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Pochette de l'épisode 19 du podcast Ose Écrire

ÉPISODE 19SOLO20 AVRIL 202526 MIN

Le guide de Tolkien - Notre pouvoir démiurgique

Clarté · IntentionworldbuildingTolkien
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FACE A — LES 15 CHAPITRES · CLIQUE POUR ÉCOUTER

CE QUE RACONTE CET ÉPISODE

Ton livre changera la vie de quelqu'un, et ce quelqu'un ne le sait pas encore. En lisant le guide de Tolkien, un mot m'a attrapé : la vocation démiurgique des auteurs, leur pouvoir de créer des mondes et de changer celui-ci. L'histoire d'un seul homme a façonné des milliers de vies : illustrateurs, cinéastes, musiciens, scientifiques, et tout notre imaginaire collectif. Impossible de mesurer combien de personnes ton histoire touchera ni quand, et un chiffre incalculable est un chiffre infini : écrire rend immortel. Dans l'épisode 19, je partage aussi la chaîne de hasards qui a failli nous priver du Hobbit, et cette leçon : Tolkien est mort sans avoir terminé son monde, mais il avait écrit ses histoires. À écouter là où tu écoutes tes podcasts.

LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE

CAROUSEL À VENIR

Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.

Face B — le transcript

L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE

Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !

Intro : le guide de Tolkien

Yo yo yo, vous êtes dans le 19ème épisode de Chemin d'artiste et d'auteur et aujourd'hui on parle d'un livre qui m'a extrêmement inspiré et duquel j'ai tiré de belles leçons pour les écrivains, le guide de Tolkien. Sur ce, je vous souhaite une bonne écoute et je vous dis à bientôt. Coucou les amis, épisode 19 si je ne me trompe pas et aujourd'hui nous allons parler d'un livre que j'ai fini récemment, qui m'a été envoyé par les éditions Actu SF et que j'ai été très content de découvrir. Le guide de Tolkien par Yannick Shazharang, j'espère que je ne le prononce pas n'importe comment, j'ai évidemment mal fait mes devoirs et je n'ai pas regardé juste avant. Désolé si ce n'est pas comme ça qu'on le prononce, d'autant plus que le livre a été dédicacé, merci infiniment pour ça. Le guide de Tolkien donc, que j'ai été très curieux de découvrir, pourquoi ? Parce que je n'ai jamais fini de gêner des anneaux.

Et ouais, j'ai un rapport très conflictuel à Tolkien. J'ai lu Le Hobbit en étant petit, j'avais beaucoup aimé, j'ai adoré la trilogie du Seigneur des Anneaux bien évidemment. Qui sur cette terre n'aime pas la trilogie du Seigneur des Anneaux ? Je vous le demande. Et pourtant, je n'ai jamais réussi à finir le livre, enfin les livres. Pourquoi ? Parce que les descriptions prennent une place tellement importante dans le début que ça m'a complètement sorti de l'histoire. J'avais vraiment l'impression de perdre mon temps. Ça remet en cause en rien la qualité de la plume de Tolkien, c'est peut-être l'un si ce n'est le plus grand écrivain de fantasy que la terre ait connu. Mais c'est quelque chose qui ne matchait pas avec moi, je n'arrivais pas à en profiter. Vous verrez au travers de tout ce que je vais pouvoir vous raconter que ça a un peu changé. Mais dans les faits, avant de commencer ce livre, je n'ai jamais lu Le Seigneur des Anneaux.

Je ne connais pas plus que ça la vie de Tolkien. Et je suis très intrigué d'en découvrir plus. C'est pour ça que j'ai énormément apprécié la lecture de ce livre. Et parenthèse d'ailleurs, j'ai dit la trilogie de Peter Jackson, la série Les Anneaux de Pouvoir, pour moi c'est un no-go absolu. Je suis désolé. Je sais que certains d'entre vous l'apprécieront probablement, mais moi je n'ai vraiment pas aimé. Je trouve qu'il y a trop de faiblesses scénaristiques en fait. Ça ne raconte rien et même dans les choses que ça raconte, ça se trompe. Pas au sens Tolkien du terme, juste au sens créer une histoire qui se tient. Enfin bref, parenthèse fermée, désolé à ceux qui ont apprécié. Et écoutez, finalement, tant mieux que vous ayez aimé cette série. La seule personne que ça emmerde ici, c'est moi. C'est moi qui regarde un truc que je n'ai pas aimé. Si vous avez aimé, tant mieux pour vous.

