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Pochette de l'épisode 18 du podcast Ose Écrire

ÉPISODE 18AVEC INVITÉ13 AVRIL 202558 MIN

Échange avec Pauméo - De l'idée d'enfant au livre

Clarté · Intentionentraide
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FACE A — LES 15 CHAPITRES · CLIQUE POUR ÉCOUTER

Et si ton univers avait déjà commencé, il y a quinze ans, dans une salle de classe ?

CE QUE RACONTE CET ÉPISODE

Pauméo était une élève très réservée. En quatrième, elle subissait un professeur d'anglais qui voulait absolument la faire participer, cours après cours. Elle n'a pas trouvé le courage de lui dire non en face. Elle a ouvert un cahier, et elle en a fait un personnage : un type qui passe son temps à embêter son protagoniste.

Autour de lui, elle a greffé tout ce qu'elle aimait. La nature, les animaux, des montagnes sinistres, trois adolescentes enfermées dans un refuge pendant que les adultes leur cachent la guerre au-dehors. Une planche de Ouija, un démon libéré, des chiens monstrueux et des animaux élémentaires. Neuf tomes prévus. Le premier est publié, le deuxième en alpha lecture.

Ce qui me touche le plus dans son parcours, c'est ce qu'elle refuse de faire. Elle ne lisse pas son texte pour qu'il fasse adulte. Elle veut que la collégienne qui a commencé reste visible dans les pages.

Dans cet épisode, on parle aussi des trois déclics qui ont sorti le manuscrit du tiroir après quinze ans, de sa façon d'écrire entre deux manips de labo pendant les temps d'incubation, et de la manière dont elle règle ses pages blanches en allant se coucher.

LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE

CAROUSEL À VENIR

Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.

Face B — le transcript

L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE

Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !

Introduction : qui est Pauméo

Ybelion — Yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans le 18ème épisode de Chemin d'Artiste et d'Auteur. Aujourd'hui, j'ai la chance d'accueillir Pauline, écrivaine et cofondatrice d'un groupe d'entraide d'écriture qui va devenir une association, Les Petites Plumes. On parle de ses inspirations, des conseils pour les jeunes auteurs, etc. Bref, un condensé de valeurs, sans aucun doute. Je vous souhaite une bonne écoute et je vous dis à bientôt. Et j'ai vu qu'avec les petites plumes, vous alliez passer la vitesse supérieure. Supérieure, oui.

Des Petites Plumes à l'association

Pauméo — On va créer une association à partir du groupe qu'on a là. Et d'ici juin, on va s'y mettre dessus. Là où on aura un peu plus de temps, un peu plus de notions et d'informations sur tout ce qu'il faut. Parce qu'administrativement, il faut avoir une assurance, il faut avoir un dossier. Il faut avoir... Voilà, c'est un peu un dossier à monter. Parce que finalement, c'est pas... Là, actuellement, le problème qu'on a, c'est que... Ok, on a un groupe, c'est super. Mais si on veut lancer, par exemple, des salons, des... Je sais pas, moi-même, des petits événements, on a besoin justement de cette question d'assurance, de ce poids d'association.

Ybelion — Ok. Ok, ok.

Pauméo — Donc voilà.

Ybelion — Ok. Et c'est... Parce que moi, j'ai rejoint... C'était quand ? Au début de l'année ou en fin d'année dernière, peut-être ? Je sais plus, le temps passe tellement vite.

Pauméo — Oui, c'est clair. C'est énorme.

Ybelion — Ça fait combien de temps que vous avez créé ce groupe-là ?

Pauméo — Alors, je pense que ça fait à peu près un an, bientôt.

Ybelion — Ah ouais, quand même.

Pauméo — Bientôt un an. Pas tout à fait. On l'avait créé dans l'été... Été 2024. C'est pas... Il est jeune, notre groupe, finalement.

Ybelion — Et c'était quoi l'objectif initial avec le groupe ?

Pauméo — Rassembler, en fait, les auteurs, que ce soit en auteur en auto-édition ou en maison d'édition, pour tous s'entraider. Et aussi rassembler, ben, tous ceux qui concernent les chroniques, les chroniqueurs, mais aussi les professionnels du livre. Donc, professionnels du livre, on peut avoir autant les graphistes que les... que... Ben, même les maisons d'édition, du coup. Tout ce qui est... Même toutes les personnes qui font les podcasts, tout ce qui font... Tout le petit monde qui font les interviews, tout ce... Ben, ouais. C'est un peu tout ce qui concerne le livre, quoi. Donc, ouais. Tout s'est rassemblé de façon à ce que... Ben, par exemple, ben, on a besoin d'une chronique sur ce livre, on demande à ce que ce livre t'intéresse. Allez, hop, je t'envoie mon livre. Et tu me dis si tu aimes, j'ai besoin de ton avis, j'ai besoin de ci, de ça. Ou même des informations administratives, quoi.

Ybelion — C'est vrai que ça, c'est hyper appréciable dans le groupe. C'est cet aspect très organique, très familial, en fait.

Pauméo — Ouais.

Ybelion — Dans la manière de fonctionner. Et ouais, c'est hyper appréciable. D'autant plus quand tu connais un petit peu personne, c'est agréable d'être mis en contact comme ça avec plein de gens...

Pauméo — Exactement.

Ybelion — ...qui vont au moins avoir la curiosité d'aller voir ce que tu fais, quoi.

Pauméo — Surtout quand on débute sur Instagram, quand on voit les personnes qui viennent débarquer, ils connaissent à peine la plateforme, ils viennent à peine de sortir un livre en auto-édition, ou alors ils veulent sortir un livre en auto-édition, mais ils ne savent pas comment faire, en fait. Parce que moi, personnellement, j'ai commencé de zéro. C'est en arrivant sur Instagram que j'ai commencé à me dire « Ah, ok, c'est en auto-édition, ok, ça peut être pas mal, quoi. C'est parti. » Mais ouais, il a fallu faire ses petites recherches, son réseau. Et puis finalement, on se dit « Franchement, ça aurait été cool d'avoir une petite communauté déjà de base pour ne pas tomber dans certains pièges, ou alors pour aller plus vite sur certains autres points. »

Ybelion — C'est clair, c'est vraiment de l'entraide que naît en plus. Plein de belles choses.

Pauméo — De toute façon, là, si vraiment on va avancer, l'entraide, c'est le meilleur moyen.

Ybelion — Ouais, c'est clair, c'est clair. Et c'était une initiative que vous aviez prise ? Vous étiez combien initialement ?

Pauméo — Alors, initialement... Initialement, initialement... Question piège. Ouais, c'est ça. En fait, je cherchais justement un peu ce genre de personnes qui souhaitaient entrer dans une communauté, un petit groupe qui ferait ça. Du coup, j'ai demandé à... Je crois que c'était chronos.book, son idée. Bon, à Adrien. Oui, voilà, je n'osais pas le dire, mais effectivement, oui. Voilà. Et à Coco. Et finalement, ensuite, j'ai aussi parlé à Rebecca, parce que finalement, on s'est à peu près lancé en même temps. Et j'ai dit, ben, ça ne serait pas chaud pour faire ça, quoi. Et du coup, elle m'a répondu positivement. Ensuite, il y avait Juju, Lynn Fox, qui avait publié Animae. Et en fait, dans mon livre, j'ai des animaux élémentaires que j'appelle des anima. Et je me suis dit, ah, c'est proche de ce que je fais. Alors, je vais un peu la contacter. Je vais un peu parler avec elle. Et finalement, au courant des conversations, je lui ai demandé, ben, ça ne te dirait pas aussi faire partie du groupe ? Ben, oui, oui. Il y a aussi Cécile, qui, dès le début, était là aussi. Et c'est vrai qu'on s'est dit, let's go, on va monter ça. Et on va demander un peu à ceux qui sont intéressés. Comme, par exemple, il y a Elisabeth Guillot, notamment, qui nous a beaucoup, beaucoup aidés par rapport à ça. Lila, enfin, il y a plein de personnes qui étaient là aussi dès le début et qui nous ont dit, qui étaient déjà ancrées dans l'auto-édition, qui connaissaient le milieu, et qui nous ont dit, ben, faites ça, et let's go, quoi.

