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Pochette de l'épisode 54 du podcast Ose Écrire

ÉPISODE 54AVEC INVITÉ8 OCTOBRE 202562 MIN

Discussion avec Renaldine Lenoir

Clarté · Intentionparcours d'auteur
00:001:02:19

FACE A — LES 21 CHAPITRES · CLIQUE POUR ÉCOUTER

Combien tu es prêt à investir dans le livre dont tu rêves ?

CE QUE RACONTE CET ÉPISODE

La question est taboue et Renaldine Lenoir la prend de face dans l'épisode 54. En conférence, elle avait demandé s'il fallait investir dans une bêta-lecture professionnelle. On lui a répondu de limiter ses frais. Elle a fait l'inverse : elle a payé une bêta pro avant même de savoir si elle irait vers l'auto-édition, simplement pour comprendre ce qui pêchait dans son écriture. Puis un correcteur, une graphiste, un accompagnement marketing.

Ce qui me frappe, c'est qu'elle les nomme tous publiquement. Beaucoup d'auteurs cachent leur équipe comme si l'aide diminuait le mérite. Elle affirme le contraire : le roman, c'est elle qui l'a écrit, et le reste est du métier. Comme elle prépare un dispositif pour aider d'autres auteurs à s'entourer, elle a voulu le vivre d'abord. D'où sa formule, je suis mon propre laboratoire.

En un an et demi, à partir d'une nouvelle primée, elle a mené Embrasser l'autre rive jusqu'à une campagne Ulule. Un roman écrit entre deux vies, avec un début de burn-out professionnel en toile de fond.

Dans cet épisode, on parle aussi de la relecture de son premier jet qui a failli tout arrêter, de son image du cocotier qu'on secoue sans savoir quand la noix tombera, et du syndrome de la bonne élève dont elle a fini par se défaire.

LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE

CAROUSEL À VENIR

Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.

Face B — le transcript

L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE

Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !

Renaldine Lenoir et « Embrasser l'autre rive »

Ybelion — Yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans le 54ème épisode d'Ose Écrire et aujourd'hui j'accueille Rénaldine avec laquelle on a parlé de ses inspirations, de son parcours et du livre qui est actuellement en campagne Ulule Embrasser l'autre rive On a aussi abordé des thèmes qui touchent à l'écriture comme le rapport au temps, le rapport au rêve ou le fait d'être bien entouré pour avancer Je vous souhaite un très bel épisode et je vous dis à bientôt Moi c'est Sam Ybelion de Mon Nom de Plume Je suis écrivain, coach et j'accompagne celles et ceux qui veulent renouer avec leurs rêves d'écriture T'écoutes un podcast dont l'intention est simple te donner inspiration, outils, motivation, discipline bref, tout ce qui peut te permettre d'oser écrire En gros, c'est un peu dans le titre quoi, Ose Écrire

Se professionnaliser sans perdre sa spontanéité

Renaldine Lenoir — Plus tu te professionnalises, plus tu perds en spontanéité Tu vois, ça je le sens aussi Je le sens aussi sur les réseaux Moi j'ai complètement changé la direction artistique de mon site Instagram Et c'est beaucoup mieux parce que c'est confortable pour s'adresser aux autres, etc. Mais pour l'instant, je n'ai pas réussi à retrouver vraiment l'authenticité qu'il y avait au tout début Tu vois, je tenais beaucoup à l'humour par exemple Et depuis que j'ai ma nouvelle D.A. L'humour il est moins présent Parce que je n'ai pas encore réussi à trouver un moyen de l'intégrer Dans le cadre plus, enfin pas pro, mais plus propre

Ybelion — Et c'est quoi qui le rend difficile à intégrer ?

Renaldine Lenoir — Avant, j'écrivais trop, mais vraiment beaucoup trop Et j'ai l'impression que cette marge que je m'accordais de texte, etc. Ça me permettait de glisser de l'humour en fait beaucoup Tandis que maintenant, je resserre vraiment au minimum en fait Et du coup, c'est beaucoup plus lisible Mais il y a ça qui est plus pro là

Ybelion — Parce que moi je trouve, effectivement, ton nouveau feed, franchement, il est top J'ai cru comprendre que toi, tu avais aussi choisi de bien t'entourer À peu près sur tous les pans qui fait l'aventure d'un auteur Et ça, c'est hyper inspirant d'ailleurs Mais moi je trouve que quand même, dans tes posts, on sent qu'il y a un peu de... Alors effectivement, je ne dirais pas qu'il y a de l'humour ou ce genre de choses Genre en mode brut Mais je sens qu'il y a une petite vibe pétillante quand même

« Je suis mon propre laboratoire »

« Je suis mon propre laboratoire »

Renaldine Lenoir — Ouais, bah tant mieux Tant mieux Et c'est vrai que je me suis vachement entourée, t'as raison C'est un truc On n'en reparlera plus, je pense Mais pour moi, je suis ma propre... Je suis mon propre laboratoire Parce que vu que j'ai envie de créer, de permettre quelque chose comme ça De permettre à des auteuristes de s'entourer Bah je me dis, moi je veux le vivre déjà Pour voir ce que ça m'apporte en fait

Ybelion — Ouais, ouais Je suis tout à fait d'accord Je partage ton avis Et ce qui est bien, je trouve, c'est de dire qu'on est entouré Parce que je ne sais pas pourquoi Alors, je trouve que c'est de moins en moins vrai Mais parfois on a un peu ce côté de dire Faut pas trop dire que j'ai été aidé Parce que, je sais pas, ça peut renvoyer une image Alors qu'en fait, c'est trop bien Évidemment que t'es pas un expert dans tous les domaines Que compose une vie ou une aventure entrepreneuriale Que ça soit un livre en auto-édition est un peu une aventure entrepreneuriale

Renaldine Lenoir — Ouais, c'est clair

Ybelion — Il y a plein de gens qui savent faire plein de trucs C'est dommage de pas en profiter

Renaldine Lenoir — Ah bah, tout à fait d'accord Mais c'est vrai que moi j'adore en parler J'adore Parce que je trouve que je me suis entourée que de gens hyper talentueux Là-dessus, je ne regrette aucun de mes choix Bien au contraire, ça m'a apporté beaucoup plus que ce que je croyais Et du coup, c'est sincère Tu vois, j'ai trop envie de les mettre dans la lumière Et puis je trouve que ça ne retire rien à ce que moi j'ai fait Moi j'ai écrit le roman Donc j'ai fait mon travail d'autrice Et après, je laisse les autres faire leur travail Et tu vois, par exemple, la couverture C'est une graphiste qui, avec son talent, a su exprimer l'univers que moi j'avais mis dans le roman Et puis, la partie direction artistique Je fais un coaching sur la partie marketing En fait, c'est mes mots, c'est mes sentiments Mais c'est juste, j'apprends à les exprimer de la bonne manière Ce n'est pas quelqu'un qui me fait pas conspiter sur ma ligne éditoriale Ce n'est pas du tout ça

Ybelion — Oui, totalement Et c'est vrai que la valeur de l'accomplissement ne se mesure pas au fait que tu l'aies fait tout seul ou pas Et même, c'est pour le coup une croyance un peu limitante Qui est que si tu ne fais pas les choses tout seul, elles ont moins de valeur Mais c'est bien de faire les choses aussi D'accomplir ses rêves, c'est bien Donc c'est dommage de se priver parce que Souvent, c'est un peu d'ego Un peu d'ego

