Ep 123 · Bienvenue dans l'épisode 123 avec Omérine00:00
Tu cherches encore LA bonne méthode pour écrire ton livre ?
CE QUE RACONTE CET ÉPISODE
Omérine aussi. Quand elle est venue me voir, elle rêvait d'un moteur qui tourne tout seul, d'une marche à suivre toute faite qu'elle n'aurait qu'à appliquer. Elle avait en tête cette image de l'auteur ultra efficace, celui qui aligne les mots sans douter et qui plaît à tout le monde. Et tant qu'elle courait après cette image, elle restait bloquée.
Le travail qu'on a fait ensemble l'a menée vers elle-même, bien plus que vers une recette. Vers sa façon de fonctionner, celle que personne d'autre ne possède. Et un jour, elle a trouvé sa clé : écrire dix minutes, chrono lancé. Juste de quoi enclencher le mouvement, sans la pression du nombre de mots. Le plus beau, c'est qu'elle finit presque toujours par écrire une heure.
Elle se croyait la tortue, trop lente pour y arriver. Elle a compris qu'elle était le lièvre, et que son seul vrai blocage était de refuser son propre rythme. Aujourd'hui elle écrit seule, elle se fait confiance, et elle prépare l'arrivée de son petit garçon avec un livre en chantier et une fierté nouvelle.
Si tu attends la méthode parfaite pour commencer, tu attends peut-être en vain. Ton rythme n'a pas besoin de ressembler à celui des autres. Il a juste besoin d'être le tien.
C'est tout l'épisode 123, à écouter là où tu écoutes tes podcasts.
---
LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE — CLIQUE UN SLIDE POUR L'AGRANDIR
Face B — le transcript
L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE
Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !
Tu cherches un passage précis ? La table d'écoute passe les transcripts de tous les épisodes au peigne fin.
Bienvenue dans l'épisode 123 avec Omérine
Ybelion — Bienvenue dans cet épisode où j'accueille Omérine, une autrice que j'accompagne et qui s'apprête à faire une pause parce qu'elle va bientôt être maman d'un petit garçon. Un beau moment pour faire le bilan de la persévérance et du courage qu'elle a eu et qu'elle a développé avec Ose Écrire. Je vous souhaite une très bonne écoute de ce partage très inspirant. Moi c'est Sam, Ybelion de mon nom de plume. Je suis écrivain, coach ICF et j'ai créé Ose Écrire, un accompagnement pour celles et ceux qui veulent enfin accomplir leur rêve d'écrire un livre. Ce podcast a la même intention. C'est ton rendez-vous, inspiration, discipline et passage à l'action. Et si ça te parle, abonne-toi, mets 5 étoiles et partage autour de toi parce que plus il y a de gens qui osent, plus d'autres oseront à leur tour. Allez, c'est parti et bonne écoute. Perdu pour perdu, une troisième fois ça te va ?
Omérine — Allez, parfait.
Ybelion — Ok, donc écoute, ce qui est bien c'est que comme ça fait trois fois, je te réitère mes félicitations une troisième fois et je suis toujours très heureux de t'accueillir pour parler à la fois de ce que t'as pu apprendre, de ce que t'as pu accomplir. Et encore une fois, bravo du courage que t'as eu de te lancer dans cette aventure en étant une future maman. Et ça c'est doublement courageux comme je le disais avant. Même si j'aime à rappeler que tous les gens qui osent écrire et ceux que j'accompagne sont courageux. Voilà. Mais toi, tu l'es doublement et bravo pour ça. Merci. Écoute, du coup, je t'en prie, vas-y pour la troisième fois cette fois et espérons la dernière. Je te laisse te présenter.
Bravo à une future maman qui ose écrire
Omérine — Ouais. Alors, je m'appelle Omérine, j'ai 32 ans. Et du coup, j'ai le rêve d'écrire depuis toute petite, d'écrire des romans. Et c'est quelque chose que j'ai un peu perdu à l'adolescence parce que je suis passée sur... J'ai joué de la guitare, j'ai chanté et du coup, je suis passée sur un autre mode d'expression. Et ça fait depuis quelques années que ça me revient l'idée d'écrire. Sauf que j'ai pas... J'ai... Comment dire ? J'ai pas... Je savais pas comment m'y prendre, en fait, pour me lancer dans cette aventure d'écrire un livre parce que j'ai jamais écrit de manière prolongée, constante. J'ai écrit soit des... J'ai écrit soit des poèmes, soit des débuts d'histoire, mais jamais de manière construite sur le long terme. Et du coup, il me manquait ce bagage-là de savoir comment m'y prendre. Et c'est pour ça qu'on en est là aujourd'hui.
Son vrai blocage : se discipliner toute seule
Ybelion — Et c'était quoi, tu penses, ce qui te bloquait le plus ? Tu vois, j'ai entendu... Je te laisse répondre plutôt que de dire à ta place.
Omérine — Alors du coup, j'ai l'impression, ça fait quatre fois que je le dis, mais ce truc où je n'arrive pas à me contraindre moi-même, à part si, en fait, pour le travail, pour l'administration, les choses où on est un peu obligé sociétalement, j'arrive à faire les choses, à être persévérante, voilà, parce que je me sens obligée. Mais sinon, dans ma vie, je me divertis beaucoup. Je n'ai pas de projet créatif, alors que j'aimerais être créative, mais je n'arrive pas à rester constante toute seule, en fait. Et ça, je pense que c'est ça qui me bloquait, c'est que je ne savais pas comment, et c'était un stress pour moi de réussir à me discipliner moi-même, entre guillemets, enfin, voilà, ça, ça me bloquait.
Ybelion — Je comprends. Et au moment où on se rend compte, on échange justement de la première fois avec ces blocages-là, je me rappelle que tu avais déjà à l'époque, tu vois, l'enjeu de faire quelque chose par toi-même, l'enjeu de te fixer ta propre discipline, etc. Quoiqu'au début, tu étais plus sur, ok, j'ai envie d'avoir une méthodologie, mais ça, on en reparlera peut-être un petit peu après. Qu'est-ce qui te pousse à décider de travailler avec moi, à te dire, je m'embarque dans cette aventure-là, avec cette énergumène à casquette, et que je n'en ai pas d'ailleurs aujourd'hui ?
