Que faire des clichés du genre dans lequel tu écris ?
CE QUE RACONTE CET ÉPISODE
Marine Shapan est thérapeute de couple et sexologue clinicienne, et elle écrit de la romantésie. Autant dire qu'elle voit passer les schémas de masculinité toxique avec un œil que peu d'auteurs ont. En relisant la première version de son roman, écrit au collège et repris quinze ans plus tard, elle les retrouve tous, y compris l'enlèvement présenté comme acceptable. Sa phrase là-dessus est honnête : moi la première, je suis tombée dedans, et je tombe encore dedans.
Ce qu'elle décide alors est plus intéressant que de tout couper. Elle garde la scène et en fait le point culminant, puis refuse toute escalade après. Le cliché devient un point de bascule plutôt qu'un décor qu'on reproduit sans y penser.
À partir de là, son personnage masculin se déconstruit tout du long. Il ose être vulnérable, être faible, ne pas comprendre, s'excuser. Et à la fin du tome 2, il ne se pardonnera jamais. Il a seulement appris à vivre avec, ce qui me paraît beaucoup plus juste qu'une rédemption propre.
Dans cet épisode, on parle aussi de son chemin vers l'auto-édition et de ses deux campagnes Ulule, de la carapace qu'elle s'était construite face aux émotions, et de ce que l'écriture lui a permis de ressentir.
LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE
CAROUSEL À VENIR
Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.
Face B — le transcript
L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE
Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !
Intro
Ybelion — Yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans le 72e épisode d'Ose Écrire. Et aujourd'hui, j'accueille Marine. Avec elle, on parle de son parcours d'écriture, de son choix de l'auto-édition, mais aussi de l'importance de l'entourage, d'aborder des thèmes comme la déconstruction des schémas de masculinité ou encore de l'importance des émotions dans tout ce travail. Bref, je vous laisse avec cet épisode passionnant et je vous dis à très vite. Moi, c'est Sam, Ybelion de Mon Nom de Plume. Je suis écrivain, coach et j'accompagne celles et ceux qui veulent renouer avec leurs rêves d'écriture. T'écoutes un podcast dont l'intention est simple, te donner inspiration, outils, motivation, discipline, bref, tout ce qui peut te permettre d'oser écrire. En gros, c'est un peu dans le titre, Ose Écrire. J'ai vu qu'elle marchait super bien, non ?
Une campagne Ulule qui décolle
Marine Shapan — Oui, je suis vraiment très contente pour un tome 2, franchement, j'ai pas à me blindre.
Ybelion — Putain, c'est trop bien. Qu'est-ce que... Le premier, t'avais fait aussi en campagne comme ça ?
Marine Shapan — Ouais, j'avais fait un peu moins du coup, mais ça avait quand même super bien marché en fait.
Ybelion — T'as ces fous... Alors j'avoue que j'ai pas tout regardé la campagne, donc peut-être que je vais dire des bêtises, mais du coup, t'es là de toute manière pour les corriger. Là, du coup, t'as ressorti seulement le tome 2, ou t'as aussi le tome 1 ? Parce que du coup, si ça marche mieux le tome 2, ça veut dire qu'il y a des gens qui t'ont découvert entre temps ?
Marine Shapan — Oui, c'est ça. Là, du coup, sur la campagne du tome 2, j'ai mis le tome 1 et le tome 2. Donc il y a quand même pas mal de gens qui ont pris les deux tomes en même temps, et il y en a beaucoup aussi qui ont pris juste le tome 2.
Ybelion — C'est incroyable, bravo. T'as encore des paliers en tête que t'aimerais bien débloquer ? Parce qu'ils sont très cools.
Marine Shapan — On a tout débloqué, et j'ai même ajouté un petit truc surprise en fait, que les gens y découvriront quand ils ouvriront leur colis, parce qu'ils ont participé et qu'ils ont fait décoller la campagne. Donc voilà, c'était le petit bonus.
Ybelion — Incroyable, incroyable. Et tu l'avais préparé depuis longtemps ? Entre guillemets, c'est quoi le secret d'une campagne UL bien rondement menée ?
« J'ai gardé le cliché pour mieux le retourner »
Le « secret » d'une campagne réussie
Marine Shapan — Après, je ne fais pas non plus partie des campagnes UL qui décollent énormément comme d'autres. Mais c'est de... En fait, il y a plusieurs choses qui peuvent fonctionner et pas fonctionner, mais déjà, le truc essentiel, c'est le visuel, quelque chose de simple en fait. Moi, je serais que je ne suis pas du tout graphiste, je n'ai pas de connaissances dans tout ça, mais j'ai essayé de faire quelque chose le plus net possible, avec une meilleure compréhension. Ça, je pense que c'est super important. Pas trop de packs non plus, parce que ça peut perdre les gens. Des prix qui sont corrects par rapport aussi à ce que tu proposes, forcément. Et puis après, je pense que c'est la communauté derrière qui fait beaucoup de choses.
Ybelion — Et donc, la persévérance et toute l'énergie qu'on met dans le partage de notre passion, finalement. Oui. C'est pour ça que c'est un peu une question piège de parler de secrets dans ce genre de choses, parce qu'en fait, il n'y en a pas vraiment.
Marine Shapan — Il y a des trucs de base à avoir, forcément.
Ybelion — Que tu as partagé, effectivement.
Marine Shapan — Oui. Mais après, tu as aussi une petite part de chance, et puis tu as une part... Ça peut être aussi la période, ça peut être aussi... Si tu arrives dans plein de sorties littéraires, les gens, du coup, ils vont aller directement vers ce qui est le plus accessible et en direct. C'est vrai. Il y a plein de trucs.
Ybelion — C'est vrai. Donc, à la fin, autant se concentrer sur ce qui est à notre main, et donc sur le visuel, etc., tout ce que tu as évoqué. Oui, exactement. Et qu'est-ce qui t'avait fait choisir le fonctionnement via une campagne Ulule, plutôt qu'un autre fonctionnement ?
Pourquoi Ulule plutôt qu'Amazon
Marine Shapan — C'est vrai que moi, j'aime bien quand la qualité est là. Donc, passer par un imprimeur, pour moi, c'était super important. OK. Et puis, ça permettait aussi, avec l'aspect palier, de débloquer des choses, et du coup, d'avoir un objet livre encore plus qualitatif. C'était vraiment pour pousser l'objet livre jusqu'au bout. Et puis, d'avoir directement une somme qui est récoltée, ça permet de moins avancer. J'avais quand même beaucoup avancé pour mon tome 1. Mon tome 2, pareil, j'ai avancé pas mal de choses, que j'ai un petit peu une trésorerie maintenant, grâce à mon premier tome, donc c'est trop bien. Mais voilà, ça permet vraiment de faire des grosses impressions, en fait, et d'être tranquille.
Ybelion — OK. C'est ça qui t'a fait choisir, par exemple, par rapport à une auto-édition plus classique sur Amazon ? Et l'aspect édition, t'y avais pensé ? Ou c'était même pas ton objectif ?
Marine Shapan — Alors, j'y réfléchis. Mais c'était pas... Pour moi, aucune maison d'édition n'aurait pu porter mon projet.
« Aucune maison d'édition n'aurait pu porter mon projet »
Ybelion — C'est beau ce que tu dis. J'adore.
Marine Shapan — C'est un roman que j'ai imaginé quand j'étais au collège, donc il y a plus de 15 ans maintenant. OK. Ça me tenait trop à cœur. C'était mon histoire, et c'était à moi de la porter jusqu'au bout.
Ybelion — C'est trop touchant. Et je trouve que c'est hyper inspirant. C'est une belle manière aussi de montrer qu'il n'y a pas que justement la voie d'édition très classique. Et aujourd'hui, on a la chance d'avoir plein d'outils à nos côtés. Alors, ça ne veut pas dire que ça simplifie le chemin. Non. Mais en tout cas, il y a des chemins qui existent. Et du coup, tu es la preuve que ce chemin est empruntable. Donc, bravo de montrer la voie. Merci.
