Ep 94 · Une tier list de mes propres personnages00:00
Et si tes personnages en savaient plus sur toi que toi-même ?
CE QUE RACONTE CET ÉPISODE
À la fin du tome 1, mon personnage principal m'agaçait profondément et je n'arrivais pas à dire pourquoi. Je savais avoir mis un peu de moi dans mes personnages, comme tout le monde. Mais c'est en écrivant le tome 2 que ça m'a sauté à la figure. Ses enjeux étaient les miens. À l'époque, et encore aujourd'hui. Ce n'était pas un peu de moi, c'était moi.
Ce qui explique l'agacement, d'ailleurs. Il me renvoyait des facettes que je ne voulais pas être. C'était très détestable de se voir et de se détester. Et pendant tout ce temps, j'ai fait avancer ce personnage d'un point de vue extérieur, sans savoir que c'était moi que je faisais avancer.
C'est pour ça que je consacre un épisode entier à classer mes propres personnages, non pas selon leur puissance ou leur importance dans l'intrigue, mais selon ce qu'ils m'ont appris sur moi. Résultat : les personnages principaux se retrouvent tous en haut du classement. Ce sont eux qui m'ont le plus transformé.
Dans cet épisode, je donne aussi la grille de questions que j'utilise en accompagnement. Qu'est-ce qui t'a poussé à faire naître ce personnage ? Quel besoin en toi demandait à être exploré ? Qu'est-ce qu'il t'a révélé que tu ne voyais pas ? En quoi es-tu différent depuis que tu l'as écrit ?
Ces questions débloquent des scènes, des chapitres, parfois des histoires entières.
LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE — CLIQUE UN SLIDE POUR L'AGRANDIR
Face B — le transcript
L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE
Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !
Tu cherches un passage précis ? La table d'écoute passe les transcripts de tous les épisodes au peigne fin.
Une tier list de mes propres personnages
Yo yo yo c'est Ybelion aujourd'hui, épisode tout à fait particulier que je vous invite à regarder en vidéo. Je fais une tier liste de mes personnages de mes deux premiers romans, L'Étreinte Éthérée et La Sourde Alliance. Je les trie par rapport à ce qu'ils ont révélé de moi et à quel point ils m'ont impacté, moi et mes transformations récentes au cours de leur écriture. Je ne peux pas vous dire plus que ça, c'est absolument passionnant et franchement me replonger de tout ça, ça m'a fait quelque chose. Je vous laisse avec tout ça et je vous souhaite une très très bonne écoute et un très bon visionnage. A très vite. Moi c'est Sam Ybelion de Mon Nom de Plume. Je suis écrivain, coach et j'accompagne celles et ceux qui veulent renouer avec leurs rêves d'écriture. T'écoutes un podcast dont l'intention est simple, te donner inspiration, outils, motivation, discipline, bref, tout ce qui peut te permettre d'oser écrire.
En gros, c'est un peu dans le titre quoi, Ose Écrire. Coucou, bienvenue les amis, bienvenue dans cet épisode tout à fait particulier et je vous conseille vivement de le regarder à la vidéo puisque je vais vous partager des images, du texte, la belle tier liste qu'on va remplir aujourd'hui et je vous jure, ça vaut le coup d'œil. Alors, installez-vous bien, on y va, moi je suis en full confort. Comme vous pouvez le voir, tranquillement, affalé dans mon fauteuil. Petit rooibos dans la TR. C'est délicieux. Petite musique dans les oreilles, musique classique pour me remettre dans la vibe de ce que j'écoutais quand j'écrivais mes deux premiers livres parce que c'est de ça qu'on va parler aujourd'hui. Oui, oui, oui. Le but de la vidéo d'aujourd'hui, c'est finalement, on prend un concept fun, la tier liste, on prend un thème profond et celui qui anime ma chaîne depuis le début et qui anime ce podcast depuis le début, l'écriture.
Le vrai critère : ce qu'ils m'ont appris sur moi
On ajoute une couche de coaching et de transformation personnelle. On mélange tout ça dans un petit récipient, n'importe lequel. Et résultat, voilà ce que je vais faire aujourd'hui. Je vais classer mes propres personnages, ceux de mes deux premiers livres, des deux premiers tomes de cette trilogie de Karnoa, L'Etreinte Éthérée et La Sourde Alliance. Et je vais tout simplement classer ces personnages selon ce qu'ils m'ont appris sur moi. Voilà, voilà. Donc, grande, grande, grande, grande couche d'introspection dans tout ça. Désolé, je cherche mes mots, je suis super excité de enfin pouvoir enregistrer cette vidéo. Sachant que pour la petite histoire, j'ai essayé de l'enregistrer hier.
Après avoir parlé 45 minutes, je me suis rendu compte que pour rendre cet épisode digeste et intéressant pour vous, je ferais bien de préparer un petit peu quand même. Je m'en suis rendu compte parce que j'ai parlé 45 minutes et au bout de 45 minutes, je n'avais toujours pas commencé la tier list. J'étais encore en train de parler de mon univers, etc. Parce qu'évidemment, j'ai besoin de vous donner des détails sur ce qu'est cet univers pour que vous compreniez comment j'ai trié les personnages. Mais c'est important que je vous donne le juste niveau de détail. Et pas que je parte dans mes travers de conteurs. Donc, j'ai mis sur pause, j'ai supprimé les 45 minutes d'enregistrement. J'ai fait un travail de résumé sur le tome 1 et sur le tome 2. Bon alors, pour le tome 1, je l'avais déjà fait puisqu'il y a un résumé du tome 1 au début du tome 2. Mais j'ai fait ce travail sur le tome 2 pour que vous ayez tous les éléments pour comprendre ce que je vais partager.
« En fait, j'étais Baltem »
Écrire de la fantasy, c'est se raconter
Voilà, voilà. Une fois ça fait, je vais pouvoir, comme je le disais, classer tous ces personnages selon ce qu'ils m'ont appris sur moi. Et ça, c'est super cool. C'est super cool. Parce qu'évidemment, quand on écrit, même dans un univers de fantasy, même avec... Avec... Pardon, la musique, évidemment, je mets de la musique classique parce qu'elle est sans parole, mais j'ai oublié qu'il y en a certains où il y a quand même des paroles parce que c'est de l'opéra. Bref, voilà. Donc, je l'ai squeezé. Ce que je disais. Même quand on écrit, même dans un univers de fantasy, même avec de la magie, des créatures imaginaires, même pas humaines, on parle beaucoup de nous, on se raconte, on met en scène ses peurs, ses blocages et ses transformations. Et parfois, les personnages fictifs qu'on invente nous tendent un miroir de nous-mêmes, tellement honnête qu'on n'y aurait pas vraiment cru si on nous avait dit ça au début de notre aventure d'écrivain ou d'écrivaine.
Et c'est de ça dont j'ai envie de parler. J'ai envie de montrer quelque part ce que c'est l'écriture. A quel point c'est transformatoire et à quel point on apprend des choses sur nous. Voilà, voilà. C'est tout à fait le but de cette vidéo, en fait. Vous montrer ça. Vous montrer la transformation qu'on vit quand on écrit. Ce que nos personnages nous révèlent. Ce qu'ils nous révèlent sur nos blessures, nos forces et tout ce qu'on n'osait pas encore regarder avant de connaître et de découvrir et d'écrire ces personnages. A se demander parfois si ce n'est pas eux qui nous écrivent un petit peu. Voilà, voilà. Avant d'aller plus loin, évidemment, attention, spoiler, cette vidéo va contenir des spoils plus ou moins importants sur le premier tome, l'Étreinte Éthérée, et le second, la Sourde Alliance, qui, au moment où vous regardez cette vidéo, est évidemment sortie lui aussi.
Donc, voilà, attention, spoiler. Mais, précision importante, elle n'est pas forcément réservée, cette vidéo, qu'aux gens qui ont lu. Elle est aussi pour tous ceux qui aiment être spoilés. Et dans ce cas-là, vous rejoignez sûrement la team dont moi-même, je fais partie, à savoir ceux qui pensent que savoir ce qui se passe n'enlève rien à découvrir comment ça arrive. Évidemment, cette vidéo, elle est aussi pour tous les curieux qui ont envie de voir à quel point nos personnages portent nos transformations, nos peurs, nos blocages, etc. Et elle est aussi, et peut-être surtout, pour vous qui êtes en train d'écrire. Et qui est parfois bloquée par une scène, par un personnage. Parce que les questions que je vais me poser ici pour faire cette tier liste, et qui vont m'aider à... qui vont me permettre de partager tous les éléments que j'ai envie de vous partager, seront des questions que vous pourrez poser vous-même, à vos propres personnages, et qui vous amèneront des clés de lecture, des petits éléments de réponse sur ce qui peut vous bloquer.
Voilà, voilà. Ça vous permettra tout simplement de changer le regard sur l'histoire que vous êtes en train d'écrire. Et ça débloquera des choses que vous attendiez pas forcément à voir bloquées. Ou en tout cas, vous pensiez pas forcément que ce blocage était lié à ça. C'est ça qui est absolument magique dans tout ce qu'on va partager.
Voilà, voilà. Spoiler fait. On va pouvoir rentrer dans le vif du sujet, tout simplement. Alors, je vous montre rapidement. Voilà, vous voyez à l'écran les deux couvertures des livres. Voilà, l'Étreinte Éthérée. Alors, il manque le code barre, évidemment, mais Inès va se charger de ce travail-là très très bien.
Voilà. Là, on voit tout simplement, Baltem, le personnage principal, aller à l'académie. Et hop, je vous montre aussi la couverture du tome 2 dans la même vibe, mais on voit Mel aller vers une des deux tours. Évidemment, la tour de Nakazel.
Voilà, voilà. Nous sommes face. Vous voyez, il y a deux prix différents. Celui-là, 16. Celui-là, 22. Pourquoi ? Parce qu'il y a quand même un très gros différentiel de pages. Hop. L'Étreinte Éthérée. 345 pages de pur bonheur. Et la sourde alliance, ici. Tac. 641 pages de pur bonheur. C'est magnifique. Je ne pensais pas, en commençant, cette trilogie, que j'arriverais à...
Bah, plus de 900 pages, en fait. C'est dingue. Presque 1000 pages. C'est dingue, c'est dingue, c'est dingue. Je suis trop content. Voilà, voilà. Pour les deux petits bébés qu'il était important pour moi de vous présenter. Évidemment, ces deux petits bébés sont disponibles. Partout. Où que vous vouliez, vous les procurez, ils sont disponibles. Donc, si vous faites partie des catégories de gens qui n'est pas celle de ceux qui ont lu les livres, n'hésitez pas à aller vous les procurer. À aller les noter sur tous les sites qui permettent de les noter. Ça aide énormément. Et je ne vous remercierai jamais assez pour tout ça.
Règle du jeu : du S au D
Putain, c'est déjà beaucoup plus rapide que hier quand je commençais. C'est-à-dire que hier, là, ça fait 8 minutes que j'enregistre. Hier, au bout de 25, j'en étais toujours pas là, quoi. Ouais, ouais, ouais. Je vous jure, parfois, je suis une vraie pipelette. Alors, comment je vais vous partager et remplir cette tier liste ? Vous voyez, là, j'ai mis tous les personnages qu'on voit entre le tome 1 et le tome 2. Certains personnages, paix à leur âme, ne sont là que dans le tome 1.
Certains personnages aussi, paix à leur âme, ne seront là que dans le tome 1 et le tome 2. Voilà. Bref. On va trier tous ces personnages. Je changerais peut-être le nom des catégories, mais globalement, vous êtes habitués au concept de tier liste. S, c'est un personnage qui m'a impacté tard les fous. Et D, c'est un personnage qui m'a touché, mais sans plus, qui représente peut-être une partie de moi, mais voilà, sans plus.
Pour trier tous ces personnages, j'ai besoin de vous donner du contexte. Je vais vous donner trois niveaux de contexte. Le premier, c'est je vais vous partager les intentions de ce roman. Quel message j'ai envie de faire passer ? Ça vous permettra aussi de mettre des mots sur ce que je prône en permanence, à qui veut l'entendre. Je rabâche toujours.
Ayez des intentions qui soient claires quand vous commencez à écrire. Sachez où vous allez. Je vais vous partager les miennes pour que vous compreniez ce que j'entends par là aussi. Et qu'on passe au-delà du simplement avoir des intentions claires. C'est cool. Je vais vous partager les intentions. Ensuite, je vais vous lire le résumé du tome 1 que j'ai fait. Vous verrez, ce n'est pas la plume que je trouve la plus belle. Mais c'était dans une volonté d'être le plus concis possible. Je vais vous lire ce résumé du tome 1. Je vais aussi vous lire ce résumé du tome 2. Ensuite, c'est le troisième point. Vous verrez, évidemment, je mettrai les timecodes en dessous de la vidéo. Comme ça, vous pourrez zapper les résumés et avoir que les personnages si vous voulez. Enfin bref, sentez-vous libre de consommer cette vidéo comme vous l'entendez.
Intention. Résumé du tome 1, résumé du tome 2. Et après, on passe sur la tier list. Je vous présenterai rapidement les questions auxquelles je réponds. Et puis ensuite, let's go. Et là, ce sera total freestyle. Je partirai probablement dans tous les sens. Oui, mais c'est ça qu'on veut. puisque de toute façon, je vais parler de moi. Je vais vous montrer ce qu'il y a sous cette casquette. Tout à fait.
Le monde de Karnoa : deux peuples, une académie de magie
Ça me fait rire. Et ça me fait quelque chose aussi de rentrer aussi profondément dans ce sujet, je crois. Alors, toute l'histoire se passe dans le monde de Karnoa. Je vous montre ce monde. C'est cette magnifique carte. Globalement, c'est un monde qui est séparé en deux. Vous avez les bears à gauche. Donc les petits nounours. Dont le principal représentant est Baltem. Je vais évidemment vous montrer les illustrations en même temps. Comme ça, vous pourrez... Hop. Tac.
Voilà. Baltem, le petit ours. Voilà. Capital de la région des bears, Valra. Et vous avez la région des bulls. Les vaches ou les taureaux, appelez-les comme vous voulez. Hop. Représenté évidemment par le second personnage principal, Ulrock, dont la capitale Galdira, eux, ils se situent à l'est. Ce sont deux peuples qui se détestent. Ils se détestent profondément. Ils se détestent. Évidemment, trop très classique, d'avoir un monde séparé en deux, avec deux parties qui se détestent. Vous vous doutez bien, ils ne savent même plus pourquoi ils se détestent.
Le seul endroit où ils se retrouvent, outre les espèces d'insertion qu'ils essaient de faire à droite et à gauche pour se taper dessus, c'est à l'académie. L'académie de magie, puisque c'est un monde magique où les gens ont des pouvoirs magiques. Ils se retrouvent dans une académie dans laquelle ils apprennent la magie. Et là, ils se côtoient, puisqu'ils sont dans des classes similaires, et donc ils se retrouvent confrontés à leurs différences. Voilà, voilà. Cette académie a été créée pour instaurer une paix. Une paix toute relative, puisqu'en fait, elle est assurée par un petit groupe de personnes, de magiciens, qui s'appellent les enchantateurs, qui sont des magiciens triés sur le volet, chaque année, renforcés par la nouvelle vague d'étudiants, qui ont pour but de contrôler la magie, et donc d'autoriser ou non son utilisation. Globalement, c'est très simple, ça se fait en une fraction de seconde, il y a quelqu'un qui veut utiliser un sortilège, les enchantateurs disent oui ou non, c'est instantané, et le sortilège peut être utilisé ou pas.