Les inspirations de Tolkien : Shakespeare et les autres

Et profitez du fait que vous l'ayez aimé. Bref, je vais vous parler du guide de Tolkien. Je ne vais pas vous raconter ce qu'il y a écrit dans ce bouquin. Qui de mieux que l'auteur pour vous lisez tout simplement. Moi, ce que je vais faire, c'est que je vais vous dire ce que ça m'a inspiré. Ce que ça m'a évoqué. Et toutes les leçons que j'ai pu en tirer pour toi, pour moi, pour les écrivains et écrivaines. Voilà. Parce que pour moi, il y a de très très belles leçons là-dedans. On va parler de plusieurs choses. Des inspirations en petit 1. Du hasard en petit 2. De l'impact en petit 3. De la perfection en petit 4. Et de l'immortalité en petit 5. Vous pouvez voir que je suis extrêmement organisé aujourd'hui. C'est vraiment dingue. C'est vraiment dingue. C'est faux. Je ne suis absolument pas organisé. Les inspirations donc. Ce qui m'a marqué dans les inspirations de Tolkien, c'est qu'en fait, on les retrouve dans beaucoup d'inspiration des auteurs.

« Écrire rend immortel »

La nature, première créatrice

Déjà, les premières inspirations, c'est évidemment les auteurs que lui a lus. Il y a notamment un passage où on raconte à quel point Shakespeare l'a inspiré. Notamment une phrase de Macbeth sur « Je ne suis pas un homme » là. Et en fait, c'est une belle manière de se rappeler que même les plus grands auteurs sont aussi inspirés. Et que c'est bien. Ouais. On a le droit d'être inspirés par d'autres auteurs. C'est plutôt bon signe. Voilà. Ça, c'est la première inspiration qui m'a marqué. Parce qu'elle résonne dans beaucoup de nous. Et elle rejoint parfois un manque de légitimité qu'on peut avoir. Qui est « Ah ouais, mais je suis inspiré par ça. Ça va trop ressembler. C'est pas bien. Machin, machin. » Non, au contraire. C'est bien d'être inspiré. C'est bien d'être inspiré. C'est la première étape pour trouver son style d'ailleurs. Au début, on copie. Puis on s'inspire. Puis on invente le nôtre finalement.

La deuxième inspiration forte de Tolkien qui a beaucoup résonné en moi, c'est la nature. Il est dit, il est expliqué qu'il est extrêmement inspiré par la nature. Et que c'est pour ça qu'il y a autant de descriptions.

Et ça m'a touché. Parce que du coup, ça me donne un rapport différent aux descriptions. Tu vois, j'y vois sa passion. Et donc, c'est ça qui m'a donné envie de relire Le Seigneur des Anneaux. Parce que je me dis, ah, maintenant, les descriptions qui m'embêtaient, je vais les interpréter autrement. Je vais les voir comme une expression, une évocation de la passion de Tolkien, des inspirations de Tolkien pour la nature. Et quelque part, ça, ça me touche. Tu vois, de savoir que l'auteur a pu être aussi sensible à un sujet et qu'il l'a mis dans son bouquin pour cette raison-là, ça me touche profondément. Et là, du coup, ouais, j'ai envie d'aller me retaper les plaines verdoyantes du début, là, de la Comtella. Qui m'avait vraiment gonflé à l'époque. Mais voilà, j'avais pas ce prisme-là. Et là, quelque part, ouais, ça m'intrigue. Ça m'intrigue. Et d'autant plus que ça résonne énormément en moi, parce que, pour moi, la nature...

