Rarement d'un éclair de génie. Chez Coralie Caujolle, celle du Loup qui te mangera est venue en scrollant. En mai 2024, elle tombe sur un sondage désignant les personnalités les plus détestées de l'année sur internet, avec deux femmes en tête. Le décalage la frappe.
De là germe une question qui ne la lâche plus, et qui devient le moteur du livre. Face à quelqu'un que tout le monde juge parfait sous tous rapports, est-ce que celui ou celle qui accuse a forcément tort ? Et qu'est-ce qu'on appelle une bonne victime ?
Autour de cette question, elle bâtit une famille entière. Un fils aîné arrêté, une fratrie qui partage la même salle de bain sans le moindre lien affectif, des parents qui ont élevé des individus sans jamais élever une famille. Puis un petit dernier de cinq ans qui n'était pas prévu et qui arrive en cours d'écriture pour desserrer l'atmosphère.
Ce que je retiens de sa méthode, c'est la partie de Jenga. Elle glisse en fin de chapitre l'élément qui oblige à relire la scène précédente autrement, pour que le lecteur ne puisse jamais poser les deux pieds. Sa preuve que ça fonctionne : des lecteurs qui lui disent avoir détesté un personnage, puis avoir eu envie de le prendre dans les bras.
Dans cet épisode, on parle aussi du mail de refus qui lui a donné une niaque terrible, du volatile diabolique caché dans chacun de ses romans, et de ce qu'elle a découvert sur son propre texte en l'écrivant.
LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE
CAROUSEL À VENIR
Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.
Face B — le transcript
L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE
Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !
Ose Écrire, épisode 93
Ybelion — Yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans l'épisode 93 d'Ose Écrire, et aujourd'hui j'accueille Coralie, aussi connue sous le nom de Bouquin et Biquette sur Instagram, j'adore ce nom. Bref, on parle de son parcours d'écrivaine, de ses inspirations animales, de la construction de ses romans, mais aussi de son processus créatif, de ses défis, de l'importance du lâcher prise, bref, tout plein de sujets passionnants, je vous laisse avec notre échange, à très vite. Moi, c'est Sam Ybelion de Mon Nom de Plume, je suis écrivain, coach, et j'accompagne celles et ceux qui veulent renouer avec leurs rêves d'écriture. T'écoutes un podcast dont l'intention est simple, te donner inspiration, outils, motivation, discipline, bref, tout ce qui peut te permettre d'oser écrire. En gros, c'est un peu dans le titre quoi, Ose Écrire. Écoute, j'ai envie de commencer par une question parce que ça m'a titillé quand Françoise m'a parlé de toi, c'est le nom, ton nom Instagram, bouquin et biquette, qui m'a fait vachement rigoler, je le trouve super et je voulais savoir pourquoi, enfin pour quelles raisons ce nom et qu'est-ce qu'il y avait derrière ?
Bouquins et biquettes : la chèvre qui voulait être humaine
Coralie Caujolle — À l'origine, quand j'ai ouvert mon compte Instagram, je pense que c'était en 2018, le but c'était de partager les photos que je faisais de mes animaux comme avec ma famille, on a une résidence en Ariège et on a pas mal d'animaux, dont des biquettes. Et en même temps, de partager mes lectures. Donc, bouquins et biquettes étaient venus spontanément. Donc, je postais pas mal de photos d'animaux et de petits récits, alors bien sûr teintés d'anthropomorphisme, sur la vie de mes animaux et de mes chèvres plus particulièrement. À l'époque, j'avais une chèvre qui s'appelait Neige et qui était absolument formidable, qui n'avait pas conscience d'être une chèvre, qui pensait être un humain et dont le but ultime était de passer le portail et de vivre sur la terrasse, de rentrer dans la maison. Donc voilà, je racontais toutes ces petites histoires, les poules, plein d'autres animaux farfelus. Et c'est vrai qu'après, quand j'ai été publiée chez Erol, j'ai gardé ce compte parce que j'avais déjà un petit vivier de lecteurs fidèles qui suivait toutes les aventures des animaux et qui ont été mon premier soutien quand j'ai publié mon premier roman, Monsieur Edgar et les Impatients. Et c'est vrai qu'en cours de route, même chez Erol, on m'a suggéré, tu es sûr, tu veux pas changer ton compte, prendre ton nom. Et non, en fait, voilà, parce que les gens étaient habitués à ça. Et même si maintenant, je prends moins le temps de partager cet aspect-là de ma vie, parce que je suis un petit peu moins en arriage aussi et que la chèvre n'est plus là. Donc ça, on a quand même perdu un gros, gros potentiel. Mais voilà, par fidélité pour mes premiers lecteurs qui même, eux, sont attachés à ce nombre de comptes. Et quand ils me taguent, ils ont l'habitude de commencer à taper bouquins et biquettes. Donc je me suis dit, ça va les embêter plus qu'autre chose. Donc c'est resté.
Ybelion — Moi, je trouve ça génial. Je trouve que ça apporte une petite touche d'authenticité et de particularité. Je ne sais pas pourquoi, mais moi, ça m'a vraiment marqué. Ce nom-là, tu vois, vraiment, je trouve que ça marque et c'est super cool. Tu as amené un sujet juste au début de l'inspiration qu'étaient les animaux pour l'écriture. C'est quelque chose qui me parle beaucoup aussi. À quel point ils t'ont poussé dans ce processus quelque part ? À quel point ils t'inspirent peut-être encore aujourd'hui ? Parce qu'il y a d'ailleurs, il y a le loup dans le titre de ton dernier livre. C'est vrai.
Coralie Caujolle — C'est vrai. Et en fait, alors, j'ai glissé un petit clin d'œil dans Le loup qui te mangera, mais ça s'y prêtait moins que dans mes précédents romans. Mais dans les trois précédents romans, j'ai mis un volatile diabolique en hommage justement à cette partie de ma vie et à ses premiers lecteurs pour qu'ils puissent retrouver un petit quelque chose des origines, de ce qui n'avait plus leur plaire dans ma plume, dans mon ton. Donc voilà, on a un canarie-poule dans Monsieur Edgar et les impatients. On a un jarre diabolique qui est la réincarnation de Demis Roussos dans Bienvenue au Bergeronette. Et un coq qui s'appelle Lucifer dans C'est la mort à la plage.
« Mon roman est né d'un sondage vu en scrollant »
Le volatile diabolique caché dans chaque roman
Ybelion — Putain, c'est génial. Je trouve ça, c'est trop, c'est une bonne petite pâte et ça doit effectivement beaucoup plaire à tes lecteurs de la première heure qui voient ce petit easter egg, ouais. Putain, trop cool.
Coralie Caujolle — Et c'est vrai que voilà, le loup qui se mangera par rapport à ses thématiques, ça se prêtait moins à ce côté un peu boufoque. Mais j'ai appelé la ville Val-Corneille pour qu'on ait quand même un oiseau. Et puis voilà, parce que la Corneille, on dit qu'elle voit le passé, le présent et le futur et ça correspondait bien aux romans. Et voilà, ça fait quand même ce petit clin d'œil.
Ybelion — J'adore ces petites particularités que tu retrouves au fil comme ça des romans et qui, à mon sens, au-delà du style et de la manière qu'a décrire un auteur, font aussi son authenticité. Je parle beaucoup de cette authenticité parce que je trouve que c'est... En tout cas, en écriture, c'est ce qui me touche le plus dans ce que je peux lire. Du coup, tu as commencé à faire le lien avec le loup qui te mangera. Moi, la première question qui me vient, c'est pourquoi ce titre ?
