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Pochette de l'épisode 28 du podcast Ose Écrire

ÉPISODE 28SOLO22 JUIN 202528 MIN

Inconscient & génial

Clarté · Identitéinconscientinstinct
00:0027:35

FACE A — LES 14 CHAPITRES · CLIQUE POUR ÉCOUTER

CE QUE RACONTE CET ÉPISODE

Trois fois, j'ai posé une semaine de congé avec le même plan : 5000 mots par jour, roman plié en sept jours. Trois fois, ça a été un enfer. Je sacrifiais ma vie au profit de mon rêve, et un rêve n'est pas censé être toxique, sinon tu t'appelles Icare et tu te crames les ailes. Dans l'épisode 28, je partage la leçon qui a tout changé : ne surestime pas ce que tu peux faire en 7 jours, ne sous-estime pas ce que tu peux faire en 7 mois. Retourne-toi sur tes trois derniers mois et mesure le chemin parcouru plutôt que ta vitesse. J'y parle aussi de la citation qui m'a marqué, « lâcher prise implique de faire le deuil non pas du résultat, mais du chemin », des trois intelligences et de l'instinct qui te réveille un matin en te disant d'écrire. À écouter là où tu écoutes tes podcasts.

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Face B — le transcript

L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE

Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !

Tu cherches un passage précis ? La table d'écoute passe les transcripts de tous les épisodes au peigne fin.

Intro : instinct, inconscient, lâcher prise

Yo yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans le 28e épisode de Chemin d'Artiste et d'Auteur, et aujourd'hui on va parler de l'instinct, de l'inconscient et de lâcher prise. Voilà, sur ce je vous souhaite une très bonne écoute et je vous dis à bientôt.

Coucou les amis, épisode 28, déjà 28. C'est fou, quand j'y pense, je me dis c'est dingue, je suis trop fier de ça, et quelque part j'en suis fier parce que j'ai atteint déjà un objectif que je m'étais fixé, mais j'ai déjà hâte d'arriver à 50, à 100, à 1000, tu vois, que ça s'arrête jamais, tu vois. En tout cas, on va garder cette discipline, ce rythme.

Aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet qui m'a beaucoup touché récemment, parce qu'il s'agit de l'instinct, du lâcher prise. Alors j'en ai déjà parlé à plusieurs reprises, quand je parlais du chaos par exemple, finalement je parlais déjà de ça un petit peu. Mais au regard d'une lecture récente, je me suis dit que c'était bien de faire un petit rappel autour de ce sujet-là. Donc aujourd'hui, on va parler de l'instinct, on va parler de lâcher prise.

La citation : le deuil du chemin, pas du résultat

J'ai extrait une citation du livre dont est tiré toutes ces réflexions que j'ai eues là, autour de l'instinct, qui est : « Lâcher prise implique de faire le deuil non pas du résultat que vous vous fixez, mais du chemin que vous emprunterez pour y parvenir. » Je trouve cette phrase magnifique.

« Ne sous-estime pas tes 7 mois »

En attendant les bêta-lecteurs : écriture créative

Mais d'abord, un petit peu de contexte, un petit peu d'introduction, un peu de news finalement, parce que j'adore parler, eh oui, eh oui. Aujourd'hui, on est ambiance, il fait chaud à Lyon, c'est l'ambiance caliente, là. On a mis du rose. J'ai découvert que je pouvais faire du rose avec mon néon, donc vous m'excuserez, mais on est en test. Il fait chaud à Lyon, il fait chaud, qu'est-ce que je peux vous dire d'autre ?

Je suis toujours en attente des retours des bêta-lecteurs, et je vais pas vous mentir, je suis content qu'ils aient pas relu en une semaine. Parce que ça me fait le plus grand bien de ne pas passer mes matinées à travailler sur un truc, enfin, un projet d'écriture sérieux. En ce moment, je fais simplement un peu d'écriture créative pour toujours garder cette discipline, pour pouvoir garder le fait que j'aime écrire tous les jours, cultiver cet amour de l'écriture tout simplement. Donc on se contente de petits thèmes aléatoires, on écrit, on brode, on se laisse porter. Voilà, on est déjà dans le sujet, on lâche un peu prise.

Et ça me fait le plus grand bien, du coup, de ne pas passer mon temps à écrire le matin. D'habitude, j'écrivais très souvent entre grosso modo 6,5 et 9,5 en moyenne. Donc pas forcément plage pleine, mais globalement sur cette plage-là. Et le matin, là, du coup, j'ai changé ça. Ce que je fais, c'est que je passe beaucoup plus de temps à promener mon petit toutou. Ça lui fait grave du bien. On joue à Ramène la balle. En ce moment, il est dans une phase où il a décidé qu'il était chiant pour ramener la balle. Voilà, il oublie, il est en train d'essayer d'oublier ce que je lui ai appris.

Bref, à part ça, je lis beaucoup. Le podcast d'aujourd'hui va être inspiré d'une des lectures récentes. Et je suis en train de finir, ça va arriver plus rapidement que ce que je pensais, La Rose et le Serpent, Julie Elles. J'ai très hâte de finir. Franchement, ça m'a grave accroché. Je kiffais le début. Voilà. Parce que je savais que j'allais kiffer. De toute façon, je voulais déjà dire : le livre est magnifique. Je kiffais le début, mais là, vraiment, là, je suis arrivé, là, ça m'a accroché. Là, j'avoue que j'ai envie de m'y plonger dedans. J'ai plein de choses à faire, on a des impératifs, on prend le temps qu'on a envie de prendre pour ce temps libre. Et donc, voilà, ça patiente un petit peu. Mais je vais bientôt le finir, et j'ai très hâte de pouvoir vous en parler. J'ai commencé à prendre quelques notes sur des phrases que je pourrais sortir de leur contexte pour faire des épisodes de podcast. Et ça, j'adore.

