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Pochette de l'épisode 31 du podcast Ose Écrire

ÉPISODE 31AVEC INVITÉ9 JUILLET 202559 MIN

Discussion avec Gäelle Levesque

Clarté · Rythmeécriture jeunesse
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FACE A — LES 16 CHAPITRES · CLIQUE POUR ÉCOUTER

Comment tu écris un roman quand tu n'as objectivement pas le temps ?

CE QUE RACONTE CET ÉPISODE

Mars 2020. Gaëlle Levesque, agrégée de lettres, autrice et coach littéraire spécialiste de la littérature jeunesse, signe son premier contrat d'édition sur un simple synopsis. Le texte n'est pas écrit. Le pays ferme dans la foulée. Elle est professeure, son conjoint aussi, et leur fille de trois ans réclame sa mère du matin au soir.

Ce qu'elle raconte dans l'épisode 31 tient en un mot : la négociation. D'abord avec les autres. Elle obtient trente minutes en fin d'après-midi, et elle apprend à annoncer « je vais travailler » plutôt que « je vais écrire », parce que les deux phrases ne pèsent pas le même poids dans une maison. Ensuite avec elle-même. Sa sieste passe à dix minutes pendant que son conjoint couche la petite. Une heure par jour, tous les jours, jusqu'au point final.

Ce que j'en retiens, c'est que le temps d'écriture ne se trouve jamais par hasard au fond d'une journée. Il se réclame, il se défend, et il se paie en petits renoncements très concrets.

Dans cet épisode, on parle aussi du vide qui suit le point final, de l'idée d'être perfectionniste seulement à l'étape où on en est, et de sa technique la plus contre-intuitive pour débloquer une scène : changer physiquement de position, quitte à faire le poirier.

LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE

CAROUSEL À VENIR

Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.

Face B — le transcript

L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE

Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !

Deux coachs littéraires face à face

Ybelion — Yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans le 31e épisode de Chemin d'artiste et d'auteur, aussi connu sous le nom de Ose Écrire, et aujourd'hui je suis ravi d'accueillir Gaëlle, elle aussi coach littéraire et écrivaine, et je vous jure, cet épisode est plein de valeurs. Alors profitez bien, et joyeuse écoute, à bientôt. Bon, merci d'être venu Gaëlle, et je suis super content de t'accueillir, parce que toi ça fait plus longtemps que tu fais la double casquette écrivaine et coach, et du coup j'étais franchement hyper curieux d'en savoir beaucoup plus sur toi, et surtout finalement de ce que peut t'apporter le mix des deux, comment l'écriture nourrit le coaching et comment le coaching nourrit l'écriture. Et moi j'aime bien commencer en posant la question, qu'est-ce qui t'a donné envie d'écrire ?

« L'ennui » : cinq heures de route à 9 ans

Gaëlle Levesque — L'ennui. Mais d'abord merci de m'accueillir, moi je trouve ça trop génial, parce que c'est quelque chose qui me tient à cœur, et tu le sais, je sais que ça te tient à cœur aussi, de pouvoir échanger entre coachs littéraires, c'est-à-dire qu'on fait le même métier, et de montrer qu'on accompagne chacun différemment, et qu'on a chacun nos richesses, et nos histoires, et qu'on n'est pas arrivé là de la même façon, et que c'est trop génial de pouvoir échanger, donc je suis ravie de t'avoir rencontrée. Oui, qu'est-ce qui m'a donné envie d'écrire ? C'est l'ennui, c'est-à-dire que quand j'avais 9 ans, il n'y avait pas du tout de tablette, de quoi que ce soit d'écran, sur les trajets de retour de vacances, et je regardais les montagnes, puisque j'étais à la montagne à ce moment-là, et je me disais, mais comment je vais passer les 5 prochaines heures ? Et du coup, je me disais, tiens, je vais m'inventer une histoire, et puis si je l'écrivais ? Et ça a commencé comme ça.

Ybelion — Putain, c'est fou. Et c'est marrant parce que, moi, c'est vraiment comme toi, l'ennui, je trouve que c'est un déclencheur créatif vraiment insoupçonné. Parfois, t'as certaines personnes qui sont complètement bloquées, ou qui ont l'impression de ne pas être créatives, je dis toujours, enfermez-vous dans une pièce pendant 8 heures sans téléphone, et vous verrez ce qui se passe, tu vois. Je trouve ça hyper puissant.

Gaëlle Levesque — Ouais, on s'est plus ennuyés.

Ybelion — Et les premières idées que t'as, là, tu vois, comme tu dis, quand t'as 9 ans, c'est ces idées-là que t'exploites après, quand tu te mets à écrire, parce que t'as publié plusieurs livres, il me semble. J'ai publié 3 textes, ouais. Si je dis pas de bêtises. Ouais, 3 textes. Et c'est ces idées-là, ou finalement, c'en est d'autres ?

Gaëlle Levesque — Pas du tout. Pas du tout. Moi, quand j'étais petite, en fait, ce que je voulais écrire, c'est ce que je ne pouvais pas lire. C'est-à-dire que ça n'existait pas, la littérature young adulte et tout ça. Et moi, je voulais des histoires qui me portent, et du coup, je m'étais dit, je vais les écrire, comme ça, au moins, je saurais ce qu'on a envie de lire à 12 ans. Et puis, après, j'ai grandi, et j'ai plutôt... Et ça, ça a toujours été le cas, je veux dire, à partir de l'adolescence, 16 ans, j'écrivais plutôt des choses réalistes. Par contre, mon premier texte publié, c'est une dystopie. Bon, bah, écoute... Voilà, bon, j'ai jamais été très logique, mais c'est comme ça. Voilà.

« J'ai signé le contrat avant d'écrire le livre »

Écrire ce qu'on ne pouvait pas lire

Ybelion — Et c'est le... C'est vrai, ça, je suis vrai, j'avais jamais réfléchi au côté young adulte, finalement, c'est un genre qui est quand même plutôt récent, ouais. C'est vrai.

Gaëlle Levesque — Bah, je suis née en 84, pour te dire. Donc, aujourd'hui, j'ai 41 ans. Tu me demandais s'il y avait des questions qui me gênaient. Cette fois, celle-là me gêne pas. D'ailleurs, je réponds même que tu la poses. Et du coup, effectivement, je pense que le young adulte a vraiment été développé quand moi, j'étais étudiante et que j'étudiais la littérature jeunesse. À ce moment-là, il y en avait davantage. OK. Voilà.

Ybelion — OK. T'as fait des études dans la littérature jeunesse ?

Gaëlle Levesque — Oui. J'ai fait ma spécialité... Ma spécialisation là-dessus, ouais. Sur l'analyse de l'album pour enfants. Et donc, il y avait aussi les romans et tout ça. Voilà.

Ybelion — Putain, ça doit être passionnant. Ah, non ? C'est vrai que c'est un sujet sur lequel, tu vois, j'ai pas forcément creusé ou pas forcément analysé plus que ça. En quoi c'est différent d'écrire pour la jeunesse plutôt que pour les adultes, finalement ?

Jeunesse : faire simple ET puissant

Gaëlle Levesque — C'est beaucoup plus dur.

Ybelion — Ouais.

Gaëlle Levesque — C'est beaucoup plus dur parce qu'il faut faire simple et en même temps puissant. Alors, c'est valable aussi pour la littérature générique, enfin pour adultes, hein. Moi, je le trouve, la simplicité, c'est une de mes valeurs. Mais là, particulièrement, c'est particulièrement complexe, oui, je crois, de faire simple, accessible, sans prendre les enfants pour des débiles, parce qu'ils le savent, ils s'en rendent bien compte, justement. Donc, voilà. Je crois que c'est...

Ybelion — Quand t'as dit simple et puissant, ça m'évoque de ce qu'on m'a appris en formation de coach. C'est-à-dire, une bonne question, c'est une question qui est... Ma formatrice, elle disait pur jus, tu vois, un truc où tu dilues pas avec de l'eau et plein de mots qui veulent rien dire, tu vois.

Gaëlle Levesque — C'est ça. Et c'est la question qui va se faire... La personne en face, elle fait...

Ybelion — Ouais, exactement. Et après, tu dis, pardon, excusez-moi, est-ce que l'écran a... est-ce qu'il s'est bloqué ?

