« Qui se soucie des fleurs quand elles fleurissent tout le temps ? » Cette citation de Jack London dit tout : la réussite n'existe que parce que l'échec existe. En France, on a un rapport punitif et binaire à l'échec, alors qu'il est une boussole. Un échec te dit simplement « ceci n'est pas pour toi, cherche ailleurs ». Dans l'épisode 29, je raconte l'histoire de Marcus, personnage du magazine Ose Écrire, licencié et au fond du trou, qui découvre que breakdown can create breakthrough. Je parle aussi des Vertus de l'échec de Charles Pépin, de mon échec en salle de musculation qui m'a mené au street workout puis, sans que je le sache, à l'écriture, et de l'épreuve la plus dure de ma vie, devenue mon moteur quotidien. Allons échouer, et voyons où ça nous emmène. À écouter là où tu écoutes tes podcasts.
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Face B — le transcript
L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE
Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !
Tu cherches un passage précis ? La table d'écoute passe les transcripts de tous les épisodes au peigne fin.
Intro : échec et réussite
Yo yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans le 29e épisode de Chemin d'artistes et d'auteurs, aussi connu sous le nom de Ose Écrire, et aujourd'hui je suis parti d'une citation que je vais avoir l'outrecuidance de vous dire en anglais : breakdown can create breakthrough. Voilà voilà, on va parler d'échec, on va parler de réussite, et sur ce je vous souhaite une très bonne écoute et je vous dis à très vite.
Coucou les amis ! Nouvel épisode aujourd'hui, sous une chaleur absolument écrasante, et la seule raison pour laquelle je porte une chemise, c'est parce qu'il existe des règles de bienséance. Mais sincèrement, il fait vraiment vraiment vraiment super chaud. J'ai quand même mis une chemise plutôt d'été, avec des petits palmiers et des petits singes bleus qui montent. Voilà, des petits singes bleus qui montent sur des palmiers rouges, dans une ambiance orange chaude. Voilà voilà.
Les posters Ose Écrire : l'univers s'agrandit
Aujourd'hui, petit épisode où je vais tout simplement parler de ce que j'ai fait récemment. Ça m'a évoqué, tout à l'heure quand je pensais « ok, qu'est-ce que je vais raconter aujourd'hui ? », ça m'a évoqué pas mal de trucs. Et Voltaire, ça va là ? Je te dérange pas ? Ok, non. Parce que là, voilà, il commence à tirer le volet comme si c'était normal, après tout, une fois que tu as commencé à enregistrer.
« Qui se soucie des fleurs qui fleurissent tout le temps ? »
Nash : « no one passive was ever remembered »
Bref. Récemment, j'ai continué ma série Ose Écrire. Vous avez des exemples là dans le décor, c'est les posters, qui sont des collages photoshop d'art avec des personnages qui vont chercher, grâce à une citation sur laquelle ils tombent, leur rêve d'écrire un livre. J'ai fait Nash, j'ai fait Isabella, et la semaine dernière j'ai fait Marcus. Pour vous faire un rapide débrief : en fait, ces collages d'art sont déclinés aussi en version magazine, comme ça, ou dedans, dans le magazine, tu as l'histoire du personnage en question. Le poster est en plus une représentation symbolique du message que je veux faire passer, et de la citation finalement.
Le pouvoir du moment présent d'Eckhart Tolle
Nash est un personnage qui est en perpétuelle recherche de temps. Nash ne souhaite qu'une seule chose, c'est avoir du temps pour faire des trucs. Le seul truc, c'est que dès qu'il se retrouve avec du temps libre, en fait, il fait rien. Il regarde des séries, il est en train de se dire « ok, là faut que je profite maintenant », parce qu'en fait, « ah merde, demain j'aurai ça à faire, ça à faire, ça à faire, ça à faire ». Voilà voilà. Nash, il oublie que no one passive was ever remembered, et un jour ça, ça lui fait un déclic et il se met à écrire. Je vous prépare pas plus l'histoire, mais la base du personnage et les croyances limitantes de Nash, c'est réellement ça.
Alors ça cache aussi plein d'autres choses, notamment par exemple le rapport au moment présent. Je parle tellement de ce livre en ce moment que je vais vous en parler maintenant : Le pouvoir du moment présent, de… Eckhart Tolle. J'ai un trou sur le nom de l'auteur. C'est un livre extrêmement intéressant, et c'est marrant, parce que je discutais avec quelqu'un récemment qui me disait « c'est fou ce livre, je l'ai commencé plusieurs fois mais je n'ai jamais terminé ».