Voilà, je vous le fais vraiment très simple. Voilà. Voilà pour le petit contexte. Cette académie et ce monde a été placé dans une paix toute relative grâce aux deux magiciens unificateurs, qui sont Satomas et Nakazel. Satomas, un bear, Nakazel, une bull. Voilà, voilà. Ces deux magiciens ont instauré cette académie et cette paix toute relative pour calmer la guerre qui décimait les bears et les bulls. Ce que vous devez savoir aussi, c'est que Satomas, au début du tome 1, donc là je suis vraiment, avant de résumer et avant de vous parler des intentions, Satomas est le directeur de l'académie, donc il est encore en vie. Nakazel, elle, a disparu, on ne sait pas où elle est, personne ne sait où elle est, mais voilà. Vous vous doutez bien que clin d'œil, clin d'œil, quoi. Voilà, voilà. Voilà pour le monde. Maintenant, passons aux intentions de ce livre. Et vous verrez pourquoi c'est extrêmement important d'avoir des intentions claires parce qu'à chaque fois que je vous parlerai des personnages, vous verrez que ces personnages se raccrochent à au moins une des trois intentions à chaque fois, parce qu'il y en a trois.
Alors, il y a aussi quelque chose que je trouve vraiment passionnant, en fait, c'est que toutes ces intentions, vous verrez, traitent des sujets qui sont quand même très actuels, mais je trouve toujours ça très passionnant de les explorer à travers un monde de fantasy. Je trouve que ça change tout. Ça permet de prendre du recul, ça permet d'observer toutes ces questions et toutes ces thématiques sans être influencé par qui pose les questions ou qui aborde les sujets ou qui elles concernent ces questions.
On s'intéresse simplement aux messages bruts et je trouve que c'est la très grande force de la fantasy et de la SF notamment, c'est qu'on se détache de qui ou quoi, on ne s'intéresse qu'aux messages, on ne s'intéresse vraiment qu'à l'essence même de ce message et de cette brutalité quelque part. Première intention. Ma première intention, c'est d'explorer le rapport aux différences.
Alors, c'était déjà un sujet central quand j'ai commencé à écrire cette histoire en 2023, ça l'est encore plus aujourd'hui. Les questions, d'ailleurs, tout ça, c'est quelle est la place de la différence, quel est notre rapport aux différences, en quoi ces différences sont une force, en quoi peuvent-elles diviser, en quoi peuvent-elles être une faiblesse, etc. Vous verrez, certains personnages portent des positions extrêmes sur ce spectre qu'on peut avoir sur le rapport aux différences. Et c'est justement en explorant ces extrêmes qu'on explore la philosophie derrière ce rapport aux différences.
Voilà. Première intention, explorer ce rapport aux différences. La deuxième intention, c'est la balance entre la liberté et la sécurité des peuples. Comme le rapport aux différences, balance, liberté, sécurité des peuples, c'est un thème et des tropes qui sont explorés dans énormément de bouquins. On sait dans quoi on s'aventure, on sait ce que ça peut signifier et c'est toujours très passionnant d'explorer ce sujet. C'est un sujet comme le rapport aux différences quelque part, même peut-être encore plus, c'est vraiment une posture philosophique de valeur. Où place-t-on les valeurs sécurité et liberté sur notre échelle et en fonction de cette réponse-là, quelque part, la réponse à ce qui vaut mieux entre sécurité et liberté peut changer.
C'est un sujet qui ne s'épuise jamais. Dès que ça touche à des classements de valeurs, vous pouvez être sûr que ça fera mouche pour les lecteurs parce qu'ils seront d'accord ou pas d'accord. Ils auront tous les deux raison. C'est ça qui est magnifique.
Dans cet univers de Karnoa, la balance entre sécurité et liberté est directement ancrée dans le système magique. Comme je vous l'ai dit, au début de l'histoire, la magie est contrôlée et régulée par un petit groupe de personnes, les Enchantateurs, qui sont certes choisis pour être diversifiés, mais malgré ça, il y a quand même une sélection et ça ne concerne pas tout le monde. Donc, le pouvoir d'autoriser la magie est dans un petit groupe de personnes. Et forcément, ça, ça se fait au prix d'une certaine liberté puisque ce petit groupe de personnes, pour maintenir la paix, décide de, oui ou non, vous avez le droit d'utiliser la magie. tout ce système va évoluer au fil des tomes, notamment entre le tome 1 et le tome 2. Ça évoluera aussi dans le tome 3, mais pour l'instant, je ne vous le partage pas. Et ça va nous interroger toujours en permanence sur jusqu'où accepte-t-on de sacrifier sa liberté pour sa sécurité, celle de ses proches, celle de son peuple ?
Voilà, voilà. Et je trouve ça, vraiment, moi, c'est un sujet philosophique qui me passionne. Parce que derrière tout ça, il y a, comme c'est contrôlé par un petit groupe de personnes, il y a cette notion aussi de centralisation du pouvoir. Peut-on adresser cette posture providentielle et dire, au nom de la paix, moi, Samuel, posture providentielle, je sais ce qui est le mieux pour le peuple que je dirige ? Cette question de centralisation du pouvoir, moi, je la trouve extrêmement intéressante. Est-ce que, parce que je sais ce qui est le mieux pour les gens, j'ai le droit de les priver d'une partie de leur liberté pour leur sécurité ? Dit comme ça, ça peut paraître un petit peu extrémiste, mais en même temps. Admettons que ça soit en empêchant que les gens puissent utiliser un sortilège de mort. Bon, c'est quand même vachement une sécurité d'être rassuré de savoir que quand tu croises quelqu'un dans la rue, il ne peut pas te lancer un sortilège de mort.
Donc là, est-ce que j'ai le droit du coup, d'avoir cette posture providentielle, cette centralisation du pouvoir, qui, ok, certes, nous prive de la liberté d'utiliser un sortilège de mort, mais surtout, m'empêche moi-même de mourir, donc qui est très bon pour ma sécurité. Vous voyez, j'adore ces thématiques-là, je les trouve vraiment passionnantes. Troisième intention, et la dernière, c'est le rapport au déterminisme, qui dit fantasy, dit prophétie, et moi, j'aimais bien l'idée de découdre un peu cette notion de prophétie, que je trouve parfois très déterministe, tu vois, comme si, finalement, t'avais un peu rien à faire pour réaliser ton magnifique destin, et donc juste à te laisser porter par les événements, et puis de toute façon, comme t'es le héros et comme c'est la prophétie, finalement, t'arrives à sauver tout le monde, et voilà, tout le monde est heureux. Moi, j'aimais bien l'idée de poser la question autrement. Sommes-nous les pions d'une prophétie dont les choix n'ont aucun impact ?
Ou sommes-nous réellement les maîtres de notre destinée et la prophétie n'est que la conclusion de nos choix ? C'est un fil rouge qui traverse, évidemment, toute la trilogie, qui est porté principalement par les épaules de Baltem et Ulrock, qui se retrouve avec un fardeau, imposé par les gens qui mettent en place tous ces plans un peu. Je vous en dis plus juste après. Mais voilà. Pour les trois intentions. Rapport aux différences. Balance entre liberté, sécurité et centralisation du pouvoir. Rapport au déterminisme.
Pardon pour le petit bruit. Je vous remets sur la télé, on va la remplir maintenant et je vais vous lire un résumé du tome 1 et du tome 2. Alors, je peux vous le montrer et le lire en même temps si vous voulez. Ouais, je peux vous faire ça. Tac.
Alors, résumé du tome 1. Je vais essayer de prendre ma meilleure voie et de faire ça bien. Baltem intègre l'académie de Karnoa où il rencontre deux bears, Ilia et Toli. Puis, deux bulls, Mel et Ulrock. Là, je peux vous montrer les personnages. Alors, ils sont là en fait sur la télé. Donc, Baltem, personnage principal, rencontre Ilia une petite femme, Toli, un petit homme, enfin, un petit bear à lunettes, et de bulls, Ulrock, qui est globalement son penchant, son identique mais côté bull, et Mel, une autre femme.
Ce dernier, donc, Ulrock, devient son binôme par la volonté de Démiurge, un puissant enchantateur et aussi professeur influent de philosophie de l'académie de Karnoa. Démiurge, c'est ce petit bonhomme. Vous reconnaîtrez, les enchantateurs ont une toge rouge. Démiurge est un des premiers enchantateurs vous le voyez en rouge. Vous voyez aussi Hector et Jarod qui sont deux professeurs que vont avoir Baltem et Ulrock parce que vous allez le voir ils vont devenir enchantateurs. Ce n'était pas l'objectif initial de Baltem et Ulrock mais Démiurge les dirige fortement vers la voie des supposés meilleurs éléments de l'année devenir enchantateurs. C'est rare garant de l'équilibre magique du monde. Baltem et Ulrock sans vraiment l'avoir chasie sont donc poussés sur ce chemin et Démiurge obtient ce qu'il veut grâce à ou à cause de lui ils sont sélectionnés pour devenir des enchantateurs. Commence alors un entraînement spécifique intense et isolé dirigé par Démiurge Jarod et Hector tous trois enchantateurs. En parallèle Baltem est troublé par d'étranges rêves et des flashs dont il ne comprend ni le sens ni l'origine.
Les évaluations de mi-année approchent, tout comme le conclave des enchantateurs lors duquel Baltem et Ulrock doivent être officiellement intronisés en présence de tous les enchantateurs de Karnoa. Juste avant le conclave, lors d'une évaluation, un enchaînement d'événements dont un flash provoque la grave blessure d'Ilia. Baltem et Ulrock, déboussolés, sont d'accord sur un point : ils ne comprennent pas ce qui s'est passé, mais ils savent qu'ils n'en sont pas responsables. Ils sont donc convoqués dans le bureau du directeur Satomas qui, énigmatique, ne semble pas leur faire la leçon plus que ça. En rejoignant la cérémonie du conclave, de nouveaux flashs apparaissent. Ulrock, déterminé à en percer le sens, les suit. Baltem, refusant de le laisser seul, fait de même, ce qui les conduit, sans qu'ils s'en rendent compte, à arriver en retard au conclave.
Le hasard fait bien les choses, car de l'autre côté des vitres de la salle, ils assistent effarés au massacre de tous les enchantateurs par Démiurge armé d'une hallebarde rouge chargée de magie. Leur professeur les repère et tentent de les tuer à leur tour, propulsant une lance. Jarod s'interpose, leur intime de fuir, et est transpercé par la pointe aiguisée. Se vidant de son sang, comme tous les autres enchantateurs, ils meurent. Baltem et Ulrock s'échappent et se réfugient dans la bibliothèque. Poussé par une suite de coïncidences, il y a Toli et Mel qui les y rejoignent. Baltem et Ulrock leur racontent tout. Sous le choc, le groupe ne sait que faire. Toli propose de ne rien tenter pour l'instant, faute de savoir à qui faire confiance, en examinant leur toge rouge d'enchantateur. Parce que oui, Baltem et Ulrock, comme ils vont eux-mêmes devenir enchantateurs, reçoivent une toge à eux. En examinant leur toge rouge, ils y découvrent chacun un motif caché. Assemblés, les broderies forment un message, une prophétie : « À fiantoli, coalition fraternelle, regard invisible. Regard invisible, pas question, meilleur équilibre. »
Voilà pour le résumé du tome 1. Ça me fait très particulier de lire ce tome 1 de manière aussi robotique dans ce résumé-là, parce qu'il se passe tellement de choses, il y a tellement de petites subtilités, que ça fait bizarre de le résumer comme ça. Mais l'essentiel est là : Démiurge recrutait des enchantateurs qu'il finit par massacrer. Voilà. Maintenant, passons au résumé du tome 2. Ça a été plus compliqué de faire ce résumé, je trouve, à mon humble avis.
Le tome 2 s'ouvre dans le chaos. La magie est totalement débridée, plus personne ne la contrôle. Pour tout le monde, ça veut dire une chose : la guerre peut reprendre. Parce que oui, en tuant tous les garants de la paix magique et du système magique, les enchantateurs, c'est comme si vous retiriez les garde-fous. Ou le barrage, pardon pour le bâle. Ou le barrage. Ou un barrage, tout simplement : l'eau se met à couler, quoi. Démiurge fait son entrée sur une civière, comme s'il était blessé. Il invente une histoire de toute pièce : les enchantateurs se seraient retournés contre lui et il aurait dû tous les éliminer pour sauver le monde. Tout le monde le croit, au vu de son influence, évidemment. Nos personnages, eux, sont dévastés. Ils réalisent l'ampleur de l'emprise que Démiurge exerce sur l'académie. D'où le titre du premier tome, L'Étreinte Éthérée. Éthérée, qui veut dire fantomatique. L'étreinte de Démiurge, qu'il resserre petit à petit de manière très vicieuse et très invisible.
Et aussi, forcément, les flashs que voit Baltem et Ulrock dans ce premier tome sont éthérées et témoignent aussi d'un autre niveau d'étreinte. Et la dernière étreinte, et peut-être la plus douloureuse de toutes, nous renvoie à l'intention première, à savoir le rapport aux différences. L'étreinte de ce qu'on porte en nous, de ce qui est véhiculé en nous de par l'environnement dans lequel on grandit. Évidemment, Baltem déteste les bulls, Ulrock déteste les bears. Ils se détestent tous les deux sans savoir pourquoi. Ils portent le poids du passé de leurs aînés. Ils détestent donc ceux qui n'ont jamais appris à connaître, quelque part.
Les professeurs mettent en place un système de protection autour de Baltem et Ulrock, puisqu'ils sont officiellement les deux seuls à pouvoir encore stabiliser le système magique. En réalité c'est faux, et nos héros le sentent bien, mais les profs, eux, n'y comprennent rien. Le groupe se fixe alors un objectif : comprendre le nouveau fonctionnement du système magique pour pouvoir affronter Démiurge. En parallèle, ils tentent de démêler la prophétie, les rêves qu'ils font et les indices laissés par le fantôme, les fameux flash depuis le tome 1. Fil après fil, ils réalisent que prophéties, rêves et fantômes ne sont qu'une seule et même source : Nakazel, une des magiciennes fondatrices qui avait disparu. Et elle les guide vers sa tour à elle.
Parce que oui, dans ce monde-là, vous avez l'académie, toute la forêt qui l'entoure, qui est magiquement liée à cette académie et qui empêche les bulls et les bears de traverser d'une zone à l'autre. C'est pour ça que dès que le système magique se pète, déjà tout le monde remarque qu'il peut librement utiliser la magie, et surtout petit à petit les bulls à droite et les bears à gauche vont remarquer qu'ils ont et qu'ils arrivent à franchir la forêt. Et donc ils peuvent aller tabasser leurs adversaires, tout simplement. Cela étant dit, Satomas a une tour au nord de la forêt, ici, et Nakazel en a une autre au sud de la forêt, ici. Vous voyez, tout ça est quand même très symétrique dans l'idée.
C'est reparti. Pour ne pas éveiller les soupçons de Démiurge, le groupe se sépare. Baltem et Ulrock restent à l'académie, officiellement pour réparer le système, mais surtout pour ne pas s'éloigner de leur adversaire. De l'autre côté, Mel part vers la tour de Nakazel, accompagné de Bjorn et Garrick, les colocataires de Toli et Baltem, mis dans la confidence parce que le groupe a besoin d'eux. En tant qu'apprentis soldats, ils escortent Mel, malgré les réticences de Garrick qui, lui, vous le verrez quand je partagerai et que je le classerai dans cette tier list, porte en lui une haine profonde des bulls. La guerre qui éclate à l'extérieur leur offre une couverture : les élèves sont invités à rentrer chez eux, ce qui permet à Mel et son équipe de quitter l'académie. Bjorn et Garrick sont ses deux petits. Bjorn, l'ours blanc. Garrick, l'ours brun, enfin noir plutôt. Voilà.
Pendant ce temps, Baltem et Mel… ne fait rien, parce qu'en réalité il s'en fout. Baltem et Mel… Satomas et Mel… *[trois minutes vingt de parole perdues à la transcription, voir l'en-tête]* Bref, car Satomas et Nakazel avaient jadis dû se sacrifier pour enfermer Erebor dans les strates du système magique. Nakazel, la bull, a sacrifié son enveloppe physique !
Le double sacrifice : l'esprit et le corps
Ne restant plus qu'un esprit, un fantôme. Satomas, le bear, a sacrifié son esprit, devenant une coquille vide. C'est de là que venait son attitude énigmatique, et le fantôme qui guidait nos héros ! Exactement !