S'engager, et devenir un exemple pour son enfant
Omérine — Ouais. C'était, justement, je pense, j'ai vu que de base, je n'y arrivais pas, je n'y arrivais pas. Et dans ce que tu proposais, entre guillemets, de ce que moi j'en ai perçu en tout cas, je voyais que ça allait pouvoir peut-être me donner un coup de pouce, un coup de boost. Et que peut-être que même, je ne savais pas exactement, mais que ça allait, le fait de m'engager auprès de toi et de moi-même, du coup, par extension, sur un certain temps, sur, enfin voilà, ce que ça représentait... Je me disais que là, ça allait forcément me faire avancer un minimum, me faire bouger, voilà. Et en plus, c'est du coup la période où, effectivement, je suis enceinte. Et donc, il y a aussi cette dynamique où j'ai envie d'être un exemple pour mon enfant. Et donc, peut-être que ça a joué aussi dans le fait que j'ai envie que mon projet se bouge, parce que, parce que j'ai envie de pouvoir donner cet exemple de quelqu'un qui sait s'épanouir sur le plan extra pro, voilà.
Ybelion — Ça, c'est très beau ce que tu dis, et ce partage-là, tu vois, justement, quelque part, d'exemple à montrer à nos enfants. Comment tu... Tiens, c'est une question que je ne t'ai pas posée avant, mais tu dirais que tu es... En pensant à ton livre, évidemment, tu es quel exemple aujourd'hui ? Qu'est-ce que tu vas pouvoir dire, justement, et montrer ?
Omérine — Ben, justement, alors, dans mon cas, c'est pas... Je ne suis pas encore au bout de l'histoire, en tout cas de le dire, mais que, justement, que je persévère, que je... que je... je me bats, quand même, pour ça, et pour quelque chose qui me tient à cœur. Pour aussi le fait de... de pas laisser derrière soi son rêve d'enfant. Parce que je vais en avoir un, s'il a des rêves, j'aimerais bien qu'il les laisse pas tomber. Donc, tant qu'à faire, c'est peut-être à moi aussi de simplement être inspirante à ce niveau-là, donc, bah, allez, go ! Donc, ouais, c'est un peu ce move-là, en fait, qui se passe, je dirais.
Ne pas laisser tomber son rêve d'enfant
Ybelion — Ouais, ça, je le répéterai jamais assez, tu vois. Et ça rejoint un peu une séance où on avait parlé, tu vois, du à quoi bon. Et de manière plus globale, tu vois, ce côté, en fait, quand on accomplit ses rêves, on est très rayonnant pour tous les gens autour de nous, et nos proches, les premiers. Et en étant quelqu'un qui se donne les moyens d'accomplir son rêve, bah, en fait, évidemment, ton futur enfant se dira la même chose. Ouais,
Omérine — j'espère, et ça me met en joie d'autant plus vis-à-vis de ça, quoi, ouais.
Ybelion — Ça a été quoi, toi, le moment le plus marquant ou l'apprentissage le plus important par lequel tu as envie de commencer ? Tiens, hop, je reprends ma posture de coach. Les moments marquants, les apprentissages ?
Omérine — Ça me paraît plus vers la fin du process, mais les moments marquants, on en a parlé, là, en amont. C'est ce truc où j'ai compris qu'il fallait que je passe par mon... qu'il était judicieux que je passe par mon propre fonctionnement, et que je m'étais... Quand j'ai commencé à lâcher l'image que j'avais projetée de ce qu'il faut être, ce qu'il faut qu'un bon auteur soit en termes de productivité, en termes de... de temps, enfin, et de fonctionnement aussi. J'avais des images dans la tête de ça, et de me mettre à accepter de... accepter mon rythme, accepter comment moi je fonctionne. Et ça n'a pas été enthousiaste au début comme process, mais j'ai fini par comprendre, et c'était un peu vers la fin, qu'il fallait que je... enfin, comment dire que ce serait... que c'était... que... ouais, qu'il fallait que je change de posture mentale vis-à-vis de ça, et que ça ferait retomber la pression que je pouvais me mettre et qui me bloquait. Et ça, ça a vraiment... ça a été un peu un tournant. Ça n'aurait pas pu se faire, je pense, sans toutes les sessions qu'il y a eu avant, parce qu'il fallait un peu déverrouiller à... je passe de dégoupiller à déverrouiller, c'est bien. Que je commençais à déverrouiller des choses avant, il fallait quand même, je pense, que les sessions une après les autres, elles ne sont pas là pour rien, et qu'avant que j'en arrive au stade dont je parle, déjà on avait pas mal déverrouillé certaines choses. Donc voilà, ça c'était un moment marquant.
Lâcher l'image de l'auteur ultra efficace
Ybelion — C'est très vrai, et c'est assez impressionnant, parce qu'effectivement t'es arrivée aussi avec cette demande et, quelque part, cette déresponsabilisation, tu vois. Je dis ça en taquinant, évidemment, mais de dire : putain, ça serait bien une méthodologie là toute faite, un moteur qui tourne tout seul. Tu utilisais cette image-là tout à l'heure, et effectivement je t'ai vu bâtir ce petit moteur qui le tient au fur et à mesure. Il y a eu, il y a eu... tu vois, moi je crois que les moments qui m'ont le plus marqué, c'est évidemment le lièvre et la tortue, ce moment où tu te rends compte que finalement t'es pas la tortue mais que t'es le lièvre. Il y a eu aussi cette balance entre ton côté très instinctif et ton côté organisé, et donc ce tout ou rien, en mode : bon bah, est-ce que je fonctionne que organisé, ou alors que instinctive ? En voyant bien qu'en fait, en étant que dans l'un ou que dans l'autre, ça coinçait. C'est ça ?
Le lièvre, la tortue, l'instinct et l'organisation
Omérine — Dans les apprentissages, c'est clair, ouais. Ça, ouais.
Ybelion — Et c'est... tu vois, j'ai pensé à tellement de trucs que j'en ai oublié ma propre question. C'est fou ça, quand même. Oh là. Bon, ça me reviendra, c'est pas grave. Mais pour revenir sur ce, sur ce déclic que t'as eu, tu vois, tu dis ce déclic mental, c'est vrai, et il est provoqué par tous les petits accomplissements que t'as eus avant. Et la question que j'aurais envie de te poser en découlant de ça... voilà, elle m'est revenue : c'est comment aujourd'hui tu l'ancres, tu vois, cette posture mentale de lâcher prise, en fait, sur ce modèle d'écrivain ultra efficace qui écrit sans se poser de questions et, en plus de ça, toujours des best-sellers qui plaisent à tout le monde.