Et je lui disais, quelque part, c'est exactement le message du livre : d'être dans le moment présent, et donc finalement de se déconnecter de l'apprentissage qu'on pourrait aller chercher à droite à gauche, et de se connecter à ce qu'on peut faire maintenant, tout de suite. Voilà, donc quelque part, en ne finissant pas le livre, elle était déjà dans l'application du livre. Je vous conseille quand même de lire.
Moi, c'est un livre qui m'a fait vraiment mal, je crois, à l'époque, parce qu'il mettait en relief énormément de choses chez moi qui finalement me plaisaient pas tellement. Tu vois, l'hyper anxiété de se dire « mince, mais qu'est-ce qui va se passer si machin ? Et puis en fait, il faut aussi que je prépare ça la semaine prochaine, parce qu'après j'ai ça, et merde, les deux prochains week-ends je suis pris, mais quand est-ce que je vais pouvoir me poser ? », etc, etc. En fait, c'est se poser les mauvaises questions.
Et quelque part, en ce moment, c'est un mantra que je répète beaucoup, parce que je crois que j'ai réussi enfin… mettre des mots dessus. Mais je pense qu'il est extrêmement important, quand on a la sensation d'être dépassé par le temps, de se réinterroger sur quels sont nos impératifs. Ceux-là, on peut pas les changer. De manière… ça peut être sortir le chien, s'occuper des enfants, aller au travail, que sais-je, tout et n'importe quoi. Ceux-là, on peut pas les retirer de notre vie, il s'agit pas là de les supprimer, donc faut composer avec. Et une fois qu'on a ça, on arrive à identifier du coup toutes les plages de temps libre, et au regard de ce temps libre qu'on a, il faut qu'on se connecte avec notre rêve et qu'on soit congruent dans nos actions avec le rêve qu'on a, sur le temps libre qu'on possède.
Et j'aurais aimé réussir à faire ça plus tôt. En même temps, tout le chemin que j'ai parcouru m'a amené ici, aussi, à vous dire ça, donc quelque part c'est tant mieux. Et voilà, Le pouvoir du moment présent, ce bouquin m'a fait cet électrochoc là, et c'était extrêmement puissant. Voilà, je le conseille à tout le monde. C'est un livre un peu spirituel qui résonne différemment chez chacun, mais il résonne très très très très très très souvent de manière extrêmement puissante.
Isabella : « qu'est-ce que tu fais pour toi ? »
Voilà pour la première histoire de Nash. La deuxième, Isabella, c'est une maman, une carriériste dans le sens positif du terme bien évidemment, qui se perd dans son travail, c'est-à-dire qu'elle travaille tellement qu'elle ne passe aucun moment avec ses enfants. Et un jour, et un jour, au détour d'un coaching en entreprise qu'elle est obligée de suivre, le coach lui demande, un certain Rori lui demande : « Isabella, qu'est-ce que tu fais pour toi de temps en temps ? »
Et là, insert bruit de miroir qui se brise. Elle se rend compte qu'en fait elle ne fait jamais rien pour elle. Elle fait tout pour son entreprise, elle fait tout pour son travail, pour sa carrière, elle fait tout pour l'argent qu'elle peut amasser pour ses enfants plus tard. Elle n'est pas du tout dans le moment présent, encore une fois. Et, et ce soir-là, quand elle rentre après avoir entendu cette phrase, elle décide de faire quelque chose qu'elle n'a pas fait depuis très longtemps : c'est passer une soirée avec ses enfants et leur raconter des histoires. Et donc elle commence à raconter une histoire. Je vous raconte pas la suite, mais ce petit, cette petite question très simple en apparence mais extrêmement puissante, résonne en elle, la fait reconnecter avec sa passion de raconter des histoires, et l'invite donc à creuser cette passion qu'elle a finalement enterrée. C'est un beau message selon moi, de, d'équilibre à trouver entre notre travail et nos passions.
