Et si ton rêve commençait dès la première phrase que tu écris ?
CE QUE RACONTE CET ÉPISODE
Isabelle Amiard a passé des années à rêver d'ailleurs. Elle voulait partir en van sur les routes avec sa fille. Le van est arrivé. Le doute aussi. Alors elle a fait autre chose. Elle a écrit *Comme une envie d'ailleurs*, un roman dans lequel son personnage Morgane vit ce qu'elle, Isabelle, n'osait pas encore vivre.
Trois ans plus tard, elle me dit cette phrase qui m'a retourné :
« Je suis déjà partie avec ce livre. »
L'envie de partir réellement s'est éteinte. Le rêve a fait son travail. Il a déposé en elle quelque chose que la route, peut-être, n'aurait pas su déposer.
Voilà ce que l'écriture fait, dans le secret. Elle vient avant la vie réelle, elle l'éprouve, elle la rend possible. Et parfois, ça lui suffit. Elle te permet d'aller voir ailleurs si t'y es, de tester un destin, d'éprouver une émotion. Tu réalises en écrivant que ce que tu cherchais, tu l'avais déjà.
Si tu rêves d'écrire un livre, écoute cet épisode 111. Isabelle te raconte son chemin avec une simplicité radicale. Sa fille qui lui dit « pourquoi tu le fais pas ? » à 13 ans. Son marché de Noël où 120 livres partent en un week-end. Sa lectrice qui brûle ses peurs comme Morgane dans le roman. Son voyage au Sahara, osé seulement après avoir écrit son livre.
Et si la première étape de ton rêve, c'était d'en écrire la première phrase ?
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LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE
CAROUSEL À VENIR
Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.
Face B — le transcript
L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE
Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !
Intro
Ybelion — Yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans l'épisode 111 d'Ose Écrire. Et aujourd'hui, j'accueille Isabelle. On parle notamment de son livre, Comme une envie d'ailleurs. Mais aussi de l'impact de l'écriture sur la confiance en soi, de la réalisation, ou non, des rêves, de l'importance des petits pas et de la visualisation, ou encore de la gratitude. Bref, un épisode très inspirant. Je vous laisse avec celui-ci. Moi c'est Sam, Ybelion de Monde en Plume. Je suis écrivain, coach ICF, et j'ai créé Ose Écrire. Un accompagnement pour celles et ceux qui veulent enfin accomplir leur rêve d'écrire un livre. Ce podcast a la même intention. C'est ton rendez-vous, inspiration, discipline et passage à l'action. Et si ça te parle, abonne-toi, mets 5 étoiles et partage autour de toi. Parce que plus il y a de gens qui osent, plus d'autres oseront à leur tour. Allez, c'est parti et bonne écoute.
Le chemin a autant d'importance que la destination
Isabelle Amiard — On parle que de ça, que de rêves. De rêves oubliés, de rêves à réaliser. Et de rêves peut-être qui ne se réaliseront pas, mais l'objectif, ce que je dis souvent, c'est que le chemin a autant d'importance que la destination.
Ybelion — Oui, c'est marrant parce que c'est une phrase qu'on a beaucoup entendue, qui résonne beaucoup dans le monde, parfois un peu qu'on appelle le développement personnel. Je trouve que c'est un peu galvaudé parfois. Et c'est une phrase que j'ai eu du mal à comprendre. Et pendant très longtemps, je l'emmêlais. Je ne savais plus si on disait, est-ce que c'est le chemin qui est plus important que la destination ou la destination plus importante que le chemin. Elle n'avait vraiment aucun sens dans ma tête. Et puis, changement de vie oblige. À un moment, j'ai vraiment compris. En fait, je crois que c'est l'écriture du livre, du premier livre qui m'a fait comprendre ce que c'était cette phrase.
Isabelle Amiard — Moi aussi, en fait. Parce que l'écriture de mon premier livre, en fait, c'était vraiment basé sur cette envie de partir et de vivre autre chose et de vivre en van avec ma fille. Et puis finalement, maintenant que je l'ai écrit, je ressens moins cette envie parce qu'en fait, je suis déjà partie avec ce livre. Et ça, c'est fou. Donc, j'ai d'autres projets. Et donc, ce van-là, on fait toujours un peu partie, mais sans être la priorité.
Ybelion — C'est marrant parce que du coup, c'est une envie, un rêve que tu avais, mais que tu n'as pas réellement... Vous n'êtes pas réellement partie en van toutes les deux.
« Je suis déjà partie avec ce livre »
Isabelle Amiard — Jamais. J'ai jamais voyagé en van. Mais c'est toujours un de mes projets. Mais ce n'est plus... Oui, ce n'est plus la priorité. J'ai d'autres priorités. Maintenant, c'est d'avoir une maison, de construire plein de choses autour d'une maison, de toujours partir en voyage, un peu à l'aventure. Mais de vivre en van, ça ne l'est plus. Depuis que j'ai écrit ce livre. Donc, je ne sais pas pourquoi. C'est comme si tu étais déjà partie, finalement.
Ybelion — C'est incroyable. Je comprends mieux, du coup, pourquoi en introduisant, tu disais qu'il y a aussi les rêves qu'on ne réalisera jamais. Et j'aimerais bien savoir ce que tu en penses de ça. Parce qu'au premier abord, quand on entend ça, ça peut paraître un petit peu défaitiste ou triste. Et au contraire, je trouve que c'est... Du coup, je te laisse me dire ce que tu en penses, plutôt.
Isabelle Amiard — Oui, parce que, en fait, quand on a un rêve, ce qui est important, c'est de pouvoir le transformer en projet. Parce qu'à partir du moment où tu transformes ton rêve en projet, eh bien, tu avances, tu passes à l'action. Tu fais des petits pas, parce que ça ne sert à rien, parfois, de sortir de sa zone de confort, comme souvent les coachs en développement personnel nous le disent. En fait, ça fait peur. Et le but, en fait, c'est pas de se faire peur, c'est pas de se mettre mal à l'aise, c'est d'avancer petit à petit et de poser chaque jour, en fait, une mini-action. Voilà, c'est toujours ça qui est important. Et chaque jour, en posant des mini-actions, eh bien, finalement, on se rapproche tout doucement de notre projet, de notre rêve. Et puis, peut-être qu'on n'y arrivera pas. Mais c'est pas grave, parce que ces mini-actions-là vont permettre de prendre confiance en nous, vont permettre peut-être de rencontrer des gens extraordinaires, vont nous dévier, en fait, peut-être du droit chemin qu'on s'était fixé, et on va faire des très belles rencontres. Et puis, ce chemin qui est un peu dévié, il y a des victoires, il y a des échecs, mais en tout cas, il y a beaucoup d'apprentissage. Et c'est comme ça que je conçois ma vie aujourd'hui, en fait.
Transformer un rêve en projet par les petits pas
Ybelion — Voilà. C'est magnifique. Et alors, ça me parle beaucoup. Et à la fois, ça me fait toujours un petit peu peur. Je crois que c'est ma partie d'ingénieur qui panique un peu. Comment tu fais, toi, pour appréhender cet aspect inconnu ? Tu vois, t'as parlé du fait que tu peux dévier de ce chemin et faire que ça soit encore plus exceptionnel que ce que t'avais imaginé, rencontrer des gens qui changent tout d'un coup. Comment tu fais pour appréhender cet inconnu ?
Tableau de visualisation, zone de confort et lâcher prise
Isabelle Amiard — Déjà, je ne fais pas de plan. En fait, souvent, ce que j'aime bien faire, c'est un tableau de visualisation. Voilà. Donc, je me dis, voilà, dans un an, j'aimerais... Mais j'aimerais, attention, c'est pas je vais y arriver, il faut que, parce qu'il faut que, c'est déjà une injonction. Et ça, c'est pas bon du tout, en fait, en tout cas, pour notre petit cerveau reptilien, parce qu'il a peur. Voilà. Et donc, en fait, je fais un tableau de visualisation. Je mets des images, des mots sur ce que j'ai envie d'atteindre, ce que j'ai envie de réaliser dans un an, dans deux ans peut-être aussi, ou dans six mois. Et puis, tous les jours, j'ai ce tableau de visualisation qui est là devant moi. Mais je fais pas de plan. Je me dis pas, il faut absolument que je rencontre un tel. Il faut que j'aille dans cette direction-là. Tous les jours, je pose des pas, des mini-actions, et sans me faire peur. Voilà. Je reste tout le temps, bah oui, dans ma zone de confort. C'est vrai. Peut-être sauf aujourd'hui en faisant un podcast, mais en fait, voilà, c'est quelque chose. J'étais prête pour le faire, et c'est tombé au bon moment, en fait. Voilà. J'ai pas tendance à provoquer les choses. Voilà. Et souvent, le fait de provoquer les choses, bah on nous obtient pas toujours la bonne chose, finalement. Je pense qu'il faut parler des choses qu'on a envie de réaliser, des projets, des rêves qu'on a envie de réaliser. Il faut en parler autour de nous, pour que, finalement, attirer les bonnes personnes, et qui, involontairement, vont nous aider à y parvenir. Ça a peut-être un peu laissé le destin parler, laissé l'abondance arriver, peut-être, je sais pas. Mais en tout cas, moi, je sais que ça fonctionne plutôt pas mal. Donc, je me dis, bah, continuons comme ça. Ça fonctionne pas toujours, j'obtiens pas toujours ce que je veux aussi rapidement que je le souhaite, parce que parfois, on est toujours pressé. Parce qu'il y a ce fameux tic-tac qui fait que le temps qui passe, l'horloge qui tourne, enfin, voilà, qui fait qu'on se dit, mais j'aurais jamais le temps de tout réaliser. Bah, non, on n'aura pas le temps de tout réaliser. C'est pas possible de tout faire. Tout est possible, mais on ne peut pas tout faire, parce qu'il y a ce fameux temps qui nous retient, quoi. Mais c'est pas seulement nous qui nous retenons de faire les choses, c'est simplement le temps.