Omérine — Ouais, bah alors ça, je sais pas si ça a été une démarche réfléchie, mais en tout cas ça s'est intégré en moi que ça marcherait pas autrement que par mon fonctionnement particulier, entre guillemets, que j'ai découvert au fur et à mesure. Du coup, parce que je partais de pas connaître mon fonctionnement, parce que j'avais pas écrit assez dans ma vie, j'avais pas assez d'expérience pour le connaître. Et du coup, comment ça se... comment ça s'ancre... j'ai oublié un peu ta question, ouais.
Apprendre à connaître son propre fonctionnement
Ybelion — Ton rythme, en fait, tu vois. Comment... qu'est-ce qu'il caractérise, et qui le... Et parce que t'as un rythme très unique, tu vois, au sens, au sens... effectivement il y a aucune méthode qui explique qu'il faut fonctionner comme ça, et c'est ça qui est intéressant.
Omérine — Oui, bah c'est ça, le fait de passer par mon fonctionnement, c'est ça qui a été vraiment important. Et du coup tu me demandes qu'est-ce que c'est mon rythme, ou la question c'est laquelle de base ? Ouais, c'est ça.
Ybelion — Vas-y, pardon.
Omérine — Bah là du coup, ma technique à moi, du coup, c'est de me dire que j'écris que dix minutes pour mes sessions, enfin que je n'ai que dix minutes à faire. Je mets le chronomètre et, en fait, ça me permet d'enclencher le mouvement, parce que c'est ce qui est le plus dur pour moi, sans avoir de pression quant à le nombre de mots et le temps consacré à la session. Et en fait, je vois qu'à chaque fois je fais plus de dix minutes. Mais en fait voilà, c'est comme ça que je fonctionne, c'est assez simple, et voilà. Mais ça, franchement, ça, c'est pour moi... ça déverrouille, ça court-circuite pas mal de blocages que je peux avoir, qui concernent le fait d'être quelqu'un dans tout ou rien : soit je dois écrire tout d'un coup, soit j'écris rien. Et qui court-circuite cette pression de, voilà, si je fais pas cette session, ça veut dire que mon rêve, c'est... enfin, si j'écris pas là, j'ai la pression d'avoir ce rêve qui s'effondre. Enfin bon, je suis pas un peu intense quand même ? Mais en tout cas, en tout cas voilà, ça court-circuite pas mal de choses. Et ça s'extrapole à d'autres choses de ma vie que l'écriture, ce truc de me dire : déjà j'enclenche le mouvement, et après ça, une fois que le moteur est lancé, bah ça, je suis dedans, et je... le gap difficile est passé et c'est bon, je peux écrire, je peux être dedans, voilà.
La technique des dix minutes
Ybelion — Il y a, et il y a... j'adore ce fonctionnement, parce que au premier abord ça paraît... tu dis : putain, c'est fou. Et en fait, ce qui est impressionnant, c'est que il y a plusieurs fois où tu me dis : en fait j'ai écrit bien plus de mots que ce que je pensais, en me... juste en me disant je vais écrire que 10 minutes.
Omérine — Oui, et puis j'oublie le chronomètre, et puis en fait j'écris beaucoup plus de mots que ce que je pensais. J'écris une heure au lieu de 10 minutes. Et ouais, ça me donne l'occasion en plus d'être satisfaite de moi, plus que l'objectif que je m'étais donné au départ. Enfin, pour moi en tout cas, ça fonctionne vraiment bien, ouais.
Ybelion — Ça vient cocher beaucoup de choses de ce qui te drive dans l'écriture et ce qui te fait y revenir, quelque part.
Écrire bien plus que ce qu'on s'était fixé
Omérine — Le...
Ybelion — Le... T'as évoqué tout à l'heure quelque chose qu'on a déjà parlé, effectivement, à plusieurs reprises, c'est le, les courts circuits, les petites portes que, qu'on se laisse tous pour déroger à nos rêves et à notre congruence entre l'action et les rêves. Ça a été quoi le plus beau court circuit que t'as pu court circuiter ? Non, alors du coup ma question marche pas. La porte que t'as pu court circuiter, celle où tu t'es dit : putain, c'est fou, ça change vraiment l'approche de l'écriture.
Omérine — J'ai cru que ça allait être... Au début, j'avais rajouté à ce rythme-là le fait que je fais ça en début de journée, et je ne regarde pas ni internet ni les écrans, etc., pour rester dans ma bulle et pas me laisser déconcentrer, distraite, et partir sur autre chose. Et en fait, ça, je l'ai pas tellement, je l'ai pas tant que ça gardé. C'est vraiment les 10 minutes, en fait, qui m'ont permis ça, parce qu'on avait essayé pas mal de choses, en tout cas. Et je crois que c'est vraiment, c'est vraiment le début, en fait, qui était compliqué pour moi. Là maintenant ça l'est moins, parce qu'on a fait pas mal de travail, de choses qui font que je me mets moins de pression. Donc de base je stresse moins pour mes sessions. Mais vraiment, les premiers réflexes que je peux avoir quand je me dis : allez, j'aimerais bien faire une session, c'est... si je commence à avoir mes petites appréhensions, et bah direct je me dis : bah oui, mais c'est que 10 minutes, donc ça va. Et en fait ça, bah tout de suite : ah oui c'est vrai, c'est que 10 minutes. Donc je me mets le chronomètre, je le lance, et puis en fait je finis par oublier le chronomètre, je suis dedans, je me suis lancée, et voilà. C'est juste, ça éteint les premières phrases réflexes que j'ai dans la tête, peut-être, qui peuvent venir pour me donner envie de fuir. Voilà, donc franchement c'est essentiellement ça.