L'argent, dernier tabou de l'auto-édition

Renaldine Lenoir — Oui, il y a plein de trucs Il y a un peu d'ego Il y a un peu de moyens aussi C'est clair Oui, bien sûr Et je pense que ça, c'est vraiment le prochain sujet que je vais explorer là De manière très transparente Parce que bon, déjà, nous, on a une culture française C'est qu'on a beaucoup de mal à aborder ce sujet L'argent Et puis dans le monde des auteuristes C'est aussi un peu tabou En tout cas, dans le secteur auto-édition Je trouve qu'on n'en parle pas beaucoup De quel budget Et tu vois, moi, par exemple Je me rappelle très bien On avait fait une Donc j'ai fait une conférence des auteurs Avec l'ICAR L'organisme qui m'a formée Et j'avais posé une question en salle de conférence En disant À ce moment-là, tu vois J'étais à la fin de mon premier jet Post-bêta lecture Et je sentais qu'il fallait que ça aille plus loin En fait, que ce n'était pas suffisant Que ça ne passerait jamais les portes Par exemple, d'une maison d'édition Ça, je le savais Et j'avais demandé S'il était pertinent De s'entourer d'un bêta pro Et la réponse qu'on m'avait eu C'est non Enfin, qu'on m'avait donnée Pardon, c'était Non, franchement Limitez vraiment vos frais Parce qu'en gros, ça ne vaut pas le coup C'est le tab d'une maison d'édition Ok, je suis tout à fait d'accord Mais aujourd'hui, vu la coupe Concurrence, c'est bien En fait, je pense qu'il y a beaucoup d'auteurs et d'autrices Qui sont conscients que sans une bêta pro Tu ne passes pas Tu ne passes pas ses limites Et plus que ça Moi, je me suis dit Mais attends Une bêta professionnelle C'est l'occasion de me former De progresser énormément Et tu vois, j'ai choisi De passer par une bêta Avant même de choisir l'auto-édition En gros, on m'avait dit Si tu choisis l'auto-édition Oui, là, c'est normal Mais moi, j'ai fait ce choix d'investissement Avant de choisir l'auto-édition Parce que je me suis dit Mais mon manuscrit, je veux l'emmener vraiment Beaucoup plus loin Et je veux apprendre, en fait Qui pêche dans mon écriture Parce que ça va me servir pour tout le reste Et récemment, tu vois J'ai pu échanger avec une autrice Qui avait tout à fait le même point de vue Et je suis là Ah ! Ça fait du bien, en fait De sortir de ce côté culpabilité De Oh ! J'ai mis de l'argent C'est-à-dire que je ne suis pas Tout à fait un auteur accompli Parce qu'il a fallu que Avant même de soumettre mon manuscrit Que je le fasse aller plus loin

Ybelion — Ouais ! C'est... En vrai, tu as évoqué plein de sujets Extrêmement intéressants Et celui qui me touche le plus C'est celui de dire Alors déjà Tu pourrais... La définition d'auteur accomplie Tu vois Et pas forcément liée au fait D'aller publier en maison d'édition Non ! D'ailleurs, je crois que Tu avais partagé quelque chose En ce sens-là, justement Et ça, je trouve qu'il faut le rappeler Il faut le rappeler souvent Que maintenant, on a la chance De pouvoir faire plein de choses De très belles manières Et après, l'autre C'est... Finalement C'est un peu... C'est un peu une partie marketing De moi qui dit ça, tu vois Mais c'est quoi le prix d'un rêve ? Si tu as envie d'avoir le livre Que tu as toujours eu envie d'écrire Entre les mains Quel est le prix que tu es prêt à mettre ? Et... Et quelque part aussi C'est important de se poser ces questions-là D'être aligné, en fait De faire les choses en conscience, tu vois Il ne s'agit pas de lancer des billets À droite, à gauche Comme ça En se disant Peut-être Mais de réfléchir à dire Ok, de quoi j'ai besoin Pour avoir Ce dont je rêve entre les mains Ça, à mon sens C'est important Et il y a autre chose Voilà, dernier point C'était le côté Béta lecture professionnelle En fait Quand tu fais appel Du coup un pro Et que tu payes Le rapport Avec la personne N'est pas du tout le même Parce que tu peux te permettre De dire Bah ça, ça me plaît Ça, ça me plaît pas Alors évidemment C'est toujours des discussions Qu'il faut avoir dans le respect Dans la bienveillance Ça, ça change pas Que tu payes ou que tu payes pas Tu vois Le fait de payer T'autorise pas à traiter les autres Comme un chien Quand même Parenthèse importante À mettre Mais ça te donne T'avances avec beaucoup plus de confiance C'est beaucoup plus facile Tu vois Parce qu'un bêta lecteur Que tu paierais pas Bah tu peux pas vraiment lui dire Ah bah ouais Mais j'aimerais bien Que tu me fasses ton retour Vraiment vite Là Tu vois Tu peux Enfin Tu payes pas Donc quelque part

« C'est quoi le prix d'un rêve ? »

Renaldine Lenoir — C'est difficile De se permettre

Ybelion — De mettre des lits

Renaldine Lenoir — C'est pas une relation professionnelle C'est pas une relation professionnelle Et puis souvent Ton bêta lecteur Il y a aussi Toi souvent C'est de la bêta croisée Tu lis le roman Et on lit le roman pour toi C'est vrai Il y a forcément Un rapport Qui est Un peu moins distancié Qu'avec une bêta pro Donc tu peux pas en retirer la même chose Tu en retires énormément de choses Il y a des gens Qui font ça très bien Tu vois moi En ce moment Je suis bêta lectrice Et je prends mon rôle Hyper à coeur Mais je me sens aussi portée Dans ce rôle Parce que je le fais Pour quelqu'un que j'admire Et que j'adore Et du coup Je sais que mon jugement Il est peut-être un peu biaissé J'essaie de m'en distancer Au maximum Mais tu vois Je sais que c'est présent Et après Pour rebondir Sur ce que tu disais aussi Tu vois Sur le prix du rêve Il y a ça Et moi je vois ça aussi Comme un investissement Quand tu considères Que tout ton budget Écriture roman C'est un investissement Tu le vois de manière Tout à fait différente Que tu t'écartes du côté Tu es en train de lâcher De l'argent Dans le vide Parce que bien sûr Un premier roman Ça ne te rapportera pas d'argent Mais C'est de l'investissement

Ybelion — C'est vrai C'est vrai C'est beaucoup plus C'est beaucoup plus positif Qu'on est comme ça

Renaldine Lenoir — Ouais Bah dis donc Et du coup

Ybelion — Ton

Renaldine Lenoir — Excuse-moi Je ne voulais pas te couper

Ybelion — Non t'inquiète Et du coup Ton roman Que du coup Tu as été édité Et avec lequel Tu es fait Aider Dans plein de domaines Il sort Bientôt Si je ne dis pas de bêtises Enfin la campagne C'est ça

Campagne Ulule : les 48 heures qui comptent

Renaldine Lenoir — Ouais la campagne Ulule Elle démarre le 6 octobre Ouais Je ne sais pas à quel moment On sortira L'épisode de podcast Mais tu vois La campagne Ulule C'est 6 Et ouais Ça c'est génial Ça m'importe énormément

Ybelion — Je check

Renaldine Lenoir — Pour te dire la date Alors Tac Ouais bah En vrai Tu vois Ça tombe

Ybelion — Ça tombe bien Parce qu'il sortira Le 8

Renaldine Lenoir — Ouais génial Trop bien

Ybelion — En plein d'eau La campagne A commencé

Renaldine Lenoir — La campagne a commencé

Ybelion — Et vous pouvez aller voir Voilà

Renaldine Lenoir — Et puis en plus C'est les deux premiers jours Donc je suis une novice Des campagnes Ulule Mais j'ai quand même compris Que dans les deux premiers jours Il y a beaucoup de choses Qui se jouent Les 48 premières heures Après l'ouverture Ouh là ouais C'est là où il faut faire coucou À l'algorithme De Ulule Si j'ai bien compris

Ybelion — Ouais Je comprends Et ce roman C'est un roman Que t'avais Que t'avais depuis longtemps En tête

