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Pochette de l'épisode 113 du podcast Ose Écrire

ÉPISODE 113AVEC INVITÉ20 MAI 202674 MIN

Discussion avec Julie Plasse

Clarté · Identitélâcher-priseauthenticité
00:001:13:33

FACE A — LES 27 CHAPITRES · CLIQUE POUR ÉCOUTER

Tu peux pas tricher avec le lâcher-prise.

CE QUE RACONTE CET ÉPISODE

Julie a envoyé son manuscrit à une seule maison d'édition. Et puis elle est passée à autre chose : ses études d'orthophonie, sa vie d'étudiante, l'écriture de la suite quelque part au fond de la tête.

Trois mois plus tard, son téléphone a sonné. Coup de cœur. Décadence allait être publié.

Derrière cette anecdote toute simple, il y a une vérité que beaucoup d'auteur·rice·s essaient de fakeer sans y arriver. Tu peux pas dire « j'ai lâché prise » et continuer à rafraîchir ta boîte mail toutes les 10 minutes. Tu peux pas écrire « je m'en fiche du résultat » sur ton tableau de visualisation et te réveiller la nuit à imaginer ton refus.

Le lâcher-prise, c'est un truc qui se vit dans le corps. Tu le sens ou tu le sens pas. La seule manière de l'installer, c'est de ramener encore et encore ton attention sur ce qui dépend de toi : ta page d'aujourd'hui, tes 500 mots, le chapitre que tu finis ce week-end.

Le reste t'appartient pas. Quel éditeur va te lire. Quand. Comment. Si tu vas plaire. Si tu vas vendre. Si on va t'inviter dans un salon. Plus tu mets d'énergie là-dessus, moins il t'en reste pour ce qui compte vraiment : écrire.

Dans l'épisode 113, Julie raconte tout ça avec une simplicité désarmante. Comment elle a écrit Décadence en trois ans, par à-coups, en attendant que la vie lui donne la matière pour terminer le livre. Comment elle vit son écriture en parallèle de son métier d'orthophoniste sans se mettre la pression d'une routine quotidienne. Et pourquoi, à 22 ans, elle a déjà compris quelque chose que beaucoup d'auteur·rice·s mettent des années à intégrer.

Va l'écouter. Sa douceur fait beaucoup de bien.

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LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE

CAROUSEL À VENIR

Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.

Face B — le transcript

L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE

Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !

Intro

Ybelion — Yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans l'épisode 113 d'Ose Écrire, et aujourd'hui j'accueille Julie. On parle de son roman Décadence, et de tout le parcours qu'elle a vécu pour arriver à sa publication. On parle de l'importance du lâcher prise dans la création, de l'importance d'écouter son propre rythme, de l'équilibre entre la vie professionnelle et la passion pour l'écriture, et aussi d'authenticité et de sincérité. Je vous laisse avec ce très bel épisode. Moi c'est Sam, Ybelion de mon nom de plume. Je suis écrivain, coach ICF, et j'ai créé Ose Écrire, un accompagnement pour celles et ceux qui veulent enfin accomplir leur rêve d'écrire un livre. Ce podcast a la même intention. C'est ton rendez-vous inspiration, discipline et passage à l'action. Et si ça te parle, abonne-toi, mets 5 étoiles et partage autour de toi, parce que plus il y a de gens qui osent, plus d'autres oseront à leur tour. Allez, c'est parti, et bonne écoute !

Orthophoniste, romans, slam : ses multiples facettes

Julie Plasse — Après moi l'écriture c'est quelque chose qui est indissociable de ma vie, je pense, mais je pense que j'ai besoin que ce soit fait en plus d'autres choses. Tu vois, je pense pas que je me verrais écrivaine à temps plein, voilà. Du coup, et non, je suis aussi orthophoniste, voilà. C'est quand même la plus grosse part de mes activités professionnelles. Et puis sinon, c'est vrai que je fais beaucoup de poésie, beaucoup de slam, tout ça, voilà. Et puis sinon, le roman que j'aime, enfin, qui est quand même mon... Bon, enfin, c'est ce que j'aime le plus au début, enfin, à la base.

Ybelion — Là, tu vois, quand tu le partages, ça fait un cocktail bien unique. Et comment t'arrives à... La première question qui me vient tout de suite, tu vois, c'est... Comment t'arrives à ancrer l'écriture dans ta vie avec ton métier, tu vois, pour que tu te sentes pas frustré de pas avancer, mais que t'avances quand même, et puis que tu trouves un équilibre ? Je suis toujours assez impressionné par ça.

Ancrer l'écriture dans une vie déjà bien pleine

Julie Plasse — En fait, c'est une bonne question, parce que pour l'instant, j'y arrive pas trop. En fait, j'étais... Enfin, je viens de commencer à travailler. J'étais diplômée en juin dernier. Donc, en fait, avant, j'étais étudiante. Et en fait, j'arrivais plus à écrire quand j'étais étudiante que maintenant. Parce que maintenant, j'ai la tête pleine de plein d'autres choses. Et comme je viens de commencer, enfin, bon, voilà, forcément, c'est pas forcément évident. Du coup, là, non, je suis plutôt dans une période où j'ai du mal à me poser pour écrire. Mais ça va venir. Je sais que ça va revenir. Là, c'est... En plus, j'ai ouvert mon propre cabinet et tout. Donc, ça m'a pris beaucoup de temps. Et voilà, parce que je... Enfin, je sais pas si toi aussi, tu trouves... Enfin, tu trouves que c'est comme ça. Mais je trouve que... Enfin, moi, pour écrire, j'ai vraiment d'être vraiment... Enfin, j'ai besoin d'être vraiment focus sur... Bah, sur ce que j'écris, quoi. Et du coup, quand je rentre le soir du travail, c'est compliqué. Parce que je pense à d'autres choses et tout ça. Je suis fatiguée. Donc, moi, en fait, j'écris plutôt les jours où je travaille pas. Le week-end. Voilà. Ou pendant les vacances. Mais là, comme j'en ai pas eu depuis un moment, bah, voilà. Mais en fait, j'écrivais beaucoup l'été quand j'étais étudiante, quoi. Pendant les trois mois d'été qu'on avait, j'écrivais beaucoup. Et j'avais beaucoup des périodes où j'écrivais pas du tout. Et des périodes où j'écrivais... Et puis voilà. Justement, je trouve que c'est bien d'en parler. Parce qu'on peut avoir... Enfin, se comparer aux autres, des fois, il y en a qui disent... Oui, moi, j'écris tant de fois par semaine. Je me donne telle... Comment on dit ? Telle routine. Telle discipline, voilà. Et moi, je suis pas trop comme ça. Je fais un peu au feeling. Quand je sens que c'est le moment d'écrire, j'écris. Et puis sinon, je le fais pas. Voilà.

Le piège de la discipline forcée

Ybelion — Tu sais que ça, c'est un truc... C'est hyper rassurant pour plein de gens de partager ça. Parce que moi, je suis assez d'accord avec toi. Je trouve qu'on a tendance à mettre vachement... On utilise beaucoup le mot de discipline, tu vois. Et ça met une espèce de pression de... Putain, si je le fais pas tout le temps ou quoi. Je vais jamais vraiment y arriver. Et je trouve qu'en fait, la vraie question, c'est de s'interroger sur le rythme. Vraiment avec lequel on est confortable de fonctionner. Et c'est bien de voir des auteurs qui arrivent au bout de leur projet avec un peu ces... Bon, finalement, on le fait quand on peut, quand on a du temps libre. Et c'est comme ça qu'on avance le plus confortablement possible. Et... Vas-y, pardon.

Julie Plasse — Moi, en fait, je trouve que de toute façon, se forcer, ça n'est pas efficace. En tout cas... Enfin, je pense que si, ça doit l'être pour certaines. Enfin, tu vois, je pense que les auteurs... Enfin, les grands auteurs qui vivent de leurs livres, ils sont bien obligés de se forcer un moment. Sinon, bon, bah voilà, ça se fait pas. Mais en tout cas, moi, j'ai pas envie de le vivre comme une pression. Voilà. Mais en fait, quand j'ai sorti mon premier livre, du coup... Après, tout le monde m'a dit, alors, à quand le deuxième et tout ça ? Alors que moi, là, j'en suis juste au tout début du deuxième. Je crois que je suis même pas... Je suis à 5%, tu vois. Donc, en fait, moi, j'étais là. Non, mais en fait, laissez-moi vivre ce que j'ai à vivre avec le premier, déjà, parce que c'est déjà une telle... Enfin, une telle grosse part de travail. Voilà. Enfin bon, bref, je sais plus pourquoi je dis ça, mais... Oui, voilà. Moi, je pense que la pression, en tout cas, sur moi, ça marche pas. Voilà.

Ybelion — Ouais. Ouais, c'est important d'identifier les petites métriques qui fonctionnent avec nous. Et du coup, dans le... Donc, décadence, il fait partie du... Enfin, c'est le roman que t'as écrit, justement, quand t'étais étudiante, sur tes mois de vacances, etc. C'est ça ?

Décadence : 3 ans d'écriture commencée pendant le confinement

Julie Plasse — Ouais, c'est ça, ouais, que j'ai écrit plutôt... Après, j'ai mis 3 ans à l'écrire, quand même. Parce que, du coup, comme je te disais, j'ai fait beaucoup de pauses. En fait, j'ai commencé à l'écrire quand j'étais en terminale, pendant le confinement. Parce que moi, j'étais en terminale en 2020. Et du coup, je me suis dit que c'était maintenant ou jamais, quoi. Enfin, ça faisait un moment que ça me trottait dans la tête. Enfin, j'avais déjà essayé d'écrire d'autres choses, mais j'étais trop jeune. Je pense que ça marchait pas. Mais j'ai toujours écrit, en fait. Moi, j'ai toujours... Juste, c'était pas des projets qui sont allés au bout, quoi. Mais j'ai toujours essayé de faire des choses. Et puis celui-là, qui a commencé, du coup, en 2020. Et que j'ai continué de manière un peu épisodique, jusque juillet 2023. Et voilà. Et du coup, oui, c'est ça. C'est celui-là. Enfin, c'est mon premier roman, c'est Décadence. Qui est encore très important pour moi, aujourd'hui. Oui.