D'où vient le titre « Le loup qui te mangera »
Coralie Caujolle — Ce n'était pas le titre de travail. J'avais un titre de travail qui n'était pas très funky. Mais petit à petit, il y avait quand même ce rapport au compte, à l'enfance, à toutes les choses dont on nous dit de nous méfier quand on est petit. Et donc, voilà, je trouvais que le lien y était. Donc, je tournais autour de ça. L'ouïe est-tu ? Le loup qui te mangera ? J'ai proposé ça à mon éditrice. Et elle me dit, bon, je note le loup qui te mangera. Et on verra par la suite ce qu'on en fera. Et finalement, voilà, c'était... Ce n'était pas un titre qui était une évidence comme ça a pu être le cas pour mes trois précédents romans où j'avais le titre d'entrée de jeu et où on n'a pas modifié. Et je me le suis approprié petit à petit, presque même en tirant finalement le fil du titre pour rajouter des choses dans le roman. Ah, voilà, toujours un annuel qui veut participer.
Ybelion — Voilà, exactement. Oh là là. Il va faire sa vie. C'est le petit... Il voulait mettre sa patte dans l'épisode.
Coralie Caujolle — Mais il a raison. Il a raison. Donc voilà, il y avait ce rapport à la nature, à la forêt aussi qui entoure cette ville de Val-Corneille. Et voilà, n'entrons pas dans les bois tant que le loup n'y est pas. Enfin voilà, il y avait tout ça qui s'est mêlé en cours d'écriture.
Ybelion — Et le rapport aux contes que tu évoques, il se fait dans quelle mesure dans ce livre ?
Coralie Caujolle — C'est vraiment par rapport à la présence des bois qui sont autour du lac où vont aller les adolescents et où ils vont revenir avec une personne en moins. Voilà, dans tous les contes, on a toujours ça, de ne pas entrer dans les bois. On ne sait jamais ce qui peut s'y passer. Mais voilà, est-ce que la menace, elle vient vraiment de ce qui est tapis dans l'obscurité ou de ce qu'on connaît, de ce qui est proche de nous, de ce qui peut être à l'intérieur de la maison, du cercle familial, amical, de tout ce qu'il peut y avoir de rassurant ? Voilà, c'était jouer un petit peu avec cette idée-là de se dire, est-ce que la menace, c'est vraiment là où on le pense, là où on veut nous le faire croire ? Est-ce que ça vient des inconnus ou encore une fois des personnes qui peuvent nous être le plus proche ?
Ybelion — C'est hyper intéressant comme thématique. Et puis, je trouve que ça fait quand même très écho à tout. Alors, sans rentrer dans un débat politique, bien évidemment, mais ça fait très écho à plein de questions qu'on peut se poser aujourd'hui. Tout à fait. Est-ce que c'est... Comment ce thème, il est venu se greffer à l'écriture de ce roman ? Est-ce que c'est... T'avais le thème et tu t'es dit, OK, comment je construis une histoire autour de ce thème ? Ou alors, il est venu naturellement parce que t'avais des idées de personnages ? Quelque part, quel était le processus de création ? J'aurais pu être plus concis sur ma question.
Coralie Caujolle — Non, mais... Alors, c'est parti en fait d'un sondage idiot sur lequel je suis tombée en scrollant sur Instagram. Passion de tous les auteurs, bien évidemment. Donc, on était au mois de mai 2024. Et je tombe donc sur ce sondage qui dit que Meghan Markle et l'actrice Amber Heard étaient les personnalités les plus détestées de l'année sur Internet.
Le sondage Instagram qui a déclenché le roman
Ybelion — Ok.
Coralie Caujolle — Je me dis, dans un monde où Trump et Poutine existent, on met deux femmes en haut du classement et Amber Heard, dont on n'entend plus parler, qui vit comme une recluse, je crois, qu'elle vit en Espagne. Enfin, je veux dire, voilà. On n'entend plus parler de cette actrice depuis le procès contre Johnny Depp. Et c'est elle qu'on met en haut du classement. Donc, je pense à ça. Je pense à, justement, le documentaire sur l'affaire Heard de Depp, la fabrique du mensonge, que je n'ai pas pu regarder en entier tellement ça m'a hérissé. Je me dis, voilà, finalement, face à un homme puissant, une femme aura toujours tort. Mais je tire un petit peu le fil en me demandant, mais est-ce que face à quelqu'un de bien, sous tout rapport, un jeune homme jugé parfait par sa famille, qui peut avoir dans quelques années un côté gendre idéal, parce qu'il fait les bonnes études, parce qu'il a la couleur de peau qui va bien, parce que, voilà, tout est conforme à la norme, est-ce qu'on n'est pas dans la même idée ? Est-ce que quelqu'un qui viendrait l'accuser n'aurait pas tort en tous les cas ? Donc, voilà, c'est parti de cette question-là. Et c'est comme ça qu'assez rapidement, j'ai imaginé cette famille en apparence parfaite, les bouilliers, donc les parents, trois enfants, la jolie maison, classe moyenne supérieure, et ce fils aîné qui est promis un bel avenir, qui va faire de belles études, et qu'on vient arrêter pour le meurtre de sa meilleure amie. Et où on va confronter cette personnalité en apparence parfaite avec celle de la victime. Est-ce que c'était vraiment une bonne victime ?
Famille parfaite et notion de « bonne victime »
Ybelion — Oui, c'est ça, moi, qui m'a marqué dans le résumé tout à l'heure, que je te partageais, là, cette notion de bonne victime, oui. C'est super dur de répondre à cette question, je trouve. Et ça donne envie de découvrir comment tu traites cette thématique dans le livre. Alors, ce que tu m'as partagé, moi, je trouve ça génial, parce que c'est toujours de choses qui, en apparence, paraissent être des broutilles. Tu as un sondage sur Instagram, et puis ça naît vraiment des idées qui prennent corps, et puis, en fait, qui deviennent des vraies histoires passionnantes après. Je trouve ça toujours génial comment les auteurs arrivent à partir de rien et à créer un truc génial. Et moi, quand j'ai lu, là, cet aspect de famille parfaite, alors je ne sais pas si ça te parlera, mais c'est comme ça que ça me vient, moi, ça m'a rappelé Desperate Housewife, et tout le début, notamment avec... Bon, je vais un peu spoiler Desperate Housewife, vous me pardonnerez, ceux qui nous écoutent, mais tout ce rapport qu'il y a avec la famille de Brie, justement, où elle défend plus ou moins son fils, et ça m'a fait... Alors, c'est juste, ça m'a fait écho à ça. Et je me rappelle qu'à l'époque, quand j'avais regardé ça, je m'étais justement posé toutes ces questions sur... Ouais, que... Et je trouve qu'il y avait cette question, alors que tu abordes peut-être pas toi, mais tu vas me dire, du coup, mais cette question de... Est-ce que la place qu'on occupe dans la société influe sur les conséquences de nos actes ? Et sur cette notion d'être une victime ou pas, une bonne victime... Enfin, bref, voilà. Désolé, je pars sur un débat un peu plus philosophique, mais ça m'a fait penser à ça, le résumé de ton livre.