Ybelion — En tout cas, ça a été le début d'une belle aventure. C'est ça. J'ai mal fait mes devoirs. Je ne suis pas allé regarder combien il y avait de membres. Parce qu'en plus, vous nous avez répartis par groupe, il me semble, non ?

Pauméo — C'est ça ? Oui, il y a six groupes, oui.

Ybelion — OK, six groupes. Et c'était quoi la volonté derrière, en faisant des groupes comme ça ?

« J'ai mis mon prof d'anglais dans mon roman »

77 membres, 100 messages : pourquoi tout découper

Pauméo — Alors, en fait, au tout début, on était 77 dans un seul groupe.

Ybelion — OK.

Pauméo — Dans un seul groupe.

Ybelion — OK. Ah oui, effectivement, en fait, il y a du monde. Voilà.

Pauméo — Et le problème, c'est qu'on voulait un peu ouvrir aux notifications, par exemple, au partage de stories, au partage de publications. Et on s'est d'un coup retrouvés avec des notifs toutes les cinq minutes, quoi. Et on s'est rendu compte que les gens, ils n'appréciaient pas du tout. Et ce qui est normal, ils avaient du mal à suivre. Ils arrivaient après leur journée de boulot, il y avait 100 messages à lire. On s'est dit, non, il va falloir gérer ça autrement. Et on s'est dit, des petits groupes. Alors, au début, c'était des petits groupes au maximum de 15, on s'était dit. Maintenant, les groupes sont plus proches de 20. Mais bon, ça tourne. Ça tourne. Donc, non, vraiment.

Ybelion — Et ouais, donc, six groupes de 20. Ouais, ça fait quand même pas mal de monde. Ça fait pas mal de monde. Ça commence, hein. C'est fou parce qu'on ne s'en rend pas compte. Quand on ne rentre pas dans le bookstagram, comme on dit, on ne se rend pas compte qu'il y a autant de gens qui partagent. Et c'est fou parce qu'effectivement, ça touche beaucoup de métiers. Alors, évidemment, tu as les auteurs. Tu as les apprentis auteurs, ceux qui sont en train, dans la démarche d'aller vers leur premier livre. Tu as tous les correcteurs. Et ceux-là, c'est un métier que j'admire, moi. Je trouve, il faut... C'est... Enfin, ouais. Vraiment, les correcteurs...

Pauméo — Ils sont énormes.

Ybelion — Ouais, sans eux, on aurait du mal. Moi, j'avais été halluciné. Tu vois, je fais une petite parenthèse. Mais quand j'avais fait corriger mon premier livre, alors j'avais beau avoir relu plein de fois, pareil, les bêtas, Antidote, tout ça, tu vois. J'avais été halluciné de la quantité de fautes. Mais c'était tout petit détail. Et sûrement qu'il y a 90% des gens qui n'auraient pas remarqué. Mais ça fait quand même une différence assez folle, en vérité. Donc, gros big up à ce métier-là.

Pauméo — Net one, là, je vois mon tome 1. J'avais une correctrice et une graphiste, Line Point Covers, Alissa. C'est vrai qu'en fait, je me suis rendu compte que mon petit groupe d'alpha lecteurs ou de correcteurs, il était très restreint. Là, pour mon tome 2, d'un coup, je me retrouve avec deux alpha, beta lecteurs. Deux alpha lecteurs, c'est Adrien et Coco. Plus passeurs, plus potentiellement une autre personne qui m'a dit, ben ouais, pourquoi pas. Et un correcteur, finalement, qui viendra lire après les alpha lectures, de façon à se concentrer sur l'orthographe et tout. Et je me rends compte qu'avant, je n'avais pas tout ça. C'est vrai que grâce au groupe, finalement, j'ai connu de super personnes qui m'ont permis, en fait, d'avancer, quoi.

Ybelion — J'ai plein de questions qui me viennent sur ton aventure d'écrivaine à toi, etc. Je finis juste sur le groupe des petites plumes, parce que c'est... En tout cas, moi, je trouve que c'est une très belle initiative. Et je voulais savoir, du coup, maintenant, dans le futur, que vous avez cette idée de créer une vraie association. Tu m'as parlé de salon. C'est quoi vos ambitions ? Qu'est-ce que vous avez envie de faire avec cette association ?

Pauméo — Ce qu'on a envie de faire, c'est toujours dans l'optique d'aider. Et aussi faire un peu, par département, des petites plumes dans chaque département. Mais aussi, là, on a aussi la Belgique avec Cécile. On a aussi Muriel au Canada. Et on aimerait bien exporter, aussi conquérir finalement un petit peu la France en petites plumes, quoi. Et de façon à faire un peu reconnaître les petites plumes, et aussi avancer toujours de façon solidaire, et faire connaître finalement les auteurs qui sont au sein même des petites plumes, quoi. Les graphistes aussi, les...

Ybelion — Oui, parce qu'on n'a pas fini la liste des métiers, mais effectivement, après les correcteurs, il y a les bêta-lecteurs, il y a les alphas-lecteurs, il y a tous ceux qui font les chroniques, etc., les services presse.

Pauméo — Au cœur, c'est ça.

Ybelion — Donc, oui, il y a beaucoup. Et puis, effectivement, les graphistes, tout ça.

Pauméo — C'est énorme.

Ybelion — OK. En tout cas, c'est... Bravo. Et puis, alors, c'est vrai que l'aspect association aussi donne une autre dimension, parce que ça vous donne accès aussi à pouvoir permettre aux gens de financièrement participer. Et ensuite, vous, ça vous libère du budget, en fait, pour organiser des choses... Exactement. Enfin, de manière plus professionnelle, entre guillemets, sans que ça soit un poids pour vous.

Pauméo — Voilà. C'est exactement ça. Après, on verra un côté financier, comment on gère, parce qu'on sait que certaines personnes préfèrent le groupe. Donc, je pense qu'on gardera quand même l'aspect groupe toujours actif.

Ybelion — Ouais. Tu vois, à titre d'exemple, moi, je fais partie d'une association d'artistes, et elle était née de la même ambition que vous, c'est-à-dire vraiment le partage. Et donc, initialement, c'était simplement un groupe Discord, tu vois, où on était pareil, assez nombreux, comme ça, à échanger, à partager nos sorties, etc., etc. Et ils se sont transformés en association. Et en fait, ils ont gardé ce groupe-là. Il y a juste maintenant un canal spécifique pour les gens qui ont souscrit, qui sont membres de l'association. Et finalement, en fait, ça ne change pas trop la dynamique. Donc, tu vois, il y a... Alors, évidemment, voilà, il y a parfois des partages peut-être un peu plus pointus dans les espaces, entre guillemets, réservés aux membres. Mais rien de choquant. Et en fait, tous les autres sont toujours les bienvenus et on répond toujours à leurs questions. Donc, non, je pense qu'effectivement, les deux sont très... Comme ça, tout le monde trouve son bonheur, quoi.

Pauméo — C'est ça. On trouve son bonheur et... Ouais.

Ybelion — OK. Bah, écoute, en tout cas, encore une fois, je répète mes félicitations pour cette initiative. Merci beaucoup. Moi, ça m'avait fait beaucoup de bien. J'étais tombé sur vous grâce à Adrien, du coup. Et je suis content, d'ailleurs. Je ne sais pas s'il nous écoutera, mais c'est bien. Je vois que ce qu'il fait plaît de plus en plus. Il a de plus en plus de portée. Et c'est très cool. C'est très cool. Donc, bravo à lui. En même temps, il émettait beaucoup d'énergie, tu vois. Et même, tu vois, quand moi, il était venu, on avait beaucoup discuté de mon livre, etc. Et tu vois, moi, alors voilà, je partage la petite anecdote. J'étais tellement pas habitué au... En fait, j'avais une vision assez déformée des chroniqueurs. J'étais là, OK. En fait, la plupart vont te demander, vont venir te démarcher en disant, bon bah écoute, on m'envoie ton livre et je ferai un post. Et alors ça, effectivement, ça peut marcher comme ça. Mais tu vois, Adrien, à un moment, il me parle de ça. Et je lui dis, bah écoute, oui, alors... Et moi, j'avais eu une très mauvaise expérience. Tu vois, dans d'autres, avant, alors c'était pas pour des livres, mais pour autre chose. J'avais eu une très mauvaise expérience avec ces personnes-là qui, justement, te demandent des choses gratuites, te font un post. Mais en fait, tu sens qu'ils vivent juste de trucs gratuits qu'ils récupèrent. Et donc, j'avais une très mauvaise expérience. Mais j'avais un bon feeling avec Adrien. Et du coup, je lui avais dit, bon bah écoute, ouais, en vrai, bon, pourquoi pas, je t'envoie le livre. Et puis si ça te plaît, tu fais un post, machin. Et il m'avait dit, non, mais je te l'achète, il n'y a pas de problème et tout. Et je te jure, j'étais là en mode, ah putain, c'est fou, des gens sympas, tu vois, des gens qui sont prêts à soutenir les petits auteurs et tout. Et c'est pour ça, ça m'avait beaucoup touché. Donc, gros big up, Adrien. Merci beaucoup.