Rester connectée à l'écriture toute sa vie

Ybelion — J'ai un tas de questions parce que... Du coup, j'ai entendu que l'écriture était en filigrane depuis à peu près toute ta vie. Comment t'as réussi à passer ce moment où tu te dis, il faut que je le fasse maintenant, sinon je sais pas quand je le ferai, sans te laisser happer par les études ou par tout le reste ? Et là, je te parle un peu en... Parce que je fais une rétrospective sur ma vie. Et moi, je me dis... En fait, moi, je me suis totalement laissé happer, tu vois. Et à aucun moment, j'ai eu peut-être le courage ou la force nécessaire. Ou en tout cas, je sais pas. Mais tu vois, ça m'a... J'ai vraiment effacé l'écriture pendant beaucoup d'années. Mais comment toi, t'as réussi à le...

Julie Plasse — En fait, je saurais pas trop l'expliquer. En fait, après, moi, c'est particulier parce que du coup, le roman s'est inspiré d'une histoire que j'ai vécue. En fait, c'est inspiré de mon premier amour. Et en fait, je pense que j'avais des choses à exorciser. Donc, ça s'est un peu imposé. Franchement, je pense que j'ai pas trop réfléchi à ce moment-là. Juste, je me suis dit, ça y est, c'est maintenant. Après, le confinement a joué, comme je te disais. Parce que vu que je passais pas le bac et tout ça, j'avais du temps. Et en fait, moi, j'ai très mal vécu le confinement. Enfin, le fait de pas pouvoir vivre des choses dans la vraie vie. Mais du coup, je me suis dit, là... Ça fait longtemps que j'ai envie de me remettre vraiment dans l'écriture. Là, c'est maintenant, quoi. Mais je saurais pas trop l'expliquer, à part par le fait que c'était... Que vu que c'était... Enfin, inspiré d'un épisode de vie que je vivais à ce moment-là. Bah, du coup, ça s'est arrivé là, quoi. Enfin, je veux dire, aujourd'hui, actuellement, je pense pas que j'arriverais à l'écrire maintenant. Parce que c'était, en fait, par rapport à ce que je vivais à l'époque, quoi. Donc, maintenant, je suis un peu... Après, même la sortie du livre m'a permis de me détacher un peu de tout ça. Mais, ouais, non, je pense que c'était plutôt viscéral, qu'autre chose. Je sais pas si ça répond, mais non.

Ybelion — Si, c'est hyper intéressant. En fait, je suis toujours... Je porte toujours un regard hyper impressionné sur les auteurs qui arrivent à rester connectés à leur écriture. Parce que ça vient quand même... Tu sais, il y en a beaucoup. Ça vient de l'enfance. Et ils restent connectés tout le temps à l'écriture. Je suis toujours très impressionné. Et du coup, je pose toujours la question. Et effectivement, très souvent, les gens partagent ça comme étant une évidence quelque part, tu vois. Et ils disent, bah, en fait, je sais pas, je l'ai senti, je me suis écouté. Et c'est peut-être ça le plus beau message, tu vois. C'est avoir simplement s'écouter, ouais.

Pas de règle universelle pour écrire

Julie Plasse — Mais après, tu vois, je suis connectée. Enfin, j'ai toujours été connectée. Mais après, c'est ce que je te disais, il y avait des pauses quand même. J'ai pas... Ouais, ouais. J'ai pas écrit... Enfin, même, tu vois, maintenant que je fais du film, je me rends bien compte qu'il y a des moments où j'ai envie d'écrire plein de nouveaux textes. Et il y a des moments où pas du tout, tu vois. Enfin, c'est... En fait, je crois qu'il n'y a pas de règle dans l'inspiration et dans l'écriture. En fait, je pense qu'on a... Bon, après, tu vois, je trouve ça trop bien, les programmes d'accompagnement et tout. Je pense que c'est hyper nécessaire pour plein de gens qui, justement, ont des barrières plus de... Enfin... Oui, des barrières qui sont pas liées à l'écriture en elles-mêmes et je pense à d'autres choses, tu vois. Et du coup, ça, je trouve ça trop bien. Mais en tout cas, enfin, je pense que c'est pas... C'est pas... Je veux dire, il n'y a pas une façon universelle d'écrire, quoi.

Ybelion — Donc... Tu prêches inconvaincu. Je te serrerais bien la main si on était dans la même pièce. Mais je suis d'accord avec toi. Je pense qu'on... On se met parfois la pression avec toutes les règles que peut y avoir en écriture, les genres, les trucs à respecter, en oubliant pour quelles raisons profondes on écrit, quoi. Et moi, je te rejoins un peu sur ce que tu partages de cette écriture quelque part très libératrice, tu vois, et très transformatoire dans ce que ça fait passer comme... Ce que ça nous permet de faire passer comme message. Et quand tu es dans cette démarche-là, si tu y mets des obligations de, je ne sais pas, de taille de chapitre, de vocabulaire, de règles très précises à respecter, tu t'enfermes dans un chemin qui n'est pas vraiment le tien, quoi. Donc, ouais, moi, je suis assez d'accord avec toi sur ce point de vue-là.

Julie Plasse — Et puis, tu perds en sincérité. Bon, après, tu vois, moi, je pense que... Après, une discussion que j'ai eue avec une autrice... Parce que j'avais fait le... Avec ma maison d'édition, on avait fait le salon du livre de Bapot. Et là-bas, j'ai rencontré...

Le premier livre est toujours intime

Ybelion — Où tu as gagné un prix. Oui, tout à fait, ouais.

Julie Plasse — Et, ben, voilà, où je discutais avec une autrice et elle me disait le premier livre, souvent, c'est... Il est plus... Il est très personnel. Et puis après, ce d'après... Du coup, le deuxième livre devient plus difficile à écrire parce qu'il est moins intime. Donc, c'est pas le même processus. Et après, ce d'après, ils arrivent plus facilement. En gros, c'est ce qu'elle me disait. Et je suis assez d'accord avec elle parce que du coup, là, moi, mon prochain que j'ai envie d'écrire, enfin, que je suis en train d'écrire, c'est pas du tout la même démarche. Et du coup, c'est vrai que ça sort peut-être plus difficilement. Donc, enfin, je trouvais ça intéressant ce qu'elle disait. Bon, après, enfin, tu vois, je dis ça, mais je sais pas si les premiers livres sont toujours personnels. Mais en tout cas, nous deux, c'était... Enfin, on est un peu connectés là-dessus. Voilà. Je sais pas si toi, Tavi...

Écrire pour soi avant tout

Ybelion — Moi, je suis... Moi, j'ai... Je... Alors, j'ai énormément... Tu vois, j'ai énormément travaillé sur ça, sur mon rapport à l'écriture. C'est pour ça que... Tu vois, c'est à chaque fois... Je pense que ce que je fais maintenant, aujourd'hui, c'est pas par hasard, tu vois. Mais moi, j'ai mis très longtemps à comprendre que l'écriture, je le faisais vraiment pour moi. J'ai un rapport tellement intime à l'écriture que j'en arrive à un stade où le plus important, c'est que le livre existe. Tu vois. Et après, quelque part, qu'importe la vie qu'il a, tu vois, ça appartient à la fois au lecteur, à la fois à la chance, au hasard, enfin bref, à plein de choses qui sont pas forcément sous mon contrôle. Mais ce qui est sous mon contrôle, c'est ce que je mets dans le texte, c'est ce que ça me permet de vivre. Et... c'est vraiment la raison première. pour rejoindre ce que disait l'autrice avec qui tu avais discuté, le premier livre, c'est marrant parce que il m'a fait un effet libérateur, mais très personnel. Tu vois, à un niveau où c'était plus « Ah, j'ai accompli un rêve, peut-être qu'en fait, tout ce que j'ai envie de faire dans ma vie, c'est possible. » Et par contre, le deuxième livre, c'est une trilogie, tu vois, je suis en train d'écrire le troisième en ce moment. Et donc, dans l'écriture du deuxième, là, c'est mes personnages qui m'ont mis des claques et là, c'était beaucoup plus intime comme transformation. Tu vois, j'ai remarqué des changements dans mes personnages qui étaient des changements que j'étais en train de vivre dans la vraie vie. Et ça m'a fait, ça m'a renvoyé comme un miroir et là, c'était beaucoup plus profond comme... et beaucoup plus intime comme... comme transformation quelque part. Donc, c'est... Je sais pas, j'arrive pas trop à... Pour essayer de résumer ma pensée, désolé, après je te laisserai un peu d'espace pour parler aussi, mais je dirais que tous les livres te transforment et tu sais jamais vraiment quelle transformation ce sera, tu vois. Et je pense que c'est important, alors c'est facile à dire, mais tu sais, de lâcher prise un peu sur ce qui va t'arriver en écrivant. Et c'est en lâchant un peu prise sur ça que tu t'autorises à commencer à écrire et en écrivant, hop, t'as l'idée d'après qui vient et quand t'as l'idée d'après, t'as celle d'après et puis là, paf, la transformation. Et voilà. Et tu sais jamais laquelle c'est ça que je trouve magnifique et c'est ça que j'adore observer chez les gens, notamment que j'accompagne parce qu'effectivement, tu vois, moi je leur partage pas tellement de techniques d'écriture en fait. Je pars un peu du principe que dans le fond, ils savent très bien ce qu'ils veulent raconter, que c'est plus une histoire de se faire confiance, etc. Et parfois, ils ont besoin d'être rassurés sur mais est-ce qu'il va se passer un truc ? Je fais, je suis sûr qu'il va se passer un truc, juste je peux pas te dire quoi, tu vois. Et peut-être, ça te fait un peu une réponse de Suisse quelque part, mais c'est vrai, tu vois. Et c'est fou après d'observer, tu fais putain, c'est fou. Alors, je savais qu'il allait se passer un truc, mais je pensais pas que ça serait comme ça. Et c'est ça qui est dingue. Je me suis un peu éloigné de ta question initiale, mais voilà.

Julie Plasse — Si, ça rejoint la part la part intime écriture. En fait, je sais pas s'il y a des gens qui arrivent à écrire sans, enfin, je sais pas si c'est possible d'écrire en étant détaché, tu vois. Je sais pas.