Gaëlle Levesque — Non, c'est juste la question. Et puis, voilà.

Ybelion — Ah, c'est fou. Et je suis d'accord, j'ai le souvenir, en effet, étant petit, parfois t'as l'impression que t'as des livres qui sont... Où, justement, t'as ce côté un petit peu... On te prend pour un enfant, et sauf que quand t'es enfant, t'as pas envie qu'on te dise que t'es un enfant. Bah, oui. T'as envie de lire des textes. Tu vois, c'est... En fait, c'est pour ça que je suis assez impressionné. Et d'ailleurs, j'ai toujours énormément de mal à faire le... À définir la limite entre ce qui pourrait être adolescent et du coup plutôt young adult et adulte. J'étais hyper étonné. Je suis en train de lire un livre qui parle, justement, tu vois, de maladies, de cancers, etc. Et qui est classé en young adult. Et tu vois, quelque part, en le lisant, je... En fait, on me l'aurait pas dit, j'aurais pas dit que c'était du young adult, tu vois. J'ai... Ouais, je sais pas pourquoi c'est un genre... J'ai du mal à... J'ai du mal à dire ça, c'est du young adult.

Gaëlle Levesque — Bon, à la frontière, il n'est pas simple. Et après, moi, je vais me tromper en disant ça. Et tant mieux si t'as des commentaires qui disent, Gaël, elle dit n'importe quoi. Mais peut-être que le seul truc, c'est qu'en général, il y a des héros ou des héroïnes qui sont en fait jeunes. Mais sinon, la thématique est pas... Enfin, moi, il y a une autrice que j'adore, c'est Anne-Laure Bondoux, qui publie à la fois pour les adultes, mais aussi en young adult. Et moi, j'ai lu des romans jeunesse en me disant, mais en fait, c'est un livre pour moi aussi. Donc, oui, la frontière n'est pas simple. Et puis, il y a même, je sais pas si tu connais... Je vais oublier le nom parce que je suis nulle. La fiancée de l'hiver, pourtant ultra connue, là. Ah, j'ai pas. Ouais, mais je... Bon, je suis désolée. Je vais retrouver le nom. Tant pis, c'est pas grave. Elle, elle a publié d'abord... Enfin, ça a été publié en young adult, puis maintenant, c'est dans le rayon adult aussi. Donc, il y a aussi une difficulté sur la frontière, ouais.

Ybelion — Ouais, comme quoi la frontière bouge, ouais. Ouais, finalement, c'est... Puis même après, des adolescents peuvent apprécier des textes qui sont classés en adultes. Et inversement, effectivement, chacun est libre de trouver le message qu'il veut dans les textes. Et dans ton parcours, du coup, là, les premières histoires que t'écris plutôt vers 9 ans, puis après, les études orientées lettres aussi, finalement, l'écriture, elle t'accompagne tout le temps ? Ou il y a des moments où c'est...

« La créativité, elle, ne m'a jamais quittée »

Gaëlle Levesque — Non, c'est la créativité qui m'accompagne tout le temps. L'écriture, pas tout le temps. C'est une super réponse.

Ybelion — Ah, ça me touche comme réponse. Ouais.

Gaëlle Levesque — Ça te touche pour quelles raisons ?

Ybelion — Parce que moi, justement, c'est ça qui m'a manqué un moment. Tu vois, la créativité qui te quitte.

Gaëlle Levesque — Ouais.

Ybelion — Et parfois, effectivement, l'écriture est un vecteur, tu vois, créatif comme un autre. Mais moi, je me suis senti fané, tu vois. Il y a un moment, j'ai eu l'impression... J'ai eu l'impression, c'était cette histoire de couleur, tu vois. Il y a un moment, j'ai l'impression que la vie était grise. Et c'est parce qu'en fait, il n'y avait plus rien de créatif dans ma vie. Et à tel point que tu as l'impression que tu es plus créatif. Alors que quand tu étais gamin, tu l'étais tellement. Et ouais, c'est une belle réponse. C'est une belle réponse. Merci. De dire la créativité ne m'a jamais quitté. Ouais. Et du coup, comment elle ne t'a jamais quitté ?

Gaëlle Levesque — Bah, effectivement, il y a eu... Alors, en tout cas, par rapport à l'écriture, j'ai d'abord écrit des histoires. Après, à dos, j'ai écrit des poèmes parce que les émotions débordent. Et ça déborde en grand n'importe quoi poétique, quoi. Et puis après, je crois que l'écriture, je n'ai pas écrit pendant peut-être dix ans. Quand j'ai fait mes études. Donc ma créativité, je la mettais ailleurs, dans le bricolage, dans les recherches. Parce que comme je faisais de la... J'ai fait un master en recherche, donc j'ai fait ça aussi. En fait, vous voyez, ce qui me rend vivante, c'est la créativité. Mais dans le sens où ce sont... C'est faire des liens avec mon cerveau, quoi. Faire des... Donc là, créer une entreprise, par exemple, et j'imagine que tu peux vivre quelque chose de semblable. C'est complètement créatif. Parce que tu vas te poser des questions, en imaginer, créer des offres, créer des... Et c'est de la créativité aussi. Et l'écriture, elle vient là-dedans par moment. Et puis parfois, j'écris pas du tout, mais ça me manque pas. Des fois, je trouve ça dommage. Puis je me dis, bah oui, mais bon, après tout, c'est pas grave, en fait. Juste si j'en souffre pas. Voilà.

Ybelion — C'est vrai. C'est vrai. Donc là, souvent, le... C'est la frustration qui peut être difficile à gérer. Bah oui. Quand t'as l'impression de pas avancer, ou pas avancer dans le sens que tu veux. Et c'est ça, j'imagine que c'est des choses que tu combats aussi, toi, avec les gens que t'accompagnent, de cette manière.

Gaëlle Levesque — Bah disons que c'est... Oui. Tu vois, tu parles de frustration. Ça me fait venir tout de suite, moi, dans mon histoire, un moment où je n'avais pas le temps d'écrire. Et ça a été ma première douleur. C'est-à-dire que là, pour le coup, j'avais très, très envie d'écrire. J'avais mon idée. Enfin, j'avais... Voilà. Et ça me tenait à cœur. Et j'avais pas le temps. Et c'était horrible. Et c'est cette douleur-là que j'ai... D'ailleurs, le premier programme que j'ai créé, c'est Trouvant fin du temps pour écrire. Parce que ça a été ma première douleur. Et effectivement, oui, bien sûr, les gens que j'accompagne, comme toi, c'est les mêmes frustrations. Alors la frustration, pour moi, c'est pas gênant. Parce que la frustration, c'est l'envie. Ça dépend comment on la regarde. Par contre, quand ça devient ultra douloureux, parce qu'on n'arrive pas à s'organiser pour, parce que quand on s'y met, on n'arrive pas à poser le premier mot, ni le deuxième. Ouais, là, c'est là qu'on intervient, nous.

La première douleur : ne pas avoir le temps

Ybelion — Et comment, toi, t'es sortie de cette spirale, justement, de j'ai pas le temps ?

Gaëlle Levesque — Bah déjà, j'ai dit que je voulais écrire. Et je n'ai pas dit je vais écrire, j'ai dit je vais travailler. L'importance des mots. Et j'avais une fille qui était petite, et qui était beaucoup maman, même quand il y avait papa, c'était maman. Et donc j'ai vu avec mon conjoint de l'époque, je lui ai dit, écoute, moi, il me faut 30 minutes le soir. Enfin, en fin d'après-midi, quoi. Pas le soir, parce que je suis pas du soir. Et donc j'ai négocié avec lui ces 30 minutes. Voilà, c'est une négociation. Après, il s'est avéré que j'ai vécu un truc un peu dingue. C'est-à-dire que j'ai signé mon premier contrat d'édition en 2020, en mars, au moment où tout fermait. Contrat d'édition. Ouais, c'est ce que j'allais dire. Et en plus, je l'ai signé sur synopsis. C'est-à-dire que mon texte n'était pas écrit. Donc j'avais une fille de 3 ans. J'étais prof. Mon conjoint aussi. Et là, il a fallu trouver du temps pour l'écrire, ce texte. Alors qu'on était tous enfermés avec une gamine qui demandait de l'attention sans arrêt. Et c'est pareil. J'ai négocié avec moi d'abord, parce que la sieste, c'est un temps important pour moi. Là, je prenais 10 minutes de sieste. Mon conjoint a couché ma fille. Je savais que j'avais une heure pour écrire. Voilà. Donc j'avais une heure par jour pour écrire. Mais c'est une négociation avec moi et avec mon conjoint à ce moment-là.