On a 1440 minutes à dépenser chaque jour
Ybelion — T'imagines pas ? J'aimerais rebondir sur tellement de choses, je sais même pas par où commencer. J'adore ton partage. Je le trouve très précieux. Et emprunt de lâcher prise, qui est un double mot qui fait toujours très peur. Et puis, on l'entend toujours. Mais... Mais ouais, alors... Peut-être le premier truc qui me vient avec ce que tu dis, c'est ce côté accepter qu'on n'arrivera pas à tout réaliser, qu'on n'arrivera pas à tout écrire, qu'on n'arrivera pas à cocher les centaines de rêves qu'on peut avoir sur notre liste. Paradoxalement, je trouve que ça donne peut-être encore plus de beauté à ce qu'on accomplit vraiment, quoi.
Isabelle Amiard — Bah oui, parce qu'en fait, je pense qu'il faut prioriser les choses. Je pense qu'il y a des rêves, il y a des projets qui sont... qu'on doit absolument réaliser, parce que sans ça, eh bien, eh bien, notre vie ne sera pas totalement complète. En tout cas, même si on ne les réalise pas, en tout cas, c'est tout faire pour les parvenir. Voilà. C'est surtout, mettre en œuvre des choses, mettre en place des actions, c'est-à-dire, c'est pas rester sur son canapé et attendre que quelqu'un aussi sonne à la porte.
C'est...
Bah, c'est s'ouvrir aux gens et parler justement déjà de ses projets, de ses rêves. et je suis persuadée que, bizarrement, autour de soi, il y a plein de choses, il y a plein de gens qui vont venir vers nous et je pense que c'est ma réalité. Moi, je sais qu'en ce moment, j'ai plein de choses qui m'arrivent et c'est les gens qui viennent vers moi parce que, bah, c'est vrai que mes livres, on fait en sorte que ça apporte beaucoup de gens autour de moi et sans que je m'en rende vraiment compte, il a fallu du temps parce que mon premier livre, j'allais dire, il est sorti fin 2023, on est en 2026, donc il aura bientôt trois ans quand même, c'est énorme, mais du coup, il continue à m'apporter du monde autour de moi et c'est vrai que c'est... c'est vraiment une pépite, c'est vraiment... c'est un bonheur l'écriture, voilà, je rebondis sur autre chose, on va rebondir sur l'écriture quand même.
Présentation de Comme une envie d'ailleurs
Ybelion — Ouais, t'inquiète, de toute façon, j'ai aussi vu que ton second livre était aussi beaucoup, très orienté vers... enfin, en tout cas, ancrer ses rêves dans la réalité et comment aller les chercher justement avec cette mécanique de petits pas. Oui. Quelque part, on est déjà aussi dans toi, ce que tu fais en tant qu'écrivaine, tu vois. Mais effectivement, c'est marrant parce que tu l'as devant toi, le livre là, et quand tu le regardes, je sens qu'il y a une... ça se voit, je ne sais pas si les gens l'auront noté à l'image, mais je trouve que ça se voit quand tu le regardes, qu'il porte un truc que je ne savais pas comment tu le décrirais.
Isabelle Amiard — C'est vrai que ce livre, je ne sais pas, c'est vrai que c'est un cadeau. Déjà, c'est un cadeau que je me suis fait à moi. Je rêvais d'écrire. C'était un rêve d'adolescente. J'ai toujours dévoré les livres et quand j'étais gamine, je me disais, mais un jour, j'écrirai un livre. Puis après, la vie fait que on oublie ses rêves, on les met de côté. Et puis, un truc tout bête, ma fille avait des rédactions à faire. Donc, elle les faisait de son côté, je les faisais de mon côté. Et puis, après, on se les échangeait. On lisait nos histoires, nos rédactions. Et c'est vrai que ma fille m'a toujours dit, mais maman, j'aime bien quand tu écris et tout. Bon, évidemment, c'est ma fille, c'est très subjectif. Je suis d'accord, mais voilà, ça fait toujours plaisir. Et je lui ai dit, tu sais, à ton âge, je rêvais d'écrire un livre. Elle avait 13, 14 ans. Et puis, elle me dit, pourquoi tu ne le fais pas ? Je regarde, je dis, ben ouais, mais par où, je vais commencer. Et puis, finalement, j'en ai parlé autour de moi, des personnes, parce que je savais qu'elles avaient écrit un livre, qu'elles étaient en cours d'écrire un livre. Et elles m'ont dit, ben écoute, je connais quelqu'un qui peut peut-être t'accompagner. OK. Donc, j'ai contacté la personne, on s'est eu au téléphone, on est en visio, on a discuté et tout. Et puis, ben voilà, c'était parti, c'était parti pour une belle aventure et la personne m'a accompagnée. Voilà, donc ça, c'était... Et puis, le livre est né. Et d'ailleurs, j'ai rencontré plein de monde depuis avec qui je suis toujours en contact. Et puis, le deuxième livre est arrivé après aussi. c'était une suite presque logique. Voilà, le deuxième.
Le déclic de sa fille : « pourquoi tu le fais pas ? »
Ybelion — C'est très, très beau parce qu'on retrouve dans l'aventure de ce premier livre le partage et les rencontres dont tu as évoqué un peu en fil rouge depuis le début. Et puis, et puis, et puis ta fille, bravo, parce que c'est une question toute bête. Mais pourquoi tu ne commences pas aujourd'hui ?
Isabelle Amiard — Non, mais c'est ça, mais vas-y. Ben vas-y, on y a encore. Donc, par exemple, mon accompagnement, ça demande de l'argent. Je pense qu'il y avait ça aussi qui me bloquait. Mais ma fille, elle m'a dit, mais on va le trouver l'argent. Maman, t'inquiète, l'argent, ça va, ça vient. Je dis, ok. Tu peux encore.
Ybelion — C'est vrai, c'est toujours, tu vois, je m'y retrouve confronté moi aussi puisque forcément, c'est mon métier d'accompagner des auteurs. Et effectivement, parfois, on se, c'est, c'est exactement, ça. Il y a un moment, il y a comme un déclic de dire, en fait, ce livre est plus important que tout le reste. Alors évidemment, sans se mettre en danger, il ne s'agit pas de vendre un rein, Enfin, attention quand même. Mais après, les, en fait, ce que je trouve qui est difficile et je trouve qui transparaît dans ton partage, c'est pour ça que c'est super cool que tu le fasses aussi, c'est que, on ne se rend pas compte à quel point l'écriture, ça change la vie au sens propre du terme. Et c'est très compliqué d'expliquer aux gens qui n'ont pas encore vécu ça, qui sentent qu'ils ont envie d'y aller, mais qui ne l'ont pas encore vécu, que ça va changer leur vie et que je suis incapable de leur expliquer comment. Parce que ça sera une transformation qui sera extrêmement personnelle, que moi, je serai là pour les aider à traverser justement tout ce qu'ils vont rencontrer jusqu'à ce moment-là. mais la transformation, elle est tellement personnelle qu'elle est...
Isabelle Amiard — C'est énorme, la transformation, une fois qu'on a écrit un livre. Enfin, ce n'est pas seulement de l'avoir écrit, ce n'est pas de l'avoir publié. Il y a tout justement ce cheminement parce que déjà, quand on se fait accompagner, on rencontre des personnes et qui sont surtout dans le même milieu qu'ont le même rêve, qu'ont le même projet, qu'ont le même amour pour les mots ou pour les livres. Et on se sent déjà soutenu, on se sent compris parce que parfois, autour de nous, on n'a pas ce genre de personnes. Souvent, les gens pensent oui, c'est un loisir comme un autre, c'est comme jouer au foot ou autre, alors que c'est vraiment très, très différent. Ça n'a rien à voir. Et pourtant, on joue en équipe, on a des partages et puis, il y a un changement personnel parce qu'on prend confiance en soi. On se dit que finalement, ce qu'on écrit, même si souvent, c'est ce que je dis, j'ai une écriture simple mais pas simpliste. et nos mots peuvent résonner dans la vie des autres personnes, des lecteurs. Et les lecteurs, après, nous le disent. Et là, on est super surpris. ce passage-là m'a touchée, ça m'a fait penser à ma vie, à des choses qui se sont passées dans ma vie. Et on se dit, ah bon ? Vous aussi, vous avez vécu ça ? Puis, on se rend compte que tous les auteurs ont tous le même problème. Ils ont un manque de confiance en eux et ils ne se sentent pas légitimes à écrire. Ils se disent, non, ce que j'écris, c'est nul ou alors, ils vont dire, non, ce n'est pas écrit de façon très littéraire, ce n'est pas du balzac. Mais l'écriture, ce n'est pas que ça, ce n'est pas que du balzac. Ce n'est pas que du standal, ce n'est pas que le rouge et le noir qu'on lit à l'école. D'ailleurs, on ne le lit peut-être plus, mais à mon époque, on le lit beaucoup. Et ça faisait partie du cursus, mais en même temps, c'est une très belle écriture aussi. Moi, j'ai adoré, j'ai dévoré. Mais c'est vrai que les auteurs ont toujours peur de ça. Et puis, on se rend compte que maintenant, l'écriture, c'est vraiment autre chose. Et il y a aussi, ça s'est quand même modernisé. Et rencontrer ses lecteurs, rencontrer d'autres auteurs, eh bien, on se rend compte qu'on a exactement les mêmes doutes. Et puis, on se rend compte qu'on n'est pas tout seul. Voilà. Et ça, c'est super important.