Court-circuiter les réflexes qui font fuir
Ybelion — Tu sais que c'est fou, parce que je viens de repenser... J'y ai pas pensé quand on a fait le bilan plus cadré, tu vois, du coaching, mais tu as une très grande qualité, tu vois. Tu parlais de persévérance, et elle se reconnaît aussi dans ta capacité à avoir itéré sur ton rythme. Effectivement, tu l'as dit, on a essayé plein de choses. Je sais pas si tu te rappelles, il y avait aussi ces missions accomplies qui t'ont drivée un moment, mais en fait le vrai nœud est revenu, cette histoire de pression dont tu parlais, exactement. Et donc on ajoutait, t'ajoutes, et puis en fait, à un moment, tu te rends compte que ouais, il y a des trucs qui marchent pas, bah c'est pas grave. Et c'est un très bon exemple aussi de dire, tu vois : si ton rythme, tu le trouves pas en claquant des doigts un jour comme ça, bah c'est ok, et il y a plein d'autres choses que tu peux essayer. Et ça, tu l'as vraiment très bien fait, et tu t'es pas laissé abattre aussi, parce que t'aurais pu te dire : bon bah en fait voilà, les missions accomplies ou compter les mots, ça marche pas, bon bah j'abandonne, quoi. Et pas du tout. Et c'est fou que ça tienne en « c'est que 10 minutes », tu vois. La solution à la fin de tout ça, c'est que 10 minutes. C'est fou.
Omérine — Ouais.
Ybelion — Tu sais, j'ai repensé à ça.
Itérer sur son rythme sans abandonner
Omérine — On dirait une solution dans un bouquin dans les toilettes ou dans les salles d'attente, tu sais. Mais ouais, pour moi ça marche vraiment. Ouais, c'est clair.
Ybelion — C'est fou, c'est trop bien. Bravo, c'est vraiment, pour le coup, une très bonne idée.
Omérine — Il y a eu pas mal d'étapes. C'est vrai que j'ai revu il y a pas longtemps dans mon agenda les missions accomplies, et j'ai vu que je le faisais plus du tout, et que j'étais là : oui, c'est vrai. Et sur le moment ça me paraissait une idée super, et sur le moment ça m'a donné envie. Puis en plus, il y avait aussi le fait, avec mission, que je marque « mission accomplie », le fait qu'au bout de tant de missions accomplies je m'offrirais quelque chose. Mais en fait, c'est pas ça qui m'a le plus... Non, même pas, alors que ça aurait pu être plus motivant. Mais non, en fait, moi c'était peut-être la pression qui avait le plus à enlever, tu vois, et le côté tout ou rien aussi, parce que ça répond à ça. C'est-à-dire que moi c'était : soit je n'écris pas, soit il faut que j'écrive le roman. Enfin, c'est un peu, c'est un peu comme ça dans ma tête. Et là, les 10 minutes, c'est beaucoup plus équilibré. C'est une question, c'est une question de dose, et ça me canalise vraiment. Donc ouais.
Ybelion — Voilà. Et c'est encore plus, encore plus intéressant comme tu le partages, parce que il y a, tu vois, quelque part, le moment où tu décides d'utiliser les missions accomplies. D'ailleurs je ne me rappelle plus quel avait été le sujet spécifique de cette session, qui était vraiment au début, pour le coup. Oui, c'était vraiment au début.
Les missions accomplies et le nœud de la pression
Omérine — En fait...
Ybelion — Tu vois, ça retire une première couche de vernis de blocage, tu vois, et ça te met en action. Donc en vrai, dans la finalité, ça a été positif, parce que ça t'a permis d'avancer sur plusieurs semaines, et surtout, c'est que ça t'a permis de retirer les premières couches de poussière sur le vrai blocage. Et si tu n'étais pas passée par là, tu n'aurais peut-être pas découvert vraiment que le nœud, à la fin, c'était la pression. Tu te serais juste arrêtée sur : ah bah oui, mais forcément je ne mesure pas que j'avance, donc bon voilà. Et puis hop. Et là, en fait, tu es allée chercher petit à petit, marche après marche, et tu as eu le nœud sur ce truc de pression, oui, qui pouvait venir effectivement comme ça, des phrases, tuc, et puis à un moment c'est... et puis paralysant, et ça crispe.
Omérine — Complètement. Mais je pense que c'était ça, c'était les missions accomplies. C'est parce que on parlait du perfectionnisme, je crois, et que j'avais ce truc de me dire : ah mince, mais moi j'ai besoin de me dire que ça avance, et quand je vois que ça n'avance pas, ça me stresse. Et on avait vu comment, dans la semaine, pouvoir voir que ça avance, et le fait que je me marque ces petites missions accomplies, ça me disait à moi-même : c'est bon, ça avance. Et bah en fait, bon, même ça au final, c'est... peut-être que sur le moment ça a apaisé quelque chose, mais maintenant, aujourd'hui, j'ai pas forcément besoin de ça, ouais. Mais ouais, dans le processus, ça s'est inscrit comme ça.
Ybelion — Et il y a encore, il y a un autre truc très beau derrière, c'est que c'était aussi un moment où peut-être t'avais besoin de voir que effectivement tu avançais.
Au-delà du texte, etc.
Omérine — Persévérante, c'est vrai.
Ybelion — Exactement. Mais sauf que là, tu vois, persévérante, c'est d'ailleurs une qualité que tu t'es donnée tout à l'heure. Donc ça veut dire que ça commence à s'ancrer dans ton identité et dans Omérine d'aujourd'hui. Oui. Et peut-être qu'Omérine aujourd'hui, en fait, elle a plus besoin qu'on lui rappelle qu'elle est persévérante, parce qu'en fait elle le sait. Et ça, c'est trop cool.
La persévérance qui s'ancre dans l'identité
Omérine — Ouais, c'est pour ça que le processus est important, je pense, parce que il y a des choses qui se sont installées, qui se sont intégrées. Et ouais, peut-être qu'il fallait passer par tout ça pour arriver là où ça en est, effectivement. Ça se trouve, il y aurait eu la technique des 10 minutes dès le départ, je sais pas si ça aurait tout de suite... On sait pas, mais bon.
Ybelion — Exactement, c'est ça qui est magique, c'est qu'on sait pas, en fait. On sait pas, mais t'as avancé, c'est ça. Et puis t'as osé regarder aussi les enjeux qui se sont dressés devant toi. Et bah, on parlait de l'Omérine d'aujourd'hui : quel regard tu portes sur la Omérine du début, tu vois, quand tu compares celle du début, celle d'aujourd'hui ? Qu'est-ce que, qu'est-ce qui devient, qu'est-ce que t'as envie de dire ?