Congé maternité et concours de nouvelles : le déclic

Renaldine Lenoir — Euh Non pas vraiment En fait Disons que L'écriture Tu vois Moi c'est quelque chose Que j'ai eu Très tôt Euh Et comme beaucoup de gens C'est quelque chose Qui m'a un peu Quittée Ou qui s'est moins manifestée Après mes années Étudiantes Et puis jeunes actives Et ça revenait Ça revenait très régulièrement Dans ma vie Par l'intermédiaire du blog Par l'intermédiaire de lettres Euh Par plein de petits Tu vois Des petits à coups Comme ça Et euh C'est vraiment ressorti De manière très forte Quand j'ai Eu ma deuxième fille Euh J'ai eu des difficultés En tant que maman À ce moment là Avec ma première fille Euh Sur le point d'accoucher De la deuxième Complètement Ouais Déboussolée Je pense Et je me suis mise À écrire déjà Pour écrire ça Tu vois À quel point J'étais perdue Et après la naissance De ma seconde fille Donc avec tout Le bonheur Et la fatigue aussi Que ça peut supposer Euh Bah j'ai eu du temps Pendant ce congé maternité Pour écrire Et là je me suis remis À ce que j'avais fait Au tout début Quand j'étais jeune femme C'est-à-dire Les concours de nouvelles Et ça m'a vraiment remis Le pied à l'étrier Donc j'ai écrit J'ai écrit J'ai écrit Jusqu'au jour Où il y a eu Un concours de nouvelles Qui était sur le thème De la Californie Et là j'ai fait Une nouvelle Qui racontait L'histoire d'un jeune homme Qui s'apprêtait À rejoindre son père Sur la propriété familiale Dans le Bordelais Et que son père Repoussait Et Donc ce jeune homme Partait en Californie Où là Il découvrait un univers Très différent Dans son milieu Traditionnel Et ça lui ouvrait Beaucoup de choses Et ça a révélé Des choses aussi Des choses qui s'imposaient À lui Comme son homosexualité Et du coup Ça mettait vraiment Toutes cette En perspective Toute sa vie La façon dont il voyait Son avenir Et Le choix qu'il avait à faire Entre respecter un peu Les projets Que sa famille Avait toujours eu pour lui Et Ce qu'il jugeait Comme étant plutôt Son identité À travers Une autre voie professionnelle ! Une autre façon de vivre En fait Et donc ça a été la nouvelle Et Quand j'ai eu le fil D'écrire cette nouvelle Je me suis dit Ah Là je tiens Un sujet Que j'ai envie de développer En roman Tu vois J'avais toujours rêvé D'écrire un roman Et je me suis dit Ça sera Ça sera ça c'est vraiment Le sujet avec lequel Je peux vivre Pendant longtemps Et donc là Je me suis formée À l'écriture de roman Avec Ricard Et en parallèle J'ai commencé à l'écriture Et si tu veux Le secteur viticole C'était évident pour moi Parce que ça fait Près de 15 ans Que j'évolue Dans le secteur viticole Bordelais Moi j'étais Je suis rochlaise D'origine Et J'ai fait des études Tout à fait classiques Un bac scientifique Des parents Enseignants d'anglais Pour ma maman Et gérants de société Pour mon père Tu vois Donc rien à voir avec le vin Et au moment De mes études C'était une période Très difficile de ma vie La terminale Ça a été assez sombre Et Est venu le moment Où Il fallait choisir Son avenir Sur post-bac Et Pour moi Ce qui se dessinait J'étais une très bonne élève Mention très bien Et tout ça Donc vraiment Ce qu'on avait prévu Pour moi C'était plutôt Mathsup-Mathsé Ou Une belle école Et Moi je sentais Que c'était pas ça C'était pas ça Alors je sais pas Si c'était Une envie Provocation De rupture Je sais pas ce qui s'est passé Dans ma tête à ce moment-là Honnêtement Mais j'ai choisi De faire un BTS Ficiculture-onologie À côté de Bordeaux À Blancs-Fort Et là Ouais Super et tremblement Dans la salle des profs De mon lycée À La Rochelle Oh là Qu'est-ce qu'elle fait Et je suis partie Comme ça Au milieu Parce qu'à l'époque C'était quand même Il y a Plus de 15 ans du coup À l'époque Les BTS Vitionaux Ça se féminisait Mais c'était quand même Surtout Encore des fils De propriétaires Etc C'est encore une filière Vraiment très technique Mais moi C'est comme ça Que j'ai découvert Le monde du vin Je me suis fait des amis Dont un Qui est encore Un des meilleurs amis Aujourd'hui Qui est fils Qui est héritier D'une très belle Propriété bordelaise Et du coup Après ça m'a Ça n'a jamais cessé De m'habiter En fait Cet univers Et pour moi C'était évident Qu'il serait dans Mon premier roman Et peut-être dans les Sous-titres

Du bac mention très bien au BTS viticole

Ybelion — C'est Hyper touchant Comme Partage de parcours Merci beaucoup Déjà Ça me touche D'autant plus Que je connais Quand même bien La région bordelaise Parce que Moi j'ai fait Ma prépa à Bordeaux Moi J'ai pas réussi A briser Le cercle En terminale Moi j'ai vécu Le maths sup Math sp Et mon meilleur pote Mon meilleur pote Vivait à Blanquefort Donc Je connais Je connais bien La région Et Déjà Bravo D'avoir Osé Saisir Ce que tu voulais Faire à ce moment là Et pas forcément Te laisser porter Et du coup Ça fait Hyper sens De raconter Toute cette histoire Aussi après Dans ton livre Et c'est ça Que je trouve Trop bien Dans les Dans les premiers romans Et c'est Ce qui me donne D'autant plus Envie de les lire Je trouve C'est que Souvent Ils sont quand même Très introspectifs Très personnels Et Ils racontent Beaucoup de choses Aussi autour de l'auteur Et c'est vraiment trop cool Et C'est aussi Touchant De voir Qu'on peut se mettre A l'écriture Tu vois Le concours de nouvelles Je trouve que c'est Hyper bien Pour oser Commencer avec quelque chose Parce qu'on a l'impression Que c'est moins important Entre guillemets Parce que c'est pas Quelque chose Qu'on décide Un jour De commencer à faire Et ça te met le pied À l'étrier Et ça te permet De gommer déjà Quelques Croyances limitantes Comme le fait Que tout soit parfait Ou que tes idées Doivent être Absolument Novatrices Et Du jamais vu Ou ce genre de choses Donc Ouais franchement Hyper inspirant Et du coup Tout Donc Hyper nourri Par tout Ton parcours aussi Quand tu Commences Si j'ai bien compris Tu décides De commencer À écrire le roman Tu te fais former Par l'ICAR Aussi à ce moment là Combien tu Prends de temps Pour Entre le moment Où tu te dis Ok Là j'ai le déclencheur J'ai envie d'écrire Et le moment Où T'arrives À quelque chose De satisfaisant Peut-être Je sais pas après À quel moment Mais premier jet Ou fin Je sais pas Ah ouais Quel step C'était important

Mars 2024 à septembre 2025 : la chronologie exacte

Renaldine Lenoir — Assez précisément Franchement je peux te répondre Vraiment précisément Parce qu'en gros Le retour Le retour de l'écriture Dans ma vie En mode Gros tsunami C'était Fin mars Tu vois Enfin non c'était Début mars Pardon Avant la naissance Peut-être deux semaines Avant la naissance De ma fille Tu vois J'ai arrêté De bosser Et bim C'est revenu Et là je me suis plus Jamais arrêtée Après la décision D'écrire un roman Ça a été je pense Mai En fait Ouais Mai 2024 Parce que À ce moment-là J'avais découvert Le podcast De Lucie Castel Et du coup J'étais là Mais en fait C'est carrément possible On peut écrire un roman C'est accessible Si avec des efforts Du courage On peut le faire Donc j'ai commencé Mon plan Etc Ça je l'ai commencé À ce moment-là Et je crois Que les premiers mots Je les ai mis En juillet Tu vois 2024 J'ai fini le premier jet Tout début décembre 2024 Mais là c'était une horreur Ok Honnêtement La relecture du premier jet Trois semaines après là J'ai bien respecté La petite pause et tout Ah là La relecture Honnêtement Ça aurait Je pense que là J'étais le plus proche De tout abandonner Et de mettre en pause L'écriture Pour encore dix ans Mais à ce moment-là Je sais pas J'en avais trop besoin C'était trop dur Dans mon travail Etc C'était vraiment J'étais complètement Je perdais complètement pied Il n'y avait que L'écriture C'était mon radeau Donc même si je trouvais Que c'était nul Ce que j'avais fait Il fallait continuer Et puis j'ai dû tomber aussi Sur des posts Instagram Des choses comme ça À cette époque Qui disaient Ne vous inquiétez pas C'est normal C'est nul Je pense que j'ai dû Quand même lire des trucs Comme ça Qui ont dû me dire Attends il y a peut-être Moyen quand même Que ça s'arrange Et après A commencer une très longue phase D'écriture De réécriture De réécriture De bêta lecture Je pense que C'est en avril 2025 Où là Je commençais à avoir Quelque chose Qui tenait vraiment la route Ensuite j'ai choisi De travailler avec Vincent Qui s'appelle Bianco Correction Sur les réseaux Et là je lui ai dit Dans six semaines Je te renvoie mon roman Mais avec Enfin vraiment Je vais complètement Le réécrire En fait à chaque fois C'était des réécritures Honnêtement je pense Que je gardais peut-être 5% Ce que j'avais écrit C'était des réécritures Complètes Il ne restait que le squelette Du roman Et je reprenais tout Et je lui ai dit Dans six semaines Je te réécris tout Et là ça va être bien Parce que j'avais eu Justement un Deux retours de bêta lecture Qui m'avait énormément aidée A comprendre Ce qui ne me plaisait pas Dans mon roman Et donc là J'ai tout réécrit Et là C'était déjà Quand je l'ai envoyé à Vincent C'était déjà Vraiment assez à bout Et après Il y a eu Toute la phase de correction De avril 2025 A Tu vois Septembre 2025 On vient juste De terminer Cette phase là Et là maintenant C'est tout Et là je suis contente Bravo