Seule, c'était une montagne
Marine Shapan — Moi, je me suis inspirée des copines qui ont été faits depuis quelques années. Bien sûr. Et qui m'ont rassurée, qui m'ont aiguillée. Enfin voilà, dès que j'ai des questions et tout. Enfin vraiment, je n'ai pas fait tout ça toute seule. Et toute seule, je n'aurais pas pu en fait, tout simplement. Ça fait trop une montagne d'un coup. Il faut tellement s'entourer. C'est plus accessible en s'entourant.
Ybelion — Je comprends. Comment tu as fait pour trouver les bonnes personnes pour t'entourer ?
Marine Shapan — Je pense que là, il y a aussi un aspect chance. qui rentre en compte. Avec le fait de justement un peu, tout ce qui est réseaux sociaux, plus on va être authentique et plus en fait, on va attirer les personnes qui nous correspondent. Ça, pour moi, c'est vraiment la base. Et ça va de pair en fait avec la communauté qu'on a. Plus tu es authentique, plus tu vas avoir des gens avec qui en fait, ça va matcher. Après, forcément, il y a toujours des gens où ça ne matchera pas, mais c'est un autre débat. Et du coup, pour les gens que j'ai rencontrés, il y en a, c'était donc via les réseaux, j'ai commencé par faire certaines bêtas de romans, d'autrices que j'aimais bien. Et du coup, voilà, d'avoir des premiers contacts. Puis bon, quand ça matche, c'est cool, ça peut aller plus loin. Et puis après, j'ai fait le salon de Montreuil aussi à Paris.
Ybelion — Ah oui.
Marine Shapan — Je savais que c'était un peu un endroit où il fallait aller. Et je me suis dit, parce que j'ai une pote, Astrid, qui est à Angers aussi, et on s'était rencontrés, je me suis dit, via les réseaux, on s'est dit, viens, on habite à côté, viens, on se rencontre quoi. Ça a ultra bien matché. Et elle m'a dit, tiens, je vais à Montreuil, Stanish. Ah bah, ok, je te suis. Je veux tester, je veux voir. Et là-bas, j'ai rencontré un soutien incroyable, juste avant ma campagne Ulule. Quelques mois avant ma campagne Ulule, du coup, du tome 1. Et en fait, les gens, ils ont repartagé à fond. Ils étaient tous derrière moi. Et voilà, j'ai eu de la chance de rencontrer des personnes qui ont été touchées par moi, qui, moi, ont été touchées par eux. Et du coup, bah voilà, ça a fait ça comme ça. Puis bah après...
Ybelion — C'est incroyable. C'est vraiment le petit effet papillon d'oser quelque chose dans un monde qui te passionne. Ouais. Et c'est vrai qu'on se rend pas compte de... Juste par exemple, le fait de partager quelque chose sur, en l'occurrence là, le bookstagram, jusqu'à où ça peut aller quoi. Et c'est un truc de fou, c'est un truc de fou.
Marine Shapan — Ouais. Moi, j'ai des super amies que je... Je pourrais pas vivre sans elles maintenant. Enfin, vraiment, ça a changé ma vie. Bookstagram, vraiment... Incroyable, quoi.
Ybelion — C'est beau. Voilà, comme quoi, les réseaux ont aussi leur lot de positivité. Exactement. Même si, évidemment, voilà, toutes les bonnes choses, on leur repart d'ombre, mais il y a quand même beaucoup de positifs, ouais. Incroyable. Et donc, j'ai entendu tout à l'heure, là, tu disais que c'était une idée que t'avais depuis le collège. Comment t'as réussi à... À transformer, entre guillemets, cette idée de... De personnes plutôt jeunes, enfin, adolescentes, en une idée qui, aujourd'hui, colle à un... j'ai pas le terme qui vient, j'ai vrai roman, mais vrai, ça veut rien dire. Donc, je vais plutôt te partager. À mon sens, je trouve que c'est toujours un enjeu de prendre une idée qu'on a eue en tant qu'adolescent et de l'écrire en tant qu'adulte parce qu'on se rend compte aussi de tous les défauts et de toutes les faiblesses qu'elle a. Et c'était un peu ça, plutôt le sens de ma question.
Un roman du collège, quinze ans après
Marine Shapan — Ouais. Bah, en fait, ce roman, j'ai toujours su que j'en ferais quelque chose. Mais avec les études, je l'avais mis de côté parce que j'avais autre chose à écrire, en fait, tout simplement. J'avais pas du tout de temps. Mais dès que mes études... Dès que j'étais en dernière année de mes études, il y a eu ce taux de... Ah, je vais pouvoir remettre le nez dedans et tout. Donc, des fois, je faisais des petits allers-retours. Mais j'étais pas dans... Enfin, je le reprenais. Enfin, ce bouquin, je l'ai repris. Il a je sais pas combien de versions. J'ai arrêté de compter. Je les ai reprises. Et puis, c'est avec Bookstar, en fait, que je me suis rendue compte de... Ah, il y a une façon... Enfin, il y a une méthode pour écrire un livre. Et en fait, je me suis intéressée... Alors, oui, j'ai pu lire des... Comment on appelle ça ? Oh, waouh. Ça, tu vois, c'est mon cerveau. Ça, il bug souvent comme ça. C'est pas de problème.
Ybelion — Prends ton temps.
Marine Shapan — Ah, comment... Des conseils d'écriture. Voilà. J'ai vu qu'il y avait des choses comme ça. Et j'ai jamais rien pris pour acquis. J'ai essayé souvent ce qu'on pouvait proposer. J'ai pu voir, je pense, si moi, ça me correspondait. Correspondait, pardon. Et c'est avec tout ça en fait que je me suis dit ah, ok, ça, en fait, il y a des méthodes. J'ai vu qu'il y avait tout un tas de formations en ligne qui existaient qui sont faites par des gens incroyables. Cyril Destocky.
Ybelion — Oui, c'est vrai. C'est une des premières personnes que j'ai connues sur YouTube.
Marine Shapan — C'est clair.
Ybelion — Alors, je ne suis pas friand du format formation à titre très personnel. Oui. Mais effectivement, pour certains, c'est très bien. Et pour certaines problématiques, ça marche très bien.
Marine Shapan — Moi, j'ai un cerveau où il faut qu'il soit cadré parce que moi, je pars dans tous les sens. Donc moi, une petite formation qui est très concise, pour moi, c'est parfait. Ah ouais. Donc du coup, j'ai commencé à faire tout ça. Donc j'ai repris mon livre avec toutes ces méthodes à mettre en place petit à petit. Et puis après, voilà, entourée de bêta-lecteurs et tout. Et puis c'est là où j'ai aussi vu les biais que j'avais. On peut dire biais au sens très large, en fait, toutes les erreurs que j'ai pu faire. Et avec ma formation, justement, de thérapeute de couple et sexologue clinicienne, eh bien en fait, j'ai pu vraiment voir à quel point c'était terrible tout ce qui était dans la littérature et à quel point on a dit, c'est OK. Non, c'est pas OK.
Voir ses biais grâce à son métier
Ybelion — C'est clair.
Marine Shapan — Mais moi, la première, je suis tombée dedans. Et je tombe encore dedans. Enfin, on a tous des biais, on en aura tous toujours. Ce qui compte, c'est de travailler dessus et de se dire que voilà, on n'est pas parfait et qu'il faut essayer au moins de corriger tout ça.