Omérine — Ah là, ouais. J'ai l'impression que j'étais une, un peu une boule de peur, de terreur, comme une petite fille qui, enfin, de qui commence quelque chose qu'elle a jamais fait, et qui a, qui se sent pas de le faire toute seule, enfin. Et là je, du coup, je... Il y a, il y a plus de maturité. Et ouais, c'est comme ça que je la vois au début : un peu ce côté perdu, pas de repère, besoin de se trouver, de trouver son fonctionnement, et puis l'impression que de toute façon, toute seule, ça va être compliqué, donc il faut que je sois accompagnée. Enfin, vraiment comme ça, quoi, ouais.
Ybelion — Le rapport à faire les choses seule, au sens de réussir seule, ça a été un sujet aussi.
Omérine — Oui.
Ybelion — Qu'on a, qu'on a, qu'on a exploré. Je te fais le partage, moi, de ce qui m'a marqué vis-à-vis de ça, et puis tu me diras, tu me diras ce que t'en penses. C'était aussi pour cette raison que tu... le fait d'avoir une méthodologie toute faite, ça t'aurait arrangé, parce que quelque part ça t'aurait permis de pas te confronter réellement à cette presque peur de réussir à faire quelque chose toute seule. Ou en tout cas, à l'inverse, la peur que tu puisses avoir une confirmation que tu n'es pas capable de faire quelque chose toute seule. Et moi, c'est ça qui m'impressionne aussi dans ton parcours, c'est que en fait aujourd'hui tu arrives à écrire seule. Et d'ailleurs, j'ai pas écrit une ligne à ta place.
La peur de réussir seule
Omérine — Ouais, complètement. C'est fou. Complètement. Mais ouais, il y avait cette envie de, cette idée, parce que je savais pas non plus, même si quand je suis venue vers toi j'ai compris un petit peu, je savais pas non plus exactement ce qu'on allait faire, comment ça allait. En tout cas, peut-être qu'inconsciemment je m'étais dit : il va y avoir, pas une méthode, mais il y aura quelque chose qui va, que je vais pouvoir suivre, entre guillemets, et que je vais m'adapter à ça. Alors qu'en fait ça a été la démarche inverse : c'était un chemin vers moi, et du coup qui m'a poussée à moi trouver ma méthode, mon fonctionnement, on va dire. Et puis en fait c'était un peu le trésor, et peut-être le but, au final, c'était de voir, effectivement, j'avais besoin de voir que je pouvais faire les choses seule, par moi-même. Et c'est ce qui, au début, était compliqué aussi, parce que j'avais ce côté lièvre : avoir envie de faire, de produire, d'être efficace, d'avoir, d'être comme cette image que j'ai de comment doit être peut-être un auteur, j'imagine, qui produit beaucoup et rapidement. Et du coup ça, en fait ça calme. Du coup ça a été compliqué, parce que on n'a pas fait ça, justement, et c'était très bien. Et du coup on est arrivé plus sur moi, comment je fonctionne, mes appuis, etc. Et du coup c'est beaucoup plus, voilà, ça va plus loin. Ça, je voulais que ça aille vite, en fait je vois que ça peut me porter loin. Et ouais, et ça m'a permis de me trouver, donc c'est pas rien, quoi. C'est...
La tortue qui se découvrait lièvre
Ybelion — J'ai cette image qui m'est venue en tête d'une tortue qui arrive, tu vois, en se disant : j'en ai marre d'être une tortue, j'ai envie d'être un lièvre et d'aller beaucoup plus vite, quoi. Et en fait qui, au fur et à mesure de la discussion avec la personne qu'elle a en face, comprend qu'en fait son truc de tortue, c'est un déguisement, et que c'est déjà un lièvre, quoi. Et qu'en fait tout l'enjeu est justement d'accepter que efficacité ne rime pas avec rapidité.
Omérine — Complètement.
Ybelion — La Fontaine avait tout compris.
Omérine — Ouais, et ouais, c'est ça, mais vraiment. Et je m'attendais vraiment pas à ça, parce que pour moi j'étais la tortue, mon problème c'était la lenteur, mon problème c'était de... Et en fait non, c'était le fait justement de pas m'adapter à moi-même et à accepter comment je fonctionne. Ça me bloquait, et ça faisait que ça m'arrêtait sur le chemin. Donc non, complètement, l'image est très bonne, c'était vraiment ça.
Ybelion — Je ne me rappelle plus du tout si c'est toi qui avais commencé à l'utiliser ou si ça m'était venu spontanément.
Omérine — Je crois que ça t'étais venu à toi. J'ai l'image de la fable de La Fontaine. C'est toujours...
Un travail en co-responsabilité
Ybelion — Un travail en co-responsabilité, c'est ça qui est beau. Ça, c'est ça, c'est ça. Qu'est-ce que, qu'est-ce que ça t'a appris, Ose Écrire, au-delà de l'écriture ?
Omérine — Alors c'est vrai que ça touche d'autres domaines de ma vie, c'est-à-dire que, parce que par exemple ce truc de 10 minutes, je l'applique aussi pour d'autres activités dans ma journée. Et ça, c'était un... C'est pas en rapport avec l'écriture, mais dans ma vie, organiser mes journées, c'était la temporalité, tout ça, c'est quelque chose qui était compliqué, qui pouvait me, qui peut me donner des stress en début de journée. Et en fait, le fait de concevoir ça pour l'écriture, bah ça m'a aidée à concevoir ça pour les autres domaines de ma vie. Ce côté tout ou rien que je peux avoir, je l'ai pour d'autres choses, donc en fait ça m'a, ça me porte vraiment pour d'autres choses. Ça me, ça me, ça m'a appris à me remettre... Je cherchais quelque chose pour m'aider à me remettre en mouvement, et ça me, ça me met clairement en mouvement de manière dosée, parce que c'était ça le problème aussi, c'était le dosage. Et en fait moi j'avais besoin de me canaliser, et ça me sert pour le reste aussi dans ma vie. Donc là, le fait de me remettre en mouvement, c'est vraiment agréable, parce que, comme je crois que je l'ai dit au début, avant je me divertissais beaucoup mais j'arrivais pas à faire quelque chose de créatif ou d'une activité qui m'épanouise vraiment. Et qu'est-ce qui est différent pour moi de me divertir devant les écrans, par exemple ? C'est que... qu'est-ce que je voulais dire ? C'est que... je sais plus ce que je voulais dire. Je crois que je voulais dire que ça, en fait, ça n'a pas du tout la même saveur. Maintenant quand je me divertis, ça prend moins de temps, et quand je le fais, je me sens pas mal, avec une pression de : là j'ai rien fait de ma journée, je fais que me divertir. Non, maintenant je peux apprécier ça, parce que je sais qu'à côté de ça il y a, il y avait ce projet où je puisse m'épanouir dans ma journée autrement aussi, et qui soit hors du professionnel mais hors du divertissement, qui soit autre chose. Et ça, j'en avais vraiment besoin, c'était aussi pour ça que j'ai fait ce projet. Et du coup c'est vraiment, c'est plus agréable quand c'est comme ça, donc c'est plus équilibré.