Marcus : breakdown can create breakthrough
Voilà. Et le troisième… Alors évidemment, chacun des personnages trouve une résonance particulière avec ma vie à moi. Pas que. Par exemple, chez Nash, le côté chercher perpétuellement du temps pour faire des choses sans se poser vraiment les bonnes questions de quoi faire une fois que tu as ce temps libre, ça c'était réellement moi. Isabella, je me reconnais pas tellement, quoique le côté carriériste, le côté ambition, je l'ai, mais pas tellement vis-à-vis du truc des enfants, tout simplement parce que j'ai pas d'enfants, enfin voilà.
Et donc Marcus, le troisième personnage, est un ingénieur. Alors là, on est vraiment… je me suis beaucoup reconnu dans ce, dans cette histoire de Marcus, j'ai mis beaucoup de moi, forcément, mais pas que. Donc Marcus est un ingénieur, et un jour il est licencié. Bon, ça, ça m'est pas du tout arrivé, mais Marcus est licencié, et il se retrouve à rien faire de ses journées. La seule chose qu'il fait, c'est : il boit, il fume, il s'endort à 4, 5, 6 heures du matin, il se réveille à 15 heures, il va faire du sport, il rentre, il recommence, et perpétuellement comme ça.
Et à un moment, Marcus, voilà, il est, il est au fond, quoi. Il est au fond. Et en même temps, il suit un gars sur YouTube qui raconte ses aventures dans des vlogs, wink wink, on sait de qui on parle. Mais à un moment, ce gars, gars-là le challenge, ce gars-là le challenge et lui répond à un de ses questionnements qu'il lui envoie par message sur Insta. Et Marcus prend conscience de quelque chose de très fort, qui est que dans les pires moments de vie peut naître quelque chose d'extrêmement beau. Et cette histoire m'a totalement touché.
C'est pour ça que la citation, d'ailleurs, associée à Marcus, c'est breakdown can create breakthrough, soit dit en français : les moments de très bas peuvent créer des découvertes, des révélations, des… se connecter à des vocations, quelque part. Et j'adore cette citation, à beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup d'égards.
Avant de parler de cette citation, tu vois, du coup, sur le poster de Marcus : alors, j'avais pas tellement d'idées quand j'ai commencé à le faire, j'avais juste envie que, qu'on ait une sensation de mouvement, on ait une sensation justement de déchirement qui crée le mouvement. C'est pour ça que typiquement j'ai mis des guépards qui sont en course, tu vois, parce que voilà, tu as ce côté « allez hop, je suis embarqué par, par l'inertie, j'y vais ». C'est pour ça que la déchirure sur le poster c'est un éclair, parce que j'aimais bien ce côté de, tu vois, tu es entre guillemets déchiré par le breakdown, et au travers de cette déchirure, tu vois, tu vois Marcus. Donc c'est le fait d'être déchiré qui révèle sa réelle personnalité, parce que évidemment Marcus est un personnage qui va oser commencer à faire des choses, à sortir de sa routine destructrice, va oser partager, va oser écrire et se libérer, quelque part.
Et c'est aussi pour ça que, à la fin, j'y pensais au début, je n'avais pas forcément en tête, mais paf, je me suis dit « ok, on va rajouter comme des trous de, des trous de consumation de feu », tu vois. Et mon idée, c'était que ce… un, un des trous révèle la citation, tu vois, toujours dans l'idée de dire « bon bah, tu as quelque chose qui se détruit et qui permet de révéler le vrai message ». J'aimais beaucoup cette, ce, ce parallèle finalement.
Les vertus de l'échec de Charles Pépin
Et donc je disais, cette citation, elle résonne en moi à beaucoup beaucoup beaucoup de niveaux, notamment parce que, après avoir écrit cette histoire, je suis tombé sur un livre qui m'a profondément touché. Et j'y suis tombé, mais dessus, par… tellement par hasard, que parfois tu dis « putain, la vie, le hasard de la vie, c'est quand même dingue ». Je le répéterai jamais assez : c'est Les Vertus de l'échec, de Charles Pépin. D'ailleurs je le conseille à tout le monde, à chaque fois, c'est fou à quel point il parle dans tellement de situations. Et ce livre de Charles Pépin, Les Vertus de l'échec, il est extrêmement puissant, parce qu'il met en lumière tout ce que te permettent les échecs.