Les langues inventées, passion d'enfance

Et d'ailleurs, c'est ce que j'écris en introduction du magazine Ouse Écrire. C'est que la nature est la première créatrice de ce monde. Mère nature est la plus grande créatrice. C'est quand même dingue tout ce qu'elle a pu inventer. Toutes les choses étranges, uniques qu'il y a sur cette planète. Alors, je dis ça loin de toute spiritualité ou toute entité supérieure qui... Enfin, voilà, on s'en fout. L'idée que j'essaie de dire là, c'est juste, c'est quand même dingue de voir tout ce que la nature nous a proposé. Libre à chacun, après, d'en faire une croyance ou pas. Mais moi, je trouve ça dingue. Pour moi, mère nature est la première créatrice. Et ça, c'est hyper inspirant. Je me suis beaucoup retrouvé dans ce discours-là. C'est pour ça que ça m'a beaucoup touché. Et la dernière inspiration et non des moindres, c'est évidemment ce qu'on fait au quotidien. Tolkien adorait les langues et il en a inventé un paquet.

D'ailleurs, je ne savais pas qu'il en avait inventé autant. Je ne vais pas vous faire la liste, mais il y en a beaucoup. Et quelque part, c'est ça. Voilà, les livres qu'on écrit, c'est un mix de tout ce qui fait nous, en fait. Et c'est pour ça qu'en étant unique, vous êtes les seuls à pouvoir écrire le livre que vous avez envie d'écrire. Et en plus, si je ne dis pas de bêtises, mais il me semble que sa passion pour les langues était une passion d'enfant. Oui, c'est ça. Tu vois, c'est une passion de son enfance. L'enfance influence fortement la créativité. Bref, vous me direz en commentaire s'il y a des passions d'enfance comme ça, qui vous marquent au point que ça ressort toujours dans vos textes. Moi, c'est les animaux. Les animaux, il y en a dans toutes mes histoires. Bon, dans Carnoa, évidemment, puisqu'il y a littéralement des ours et des taureaux. Dans les deux peuples, il n'y a pas d'humains, donc voilà.

Le hasard, toujours le hasard

Mais dans tous les autres aussi. Voilà, voilà pour le point numéro 1 et les inspirations. Numéro 2, le hasard. Le hasard. Et ça, je le dis à chaque fois, j'en ai fait un épisode entier, où je parle du fait de, quand on fait des choses qu'on aime, ça nous place forcément dans des situations où le hasard sur notre route va nous faire rencontrer des gens, va nous faire voir des choses qui vont résonner avec ce qu'on a partagé. Et paf ! Ça fait des chocs à pique. Je garde cette formulation, elle est exceptionnelle. Et bien, Tolkien, je ne savais pas, mais l'histoire du Hobbit et du début des Hobbits, qui est finalement une succession de hasards, fait que... Ça n'en est plus à un moment. Parce que quand t'as autant de hasard, c'est bien que t'as pavé ta route de plein de petites graines qui font que... Et je vais vous lire le passage juste.

Pourtant, il s'en est fallu de peu que l'on n'y ait jamais accès. Si Tolkien n'avait, par exemple, jamais eu l'idée de faire circuler son manuscrit parmi ses étudiants et étudiantes, si une assistante d'édition n'avait pas été amie avec l'une d'elles, si un éditeur n'avait pas fait aveuglément confiance à son fils, bêta-lecteur, pour publier cette histoire peuplée de créatures jusqu'alors inconnues. C'est dingue quand même de voir la succession de hasards qui mènent à un des plus grands livres de l'histoire de l'humanité. C'est bien pour ça qu'il faut partager en fait. Mais pas dans le but de se dire, ouais peut-être que machin va regarder mon livre et que... Non, non, non. Juste par le partage, ça vous fera forcément rencontrer des gens qui vous permettront d'avancer dans la direction dans laquelle vous voulez avancer. La seule problématique, c'est que vous savez pas vraiment où va vous mener ce chemin. Mais c'est ça qui fait le pimento, tu vois.

Voilà. J'ai eu un flashback en disant pimento, ça m'a rappelé Brooklyn Nine-Nine. Et je sais pas si vous avez vu cette série, mais je l'ai trouvé absolument génial. Génialissime, je dirais même. Ça me manque, j'ai presque envie de la regarder là. Je vais devoir faire le choix entre... Mon rêve c'est d'écrire un livre ou de regarder Brooklyn Nine-Nine.

