sais pas si tu vois ce que je veux dire du coup je me dis que inconsciemment c'est ce dont j'aurais peut-être besoin aussi ou ce que j'ai eu et qui m'a permis d'avancer euh je pense que ça doit être un petit peu quelque chose comme ça
Met-on plus de soi en fantasy qu'en contemporain ?
Ybelion — je le trouve je le trouve toujours magnifique ce parallèle euh qu'on peut faire euh entre nos personnages et nous et tu te rends compte que chacun évolue tu sais sur un peu la même ligne juste pas dans le même univers quoi mais c'est toujours très impressionnant alors j'avais une j'avais une take un peu et je voulais savoir ce que t'en penses parce que toi t'écris de la fantasy du coup euh je sais plus avec quelle personne je parlais de ça mais on parlait justement du fait de mettre euh de nous dans nos histoires et moi je lui disais que j'avais la sensation de remarquer que euh très souvent le type le genre euh un peu intuitivement on penserait que c'est quand on écrit du contemporain ou de la romance ou ce genre de choses enfin du monde réel quelque part ou c'est plus le cas et en fait moi j'ai ce que je remarque c'est que très souvent les gens qui écrivent de la fantasy en fait parce qu'ils ils inscrivent tout ça dans un monde qui n'existe pas ils en ils y mettent beaucoup plus d'eux et que les prises de conscience qu'ils ont en remarquant que ce personnage qui est imaginaire en fait il a exactement les mêmes enjeux que c'est plus... pas violent dans le sens négatif, mais ça te bouleverse un peu plus, je dirais. Et j'avais un peu ce truc de dire, on met plus de nous dans un truc de fantaisie parce que peut-être on le voit dans un monde imaginaire que dans un contemporain où on prend peut-être un peu plus de recul. Je sais pas, ça me paraît pas intuitif en même temps.
Juliette Alousque — Je suis assez d'accord parce que je pense qu'inconsciemment dans un contemporain ou quelque chose dans notre société ou en contemporain, je pense qu'on est conditionné aussi comme on l'est tous les jours, c'est-à-dire qu'il faut se retenir suivant qui tu es, t'as pas le droit d'exprimer comme tu le veux, de ressentir comme tu le veux, ce genre de choses. Alors qu'en fantaisie, c'est un peu le no limit. Genre, tu peux aller... Tu tires la... Enfin, tu vois, tu vas le curseur à fond. C'est-à-dire que tu veux un méchant, il va être méchant, il peut faire tous les horaires du monde. En contemporain, si tu veux faire un méchant, bon, certes, ça existe et voilà. Après, je suis pas très content, donc je vais peut-être dire des bêtises, mais tu vas partir dans l'horreur, dans le thriller, dans les policiers, ce genre de choses. Parce que là, tu vas pouvoir faire du violent pour le sens violent. Alors qu'en fantaisie, sans que ce soit décrit, la violence, elle est un peu souvent là. Pas tout le temps. Tu vas avoir maintenant le quasi-fantaisie aussi, ce genre de choses. Mais à contraire, tu vas pouvoir exprimer d'autres choses dans des genres plus soft de la fantaisie aussi. Mais tu peux aller à fond. Vu que c'est ton univers, c'est toi qui fais tes propres règles. C'est toi qui fais ta propre société. Souvent, il y a toujours ce principe quand même où il faut réprimer certaines choses parce que c'est dans le conflit aussi que les choses évoluent. Mais je pense qu'en fantaisie, t'as plus la chance et l'opportunité d'y aller à fond. Donc toi, tes propres émotions, allez, go ! On les exprime, de toute façon. En tout cas, c'est un peu ce que ça m'évoque de ce que tu m'en parles là.
Ybelion — Oui, carrément. Tu vois, j'avais pas... C'est très logique, en fait, ce que t'amènes. Effectivement, il y a le monde dans lequel on évolue à des règles, des constructions qu'on répète aussi que dans le contemporain, forcément. À la fois par souci de cohérence et peut-être aussi par mimétisme.
Juliette Alousque — Là, j'ai parlé de violence, mais ça peut être aussi sur d'autres relations. Dans certaines sociétés, effectivement, certaines relations, elles sont interdites, voire mal vues. Et enfin, ça peut ne pas exister du tout. Et tu es en mode, bah oui, ça a le droit d'exister. Ouais.
Ybelion — Tu vois, je n'avais pas pensé à ça, mais effectivement, c'est un très bon argument qui était ma thèse. J'aime la conclusion, donc je valide l'argument. Parfait. Ah non, mais c'est... Et puis du coup, ça rend l'exercice de la fantaisie très libératoire, en vrai. Et toi, du coup, dans La Parjure, c'était surtout la colère, c'est ça ? Ouais. Que tu as exprimé.