Ybelion — Putain, j'adore. Je suis trop touché par ce que tu dis parce que c'est tellement vrai. Je ne savais pas que tu faisais ce métier. Trop cool. On est quelque part collègues puisqu'on aide les gens à vaincre leurs biais alors de manière différente. Mais effectivement, ouais, c'est... Putain, je suis en train de me perdre. Je trouve que c'est... tu as partagé quelque chose de très beau quand tu as dit que effectivement, tout ça, c'est un processus un peu itératif pour apprendre à se connaître. Effectivement, tu trouves plein de conseils, tu trouves plein... On te donne plein de trucs de secrets. Bref, on peut mettre le mot qu'on veut derrière. L'essentiel, c'est toujours de savoir ce qui marche pour nous. Et pour ça, effectivement, il n'y a pas d'autre choix quelque part que d'essayer et surtout de sortir de la confusion de tout ce qu'on peut t'amener en quelque sorte. Et c'est ça qui n'est pas forcément évident à faire tout seul, d'aller connecter à ce qui marche pour nous. Et d'autant, tu l'as dit, quand on a des esprits qui parfois partent dans tous les sens, ce n'est pas toujours évident de réussir à bien se cadrer. Parce qu'en plus, il y a certaines personnes pour qui bien se cadrer, c'est totalement contre-productif, même quand on part dans tous les sens. Et ensuite, j'ai une question sur ça, mais je finis juste sur le passage que tu as fait sur tous les modèles que peuvent véhiculer aussi la littérature et que tu évoquais via ton métier. Oui, ça, c'est un sujet hyper touchant. Et en l'occurrence, l'écriture est un beau moyen de, entre guillemets, combattre ces préjugés, croyances, injonctions. Bref, on peut mettre aussi le mot qu'on veut, mais bon message. Bon message. Donc, j'imagine que dans... Attends, le deuxième tome, c'est l'emprise, c'est ça ?
Marine Shapan — L'emprise des ténèbres.
Ybelion — L'emprise des ténèbres. J'imagine que du coup, dans la duologie, tu as quand même... ton métier, tu as aidé. Puisqu'en plus, on est dans de la romantésie. Oui,
Argawen, la masculinité toxique en sous-texte
Marine Shapan — exactement. Pour faire la petite transition, je pense, Argawen, lui, c'est un elfe des ténèbres, il n'a pas d'émotion. Donc, ça fait vraiment écho à la masculinité toxique qu'on apprend, en fait, aux garçons. Et du coup, lui, Argawen, c'est en mode sous-texte. Je ne dis pas à proprement parler qu'Argawen est une personne toxique, patati patata. mais c'est par des comportements, des situations, des interactions qu'il va y avoir avec la personnage féminine qui, elle, a aussi ce côté qu'on apprend d'une femme, en fait, à devenir, de savoir écouter les autres, d'être présents. Et elle, voilà, Chaline, elle est quand même dedans. En plus, c'est une enfant qui a été abandonnée, elle a pris soin d'une petite sœur qui a été à l'orphelinat. Enfin, voilà. En fait, le tout n'est pas de tout supprimer parce que, du coup, ça ne serait plus du tout humain donc ça n'aurait aucun sens. Mais, en fonction de certains thèmes qu'on a envie d'aborder, c'est de travailler ces thèmes-là différemment et de montrer qu'il y a d'autres choses qui sont possibles.
Ybelion — Comment tu arrives à toucher au plus juste de la réalité, tu vois, dans ces schémas que tu as envie de peindre et en même temps ensuite de déconstruire ? Je ne sais pas si ma question est très claire, mais...
Puiser dans son vécu pour sonner juste
Marine Shapan — Je vais te répondre puis tu me diras si ça faisait sens. En vrai, je m'inspire énormément de moi, de mon vécu et du vécu de mes proches que j'ai pu entendre et je me remémore en fait une situation classique qui n'a pas pu me blesser ou je ne me suis pas sentie à l'aise et je me dis « Ok, qu'est-ce qui m'a dérangée dans cette situation-là ? » « Qu'est-ce que j'ai ressenti ? » Et après, j'essaye de retranscrire comme ça.
Ybelion — C'est hyper intéressant et ça répond bien à ma question du coup. Et quelque part, c'est un peu un processus qu'on peut appliquer dans quasiment toutes les situations de notre vie de... C'est vrai de... Je ne sais pas comment dire mais de traverser les émotions plutôt que de les cacher ou de dire « Non, mais elles n'existent pas. » Et quelque part, j'ai remarqué aussi à moi, ça m'a beaucoup aidé et ça en aide aussi d'autres. C'est pour ça que je le partage. Mais tu vois, le côté... L'écriture au sens juste libérer ce qu'on a dans la tête moi, m'a permis de traverser beaucoup d'émotions. Au sens de... Ok, là, je suis en colère. Écris pourquoi tu es en colère. Même si ça te semble débile, même si ça te semble irrationnel. Tu vois, t'écris, t'écris et quelque part, ça te reconnecte aussi à toi, ta vérité intérieure un peu. De dire « Attends, mais en fait, voilà, je l'ai exprimé, cette colère, je me rends bien compte que ça vient de mon passé, de mes blessures, etc. » Et effectivement, c'est un très beau parallèle que tu fais avec comment rendre une histoire réelle. C'est se reconnecter à ces moments-là. C'est ça qui rend parfois le processus d'écriture un petit peu difficile aussi, quelque part.
Marine Shapan — Oui. Et que, bah oui, qu'on n'a jamais vécu. Et là, c'est super dur d'aller retranscrire et de ne pas passer à côté. Mais d'où l'intérêt aussi d'aller s'entourer de bêta-lecteurs, de personnes qui ont pu vivre ces choses-là et de pouvoir retranscrire de manière plus juste.
Ybelion — Et tu soulignes quelque chose encore une fois très intéressant. C'est un mot que j'utilise beaucoup au fil des épisodes, je me rends compte, mais ça reste vrai. Le côté bêta-lecture est aussi quelque chose à cadrer dans le processus parce qu'effectivement, on peut aller chercher des bêta-lecteurs pour des raisons différentes. Et celle que tu as évoquée de dire, bon bah là, j'ai une situation et en vérité, j'ai envie qu'elle soit la plus pertinente possible. Aller prendre quelqu'un qui a été confronté à cette situation est effectivement très pertinent. Même s'il ne relie que ce passage-là, par exemple. Est-ce que, toi, tu as le souvenir quand tu étais dans ton processus d'écriture de la duologie, de scènes particulièrement difficiles à écrire ? Ou alors, enfin, difficiles au sens, peut-être parce que émotions positives ou négatives, les deux ensemble. Mais un truc où c'était, en tout cas, challengeant, je dirais.
Marine Shapan — Ouais. Et bien justement, c'est dans les émotions négatives, genre le deuil, la tristesse profonde ou la dépression, ce genre de choses. Je me rends compte que je fais ce que j'apprends à mes patients, de comment on peut gérer une émotion qui est difficile pour ne pas se laisser envahir. sauf que du coup, mon personnage, en fait, il ne se laisse jamais envahir par quoi que ce soit et je ne me rends même pas compte en fait. Et du coup, il y a le côté, non, en fait, je dois aussi laisser. Et puis, pareil, si j'ai aussi écrit beaucoup sur les émotions, c'est que il y a ce côté où, pour moi, à la base, les émotions, c'était plutôt honteux, il ne fallait pas les montrer, on pouvait se moquer, on pouvait m'atteindre plus facilement. Donc, j'ai créé une énorme carapace. Et donc, pareil, écrire, pour moi, était aussi thérapeutique parce que je me suis autorisé à ressentir. Donc, voilà, tu vois, il y a encore un peu tout ça où parfois, c'est confus et où, voilà, il est triste, j'ai pas envie d'être triste, je vais voir, et je le fais avec mes personnages.
Écrire les émotions qu'on n'ose pas ressentir
Ybelion — Donc,
Marine Shapan — ça, pour moi, c'est challengeant.
