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Pochette de l'épisode 81 du podcast Ose Écrire

ÉPISODE 81AVEC INVITÉ21 JANVIER 202690 MIN

Discussion avec Léo Codh

Clarté · Identitéreprésentation
00:001:29:42

FACE A — LES 20 CHAPITRES · CLIQUE POUR ÉCOUTER

Comment on écrit des personnages qui ne ressemblent pas à nos automatismes ?

CE QUE RACONTE CET ÉPISODE

Léo Codh, tatoueur et auteur sur Wattpad, a trouvé une réponse d'une simplicité redoutable. Il construit d'abord ses personnages comme des idées : leur fonction dans l'histoire, leur arc narratif, leurs liens familiaux. Sans leur donner de genre. Puis il lance un dé. Pairs, ce sont des femmes. Impairs, des hommes.

L'intérêt de la méthode, c'est ce qu'elle déloge. Quand on attribue un genre en premier, tout un paquet de réflexes d'écriture arrive avec, et on ne les a pas choisis. En repoussant la décision à la fin, le personnage existe d'abord pour ce qu'il fait dans l'histoire.

Il écrit un livre par an depuis ses treize ans et travaille en architecte assumé : arcs narratifs, chapitrage, découpage détaillé, puis tous les dialogues écrits comme un scénariste, avec les placements et les entrées de champ. La rédaction n'arrive qu'en toute fin. Sa formule : le but n'est pas d'aller vite, le but est d'y aller et de le faire.

Dans cet épisode, on parle aussi de sa distinction entre le méchant et l'antagoniste, cette personne dont on n'a simplement pas choisi de raconter l'histoire, et du lissage que l'édition impose aux voix singulières. Un éditeur lui a répondu que son histoire était bonne mais qu'il devait changer sa manière d'écrire, alors que c'est exactement ce qui fait rester sa communauté.

LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE

CAROUSEL À VENIR

Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.

Face B — le transcript

L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE

Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !

Bienvenue dans l'épisode 81

Ybelion — Yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans l'épisode 81 d'Ose Écrire, et aujourd'hui, retour des épisodes avec un invité, et j'accueille Léo. Il a un parcours passionnant, et on parle d'écriture, de représentation, et du courage d'assumer sa voix. Bref, je vous laisse avec cet épisode, et je vous dis à très vite. Moi, c'est Sam, Ybelion de mon nom de plume. Je suis écrivain, coach, et j'accompagne celles et ceux qui veulent renouer avec leurs rêves d'écriture. T'écoutes un podcast dont l'intention est simple, te donner inspiration, outils, motivation, discipline, bref, tout ce qui peut te permettre d'oser écrire. En gros, c'est un peu dans le titre, quoi. Ose Écrire. Comme je t'avais dit, c'est Orlan qui m'avait parlé de toi.

Léo Codh — Ouais, c'est une personne que j'aime beaucoup, Orlan. C'est quelqu'un de très bien.

Ybelion — Ouais, bah c'était franchement, c'était passionnant de discuter avec elle. Et quand elle m'a proposé ton nom, en plus, j'ai vu que tu fonctionnais beaucoup aussi avec Wattpad. Et moi, c'est un univers que je connais pas du tout. Et du coup, j'étais d'autant plus curieux de découvrir tout ça. Ah bah trop bien. Voilà. Donc, ravi de t'accueillir, je finirai par ça. Merci. Et j'aurais envie de commencer par te demander, quelque part, comment t'as découvert l'écriture et comment tu t'es, ouais, comment tu t'es, finalement, comment tu t'es lancée ?

Une grand-mère, des mythes et des monstres

Léo Codh — Alors, c'est un peu particulier. Comme tout le monde, comme tous les gens qui écrivent, on n'est pas, un jour, c'est pas réveillant en disant tiens, formidable, je vais y passer deux heures. Wow, trop cool. Je suis ma grand-mère, qui m'a élevée en grande partie, et professeure de littérature.

Ybelion — Trop bien.

Léo Codh — Et professeure de littérature antique, notamment. Elle a fait beaucoup de tout ce qui était latin-grec et elle a été comédienne pendant des années, où elle a joué toutes les pièces, toutes les pièces antiques et beaucoup, beaucoup de théâtre classique. Et quand j'étais très jeune, elle me lisait des contes avant de m'endormir, mais c'était pas genre, elle avait une émire des histoires, elle avait des livres de contes, de littérature, de la Grèce antique et de l'époque romaine. Et elle me les lisait, elle me racontait l'histoire des héros, des monstres. Bon, elle édulcorait un peu parce que j'étais petite, mais voilà. Et du coup, j'ai toujours été passionnée par la mythologie, vraiment à fond. Et quand, en 2001, en décembre 2001, j'avais 11 ans et comme tous les enfants de mon âge qui avaient des parents qui avaient envie de les emmener au cinéma, je suis tombée sur Le Seigneur des Anneaux. J'en suis ressortie, j'ai fait « Oh, waouh ». Et ma mère, à l'époque, m'avait acheté le DVD avec l'édition Collector. C'était devenu une obsession. J'étais genre « Waouh, mais c'est incroyable, il y a un univers complet et tout. Il y a des légendes partout. » Je reconnaissais vachement de légendes que ma grand-mère me racontait. Et dans le DVD, il y avait donc tous les bonus du making-of et ça parlait de comment le film avait été fait. Et c'est là, je crois, j'avais 11 ans, que j'ai percuté qu'écrire des histoires, c'était un métier. Et... Merci. Ouais, vas-y.

« Je tire le genre de mes personnages au dé »

Le Seigneur des Anneaux, à 11 ans

Ybelion — Non, t'inquiète, je te laisse finir.

Léo Codh — Et à ce moment-là, je me suis dit « Mais oui ». Et j'ai commencé à me renseigner sur comment on inventait des mondes et comment on écrivait des histoires. Et je pense, de mes 12 à mes 13 ans, j'ai rempli à la main des cahiers, des cahiers, des cahiers de création d'univers. À la base, je voulais créer des univers, je voulais créer des écritures, je voulais créer des mondes, je voulais créer des trucs. Et je me suis dit « Mais il y a forcément une méthode ». Donc j'avais commencé à écrire des bouts d'histoires, j'écrivais des nouvelles, j'écrivais des contes, j'écrivais des trucs. Forcément, les contes, c'était mon truc à moi. Et j'ai été obsédée par ça, au point où je me suis dit « Mais pour moi, le meilleur moyen de faire ça, parce que du coup, dans le making-of, il y avait aussi le travail de Alani et de John O. Le meilleur moyen de faire ça et d'avoir quelque chose de complet, c'est de dessiner cet univers aussi. Du coup, j'ai découvert en cherchant... Alors à l'époque, on n'avait pas vraiment Internet, donc j'étais sur Internet du collège puis du lycée, qui avait des écoles de cinéma d'animation qui pouvaient te former à dessiner et écrire des histoires. Et là, en fait, ce que je faisais, c'est que je m'étais donné tous les ans, chaque année scolaire, j'écrivais un livre. Et donc j'écrivais des bouquins, j'ai écrit... J'en ai tombé de mes 13 à mes 18 ans que je rentre en école d'art, j'écrivais un livre par an, consciencieusement. C'était des petits trucs à l'époque, puis je les ai écrits à la main pendant très longtemps. Quand je suis arrivée en école de cinéma, d'animation, ça a été un peu compliqué parce qu'il y avait une masse de travail. Je pensais que j'étais prêt naïvement, mais pas du tout. J'ai eu la chance de tomber sur un super prof de scénario qui s'appelle Jean-Luc Sala, qui a été conférencié sur le Seigneur des Anneaux, Peter Jackson, etc. Donc forcément, je suis tombée en amour devant cet homme. Et je suis passée en classe de cinéma d'animation, option lourde, scénar, réel, création d'univers. Et donc là, j'ai fait deux ans où j'ai bouffé du scénario, du scénario, du scénario, du scénario, du scénario, avec du reverse engineering de scénario, du reverse engineering de storyboard, de la création d'univers, etc. Et c'était mon obsession depuis. Et depuis, ça fait depuis mes 14 ans que je tombe un livre par un. Voilà.

Des cahiers d'univers, un livre par an

Ybelion — Putain, c'est passionnant. Attends, j'ai tellement de questions à te poser. C'est incroyable. Déjà, je suis toujours fasciné de voir l'impact qu'a eu Tolkien sur nos vies de créatifs. C'est impressionnant comme juste un univers peut te donner envie de foncer, créer le tien. Ça m'a aussi touché, l'histoire que tu as racontée avec ta grand-mère et l'impact des mythes. On va par où commencer ? Comment tu fais pour écrire un livre par an ? C'est quoi ? Comment tu trouves cette force, quelque part, plus que l'inspiration ? Parce que l'inspiration, à mon sens, ce n'est pas forcément le plus dur. Mais tenir le rythme, quelque part,