Relire son premier jet et vouloir tout arrêter

Ybelion — Bravo Et franchement Je trouve que C'est quand même Plutôt rapide Dans le processus Parce que bon En plus T'es maman T'as un travail Etc Donc quand même C'est assez impressionnant Et je pense que Tu vois Il y a quelque chose Que t'as dit Qui à mon sens Est extrêmement important Et peut en aider Vraiment beaucoup C'est que En fait T'as écrit ton premier jet Sans En ayant Sans avoir en tête Perpétuellement Le Ah mais putain La première relecture Et après la correction Et tous les trucs Et machin Et tout Et t'as bien séparé Les étapes Tu vois Et je trouve que ça À mon sens C'est quand Alors après Quand on écrit Son 2, 3, 4ème roman On commence à comprendre Comment on fonctionne On peut adapter Tu vois La méthode Mais en vérité Quand t'es sur ton premier roman Je trouve que la méthode La plus cartésienne C'est vraiment de dire Je fais mon premier jet Sans me dire Que je vais corriger Quoi que ce soit On verra plus tard Après tu corriges toi Tu vois Et après tu le fais Avec des bêta lecteurs Et en fait Quand tu fais Rien que ces 3 étapes là Avec des pauses Ça c'est extrêmement important Parce que sinon En fait Tu deviens fou Bah en vrai Là t'arrives à quelque chose Dont t'es fier Et satisfait Et bah la preuve C'est que quand tu l'envoies A ton correcteur C'est exactement ça quoi Et

Renaldine Lenoir — Ouais

Ybelion — Et je partage le sentiment De déprime Quand tu lis Le premier jet parfois Tu fais Ah Il va y avoir Un peu de taf quand même

Renaldine Lenoir — Là ça a été dur Parce que moi J'avais vachement de culpabilité Tu vois C'était tout Le temps que j'avais pris Bah en dehors de ma famille De mes deux filles De mon mari Tu vois Je me dis Oh Je lui ai Entre guillemets Je leur ai volé tout ça Pour ça Et ça c'était hyper dur Alors je pense que je confondais tout A ce moment là Je confondais vraiment tout Mais Après pour arriver au bout Du premier jet Tu vois J'avais vraiment Moi je fais beaucoup de courses à pied Et j'avais le Même sentiment Que le jour où j'ai couru Mon premier marathon Tu sais T'as cette espèce de C'est très difficile à décrire Mais il y a un truc qui te pousse C'est le côté Je vais y arriver C'est incroyable Je suis en train de le faire Tu sais que t'as plus après Pour un deuxième Ou un troisième marathon C'est plus dur Parce que du coup Tu l'as déjà fait une fois Mais là sur cette première fois Tu te dis Je vais écrire un roman C'est incroyable T'as trop de fierté en fait Et puis bah

Marathon et mammouth : avancer pas après pas

Ybelion — Totalement

Renaldine Lenoir — Bon je savais pas J'avais pas encore l'idée De combien de temps Allait représenter la suite Mais si on m'avait dit Derrière Il reste encore neuf mois De réécriture Etc J'aurais dit ok Bah C'est banco quoi

Ybelion — Ouais Non mais c'est ça C'est ça Et c'est un Et c'est bien de découper le mammouth quoi De voir la montagne Comme une suite de petite marche tu vois Et Ça paraît Ça paraît moins effrayant Et en fait Au delà de ça tu vois Au delà de C'est effrayant ou pas En fait c'est juste que C'est comme ça qu'il faut agir Parce que Pas après pas tu vois C'est Je sais plus putain Je réutilise toujours cette image Et je sais plus qui me l'a donnée Un jour On va venir me voir en disant Putain mais tu veux que Répéter ce que je dis Ah mais si C'est Ingrid J'écris un roman Qui me disait Qu'il faut pas Quand tu te réfléchis Ok mais comment je vais être publié En maison d'édition Qu'est-ce que je vais faire Pour mon correcteur Ma couverture Mes machins et tout C'est l'équivalent De pas avoir fait Ses gammes de guitare Et de penser à son stade de France

Renaldine Lenoir — Et

Ybelion — Et voilà C'est genre Pas après pas Prends les problèmes Quand ils viennent Tu vois

Renaldine Lenoir — Ah oui moi je te dis Je fais de la course à pied Donc Si je me lance Sur une longue course Je me dis jamais Je vais courir 42 km Je me dis là Allez tu vas au 10 Tu vas au 10 premier Il y a le ravito Par des pistes Gâteau apéro Et puis après on verra Mais Ouais Je fais vraiment comme ça Et tu vois Ça c'est hyper important Je trouve Enfin moi il y a deux choses C'est que Déjà ce premier roman Bien sûr sur la route Je me suis posé Vachement de questions Et je me suis dit Est-ce que je ferais pas mieux De le lâcher Tu vois quand je suis arrivée A la fin du premier G C'est ça que je me suis dit En premier Est-ce que c'est la bonne histoire Le héros Il a 24 ans C'est un homme Il va tomber amoureux D'un autre homme Est-ce que je suis légitime A écrire cette histoire Est-ce que je ferais pas mieux D'écrire l'histoire D'une femme Qui a la trentaine Et qui ressentira peut-être Plus de choses Que je pourrais lui faire dire Mais je me suis toujours accrochée A mon histoire Et à ce premier roman En me disant Tu vas y aller Mais tu vas le faire Jusqu'au bout Et ça je trouve que c'est Hyper important D'avoir fait ce process Mais vraiment de A à Z Parce qu'aujourd'hui Je me sens pleine de confiance Sur le fait que Je suis vraiment capable Et que l'écriture Elle s'est installée Elle s'est ancrée Dans mon quotidien Tu vois Et du coup J'aborde le deuxième Avec vraiment Beaucoup de confiance Sans savoir Si ça va marcher Ou pas le premier Mais en sachant Que vraiment Je suis capable Je comprends Tout à fait Et le

« Suis-je légitime pour écrire cette histoire ? »

Ybelion — C'est quoi Qui te Parce que là Effectivement Tu parles De tout ce que Ça peut t'amener Aussi Dans le deuxième C'est quoi Ce dont tu es Le plus fière Avec ce premier roman

Renaldine Lenoir — Je trouve C'est d'avoir Créter des sujets Assez universels Mais d'avoir amené Cette petite touche Un peu différenciante De cet univers Que je connais si bien L'univers du vin La Californie aussi Où j'ai travaillé Quelques mois Tout ça En fait C'est très proche De mon vécu Mais justement Je l'ai écrit J'ai fait exprès D'avoir un personnage Qui était assez distancié De moi Pour pouvoir Prendre suffisamment Justement De recul Par rapport à lui De ne pas mettre Trop de moi Je voulais quand même Qu'il y ait une limite Tu vois Pour traiter des sujets Et avoir un roman Qui traite Un sujet assez universel C'est beau Je trouve que c'est un exercice

Ybelion — Assez compliqué De se distancier Parfois De ses personnages Et Là je réfléchis Je réfléchis à moi Ce que j'ai pu faire Et moi c'est vrai Que j'ai écrit des histoires Où c'est des animaux Anthropomorphiques Donc quelque part C'est plus facile De se distancier Mais Tu vois Je serais curieux De savoir Si toi ça t'est arrivé Je te fais un petit partage Que j'ai vécu Sur l'écriture du deuxième Là Il y avait un moment Je me sentais bloqué Pas vraiment bloqué Mais Il y avait un truc Qui grattait Tu vois Quand j'écrivais J'étais en réécriture Justement Du premier jeu Et En sortie D'un coaching Que je faisais J'étais le coaché J'étais pas le coach Pour le coup J'étais le coaché Je prends conscience Qu'en fait Le personnage principal Est genre Beaucoup plus moi Que ce que je voulais m'avouer Mais tu vois Une partie Pas négative Mais une partie Que t'as enfouie un peu Et que T'aimerais changer Dans le fond Tu vois Et quand je prends Conscience de ça Alors que c'était Un personnage Que j'avais pas construit Autour de moi Tu vois Et au contraire Relativement Plutôt distancié Tu sais J'ai comme une vitre Qui s'est brisée Et j'ai fait Putain mais en fait Je comprends Pourquoi ça gratte Et ça m'a Totalement débloqué Après Et c'était assez fou Tu vois C'est ça Qui m'étonne toujours Je trouve Dans les romans C'est que On en laisse Beaucoup en fait Même parfois Quand on Quand on Quand on a pas L'impression Dans l'essai Et moi c'était L'impression que j'avais Et ouais L'inconscient de l'auteur Et je trouve que c'est ça Finalement Le message positif Dans tout ça Je trouve que c'est ça Qui fait l'unicité Des romans Et l'unicité Des auteurs Et donc N'ayez pas peur D'écrire vos histoires Parce que Votre vie étant unique Il y aura toujours Plein d'unicité Dans ce que vous allez raconter Inconsciemment Et c'est ça qui est génial T'as pas besoin De te poser la question De Est-ce que je suis Comment je fais Pour être unique Tu l'es déjà C'est un problème en moi