Coralie Caujolle — Mais c'est vrai que Claire, la mère de famille, a un côté un peu brisvante de camp. J'y fais d'ailleurs référence dans les premières pages, parce que c'est une très bonne pâtissière, et voilà, c'est quelque chose qu'elle met en avant, dont elle est fière. Elle est fière de régaler sa famille de bons petits plats, de faire les goûters maison pour ses enfants. Et quelque part, voilà, elle a l'impression d'arriver à la quarantaine et d'avoir coché toutes les cases. Et tout d'un coup, voilà, cette apparence parfaite va venir se fissurer au moment où on vient arrêter son fils en plein repas du dimanche, où tous les plats ont été délicieux, tous les convives ont été ravis de ce bon moment en famille. Et puis tout va s'effriter à ce moment-là. Et c'est vrai, oui, on a ce côté desperitos wives où derrière les jolies maisons, les petites barrières blanches, les petites fleurs bien plantées, il se passe tellement de choses que les spectateurs et les lecteurs n'imaginent pas, tellement de conflits larvés, de choses qu'on met sous le tapis parce qu'on préfère ne pas les voir ou parce qu'on a peur de rompre un équilibre fragile. Voilà où tout tient sur une brèche.
Ybelion — Et quand tu construis, j'ai entendu que tu partais de cette thématique et toi ensuite, quand tu construis cette famille, comment tu fais ? Tu pars d'abord du coupable puis tu construis autour les éléments de la famille qui vont interagir avec ce coupable ou alors ? Je suis curieux de savoir comment tu arrives à construire cette cohérence autour de cette thématique.
Nathan, Roxane, Barnabé : fabriquer une fratrie
Coralie Caujolle — Je t'avoue qu'en fait, j'ai presque envie de dire que c'est venu spontanément. J'avais cette thématique et tout d'un coup, j'avais les deux personnages des adolescents, à savoir Nathan, le fils, qui est accusé du meurtre, et sa sœur Roxane, qui a un an de moins et qui était amie avec la victime. Et j'avais très envie aussi de travailler, d'explorer un peu plus la relation frère-sœur qui était déjà au centre de mon précédent roman de C'est la mort à la plage où on avait un frère et une sœur qui avaient été séparés par les événements, par un deuil, par le départ de l'héroïne qui avait quitté la ville et qui, malgré des années où ils avaient été justement séparés, au moment où ils sont confrontés à l'adversité, la loyauté refait surface et malgré tous les conflits, un lien très fort les unis. Et j'avais envie, avec le loup qui te mangera, finalement de regarder de l'autre côté de la pièce et d'être avec un duo frère-sœur où la loyauté ne va pas de soi, où les parents ont élevé des individus mais n'ont pas élevé une famille. Et de voir si justement, là encore, en les confrontant à un événement exceptionnel, est-ce que la loyauté peut jaillir de ce genre de situation quand on n'a pas réussi à tisser ce lien, quand on vit dans la même maison, quand on partage la même salle de bain mais qu'il n'y a pas d'amour, en réalité. Donc, ces deux personnages sont apparus assez... Voilà, d'entrée de jeu, je les avais tous les deux. Forcément, il leur fallait des parents pour encadrer tout ça. Et par contre, le petit dernier de la famille qui s'appelle Barnabé qui a cinq ans, lui, il est arrivé en cours d'écriture parce que justement, l'atmosphère était tellement étouffante avec ce frère et cette sœur qui ne peuvent pas s'encadrer. ces parents qui ne savent pas forcément bien gérer les conflits et la situation, je voulais apporter un équilibre et remettre un petit peu de douceur, un petit peu de tendresse. Et notamment, comme le personnage de Roxane, la sœur est un peu isolée parce que les parents encensent le frère aîné qui est parfait et qu'elle, c'est un peu le vieux petit canard de la famille. Je ne voulais pas l'isoler autant finalement. je voulais qu'elle ait quand même un point d'ancrage dans cette famille avec ce petit frère. Donc voilà, c'était ensuite pour trouver l'équilibre qui a été ajouté en cours de route.
Ybelion — Je trouve ça... Moi, j'adore la manière dont on parle parce qu'on sent tout de suite le conflit de valeurs qui va toucher forcément le lecteur et chaque lecteur aura sa vision et cette question de la loyauté envers ta famille au regard d'événements qui pourraient venir la bousculer, elle est extrêmement passionnante. C'est l'éternel débat de si ton meilleur ami sonne à ta porte et il te dit j'ai un cadavre dans le coffre là, qu'est-ce qui se passe ? Et il y a de vrais... C'est un vrai débat philosophique. Est-ce qu'il y a une bonne réponse ou une mauvaise réponse ? Je ne sais pas. En fonction de si tu mets la loyauté ou la vérité au lieu de la loi devant. Et ça, j'adore parce que tout de suite, je trouve que ça... Je suis toujours du coup très curieux de découvrir comment l'auteur jongle avec ces valeurs-là pour te conduire à penser quelque chose et puis en fait te mettre face à tes contradictions et puis t'interroger toi-même et à la fin, tu te dis moi, qu'est-ce que j'en pense ? Et ouais, je trouve que c'est super intéressant. super intéressant.
Coralie Caujolle — En tout cas, c'est riche en eaux de tensions qui sont pour un auteur hyper intéressant à explorer, à justement regarder toutes les facettes et c'est un savant jeu d'équilibre, un petit peu comme quand on joue au Jenga et que tout d'un coup, on enlève les pièces. ça remet tout en question. Ça nous confronte effectivement à nous, à nos propres contradictions et ça, c'est super jubilatoire aussi.
Le Jenga du romancier
Ybelion — C'est jubilatoire à quel moment le plus pour toi ?
Coralie Caujolle — Quand justement, je modifie un petit élément ou qu'à la fin du chapitre, j'apporte un élément supplémentaire qui fait revoir toute la scène précédente sous un autre œil. Que les... Voilà, les léches... En fait, c'est un petit peu comme s'il y a un tremblement de terre et on essaie de marcher, de trouver son point d'équilibre et ça tient à rien. Et c'est vrai que voilà, c'est satisfaisant quand des lecteurs reviennent vers moi et me disent « Ah, mais au début, je pensais ça et puis ensuite, je n'ai pas arrêté de te changer d'avis tout au long du roman. J'ai détesté ce personnage et puis par un moment, j'avais envie de lui faire un câlin. Donc, c'est super. Ça veut dire que j'ai bien fait le job. J'ai réussi à montrer toutes les ambiguïtés parce qu'il n'y a pas de... Finalement, il n'y a pas de situation totalement noire ou totalement blanche et le roman, c'est finalement ça qu'il explore. C'est toutes ces zones grises de la loyauté, de la culpabilité.
Ybelion — J'adore l'image que tu as utilisée du Jenga et du tremblement de terre. C'est comme s'il fallait placer le lecteur sur cette espèce de truc un peu instable où il n'est pas capable d'un moment de poser les deux pieds à terre et de dire « Je suis sûr que c'est ça et rien d'autre. » et toujours de le faire un peu bouger comme ça. Comme ça,
Coralie Caujolle — il ne pose pas le livre et il va jusqu'à la fin et il ne nous en sera. Exactement.
Ybelion — C'est tout à fait ça. Tu vois, j'aime beaucoup cette image. Cette idée-là des nœuds de tension que du coup... En tout cas, comme tu l'amènes, je sens que tu le fais très bien. est-ce que ça a toujours été facile pour toi de le faire ou c'est quelque chose par exemple dans ton premier roman qui a été peut-être plus compliqué ou pas du tout ?