Quatre à six pages par jour, sans jamais rusher

Léo Codh — c'est hyper impressionnant. En fait, ça m'a beaucoup facilité la vie, déjà à partir du moment où j'ai réussi à rentrer les textes sur PC. Parce qu'au départ, j'écrivais tout à la main et c'est vraiment vers 16 ans que j'ai pris parce qu'on a eu un ordinateur très tard. Je me suis vraiment formée pour pouvoir écrire. J'avais un rythme de frappe qui était très long et après, j'écrivais plus vite que à la main, forcément. Et du coup, j'avais un rythme de... J'essaye de faire, en moyenne basse, 4 à 6 pages par jour, écrites et corrigées. C'est-à-dire que je les écris et je corrige les 4 à 6 pages de la veille et en moyenne, ça fait du 8-10 pages. Page docs, times new romans, encore 11. Voilà. C'est la base. Et le but, c'est pas de rusher, c'est de prendre plaisir à ce que je fais et d'en faire un peu tous les jours. Et en faisant un peu tous les jours, t'arrives forcément au bout. Et de pas se lasser surtout, parce que quand tu te prends la tête sur un projet, tu peux te lasser très vite. Mais j'ai eu la chance de rencontrer Estelle Fay, qui m'a rappelé un truc, qui me disait mon professeur de scénario aussi, mais en même temps, elle était scénariste à la base, Estelle, donc c'est cohérent. C'est rappelle-toi toujours de pourquoi t'as commencé à écrire ce projet. Donc quand t'y arrives plus, rappelle-toi de pourquoi t'as commencé à l'écrire, reviens aux racines de ça. Et c'est de la discipline, mais après, l'école d'art, c'était quelque chose qui était très formateur là-dessus, parce que c'est vraiment une habitude de travail. C'est vraiment une habitude de travail. Après, il y a des moments où je ne peux pas forcément écrire, parce que j'ai un shop de tatouage, je suis patron de shop de tatouage, donc ça me prend du temps. Mais j'essaye de compenser, et surtout, je planifie beaucoup. J'ai une méthode d'écriture ou qui est une méthode d'écriture. T'as les architectes et les jardiniers, moi je suis clairement un architecte. Et je planifie beaucoup, c'est-à-dire que je vais vraiment travailler mes personnages et mon corps d'écriture en tant qu'arc narratif en premier lieu. Puis après, je vais l'habiller avec le quoi, où, quand, pourquoi et comment. Voir mes arcs narratifs, puis après bosser mes trucs, bosser mes idées en chapitrant ce que je dois faire, voir à peu près la forme que je veux lui donner. Déjà, ça, ça m'occupe pas mal. Voir la forme que je veux lui donner, combien de chapitres j'ai besoin, et surtout pas dépasser de ce que je fais. Quelles sont les tailles de mes chapitres par rapport au projet ? Quel projet va mieux ? Parce que si c'est du slice of life, on va pas faire des chapitres de 40 pages. Par contre, si c'est de la saga médiévale avec des menestrels partout, chapitres de 40 pages, c'est pas déconnant. Mais du coup, quelle forme lui donner, comment s'y tenir, et après, un truc que j'ai commencé à faire dernièrement, c'est-à-dire que je décris évidemment tout ce qui se passe dans mes chapitres. Donc une fois que j'ai mon chapitrage, il se passe ça, décrire plus précisément. Puis après, ce que je fais, c'est l'étape qui, moi, me facilite la vie, c'est que je vais écrire comme un scénariste tous mes dialogues. C'est-à-dire que mes dialogues et mes placements de personnages avec mes entrées, mes sorties de champ, etc. Et une fois que ça s'est fait, la dernière étape de rédaction, qui fait qu'en réalité, je gagne beaucoup de temps parce que tout ce qui est genre « Ah oui, mais là, à l'acte 3, j'avais oublié ça, etc. » Ça a été fait avant. Je passe à la rédaction. Donc la rédaction, c'est l'étape finale finale. Ce qui fait qu'en réalité, quand il faut tout reprendre, j'ai évité pas mal d'écueils dans les étapes précédentes de « Ah oui, mais là, je me suis gaulée parce que j'ai oublié que tel acte narratif de personnage, il s'était planté là. » En fait, avec une méthode qui est quand même bien, qui m'évite, qui me fait des checks à toutes les étapes, j'arrive à avancer. Le but, c'est pas d'aller vite. Le but, c'est d'y aller et de le faire. Voilà.

Écrire tous les dialogues avant de rédiger

Ybelion — C'est fou parce que quand je t'entends parler de cette routine d'écriture que tu t'es construit, je sens qu'elle est hyper optimisée pour toi, que tu as vachement appris aussi à connecter ton fonctionnement, tous les éléments dont tu avais besoin pour te sentir à l'aise et avancer. Comme tu dis, l'objectif, ce n'est pas de rusher, mais d'avancer quelque part. Oui, c'est ça. Et c'est trop cool de partager tout ça. Je découvre aussi un fonctionnement. Je n'avais jamais pensé à ça, de décrire les dialogues, ce qui fait une sorte de première base et puis de venir compléter autour. C'est hyper intéressant. Franchement... En fait,

Léo Codh — ça me donne une idée du rythme parce que si je vais avoir plein de dialogues qui vont être des trucs en mode lancée de balle, etc., je sais qu'à ce moment-là, j'aurai besoin de beaucoup moins de descriptions. Si j'ai des passages un peu plus lents et plus descriptifs où je vais mettre, avant le dialogue, je me mets entre parenthèses, genre, les personnages rentrent dans un nouveau lieu qui est celui-ci, je sais que je vais avoir quelques paragraphes de la description du lieu en fonction du point de vue du personnage, du point de vue du narrateur. Voilà. Mais du coup, ça me donne une idée de mes rythmes aussi et une fois que j'ai la base de... Parce que pour un chapitre, par exemple, de 15 pages, je peux avoir deux pages et demie de dialogue et de description et comme je me connais bien, maintenant, je sais à peu près... Bon, ben voilà, j'ai fait mes dialogues, ce chapitre, il fait à peu près 15 pages. Bon, ben écoute, j'en ai pour deux soirs, deux soirs et demi d'écriture. Voilà. Donc, je sais à peu près où j'en suis et du coup, je sais mes temps et moi, mon but, c'est que j'ai ma petite feuille de route et je fais, bon ben là, aujourd'hui, les six pages, elles ont été faites, adjugées, vendues quoi.

Ybelion — Ouais. En fait, c'est trop bien parce que du coup, plus tu te connais, plus tu sais le temps que te prennent l'écriture, que ça soit les dialogues, les descriptions, les chapitres, etc. Et plus du coup, ça te permet de te connaître et plus... Enfin, c'est une vraie boule de neige quoi.

Léo Codh — J'ai la chance aussi d'avoir du coup fait cette école de chara-designer dans le sens où, pour moi, la vibe des personnages, elle vient aussi avec les designs des personnages. Ce qui fait que mes personnages, j'ai, quand j'écris, j'ai leurs petites trombines, leurs petits trombinoscopes et leurs petites attitudes qui sont autour de moi. Ils ont leurs petites moods de playlist aussi que je sélectionne au préalable. Et du coup, c'est beaucoup plus facile de trouver le mood dans le sens où, au départ, quand j'étais jeune, je croyais beaucoup à l'inspiration, tu vois. Mais en fait, le truc, c'est que ce que disait mon prof de scénar, Jean-Luc, et il a tout à fait raison, c'est que l'inspiration, c'est l'apprivoiser la zone. En fait, pour apprivoiser la zone, il faut savoir y rentrer. Pour y rentrer, t'as un process. Exactement. C'est exactement comme quand je prépare mon poste de tatouage. Mon poste de tatouage, je vais le préparer avec, justement, je mets une musique particulière, je parle aux clients, je fais des trucs dans un certain nombre, et après, je suis prêt, je sais que ma concentration, elle est là. Et pour l'écriture, c'est exactement pareil. Pour moi, c'est comme ça que je le vis, en tout cas.

L'inspiration, ça s'apprivoise

Ybelion — Ouais, j'adore, j'adore cette, effectivement, ce côté, oui, l'inspiration frappe, le côté génial, etc., c'est bien beau sur le papier et dans les films, mais effectivement, dans la réalité, c'est, en fait, ça fonctionne pas comme ça pour beaucoup de gens. Et ce côté, il y a amené aussi un côté process et ça permet aussi de se rassurer quelque part. de dire, bon là, ok, à l'instant T, j'ai pas forcément l'inspiration, mais en fait, je crois à ce processus et je sais que quand je vais le dérouler, ça va venir, quoi. Et c'est... Ouais.

Léo Codh — Je crois beaucoup au fait de... Moi, j'ai besoin de me familiariser avec mon univers pour que quand j'y rentre, c'est comme si je rentre, je m'assois à mon bureau et en fait, je passe la porte et je suis dedans. et une fois que je suis dedans, je sais comment parler, je sais parce qu'il y a toute une partie du... Il y a toute une partie et c'est ce à quoi je tiens beaucoup de la préparation du livre que je suis en train d'écrire en ce moment, l'ouvrage du moment qui est le fait de choisir la voix de la personne qui va parler. Donc, est-ce que c'est justement... Est-ce que c'est un TPS ou est-ce que c'est un FPS, tu vois ? Et... Donc, soit je vais être en narrateur en médecine, soit je vais être en... Ben, un narrateur qui va être intradégétique en mode c'est le personnage qui parle. Et dans ce cas-là, le personnage qui il est, comment est-ce qu'il s'exprime, comment est-ce que fonctionne son cerveau, comment est-ce qu'il décrit les choses, quelle est sa voix, quel est son degré de vocabulaire, quelle est sa sensibilité, à quoi est-ce qu'il s'attache. Et dans ce cas-là, si c'est plutôt un narrateur omniscient, c'est qu'est-ce qui est important et comment rendre le mood de ce monde-là. Est-ce que ça va rentrer plus par des descriptions ? Est-ce que ça va rentrer par un vocabulaire ? Est-ce que ça va rentrer par des thèmes ? Est-ce que ça va rentrer par de l'ambiance ? Donc, il faut que la forme soit au service du fond à ce niveau-là et que le texte, les dialogues, la forme du dialogue, le rythme du dialogue et le vocabulaire choisi sont choisis au préalable. Ce qui fait que déjà, en ayant fait cette sélection et en sachant où je me situe à ce niveau-là, en fait, ce n'est pas que l'inspiration, elle n'est pas nécessaire. c'est qu'en réalité, je sais sur quel niveau de travail je me situe et après, il n'y a plus qu'à raconter. Mais la musique du texte est déjà faite.

Ybelion — Exactement. Et ça te permet de garder aussi une cohérence et de ne pas te perdre dans des changements de POV ou des changements d'intention dans ton histoire et de sacrifier le fond finalement du message que tu as envie de mettre dans ton livre. C'est ça. C'est hyper intéressant. Et tu as en plus soulevé tout à l'heure quelque chose sur lequel je n'ai pas rebondi mais qui est hyper important et c'est très cool que tu le rappelles. C'est à quel point tu kiffes le processus. Effectivement, écrire, c'est quand même un processus qui est long. Si tu n'aimes pas et que chaque jour d'écriture est une épreuve, ouais, c'est compliqué. Et donc, savoir comment tu te connectes toi à ton amour de l'écriture, c'est hyper important.

Léo Codh — Moi, les retours que j'ai de mon lectorat, c'est que les gens, ils ont l'impression de kiffer avec moi, de pousser la porte des outils de ces univers avec moi. Et en fait, je me dis que si je n'aime pas ce que j'écris et si je n'ai pas cette connexion, même les moments tristes parce que forcément, surtout avec ce que j'écris qui est quand même plutôt engagé, il y a forcément des moments qui sont difficiles à écrire. Mais même dans ces moments tristes, j'ai envie de dire le plus important, c'est de moi ressentir et d'aimer ce que je fais. C'est comme les personnages. Je pense qu'il y a un petit côté comme tomber amoureux. Il faut que j'en tombe amoureux pour que les autres les aiment. C'est-à-dire que si l'amour que j'ai pour eux ne se ressent pas à travers mon texte, c'est que j'ai raté quelque chose. et c'est pour ça que j'ai développé un truc qui est, je ne crois pas au principe du méchant, mais je crois très fort au principe de l'antagoniste. Et pour moi, l'antagoniste, c'est la personne dont tu n'as pas choisi de raconter l'histoire, c'est le camp d'en face. Et en fait, pour ça, j'ai toujours des feuilles à côté qui racontent l'histoire du point de vue de l'antagoniste parce que je veux me reconnecter à lui aussi. Je veux me connecter à lui ou elle et savoir ce qu'il ou elle va en penser pour justement être capable d'avoir cette connexion très forte et me dire mais en fait, ce n'est pas le camp que j'ai choisi de raconter, ce n'est pas toi qui vas avoir raison du point de vue soit du narrateur soit du protagoniste, mais tu es le héros de ton histoire aussi et ton histoire, c'est celle-là, c'est juste que c'est celle qui n'a pas raison dans le déficit.