Juliette Alousque — Mais c'était purement personnel à la base. Il fallait juste le moyen d'aller à fond pour tout sortir.
Le pitch de La Parjure du Crépuscule
Ybelion — Et comment tu pitcherais La Parjure en résumé rapide de ce que ça raconte ? Alors sans spoiler, évidemment,
Juliette Alousque — mais c'est pas une question facile. Tu me prends au dépourvu ?
Ybelion — Ouais. À chaque fois.
Juliette Alousque — Alors, pour faire... On va essayer, bref et synthétique, je m'excuse d'avance pour mes bafouillages. Non, mais du coup, on suit Aelia Beorn, qui est une Parjure. Une Parjure, pas du tout. Tu vois, je commence super bien. Qui est une juste. Donc en fait, c'est un peu l'équivalent d'une chevaleresse dédiée d'une paladine à une divinité. qui est là pour représenter l'ordre et l'équilibre. Sauf qu'en fait, un jour, elle désobéit aux ordres et a tué son commandant. Et elle est traînée en cours martiale et en fait, elle subit la peine capitale entre guillemets et c'est d'être effacée. Donc en fait, on lui prend son nom avec une majuscule, on l'efface et en fait, elle n'existe plus dans la société grâce à un artefact magique. Donc en fait, elle, en soi, elle existe tout le temps mais elle a disparu de tous les souvenirs de tout le monde et en fait, expulsée de la société et sauf qu'en fait, elle ne comprend pas ce qui lui arrive parce que pour elle, elle a incarné la volonté de sa déesse et pourquoi on l'a effacée ? Enfin vraiment, elle ne comprend pas ce qui lui arrive et pour elle, ceux qui sont au gouvernement et qui ont... enfin les juges en fait de sa sanction, ils sont juste corrompus et ils utilisent dans le mauvais sens en fait la déesse et en fait, son but, c'est de se venger tout simplement et de récupérer son nom. Du coup, pour ça, en fait, elle va prendre une fausse identité et elle va venir petit à petit dans la société, elle va se rapprocher des personnes qu'elle connaissait avant mais eux, ils n'ont plus du tout le souvenir d'elle et du coup, en fait, elle va utiliser cette faiblesse entre guillemets dans le système pour monter petit à petit et se rapprocher des personnes qui l'ont punie pour pouvoir les punir à son tour.
Ybelion — Ah, tu m'as emporté, Juliette, moi je signe. Ah, j'adore, j'adore l'idée. Ouais, franchement, trop cool et du coup, effectivement, j'adore cette idée de faiblesse qui devient une force et par contre, la violence de la suppression de qui tu es, genre, cette espèce de disparition sociale. Je trouve que c'est
Juliette Alousque — vraiment plus intéressant que la mort, entre guillemets. C'est vraiment le damnation memoriae, en fait, que je trouve beaucoup plus vénère parce que tu décèdes, tu meurs, certes, on peut t'effacer ensuite, mais en soi, il y a tout le temps des gens qui se rappelleront de toi, tes proches, ta famille, ce genre de choses. Alors que si tu n'existes plus du tout, là, admettons, elle peut mourir, personne ne le saura, tu vois. Personne n'aurait le souvenir d'elle et je trouve ça horrible en fait d'être, enfin, en fait, elle était à une échelle sociale hyper importante parce que juste, c'est vraiment le top du top et en fait, elle ne se retrouvera rien du tout et voilà.
Ybelion — Putain, ouais, ben, en fait, je crois que ça me parle parce que c'est un peu, peut-être, une peur existentielle que j'ai de disparaître, tu vois. et je pense que dans les... Quand on écrit, il y a une partie de nous qui est un peu aussi ce côté, un peu mon leg au monde, quoi, c'est cet héritage que je laisse et qui me survivra, quel que soit le nombre de personnes qui seront touchées ou pas, tu vois. et là, d'entendre ça, tu fais, ah, attends,
Juliette Alousque — du coup,
Ybelion — j'espère qu'elle va y arriver.