Ybelion — Je partage ton challenge. Ce n'est pas toujours évident. j'ai des questions qui me viennent, mais qui, du coup, n'ont plus à avoir avec le livre, mais vraiment, plus avec le métier, tu vois, de thérapeute et tout le travail autour des émotions. Mais, pour revenir à ton livre, est-ce que, tu vois, cette intention que tu avais typiquement de déconstruire les schémas de masculinité toxique ou etc., est-ce que c'était quelque chose que tu avais déjà à l'époque de ton collège ou alors c'est quelque chose que tu as réussi à identifier plus récemment et aussi qui t'a permis de terminer, en tout cas, et d'avoir une plus grande cohérence de ton histoire ?
Garder le cliché pour mieux le retourner
Marine Shapan — Oui, non, je n'en étais pas du tout consciente. Non, au début, ma romance-taisie, elle avait tous les clichés, quoi. Le mec, il l'enlevait, c'était OK, quoi. C'est OK, bon, pas de problème. Et justement, j'ai décidé de garder quand même ce passage-là et je me suis dit, bah non, autant en faire quelque chose, autant faire un personnage qui se déconstruit, mais en gardant quand même un truc qu'il a fait qui n'est vraiment pas bien du tout. Mais par contre, je n'ai pas voulu escalader dans la violence. C'était le point culminant et après, ça n'a fait que descendre. Mais ouais, c'est des choses que je me suis rendu compte grâce à mes études en sexologie. Et après, d'avoir mes patients en face de moi, on a tous ces trucs du quotidien qui sont racontés et que moi, je dois dire, ah bah non, ça en fait, ce n'est pas du tout OK. Et dire pourquoi ce n'est pas OK et montrer comment on peut faire autrement. Et du coup, petit à petit, je vois tous les petits détails. Alors évidemment, comme tout le monde, il y a des détails qui sont tellement normalisés que moi aussi, je passe dessus ou que ça va me marquer plus tard ou alors, je vais avoir une sensation dérangeante mais je ne vais pas savoir mettre de mots dessus. Ça fait aussi partie de la vie. Oui,
Ybelion — on ne peut pas tout contrôler de toute manière.
Marine Shapan — On ne peut pas tout savoir, on ne peut pas tout voir et voilà, c'est... On reste humain.
Ybelion — Oui, c'est vrai. Et le cadre dont tu parlais tout à l'heure que tu as pu t'installer pour écrire ton livre, comment tu le décrirais aujourd'hui ?
L'effet tunnel et le doute du tome 1
Marine Shapan — Alors mon cadre, je ne suis pas sûre d'avoir compris la question.
Ybelion — C'est le... C'est quoi le processus que tu as pu mettre en place pour... Et je retourne un peu sur ce qu'on évoquait tout à l'heure. Quand tu vois, donc tu récupères cette histoire qui date du collège, que tu as cette prise de conscience de dire, bon, il y a un moment, il faut la retravailler. Qu'est-ce que tu mets en place et je dirais du coup là, quel est le cadre, toi, qui te correspondait et que tu as pu mettre en place pour aller atteindre cette version finalisée que tu as décidé de partager ?
Marine Shapan — Bah, moi, je pense que c'était pas mal inconscient, donc je ne sais pas si j'ai vraiment de réponse. Mais moi, j'ai eu un peu un effet tunnel, quoi. C'était ça. Et même quand j'ai sorti mon tome 1, j'étais tellement en plein doute. Je ne pouvais même pas dire que j'étais fière de ce que j'avais fait. Je ne savais pas, en fait, si j'avais réussi à faire ce que je voulais faire passer. Et je l'ai quand même sorti. Parce qu'en fait, ça faisait des mois que j'étais dessus. j'ai déjà eu beaucoup de retard avec ma campagne Ulule. Tout le monde l'avait relu, tout le monde l'avait peaufiné. Je me suis dit, bon, de toute façon, qu'est-ce que je peux faire de plus sans l'état ? Rien. Donc, j'ai lâché prise. Mais c'était très dur. C'était très mal vécu.
Ybelion — Franchement, c'est un partage hyper beau. Et du coup, j'aurais envie de te demander comment tu as fait pour lâcher prise, mais il n'y a pas jamais de réponse à cette question.
Marine Shapan — Ouais, je pense que, ouais, c'est d'arriver, je pense que j'étais tellement épuisée. En fait, je ne pouvais plus. Je ne pouvais plus rien donner pour ce tome 1. Et il y avait le côté, les gens l'attendent, disons, ils l'ont acheté il y a des mois déjà, il faut que j'aille le faire imprimer, il faut le donner. Et puis, aussi, mon compagnon, on l'avait relu une dernière fois ensemble. Quand il y avait une phrase sur laquelle on disait, est-ce que c'est en mode interprétation ? Allez, hop, on dégage. En fait, il y a des trucs, on a dit, ok, on ne prend pas de risque parce que je n'étais plus en capacité de réfléchir, tout simplement. Je me suis vraiment épuisée pour mon premier tome et du coup, pour ça, l'effet tunnel, je suis incapable de te dire comment j'ai fait, je ne sais pas, je ne me rappelle pas.
Lâcher prise par épuisement
Ybelion — Du coup, j'ai une question mais d'abord une petite remarque parce que, encore une fois, c'est très beau. Déjà, tu vois, comme tu disais, le soutien des gens qui sont autour de toi, c'est pour ça que c'est bien aussi d'avoir, entre guillemets, le courage et d'oser en parler parce que, alors, effectivement, il ne faut pas non plus tomber dans la procrastination active de parler d'un objectif et que ça suffise à se sentir avancer mais au-delà de ça, aller chercher le soutien là où il est, c'est quand même extrêmement important dans le processus et quelque part, il y a aussi ce côté d'être, d'avoir fait une promesse, là en l'occurrence, c'était les acheteurs que tu pouvais avoir sur Ulule et moi, rétrospectivement, je me rends compte que c'est aussi une promesse à quelqu'un qui m'a permis d'aller au bout et de lâcher prise sur la fin et ce côté, vas-y, allez, on lâche le bébé, on le laisse partir et effectivement, c'est vrai, tu as raison, c'est difficile de répondre à cette question d'à quel moment tu arrives à lâcher prise, tu es vraiment emporté dans le flot et c'est vrai que tu es épuisé quand même à un moment de perpétuellement corriger et du coup, la question, tu as réussi à corriger ce côté très fatigue sur le deuxième tome quand tu as commencé à l'écrire ? Non ?
Marine Shapan — Tu retombais dans les mêmes erreurs que j'ai faites, c'est juste que je m'en suis rendu compte plus tôt et du coup, je l'ai lâché un peu plus prise plus tôt mais là, je suis encore très fatiguée, en fait, je remonte la pente, là, je suis descendue de juillet à octobre, j'ai touché le fond, vraiment et du coup, j'ai pris énormément de retard donc pareil, en fait, j'ai lancé ma campagne Hulu, je pensais que ça allait très bien se passer pour mon tome 2 et je me suis dit, c'est bon, je vais être tellement dans les temps puis en fait, je n'ai pas pris en compte la variable humaine, fatigue, j'ai sombré, j'ai accumulé un retard monstre et du coup, maintenant, je suis super en retard mais avec ce côté de c'est ma santé qui prime, quoi, parce que l'année dernière, en août de l'année dernière pour mon tome 1, je me suis tellement épuisée qu'à un moment donné, je suis partie à mon bureau pour travailler, il était peut-être 20h, 21h et là, en fait, j'ai eu des signaux d'une crise cardiaque et là, je dis, Poupo, vas-y, appelle les urgences, enfin le SAMU, il faut qu'il vienne me chercher parce que j'ai l'impression que je vais mourir en fait mais c'est juste que j'ai atteint un état d'épuisement tellement haut que mon coi m'a dit non mais tu vas pas t'asseoir à ton bureau là en fait, tu vas te reposer. Donc voilà, j'ai quand même, je remarque un peu plus mais il n'empêche que j'ai quand même fut retombé dans certaines erreurs.