Ybelion — C'est une question philosophique, en vrai. Moi, je pense que c'est possible parce que tu peux très bien, ah, non, en fait, je le dis et je crois que j'en suis pas forcément convaincu.

Julie Plasse — Ouais, c'est compliqué, hein.

Ybelion — Ouais, parce que j'imagine, tu vois, un truc où tu te mets dans une démarche de dire, ok, mon intention, c'est de faire un livre qui se vend le plus auprès de telle, telle catégorie de personnes. Et donc, là, tu peux faire presque une analyse mathématique, tu vois, du truc, tu fais, ok, les livres qui sont le plus vendus, les thèmes qui parlent le plus, tu vois, etc., etc. Mais est-ce que derrière, c'est pas aussi retirer tout ce qui fait un peu l'âme d'un roman, tu vois, ce qui est, ce que met l'auteur ? Ouais.

Écrire personnel ou écrire pour vendre

Julie Plasse — Oui, tout à fait. Après, tu vois, par exemple, pour faire un parallèle avec le slam, je sais pas si tu connais un peu ce milieu, mais en fait, à la base, le slam, c'est des tournois de poésie, du coup, les participants déclament un texte et ils sont notés par le public qui est en jury, populaire. Et du coup, en fait, il y a des tournois nationaux et en fait, c'est vrai que des fois, tu vois, je pense que il y a certains textes qui sont écrits spécialement pour marcher en tournoi et je pense, du coup, pour le coup, peut-être écrits de manière détachée. Finalement, je pense que je change d'avis, je pense que c'est possible. Je pense à ça, mais oui, je pense qu'effectivement, il y a des œuvres et tout ça qui sont écrites dans un but commercial. Ça, c'est sûr que c'est possible. c'est sûr que ça existe.

Ybelion — C'est même aussi le but à la fin des maisons d'édition et c'est pour ça que c'est... Alors, tu vois, ça serait intéressant de me partager ton avis là-dessus parce que toi, tu as eu du coup une écriture extrêmement personnelle mais tu vois, c'est quand tu as une dissonance entre la raison pour laquelle tu écris et le résultat que tu souhaites en obtenir, par exemple, je ne sais pas, être édité et gagner ta vie avec, parfois, ça peut être extrêmement dur de lier les deux, tu vois, et de... parce qu'il y a des choses qui vont marcher commercialement qui ne seront peut-être pas alignées avec ce que tu as envie de mettre de toi ou alors il y a des choses que tu ne devras pas dire pour correspondre à certaines cases et quand tu as cette dissonance-là, parfois, ça fait un peu des étincelles et ça crée beaucoup de blocages. Comment tu as fait, toi, pour peut-être équilibrer cette envie à la fois d'être publié et d'écrire un livre qui portait ton intimité ?

Julie Plasse — En fait, moi, mon rêve, ce n'était pas de gagner ma vie en étant publiée. Moi, c'était juste d'être publiée, c'était juste de sortir un livre mais ce n'était pas du tout de gagner ma vie parce que je pense que j'ai toujours été un peu lucide sur tout ça, sur le fait que c'est hyper compliqué, qu'il y a des tas de livres très bien, des tas d'auteurs et que le marché est quand même vachement guidé par les grosses maisons d'édition et que c'est très dur de se faire publier en grosses maisons d'édition. Donc, moi, je n'ai pas du tout été guidée par l'envie de gagner de l'argent. Juste, je voulais... En fait, j'ai toujours aimé les livres, j'ai toujours aimé lire et tout ça. Et du coup, mon rêve, c'était juste d'avoir mon livre à moi dans la bibliothèque. tu vois, c'était pas autre chose. Et donc, moi, là, j'estime que mon rêve il est réalisé. Après, du coup, j'aimerais bien continuer avec d'autres livres, tu vois. Mais je trouve ça déjà tellement énorme d'avoir un objet dans tes mains qui est totalement issu de ton intime. tu vois, c'est... Voilà. Et pourtant, je ne serais pas partie en auto-édition non plus parce que ça, pour le coup, ça fait un peu... je me suis toujours dit que du coup, tu devais gérer un peu... Je ne sais pas, ça faisait un peu business, je trouve, de faire une auto-édition. Tu dois gérer, tu vois, toi-même... Tout. ... Enfin, voilà, je ne sais pas. Après, c'est juste des préjugés. Je ne sais pas. Mais voilà.

Ybelion — Non, effectivement, petite parenthèse, mais effectivement, ça implique plein de choses différentes. Tu gères tout, en fait, en auto-édition. Après, tu peux te faire aider sur certaines parties, en fonction des plateformes par lesquelles tu passes, il y a des choses dont tu n'as pas besoin de t'occuper, mais sur lesquelles, du coup, tu as moins de pouvoir. C'est toujours une balance entre liberté et confort, etc. Qu'est-ce que ça fait de réaliser son rêve, du coup ?

Julie Plasse — Oui, j'ai vu une grosse période où j'étais... Je pense que je n'en ai peut-être pas profité assez, mais non, je n'en revenais pas. Et en plus, comme c'est arrivé, en fait, la dernière année de mes études, et les études, je pense que tu es passé par là, donc tu sais que ça peut être compliqué, surtout à tenir dans la durée. Après, moi, je n'ai pas vraiment mal vécu mes études, mais c'est quand même arrivé au bon moment la sortie du livre, et puis je me suis dit que c'était possible de faire autre chose aussi à côté, d'avoir plusieurs facettes. J'étais tellement heureuse de pouvoir aussi offrir ça à ma famille. Mes parents, ils sont super contents que j'ai sorti ce livre. Il y a eu une grosse période où j'étais un peu sur... hors de la réalité, quoi, j'étais juste là, ouais, en fait, tout peut arriver maintenant, juste, je sais que j'ai réalisé ça et que ça, ce sera, enfin, à vie, quoi. Ouais, tu vois, j'aurai toujours des stocks de mon livre, enfin, on ne sait pas ce que l'avenir nous réserve, mais tu vois, je... Ouais, non, je suis tellement heureuse et reconnaissante de tout ça, et surtout d'avoir pu le faire si jeune, enfin, si vite, tu vois, c'est... je trouve que c'est assez inimaginable comme chance, voilà, mais c'est vrai que, tu vois, j'ai encore du mal, des fois, à le réaliser, parce que je me dis que c'était il y a un an, déjà, que le livre est sorti, et tout est passé tellement vite, enfin, même tout le processus de... parce que, tu sais, quand t'édites un livre, bah, t'as toujours le gros travail de correction, après, pour la couverture, tout ça, et tout ça, ça a passé tellement vite, quoi, alors que ça a pris plusieurs mois, et en fait, j'aimerais bien revenir en arrière juste pour revivre ça, quoi, voilà, et, ouais, enfin, ça m'émeut un peu d'en parler, parce que, tu vois, en fait, des fois, moi, dans la vie, j'ai ce problème-là de me dire que j'ai pas assez profité de l'instant présent, j'en parle un peu, d'ailleurs, dans Descadences, et c'est un peu la sensation que j'ai, tu vois, mais en même temps, bah, je me suis pas non plus posée tant de questions que ça, même quand il est sorti, juste, j'ai, j'ai vécu les choses comme elles se présentaient, voilà, mais, ouais, j'aimerais bien revenir en arrière, quoi.

Et si tu le revivais avec le second livre

Ybelion — C'est, c'est très touchant, ton partage, et, j'ai une partie, une partie, un coach de moi qui a envie de te questionner sur, et si tu le revivais avec le second, tu vois.

Julie Plasse — Oui, tout à fait, c'est ce que j'espère. Après, tu vois, en fait, à chaque fois, je me dis, en fait, pour moi, c'est un peu comme, comme Noël, tu vois, c'est un truc que, tu vois, tu prépares pendant super longtemps, et au final, quand ça arrive, ça dure, bah, pour Noël, pour Goose, ça dure une journée, ça passe super vite, tu vois. Bah là, en fait, c'est un peu pareil, le livre, tu l'écris, pendant, pour moi, ça va prendre plusieurs années, je le sais, et bah, s'il sort un jour, bah, ça va encore passer super vite, et voilà, même temps, c'est la vie, c'est comme ça, et c'est ce qui fait la beauté de ces moments-là, c'est qu'ils sont éphémères, et que, et que, bah, il y en a pas tous les quatre matins, quoi, voilà, mais, oui, j'espère que ça arrivera avec le deuxième aussi, bon, après, juste, il faut que je me bouge pour l'écrire, quoi, mais voilà.

Ybelion — c'est, c'est toujours un peu indescriptible, le, le sentiment de, du premier livre, et, je sais pas, avant, tu me partageras, tu vois, dans, dans six mois, ou dans un an, mais, moi, j'ai de plus en plus de mal à mettre des mots sur ce, c'est ce moment du premier livre, tu vois, c'est, ça, ça s'intensifie, et du coup, ça devient de plus en plus dur de l'expliquer, tu vois.

Julie Plasse — Mais, c'est vrai que, tu vois, il y a eu toute, tu, enfin, il y a eu toute une période où, du coup, parce que là, moi, le deuxième livre, j'ai commencé à l'écrire il n'y a pas si longtemps que ça, et il y a toute, enfin, il y a eu toute une période, j'inverse mes mots, il y a eu toute une période où, en fait, j'avais pas envie d'en écrire un autre, parce que, je, en fait, comme Décadence, c'était mon livre, mais du coup, je me disais que si j'en écrivais un autre, ce serait plus mon livre, mais un de mes livres, tu vois, et du coup, comme j'ai tellement une relation, enfin, je l'aime super fort, ce livre-là, tu vois, et du coup, je me disais, je vais lui faire des infidélités et tout, enfin, tu vois, voilà, c'est un peu, et voilà, bon, maintenant, je suis un peu détachée de ça, je sais que ça restera quand même mon livre, tu vois, même si j'en ai écrit d'autres, mais c'est juste comme il était tellement, c'est tellement une part de moi que j'ai eu du mal à, à, à, à passer à autre chose, mais à, à lancer un autre projet, qui n'était pas lui, tu vois.