Mars 2020 : signer un contrat sur synopsis

Ybelion — Je trouve ça hyper inspirant ce que tu racontes. Parce qu'il y a plusieurs choses qui me marquent. C'est qu'il y a un moment où justement tu fais acte de ta volonté et ton envie d'écrire. Et je pense que ça, c'est une des premières choses qui est extrêmement importante. C'est que souvent, les rêves qu'on a... Déjà, on appelle ça des rêves. Moi, je trouve que le mot de rêve, il est quelque part... Tu vois, tout de suite, il est très éthéré. On ne sait pas trop ce que c'est un rêve. Quand tu le passes en termes d'objectifs et puis tu te mets à le verbaliser, tu vois. Il ne s'agit pas de le dire au monde entier ou pas. C'est simplement de se le dire à soi-même devant le miroir, tu vois, par exemple. Ça déjà, je trouve qu'inconsciemment, il y a un step qui est passé quand tu es capable de vouloir le dire. Moi, pendant très longtemps, je n'ai pas été capable de dire ça, tu vois. J'avais dans ma tête, je me disais, oui, j'écrirai plein de livres, j'écrirai plein de livres. Bon, les années passaient et... Et voilà, quoi. Il n'y avait pas grand-chose d'écrit. Et à partir du moment où j'étais capable de le dire à haute voix, je trouve que tout a changé. Et même si ça paraît extrêmement anodin, le fait de se le répéter quelque part, ça ancre quelque chose d'assez puissant. Et ça, c'était la première chose. Et la deuxième chose, c'est que du coup, tu signes... Alors ça, c'est franchement génial. Bravo de signer sur Synopsis, c'est incroyable. Mais tu vois, ce que je trouve trop cool, c'est que du coup, ça donne une deadline aussi. J'imagine qu'ils n'étaient pas... Ils n'étaient pas... Ils n'étaient pas mis un flingue sur la temple. Mais ils te disent quand même un moment, en gros, ça ne peut pas sortir dans 10 ans. Et le fait d'avoir un objectif en termes de temps, ça aussi, ça change tout en fait. Oui, complètement. Parce que souvent, quelqu'un qui te dit, oui, mon rêve, c'est d'écrire un livre. Et quand tu lui poses la question, ok, tu as envie de le terminer pour quand ? Alors derrière, il y a beaucoup de choses qui se cachent. Mais quand ça sera bon ? Ça, tu vois, pour moi, il y a une petite lumière qui s'allume dans ma tête. Et je me dis, c'est sûr que si je te renvoie un message dans 6 mois, mets ta vie que ça n'aura pas beaucoup avancé, tu vois. Et le fait de se forcer à dire ça, et je suis désolé, je ne fais que parler, mais en fait, ça fait beaucoup écho à mon premier livre aussi. Pas le premier que j'ai écrit, mais le premier que j'ai publié. Pareil, il était en fait... Je travaillais avec quelqu'un. Et donc, il m'a dit, moi, j'aimerais bien que ton livre, il existe en 2024, quoi. Et donc, à partir de ce moment-là, je m'engage vis-à-vis de lui. Et même si j'aurais dépassé 3 ans, il ne m'aurait rien dit. Bon, voilà, moi, après, c'est mon ego qui joue là, à ce moment-là. Et le fait de m'être fixé cette deadline, en fait, a tout changé. Et c'est là que j'ai réinterrogé, justement, comme toi, tous les pans de ma vie, en me disant, bon, là, on est le dimanche matin, j'ai le temps, qu'est-ce que j'ai envie de faire, de regarder Netflix ou d'écrire ? Et je choisissais d'écrire. Et je cite toujours cet exemple de Netflix, parce que moi, c'est une vraie... Ça m'est vraiment arrivé, tu vois, de vraiment d'être là et de me dire, putain, mais mon rêve, c'est d'écrire des livres, et là, je regarde la télé, quoi. Et de prendre conscience de ça.

Netflix ou écrire, un dimanche matin

Gaëlle Levesque — Il y a plein de trucs dans ce que tu dis. Je ne suis pas sûre d'avoir tout retenu, ce que je voulais dire en rebondissement, mais la première chose, c'est la voix qu'on croit le plus, c'est la sienne. Donc, effectivement, dès lors qu'on dit, j'écris, on s'entend le dire, et on se dit, OK, bon, j'y crois maintenant. Après, on croit aussi tout ce qui est négatif, donc ça, ce n'est pas top. La deuxième chose, c'est que j'ai eu la chance, effectivement, d'avoir une obligation extérieure. Parce que les auteurs qu'on accompagne, en tout cas que j'accompagne, ils n'ont pas cette chance-là d'avoir une deadline mise par un éditeur. C'est-à-dire, j'avais l'assurance que mon texte serait publié. Ce qui était une sacrée chance. Pour les textes d'avant, je ne l'avais pas. Donc, forcément, l'engagement envers soi, il est plus difficile. Parce que finalement, il y a tellement de choses qui passent avant. Ça ne veut pas dire que c'est bien ou pas bien, mais il y a des valeurs telles que gagner sa vie. D'ailleurs, est-ce qu'on la gagne en termes financiers ou est-ce qu'on la gagne quand on fait ce qui nous épanouit ? Bon, et si on fait les deux, c'est encore mieux. C'est un vrai débat. Voilà. Mais oui, c'est se faire passer en premier, écrire. C'est s'isoler. C'est s'isoler et s'entourer. Mais s'entourer aussi, ça veut dire oser dire. C'est un peu complexe comme projet. Et puis, c'est un projet qui ne vaut pas le coup en termes financiers, a priori. Donc, ce n'est pas forcément reconnu non plus par certains de l'entourage. Il y en a qui sont très, au contraire. J'ai une personne que je vais coacher qui me dit, moi, ma femme, j'ai adoré, elle ne m'admire pas pour mon boulot, elle m'admire parce que j'écris. Mais je ne finis jamais un roman. Donc là, j'ai besoin de le finir pour que je le finir vraiment. Et je trouvais ça génial parce que c'est une vraie ressource, du coup, sa femme.

Ybelion — C'est vrai. C'est vrai. Tu vois, quand je le disais tout à l'heure à Haute Voix, le fait de le dire, il y a toujours un penchant un peu négatif comme ça à parler de ses objectifs. C'est que tu as l'impression de les faire. Tu vois, tu as quelque chose dans, je ne sais pas, quand tu dis, oui, je vais écrire un livre, tu as l'impression, je ne sais pas, à ton pote ou quoi, tu as l'impression d'être en mouvement déjà. Sauf qu'en fait, tu ne l'es pas. Quelque part, une fois que tu l'as dit, après, il faut le faire. Enfin, il faut. En tout cas, il est intéressant de se mettre à écrire quand même. Et effectivement, dans le cas que tu cites, c'est quand même un très, très bon moteur. Se dire, en fait, au-delà de tout ce que ça peut représenter, c'est aussi, je l'ai dit à quelqu'un, j'ai envie de le rendre fier, j'ai envie qu'il soit fier de moi pour ça. Et ça, c'est un moteur qui est quand même très puissant. Très puissant. Et je te rejoins totalement, moi, sur l'aspect financier. D'ailleurs, moi, c'est quasiment la première, la première chose que je dis aux gens, c'est que moi, je n'ai pas de secret pour écrire des best-sellers. Je garantis aucun contrat d'édition chez personne parce que ça dépend de tellement de choses. Et c'est pas... En tout cas, moi, c'est une raison, je pense, qui est louable. Très bien, chacun a écrit pour sa raison. Mais moi, je pense que j'aurais plus de mal à accompagner quelqu'un dont l'objectif est vraiment purement financier, tu vois.

Gaëlle Levesque — Oui, oui. Ça apparaît. C'est parce que c'est pas dans nos valeurs, je pense. Mince, il m'était venu un truc quand tu disais... Ah, bah, je l'ai perdu. On a trop de bonnes idées. Ça fuse, ça fuse.

Ybelion — C'était sur la fierté, peut-être ?