L'impact : des milliers de vies façonnées

Choix cornélien. Donc le hasard, le hasard, le hasard, le hasard, le hasard. Toujours le hasard. Fais ce qui te passionne et voilà le destin qui frappe à ta porte. C'est ça que ça m'a évoqué. Maintenant, et pas des moindres, le sujet de l'impact de Tolkien. En fait, c'est fou de voir comment l'histoire d'un seul homme a bouleversé autant de gens et a créé autant d'emplois. Finalement. C'est dingue le nombre de personnes qui travaillent grâce à Tolkien aujourd'hui. Et ça va, ça brasse très très large. Et je me suis noté quand même. Tu vois, illustrateurs, écrivains, jeux vidéo, jeux de rôle, musiciens, cinéastes, scientifiques. C'est quand même génial. C'est quand même génialissime. N'ayez pas peur de publier votre livre. N'ayez pas peur de le partager. Je le répète à chaque fois, mais l'effet papillon qu'a un livre sur le monde, c'est absolument incantifiable. Peut-être que quelqu'un lira le livre là que vous avez peur d'écrire dans 5, 10, 15, 20, 50 ans.

Le pouvoir démiurgique des auteurs

Et ça changera sa vie. Ce truc là, vous pouvez pas le mesurer. Mais par contre, c'est sûr que ça arrivera. Votre livre marquera quelqu'un un jour. Et ce qui est fantastique, c'est que ce quelqu'un ne sait pas que votre livre était le livre qu'il avait absolument besoin de lire pour changer sa vie. Et d'ailleurs, il y a un passage très marquant que j'ai adoré, que je vais vous lire. Le professeur croit cependant dur comme fer à la vocation démiurgique des auteurs. Alors, je sais pas si la phrase veut totalement dire ce que moi j'en ai tiré comme leçon. Mais je vais quand même le partager. Déjà, petite parenthèse, démiurge, c'est un personnage de mon premier livre. Et je ne savais pas que démiurge était un mot, que ça voulait dire quelque chose. Ça veut dire le créateur d'univers, le créateur de monde. Alors, outre le fait que ça tombe particulièrement on point dans mon histoire, j'aime beaucoup ce mot du coup.

Et c'est pour ça que la phrase m'a fait tiquer. Parce que maintenant, dès que ce mot est utilisé, paf ! Je le remarque. Syndrome de la voiture rouge, je sais pas comment ça s'appelle. Mais vous voyez très bien. En gros, dès que vous découvrez un nouveau truc, vous le voyez partout. Parce qu'en fait, vous vous y faites attention. La vocation démiurgique des auteurs. Mais oui, mais oui, à plein de niveaux. À plein de niveaux. Je pense, alors je sais pas, peut-être que je me trompe, il faudrait que je pose la question à Yannick. Je ne sais pas si la phrase est dans le sens, les auteurs sont capables de créer des mondes fantasy, fantastiques, de science-fiction vraiment dingues. Peut-être. Moi, l'interprétation que j'ai envie d'en faire, c'est que les auteurs ont la capacité à changer celui qu'on connaît. Ouais. En fait, je pense que c'est ça. Moi, c'est comme ça que j'ai envie de le prendre.

Je pense que certaines histoires écrites peuvent avoir un impact tellement fort sur tellement de gens que ça permet de changer le monde. Et quelque part, l'histoire et tous les écrits de Tolkien font ça. Faut voir à quel point ça a modulé le jeu de rôle, le jeu vidéo, l'imaginaire collectif, l'inconscient collectif. C'est la liste est tellement longue des impacts qu'a eu Tolkien sur la vie de tellement de gens que, effectivement, il y a un pouvoir démiurgique en lui qui était dingue. J'adore ce mot. Pouvoir démiurgique. Et ça, il faut avoir... Voilà. Il faut le savoir. En tant qu'auteur, vous avez ce pouvoir-là. Alors, pas de... C'est pas genre on claque des doigts, on change le monde. Ça fait partie du chemin chaotique et inconnu sur lequel on navigue. Mais on sait jamais où on peut arriver. Donc, ayons cette confiance. Voilà. Notre histoire marquera des gens. Notre histoire changera, bouleversera. Ça, c'est beau. J'ai adoré ce passage.