L'écriture change la vie au sens propre
Ybelion — Voilà. c'est très, très vrai. Et je confirme que je croise tous les jours des auteurs qui se disent ce genre de phrase et que ça se ça se contre-carte très bien. Et qu'effectivement, on n'est pas tout seul. C'est vraiment à tous. Chacun a des niveaux différents pour des raisons différentes, à des intensités différentes ou des moments différents. mais on est tous passés par là ou on passera encore par là. Parce que ça, malheureusement, c'est toujours un truc, le doute sur la plume, c'est pas tellement qu'il disparaît à force, c'est qu'on apprend à l'appréhender et à l'accueillir ou à le traverser de manière plus naturelle. Mais c'est un peu une chimère de vouloir le faire disparaître.
Isabelle Amiard — Je pense qu'il faut pas. Non, non. Je pense qu'il faut accueillir cette peur et cette croyance limitante. Il faut l'accueillir et puis accepter que c'est normal. Voilà. C'est normal, mais il faut pas qu'elle prenne toute la place parce que sinon, elle nous bloque, elle nous empêche d'écrire. Au contraire, quand elle est là, il faut y aller, il faut écrire. Parce que c'est à force d'écrire, d'écrire déjà qu'on améliore notre style. Ça, il n'y a pas de mystère. Et puis, il n'y a pas un style d'écriture. C'est pas possible. Chaque personne est différente, chaque personne est unique. donc son écriture et son histoire est unique aussi. Et on ne peut pas raconter sur un même événement. Les personnes ont des visions différentes. Je prends souvent la vision des Jeux olympiques. Les Jeux olympiques à Paris, en fait, ceux qui ont regardé à la télé ont trouvé ça extraordinaire. Moi, j'ai trouvé, en tout cas, moi, personnellement, j'ai trouvé le début, comment on appelle ça, la cérémonie d'ouverture, magnifique. À la télé, ça donnait super bien. mais à mon avis, ceux qui étaient sur place, ils ne voyaient qu'une toute petite partie de les ouvertures du spectacle. Donc, en fait, ils n'ont pas eu du tout la même vision, la même réaction. Et c'est pour ça que chaque auteur est unique, comme chaque lecteur. Et chaque livre est unique aussi. Et même si on raconte, le début de l'histoire peut commencer de la même façon. la façon de le raconter et de l'écrire, finalement, elle va être complètement différente en fonction de chaque personne.
Chaque auteur·ice est unique, chaque histoire l'est aussi
Ybelion — Oui, totalement. Toutes les histoires existent déjà, mais pas écrites par toi. Donc, tu peux foncer. Et c'est... Ah ben, ça, c'est exactement
Isabelle Amiard — ce que je voulais dire. Résumé en plus petit.
Ybelion — Non, t'inquiète. Mais je suis totalement d'accord. Je suis totalement d'accord. Et ça m'a intrigué tout à l'heure parce que tu disais, du coup, que ce rêve du voyage en van, tu l'avais mis de côté, mais sans, quelque part, j'entends ni de regrets ni de remords. Et ce qui est marrant, c'est que ça a été la place d'un autre rêve qui est celui d'écrire un livre qui l'a remplacé.
Isabelle Amiard — Oui, mais ça, c'est fou, en fait. Et pourtant, dans ce livre, j'écris un passage où le personnage, elle s'appelle Morgane, s'en va, en fait, faire un road trip avec sa fille le temps d'un week-end. Et elle y était à fond, en fait. Et les personnes qui l'ont lue m'ont dit, ah ouais, t'as fait ça et tout. Enfin, c'était au Mont-Saint-Michel, tu vois, c'est pas très loin de chez moi. C'est une heure et demie de chez moi. Et elle me dit, ah ouais, tu l'as fait et tout. Je dis, bah non, je ne l'ai jamais fait. Ah bah, on avait vraiment l'impression que tu y étais, quoi. Bah oui, j'y étais dans mon livre, oui. je l'ai vécu à travers les mots, à travers l'écriture, ouais, j'ai vécu ce road trip. Voilà. Donc, c'est pour ça que les mots, les écrire, c'est vraiment très fort. Ça permet de voyager, la preuve, et puis ça permet de poser des émotions qui sont très personnelles.
Ce qu'elle a découvert sur elle en écrivant
Ybelion — Est-ce que, alors, je pense que la réponse est oui, donc je vais peut-être la poser différemment, la question, mais qu'est-ce que, qu'est-ce que tu as pu découvrir sur toi que tu ne savais pas avant d'écrire, mais que tu as découvert en écrivant ?
Isabelle Amiard — Eh bah, que je pouvais impressionner les personnes.
Ybelion — Ah, c'est beau.
Isabelle Amiard — Les gens, quand j'ai fait mes premières, mes premières ventes de mon livre, quand j'ai annoncé que j'écrivais un livre, j'ai eu autour de, enfin autour de moi, dans mon entourage, des, wow, tu écris un livre ? Mais c'est génial ça. Moi, dis donc, mais ce n'est pas donné à tout le monde de faire ça. Et les premiers salons où j'ai vendu mon livre, c'était au marché de Noël de mon village. Non, mais j'ai vendu en un week-end 120 livres.
Ybelion — Bravo.
Isabelle Amiard — Dans mon village. Donc, c'était génial. Mais les gens sont venus et ils savaient que je venais parce que j'avais fait des postes sur les réseaux. Et ils sont venus et ils m'ont dit, mais Isabelle, c'est génial d'écrire un livre. Mais bravo, mais pourquoi tu ne me l'as pas dit avant ? Voilà, parce que je ne l'ai pas dit avant parce que je ne vais pas intervenir comme ça dans une conversation. Ouais, salut, j'écris un livre. Vous ne me voyez pas faire ça du tout. quoi. Et puis, c'est le fait d'impressionner les gens. Et puis, donc, du coup, ça m'a donné confiance en moi. Voilà, un petit peu plus confiance en moi, on va dire. Et puis, maintenant, je me mets vraiment dans la position de l'auteur. Et puis, d'une personne qui souhaite en vivre, avis aux amateurs.
Ybelion — C'est beau aussi de... Pardon, le mot ne vient pas. D'assumer ce rêve-là aussi de vouloir en vivre et en faire un métier.
Isabelle Amiard — Ouais. D'ailleurs, ce n'est plus vraiment un rêve. Je mets tout, enfin, je ne mets pas tout en place, mais c'est un projet. Voilà. C'est devenu un projet entre les ateliers d'écriture, entre d'autres livres à écrire, des biographies aussi. Je suis en train d'écrire une biographie pour une personne de mon village. C'est ça que ça m'a apporté aussi. La personne a lu mon livre et elle est venue me voir. Elle me dit, mais Isabelle, tu ne veux pas écrire ma biographie, tu ne veux pas m'aider ? Je dis, ben, ouais. Au début, je n'ai pas dit oui. Au début, j'ai dit, ben, attends, si, je connais du monde qui peuvent t'aider. Je lui ai donné des noms, des adresses. Puis, elle m'a regardé, mais toi, tu ne peux pas m'aider ? Je me suis dit, ben, je veux bien essayer. Et puis, ben, voilà. Je suis en train d'écrire une biographie qui devrait sortir pour la fin de l'année, donc je suis contente.
Ybelion — Putain, super. C'est quoi la principale différence que tu sens entre écrire ton livre et la biographie de quelqu'un d'autre ?
Écrire une biographie pour quelqu'un d'autre
Isabelle Amiard — Ah, alors là, la façon dont déjà, nous, on procède, c'est que cette dame-là, elle écrit beaucoup, déjà. Ah, OK. Elle écrit, elle, tous les matins chez elle, elle écrit à 6h30, elle écrit, et en fin de semaine, elle m'apporte ses petites feuilles. Et après, mais comme elle n'aime pas mettre son ordinateur, donc c'est moi qui remet tout sur ordinateur. Voilà. Et puis, c'est moi qui structure aussi son livre. Donc, c'est ça qui est un peu plus compliqué, pas compliqué, qui est différent pour moi, puisque moi, mes livres, souvent, je n'ai pas de structure. Voilà. J'écris, et souvent, en fait, mon livre, le plan est déjà fait dans ma tête, mais je ne l'ai pas posé sur papier. Alors que là, la biographie, eh bien, elle, elle a sûrement son plan dans sa tête, mais moi, je ne l'ai pas. Donc, en fait, je découvre au fur et à mesure le plan du livre et c'est peut-être plus ça. Après, j'éprouve pas trop de difficultés à me mettre dans son écriture. L'avantage, quand elle m'écrit, souvent, elle écrit comme elle parle, mais ça me permet de reprendre ses expressions aussi dans le livre parce que je dois écrire comme elle, finalement. Et après, il y a des tournures, évidemment, à améliorer, mais c'est vraiment chouette. Et puis, je me mets aussi en coach, on va dire, où je lui envoie un petit message, mais qu'est-ce que tu as voulu dire ici ? Ou voilà, donne-moi plus de précisions. Et je l'oblige aussi à aller plus en profondeur dans ses explications. Quand elle parle de certains événements, je vois bien qu'elle est passée très rapidement et je lui dis, mais non, mais ça, c'est super important, cet événement. Donc, tu m'en dis plus. Les sensations que tu as eues à ce moment-là, ça a fait quoi dans ton corps ? Qu'est-ce que tu as senti ? Est-ce que tu as des souvenirs d'odeur ? Est-ce que... Voilà, plein de petites choses comme ça. Et au final, elle me dit, ah ouais, je n'avais pas pensé à ça. Et elle m'a même ressorti des lettres qui font partie de son livre et qu'elle avait gardées mais qu'elle avait oubliées dans son garage. Et ça, c'est génial. Du coup, elle a bien voulu me les partager parce que ça aussi, ça peut être... ça peut être embêtant, pas embêtant, mais pesant d'ouvrir à nouveau ses lettres. Et elle les a relues et elle me les a partagées. Donc, c'est beaucoup d'honneur, finalement, de partager la vie de quelqu'un, de partager aussi ses secrets. ses doutes puisque cette personne me dit souvent, ben oui, mais si telle ou telle personne lit mon livre, elle va peut-être se sentir trop accusée ou trop... elle va se sentir mal à l'aise. Est-ce que j'ai le droit de faire ça ? Est-ce que j'ai le droit de raconter cette histoire-là, ce passage-là ? Parce que ça m'entraîne... Ça ne concerne pas que moi. Ça concerne obligatoirement d'autres personnes qui étaient autour de moi. Donc, c'est plein de petites questions et donc, ben moi, je me retrouve au milieu et la seule réponse que j'ai à lui dire, j'ai pour l'instant tu ne te poses pas de questions, tu écris. On verra après. Parce que je n'ai pas encore la réponse non plus. Simplement.