Gaëlle Levesque — Non, c'est ce que tu disais sur l'objectif, la mise en mouvement. Et après... De le fait d'en parler... Ah oui, ça y est, ça me revient. C'est-à-dire qu'effectivement, on ne peut pas... On peut promettre d'accompagner vers la publication, mais on ne peut pas promettre que les gens seront publiés ou qu'ils publieront un best-seller, effectivement, puisque ça ne dépend pas... Comme tu dis, ça dépend de plein d'autres choses, mais surtout, ça ne dépend pas que de soi. Et nous, on coache sur ce qui va dépendre que de soi. C'est... On peut tout... On peut accompagner pour que la personne, elle fasse tout son possible pour y arriver. Après, ça ne dépend pas... On ne va pas mettre un couteau sous la gorge d'un éditeur pour qu'il... Je l'ai bien coaché, maintenant. Tu le publies, s'il te plaît, quoi. Parce que... Bon, allez, s'il te plaît. Non, c'est pas possible, quoi. Par contre, les accompagner pour qu'ils fassent du mieux qu'ils peuvent, avec le plus d'épanouissement, de fierté et... Oui, qui... Au mieux, parce que... Pas le parfait, justement, mais au mieux.

Ybelion — La perfection, grand sujet aussi, c'est... Ouais, putain. Ça, c'est un truc qui m'a beaucoup bouffé, je pense, aussi, à un moment. Et... Est-ce que tu la rencontres aussi souvent ?

Gaëlle Levesque — Alors, pas chez moi, parce que moi, je suis vraiment pas une perfectionniste. Je suis... Je fonce, et on verra après. Oui, bien sûr, je la rencontre beaucoup chez les personnes que je coach. Moi, j'aime bien dire, un petit tip, cela, que... Il est bon d'être perfectionniste à l'étape où on en est. C'est-à-dire que... Par exemple, je crois que... La première des perfections, j'exagère un peu, mais j'utilise le terme, c'est de finir un premier G. Mais c'est tout. Tu peux pas tout mettre dans un premier G, donc c'est pas possible. Et puis après, tu passes à l'étape suivante, la réécriture. Donc, faire du mieux que tu peux, et par exemple, faire le plus parfait possible sur l'évolution de tel personnage. Mais, tu vois, graduer un peu la perfection au fur et à mesure, parce que tout parfait d'un coup, c'est impossible.

Être perfectionniste, mais seulement à son étape

Ybelion — C'est vrai que... J'aime beaucoup cette phrase-là. Viser la perfection dans l'étape à laquelle tu es. C'est hyper pertinent. Moi, j'aime bien voir l'écriture comme... En fait, le truc, c'est que c'est un projet qui est forcément long. Tu vois, tu peux pas dire, je vais écrire mon livre en deux semaines. Et donc, tout de suite, ça apparaît... T'as cette espèce d'effet vertigo. T'as l'impression que c'est une immense montagne et que toi, t'es tout petit. Alors qu'en fait, c'est une suite de toutes petites marches. Et si chaque jour, t'écris un tout petit peu... En plus, tu l'as dit super bien tout à l'heure. T'avais une heure par jour pour faire ce que tu voulais faire. Moi, c'est pareil. J'écris le matin jamais plus d'une heure, une heure et demie, en fait. Parce qu'après, j'ai autre chose à faire, en fait. Et voir tout ça en séparant toutes petites marches et viser, finalement, de faire du mieux que tu peux sur chaque une des petites marches, c'est super. À la fin, ça donne un résultat que les gens ne conçoivent pas du tout, en fait. Et il y a autre chose. Et d'ailleurs, vu que t'as publié aussi, je vais pouvoir te poser la question, mais il y a ce que tu ressens quand c'est terminé. Tu vois, quand le chemin est accompli. Et moi, ça a été très particulier. J'ai encore beaucoup de mal à mettre des mots dessus. Mais toi, la première fois que tu reçois, du coup, le premier livre que t'écris, quand tu le tiens dans tes mains la première fois, qu'est-ce qui se passe ?

Gaëlle Levesque — En fait, il y a deux étapes de fin. La première étape, c'est je finis de l'écrire, je l'envoie à l'éditeur avant correction édito. Et là, je déprime à mort. Parce que j'ai décidé bêtement de m'arrêter brutalement. Et à mon cerveau, il n'a pas compris. Il s'est dit, attends, t'écris tous les jours depuis des mois. Qu'est-ce qui se passe ? Tu n'en fais plus rien. Où suis-je ? Que suis-je ? Après, j'avais de la fierté. Mais je te dis, ça a été un... J'étais hyper mal. Et puis après, effectivement, t'as tout le travail édito, etc. Et la parution. Alors moi, il s'avère que c'est paru en numérique. Ça n'a pas été... Ce n'est pas paru en version papier. Parce que ma maison d'édition était une... Était, je dis, parce que maintenant, ils sont passés à l'e-book. Mais c'était une appli de publication de séries littéraires.

Le vide après le point final

Gaëlle Levesque — Ok. Et donc, ça apparaît sur l'application. Et là... Je ne sais pas si c'est à ce moment-là que j'ai eu le plus de fierté, en fait. Par contre, j'avais trop hâte d'avoir les retours parce qu'on pouvait avoir des commentaires des personnes, en fait, en direct sur l'application. Et c'est là, je crois que c'est là aussi. C'est les premiers commentaires, là. Waouh ! Là, c'est énorme. C'est super flat.

Ybelion — Qu'est-ce qui t'a touché dans les commentaires que tu reçais ?

Gaëlle Levesque — Moi, ça fait un moment, déjà, mais sur le fait qu'ils avaient été touchés par mon personnage principal, par exemple. Donc, Enaëlle. Les liens, aussi, tu sais, qu'ils peuvent faire avec d'autres textes. Donc là, tu te dis, waouh, je fais partie d'une... De... Waouh, ok. Très bien. On compare souvent à La Servante Écarlate, en fait, mon premier texte. C'est assez flatteur, tu vois. Je ne l'avais pas lu, en plus, à l'époque, donc, je n'avais carrément pas plagié. Donc, ce n'était pas possible. Mais d'ailleurs, ce n'était pas tout à fait la même histoire, mais c'est une dystopie. Les dystopies, souvent, on fait des liens entre les dystopies assez facilement.

Ybelion — Bien sûr.

Gaëlle Levesque — Mais voilà. Ouais, en gros, c'est ça. Quand les gens me disent qu'ils ont été embarqués dans l'histoire, je trouve ça génial. Et toi, tu as eu des retours, toi ?