Pauméo — Ouais, franchement, il est épatant, il est épatant. Coco aussi. Ils sont top. Ils sont vraiment top.

Ybelion — Ouais, il y a de belles personnes dans ce groupe-là, ouais.

Pauméo — C'est clair, c'est clair.

Passionnée d'écriture depuis la quatrième

Ybelion — Et pour parler un peu plus de toi, ça fait combien de temps que tu es passionnée d'écriture ?

Pauméo — Alors, passionnée, on va dire que ça fait depuis ma quatrième. Donc, ça remonte à des années. Ça remonte à des années. On va dire que ça fait au moins 10-15 ans. On va dire 15 ans à la luche. Donc, voilà. Non, vraiment, sur les bancs du collège, en fait.

Ybelion — Sur les bancs du collège. Et tu t'es mise à écrire à ce moment-là ?

Pauméo — Oui, je me suis mise à écrire à ce moment-là. En fait, de base, c'était un peu des petits défis que je me faisais. Je m'entendais bien, mais avec mes professeurs de collège. Et j'étais quelqu'un d'assez réservé. Je ne pouvais participer. J'étais très, voilà, enfermée sur moi-même. Bon, j'avais des amis et tout, mais j'étais très réservée quand même. Et c'est vrai qu'il y avait un prof, c'était un prof d'anglais, qui voulait forcément me faire participer. Logique. Et je ne sais pas, j'avais envie de me venger un peu là-dessus, en mode, mais il ne faut pas interroger quelqu'un d'autre. Fiche-moi la fête, j'en peux pas, j'en peux plus, quoi. Et du coup, j'ai créé un personnage à part entière sur un prof d'anglais qui embêtait un peu le protagoniste, quoi. C'est vrai qu'avec mes goûts de la nature, mes passions pour les animaux, finalement, j'ai créé tout un petit univers à moi. À la fin de mon année de quatrième, je crois que c'était, j'ai fait lire. J'ai dit à l'afra d'anglais, disait. Et résultat, elle a aimé et elle m'a encouragée, en fait, à continuer. Du coup, c'est là que pendant, je ne sais pas, j'ai amélioré, j'ai continué, j'ai écrit tome 2 comme tome 3. Puis je suis revenue au tome, j'ai corrigé, jusqu'à ce que je me lance finalement l'année dernière. Et je me dis, allez, cette fois, je le publie.

Ybelion — Putain. Donc, c'est l'histoire, là, les livres, donc tu m'as dit le tome 1, le tome 1, OK. Le tome 2, tu es en train de le finir, il me semble. Est-ce que tu me disais ?

Pauméo — Ouais, le tome 2, là, il est en alpha lecture chez Coco.

Ybelion — OK.

Pauméo — Bientôt chez Superdrieng. Et après, voilà. Il sortirait bientôt, là, il sortirait en juin, juillet, j'aimerais.

Ybelion — OK. Et c'est donc l'histoire que t'as commencé à imaginer en quatrième.

Pauméo — Ouais.

Ybelion — C'est fou. Tu sais que l'histoire que t'as racontée avec ton prof, là, ça m'a donné des frissons parce que je trouve ça fou. Je trouve ça fou que sous l'impulsion d'un prof comme ça, ça te permette de te lancer. Ouais, franchement. Et comment ça t'a aidé, justement, qu'à la fin, c'était une ou un ? C'était une.

Pauméo — C'était une prof d'anglais, ouais.

Ybelion — OK. Et comment ça t'a aidé qu'elle te pousse comme ça à la fin quand elle l'a lu ?

Les trois déclics qui ont fait sortir le livre

Pauméo — Je pense que c'était un peu en manque de confiance en moi.

Ybelion — OK.

Pauméo — Je n'aimais pas montrer ce que j'aimais faire, ce que je faisais, où j'étais. Je ne sais pas si j'étais douée, mais je n'aimais pas montrer ce que je faisais. Je n'aimais pas. Et c'est vrai que le fait de l'avoir débloqué, ça, et d'avoir eu des encouragements pour continuer, ça m'a donné envie justement de poursuivre sur cette lancée. Mais il m'a fallu quand même longtemps avant de le sortir pour de bon, ce livre. Mais je crois qu'il y a eu plusieurs déclics. Par exemple, je sais qu'il y a des personnages de mon livre qui sont décédés aujourd'hui. Donc, c'est vrai qu'il y a eu aussi ce petit déclic-là que j'avais envie de continuer à faire vivre au travers des écrits. Et il y a aussi le côté, un peu le fruit du hasard. Là, c'était l'année dernière, j'ai une amie qui était scientifique, qui avait passé sa thèse au labo où je travaillais. Et elle m'avait dit, je fais une reconversion, j'arrête la science, et je bascule dans, pour faire court, je bascule dans graphiste. et je fais des graphismes pour les livres. Je fais des illustrations, je fais la mise en page et tout. Je crois que ça m'a donné le petit coup de fouet pour me lancer, en fait. Ça a été vraiment le petit déclic. Ouais, ça a été le petit déclic. Et je me suis dit, allez, bon, sinon tu le fais jamais, vas-y.

Ybelion — Qu'est-ce que t'as ressenti, justement, quand elle t'a partagé, finalement, son virage à 180 ?

Pauméo — Ça m'a fait un peu, Syl, en mode, c'est une porte. Il faut que je la prenne. C'est l'opportunité. Il faut que j'y aille. Il faut que je vois. Si elle se trouve, elle ne pourra pas m'aider. Je ne savais pas. Je ne savais pas si c'était son truc, les livres fantastiques. Mais finalement, elle m'a dit, oui, vas-y, viens, on parle ensemble. Et lors de notre meeting, pour voir si elle pouvait faire ça, de suite, elle a eu plein d'idées. Elle m'a dit, oui, on peut faire comme ça, ça. Il n'y a pas de souci. Résultat, pour en arriver là, je suis totalement comblée. Il est très beau.

Ybelion — Tu me donneras, je partagerai tous les liens de ce que tu peux m'envoyer. Super, merci. J'aime beaucoup parce qu'on sent que c'est à la fois une aventure personnelle parce que tu as forcément raconté quelque chose qui a grandi en toi pendant très longtemps. Et en même temps, tu vois, c'est ponctué de gens autour qui, à un moment, te permettent de te lancer. Et j'aime beaucoup, on dit souvent que l'écriture, c'est un travail très solitaire. Et en fait, au contraire, je pense que c'est beaucoup plus collectif que ce qu'on pense. Parce que déjà, on met énormément de tous les gens qu'on croise dans nos livres. Et en plus, comme c'est... Bon, ben, il faut se l'avouer qu'il y a des moments, c'est compliqué, tu vois, de réussir à avancer. Et c'est vrai que juste, parfois, une phrase, un mot de quelqu'un qui te dit « Non, mais t'es sur la bonne voie, aie confiance en toi. » Ou juste quelqu'un qui te partage. Voilà. C'est pour ça que c'est autant raisonné. J'aime beaucoup l'idée que quand les gens accomplissent leurs rêves, ils rayonnent de manière différente et ils encouragent les gens à faire de même. Et typiquement, l'exemple que t'as cité avec ta graphiste, c'est exactement ça. Tu l'as finalement, quelque part, tu l'as vu réaliser quelque chose qu'elle avait envie de faire et tu t'es dit « Mais en fait, attends, mais moi, je vais faire pareil. »

Pauméo — C'est ça. C'est un peu ça, en fait, ouais. C'est plein de belles rencontres qui nous poussent, en fait, à nous dépasser, à nous faire nos projets, finalement, à se lancer. Non, vraiment, c'est magique. C'est magique.