Et principalement, par rapport à l'histoire de Marcus, le fait que dans les échecs, parfois, tu as une connexion avec quelque chose qui t'anime. Un échec permet de te dire « ok, ce que je viens de faire n'est pas pour moi, je vais aller m'orienter ailleurs ». Et Marcus, c'est ce qu'il vit dans son histoire : fait de l'ingénierie, il fait ça, mais il a pas forcément le courage de… Et en fait, un moment, paf, échec, il se retrouve licencié, là, plus rien. Et c'est là, le moment, à ce moment-là, qu'il se connecte à une vocation, à autre chose. Dans l'échec naît une nouvelle fleur qui lui permet de s'épanouir.
Le rapport français à l'échec, punitif et binaire
Et ce livre m'a terriblement marqué. Je, vraiment, je le conseille à fond, à fond, à fond. Ce qui est extrêmement intéressant, c'est que c'est quand même extrêmement culturel dans l'approche. Par exemple, les Américains n'ont pas du tout une approche de l'échec similaire à la nôtre en France. D'ailleurs je crois qu'ils citent, je sais plus, c'est les Danois, les Finlandais, un des pays au nord là, pareil, n'ont pas du tout le même rapport à l'échec. Chez nous, l'échec est extrêmement punitif, échouer c'est limite absolu, c'est-à-dire que c'est extrêmement binaire : soit tu réussis, soit tu échoues, et c'est tout, ça s'arrête là.
De l'échec en musculation au street workout
Alors que non ! La vie, c'est fait d'échecs, c'est juste échouer, rééchouer, rééchouer, rééchouer, jusqu'à réussir quelque chose. Si tu n'essaies jamais rien, tu n'échoues jamais, tu ne sais jamais ce qui marche, tu ne réussis jamais. Échouer permet de sortir d'une vie médiocre, au sens moyen, pas au sens nul, au sens que si tu n'essaies jamais rien, tu vas rester dans une espèce de moyenne un peu bâtarde, qui sur certains profils peut être extrêmement destructrice. Chez moi, c'est extrêmement destructeur.
Et c'est en commençant à essayer de faire des choses, et donc en échouant, parce que des échecs tu en as beaucoup, dans plein de trucs, à chaque fois. Ça peut être, je sais pas, du sport, tu vois. Si je prends le sport comme exemple, et bien typiquement, j'ai échoué à être vraiment très bon en musculation, en salle, tu vois. J'ai jamais eu de grosses perfs au développé couché, j'ai jamais eu de gros squats, voilà. Donc typiquement, un moment, j'ai changé de sport. Et donc me confronter finalement à la musculation, au développé couché, au squat, m'a permis de me dire : en vrai, je kiffe le sport, j'adore la discipline que ça demande, j'adore la performance, j'adore l'ambition de s'améliorer, par contre c'est pas un sport qui me correspond. Et paf, j'ai commencé à m'orienter vers le street workout, et là j'ai trouvé quelque chose d'absolument précieux, et quelque chose qui résonne beaucoup plus en moi.
Et ça, c'est une réussite. Et dans cette réussite-là, il y a plein de figures différentes, et il y en a certaines sur lesquelles je me heurte à des échecs. Et parfois, voilà, je prends l'exemple de la planche. Vous irez voir ce que c'est, une planche, sur internet, je ne parle pas de gainage. Alors, si vous voulez une description visuelle comme ça, c'est l'équivalent de faire du gainage bras tendus mais les pieds touchent pas le sol. Voilà, ça vous donne une idée. Un peu ce truc-là, je l'ai commencé il y a très longtemps, et à un moment j'avais tellement mal aux avant-bras. Ça crée des périostites des avant-bras. Les coureurs, vous savez de quoi je parle, les périostites, c'est l'inflammation de la membrane autour de l'os qui te détruit le truc. Bref, j'avais ça aux avant-bras, je pouvais plus tenir mes courses, c'était horrible, donc j'ai arrêté. Nouvel échec, quoi.
Et puis dans cet échec-là, en fait, ça m'a permis de me connecter à un nouvel exercice, qui était du coup, à l'époque, le one arm handstand. J'ai commencé à bosser ça, j'ai réussi à l'avoir, et en bossant ce truc-là, à un moment, je me suis remis à la planche, et maintenant ça commence à venir, ça commence à venir. Et donc chaque nouvel échec amène une nouvelle opportunité, chaque nouvelle opportunité amène de nouveaux échecs, de nouvelles opportunités, de nouvelles réussites. Et la vie est comme ça, la vie est une succession d'échecs et de réussites, et c'est magnifique, c'est magnifique. Et si on n'accepte pas finalement ce côté « bon bah je vais échouer », bah on se retrouve jamais à réussir des grandes choses.