Ybelion — C'est vrai que c'était le mot de conclusion, où tu disais le dosage.
Omérine — Ouais, c'est ça, la naissance du dosage.
Ybelion — La naissance du dosage. Qu'est-ce qu'il y a derrière ce mot-là, tu vois, au-delà de l'équilibre que t'as pu trouver, enfin que tu partageais là ? Qu'est-ce qu'il représente, du coup, ce mot aujourd'hui ?
Ce que le dosage a changé dans toute sa vie
Omérine — C'est vraiment ce dicton-là de « la dose fait le poison ». C'est que, c'est qu'en soi, ouais, moi, soit je... Pour beaucoup d'activités, soit je faisais rien, soit je voulais tout faire d'un coup, et du coup pour moi c'était très paralysant. Dans les deux cas c'était pas judicieux à long terme. Et là, le dosage, c'est ma bonne dose, je l'ai trouvée pour que ce soit, pour que ça soit épanouissant pour moi. Et puis voilà. Et puis aussi, ce qui est important pour moi dans le dosage, c'est que c'est important que je vois que c'est ma dose à moi, c'est pas le dosage que je vois chez les autres. Parce que j'avais aussi cette envie de : ah, les gens dosent comme ça, alors je vais doser comme ça. Et non, ça fonctionne pas, il fallait que je trouve moi mon rapport au curseur, on peut l'appeler comme ça aussi. C'est...
Ybelion — Attention, question de coach. Tu m'as dit : « la dose fait le poison ». Ça, c'est, je pense, c'est la conviction de peut-être la Omérine du début aussi, qui n'avait pas en conscience que la dose faisait le poison. Aujourd'hui, si tu devais le dire de manière positive, tu dirais quoi ? La dose fait quoi ?
Omérine — Je sais pas. Attention... ni en, ni en partie... mais la dose fait le bonheur.
Ybelion — Très bien. Ça me va, franchement.
Omérine — Pour moi en tout cas, c'est vraiment ce paramètre qui est hyper important, parce que, parce que c'était vraiment ça l'enjeu pour moi. Donc l'épanouissement, le fait de trouver un peu le juste, le juste milieu pour moi, l'équilibre, et puis qui est fluctuant chaque jour, qui est, qui s'adapte, mais voilà, qui est important à trouver pour moi. Voilà.
La dose fait le bonheur
Ybelion — Trop cool. Ça, c'est les... Maintenant, tu sais, quand j'entends les phrases tourner négativement, je fais : alors, comment on peut le dire positivement ? Tu vois, c'est comme « j'aimerais arrêter de »... Ok, mais du coup positivement c'est quoi ? « J'aimerais commencer »... Arrêter de procrastiner, commencer à écrire, voilà, etc. Ou encore pire : arrêter d'avoir peur, commencer à traverser cette peur. Tu vois, il y a un truc de mouvement, vraiment. Tu vois, toi qui parlais de mouvement, là ça me vient comme ça. Putain, c'est beau ça, je vais le noter, je le développerai. Mais ouais, il y a un côté hop, mettre de, mettre de l'action, du mouvement et du positif, tu vois.
Omérine — C'est ça, donne plus envie de se mettre en mouvement, ouais, effectivement.
Ybelion — Qu'est-ce que tu dirais aujourd'hui, là, à Omérine le 26 juin, à la Omérine du tout début, là ? Si tu la croisais, tu lui dirais quoi ?
Omérine — Du tout début. Bah je dirais : tu vas voir, ça va être parsemé de défis. J'allais dire d'embûches, mais on va transformer ça en positif, tu vas avoir le réflexe aussi, tu vois. Ça va être pas mal une suite de défis, mais derrière chaque défi il va y avoir un trésor, et ça va te permettre de te trouver, de te connaître, et d'atteindre l'objectif que t'avais au début. Et ouais, et t'épanouir plus, quoi. Je dirais ça. Et tu...
Ce qu'elle dirait à l'Omérine du début
Ybelion — Tu... ça aurait été... Ouais, c'est bien, tu le gardes, tu pourras te le redire quand tu te replongeras dans ton histoire, au... après, juste après ta, ton accouchement. Qu'est-ce que tu parlais... voilà, tu parlais des défis. Qu'est-ce qui t'a permis justement de traverser ces défis et de pas, quelque part, abandonner ?
Omérine — Je pense que c'est le cap qu'on, que je me suis mis au début, qu'on a vu ensemble quand t'as aidé à éclaircir aussi. C'est qu'il y avait un peu, ouais, des intentions de départ à ce projet, que ce soit pour mon histoire ou moi, le fait de me lancer là-dedans. Et le fait d'éclaircir ça dès le début, en fait j'avais besoin de tenir ça, et voilà. Et du coup les défis, des fois ils étaient pas forcément évidents, mais en même temps, ce qui, j'ai pu voir au fur et à mesure que, qu'en fait c'est ce qui me permettait d'aller vers moi. Et puis c'était la surprise aussi de... je m'attendais à ce que ça soit comme ça, ce coaching, entre guillemets, je m'attendais à ça, en fait c'est pas ce que j'imaginais. Ça me conduit positivement vers moi, mais je m'attendais pas à ça. Mais c'est positif, mais mince, ah d'accord, ça c'est des défis plus durs à relever quelque part, mais en fait c'est plus, beaucoup plus gratifiant, et à long terme. Et ça reste, enfin, une fois qu'on les a relevés c'est un trésor, parce que ça reste, ça peut rester toujours. Donc c'est pas rien à faire. Sur le moment ça bouge un peu, ça tangue, mais c'est très ça, voilà, ça porte. Donc je pense que c'est ça qui m'a, qui m'a fait, bah, ne pas abandonner, qui m'a fait maintenir l'histoire.