J'ai adoré ce passage. Voilà ce que j'avais envie de dire pour le point numéro 3 et l'impact de Tolkien sur nos vies. Et si je devais tirer une conclusion pour les écrivains, pour la résumer et l'ancrer, c'est que ne vous posez pas la question de savoir si votre histoire sera bien. De toute manière, vous n'arriverez jamais à y répondre. Ça ne fera que vous bloquer. Et surtout, c'est que vous, c'est très difficile de se rendre compte à quel point votre histoire impactera le monde. Mais vraiment au sens large. C'est-à-dire que peut-être que ça impactera seulement votre famille, vos amis. Mais peut-être que ça impactera absolument tous les humains sur Terre. Et ça, c'est pas mesurable. Donc autant pas se poser la question. En ayant ça en tête, quelque part, tu vois, de manière provocante, comme j'ai envie de le faire à chaque fois. C'est pour ça qu'il ne faut pas garder ces bonnes idées en tête.

Perfection et worldbuilding : la leçon de Tolkien

Vous êtes le seul à pouvoir les raconter. Racontez-les. Racontez-les. Voilà. Maintenant, quatrième point, et pas des moindres, qui parlera beaucoup aux gens qui adorent la fantasy, la perfection, le world building. Est-ce qu'il y a plus, est-ce qu'il y a mieux que Tolkien en termes de world building ? Peut-être. Peut-être. Toujours est-il que ce qu'il a fait est absolument dingue. Qu'il y a encore des travaux d'archives qui sont faits sur certains de ses écrits. On n'a pas tout compris. Et je trouve ça dingue. Et un peu triste.

Mort sans avoir fini son monde, mais ses histoires écrites

Un peu les deux. Je m'explique. On pourrait croire, en voyant ça, qu'il faut passer des mois, des mois, des mois, des années, des dizaines d'années à construire son univers pour écrire une histoire. Tolkien a passé sa vie à bâtir son univers. Il est mort. Il n'avait pas fini de bâtir son univers. Et il aurait vécu 250 ans de plus. Je suis sûr qu'il n'aurait pas fini de bâtir son univers. C'était le travail de toute sa vie. C'était finalement son leg au monde. La seule chose qu'il a bien faite, c'est que ça ne l'a pas empêché d'écrire des histoires. C'est ça qu'il faut garder en tête. Il ne faut pas attendre que notre univers soit parfait pour écrire des histoires. Alors, je dis il ne faut pas. On n'est pas là pour respecter des règles. Chacun fait comme il veut. Mais, c'est dommage, je pense. Aussi, au regard de l'impact que peut avoir une histoire, de ne passer son temps qu'à faire du world building.

Je pense qu'il faut, en tout cas, il faut s'interroger sur la volonté qu'on a. Qu'est-ce qu'on a envie de faire ? Si on a envie de raconter des histoires dans notre univers, si on a envie de les partager, si notre rêve, c'est d'écrire un livre, eh bien, je pense qu'il faut garder ça en tête quand on world build. Pour faire un peu de conjugaison, franglaise. Et en se questionnant comme ça, ça nous permet de trouver un juste équilibre entre raconter des histoires et faire du world building. Et rien nous empêche, une fois que l'histoire est terminée, de compléter le world building. Et même si on se trompe, c'est pas grave. On ne peut pas être parfait. Et d'ailleurs, Tolkien, il y a des choses qui ont changé dans son univers. Il y a des choses qu'il a changé. Il n'est pas d'accord avec lui-même. Et c'est normal, on évolue. Quand on construit un univers sur des années et des années, c'est normal.

D'évoluer. C'est normal. Donc voilà. Ne poursuivez pas à la perfection. Vous ne l'atteindrez jamais. Par contre, écrivez des histoires. Parce que ça, c'est sûr que vous arriverez à l'atteindre. D'écrire des bonnes histoires. Et je m'étais noté, parce qu'en fait, c'est là que je disais que ça me rend un peu triste. C'est qu'il faut écrire, sinon il ne pourrait rester que des notes. Ou du moins, il faut faire l'effort de ne pas attendre que ce soit terminé pour écrire. Sinon, on meurt et on n'a pas écrit une ligne. Et ça, c'est quand même extrêmement dommage. Et en fait, les deux ne sont pas incompatibles. On peut passer sa vie à bâtir son univers. Et d'ailleurs, à titre de partage, c'est exactement ce que je fais avec mon univers de fantasy. Dès que j'ai une idée, je le complète. Par contre, ça ne m'empêchera pas d'écrire des histoires dedans. C'est ça que j'ai envie de faire, dans le fond.