Jack London : les fleurs qui fleurissent tout le temps
… À l'échec, et à tout ce que ça peut nous apporter. Je m'étale pas plus sur ce livre, je pourrais en parler des heures, et franchement je pourrais passer dix minutes sur chaque page tellement c'est intéressant ce qu'il dit. Il donne aussi beaucoup beaucoup beaucoup d'exemples, et pour l'instant, toutes les personnes à qui je l'ai conseillé, ce sont des personnes qui ont été touchées par le livre. Voilà. Bah comme je le disais, en France on a un rapport à l'échec tellement particulier, que quand on lit un livre qui nous invite à regarder l'échec pas d'une position A mais d'une position B, voir, ça change la vie. C'est un truc de dingue, c'est un truc de dingue.
J'ai parlé de fleurs tout à l'heure, on parle d'échecs et de renouveau ici, ça me fait écho à une citation de Jack London dont j'ai déjà parlé, je crois, dans un podcast, mais bon, là j'y repense, et je la vois en plus notée sur mon mur de citations derrière. D'ailleurs ça me fait penser que j'ai noté d'autres citations qu'il faut pas que j'oublie d'écrire. Bref, je raconte ma vie. Cette citation de Jack London, c'est « qui se soucie des fleurs quand elles fleurissent tout le temps ? ». Tout le temps. Et oui. Oui, je sais pas quoi dire, pas quoi dire de plus. Jack London avait tout compris. Si tu ne fais que réussir, comment tu sais que t'as réussi ?
Et oui, mystère, mystère. La réussite ne peut exister que parce qu'il y a des échecs. Un… quelque chose se définit notamment parce que son contraire existe. Comment savoir si une fleur est fleurie si elle est tout le temps en fleur ? Comment savoir si nous sommes heureux si nous le sommes tout le temps ? Comment savoir qu'on est amoureux si on… parfois on l'a pas été ? Etc, etc.
Et donc, quand on accepte cette dualité, et le fait que l'échec existe et que la réussite existe, donc, et que la réussite existe parce que l'échec existe, on a tout de suite un rapport beaucoup plus sain avec l'échec. On se dit « bon bah let's go, allons échouer, allons échouer, et voyons là où ça nous emmène », quelque part. Et donc Marcus, le personnage de Ose Écrire, le troisième poster, j'ai fini le poster, pas encore le magazine mais ça va arriver, se confronte à ça. Et quelque part, à la fin, il n'a jamais été aussi heureux qu'une fois qu'il a osé aller se confronter à son échec, et à se saisir de l'opportunité que représentait son échec. Et ça, c'est tout à fait magnifique.
20 personnages, 20 croyances limitantes à vaincre
D'ailleurs, ces magazines-là, ces magazines, donc là j'ai, là c'est des tentatives d'impression, voilà, Nash, Isabella, ils sont magnifiques. Moi je les kiffe, je les trouve tellement tellement tellement tellement tellement tellement beaux. Ce sont des magazines que j'ai envie de distribuer gratis. Alors, entendons-nous bien, je vais pas les imprimer, les donner, j'ai pas le budget pour faire ça. Mais par contre, digitalement, je cherche une manière très cool de les, de les partager. Pour l'instant je les ai sous version PDF, pour l'instant je le transmets qu'à mes, qu'à mes quelques gens que j'accompagne finalement, comme ça ça leur fait, ça leur fait clairement un petit bonus en avance. Et je cherche une manière cool de pouvoir diffuser ça digitalement, parce que je pense que ça pourra résonner dans énormément de personnes.
Et ce qui est marrant, c'est que là pour l'instant j'en ai fait trois, mais il y aura 20 personnages, chacun avec des histoires particulières. Et mon objectif est vraiment, au travers de ces petites histoires de personnages, de mettre en lumière des personnages extrêmement ancrés dans une croyance limitante d'écrivain, et des personnages qui vont aller la confronter parce qu'un jour ils ont une forte prise de conscience. Et ça, je crois beaucoup au pouvoir des histoires pour transmettre des messages, je crois beaucoup au pouvoir des mots pour faire prendre conscience de choses.