Quand le corps dit stop
Ybelion — Si je devais en tirer une leçon positive, c'est quand même que quelque part, il n'y a que quand on touche le feu qu'on se rend compte que ça brûle et que c'est comme ça, c'est le processus itératif aussi mais et aussi évidemment que la santé prime et on parle, enfin en tout cas, moi j'aime bien voir l'ancrage de l'écriture dans la vie pour aller chercher ce roman là, enfin en tout cas, généralement, le premier est le plus dur mais de bien faire le distinguo entre les impératifs et le temps libre et dans les impératifs, c'est de toute façon les choses sur lesquelles il faut lâcher prise et travailler sa frustration parce que tu ne pourras pas les changer et dans ces impératifs, il y a un truc que les gens oublient parce qu'on parle toujours du travail, des enfants, du chien, des trucs comme ça mais il y a genre vivre quoi, genre sa santé physique et mentale et genre bien manger, bien dormir, faire du sport, enfin en tout cas, voilà, c'est ce qui nous connecte à notre vie quelque part et quand on intègre ça comme ça, effectivement, déjà, on arrive plus à lâcher prise sur ces trucs là mais ce n'est pas évident et c'est vrai qu'on n'en parle pas souvent en tant qu'auteur parce que dans l'euphorie de la sortie et de l'accomplissement, on ne voit que les paillettes mais c'est vrai qu'il y a tout ce phénomène puis parfois, tu as aussi un truc un peu de putain, il est sorti et je n'ai plus rien là, il s'est terminé. C'est un petit peu déprimant parfois, je trouve, ce truc.
Marine Shapan — Oui, puis j'ajouterais le côté tout va tellement trop vite, en tout cas, dans le monde littéraire, après je ne peux pas parler des autres domaines même si quand même mais il y a ce truc, vu que ça va vite, moi aussi, je dois aller vite et en fait, des fois, je prends un rythme qui n'est pas du tout le mien et je ne me rends pas compte tout de suite ou alors, des fois, en fait, sur un court temps, ça peut passer, ça peut aller mais je le garde et là, c'est là où moi, je m'épuise parce que ce n'est plus mon rythme.
Ce rythme qui n'est pas le mien
Ybelion — Est-ce que tu arrives aujourd'hui à détecter chez toi ces moments où ça s'emballe ?
Marine Shapan — Oui, je le remarque plus facilement parce que moi, je me déconcentre très vite, j'ai un TDAH aussi donc du coup, je l'ai appris il n'y a pas longtemps donc en soi, c'est un peu nouveau aussi pour moi à apprendre à mieux repérer et du coup, il y a des signaux maintenant que je disais ah oui, là en fait, de toute façon, je regarde la mouche volée, il n'y en a même pas, ça ne sert à rien en fait alors qu'avant, j'allais continuer de m'épuiser alors que là, maintenant, je dis non, en fait, là, il faut que j'aille me reposer et là, il faut que je lâche.
Se mettre en off : marcher, respirer
Ybelion — Et qu'est-ce que tu fais dans ces cas-là pour lâcher prise et changer les idées ?
Marine Shapan — Souvent, vu qu'on a des animaux, on va les balader. Souvent, ça tombe plus à ce moment-là et du coup, il y a ce côté je marche, en plus là, il fait frais donc ça revigore bien et voilà et après, quand je rentre, en fonction des horaires, je vais essayer soit d'aller faire des petites tâches qui sont faciles, qui ne me demandent rien, soit je vais juste me poser sur le canapé et je vais juste, je lâche quoi, j'arrête, je me mets en off.
Ybelion — Je me suis permis de poser ces questions parce que je pense que c'est très inspirant pour les gens aussi d'entendre ces petits, les petits astuces de chacun pour justement quand on remarque que tout s'emballe de se recentrer et c'est vrai, tu vois, il y a quand même une similarité que je détecte à force de poser cette question, c'est le côté la nature, se retrouver dans un endroit où justement tu n'es pas entouré par toute cette accélération qui est en fait très, elle est très construite quelque part effectivement quand tu es en pleine ville tu vois toutes les voitures, les gens pressés, les trucs qui bipent, enfin, tu as cette sensation de devoir tout faire instantanément qui est très, très prégnante, il suffit de se mettre devant, enfin, de voir des arbres ou une montagne ou de la mer ou le ciel pour comprendre qu'en fait, tout est immense et que tout a le temps quoi et moi, c'est quelque chose qui me marque à chaque fois que je me retrouve dans une campagne, c'est que tu reprends conscience de en fait, tous les problèmes que j'ai là, peut-être que ils ne sont pas si urgents que ça quoi et ouais, c'est important de réussir à se rendre compte effectivement que tout n'a pas à être fini dans l'instant quoi
Marine Shapan — ouais, c'est ça puis nous, c'est vrai qu'on est à la campagne donc c'est plus facile je sors de chez moi voilà, j'ai mes champs j'ai mon ciel sans lumière parce qu'on n'a pas de l'ambadère ils ne veulent pas qu'on les déranger donc on est vite dans l'ambiance quoi
Ybelion — ouais, après c'est vrai tu vois ça peut quand je dis ça je force pas les gens ou je les culpabilise pas d'habiter en ville mais parfois ça peut passer par des trucs tout bêtes je sais pas tu mets un bruit blanc de pluie ou d'oiseaux qui chantent dans la forêt tu mets un documentaire sur Arte et parfois c'est tout bête et ça demande pas en tout cas si à la posture de coach m'a bien appris quelque chose c'est que les gens sont étonnamment créatifs pour trouver leur solution quand ils ont identifié leur croyance limitante et quelque part peut-être que l'idée de quelqu'un ça sera juste de dire bah ouais je vais regarder un documentaire sur la forêt et hop ça réglera ce truc là tu vois
Marine Shapan — voilà c'est ça
Ybelion — c'est intéressant et c'est vrai qu'on s'est un peu éloigné de ta biologie mais pour quelle raison t'as choisi la romantésie ?