Ybelion — C'est vrai que c'est très courageux. C'est quelque chose auquel sont aussi parfois confrontés les auteurs de se retrouver face à certaines choses qu'ils peuvent porter en eux. Et il y a un moment, effectivement, c'est important d'avoir le courage d'aller regarder ce qui se cache pour pleinement. Et très souvent, les vrais blocages qui peuvent te coincer dans l'écriture sont souvent liés à ça. Et quand tu oses traverser cette espèce de loup dont les dents paraissent très acérées quand tu regardes de loin et un peu rapidement, tu te rends compte que là, en fait, tout va bien. Donc, c'est vrai que c'est un honneur et puis c'est très courageux de sa part de faire ça. et bravo à toi de te saisir de l'histoire de quelqu'un d'autre. Ce n'est pas forcément évident aussi, je trouve, en tant que... Alors, je parle plutôt pour moi, tu vois, mais qui a un rapport tel très intime à l'écriture. Je crois que j'aurais peut-être un petit peu plus de mal, tu vois, à écrire pour quelqu'un d'autre, peut-être. Là, j'ai l'impression qu'aussi, c'est plus t'écris avec elle plutôt que pour.
Isabelle Amiard — Oui, complètement, voilà. Et c'est ça qui est agréable finalement parce que finalement, c'est son livre et c'est ça qui est chouette. Ce n'est pas moi qui écris son histoire, c'est elle qui écrit son histoire et moi, je suis juste là pour recadrer, pour poser plus de questions, pour faire la secrétaire et donc, c'est vraiment une complicité. Donc, ça, c'est vraiment chouette.
L'histoire de Morgane et le secret de famille
Ybelion — Voilà, trop bien. Et pour revenir sur ton livre, ton livre, dont je viens, j'ai noté, tu sais que j'ai noté le nom sur le côté, parce qu'à chaque fois, il me sortait de la tête. Comme une envie d'ailleurs. En plus, c'est pourtant très en rapport avec le van, etc. Tu m'as dit tout à l'heure que c'était du coup à l'histoire de Morgane. Qu'est-ce que tu peux me dire sur Morgane, sur ce qu'elle traverse ou pas ?
Isabelle Amiard — Oui. Eh bien, Morgane, c'est une maman solo de 46 ans qui rêve de partir en van sur les routes avec sa fille. Mais pas seulement de partir, mais de vivre en van. Et le jour où le van est devant chez elle, il est acheté, il est tout beau, il est magnifique, eh bien, les doutes s'installent. Parce qu'elle se demande si elle a le droit de partir, si elle va en être capable, si elle a le droit de laisser derrière elle ses amis, sa famille et notamment sa maman vieillissante. Et finalement, est-elle à la hauteur et mérite-t-elle de réaliser ce projet ? Voilà. C'est ça l'histoire, en fait. Et au cours du livre, au cours de l'histoire, eh bien, il y a un secret de famille qui va remettre en cause beaucoup de choses. Alors, je ne veux pas tout raconter parce que sinon, c'est drôle.
Ybelion — C'est bon, tu m'as intriguée, j'ai envie de te poser. la question, dis-moi en plus, donc c'est que tu as dit exactement ce qu'il fallait.
Isabelle Amiard — C'est parfait.
Ybelion — Trop bien, trop bien. Effectivement, ça ressemble à ce que toi, tu as pu vouloir faire. Oui. Et du coup, ça rend curieux de savoir comment ça se passe dans le livre par rapport à ce que toi, tu as pu vivre vis-à-vis de ce rêve. tu vois. Alors,
Isabelle Amiard — en fait, Morgane, c'est un peu moi, mais pas que. Voilà. Il y a beaucoup de passages qui sont des choses vraies de ma vie, mais il y a aussi des passages de la vie de Morgane qui sont inspirés par des gens que j'ai pu rencontrer. Soit des gens que je connais bien, soit des gens que j'ai rencontrés juste le temps d'un spectacle, que j'ai croisés juste le temps d'une rencontre, d'un repas, et ça m'a inspiré en fait des choses pour cette histoire. Voilà. Mais ce livre, c'est vrai que c'est un livre qui a été écrit plutôt rapidement parce qu'en six mois, tranquillement, j'avais tout écrit. Voilà. Donc, voilà, c'était pas... Après, c'est pas un livre très long en plus, mais en six mois, j'avais tout écrit, plus trois mois pour la couverture, la correction, voilà, le reste. Et puis après, le bébé était né, ça faisait neuf mois comme un bébé.
Ybelion — Exactement. Tiens, comme un symbole.
Isabelle Amiard — Non, mais exactement, c'est ça.
Ybelion — C'est vrai que après, la correction, etc., c'est presque un second rideau, mais l'écriture en elle-même, six mois, effectivement, c'est quand même assez rapide. Et c'est bizarrement, assez rarement corrélé à la taille du livre. Il y a des livres parfois très courts qui sont très compliqués à écrire et au contraire, des très longs qui coulent beaucoup plus.
Isabelle Amiard — Oui, complètement, oui. Le mien, il est plutôt court. De toute façon, c'est ce que j'appelle les feel good. C'est des... Dans ce livre, j'aborde beaucoup de thèmes, notamment tout ce qui est le rapport à l'argent. Il y a l'alcoolisme aussi. Il y a les échecs entre... Narial. Non. Je ne sais plus parler. Les échecs... Les échecs familiaux, les séparations. Voilà. J'aborde beaucoup de thèmes comme ça, mais légèrement. C'est-à-dire que je ne vais pas en profondeur. Chaque lecteur, après, est libre soit de se reconnaître et d'aller... Et de se poser plus de questions, finalement. Voilà. j'aborde sans aller vraiment dans le sujet. Parce que c'est vraiment ce que j'appelle un livre feel good qui peut se lire au bord de la piscine, au coin de la cheminée, voilà, sur canapé, souvent en train. Il y a des gens qui l'ont lu en train, donc c'était super. Mais c'est sympa à voir. Et voilà, c'est un livre... Un livre simple, mais pas simpliste. Voilà. C'est pour ça que j'ai souvent ça.
Simple mais pas simpliste : la puissance d'un livre accessible
Ybelion — C'est un peu ma d'une idée. Ça, ça me parle bien comme expression. Quelle différence tu fais entre ce qui est simple et ce qui est simpliste ?
Isabelle Amiard — Simple, c'est ce qui est abordable pour tout le monde. Et simpliste, ça veut dire que simpliste est quelque chose de bête, d'inutile. C'est plus dans ce sens-là.
Ybelion — Voilà.
Isabelle Amiard — Je pense que mon livre n'est pas quelque chose d'inutile.
Ybelion — Voilà. Non, ça, j'en suis convaincu. Autant en t'entendant parler que de manière générale dans ce que je pense de l'utilité d'un livre, à mon sens, les livres changent le monde. Ah oui. Et ils portent un pouvoir qui va bien au-delà du simple objet que ça semble être au premier abord.
L'école, la lecture imposée et la peur de la note
Isabelle Amiard — exactement. Exactement, voilà. Mais justement, tu vois, ça, c'est dommage parce qu'on ne le dit pas assez à l'école. Et parce que l'école, en fait, nous oblige à lire et nous oblige à lire des standards, ceci, cela, et sans laisser le libre cours aux gamins de choisir ce qu'ils veulent lire. Si c'est juste une BD, très bien, mais lisez une BD. Et voilà. Et surtout, il faudrait beaucoup plus même des ateliers d'écriture, mais des ateliers d'écriture créatifs, intuitifs, collaboratifs, mais pas avec cette injonction de, attention, ça va être noté, attention, ça va être, voilà, c'est, non, si vous faites des fautes d'orthographe, ben, c'est pas grave, allons-y, justement, plus vous allez écrire et moins il y aura de fautes d'orthographe, plus vous allez lire, moins il y aura de fautes d'orthographe. Et une faute d'orthographe, ben, c'est pas grave, ça se corrige, ça s'améliore, voilà. Mais souvent, dès le départ, t'as fait une faute d'orthographe, allez hop, mauvaise note. Ben oui, mais après, les enfants, ils n'ont plus envie d'écrire, du coup, parce qu'ils ont peur de cette mauvaise note.