Je m'en suis rendu compte en coaching. Parfois tu poses une question, je sais pas, quelqu'un te dit « je rate toujours ça », et là tu dis juste « toujours ? », et la personne se rend compte qu'en fait toujours c'est pas toujours, parce qu'en fait il y a une fois où elle a réussi quelque chose. Et là elle se dit « ah ouais, mais j'ai réussi ça, c'est vrai putain, et en fait, mais ça veut dire que ouais, j'ai peut-être le courage de machin », tac tac tac tac. Et la prise de conscience, et la seule question qui a menée à cette prise de conscience, c'est « toujours ». Et donc le pouvoir des mots est incommensurable, quelque part. Voilà.
Et donc ces 20 personnages auront chacun leur magazine, leur poster. Vous voyez, là j'en parle comme ça, je commence à en parler, parce que c'est quelque chose que j'ai, c'est quelque chose que je traîne, je dis comme ça, mais c'est quelque chose que j'ai en moi depuis très longtemps. Je sais que j'ai envie de faire cette collection entre guillemets, cette petite capsule de magazines autour de personnages qui vont vaincre leur croyance limitante et leurs injonctions pour aller accomplir leur rêve d'écrire. Seulement, j'ai envie de faire les choses bien, et j'ai aussi envie de toujours replacer l'essentiel au cœur de l'important, et trouver un moyen de diffuser ça, pour l'instant, n'avait pas de sens si j'avais pas de message à faire passer, si j'avais pas de gens à accompagner, etc, etc.
La cage dorée : la citation qui a brisé mon déni
Donc j'ai décidé de faire les choses dans l'ordre, de construire quelque chose de très très cohérent dans mon accompagnement. Ça, d'ailleurs, je remercie les gens qui m'ont accompagné eux-mêmes pour m'aider à construire tout ça. Sans eux, franchement, j'aurais proposé des trucs pas ouf, et des trucs que les gens auraient pas eu envie de faire. Là, je me sens tellement aligné avec ce que je propose, je pense que ça se ressent. Et je suis tellement content de travailler avec les autrices que j'accompagne, puisque pour l'instant j'ai que des autrices, et c'est trop cool. Je, j'adore les voir avancer, j'adore les voir vaincre petit à petit leur blocage.
J'adore réussir aussi, quelque part, à en apprendre toujours plus sur moi, parce que parfois les gens t'amènent des problématiques auxquelles t'as pas forcément pensé. Donc ça t'invite toujours à te remettre dans ton processus d'apprentissage, notamment de coaching, en te disant « bon, ok, là j'ai rencontré cette problématique, je l'avais pas prévue dans mon plan. La prochaine fois que je la rencontre, et encore maintenant si jamais le sujet revient encore, quel outil, quelle manière j'ai de pouvoir exploiter ça et en… essayer d'en tirer quelque chose de très positif », et réussir à casser ce mur de blocage finalement. Donc c'est toujours un processus hyper hyper hyper hyper hyper appréciable, parce que tu en apprends toujours grâce aux gens que tu accompagnes.
C'est fou, les gens. Voilà, les gens, dans leur intention. Ce que moi, ma vocation, et ce que j'ai envie de faire, c'est d'accompagner les gens à écrire leur livre, dans la volonté d'un accomplissement personnel, de développer une confiance en eux, d'être fier d'avoir accompli leur rêve, de se dire que tout le reste qu'ils ont envie de faire est possible aussi. Je le fais pas du tout dans, genre, j'ai pas de secret de best-seller à donner à qui que ce soit. Je suis qui ? Qui suis-je pour dire « t'inquiète pas, avec ça tu seras publié chez Gallimard » ? Personne. Je laisse ça aux autres. Et je crois profondément au livre comme vecteur de changement profond et de transformation profonde chez les gens.
Et donc, voir par quel chemin les auteurs et les autrices ont envie de passer, avec quelle intention ils ont envie d'aller au bout de ça, c'est extrêmement beau, parce que tu sens que c'est extrêmement thérapeutique aussi. Ça vient toucher un processus de guérison, en fait, et c'est génial, c'est absolument génial. Je vois mon rêve prendre forme. Je l'ai dit plusieurs fois, mais mon rêve à moi, c'est clairement, j'imagine une bibliothèque, qui pour l'instant… vide, et qui petit à petit se remplira des livres de tous les gens que j'ai accompagnés. Et je la vois de plus en plus, cette bibliothèque, elle m'accompagne, elle devient de plus en plus, de plus en plus ancrée dans ma réalité au fur et à mesure que tout ça avance.