Ybelion — Comment t'as, c'est encore une question, qui va peut-être en aider certains, mais, qui n'est pas forcément facile à répondre, mais, comment t'as réussi à, à te dire justement, je vais, je vais en écrire un second, tu vois, et à passer par-dessus ce, ok, ce sera peut-être un de mes livres, mais il aura toujours une place extrêmement particulière.

Ce premier livre qu'on a peur de trahir

Julie Plasse — Bah, après, l'envie d'écriture, elle était devenue plus forte, tu vois, je pense que c'est ça, et que, oui, comme j'ai trop aimé l'aventure, avec des cadences, bah, comme tu dis, pour la reproduire, peut-être, enfin, même si ce sera différent, mais, oui, bon, après, oui, du coup, ça a été plus fort que ça, et, et je m'y suis mise, mais, mais tu vois, par exemple, enfin, moi, je trouve que la, toute la procédure, est dure pour publier le livre, c'est tellement prenant, que, en fait, j'aurais pas du tout pu écrire autre chose, au même moment que je sortais des cadences, et je me demande comment font les auteurs qui, qui y arrivent, parce que, tu vois, les grands auteurs, bah, je pense que, ils sont tout le temps sur un projet en cours, je pense, et puis, par exemple, Hélène Gourlin, qui est dans ma maison d'édition, je pense qu'elle va être contente que je parle d'elle, mais, elle, elle a toujours un projet, de roman en cours, quoi, et, et pendant qu'elle gère la correction, du, du livre qui est fini, pour peut-être le publier, bah, elle est encore en train d'en écrire un autre, et tout, enfin, moi, je suis hyper admirative de ça, pour le coup, parce que, moi, enfin, comme je te disais, je pense que ça rejoint le, le truc que j'ai besoin d'être focus quand j'écris, bah, en fait, je pense que du coup, j'ai besoin de, d'être focus sur, ce, ce projet-là, ce livre-là, avant de pouvoir être dispo, pour un autre, et du coup, c'est pour ça que je pense que j'ai réussi à commencer à écrire le deuxième, c'est que, bah, les événements autour de décadence, peut-être se calmaient un peu, et du coup, bah, en fait, j'ai eu un moment de, enfin, un moment de latence qui m'a été, qui m'a permis de commencer le deuxième, quoi, voilà.

Ybelion — Et là, j'entends, j'entends l'envie d'écriture dont tu parlais, qui là, elle retoque à la porte en disant, bon, écoute, là, il y a des trucs, des trucs à aller explorer.

Le slam comme exutoire complémentaire

Julie Plasse — Ouais, c'est ça. Après, tu vois, c'est pour ça aussi que je, moi, je parle encore du slam, mais ça aussi, ça m'a beaucoup apporté dans ma vie, enfin, c'est une grosse partie de ma vie, parce que, comme c'était texte court, en fait, le besoin d'écriture, tu vois, pour le coup, il est comblé aussi grâce au slam, parce que, bah, si j'ai envie de parler d'un sujet, mais j'ai pas assez de matière pour en faire un livre, bah, juste, je peux en faire un texte de trois minutes, et puis, tu vois, ça marche aussi. Donc, c'est vrai que le slam aide beaucoup là-dessus, la poésie aussi, en général. Voilà.

Ybelion — Je suis très content que tu parles du slam et de la poésie, parce que, justement, je me demandais comment, toi, ça nourrissait ton écriture, à la fois de tes romans, et peut-être même ta, ton identité d'auteur en tant que telle, tu vois.

Julie Plasse — En fait, c'est trop bien le slam, parce que quand tu participes à des événements, t'es toujours entouré tout le temps, de plein de gens qui aiment écrire, ou qui aiment l'écriture, tu vois. Et du coup, en fait, on parle de ça, on parle, enfin, je pense à un ami en particulier, qui est slameur, et on parle beaucoup des processus d'écriture, de qu'est-ce qui nous inspire, et tout ça, et à chaque fois que je le vois, ça m'inspire beaucoup. Et, en fait, oui, c'est ça, d'être entouré de gens qui aiment les mots, et puis après, je sais plus, c'était quoi la question de base,

Ybelion — comment ça... J'ai plein d'autres questions qui me sont venues entre-temps, mais comment ça nourrit, ouais, ton...

Julie Plasse — Oui, bah du coup, déjà comme ça, on se rendant à des événements qui sont dédiés, bah, aux mots, forcément, quand tu sors de là, t'es hyper inspirée, enfin, là, tu vois, je vais aller au championnat de France, en tant que spectatrice, du coup, à Paris, qui ont lieu à l'ascension, et bah, je sais que quand je vais revenir, je vais avoir plein d'idées, tu vois, plein de choses à écrire, et puis sinon, tu vois, je pense que, je pense que roman et poésie, c'est compatible, du coup, j'aimerais bien intégrer un peu de slam, je pense, dans mon deuxième livre, ce que j'ai pas fait dans le premier, parce que j'ai commencé le slam, après avoir fini de l'écrire, voilà, donc, donc voilà, mais je pense que les deux peuvent s'alimenter, et se compléter.

Ybelion — Tu parlais des techniques d'écriture, dont tu parlais avec ton ami, là, il y a quoi de différent dans le slam et dans le roman ? Ouais, je fais pas de supposition, juste, c'est une question comme ça.

Julie Plasse — Le slam, du coup, comme je le disais, c'est quand même un temps restreint, donc il faut en dire beaucoup, un peu de temps, et des fois, c'est très difficile, enfin, moi, souvent, j'écris des trop longs textes, du coup, je dois les réduire, parce qu'on a une contrainte de temps, quand même, et on porte beaucoup d'attention, quand même, aux sonorités, et tout ça, ce qu'on fait pas forcément dans un roman, après, enfin, je dis pas forcément, on peut très bien dans un roman, moi, je pense que quand même, dans des cadences, j'y ai prêté beaucoup attention, à ce que ce soit un peu politique, et tout ça, mais le slam, c'est plus, oui, c'est plus faire passer un message, en soignant, et le fond, et la forme, dans un temps court, voilà, là où le roman, enfin, tu peux te, t'étaler, tu vois, c'est plus ça, je pense, et le roman n'est pas forcément poétique, alors que le slam, je pense que ça l'est toujours, un peu, quand bien même, il y a plein de styles d'écriture, dans le slam, tu vois, enfin, c'est assez libre, il n'y a pas de contraintes, en termes de rimes, ou d'autres choses, mais, c'est quand même de la poésie, parce que le roman n'est pas forcément, mais tu vois, en même temps, c'est, on pourrait faire un roman, qui est fait que de slam, tu vois, enfin, ça pourrait, plus de plein de slam à la suite, qui ferait un roman, ça pourrait être possible, je pense, mais,

Ybelion — voilà. Voilà une idée, et, c'est, quand tu fais, par exemple, là, tu parlais, désolé, je suis curieux sur ça, parce que j'aime beaucoup le processus qu'il y a derrière, tu vois, mais, par exemple, là, les championnats de France, dont tu parles, de slam, les gens qui participent, ils arrivent avec des textes déjà écrits, où c'est un thème imposé, et tu as X temps pour rédiger un texte.

Différences entre slam et roman

Julie Plasse — En général, là, du coup, pour les championnats et tout ça, non, c'est des textes déjà écrits, qui, d'ailleurs, ont déjà vécu souvent sur d'autres scènes, enfin, moi, ça m'arrive plein de fois d'entendre des textes que j'ai déjà entendus plein de fois, enfin, parce que, tu vois, une fois que tu en as un thème, bien, c'est vrai que tu le fais plusieurs fois, donc, non, là, c'est des... c'est des textes qui sont écrits à l'avance, par contre, après, j'ai pas envie de dire de bêtises, parce que je l'ai jamais fait, ce festival-là, mais il y a un festival qui s'appelle la Plume Olympique, je crois que c'est à Caen, je n'ai pas envie de me tromper, mais je crois que c'est ça, et, en fait, bah là, il y a des contraintes d'écriture, justement, qui sont données, soit à l'avance, soit, je crois, sur place, c'est possible, les deux sont possibles, je pense.

Ybelion — Et, il y a une importance, du coup, déclame ton texte.

Julie Plasse — Oui, alors forcément, ça fait beaucoup, c'est, c'est d'ailleurs là, tout le côté, d'ailleurs, je pense que c'est ça aussi, la grosse différence entre slam et roman, c'est que le slam, c'est quand même oral, normalement. Après, bon, il y a des recueils de slam, tu vois, mais c'est quand même fait pour être écouté, et, et du coup, oui, c'est important de soigner, comment tu le dis, bon, après, chacun a son style, et c'est ça que je trouve merveilleux, c'est qu'en fait, il n'y a pas, enfin, il y a autant de façons de déclamer qu'il y a de slameurs, tu vois, voilà, non, si, c'est important, comment tu dis les mots, et je pense que plus tu fais du slam, plus tu affines ton phrasé, comment tu le dis, bon, après, c'est difficile des fois de ne pas, de ne pas être monotone, tu vois, enfin, moi, j'aime bien la mélodie un petit peu, mais c'est vrai que j'ai peut avoir tendance à être un peu monotone, parce qu'il y a une notion de rythme aussi dans le slam, tu vois, enfin, voilà, mais si, c'est plus important.

Ybelion — Je suis fasciné par ça, parce que la musique me fascine aussi en tant que telle, et le slam, je le trouve un peu à la limite des deux, tu vois, ça glisse dans la musique, mais sans qu'il y ait forcément d'instru, et ça glisse dans le roman, parce que c'est aussi quand même du texte qui n'est pas forcément contraint par des métriques musicales ou quoi, et j'adore cette espèce d'art flexible qui trouve sa propre place, tu vois, entre deux, et, ouais, je suis hyper curieux. Et tu vois,

L'écriture, un art inarrêtable face à l'IA

Julie Plasse — de toute façon, je pense que l'écriture, c'est tellement vaste que c'est un art flexible, tu vois, enfin, c'est vrai, c'est vrai, c'est vrai, c'est vrai, c'est vrai, c'est vrai, c'est vrai, c'est vrai, c'est vrai, parce que même ceux qui écrivent, enfin, même ceux qui écrivent des journaux intimes, c'est de l'écriture, tu vois, ce qui, il y a tellement de formes d'écriture, les journalistes, c'est de l'écriture aussi, tu vois, enfin, c'est, du coup, c'est bien, parce qu'il y a, je pense qu'on ne s'arrêtera jamais de, d'être inventif, de manière, enfin, de quelque manière que ce soit, avec l'écriture, et même d'être surpris par des formes d'écriture, je pense toujours, même, même avec le, enfin, là, parce que tu vois, on parle pas mal de l'IA et tout ça, et franchement, moi, je ne suis pas trop inquiète là-dessus, je ne pense pas que ça va, enfin, je ne pense pas que ça va remplacer l'écriture humaine, tu vois, il y a tellement de choses à explorer, tellement de, ouais, tellement de manières d'écrire, voilà, je me répète un peu, mais, je, voilà, l'art, enfin, l'écriture, c'est un art qui, par définition, inarrêtable, je pense.