Coralie Caujolle — Non. En fait, j'ai l'impression que plus j'avance et plus j'écris et plus c'est compliqué. Parfois, je regrette justement cette innocence et cette absence de questionnement que je pouvais avoir quand j'ai écrit mon premier roman parce que voilà, je n'étais pas édité même si c'était bien sûr le but pour moi mais je n'avais pas, je pense, autant conscience de la place du lecteur que maintenant parce que d'abord, on écrit en premier lieu pour soi. C'est un acte égoïste parce que ça nous fait plaisir, parce que ça nous fait vibrer, parce que c'est notre passion et le lecteur vient dans un second temps. Donc, c'est vrai que finalement, quand j'ai écrit mon premier roman, il y avait une liberté totale, j'avais envie bien sûr que le texte soit plaisant, c'est une comédie, j'avais envie de faire rire les gens mais avant tout, je me faisais rire moi en écrivant des vannes et voilà, c'était freestyle que maintenant, déjà, je n'ai pas envie de décevoir les lecteurs fidèles qui sont là depuis le début, je n'ai pas envie de décevoir non plus ceux qui vont me découvrir avec ce nouveau texte et pour qui ce sera peut-être la seule porte d'entrée et qui ne me donneront peut-être pas une seconde chance. En même temps, j'ai aussi envie d'écrire un texte qui, moi, va me satisfaire pleinement et j'essaie, en tout cas, je pense, de mettre la barre un petit peu plus haut à chaque fois, de me donner de nouveaux défis, de nouvelles contraintes ou d'explorer des choses ou un ton différent. Mais voilà, ça a été un roman, oui, plus compliqué à écrire parce que je ne voulais surtout pas ennuyer le lecteur, je voulais justement qu'il y ait cette tension, qu'il n'ait pas envie de reposer le roman. En termes de structure aussi, ça a été un roman plus compliqué à écrire parce qu'on est sur deux lignes temporelles. On suit à la fois la famille Bouvier au moment de l'arrestation de Nathan et toutes les conséquences que vont entraîner cette arrestation. Et en parallèle, on a la journée où Ambre, donc la jeune fille, est décédée qu'on suit du matin jusqu'au soir où on est au plus près du groupe d'adolescents, de Nathan, de Roxane, de leur doute et où on va remonter donc le fil heure par heure jusqu'au crime. Et il fallait imbriquer ces deux lignes temporelles et je voulais vraiment faire en sorte que justement chaque chapitre quelque part se réponde face écho. Donc, il y avait encore une fois un jeu d'équilibriste. On en revient toujours à ces métaphores-là, mais c'était vraiment ça. Donc, j'avais un grand panneau de liège avec toutes mes scènes en bleu, les scènes de la famille, en orange, les scènes jour du meurtre et par moments des punaises rouges qui signifiaient que là, ces scènes-là, je ne pouvais absolument pas les bouger, que l'une devait suivre l'autre. Donc, c'était des contraintes supplémentaires au niveau du travail éditorial pendant lequel j'ai rajouté quelques scènes pour nourrir un petit peu plus le texte. Mais voilà, il fallait aussi que ces scènes s'imbriquent de manière correcte. Donc, c'était une réelle prise de tête.
Deux lignes temporelles et un panneau de liège
Ybelion — C'était marrant de se dire tout de suite, j'ai l'image des profilers dans les séries américaines, tu sais, qui mettent des fils et des épingles pour tout agencer. Il y a plein de choses que tu as partagées qui sont super là. Déjà, je rebondis rapidement sur ce que tu as amené au début, le fait qu'au début, tu écrivais pour toi et que ça t'a permis aussi de te libérer aussi dans la suite. Pour moi, c'est effectivement notamment quand on a envie de le faire pour soi, de réussir en tout cas à lâcher prise sur le après, les questions d'édition, de vente, de popularité, tout ça, c'est extrêmement parasitant dans un processus quand on le fait pour soi parce que les deux chemins sont totalement différents. Forcément, tu ne peux pas aller à Paris et à Bordeaux en même temps, il faut faire un choix et les deux sont très bons. Simplement, quand on est dans une démarche d'écrire pour soi, autant l'assumer jusqu'au bout et dire, oui, il y a des libertés que je vais prendre et tant mieux parce qu'en fait, c'est ça que j'ai envie d'explorer. Et du coup, après, j'entends aussi que tu es passé dans une démarche vraiment de continuer à dialoguer avec ton lectorat et donc de lui faire honneur quelque part. Et comment tu... Quel conseil tu donnerais à quelqu'un justement pour lâcher prise sur cette pensée qui parfois peut être pesante de mince, il faut que mon texte plaise ? Et là, j'entends quand on est dans une démarche, pas forcément pour soi, mais vraiment dans le but d'être édité et lu, je dirais. Et je ne sais pas si c'est quelque chose sur lequel tu as travaillé ou sur lequel tu as réfléchi, tu vois.
Coralie Caujolle — Oui, j'y ai pensé parce que justement, par moments, c'était paralysant parce que je savais que j'allais proposer un texte qui était beaucoup plus sombre que mes précédents romans, même si pour moi, l'enchaînement entre les quatre, il a une logique. Mais quelqu'un qui lit « Monsieur Edgar et les impatients » et qui passe après au loup qui te mangera, il va se dire que j'ai vraiment eu des problèmes dans ma vie. Il y a un écart considérable. Donc, c'est vrai que j'avais des gros moments de flip où je me disais « Mais non, les gens ne vont pas suivre, les gens vont détester, c'est sombre, tout le monde est malheureux, ça commence mal, au milieu, ils ne sont pas bien, ça ne finit pas forcément bien non plus. » Donc, j'étais dans ces questionnements-là et je crois qu'à un moment donné, c'est important de se remettre au centre du projet, un petit peu égoïstement aussi, se dire « Oui, il y a des lecteurs, mais moi, j'ai envie de proposer ça et d'être conscient qu'il y en a peut-être effectivement qui ne vont pas suivre et je le conçois, c'est effectivement, je propose des choses différentes. Il y en a peut-être aussi des nouveaux qui vont se greffer parce que cette facette-là de mon travail va peut-être plus se les séduire parce que ces thématiques un petit peu plus engagées ça leur parle. Et voilà, de toute façon, en tous les cas, ça ne pourra pas plaire à tout le monde, c'est certain. Mais voilà, en premier lieu, je pense qu'il faut être aligné avec ses propres envies. Donc oui, de dire « Moi, je veux proposer ça. Moi, je veux raconter cette histoire. Je vais vous la raconter comme ça. Je vais faire le maximum pour vous embarquer en proposant la meilleure version possible du texte, selon moi. » Et puis, et après, lâcher prise et accepter. Et finalement, je me rends compte que les gens suivent quand même, peut-être parce que justement, il y a cette sincérité-là dans la démarche de dire « Oui, j'aurais pu choisir la facilité entre guillemets et continuer à vous proposer la même chose et refaire du cosy et écrire la suite de Bienvenue au Bergeronette. Mais moi, j'avais envie d'un challenge et suivez-moi. Et finalement, les gens suivent et je crois que j'ai les meilleurs retours que j'ai jamais eus, tu vois, sur mes quatre romans. Donc, il y a des gens qui viennent me voir à un salon qui me disent « Monsieur Edgar, ça restera mon chouchou, mais celui-là, j'ai adoré. » Je pense qu'on peut conjuguer les deux. C'est génial. On peut conjuguer ses propres envies et emporter le lecteur. On les emportera peut-être pas tous, mais une bonne partie.
Oser un texte plus sombre que les précédents
Ybelion — Il est génial, ton partage, je le trouve hyper précieux parce que c'est… Tu vois, justement, quand tu t'inscris dans cette démarche de lâcher prise que finalement, les lecteurs sont comblés. Et c'est quelque chose d'extrêmement contre-attuitif parce qu'il y a une notion de perte de contrôle quelque part, une notion d'accepter qu'on ne sait pas ce qui va se passer et donc de se remettre au centre. Et effectivement, c'est ça qui est toujours magnifique et c'est ce que tu partages. C'est en faisant ça que finalement, tu as de très bons retours. Et je trouve que c'est un encouragement à vraiment s'autoriser ce lâcher prise. Qu'est-ce qui t'a, toi, aidé à lâcher prise dans l'écriture de ce roman ?