Ybelion — Ouais, c'est, voilà, ça, c'est, tu prêches inconvaincu. Moi, le, je ne sais pas quel parcours scolaire t'as pu avoir, tu vois, et quel rapport, tu as, tiens, c'est une question que je te pose juste après, du coup, mais, moi, c'est vrai que le, le parcours scolaire très classique que j'ai eue parce que j'étais pas trop bête, S, Prépa, Mathieu, Maspé, École d'Inger, m'a totalement déconnecté de, de cette créativité, de l'écriture, de, et, et après, et en fait, c'est au-delà de ça, c'est à fait naître une croyance que j'étais pas créatif, quoi, et, j'en veux à personne, c'est la faute de personne, tu vois, mais, tu vois, quand je le regarde avec un regard un peu différent maintenant, je me dis, c'est quand même dingue, à quel moment je me suis laissé embarquer dans, dans ce truc-là, tu vois, et, ouais, et du coup, ma question, c'était, j'ai entendu que du coup, c'était un rêve que tu avais porté depuis, depuis tout petite, comment c'est, comment, jusqu'à ce que ta fille te dise pourquoi tu le fais pas, il était, il était comment ce rêve, il était là, pas là, oublié,
Isabelle Amiard — ah oui, il est complètement oublié, mais complètement oublié, et, et même que, je, en fait, je lisais plus, pratiquement plus, en fait, c'était, ou alors j'avais des boulimies de lecture, et puis, pendant l'été, les vacances, et après, c'était terminé, je ne lisais plus, je ne prenais plus le temps de le lire, de lire quoi que ce soit, des livres, des journaux, c'est bizarre, mais il était complètement oublié, ce livre, et c'est vraiment avec ma fille, justement, au collège, avec des rédactions, avec des livres à lire, et puis, sa reconnexion à la lecture aussi, parce qu'à un moment, elle ne voulait plus du tout lire, pourtant, j'avais essayé plein de genres de livres, avec des énigmes et tout, enfin, voilà, c'était un truc de fou, mais non, ça ne passait pas, juste qu'une prof de français, je ne sais pas, ça passe, elle lui propose des lectures qui lui convenaient mieux, et puis, c'était parti, et c'est vraiment grâce à elle, oui, je me suis dit, ah oui, c'est vrai, quand j'étais gamine, qu'est-ce que j'aimais écrire, mes profs me disaient souvent, mais Isabelle, arrête tes pavés, j'écrivais des pavés sur des rédactions, ils n'en pouvaient plus, ils étaient obligés de me dire, non, Isabelle, ça ne fera qu'une copie double, c'est tout, cette fois-ci, oui,
Ybelion — allez, hop, quatre copies plus,
Isabelle Amiard — c'est un peu ça, on faisait des pavés avec des phrases à rallonge, donc,
Ybelion — oui, je comprends, je comprends, et en même temps, tu vois, c'est tellement commun, les phrases de professeurs, comme ça, alors, encore une fois, c'est difficile de leur en vouloir, ils voient des élèves tous les jours, ils sont en permanence confrontés à tout ça, mais c'est vrai que les petites phrases comme ça, fais pas trop de pavés, ou ce genre de choses, tu vois, c'est des trucs qui peuvent être, parfois quand même mal amenés, peuvent vraiment créer des espèces de barrières mentales qu'on peut mettre des années à franchir ?
Le pouvoir des mots qui guérissent ou qui détruisent
Isabelle Amiard — Les mots, ça peut, les mots, un pouvoir extraordinaire, les mots, ça peut guérir, mais ça peut aussi détruire, et ça peut accompagner, ça accompagne longtemps, en fait, les enfants, il y a des phrases, des mots que j'ai eues quand j'étais gamine, même par mes parents, mais c'était pas fait exprès, c'était même pour me protéger, et comme par exemple, tu sais, tu ne peux pas tout avoir dans la vie, et je me suis toujours, et c'est toujours resté de cette phrase-là, ou alors un jour, tu trouveras ton maître, voilà, c'est des mots, en fait, qu'en tant qu'adolescence, on dit, mais ça reste longtemps, même maintenant, en fait, en tant qu'adulte, et parfois, en attendant, je l'ai répété une seule fois à ma fille, et quand je me suis entendue, je dis, non, c'est faux, excuse-moi, ce n'est pas vrai, voilà, et c'est vrai que les mots sont très forts, c'est comme les gens qui ne savent pas dire je t'aime, alors oui, c'est vrai que c'est, ce mot-là n'est pas anodin, mais, ou parfois, on le dit trop, et ils ne veulent plus rien dire, mais un enfant, ou un adulte, qui ne l'a jamais entendu, il lui manquera toujours quelque chose, obligatoirement.
Ybelion — C'est dingue, les, comme tu as dit, les mots, tu vois, je te fais un partage, beaucoup plus personnel, mais, je me permets, je me fais beaucoup,
Isabelle Amiard — en ce moment, donc,
je me fais un peu,
Ybelion — après, c'est toi qui es censé être, le piédestal, là, donc, mais, j'ai vraiment, dans la démarche d'apprentissage, de la posture de coach, tu vois, au sens professionnel du terme, vraiment compris, l'impact des mots, et, et à quel point, ils étaient puissants, et à quel point, c'était, enfin, je ne sais pas comment le dire, mais, entre de mauvaises mains, ça peut vraiment faire des dégâts, tu vois, et, et c'est pour ça que c'est, c'est en fait, important d'être,
Isabelle Amiard — d'être,
Ybelion — je ne sais pas, je ne sais pas comment, comment dire ça, parce que là, j'ai l'impression de dire un truc un peu catastrophiste, tu vois, mais plutôt, c'est pour ça que c'est important d'être au courant que les mots ont un impact, que les nôtres, quiconque soit, ont un impact, et, et de savoir que, qu'après tout, on peut, on peut faire beaucoup de bien avec des simples mots, quoi, et parfois, on dit des mots, mais en fait, juste un sourire, parfois, tu croises quelqu'un dans la rue, tu lui fais un sourire, et en fait, ce simple sourire peut peut-être changer sa vie, pour, Oui,
Isabelle Amiard — il faut quand même dire un mot, même juste un simple bonjour,
Ybelion — bonjour, parfois, ça suffit,
Isabelle Amiard — exactement, voilà, bonjour, bonne journée, voilà, tout de suite, c'est, voilà, ça a apporté un peu de soleil, un peu de, un peu de positivisme dans la vie, et cette personne-là, va même mettre surprise, quoi, voilà, c'est, c'est fou, quoi, et d'un seul coup, bah, switcher, elle va voir les choses d'un autre côté.
Ybelion — Oui, puis c'est très contagieux, le, tout ça, c'est, puis tu vois, si je te souris, et que je te dis, et que je te dis merci, je perds rien, tu vois, moi, mais toi, tu gagnes quelque chose, et puis si tu le transmets, et donc comme ça, ça fait une vraie boucle, j'aime beaucoup cette notion, cette notion un peu de contagion, de tout ce qui est positif, quelque part.
Isabelle Amiard — Ah bah, oui, tout à fait, parce que si, de toute façon, si t'es négatif, tu attires que le négatif autour de toi, et bizarrement, c'est pas que tu l'attires, en fait, c'est que tu vas le voir que négatif autour de toi.
Loi de l'attraction et journal de gratitude
Ybelion — C'est, ouais, ouais.
Isabelle Amiard — Et plus t'es positif, eh bien, plus, bah, plus tu vas voir les choses positives, les belles choses de la vie. Alors évidemment, on n'est pas dans un monde de bisounours non plus, ça, on le sait, mais chaque jour, rien que d'écrire ses gratitudes le soir, ou d'écrire des phrases positives tous les soirs, qu'est-ce qui s'est bien passé aujourd'hui ? Mais ça peut être un truc bête, ah bah tiens, j'ai vu un super beau papillon, bah oui, c'est un peu bisounours, mais ça n'empêche, tu te focalises là-dessus, et puis bah tu dis, bah demain, il y aura autre chose. Voilà.
Ybelion — Ouais, c'est un exercice que je fais depuis longtemps maintenant, les gratitudes du soir. Ouais. Je l'ai fait beaucoup en vidéo à un moment.
Isabelle Amiard — Ah,
ouais.
Ybelion — Et puis, c'était moins, bah plus dur à, à reconsommer quelque part. Parce que ce qui est bien aussi dans ces gratitudes, c'est un moment quand ça ne va pas, de, tu sais, tu ouvres ton journal de gratitude, ou quelqu'un porte l'endroit où tu le stockes, et puis tu regardes, tu vois tout ce que tu as écrit, et tu fais d'un coup, ça fait, ah. Ah oui, c'est vrai. Et du coup, vu que j'ai l'impression que c'est un sujet qui te passionne, tout, je ne sais pas sur quel mot, j'ai l'oie de l'attraction qui me vient, parce que c'est ça qu'on utilise parfois, mais, qu'est-ce que tu dirais, alors, je vais volontairement me faire un peu l'avocat du diable, entre guillemets, mais je suis totalement d'accord avec toi, et même moi, avec mon cerveau très rationnel, à force, j'arrive à construire des argumentations presque physiques, qui font que, quand on pense négativement, mécaniquement, on attire le négatif, parce qu'en fait, c'est à la fois ce qu'on rayonne, à la fois ce qu'on véhicule dans notre non-verbal, dans nos mots, et c'est mécanique que ça attire tout ça. Mais qu'est-ce que tu dirais à quelqu'un, qui dirait, oui, tous ces trucs de, oui, pense positif, ça amène le positif, tout ça, c'est un peu du blabla. Volontairement, je prends la voix de quelqu'un, tu vois, qui a beaucoup de doutes sur ça. Oui. Voilà. À mon avis, on dit beaucoup plus sur la personne qui parle, voilà, mais, qu'est-ce que tu leur dirais ?