Ybelion — J'adore, j'adore cette définition, moi, je te rejoins totalement, c'est peut-être, on est peut-être très opté, très optimiste ou très naïf, moi, je suis d'accord avec toi, je pense que l'IA, elle pourra pondre des textes super bien écrits, il n'y a pas de problème, ok, mais, ce grain de folie, cet irrespect des règles, cette authenticité, ce mélange de plein d'influences, etc., je pense que ça ne s'invente pas, en fait, ça se vit quand tu le découvres, quand tu le crées toi-même, quoi, et,

Julie Plasse — surtout que l'IA ne répondra jamais, à ce besoin d'écrire viscéral, dont on parlait,

Ybelion — ouais, exactement,

Julie Plasse — donc ça ne s'inviendra jamais, je pense,

Ybelion — exactement, parce que tu vois, si on prend le parallèle, avec décadence, et promis, après, on parle de ce qu'il y a dans décadence, mais, mais tu n'aurais jamais vécu, quelque part, cette libération, après trois ans d'écriture, enfin, en tout cas, ce dépôt de ce que tu avais besoin de partager, si tu avais pondu ton texte, en dix jours, avec une IA, quoi, et, et c'est là, tu vois, que la phrase, un peu bateau, mais, elle est toujours très vraie, c'est, le chemin est peut-être, parfois, plus important que la destination, tu vois.

Julie Plasse — Oui, je suis d'accord avec ça, je suis d'accord, je dirais que c'est un peu bateau, mais. Oui,

Ybelion — bah, c'est bateau, pour une certaine raison, c'est qu'en fait, c'est quand même très vrai dans le fond, quoi, donc, voilà. C'est ça, c'est ça. Et, donc, décadence, tu disais, tout à l'heure, donc, tu as mis à peu près trois ans à l'écrire, que c'était quelque chose de très, de très personnel, qu'est-ce que, ah, je ne sais pas, je ne sais pas par où commencer, j'ai eu trois idées dans ma tête. Non, ok. Du coup, c'est, je te fais le partage de comment, moi, je l'ai ressenti en, avec ce que, ce que Marjorie, Isabelle ont pu me dire, et de ce que j'ai pu lire sur ton profil ou sur la page du livre, j'ai l'impression que c'est un livre extrêmement intime et personnel, dans ce qui montre du rapport entre deux personnes, et qui explore à la fois l'ombre et la lumière personnelle, et la manière dont ça se réfléchit sur la relation en elle-même. Voilà, voilà ce que j'ai pu ressentir, aussi avec la couverture, avec le jaune et le bleu, qui paradoxalement sont deux couleurs qui vont très bien ensemble, alors qu'on a l'impression qu'elles ne vont pas trop ensemble, et la lune et le soleil, voilà un peu le partage très brut que je te fais, et puis, je te laisse rebondir, peut-être que je suis totalement à côté de la plaque.

Décadence : exorciser un premier amour

Julie Plasse — Non, pas du tout, non, c'est juste, cette notion un peu de contraste, dont tu parles, et notamment justement avec le titre qui est assez sombre, et la couverture qui est quand même plus lumineuse, quand bien même, tu vois, il y a le bleu, enfin, oui, c'est ça, cette frontière entre obscurité et lumière, qui m'a beaucoup questionnée, en fait, pendant que j'ai vécu cette histoire-là. Ouais, non, c'est ça, le contraste, je pense que c'est un bon, une belle, enfin, une belle présentation du livre, tu vois, parce que bon, du coup, en fait, ça parle de mon, de mon premier amour, qui était atteint de dépression, et en fait, c'est surtout ce que j'ai vécu, à ses côtés, toutes les questions que, que j'ai rencontrées, en fait, quand j'ai voulu le sauver, parce que moi, c'est ça, globalement, c'est ça, le propos de décadence, tu vois, c'est, est-ce qu'on peut sauver les gens, et, et en fait, en fait, oui, j'avais besoin de parler du point de vue extérieur, donc de mon point de vue à moi, parce que je trouve qu'on n'en parle pas beaucoup, en fait, on parle de plus en plus de santé mentale, et tout ça, mais on parle pas trop, je trouve, des aidants, des personnes qui vivent ça, de manière, bah, extérieure, je veux dire, qui sont, enfin, qui accompagnent quelqu'un qui souffre de, de difficultés en santé mentale, et, et du coup, voilà, en fait, j'ai aussi voulu aborder tout la, le processus un peu de reconstruction aussi, que j'ai vécu après, et du coup, je pense qu'il y a vraiment deux parties distinctes dans le livre, il y a vraiment la partie, bah, sur l'histoire d'amour que j'ai vécu avec lui, et puis, l'après, voilà, et du coup, c'est pour ça aussi que, j'ai écrit de manière, parcellaire, parce que, bah, en fait, j'ai commencé à l'écrire quand je vivais encore l'histoire, et, bah, en fait, tu vois, en fait, j'ai eu besoin de faire des pauses, parce que j'avais besoin, finalement, de, de prendre un peu de recul, et puis de, sur, bah, de prendre un peu de recul sur l'histoire, de laisser les choses se faire, et puis, tu vois, il y a un gros événement que j'ai écrit dans le livre, qui, en fait, je l'ai écrit avant qu'il se passe dans la vraie vie, et, en fait, je me suis rendu compte, après, que, donc, en fait, une fois que j'ai écrit ce gros événement, j'ai fait une grosse pause d'écriture, pendant, je pense, bah, un peu moins d'un an, et, en fait, j'ai repris, après, j'ai repris, j'ai repris l'écriture après, et, en fait, je me suis rendu compte que, en fait, quand j'ai repris l'écriture, c'est quand le, cet événement-là s'était passé dans la vraie vie, tu vois, en fait, je pense qu'en fait, j'avais besoin que ça se passe, pour, aller plus loin, et, et je pense que quand je l'ai écrit, et, le livre, j'ai, ça m'a permis de, de rendre hommage à ma mère, à ma soeur, qui ont eu un gros rôle à jouer, à certains moments, et puis, il y a un ami aussi, qui a été très cher pour moi, et qui est un personnage dédié dans le livre, donc, c'est vrai que la frontière, tu vois, entre fiction et réalité, enfin, souvent, quand je fais des dédicaces, je mets ça, je mets, je te souhaite une belle lecture, entre fiction et réalité, parce que, le film est vraiment tout fin, et, et, du coup, oui, il y a des moments difficiles, mais, c'est pour, mieux remonter après, donc, c'est pour ça, le décalage entre, tu vois, le bleu qui est plus sombre, le jaune, enfin, je trouve que c'est bien trouvé, quoi, et, en plus, tu vois, la couverture, en fait, on a eu un, un rendez-vous avec la graphiste, quand on était dans le, le processus de, tu sais, de mise en page du livre, et tout ça, et, du coup, je lui ai juste expliqué le livre en quelques mots, et, en fait, elle, elle faisait des propositions après, sans l'avoir lu, et elle a fait cette proposition-là, et, en fait, j'avais pas du tout imaginé cette couverture-là, tu vois, enfin, quand j'imaginais mon livre, je l'imaginais sans couverture, je sais pas pourquoi, mais, ou juste une couverture blanche, tu vois, et, en fait, bah, du coup, j'ai eu un coup de cœur pour celle-là, parce que, c'est vrai qu'il y a plein de choses qui font écho dans le livre, que, la graphiste ne connaissait pas, tu vois, le soleil, c'est un gros, c'est une grosse place dans le livre, et, voilà, même les étoiles, et, enfin, bon, voilà, je sais pas si tu as des choses à dire.

Le courage d'écrire sur l'intime

Ybelion — C'est, c'est hyper touchant, je, en fait, ça me, ça me, tu sais, j'ai du mal à trouver mes mots, je, je trouve ça hyper courageux de ta part, d'avoir écrit sur un sujet aussi intime, et encore plus, si tu étais en train de le vivre, et, bravo, j'ai déjà envie de te dire bravo, et, et ça, tu vois, c'est, là, du coup, je te fais un partage un peu, un peu personnel, mais, c'est un, quelque chose que, moi, j'ai du, plus de mal à faire, tu vois, à oser écrire sur des sujets extrêmement personnels, dans la réalité, tu vois, c'est ce que je disais, avec une autre autrice, avec qui j'enregistrais au début de la semaine, mais, c'est confortable, c'est un peu plus facile, pour moi, je parle vraiment pour moi, d'écrire de la fantaisie, parce que ça me permet de parler de choses personnelles, sans que ça le soit vraiment identifié, tu vois, tu vois. Et, pourtant, quand je t'entends raconter ton histoire, et donc celle de décadence, et ce qui est marrant, c'est que tu parles de la ligne fine entre réalité et fiction, et c'est cette ligne fine qu'on retrouve entre soleil et lune, ombre et lumière, etc. tu vois, et, putain, ça donne envie d'écrire sur des sujets personnels. Et surtout, là où je suis très touché par ce que tu racontes, c'est que tu vois pas comme un blocage ce que la personne la manière dont pourrait être accueilli le livre dans les gens qui ont pu jouer un rôle dans cette histoire là, et tu vois tu parles d'hommage tout de suite, et je trouve ça super beau, tu vois de quelque part j'entends que du coup c'est une histoire qui s'est terminée mais d'en faire un hommage comme ça, je trouve ça magnifique en tout cas ça me touche beaucoup, bravo