Ybelion — Et comment il s'appelle, ton livre ?

« La malédiction du cristal noir » : trois ados et un démon

Pauméo — Alors, c'est « La malédiction du cristal noir ».

Ybelion — Ok.

Pauméo — Voilà.

Ybelion — « La malédiction du cristal noir ». Ça, c'est le titre du premier roman ou de l'univers ?

Pauméo — C'est le titre de l'univers et sinon, c'est « Les ombres mystérieuses ». On le voit un peu plus bas.

Ybelion — Ok.

Pauméo — Donc, livre fantastique, un peu apocalyptique, de la fin d'un monde.

Ybelion — Ok.

Pauméo — En gros.

Ybelion — Ok. Est-ce que tu veux me faire... C'est un exercice difficile, je suis un peu salaud de poser la question comme ça, mais est-ce que tu veux le présenter rapidement ?

Pauméo — Allez, on va essayer. En fait, c'est l'histoire de trois adolescentes qui vivent dans un refuge isolé du reste du monde. Le monde autour d'elles est en guerre. C'est vraiment, comme je disais, la fin d'un monde. Et ces trois adolescentes ne sont pas au courant de ce qui se passe dehors. seuls les adultes les protègent finalement de ce chaos ambiant. Ces trois adolescentes, du coup, dans leur refuge, elles s'ennuient un peu. Ok, elles sont entourées de pleines montagnes assez sinistres. Petits villages, ok, mais il n'y a pas grand-chose à faire, ces petits villages, mis à part des randos. Du coup, c'est ce qu'elles font, des petites randos et des petites aventures paranormales. Elles se disent, let's go, on va aller chasser le fantôme. Et sachant que notre protagoniste, elle n'a plus sa mère. La protagoniste n'a plus sa mère et donc, et à ça, finalement, sa recherche, à la recherche de son fantôme potentiellement. Donc, elles font leur petite séance et donc, avec la planche de Ouija, elles sont bien équipées par rapport à ça. Et au cours d'une séance, elles libèrent un démon. et à partir de ce démon sorti tout droit des enfers, elles se retrouvent plongées dans une drôle d'aventure. On va dire que leur vie se retrouve de coup changée. Ça s'assombrit progressivement dans le livre. On sent qu'il y a quelque chose qui les suit. On sent qu'il y a quelque chose qui s'accroche. Et donc, pour elles, c'est un démon. Pour nous, on commence à comprendre qu'il y a peut-être anguille sous roche, il y a quelque chose là-derrière. Et avec ça, il y a des drôles de créatures, ce que j'appelle les bestiales, des chiens, des chiens, des mollus, vraiment comme Cerber, mais à une tête. Voilà, qui essaient de les bouffer. Ils essaient de les bouffer. Mais heureusement qu'il y a des gens, des protecteurs, des défenseurs qui veillent sur elles. Donc, nous avons notamment notre défenseur chouette de feu là.

Ybelion — Oui, la fameuse que tu as souvent partagée en visuel.

Pauméo — C'est ça. Donc, elle est accompagnée de ce qu'on appelle un anima, une chouette vraiment enflammée qui, finalement, à chaque fois, essaie de les sauver de leurs petits problèmes, on dirait. Donc voilà, tout tourne autour de ça. Ça va être, pendant toute la série, on va avancer progressivement un peu plus peut-être dans le fantasy. On va avoir de plus en plus des anima, des animaés, ces animaux élémentaires. Voilà, on va essayer de résoudre un peu tous ces problèmes initialement posés.

Ybelion — Voilà, tu m'as intrigué. Tu m'as intrigué. On sent, quand t'en parles, je trouve que le non-verbal, il renvoie. T'as envie de dire plein de trucs, t'as envie de spoiler plein de choses.

Pauméo — Surtout avec le chat de deux. Parce que là, j'ai que le tome 1. Les personnes n'ont lu que le tome 1, pour ceux qui l'ont lu. Et je peux pas spoiler sur le tome 2 qui arrive.

Ybelion — C'est clair, c'est très dur. C'est difficile de partager son... Tu vois, je m'en rends compte maintenant parce que moi, je suis en plein fini. Je finis le tome 2 aussi. Et c'est très difficile de partager parce que du coup, c'est du spoil quoi. Et donc, c'est pas évident. C'est pas évident. C'est exactement ça. Tu sais déjà combien il y aura de tomes ou pas ?

Pauméo — Neuf.

Ybelion — Neuf. Ok. Une belle aventure.

Pauméo — Oui.

Ingénieure Inserm le jour, autrice le soir

Ybelion — Comment ça se passe, toi, dans ta... Alors attends, je commence parce que tout à l'heure, t'as dit que tu travaillais en labo, c'est ça ?

Pauméo — Oui. Je suis ingénieure pour une équipe de l'Inserm à l'hôpital Larcher, le bâtiment Larcher, bien d'à côté là.

Ybelion — Incroyable.

Pauméo — Détaché sur un projet start-up.

Ybelion — Je suis content de rencontrer des scientifiques qui sont créatifs. À chaque fois, je pose la question. parce que moi, c'est quelque chose qui m'a beaucoup marqué depuis mon adolescence jusqu'à maintenant. Comment t'as ressenti, toi, l'effet du parcours scientifique sur ta créativité, sur ta plume, sur ton envie d'écrire ?

Pauméo — Disons que j'étais un peu, j'ai envie de dire, un peu perdue dans le sens où quand j'étais au lycée, après, il faut choisir les matières scientifiques ou littéraires. Je me suis dit, autant faire scientifique parce que j'avais peur qu'en faisant littéraire et que je fasse un métier en fonction justement de la littérature, ma passion, finalement, c'est Fritz, que ça devienne une obligation. Et donc, la matière le côté scientifique m'a permis, en fait, de m'ouvrir sur d'autres choses qui viendront peut-être compléter aussi certains écrits. Et en parallèle, ce besoin quand même de continuer sur l'écriture, sur le côté littéraire, sur le côté...

Ybelion — Ok. Donc toi, t'as réussi à pas... Ça t'a pas bloqué, en fait. Ça t'a... Ça a nourri même l'inspiration.

Pauméo — Ouais.

Ybelion — C'est beau. Et franchement, je suis ravi d'entendre ça parce que ça veut dire qu'il y a de l'espoir. C'est bien.

Pauméo — L'espoir, ouais. Dans mon livre, il n'y a que de l'espoir.

Ybelion — C'est cool. C'est cool. Et du coup, alors, pourquoi je posais cette question ? Ah oui, voilà, c'était ça. Je voulais te... Comment tu t'organises du coup, enfin, quotidiennement pour écrire, pour avancer sur tes envies de livres, etc. ?

Capter les idées dans les temps morts du labo

Pauméo — Alors là, si tu veux, j'ai un peu d'avance sur mes écrits que j'ai déjà écrit jusqu'à la fin du tome 3.

Ybelion — Ah oui, OK. Donc,

Pauméo — voilà, là, j'ai un peu d'avance. Je sais que quand je vais devoir écrire le tome 4, là, je vais peut-être en baver un peu, il va falloir que je m'organise autrement. Mais sinon, j'essaie de faire ça le soir. Le soir, en rentrant chez moi, par exemple, j'étais sur la réécriture de mon tome 2, là, jusqu'à récemment. Actuellement, je suis sur les dessins parce que du coup, j'illustre mes livres. Donc, il y a aussi cette partie-là à bosser. Mais ouais, c'est surtout, je réserve le soir. Ou vraiment, quand je suis... Par exemple, quand j'écrivais le tome 1, le tome 2, le tome 3, je n'hésitais pas pendant ma journée à m'arrêter quand j'avais une illumination et à écrire. Je prenais un papier et j'écrivais, quitte à le garder. J'avais toujours un papier pas loin où mon portable, il y a l'outil Note maintenant, c'est pratique. Mais voilà, rien que là, aujourd'hui, c'est un truc bête, mais j'ai prévu de faire des BD autour de mon livre. Et j'étais en manip. À un moment donné, j'avais un temps d'incubation. Du coup, pendant ce temps d'incubation, je réfléchissais un peu justement à la BD. Puis du coup, j'ai eu un petit déclic. Je me suis dit, pourquoi je ne ferais pas ça ? Et j'ai vite attrapé le bloc-note que j'avais sous la main et j'ai vite écrit toutes mes idées. Pendant ce temps, mon temps d'incubation, finalement, il tournait. Je me suis dit, nickel, je ne perds pas de temps. Et voilà.