Créer, recette de l'immortalité

Pas juste de créer un univers. Par contre, est-ce que je créerai une encyclopédie qui regroupera tout le travail que j'ai fait sur les univers ? Bien évidemment que oui. Mais après avoir écrit des histoires. Et ça, ça m'a terriblement marqué quand j'ai lu le guide de Tolkien. C'était vraiment ce rapport à la perfection qui est hyper admirable. Et heureusement qu'il n'a pas fait que ça. Heureusement qu'il n'a pas attendu d'avoir fini de la création de son univers pour écrire des histoires. Vous imaginez, sinon on aurait raté le Seigneur des Anneaux. On aurait raté le Hobbit. Et putain, à chaque fois, je reviens sur cette histoire d'impact. Mais imaginez s'il n'avait pas écrit ce livre. à quel point le monde serait différent. C'est fou, mais à chaque fois, j'ai des frissons quand je pense à ce pouvoir démurgique des auteurs. Voilà, voilà, voilà, voilà. Et le dernier point, et non des moindres, c'est l'immortalité. À chaque fois, je le...

Non, je ne l'ai pas dit. Je ne sais pas si je l'ai dit déjà. Mais que... J'avais fait des postes à l'époque, des vieux postes, au moment où je ne parlais pas trop, je ne partageais pas trop, mais qui étaient Créer ses vivres deux fois, qui est une citation de je ne sais plus qui. Et je l'avais interprété à ma manière, disant, en fait, créer, c'est même la recette de l'immortalité. Parce que la première fois, notre vie actuelle, celle dans laquelle on vit, c'est le moment où on crée cette histoire. Voilà. Et ensuite, ensuite, ensuite, ensuite, ensuite, la deuxième fois qu'on vit, c'est quand il y a un premier lecteur qui s'empare de notre histoire. Là, notre histoire est quelque part, nous, notre inconscient, puisque là, je parle de l'écriture qui crache tout l'inconscient. Là, l'histoire vit une seconde fois. Et elle vit autant de fois qu'on a de lecteurs, finalement. Ou qu'on a autant de fois qu'on a quelqu'un qui, de près ou de loin, est impacté par cette histoire.

C'est pour ça que Créer, c'est la recette de l'immortalité. Parce qu'en fait, ça va toucher un nombre qu'on ne peut pas calculer de gens. Et même si, aujourd'hui, je vous dis, j'ai vendu que 10 bouquins, peut-être que dans 50 ans, ça ne sera pas le cas. Donc en fait, la seule chose dont on est sûr, c'est qu'on ne sera jamais capable de calculer le nombre de gens qui sont impactés par notre histoire. Et donc, de facto, ce chiffre est l'infini. Voilà. Donc on est immortel quand on écrit des histoires.

L'interview de John Howe, frissons garantis

CQFD, papapa ! J'adore ce rapport à l'immortalité et à la création. Et il y a de très beaux mots dans ce livre. Vraiment, je vous invite. Ce livre, ce livre, ne peut être lu, enfin pardon, ce livre peut être lu pour une seule raison et c'est l'interview de la fin de John Howe, si je prononce bien. Désolé si, encore une fois, je prononce mal. Mais son interview, oh là là, les frissons, je vous jure, c'est tellement beau. Alors, je vais résister à l'envie de vous lire l'entièreté de l'interview, mais vraiment, toi, ça m'a tellement marqué. Ça m'a tellement marqué. En fait, dans ce rapport à l'immortalité, ça rejoint. C'est ça qui est beau, je trouve. C'est que là, tu vois, tous les points que je vous ai évoqués, bon voilà, dans le livre, c'est à peu près chronologique, admettons. Et en fait, à la fin, il y a cette interview qui en fait reboucle tout parce qu'elle mélange tous les points que je viens de vous évoquer.