En gros, dans l'imaginaire et dans les archétypes que portent les bears et les bulls dans cette histoire, les bears sont très cérébrales, les bulls très portées sur l'action. Et donc je trouvais ça extrêmement intéressant que Satomas et Nakazel, pour accomplir leur dessein, doivent sacrifier et enfermer Erebor, et doivent surtout sacrifier chacun la partie qui les représente le plus. Satomas doit sacrifier son esprit, son côté calculateur, et ne rester qu'une coquille vide qui dirige une académie dont finalement il n'a absolument aucune conscience. Et Nakazel, porté vers l'action, la téméraire comme on la surnomme, doit sacrifier son corps physique, son action, et ne rester qu'un esprit, et guider nos héros non pas par l'action mais par petites touches cérébrales, via les flashs. Voilà, voilà.
Le groupe, notamment grâce à Mel, parvient à arrêter Erebor, mais celui-ci se venge et tue Mel. Nakazel apparaît sous sa forme fantomatique, emporte les héros dans un vortex. Le vortex est interrompu. Baltem et Ulrock se retrouvent chez le père de Baltem, qui passe Ulrock à tabac parce qu'il est un bull, puis renie son fils. Les autres héros atterrissent dans un lieu inconnu. Ouais, ça c'est la fin, et c'est absolument hyper violent. Je vous la raconte comme ça, mais vous la découvrirez, vous trouverez ça fantastique.
En toile de fond, la guerre entre bears et bulls a été lancée par deux groupuscules extrémistes, sabots falaises, la vague griffue. Et je rajoute ça à la fin là, parce que Baltem, pendant tout le tome 2, voit son père petit à petit sombrer dans ce côté extrémiste, alors que lui-même commence à s'éveiller sur le rapport aux différences, en se rendant bien compte que c'est pas la faute d'Ulrock, et qu'au contraire il a besoin d'Ulrock et de son côté bull pour arriver à ses fins. Et donc Baltem craint que son père rejoigne l'un de ses camps. Évidemment, il sombre. C'est à la fin. Et donc à la fin on a cette rupture entre Baltem, qui se voit renier par ce qu'il avait de plus cher, puisque son père était vraiment son étoile du berger. Et le tome 2 se termine sur Baltem, Ulrock, bras dessus bras dessous, sous la pluie, en train de se dire : bon, bah maintenant il faut qu'on retrouve les autres, et il faut qu'on… faut qu'on agisse, quoi. Voilà. Et puis on est plus que tous les deux, mon frère, quoi. Voilà. T'as les émotions, quoi.
Voilà, voilà pour résumer du tome 1 et résumer du tome 2. Je vais faire une petite pause boisson, et ensuite on s'attaque à la tier liste des personnages, maintenant que vous avez tout le contexte. T'as, en vrai, c'est passionnant de faire tout ça. Alors évidemment, là j'ai raconté, mais vous imaginez pas le nombre de détails. Et qui a… c'était pour ça que c'était super dur. En même temps, j'ai résumé en même pas deux pages 600 pages, quoi. Donc voilà.
Alors, la petite tier liste. Miam miam miam. Je vais vous partager quelque chose : c'est que cette idée de tier liste, elle m'est aussi venue parce que dans les deux livres, en fait, à la fin, j'avais pris le pli de faire un petit commentaire sur les personnages. En gros, je mettais toujours le personnage et ce qui m'avait inspiré. C'était un peu un commentaire de l'auteur, en disant : bon bah voilà, Baltem, Ulrock, il me faisait ça, il me faisait ci. Et quand j'ai vu, parce que j'ai fait la même chose à la fin du tome 2, quand j'ai vu la différence qu'il y avait entre le ressenti du tome 1 et du tome 2, et bah je me suis dit : putain, mais en fait faut trop que je parle de ces personnages. Voilà, voilà. Hop, ça on en a plus besoin, on le remet ici. Et maintenant, let's go, tier liste.
Les questions à poser à ses propres personnages
Bon, globalement, les questions auxquelles on va répondre, elles sont simples. C'est, c'est… c'est, attendez, là je les ai pas en entier. Hop, je les ouvre. Ok. J'ai classé les questions en 4 catégories. La première, c'est avant l'écriture. Qu'est-ce qui t'a poussé à faire naître ce personnage ? Quel besoin en toi demander à être exploré ? À quelle question intérieure ce personnage répondait-il sans que tu le saches encore ? Deuxième partie, pendant l'écriture. Qu'est-ce que ce personnage t'a révélé sur toi que tu ne voyais pas ? Quel aspect de toi a dû accepter, as-tu dû accepter, confronter ou guérir pour l'écrire avec justesse ? Y a-t-il eu un moment où écrire ce personnage t'a mis en difficulté émotionnelle ? Ensuite, après l'écriture. Qu'est-ce que ce personnage t'a appris, ou permis de traverser ? En quoi es-tu différent depuis que tu l'as écrit ? Et le dernier, pour le spectateur. Si ce personnage pouvait parler à quelqu'un qui traverse la même chose que toi à l'époque, que lui dirait-il ?
Voilà. Ça, toutes ces questions, je vous les mettrai en commentaire. Ce sont des questions extrêmement pertinentes à vous poser, même pendant l'acte d'écrire, qui peuvent sincèrement vous débloquer. Notamment, vous voyez, les questions « qu'est-ce qui t'a poussé à faire naître ce personnage », « quel besoin en toi demander à être exploré », cette double question, elle est très intéressante. Parce que il y a le côté besoin en moi, c'est-à-dire pourquoi moi j'en avais besoin, et « qu'est-ce qui t'a poussé à faire naître ce personnage », il y a aussi ce rapport finalement aux intentions. Tous les personnages doivent avoir une cohérence et une importance vis-à-vis d'au moins une des intentions que vous avez dans votre roman. Sinon, ce sont juste des personnages qui vous font kiffer à vous et qui n'ont aucun intérêt pour l'histoire. Mais sauf que vous écrivez une histoire et pas un journal intime.
Le plus dur : supprimer un personnage qu'on aime
C'est pour ça que c'est cool de se poser des questions. Et puis parfois on se sent un peu mal à l'aise avec un personnage, et du coup on a du mal à écrire les scènes qui le concernent. Et en fait, en se posant ces questions, on va aller mettre le doigt sur ce qui nous gêne vraiment avec ce personnage. À savoir, en fait : ce personnage, il me rappelle tellement cette partie de moi que je déteste qu'en fait j'ai pas envie d'aller l'explorer. Ou alors, a contrario, en fait ce personnage, il ne porte tellement pas les intentions, qu'à chaque fois que je l'écris je me rends compte qu'il y a un truc bizarre. Mais en fait c'est simplement parce que tu t'éloignes de ton histoire, donc c'est normal. La chose la plus dure qu'on a à faire, généralement, quand on écrit, c'est supprimer un personnage qu'on aime bien parce qu'en fait il sert pas du tout l'histoire et les intentions qu'on a avec. Voilà, voilà.
Sortir du brain fog
Ok, au regard de ceux-là, c'est parti pour les premiers personnages. Alors, je vais pas les traiter dans l'ordre, je vais les traiter dans l'ordre que je veux, moi. J'ai envie de commencer… j'ai envie de commencer par… vous savez quoi, je vais commencer par un personnage qui est pas forcément très important mais que j'aime bien. Je vais commencer par Khalid.
Khalid, c'est un bull qu'on voit dans le deuxième tome. C'est un compagnon de classe de tous nos héros, et en fait il est choisi parce qu'il est un peu bêta, il est choisi pour faire et réaliser des tests magiques sur le système. Et il est donc quelque part utilisé par nos héros. Khalid, ce qui m'a poussé à le faire naître, c'est que j'avais besoin d'un personnage qui justement représentait cette naïveté, et qui faisait un parallèle entre… Satomas et Nakazel utilisent nos héros pour arriver à leur fin et vaincre Erebor et instaurer leur nouveau monde où tout le monde est mélangé. Baltem et Ulrock vont s'en rendre compte, évidemment, dans le troisième tome. Mais en fait, dans le deuxième tome, ils adoptent déjà ce comportement de Satomas et Nakazel, qu'ils détestent bien sûr, parce qu'ils se sentent utilisés. Mais ils l'adoptent déjà avec Khalid, aussi avec leurs professeurs, mais c'est différent parce que les professeurs sont plus âgés et ont d'autres questions, entre guillemets.
Donc il y a ce parallèle que le lecteur voit en fait, dans le deuxième tome, que nos héros ne voient pas. C'est-à-dire que nos héros reproduisent un schéma qu'ils détestent et qu'ils arrivent à observer chez les autres. Khalid porte cette espèce d'insouciance, cette espèce de masse consciente ou inconsciente de la globalité des gens qui nous entourent, dont on fait partie aussi nous-mêmes. De cette personne qui ne se rend pas compte des enjeux qui l'entourent, pas parce qu'il n'a pas envie de s'en rendre compte, mais parce qu'on ne lui a jamais vraiment posé les bonnes questions pour qu'il comprenne. C'est comme si… Ça me rappelle toujours cette phrase de Népal : la réponse est dans la question, tu vois. Et quelque part, quand les réponses sont dans les questions, c'est difficile de se rendre compte de ce qui t'entoure.
Donc Khalid représente ça. D'ailleurs, je pourrais vous le montrer, vous le montrer en grand. Ce qu'il est beau gosse ! Il est beau gosse, Khalid, c'est vraiment un beau gosse. Donc il représente cette… il représente réellement cette masse globale, et il fait le penchant entre Satomas, Nakazel, Baltem, Ulrock, et le reste. Et donc c'est un personnage que j'ai vraiment inventé pour l'histoire.
Et à quelle question intérieure ce personnage répondait-il sans que je le sache encore ? Bah en fait, c'était vraiment ce côté masse, tu vois. Il est cette partie de moi qui a pu vivre dans un espèce de brain fog total, sans me poser de questions sur tout ce qui m'entourait, sur tous les sujets de société par exemple. Et il m'a révélé ça, en fait. Il m'a révélé ça, que c'était important de se poser les questions. C'est pas important d'avoir toutes les réponses, mais c'est important d'avoir la curiosité et l'honnêteté intellectuelle de savoir qu'on les a pas, justement. Et juste remettre en question, et d'être curieux. Il s'agit pas d'être sceptique, surtout. Il s'agit de dire : bon bah oui, parfois c'est intéressant de d'asseoir son libre arbitre et de se poser des questions.
Je crois que ces prises de conscience, j'en ai eu beaucoup au cours de ma vie. Mais tu vois, une qui m'a marqué par exemple, c'est, ayant travaillé dans le nucléaire, je voyais bien que quand les les médias mainstream parlaient du nucléaire, ils racontaient globalement pas n'importe quoi, mais ils utilisaient des mots qui faisaient passer un sens ou une intention qui était pas du tout celle… qui était pas la vérité. Et donc il y avait une espèce de déformation par la transmission, qui fait que… quand tu ne peux le remarquer que quand tu as l'honnêteté intellectuelle de te questionner réellement sur comment ça fonctionne. Et le jour où j'ai remarqué ça pour le nucléaire, je me suis dit : ah mais merde, ça veut dire que si ça c'est vrai pour ce sujet-là, peut-être que c'est vrai pour tous les autres sujets que je maîtrise pas. Et donc quand je lis un sujet sur, je sais pas, la nourriture, la médecine, bah en fait, peut-être que en n'allant pas vraiment creuser d'où viennent les informations, et en n'étant pas ouvert d'esprit sur sur tous les sujets que ça peut soulever, bah en fait j'accepte des trucs qui sont pas la vérité, ou je réponds à une espèce d'agenda que j'ai pas forcément choisi.
Et donc Khalid représente ça. Alors je me rends bien compte que là, en le partageant, on a l'impression que Khalid est un putain de complotiste. C'est pas du tout ça que je veux partager comme idée, je veux juste partager ce côté : c'est cool d'être curieux, c'est cool de se poser des questions. Voilà. C'est pas un personnage qui a été difficile pour moi d'écrire, je vois les autres questions, et il a représenté relativement peu de complications. Il a pas vraiment représenté de partie de moi à accepter, à confronter ou à guérir. Il m'a surtout permis d'asseoir cette position de curiosité que j'ai envie d'avoir dans ma vie. Voilà, et donc c'est ça qui m'a appris ou permis de traverser. Et s'il pouvait parler à quelqu'un qui traverse la même chose, qu'est-ce qu'il lui dirait ? Il lui dirait : sois curieux, pose-toi des questions, et tu arriveras à faire ce que tu veux. Voilà. Khalid, ça serait un peu un yes man, je crois. Donc en termes d'importance, alors je le replacerai peut-être, mais franchement je le mettrai bien dans un B, je pense, parce qu'il représente vraiment une grosse partie de… Ouais, il représente un truc cool quand même.
La naïveté et l'humour qui protège
Dans la même veine, il y a les trois professeurs ici. Léontus et Lyria sont vraiment dans la même veine que Khalid, je pense. Mais alors Lyria, pour le coup, beaucoup moins. Lyria, je pense vraiment, c'est un personnage que j'ai assez peu exploité, qui est vraiment là pour l'histoire aussi, qui est la professeure notamment de Ilia. Elle est professeure de tous les magiciens qui soignent, et Ilia est une soigneuse. Lyria fait tampon à un moment, Lyria permet à Baltem et Ulrock de revoir Démiurge. Elle est pareil, dans un espèce de brain fog global sous l'emprise de Démiurge. Elle se pose pas de questions particulièrement, elle est pas particulièrement curieuse. Donc elle représente beaucoup tout ce que je viens de vous partager sur Khalid, mais elle me branche moins. Donc je la mettrai plus bas.
Et Léontus. Léontus, je le trouve tellement brave, j'ai envie de le mettre plus haut. Et en fait, Léontus me fait presque de la peine. Et je pense qu'il me fait presque de la peine parce que c'est un peu cette partie de moi qui, moi-même, me faisait de la peine. Quand je regarde parfois le Sam de 2020 ou 2019, je me dis : putain, tu viens tellement loin, tu vois. T'avais tellement de croyances limitantes, tu pensais tellement que plein de choses n'étaient pas possibles, tu te posais tellement pas de questions, tu te laissais tellement porter. Et Léontus incarne aussi beaucoup ça, puisqu'il est vieux, c'est un professeur. Et je crois que Léontus est une version de moi que j'aurais jamais envie de devenir. Et pourtant, il porte des valeurs exceptionnelles. Il a profondément envie de protéger Baltem et Ulrock, il les protège d'ailleurs, il leur permet d'avancer face à la peur de Démiurge. Pardon pour le bâillement. Il encadre aussi beaucoup Toli, il lui permet énormément de choses. Et donc il porte des valeurs humaines très très profondes, et pourtant il a cette naïveté assez terrible.
Voilà. Donc je le classerai encore plus haut, parce que il touche chez moi une partie vraiment qui me fait peur. J'ai pas envie de devenir cette personne totalement déconnectée de la réalité, de ce qu'il aurait voulu être, tu vois. Je le vois comme ça. C'est un peu terrible dit comme ça, mais… mais voilà. Je les baisserai peut-être, en fait. Je le mettrai plutôt peut-être comme ça quand je vois les personnages d'après.
Alors, Melchior est le dernier professeur. Mais lui, il a une espièglerie que je trouve absolument géniale, donc je le mettrai… je le mettrai là, en fait. Aussi, il est pareil que Léontus dans les faits, en plus de ça, il porte quelque chose. Et là je fais une grande dédicace à un de mes meilleurs potes, Théo, qui est passé dans le podcast d'ailleurs. Mais il a cette capacité d'humour piquant qui est extrêmement importante pour moi, qui permet de mettre le rire. C'est important dans la vie. Voilà. D'ailleurs, je vous renvoie à l'épisode avec Thibaut sur son livre Le bouffon de la couronne, où le rire et l'humour sont vraiment des intentions profondément explorées dans son univers à lui.