Lâcher prise : on ne contrôle presque rien
Coralie Caujolle — L'envie de retrouver le sommeil principalement. Non, mais oui, voilà, c'est de prendre vraiment conscience que de toute façon, dans l'édition, on n'a pas de contrôle sur grand-chose finalement. Il peut se passer mille choses déjà d'un point de vue du contexte où, ben voilà, le contexte politique, géopolitique, le contexte économique qui fait que les gens ont un peu moins de sous à mettre sur l'achat plaisir et ronnent où ils peuvent. Je pense aussi où il y a quelques années, les gens qui ont eu des sorties littéraires au moment des confinements, il y a tellement d'éléments déjà sur lesquels on n'a pas de prise quand on fait ce métier que je pense que c'est quelque chose qu'il faut vraiment se mettre dans la tête. On ne pourra pas tout contrôler. C'est flippant, c'est désagréable, mais ça fait partie du jeu. de la même façon, quand on écrit, quand on propose un texte, en face de nous, on a des humains et pas des machines, donc ça aussi, on ne peut pas contrôler les réactions des gens, leur amour ou leur désamour. voilà, c'est... Même quand on est quelqu'un comme moi de très anxieux, qui aime bien que tout soit carré, tout soit balisé, il faut accepter cette idée-là parce que sinon, justement, c'est un frein à la créativité et si on pense à tous ces éléments-là, je pense qu'on ne fait plus rien.
Ybelion — Oui, totalement. J'en vois passer beaucoup, parce que c'est justement mon métier, c'est de permettre aux gens justement de surpasser ces blocages et cette anxiété. et effectivement, c'est un vrai frein et un vrai mur. Et quand on s'autorise ce lâcher prise, en fait, on reprend contrôle aussi sur cette anxiété-là et en plus, ça coule sur plein de domaines de vie parce qu'on voit que ce lâcher prise est possible, en l'occurrence, là, en écriture, tu te dis, attends, pourquoi pas aïr aussi ? Et c'est ça qui est génial aussi. À mon sens, c'est tout ce que porte l'écriture, tu vois. Et c'est trop beau. C'est pour ça, osons écrire, toujours, que je finis à chaque fois. Tu m'as partagé les retours que tu avais pu avoir sur le quatrième roman. C'est quel retour qui t'a le plus touché, toi, dans ta carrière d'écrivaine ?
La lectrice de quinze ans qui attendait son tour
Coralie Caujolle — Dernièrement, ça m'est arrivé en salon. Comme d'habitude, je suis derrière ma table, il y a des gens qui passent, j'ai toujours le regard qui virevolte de part et d'autre. En fait, je suis assez au taquet en salon. Et je vois une jeune fille qui regarde vers moi, mais je me dis comment, comme elle est un maître de la table, elle doit être en train d'attendre quelqu'un. Et en fait, non, elle n'attendait pas quelqu'un, elle n'attendait qu'il n'y ait plus personne devant ma table. Elle doit avoir une quinzaine d'années. Et elle arrive et elle me montre le loup qui te mangera. Elle me dit mais j'ai adoré vraiment, c'était super bien. Ça m'a plu, ça m'a tenu en haleine jusqu'à la fin. Et ça m'a vraiment beaucoup touchée parce que je voyais que c'était important pour elle et qu'elle attendait d'être toute seule à ce moment-là, peut-être par timinité, mais pour avoir ce petit instant privilégié, pour venir me partager son enthousiasme. Et en plus de voir une lectrice jeune, ce n'est pas forcément mon cœur de cible, mais c'est vrai que comme il y a des adolescents dans le texte, je pense que ça leur parle aussi. Mais j'ai trouvé ça super chou et super touchant.
Ybelion — C'est génial. C'est génial. Et puis peut-être que ça l'inspirera elle-même dans la table pour écrire à son tour des histoires.
Coralie Caujolle — Oui,
Ybelion — c'est vrai que c'est une chose
Coralie Caujolle — à laquelle je pense souvent quand j'ai des adolescents qui viennent me dire je ne sais pas quels sont leurs rêves, quelles sont leurs aspirations, mais c'est vrai que quand il y en a qui me parlent justement d'écriture ou qui viennent des fois avec les mamans qui disent elle écrit, il écrit, mais il ne l'ose pas en parler et tout et toujours je l'épouche je dis allez-y, vous voyez, il faut y croire. Moi, c'était mon rêve depuis l'âge de 7 ans, donc accroche-toi, c'est possible.
Donc,
si ça peut leur donner une petite dose de confiance en l'avenir et de se dire oui, on peut le faire, ça c'est vrai que c'est toujours des moments super chouettes.
Ybelion — Ah ouais, c'est clair et puis c'est vraiment, parfois c'est une phrase, tu vois, ces échanges en salon souvent c'est assez rapide et pourtant ça peut vraiment marquer quelqu'un quasiment à vie et il peut porter ce message et c'est peut-être ça qui lui donnera toujours cette petite poussée pour oser faire ce dont il a envie et donc bravo et merci quelque part de prendre ce temps parce que moi je crois aussi que c'est en étant petit ça m'a beaucoup touché les auteurs qui prenaient le temps de, je dirais, d'être à l'écoute quelque part et tu dis que c'était un rêve que tu avais depuis sept ans comment ça, comment l'écriture elle est restée dans ta vie depuis ce rêve-là et quel chemin ça a suivi jusque justement en 2018 où tu commences à partager un peu ce que tu écris
Écrivaine depuis l'âge de sept ans
Coralie Caujolle — alors déjà le rêve d'écriture il est d'une manière quand même assez rigolote bon j'étais déjà une grande lectrice mes parents m'ont toujours mis des livres dans les mains alors qu'ils ne sont pas lecteurs pour le coup mais voilà il y avait déjà cette passion des livres et enfin j'étais aussi une grosse consommatrice de dessins animés et je regardais donc les quatre filles du docteur Marsh sur la 5 avec le personnage de Joe Marsh que je trouvais absolument formidable parce que elle montait aux arbres elle tirait la langue à sa tante elle était impertinente c'était la rebelle de service elle me faisait beaucoup rire et elle était écrivain et donc moi dans mon imaginaire de petite fille je me suis dit mais si c'est ça un écrivain mais banco moi je signe en fait et donc c'est à partir de là que j'ai commencé à dire aux gens bah oui non moi je sais plus tard je serai écrivain et ça voilà comme il y avait cet amour des livres des histoires c'est quelque chose qui m'a jamais quitté j'écrivais j'ai plus commencé à écrire je dirais au collège des débuts d'histoire je me souviens j'avais commencé un roman sur un petit cahier Clairefontaine que je faisais circuler c'est à dire j'écrivais le soir et je donnais ensuite aux copines qui me le rendaient pour que j'écrive la suite c'est l'ancêtre de Wattpad
Ybelion — incroyable
Coralie Caujolle — donc voilà j'ai écrit toute mon adolescence mais plein de choses de projets amorcés que j'ai jamais terminé mais ce rêve m'a jamais quitté et ça après je sais pas pourquoi parce que c'est vrai que quand on discute avec des aspirants auteurs ou avec vous avec des collègues aussi il y en a beaucoup qui cachaient ce rêve d'écriture qui vous n'avaient pas forcément en parler que moi j'ai presque porté ça toute ma vie comme un étendard je le mettais sur les feuilles en classe quand on nous demandait quel métier on voulait faire jusqu'à l'entrée au lycée je mettais écrivain jusqu'à ce qu'on me dise bon t'es bien mignonne mais il va peut-être falloir penser à un vrai métier voilà un truc d'adulte mais malgré ça c'est quelque chose dont je parlais très facilement de ce désir d'écriture et je me suis mise vraiment à écrire dans ma vingtaine après avoir fait des études de cinéma je pense que c'est ce qui m'a vraiment donné le déclic et qui m'a permis d'apprendre à structurer un récit justement d'aller au bout de penser en termes d'intrigue de dénouement je pense que voilà à passer des heures à décortiquer des films et des scénarios en cours je pense que ça m'a porté pour vraiment me lancer et donc j'ai écrit un premier roman je devais avoir 25 ans à peu près et j'en ai écrit deux donc avant monsieur Edgar et les impatients et la publication et