Il n'y a pas de méchants, il y a des antagonistes

Ybelion — J'adore ce conseil parce que c'est un truc que je fais aussi moi de mon côté. Quand tu te sens un peu bloqué avec cet antagoniste, moi j'aime bien lui faire comme son journal intime, tu vois. Qu'est-ce qu'il pense ? Pourquoi c'est important pour lui cette bataille ? Et finalement, pourquoi il pense que le camp d'en face c'est eux les méchants quelque part ? Ou eux l'antagoniste plutôt. Et tu as raison, c'est un super bon conseil. C'est un super bon conseil pour donner aussi beaucoup de quelque part d'humanité aussi à tous les personnages et cette cohérence qui touche. quoi ?

Léo Codh — C'est hyper... J'ai de la chance d'avoir des très gentils bêtas qui sont très impliqués et qui me font parfois des... qui se connaissent pas et qui me parlent parfois des personnages et qui me défendent soit leur point de vue, soit absolument l'inverse de oui mais tu te rends compte à quel point il a pas raison etc. Alors que la veille je vais avoir justement une personne qui va avoir la vie totalement inverse. Et moi ça m'intéresse pas de corriger la personne, c'est pas moi qui ai à ressentir ce que ressent le lecteur par rapport à ça mais ça m'intéresse de voir comment la personne elle a connecté ou non avec le personnage. Et pour moi si t'es suffisamment pas d'accord avec un personnage pour venir moi l'auteur me décrire pourquoi à ton avis il a raison ou il a tort c'est que ça y est il est humanisé le personnage.

Ybelion — Ouais carrément. Je suis d'accord c'est une hyper bonne métrique à suivre c'est parfois à quel point certains lecteurs aiment pas ou sont pas d'accord avec un de tes personnages. Parce que là ça veut dire qu'effectivement tu touches à quelque chose qui va créer de l'attention qui va créer de la friction et qui va aussi faire que le lecteur s'interroge et se pose des questions. Et ça c'est hyper précieux dans un livre. Ouais. C'est ça.

Léo Codh — Ouais parce que le truc c'est que le livre il est pas forcément là notamment en tant que personne relativement qui essaye d'exposer des idées relativement militantes et relativement engagées dans ce que j'écris je pense que c'est important d'avoir cette réaction parce que ça te montre tout le panel de pourquoi est-ce que tu serais pas d'accord pourquoi est-ce que ça te gratte pourquoi est-ce que ça te frictionne

Ybelion — pourquoi est-ce que ça

Léo Codh — c'est pas c'est pas le truc pourquoi est-ce que toi ça te met mal et en général c'est ce que je leur demande plus de dire oui mais il y a ci il y a ça et en fait le personnage il réagit comme ci comme ça m'intéresse pas moi je le sais le lecteur le sait aussi parce qu'il l'a lu mais par contre je veux savoir pourquoi ça les frictionne à certains endroits et pourquoi est-ce qu'ils sont pas d'accord

Ybelion — et justement là en parlant de toi des thématiques fortes que tu mets dans tes textes on parlera un peu plus après de ceux sur lesquels t'es en train de travailler ou ceux que t'as déjà partagé mais c'est quoi pour toi les je dirais peut-être les deux ou les trois grandes thématiques que t'as envie et qu'on retrouve souvent dans tes univers et dans tes livres

Moins de 5 % de personnages queer sur les étals

Léo Codh — la normalisation de la représentation queer parce que parce que et ça je vais pas mentir mais le paysage culturel français qu'il soit de fantasy ou qu'il soit de littérature blanche est pauvre très pauvre à ce sujet j'ai bossé un peu mes chiffres avant de venir et les rapports font état de moins de 5% de représentation de personnages queer dans les états des libraires en France en sachant que dedans il y a beaucoup de traductions et que c'est encore plus pauvre dans la SFF

Ybelion — oui c'est clair

Léo Codh — donc c'est assez dramatique et quand c'est représenté souvent le livre va tourner autour de ce de ce thématique comme étant quelque chose de très dramatique ou de très de très central mais je pense que il peut y avoir des personnes qui sont sur un spectre queer spectre LGBT et qui ont des engagements pour aider leurs proches sauver leur pays et avoir des amours dans des situations diverses variées et souvent rocambolesques parce qu'on parle quand même de livres tout en étant représentés comme des personnes parfaitement normales et il y a il y a beaucoup de il y a beaucoup de romantisation à ce sujet qui est parfois très triste et il y a beaucoup de non normalisation ou alors c'est vendu comme étant ah bah regardez tel roman est un roman queer etc c'est pareil pour la représentation des c'est pareil pour la représentation des personnages racisés et c'est pareil pour la représentation d'héroïnes féminines dans les choses qui sont autrement que du young adulte pareil j'ai regardé les chiffres et les chiffres sont assez tristes c'est à dire qu'il n'y a pas grand chose qui se fait à ce niveau là donc dans le young adulte il y a beaucoup l'héroïne brune avec son triangle amoureux qui est une femme forte voilà donc c'est cool parce qu'au moins les personnes qui se reconnaissent dans ce genre de choses ont des représentations ce qui est finalement pas si ce qui est finalement pas si vieux plutôt récent mais c'est vrai que bah quand tu dis bah là alors qu'on sait que ça représente plus de 30% des lecteurs les Gen Z selon les sondages de l'IFOP de l'année dernière il y en a 20% qui se revendiquent comme étant queer et pourtant il trouve pas du tout de représentation dans les livres qu'il lise quoi

Ybelion — c'est hyper intéressant ce sujet de la représentation et c'est clairement quelque chose qui devrait tous nous toucher beaucoup plus qu'est-ce que tu conseillerais tu vois là je vais parler pour moi parce que forcément moi j'ai entre guillemets une position privilégiée sur ça donc moi je me pose souvent la question comment participer quelque part à ton échelle à démocratiser ces personnages sans tomber parce que moi c'est ça en fait ma peur quelque part d'en tomber dans une sorte de caricature tu vois qui rend service à personne c'est une vraie question peut-être un peu naïve aussi

Créer ses personnages sans genre, puis lancer les dés

Léo Codh — bah alors en fait je peux te donner une méthode d'écriture et je peux donner ma réponse après moi ma méthode d'écriture à ce sujet en fait je sais que même en étant un homme trans et en côtoyant quand même des personnes de grande diversité que ce soit de diversité racisée ou de diversité de minorité de genre ou de sexualité on n'est jamais à l'abri des biais parce que la société nous met d'énormes biais de construction et que tu peux toujours partir vers ces biais là et ce que je fais c'est que je construis mes personnages absolument non-genrés au départ c'est à dire que les personnages sont une idée une idée un soutien un arc narratif et des connexions familiales diverses et variées et après je prends un des vins les chiffres percés les femmes les chiffres impercés les hommes

Ybelion — incroyable c'est une super bonne idée

Léo Codh — et je crée mes trucs comme ça et après c'est pareil pour tout ce qui va être éventuellement ce qui fait que je me retrouve des fois avec des couples qui sont des couples pas hétérosexuels qui sont des couples alors que c'était pas particulièrement prévu mais de toute façon je les ai pas écrits comme ça et en fait ça recentre leur problématique comme étant la problématique du récit qui est importante après ça s'adapte dans le fait d'avoir ou non créer des univers qui sont ok avec ça si les univers sont ok avec des thématiques de genre ou des thématiques de sexualité c'est beaucoup plus facile que si t'es dans un univers qui est normé comme le nôtre et du coup ça pose plus de problèmes mais dans le cas d'univers de création pour enlever ce côté biais moi en tout cas j'essaye de je le joue comme ça parce que ce qui fait que je me retrouve des fois avec des surprises des personnages j'aurais eu tendance à les faire de telle manière et à les faire de telle manière et j'aurais pu me faire influencer par leur genre alors qu'en fait pas du tout et moi mon autre réponse c'est pas ma réponse c'est la réponse de monsieur Game of Thrones c'est Martine qui a dit quand on lui a dit mais vous écrivez vachement bien les femmes et il a fait bah oui mais c'est parce que je pars du principe que c'est des personnages

Ybelion — j'adore

Léo Codh — et quand on quand on quand on aime quelqu'un ou quand on a une attirance pour des gens au final ce qui change ça va être le point de vue de la société pas le point de vue interne la personne si elle est alignée avec elle-même bah ça reste un personnage aligné avec elle-même et aligné avec lui-même et donc du coup j'ai tendance à essayer d'écrire les personnages comme ça dans le cadre d'écrire si tu si on parle de choses plus explicites notamment bah ce qui moi me touche de la transidentité là pour le coup il y a le et pas que la transidentité il y a un très bon site qui s'appelle le GLAD G-L-A-A-D qui est un site américain et qui est en fait l'organisme de recensement de la représentation dans les médias des personnages queer qui d'ailleurs fait état d'une disparition en 2026 suite à tout ce qui est monté des gouvernements de droite d'une disparition de plus de 50% des personnages queer dans les différents médias donc ça va être très dur déjà qu'il n'y avait pas beaucoup de représentation mais en tout cas le GLAD a des aides d'écriture voilà je me pose des questions et j'ai envie d'écrire ou j'ai envie de participer à ça j'ai envie de représenter tel personnage etc et le GLAD ils ont des guides et ils sont traduits dans plein de langues genre c'est quoi les questions de base sur un personnage trans c'est quoi les questions de base sur un personnage queer c'est quoi etc et donc du coup et c'est pas du tout ni condescendant ni quoi que ce soit c'est juste genre je me pose une question comment est-ce que j'écrirais plutôt ça voilà et après tu as la question de bah est-ce que j'ai un pote qui accepterait de répondre à mes questions de comment les choses se passent pour lui ou elle dans sa vie voilà parce que si on est pas en fait tout le monde n'est pas une personne d'une minorité qui connaît cette minorité il faut aussi que les gens qui sont pas dans les minorités se sentent légitimes de pouvoir inclure des personnages sans se dire bah je vais je vais me tromper ou quoi que ce soit mais en partant du principe que bah c'est comme quand écrit un personnage qui va être qui va être avec bah là dernièrement j'ai écrit un personnage qui était daltonien j'ai aucune foutue idée de comment ça fonctionne du coup bah je me suis renseignée je suis allée voir des potes qui étaient daltoniens je leur ai demandé ce qu'ils voyaient j'ai regardé des vidéos pour savoir ce qu'ils pouvaient voir parce que je me suis rendu compte que dans mes descriptions j'allais décrire autre chose etc bah c'est la même chose

Ybelion — tu sais que j'adore vraiment tu viens vraiment de me faire avoir une prise de conscience assez forte sur ce que t'as dit là sur le fait qu'en fait c'est des personnages avant tout et c'est vrai que quand j'écris une femme je me pose pas la question en fait et quelque part c'est aussi simple que ça la réponse et après évidemment il y a tout ce que t'as amené derrière qui est aussi quand tu parles de sujets que tu maîtrises moins ou par lesquels t'es pas forcément concerné te renseigner et heureusement il y a plein maintenant de manières de pouvoir se renseigner autour de tout ça ouais j'ai adoré à cette petite phrase que t'as partagé de Martine et l'histoire des dévins aussi c'est marrant comme manière de décrire enfin d'attribuer quelque part le genre des personnages