Pourquoi la romantésie
Marine Shapan — et bah à l'époque quand j'écrivais au collège ça ne s'appelait pas romantésie ça n'existait pas
Ybelion — bah ouais c'est assez récent c'est vrai
Marine Shapan — ouais et du coup en fait en étant sur Bookstar et bah il y a ce côté il y a ce mot qui est apparu et la définition correspondait à mon univers donc je me suis dit bah en fait du coup c'est une romantésie donc bah voilà autant d'aventures que de relations enfin il y a un 50-50 sur la romance et tu vois le tome 1 est plus basé sur la romance la découverte de soi un peu du monde forcément les premières intrigues politiques et le tome 2 est vraiment plus basé intrigues politiques résolution conflit et tout donc voilà mais c'est quand même une romantésie sur l'ensemble
Ybelion — et du coup c'est deux on suit deux personnes les personnages principaux c'est ça ? ouais j'ai déjà oublié les noms je comprends
Marine Shapan — donc c'est Argawen qui lui c'est un lève des ténèbres
Ybelion — ok
Marine Shapan — et Shaleen c'est une humaine
Un worldbuilding au service de l'histoire
Ybelion — ok et du coup c'est un univers que t'as inventé toi et comment t'as réussi à je dirais inventer le juste besoin pour ton histoire et pas tomber dans le dans le je dirais le world building à outrance ou le world building procrastinateur
Marine Shapan — bah je puisque le monde des elfes et le monde des humains moi ils sont très liés ils ont une histoire commune bah pour moi il n'y a pas tant de différenciation en fait entre ces deux mondes ok certes ils n'ont plus de contacts mais ils ont pratiquement toujours évolué ensemble donc en fait les deux ont gardé des choses du passé même si les humains eux n'ont aucun souvenir par contre de tout ça et du coup là où dans le tome 1 on est plus sur et beaucoup de lecteurs le disent oh ça fait une romance taisie plutôt classique et tout parce qu'en fait bah Shaleen on est vraiment plus dans les yeux de Shaleen qui découvre et il n'y a pas de grande distinction non plus et Argawain pour lui tout ça c'est normal donc il ne va pas il ne va pas se regarder ce monde là de cette façon là et dans le 2 bah puisqu'on apprend beaucoup de choses et bah c'est là aussi où bah on comprend l'univers et sous une pierre qui peut être juste une pierre ronde bah en fait il y a tout un dessous et vraiment dans le tome 2 j'ai libéré toute mon imagination Star Wars un peu de science fiction toutes les vagues dystopiques plus les trucs de la fantasy en fait j'ai fait tout ce que j'aimais moi et je l'ai mis dedans donc du coup voilà mon univers est beaucoup plus étoffé mais parce que ça se prêtait de comment moi j'ai décidé de raconter l'histoire
Ybelion — ouais et c'est ça qui est hyper intéressant du coup c'est qu'on sent bien quand tu le racontes que le world building servait ton histoire et pas l'inverse et ça c'est toujours c'est toujours extrêmement positif parce que du coup ce qui drive vraiment c'est ce que t'as envie d'écrire ce que t'as envie de raconter ouais et dans les inspirations que t'as pu citer ça serait quoi toi les plus grandes inspirations que t'as pu avoir
Marine Shapan — bah en vrai j'en ai pas tant que ça dans le sens où mon livre il est pas vraiment comparable à un autre livre
Ybelion — trop bien
Marine Shapan — comme on peut le voir mais du coup bah voilà ce genre de poste moi je sais pas quoi faire j'en ai fait un peu humoristique et tout mais bon voilà ça fait quand même rire et tout c'est chouette mais ouais vraiment le tome 1 c'est plutôt ce côté classique d'une fantaisie sans violence qui est pas dark voilà il y a un système de magie pareil classique les éléments qui sont liés à ta personnalité donc au fond de ta personnalité de comment t'es un peu et bah t'es plus l'élément de l'air ou ceci cela
Ybelion — on sent le métier le métier qui retoque à la porte
Marine Shapan — et puis et puis après le côté ouais un peu star wars science fiction c'est plus le côté bah la magie elle est liée à la technologie
Ybelion — ok
Marine Shapan — mais il y a pas on n'est pas dans une avancée démesurée comme nous on peut l'être dans nos sociétés d'où là où il y a le côté fantaisie de bah voilà il y a des carrosses il y a des pavés il n'y a pas d'électricité tu vois des trucs simples mais qui est mixé avec cette science fiction liée à la magie quoi donc c'est mais je me rappelle plus vraiment ta question donc
Ybelion — c'était les inspirations au sens large j'avais entendu star wars c'était ouais s'il y avait un truc qui t'avait particulièrement remarqué tu vois
Marine Shapan — bah si ouais once upon a time la série du coup avec les contes
Ybelion — ah ouais je viens d'avoir un flashback oh ouais putain ouais ok incroyable
Marine Shapan — voilà donc avec rumple siskine du coup celui qui fait des packs des pactes oh oui moi les ténèbres elles sont très là dessus parce qu'elles elles veulent juste se répandre c'est une entité primitive qui est ni bonne ni mauvaise en fait elles c'est leur but c'est comme ça et c'est pas autrement et du coup pour arriver à leur fin elles font des choix elles ont une manière de communiquer et voilà ça impacte forcément les humains ou les elfes parce qu'eux ne conçoivent pas les choses de la même façon mais en soi l'équilibre des deux est nécessaire et en fait dans tout mon roman il y a aussi un peu ce côté écologique ce côté si tout est là c'est qu'il y a une place après il faut vivre avec tout le monde en fait et il faut s'adapter à tout le monde il ne faut pas juste détruire et pareil en fait entre les elfes des ténèbres les elfes d'Enya qui du coup ne viennent pas des ténèbres et les ténèbres et les humains et bien il y a vraiment ce côté de bah oui ok ça se fait la guerre ça se comprend pas tout mais en fait il y a besoin de tout le monde et ma résolution ça se termine pas forcément bien enfin ça reste quand même un PN parce que c'est un young adult mais il y a ce côté de d'un point de vue politique les choses ça ne s'arrange pas plus que ça en fait c'est une nouvelle solution qui a été trouvée pour pallier à quelque chose mais est-ce que ça durera dans le temps ? non tu vois c'est que l'équipe comme ça
Ybelion — j'adore ce côté d'intention un peu philosophique aussi derrière ton roman c'est hyper intéressant ça c'est quelque chose que tu as conscientisé quand tu l'écrivais ou ça s'est construit aussi au fil de l'histoire ?
Marine Shapan — je pense que ça fait quand même plusieurs années maintenant que je suis vraiment dans tout ce qui est ma compréhension du monde de son fonctionnement de l'écologie du respect de tout à chacun et de me déconstruire donc du coup je pense qu'il y a des choses ça transparaissait on va dire naturellement dans mon roman là où d'autres moments je disais ah bah non c'est vraiment ça la direction que je veux prendre et je pense que le côté écologique c'était quelque chose qui était dans le fond parce que c'est quelque chose que j'ai intégré et qui faisait partie de mes valeurs mais qui s'est fait naturellement en fait
Ybelion — elle est hyper intéressante cette notion d'équilibre et de d'autant plus en plus j'entends dans ton univers que tu as le côté ténèbres lumière donc quelque chose qui paraît très binaire très manichéen et en fait au contraire c'est du coup des très bons univers pour adresser tout le côté quelque part gris qu'il y a au milieu et qu'on retrouve d'ailleurs pas forcément dans certains très grands classiques je sais pas le Seigneur des Anneaux il y a quand même c'est quand même relativement binaire Star Wars peut-être un peu moins quoique et c'est intéressant