Ybelion — alors première question c'est que ce cahier Clairefontaine que tu faisais passer est-ce qu'il existe toujours ou est-ce que tu l'as gardé
Coralie Caujolle — et je sais pas figure-toi il faudrait que je queen dans les cartons dans ma chambre d'ado il faudrait que j'aille voir ça je pense pas que ce c'était pas très bon oui
Ybelion — c'est les débuts quoi mais je trouve ça toujours je trouve ça toujours génial ce ouais on porte ce rêve depuis si longtemps moi je trouve ça hyper inspirant que tu partages que t'es réussi à le porter comme un étendard moi par exemple j'ai pas du tout réussi à faire ça et j'aime beaucoup je trouve que être écrivain c'est un peu se reconnecter à son à son enfant intérieur tu vois je le vois toujours un peu comme cet espace d'hyper liberté où en fait tout redevient possible et où il y a plus du tout de limites à part les intentions que tu peux vouloir mettre dans ce roman quoi et je trouve ça ouais ça c'est ouais j'adore ton partage les livres que t'as écrits avant pardon je vais pas réussir à tenir monsieur Edgar et les impatients si c'est ça c'est ça t'en as fait quelque chose ou quelque part tu les as euh
Les manuscrits refusés et la forêt décimée
Coralie Caujolle — alors euh le premier euh oui enfin j'en ai fait quelque chose j'ai essayé d'en faire quelque chose dans le sens où le premier je pense qu'il a tourné chez tous les éditeurs de Paris euh et à l'époque donc euh bah il fallait envoyer sur papier donc je pense que j'ai décimé une forêt à moi seule et euh péter un PEL en timbre donc euh voilà je l'envoyais un peu partout euh des portes se sont entre ouvertes à l'époque ça c'est pas ça c'est pas concrétisé euh ça a eu ça voilà il y a eu le double effet qui se coule parce que d'un côté bon je me suis dit ok c'est pas c'est mon rêve est pas déconnant c'est possible il y a des gens qui me disent que j'ai du potentiel qu'il y a des qu'il y a des choses et en même temps euh voir la porte sans se trouve sans se trouve sans se trouve rire et se refermer c'était un peu c'était un petit peu rude quoi mais euh bah j'ai continué je me suis dit bon ok ce sera pas ce sera pas celui-ci tant pis donc euh j'en ai j'en ai écrit un second euh et pareil je l'ai je l'ai envoyé un peu partout là où on était un peu plus on était quoi vers 2017 à peu près quand je l'ai eu terminé parce qu'entre temps j'ai fait j'ai fait une thèse en littérature anglaise donc au niveau écriture ça m'a bien occupée
Ybelion — là tu me donnes
Coralie Caujolle — mais c'était très chouette aussi parce que c'était de l'écriture autorisée c'est à dire que là je pouvais être enfermée chez moi toute la journée et dire que j'écrivais et c'est voilà c'était attendu c'était logique et donc j'y ai pas mis moins de soin que si ça avait été un roman parce que parce que ça me faisait kiffer d'écrire toute la journée sur un sujet qui en plus me passionnait donc voilà ça c'est la petite parenthèse et donc voilà ensuite j'ai écrit ce deuxième roman que j'ai pu un petit peu envoyer par mail et laisser les forêts donc tranquilles et là j'avais reçu pas mal de à l'époque je sais pas si les éditeurs font encore ça mais il y avait pas mal d'éditeurs qui renvoyaient vers LibriNova avec un petit code de suivi en disant voilà on le prend pas mais tenté par LibriNova avec notre code comme ça on peut voir un petit peu où vous en êtes et j'avais trouvé ça un petit peu bâtard pour tout se dire comme manière de faire parce que c'était voilà c'était en gros on vous rattrapera si ça marche tout seul j'aimais pas trop la manière de faire et par contre voilà il y a d'autres éditeurs dont Erol qui se sont un petit peu plus mouillés c'est à dire que Erol m'a envoyé un mail de refus absolument adorable pour ce second roman en me dis m'expliquant pourquoi il ne le prenait pas mais que par contre ils avaient aimé mon style et que j'hésite pas à leur envoyer un prochain texte et qu'ils espéraient qu'on aurait l'occasion de travailler ensemble donc voilà j'avais apprécié la démarche et le fait déjà que ce soit aussi quelque chose de personnalisé qu'on prenne le temps de m'expliquer le pourquoi du comment j'étais tout à fait d'accord a posteriori avec les remarques qui étaient faites mais par rapport à ces remarques moi j'étais déjà en fait en train d'écrire Monsieur Edgar et les impatients c'était un projet que j'avais en tête depuis longtemps tu vois qui restait dans mon ordinateur et j'y revenais par moment et là j'en étais arrivée au moment où pour moi c'était mûr c'était le bon moment pour m'y replonger et par rapport donc aux remarques que me faisait l'éditrice je me suis dit mais en fait ça pouvait vraiment coller donc quand j'ai eu terminé monsieur Edgar et les impatients je l'ai envoyé à Aerole en priorité parce que vraiment j'avais apprécié leur manière de faire le côté très humain de la chose donc j'espérais vraiment que ça fonctionne avec eux j'avais envoyé 4-5 éditeurs en plus en me disant bon allez sois pas stupide tu sais pas comment fonctionne ce milieu tu vas pas mettre tous tes oeufs dans le même panier mais au fond de moi vraiment je voulais que ce soit avec Aerole que ça se fasse et voilà ça a été la belle histoire parce qu'ils ont eu un coup de coeur pour monsieur Edgar et voilà et du coup 4 romans ensemble donc comme quoi tu vois d'un échec et d'un refus il peut aussi sortir de belles choses
Le mail de refus qui a tout changé
Ybelion — c'est ce que tu m'avais partagé avant et je trouvais ça génial effectivement de voir que l'échec n'est pas absolu en fait le jeu ne se termine que quand on arrête de jouer et si on continue à jouer on peut avoir une bonne surprise comment on encaisse un refus je dirais presque positif en fait puisque tu as un retour personnalisé qui devait alors j'ai une double question pardon quel est le conseil que tu as retiré de ce retour dire la chose qui tu disais a posteriori je comprends pourquoi on m'a fait ce retour donc qui t'a aidé j'imagine pour la suite et comment on encaisse ce refus finalement
Coralie Caujolle — forcément c'est un refus donc tu as quand même toujours un petit peu voilà je dirais je suis passé à ça aurait pu ça l'a pas fait c'est dommage parce que au moment où t'envoies le texte c'est que t'y crois c'est que tu penses que t'as donné la version la plus aboutie c'était pas le cas c'est ce que grosso modo ce que l'éditrice me disait dans le mail voilà il lui manquait des petites choses pour adhérer aux émotions des uns des autres un côté doux amer qu'elle avait pas forcément dans le dans le enfin qu'elle avait trouvé dans le pitch et qu'elle retrouvait pas forcément dans le texte donc c'est des petites choses que je me suis mise aussi derrière l'oreille pour nourrir monsieur Edgar que j'étais en train de en train d'écrire de me dire bon bah voilà fais en sorte que tes personnages soient enfin soient un peu plus crédibles qu'on comprenne mieux pourquoi ils ressentent ça pourquoi ils réagissent comme ça d'en fait donner un petit peu plus de rondeur au personnage qui bat que de la 2D il passe en 3D en fait