Isabelle Amiard — Je dirais que pensées créent, les pensées créent, mais créent, créent des événements, mais ça crée aussi, en fait, ça a un impact sur notre corps, même physique. Voilà. Ça, c'est une certitude. Si tu penses quelque chose de négatif, ton corps, obligatoirement, il va se crisper, tu vas le ressentir, de toute façon. Par exemple, si tu as mal aux épaules, ce n'est pas innocent non plus. Tu sais, il y a tout un symbolique, tu as mal aux épaules. Alors oui, peut-être que tu as fait trop de musculation, mais c'est peut-être aussi une charge que tu portes un peu plus sur toi. Et donc, oui, le négatif attire le négatif, ça, c'est une certitude. Le positif attire le positif. Et c'est, oui, c'est de la loi de l'attraction, c'est ça. Mais chaque jour, il faut travailler pour le positif, parce que, comme je le dis souvent, la vie est courte. on a tous 1440 minutes chaque jour à consommer. Et donc, on n'a pas le temps, en fait, de voir le négatif. S'il y a du négatif, eh bien, il passe à côté, parce que plus tu vas regarder le négatif, plus tu vas lui donner de l'importance et plus il va prendre de la place. C'est comme rencontrer des gens que tu n'aimes pas. À quoi ça sert, en fait, d'envoyer un message sur Facebook ou Instagram en insultant la personne que tu ne l'aimes pas ? Eh bien, tu ne la regardes pas, puis c'est tout. tu passes à côté, tu n'en parles même pas, parce que, quelque part, on n'a pas assez de valeur à tes yeux, donc à quoi ça va servir ? Rien, tu vas perdre ton temps, voilà, et tu vas te faire du mal à toi, finalement.
La haine sur les réseaux et les valeurs
Ybelion — Ça, c'est un phénomène sociologique que je n'ai jamais compris.
Isabelle Amiard — Oui,
Ybelion — c'est chaud. le partage de haine sur les réseaux sociaux comme ça. J'ai toujours eu du mal. Et bon, je pense que, dans le fond, les gens qui postent ce genre de commentaires mériteraient de s'interroger sur qu'est-ce qui peut les faire autant bondir pour que ça les fasse réagir comme ça, qu'est-ce que ça leur apprend sur eux, quelque part ? Oui, il y a quelque chose
Isabelle Amiard — qui les dérange, ça, c'est sûr.
Ybelion — Voilà, ça, c'est clair et net. Et d'ailleurs, je ne sais pas si toi, c'est quelque chose qui te parlera, mais moi, c'est quelque chose que je pratique parce que ça arrive, tu vois, de voir quelque chose ou de voir quelqu'un et de se dire, oh, ça m'énerve ou c'est détestable ou que sais-je. Et moi, maintenant, j'aime bien me poser la question, OK, qu'est-ce que cette personne a que je n'ai pas qui m'énerve ? Tu vois ? Et du coup, de creuser ce truc-là et toujours après, ça fait, j'ai remarqué que ça fait toujours deux choses. Soit il y a vraiment un truc où tu te dis, OK, j'ai un angle mort et il y a un truc que je ne m'autorise pas qui fait que j'ai une frustration ou une jalousie qui naît. Ou alors, la deuxième option, c'est en fait, je remarque que du coup, on n'a pas tout à fait le même système de valeur et c'est OK. Et du coup, hop, tout de suite, ça clôt le débat intérieur quelque part. Mais voilà, c'est un peu mon analyse de comptoir comme ça.
Isabelle Amiard — Moi, je me fais aussi parce que souvent, parfois, on peut envier des personnes. On peut leur dire, celui-là, il m'agace. Et souvent, maintenant, c'est ce que je fais aussi, ce travail. Je dis, mais pourquoi est-ce qu'elle m'agace autant ? En fait, simplement, on n'a pas les mêmes valeurs. OK, bon, alors, je passe à autre chose. Ou alors, voilà, peut-être le côté un peu jalousie. Mais oui, c'est tout à fait des questions que je me pose souvent. Après, si on n'a pas les mêmes valeurs, je me dis, tu ne t'en occupes pas de la personne, tu passes à autre chose. Tu n'as pas besoin de la rencontrer à nouveau, tu n'as pas besoin de lui parler. Tu n'as pas besoin. Voilà, ça ne sert à rien de lui donner de l'importance, finalement.
La lectrice qui a brûlé ses peurs comme Morgane
Ybelion — Exactement. Et pour faire le parallèle avec ton livre, c'est quoi les plus belles, les plus beaux retours que tu as pu avoir de quelqu'un qui t'a lu ?
Isabelle Amiard — Alors, les plus beaux retours, j'ai eu une dame qui, je ne sais plus quel âge elle a, peut-être 60, 70 ans, je ne sais plus. Un jour, elle est venue me voir parce que je faisais des représentations de théâtre et puis elle était venue au théâtre me voir, donc c'était dans le local, dans le village. Elle est venue me voir et elle m'a dit, mais votre livre, et vous voyez, pourtant j'ai le même âge que sa fille, mais bon, vous voyez, votre livre m'a énormément touchée et puis elle commençait à pleurer, j'ai dit, oh là là, là là. Et dans ce livre-là, c'est lui-ci, Morgane, à la fin, organise un cercle de femmes et elle a un acte où toutes les femmes brûlent leur peur. Voilà, elles ont écrit toutes leurs peurs sur des petits bouts de papier et il y a une cérémonie où elles brûlent chacune leur peur. Et elle m'a dit, eh bien, vous savez quoi ? Eh bien, je l'ai fait. Et je me suis dit, waouh, ça veut dire que mon livre lui a permis de passer à autre chose. Elle a écrit ses peurs, ses craintes, sur un bout de papier et elle l'a jeté dans sa cheminée. Mais elle l'a vraiment fait avec intention. Voilà, avec l'intention de passer à autre chose. Et je me dis, quel honneur, ça veut dire que mon livre a au moins servi à une personne.
Ybelion — Ouais, c'est fou.
Isabelle Amiard — Et ça, au-delà de dire, oui, ton écriture, j'ai passé un bon moment avec ton livre, il m'a déconnecté du quotidien, voilà. Là, c'était beaucoup plus fort. Et je me suis dit, OK, donc mon livre n'est pas inutile. Il n'est pas simpliste.
Ybelion — C'est incroyable. Tu vois, à mon sens, c'est exactement pour ce genre de choses qu'on écrit. c'est imprévisible. Tu vois, avant d'écrire ton livre, tu ne peux pas te dire il y aura quelqu'un à qui va faire exactement ce que fait le personnage. Et rien que pour ça, je trouve que ça vaut le coup d'écrire pour découvrir tout ça.
Isabelle Amiard — Quand on écrit un livre, c'est très égoïste parce qu'on le fait pour soi, d'abord. Franchement, c'est vraiment que pour soi. Après, c'est souvent ce que je dis. Écrire permet d'extérioriser des choses. Donc, obligatoirement, c'est des choses de nous. Donc, c'est vraiment pour soi. mais par contre, le partager, ça permet de se libérer et de comprendre qu'on n'est pas les seuls en fait à vivre certaines choses et qu'on n'est pas seul, qu'on n'est pas isolé et que notre livre va servir à d'autres personnes. Et maintenant, j'en suis intimement convaincue. Voilà.
Les livres comme recette d'immortalité
Ybelion — En plus, tu as aussi eu la preuve par l'exemple, tu vois, et donc ça donne encore plus de force, même si je suis d'accord avec toi. Moi, par conception, je suis convaincu que les livres toucheront quelqu'un. On ne sait pas quand et c'est ça qui est magique avec le livre, c'est que ça peut être demain ou dans 100 ans ou dans 1000. Et c'est ça qui est magnifique. Ça a une durée de vie.
Isabelle Amiard — Mais c'est ça, en fait. C'est vraiment un peu l'égoïsme aussi parce que finalement, c'est même plus de l'égoïsme, c'est de l'égo-centrisme. C'est se dire que dans 100 ans, mon livre, il sera encore là. On pensera encore à moi. On se rappellera à moi. Exactement. Un peu comme une plaque, le nom de rue, le nom de rue, Isabelle Agniard. qui est à la banque, à la Bibliothèque Nationale
Ybelion — pour les permis. Et tu sais que ça, c'est une... Alors, je n'oserais pas dire que c'est ma théorie. Je pense que ça a dû déjà être partagé par quelqu'un d'autre. Mais disons que j'en ai fait ma tambouille. Mais je suis assez convaincu que les livres sont une recette de l'immortalité parce que, en fait, c'est incroyable le nombre d'êtres humains et encore aujourd'hui, tu vois, qui essaient de lutter contre la mort. Et là, c'est mon partage philosophique. C'est, à mon sens, la vie n'a de sens que parce que la mort existe. Si on est immortel par essence, à savoir qu'on ne meurt jamais, ça veut dire qu'il y a une notion d'infinité qui fait qu'on doit tout vivre. Et si on doit tout vivre, ça ne compte pas ce que je fais aujourd'hui. Parce que j'ai juste à attendre et de toute manière, je vivrai tout. Et du coup, je trouve, en prenant conscience de ça, déjà, la mort fait beaucoup moins peur parce que ça veut dire que tout ce qui se passe jusqu'à ce qu'elle arrive compte et a vraiment de l'impact et une importance. Et du coup, ça donne encore plus de poids à tout ce qu'on peut laisser. Et quelque part, à chaque fois, je me rappelle, c'est un vieux épisode de podcast où je parlais d'Harry Potter. Bon, alors, ça n'a pas trop la cote en ce moment parce que J.K. Rowling a des avis complètement déplacés sur certains sujets. Mais je disais en rigolant, Voldemort, c'est trompé de combat. En fait, il aurait dû écrire un bouquin et il aurait eu son immortalité, tu vois, et il n'aurait fait chier personne. J'aime beaucoup cette... Un peu, peut-être aussi, cet égocentrisme et de savoir quel héritage je laisse au monde et quelles traces je laisse, etc. Mais ça a le mérite de faire de mal à personne.
Isabelle Amiard — Ah bah, complètement, voilà. Ah bah oui, ça c'est sûr. Oui, complètement. Non, ça c'est... Ouais, c'est vraiment laisser une trace aux générations futures, à ce propre enfant et puis... Et... Et puis, c'est vrai que, comme tu disais, le temps, finalement, savoir qu'on est mortel, ça crée de l'urgence aussi et se dire qu'on n'a pas le temps et qu'il faut... Enfin, qu'il faut. J'aime pas cette... Ça fait un peu injonction.