Léo Codh — c'est ouais il y a ça et puis il y a aussi le fait que je me suis rendu compte que moi j'arrivais pas à avoir de alors j'ai cette méthode mais j'en ai plusieurs autres je me suis rendu compte par exemple que j'avais je voulais j'avais écrit un grand roman j'ai écrit un grand roman choral de révolution à l'époque medieval punk et en fait donc du coup il y a quand même beaucoup de personnages c'est fait selon une pièce de théâtre avec trois actes etc des temps forts mais du coup il fallait faire intervenir beaucoup de personnages et je me suis dit est-ce que je fais suffisamment confiance au dé pour pouvoir me donner le même nombre d'un genre que de l'autre je sais pas donc dans ce cas là ce que j'ai fait c'est qu'il y avait des personnages qui pour des raisons tout simplement très simples de je vais porter un enfant qui devait qui était des femmes 6 et du coup je suis partie de ces personnages là et après j'ai fait en ordre d'apparition dans le livre 1 sur 2 en ordre d'apparition dans le scénario 1 sur 2 genre bah voilà ça c'est une femme donc le personnage après c'est un homme donc le personnage après c'est une femme donc le personnage après c'est un homme etc

Ybelion — c'est des tips en vrai trop intéressants justement pour se retirer cette espèce de pression parfois que tu peux te mettre en te disant ouais

Léo Codh — bah il faut savoir que moi je suis très suivie par du coup de la communauté queer et j'ai envie j'ai envie de partager avec eux l'euphorie de cette représentation parce que quand t'as des personnages quand t'as des personnages dans lesquels tu sais que t'as un lien tu pourras pas avoir un lien avec tous les personnages mais il suffit de d'une fois voir un personnage avec lequel t'as un lien pour être là genre ouais je me sens je me sens connecté à ce personnage j'ai l'impression d'avoir été écouté et j'ai l'impression voilà d'être dedans ce qui fait que je vais pas avoir toujours le bingo de toutes les représentations dans mes bouquins parce que c'est pas le but faut aussi que les personnages servent l'histoire mais je m'interdis pas je ne m'interdis pas d'avoir des représentations et je fais quand même attention à avoir des représentations et je pars tout simplement aussi d'une moyenne sociétale c'est à dire que si on part du principe qu'entre 20 et 10% de la population sont sur le spectre queer bah il y aura il y aura 15% 20% de mes personnages qui le seront

Ybelion — ouais c'est vrai c'est en fait ça paraît très simple quand tu l'évoques et je pense que c'est la bonne démarche et justement là dans les dans les livres que tu écris actuellement alors tu m'avais partagé Shizme Motika si je prononce bien

Léo Codh — c'est ça Shizme Motika

Ybelion — ok c'est ça raconte quoi

Mothika, le vampire nul en vampirisme

Léo Codh — Motika il est fini il fait sa petite vie sur Wattpad sans moi parce qu'en ce moment je n'ai pas le temps trop le temps de m'occuper de Wattpad Motika c'est l'histoire de Valère qui est un vampire c'est un vampire misérablement mauvais il est nul en vampirisme et il se retrouve vraiment et c'est un petit métis sud américain qui habite en coloc dans un pays d'Europe qui n'est jamais nommé parce que c'est pas le but dans un pays d'Europe ish avec ses deux potes un loup-garou chef de meute loup-garou parce que ça parle des créatures de la nuit tu vois et le but c'était de m'amuser vraiment quand j'ai écrit ce livre avec les clichés les clichés à la underworld avec lesquels moi j'ai grandi et je trouvais ça ultra drôle donc du coup j'ai tout j'ai mis dedans tous ces clichés là et avec son l'âme sœur de Sulu-garou qui est une humaine et parce que dans ce monde là tu as sur un côté sur le côté gauche du corps plus ou moins près du cœur tu as une petite marque qui s'active quand tu rencontres ton âme sœur parce que parce que voilà c'est les c'est les clichés c'est les clichés whatpad on rigole moi ça m'a beaucoup fait marrer ma petite communauté aussi et Valère il a une ambition dans la vie c'est de vivre de que sa vie ne change pas il est très heureux il est en coloc avec ses potes il boit il baise et il va faire des concerts de métal dans des caves et il se nourrit de la lille humanité dont les violeurs des boîtes de nuit etc sauf que un jour et il se tient très loin des vampires parce qu'il ne peut pas les blairer sauf qu'un jour pour échapper pour ne pas croiser la route d'un groupe de vampires il se trouve nez à nez avec une scène d'assassinat avec des dizaines de vampires assassinés coupés en morceaux et un mec au milieu de ça qu'il essaye de fuir et qu'il prend pour l'assassin qu'il essaye de fuir sauf que le mec n'est pas si agressif que ça il lui demande qui il est il lui dit mais t'es bizarre quand même les capacités vampires que t'as c'est quand même particulier Valère lui met un Loki qui est enchassé et il se barre sauf qu'il se rend compte que quand il est arrivé quand il est arrivé chez lui il se rend compte que sa marque d'âme se réactivée oh là on est tous très surpris et ah oui c'est la grosse surprise personne s'en doutait parce que Mottika c'est l'assassin et c'est le nom du livre Valère c'est le héros voilà c'est très téléphoné toujours est-il que son pote loup-garou arrive il lui fait bah écoute il y a des meurtres partout dans tous les clans du tribunal nocturne donc le rassemblement de toutes les espèces les banshees les loups-garous les ghouls les vampires il y a un mec qui tue à tour de bras tous les chefs de clan et Valère est là genre ah yes donc mon âme sœur c'est un énorme assassin mais c'est pas si simple parce que parce que Valère se rend compte en essayant à la fois de fuir et de se renseigner sur son âme sœur que bah le tribunal il est quand même bien le tribunal nocturne dont il veut pas se tenir prêt est complètement bien vérolé par les anciens vampires il retrouve son créateur qui est un ancien vampire et prit le cul entre deux chaises entre son créateur qui a des ambitions qui sont pas forcément très nettes et son âme sœur qu'il prend pour un assassin Valère il se retrouve petit à petit à glisser dans un monde de complot et d'intrigue au coeur de la création du tribunal nocturne du meurtre de sa fondatrice six siècles plus tôt et de l'identité de Motika et en gros c'est on suit on suit ce personnage qui n'a pas du tout envie d'être là mais qui par amour pour les gens qu'il aime se retrouve en première ligne de complot de complot dans le monde des vampires et des créatures de la nuit

Ybelion — tu m'as bien intrigué j'aime beaucoup le j'ai l'impression que tu joues aussi beaucoup avec les avec les clichés ou même les tropes un peu classiques et ça me donne bien envie de voir ce que donne ce vampire qui est nul en vampirisme j'aime beaucoup le en fait

Léo Codh — j'avais un take je me suis dit mais pour le coup cette histoire elle a vraiment été faite pour Wattpad et j'étais là genre je veux voir si je mets dedans les éléments qui fonctionnent sur Wattpad est-ce que je peux propulser cette histoire sur Wattpad et voir ce que ça donne mais en prenant ses trop pas contre-pied c'est-à-dire que le vampire ça va pas être le lait ça va être tout l'inverse c'est un Gen Z à écarteur pourri avec un par de pizza tatoué sur le cul tu vois le la marque le truc d'Amster la marque d'Amster c'est pas forcément un don c'est une malédiction parce que ça peut te condamner à mort en fonction de ce qui se passe le t'as un personnage qui est mon personnage red flag c'est-à-dire tous les troupes de dark fantasy je les ai collés sur le personnage incroyable

Ybelion — ça j'ai une idée

Léo Codh — et que des trucs comme ça pour m'amuser avec et pour avoir un côté ouais Valère faut qu'il soit fun faut que le livre il soit fun ça parle de sujets très graves parce que ça parle de ça parle de diminution ça parle de viol ça parle de conscience altérée ça parle de choix qui sont pas forcément possibles ça parle de religion ça parle énormément de religion et de et de soumission du peuple à la religion et de croyance ce que la croyance peut te faire de plus bête mais pour enrober tout ça fallait que le vernis soit fun et j'avais envie de voir si avec tous ces troupes autour de cette histoire de bah on va quand même essayer de faire passer une pilule pas forcément facile autour de autour de la religion est-ce que je peux quand même garder la légèreté d'un personnage qui bah si il aime la vie quoi il aime il aime la vie il a envie de vivre et c'est pas un personnage qui va se lamenter sur sa life et est-ce qu'on peut justement présenter ce genre de truc je m'attendais pas à ce que la réponse sur Whatpad soit si dithyrambique parce que ça a très bien marché ça a marché au delà de mes espérances incroyable et du coup ça a pas mal plu donc bah là il fait sa petite vie il est fini depuis un an ouais six mois un an et du coup il a bien plu et j'avais mis des petits j'avais mis des petits des petits des petits des petits des fanarts des personnages j'avais mis toute une playlist musicale parce que Valère il aime bien la musique donc j'allais rajouter la playlist avec et pour le coup c'était des short chapters donc c'est entre 4 et 8 pages les chapitres ok et fallait que ça fallait que ça aille vite fallait que le récit soit fun bon ça c'est ça c'est motika et donc il a bien marché il est en vrai sur Whatpad il fait la longueur classique des trucs Whatpad c'est 72 chapitres un truc comme ça