Ybelion — en tout cas
Coralie Caujolle — le refus amené de cette manière là en laissant une porte ouverte moi ça m'a donné une niac terrible parce que je me suis dit bon bah là j'ai une carte à jouer quelqu'un a pris le temps de me répondre je vais et de me laisser cette porte ouverte donc je vais pas laisser passer cette opportunité donc je me suis dit là faut que tu t'arraches faut que tu travailles et que et que parce que t'auras pas forcément une troisième une troisième chance en fait c'est
Encaisser un non sans se perdre
Ybelion — je trouve que c'est une manière très positive aussi de tourner de tourner cet échec parce que effectivement toujours au début ça fait grincer des dents quoi bien sûr j'aime bien toujours le dire un peu en rigolant mais t'as presque un truc un peu égotique de dire comment ça les gens ont pas trouvé mon texte génial je me comprends pas mais exactement
Coralie Caujolle — ils n'ont rien ils n'ont rien compris bien sûr mais on se dit tout et c'est normal et c'est je pense que c'est ce qu'il y a de plus humain voilà parce que parce que quand on écrit voilà on livre quand même on met un peu nos tripes sur la table et tout d'un coup quelqu'un arrive et vient de te dire non en fait on est sur quelque chose d'hyper intime d'hyper personnel et on te dit que ça que ça fonctionne pas donc c'est normal que ça pique un peu donc le premier tu le voilà tu prends un peu à la rigolade machin il n'a rien compris et tout mais c'est vrai que quand ça s'accumule moi j'en ai une pochette je peux tapisser mes toilettes avec des lettres de refus vraiment mais c'est vrai que il est arrivé à un moment donné où ça commençait quand même à piquer où je me posais la question je me suis dit purée voilà t'as ce rêve chevillé au corps depuis l'enfance est-ce que est-ce que tu est-ce que tu vas y arriver mais après je sais pas mon père est arrié-joie donc c'est peut-être ça tu vois le côté un peu bon on pleure je pleure un bon coup et le lendemain de dire bon ben on se remet en selle on travaille parce que parce que c'est pas en pleurant sur son sort qu'on va y arriver mais je pense après qu'il faut garder en tête qu'encore une fois c'est de l'humain c'est des personnes qu'on a en face c'est une rencontre à un moment qui va se faire entre la personne ou le texte et pour X facteur aussi extérieur ça peut ne pas fonctionner il y a un petit il y a un petit facteur chance aussi
Ybelion — bien sûr bien sûr c'est dès que l'extérieur rentre en compte il y a le hasard le timing la chance et oui parfois tu peux écrire le plus beau texte du monde et puis rencontre jamais personne au bon moment c'est pour ça que les intentions de départ elles sont quand même extrêmement importantes et que quand on écrit vraiment pour soi bon c'est important tu vois encore une fois de lâcher prise sur ce sur ce résultat potentiel ou pas et tu parlais des feedback effectivement il y a il y a un truc souvent on a tendance à et tu l'as dit on met nos tripes dans nos textes et donc on mélange un petit peu dans notre esprit notre personne et notre texte les feedbacks qu'on reçoit portent sur notre texte ne disent rien sur nous quelque part oui c'est important
Coralie Caujolle — de garder ça en tête aussi parce que voilà c'est un nom un texte à un moment donné parce que parce que aussi voilà le milieu de l'édition il y a il y a il y a il y a il y a il y a des moments où c'est pas c'est pas ça que les éditeurs cherchent ça rentre aussi c'est quelque chose qu'il faut garder en tête c'est quelque chose qui rentre en ligne de compte aussi c'est voilà des fois ils ont un objectif assez précis ils ont envie de ce type de texte et on arrive avec une proposition qui est différente donc c'est un nom qui porte aussi là dessus mais en aucun cas sur ce qu'on est profondément
Ybelion — exactement
Coralie Caujolle — mais c'est voilà c'est déjà c'est parfois difficile de t'affranchir de ça parce qu'on a on a on a beaucoup d'attentes et c'est normal
Ybelion — exactement l'ambition c'est l'eau de l'ambition aussi les rêves nous poussent chaque jour à faire un petit pas vers son obtention tout en sachant que bah oui peut-être qu'on atteindra pas tout à fait ce qu'on a mais n'enlève en rien en toute la transformation et tout le travail qu'on a vécu pour aller chercher ouais et ouais et tu parlais des tripes qu'on laisse dans nos textes pour revenir du coup sur ton dernier roman est-ce que pendant l'écriture de ce roman t'as eu un moment une sorte de prise de conscience forte de dire putain mais ça ressemble vachement à ce que j'ai pu vivre ou ça porte vraiment beaucoup de moi
Découvrir de qui parlait vraiment le livre
Coralie Caujolle — ouais et on se sent un peu couillon quand ça arrive quand même
Ybelion — ah ouais là le miroir se brise c'est terrible
Coralie Caujolle — en cours d'écriture en fait j'ai pris conscience que je parlais de ma mère en fait dans ce texte que le personnage de Roxane qui est pourtant voilà une adolescente de 15 ans lui ressemblait énormément j'avais mis beaucoup de choses qu'elle avait pu vivre voilà sans en avoir conscience et donc oui je me suis retrouvée là tout d'un coup devant mon ordinateur ah bah mince alors je parle encore de ma mère voilà c'est la petite magie de l'écriture ça aussi quelque chose qu'on ne maîtrise pas ou voilà les choses coulent sans qu'on en ait sans qu'on en ait conscience
Ybelion — ouais c'est j'adore poser cette question parce que je trouve que elle révèle aussi beaucoup de l'authenticité que l'auteur met dans son texte et on se ça permet de se rendre compte que ouais on le fait tous beaucoup et ce moment effectivement où t'es devant et là tu remarques que en fait c'est toi tu fais ah merde et t'as un peu un espèce de ah ouais ok mais j'avais pas prévu ça ouais exactement et c'est par contre je trouve extrêmement libératoire quand tu mets le doigt dessus je trouve que ça c'est comme si tu retirais un boulet à ton pied ou que t'avais les ailes qui se déployaient ou ouais je sais pas j'ai sens je sais pas quelle toi sensation t'as eu mais moi ça m'a fait ça vraiment cette espèce de truc de ah putain c'est bon ce ploi s'est envolé quoi et maintenant je peux explorer vraiment ce que ça veut dire d'être face à cette réalisation
Coralie Caujolle — oui je pense que ça lève une forme de digue en fait dont on avait pas vraiment conscience puisqu'on ne pensait pas parler de ça dans l'écriture on pensait parler d'autre chose mais voilà là aussi je crois qu'il faut être dans l'acceptation de dire ok bon bah d'accord c'est comme ça s'est sorti comme ça et maintenant tirons le fil pour que ça conserve quand même un caractère universel et se dire qu'à travers ce personnage on va peut-être parler à certaines personnes et du coup c'est voilà on revient à des choses qu'on a dit précédemment mais quand des gens sur des retours me disent ah bah le personnage de Roxane m'a beaucoup touchée ah bah moi ça voilà là ça me met des papillons au coeur parce que parce que voilà ça parle de ma maman qui en plus n'est plus là et qui a qui a jamais pu voir me voir réaliser mon rêve donc je me dis bon bah voilà finalement ça sa participation est toujours est toujours bien là bien présente et je lui rends un petit hommage même si c'était pas le but