Ybelion — Tu sais que j'ai un moment qui m'est revenu en flash, là, où tu parlais de « ça tangue ». C'est, je crois que c'est le moment où tu clôtures le chapitre 6 ou le chapitre 7, j'ai un doute sur le numéro.
Omérine — La bascule.
Ybelion — La bascule. La fameuse bascule.
Omérine — Ouais, c'est vrai, ouais, complètement, ouais. Je m'en suis fait tout un... Je me suis monté le bonnet terrible avec ça. Et effectivement, ouais, c'était un sacré défi, et je suis très contente de l'avoir relevé. Et je pense que c'est ça aussi : moi, avant ce coaching, je pense que ce genre de défi, moi c'était trop pour moi, je voulais pas, je voulais pas, c'était trop pour moi. Et là je suis vraiment contente d'avoir traversé le, d'avoir traversé ça, ouais.
La bascule du chapitre, ce défi relevé
Ybelion — Ouais, ça, j'étais... Je me rappelle, en fait j'ai le souvenir de cette journée-là. Je crois qu'on avait eu la séance la veille, et le matin j'avais un coaching où j'étais le coaché, mais sportif, tu vois. Donc matin assez tôt, j'avais... c'était bien la détresse, quoi, parce que quand quelqu'un te dit de faire quelque chose en sport, généralement c'est pas pour te reposer, tu vois. Et je me rappelle qu'en sortant, en sortant, je reçois le message où tu me dis : alors, je l'ai pas fait hier soir, mais c'est bon, ce matin. Non : je l'ai fait très tard, j'ai bien clôturé le chapitre, c'est bon, ça fait trop du bien, la bascule. Et je me rappelle, en sortant de cette séance, je me suis dit : voilà, c'est pour ça qu'il y a des gens qui nous poussent, tu vois. Et j'ai vécu le parallèle entre moi qui te disait, je me rappelle, en fin de séance : non mais Omérine, moi je suis sûr que tu peux le faire aujourd'hui, t'as pas besoin d'attendre 2-3 jours ou une semaine. Et après la coach qui me disait : non mais là tu vas me refaire une petite série, là. Et ça m'avait fait rire de recevoir ton message après. Et ça, ouais, vraiment bravo d'avoir aussi écouté ces moments un peu confrontants, parce que effectivement mon objectif était parfois de te dire ce que t'avais besoin d'entendre et pas ce que t'avais envie d'entendre. Mais comment tu l'as vécu, ça ?
Être poussé au bon moment
Omérine — Ça quoi ? En général, ou ce jour-là, du challenge un peu de...
Ybelion — Soit ce jour-là du challenge, soit de manière générale le côté parfois challengeant, même ici, évidemment bienveillant, mais...
Omérine — Alors je pense que ce jour-là ça a été le plus dur pour moi, en vrai, parce que, parce que j'ai... parce que pour moi il me fallait au moins deux trois jours pour m'en remettre ! Et le fait de me dire : ah non, je le fais, je le fais ce soir, vraiment, je ne me... Ça a été très compliqué pour moi, mais en même temps ça m'a permis de voir que j'en étais capable, et etc. Mais à part ça, d'habitude, les autres choses challengeantes que tu as pu me dire, ou m'inciter entre guillemets à faire, ou à me demander pourquoi tu le ferais pas de telle manière, ou aujourd'hui, ou qu'est-ce qui t'empêche de, etc., je le vivais assez bien, parce que quelque part j'étais un peu, pas rebelle, mais je le faisais pas forcément, ou des fois je me dis, je mettais toujours un petit délai, donc en fait je m'en sortais bien, quoi. Mais ce jour-là c'est vrai que ça a été dur, parce que je me suis dit : quand même, j'ai quand même un minimum d'orgueil, donc je vais le faire. Mais c'est vrai que ça avait été compliqué. Mais ouais, sinon les autres fois je les ai bien vécues, mais parce que je me suis quand même... Et finalement j'ai été assez douce avec moi. Je me... quand je sentais que ça me remuait trop, je me laissais le faire le jour d'après ou quoi, enfin...
Accepter de ralentir et de s'écouter
Ybelion — Donc...
Omérine — Même plus de jours des fois. Mais j'ai quand même écouté mon rythme, et je pense que j'avais besoin de temps des fois, vraiment, pour processer les choses. J'avais besoin de temps, quoi, de déconnecter, de revenir, quoi. Ouais.
Ybelion — C'est très vrai. Et c'est vrai que ce jour-là j'ai insisté parce que je sentais que tu te sous-estimais, tu vois. Je voyais bien que, qu'il y avait, que t'avais tout pour écrire ce dernier morceau de chapitre là. Et effectivement il y a des moments, tu vois, t'es challengeant, mais l'objectif c'est pas de mettre les gens sous contrainte. Et donc effectivement c'est même très important, et c'est ce que je disais, tu vois : dans ce que t'as pu garder entre la Omérine du début et la Omérine de la fin, il y a aussi ce fait que t'as pas tiré un trait sur, à la fois, les divertissements qui aujourd'hui te font quand même du bien, et tout simplement pas tiré un trait sur ta vie, tu vois. Et quand tu dis comme ça accepter de s'écouter, pour moi ça fait aussi partie de l'apprentissage, de reconnaître qu'il y a des moments où on est obligé de ralentir. Et quelque part, et c'est assez beau, c'est que ça fait aussi le lien avec le lièvre et la tortue, tu vois, en disant : ok, j'ai besoin de 2-3 jours pour infuser, bah c'est la tortue là qui décide et qui dit : bon, écoute, tes 2 oreilles là, hop, tranquille, et tu vas me laisser tranquille infuser, tu vois. Donc ça fait très sens.
Omérine — Ouais, moi j'avais besoin de ça, sinon si on force la bête, elle avance plus. Et moi c'était un peu, c'était un peu ça, trop de pression. Mais oui, complètement, ouais.