Ybelion — ouais

Léo Codh — et donc ça ferait à peu près deux tomes deux tomes et on est sur du 700 000 à 800 000 mots par tome quoi voilà 700 000 à 800 000 signes par tome ok non 700 000 à 800 000 signes par tome et là du coup je suis en train d'écrire un bouquin qui est alors c'est beaucoup moins lol qui s'appelle Chisme et Chisme c'est l'histoire de Will et Will c'est un adolescent trans dans un monde dans lequel la société est séparée entre les métas donc les métas humains qui sont des humains qui ont développé des pouvoirs de mutation extrasensorielle ça va de faire tomber la pluie à faire pousser des plantes mais aussi comme Will à pouvoir lire des livres avec les doigts voilà et les normes qui sont les humains sans pouvoir et dans ce monde là les normes sont un peu comme dans notre monde sont c'était la surconsommation l'overcapitalisme la destruction de la planète la pollution des océans etc et quand les métas sont arrivés avec leur pouvoir les métas ont commencé après une période où ils se sont fait évidemment enfermés dans des labos disséquer la tête la gueule etc ont pris le pouvoir et ont commencé à soigner la planète et se définissent comme étant le sommet de l'évolution de l'humanité et par vengeance les métas sont en train d'asservir les normes et de voter de placer toute l'histoire le fil rouge du livre le schisme qui est la barrière physique qui séparera les populations normes d'un côté d'un côté du pays en les privant de leurs droits et voilà vous avez trop fait de la merde on vous laisse là et puis en plus vengeance pour ce que vous avez fait à nos aînés et Will il naît méta d'une mère politicienne enragée parce qu'il est arrivé à ses à ses grands-parents et qui a décidé de monter qui est à la tête petit à petit d'un parti extrémiste qui veut implanter le schisme et Will il fait la rencontre l'été d'un jeune garçon qui s'appelle Balder comme le dieu de la mythologie nordique parce qu'on y revient toujours il s'appelle Balder et qui est un gamin un gamin norme et Will on lui a dit mais faut pas que tu t'approches de ces gens là parce que ces gens là ils vont ils vont pas te regarder comme ils vont pas te regarder comme un être humain ils vont te regarder comme un monstre ils vont avoir peur de toi etc mais ces deux petits garçons ils se rencontrent et Balder c'est le premier à appeler Will et c'est le premier à le considérer comme un garçon et il veut devenir son ami et puis son don avec les mains alors que les méta sont là genre oui enfin c'est bon tu peux lire avec les doigts moi je fais je fais tomber des tempêtes ça va t'es un nul et Balder le don de Will il trouve ça incroyable et ils deviennent amis petit à petit Will trouve un miroir de son identité ils apprennent à se comprendre et à travers Balder Will il se rend compte que sa mère elle ment et ils deviennent amis ils deviennent très proches sa mère elle refuse de reconnaître son identité alors que les normes les amis normes qui se fait reconnaissent son identité et puis petit à petit le schisme se met en place et Will il grandit et Will il doit faire des choix voilà

Schisme, un ado trans dans un monde qui se fracture

Ybelion — j'adore cette thématique du rapport aux différences du rapport à l'autre je la trouve vraiment passionnante et là dans la manière dont tu la propose c'est aussi extrêmement intriguant tu pitches bien ça m'intéresse

Léo Codh — en fait j'ai écrit ce schisme autant Motika ça a été écrit pour deux choses ça a été genre j'ai envie de voir m'amuser avec Quadpad et j'ai envie de m'amuser à écrire un truc fun parce que je sortais d'une saga de Ménestrel sur trois tomes qui parlait de révolution et qui était horriblement dur à écrire qui m'a pris deux ans

Pourquoi ce livre devait exister maintenant

Ybelion — qui n'était pas fun

Léo Codh — c'était très fun mais j'en suis ressorti lessivé j'avais besoin d'un truc plus léger autant je voulais partir sur un truc plus léger mais aborder quand même avec ce vignet léger des thématiques lourdes et avoir des personnages qui soient pleins de représentations parler d'univers que je connaisse mieux parce que moi le métal et la mythologie c'est un peu mon truc autant schisme je l'ai écrit parce que c'est parce que cette année cet été le gouvernement européen a décidé que les lois sur les lois par rapport à l'aide des jeunes enfants des enfants des adolescents trans le vote de ces lois suite à des pressions par les partis européens de droite serait repoussée à peut-être 2027 voire 2029 notamment l'adoption de la loi qui permettrait d'avoir des traitements hormonaux qui ne sont pas des prises de testosérone et d'oestrogène pas du tout pour les enfants trans seraient repoussés parce que vous comprenez on ne va pas toucher aux enfants etc il y a plusieurs pays d'Europe dans lesquels ces traitements sont donnés qui donnent de très bons résultats et qui ont notamment un effet c'est le fait de faire baisser le taux de suicide de tentative de suicide et d'automutilation chez les jeunes enfants et chez les adolescents les 14-17 ans trans bien en dessous de ce qu'on a chez nous parce qu'en France les chiffres de l'année dernière sont sortis c'est 83% des adolescents de 14-17 ans qui ont déjà attenté à leur jour trans notamment suite à des rejets familiaux et un manque de médication ce qui fait que toute une loi qui aurait pu permettre une normalisation a été balayée parce que tu as cet épouvantail de la transidentité qui s'est fait et moi je vois étant fils d'un grand-père député communiste et fils un petit-fils d'un grand-père député communiste et fils d'un père qui est élu communiste aussi et qui sont des gens qui sont très dans le social et dans l'éducation je vois cette scission sociale et je vois ce dialogue qui se creuse petit à petit et ce livre il est venu d'une nécessité de représentation et j'avais envie de représenter le parcours d'un jeune homme je ne suis pas apte à parler du parcours d'une jeune femme trans d'un jeune homme trans dans ce qu'elle a d'euphorique quand tu quand tu es quand tu peux enfin prendre la mesure de qui tu es et de tout ce qu'elle a de normal et de tout ce qu'elle peut avoir de beau et de tout ce que ça implique donc en fait c'est vraiment à travers cette histoire de ce personnage qui je ne spoil pas mais qui vit sa vie et qui vit sa vie avec son ami et qui apprend qui il est et qui voit le pays dans lequel il est se fracturer c'est vraiment toutes les étapes par lesquelles tu vas passer genre comment est-ce que comment est-ce que j'appréhende un corps qui m'échappe et qui ne correspond pas à ce que moi j'ai dans la tête quelles sont les solutions à mettre en place qu'est-ce que ça donne quand une personne ne reconnaît pas mon identité mais qu'est-ce que ça donne quand une personne reconnaît mon identité qu'est-ce que c'est que la prise de ces blockeurs hormonaux qu'est-ce que c'est etc pourquoi comment est-ce que tu vas parler de sexualité quand tu es un ado trans comment est-ce que tu envisages ça comment voilà et tout le côté oui mais en même temps c'est un ado et c'est pas même si c'est important parce que c'est son identité c'est pas au centre de sa vie parce qu'au centre de sa vie c'est les gens que j'aime et ce que j'ai envie de faire de ma vie et je voulais représenter ça de manière normale voilà

Ybelion — c'est hyper touchant de voir le en tout cas dans cette histoire-là quelque part la l'euphorie que tu décris quand on quand on comprend son identité et qui on est et finalement qu'on comprend la place qu'on estime avoir dans le monde dans lequel on vit et tu vois je trouve que en fait ce qui est ce qui est super aussi dans les thématiques que tu abordes c'est que en fait même moi qui suis du coup concerné pas directement par ces sujets de transidentité en fait je trouve ça hyper touchant parce que le message de fond tu vois ce rapport à qui on est et quelle place on a je le trouve je le trouve hyper intéressant et je trouve que du coup c'est super bien de pouvoir se familiariser avec des sujets importants au travers d'autres thématiques aussi je sais pas si je suis très clair parce que j'ai du mal à mettre des mots exactement sur ce que tu partages et je trouve ça super voilà

Léo Codh — à partir du moment mon professeur de scénario tout comme pas mal d'auteurs ont tendance à dire que plus tu touches au personnel et plus tu touches à l'universel et je pense que la thématique de se trouver elle est vraie pour tout le monde

Ybelion — exactement et tu vois ça se sent en fait quand tu le partages que ça a une place importante au-delà de toutes les thématiques qui y sont rattachées et je trouve que en tout cas tu décris bien ce qui marche aussi dans les histoires ce côté d'avoir une intention qui est voilà très personnelle mais universelle du coup et de la décliner aussi au travers de différents thèmes qui viennent toucher différents sujets et qui sont d'autant plus actuels le discuter du rapport aux différences à l'identité à la place qu'on a dans ce monde elle a jamais été aussi vraie qu'aujourd'hui et c'est ouais

Léo Codh — parce que dans ce bouquin je me je le fais beaucoup fact check par mon père qui lui du coup est acteur politique depuis des années et qui peut justement me dire quels sont les mécanismes de la politique j'ai aussi un ami qui bosse dans les médias par rapport au mécanisme de mensonge médiatique parce que le livre est traversé justement par une volonté des médias de déformer la réalité au travers de plein de choses et ce qu'on peut voir de nos jours avec une espèce de vendetta envers tout un tas de minorités qui est qui est qui est pas du tout à prendre à la légère d'une désinformation totale et c'est ça le Will lit avec les mains Will il lit avec les mains il lit avec les mains mais pas seulement sur les livres il peut ingérer tout ce qu'il y a dans les ordinateurs dans les téléphones etc et il a accès à tous les textes et du coup il se rend compte que beaucoup de gens mentent et ça le rend fou et à travers tout le livre plus encore que sa recherche d'identité Will il est à la recherche de la vérité et il se rend compte que la télé elle ment internet va te mentir et que les médias mentent et le personnage petit à petit plus il se trouve plus il se positionne par rapport à sa quête de la vérité et au fait de dire mais si personne l'a dit moi je vais la dire

Ybelion — ça c'est un j'aime beaucoup cette ambition de vouloir aussi au travers de ces textes d'inviter les gens à se poser des questions tu vois d'apprendre à entendre ce qu'on peut dire comme étant des questions ouvertes auxquelles c'est aussi à nous de trouver les réponses plutôt que d'ingérer sans réfléchir tout ce qu'on peut nous dire et ouais c'est je sens ça aussi c'est fou franchement ça donne vraiment envie de lire

Léo Codh — bah merci mais c'est pour ça aussi que le choix de faire de Will un enfant un ado au delà de pouvoir suivre tout son parcours c'est parce qu'il se débarrasse petit à petit déjà il se débarrasse de sa naïveté il se rend compte de l'ampleur des choses il peut et tu as cette espèce d'innocence arrachée du j'ai cru à ça et en fait je me rends compte de l'horreur ce dans quoi je suis puis il y a aussi le fait que c'est vachement plus facile de faire sympathiser des lecteurs qui ne seraient pas forcément sympathisants avec un gamin qu'avec un adulte parce que c'est difficile d'haïr un gosse mais du coup il y a tout ce truc du c'est encore plus présent chez lui de se dire ah ouais d'accord donc là on m'a menti et c'est un espèce de truc où d'un coup le père noël il n'existe pas quoi

Ybelion — ouais le roi se brise et

Léo Codh — c'est ça

Ybelion — et ouais ça c'est ouais c'est trop cool c'est trop cool comme thématique j'étais déjà bien emporté par le vampire qui ne vampirise pas mais là je trouve ça je trouve que le niveau enfin après c'est peut-être là je sens aussi que l'intention qui m'était derrière les deux romans n'était pas le même mais les enjeux

Léo Codh — sont vraiment beaucoup plus sont vraiment beaucoup plus politiques dans le sens où tu vois en France t'es souhait tu vois en France