Ybelion — c'est hyper touchant d'avoir ce petit hommage ce petit ouais ce petit héritage laissé dans ce texte là ça m'a touché moi-même du coup ça m'a renvoyé tu vois justement à cette à cette frise de conscience ça m'a déconnecté quelques secondes il y a une il y a une question que j'aime bien toujours poser sur les livres à la fin c'est qu'est-ce que t'aurais envie de raconter sur le loup qui te mangera qui est peut-être un peu que tu raconterais pas au premier abord ou qui est un peu amusant une anecdote un truc qui ouais qui sort ouais un truc j'ai amusant j'ai un mot en tête mais il vient pas bon voilà je te laisse libre librement partir dans n'importe quel chemin
Coralie Caujolle — alors un petit un petit secret sur le loup qui te mangera ah là qu'est-ce que non j'ai fait une petite boulette en fait il y a un petit anachronisme ah j'adore je m'en suis aperçu on était déjà bien avancé sur le travail éditorial je pense et puis personne l'avait vu je me suis dit je vais le laisser parce que sinon ça impliquait que je que je réécrive pas mal certaines scènes personne m'en a fait la remarque encore pour le moment donc comme quoi des fois ça passe
L'anachronisme que personne n'a vu
Ybelion — ah j'adore c'est vrai c'est je trouve ça génial parce que tu vois ça relâche la notion de perfectionnisme qu'on peut avoir vis-à-vis de nos textes oui les erreurs arrivent à tout le monde il y a des très grands classiques où il y a encore des fans qui se battent pour savoir ce que ça voulait dire ou pas donc c'est moi j'aime bien je trouve que ça donne du sel aussi au texte et peut-être qu'un jour tu croiseras un lecteur qui te dira excuse-moi Coralie j'ai l'impression que et ça sera un petit
Coralie Caujolle — ouais j'adore je sais pas si il voudra pas lui décerner un trophée quoi pour le moment personne m'a vu la légère boulette et non vraiment là j'avoue j'ai fait ma feignasse j'avais pas du tout envie de modifier ce point de détail de toute façon l'important c'est la cohérence
Ybelion — bah bien sûr
Coralie Caujolle — mais par contre je rebondis à ce que tu viens de dire sur voilà si un jour un lecteur vient me voir par contre j'ai fait une petite référence mais vraiment le truc le plus improbable il y a il y a une page en où on je répertorie en fait des commentaires faits sur internet sur voilà sur l'affaire et justement sur la victime voilà plein de plein de commentaires internet et je mets donc les pseudonymes des pseudonymes inventés donc de personnes et dans un des pseudonymes des pseudonymes je fais une référence mais vraiment éclatée au sol comme dit religions voilà excusez-moi je vais avoir 42 ans et voilà je fais référence à une saga de l'été de TF1 mais qui date de l'époque où j'étais en 6ème et je me dis on verra bien et j'ai un victime qui m'envoie un message qui me dit je viens de lire telle page du roman j'ai eu un doute je suis allée chercher sur internet et c'était bien ça il me dit tu as fait donc référence à cette série et je dis mais écoute bravo je dis je ne savais pas si quelqu'un le verrait parce que c'est vraiment mais tiré par les cheveux et il l'a trouvé j'étais tellement reconnaissante et tellement heureuse
Ybelion — vraiment c'est tout ce que j'aime dans les anecdotes autour des romans tu vois c'est trop bien ça pour le coup je trouve que ça tu vois moi ça me renvoie ça me fait toujours penser aux gens qui se demandent si l'IA remplacera les auteurs la réponse est là tu vois non parce que justement ça il n'y a que il n'y a qu'un être humain qui est capable de se dire je vais mettre une référence à une obscure série que je regardais quand j'étais petit et peut-être qu'un jour quelqu'un comprendra et je trouve ça magique c'est trop c'est une super idée j'adore cette anecdote merci pour ce partage
Ce qu'une machine ne pourra jamais reproduire
Coralie Caujolle — cette petite connivence avec le lecteur en plus ça m'a fait plaisir parce que c'est un lecteur qui pareil me suit depuis le tout début qui à chaque fois prend le temps de laisser des commentaires sur Babelio et on sait à quel point c'est précieux pour les auteurs donc voilà en plus ça m'a fait plaisir que ce soit lui qui trouve cette petite référence et qui est ce moment de connivence qu'effectivement une machine ne pourra jamais reproduire ça c'est certain
Ybelion — c'est clair bah écoute moi je trouve que c'est une belle conclusion il est le temps d'aller partir à la chasse aux références dans le livre qui te mangera et de découvrir
Coralie Caujolle — et à l'anachronisme
Ybelion — et à l'anachronisme parce que du coup personne n'a encore trouvé alors on est sur une quête non personne n'avait fait
Coralie Caujolle — mon éditrice elle ne l'a pas vue voilà j'adore
Ybelion — l'éditrice
Coralie Caujolle — l'éditrice
Ybelion — ah c'est Capucine de Lattre voilà c'est ça ouais bah j'ai j'avais reçu Élise aussi qui m'avait dit grand bien de Capucine et de son travail donc bah ouais gros bigueux à Capucine tu viens quand tu veux dans le podcast et tout le monde tout le monde parle de toi en grand bien
Coralie Caujolle — ah bah oui en plus là elle est nommée pour le prix de l'éditrice de l'année donc la team Erol est en feu derrière on fait du lobbying de fou pour Capucine
Ybelion — on peut on peut sincèrement avec tous les tous les retours d'auteurs chez Erol ou chez Solaire qui ont pu travailler avec elle effectivement elle a l'air de faire du très bon travail
Coralie Caujolle — ouais on est chanceuse
Ybelion — et quel je te laisse le mot de conclusion sur Le loup qui te mangera qu'est-ce que t'aurais envie de nous dire pour conclure sur ce livre
Coralie Caujolle — ben voilà c'est un c'est un livre qui a été un vortex émotionnel pour moi à écrire il a il a happé toute mon énergie je pense que j'ai perdu des amis en cours de route donc j'espère qu'en contrepartie gagner des lecteurs en tout cas voilà j'ai mis beaucoup de coeur et d'attention et d'intention aussi et ben voilà j'espère qu'il sera en tout cas peut-être touché les gens qui auront été jusqu'au bout qui nous auront écouté discuter aujourd'hui
Ybelion — ben merci beaucoup Coralie pour tous ces partages autant sur ton processus d'écriture que sur les thématiques que tu peux aborder dans le loup qui te mangera je te souhaite la plus belle réussite avec ce roman et tous les autres qui viendront j'en doute pas et merci beaucoup d'être venu faire tous ces partages qui comme d'habitude je pense sont extrêmement inspirants en tout cas moi m'inspire je ressors toujours de là en me disant je vais peut-être aller écrire moi c'est et donc merci beaucoup pour ce partage avant tout d'énergie
Coralie Caujolle — merci à toi pour l'invitation c'était une discussion forte agréable et puis c'est chouette de se replonger un petit peu dans sa propre trajectoire de mesurer le chemin parcouru c'est toujours intéressant
Ybelion — et ouais parce qu'on en fait du chemin on se rend pas compte mais quand on écrit on en fait du chemin merci beaucoup pour aller