Et notamment, il y a une phrase qui est « Toute image est le produit de circonstances, de la conjonction de facteurs évolutifs et n'est certainement pas gravée dans la pierre. » Et j'adore ça parce que ça résonne à sortie de son contexte. Tu vois, parce que là, on parle d'un illustrateur d'où le mot image. Mais en fait, ça résonne à plein plein de niveaux. Déjà, il y a l'auteur qui livre son histoire. cet auteur, il a une vision au moment où il la livre. Mais certainement que s'il y retourne dix ans après, les choses changeraient s'il devait la réécrire. Et c'est pour ça que Tolkien, finalement, dans son lore, il y a des choses qui changent, par exemple. Et aussi, c'est qu'en fait, même cette histoire, admettons que l'auteur n'ait jamais envie de la changer et qu'elle ne la change jamais. Et qu'il ne la change jamais, pardon. Et en fait, tous les gens qui vont lire cette histoire, eux vont se l'approprier.

C'est pour ça que rien n'est jamais gravé dans la pierre. Un livre, c'est comme de la pâte à modeler. Voilà. Tu peux, en tant que lecteur, l'apprendre et en faire exactement ce que tu veux. Et je trouve ça absolument génial. J'ai été très touché par ces mots parce que c'est exactement ça. La création, c'est contagieux, c'est le partage, c'est inspirant, c'est impactant. Et voilà. On revient sur l'impact, le pouvoir démiurgique, des auteurs. Et donc, d'ailleurs, il le dit juste après, voilà, je finis. Cette réponse trop longue revient à dire que rien n'est jamais vraiment fait et que la terre du milieu dans son ensemble reste ouverte pour être explorée ou revisité. Voilà. Voilà. Je n'ai pas les mots, en fait. Je pense que c'est difficile de dire mieux que ça. Et la phrase d'après est encore mieux et inspirera beaucoup d'écrivains, notamment, et beaucoup d'artistes. Mes images préférées sont toujours les prochaines, celles qui ne sont pas encore réalisées où la potentialité demeure intacte.

Et oui, c'est ça qui est très, très excitant dans la création. Et c'est un sentiment que j'ai eu quand j'ai tenu mon premier livre entre mes mains. Je me suis dit, punaise, ça, j'ai réussi à le faire, mais j'ai tellement hâte déjà de la suite. J'ai tellement hâte. Et c'est ça qui est magnifique. C'est ça qui est magnifique dans l'art. c'est que la plus belle chose qui peut nous arriver, c'est toujours celle d'après.

La créativité, l'art, te pousse à vivre parce qu'il te pousse à toujours aller oser explorer des choses que tu n'as pas encore explorées. Et c'est magnifique.

Écrire, c'est ça. Chaque ligne, chaque page, chaque mot, chaque... tout, chaque tout est un nouveau pas vers la vie. Vous voyez, j'ai même du mal à m'exprimer tellement ça me touche. Et je crois que je n'ai pas grand chose de plus à dire sur ce livre. Ça m'a extrêmement, extrêmement touché d'avoir ce partage de Tolkien.

C'est extrêmement inspirant en fait de se plonger dans la vie des auteurs. C'est extrêmement touchant. Ça donne une autre dimension à leur oeuvre. Ça marche d'ailleurs dans toutes les formes d'art. Et si je devais faire une conclusion, très personnelle à ce livre, c'est que oser faire de l'art, oser écrire, c'est donner une chance à sa vie et quelque part, c'est devenir immortel. Parce qu'on s'accomplit déjà et qu'ensuite, avec notre pouvoir démiurgique, on permet à d'autres de s'accomplir à leur tour. C'est une boucle puisque cette conclusion vient de la création de quelqu'un d'autre, Tolkien.

Voilà. Soyons les prochains Tolkien. Tous à notre échelle. Celle qu'on apprécie et celle qu'on veut. Sur ce, je vous laisse, je vous conseille ce livre. Il est fortement inspirant. Et je vous dis à bientôt. J'ai trop hâte de vous retrouver. Allez, des bisous. Ok. Sous-titrage ST' 501