Marine Shapan — après c'était l'époque aussi quoi
Ybelion — c'est ça très noir
Marine Shapan — très blanc
Ybelion — et c'est ça qui est passionnant aussi c'est qu'en fait on est toujours que des passeurs d'histoire on récupère beaucoup et puis on réinterprète avec nous notre vie notre expérience et ce qu'on peut voir c'est ça qui donne des livres uniques faits finalement comme tu as dit je trouve d'ailleurs que c'est bien que tu aies le courage de dire mon livre ressemble à aucun autre je trouve ça trop cool qu'est-ce que tu pourrais raconter sur ton livre justement pour dire tu vois il ressemble à aucun autre ça
Un héros qui se déconstruit
Marine Shapan — ouais parce que comme je t'ai dit voilà je joue avec les clichés littéraires de la romance Thésie je les ai pris mais c'est vrai que je les ai retournés après il y en a d'autres où ils sont juste en fond ils sont là et je vais pas on peut pas tout retourner de toute façon ça sert à rien voilà mais bah et je pense que là où c'est la force de mon roman c'est parce que mon personnage masculin vraiment il se déconstruit tout du long il ose être vulnérable être faible ne pas comprendre il s'excuse et quelque part et ça c'est dans la fin du tome 2 il y a vraiment ce côté de en fait lui il se pardonnera jamais ce qu'il a fait il a juste appris à vivre avec et du coup il y a aussi ce côté bah ouais parfois en fait on fait des conneries on est pas parfait et pour d'autres personnes il y a des gens qui nous pardonneront jamais c'est ok de l'accepter mais pour nous pour avancer bah on doit accepter en fait ce qui s'est passé mais il y a ce côté toujours pas forcément regret mais ouais de savoir quoi de vraiment de mettre des mots dessus de dire bah ouais j'ai été cette personne même si c'est pas bien j'ai été cette personne moi j'ai décidé d'en faire quelque chose de changer là où bah d'autres personnes resteront dedans et ne changeront pas mais c'est un choix après aussi
Ybelion — c'est bon tu m'as convaincu ça me parle c'est non en vrai ouais c'est ouais c'est un super beau message et ça m'étonne pas que ça parle ça parle aux gens parce qu'en plus c'est extrêmement actuel et notamment d'un point de vue d'un point de vue masculin en fait tout simplement c'est vrai que là tu vois ce que tu viens de dire moi ça me parle même personnellement tu vois et bravo d'adresser ces sujets là et quelque part c'est aussi alors j'ai toujours j'ai toujours eu du mal à catégoriser le young adulte mais j'ai eu l'impression que c'était que la définition c'était plus quand ça que ça mettait en scène des protagonistes adolescents mais que du coup c'était pas forcément à vocation à parler que à des adolescents et du coup je trouve que c'est une bonne manière de parler de ces sujets là
Marine Shapan — ouais bah souvent le young adulte mais après ça peut aussi dépendre des maisons d'édition ou des personnes mais il y a aussi ce côté d'approfondissement d'un sujet par exemple mes intrigues politiques bah ça reste un young adulte on va pas aller dans toutes les discussions avec tous les termes très précis ou ce genre de choses pareil en science fiction je trouve que là on peut plus facilement identifier un young adulte science fiction qu'un adulte science fiction où t'as énormément de termes énormément de choses qui peuvent rendre la compréhension difficile quand t'as jamais testé la science fiction par exemple
Ybelion — c'est vrai trop passionnant ouais le titre la couleur des ténèbres moi il m'a il m'a intrigué parce que j'aime bien le côté donner une couleur aux ténèbres qui quelque part elles ont l'air plutôt noires tu vois comment t'as choisi ce titre
Le symbolisme des titres
Marine Shapan — et bah ouais il y a vraiment ce côté symbolique la couleur des ténèbres tu vois la couleur des ténèbres c'est la couleur souvent c'est la première chose que tu vois c'est une couleur et du coup bah à travers ça et bah tu peux avoir des préjugés par exemple si la couleur elle est rose bah tu vas dire oh bah c'est un truc de nana moi j'y vais pas si c'est bleu vert tu vas dire bon ok c'est un truc de mec bah c'est peut-être plus pour moi et les ténèbres en fait c'est ça ce côté de prime abord on pense qu'elles sont comme ça qu'elles sont mauvaises mais en fait non elles sont pas mauvaises c'est une entité primitive elles ont un but point et elles le font pas par méchanceté et c'est pas pour dédouaner les personnes qui font des choses mal entre les ténèbres et un humain il y a pas du tout le même état de conscience c'est pas du tout la même chose mais voilà donc la couleur c'était comme la découverte ah je vois dans quoi je vais tomber et l'emprise et bah là c'est quand c'est trop tard tu vois du coup d'où l'évolution vraiment entre le tome 1 et le tome 2
Ybelion — j'aime beaucoup le symbolisme que t'as donné que t'as donné au titre ouais tu les avais depuis longtemps ou tu les as trouvés plutôt à la fin ouais
Marine Shapan — quand j'avais repris parce que ça faisait sens en fait ouais
Ybelion — avec les intentions avec le message que t'avais envie de passer ouais
Marine Shapan — c'est ça au début je crois que ça s'appelait je sais même plus il y avait je crois qu'il y avait c'était Chaline parce que bah pendant un temps je crois que les prénoms c'était pas mal en termes de romans on donnait le prénom
Ybelion — c'est vrai et Lana les trucs comme ça ouais
Marine Shapan — et c'était Chaline en mode la prophétie je sais plus quoi alors que maintenant il n'y a même plus de prophétie donc bon
Ybelion — ça je reconnais ça c'est les textes bien adolescents tu vois
Marine Shapan — oui très cliché jusqu'au bout tu vois il y a jamais tout
Ybelion — il faut passer par là pour c'est obligatoire
Marine Shapan — c'est comme ça qu'on apprend en fait
Ybelion — c'est trop cool j'adore
Marine Shapan — je te ferai pas lire ma première version est-ce que tu l'as déjà fait
Ybelion — rétrospectivement maintenant tu vois genre maintenant que tout est terminé de replonger tu sais genre dans les premières versions par curiosité
Marine Shapan — je l'avais fait du coup en reprenant parce que je crois que mon tome 1 je l'ai repris en 2023 fin 2023 donc forcément j'avais aimé dans mes autres versions ok
Deux ans, deux tomes, des ailes brûlées
Ybelion — ah ouais donc là en 2 ans t'as écrit la duologie
Marine Shapan — bah là mon tome 2 comme je t'ai dit j'ai du retard donc je suis sur la dernière tu sais je suis vraiment en mode correction édito ah oui d'accord
Ybelion — t'es vraiment sur le bouclage de fin je trouve que c'est un vraiment bravo 2 ans pour les 2 bouquins tu m'étonnes que t'aies encaissé aussi un peu des périodes plus difficiles c'est vraiment bravo
Marine Shapan — bah merci mais ouais du coup je referai pas avec ce rythme là en fait parce que ça me correspond pas j'ai voulu aller plus vite et je me suis brûlée les ailes donc voilà
Ybelion — faut pas que
Marine Shapan — j'ai dit à tout le monde empêchez moi
Ybelion — mais notez moi faites un truc c'est un peu possible ah ouais
Marine Shapan — parce que là
Ybelion — t'as déjà des idées d'après ?