Ybelion — Ouais, moi, je crois que c'était... C'était très égoïste comme sentiment, en vérité. En fait, c'était... En fait, j'ai eu un... C'était un rêve depuis tellement longtemps que j'avais... Que tu vois, pour le coup, j'ai eu énormément de mal à verbaliser avant. Et en fait, le moment où je tiens le livre dans les mains, j'ai un espèce de... J'ai un espèce de truc dans ma tête qui me dit... Attends, mais si ce rêve-là, il est possible, en fait... En fait, tu peux tout faire dans ta vie. J'ai eu un sentiment libérateur et vraiment très particulier. Mais... En fait, je suis capable de l'expliquer maintenant. Après, il va avoir beaucoup réfléchi, en avoir parlé avec la psy, en coaching, etc. Tu vois ? Mais sur le coup, je pense que je le réalise pas trop. C'était une espèce d'état d'euphorie, tu vois, que tu sais pas... C'est très difficile, tu sais. C'est un peu hors du temps. C'est pour ça que c'est un peu compliqué à décrire. Mais... Mais donc, il y a cette espèce de fierté. Et en fait, c'est à cette époque-là, j'étais, moi, en grande réflexion sur ce que je voulais faire de ma vie. J'avais déjà commencé à me dire, en fait, moi, j'aimerais bien accompagner les gens à écrire. Mais tu sais, je le disais sans grande certitude et sans vraiment savoir quelle allait être ma vision, ou qu'est-ce que je voulais accomplir avec ce métier-là. Et en fait, quand je tiens le livre dans les mains, je me dis, en fait, c'est ça que je veux déclencher chez les gens. Je veux que ce sentiment de... Je sais pas, tu sais, de petit garçon qui se retire la chaîne qu'il a au pied et qui s'envole, tu vois. J'avais envie que les gens ressentent ça. Et... Et ouais, c'est... Encore aujourd'hui, c'est hyper dur de décrire précisément, tu vois, ce que j'ai ressenti. Mais ça a été super fort, franchement. Et... Et je voulais dire un autre truc sur ça, mais j'ai oublié. Il y avait un truc aussi après sur les retours des gens. Tu vois, du coup, c'était d'abord très personnel parce qu'en fait, je l'écrivais pour moi. Et du coup, je me suis rendu compte aussi que... Ce qui m'importait plus, c'était l'accomplissement personnel en lui-même que... En tout cas, je mets pas le fait, par exemple, de vendre énormément de livres comme un objectif ou comme un accomplissement en soi. Le fait que les livres existent et de savoir qu'ils peuvent toucher une, dix personnes, j'en sais rien, ça me suffit, en fait. Et effectivement, les premiers retours font quelque chose, tu vois. Moi, c'est surtout les retours de mes proches qui m'ont touché parce qu'ils m'ont dit j'ai oublié que c'est toi qui l'écrivais en lisant. Ah, ça c'est énorme. Et ça, pour moi, c'était vraiment le plus précieux parce que, évidemment... Alors, je sais pas si t'es passé par là parce que toi, du coup, t'as toujours été créatif, etc. Moi, les premiers manuscrits que je termine quand je me remets à écrire, c'est des manuscrits que j'appellerais de vrais débutants, tu vois. Pas forcément que c'est mal écrit, mais tu sens que c'est très égotique et très... En fait, je ne raconte rien parce que j'ai pas d'intention avec mon histoire, mais j'ai envie d'écrire un truc. Et quand je les relis maintenant, ça se ressent quand les seules personnes qui ont relu ces textes-là, d'ailleurs, sont mes parents et ma sœur, comme tout le monde au début. Et les retours n'étaient pas les mêmes, tu vois. Ils n'étaient pas négatifs, mais ce n'étaient pas les mêmes. Et là, sur le vrai livre, tu vois, moi, c'est vraiment mon père qui me dit j'avais oublié que c'est toi qui l'as lu. Moi, ça m'a suffi, tu vois. Derrière, il y avait « Je suis fier de toi, fiston », tu vois. Et ça, laisse tomber, c'était le plus beau truc qu'on pouvait me dire. Et voilà. Et après aussi, de savoir que les gens réfléchissent et interprètent différemment. Je suis toujours hyper étonné de la manière unique qu'ont les gens de lire ton histoire et de l'interpréter.

Gaëlle Levesque — C'est parce que tu leur as laissé de l'espace. Ça, c'est... C'est vrai. C'est assez fort parce que c'est ça. C'est ça, la littérature.

Ybelion — Ouais. C'est vrai que... Ouais, c'est vrai. C'est bien dit. En fait, j'allais paraphraser, mais j'aime beaucoup ce que tu as dit. Laisser de l'espace à l'imagination du lecteur, j'aime bien.

Gaëlle Levesque — Mais tu peux paraphraser pour l'intégrer, si tu veux.

Ybelion — Ouais, je vais le faire. T'inquiète pas, je vais le faire, je vais me le noter. Quand je nous réécouterai, je me dirai, ouais, ça, c'était pas mal.

Gaëlle Levesque — Je vais le reprendre à mon compte. Et ce qui me vient en t'écoutant aussi, c'est que moi, il s'est aussi passé quelque chose d'assez énorme, mais c'était au moment, justement, où je reçois le contrat. Donc, avec ce fameux texte pas écrit. Où là, je me dis, mais en fait, t'étais déjà écrivaine, quoi.

« En fait, t'étais déjà écrivaine »

Ybelion — Ah, c'est beau.

Gaëlle Levesque — Et ça aussi, c'est un truc que j'ai envie que mes coachers aient. Cette sensation de, mais en fait, avant même la validation d'un pro, t'es forcément déjà écrivain, puisque sinon, t'aurais pas été validé. tu vois, t'es déjà dans une démarche, en fait, pro. Voilà. Donc ça, c'est quelque chose que j'ai envie d'apporter. et comme toi, moi, j'ai publié trois textes. Maintenant, je m'en fous. En fait, c'est facile à dire, après coup, mais t'en as qui veulent vraiment conduire une carrière et être publié plusieurs fois. Mais en fait, moi, ça m'a suffi. Ça m'a suffi parce que, comme toi, j'ai compris que ce que je cherche dans l'écriture, c'est pas... La reconnaissance, je l'ai eue, elle me suffit. J'ai pas besoin de plus. Maintenant, c'est pour moi. C'est pour mon plaisir. Si je suis publié, tant mieux. Si je le suis pas, tant pis. Voilà. Et ça, c'est une force parce que du coup, t'es que dans le plaisir, en fait.

Ybelion — Ouais, t'es totalement détaché. Moi, c'est quelque chose qui m'a terrifié, vraiment, au premier degré, quand justement, je voulais quitter l'ingénierie parce que j'en pouvais plus. Mais de me dire, en fait, il va falloir que je vende des livres pour vivre. Pour moi, c'était inconcevable parce que derrière ça, alors c'est peut-être très utopiste comme version, comme vision de l'écriture, mais pour moi, l'écriture est extrêmement personnelle, extrêmement... Tu mets plein de choses de toi que t'imagines même pas et que parfois, tu découvres des années après. Et quand t'as derrière un truc qui te dit, OK, il faut que ça plaise à telle personne, il faut que je raconte ça pour... Tu vois, t'es dans le il faut et pour moi, tu te détaches de... En tout cas, je me détachais de la vision artistique que j'avais de l'écriture et ça, ça me gênait profondément de me dire, putain, il va falloir que j'écrive trois romans par an. Enfin non, c'était pas possible pour moi. Et c'est marrant parce que t'as dit un truc et tu vois, je le réalise là en parlant avec toi, c'est qu'en fait, j'avais avant une immense frustration de ne pas pouvoir écrire. J'étais toujours à la recherche de temps pour pouvoir écrire. et le fait de réaliser l'accomplissement que j'avais pu faire, le fait de développer aussi ma routine et mon réflexe d'écrivain justement et le fait de pouvoir dire, tu vois, finalement, je suis écrivain, quelque part, maintenant, je suis totalement apaisé avec ça et je vois les choses qui avancent petit à petit. Évidemment, parfois, tu te dis, j'aimerais bien qu'elles avancent plus vite mais en fait, c'est ça aussi qui est beau et maintenant, j'ai plus cette impatience d'être dans les moments que je vais écrire mais j'ai plus cette frustration permanente de dire, il faut absolument et puis, tu vois, comme une espèce de panique un peu qui en plus, moi, avait tendance à me, tu sais, ça te crispe un peu.

Gaëlle Levesque — C'est pour ça que, c'est pour ça que tu accompagnes aujourd'hui. C'est pour apporter ça aux gens aussi, j'imagine. Là, on est super bon en storytelling, je trouve, là. Je plaisante mais cela dit, ce qui, oui, effectivement, la manière d'accompagner et ce qu'on obtient comme résultat chez nos coachés, c'est souvent ce que nous, on a dépassé comme obstacle même si la manière de l'attendre est propre à chacun mais moi, j'avais une coachée comme ça dans mon groupe, elle éprouvait beaucoup de jalousie, elle se comparait beaucoup et elle se disait moi je suis autrice non publiée et à la fin de l'accompagnement elle dit la jalousie c'est fini et maintenant je suis autrice et je suis tranquille avec le reste en fait. Je n'ai plus que le plaisir, c'est exactement ce que tu viens de décrire et ça c'est, le coaching pour ça est super fort en fait.

Ybelion — c'est extrêmement fort, c'est quelque chose que je ne m'attendais pas à que ça se réponde aussi bien. Tu vois, l'approche coaching vraiment, la posture de coach, le fait d'avoir la volonté de faire avancer les gens et puis qu'ils brisent leurs murs, leurs croyances, leurs insonctions etc. Et l'écriture, je ne pensais pas que ça fonctionnerait aussi bien et je suis vraiment étonné de l'aspect, il y a un truc très de guérison dans le processus entier je trouve. Franchement, c'est vraiment hyper fort.