Renaldine Lenoir — Ah oui Je suis tout à fait d'accord Voilà Ça m'a touché Et alors Du coup Le

Ybelion — Le Tu m'as dit que T'écrivais aussi Quand t'étais petite Est-ce que tu te rappelles À ces périodes-là Qu'est-ce qui T'inspirait Et qu'est-ce qui t'a donné Envie D'écrire Enfin De commencer à écrire Commencer l'acte Créatif

« Lettre du bleu au rose » : la nouvelle du collège

Renaldine Lenoir — Oui Alors ça franchement C'est un souvenir Impérissable C'était Au collège C'est le CDI du collège Bon Faut pas trop y aller Sinon c'était Catégorisé Un tel autre service Pas de bol Moi j'adorais lire Donc bon J'y allais quand même Et Il y a eu Il y a eu Une communication Sur un concours de nouvelles Et je crois Que le thème C'était les couleurs Et moi J'ai écrit Ma première nouvelle Pour ce concours Et c'était Lettre du bleu au rose Et c'était Moi le bleu Et ma soeur C'était le rose Et je lui écrivais une lettre Qui était un petit peu Une lettre de Au revoir Parce qu'elle était en train De partir au lycée Donc elle s'envolait un peu Tu vois Et c'était le papillon rose Dans ma lettre En fait Dans ma nouvelle Voilà C'était une lettre d'amour C'était vraiment une déclaration D'amour à ma soeur J'ai une soeur Dont je suis très proche Qui a un an et demi De plus que moi Et déjà à l'époque C'était Un modèle Enfin Beaucoup de choses Il y a beaucoup de choses Dans ma soeur Donc C'était cette première lettre Et je crois que J'avais été lauréate De ce concours Donc tu vois Il y a eu D'une part Ça me permettait D'exprimer mes sentiments Pour ma soeur Et d'autre part J'avais trouvé une forme D'identité dans l'écriture Il y avait déjà la lecture Qui était partie Clairement de mon identité Et Ah L'écriture C'était ça y est Ça me caractérisait Parce que ma soeur C'est quelqu'un d'extrêmement solaire Vraiment une personnalité Très C'est les gens que tu aimes En fait Vraiment Ils rayonnent quoi Et Du coup Moi J'avais une personnalité Forcément différente Je ne dis pas que Je suis moins aimable Que ma soeur Mais C'était différent Moi j'avais plus Mes petites parts d'ombre Et Du coup L'écriture Ça me permettait d'exister D'une manière différente Que dans le rayonnement Qu'avait ma grande soeur

Ybelion — C'est hyper beau Et je trouve ça dingue La créativité Qu'on a Quand on est petit Je crois De partir d'un thème Les couleurs Qui est quelque part Assez commun Comme thème Et d'en faire une histoire Aussi touchante Ouais Franchement C'est très beau Je comprends Que ça t'est Et c'est trop bien C'est encore le concours Le concours de nouvelles Finalement Ouais

Renaldine Lenoir — C'est encore le concours de nouvelles Ouais Exactement C'est ça qui m'a mis Pays à les payer Mais J'étais jeune fille Je me serais jamais dit Que j'allais Je rêvais d'écrire un roman Mais c'est marrant J'ai attendu D'avoir 34 ans Pour oser Non Pas 34 Peut-être 31 Parce que j'avais essayé D'écrire un roman A la naissance De ma première fille Un roman jeunesse Mais Je m'étais pas appris Correctement Si tu veux Donc Forcément Ça avait rien donné Mais ouais Voilà Il a fallu que j'attende Vraiment d'avoir 34 ans Pour faire les choses Comme il fallait

Ybelion — Eh bien écoute C'est que La vie Voilà Il fallait que t'attendes Ce temps là Et bravo d'avoir osé A la fin

Renaldine Lenoir — Moi j'ai pas de regrets Là tu sais pas

Ybelion — Ouais exactement Il est jamais trop tard En fait Et puis Et puis Ça sert à rien De se comparer A quelqu'un Qui aurait commencé Plus jeune Ou ce genre de choses Non

Renaldine Lenoir — Et le

Ybelion — C'est intéressant Si tu Si tu Si t'es capable De le dire Et si t'es capable De le partager Quand tu commences A écrire Ton premier roman Là Pendant la naissance De ta première fille Tu saurais dire Ce que t'as Qu'est-ce que tu conseillerais À la toi De ce moment là Pour qu'elle Elle abandonne pas Ce roman là

L'oignon, le cocotier et les mantras qui tiennent

Renaldine Lenoir — C'est un peu Ce que je t'ai dit Tu vois À la fin du premier G De vraiment Mais en plus Je crois que c'est des choses Que j'avais entendues Donc ça m'a aidé De Là il faut se laisser porter Par l'élan créatif Sans se retourner Avance Sans se retourner Et au moment Tu te retourneras C'est normal Que ce soit mauvais C'est partie du processus Mais derrière Tu vois J'avais entendu Des images très justes Comme si un roman C'était un oignon Et que ton travail D'écrivain C'était de retirer Toutes les couches De l'oignon Pour aller vraiment Au cœur Et à la source Là où c'est beau Donc je me dis C'est normal C'est l'oignon Il faut y aller Il faut dépeuter

Ybelion — Très belle image Très belle image De l'oignon

Renaldine Lenoir — Oui Il manque un truc À cette image C'est quelque chose De vraiment beau À l'intérieur De l'oignon Parce que je suis en train De me dire À l'intérieur d'un oignon Il y a juste des couilles D'oignon Il faudrait Tu vois Peut-être Une image Un peu moins calvaudée Que l'histoire De la chrysalide Mais quelque chose Avec un cœur Un peu fouet

Ybelion — Ouais Je vois ce que tu veux dire Chacun Ça tu vois C'est un travail imaginatif Chacun trouve Ses images Ses images C'est comme Tu vois Le marathon Est un très bon exemple Effectivement Le sport Est un Les parallèles Entre le sport Et l'écriture Sont absolument fantastiques L'oignon C'est vrai Moi c'est vrai J'aime bien L'expression Quand j'étais en formation De coaching J'avais une collègue Qui disait Il faut découper le mammouth Et depuis J'aime beaucoup Cette expression Je sais pas D'où ça vient Mais je trouve ça marrant Et chacun trouve Ces petites expressions Qui sont motivantes Ces petits mantras Tu vois C'est important D'avoir Des petits mantras Est-ce que toi D'ailleurs Je sais pas C'est ça qui me vient Est-ce que t'as Des petits mantras Comme ça Que tu te répètes Quand t'avances Sur ton écriture

Renaldine Lenoir — Oui Tu vois Il y avait Pendant un temps Je me suis beaucoup dit C'est pas parce que Tu n'y arrives pas Tout de suite Que tu ne vas pas Y arriver plus tard C'est pas parce que Ça marche pas Tout de suite Là maintenant Parce que c'est vrai Que j'en ai fait d'autres Par exemple Au début Des concours de nouvelles En fait au début J'avais cette espèce D'impatience de réussir Quand je me suis remise Avec Qui était complètement Déraisonnable De Enfin je voulais Quelque chose d'impossible J'ai envoyé J'ai envoyé mes premiers Concours de nouvelles Après avoir passé Quand même Plus de 10 ans Sans écrire sérieusement Et j'espérais Être lauréate Mais c'était Enfin je pense Que ce n'était pas possible Honnêtement Et du coup Il m'a fallu du temps Pour vraiment comprendre ça C'est pas parce que Tu ne réussis pas tout de suite Que tu ne vas pas réussir Plus tard C'est vraiment un chemin Tout ce que tu mets en place Maintenant C'est ça qui va te permettre De réussir plus tard Et tu vois là C'est fou Mais il y a deux semaines J'ai appris que j'avais Gagné un concours de nouvelles Et ça m'a Au-delà du concours Ça m'a fait Vraiment quelque chose Je me suis dit Il y a un an et demi Je rêvais tellement de ça J'avais tellement besoin De cette validation Et aujourd'hui J'en ai tant besoin que ça Mais elle arrive quoi C'est chouette

Ybelion — Et ouais Bravo Déjà Bravo Et c'est vrai Que la Que la synchronicité De la vie Quand on Parce qu'il ne s'agit pas Que de demander des choses Demander des choses Il s'agit d'agir Pour aller les chercher Et finalement C'est ce que tu as fait Et hop À la fin À la fin Ça paye