Ybelion — Ouais, ouais.
Isabelle Amiard — Mais qu'il... Ça nous pousse, oui, à avancer et à passer à l'action et je pense que... à vivre, quoi. En tout cas, d'essayer aussi de vivre le meilleur parce qu'on n'est que passage. Voilà.
Inspirations cocasses : théâtre et histoire d'adoption
Ybelion — Exactement. Et pour revenir, ramener sur le chemin de ton livre, tout à l'heure, tu disais que t'avais pioché dans plein d'inspiration. C'est quoi, peut-être, l'anecdote ou l'inspiration la plus cocasse que t'as pu mettre dans ce livre ?
Isabelle Amiard — Ah, bah si. Ça y est, je me dis, je vais vous raconter. Mais si, j'en ai trouvé une. Parce que je fais partie d'une troupe de théâtre. Je suis la coprésidente d'une association de théâtre dans mon petit village de 2000 habitants. Et donc, du coup, ils sont, tous les comédiens sont dans mon livre, finalement, en troupe. Et évidemment, je racontais l'histoire où c'était un des comédiens qui devait se déguiser en femme. Et ce soir-là, on n'a pas avancé du tout sur la pièce de théâtre, mais on a rigolé. parce qu'on devait lui apprendre à marcher comme une femme en talons, aiguilles et tout. Et c'était, mais c'était à, on était tous morts de rire, quoi. Et ça, c'était la partie où il a plus cocasse, peut-être, que j'ai pu écrire, voilà, la plus drôle. Voilà. Et puis, j'ai eu une inspiration, ça a été aussi, j'ai eu une caisse de théâtre que j'avais été voir et qui était magnifique. C'était, il était tout seul sur scène et racontait sa vie d'enfant. Enfin, il avait été adopté, il avait découvert son adoption à l'âge de 13 ans dans un supermarché à la caisse. Voilà. C'est la caissière qui lui a dévoilé qu'il avait été adopté. Et donc, après, il racontait toute sa vie. Et donc, du coup, il y a ce passage-là aussi qui m'a évoqué certains passages de mon livre et j'en parle et j'ai repris quelques-uns de ses mots et j'ai trouvé que c'était c'était, voilà, c'était pas spécialement cocasse mais c'était aussi une des inspirations.
Ybelion — C'est très touchant, c'est très révélateur du rôle de passeur d'histoire qu'on peut avoir dans notre écriture. Ouais,
Isabelle Amiard — c'est bon d'être passeur d'histoire, ça me correspond. ça me correspond.
Ybelion — Je rends à César ce qui est à César, je ne sais plus qui l'a dit mais c'était dans une émission sur France Inter de quelqu'un qui parlait de Shakespeare et qui disait que tout était un petit peu Shakespeare et qu'on était tous un peu des passeurs d'histoire de tout ce qu'il y a depuis très longtemps en fait. Et voilà. Et du coup, depuis ce mot me revient assez souvent, j'aime beaucoup et je ne sais plus
Isabelle Amiard — pas si l'histoire. Je le note, je pourrais le ressortir. Ouais,
Ybelion — avec plaisir.
Isabelle Amiard — Voilà, je citerai la référence dans un prochain.
Ybelion — Et le, pour parler un petit peu de ton second livre, même si j'ai senti qu'il était aussi de par les valeurs que tu véhicules et il est déjà très, il a beaucoup, un, deux, trois, oulala, il est déjà beaucoup apparu dans notre discussion. Est-ce que tu peux me raconter un peu plus ce qu'est ce livre sur le rêve, quelque part ? Ah bah oui,
182 jours pour réaliser mes rêves
Isabelle Amiard — totalement. Totalement, en fait, ce livre, c'est pas vraiment, c'est pas un livre, c'est pas un roman, c'est pas une histoire, c'est un boulet de journal. 182 jours pour réaliser mes rêves. En fait, ce livre se veut comme, donc c'est un livre à écrire, à écrire, à remplir, on peut même colorier dedans, voilà. dans lequel, en fait, il se constitue en trois parties. La première partie, c'est sur la visualisation des rêves pour les transformer en objectifs, comment fabriquer un tableau de visualisation. La deuxième partie, c'est comment concrétiser ces rêves en projet, et notamment, je parle du rapport à l'argent et de la gestion du budget, donc vraiment rien à voir avec un roman. et la troisième partie, c'est 182 jours divisé en 26 semaines et donc, chaque début de semaine, il y a une histoire et là, on retrouve le personnage Morgane, voilà, qui a un projet, notamment son projet, c'est de partir au Sahara avec sa fille et qui doit, ben, le concrétiser et qui, évidemment, a des peurs, a des doutes, se sent fatigué de ne pas y arriver et chaque semaine, en fait, il y a un thème qui est posé et après, chaque jour, il y a une phrase de motivation, une question, les phrases de gratitude, trois gratitudes chaque jour à avoir et les mini actions en fait à mettre en place, voilà, pour pouvoir réaliser son rêve en 182 jours. Alors, pourquoi j'ai écrit ce livre ? Parce que je l'ai expérimenté. Après avoir écrit mon premier livre, je me suis dit, bon, ben, qu'est-ce que je vais écrire maintenant ? Il est terminé, la couverture, ok, bon, je ne vais pas m'arrêter d'écrire maintenant. Donc, ben, j'ai continué, en fait, j'ai tenu un journal. Chaque jour, je tenais un journal sur mon ordinateur. Pendant six mois, j'ai écrit et j'avais ce rêve, ben, c'était de partir au Sahara avec ma fille. Mais ça aussi, c'était un deuxième rêve d'ado et pourtant, ce n'est pas compliqué de partir au Sahara. Le nombre de voyages organisés, c'est à côté, il y a le Maroc, enfin, voilà, c'est tout à fait accessible, quoi. Il n'y a pas de, financièrement, ce n'est pas non plus des choses très chères. Voilà, tout va bien et pourtant, je m'en faisais tout un monde et donc, eh bien, tous les jours, j'écrivais et j'écrivais ce que je faisais pour pouvoir réaliser ce rêve, pour pouvoir l'atteindre. Donc, chaque jour et je notais aussi toutes mes émotions. La peur de manquer d'argent, ça revient souvent. la peur de ne pas être à l'auteur. Est-ce que c'est dangereux de partir au Maroc ? Partir en international, administrativement ? Plein de petites choses comme ça et puis, toutes les embûches que je pouvais rencontrer chaque jour et qui me disaient, non, ce n'est pas le moment de partir. Et puis, je suis partie au Maroc avec ma fille et j'étais au Sahara et ça a été un beau moment. Certes, c'était un voyage touristique, mais j'ai rencontré de très belles personnes. On a voyagé avec un petit groupe d'une dizaine de personnes, des Italiens, des Anglais, des Allemands, des Espagnols. C'était extraordinaire et on a passé un super moment. Voilà. Donc, c'est pour ça que j'ai voulu, après, le mettre en livre comme un guide, finalement, que oui, tout est possible à condition de se donner les moyens et à condition de... Et puis, tout est possible aussi, mais sans se faire violence, en y allant pas à pas et sans sortir non plus de sa zone de confort et sans, d'un seul coup, tout transformer de sa vie du jour au lendemain. Certains vont pouvoir le faire, mais d'autres, non, moi, je sais que ce n'est pas possible. Je ne veux pas, du jour au lendemain, tout laisser tomber et partir avec mon sac à dos et abandonner tout le monde derrière, pour moi, c'est infaisable et je pense que je ne suis pas la seule dans ce cas-là parce que c'est vrai qu'on voit souvent sur les réseaux, j'ai tout laqué, j'ai tout laissé tomber, je suis partie à l'autre bout de la planète où j'ai totalement changé de boulot du jour au lendemain, mais j'ai du mal à y croire. Je me dis que, non, on peut aussi changer de vie, mais en douceur, finalement, et parfois, ce sont des petits actes, ce sont des petits rêves, des petits projets, ça peut être acheter une voiture, acheter une maison, partir une semaine à vélo, partir une semaine juste avec un sac à dos et puis, il n'y a pas de petits rêves, il n'y a pas de rêve, il n'y a pas de rêve, comment on appelle ça, il n'y a pas de rêve, il n'y a pas de petits rêves, il n'y a pas de rêve ordinaire. Chaque rêve est unique, finalement, et chaque rêve est extraordinaire, moi, je dirais, finalement. Voilà.
Il n'y a pas de petits rêves
Ybelion — Oui, j'adore ça, chaque rêve est extraordinaire. Mais oui. C'est tout à fait vrai. C'est tout à fait vrai.
Isabelle Amiard — Mais oui,
Ybelion — il n'y a pas de petits rêves,
Isabelle Amiard — il n'y a pas de petits projets. Parfois, c'est vrai que ce que je me dis, je suis toujours dit, partir dans le désert, pour moi, je m'en faisais tout un monde, je me dis, oh là là, mais c'est loin. Mais pourtant, j'avais ce rêve et je me suis toujours dit, mais si je ne le fais pas, je serais passée à côté de quelque chose, je n'aurais pas réalisé, ma vie n'aurait pas été complète. Voilà. Donc, j'ai réalisé mes deux rêves, écrire et partir au Sahara. Bon, il y en a d'autres.
Ybelion — Quelque part, on ne s'arrête jamais de rêver aussi. Mais heureusement. Et heureusement. Et en fait, c'est ça qui est magique. Mais quand on en réalise un, on se dit, attends, mais si celui-là, il est réalisable, est-ce que tous les autres ne le seraient pas aussi ?
Isabelle Amiard — Mais oui, c'est ça. Et puis, je pense que oui, il faut tout le temps continuer. Il y en a un qui a réalisé, OK. Bon, après, je fais quoi ? Non, je ne veux pas rester tranquille dans mon petit coin, dans mon jardin. Ce n'est pas possible. Je ne sais pas faire ça. Après, il y en a certains, ils peuvent le faire. Ce n'est pas grave. C'est très bien.