Ybelion — Effectivement, c'est ça, c'est lié l'utile à l'agréable.

Pauméo — Exactement. L'esprit, il tourne en fait, tout le temps, tout le temps, tout le temps. Il faut juste saisir l'opportunité pour écrire.

Ybelion — Et donc, tu as toujours, dès que tu as des idées, tu les notes tout de suite, tu les fais sortir de ta tête ?

Pauméo — Parce que je me dis, sinon, je vais la perdre, ça va être dommage. Quitte à me faire un enregistrement, je m'écoute, je fais vite une vidéo en mode, voilà, j'aimerais poser ça, puis voilà.

Ybelion — Et comment tu les traites après toutes ces notes, toutes ces notes, tous ces audios que tu as ?

Pauméo — J'essaie quand même de m'organiser de façon à ce que ça ne reste pas volant, on va dire. En général, quand j'ai des petites idées comme ça, c'est souvent relié un passage directement, par exemple, je suis en train d'écrire le chapitre 5, ça va être ce passage-là qu'il va y avoir un déclic pour continuer cette histoire. Ça ne va pas être le chapitre 12, par exemple. Ça va être la suite. C'est comme si on lisait justement un livre et qu'on avait la suite, il n'y aurait pas deux chapitres plus tard. C'est vraiment le chapitre en question. Sauf quand on arrive à la réécriture et qu'on rajoute deux chapitres entre-temps.

Ybelion — Oui, ça, c'est toujours les enjeux de la réécriture. C'est ça. C'est toujours là où tu modifies quand même beaucoup de choses. Du coup, c'est intéressant parce qu'en fait, tu as des idées qui arrivent comme ça, mais c'est très focus sur la chose que tu es en train d'écrire et de traiter actuellement.

Pauméo — Souvent, oui.

Ybelion — Parce que tu vois, spontanément, tout de suite, tu penses au syndrome de l'objet brillant, tu vois, où tu as tout de suite une nouvelle idée de roman où tu dis attends, celle-là, elle est fantastique, je vais commencer à l'écrire, machin, etc. C'est bien que ça soit focus comme ça pour te permettre d'avancer.

Page blanche : la solution arrive en s'endormant

Pauméo — Oui, j'aime bien. Moi aussi, ça m'aide pas mal. Ou alors, quand je bug, j'ai un peu le syndrome de la page blanche, je me dis ben, pause. Souvent, c'est le soir que j'écris donc syndrome de la page blanche, ben, je vais dormir. Et en fait, j'essaie de me visualiser ce que je venais d'écrire pour voir, j'essaie de me mettre en scène qu'est-ce qui se passe. Et je me mets plusieurs plans. Je me dis, ben, on va essayer de faire ça, non, ça va pas. On va essayer de faire ça, non, ça va pas. Et des fois, ça se délie tout seul. Ah, mais pourquoi je ne saurais pas ça ? Parce qu'en fait, si tu veux, quand tu commences à t'endormir, tu es entre le rêve et le... enfin, ton côté imagination est le plus développé. le soir en te couchant et le matin en te levant. Donc, c'est vrai que là, c'est à ce moment-là que tu as finalement, enfin, potentiellement, moi, je sais que c'est à ce moment-là que j'ai l'inspiration. Donc, il vaut mieux pas que ce soit une inspiration où je dois beaucoup écrire, c'est dans le chibon. Ma nuit, elle est foutue, mais... Mais voilà un peu comment je procède, enfin, où je trouve des clics.

Ybelion — C'est hyper intéressant de profiter de ce moment un peu de flottement, là, justement, quand tu es dans ton lit, avant de t'endormir. Sans forcer. Ouais, c'est vrai, c'est vrai. Tu vois, j'avais pas forcément pensé. Et du coup, tu le fais comme si tu jouais plusieurs scènes d'un film, c'est ça ?

Pauméo — Ouais. Ou par exemple, ou alors je laisse simplement l'image, je vois l'image, je suis bloquée, qu'est-ce que je fais ? Et en fait, ça tourne, ça tourne, et puis d'un coup, on voit la solution, en fait, qui pourrait marcher pour ça. Si par exemple, je sais ce qui va se passer un petit peu après, je peux me dire, ben voilà, il me manque ce petit lien, il me manque ce petit lien à greffer, ben, c'est là que va venir la solution.

Ybelion — Franchement, c'est un super bon conseil. tu vois, moi, je le fais beaucoup, alors comme j'écris plutôt le matin, le soir, justement, j'y pense pas trop, tu vois, et moi, j'ai plutôt tendance à quand je suis vraiment bloqué, ben justement, là, t'as un chapitre, ça marche pas vraiment. Moi, je sais que je vais beaucoup marcher dehors, tu vois, sans écouteurs, sans musique, sans rien, et juste, tu regardes la nature, tu laisses un peu ton esprit vagabonder, et effectivement, t'as cette espèce d'état méditatif un peu, où ton cerveau fait des connexions et parfois, pouf, t'es frappé par la foudre de l'inspiration, tu vois. Ça,

Pauméo — c'est génial aussi.

Ybelion — Chacun son, chacun son sa petite méthode pour se détricoter les problèmes.

La voiture, la musique et l'état second

Pauméo — Ben ça, ça m'arrive aussi, mais en voiture.

Ybelion — Ouais,

Pauméo — en voiture, et quand t'as la musique, la musique qui va avec ton passage, d'un coup, t'as le petit déclic et t'es là, j'ai fait comment, et j'ai fait comment, et alors, tu te retires, tu repenses à chaque fois au même passage pour pas l'oublier parce que tu peux pas l'écrire.

Ybelion — Tout à fait, t'as soulevé deux points très intéressants, ça me fait écho, c'est que j'ai récemment, là, j'étais dans la formation de coaching que j'ai faite, j'étais avec une hypnothérapeute et qui parlait justement de ses états méditatifs parce qu'elle racontait, alors, je veux pas, je connais pas bien le métier donc j'ai pas envie de transvestir ses paroles mais, glosso modo, justement, elle fait atteindre un peu des états méditatifs comme ça et elle disait que, par exemple, l'état où quand t'es dans ta voiture et que ton cerveau est un peu déconnecté et que parfois tu te sens arriver à un endroit et tu fais, putain, le trajet est passé, ben en fait, ces états-là sont un peu des états méditatifs d'hypnose en fait et elle disait justement que la voiture était un très bon moyen justement pour se vider un peu la tête, tu vois, pour se laisser penser et le deuxième, ce que ça m'a fait penser, c'est qu'on sous-estime effectivement l'importance de la musique pour se mettre dans certains états, notamment certains états émotionnels et c'est très puissant par exemple quand t'écris une scène où vraiment t'as une émotion de tristesse forte, tu te mets toujours des petites musiques de piano un peu tristes avec ambiance sous la pluie, etc. Et franchement, parfois t'es habité par un truc, tu fais putain et ça coule tout seul et vraiment tu sens la tristesse quoi et ça marche pour un peu tous les jours en vérité, tous les jours, les genres d'émotions.

Pauméo — Donc toi, c'est quoi toi comme musique du coup ? Ça marche bien ?

Ybelion — La pluie ? En fait, ça dépend

Pauméo — Le passage ?

Ybelion — Ouais, en fait ça dépend quand même pas mal du passage. J'ai tendance à jamais mettre des musiques avec deux paroles forcément, à part dans certains... Enfin, je dis ça mais...

Pauméo — Musique de film.