Renaldine Lenoir — Bravo Et du coup Moi j'ai toujours l'image De moi qui secoue Le cocotier Vraiment ça Je l'ai beaucoup Tu secoues le cocotier Tu secoues Et tu ne sais pas quand Mais ça finit par tomber Votre coco

Ybelion — Exactement Parce que la vie Est en fait Un très haut cocotier Il faut le temps Que les noix de coco tombent Et comme il est très grand En plus Parfois elle tombe derrière Et donc il faut Il faut bouger un petit peu Agir Discuter Pour la trouver par terre C'est clair Il y en a Qui sont très

Renaldine Lenoir — Prêt à tomber Tu vois Il n'en manque Mais vraiment pas grand chose Mais il faut quand même Que tu secoues le cocotier Sinon Elle ne t'est pas toute seule

Ybelion — Exactement Ah j'adore cette image Ah ouais Ce sera l'image De l'image de l'épisode J'adore Et c'est Et là je pense à autre chose Sur Comme ton livre Est en campagne Puisque l'épisode sort Juste au moment Où ça Où ça Où ça commence Qu'est-ce que tu aimerais Raconter Sur ton livre Qui paraît Je sais pas Peut-être insolite Ou qui intriguerait Tu vois Un truc que tu Que tu dis pas forcément Au premier Comme ça

Le secret du roman : les personnages secondaires

Renaldine Lenoir — De but en blanc Moi ce que j'aimerais raconter Par rapport à mon livre C'est la richesse Des personnages secondaires Il m'est arrivé Dans le roman De préférer Mes personnages secondaires A mon héros Tu vois Pour ce qu'ils apportent De diversité D'humour aussi Tu vois La partie humour Par exemple Elle est très présente Dans les personnages secondaires Dans les petites punchlines Ça c'est quelque chose Qui m'a vraiment plu Pendant l'écriture aussi C'était de les faire parler Et chacun D'amener leur petite Leur petite Lumière en fait A l'histoire globale Donc ouais Ça c'est vraiment Le petit secret du roman C'est À quel point Les personnages secondaires Peuvent être attachants Ils mériteraient Qu'on puisse Qu'on leur passe Un roman À eux

Ybelion — Ça c'est trop cool Et tu y penses Ça ou pas À raconter D'autres histoires Avec ces personnages

Renaldine Lenoir — Peut-être Mais peut-être pas tout de suite Voilà je suis partie Sur un second projet De roman Qui Il va y avoir Des attaches communes Mais pour l'instant Les protagonistes Je les laisse un petit peu Vivre aussi Au travers des yeux Des lecteuristes J'attends aussi Beaucoup De savoir Comment on ressentit Les autres auront Ressenti les choses Pour après Continuer à les faire parler

Ybelion — Et le deuxième roman Sur lequel tu travailles Tu as commencé Tout de suite En terminant

Un été difficile devenu matière du deuxième roman

Renaldine Lenoir — Oui en fait J'ai commencé J'ai commencé Vraiment le plan En fait J'avais deux projets De romans différents Et j'ai commencé Le plan À la période Où j'ai renvoyé Mon manuscrit Complètement corrigé À Vincent Le temps Qu'il Lui Qu'il puisse L'analyser Donc j'avais En fait Si tu veux J'avais le plan Tout prêt Et après Il y a eu Je crois Quatre ou cinq mois De travail Avec Vincent Je reprenais Je réécrivais Complètement mon texte Et là Tu vois Ça fait Deux semaines Que je peux De nouveau Me lancer Dans l'écriture créative Ça c'est trop bien Tu vois De sortir Cette phase De réécriture Très technique Finalement Et de repartir Dans de la création pure Et ce qui est génial C'est que j'ai Donc j'ai retrouvé Mon plan Mais entre temps Cette phase De pause Parce qu'il y a eu L'été et tout Il y a vraiment Des choses Très fortes Qui me sont apparues Parce que moi Cet été Ça a été un peu dur Niveau santé mentale C'était très compliqué Et du coup En fait Ça m'a aussi Amenée à me dire Je peux pas Ne pas m'en servir De cette souffrance Que t'as Quand tu vas pas bien Psychologiquement Et de ce que tu ressens De la solitude Que ça peut générer Et du coup Je me suis dit Non mais Je peux pas réécrire un roman Sans en parler Sans me servir de ça Et je pense qu'en fait J'avais beaucoup d'appréhension À en parler Dans le premier roman Parce que je voulais Que ce soit quelque chose Qui fasse du bien Qui me fasse du bien à moi Qui fasse du bien aux autres Et là Je crois que j'ai trouvé La façon Dont je peux intégrer Ces failles que j'ai Dans mon roman Mais tout en faisant Quelque chose Un sujet assez lumineux Il m'a vraiment fallu Tu vois Tout ce temps de décantation Donc c'est génial Parce que j'ai retrouvé mon plan Et j'avais plus qu'à mettre Ce truc Qui est finalement Pour moi central Mais qui s'imbrique maintenant Dans l'histoire Assez naturellement

Ybelion — C'est très touchant La manière Dont Nait le projet En l'occurrence Là Et Tu vois Ça fait le lien aussi Avec L'impatience Que tu pouvais partager Tout à l'heure Parfois les projets Ont besoin de temps Et D'expérience Plutôt Parce qu'on dit Souvent le temps Mais en fait Si tu fais rien Pendant le temps Bah voilà C'est l'expérience Que tu vis Fait que souvent Ça t'apporte des clés Bah tout simplement Dont t'avais besoin Pour dérouler les choses À ce moment là Et

Bonne élève, burn-out et amour de l'écriture

Renaldine Lenoir — Tu sais, moi, j'ai le syndrome de la bonne élève. Donc, comme en formation, j'avais appris que si tu voulais être auteur, autrice, auto-édité, il fallait écrire deux, trois romans par an pour en vivre. Donc, dans ma tête, il y avait toute la petite mécanique. OK, donc deux heures d'écriture par jour, comment je vais faire ? Et là, tu vois, j'ai mis ça de côté. Parce que je me dis exactement ce que tu as dit là à l'instant, c'est que de toute façon, pour moi, dans mon dernier job, j'ai fait un début de burn-out. Donc, je sais en fait ce que ça fait quand je ne peux plus. Et je n'ai pas du tout envie d'en arriver là. Donc, je vais faire les choses à ma façon. J'espère que tu vas faire un roman par an. Ça, ça serait vraiment super. Mais ça va se faire progressivement.

Ybelion — C'est extrêmement important, le sujet que tu touches du doigt. Je pense que c'est toujours très utile de se reconnecter à ce dont on a envie avec l'écriture. C'est quel est notre rêve et quel est notre objectif profond, personnel ? Parce qu'on a tendance à un peu tout mélanger. Et effectivement, entre faire trois romans par an et maintenir ce côté passion, artistique, expression de soi, moi, je sens chez certains, pas chez tout le monde, il y en a qui arrivent à très bien le faire. Et franchement, je suis admiratif de ça et c'est très bien. Mais je sens parfois une dissonance entre ça. Et en fait, le premier chez qui j'observe cette dissonance, c'est moi, tout simplement. Moi, si je devais tenir un rythme comme ça, en fait, je n'arriverais plus à voir l'écriture comme quelque chose qui sort de moi. Tu vois, j'en ferais presque un truc mécanique, un truc de bon bah ok, je fais une espèce d'usine à romans qui marchent, peut-être ou peut-être pas, sur des thèmes qui me passionnent peut-être ou peut-être pas. Et en fait, c'est pour ça que je dis que quand tu te connectes à ton rêve, si ton rêve, c'est d'écrire des livres et de transmettre ce que toi, tu as envie de transmettre et que tu as envie de le faire pour toi, quelque part, d'en écrire un ou trois par an, ça ne change plus rien du tout. Et faire ça, ça permet une chose fondamentale, c'est que ça te connecte à ton amour de l'écriture. Et c'est impossible d'écrire si tu n'aimes pas écrire, parce qu'écrire, c'est long. Et un truc long que tu trouves chiant, c'est vraiment l'expression anglaise pain in the ass, c'est ça, voilà. C'est douloureux. Et donc, se connecter à son amour de l'écriture. Et en fait, quand tu le fais, tu te rends compte que tu écris beaucoup plus qu'avant. Et moi, je suis halluciné. Parfois, les gens, au début, justement, tu travailles en coaching avec eux, ils se déculpabilisent de ce truc-là, et donc ils se mettent des objectifs ambitieux, mais atteignables, avec lesquels ils sont à l'aise. Donc parfois, c'est des 500 mots par jour. Ce n'est pas énorme, mais c'est déjà très bien. Et en fait, tu te rends compte que le fait de ne plus se sentir coupable les connecte à leur amour de l'écriture. Et après, ça tape des grands 2000 mots par jour. Ça écrit à des moments hors de sa routine, parce que juste, il y a le truc qui t'appelle. Et en fait, voilà, l'amour de l'écriture, c'est ça qu'il faut aller chercher. J'ai fait un grand monologue, mais parce que c'est un sujet, à mon sens, extrêmement important. Non, j'écoutais, oui. Le burn-out créatif des passionnés et des artistes et des auteurs, on en parle assez peu, mais c'est quelque chose qui est en plus extrêmement pesant, parce que quand tu fais un burn-out au travail, c'est déjà grave, mais quelque part, le travail, tu le fais parce que tu as besoin de te nourrir. Et quand tu fais un burn-out sur une passion, c'est d'autant plus douloureux que tu te dis, mais c'est fou que je n'arrive plus à faire quelque chose qui me passionne. C'est pour ça que c'est important de se poser les questions au début. Le message de prévention.