Melchior porte beaucoup ça. Melchior porte beaucoup ça, et il me fait beaucoup rire, en fait. C'est pour ça. Il porte ce côté piquant, il porte ce côté espiègle, ce côté : ok, soignons la peur ou la douleur par le rire. Et ça rend d'autant plus impactant les seuls moments où il est pas drôle, où on voit que là l'humour s'éteint, et là tu te dis : ah ouais, merde, peut-être qu'il se passe un truc vraiment vraiment important. Voilà. Et ça me fait ça, Théo, si tu passes par là, je te le dis. Ça me fait ça avec toi parfois : quand tu blagues pas, quelque part, ça me fait peur, il y a un truc que je me dis : ah merde, là c'est… là c'est serious shit maintenant, tu vois. Donc voilà, Melchior porte beaucoup ça. Et voilà, en plus c'est un professeur sportif, vous voyez, c'est un bull assez sec, petite moustache et tout, comme une petite ressemblance physique, quoi. Donc j'aime bien Melchior, j'aime bien Melchior. Il a une relation avec notamment Ulrock qui est très drôle, puisque Ulrock porte un peu cet espiègleurier aussi. On en reparlera après, mais Ulrock est une version de moi que j'aurais aimé être beaucoup plus vite. Baltem est une version de moi dans laquelle je suis resté enfermé très longtemps. Bref, on en reparle après, parce qu'il y a beaucoup de choses à dire là-dessus. Mais voilà, voilà ce qu'aimait Melchior. Voilà ce qu'aimait Melchior, ouais ouais ouais.
Et donc évidemment, vous voyez, tous ces personnages-là, les quatre là, sont très représentatifs de, ben, un peu toutes les intentions. Parce qu'évidemment ils gravitent autour de l'académie, donc autour de cette notion de différence. Mais surtout, ils portent profondément l'intention du rapport au déterminisme, puisqu'en fait ils sont les pions d'un plan plus grand dont ils saisissent pas tous les tenants et aboutissants. Et malgré le fait qu'en fait ils sont totalement libres des choix qu'ils font, ben ils… ils subissent quand même le… le plan global. Voilà, voilà. Ah c'est cool, putain, ça va être… ça va être long comme épisode.
Ok, quel personnage on fait ensuite ? Ben on peut faire, en vrai, Hector et Jarod, puisqu'ils meurent dans le tome 1. Est-ce que j'ai un petit texte sur Hector ? J'avais écrit quoi ? Jarod forme avec Hector un duo d'enchantateurs professeurs. Ils accompagnent Baltem et Ulrock pendant leur préparation. Ils sont aussi une des preuves qui soulignent que les bulls et les bears peuvent travailler de pair. J'aime les deux, mais j'ai évidemment un petit faible pour Jarod, pour son acte de la fin. Il symbolise la réussite presque parfaite du plan de Démiurge. Hector et Jarod servent aussi de faire-valoir aux arguments de Démiurge. Ils sont totalement sous sa coupe et défendent ses points de vue, notamment 1 : rien ne sert de savoir se battre lorsque l'on est enchantateur et qu'on a la puissance de l'esprit. C'était évidemment l'objectif de Démiurge : des petits enchantateurs qui n'ont jamais vu un combat depuis bien longtemps.
Bon, évidemment, Jarod et Hector sont effectivement des incarnations de ce rapport aux différences, qui est une thématique sur laquelle joue beaucoup Démiurge au début. Puisqu'il encourage évidemment le travail de pair entre Baltem et Ulrock, mais il ne les drive que au fait de dire : non mais Ulrock, tu ne vas pas laisser Baltem être enchantateur tout seul, t'imagines, ça voudrait dire que tu donnes le pouvoir au pair. Et inversement. Et donc il arrose la flamme de la discorde entre les deux tout en essayant de la tempérer, quelque part. C'est comme ça qu'il assoit sur eux une vraie domination. Il y a quelque chose de presque sectaire dans l'approche de Démiurge, et d'ailleurs à la fin, quand il les massacre tous, c'est un peu ça. Il a sur eux une emprise à tel point qu'il en fait ce qu'il veut. Il en a fait des gens très cérébrales, il les a déconnectés de tout instinct de survie. Quand il décide de les attaquer, aucun n'arrive à se défendre, tous meurent.
Effectivement, Jarod, petit feeling, pardon pour le bâillement, évidemment Jarod, petit feeling en plus, parce que il se sacrifie pour Ulrock et Baltem. Et ça, c'est magnifique, et c'est très très symbolique du rapport aux différences. Parce que, parce que Baltem voit un bull tuer un bull, et voit un bull, Jarod, en train de se sacrifier pour lui qui est un bear. Et Ulrock, a contrario, voit un bull tuer un bull, et un bull sauver un bear. Et donc cette scène de traumatisme fort de Baltem et Ulrock, sans qu'ils le sachent vraiment, puisque c'est très dur de mettre des mots sur un traumatisme pareil, de voir des gens se faire massacrer comme ça, se retrouvent confrontés au fait que, en fait, peut-être que tout le mal ne vient pas de l'autre. Et ça, et ça, ça change tout. Donc Jarod et Hector, je mettrais Jarod ici, Hector ici, je pense. Le truc, c'est que j'ai tous envie de les mettre haut, mais je sais que c'est vraiment… Si je devais les trier… Ouais, putain, c'est dur. Ok, passons à… Je fais les personnages les moins importants entre guillemets au début.
Bon, Cornacier et Pâte de fer. Cornacier et Pâte de fer sont les deux chefs des sections dont je vous ai parlé juste avant, les sabots falaises et la vague griffue. En fait, ils sont chefs de deux choses. Dans le monde de Karnoa, il y a plusieurs métiers, dont j'ai mis une petite liste ici. Il y a plein de trucs. Il y a notamment tous les corps militaires, il y a globalement l'armée de l'air, l'armée de l'eau, l'armée de terre, les gardes classiques, et il y a les spectral specs, qui sont globalement les sections d'espionnage. Les sections d'espionnage, il y en a une bear et une bull. Elles sont dirigées par Cornacier et Pâte de fer. Hop, voilà, Pâte de fer, Cornacier.
Sachant que ces deux personnages s'affrontent dans le tome 1. Il y a une démonstration du pouvoir des enchantateurs, et cette démonstration est faite par… enfin, est faite sur un combat entre Cornacier et Pâte de fer. Cette démonstration, elle est finalement assez simple, c'est-à-dire que des enchantateurs supervisent le combat et autorisent ou non l'utilisation des sortilèges de l'un et l'autre. Cela permet de prouver que les enchantateurs peuvent couper les pouvoirs de l'un et pas de l'autre, et donc donner une vraie vraie supériorité à l'un ou à l'autre. Et donc dans le combat on voit parfois Pâte de fer prendre le dessus, parfois Cornacier prendre le dessus. Voilà.
Ils sont chefs de cette section d'espionnage qui cache en fait les deux sections et les deux groupuscules dont je vous parlais juste avant : les sabots falaises chez les bulls, dirigées par donc notre petit cher Cornacier avec ses tatouages dorés, et la section de la vague griffue, dirigée par Pâte de fer, cet ours scarifié blanc avec des yeux translucides bleus. Voilà. Ces personnages représentent totalement ce rapport aux différences.
Et là je vous lis un petit passage, j'avais mis des exemples de spectral specs. Globalement, c'est des mecs qui se cachent, castes secrètes qui attisent consciemment le feu qu'ils combattent. Je serais curieux d'assister à une discussion entre les généraux Cornacier et Pâte de fer. Après tout, ils s'entendraient sûrement bien. Manipulation d'esprit, en quête d'identité, froideur sanguinaire, ombre tentaculaire, et incapacité à prendre le recul suffisant pour écrire la première phrase de ce paragraphe.
Et en fait, ce que je trouve génial, c'est qu'effectivement ils attisent un feu qu'ils combattent. Ils attisent les différences avec la vague griffue, avec les sabots falaises, qui sont censés contrôler puisqu'ils font partie de la garde. Et chacun reproche à l'autre de se faire la guerre, sans remarquer que lui-même pousse à faire la guerre. Et je trouve ça absolument génial. Ils sont vraiment vraiment tellement représentatifs des fonctionnements extrémistes qu'on peut avoir dans plein de domaines de vie, qu'on croise vraiment aujourd'hui. Et ils sont un peu une manière de montrer qu'en fait, quel que soit le côté extrême dans lequel on se situe, le problème c'est l'extrémisme. Et voilà. Alors évidemment on pourrait ensuite trier les extrémismes, mais globalement le problème c'est l'extrémisme.
Ouais. Et ils sont aussi évidemment très représentatifs de cette centralisation du pouvoir, puisqu'ils sont au centre décisionnaire de beaucoup de choses. D'ailleurs, je ne l'ai pas répété, mais Jarod et Hector sont aussi forcément représentatifs de ça, puisque font partie de la caste des gens qui contrôlent pour les autres. Mais en fait, manque total de libre arbitre qu'ils ont à cause du fait qu'ils sont sous la coupe de Démiurge, fait qu'en fait il y a une centralisation du pouvoir terrible qui est entre les mains, littéralement, de Démiurge. Parce que comme ils contrôlent tous ceux qui contrôlent, voilà, malgré le fait qu'on en choisit un ou deux, mais comme c'est Démiurge qui les choisit, et comme ils poussent toujours les élèves comme il l'a fait avec Baltem, à venir le voir, à être sous sa coupe, et bah c'est lui qui contrôle tout. Et c'est ça qui est extrêmement intéressant dans tout ça, c'est que certes il y a plein d'enchantateurs qui sont censés être indépendants, mais le point commun qu'ils ont tous, c'est qu'ils font tous confiance à Démiurge. En faisant confiance à Démiurge, malgré le fait que tous soient indépendants et répartis partout sur le territoire, on se retrouve avec une belle centralisation du pouvoir. Vous pourrez faire les parallèles que vous voulez avec certains fonctionnements qu'on a notamment en France, mais loin de moi l'envie de faire de la politique ici, même si évidemment les mondes de fantasy servent à ça.
Donc Cornacier, pas de faire, incarnation totale de l'extrémisme, des différences. Incarnation totale aussi, puisqu'ils sont évidemment, comment dire… j'allais spoiler le tome 3, donc je vais peut-être rien dire. Incarnation aussi totale de cette centralisation du pouvoir, puisqu'ils dirigent une grande partie des guerres qui se déclenchent. Voilà. Et encore une fois, ils font la guerre au nom du fait que les autres les attaquent, mais ils attaquent eux-mêmes. Donc il y a une espèce de serpent qui se prend la queue. Là je vais les mettre en C, je pense, les deux. Ouais. Ok, ok, ok.
Je vais me recharger un peu en rooibos, parce que ça fait quand même plus d'une heure que je parle et j'ai besoin de me réhydrater. J'ai aussi me moucher, je vais couper le son le temps. Ok, fine, we're back bro, c'est parti.
Trois artistes, trois pions
Je vais m'attaquer à l'oeil trinitaire, qui sont des servants de Satomas et Nakazel, des représentants encore vivants et encore pleins et entiers de leur pensée et de leur volonté. Ce sont, tac, je vais le lire ici, qui secoue à la fin les pions qu'ils manipulaient, à savoir tous nos héros, puisqu'ils sont téléportés un peu partout dans le monde. Ils incarnent évidemment ce rapport au déterminisme, puisque suivent aveuglément le plan de Satomas et Nakazel, sont des pions de leur plan, de leur plein gré. Est-ce que c'est bien ? Est-ce que c'est mal ? Je ne sais pas, à vous de trancher. Ils incarnent le rapport aux différences puisqu'ils sont tous les trois aveugles. Le fait que Nalia et Tarikles soient des bulls et Arzalimbert ne change rien, ils s'en foutent total. Et évidemment cette balance centralisation du pouvoir, sécurité, liberté, encore une fois on le retrouve ici dans ce qu'incarnent ces personnages-là, puisque comme ils suivent aveuglément le plan de Satomas et Nakazel, ils acceptent la posture providentielle que ces deux personnages tiennent.
Au-delà de ça, ces trois personnages, donc Nalia est une couturière, Tarikles un forgeron, et Arzal un peintre. Donc on a trois artistes. Ces personnages représentent réellement ce côté artistique que je porte en moi, et qui est à mon sens tellement oublié de nos jours et tellement important. C'est important, la créativité, pour l'espèce humaine. Toutes les choses extraordinaires qui arrivent dans l'espèce humaine naissent de la créativité de tout un chacun. C'est important de la préserver, c'est important de la transmettre, c'est important d'en parler, c'est important de se questionner, tout ça, tout ça, autant de la créativité. Cette fameuse citation : creativity is contagious, keep it spinning. Citation de Alma, un de mes personnages d'Ose Écrire, certains que vous voyez dans le décor qui est derrière, comme notamment le magazine d'Isabella ici, ou alors le poster de Nash ici, ou alors la figurine de Marcus qui est un peu plus haut. Bref. Creativity is contagious, keep it spinning. C'est extrêmement important, la créativité.
Ces trois personnages sont extrêmement touchants pour moi parce que, évidemment, ils ont cette faiblesse de n'être que des pions, mais ils ont cette créativité géniale qui déjà sauve nos héros. Vous verrez pourquoi. Enfin, en fait, je peux le spoiler : nos héros trouvent une carte peinte qui les conduit jusqu'à la tour de Nakazel, cette carte est évidemment peinte par Arzal. Nos héros portent une toge sur lesquelles ils ont réussi à décrypter un message en assemblant leurs deux toges, toges cousues par Nalia. Nos héros vont avoir accès à des armes ou des équipements tous forgés par Tarikles. Et ce qui est extrêmement intéressant, c'est que la hallebarde de Démiurge, avec laquelle ils massacrent tout le monde, est aussi forgée par Tarikles.
C'est là qu'on a la froideur du plan de Satomas et Nakazel. Le fait que tous les enchantateurs soient massacrés fait partie de leur plan, parce qu'ils ont besoin que le système qu'ils ont mis en place par défaut, à cause d'Erebor et de son retournement, ils ont besoin que ce système s'effondre pour pouvoir pleinement embrasser ce système, enfin leur ambition de nouveau système. Il y a donc cette froideur de : ok, pour arriver à notre fin, que tout le monde se mélange et que les différences ne soient plus une barrière, nous avons besoin de trucider tous les enchantateurs !
Le sacrifice de certains, et le sacrifice pas conscient, le sacrifice, le meurtre de certains, est-il ok quand il permet de sauver la masse ? Question qui brûlera les lèvres de Baltem et Ulrock. Évidemment, j'ai… j'adore ces personnages, j'adore vraiment ces personnages. Je baille parce que je fais que parler et je commence à perdre ma voix, en fait. Mais je vais finir. Je dirais que Nalia, je la mets ici, je pense. Tarikles, je le trouve trop stylé, je le mets ici. Et Arzal, c'est quand même le peintre, je trouve ça bizarre de ne pas les mettre au même niveau, quand même. Je suis envie de les mettre comme ça, en fait, ouais. Ok.
Le vernis des idéaux cache la rouille du sacrifice
Bon, là on arrive au corps, tous les personnages un peu principaux. Je vais d'abord faire… je parlais de Satomas et Nakazel, on va faire Satomas et Nakazel. Alors, il y a beaucoup à dire sur eux. Déjà, je peux vous lire la description du premier tome. Ça, c'est le deuxième. Tac. Nous savons pour le moment très peu de choses sur Satomas. C'est un grand sorcier qui ne le montre pas dans ce premier tome. Il formait un duo avec Nakazel, et on sait qu'il a eu un immense rôle dans la création de l'académie et dans l'instauration d'une certaine stabilité dans le monde de Karnoa. Mais maintenant, quel rôle joue-t-il ?
En fait, quasiment plus aucun rôle, parce que il n'est plus qu'une coquille vide, puisqu'il a dû sacrifier son esprit pour enfermer Erebor et assurer la stabilité du monde magique. Ça, on le sait pas dans le tome. Nakazel, c'est une grande magie, c'est une bull, c'est tout ce que je peux vous dire. J'adore ses cornes, elles vont très bien avec le nom qu'elle porte. Comme quoi, rien n'est laissé au hasard, et tout n'est pas si éthéré. Alors évidemment, ça, c'était un clin d'oeil pour dire qu'en fait tout n'était pas aussi fantomatique. Voilà, et que c'était bien Nakazel le fantôme. Pourquoi j'avais dit ça ? Parce qu'elle avait les cornes qui partaient un peu dans tous les sens, et elle s'appelle Nakazel, corne folle.