Julie Plasse — bah merci, merci beaucoup après forcément, tu vois j'ai un peu appréhendé la lecture des gens qui me connaissent, enfin des gens qui me sont proches enfin qui me connaissent en vrai je m'en fiche un peu mais qui me sont proches parce que forcément dedans j'ai parlé de choses dont ils n'étaient pas forcément au courant enfin tu vois ils voyaient un peu le gros mais il y a plein de choses qu'ils ne connaissaient pas trop enfin bon voilà après non, j'ai pas eu j'ai j'appréhendais un peu mais j'avais pas non plus peur enfin en fait je sais pas ça me paraissait assez naturel quand même de le faire et oui en fait je pense que le la nécessité de d'en parler était trop forte je pense et en fait je pense que c'est pour ça d'ailleurs que les précédents projets d'écriture que j'ai pu avoir n'ont pas marché pour moi c'est parce que moi je pense que j'ai besoin de parler de choses que j'ai vécues tu vois ou ouais ou en fait pour mon prochain livre ce sera moins ce sera moindre ce sera pas aussi extrême que décadence tu vois mais je pense que j'ai besoin de mettre quand même un peu de moi dans ce que j'écris et en même temps tu vois je trouve ça trop bien ce que tu dis sur le côté fantasy qui permet de le faire de manière détournée parce que on est pas obligé de le faire de manière frontale après tu pourrais t'essayer enfin c'est vrai que ça peut être une bonne une bonne thérapie aussi mais tu vois j'ai commencé le slam après mais je trouve que ça fait beaucoup d'écho parce que dans le slam il y a plein de textes qui sont ultra précis sur des sujets personnels qui sont très durs il y a beaucoup de textes très durs tu vois et je trouve ça trop bien enfin même si après des fois tu ressors de certaines scènes t'es un peu chamboulé je trouve ça trop cool qu'il y ait un espace d'expression de choses enfin voilà de ce genre de choses difficiles qu'on peut vivre et moi j'ai eu besoin de le faire dans ce roman là et puis en même temps tu vois il y a une belle histoire aussi autour du livre enfin tu vois la mère de ce garçon par exemple ça faisait longtemps que je l'avais pas vue elle m'a invité à manger après avoir lu le livre tu vois pour qu'on en parle j'ai des gens du lycée qui l'ont lu et qui voyaient de qui je parlais tu vois et du coup ouais qui m'ont fait des retours touchants enfin j'ai eu beaucoup de retours très touchants après même de gens que je connaissais pas parce que je pense que ça a parlé à pas mal de monde finalement et c'est comme ça aussi que enfin tu vois dans le livre à un moment je dis que je que avant de vivre cette histoire là je m'étais pas rendu compte qu'il y avait autant de gens qui souffraient en fait de manière globale et bah du coup tu vois je pense qu'en sortant le livre je pensais pas que ça ferait autant écho aussi fort à autant de gens voilà et ouais et puis récemment tu vois j'ai fait une lecture commune enfin en fait sur un groupe insta les gens lisaient le livre tous en même temps avec des objectifs de lecture et j'ai eu pas mal de retours sur le côté enfin de retours en me disant que qu'ils avaient été touchés par le personnage de ma maman justement et la place de maman qu'elle avait avec moi qui vivais ce genre de choses et c'était pas facile pour elle et c'est la première fois qu'on me fait des retours sur ce personnage là tu vois parce que du coup je pense que ça avait peut-être pas fait écho aux autres personnes qui l'ont lu et là il y en a plusieurs qui m'ont dit qu'elle se reconnaissait dans la maman enfin et du coup c'était encore un des enfin des points de vue différents et c'est ça en fait j'ai eu plein de retours touchants et en même temps très différents aussi les uns des autres de choses qui ont fait écho chez certaines personnes et pas chez d'autres enfin tu vois et c'est hyper intéressant aussi tout l'après en fait tous les retours de lecture que tu peux avoir je sais pas si t'as eu ça toi avec tes avec tes livres mais ouais moi je me lâserai jamais en fait d'avoir des retours et même s'ils sont un peu négatifs tu vois enfin j'en ai pas vraiment eu mais je trouve ça bien aussi de faire des critiques négatives pour s'améliorer mais oui

Les retours bouleversants des lecteurs

Ybelion — c'est quoi le retour le plus touchant que t'as pu avoir sur ton livre

Julie Plasse — en fait c'est dur c'est une question difficile parce qu'on est plusieurs quand même en fait celui de ma soeur déjà qui m'a beaucoup émue parce qu'en fait avec ma soeur on en a pas enfin elle a joué un rôle important dans l'histoire mais on en a pas reparlé beaucoup après et en fait elle l'a lu en une après-midi et puis tu vois elle a pleuré enfin bon voilà et du coup forcément c'était hyper touchant après globalement les retours qui m'ont dit que ça leur donnait envie de croire en une belle vie enfin en le fait qu'une belle vie soit possible d'avoir envie de réaliser ses rêves parce qu'il y a une grosse part dans des cadences sur ça sur les rêves voilà réaliser ses rêves tout ça et puis et puis tu vois par exemple une fois j'ai eu un en fait ma grand-mère elle a elle a acheté beaucoup d'exemplaires qu'elle a offert au travail et j'ai eu un retour d'une de ses amies qui a fait une page word entière pour me pour me détailler ses ressentis et tout et ça j'ai trouvé ça fou enfin pareil une autre fois une fille du lycée du coup qui m'a montré qu'elle avait en fait enfin qu'elle elle est du genre un peu surlignée dans ses livres c'est écrire dans ses livres et tout et qu'elle avait bah continué des petits passages parce qu'en fait dans les dans des cadences il y a plusieurs parties et au début de chaque partie il y a quelques vers un peu de poésie et en fait elle les avait continués elle avait fait un poème enfin ouais ça m'a beaucoup touchée mais j'en oublie certainement plusieurs mais enfin ouais j'ai eu beaucoup de retours très touchants ma famille enfin forcément ça m'a touchée ma mère mon père ouais il a été un peu plus enfin il est plus réservé du coup voilà mais ça m'a touchée aussi enfin voilà j'en ai eu vraiment beaucoup je dirais ça je me suis un peu étalée mais

Le prix gagné au salon

Ybelion — non au contraire au contraire c'est trop cool on sent que ton livre a aussi un effet positif tu vois quelque part ça me renvoie toujours à cette phrase on sait jamais qui on sauve en écrivant tu vois et c'est trop cool c'est trop cool et donc après un des retours aussi que t'as pu avoir c'est le prix que t'as gagné qu'est-ce que ça fait de gagner un prix

Julie Plasse — bah en fait ce week-end là il a été franchement exceptionnel parce que on était vraiment entouré de gens merveilleux vraiment hyper gentils qui donnaient du sens au fait d'écrire en fait et en fait tu vois la veille on avait un peu discuté avec le comité qui décernait le prix et tout ça et ils avaient fait enfin ils étaient enfin ils préservaient un peu le suspense et tout et en fait pour eux ça devait être marrant parce qu'ils savaient que c'était Hélène et moi du coup Hélène qui est dans la maison d'édition aussi qui a eu le premier prix et moi j'ai eu le prix spécial parce qu'en fait normalement il y a un seul prix qui est décerné mais cette année ils ont eu du mal à se décider du coup voilà ils ont fait un aussi pour moi et pour un autre auteur aussi qui était là et non franchement c'était vraiment trop bien je en fait d'être rappelée sur la scène et tout j'étais avec Hélène en fait en fait je pense que c'est ça qui a fait que le moment était si beau c'est qu'on était toutes les deux et qu'il y avait Marjorie mon auditrice qui était là aussi et qui était super émue et en plus c'était son anniversaire la veille donc enfin en fait il y a eu plein de choses qui ont fait que le week-end était beau et en plus moi à ce moment là j'étais pas au top parce que j'avais une entorse au genou donc j'avais une ATL et tout enfin bon voilà et mais ça m'a pas enfin justement c'est arrivé au bon moment parce que j'étais un peu déprimée pour l'entorse quoi et enfin bon finalement du coup ça me l'a fait un peu oublier pour le week-end et non c'était vraiment super beau je suis hyper encore une fois reconnaissante d'avoir vécu ça parce que ça pour le coup c'est grâce à Marjorie qui avait envoyé nos livres au comité de lecture et tout ça bon après tu vois c'est le prix de c'est le prix de ma paume enfin je pense qu'il n'y a pas beaucoup de monde qui le connaissent et en même temps c'est ça qui fait que c'est joli aussi tu vois c'est que c'est ça représente un souvenir tangible pour nous vu qu'on y était qu'on a vécu un super beau moment et ouais non je suis trop contente même parce que du coup Marjorie après elle a fait un petit bandeau pour mettre sur le livre tu vois le prix spécial joli non voilà c'est non c'est ça c'est un grand moment je pense de mon livre

Ybelion — j'entends que c'était aussi un moment que tu partais t'as partagé avec tous les gens qui ont pu t'accompagner dans l'aventure et

Julie Plasse — et en fait c'est ça aussi que j'aimerais dire c'est que moi mon expérience dans l'édition elle a été belle parce que c'était avec cette édition là enfin cette maison d'édition là et ces autrices là j'ai fait des très belles rencontres je pense des personnes qui resteront mes amis tu vois même après et c'est ça aussi je suis hyper contente d'avoir vécu c'est tout le côté rencontre voilà enfin il y avait

La rencontre avec Marjorie aux éditions Révolution

Ybelion — il y avait quelque chose qui m'a qui m'est revenu là que m'avait partagé Marjorie quand elle m'avait parlé de toi sur votre rencontre où c'était toi qui étais allée les voir au salon à Bondu je crois c'est ça