Juliette Alousque — Du coup, j'en ai pas parlé mais il y a aussi un côté un peu doux, il va y avoir une romance aussi dedans. Oui, oui. Je ne parle pas de romantésie parce que pour moi, une romantésie, c'est censé finir bien et moi, je suis un peu en mode sad and doux amer. Il y a une romance qui va en fait permettre de la douceur où justement, elle va rencontrer celui qui incarne tout ce qu'elle était avant écoute, il y a vraiment ce côté envie, jalousie mais désir aussi. Du coup, même elle, elle ne sait pas trop où elle en est et c'est tout l'intérêt, la difficulté du personnage c'est qu'en fait, c'est un personnage principal, ça faisait longtemps que je n'avais pas écrit à la première personne. Du coup, en fait, il faut que les lecteurys soient quand même engagés avec elle et du coup, il faut qu'ils soient empathiques avec elle pour pouvoir lire la suite mais sa morale, elle n'est pas ouf du tout. Genre, ce n'est pas du moral Y, tu vois, c'est même un peu plus sombre. dark, ouais. Mais du coup, il ne faut pas non plus que ça répulse les gens donc en fait, il faut que j'arrive à...
Ybelion — Tu vois, c'est marrant parce que dans la manière dont tu l'as pitché, tu vois, en l'occurrence, moi, j'ai été beaucoup plus saisi par l'injustice qu'elle a vécue que par tout ce qu'elle pourrait faire après et donc quelque part, c'est là, c'est ça que je trouve génial en fait en écriture, c'est que ça rend tout ce qu'elle va faire de mauvais presque légitime et toi, en tant que lecteur, ça te place dans un espèce de conflit de valeurs en disant non mais elle est quand même en train de faire des trucs mauvais, ouais mais il y a l'injustice et du coup, ce conflit-là, il est... Tu vois, tout de suite, moi je trouve, c'est ça qui... C'est un peu ce que j'ai envie
« Vous me vendez du female rage »
Juliette Alousque — de mettre en évidence en mode, jusqu'où tu peux aller par injustice, mais pareil, jusqu'où tu peux aller en fait, par exemple, par amour aussi parce que du coup, va avoir la question du... Alors, leur relation, elle est toxique et du coup, tu sais, c'est vraiment ce côté de... Bah ouais, mais est-ce que tu pardonnes forcément à la personne que t'aimes si cette personne-là, elle est pas bonne pour toi et elle fait des horreurs... Enfin, tu vois ? Je trouve que c'est pas assez mis en avant dans les lectures que j'ai eues en tout cas, ou en tout cas, ça va pas à son apogée, genre, il y a de la retenue derrière et moi, vraiment, on écrit en par jour, j'étais là en mode, mais en fait, vous me vendez du female rage là, mais pourquoi elle est douce ? Enfin, pourquoi elle s'arrête ? Pourquoi elle va pas au fond ? Genre, vous pouvez pas le vendre comme ça si c'est pour... Elle rencontre son âme sœur et en fait, elle se calme. Genre, moi, elle va le rencontrer, son âme sœur. C'est pas pour autant qu'elle va se calmer.
Ybelion — Elle va se calmer, ouais. Non, mais c'est super intéressant d'explorer ce pan-là parce qu'effectivement, c'est un trope qu'on retrouve parfois en fantaisie, mais qui est pas toujours vraiment exploité jusqu'au bout. Donc, c'est cool, c'est cool d'aller explorer ça. Franchement, là, ouais, trop cool. Moi, ça m'a bien, ça m'a bien intrigué. J'ai bien envie de découvrir ça. Et t'as évoqué le fait de l'écrire à la première personne. Qu'est-ce que ça a changé par rapport à ce que t'avais pu connaître avant et qu'est-ce que ça te permet ?
Juliette Alousque — C'était dur.
Ybelion — Ouais.
Juliette Alousque — Ouais, parce que là, pour le coup, c'est vraiment la voix du personnage, mais je sais pas, parce qu'il y a vraiment... Je sais même pas comment dire, mais c'était très difficile de... de se mettre dans sa peau, d'en dire assez. Mais pour le coup, faut pas que ça fasse... Et c'est un peu mon défaut aussi, toujours la description, de trop dire d'infos. Tu sais, qui vont vraiment... Ils donnent pas tout le contexte maintenant. Le but, c'est aussi qu'on le découvre petit à petit et c'est hyper dur parce que t'as envie de le faire. Mais par contre, en termes de ressentiment personnel du personnage, bah là, tu peux te faire beaucoup plus plaisir. je trouve que le jeu est impactant quand même. J'aime beaucoup les tournures de phrases que je peux avoir à la troisième personne sur Elpis, par exemple, qui vont avoir des structures un peu différentes. Mais là, le jeu, il est... Ouais, il ajoute vraiment du dramatique.