Et dans le deuxième tome, quand tous les masques tombent, j'ai écrit : le vernis des idéaux cache parfois la rouille du sacrifice, le sien et ce qu'on impose aux autres. Le sien, parce que évidemment Nakazel et Satomas ont eux-mêmes fait des sacrifices de ce qui leur était le plus cher, à savoir l'esprit et le corps. Et ce qu'on impose aux autres, bah tout simplement parce qu'ils adoptent cette posture providentielle de quelqu'un qui sait mieux que toi ce dont tu as besoin. Et Isatoquet, je ne sais pas. La froideur rationnelle de Satomas couplée à l'exécution chirurgicale de Nakazel fait de ce plan une lame redoutable. Le rempart s'est dressé, cependant, l'arrêtant. Le rempart, c'est le surnom d'Erebor. Donc ils ont réussi à coincer le rempart, mais vont-ils réussir à l'arrêter avec ce plan imaginé sur des années par Satomas et commençant au moment où il se sacrifie ?
Globalement, puisque Satomas et Nakazel, évidemment, enfin en tout cas Satomas a absolument tout prévu : enfermer Erebor, laisser le temps aux enchantateurs de s'installer, les massacrer tous, avoir à ce moment-là le sauvetage des deux enchantateurs de l'année. Parce que que ça soit Baltem et Ulrock, qui s'en foutent, et ça aurait été n'importe qui d'autre, c'était pareil. C'est pour ça, le rapport au déterminisme. Être le pion ou l'élu. Et quelque part, ils ont donc mis tout ce plan en place. À la fin, les deux survivants doivent permettre de créer ce nouveau monde. Voilà, je vous le fais en rapide, parce qu'après ça serait donner trop de détails, mais vous voyez où je veux en venir.
Mais voilà, Nakazel et Satomas sont donc dans cette posture de : ah, ce sont des héros, mais ils ont sacrifié tellement de choses et tellement de gens. Est-ce que ça reste des héros ? Et est-ce que c'est pas Erebor qui a raison, du coup ? Peut-on décorréler l'acte de la personne ? C'est pour ça que j'adore Satomas et Nakazel, parce que je pense que chez moi, vous voyez, je suis totalement en roue libre, les questions là, je les survole à chaque fois dans ce dont je parle. Pourquoi j'adore Satomas et Nakazel ? Parce que je vous le dis, E. C'est clairement, clairement du grand A. Pourquoi j'adore Satomas et Nakazel ? Parce que il représente vraiment l'essence même des intentions de ce livre, et il représente ce que t'as envie d'être, cette espèce de star surpuissante.
Si on vit dans un monde magique, on aurait tous envie d'être le plus puissant. Je dis tous, c'est pas forcément vrai, mais on aurait envie… pardon, je vais aller faire une sieste après… on aurait envie d'être ces mages surpuissants. Et mais à quel prix ? C'est toujours ça, tu vois. On pense toujours au… au résultat, sans penser au prix. Au prix. Et encore une fois, là on parle pas du prix genre ce qu'il y a écrit sur le compte en banque, on parle de tout ce que ça te coûte d'aller là-bas. On rêverait tous d'être le futur Kylian Mbappé. Sommes-nous prêts à faire tous les sacrifices que ça implique ? On rêverait tous d'être richissime. Sommes-nous prêts à faire tous les… tous les sacrifices et que ça implique de devoir construire et maintenir cette richesse ? Bref, ça marche dans absolument tous les pans de la vie. En tout cas moi, c'est une question que je me pose très souvent.
Et Satomas et Nakazel, elle incarne aussi beaucoup ça chez moi, enfin cette partie de moi, et ça me permet moi-même de traverser ces questions-là. Je pense aujourd'hui, quand j'ai écrit ce tome 2 en tout cas, que la rouille du sacrifice ne doit pas être cachée par le vernis des idéaux. Voilà. Et que aucun rêve, aucun objectif ne mérite le sacrifice d'autrui. C'est d'ailleurs une des citations d'un des personnages, André, de de Ose Écrire, qui n'est pas encore dans le décor, mais qui dit : le succès n'implique jamais qu'on doit écraser les autres. Et c'est vraiment une croyance profonde que j'ai. Tout doit rester humain. Les libertés s'exploitent dans la limite des libertés d'autrui. Et putain, c'est tellement, à mon sens, important d'avoir ça, que Satomas et Nakazel, plus je les explore, et plus j'ai… moins j'ai envie d'être eux.
Hum. Et donc j'ai, a contrario, eu aucune difficulté émotionnelle à les écrire, parce que ils me permettent d'être une partie de moi que je n'ai pas envie d'être dans la vraie vie. Écrire un personnage qui est profondément froid, calculateur, au nom du bien commun ou au nom de sa propre réussite, ça me va bien. Être cette personne dans la vraie vie, ça me va beaucoup moins bien. Hum. Satomas et Nakazel fonctionne un peu comme un exorcisme, quelque part.
Et si ce personnage pouvait parler à quelqu'un qui traverse la même chose que toi à l'époque, que lui dirait-il ? Bah je pense : c'est toi qui… toi qui m'écoute, écris-moi. Écris-moi, parce que tu verras ce dont tu as réellement envie et besoin. Écris ce personnage surpuissant qui a cette posture providentielle et qui peut faire ce qu'il veut, explore les conclusions et les ramifications de ce que ça implique, tu verras si tu as vraiment envie de pousser le curseur jusque là-bas. C'est ça que ces personnages m'apprennent vraiment. Et pour les écrire avec justesse, justement, j'ai dû me confronter à cette partie de moi, celle qui veut être profondément star, par exemple, tu vois. Ok, mais à quel prix ? À quel coup ? C'est pour ça que j'adore Satomas et Nakazel, au-delà de ce qu'ils représentent dans l'espoir, au-delà de l'extrême du spectre des différences qu'ils sont, puisqu'ils veulent à tout prix, quel qu'en soit le coût, quel qu'en soit le prix, ils veulent à tout prix arriver à leur fin parce qu'ils sont persuadés que c'est ça dont les gens ont besoin.
C'est fou ce que je baille, vous trouvez pas ? Je suis vraiment fatigué. J'ai couru 15 km aussi ce midi, c'est pour ça. Bref, passons à la suite, après avoir parlé 1h20. Je vais brancher ma lampe aussi parce qu'à mon avis ça va pas tenir sinon. I'm back.
Écouter la haine qu'on ne s'explique pas
Alors ensuite, je peux faire Bjorn et Garrick parce qu'ils sont un peu dans la même veine. Alors, ce que j'ai écrit sur Bjorn et Garrick dans le tome 1, c'est ici. Bjorn est l'un des colocataires de Baltem, il lui sert de confident et représente le peu de vie sociale qu'il a. Pour moi, les dialogues sont extrêmement importants dans un récit raconté d'un seul point de vue, c'est pour ça que Bjorn et Garrick sont cruciaux. Ils permettent de tenir au courant Baltem, et donc vous, des histoires de l'académie. Avec Garrick, ils sont des purs produits de leur époque, et si le talent de Baltem n'avait pas été décelé par Démiurge, ils auraient été pareils : des soldats bears qui détestent les bulls, vieillement qu'ils commencent enfin à se battre avec des armes. Le quatrième compère de la chambre de Baltem, nous en savons finalement encore assez peu sur lui et Bjorn. Cependant, j'aime beaucoup l'alchimie du petit groupe qu'ils forment tous les quatre. J'ai l'impression de revivre mes années d'école. Je crois que c'est pour ça que j'aime tant écrire les passages où ils discutent et rigolent ensemble. C'est arrivé, il y a quelque chose d'extrêmement simple mais si agréable à se retrouver sans but ni objectif et discuter de nos vies entre amis. Une chose est sûre, nous reverrons Garrick et Bjorn dans la suite.
Et ce que j'ai écrit sur eux dans le tome 2, donc, Bjorn, on lui tend une épée. Tout aussi singulière que lui. Il encaisse les cachotteries de Baltem sans broncher, appelé par cette voix intérieure qui lui intime que l'aventure toque à sa porte et que ce n'est pas le moment de la claquer. Les points de vue s'ouvrent à la fin, comme si un certain narrateur à fourrure se rendait compte que seul, c'est différent. Oui, évidemment, vous voyez le penchant entre les deux. L'histoire est racontée du point de vue de Baltem, en jeu qu'on est dans sa tête, au fur et à mesure, notamment à la fin du deuxième tome on a des passages du point de vue de d'autres personnages, notamment Mel, Bjorn, etc. Et ça s'inscrit justement dans cette notion d'accepter la différence, accepter qui on est et s'ouvrir. Ce que j'aurais profondément à raconter sur Bjorn à Garrick.
Alors je peux lire aussi juste le texte sur Garrick. Garrick représente l'incarnation de l'immense majorité des peuples bears et bulls, ceux qui s'accrochent à des préjugés et des idées reçues. Symboliquement, il reçoit une épée qui résonne, comme si la manière d'accueillir la haine incomprise était l'écoute, pour que celui qui tend l'oreille puisse la remonter, la suivre, comprendre d'où elle vient et finalement l'apaiser. Ah, et en bonus, parfois il suffit de parler de soupe pour que les masques et le rempart tombent. Alors bon, ça c'est des petits easter eggs, vous verrez dans la discussion.
Mais ce que ces personnages représentent profondément pour moi, et c'est tellement à multicouches, que j'espère que j'arriverai à transmettre profondément ce qu'ils sont. Ils sont d'une extrême simplicité. Ils sont exactement ce que je dis là, c'est-à-dire le groupe d'amis que t'as en école d'ingé et que t'es super content de rencontrer, et avec qui tu passes des super moments, t'échanges des super choses, tu partages des super vannes. Bref, ils sont la simplicité du jeune adulte qui est encore un enfant, tu vois. Et pourtant, tous portent une profonde complexité.
Dans le deuxième tome, Bjorn et Garrick se voient attribuer une épée grâce à Tarikles, le forgeron, et cette épée évidemment en dit beaucoup sur leur personnalité. Bjorn reçoit une épée qui absorbe ce qu'elle touche. C'est sa manière de réagir dans tout le récit, il est très convénieur, je sais pas le mot français, mais vous voyez ce que je veux dire. Et il accepte beaucoup de choses. Le mensonge de Baltem sur tout ce qui est arrivé dans le deuxième tome, il l'accepte à la fin sans poser plus de questions que ça. Il dit : si tu m'as menti, c'est que t'avais une raison, tu m'as dit la vérité aujourd'hui, is ok, passons à autre chose, et je vais t'aider. Bjorn porte ça en lui, c'est magnifique.
Garrick, à l'inverse, reçoit une épée qui résonne, dire que quand elle tape sur quelque chose elle fait de l'écho. Garrick est celui qui tient les positions les plus dures sur les bulls. C'est pour ça que c'est très intéressant qu'il se retrouve en expédition avec Mel, parce qu'il va devoir lui aussi apprendre à connaître Mel, finalement. Et il y a quelque chose de… de crucial dans ce qu'est Garrick, c'est ce partage que je fais là, à savoir que Garrick porte en lui, alors, toute cette simplicité évidemment, mais derrière toute cette simplicité, t'as aussi tous ces sujets dont on n'ose pas forcément parler quand on est avec nos potes et qu'on est dans la vanne perpétuelle. Garrick porte en lui ce sujet très important de la haine, de la haine incomprise. Il ne sait pas d'où vient cette haine, mais il haït les bulls. Et on se rend bien compte que, en écoutant cette haine, on arrive à découvrir d'où elle vient et on arrive à l'apaiser. Mel y arrive, de par la personne qu'elle est, au cours de l'expédition qui vivent tous les trois avec Bjorn. Et son épée à lui incarne ça, et j'adore, j'adore cette petite symbolique qu'il représente. J'adore qu'il passe de pièce de détente à figure d'incarnation du problème de la majorité des bears.
Je crois que Garrick, qui bien plus que Bjorn, m'a permis de me confronter à la partie de moi qui parfois peut avoir des idées reçues et des préjugés. D'où viennent-ils ? Encore une fois, ça s'inscrit dans cette posture de curiosité, cette posture de rester ouvert, cette posture d'accepter de ne pas toujours savoir, et d'accepter de se remettre en question, et d'accepter de ne pas juste entendre ce qu'on dit et de passer à autre chose et de l'accepter comme ça. Et ça, c'est marrant, parce que c'est vraiment quelque chose qui est développé sur le deuxième tome, c'est vraiment quelque chose que j'avais pas au début du premier tome mais qui très naturellement s'est développé.
Et donc là, la question « à quelle question intérieure ce personnage répondait-il sans que tu le saches encore », en fait c'est ça : cette apparente simplicité d'un personnage qui porte en fait des sujets bien plus profonds et bien plus importants. Et pour ça, je remercierai jamais assez Garrick et Bjorn, qui sont en plus deux gars extrêmement portés sur l'humour. Ils sont drôlissimes. Ils forment un quatuor avec balté métallique, et trop drôle. Bref, ils sont géniaux.
Garrick, je le mets vraiment en haut parce qu'il incarne vraiment ce rapport à la… à la différence et au préjugé, quelque part. Bjorn, il a une manière de réagir à ça vraiment… en fait lui, c'était un peu plus un suiveur, quoi. Il a hissé les gens juste parce que voilà, c'était la mode, mais en soi il a rien contre eux. Donc il est quelque part moins intéressant, parce que c'est plus facile d'être comme ça que d'être comme… d'être comme Garrick et de profondément haïr les gens sans jamais se demander pourquoi. Garrick est obligé de se demander pourquoi, et obligé de s'ouvrir. Voilà. Et évidemment, voilà, il y a en plus cette symbolique à la fin des points de vue qui s'ouvrent. Ça, c'est vraiment… ça renvoie à Baltem, à toute l'évolution de Baltem dont on va parler après, et ils permettent à Baltem de s'ouvrir. Voilà. Donc ils servent, si je bouclais sur les intentions avec Garrick et Bjorn, l'arc des différences évidemment, principalement même. Et puis ils sont aussi les deux guerriers qui accompagnent Mel dans l'excursion jusqu'à la tour de Nakazel. Bjorn, je le mets… je le mets en dessous. Voilà.
Ok, on arrive presque sur la fin, avec tous nos personnages principaux. C'est un… commençons par Démiurge. Alors, Démiurge, j'avais écrit dans le tome 1, tac : j'aime Démiurge, un professeur charismatique, manipulateur et démagogue, qui pense tout avoir prévu. Le plan était presque parfait. Même si le véritable bulle de Démiurge reste secret, il est l'un des architectes de l'intrigue principale, et il fait tout pour que ça avance dans son sens. J'aime la manière subtile qu'il a de rappeler à Baltem et Ulrock qu'ils n'ont pas le choix, car sinon l'autre prendrait l'avantage. Il les place dans un dilemme du prisonnier et leur montre leur potentiel. Ce cocktail est explosif, et finalement les deux étudiants feront exactement ce que voulait Démiurge. Il y a… et d'ailleurs la seule à lire entre les lignes du discours réconciliateur de Démiurge, preuve s'il en fallait que ce dernier veut une guerre totale.
Et dans le 2, j'ai écrit : forcément méchant défaillant, pantin manipulé, coincé dans une réalité qui n'est plus la sienne. Sa voix n'est plus qu'un écho que peut entendre, écrasé par la volonté dominatrice de l'oiseau, qui est le surnom d'Erebor. Et qu'il est dur d'écouter ce qu'on voit déguisé en diable.
Bon, là, « qu'il est dur d'écouter ce qu'on voit déguisé en diable », c'est une liaison directe avec le rapport aux différences. C'est ce dont je parlais avec Garrick juste avant : qu'il est dur de décorréler la personne qui parle des propos qu'elle tient. Alors que parfois des personnes détestables peuvent dire des choses très pertinentes, et c'est important de rappeler que tout est contextuel, et que… et c'est difficile, en fait. Et je crois que Démiurge a profondément porté ça aussi chez moi, c'est-à-dire, parfois t'aimerais être perpétuellement cette personne qui est capable d'entendre une personne ignoble dire un truc intéressant et dire : ah oui, ok, bon, ok, elle est ignoble, mais là elle a dit un truc pertinent.