Ybelion — c'est mon chien hop je t'écoute toujours

Le retard français sur la représentation

Léo Codh — tu vois en France il n'y a pas de mise en avant de ces textes en aux Etats-Unis il y a un auteur best-seller New York Times blablabla qui s'appelle Aiden Thomas qui a fait deux livres dont le premier Cemetery Boys a fait très bien marché pareil best-seller New York Times top sales etc tout ce que tu veux et qui parle d'un adotrans qui se retrouve à affirmer sa place dans une famille dans une famille hispano qui sont des passeurs qui sont des passeurs de fantômes et du coup son livre a super bien marché il est vendu partout en même temps les chiffres de vente aux US des romans et des représentations LGBT sont démentielles par rapport à la France on a vraiment un gros retard là-dessus et en fait ce livre je l'ai retrouvé par hasard au fin fond d'une librairie dans une étagère spécialisée et c'est tout il y a une librairie à Bordeaux qui le vend et le livre il a cartonné aux Etats-Unis mais en France les thématiques n'intéressent pas

Ybelion — du tout

Léo Codh — c'est pas mis en avant alors qu'en réalité le bouquin il s'est pas juste vendu auprès aux US auprès de la population queer c'est pas vrai tout comme le chant d'Achille ne s'est pas vendu qu'à des gays bah non c'est pas le cas c'est juste le bouquin est bon il parle d'une thématique ça fait partie du personnage et il est mis en avant comme étant un bon livre et là pour le coup il est même pas vendu il est même pas il est même pas vendu de manière correcte alors que vu le nombre d'import parce que là je regardais les chiffres lors de l'observance de l'imaginaire qui donne des conférences aux utopiales depuis 2018 tous les ans sur l'état des ventes de livres en France font état qu'en 2024 la production française de livres sur ce qui est vendu n'est et passée de 66% de la production c'était des français en 2020 en 2024 c'est plus que 40% ça veut dire que plus de 60% de ce qu'il y a sur les étals c'est des livres des US donc on est des gros lecteurs des produits d'import US mais malgré tout ces produits là ne sont pas mis en avant comme les autres

Ybelion — ça c'est fou ça c'est fou d'où l'importance aussi de promouvoir et de partager ce que ce qu'on peut écrire en France parce que c'est ouais mais c'est fou par contre c'est vrai tu vois j'avais pas cette tu vois c'est le bouquin dont tu parlais c'est malgré que ça soit un best-seller en fait je connaissais pas je connaissais pas

Léo Codh — bah je l'ai lu j'ai eu la chance j'ai eu la chance de pouvoir lire très correctement en anglais je l'ai lu je l'ai lu dans les deux versions ce que je me suis dit tant qu'à faire c'est vraiment un très bon bouquin nonobstant la thématique la thématique est beaucoup plus basée sur le beaucoup plus basée sur ce côté lien au fantôme et perte sa refus de vivre ou de mourir c'est basé vraiment autour de cette espèce de fantôme de fantôme et de départ de deuil que autour de la transidentité du personnage c'est ça

Ybelion — mais c'est ce que t'as dit c'est qu'en fait avant tout c'est des bonnes histoires avec de bons personnages et toi quand tu parlais de schisme typiquement en fait quand je t'entends parler même si je sens que ça a une place importante dans la thématique en fait j'ai oublié que tu parlais de ça ce qui m'a aussi touché c'est tout ce que t'amènes sur le rapport à l'identité trouver sa place les déconstructions qu'on peut faire aussi de toutes les injonctions les croyances avec lesquelles on grandit et ça au-delà des thématiques qui sont traitées à l'intérieur quelque part et c'est ça qui est trop cool et ouais

Le fun et la pédagogie comme voie de paix

Léo Codh — le truc c'est que si tu parles de quelque chose qui te touche et que t'essayes de faire un pas de côté et maintenant j'ai 36 ans et ça fait déjà pas mal de temps que j'écris mais que je traîne dans différents milieux en étant tatoueur en étant dans le milieu de la musique en étant dans pas mal de milieux artistiques en étant en ayant un peu traîné dans le milieu de la politique tu te rends compte que si tu fais un pas de côté et que tu parles des choses de manière fun et didactique ça touche beaucoup plus les gens donc quelle va être mon approche fun et didactique pour que ça touche et je c'était aussi le but c'est comment est-ce que en parlant du personnel toucher à l'universel qu'est-ce qui va rassembler qu'est-ce qui moi m'a touché et qu'est-ce qui au fond est important c'est quoi le fond de la chose et le fond c'est bah on a tous le droit de prendre notre identité de prendre notre identité pour nous et de la revendiquer quelle que soit notre identité ça peut être une passion qu'on a ça peut être la personne qu'on est ça peut être notre physique ça peut être une chose qui nous tient à coeur quelle que soit notre identité de l'affirmer de la revendiquer et de remettre en question les choses qu'on nous sert et de déconstruire effectivement comme tu le disais des présupposés qu'on va avoir et à partir de là bah moi j'ai un peu construit ce récit dessus et mais la volonté effectivement c'est de toucher à l'humain le j'aime profondément l'humain et je veux croire que même les personnes avec qui je ne suis pas d'accord sont des gens qui bah si c'est mes antagonistes ils ont raison du côté de leur histoire et moi je suis de l'autre côté de la barrière est-ce qu'on peut pas juste se parler et c'est pas en rejetant les personnes qui me rejettent ou qui ne pensent pas comme moi qu'on peut arriver avec un consensus où tout le monde puisse vivre chacun de son côté la pédagogie le fun le fait d'humaniser les choses le fait de donner de donner aux gens une personnalité le fait de donner une voix aux personnes qu'on n'entend pas forcément et le fait de considérer comme normatif des trucs qui ne sont pas des drames c'est peut-être aussi par la pédagogie la voix de la paix sociale à mon sens

Ybelion — ouais tout à fait je te rejoins totalement et je trouve que tu le résumes très bien et c'est et c'est aussi pour ça que c'est important que les gens écrivent quelque part parce que c'est aussi par la multiplicité de toutes ces de toutes ces histoires qui parlent de thématiques qui se regroupent souvent qu'elles prennent de l'ampleur et de l'écho et qu'elles sont entendues par toujours des gens différents dans des sphères différentes et que tout ça se croise et que tout ça évolue et ouais je trouve que tu l'as très bien résumé

Léo Codh — c'est on en parlait parce que je suis je suis fasciné par la thématique du complot du complot pas de pas des pas des complots en eux-mêmes je m'en fous mais comment est-ce que tu peux te retrouver enfermé dans une chambre d'écho telle que tu vas te retrouver à nier le reste

Ybelion — c'est fou ouais et intellectuellement c'est hyper intéressant

Léo Codh — intellectuellement c'est hyper intéressant et comment décrire le fait de se rendre compte qu'il y a autre chose et c'est pour ça que justement ça parle de cette rencontre c'est Will il a 11 ans quand il rencontre le personnage de Balder et ça fait depuis qu'il est tout petit qu'on le prévient contre ces gens-là et d'un coup il se retrouve face à quelqu'un qui n'est pas du tout ce qu'il aurait pu projeter sur lui et il est perdu il sait pas du tout comment faire et il est perdu et là où le personnage a cette facilité c'est que comme il lit beaucoup il a cette curiosité parce que bon on prêche pour sa paroisse aussi les livres c'est la vie mais il a cette curiosité de dire ok ça j'ai pas compris je veux savoir voilà et cette espèce d'ouverture de quelqu'un qui vient t'ouvrir une autre porte on t'avait même pas dit qu'elle existait et ça j'y crois profondément j'y crois profondément et c'est une thématique que j'aime beaucoup dans mes bouquins c'est si jamais si jamais si jamais t'y crois si jamais tu montres que ça existe si jamais t'en rêves c'est que ça peut exister parce que tu l'as déjà imaginé

Ybelion — c'est hyper j'aime beaucoup ce message positif

Léo Codh — on peut pas toujours on peut pas toujours être triste ben non et au contraire tu vois

Ybelion — c'est ça exactement parce qu'en fait tu vois c'est ça aussi tout je sais pas je suis un peu un fan aussi tu vois de quelle que soit l'histoire ou le film ou le livre que tu lis qui au premier abord paraît toujours parfois ou souvent déprimant je trouve que derrière il y a toujours beaucoup de messages d'espoir et tu vois

Léo Codh — je crois pas forcément au happy end parce que des fois il faut aussi pour moi il faut que les fins servent l'histoire il faut que les fins servent l'histoire si jamais j'ai besoin de choquer le lecteur pour faire un espèce de cautionary tale un warning il faut parfois que l'histoire elle se termine mal parce qu'à la fin la personne elle va se dire c'était tellement injuste que j'avais pas envie de voir ça dans ma vie ça peut arriver par contre il faut que ça serve l'histoire et je t'avoue le kill your gaze bury your gaze qui est donc la trope médiatique de dire que les personnages LGBT vont forcément finir dans le broyeur à viande à un moment parce que c'est rigolo et que c'est comme ça que 90% des représentations des personnages LGBT se sont retrouvées pendant plus de 30 ans dans tous les médias on peut peut-être dépasser la chose et les personnages queer et les personnages de toutes les minorités et personnages racisés ont eux aussi droit à leur APN et tu peux leur donner et tu peux servir le propos donc c'est vrai que j'ai tendance à essayer de servir le propos de manière à ne pas condamner les minorités parce que ça rend bien dans l'histoire

Ybelion — je comprends

Léo Codh — je comprends

Ybelion — et une question qui me revient là avec tout ce que tu as partagé et je suis curieux de savoir pourquoi tu as choisi Wattpad pour partager tous ces écrits plutôt que plutôt que le reste quelque part