Renaldine Lenoir — Non, mais c'est vrai, mais aussi parce qu'on vit dans cette société-là, de la performance, de la réussite, on a été aussi vachement conditionnés comme ça. Je pense qu'on ne s'est même plus, en fait, si tu veux, on est un peu perdus, parce que quand tu retrouves ça, justement cette passion que tu te connais, comme tu dis, à ton rêve, tu ne vois plus d'autres façons de faire ça. Et tu as tellement besoin que ça fasse partie de ta vie que du coup, tu te dis, bon, là, pendant un moment, je vais me blinder, mais je vais faire ce qu'il faut pour que ça puisse s'ancrer dans ma vie. En fait, tu te mets un peu en mode survie pour que derrière, ton avenir puisse ressembler à l'image que tu en as de toi en train d'écrire au quotidien. Moi, c'est un peu comme ça que je l'ai vécu. En mode, allez, là, tu te fais en mode machine. Tu construis dans les cinq prochaines années ce qui sera peut-être ta vie dans dix ans. Tu pourras vivre de tout ça et tu vivras ton rêve au quotidien. Et du coup, tu peux tomber aussi dans l'évier de, allez, vas-y, la performance, on se compare sur les réseaux, combien de mots par jour. Ça, je trouve que c'est hyper délétère, hyper délétère. Et je ne sais pas trop si c'est moi qui ai arrêté de suivre ce genre de poste ou si c'est qu'il commence à y en avoir moins dans ce sens-là. C'est de, j'ai écrit tant de mots, ma to-do liste de la semaine. Ça, c'est pas bon. Je trouve, en fait, ça te sort complètement de toi, ton processus créatif et de comment tu t'écoutes toi et comment tu travailles.

Réseaux, performance et vraies failles

Ybelion — Exactement. Et en fait, c'est... À mon sens, c'est... Alors, je réfléchis à comment bien me tourner. Je pense que l'aspect central de ça, c'est les autres, en fait. Le rapport à soi et aux autres. Et très souvent, en fait, il faut se concentrer sur soi, tu vois. Et parce que les autres ne partagent qu'évidemment ce qui va bien. C'est... Enfin, voilà. Moi, tu vois, je fais l'exercice de partager des petits bilans de semaine. Et c'est vrai que... En fait, il y a des semaines... Putain, c'est horrible, quoi. La semaine dernière, elle était une mauvaise semaine, tu vois. Et donc forcément, le poste n'est pas forcément super sexy, quoi. Donc oui, je n'ai pas écrit. Oui, j'ai passé toute la semaine à douter. Et bon, voilà. Mais quelque part, je trouve que c'est ça qui... C'est aussi... À mon sens, aussi inspirant pour les gens de lire ça que de lire quelqu'un qui écrirait beaucoup sur une période donnée. Et... Et l'important, c'est de se... Se connecter à soi, encore une fois. Je fais l'impression de répéter ça en boucle. Mais quand tu te connectes à soi, à ta vie, tes impératifs, ce que tu es capable de réaliser sur ton temps libre, en fait, c'est inestimable. La mesure de se comparer à quelqu'un qui aurait peut-être dix fois plus de temps libre que toi, elle n'a pas de sens, tu vois. Alors que vous pouvez poursuivre le même rêve. Et c'est pour ça que moi, j'ai maintenant un peu de mal. Après, c'est aussi mon parti pris avec mon accompagnement, tu vois. Mais j'ai un peu de mal avec ceux qui te diront « Oui, il faut faire telle chose. Il faut écrire X heures par jour. Il faut écrire X mots par jour. » Et rien de plus oppressant que de s'imposer une routine qui n'est pas la nôtre, quoi. Moi, je me lève le matin pour écrire. Quelqu'un qui n'est pas du matin, super, ça lui fait une belle jambe que Samuel Leparck se lève le matin pour écrire, quoi. S'il fait ça, le pauvre, il va exploser, quoi. Je suis d'accord avec toi. Oui, pardon. Je suis emballé ce matin. Les sujets me touchent. Je suis emballé. Je suis d'accord avec toi qu'il y a moins de postes comme ça, je trouve. Parce que les gens se rendent compte aussi que ce qui est important dans tout ça, c'est l'authenticité. Et il n'y a pas d'authenticité quand tu dis juste « Non, mais tout va bien, tout va bien, tout va bien, tout va bien. » Parce que oui, c'est facile de dire « J'ai écrit 500 mots par jour tous les jours. » Il n'y a pas besoin de les écrire pour le faire. Donc, quelque part, avant, c'était beaucoup de show-off. Je trouve que maintenant, effectivement, il y en a moins et il y a plus de place pour l'authenticité.

Renaldine Lenoir — C'est trop important ce que tu dis parce que c'est vraiment une question que je me pose en ce moment. Tu vois, je t'ai dit que cet été, j'avais eu une phase vraiment dure. Et c'est très compliqué pour moi parce qu'à la fois, je voulais continuer à... En fait, je me suis raccrochée encore une fois à l'écriture. Ça, je n'ai pas lâché. Et donc, je n'ai pas lâché non plus les réseaux et la façon dont je parle de processus créatifs, etc. Ça me faisait beaucoup de bien. Mais à la fois, je me disais « Je ne parle pas d'un truc important, en fait. Je ne parle pas du fait que moi, je ne vais pas bien. Je n'arrivais pas à trouver le moyen d'en parler. Et c'est vraiment quelque chose sur lequel j'ai envie de travailler en ce moment. Parce que moi, tu vois, le fait que les gens parlent de leur faille, ça me fait du bien parce que je m'identifie. Et donc, je me dis, mon compte là, aujourd'hui, mon compte Insta, j'ai besoin qu'ils parlent de ça aussi, de mes failles. Et c'est juste qu'il faut que je trouve le moyen de le faire correctement parce que je n'ai pas envie de faire du « oin-oin ». En fait, au début, tu vois, ça m'est beaucoup arrivé d'exprimer mes doutes sur Insta. Et je ne devais pas le faire correctement parce qu'il y avait beaucoup de... de la communauté, c'était beaucoup. « Ah, mais ne t'inquiète pas, ça va aller. » En fait, je n'avais pas envie qu'on me console ou qu'on me rassure. J'avais juste envie que ça fasse du bien aux gens. Et du coup, voilà. Il faut que je travaille sur comment montrer que j'ai des failles, comment je fais pour traverser ces périodes, mais sans avoir envie qu'on me fasse des tables dans le dos parce que ce n'est pas ce que je recherche, en fait. Mon ambition, tu vois, pour mon compte Instagram, c'est vraiment de donner un souffle de créativité, que d'autres personnes aussi se disent « Moi aussi, je peux le faire. Je peux écrire un roman. Je peux aller au bout. Je peux faire quelque chose de concret. Je peux vivre mon rêve. » Et je n'ai pas envie que ce soit un endroit où on me dise « Tout va bien. T'inquiète pas. Ça va aller. »

Ybelion — Oui, c'est extrêmement important. Je suis d'accord avec toi. Toujours l'authenticité. L'authenticité des gens, c'est ce qu'il y a de plus inspirant, en fait. Et d'ailleurs, très belle transition parce qu'il y a une branche de toi qu'on n'a pas abordée pour l'instant, mais c'est le côté... Alors, je ne sais pas quel terme tu te mets, quelle étiquette tu pourrais te mettre. Peut-être que tu ne t'en mets pas. Mais d'accompagner aussi les auteurs et les autrices. Je sais qu'on en avait déjà parlé un petit peu en off. Je te laisse en parler un petit peu, si tu veux.