Ybelion — Ouais, c'est ça. Par exemple, tu vois, j'ai un gros faible moi pour Sofiane Pamard qui est un pianiste. J'adore vraiment... Je trouve que... En plus, alors l'album que j'aime beaucoup, il s'appelle Planète et en fait, c'est que des musiques ou c'est des noms de capital. Je trouve qu'il arrive à faire ressentir l'ambiance de la ville dans la musique et donc c'est des musiques de piano qui ont beaucoup d'ambiance je trouve et donc à chaque fois, ça m'aide énormément, je sais pas, en tout cas, ça marche beaucoup avec moi et en fait, je l'ai tellement écouté en écrivant que maintenant, quand je mets ça, presque instantanément, mon cerveau, il se met en mode attends mais il faut que t'écrives là, tu vois. C'est génial. Ah, j'adore. Et donc, ouais, Sofiane Pamard vraiment beaucoup. Après, beaucoup musique de Pirates des Caraïbes. Je sais pas pourquoi celui-là mais... C'est bien. Ouais, celui-là m'a beaucoup marqué et après sinon, je mets beaucoup de mix un peu aléatoire sur YouTube, tu sais, des musiques très... qu'on pourrait qualifier, je sais pas, chill, lofi, électropop, tu vois, je sais pas, des trucs un peu qui passent partout, qui te rappellent soit des vibes un peu de soleil, un peu de calme, tu vois, genre je sais pas, vibes, terrasse, l'été, où t'as juste ton petit verre d'eau et tu regardes le paysage, tu vois. C'est clair. Voilà. Je sais pas si toi, t'as... Qu'est-ce que t'as comme musique, toi, qui t'accompagne ?

Pauméo — Alors moi, les musiques qui m'accompagnent, on a les films d'Harry Potter, les musiques de films.

Ybelion — ouais.

Pauméo — Parfois, Seigneur des Anneaux, Hera, le groupe Hera.

Ybelion — Ouais.

Pauméo — Et je sais pas si tu connais le jeu de Kenan Hearts sur CS2, j'ai commencé, puis il y a le reste. et en fait, ce sont des musiques qui m'ont tellement marquée quand j'étais petite, que je jouais et tout, que moi, j'ai commencé avec Kenan Hearts 2, avec Roxas. Ouais.

Ybelion — Ces personnages,

Pauméo — ça m'a vraiment, m'a vraiment passionnée et en fait, ces musiques, ils sont, m'ont toujours touchée. C'est vrai que c'est avec ça que je, j'écris pas mal, quoi. J'aime bien écouter ça quand j'écris. Ouais. Franchement, c'est quelque chose. Ou des jeux, d'autres jeux vidéo, ben on a, on a le Pokémon, on a le...

Ybelion — C'est effectivement, c'est vrai que je les ai pas cités, mais ça, c'est des grands classiques qui marchent très bien, qui marchent très bien.

Pauméo — Les Battle, les Naruto, ah Naruto aussi, les belles musiques.

Ybelion — Ouais, c'est vrai. Et c'est marrant parce que, c'est souvent des, justement, tu vois, des musiques qui nous rappellent un peu notre enfance. Et alors toi, c'est, bon, évidemment, en fait, je peux même pas vraiment te poser la question parce que toi, c'est une idée que t'as eu déjà en quatrième, donc en fait, évidemment que ton inspiration vient de là-bas. Ouais, ça, c'est vraiment clair. Parce qu'effectivement, parfois, je demande à comment, tu vois, comment ton... Est-ce que tu remarques, tu vois, dans ce que t'écris aujourd'hui, des inspirations de quand t'étais gamin ? Et bon, bah là, pour le coup, toi, c'est vraiment très évident. Oui,

Garder son côté ado dans ses écrits

Pauméo — il y en a beaucoup parce qu'en fait, j'aime bien aussi garder une petite base parce que, et c'est même moi qui me pousse finalement à garder, même si peut-être à la lecture, ça paraîtra, enfin, je sais pas, ça paraîtra simple, je sais pas. Mais j'aime bien garder ce petit côté, c'est là que j'ai commencé et je veux que ça reste, en fait. Je veux que mon côté ado, mon côté enfant, reste dans mes écrits, même si j'ai grandi. Parce que je me suis... Je m'étais toujours fait un peu la réflexion en lisant, ouais, mais c'est vrai que ce sont des adultes qui écrivent, mais est-ce qu'il y a toujours le côté un peu enfant dedans ou quoi ? Et c'est vrai que c'est un peu peut-être un caprice de ma part, mais...

Ybelion — Au contraire, je trouve ça très beau que t'assumes ce côté j'ai une part de moi qui a commencé à écrire quand elle était jeune et quelque part, tu vois, c'est une belle preuve pour... Je croise beaucoup de gens qui disent j'ai pas le vocabulaire, j'ai pas mon style, je suis pas légitime à écrire, etc. et quelque part, c'est une belle preuve de dire, regardez, même quand t'es adolescent, en fait, t'es absolument légitime à écrire et ton style, je sais pas si tu serais capable de définir le tien, moi je pense que je serais pas capable parce que j'ai l'impression qu'il évolue en fait tous les jours, tu vois, il change, enfin, on cherche toute notre vie en fait, finalement, le style qu'on a envie d'avoir.

Pauméo — Finalement, on va dire que c'est notre style, c'est le style, je sais pas, d'Ibéion, c'est le style de Pomeo, voilà. Mais ce qui est amusant, c'est que selon la personne qui lit, par exemple, j'ai des adolescents de 14 ans qui font leur vie, certaines personnes ont l'impression qu'ils sont plus âgés. Alors je me dis, mais comment ça se fait vu que tout ce qui se passe, enfin, en tout cas, pour les faits qu'il y a dans mon livre, ce qu'elles font, elles, elles avaient déjà, justement, cette réflexion quand elles étaient jeunes. Donc, je me dis, mais finalement, c'est marrant comme quoi, selon la personne qui lit, on aura un avis différent de là, enfin, on ressentira le personnage encore différent de même de ce que l'auteur a voulu faire passer à travers. Tout à fait. C'est vrai que c'est... J'aime bien. Finalement, j'aime bien ça. Chacun se sent, finalement, se met dedans, enfin...

Ybelion — Et à la fin, en fait, t'as autant d'histoires que de lecteurs et c'est ça qui est très beau, en fait.

Pauméo — C'est ça. C'est ça. J'adore.

Ybelion — Moi, l'anecdote que je raconte toujours à propos de ça, c'est quand j'ai lu Hunger Games, je me faisais une image très précise de Pita et quand j'ai vu les films, je me suis dit comment ça Pita, il est pas grand, gros et roux ? C'est fou. Et là, ma sœur, elle me regarde et me fait mais t'es con, c'est écrit dans le chapitre 1 qu'il est blond et petit.

Pauméo — Yes, c'est ça, exactement. Moi aussi, ça m'est arrivé.

Ybelion — Et en fait, je m'étais fait ma version à moi, j'étais très content, tu vois. Et c'est ça qui me fait trop rire. Et tu vois, rétrospectivement, je comprends un peu plus comment je fonctionne. Moi, j'aime pas trop les descriptions. Tu vois, je mets assez peu de descriptions parce qu'en fait, j'aime, en fait, je me rends compte que j'écris pour un lecteur qui est comme moi, en fait. J'aime ce côté un peu, un peu libre de ça, d'imaginer comment est le personnage. Et je trouve que finalement, la description via les actes, les émotions, la manière d'être est presque parfois très parlante, tu vois. Et chacun, après, se fait son image. Je sais pas toi, comment tu, ouais, comment tu construis tes personnages ?

Des personnages qu'on ressent, pas qu'on voit

Pauméo — En fait, moi, mais même par rapport, comme je les lis, en tout cas, comme je lis les personnages, je vois pas la personne, enfin, je vois pas vraiment la personne avec ses traits et tout, je la vois au niveau de ses émotions. Je sais pas comment dire, c'est, je pourrais pas te dire, par exemple, je lis un livre sur, bah, même sur les Harry Potter. Allez, je me mets à lire les Harry Potter. Ben, ça va pas être Daniel Radcliffe que je vais voir. Je vais même pas voir le visage de ce personnage, je vais voir son caractère. Tu vois ce que je veux dire ? Oui. Du coup, là, c'est un peu pareil ce que j'ai mis dans mes livres. Je suis obligée de mettre quelques petits traits parce que, ben, oui, bien sûr. En fait, par rapport aux personnes que j'ai connues, par rapport aux personnes que j'ai intégrées dans le livre, ça, oui, je vais mettre des traits que j'ai déjà vus, que par rapport au protagoniste, sachant que le protagoniste, ben, tu as tiré de ta vie, mais en même temps, c'est sa vie à elle, tu vas te dire, ben, ok, ben, je fais comment pour elle ? Et c'est vrai que j'ai mis un petit peu des traits, mais pas non plus 3 tonnes, histoire de juste s'imaginer un peu, oui, une adolescente aux cheveux courts, ben voilà, un peu son style mode, peut-être, son style vestimentaire.