Julie Plasse — oui c'est ça

Ybelion — c'est ça

Julie Plasse — en fait moi je suis toujours allée au salon du livre de Bondu en tant que visiteuse et puis moi je disais à mes parents bah un jour j'aimerais trop être derrière quoi enfin être de l'autre côté incroyable ouais et puis cette année là en fait j'avais du coup fini le livre mais c'est vrai que j'étais pas forcément enfin en fait j'avais en tête peut-être l'envoyer une maison d'édition mais j'avais pas trop recherché tout ça et puis cette année là tu vois de moi-même j'y serais pas allée au salon du livre c'était en 2024 et en fait ma soeur elle m'a dit allez on y va enfin elle m'a elle m'a un peu bougé les autres ouais c'est ça et puis le premier stand sur lequel je suis tombée c'était bah les éditions révolution et puis je me suis dit tout de suite que leur ligne éditoriale avait l'air de peut-être correspondre à mon livre donc j'ai fait un petit tour et tout et puis après je suis revenue puis j'ai discuté là avec Marjorie je lui ai dit que j'avais voilà un manuscrit tout ça et elle m'a dit de l'envoyer enfin il y avait toute une procédure pour l'envoyer c'est sur leur site où on devait faire un petit questionnaire et tout ça et envoyer d'abord un chapitre et après donc ça c'était la première sélection et si ça passait bah on envoyait le livre entier qui était lu en comité de lecture et voilà et du coup bah en fait c'est ce que j'ai fait dans les jours qui suivaient et puis après ça m'est un peu sorti de la tête parce que c'est la seule maison d'édition à laquelle en fait j'ai envoyé le livre et puis mais je pense que je l'ai un peu senti je pense que quand j'y étais je devais le sentir au fond de moi que ça serait avec elle tu vois et juste après bah j'ai fait d'autres choses enfin mes études et tout ça et puis en juillet donc ça du coup ça ce que je te raconte c'était en mars-avril et en juillet bah j'ai eu un appel de Marjorie qui me disait voilà elle avait eu un coup de coeur qu'elle voulait le publier et du coup là à partir de là c'est parti quoi voilà

Ybelion — je peux même te citer les mots que Marjorie m'avait écrits elle m'avait dit il y a longtemps que je n'avais pas été autant bouleversé par un livre voilà

Julie Plasse — oui ouais non mais ça me fait toujours hyper plaisir elle est super elle a été super émue elle l'est encore aujourd'hui tu vois même quand elle en parle des fois elle pleure et tout c'est assez fou je trouve mais c'est une très belle personne que je suis vraiment contente enfin je suis vraiment contente de lui avoir fait confiance j'ai aucun regret j'ai aucun regret à l'avoir fait avec elle et à être dans une petite enfin avoir été publiée dans une petite maison d'édition tu vois j'ai vraiment aucun regret parce que je trouve que ça m'a mise un peu ça m'a permis d'avoir les pieds sur terre aussi tu vois parce que je pense que c'est important d'avoir conscience des enjeux de l'édition actuelle et moi faire vivre l'indépendance ça me tenait aussi à coeur donc j'ai vraiment aucun regret bon après peut-être dans le futur tu vois j'espère un jour être publiée peut-être dans des grandes maisons d'édition mais en même temps tu vois je pense que l'expérience n'est pas la même quand tu es dans des grandes maisons après je sais pas c'est des projections de ma part je pense qu'il doit y avoir aussi ce côté très humain qui doit être là mais bon bref tout ça pour dire que je suis très contente de l'avoir fait avec elle

Ybelion — ouais après je suis d'accord avec toi et puis c'est vrai c'est toutes les être publiée dans une très grande maison d'édition ne garantit rien du tout être publiée dans une petite a aussi plein d'avantages ne serait-ce que la taille humaine ou l'effort et tout ce que les gens mettent pour faire vivre les auteurs dans lesquels ils croient et puis je pense qu'après derrière tout ça tu vois comme t'as senti que c'était avec elle que tu devais travailler derrière tout ça je pense qu'il y a aussi parfois la justesse de ce qui nous arrive on a besoin de franchir les étapes petit à petit et puis qui sait de quoi l'avenir sera fait quelque part et c'est là encore une fois mais je trouve que tu transpires un peu ces lâcher-prise c'est assez impressionnant parce que même tu vois dans le fait c'est assez rare je dis ça mais c'est quasiment jamais que un auteur m'a dit j'envoie un texte à une maison d'édition et puis j'oublie tu vois généralement les gens sont quand même très accrochés à la boîte mail et ça fait refresh et je fais putain c'est incroyable on a toujours pas répondu hop ça fait deux heures que le mail est parti tu vois et c'est

Le lâcher-prise ne se fake pas

Julie Plasse — en fait j'avais conscience quand même que ça prenait du temps et je pense que j'ai toujours été très patiente dans la vie c'est pour ça que tu vois je me je m'inquiète pas du fait que j'ai pas beaucoup écrit ces derniers temps tu vois je sais que ça va revenir c'est pas grave et que si ça doit prendre plusieurs années ça prendra plusieurs années et je pense que j'avais quand même conscience que du coup bah le enfin tu vois il y a le délai de lecture du manuscrit tout ça une fois que tu l'envoies enfin tu vois je j'étais non c'est vrai que j'étais pas du tout scotché à ma boîte mail mais en fait tu vois c'est marrant parce que ça fait un peu écho à un autre truc que j'ai vécu un peu avant en fait pour terminer mon livre c'est vrai que j'étais à un moment où j'étais là bon ça fait un moment que attends faut que je branche mon ordi euh mon petite pause

Ybelion — pas de problème le suspense est insoutenable

Julie Plasse — je vais je vais je vais t'inquiète

Ybelion — t'inquiète prends ton temps ça sera la petite interlude musicale

Julie Plasse — voilà

Ybelion — mais comme je mettrai pas de musique au montage ça sera une interlude où je parle pour rien dire

Julie Plasse — non mais du coup je en fait au moment où j'ai terminé le livre bah juste un peu avant j'étais dans une phase d'écriture où j'étais un peu saoulée enfin en fait j'en avais un peu marre enfin tu vois j'arrivais pas forcément au bout et tout et en fait du coup je m'étais dit bon bah là faut que je le termine peut-être cet été quoi et donc j'étais dans le train ça c'était au mois de juin du coup j'étais dans le train j'écrivais le livre enfin j'essayais de continuer de lire et puis je vois que j'ai reçu un mail en fait j'avais gagné un concours de nouvelles qui était organisé par le CRUS pour les étudiants du coup et en fait j'avais totalement oublié que j'avais participé et en fait du coup le sommet je me suis dit ah c'est quoi et tout et quand je l'ai ouvert j'étais là non mais c'est fou en plus enfin je j'avais bien aimé y participer et tout mais pareil ça m'était sorti de la tête et en fait je pense que bah donc du coup là cette année là j'ai gagné le premier prix et tout enfin c'était trop bien et du coup les années d'après j'ai reparticipé à ce concours de nouvelles et cette fois j'ai guetté un peu tu vois et là j'ai pas gagné et tu vois je pense que du coup enfin il vaut mieux pas être trop dans l'attente des fois parce que c'est comme ça on est surpris tu vois

Ybelion — c'est fou ce que tu partages mais c'est tellement révélateur de ce qu'elle lâchait prise c'est à dire que si t'es focalisé sur un objectif qui est hors de ton contrôle tu vois être gagné un concours de nouvelles être publié dans une maison d'édition il y a un truc que tu contrôles pas et si t'es focalisé sur ce truc là et bah quelque part ton esprit est tellement accaparé par ça que tu te concentres pas sur les bonnes choses tu vois enfin en tout cas bonnes au sens de celle sur laquelle t'as un impact et quand et c'est là la magie du travail sur soi et sur le lâcher prise quand un moment et de manière honnête tu déconnectes ce truc là et bah bizarrement c'est là que toutes les choses exceptionnelles que tu pensais ne jamais t'arriver t'arrivent quand même et je suis halluciné de voir à quel point ça marche comme ça et à quel point aussi parce que derrière ça il y a aussi ce côté un peu en fait dire non mais ça m'intéresse pas ou non mais oui j'ai lâché prise en fait ça marche pas tu vois tu peux pas tu peux pas tu peux pas tu peux pas tricher le lâcher prise tu peux pas mentir sur le lâcher prise c'est un truc que tu sens que tu sens en toi tu vois et je suis vraiment fasciné par ça c'est pour ça que je suis toujours impressionné que je te le faisais que je te le partageais tu vois même quand tu dis voilà mon deuxième livre il prendra le temps qu'il prendra je te sens hyper à l'aise avec ça et pour parler avec beaucoup de gens qui sont dans l'écriture de leur premier roman j'ai l'habitude d'entendre des gens qui me disent ça et ça se voit qu'ils sont pas à l'aise avec ce truc là tu vois et que c'est plus en fait j'ai tellement vécu comme ça que ça va voilà je préfère me dire que c'est normal et voilà donc bravo pour ce lâcher prise je le trouve hyper inspirant

Julie Plasse — merci en fait c'est comme je te disais je pense que c'est bien de faire plein de choses différentes dans la vie et du coup bah tu sais je pense que quand j'y ai pas pensé quand je l'ai envoyé parce que j'étais prise par mes études et par d'autres choses tu vois c'est aussi pour ça et c'est pour ça que je suis contente de faire un autre métier aussi à côté pour avoir un peu de vie en plus d'ailleurs j'ai peut-être d'autres vie que ça mais oui je trouve ça bien de pas être enfin de pas mettre toute ton énergie sur une chose après ça c'est personnel enfin c'est un point de vue personnel je vois je pense qu'il y a des gens qui font l'inverse et que ça marche très bien mais

Ybelion — c'est tout à fait t'as tout à fait raison l'important c'est la congruence entre ce que toi ce qui est juste pour toi et ce que tu fais au quotidien tu vois et c'est ça le plus important ça s'est senti c'est intéressant parce que quelque part ce besoin que t'as d'une vie à côté aussi pour nourrir ton écriture ça s'est senti quand tu partageais tout à l'heure que Décadence t'as écrit ce passage qui s'est passé après et donc il y a eu une période pendant laquelle t'as pas écrit tu vois c'est comme si t'avais aussi mis sur pause le temps de recharger cette batterie créative autour de autour de ce livre là et c'est trop cool moi je suis assez d'accord avec toi bizarrement c'est quand on vit plein de trucs quand on partage quand on l'exercice du slam que tu fais et tu vois où tu dis on rencontre des gens qui sont passionnés d'écriture ça aussi c'est hyper nourrissant et ouais le partage c'est souvent extrêmement puissant dans un processus créatif même si on a l'impression que ça joue pas forcément une grande place en fait c'est fou