Devenir mentor : journées et petits collectifs

Renaldine Lenoir — Ah oui, je peux bien. Après, tu verras, c'est encore à l'état de maturation. Moi, je désignorais ça comme du mentorat parce que, en fait, si tu veux, dans ma vie pro, je suis formatrice. Ça fait longtemps. Et formatrice indépendante, là, j'ai repris mon indépendance. et je sais que là où je suis douée, c'est de réunir les gens. J'ai toujours été bonne pour ça. Réunir les gens et m'entourer. Tu vois, je l'ai fait pour l'écriture de manière très naturelle. Dans ma vie, je suis très, très bien entourée aussi. Et je pense que chacun a ses talents et peut-être le mien, c'est ça. Du coup, ce que j'aimerais, moi, c'est faire profiter mon expérience à d'autres auteuristes. Et puis aussi, leur permettre d'être entourées, d'avoir leur petit crew, comme moi, j'ai eu. Donc, je suis en train de réfléchir à comment organiser ça. Je vois très bien des journées, justement, de mentorat d'écriture. Je les vois bien en présentiel, par exemple, dans la région bordelaise. Moi, ce que j'aimerais proposer en présentiel, tu vois, ce sera des moments un peu hors du temps, parce que je suis maman et je sais à quel point le temps, c'est pas que pour les mamans. Pour en parler sur les réseaux, je sais que le temps, c'est quelque chose de très très. Et ce que j'aimerais, c'est que des autrices, des auteurs, s'accordent une journée et que ce soit une journée magnifique d'écriture et que ce soit moi qui mette en scène cette journée-là. Et après, il y aurait toute une partie aussi plutôt en distanciel où là, je voudrais recréer des petits collectifs, mais vraiment quelque chose de pas trop nombreux, parce que moi, je me suis trop perdue sur des discords et des trucs où je ne connais pas les gens et du coup, je n'arrive pas à retrouver ce côté bienveillant et qui se pousse. Moi, je voudrais créer des petits teams d'écriture et faire en sorte qu'avec mon expérience d'animatrice, de formatrice et puis, j'ai un petit message qui me dit que je n'ai plus beaucoup de batterie, donc ça a peut-être coupé l'image, mais avec mon expérience d'animatrice et puis avec l'expérience que j'ai eue en m'entourant et donc sans doute en faisant intervenir aussi régulièrement des pros, pousser en fait ces petits groupes à aller plus loin dans leur écriture et à tenir. Donc tu vois, on est entre du coaching et de la formation. Je me situe un peu entre les deux.

Ybelion — Donc effectivement, la casquette Mentora est pertinente sémantiquement. Je ne suis pas forcément fan des étiquettes sémantiques, mais là, en l'occurrence, pour ça, ça fonctionne bien. Et c'est trop cool, en vrai. C'est bien. De toute façon, on a besoin, ce que je dis toujours, on a vraiment besoin de plus de gens qui aident d'autres personnes à écrire. Je suis sûr que là, il y a des gens qui nous écoutent qui vibent pas forcément avec moi, mais qui vaillent beaucoup plus avec toi. Donc c'est trop cool. Et bah ouais, fonce. En plus, tu as un parcours franchement inspirant. Tu es passé par plein de problématiques d'auteurs et d'autrices. Donc tu auras plein de belles choses à partager. Et tu as évoqué le temps.

Renaldine Lenoir — Excuse-moi, je disais... Vas-y. Au début de l'épisode, tu vois, on disait que c'était... Au niveau timing, c'est vrai, c'est chouette en un an et demi de se dire que c'est un roman que tu as mené au bout. Mais encore une fois, tu vois, c'est parce que je me suis entourée. C'est vraiment ça qui a fait la différence. Ça, j'en suis. Oui, tout à fait. Tout à fait. On se...

Ybelion — En fait, ce qui est marrant, c'est que souvent, quand on décide ou pas d'être accompagné, en fait, on se projette dans le futur, mais on ne se rend pas compte de tout ce que va apporter le fait d'être entouré. Et moi, le plus beau compliment que j'ai reçu de quelqu'un, c'était de dire je ne me... J'hallucine de la personne que je suis aujourd'hui. Ça aurait été inconcevable pour moi au moment où on s'est rencontrés. Et ça, je trouve qu'il n'y a pas plus beau compliment. Et on sous-estime la puissance qu'a le fait de s'entourer, en fait. Et je rebondis sur une dernière fois et puis après, ça fait une heure, ça passe vite. on s'amuse. Le temps est un problème que je traite dans l'intégralité des coachings, je pense. Et ce qui est assez intéressant, c'est que se cachent derrière ces problématiques de temps toujours pas forcément des problématiques de temps. Et je pense que si je devais donner un conseil comme ça aux gens qui spontanément se disent j'ai pas le temps ou ce genre de choses, déjà, je leur dirais d'arrêter de dire j'ai pas le temps et de dire j'ai pas pris le temps, que ça devient responsabilisant et quelque part, il y a un petit, c'est un petit hack mental qui peut fonctionner. Et après, c'est de s'interroger sur c'est quoi vos... dans la vie, il y a des impératifs et pas d'impératifs. Donc, c'est quoi vos impératifs ? Ceux-là, de toute façon, vous ne pourrez pas les changer. Et ensuite, de travailler sur ce qui n'est pas intératif, ce que j'appelle le temps libre. et au regard de ce temps libre, se connecter à son rêve. Et là, quand on est face à son rêve et qu'on hésite entre écrire ou regarder Netflix, généralement, le choix est vite fait.

« J'ai pas le temps » ou « j'ai pas pris le temps » ?

Renaldine Lenoir — C'est très juste. Écoute, Rinaldin,

Ybelion — merci beaucoup pour tous ces partages. Est-ce que tu veux nous faire un dernier point sur ton roman ? Juste avant, comme ça, ce sera la conclusion, ce sera une belle conclusion.

Embrasser l'autre rive : l'histoire d'Étienne

Renaldine Lenoir — Oui, embrasser l'autre rive. C'est l'histoire de Étienne qui a traversé l'océan Atlantique en direction la Californie et qui va en faire des rencontres et trouver un chemin différent de celui qu'il avait imaginé pour son avenir. Donc, si vous avez envie d'en apprendre plus, je vous invite à aller voir mon compte Instagram. et si le projet aussi vous parle, le projet d'entrepreneur, tout ce qu'il y a derrière vous parle, il y a la campagne Ulule qui a démarré le 6 octobre. Vous pouvez aussi aller faire un tour et soutenir ce projet de plein de manières différentes. Si vous n'avez pas forcément l'argent pour acheter le livre ou que ce n'est pas dans les romans que vous préférez, vous pouvez déjà en parler autour de vous. ça va énormément aider à finir ce premier roman.

Ybelion — Merci beaucoup. Et j'adore le titre. Je le trouve très évocateur avec tout ce qu'on a échangé. Je sens, en tout cas, là comme ça, j'ai l'impression qu'il y a plusieurs niveaux de lecture entre guillemets sur ce Embrasser l'autre rive. Et c'est très beau.

Renaldine Lenoir — C'est très beau. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Merci beaucoup.

Épisode 54 avec Renaldine Lenoir

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Renaldine Lenoir

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UN AU HASARD, ET LES DEUX D'À CÔTÉ

Ose Écrire, épisode 115

ÉPISODE AU HASARD · N°115

L'éclair qui a fait naître un roman - Discussion avec Alex Clark

Épisode 115 avec Alex Clark ! Et si un éclair dans un ciel d'orage pouvait faire naître un roman ? On parle d'écriture, de tornades et de romances sapphiques avec Alex, autrice de Storm Between Us. On évoque ce burn-out avant le départ pour l'Espagne, ces semaines sans rien à faire où le cerveau remonte tout ce qu'on avait soigneusement rangé, et cette phrase magique de sa femme qui change tout. On aborde la découverte du flow à 27 ans, sept heures d'écriture d'affilée sans même remarquer qu'on a faim, et ce sentiment dingue de découvrir une passion qu'on ne s'imaginait pas porter. On parle aussi de cette métaphore du sculpteur, du premier jet qu'on n'a pas le droit d'interrompre, et de pourquoi demander l'avis d'un bêta-lecteur au milieu du chemin ressemble souvent à une procrastination active. On évoque la critique, ce moment vulnérable où l'on présente son âme à la foule, et le travail intérieur qu'il faut pour s'en détacher sans la fuir. On découvre enfin pourquoi un livre qu'on n'aime pas soi-même ne plaira jamais aux autres, et pourquoi la représentation sapphique permet à toute une génération de se reconnaître plus tôt.

Toi aussi, tu as une histoire à raconter ?

Les discussions du podcast sont ouvertes à celles et ceux qui osent. Viens partager ton chemin d'écriture au micro.

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