Ybelion — J'avais, ouais, c'est fou, tu vois, parce que là, je suis en train de me dire, c'est vrai, je ne m'étais jamais posé la question comment moi, j'imaginais les personnages quand je lisais, et tu vois, là, ça me fait écho tout de suite, moi, un des livres qui m'a beaucoup suivi quand j'ai été adolescent, et même après, en fait, je l'ai relu assez périodiquement, c'était vraiment mon livre de fantasy, tu vois, qui m'a suivi toute ma vie, c'était La Belgaria de Eddings, alors il n'est pas, il est moins connu que beaucoup d'autres, et tu vois, là, j'imaginais avec ma tête à moi, en fait.

Pauméo — Énorme, c'est génial.

Ybelion — C'est marrant, c'est marrant, je ne m'étais jamais posé la question.

Pauméo — En fait, j'ai l'impression qu'on se, on ressent, en fait, je ne sais pas comment on explique, on ressent le personnage sans forcément le voir, mais du coup, on se met à la place du personnage, et on ne se voit pas, en fait, on voit peut-être les autres, mais on ne se voit pas.

Ybelion — C'est vrai.

Pauméo — Bon, c'est bizarre d'y être comme ça, mais...

Ybelion — Non, je comprends, tu raisons beaucoup avec les personnages, après, t'en fais ta propre interprétation, donc forcément... Et c'est ça aussi qui fait naître... Tu vois, parfois, tu lis un personnage et tu fais, mais il est complètement con, pourquoi il pense ça, ou pourquoi il agit comme ça ? Et en fait, quelque part, ça, c'est un très bon signal, tu vois. Ça veut dire que tu as un personnage qui est un peu clivant, ou qui est un peu différent, qui n'est pas à la norme, en fait. Bon, les deux sont bien, il faut des personnages aussi qui sont très... mid... Enfin, voilà, sans savoir presque, mais... Mais ouais, c'est passionnant d'imaginer... Est-ce que tu penses que toi, tu mets un peu de toi dans tous les personnages ?

Pauméo — Oui et non. OK. Oui, dans le sens, je vais inventer sa... comment dire... sa... sa réponse, sa réaction, mais non, dans le sens où, comme j'ai des personnes, je n'ai pas des personnes attitrées au personnage, parce qu'il faut quand même que je crée le personnage en lui-même, mais je me focale sur un caractère en particulier. OK. Par exemple, celle-là est trouillarde, il faut qu'elle reste trouillarde. Il ne faut pas que tu la fasses courageuse, là. Ça, ça va faire bizarre si je la fais courageuse. Pareil, celle-là, ces deux-là, elles ne s'entendent pas, restent focales qu'elles ne s'entendent pas. Voilà. En tout cas, pour le moment, je ne sais pas pour après, mais... Oui, il faut... j'essaie de vraiment leur donner leur caractère à eux, à ces personnages.

Ybelion — C'est vrai que c'est très important cette cohérence-là, et c'est justement bien de réussir à ne pas trop s'éparpiller dans ce que tu as envie de transmettre aussi au travers du personnage, et ça passe forcément par une intention claire de ce que tu as envie de raconter dans ton livre. Et comment tu le suis, toi, tous ces... Je dirais, ces traits qui doivent... Enfin, cette cohérence globale finalement ?

Pauméo — Déjà, j'essaie d'échafauder quelques petites fiches personnages. OK. Parce que je me dis, il faut quand même qu'il... Bah, que je m'en souvienne, comment il est celui-là, comment il est celui-là. Après, quand c'est un protagoniste, bah ça va, quoi, un protagoniste, on l'a tout le long. Je sais que moi, le premier, celui, le protagoniste principal, la mélodie, au début, elle ne s'appelait pas Mélodie, elle s'appelait Paula.

Ybelion — Hum, OK. Oui, donc tu la connaissais bien.

Pauméo — Du coup, il a fallu que je me détache du personnage pour lui faire vivre son aventure à lui, à elle, parce que sinon, il fallait qu'elle s'imprègne de son propre... Sa propre aventure. Et puis même, il y a des réactions qu'elle a que moi, je n'aurais pas exprès parce qu'il faut que je m'en détache. Donc, c'est vrai que, ouais, ce sont des petits points que j'aime bien mettre sur fiche, que j'aime bien, des fois, me faire une petite pause et dire, OK, c'est parti, je vais faire une petite listing, qu'est-ce qu'elle pourrait faire, en quoi elle va te douer, en quoi elle va... Enfin, voilà.

Structurer sans s'enfermer : quand le tome 1 faisait 1000 pages

Ybelion — OK. Et tu te définirais comment, comme style d'écrivaine, j'allais dire, mais dans ton organisation, avant d'écrire, tu structures énormément ou tu te laisses de la liberté ?

Pauméo — Alors, si tu veux, on va prendre l'exemple du tome 4, que je n'ai pas encore écrit. Je ne l'ai pas écrit, mais fais un petit résumé de chaque chapitre, de ce que je voulais voir dans chaque chapitre.

Ybelion — OK.

Pauméo — Après, je sais très bien que ça va bouger quand je vais écrire, mais je pars quand même d'une petite structure, histoire de... C'est un truc bête, mais d'avoir, en fait, un début et une fin. Voilà. Parce qu'il faut savoir où s'arrêter, quand même.

Ybelion — Oui. Oui, tout à fait. Oui, je te rejoins tout à fait sur la manière de fonctionner. C'est souvent ce que je conseille aux gens, justement, d'avoir le point A et le point Z, finalement. Parce qu'il ne viendrait pas à l'idée de prendre ta voiture en disant je vais partir en vacances et de ne pas savoir où tu vas. Et après, il faut que les gens arrivent à trouver leur propre niveau de structure. Et ça, effectivement, ça varie un petit peu en fonction des gens. mais tu as dit quelque chose qui est très important selon moi, c'est qu'il faut réussir à se laisser la liberté que les choses bougent et changent.

Pauméo — C'est ça.

Ybelion — Ce chaos qui apparaît en fait quand t'écris, il est très important parce que c'est là que sort vraiment ton inconscient, tu vois, les choses profondes que t'as en toi que t'as envie de raconter. Je suis d'accord.

Pauméo — Là, par exemple, pour le tome 1, au tout début, le tome 1 et le tome 2 étaient un seul et même livre.

Ybelion — Ok.

Pauméo — Et quand j'avais, je commençais à réécrire, je me suis rendu compte qu'il fallait que j'étoffe ce passage. Si je pouvais rajouter ce passage-là, c'était génial. Mais je me serais retrouvée avec un livre de 1000 pages. Je me suis dit, la brique. Voilà, c'est pas possible. Et c'est là qu'il a fallu encore revoir parce que je me suis laissée de la liberté et je me suis dit, ok, la liberté, c'est bien. Maintenant, il va falloir que tu structures, que tu restructures. Où est-ce que tu vas t'arrêter ? Où est-ce qu'il va falloir que tu étoffes parce que tu t'es arrêté là ? Voilà. De façon, est-ce que tu es toujours un début et une fin ? Parce que quand, voilà, quand un lecteur lit un livre, ok, il va pas s'arrêter en pleine... Enfin, il faut qu'il y ait un événement perturbateur et qu'il y ait une solution, quand même, à cet événement perturbateur. Sinon, ok, il va toujours être là, mais toujours dans l'action, mais jamais de résolution. Au bout d'un moment, il va... Ah oui,

Ybelion — il faut raconter une histoire, en fait, un moment... C'est ça. Effectivement, oui.

Pauméo — C'est... L'organisation, à tout prix.