Gaëlle Levesque — Oui, c'est-à-dire qu'on n'est pas dans nos formations, on nous indique bien qu'on n'est pas thérapeute. Le but n'est effectivement pas de guérir des traumas. En revanche, une fois qu'une pensée est détournée, transformée, retournée et qu'elle ne sait plus où elle en est et que c'en est une autre qui apparaît, c'est fini en fait. On a créé une nouvelle connexion neuronale qui fait que ça ne pourra plus arriver de la même façon. Il y en a d'autres qui arrivent derrière parce qu'on est des oignons. Mais voilà, celles qui bloquent sur le moment, on peut s'en débarrasser. Ça, c'est assez fort.

Ybelion — c'est quoi toi, si tu devais donner un conseil mais qui n'est pas intuitif. Tu vois, quelque chose où au premier abord tu dirais « Ah ouais, c'est bizarre » et en fait, un espèce de truc un peu un petit hack. Là,

Gaëlle Levesque — tu as hésité à poser ta question parce que tu dis conseil, merde, il ne faut pas que j'utilise le mot conseil.

Ybelion — une astuce. Une invitation A, du coup, pour éviter de ne pas d'obligation.

Gaëlle Levesque — En fait, moi, j'aime bien m'amuser. C'est une façon de voir les choses. C'est-à-dire qu'un problème vous embête, faites le poirier comme ça, vous le verrez autrement ou montez sur une chaise comme ça, vous le verrez d'en haut ou je ne sais pas, faites un pas de côté. Moi, j'ai un coaché qui est quand même reparti d'une séance en trouvant une solution, c'est-à-dire qu'il sait faire un pas de côté et faire un pas de côté lui a permis d'écrire un vrai. Il se levait, il se faisait un pas de côté physiquement et ça lui a changé la vie. Donc, des fois, le coaching, c'est ça.

Faire le poirier : l'art du pas de côté

Ybelion — Un vrai recadrage spatial mais physique. Ma format... Moi, ça, vas-y, pardon.

Gaëlle Levesque — Ouais. Je vais te laisser finir sur le recadrage physique parce que tu es... vas-y, c'était plus cohérent.

Ybelion — Non, j'allais dire, j'allais donner un exemple aussi. J'avais eu une formatrice qui était, du coup, coach et qui avait fait aussi beaucoup de PNL, enfin, qui était formée à la PNL, en fait. Et du coup, elle nous avait fait travailler, enfin, elle nous avait fait un exemple avec quelqu'un de négociation des parties avec... Enfin, vraiment, comme en PNL où tu te déplaces physiquement, dire que tu t'assoies sur une chaise, t'es toi, la chaise de droite, c'est ta première partie et la chaise de gauche, ta deuxième partie. Et donc, elle t'invite comme ça à chaque fois à t'asseoir à droite, à incarner la partie droite et elle te fait bouger, discuter entre les parties. Et moi, j'étais halluciné de l'effet que ça a de simplement, comme ça, justement, tu l'as dit là, de se déplacer. ça paraît tellement con dit comme ça. Et moi, c'est ça qui me fascine dans le coaching, en fait, j'avoue, c'est que quand tu l'expliques à quelqu'un qui n'en a jamais fait ou qui n'est pas sensible, il te prend pour un malade. Et tu fais, mais qu'est-ce que tu me racontes ? Et en fait, une fois que les gens l'ont vécu ou ont eu la curiosité d'aller se confronter à ça, là, tu vois, les gens font ah ouais, putain, c'est dingue l'effet que ça peut avoir. Et effectivement, sur les recadrages spatiaux, le fait de faire un pas de côté sur un texte, tu vois, le fait de l'étaler par terre, par exemple, ou le fait de ne serait-ce que hop, petit écouteur qui s'échappe, mais ne serait-ce que, tu vois, par exemple, de changer la police de ton texte, de mettre un fond différent. Rien que ça, ça peut tout changer.

Gaëlle Levesque — Et en fait, c'est ça. Si tu veux, moi, j'aime bien ce que tu viens de dire parce que du coup, ça me donne l'idée de préciser le pas de côté ça peut être un pas de côté, un vrai pas de côté, mais c'est comment je peux faire un pas de côté. Et là, tu viens de donner plein, plein d'idées. Il y en a encore. En fait, c'est quel pas de côté tu peux faire toi qui te convient à toi et qui correspond à ta façon de faire. Voilà. Donc ça, c'est top.

Ybelion — Et ça, c'est une question, tu vois, là, je m'adresse plus à la coach parce que c'est toujours intéressant. Il y a des gens, parfois, qui ont beaucoup de mal, tu vois, à s'autoriser et d'être créatifs justement quand on leur demande toi, comment t'aimerais faire ce pas de côté ? Tu vois, si je reprends l'exemple du pas de côté. Et comment tu les invites, ces gens-là, à justement, à s'autoriser, à penser à n'importe quoi pour faire leur pas de côté ? Non,

Gaëlle Levesque — je ne vais pas te dire comment je fais, mais je crois que, de toute façon, comme c'est intrinsèque à ma personne, la façon dont je vais accompagner, ça va forcément créer quelque chose de... Soit parce que la personne, parce que... Enfin, la créativité, c'est... Ça fait partie intégrante de moi. C'est un essentiel, on pourrait dire valeur ou je ne sais quoi. Donc, dans la manière dont je vais questionner, j'en sais rien, ça peut être par le rire, tu vois, on va se marrer, je vais faire une blague et puis du coup, pof, ça va détruire, ça va enlever du sérieux, tu vois, c'est ça. je dis souvent quand j'accompagne, les gens viennent avec une pression comme ça, donc moi, je ramène du plaisir. Chut, hop, la pression remonte, du plaisir ! Et le plaisir, c'est par le rire, le sourire, le jeu, l'autodérision aussi, parfois, même si l'autodérision, il faut s'en méfier et ne pas la faire tout le temps. Mais parfois, c'est dire, eh oh, redescends un peu, là, ça va en fait. Donc, ça peut être des choses comme ça et je ne saurais pas te dire exactement ce qui se passe, mais oui, on va chercher l'enfant intérieur,

Ybelion — l'enfant libre. Moi,

Gaëlle Levesque — quand je les coach, alors je coache en individuel, mais je les coach aussi en groupe, donc si tu veux, ça peut aussi permettre d'avoir des suggestions d'autres personnes et de commencer à ouvrir les possibles, en fait, c'est ça. Moi, c'est ça que j'aime beaucoup dans le coaching, c'est l'ouverture des possibles, c'est donner, tu parlais d'autorisation, c'est, pour moi, c'est ça le coaching, c'est ressortir avec une autorisation. C'est vraiment tu. Ouais, qu'on ne se donnait pas, pourquoi on ne sait pas d'abord, mais voilà. Ouais,

Ybelion — mais quelque part, voilà, c'est à chaque fois, il n'y a pas forcément besoin d'explication. Bah, tu vois, moi, le côté ingénieur très dans la tête, du coup, tu vois, à chaque fois qu'il se passe un truc, c'est pourquoi, machin, et justement, moi, la formation de coaching a été hyper précieuse parce qu'elle m'a appris à aller me connecter au corps, au cœur, et parfois aussi à juste accepter de les écouter sans y mettre la tête et un truc, un process, etc, etc. Ce que tu dis, c'est intéressant

Gaëlle Levesque — parce que je pense que tu as une belle pensée limitante. Mais je te le dis, en toute bienveillance parce qu'en fait, je me positionne en miroir parce que moi, je n'ai pas de formation d'ingénieur, mais je suis agrégée de lettres. Donc, si tu veux, la tête, ça me connaît aussi, quoi. Alors, c'est peut-être pas en termes de process, mais je suis aussi une personne qui, au départ, est vachement dans la tête et ramenée dans le corps. Le coaching, ça nous a sans doute apporté ça aussi, ramenée dans le corps et descendre, c'est pas toujours si simple, mais voilà. Donc, je me permets de te faire ce retour parce que je me dis, ouais, on n'est pas forcément dans la tête parce qu'on est scientifique en fait.