Je suis trop content. Tout ça pour dire que ça, c'était le principal à construire, c'était l'essentiel, l'important étant de développer tout le reste autour, évidemment. Mais on commence toujours par l'essentiel, et on commence toujours par cette question que je répète à chaque fois : quel est le premier petit pas qu'on peut faire aujourd'hui pour avancer vers notre rêve ? Voilà.
Moi, si j'avais dû répondre à cette question avant, j'aurais dit « bon bah d'abord, réussir à avoir un accompagnement que tu aurais aimé toi-même suivre », avant de dire « bon bah ok, je vais faire un site internet avec une application et des machins et des magazines qui sont diffusés partout ». T'inquiète mon frérot ! Non, Sam, doucement, on sait que tu as plein d'idées, mais chaque chose en son temps, une idée après l'autre. L'idée, c'est pas à la fin de notre vie, enfin, en tout cas c'est ma vision, attention disclaimer, c'est ma vision : l'idée n'est pas, à la fin, d'être le mec qui a eu le plus d'idées sur Terre, parce que l'idée pour moi, c'est d'être le plus fier possible des choses qu'on a accomplies. Voilà. Après, on y met dans « accompli » ce qu'on veut, c'est faire un milliard de trucs ou en faire juste une, j'en sais rien, chacun trouve midi à sa porte.
Jade, prochaine histoire du magazine
Voilà pour ce, ce petit, cette petite discussion autour de l'histoire de Marcus. Breakdown can create breakthrough. Et je vais m'attaquer à l'histoire de Jade maintenant. Jade, qui, dont la citation me parle énormément. C'est une citation, je vous fais un petit, je vous raconte un petit peu en avance, c'est une citation que j'ai entendue début 2023, avant de commencer tout ce que j'ai commencé.
C'était un moment dans ma vie où je me disais « Sam, tu n'accomplis rien. Sam, il ne se passe rien dans ta vie, tu as l'impression. Et tu as une situation qui est extrêmement enviable, beaucoup aimeraient être à ta place, mais qu'est-ce que, en quoi ça a du sens pour toi ? Qu'est-ce que tu accomplis dont tu es fier ? ». Je l'ai déjà dit dans un podcast, c'est à ce moment-là que je me suis demandé « putain, mais si je meurs demain, qu'est-ce qu'il y aura écrit sur ma tombe ? ». Je le répète beaucoup, mais ça m'a fait beaucoup fait rire à l'époque, je m'étais dit « ok, va y avoir marqué : a été ingénieur et n'aimait pas ce métier ». Et j'étais là « putain, mais merde quoi, j'ai pas envie de ça ! ».
Et donc, cette citation, qui est « ne te crois pas libre parce que tu as la place de courir dans ta cage », c'est une citation qui vient d'une chanson de Luji de Columbine, ou Lujipeka, non, Lujipeka je crois, son album solo. Et j'avais entendu cette citation, elle m'avait, mais, détruite, dans le sens, elle avait brisé un miroir de déni que j'avais. Elle m'avait fait prendre conscience de quelque chose de fort, qui était que j'étais dans une prison dorée, et que j'avais pas envie de quelque chose de doré, j'avais envie de pouvoir courir tout nu dans la nature, quoi. Et quand j'ai entendu cette citation, je l'ai notée, et elle est restée toujours ancrée, ancrée, ancrée, ancrée, ancrée.
Et donc Jade, un jour, tombe elle-même sur cette citation, et sa vie change. Voilà, pour l'instant je vous en raconte pas plus. Si, je peux vous raconter aussi que tous ces personnages sont associés à un animal. Comme je disais, mère nature, première créatrice du monde, d'un côté très spirituel, je trouve ça absolument génial de voir toutes les idées qu'elle a pu avoir et qu'elle a inventé finalement. Tu vois, il y a des trucs géniaux quand même sur Terre, et chacun, ou chez chacune, sont uniques, et ça c'est magnifique. Et donc je trouvais, en plus je suis fan des animaux, que c'était un bon petit clin d'œil de rajouter sur chacun de ces personnages un animal qui se retrouve évidemment sur leur tenue.