Ybelion — Ouais, non mais c'est... En fait, c'est fondamental parce que sinon, sinon tu passes des années à écrire et il y en a beaucoup, en fait. Moi, tu vois, c'est vraiment les gens que j'aspire à aider, c'est... Il y a des gens qui vraiment passent des années, en fait, dans une espèce de boucle infinie de correction et c'est pour ça que je suis très impressionné par le partage de ton expérience, c'est que toi, c'est quelque chose que tu as commencé il y a très longtemps et en fait, tu as réussi à... Enfin, on sent que quand tu le partages, il y a eu beaucoup de rationalité dans la manière dont tu as repris des textes qui dataient déjà et vraiment pour avancer pas après pas et en fait, tu as passé cette étape de... Ok, je finis le premier et franchement, bravo parce que tu as réussi à ne pas rentrer dans la boucle de correction de perfection infinie là qui est... Elle qui est vraiment dévastatrice.

Pauméo — Mais trop... Mais rien que... Petite anecdote, dans mon livre, je parlais d'un cours d'histoire et je disais que c'était l'indépendance de l'Ukraine, la fin de l'URSS et quand je vois l'actualité aujourd'hui, je me disais... Ah oui, ben, on était presque.

Ybelion — Pas loin.

Pauméo — Mais ça, du coup, on pourrait penser que c'est un petit clin d'œil à ce qui se passe actuellement. Non, en fait, c'est juste quand tu es gosse, tu cries et que... Du tout, finalement, c'est énorme. Moi, j'adore les petits trucs comme ça.

Ybelion — Et ouais, c'est clair. Est-ce que dans tes histoires, tu mets des... Moi, ça m'amuse beaucoup de le faire, tu sais, de mettre des toutes petites références mais qu'il y a vraiment très peu de personnes qui peuvent comprendre. Des easter eggs ? Ouais, des easter eggs, exactement. J'adore ça.

Pauméo — Ah oui, il y en a plein.

Ybelion — Ah, c'est trop cool.

Pauméo — Il y en a plein mais aussi des easter eggs pour les prochains, pour les livres qui viendront après.

Ybelion — Ouais, alors ça, je suis d'accord avec toi. Et ça, j'ai remarqué... Ouais, j'ai remarqué que c'était... En fait, c'est extrêmement important de... C'est un travail que je trouve que tu fais beaucoup quand tu fais ta réécriture parce qu'en fait, comme tu as écrit le premier jet du livre entier, tu sais tout ce que tu vas raconter et donc tu peux te permettre de rajouter des petits indices très subtils dans les paragraphes du début et comme ça, le lecteur à la fin, il fait ah putain le bâtard. T'es la vêtue.

Pauméo — J'adore, moi j'adore.

Ybelion — Ouais, c'est hyper comme sensation. Moi, il y a des livres comme ça qui m'ont extrêmement marqué parce que l'auteur, tu sens qu'il avait vraiment tout réfléchi, chaque mot avait son importance.

Pauméo — Ah, c'est chaud, moi j'adore.

Ybelion — Donc, fan des easter eggs.

Pauméo — Ouais, total. C'est grâce aux jeux vidéo, je crois.

Ybelion — Ouais, je suis d'accord avec toi.

Pauméo — C'est vrai qu'il y a dans les jeux vidéo et que t'as bien allé chercher les théories, les ci, les ça. Moi, je suis passionnée de ça.

Ybelion — Ouais, je suis d'accord. Je suis d'accord, c'est vraiment trop... C'est vraiment les choses qui te font rester, je trouve, sur des jeux qui te font t'attacher vraiment sincèrement à des univers aussi.

Pauméo — C'est ça.

Tenir son livre pour la première fois

Ybelion — Tous ces petits détails, ouais. J'adore. Et il y a une question que j'adore poser, je la trouve très inspirante, c'est la première fois que t'as tenu du coup, le premier livre entre tes mains, tu vois, imprimé, qu'est-ce que t'as ressenti ?

Pauméo — Waouh. J'étais là en mode... Je... Je sais pas, j'étais... C'est un peu un côté fierté, un peu un côté j'ai réussi. J'ai réussi à faire quelque chose qui soit lu, qui soit pas lu, je m'en fous. C'est mon bébé, quoi. C'est mon... Mon livre que je ne pensais pas qu'il sortirait, quoi. Que je... Enfin, quand j'étais en quatrième, j'aurais jamais pensé qu'il serait devenu un livre. Au début, je voulais pas le publier, hein. Quand j'étais petite, j'étais là en mode, bah c'est juste un écrit comme ça. Finalement, comme quoi, comme quoi...

Ybelion — Ah, c'est bon. J'étais vraiment contente. Ouais, tu m'étonnes.

Pauméo — J'étais vraiment contente. Et j'ai la... Ça te donne envie, en fait, de continuer, de sortir le 2, de sortir le 3, etc., etc. Et de faire aimer, finalement, ton univers. De faire aimer ton univers.

Ybelion — C'est vrai que les... Je trouve que l'énergie que tu récupères quand t'accomplis ce rêve-là...

Pauméo — Ouais, c'est... C'est énorme.

Ybelion — C'est... Je trouve ça très compliqué de mettre des mots dessus. Tu vois... Ouais. T'as dit, je sais pas, tu vois, spontanément, et je suis d'accord avec toi. Moi, quand je réfléchis à ça aussi, je sais pas, quelque part, tu vois, ça m'a fait un effet qui est hyper particulier. Hyper particulier. Hyper particulier. Ouais.

Pauméo — C'est long et tout.

Ybelion — Ouais. Ouais, ouais. Alors, est-ce que ça te fait ça ? Tu sais, tu t'ouvres ton livre, tu lis quelques pages, et tu te dis, ah putain, c'est moi qui écris ça, là ? Pas mal.

Pauméo — Ouais. Et puis, faut que je continue la suite, faut que je connaisse la suite, mais je connais déjà la suite, mais faut que je lise. Ouais, non, ça te l'a.

Ybelion — Ouais, ça c'est fou, l'énergie que ça te donne pour continuer, c'est dingue, franchement.

Pauméo — Ah,

Ybelion — j'aime. Franchement, je souhaite à tous les gens qui nous écoutent et qui n'ont pas encore eu la chance de faire ce premier livre, rien que pour cette destination, ça vaut le coup, franchement. Malgré tout ce qui se passe, et malgré, tu vois, c'est, moi, pendant très longtemps, j'ai cru que j'avais envie d'écrire pour être, genre, célèbre ou faire un best-seller, tu vois. Et quand j'ai reçu le livre, j'ai tout de suite compris que c'était pas pour ça, tu vois. Ouais, tu le sens. Tu as ce sentiment de fierté de dire, mais en fait, qu'il soit lu, qu'il soit pas lu, je m'en fous, il l'a, tu vois, il est, c'est moi, j'ai réussi, et... un bébé. Ouais, exactement, c'est vraiment ça, un bébé.

Pauméo — C'est trop bien.

Ybelion — Ouais, trop cool, trop cool. Ça fait à peu près une heure, une heure qu'on parle.

Pauméo — Un peu,

Ybelion — ouais. Ouais, on a des choses à dire, c'est fou, j'ai pas vu, je viens de voir, parce que, en fait, tu vois, je voyais pas les chiffres, et là, il y a le 1 qui vient d'apparaître, je fais, ah ouais, quand même,

Pauméo — ça fait un heure déjà. On est passionné.

« Faut pas avoir peur de l'échec »

Ybelion — Ouais, franchement, c'était super cool de te recevoir et... est-ce que... est-ce que t'as un message à faire passer, particulier ?

Pauméo — À faire passer, j'ai envie de dire que quand on a des projets, il faut y aller, il faut y aller, et même si on a des échecs, il faut toujours remonter la pente, garder espoir, parce que c'est... c'est ça qui nous distinguera de ceux qui vont réussir et de ceux qui, malheureusement, ben... vont abandonner, et vraiment, faut pas avoir peur de l'échec, mais il faut... faut toujours y aller à fond, toujours y aller à fond.

Ybelion — Ah bah, je coterais à ce moment-là parce que franchement, je pense qu'on peut pas faire meilleure conclusion. Très beau message. Je partage à 100% ton message. Je pense qu'on sous-estime la valeur d'un échec dans la vie. Il faudrait encourager les gens à essayer et finalement à échouer. Échouer, échouer. Et...

Pauméo — C'est ce qu'ils y arrivent, quoi, finalement. C'est parce qu'on rencontre des personnes importantes, aussi sur le chemin, qui vont nous aider, qui vont nous épauler et que, franchement, faut pas se fermer à ça. Faut pas se fermer à ça.

Ybelion — T각각

Épisode 18 avec Pauméo

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Pauméo