Ybelion — Ça peut être un rêve en soi, d'ailleurs.
Isabelle Amiard — Exactement. Oui, tout à fait. Planter un olivier dans le nord de la France ou planter... Voilà. Non, mais tu sais, voilà, c'est ça. Chacun a ses rêves et il n'y a aucun rêve ridicule. Non, bien au contraire. Ils sont tous beaux, nos rêves.
Ybelion — Et ça m'a beaucoup touché, le partage que tu faisais sur le sacrifice. J'ai eu assez longtemps cette croyance limitante que les rêves méritaient des sacrifices. Et je pense que c'est un peu... En fait, je suis convaincu que l'accomplissement des rêves ne doit pas se faire au prix de ce qui compte pour nous et de ce qui est impératif pour nous. Et c'est quelque chose, vraiment, que j'ai envie que les gens entendent aussi dans le cadre de l'écriture, c'est si écrire un livre est votre rêve, ça ne demande pas que vous tiriez un trait sur votre famille, vos amis, votre travail, promener votre chien ou ce genre de choses. Et l'écriture est un acte qu'on intègre très facilement, enfin, très facilement, en tout cas, qu'il est possible d'intégrer dans une routine de vie ou dans un rythme de vie pour ceux qui sont allergiques au mot routine. mais voilà, et c'est ça qui permet de rêver, de voir que c'est très ancré en fait dans la réalité, sans sacrifice, enfin voilà, il n'y a pas besoin de se couper un bras ou de tirer un trait sur sa famille.
Régularité plutôt que sacrifice
Isabelle Amiard — Et toi, tu le dis souvent et je pense que tu as raison de le répéter, de le re-redire, c'est la régularité qui compte.
Ybelion — exactement. son rythme, son rythme d'auteur au sens, comment j'ai envie de fonctionner moi et pas comme moi, Sam, je fonctionne ou toi, Isabelle, tu fonctionnes, mais comment j'ai envie de me fonctionner moi. Et c'est là que c'est effectivement bien moins vendeur de manière marketing parce que ça oblige à la personne qui va se mettre à l'action de se rendre compte qu'elle va devoir accueillir ce travail et que celle qui va trouver son rythme, alors certes, tu vois, je le dis toujours comme ça parce que je suis garant de poser les bonnes questions et de permettre aux gens de s'interroger sur les bons points pour qu'ils trouvent leur rythme, mais un rythme, ça se construit que dans la réalité. Il n'y a pas, tu ne peux pas tricher pour trouver un rythme. Il n'y a que quand tu te confrontes à l'écriture matinale que tu sais si c'est fait pour toi. Il n'y a que quand tu écris un jour sur deux que tu sais que c'est fait pour toi.
Isabelle Amiard — Ah, mais tu vas pas.
Ybelion — Et ça, c'est un truc...
Isabelle Amiard — Ce qu'on avait fait, nous, on était partis en séminaire justement avec le groupe de coaching et la coach, donc Cécile, nous avait dit OK, demain matin, les filles, 5 heures debout, on écrit à 5 heures du matin. Wow. Et là, les filles, il y en a certaines qui ont dit ah mais ce n'est pas possible. Et elle leur dit si, c'est possible, demain matin, 5 heures. C'est vrai, ce n'est pas une obligation mais ce serait bien de le tester quand même. Eh bien, 5 heures du matin, tout le monde était en bas en petite nuisette, en pyjama, en pilou, pilou et on s'est mis à écrire et finalement, eh bien, il y en a beaucoup qui pensaient ne pas être capables et qui ont écrit jusqu'à midi sans stop, sans s'arrêter quoi. Un truc de fou. je vais faire midi parce qu'on avait rendez-vous au petit-déj avant mais c'était génial. Moi, ça ne me dérange pas les horaires comme ça mais c'est vrai que les gens et en fait, à la fin, elle a dit, vous voyez, vous pouvez écrire n'importe quand en fait, n'importe où. Par contre, c'est à vous de trouver votre rythme en effet, de savoir à quel moment vous êtes, pour vous, c'est plus simple d'écrire mais c'est un rendez-vous qu'on se fait avec soi-même finalement. Et il ne faut pas hésiter même à le mettre dans son planning parce que parfois, quand on est maman, on a toujours, ou papa aussi, mais on a toujours plein de choses à faire entre le boulot, les gamins, le chien, le chat, enfin, entretenir la maison, le jardin, et puis les amis, la famille, on a plein de choses en fait, on est très vite sollicité mais ce qu'il faut, c'est vraiment tous les jours se dire ou une fois par semaine, tu prends ton planning, voilà, ben non, je ne prends aucun rendez-vous, non, là, je ne fais rien d'autre, j'écris quoi. Et si on ne le fait pas, ben, on n'y arrive pas et c'est surtout qu'il ne faut pas y déroger, c'est comme un rendez-vous chez le médecin où il faut six mois pour avoir le rendez-vous chez l'ophtalmo, tu dis, ben non, je ne vais pas le changer de place ce rendez-vous-là, j'y vais, même si en principe je devais travailler, ben je demande à mon patron, désolé, ce jour-là, je ne suis pas là. Ben là, en fait, sur l'écriture, je pense que c'est exactement de la même façon qu'il faut procéder si tu as vraiment envie que ça devienne un livre.
Oser se poser les bonnes questions derrière « j'ai pas le temps »
Ybelion — Ouais, exactement, et oser se poser les questions en fait parce que, tu vois, derrière les mécanismes, on se cache beaucoup derrière la notion de j'ai pas le temps, etc., mais derrière, en fait, il y a un mécanisme de fuite qui est propre à chacun et dont les raisons sont propres à chacun et c'est en osant se confronter à ce, ok, j'ai pas le temps, qu'est-ce que ça veut dire pour toi, j'ai pas le temps ? Et là, quand tu creuses ce truc-là, et derrière, ça peut être tout et n'importe quoi, ça peut être, ben j'ai peur de ce que je vais découvrir en écrivant, j'ai peur qu'on me prenne pour un mauvais père si je passe mon temps à écrire alors que j'ai des enfants, j'ai peur que mon voisin me juge, j'en sais rien, tu vois, ça peut être tout et n'importe quoi, mais tant que tu te poses pas la question, ben tu le sais pas et tu restes dans ce, non mais j'ai pas le temps d'écrire, et ça c'est dommage parce que, après voilà, je vais peut-être dire de manière un peu provocante, mais nos rêves méritent qu'on s'y intéresse, tu vois.
Isabelle Amiard — Ah ben oui, complètement, oui, et je dis souvent, on a 1440 minutes par jour et je me le répète régulièrement, on a 1440 minutes, à dépenser chaque jour, on peut pas les économiser, on peut pas les mettre de côté, à minuit, une, 1440 minutes apparaissent, euh non, je me suis trompée, à zéro heure et une, il y a 1440 minutes qui apparaissent et à minuit, elles disparaissent, c'est tout, voilà, donc comment tu veux les utiliser ces minutes-là, en fait, c'est super important et quand tu fais le décompte d'une journée, ok, j'ai fait quoi aujourd'hui dans ma journée, ok, je me suis levée à telle heure, après, je suis allée au boulot, mais entre les deux, t'as fait quoi ? Ben, j'ai pris mon petit déjeuner, j'ai pris mon téléphone et j'ai scrollé, je suis la première à le faire, donc je sais combien de temps je scroll le matin, je sais combien de temps je scroll le soir, mais voilà, j'aime ça aussi, donc voilà, donc ça fait partie, mais après me dire, ben t'as pas le temps, j'ai pas le temps de faire ça, ben si, t'as le temps, il y a peut-être des trucs que tu peux enlever, quoi, qui te servent pas pour réaliser ce projet.
Ybelion — et c'est ça qui, c'est ça qui est ancré après dans la réalité. Isabelle, je te laisse le mot de conclusion sur ce que tu veux, je te laisse, je te laisse le mot de la fin. Wow,
Isabelle Amiard — quel honneur ! Alors déjà, merci beaucoup pour l'invitation, voilà, merci à Marjorie aussi de nous avoir mis en contact des Maisons Révolution, la maison d'édition dans laquelle j'ai, avec qui j'ai écrit mon livre Comme une envie d'ailleurs. Déjà, merci beaucoup pour tout ça. Et puis ensuite, j'aimerais dire à tout le monde qu'il n'y a pas d'âge pour rêver et que les rêves n'ont pas d'âge. Peu importe le rêve que vous avez et l'âge que vous avez, s'il y a 80 ans, vous avez envie de sauter en parachute, ben faites-le. Voilà, en tout cas, faites tout pour y arriver, voilà, mettez en place des choses pour y arriver, que ce soit pour votre santé ou autre, et que, et que, que oui, il faut continuer à écrire et qu'il faut surtout se donner les moyens de réaliser ses rêves et, et puis voilà, c'est un peu chaotique tout ce que je viens de dire à la fin,
Ybelion — mais, voilà, voilà. C'est une très belle conclusion et j'aime beaucoup ce que tu as dit sur les rêves n'ont pas d'âge. Ça se trouve que c'est un truc qui claque, ça. Merci. Merci beaucoup Isabelle d'être venue te prêter à l'exercice authentique de parler de ton livre. Merci, à toi aussi. Merci, merci d'être là, épisode après épisode. Si ce podcast t'inspire, t'aide ou te met du baume au cœur, t'abonner, mettre 5 étoiles et le partager, c'est le meilleur moyen de m'aider à toucher le plus de gens qui ont un livre en nom. Parce qu'après tout, plus il y a de livres écrits et mieux le monde se porte. A très vite. Ose Écrire.