Wattpad, parce que je voulais être lu

Léo Codh — parce que j'arrivais pas à me faire publier parce que en fait j'avais moi je suis étatoire je fais plein de trucs dans ma vie j'ai quand même une vie qui est pas mal occupée moi mon but c'est j'écris pas j'écris parce que ça me plaît mais j'écris parce que j'écris parce que à un moment j'ai pu me rendre compte de choses dans ma vie qui m'ont été offertes par des oeuvres et par des artistes qui m'ont forgé en tant que personne que moi je suis et c'est quelque chose que j'ai envie d'offrir aux gens d'après je me suis rendu compte je vois mon apprenti c'est pareil c'est un petit gars trans qui se retrouve devant un gap générationnel où il a personne on a ouais 20 ans de différence non pas 20 ans on a 15 ans de différence il se retrouve face à un gap générationnel où il n'y a pas d'adulte entre guillemets pour lui montrer que tu peux avoir la vie peut aussi bien se passer tu peux avoir une sérénité il n'a pas forcément grandi avec des représentations et moi j'ai eu ça moi j'ai eu la chance de me retrouver face à des super bouquins d'avoir une famille qui était d'un côté des deux côtés super ouverte d'avoir de trouver d'avoir de rencontrer pas en vrai mais de me retrouver face à l'image de David Bowie face à ce questionnement du genre face à plein de trucs et j'ai envie de pouvoir amener ça de pouvoir continuer cette chaîne de pouvoir continuer ces maillons de la chaîne et en fait pour moi publier c'est aller chercher des personnes qui auraient pourraient avoir besoin de ça ou pourraient être ouverts à ça et continuer cette chaîne le truc c'est que moi ce que je veux c'est pas gagner de l'argent avec mes livres et en faire mon métier parce que vu le temps que j'y passe je considère que c'est déjà mon métier moi ce que je voulais c'était d'être lu et comme j'arrivais pas à me faire publier pour différentes raisons en fait j'avais besoin de toucher un lectorat et sur Whatpad il y a un lectorat et donc je me suis dit est-ce que ce que j'écris parce que j'ai écrit pendant très longtemps pour moi est-ce que ce que j'écris peut toucher ce lectorat est-ce que je peux connecter avec ces gens est-ce que ça a du sens et dans ce cas là comment ajuster ce que je fais est-ce que ce serait pas aussi une manière d'apprendre de partager et d'apprendre des retours des lecteurs etc donc pour moi c'est autant une manière de partager ce que je fais de trouver ces lecteurs là bah que je bah comme je peux je ne peux pas me faire publier pour le moment je n'ai pas été publié de pouvoir les de pouvoir ramener quand même des avis de lecteurs sur ce que je fais et de pouvoir connecter avec des gens qui pourraient être intéressés par ça parce que l'avantage de Whatpad c'est que si jamais ça te plaît pas tu fermes le chapitre c'est genre t'as toujours un taux démentiel de gens qui voient les tags sur tes trucs de premier chapitre et bah t'as une personne sur deux ça ne l'intéresse pas c'est pas son style c'est pas son truc c'est pas l'histoire que la personne cherchait dont la personne elle se barre elle ferme le livre quoi mais c'est normal t'as rien à payer donc tu t'en fous tu vois et pour moi bah les gens qui restent c'est des gens qui connectent et bah c'est des lecteurs avec qui je peux échanger et c'est hyper cool parce que bah j'échange beaucoup avec mes lecteurs là-dessus la communauté de Whatpad elle est hyper mimes et vraiment c'est un beau lieu d'échange et c'est un beau lieu d'apprentissage pour moi je vois très bien ce qui marche ou ce qui marche pas j'ai des chapitres où j'étais persuadée que ça allait cartonner où je me suis pris des fours de fou avec des retours où mes lecteurs étaient là genre ouais moins et des chapitres où je me suis dit ça je vais le publier je vais me planter et au final j'ai eu des super bons retours je vois ce qui marche et quand j'écris en fait quand j'écris je le mets sur Whatpad j'écris pas forcément pour Whatpad j'écris pour écrire mes histoires et j'aimerais beaucoup en faire publier mais j'ai quand même le crash test Whatpad de la communauté que j'ai qui suit ou non en fonction de ce qui les intéresse de ce que j'écris et du coup ça me permet quand même de partager ça et de pouvoir avoir ce lien avec les gens qui pourraient être touchés par ça comme il n'y a aucune obligation en fait ils lisent ce qui les touche et voilà

Ybelion — et d'ailleurs je trouve ça trop bien que tu vas se partager parce que ça casse aussi un peu le mythe de on peut raconter de très bonnes histoires quel que soit l'endroit où on les publie et je trouve que c'est important de le dire

Léo Codh — moi j'ai lu des spectabongers sur Whatpad il y a des trucs alors tout le monde peut écrire mais en même temps tout le monde écrit et après tout le monde peut écrire il y a des trucs qui sont plus ou moins faits pour ça qui sont plus ou moins accessibles il y a des trucs qui plaisent ça plaît ça marche très bien ça plaît pas ça plaît pas soit c'est pas fait pour la plateforme soit c'est pas les bons tags soit c'est pas mais en fait j'ai lu des sacrés bongers sur Whatpad de trucs qui étaient des romans de fantasy incroyables j'ai une amie qui écrit un roman de chevalerie qui a tout mis sur Whatpad c'est pareil elle s'est forgée une communauté mais de dingue et son bouquin tabasse c'est incroyable ce qu'elle écrit elle est reconstitutrice d'histoire médiévale et donc tout est accuré jusqu'à la dernière pièce d'armure elle a tout mis sur Whatpad et là elle en est à son troisième bouquin sur Whatpad ça bang ça bang c'est incroyable ça marche trop bien donc ouais il y a plein de trucs hyper bien et il y a des trucs qui sont pas ma cam mais de toute façon moi je pars du principe que si c'est lu et que ça trouve en public c'est pas à moi juger de la qualitativité c'est juste que ça me parle pas à moi quoi

Ybelion — exactement et puis en fait je trouve que derrière ça on oublie quand même aussi souvent le courage qu'on les a de partager tout simplement et ça c'est quelle que soit la qualité ou quelle que soit la vie qu'on peut en avoir parce que ça reste à la fin quand même subjectif à mon sens faut pas oublier le courage qu'ont les gens d'avoir quand même écrit quelque chose de l'avoir partagé et ça c'est déjà très bien je trouve

« Change ta manière d'écrire » : le retour éditorial

Léo Codh — mais tu vois ça me donne ça me donne aussi un recul par rapport au retour des éditeurs par rapport à certains retours des éditeurs parce que par rapport au retour des éditeurs par rapport à ce que pourrait en penser un certain public tu vois parce que Motika il écrit d'une manière un peu particulière parce que le personnage principal il part un peu dans tous les sens quand il pense et j'ai reçu un retour éditorial notamment qui me disait l'histoire est bien mais il faut que tu changes la manière d'écrire parce que parce que le public n'y accrochera jamais ce sera trop dur pour le public de le lire et en fait c'est pas du tout les retours qu'en font la communauté la communauté de Whatpad qui le lit parce que justement eux ils restent pour ça parce que ça les fait marrer et du coup je sais que si jamais je me fais publier j'ai pas forcément envie de changer ce qui a plu les éditeurs ils ont c'est leur métier ils ont raison sur certains trucs et ils ont raison sur certains trucs c'est normal c'est eux qui publient les livres ils savent ce qui marche mais je le prends avec un peu plus de recul maintenant parce que je vois aussi ce qui a touché les gens

Ybelion — exactement et c'est super que tu partages ce recul sur le monde de l'édition parce que à mon sens c'est vraiment tu vois deux parties distinctes quand même dans le processus de création d'une histoire t'as toute la partie artistique alors j'entends évidemment je prends la posture de quelqu'un qui écrit quand même pour lui avant tout même si t'as évidemment l'envie d'être lu etc mais quand t'as envie d'écrire pour toi à mon sens il y a quand même deux étapes t'as l'étape artistique qui vise à arriver à un manuscrit qui est terminé qui porte l'intention première que t'avais avec ce livre avec une histoire cohérente des personnages cohérents et quelque chose dont t'es fier et après t'as la posture que je qualifierais presque de commercial et marketing qui est toute l'aventure éditoriale et là forcément bah ouais il y a des questions qui est ok quel public je vise comment je lui parle et tout ça c'est une posture qui est quand même très différente et je pense surtout au primo-hauteur quand je pense à ça mais c'est important de pas laisser cette seconde partie parasiter la première parce que ça peut vraiment à la fois te miner le moral et à la fois t'envoyer sur des chemins qui sont pas le tien quoi et c'est vachement dur de naviguer sur un chemin qui est pas le tien ou sur lequel t'es pas forcément à l'aise la Estelle

Léo Codh — Estelle Fay quand j'avais c'est une personne que j'aime beaucoup que j'ai la chance d'avoir côtoyée m'avait dit un truc c'est faut que toi t'écrives ce que t'aimes et tombe sur la personne qui veut publier le même livre que toi tu écris

Ybelion — ouais

Léo Codh — et après je pense qu'on sait tous et j'ai la chance de pouvoir côtoyer des gens qui sont bien intégrés dans ce milieu que c'est très compliqué notamment le secteur de la fantasy en ce moment c'est très compliqué de les chiffres de Edistat sont très parlants à ce sujet c'est très compliqué de tirer son épingle du jeu là les chiffres de la représentation je regardais c'est 3,4% de la représentation médiatique c'est la c'est la c'est la sff donc on est vraiment c'est vraiment le secteur qui est qui est absolument pas représenté c'est un secteur qui il y a de plus en plus de petits éditeurs qui ferment les petits éditeurs qui veulent de moins en moins prendre des risques et en fait moi je constate un lissage un lissage de l'art et un lissage de ce qui est produit comme si parce que tout se casse la gueule bah en fait les éditeurs ils veulent publier ce qui va marcher sans se dire que bah ils peuvent sortir des sentiers battus et même sans parler de mon de c'est pas extrêmement important mais j'ai eu la chance de lire bah on parlait d'Orlane Orlane Escoffier j'ai eu la chance de lire un roman qu'elle n'arrive pas à caser depuis trois ans qui est un roman qui est formidable qui s'appelle Particule et où malgré le fait qu'elle publie et que ça marche bien pour elle et que bah son roman là il est en il est en bonne il est son roman milarca bah pour les prix de l'imaginal ça se profile bien etc félicitations à elle en même temps elle écrit de manière incroyable malgré tout ce roman là bah il est considéré comme étant trop risqué du coup bah les éditeurs malgré sa crédibilité ils ont fait ah ouais non tu vois et c'est même pas une primo-autrice c'est quelqu'un qui a fait ses preuves

Le lissage de l'art

Ybelion — ouais

Léo Codh — et il y a cette espèce de lissage alors que c'est et c'est plus intéressant que la majorité des choses qui se vendent moi je vais pas je vais pas mentir je ne lis plus que très peu de production française parce que parce que j'ai l'impression que sous principe de pas de pas perdre des parts de marché il y a peu de risques qui sont pris et qu'il y a peu de diversité qu'on propose très peu de diversité donc j'ai tant que j'imprunte mes bouquins quoi

Ybelion — ouais et puis c'est ce que tu dis est hyper intéressant et je te rejoins et en fait c'est dommage parce que c'est oublié que le principe même de l'art et de la créativité c'est en fait de sortir des sentiers battus et quand tout devient lisse quelque part tu racontes toujours la même chose et c'est pour ça que j'encourage les gens à oser quelque part embrasser l'unicité qu'ils portent parce que c'est comme ça que tu touches vraiment à quelque chose à la fin dont t'es fier et à mon sens qui résonne vraiment avec les gens mais tu vois

Léo Codh — tous les bouquins t'as qu'à regarder tous les bouquins sont pas la maison des feuilles ou les jardins statuaires tous les bouquins qui tous les bouquins bizarres vont pas finir aussi bien sûr que ça tu vois mais le truc c'est que si jamais personne les avait édité on aurait pas su qu'ils marchaient tu vois et c'est un truc de fou j'adorerais le moment où il y a quelqu'un qui va dire bah écoute Banco Orlan on publie ton livre parce que bah oui c'est un banger moi j'y crois tu vois

Ybelion — et en vrai la maison des feuilles est un excellent exemple parce que là on est vraiment on touche sur c'est presque enfin c'est vraiment un quelque chose d'artistique enfin au delà ça va au delà de l'écriture tu vois la forme a une importance enfin c'est dingue tu vois d'avoir créé ça au delà de l'écriture d'avoir créé ça et que quelqu'un ait l'idée de le publier je trouve ça génial et voilà et c'est vrai que sans quelque part là on est à l'extrême de la créativité