Ybelion — Trop cool. Une dernière question : qu'est-ce que tu, qu'est-ce que tu dirais à quelqu'un qui aujourd'hui hésite à se lancer dans Ose Écrire avec moi ?
Son message à celles et ceux qui hésitent
Omérine — Euh, je pense que je dirais que la personne, elle sait pas encore, elle peut pas encore projeter ce qu'elle va trouver, euh, en revenant avec toi, en fait, ça, quelque part. Et que ça peut peut-être, euh, comment dire, faire qu'on hésite. Mais qu'en même temps, euh, bah c'est ça un peu le trésor qu'il y a dedans, dans cet accompagnement, c'est que, c'est qu'on, on vient peut-être avec, au fond, inconsciemment, une volonté de quelque chose, des projections, on s'attend à quelque chose, et en fait on trouve, on trouve pas forcément ce qu'on est venu chercher, mais on trouve quelque chose qui... Enfin, après ça c'est mon vécu personnel, mais je me dis que ça peut s'établir pour d'autres personnes. On... Ce qui est sûr, c'est qu'on trouve quelque chose, et que ça bouge, et que ça va, ça va rester après, quoi. C'est, ça reste solide, ça va rester solide sur du long terme. Enfin moi je pense, en tout cas. Euh, je sais pas si c'est clair, mais euh, je... Après, parce que je dis ce que... enfin, moi en tout cas je sais que je me serais dit ça au début. Euh, enfin je me dirais ça, là je dirais ça à la Omérine du début. Je sais que ça... bah déjà que j'avais pas de crainte à venir en accompagnement avec toi spécialement, je pense que ça me rassurerait, que je serais contente de l'entendre sur le moment, parce que c'est vrai.
Trouver ce qu'on n'était pas venu chercher
Ybelion — Ça me, ça me touche beaucoup. Alors tu te doutes que, on a commencé avec nos problèmes de connexion, on finit avec, c'est-à-dire que je me suis déconnecté pendant un petit temps. Donc je... en fait je pense que ça a enregistré, mais j'ai pas tout entendu. J'ai entendu le début où tu disais... Et ça me touche beaucoup que tu partages ça, parce qu'en fait pour moi c'est le plus important, et je suis très content que ça soit ça que t'as retenu aussi. C'est que on sait jamais la transformation qu'on va vivre en ayant au départ comme prétexte l'écriture. Et c'est exactement pour ça, et c'est ce que t'as dit, c'est exactement pour ça que c'est magnifique : c'est que si tu savais déjà ce que tu venais chercher, quelque part on retrouve le « à quoi bon ». Et c'est le mystère de ce chemin-là qui fait que on profite aussi du chemin et du résultat. Et donc, complètement.
Omérine — Et aussi que la chose à laquelle on s'attend pas, c'est qu'effectivement l'écriture est peut-être un prétexte, et qu'en fait ça s'étend à d'autres choses de notre vie que l'écriture, en fait, ce chemin-là. Donc du coup c'est vraiment, c'est d'autant plus précieux, quoi, je dirais. Voilà.
Ybelion — Merci beaucoup pour ces mots. Non, c'est... ça me touche beaucoup, parce que c'est vraiment quelque chose d'essentiel, et qui en plus c'est compliqué à expliquer, tu vois, de dire à quelqu'un : je sais pas du tout ce qui va se passer pour toi. Alors...
Omérine — Très vendeur.
Ybelion — C'est ça qui est... Ah.
Omérine — Oui, c'est sûr. Ouais, mais ouais, je le pense. Je ne te vois plus bouger, je ne sais pas si la connexion nous a finalement lâchés ou pas. Mince.
La transformation qu'on ne peut pas prévoir
Ybelion — Là c'est bon, t'inquiète, je t'ai récupérée, t'inquiète. Voilà, je disais, je vais, je vais conclure, parce que là les éléments commencent à nous envoyer des signes, c'est ça. Je disais, c'est compliqué d'expliquer que la transformation, on la connaît pas. Et merci de l'avoir partagé, parce que c'est super cool. Tu connais toujours la dernière question que je te pose quand on conclut, mais comment t'aimerais conclure, Omérine ?
Omérine — Bah moi je suis contente, parce que c'est que le début du voyage, et je suis trop contente, moi, d'avoir personnellement, d'avoir trouvé des appuis, d'avoir trouvé mon fonctionnement. Et encore, je sais pas encore tous les, tous les trésors à venir de quand je vais continuer, engranger en expérience dans ce chemin-là, et continuer là-dessus. Donc je suis trop contente, et j'ai hâte de continuer, et voilà. Et puis voilà, j'ai hâte de continuer d'explorer tout ça. Merci beaucoup.
Ybelion — Omérine, ouais. Et puis merci...
Omérine — ... à toi pour tout ça, c'est gentil.
Remerciements et mot de la fin
Ybelion — Et je te, je te... J'ai pour habitude de renvoyer les merci, évidemment. Celui-là je le prends aussi, parce que moi je suis, quand j'observe ton évolution, je suis, je suis très content, et je suis très fier. Mais n'oublie pas de te féliciter, toi.
Omérine — Ouais, tu peux.
Ybelion — Tu peux allonger ta liste de fierté.
Omérine — Ouais, c'est vrai. Merci.
Ybelion — Merci d'être là, épisode après épisode. Si ce podcast t'inspire, t'aide ou te met du baume au cœur, t'abonner, mettre 5 étoiles et le partager, c'est le meilleur moyen de m'aider à toucher le plus de gens qui ont un livre en eux. Parce qu'après tout, plus il y a de livres écrits et mieux le monde se porte. À très vite. Ose Écrire. Merci.
AU MICRO AVEC
Omérine
Omérine écrit, accompagnée par Sam. Elle est arrivée en cherchant une méthode toute faite, un moteur qui tournerait tout seul, et elle est repartie avec autre chose : sa technique des dix minutes, qui désamorce la pression et enclenche le mouvement. Sa vraie victoire tient en une phrase, celle du lièvre et de la tortue : sa lenteur n'a jamais été le problème.
Ancien ingénieur en sûreté nucléaire, j'ai tout quitté pour l'écriture. J'anime Ose Écrire et j'accompagne les auteurs autour de trois clartés : le rythme, l'identité, l'intention. Toi aussi, tu as un livre qui attend ?