Ybelion — Ouais, c'est vrai. Moi, j'ai vraiment grandi avec ça, tu vois, c'est famille d'ingénieurs. Donc, ouais, grosse croyance sur ça et effectivement, tu fais bien de le rappeler, c'est pas, on n'a pas besoin d'être ingénieur pour être dans la tête, ouais, tout à fait. Mais ouais, gros, ça a été un travail. j'avais écouté ton podcast. Mais tu vois, l'inverse, c'est que moi, j'étais persuadé qu'en étant ingénieur, je ne pouvais pas être créé. Les études m'ont transmis cette injonction-là, tu vois, qui est liée à celle que tu soulèves, tu vois. Et même malgré tout le travail, tu vois, il y a quand même des petits bouts, tu vois. Donc, il y a toujours des petits murs à continuer à les casser.

Gaëlle Levesque — Si tu y tiens tant, c'est qu'elle doit être un peu utile.

Ybelion — Bah, c'est exactement ça. À chaque fois, à chaque fois, tu sais, quand tu es dans une phase, il y a un moment, enfin, en tout cas, moi, je l'ai vécu comme ça, quand cette injonction, quand ce driver, tu as très fort la pop et tu te rends compte qu'en fait, putain, on t'a toujours appris d'être dans la tête et on t'a presque obligé, tu vois, quelque part, de par ce qu'on t'apprend, de par ce qu'on t'enseigne, on te dit d'être comme ça. Il y a un truc un peu de rejet de dire, mais je n'ai plus envie d'être comme ça. Maintenant, je ne vais être que l'instinct, que le corps. Dès que j'ai envie de faire un truc, je le fais, je ne réfléchis plus. Et en fait, justement, j'ai réussi à m'apaiser sur ça en disant, en fait, la tête est aussi là pour faire le, entre guillemets, il apaise, tu vois, l'instinct. Il te permet de dire, ok, là, j'ai envie de l'écouter, là, c'est peut-être un peu risqué. Et hop, tu vois, il fait la... En tout cas, il amène... Je trouve qu'en fait, quand tu manipules les trois, tête-cœur-corps, tu as un espèce d'équilibre qui arrive à être trouvée. Et c'est aussi ça, s'autoriser à les écouter un peu tous, c'est important.

Gaëlle Levesque — J'ai envie de faire le parallèle avec l'écriture parce que... En fait, l'écriture, c'est assez paradoxal. C'est-à-dire qu'il y a des choses qu'on doit respecter dans le sens où, à la fin, ton livre, il doit être lisible. à moins que tu ne veuilles pas le faire lire. Tu vois, c'est une injonction, mais c'est une évidence, quoi, si tu veux. Et ça, ça passe par différentes techniques que tu manipules, qu'on manipule à l'envie. Pourquoi je dis ça ? Parce que ça, c'est le côté tête, presque, de l'écriture. Et en même temps, il y a le côté, pour avoir du style, le style d'écriture, la façon dont on va former, formuler nos phrases ou structurer le texte, etc. C'est presque parfois, j'allais dire instinctif, mais tu vois, c'est de soi, en fait, qu'on met. C'est-à-dire que, il y a parfois des auteurs qui disent, ouais, mais tout a déjà été écrit, en fait, moi, quelle légitimité j'ai à écrire celui-là ? Ben ouais, mais ça n'a jamais été écrit par toi. Et voilà, et du coup, c'est un parallèle que je fais, métaphorique un peu, entre la tête et le corps, c'est un équilibre aussi, entre les deux, de la technique, effectivement, dont on a besoin pour écrire, je veux dire, nos phrases doivent être claires et compréhensibles, et en même temps, il y a ce petit plus un peu magique, mais qui est complètement inconscient, je ne sais pas trop, enfin, qui vient de soi, quoi.

Ybelion — Totalement. Moi, c'est les moments que je préfère quand j'écris, c'est quand tu finis ta session et il s'est passé un truc que tu n'avais pas prévu. Et justement, c'est quand, là, c'est l'inconscient qui parle, tu vois, tu te connectes finalement, si tu dois le rattacher à tête-cœur-corps, tu te connectes à ton corps, instinctivement, tu as envie, le personnage, il a envie de partir là-bas, donc hop, tu te laisses embarquer, puis machin, machin. Et moi, c'est ce que je préfère dans l'écriture, parce que quand ça se passe exactement comme j'avais prévu, quelque part, bon, moi, je ne suis pas surpris, tu vois, il y a des trucs, je suis presque un peu déçu. Et c'est ça que je trouve génial quand tu t'autorises justement cette connexion à ton instinct, à ton instinct. Et c'est marrant, à chaque fois, ça m'a extrêmement marqué. J'avais eu la chance de rencontrer Ouajdi Mouarad, qui est un auteur et dramaturge français qui a fait beaucoup de spectacles, enfin, qui fait encore des spectacles à La Colline, notamment à Paris. Et lui, justement, me racontait son rapport à l'écriture. Et il m'a toujours, il m'a dit un truc très fort et tu vois, à fort, je commence à le comprendre. Il me disait, quand j'écris, j'ai l'impression de rentrer par effraction chez quelqu'un et parfois, on m'accueille super bien. Et je trouvais ça une super manière de dire, en fait, tu te laisses embarquer dans ton truc et puis parfois, c'est génial, tu vois. Et c'est sa manière à lui de dire ça et ça m'a toujours beaucoup touché. Et tu vois, ça me travaille toujours. Et je commence à la comprendre. Je me rappelle que sur le coup, j'étais là, on m'a rentré, d'accord. Et puis maintenant, à force, je commence à comprendre. Mais c'est vrai, beau parallèle, de toute façon, entre la tête et le corps vis-à-vis de l'écriture. il y a un truc qui m'a, qui, que je sens en sous-jacent là depuis qu'on commence à parler, c'est que il y a un côté non prévisible, un peu chaotique à ce que va nous amener le chemin de l'écriture que j'aime bien. et je me rappelle plus quand tu l'as dit un petit peu, mais j'ai oublié. J'ai eu un moment et puis après, on est passé sur autre chose. Mais ce côté, tu sais, ouais, non prévisible, en fait, tu ne sais pas vraiment où ça va t'amener. Et quelque part, il ne faut pas essayer d'essayer de comprendre en avance ce que va pouvoir t'amener le fait d'écrire et l'accomplissement d'écrire, tu vois. C'est un peu le truc genre trust the process, tu vois. Et tu seras... Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire. En fait,

Le double voyage : ton texte et toi

Gaëlle Levesque — il y a un double voyage dans l'écriture. C'est-à-dire que tu pars à la découverte de ton texte, effectivement, même si tu es super architecte et que tu as tout blindé et que tu as mis 10 ans à faire ton... à faire tout l'arrière blanc, etc. Certains se reconnaîtront peut-être. Je ne vise personne en particulier, mais je pense à certains quand même. Et... Qu'est-ce que je raconte comme bêtises ? Du coup, je ne sais plus où je suis partie. Ah ouais, double voyage. Parce que tu vas à la découverte de ton texte et aussi, effectivement, à la découverte de toi en tant qu'auteur. C'est-à-dire que... Rien qu'un truc hyper fort, c'est découvrir que ton style évolue au fil des chapitres. Ça, c'est un truc de fou. Tu le sens. Enfin, c'est un truc assez impressionnant. et en même temps, effectivement, tu ne sais pas ce que tu vas découvrir sur toi. C'est... C'est ça qui est... Ouais, c'est super riche. Moi, je crois que c'est... Tu vois, je ne connaissais pas la méditation, mais j'ai l'impression que l'écriture, c'est une forme de méditation. Alors, c'est une forme d'évasion, mais c'est une forme d'être complètement dans l'instant présent aussi. Une façon d'être complètement dans l'instant présent où tu ne maîtrises pas tout et tu l'as dit tout à l'heure quand tu lis tes textes. Peut-être dix ans après, tu te dis, ah ouais, j'avais mis ça, je ne l'avais pas vu à l'époque. Maintenant, ça me paraît gros comme une maison. Mais... Et pourtant, tu te l'es dit en écrivant et tu n'en es pas aperçu. Donc, ouais, c'est parti à la lecture. Mais ça, inconsciemment...