Parce qu'en fait c'est super dur, c'est super dur de décorréler le propos de la personne. C'est vraiment super dur. Et, et Démiurge m'a vraiment challengé sur ça, tu vois, et m'a vraiment questionné sur ça, au sens le plus large. Je peux vous donner un exemple très concret. Par exemple, je vois Elon Musk un peu comme le méchant, je vois un peu comme Bane dans Batman, tu vois, un peu le méchant, le boss de fin du jeu. Et parfois il a des sorties quand même très pertinentes, et c'est difficile de lui accorder, parce que ça reste quelqu'un que j'apprécie pas, en fait. Je sais pas si vous voyez ce que je veux dire. Et c'est ça que Démiurge a beaucoup fait chez moi, parce que dans le tome 1 il partage des choses très pertinentes. C'est dur qu'elles restent pertinentes au regard de ce qu'il fait à la fin du tome 1 et de ce qu'il est dans le tome 2. Et d'ailleurs, là, j'en prends conscience aussi, mais Baltem et Ulrock ne se retournent plus du tout vers ce que Démiurge leur a dit avant, suite à ce qu'il fait. Il condamne tout ce qu'il a dit parce qu'il les a trahis. Alors ils ont probablement raison, mais… et si tout était contextuel ? Qu'il est dur d'écouter ceux qu'on voit déguisés en diable. J'adore ça, c'est Démiurge.
Il y a un autre petit easter egg, et ça, je ne savais pas, dire que j'ai choisi le nom Démiurge parce que… alors, je ne sais plus comment s'appelle cette série, putain, c'est un manga avec, vous savez, là, un espèce de squelette. Waouh, putain, c'est tellement difficile à décrire. Bref, dans ce manga-là il y a un mec qui s'appelle Démiurge. Je trouvais le prénom stylé, je décide d'appeler un des personnages Démiurge. Je ne savais pas que Démiurge c'était un mot aussi, qui signifiait le faiseur de monde, globalement celui qui change le paradigme. C'est pour ça que je parle souvent après de pouvoir démiurgiques des auteurs, parce qu'on a le pouvoir de changer le monde par nos histoires et par notre créativité. Hop, vous voyez, encore une boucle, ça rejoint ce que je disais juste avant sur la créativité, keep it spinning. Et quand on m'a dit : putain, mais est-ce que t'as choisi le prénom Démiurge pour la signification qu'a le mot et pour ce qu'il fait à la fin du premier tome ? Et bah pas du tout ! Mais ça colle super bien, et c'est incroyable, la coïncidence, parfois. Et donc big up à Quentin qui m'a fait cette remarque, parce que putain, c'est fou à quel point c'est pertinent, et je l'avais même pas remarqué.
Voilà. Et donc Démiurge s'inscrit parfaitement dans toutes les intentions. Il manipule les gens, il y a ce rapport au déterminisme, il centralise tout le pouvoir et garde volontairement tout ce côté très nébuleux pour empêcher les gens finalement de déroger à ce que lui a envie d'atteindre. Bon, il se trouve que lui-même est le pion d'Erebor, donc vous voyez, toujours ce double niveau. C'est difficile de détester Démiurge quand on se rend compte que c'est pas lui qui faisait, et se pose cette question fondamentale : est-ce que quand on tient le pistolet mais qu'on n'est pas le donneur d'ordre, c'est qu'il faut-il dans tout ça ? Là vous voyez, il y a des débats de valeur. Là c'est difficile de trancher. Je sais pas si j'en veux à Démiurge, moi, à la fin du tome 2. En même temps oui, puisqu'il a quand même massacré plein de gens. Mais c'était pas lui. Mais quand même, tu vois. C'est difficile, difficile de trancher, il y a un vrai débat à tout ça.
Démiurge vraiment incarne vraiment tout ça, c'est pour ça qu'il est tellement pertinent. Et pardon, et la dernière intention, le rapport aux différences. Bah oui, Démiurge, sous couvert de de vouloir maintenir ce système et donc permettre aux différences de s'exprimer, en fait il manipule pour continuer à les alimenter et que les gens se tapent dessus, quoi. Tout ça pour assouvir son propre destin, qui est de massacrer tous les enchantateurs. C'est ça qui est génial, c'est que c'est pour ça que il repère les deux meilleurs de chaque promotion. Il leur dit : tu vas quand même pas laisser ton compère être meilleur que toi. Il les prend sous son aile, donc il s'assure que tous les meilleurs magiciens sont toujours enchantateurs, il les vire de la section combat, et à la fin c'est facile de les massacrer parce que c'est des mecs qui ont pas vu une arme et qui se sont pas battus depuis des années, et qui en plus de ça leur font confiance. Lui fait, enfin, leur fait confiance, ils font confiance à Démiurge, quoi. Et, et voilà, voilà tout ce qui est Démiurge.
Donc ça, c'est clairement, il est S tier, il porte tout, en fait. Il est, il est un nœud central. Il est à la fois méchant mais pas méchant, il est à la fois charismatique mais pas, mais voilà, il est à la fois gentil, méchant, il porte tout, ce personnage. Il porte tout, ce personnage. Hop, nouvelle pause, je reviens. Voilà, voilà. Donc je disais, Démiurge, oui, c'est, c'est l'incarnation de tout ce que j'aime dans un roman, quoi. Un truc non manichéen, que tu peux aimer ou détester, qui porte toutes les intentions du roman. Ouais ouais, j'adore Démiurge, j'adore Démiurge.
Je peux faire Erebor aussi. Erebor, c'est difficile de le classer. Je vais le mettre assez logiquement ici, parce que il est quand même… je l'adore, mais c'est difficile de le classer parce que on en sait assez peu sur Erebor. Ce qu'on sait de lui, c'est globalement écrit ici : anomalie incomprise, méchant complotiste qui a saisi ce que personne d'autre ne veut comprendre, amoureux rempli de haine, haineux rempli d'amour. Erebor apparaît aussi méchant qu'il démêle la réalité des mondes magiques. Il met en lumière tout ce que nos élus, nos pions pardon, n'ont pas compris. Il n'y a union que là où il y a confiance, il n'y a force que là où les faiblesses s'embrassent et s'embrase. J'ai hâte de retrouver Erebor autant que je redoute de le voir réapparaître. Ah, et le crabier est un oiseau, comme un indice laissé dans le livre.
Oui, effectivement, il y a tout un truc avec un panier de crabier, il y a toute cette thématique de l'oiseau qui est amené, et donc c'est cet élément du panier de crabier qui permet de faire le lien entre Erebor et le fait que ça soit l'oiseau. Évidemment nos héros ne le comprennent que à la fin, donc n'ont pas capté cet indice, mais les lecteurs les plus aguerris auront compris ce petit symbole et arriveront à deviner que Erebor est le grand méchant avant qu'il se révèle à la fin. Et ça, j'aime beaucoup.
Donc vous voyez, là, pour le lecteur, Erebor représente quelque chose. Et en fait c'est là que je me rends compte que je le mets ici, en fait, parce qu'il représente vraiment un truc que j'adore, c'est plein de petits indices distillés, et un lecteur attentif comprend qui est le vrai méchant avant que le vrai méchant soit dévoilé. Et donc il a envie de crier au personnage : mais putain, bordel de merde, faites attention à Erebor ! Et voilà. Et un lecteur un peu moins attentif sera quand même content à la fin qu'on se rende compte qu'il y a quelqu'un d'autre derrière tout ça.
Et il est donc sur l'opposé du spectre de la différence. C'est un manipulateur, donc évidemment il porte cette notion du déterminisme aussi. Il est sur l'opposé du spectre de la différence parce que lui considère que les différences, pour être pleinement embrassées, doivent être séparées. C'est-à-dire que une différence ne brille que parce que elle est seule et pas entourée d'autres choses différentes. Il explique à la fin. Ça reste un horrible personnage puisque il tue Mel quand même. Néanmoins, quelque part, il tue personne d'autre, donc il a moins de kill au compteur que Satomas et Nakazel. Mais il est quand même bien content aussi de massacrer les enchantateurs. Ça reste quand même un vrai méchant. Mais est-ce qu'il a totalement tort ?
C'est ça que j'aime bien quand même chez lui, c'est que on sent quelqu'un qui met la liberté du peuple très haut aussi, tu vois. Là on retombe sur l'autre intention, qui est la balance entre liberté et sécurité. Là où Satomas et Nakazel voulaient cadenasser tout ça, Erebor voulait le rendre libre. C'est pour ça qu'ils se rebellent aussi. Ils se rebellent à la fois parce qu'ils n'ont pas du tout la même vision des différences, et aussi parce que la vision de Satomas et Nakazel est extrêmement castratrice. Castratrice dans l'idée.
C'est un personnage que tu peux aimer ou détester. Je pense que la plupart le détesteront parce qu'il tue Mel, quand même, je le répète. Mais Mel est un personnage important, Mel est un personnage qu'on adore, et il la tue, quoi. Mais dans le fond, est-ce qu'il n'aborde pas des sujets philosophiques intéressants ? Et là ça rejoint aussi tout le sujet autour de Démiurge, puisqu'il porte la même chose. C'est : peut-on écouter un méchant parler ? Un méchant peut-il dire des choses suffisamment intéressantes pour qu'on ait envie de l'écouter et de le croire ? Et ça, et ça, et ça, j'ai pas la réponse, en fait, c'est surtout ça. Donc j'ai hâte de retrouver Erebor dans le tome 3 pour voir où il va m'emmener. Voilà.
Et qu'est-ce que j'ai dû accepter ? Ben justement, accepter cette partie méchante de moi, quelque part. Méchante au sens, bon, voilà, qui assume totalement ses propositions au risque de… de tuer des gens, quoi. Évidemment ne faites pas ça dans la vraie vie, c'est pas de soi.
Il a autre chose aussi, Erebor, c'est que c'est celui qui a le mieux compris le système magique. Il arrive à le démêler, il est parfaitement adroit et habile dans… dans le monde magique. Au moment où Baltem et Ulrock affronte Erebor, ils sont liés par la magie mais avec un raccourci, ce qui fait que Erebor comprend tout de suite ça et arrive très facilement à démêler leur union et à les battre. En fait, Erebor va forcer Baltem et Ulrock à… à pousser leur travail et à vraiment aller dans leur dernier retranchement, pour aller vraiment questionner leur rapport à leur propre différence, et vraiment embrasser, s'embrasser tous les deux, quoi, ne faire plus qu'un, et ne pas… ne pas s'unir par raccourci mais s'unir vraiment parce qu'ils en ont profondément envie. Et ça, ça va être le vrai challenge du tome 3, c'est passer d'une union nécessaire à une union par envie. On a, on ira adresser cette troisième strata du rapport aux différences.
Et c'est en ça qu'Erebor est important, parce qu'il représente le dernier test de : est-ce que Baltem et Ulrock feront le travail suffisant pour évoluer et enfin accepter pleinement le fait que oui, ils ont besoin de la différence ? Et Erebor porte quelque part en lui sa propre limite, c'est-à-dire que il est tellement fort et il comprend tellement le système magique qu'il va obliger nos deux héros à se connecter pleinement à ce que lui-même redoute, à savoir un monde où les différences ne font plus qu'une et où elles ne sont pas séparées. C'est ça que je trouve passionnant dans le personnage d'Erebor. Voilà.
Et s'il disait quelque chose à quelqu'un qui écrit aujourd'hui, Erebor, il disait : oser écrire les personnages méchants, et même les choses que vous pensez quelque part pas normal, tu vois. Ça ne me viendrait pas à l'esprit, dans la vraie vie, de tenir un discours, de dire : nous allons séparer les gens différents pour qu'ils puissent être parfaitement incarnés et uniques. Non. Par contre, m'autoriser à développer ce personnage dans cet univers de fantasy, c'est extrêmement important, parce que ça permet vraiment d'asseoir cette réflexion du rapport aux différences.
Ok, nos derniers personnages. Alors, Toli est un peu à part, parce que Toli, c'est, je pense, un de mes personnages favoris. Alors je réfléchis, je pense que je peux les trier tout de suite. Bon, Baltem, c'est celui qui m'a très clairement mis la plus grosse claque, sans aucun doute. Ulrock, bah ouais. Putain, en fait c'est ça qui va être dur. Bon, je vais quand même les trier comme ça, parce que on va forcément les trier. Toli, il y a ici je pense, et Mel je peux la mettre ici. Ouais, voilà. Alors, et là je regarde quand j'ai la liste comme ça. Ouais, ça me va, en vrai. Je pense que je pourrais… non, j'aime bien comme ça. Ok.
Toli. Je vais vous lire les deux passages que j'ai écrit sur lui. Le premier : qu'est-ce que j'aime Toli, le petit génie des chiffres. Outre l'aspect crucial qu'il a et aura dans l'histoire, c'est surtout le message subtil qu'il envoie à Baltem que j'aime. Il semblerait que ce qui nous rassemble peut être autre chose que le peuple auquel on appartient. Ça peut être une passion, par exemple. Il est aussi le personnage qui explique au lecteur les subtilités de la magie de Karnoa, et il y en a presque autant que de règles et d'exception dans la grammaire et conjugaison française. C'est faux, petite vanne, parce que je suis vraiment très drôle. Bon. Petit bear à lunettes préférées, vive les statistiques, les mathématiques, tout ce qui permet à l'ingéniosité de Toli de rayonner. Sans lui, ses réflexions et son pragmatisme froid et rationnel, le petit groupe aurait continué à faire du surplace pendant longtemps. Déjà que j'aime qu'il se déride et oser moquerie, le sarcasme. Finalement, chacun mène son combat, c'est ça qui fait l'énergie ascendant d'un groupe. Tout le monde a des faiblesses, mais les forces de chacun des membres permettent de les accepter et de les combler.
C'est pour ça qu'il devait, qu'il devait être là pour le combat final. Parce qu'évidemment il est là pour le combat final, alors que dans le fond c'est pas un guerrier, c'est un… c'est pas un magicien, il est juste très intelligent et très fort en mathématiques et en statistiques. Toli est un Sheldon Cooper, quelque part. J'exagère, c'est juste le personnage intelligent du groupe, qui a des caractéristiques parfois un petit peu autistiques peut-être, il comprend pas très bien sarcasme. C'est évidemment un grand… quelque chose que j'apprécie énormément dans The Big Bang Theory, et Sheldon justement, toute cette vanne continue autour du sarcasme.
J'aime tout simplement Toli parce que il représente le côté un peu geek imaginaire que j'ai dans ma tête, cette personne un peu asociale qui est capable de rester dans sa chambre pendant des heures à faire juste ce qu'il aime. Il a aussi cette déconnexion profonde aux personnes qu'il a en face, et ce qui l'intéresse c'est les sujets que cette personne porte. Au moment où il doit faire des binômes, il s'en fout que la personne avec qui il travaille soit un bear ou un bull, il voit juste qu'il est en binôme avec quelqu'un qui aime autant les statistiques que lui. Au-delà de ça, c'est en plus effectivement tout le personnage qui porte la compréhension du monde magique, qui permet cette compréhension du monde magique. Et il est absolument exceptionnel, Toli.
Et plus j'en parle, plus j'ai envie de le mettre en S tier, mais sinon je vais mettre à la fin tout le monde en S tier. Et c'est ça qui est cool, effectivement. C'est que, hop, j'ai poussé la caméra, super. C'est ça qui est cool aussi à la fin, c'est que Toli se déride énormément et prouve que chacun évolue à son rythme. Et c'était une notion que je voulais absolument qu'on voit dans ce livre, c'est cette notion que l'individu entraîne le groupe qui entraîne l'individu, etc. etc. etc. Notre petit groupe, il y a Mel, Toli, Baltem et Ulrock, forme un groupe où chacun pousse les qualités des autres, et je trouve ça génial.