Léo Codh — oui

Ybelion — et sans aller jusqu'à cet extrême je pense que c'est important de s'autoriser notre créativité quelque part

Léo Codh — mais je crois que le truc que les refus éditoriaux que j'entends que ce soit les miens ou ceux de mes amis qui sont les plus fréquents nonobstant je pense une peur d'avoir des choses qui sont trop tranchées en termes de peut-être représentation ce que je peux comprendre dans le monde actuel mais les retours que j'entends le plus c'est lisse le texte lisse le texte moins de personnalité dans le texte lisse le texte sujet-verbe-complément phrase courte lisse ton texte et ah ouais

Ybelion — je suis d'accord avec toi ça fait commentaire que je suis pas hyper fan j'avoue

Léo Codh — parce que le truc c'est que c'est que moi j'ai été élevé avec des bouquins alors des bouquins très j'ai été élevé avec des bouquins forcément formidables que ma grand-mère pouvait me sortir parce que en tant que prof de littérature elle savait trouver les trucs qui allaient m'intéresser mais tu vois genre moi j'imagine toujours des textes en mode Daniel Pénac qui serait lissé je me dis mais ce serait trop chiant tu vois et que ce genre de truc c'est genre est-ce que du coup on a la chance d'avoir une langue après l'anglais aussi est magnifique et sert très bien sa forme mais on a la chance d'avoir une langue qui est quand même mondialement reconnue comme étant une langue avec un vocabulaire extrêmement fouillé extrêmement varié avec une musique une musicalité qui est une langue de poésie qui fonctionne très bien ça peut donner à cette forme de texte quelque chose de forcément formidable à maîtriser parce que forcément si tu vas trop loin tu fais oui des fois tu peux noyer ton texte bien sûr mais c'est un outil cette forme qui peut servir le fond aussi et auquel je pense il faut s'attacher et je ne crois pas au fait de devoir lisser la forme pour faire ressortir le fond pas toujours

Ybelion — je suis totalement d'accord avec toi et effectivement après il y a bien l'enjeu de oui c'est bien beau de dire non mais en fait je fais comme ça parce que je suis créatif et je ne respecte pas les règles derrière tu as aussi forcément quelque part pour briser les règles il faut aussi en connaître un petit peu les codes c'est oui c'est bien sûr mais une fois qu'on a dit ça en fait autorisons-nous à en conscience à faire des choses qui sont parfois pas faites quoi quelque part

Léo Codh — c'est ça et le truc c'est que pour moi je vois il y a des très belles choses qui sortent tout ce qui va évidemment les bouquins de LCL sont formidables j'ai eu beaucoup de chance de pouvoir ce qu'a fait Thibaut Lafargue le bouffon de la couronne qui en a mis aussi est formidable les bouquins de Morgane Cossarieux sont des beaux ovnis etc et le truc c'est que pour la et c'est pareil ce que fait Stéphane Plateau qui est un barde devant l'éternel sont des trucs incroyables mais le truc c'est que ou les belles choses que peuvent sortir Florian Soulas néanmoins t'as trop peu de pépites d'inventivité où moi j'aurais jamais pensé me dire que devant tant de livres je pouvais m'ennuyer quoi et peut-être que c'est très désillusionné de dire ça mais je m'ennuie un peu devant des propositions qui sont parfois trop lisses et où je voudrais pouvoir voir de la de la diversité dans ce paysage mais de la diversité même de style tu vois au pire si j'aime pas c'est pas grave il y a quelqu'un qui l'aura fait tu vois

Ybelion — ouais exactement moi ce que j'aime bien ce que j'aime bien me dire quand je lis un bouquin c'est putain j'aurais jamais réussi à écrire ça tu vois genre tu touches à quelque chose de tellement unique où tu dis putain mais attends le gars a vraiment réussi à mettre les mots dans cet ordre là pour dire ça et ça me fait ressentir ça je trouve ça dingue j'ai pas d'exemple qui me vient comme ça si par exemple tu vois Damasio moi m'avait mis un peu cette claque là de dire quand je le lisais je me disais ah ouais je serais pas capable de faire pareil tu vois il y a certains auteurs parfois tu les lis et ça enlève rien à leur talent attention tu les lis tu dis peut-être que j'arriverais à faire la même chose alors je dis ça de manière volontairement un peu arrogante tu vois je sais que c'est pas le cas mais voilà je trouve que j'aime bien ce truc de me dire ça je serais pas capable de le faire bah en fait le truc c'est que

Léo Codh — je ouais tu sais genre il y a la multiplicité de l'humain est tellement belle qu'il peut y avoir tellement de moyens de dire la même phrase en fonction des gens et j'aimerais pouvoir voir ces différents moyens de dire la même phrase en fonction des auteurs qui l'écrivent chacun a sa musique interne et j'ai envie de lire cette musique

Ybelion — ouais ça c'est ça rejoint quelque chose que t'as dit tout à l'heure je sais plus dans quel cadre mais t'évoquais le fait que en fait à la fin on est des passeurs d'histoire tu vois on lit on est inspiré par des choses et à la fin on en fait quelque part notre tambouille interne et on partage cette histoire ensuite à d'autres et c'est ça qui est super beau c'est qu'en fait depuis des siècles et toi qui as été beaucoup inspiré par les contes et les mythologies toutes les histoires qu'on raconte aujourd'hui c'est déjà des thématiques qui ont été abordées à cette époque là et pourtant ça marche toujours autant et pourtant on trouve toujours de nouvelles manières de faire et j'aime bien aussi voir l'écriture et le fait d'oser écrire tu vois vraiment au sens propre comme une manière de continuer à transmettre ces histoires tu sais comme une responsabilité qu'on porterait de dire j'ai besoin de faire passer ce message et de continuer à le faire passer parce qu'il y a des gens avant moi qui me l'ont fait passer tu vois

Léo Codh — c'est ça mais c'est l'euphorie du passage de témoins

La Belle et la Bête, la même histoire depuis 2000 ans

Ybelion — tu vois

Léo Codh — pendant très longtemps j'avais fait j'avais préparé une espèce de petite décès très long parce que j'avais passé j'avais tenu un blog pendant deux ans sur ce thème qui était le thème des différentes versions et des différents mythes de la belle et la bête qui est un thème que tu retrouves de la Grèce antique dans les pays celtes avec la légende de Tamlin que tu retrouves avec à l'ouest du soleil à l'est de la lune en Norvège que tu retrouves que tu retrouves jusqu'en Inde dans certaines de ces versions et chacune de ces versions qui reprend le même fond mais avec une forme différente et où au final tu vas te retrouver toujours devant cette espèce de schéma qui va être porté par une histoire qui a du coup plus de 2000 ans les traces sont très lointaines et où du coup tu peux te retrouver à redire la même histoire qui va t'attacher qui va marquer différents peuples qui va marquer différents trucs et les gens n'en ont pas marre sinon elles ne seraient pas racontées depuis 2000 ans elles ne nous fascineraient pas à ce point là mais pourtant la belle et la bête ce thème du monstre sauvé par l'acceptation et l'amour de c'est réussi jeune fille sorcière voilà et quand même une histoire qui est le lien vers l'humanité et l'amour qui dépasse l'image c'est une histoire qui est racontée depuis 2000 ans et les gens ne s'en lassent pas parce que cette histoire elle est ancrée dans l'humain elle touche à quelque chose de tellement fort et pourtant et tu peux la raconter et la re-raconter et la re-re-raconter et mais il faut trouver ta forme chacun a le droit de donner sa forme et on ne fait que raconter la même histoire t'as qu'à regarder Spielberg avec le héros mille visages qui s'est dit bah tiens je vais appliquer thématiquement ça et ça va donner Lucas avec le héros mille visages et qui dit thématiquement je vais appliquer ça va donner Star Wars Pouf Sky Jesus quoi et mais c'est ça

Ybelion — c'est de très de très bons exemples et ça prouve bien tu vois que quand on se pose la question de ah mais est-ce que cette histoire elle existe déjà etc en fait bon c'est une phrase bateau mais moi j'aime bien la répéter parce qu'elle est importante quand même c'est oui toutes les histoires existent mais pas écrites par toi tu vois et ça je pense que c'est important de le répéter

Les gens ne sont jamais leurs clichés

Léo Codh — c'est ça et la c'est ça la pluralité chaque personne moi c'est un truc dont je me suis rendu compte en tatouant j'ai la chance en faisant ce métier de passer du coup de longues heures avec des personnes très différentes de milieux très différents et c'est un métier qui moi m'aide beaucoup à démonter mes clichés parce que chaque personne que je me rencontre que je rencontre je peux avoir t'as toujours un petit a priori tu vois et d'autant plus quand t'es une personne qui t'es fait beaucoup bâcher pour ton apparence ou pour insérer truc tu as jeune ce métier m'apprend à pas me méfier de l'autre parce que je découvre dans les gens au fur et à mesure des conversations j'aime beaucoup parler aux gens quand je parle ni qu'est-ce que t'aimes qu'est-ce que tu fais etc je me retrouve des points communs avec des gens formidables des gens qui vont des gens qui vont m'apprendre tout un tas de trucs sur eux-mêmes les gens ne sont jamais leurs clichés les gens sont toujours plus que la somme de leurs clichés plus que la somme de ce qu'on pourrait leur caler dessus découvrir l'individu derrière ce que tu pourrais penser qu'il est c'est formidable chacun a des chacun a quelque chose à nous apprendre chacun a un peu de sagesse à nous apporter chacun peut faire un écho en bien ou en mal en positif ou en négatif avec ce qu'on est et nous montrer quelque chose de neuf il y a toujours chez quelqu'un l'autre c'est pas nous mais l'autre c'est un nous potentiel l'autre c'est une autre personne avec sa propre histoire qui de toute façon aura vécu des choses qui sont très différentes de ce qu'on a vécu que est-ce qu'on pourrait pas en apprendre et être laisser les gens être les conteurs de leurs histoires parce que moi j'adore quand les gens se racontent et m'apprennent des trucs sur eux ou m'apprennent des trucs sur la vie

Ybelion — j'ai pas autre chose à te dire que merci pour ce partage parce que je te rejoins entièrement et je trouve que ça fait une très belle conclusion comme message merci d'être venu et d'avoir partagé plein de choses sur ton parcours et sur tes écrits

Léo Codh — merci à toi merci à toi de m'avoir invité c'était hyper cool c'était hyper intéressant et merci à Orlan de m'avoir passé exactement

Ybelion — j'allais même pousser le big up plus loin merci à Thibaut qui m'avait renvoyé vers Orlan et Orlan qui m'a renvoyé vers toi j'aime beaucoup cette chaîne et ça m'a fait découvrir des parcours et des histoires passionnantes et j'ai très hâte de découvrir tout ça

Léo Codh — c'était un grand plaisir merci énormément

Épisode 81 avec Léo Codh

AU MICRO AVEC

Léo Codh