Ybelion — Tout à fait. Et inconsciemment, en fait, c'est extrêmement fort. C'est un truc quand on réfléchit à plein de choses, on en met toujours cette partie-là. Mais notre inconscient récupère énormément de choses, tout ce qui passe. Et en fait, tu ne peux pas le savoir parce que justement, c'est inconscient. Mais parfois, ça te frappe des années après et tu fais, putain, c'est dingue en fait. Et c'est pour ça, tu vois que c'est extrêmement fort de... Tu finis par boucler la boucle. Mais le fait de dire j'ai envie d'écrire un livre, tu l'inscris dans ton inconscient et inconsciemment, ton cerveau... ça va choper des trucs partout qui pourraient t'aider pour justement atteindre ce but-là. Et peut-être que, bah, avec ça, tu vas, comme par hasard, rencontrer quelqu'un qui lui aussi écrit un livre. Peut-être que, comme par hasard, tu vas regarder une vidéo après qui va t'amener sur une autre vidéo qui machin, etc. Et c'est pour ça que le fait de quelque part manifester, tu vois, on en revient à tout ce qui est visualisation, manifestation, loi de l'attraction, on peut l'appeler comme on veut, mais le fait de, ouais, juste de verbaliser à haute voix ce qu'on a envie de faire ou qui on a envie d'être, c'est déjà un premier pas qui t'amène vers cette version-là de toi.

Gaëlle Levesque — Bah, même tout bêtement, quand t'apprends un nouveau mot, après tu l'entends partout parce que t'as ouvert les yeux. Donc, enfin, les oreilles du coup. Mais, mais oui, moi ça m'est déjà arrivé de rencontrer un de mes personnages par exemple, en allant faire les courses. Je me suis dit, oh, ah, c'est ce personnage. J'ai adoré. J'ai adoré. Ouais. C'est drôle. Donc oui, on ouvre les yeux différemment quand on se lance dans un projet comme ça, comme tu dis, qu'on manifeste. C'est beau.

Ybelion — Je suis, tu vois, là je sais d'avance que je vais nous réécouter après. Je vais être super content. Je trouve qu'il y a beaucoup de choses hyper intéressantes.

Gaëlle Levesque — Moi, je suis super contente moi. J'adore notre échange.

Ybelion — C'est, il y a, tu vois, un dernier truc. Après, je pense que j'aurais coché intérieurement la liste de tout ce que j'avais retenu. Tu as parlé aussi de travailler en groupe. Oui. Moi, c'est une prise de conscience assez récente parce que j'ai fait l'exercice d'un coaching de groupe il y a deux semaines environ, je crois.

La puissance du groupe et de l'effet miroir

Gaëlle Levesque — Ou t'étais coach ?

Ybelion — Non, j'étais coaché. Ouais, ok. Ouais. Et c'était, et je, bon, comme d'habitude en coaching, j'y vais en me disant, ouais, je vais repartir avec, je sais pas, peut-être ça, et puis ouais, cette solution à ce problème-là, c'est ça. Et tu repars, t'es chamboulé, t'es là, tu fais, c'est pas possible, qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qu'on m'a fait ? Qu'est-ce qu'on m'a fait ? Voilà. Et j'ai trouvé, et tu l'as dit tout à l'heure, j'ai trouvé super puissant l'apport de l'autre, une vision extérieure sur ton problème. Là, on était vraiment dans quelque chose de, quelqu'un parle d'une problématique et les autres l'accueillent et disent, si j'étais à ta place, moi, je ferais ça. Et en fait, c'est super, super puissant parce que les gens n'ont pas du tout la même victoire, donc pas du tout le même prisme et ça t'ouvre, ouais, ça te permet justement de voir la situation différemment, de te mettre à faire le poirier, comme tu disais.

Gaëlle Levesque — Exactement.

Ybelion — Et ça m'a donné envie vraiment de le faire en écriture parce que je pense que ça doit être vraiment super puissant aussi. Et du coup, ça, tu disais, j'ai cru que tu, alors je disais, peut-être tu dirais une bêtise, mais récemment, t'as pas organisé ou participé à quelque chose en groupe, justement ?

Gaëlle Levesque — Si, alors, je sais pas à quoi tu fais référence, mais je fais souvent, en fait, moi, une de mes, je sais pas par où commencer, pardon, du coup, je me perds dans mes propres bugs. Alors, je sais pas ce que t'as vu parce que je suis intervenue en Bretagne dans un séminaire, en groupe. Ouais, je pense que je pensais

Ybelion — peut-être à ça, ouais. C'est ça.

Gaëlle Levesque — Alors là, j'étais en, en fait, je me suis rendu compte que j'étais coach avant tout, et que l'écriture est un moyen pour moi que les personnes se révèlent. Donc, soit parce qu'elles veulent être écrivaines, soit juste parce que je propose quelque chose qui permet à la fin d'ancrer avec un E par l'écriture ce qu'on aura vu en coaching. Et donc là, c'est ce qu'on avait fait dans un séminaire, effectivement, et où je l'ai, j'avais fait un outil sur oser. Enfin, on avait conçu ça avec une amie et à la fin, on leur faisait écrire, alors on avait plusieurs ateliers, je vais pas tout faire, mais à la fin, on leur faisait écrire le compte, dont ils étaient le héros. Et voilà. Mais le groupe, moi, que j'ai créé, en fait, quand j'ai commencé à accompagner des gens, j'ai tout de suite créé un groupe parce que je me faisais coacher aussi à l'époque et mon coach m'avait dit mais c'est quoi qui te ferait kiffer là parce que ça faisait six mois que j'avais créé mon entreprise pour pouvoir prendre un temps partiel en tant que prof et j'avais pas commencé à coacher. Et j'ai dit mais moi, j'adorerais avoir des groupes parce que moi, ce qui m'a manqué, c'est une communauté. Donc, je veux faire des groupes. Et puis en plus, comme je connais les groupes, pour avoir été prof, j'ai pas peur. Et j'ai créé mon groupe idéal où ils sont, alors au début, c'était six puis je me suis rendu compte que c'était trop. Maintenant, ils sont quatre. Ils sont quatre par session parce que chacun est coaché. Mais comme tu dis, la puissance, je le garde, j'adore ce format parce qu'à la fois, il y a du coaching individuel et en même temps, un effet miroir ou un effet décalage qui est ultra puissant. donc ouais, si tu as envie de le faire, fonce.

Ybelion — Ouais, je vais essayer de chercher ma façon de faire. C'est ça. Tu vois, je pressens, là, tu vois, je me connecte au corps, je sens qu'il y a un truc qui me parle et je sais pas encore tout à fait quoi. Mais je pense que le seul moyen, c'est, moi j'adore ce verbe aussi, c'est d'oser, d'oser juste essayer et puis après...

Gaëlle Levesque — On teste.

Ybelion — Ça roule. Ouais, exactement. Échouer, échouer et puis voir ce que ça nous apprend.

Gaëlle Levesque — Ouais.

Ybelion — Est-ce que t'aurais une phrase de conclusion à cet épisode ?

Gaëlle Levesque — Pouf, là, on voit que c'est de l'impro, non ? Une phrase de conclusion. J'aime bien ta phrase, en fait. La fille qui te l'agit complètement. Après, l'échec n'est pas forcément... C'est vrai que c'est un mot tellement négatif. Tu vois, il y a un mot en... Moi, j'ai été formée par des canadés québécois et il disait qu'un des... Enfin, il y avait un... Vous avez formé un quiz talent et dans les talents, tels qu'il les proposait, c'est être opportuniste. Et il disait on a dû changer en arrivant en France parce qu'opportuniste, c'est vu d'un point de vue négatif. C'est mal vu, en fait. C'est connoté de façon négative. Mais en fait, soyez opportuniste. Saisissez les opportunités qui sont... qui s'ouvrent à vous. Comme tu disais tout à l'heure, t'as une idée, t'ouvres les yeux et tu vois partout des opportunités. Donc hop, allez à la pêche. À la pêche aux tests, à la pêche aux infos, à la pêche. De toute façon, de tout ça, tout le monde s'en enrichit. C'est un peu conceptuel ce que j'ai dit. C'est pas hyper concret, mais...

Soyez opportunistes : allons à la pêche

Ybelion — Moi, j'aime beaucoup l'image. Allons à la pêche.

Gaëlle Levesque — Ouais, c'est ça. Allons à la pêche.

Ybelion — À la pêche aux opportunités.

Gaëlle Levesque — Ouais.

Ybelion — Merci Gaëlle.

Gaëlle Levesque — Bah merci beaucoup à toi, c'était super. Sous-titrage ST' 501

Épisode 31 avec Gaëlle Levesque

AU MICRO AVEC

Gaëlle Levesque