Ybelion — Ouais, il a... Ouais, je comprends tout à fait ce que tu partages. Effectivement, c'est... Le niveau de description quand t'es en jeu, il est peut-être un... Enfin, la personne vivant sa vie dans un contexte qu'elle connaît peut-être déjà en partie, forcément, voilà, elle peut pas passer son temps à décrire, entre guillemets. Mais en tout cas, il y a un équilibre à trouver. Et par contre, effectivement, en termes de mordant et de projection dans les conflits de valeurs que peut porter la personne, c'est hyper puissant. Et ça renforce typiquement l'aspect OK, injustice, mais est-ce que j'ai le droit d'eux ? Voilà, t'es dedans. Et il y a une question que j'aime bien, à chaque fois, je finis par ça, c'est sur la parjure, là. Qu'est-ce que t'aurais comme anecdote un peu genre insolite sur ce roman, sur son processus d'écriture, bref ? Ouais, un truc que tu dirais pas forcément, mais voilà, un petit truc marrant, un petit truc insolite.
La scène qu'elle n'a pas écrite
Juliette Alousque — Non, tu me prends de court.
Ybelion — Je te rassure, t'es pas la seule, mais c'est toujours très drôle ce que ça amène.
Juliette Alousque — En vrai, je sais même pas. une anecdote ? Oh non, tu sais que je vais y réfléchir toute la journée du coup ? Non, en vrai, je sais pas si c'est une anecdote, mais je sais que par exemple, il y a une scène qui a failli virer en smut, et je me suis dit en mode, non, j'ai pas envie qu'on me lire, j'ai pas envie que ma maman, la première fois qu'elle va me lire, elle va lire ça. Je me suis dit non, alors que j'ai aucun souci là-dessus, voilà, c'est une petite anecdote de merde, mais d'un coup, je me suis dit, attends, en fait, si jamais c'est publié, les gens vont lire ça, et je suis en mode, alors vraiment, je peux parler de sexualité, il n'y a pas de souci, mais je suis en mode, mais dans l'écriture, c'est pas pareil quand même. Du coup, je suis en mode, je suis pas prête, je suis pas prête, du coup, j'ai arrêté la scène, j'ai fait, nope, il se passera ce qui se passera hors champ.
Ybelion — Ce sera pour une prochaine fois.
Juliette Alousque — Ouais, voilà, c'est pas fou comme anecdote, mais j'ai rien qui me vient.
Ybelion — Au contraire, tu vois, je trouve ça intéressant, la question du regard que peuvent porter les gens sur ton texte, elle est toujours importante, et alors, il faut pas qu'elle soit bloquante, surtout quand on a envie de le faire pour soi, et en même temps, t'as le droit de te fixer tes limites aussi de ce que t'as envie de partager de toi, et tu vois, on revient toujours à ce niveau de conscience que tu mets dans ton texte, tu t'aurais, tu vois, t'aurais pu bloquer sur cette scène ou arrêter, abandonner ton texte, machin, et non, là, justement, en disant, ok, non, mais c'est juste qu'en fait, cette partie-là de moi, je suis pas prête à la partager pour l'instant, et je trouve ça super cool, au contraire, tu vois, ça légitime aussi parfois parce qu'il est beau, tu vois, j'ai tendance aussi à tenir moi ce discours-là, de dire, si t'écris pour toi, qu'importe ce qu'on pourrait dire de toi, néanmoins, t'as le droit de t'autoriser des limites, tu vois, et ça, je trouve que c'est important de le rappeler, même que si, au contraire, très belle conclusion, très belle conclusion.
Juliette Alousque — La scène en soi, elle apporterait rien, enfin,
Ybelion — oui, t'as aussi après ça, mais, c'est ça,
Juliette Alousque — mais, ouais.
Ybelion — Trop cool, merci beaucoup Juliette, est-ce que t'aurais envie d'ajouter un petit mot de conclusion sur ton actualité, sur ce que tu veux ?
Juliette Alousque — Je voulais te remercier quand même de vive voix pour ton message m'a fait surprise, il m'a beaucoup, enfin, il m'a fait très plaisir aussi que tu veuilles échanger avec moi sur tout ça et c'était un plaisir vraiment pour parler jeu de rôle et écriture, je suis là quand il faut, il n'y a pas de souci.
Ybelion — On aurait pu continuer longtemps, en vrai, moi, sur le jeu de rôle, t'aurais pu me parler de tous tes personnages, ça aurait été passionnant. Non, c'est trop cool, merci d'être venue et big up, c'est Marine qui m'avait parlé de toi, que j'ai appelé Marie dans mon premier message, voilà, donc, petite boulette, mais, ouais, mais merci beaucoup à Marine, du coup, pour la mise en relation et puis, merci d'être venue et de t'avoir plié, de t'être plié à l'exercice, c'était super intéressant.
Juliette Alousque — Ouais, trop cool, trop cool en tout cas d'échanger avec toi et toutes tes petites réflexions sont moins chauds, là, hyper intéressant. Merci.