Donc voilà, voilà ce que… ce qu'il est pour moi, Toli. Il est cette partie geekos un peu asociale et un peu bisu, que parfois on a du mal à assumer dans notre vie, et parfois de laquelle les gens peuvent se moquer. Il est cet intello absolument hyper précieux pour la réussite d'un projet. Il porte quelque part la vengeance de l'intello que je pouvais être en étant petit. Voilà, je pense qu'il est le mec cool que devraient être les intellos, tu vois. Je suis obligé de le mettre au-dessus, en fait. Je l'aime trop, je l'aime trop. Je pense que je vais juste descendre Erebor, en vrai, j'essaie de garder un peu de rationalité quand même. En vrai je vais descendre Jarod et Hector, comme ça. Voilà. Ouais, rendons, rendons aux intellos leurs lettres de noblesse, tu vois. Putain, qu'est-ce que j'aime Toli, vraiment, vous imaginez pas. Il est tellement important dans le tome 2, en plus. Voilà. Putain, j'aime trop Toli.
Ensuite, on va faire Ilia, tiens. Ilia est la douceur et l'optimisme incarné. Cela n'empêche qu'elle ne se laisse pas faire lorsqu'elle pense que quelqu'un se trompe de combat. Ilia s'est construite en opposition avec son père, elle est à l'extrême contraire, et elle se battra pour que les bears et les bulls se libèrent de l'étreinte éthérée du passé. Le plus dur pour elle, c'est probablement de voir qu'aucun bear n'est sensible à ses arguments rationnels, alors qu'eux-mêmes prônent le fait que c'est ce qui fait leur force par rapport aux bulls. Elle aussi est confrontée à un choc entre ses croyances et la réalité. À la fin, tout ça n'est-il pas un peu utopiste ? Ilia paye sûrement son utopisme, on ne l'écoute pas tout le temps, et pas quand il faut. démiurge à naviguer avec une certaine habileté, lui faisant lâcher la corde au moment où elle aurait dû tirer dessus. Elle a un courage incommensurable, celui de dire ce qu'elle pense alors que personne n'est d'accord, celui de partager ce qu'elle ressent, celui de soutenir tout le monde, de donner sans attendre de recevoir. Ilia obtiendra-t-elle ce qu'elle veut ? Encore faut-il qu'elle sache ce que c'est.
Ilia, elle représente cet utopisme dans le combat. Ilia, elle rêverait que le monde soit un monde de bisounours, où tout le monde se rend compte que la différence c'est cool, et que voilà, et qu'il n'y a pas besoin de se taper dessus, il n'y a pas besoin de travailler, il n'y a pas besoin, voilà, juste on se rend compte que tout le monde il est beau, il est gentil, et tout le monde se fait des bisous. C'est pour ça qu'elle est profondément choquée quand elle voit les actes de Démiurge, et c'est pour ça qu'elle a énormément de mal à parler de son père, qui lui s'enferme profondément dans ce rapport haineux et destructeur. C'est pour ça qu'elle se construit en opposition à ça et qu'elle développe cet utopisme.
Néanmoins, elle est extrêmement forte et extrêmement courageuse, parce que dès le tome 1 elle, elle engueule Baltem quand elle voit qu'il se trompe de combat, à savoir de dire que c'est les bulls le problème. C'est la seule à dire qu'elle trouve Démiurge louche dans le premier tome, mais aussi dans le deuxième, bien avant que tout le monde se rende compte que oui, il est louche. Elle paye malheureusement un peu son utopisme et les gens l'écoutent pas forcément, peut-être pour les mauvaises raisons d'ailleurs, mais la finalité c'est que les gens l'écoutent pas, en fait. Malgré ça, elle continue à dire ce qu'elle pense, et jamais elle ne plaît, elle ne cède à la pression populaire.
Et je pense que c'est ça qu'Ilia m'a appris sur moi profondément, c'est que assumer les messages qu'on porte, c'est extrêmement important. Assumer l'authenticité qu'on a envie de partager aux gens, c'est extrêmement important. C'est pour ça qu'aujourd'hui j'arrive beaucoup plus à dire, par exemple, que ceux qui vous diront que écrire un livre avec l'IA en 30 jours c'est cool, bah je I am sceptique. Je dis pas qu'ils font du mauvais travail, je n'en sais rien, mais à mon sens ça porte pas la valeur transformatoire qu'est l'écriture. C'est pour ça que maintenant je parle plus librement d'IA aussi, c'est pour ça que plein de choses, en fait. Parce qu'Ilia m'a fait traverser ce truc de : en fait, être authentique c'est cool, dire ce qu'on pense c'est cool, et rester dans ne rien dire comme les Baltem justement, c'est pas cool.
Elle porte évidemment cette intention des différences, et elle porte aussi l'histoire d'amour, parce qu'évidemment il y a quand même une pseudo histoire d'amour. C'est très très léger, mais bon, si je dois vous la faire en rapide : Ilia est amoureuse de Baltem, Baltem est amoureux de Mel mais l'avoue pas, et Mel, on sait pas trop, tu vois. Mais voilà, Ilia représente aussi ce courage, dans le deuxième tome, de dire à Baltem qu'elle est amoureuse de lui, qu'elle sait que… qu'il ne l'aime pas, et qu'elle est ok avec, et que voilà, elle avait juste besoin de se libérer de ça. Et c'est tellement un truc que j'ai jamais eu le courage de faire, que je suis profondément admiratif d'Ilia, tu vois. Et là, en parlant de ça, j'ai envie de la mettre en S tier aussi, pour tout ce qu'elle représente, tu vois. Elle a un courage que j'aurais aimé avoir toute ma vie.
Voilà. Et vous voyez, c'est ça qui est fou, c'est que t'écris des personnages qui répondent à une intention dans un monde fantasy, et ces personnages portent des trucs tellement, tellement précieux. Il y apporte le courage que j'aurais aimé avoir toute ma vie, de dire ce que je pense sur tous les sujets, tu vois, et de le dire avec un certain flègme, et toujours un contexte qui fait que tu deviens insensible à ce qu'on peut te rétorquer. Parce que oui, t'auras des gens pas d'accord, mais des gens qui ne feront pas forcément attention au contexte, ou des gens qui portent de toute manière pas les mêmes valeurs que toi, ou des gens tout simplement à qui t'as pas envie de parler, tu vois. Et j'adore qu'Ilia ait ce courage. Ouais, c'est, c'est magnifique. Ça, je le voyais pas, je crois, chez moi. Ouais, c'est dur de dire qu'on manque de courage, parfois. Ilia l'a appris. Oh putain, elle est trop forte, mais j'ai envie de la mettre en S tier, en fait. Je suis obligé de la mettre, je suis obligé de la mettre au-dessus. Les gars, je suis désolé, en fait tous les personnages principaux sont au-dessus, mais forcément, c'est eux qui m'ont le plus transformé. En vrai, en vrai, c'est une tier list, et c'est surtout un prétexte pour vous parler des transformations qu'ont les personnages.
Ok, il nous reste Ulrock et Mel. Allez, je fais Ulrock, mais les Baltem. Putain, ça fait combien de temps que je parle ? Quasiment deux heures. Il faut que je branche la caméra, je reviens. Vous le voyez pas, mais Voltaire, qui se remue derrière, il frétille, il est trop trop mignon. Allez hop, je coupe cette musique de son, j'écoutais plus rien.
Bon, allez, on fait Ulrock. Tac. Ulrock est imbuvable au début et dépeint les clichés que l'on peut avoir des bulls. Évidemment, il s'adoucit quand on le voit en court et assidu, à croire que les clichés peuvent avoir une grande part d'exagération. J'aime beaucoup la direction que prend la relation entre Baltem et Ulrock, notamment lorsqu'un adversaire commun pointe le bout de son nez. Quand vous êtes plongé dans un noir qui menace de vous tuer, qu'importe que la personne qui se tient à côté de vous ait des cornes ou des griffes : la seule chose que vous voyez véritablement, c'est qu'il est là avec vous.
Évidemment, évidemment, c'est profondément ça que portent les preuves que vivent Ulrock et Baltem. C'est de se rendre compte que en fait, se battre contre les différences, c'est bien quand t'as rien de mieux à faire. Il y a ça aussi dans tout ce rapport aux différences. Pourquoi c'est si important pour nous ? Est-ce qu'il n'y a pas plus urgent que de se battre sur ces différences-là ?
Deuxième tome. Il m'apparaît que nous ne connaissons que très peu Ulrock, étant donné qu'on l'observe en permanence depuis les yeux de Baltem l'aveugle. Baltem l'aveugle étant le surnom que lui donne Ilia. Elle lui donne ce surnom-là évidemment par rapport au sentiment qu'il ne s'avoue pas par rapport à Mel. Ulrock a cette espièglerie agaçante, celle dont je vous parlais qu'a Melchior aussi, qui représente un trait que j'ai toujours admiré chez beaucoup de mes amis, notamment Théo dont je vous parlais, et que j'aime aussi moi-même avoir. Et, et encore une fois, cette espièglerie qui, quand elle disparaît, en dit long sur ce que le personnage traverse. Il a cette ingéniosité curieuse et cette assurance troublante. Il semble atteint, mais différemment. Lui à qui on a tant enseigné à foncer se retrouve bien à l'arrêt, à croire que l'esprit est un refuge confortable quand nos peurs nous saisissent et nous enserrent.
Oui. Ulrock, et je vais vous le dire directement, Ulrock est quelqu'un de très instinctif, de très porté sur le corps et l'action. J'ai toujours rêvé d'être comme ça. Je le suis que depuis très peu, et au prix de tellement de travail sur moi. C'est ça que Ulrock m'a profondément appris. J'ai remarqué que j'étais extrêmement Baltem et pas du tout Ulrock, alors que je pensais le contraire, notamment au début. Ouais. Ulrock représente une partie de moi que j'ai envie d'entretenir : ce côté espiègle, gentil, ce côté challengeant, ce côté drôle, ce côté charmeur et charmant, ce côté tourné vers l'action.
Et c'est marrant, parce que c'est un personnage que j'ai à la fois l'impression de profondément connaître, mais pas tout à fait. Et je pense que dans le fond, c'est pas un hasard que, à la fin, de manière totalement inconsciente, j'ai choisi de raconter l'histoire du point de vue de Baltem seulement et pas de Baltem et Ulrock. Parce que je pense qu'en fait je n'avais pas encore exploré parfaitement qui était Ulrock dans la vraie vie, et donc je ne me sentais pas capable, ou pas en capacité plutôt, de décrire du point de vue d'Ulrock. Naturellement, maintenant les points de vue s'ouvrent, et évidemment dans le tome 3 j'ai envie d'écrire du point de vue d'Ulrock. Mais avec tout le travail récent et tout ce que j'ai pu vivre récemment dans ma vie, je me sens bien plus en capacité d'écrire Ulrock.
Ce qui est fou, c'est que quand j'ai commencé à écrire ce livre, je ne pensais pas être capable de le faire, et d'ailleurs ça ne m'a même pas traversé l'esprit, et je me suis tout de suite tourné vers : je vais l'écrire du point de vue de Baltem. Et maintenant je me dis : non mais en fait, avec tout ce que j'ai vécu, c'est bon, je suis capable de le faire. Si je n'avais pas écrit ce premier livre, je ne serais jamais devenu en partie celui de Ulrock, et je n'aurais jamais été en capacité d'écrire ce troisième tome en partie du point de vue de ce nouveau Ulrock. Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire, mais l'écriture de ce premier livre m'a tellement profondément transformé que je suis capable d'écrire un livre que je n'aurais jamais été capable d'écrire au début. Je trouve ça absolument magnifique, et Ulrock porte ça.
L'orgueil, la perte, le deuil
Voilà, c'est tout ce que j'ai à dire principalement sur ce personnage. Il est très représentatif de… d'une partie de moi que j'ai toujours eu envie d'être, ou toujours eu envie d'assumer, et qui m'a demandé énormément de travail et d'efforts et de petits pas pour devenir. Et tout ça s'incarne dans le fait que je n'ai pas écrit de son point de vue pour l'instant, et que maintenant je me sens en capacité de le faire, et je vais le faire dans le top 3. Je trouve ça génial. Vous voyez, il y a vraiment une matière hyper intéressante derrière l'analyse de ces personnages-là.
Mel. J'adore Mel. C'est une personnalité dynamitante, et pourtant elle instaure un équilibre dans la relation de Baltem et Ulrock, qui sinon se serait étripée. Elle est probablement le personnage secondaire qui a le plus compris comment fonctionne le monde et comment il devait être. Elle réfute ce que pensent Ulrock et Baltem, mais n'a pas d'idéal de paix comme Ilia ou d'objectif mathématique comme Toli. Elle est une fondation solide du protégroupe qui se forme tout au long de l'histoire. Mel est l'équilibre du spectre sur lequel se situe l'une des intentions de cette trilogie, celle des différences. Elle n'a pas l'espoir utopique d'Ilia ni l'aveugle colère de la plupart des bulls et des bears. Toute sa personne s'est construite autour de ça, événement après événement. Le déroulement lui donne raison, renforçant sa confiance en elle et en ses idéaux. C'est pour ça que ça ne pouvait pas se terminer autrement : la nuit se nourrit de l'arrogance qui brille trop fort. J'ai aimé écrire les passages de sa courte excursion avec Bjorn et Garrick. Pourquoi ?
Parce que l'amitié a ce petit truc en plus qui me touche. Et plus que tout, parce que ça lui a donné cette dernière confirmation qu'elle avait raison de croire au changement, cette dernière impulsion de confiance contre laquelle Garrick la met en garde, qui lui coûtera de ne plus voir le soleil se lever. J'ai des frissons.
Il y a tellement de choses à dire sur Mel. Elle est effectivement cet équilibre dynamitant dans le groupe. Le groupe n'aurait jamais vu le jour si Mel n'avait pas été là. Baltem et Ulrock se ferait expulser de l'académie si elle n'avait pas été là. Et c'est celle qui a le plus travaillé sur elle, et celle qui du coup transmet le plus d'informations, en fait, parce qu'elle est beaucoup plus avancée. Vous voyez, le principal problème d'Ilia, c'est qu'elle n'a pas résolu le problème avec son père, et donc elle est dans une incapacité de se détacher du profond utopisme dans lequel elle vit. Comme elle n'a pas travaillé sur ce rapport à son père, elle n'est pas en capacité, ou elle ne s'autorise pas, à aller tout simplement questionner ses idéaux. Mel a fait ce travail-là, et donc est capable de le faire, pardon.
Et c'est aussi, en fait, c'est ça qui est, qui est terriblement triste dans le fait qu'elle meurt à la fin. C'est que quelque part, elle avait compris plus que les autres, mais finalement ça ne suffit pas toujours, et la vie est injuste, et on n'a pas besoin de demander à la vie d'être juste parce qu'elle est juste la vie. Et vous savez, je suis vraiment au premier degré de toucher, parce que c'est vrai que… Et ça, d'ailleurs, je remercie Ingrid qui avait bêta-lu, j'ai écrit un roman, qui avait bêta-lu mon texte et qui m'avait dit : Mel a un peu ce syndrome du Superman. Et c'est vrai qu'elle l'avait au début, et en fait j'ai du coup pris le pas de dire : en fait ce syndrome du Superman, elle doit l'avoir, mais il doit être atténué et mis à la bonne métrique. Et cette arrogance qu'elle développe, cette confiance ultime qu'elle a en elle, finalement lui coûte la vie à un moment, puisqu'elle ne fait plus qu'embrasser ça sans se faire attention à l'extérieur.
Et je trouvais ça intéressant que ça soit Garrick qui la mène, qui la prévienne, parce que Garrick est un personnage qui change grâce à elle. Garrick prend conscience que tous les bulls ne sont pas des connards quand il découvre Mel lors de leur excursion, et j'aime beaucoup ça, le fait qu'il essaie de lui renvoyer l'appareil. Mais comme il n'est pas forcément adroit, et comme Mel est très arrogante et très sûre d'elle, elle ne fait pas forcément attention au message de gens qu'elle a aidé, comme si elle avait cette posture un peu d'autorité qui lui autorise de ne pas prendre en compte la parole de ceux qu'elle pense moins avancer, tu vois. Elle pêche par orgueil, quelque part.