Marine Shapan — oh oui ah bah ah oui beaucoup trop la prochaine c'est une dark academia le synopsis il est fait le résumé il est là j'ai juste à bien enfin je veux suivre une formation justement parce que vu que c'est avec une enquête il y a un meurtre et tout je veux bien savoir poser mes indices sauf que moi tout ce qui est thriller policier je lis pas j'ai pu en lire peut-être quelques-uns mais c'est pas donc je connais pas suffisamment le genre donc moi une formation plus lire quelques livres bah voilà je vais avoir ça à faire en début d'année
Ybelion — ok
Marine Shapan — et puis après bah j'ai une autre romance thaisie mais qui est plus basée sur ça sera plus politique et comment on dit un lovers to enemies ok donc voilà jusqu'où on peut aller quand on a une conviction une croyance et au point de bah voilà parfois se perdre en fait ouais
Ybelion — je vois très bien c'est beau c'est beau et c'est dans le même univers ou des univers différents
Marine Shapan — non différents moi j'aime le changement ok
Ybelion — ok c'est marrant je trouve qu'il y a vraiment deux équipes quand on est des auteurs de fantasy t'as ceux qui vont créer un univers et raconter plein d'histoires différentes dans cet univers et d'autres qui vont toujours changer d'univers ouais je sais pas ce qui est je trouve qu'effectivement il y a du changement un peu dans les deux mais il y en a quand tu changes d'univers forcément il y en a un peu plus à part si ton univers est très grand et tu penses que tu y reviendras dans l'univers de la couleur et de l'emprise des ténèbres ou
Marine Shapan — bah c'est possible parce que j'aimerais bien écrire l'histoire justement de la famille de Chaline
Ybelion — parce qu'en fait
Marine Shapan — tout part de là et c'est très intéressant à écrire donc par rapport à l'histoire et tout moi intéressant de mon point de vue où je m'ennuierais pas quoi
ok
Ybelion — t'as trop bien trop bien est-ce que il y a une question que j'aime bien poser c'est qu'est-ce que tu pourrais raconter d'insolite sur cette duologie que tu dirais pas forcément de primavore comme ça mais que ça soit dans le livre dans le processus bref vraiment sens-toi libre de partir dans n'importe quelle direction
La fin du tome 1 et le chaos organisé
Marine Shapan — j'en ai aucune idée un truc insolite
Ybelion — c'est toujours une question un peu piège
Marine Shapan — ouais c'est qu'en fait ouais c'est difficile vu que c'est pas un truc auquel je pense oh waouh un truc insolite je suis sûre qu'il y en a en plus mais c'est obligé mais alors là comme ça ne me vient pas bon
Ybelion — si ça te vient pas j'ai plein d'autres questions t'inquiète
Marine Shapan — ouais parce que en fait j'ai un petit truc qui me vient mais je pense pas que c'est plus le côté inspiration ouais la fin de mon tome 1 il y a les lecteurs qui se disent oh là j'ai rien compris mais parce que je sais que ça va ça va être expliqué dans le tome 2 et ceux qui ont rien en mode mais c'est quoi ce bouquin quoi mais parce que du coup la fin il y a un peu justement la vibe dystopique divergente avec cette comment dire les sérums qui leur injectent et puis ils ont des visions enfin des visions enfin ils visualisent leur peur ou je sais plus quoi ouais c'est ça et du coup bah là il y a dans mon monde à moi ce côté bah ouais un peu un monde de chaos mais comme tout chaos il y a une organisation en fait mais c'est juste que je suis pas scientifique j'arrive pas à expliquer j'ai compris mais je sais pas expliquer le concept
Ybelion — non mais c'est en tout cas moi l'interprétation que je peux en faire avec ce que tu partages c'est que en fait sans chaos il n'y a pas d'équilibre et sans équilibre il n'y a pas de chaos et quelque part c'est à que du chaos c'est à dire que il n'y a pas d'équilibre non plus et ce truc très paradoxal du chaos qui n'existe que parce que l'équilibre existe aussi est effectivement très pertinent et très intéressant à explorer dans les histoires c'est le côté paradoxal et si ça me parle autant c'est parce que c'est un truc aussi que moi j'ai pu j'ai pu écrire autour de ça et j'aime beaucoup toutes ces je ne sais pas si on pourrait appeler ça des théories mais en tout cas des réflexions autour de ce paradoxe très d'existence du chaos quelque part et ce n'est pas évident de mettre des mots dessus parce que c'est paradoxal donc de toute manière tu dis un truc et tu arrives à la conclusion inverse donc et si tu vois j'aime bien justement ce partage parce que ça veut dire aussi que ta faim elle laisse la place au lecteur de l'interpréter comme ils veulent aussi de l'apprendre comme ils veulent et c'est aussi une manière de préciser à qui on a envie de parler et on sait que il y a d'autres gens à qui on ne parlera pas tu vois mais c'est aussi ça le jeu donc c'est ça qui est c'est ça qui est cool et puis là en l'occurrence comme on sait qu'il y a un tome 2 tu vois c'est ça aussi de jouer de jouer avec ça tu vois est-ce que c'est un truc qui sera résolu pas résolu tu vois et c'est ça qui est hyper intéressant aussi donc non c'est hyper pertinent comme réponse pour terminer est-ce que tu as un personnage genre favori dans cette duologie
Une peur derrière chaque personnage
Marine Shapan — non je les aime tous ah tu les aimes tous ouais
Ybelion — pour quelle raison tu les aimes tous
Marine Shapan — bah bon j'ai peut-être des petites préférences en fait
Ybelion — peut-être qu'il y en a un ou deux voilà si je devais en sacrifier et en garder qu'un bon
Marine Shapan — bah après si je les sacrifie les pauvres et puis l'histoire mais en fait c'est que je pense que dans chaque personnage j'ai pu mettre une peur de quelque chose ouais par exemple bah Argawen il y a ce côté bah ne rien ressentir se fermer à tout ne pas vivre en fait je trouve ça super effrayant Chaline elle est beaucoup dans la communication le comment dire ouais le fait de ressentir de prendre sa place de s'affirmer j'ai toujours eu peur de ne pas réussir à m'affirmer et à trouver ma place Einor qui est l'un des vilains on va dire de l'histoire et bah lui en fait il s'est il s'est fait emporter par sa peur que bah de mourir parce que c'est comme ce côté de il y a quelque chose que je comprends pas du coup au lieu d'aller comprendre bah je vais aller le détruire
Ybelion — ouais Voldemort voilà encore beaucoup en fait
Marine Shapan — et toutes et toutes les personnes qui bon j'ai peut-être pas trop parlé politique mais toutes les personnes qui sont au gouvernement en fait ils ont juste peur de perdre leurs privilèges et compagnie qu'est-ce qu'ils font ils vont détruire le monde et les personnes bah voilà et bah en fait Einor c'est ça le comte de Kylen lui bah pareil c'est on va dire aussi le vilain de l'histoire mais il est pas du côté d'Einor non plus il est pas du côté des autres non plus mais lui il a eu le côté de j'ai manqué d'amour et bah j'ai fait des mauvais choix en fait mais lui il est parti il a vrillé quoi et du coup bah voilà la peur jusqu'à où tu peux aller en pensant faire les choses bien
Ybelion — ouais
Marine Shapan — tu vois
Ybelion — c'est très parlant c'est très parlant et tu dirais que ces peurs là le fait de d'écrire aussi cette histoire ça t'a permis de les toi de les de les affronter ou de les traverser ou de les comprendre un peu mieux chez toi
Marine Shapan — les comprendre
Ybelion — ouais
Marine Shapan — parce que en soi bah voilà Einor enfin moi je suis plutôt team bisonours quoi je comprends pas qu'on fasse du mal aux gens donc là vraiment pour moi il y a je sais que ça s'explique d'un point de vue sociologique tout ça tout ça je sais
Ybelion — moi ça me dépasse
Marine Shapan — c'est vraiment quelque chose je comprends sans comprendre en fait donc je sais qu'A Einor bon là j'ai pas de soucis là dessus l'arme par contre le duc de Quillen il y a ce côté bah ouais mais je suis tellement persuadée que c'est ça qui est bon bah j'ai pas envie de faire d'erreur j'ai pas envie d'un jour de faire l'autruche en mode bah ouais enfin comment dire toujours j'ai envie de garder mon esprit ouvert et ça j'espère que c'est quelque chose que je vais pas perdre parce qu'en fait dès qu'on perd cet esprit ouvert et bah c'est là en fait où on va plonger et je trouve ça effrayant en fait
Ybelion — ouais j'adore cette conclusion de dire que l'écriture permet d'affronter nos peurs et de les comprendre et de les traverser
Écrire pour comprendre ses peurs
Marine Shapan — pour pas faire de bêtises ouais exactement
Ybelion — non c'est vraiment pour moi l'écriture c'est ça c'est pour ça que c'est j'encourage tout le monde à écrire parce que c'est très transformatoire dans le dans le processus
Marine Shapan — tout à fait
Ybelion — qu'est-ce que t'aurais envie de rajouter sur ta duologie avant de avant de terminer outre le fait que la campagne court jusqu'en janvier donc foncez participer
Marine Shapan — jusqu'au 8 bah ouais non vraiment le côté envie de découvrir un genre littéraire qui peut être beaucoup critiqué mais qui en fait peut apporter plein de plein de nuances voilà donc si les gens enfin si vous aimez la romanstésie mais vous avez envie d'un petit peu de changement bah mon roman il peut carrément correspondre
Ybelion — je suis totalement d'accord avec ton partage et je trouve que justement tous tes partages à toi durant l'épisode prouvent toute la nuance qu'il y a dans ce roman et ça donne très envie de le découvrir donc merci pour ton temps et ton partage
Marine Shapan — bah merci à toi j'ai vraiment adoré le podcast parler de ce roman et
comme fonction