Voilà : Nash, il a, c'est le black panther, il a un perfecto en cuir noir. Isabella, une belle petite robe noire avec des teintes violettes, toujours la panthère noire. Marcus, il a une bête de veste en mode football américain avec un motif guépard incroyable. Jade, un peu pareil, mais vous la verrez, et c'est trop cool. Et d'ailleurs je l'ai déjà dit, mais ils sont aussi en petite figurine, et c'est trop cool, je suis trop trop content. Voilà, je développe tout le, tout l'univers de Ose Écrire finalement, et ça c'est trop cool.
Ce que chaque échec t'apprend sur tes forces
Voilà voilà comment on conclut ce podcast. Voilà, à chaque fois je pose la question à la fin, à la fin de mes coachings ou des appels que j'ai avec des gens, je leur dis « comment tu aimerais conclure notre échange ? ». C'est marrant parce que c'est une question, parfois les gens savent pas quoi répondre, mais c'est toujours intéressant de se poser la question. Donc je vais m'auto poser la question : Sam, comment aimerais-tu conclure ce podcast ?
J'aimerais conclure ce podcast en vous rappelant que dans les échecs que vous avez pu vivre, ou dans les échecs que vous pourrez vivre, il y aura toujours des forces que vous pourrez aller chercher. Il y aura toujours de belles valeurs, de belles qualités dont vous avez fait preuve, même dans ces échecs, qui vous serviront pour toutes les réussites que vous aurez ensuite. Et c'est extrêmement important de toujours se poser la question : ok, ça a été un échec, mais qu'est-ce que j'ai appris ? Qu'est-ce que ça a montré de moi ? Qu'est-ce que j'ai pu souligner comme qualité dans cet échec, finalement ?
Si je reprends par exemple l'histoire de mon échec en salle de sport, j'aime bien prendre des échecs soft pour que vous voyiez qu'en fait il n'y a aucun… des échecs, il y en a tous les jours et partout, et que certains sont plus importants que d'autres, mais qu'en fait on peut tirer des qualités et des trucs cools quasiment dans tous. Et dans ce truc en salle de sport, tout simplement, ça m'a permis de développer ma confiance en moi, de me mettre en contact avec de nouveaux sports que je connaissais pas et que j'aurais jamais découverts sinon, et de me montrer que j'étais capable de trouver une discipline que je respecte. Et c'est cette même discipline que j'ai appliquée après à l'écriture. Et donc quelque part, sans cet échec en salle de sport, je me serais peut-être jamais remis à écrire.
Mon grand-père, moteur de chaque journée
Voilà. Sur ce, j'aurais pu parler de, d'échecs beaucoup plus, beaucoup plus poignants. Voilà, je peux finir sur un exemple beaucoup plus poignant. Quand je perds mon premier grand-père, c'est extrêmement douloureux pour moi. Je… le mot échec n'est pas le meilleur mot, mais vous voyez ce que je veux dire, un moment difficile qui te fait dire « mais à quoi bon ? ».
Et bah je pense que dans cette épreuve difficile, j'ai pu y trouver, je remarque maintenant, j'arrive à y trouver la force de me motiver au quotidien. Parce que tout ce que je fais maintenant, aujourd'hui, je le fais aussi pour mon grand-père qui est parti. Et je me dis « ok, pour honorer sa mémoire, pour honorer ce qu'il était, pour honorer la fierté qu'il avait pour moi, même quand j'étais tout petit et que la seule chose que je faisais c'était des bêtises ou des lectures, des BD Schtroumpfs, et bah pour tout ça, je ne peux pas m'arrêter ». Je n'ai pas envie de m'arrêter, et au contraire, j'ai envie tous les jours d'en faire un peu plus pour l'honorer. Voilà. Et vous voyez, c'est une épreuve pourtant terriblement difficile, mais quelque part, dans ça, on peut aussi parfois en retirer des messages positifs. Et c'est parfois après coup, vous voyez, là je me suis pas dit quand j'étais petit « oui Sam, tu verras, ça te permettra de… », non non non, je me le dis maintenant, parce que ça me marque maintenant.
Voilà. Sur ce, je vous souhaite une très bonne journée, soirée, goûter, comme à chaque fois, et je vous dis à la prochaine mes amis. Et je vous dis à la prochaine.
Ancien ingénieur en sûreté nucléaire, j'ai tout quitté pour l'écriture. J'anime Ose Écrire et j'accompagne les auteurs autour de trois clartés : le rythme, l'identité, l'intention. Toi aussi, tu as un livre qui attend ?