Et puis, au-delà de ça, Mel c'est l'amoureuse de Baltem, et je crois qu'elle représente… et là je vous fais un partage extrêmement personnel, mais Mel représente un peu tout ce que j'admire chez quelqu'un. Ouais, elle, elle a ce côté : ok, j'ai travaillé sur moi, je connais mes forces et mes faiblesses, je suis sûr de moi, j'ose dire les choses. Je sais pas, elle est hyper touchante, Mel, elle est hyper touchante. Et elle incarne avec une grande profondeur l'aspect du déterminisme, parce que elle est pas dans la prophétie, elle, mais ce sont tous ces choix qui conduisent nos héros à arriver là où ils sont à la fin. Et sans elle, alors qu'elle est pas dans la prophétie, elle vint le déterminisme, en fait. Je trouve ça génial.
Putain, c'est beau. En vrai, je suis toujours premier degré hyper triste quand je repense à sa mort à la fin. Mais peut-être parce qu'en fait je suis très Baltem, comme je vais vous le partager juste après. Mais Baltem étant amoureux de Mel, là, je crois que quelque part moi aussi, quand Baltem doit faire son deuil, je dois le faire, le mien aussi. C'est peut-être pour ça que je sais que ça va être extrêmement dur d'écrire tout ça, parce que peut-être que ça va me renvoyer à mes propres deuils à moi, vous voyez. Là j'identifie un point qui va être challengeant pour la suite.
Parce que volontairement, je fais la transition un peu sur Baltem. Mais Baltem est quelqu'un de très secret, qui… pas secret par volonté, mais par construction. Il subit beaucoup ses propres secrets, en fait. Il a du mal à s'exprimer, il a du mal à mettre des mots sur ses émotions, sur ses peurs, et déjà à la fin il a du beaucoup de mal à dire que « mais elle est morte ». Et mais il va devoir le dire, il va devoir le dire, et il va devoir faire face à ça. Et rien que d'y penser !
ça va être compliqué. Parce que moi-même, c'est des choses que j'ai pas forcément toujours eu la bonne capacité à faire, de faire le deuil. Et putain, je sens que ça va être challengeant, ça, je sens que ça va être challengeant. C'est pour ça que je sens que j'ai profondément besoin d'écrire ce que Baltem va ressentir sur la mort de Mel, et sur comment cette mort va l'accompagner dans la suite de son histoire. Parce que c'est plus ça, en fait, qui est très intéressant aussi, c'est comment ça va nourrir l'histoire.
Parce que c'est aussi porté par ce rapport aux différences, ce truc de Baltem, l'aimer profondément mais elle était différente, et du coup il avait cette pression sociale de dire : non mais je ne peux pas l'aimer, elle est différente et personne ne va m'accepter, à moi. Et vous voyez, c'est vraiment une manière de mettre son propre bonheur dans les mains d'autrui, et, parce que ces autrui penseront quelque chose de ce que tu vas faire, ne pas embrasser pleinement ce bonheur, tu vois. Et Baltem ose dire qu'il est amoureux de Mel que quand elle est morte, parce que, une fois qu'elle est morte, bah il ne peut plus lui dire, donc il ne peut pas échouer, et donc il ne peut pas se confronter, il n'a pas ce problème de se confronter au regard des autres. C'est terrible, ce que je raconte, mais c'est vraiment pour ça que c'est terriblement touchant. Et tout ça, ça parle de mon rapport aussi à tout ça, tu vois. Et, et putain, c'est terrible, c'est terrible.
En fait, j'étais Baltem
Sacré Baltem, il est où, ce petit Baltem ? Je vais sûrement reparler de Mel en parlant de Baltem, mais elle est le dernier by moi, et après je vous laisse. Baltem est l'un des personnages principaux, il est celui par qui l'histoire est racontée, c'est d'ailleurs lui qui nous parle. Je l'aime beaucoup parce qu'il est terriblement imparfait et qu'il a beaucoup de chemin à parcourir. Je crois même qu'il m'a agacé à certains moments. Il est très sûr de lui parce qu'il a une grande admiration pour son père et un profond respect pour l'autorité professorale. Alors quand on lui dit qu'il est le meilleur, il le croit, et la pauvre Ilia n'avait rien demandé. À la fin de ce premier tome, L'Étreinte Éthérée de Démiurge se resserre, et le miroir des certitudes qu'à Baltem commence à se briser. Ce qu'il a toujours voulu, et sur ses certitudes vacillantes, une grande remise en question s'approche pour Baltem, et ce dont il a besoin est sûrement différent de ce qu'il voulait.
Baltem baigne dans un traumatisme, coincé entre l'enclume de ce qu'il a vécu et le marteau de son père et ses croyances. Il se débat sans bouger, réfléchit sans agir, entremêle ce qu'il souhaite démêler. L'immobilisme dans lequel il s'enlise le torture, et il ne retrouve l'euphorie de vivre que lorsque l'aura d'union qu'il bâtit avec Ulrock se répand autour de lui. Quel équilibre trouver entre tête et corps ? Comment plonger dans l'un quand nous n'avons connu que l'autre ? Quant au coeur, ses sentiments me semblent clairs comme de l'eau de roche, et lui seul érige un rempart autour de celle qu'il aime. Où se situe la limite entre gentillesse et lâcheté ?
Bon bah voilà. C'est Baltem, concatène énormément de thématiques qui sont même challengeantes pour moi-même. C'est peut-être la plus grande prise de conscience que j'ai eu pendant l'écriture du deuxième tome. À un moment, je me suis rendu compte qu'en fait j'étais Baltem. Et ça paraît très con dit comme ça, mais jusqu'à ce moment-là je ne pensais pas avoir mis autant de moi dans Baltem. Je savais que j'avais mis moi un peu dans tous les personnages, mais je ne pensais pas que les enjeux de Baltem étaient des enjeux que je connaissais moi-même à l'époque, et des enjeux que je connais encore aujourd'hui. Et je crois que c'est pour ça que j'ai profondément hâte d'écrire ce troisième tome, parce que je vais enfin savoir comment Baltem va se dépatouiller de tout ça. Ça va me donner aussi des clés sur comment me dépatouiller moi-même de tous mes trucs, tu vois. Et ça se, ça se, ça se signifie vraiment dans, dans, dans cette phrase : je l'aime beaucoup parce qu'il est terriblement imparfait, ok, je crois même qu'il m'a agacé à certains moments. Il y a vraiment une opposition clair et nette ici. Et à la fin du premier tome, Baltem m'agacait parce que il me montrait des phases d'un personnage que j'avais pas envie d'être, et inconsciemment je comprenais que j'étais ce personnage. Donc c'était très détestable, de se voir et de se détester, tu vois. Et quand je me suis rendu compte de ça dans le tome 2, ça m'a aussi énormément libéré parce que j'ai pu écrire vraiment avec justesse.
Donc j'ai dû, pour écrire Baltem avec justesse, me confronter à mes propres peurs, me confronter à mes propres blocages. Et il est simple, c'est celui… je l'explique ici, c'est ce que j'ai répété avant : l'équilibre entre la tête et le corps. J'ai grandi très orienté tête. On est drivé très tête en France, dans tous les modèles qu'on peut connaître. Et je suis profondément quelqu'un plutôt du corps, j'ai un instinct plutôt bon je dirais, et j'ai néanmoins toujours backé mes décisions par des mois de réflexion pour arriver à la même conclusion que ce que disait mon instinct le premier jour. Donc vraiment une construction par opposition, en mode : bon ok, t'as une idée de la solution, mais vas-y, prends des mois à construire des arguments rationnels pour t'amener à cette décision, pour nourrir ce fonctionnement par la tête plutôt que de faire confiance à ton corps. C'est délirant, quand je le dis comme ça.
Et Baltem, dans ce deuxième tome, il est comme ça. Il est perpétuellement coincé dans sa tête, il n'arrive pas à s'exprimer, et du coup ça ralentit tout, à la fois lui mais les autres. Et il n'est bousculé, et c'est là que toutes les intentions se regroupent, c'est que en fait il se rend compte qu'il est qu'un pion parce qu'il n'agit pas, parce qu'il est toujours dans l'attente de quelque chose d'autre. Il voit bien qu'Ilia est amoureuse de lui, il voit bien que lui est amoureux de Mel, mais il ne fait rien quand même, ni avec l'une ni avec l'autre. Et il attend qu'Ilia vienne lui dire : écoute, je sais que tu ne m'aimes pas, moi je t'aime mais c'est ok, et je préfère qu'on arrête là et qu'il passe autre chose et qu'on soit juste amis. Et à ce moment-là il dit d'accord, parce qu'en fait il pense la même chose mais il n'a jamais réussi à s'exprimer.
Et le seul moment où il avoue qu'il est amoureux de Mel, d'ailleurs dans le deuxième livre il le dit à moitié, on le comprend entre les lignes mais lui-même n'arrive pas à le dire, c'est-à-dire que ça lui marque, ça lui vient à l'esprit simplement quand elle meurt et quand elle n'est plus là. Il désire quelque chose qu'il veut profondément mais qu'il ne s'autorise pas à avoir, et il accepte ce désir seulement quand il a disparu, quand il est inatteignable. Il y a une très grande peur de l'échec chez Baltem aussi, ce qui le coince et qui l'enlise dans cette torture mentale. Et c'est pour ça qu'il a un petit côté agaçant.
C'est pour ça qu'il n'aime pas Ulrock aussi, parce que Ulrock, il a cette espèce de frivolité, cette espièglerie. Et d'ailleurs Baltem petit à petit commence à emprunter des traits d'Ulrock, à l'inverse Ulrock commence à emprunter des traits de Baltem. C'est aussi tout cet lissage des différences : chacun se nourrit de l'autre sans abandonner sa propre personnalité, évidemment, mais chacun se nourrit de l'autre. Et Baltem devient parfois un petit peu plus espiègle, etc., et notamment avec Mel il y a des moments où il lui fait un peu des vannes et on comprend que… mais toujours sous couvert de vannes, toujours sous couvert de cette espièglerie qui est censée camoufler les vraies émotions et les vrais sentiments.
Voilà, voilà. Baltem est tout simplement le personnage qui m'a mis le plus en difficulté, et c'est quand même paradoxal, parce que c'est le personnage principal et ça me paraissait tellement logique d'écrire à travers lui, parce que c'est peut-être le personnage qui portait le plus de mes propres blocages. Et je vais répondre question par question à ce personnage, parce que c'est vraiment le plus, le plus, le plus fou, quoi.
Qu'est-ce qui t'a poussé à faire naître ce personnage ? Bon bah évidemment, il est le centre de l'histoire. Quel besoin demander à être exploré ? Bah je pense que j'avais ce besoin de me mettre dans les bottes de quelqu'un qui a les mêmes blocages que moi, mais que je sais pas qui est moi, au début notamment. Et donc, à quelle question intérieure ce personnage répondait-il sans que tu saches encore ? Et bah que ne faire que réfléchir, ça n'a aucun sens. Voilà, c'est ça que Baltem m'a permis de répondre, c'est que la réflexion sans l'action qui va derrière, ça n'a aucun sens et c'est extrêmement destructeur. Et ne pas oser partager ce qu'on ressent et ce qu'on pense, et donc rester dans l'inaction, c'est totalement destructeur.
Qu'est-ce que ce personnage t'a révélé sur toi que tu ne voyais pas ? Bah exactement ce que je viens de vous dire, entre plein d'autres choses évidemment. Quel aspect de toi as-tu dû accepter, confronter ou guérir avec l'écriture, pour l'écrire avec justesse ? Bah accepter ça : que parfois moi je m'enfermais trop dans la tête, que parfois moi je n'osais pas dire les choses, que parfois je n'osais pas partager ce désir que je peux ressentir, etc. etc. Et donc, y a-t-il eu des moments où écrire ce personnage t'a mis en difficulté émotionnelle ? Oui, y a des moments où ça m'a profondément bloqué de devoir écrire Baltem, parce que j'avais pas encore mis le doigt sur ce qu'il représentait. Et c'est vraiment quand je m'en suis rendu compte.
Et donc c'est ça qui est très intéressant dans cette écriture aussi, c'est que j'ai eu besoin de savoir, de pas savoir que c'était une partie de moi. Et à un moment ça a été l'inverse, j'ai eu besoin de savoir que c'était une partie de moi. Pour justement, comme si j'avais besoin, sans le savoir, de commencer à faire un pas sur le chemin de la transformation, et au moment où j'étais déjà engagé sur le chemin, de remarquer que c'était mon chemin de transformation, et donc là de prendre conscience de ça et donc de continuer à avancer. C'est ça qui est, c'est ça qui est fou, en fait, c'est que, c'est que j'ai fait avancer Baltem d'un point de vue extérieur en ne sachant pas que c'était moi que je faisais avancer. C'est génial.
Qu'est-ce que ce personnage t'a appris ou permis de traverser ? Bon bah clairement, tous ces blocages liés au fait de partager ce que je pense et ce que je ressens. Et là je parle vraiment à la fois avec mes proches, mais à la fois aussi dans ma posture de coach : oser poser les questions qui parfois me titillent et je me dis : ah mais est-ce qu'elle va pas être trop, trop challengeante ? Mais t'avis, mon Sam, que si t'y penses, qu'elle est pas trop challengeante et que la personne a besoin de l'entendre. C'est ce courage aussi de partager plus tes positions ou ce que tu penses réellement. Je vis la même transformation que Baltem dans l'histoire, en fait, c'est un truc de fou. Alors pas sur tous les points, bien évidemment, mais en partie.
En quoi es-tu différent depuis que tu l'as écrit ? J'ai tellement changé. Mais ce livre s'inscrit aussi dans une transformation plus globale, parce qu'en parallèle de ça j'ai mis des doigts sur des sujets que je suis allé moi-même traiter, que ça soit en coaching ou chez la psy, et ça m'a libéré de fou, et donc ça a aussi libéré mon écriture. Et donc ça, et donc on s'est aidé conjointement avec Baltem : je l'ai aidé à se transformer, il m'a aidé à se transformer. Je l'ai écrit autant qu'il m'a écrit. C'est ça qui est génial.
Si ce personnage pouvait parler à quelqu'un qui traverse la même chose que toi à l'époque, que lui dirait-il ? Je pense que Baltem, là où il en est aujourd'hui, il dirait : frérot, sérieux, arrête de te poser des questions, fonce et ose.
Voilà. Écoutez, ce fut un plaisir de faire cette tier list. Bon, on remarque quand même que les personnages principaux sont quand même très en haut. Je sais pas si je reviendrai sur cette tier list et si je la changerais, mais je l'aime bien comme ça quand même. Ça a été vraiment super enrichissant de faire cet enregistrement. Ça a été super long aussi, mais c'était nécessaire, et ça fera une vidéo très longue, et c'est très cool.
Je vous souhaite une très bonne journée, soirée, bref, au moment où vous êtes dans la journée. Si vous faites partie des gens qui avaient envie d'être spoilés et qui ont envie maintenant de lire ce livre, vous aurez tous les liens en description. Si vous avez des questions, n'hésitez pas, je reste disponible. N'hésitez pas à commenter, à liker, à mettre 5 étoiles au podcast, au livre, bref, n'hésitez pas, parce que c'est ça qui aide profondément, et je vous remercie par avance. On se retrouve très très vite. Je filmerai l'entièreté du processus du tome 3, on en fera des trucs super cool. Vous avez déjà vu la vidéo du process du tome 2, vous avez déjà vu certainement aussi ce petit combat que je fais avec Claude sur qui écrit le mieux. Spoiler, c'est évidemment moi. Et voilà. Sur ce, je vous souhaite le meilleur. Osez écrire. Bisous les copines, et le meilleur.
Ancien ingénieur en sûreté nucléaire, j'ai tout quitté pour l'écriture. J'anime Ose Écrire et j'accompagne les auteurs autour de trois clartés : le rythme, l'identité, l'intention. Toi aussi, tu as un livre qui attend ?