Personne ne décide qui est un vrai écrivain

Julie Plasse — mais d'ailleurs j'aimerais juste te répondre là dessus parce que en fait moi tu vois du coup je te disais que je fais partie des gens qui ont besoin de vivre des choses dans la vraie vie je pense pour pouvoir écrire et en fait une fois j'ai lu un livre alors j'adore cet auteur c'est Eric Emmanuel Schmitt je sais pas si tu connais mais moi j'adore ce qu'il écrit de manière générale bon après le personnage je sais pas j'ai pas trop écouté d'interviews de lui et tout mais bon voilà et en fait j'avais lu un livre de lui je crois que c'était l'homme qui voyait à travers les visages si je ne me trompe pas et en fait dedans en fait dedans il y a un moment où le personnage rencontre bah du coup Eric Emmanuel Schmitt qui s'est mis lui-même dans son livre du coup il rencontre enfin bon après je trouve le processus un peu un peu mégalo mais bon voilà du coup en fait il rencontre donc il rencontre Eric Emmanuel Schmitt qui est donc auteur aussi dans le livre et à ce moment là il lui raconte que en fait que les gens qui ont besoin justement qui ont besoin de vivre des choses enfin d'écrire sur des choses qui se passent vraiment dans la vraie vie enfin qui ont besoin de vivre des choses dans la vraie vie ce ne sont pas des vrais écrivains à son sens mais moi je ne suis pas du tout d'accord enfin moi quand j'ai lu ça je disais mais n'importe quoi enfin je non pour moi c'est pas du tout

Ybelion — moi ça mérisse le poil mais ça n'engage que moi ouais

Julie Plasse — bon après moi j'adore ce qu'il écrit et tout juste là ce passage là m'a un peu m'a un peu fait tiquer mais du coup ouais tout ça pour dire que je enfin il n'y a pas il n'y a pas de il n'y a pas de question de légitimité en fait à se dire écrivain ou pas je pense

Ybelion — c'est hyper vraiment c'est hyper important et merci de le partager parce que ouais on fait un il y a certains alors tu vois je n'ai pas de nom en tête juste parfois je vois passer des trucs sur les réseaux ça m'agace tu vois il y a certains ils sont c'est un peu la police de la sémantique de comment qui il faut être pour se dire écrivain ou s'appeler auteur tu vois comme si c'était corrélé à un succès à une qualité d'écriture etc voilà exactement et tout ça pour moi c'est battez-vous avec vos définitions du dictionnaire et du Larousse franchement mais laissez les gens vivre avec leurs définitions tu vois et c'est vraiment c'est un truc intérieur tu vois c'est vraiment ce truc d'identité d'auteur de ok qu'est-ce que j'ai besoin moi de m'autoriser pour m'appeler auteur et tout ça c'est un truc que tu trouveras aucune définition nulle part ça se vit intérieurement ça s'explore intérieurement et c'est en osant ses premiers petits pas en admettant qu'aujourd'hui tu vois t'es peut-être pas la définition d'auteur que t'imagines mais tout ça tu vois c'est hyper positif ça veut dire que ok maintenant tu sais où t'as envie d'aller tu vois et donc ça veut dire qu'aujourd'hui t'as un pouvoir pour aller chercher ce truc-là et je me battrai toujours je veux dire j'envoie des commentaires parfois sur parce que forcément j'accompagne les gens à écrire donc tu sais t'as des gens leur premier réflexe c'est de dire pardon excusez-moi mais qui êtes-vous en fait pour aider les gens tu vois et je fais bah t'as besoin de quoi comme preuve genre il faudrait que j'ai vendu 10 000 livres et que je sois passé chez Salamé à France Inter tu vois et ça n'apporte aucune légitimité et c'est un vrai combat que je mènerais toute ma vie cette autorisation enfin je lutterais tout le temps pour que les gens s'autorisent à s'appeler comme ils veulent voilà je le conclurai comme ça ah je me suis emporté désolé

Julie Plasse — non mais je partage je partage ce point de vue ce combat je de toute façon les étiquettes de manière générale c'est un peu chiant donc bon tu vois enfin oui comme tu disais moi je pense qu'on était pas moins auteur si t'as écrit un seul livre que si t'en as écrit 40 enfin tu vois c'est pas c'est pas la quantité qui fait c'est pas ouais non c'est juste une question de ce que tu ressens au fond de toi je pense

Ybelion — est-ce que je te pose cette question vu que vu que le sujet est là mais est-ce que tu te sens autrice aujourd'hui

Te sens-tu autrice aujourd'hui ?

Julie Plasse — oui je pense que oui trop cool ouais après tu vois comme je te disais il y a des moments des moments où je suis sûrement un peu moins que d'autres ça peut fluctuer là ces derniers temps comme j'étais dans l'ouverture de mon cabinet je pense que je l'étais pas trop tu vois mais je pense qu'au fond si enfin je oui je pense je peux répondre

Ybelion — c'est beau il y a une il y a une question que j'aime bien poser à la fin sur le livre avec lequel tu viens Décadence qu'est-ce que tu pourrais raconter d'un peu un peu une anecdote un peu cocasse ou rigolote autour de Décadence ou de son processus d'écriture un truc que tu dirais il n'y a pas forcément au premier abord parler du livre

La grand-mère qui distribue 60 exemplaires

Julie Plasse — je réfléchis deux minutes c'est une bonne question après je trouve que l'anecdote de ma grand-mère elle est pas mal quand même parce que c'est vrai

Ybelion — c'est vrai c'est vrai c'est vrai qu'elle est déjà très bien j'ai vendu

Julie Plasse — beaucoup de livres je crois qu'elle en a acheté je crois 60 peut-être plus parce qu'elle a un gros elle a une grosse vie sociale du coup elle connaît plein de gens et c'est incroyable je pense entre 60 et 80 personnes donc je pense que ma grand-mère elle a peut-être fait un quart de mes ventes je sais pas

Ybelion — j'adore c'est incroyable c'est incroyable c'était un point de revente à elle toute seule c'est fou

Marc Lavoine a vraiment acheté son livre

Julie Plasse — mais je trouve ça trop beau d'avoir voulu faire plaisir aux gens autour d'elle et à moi par la même occasion tu vois en offrant mon livre enfin ouais après ah si ah si j'ai une anecdote quand même j'avais oublié en fait je l'ai vendu à Marc Lavoine parce qu'en fait du coup j'étais allée à une de ses dédicaces quelques jours avant le premier salon du chef de Bondu que j'ai fait et en fait du coup je lui ai dit que bah je serais au même salon du livre que lui le week-end parce que c'était le week-end qui venait et je lui ai dit que voilà j'avais sorti un livre et tout ça enfin que le livre sortait pour le salon du livre justement et il m'a dit qu'il allait me l'acheter et tout et il l'a fait et voilà enfin alors que moi incroyable bah oui pendant le laps de temps je me disais bah ça va peut-être pas se faire peut-être il l'a dit comme ça et tout mais comme il pensait à plein de choses enfin ça lui sortira de la tête et en fait non il l'a bien acheté au salon du livre voilà

Ybelion — putain c'est fou

Julie Plasse — ouais c'est incroyable mais comme moi des fois faut pas faut oser parler de ce qu'on fait aux gens enfin tu vois ou après là j'étais avec ma mère et du coup c'est ma mère qui lui a dit oui elle va sortir ouais non voilà mais en fait c'est ça des fois il faut oser raconter ce qu'on fait aux gens et puis ça peut donner lieu à des choses un peu marrantes et belles comme celle-là voilà

Ybelion — c'est trop cool et c'est marrant parce que dans l'anecdote tu vois il y a à la fois le courage et l'audace que toi t'as de raconter et puis t'as aussi ta mère un proche du coup qui t'encourage et c'est trop cool toujours les autres quelque part les autres et l'audace de faire des choses qu'on aime et de partager et puis voilà incroyable et pour le coup

Julie Plasse — il est hyper gentil de sa part parce que tu vois je pense qu'il y en a plein qui auraient pu dire ouais déjà qui n'auraient pas dit je vais vous l'acheter ou qu'il aurait dit comme ça mais qu'il n'aurait pas vraiment fait et non lui il a vraiment fait donc je trouve ça vraiment senti

Ybelion — il a senti la sincérité et l'authenticité

Julie Plasse — ouais je pense que ma mère l'a touché aussi mais bon voilà c'est

Ybelion — c'est trop cool bravo c'était un plaisir Julie qu'est-ce que t'aimerais je te laisse le mot de la fin sur des cadences sur ce que t'aurais envie de partager pour conclure sans toi libre

Julie Plasse — bah en fait oui j'aimerais juste dire que moi ma vie elle est beaucoup plus belle depuis que j'écris du coup je peux juste que encourager les gens à le faire et puis à se nourrir de plein de choses à rencontrer à rencontrer du monde qui aime qui aime la lecture tu vois par exemple les clubs lecture c'est trop bien ça j'avais fait ça un peu quand j'étais étudiante parler ouais en fait encourager les gens à parler des livres et puis de ce qu'on fait de ce qu'on écrit faire des ateliers d'écriture aussi moi j'en ai fait pas mal quand j'ai commencé la poésie et que bah oui en fait et puis si ça vient pas maintenant ça viendra plus tard c'est pas grave c'est ouais vraiment pas se culpabiliser je pense que ça c'est important la culpabilité devrait pas avoir lieu d'être dans le dans le dans ce qu'on fait pour aller bien de base quoi tu vois pour nous

Le mot de la fin

Ybelion — pour nous et pour aller bien c'est vrai

Julie Plasse — magnifique c'était hyper intéressant

Ybelion — avec plaisir avec plaisir c'était très inspirant et pour le coup ouais tu vois mais ça moi ça me ça m'a ça m'a beaucoup touché tout ce que t'as partagé autour de Décadence donc merci de l'avoir de l'avoir partagé avec autant de sincérité

Julie Plasse — bah merci à toi c'était vraiment un bon moment

Ybelion — merci d'être là épisode après épisode si ce podcast t'inspire t'aide ou te met du baume au coeur t'abonner mettre 5 étoiles et le partager c'est le meilleur moyen de m'aider à toucher le plus de gens qui ont un livre en eux parce qu'après tout plus il y a de livres écrits et mieux le monde se porte à très vite ose écrire

Épisode 113 avec Julie Plasse

AU MICRO AVEC

Julie Plasse