Bref. Au milieu de tout ça, autour de ces réflexions, il y a donc eu un livre sur l'instinct que j'ai lu, dont j'ai oublié le titre, mais qui m'a été envoyé par Lynn Fox, que vous devez connaître puisqu'elle est passée dans le podcast. Un épisode qui vous avait beaucoup plu d'ailleurs. Merci pour ça, merci de l'avoir partagé.

Et c'est vrai, petite parenthèse, je ne le fais pas assez, mais si ça vous plaît, n'hésitez pas à me le dire, à le partager aussi, et à tout simplement le partager à des gens avec qui ça pourrait résonner. Il suffit que chacun le partage à une personne et ça pourrait toucher plein de gens finalement. Et peut-être que dans ce lot-là, il y aura quelqu'un qui enfin osera écrire. Quelque part, c'est tout le but de ce podcast aussi, c'est toute l'intention de ce podcast. Donc n'hésitez pas à partager. Voilà.

Parenthèse mise à part, Lynn m'a envoyé un petit livre très court sur l'instinct, sur apprendre à écouter son instinct, son inconscient. Et ce livre m'a énormément touché. Il y a énormément de choses qui ont résonné en moi parce que, en fait, je me suis rendu compte que j'avais déjà vécu des situations comme ça, et que parfois je ne m'étais pas écouté, ou alors pas assez. Ou alors j'avais l'impression de faire des choses sur des coups de tête qui, en fait, n'en étaient pas. Et c'est de ça qu'on va parler aujourd'hui. C'est de ça qu'on va parler aujourd'hui.

La citation, c'est donc, comme je l'ai dit au début, je vais la répéter pour qu'elle s'ancre finalement : « Lâcher prise implique de faire le deuil non pas du résultat que vous vous fixez, mais du chemin que vous emprunterez pour y parvenir. »

Et là, tout de suite, il y a une première chose. Je vais faire une parenthèse parce que ça, c'est très vrai dans la vie en général. C'est un peu de ça dont je vais parler. Mais d'abord, pour vous donner un max de valeur côté écriture, le parallèle est extrêmement puissant avec l'écriture.

L'intention du roman, phare des moments de doute

Finalement, quand vous vous lancez dans l'écriture d'un livre, ce qui est important quand vous commencez, c'est pas d'avoir toute la structure de A à Z, surtout si vous êtes un auteur qui n'en avait pas besoin. Ce qui est important à avoir, c'est l'intention du roman. Cette intention-là, il faut qu'elle soit claire. Qu'est-ce que mon histoire va raconter ? Quel est le but ? Quel est le message que je veux faire passer ? Pourquoi c'est important pour moi ? Pour quelle raison ? Il faut absolument que ce soit ce message-là que je fasse passer. Ça, je ne le répéterai jamais assez, mais c'est vraiment la bouée, le phare qu'on va regarder pendant tous les moments de doute qu'on va avoir pendant qu'on écrit.

La petite boîte à idées hors sujet

Ou alors, pendant les moments où on se dira, remarque, ça reste du doute. Mais par exemple, quand on se dit : « Putain, merde, cette idée-là, elle est super, mais est-ce que je la mets dans mon roman ? » Là, il est toujours intéressant de se questionner sur : ok, est-ce que ça sert à l'intention première de mon roman ? Si ça ne sert pas à l'intention première, mettez cette très bonne idée dans une petite boîte et vous la réouvrirez plus tard, quand ça servira à l'intention d'un futur roman.

C'est d'ailleurs toujours extrêmement frustrant de devoir faire ça, mais c'est extrêmement puissant. C'est ce qui donne du corps aux histoires, c'est ce qui donne de la maturité à la plume aussi, parce que quand on est capable d'admettre que certains de nos traits de génie ne sont pas utilisés maintenant, ça prouve qu'on a aussi du recul sur ce qu'on écrit et ça prouve qu'on a une intention forte.

Pas plus tard qu'hier, je me suis surpris à détailler très fortement l'intention de la romance que j'avais envie d'écrire, après le tome 2 de L'Étreinte Éthérée, et en fait, c'est un travail, c'est génial, et tu retombes vraiment sur ces questionnements. C'est-à-dire que tu te lances dans ton intention, c'est clair, et après tu commences à essayer de mettre les premières briques de ton histoire et tu te rends compte qu'il y a des morceaux de briques qui ne servent pas du tout l'intention. Et donc en fait, c'est l'équivalent de prendre une machette et de tailler le bambou, tu vois, et hop, à la fin, il ne reste que la substance substantielle moelle de ce que tu as envie de raconter. Et c'est trop cool. C'est trop cool.

Donc, la première chose, bien définir son intention, se raccrocher à ça dès qu'on doute. Très souvent, ça solutionne énormément de problèmes. Ouais, vraiment énormément. Voilà. Donc ça, très important de le dire.

Maintenant, on va parler plus largement... Ah non, pardon, attendez, je finis sur ça. Je finis sur ça, c'est extrêmement important. L'intention du roman, c'est l'équivalent de l'objectif ou du résultat qu'on se fixe. Et ensuite, lors du processus d'écriture, ça va être le chemin qu'on emprunte pour y parvenir. Mais on ne connaît pas vraiment ce chemin. Et c'est ça qui est extrêmement intéressant en écriture, c'est ça, c'est tout simplement d'accepter qu'on va aller vers l'intention finale de notre roman, mais qu'on ne sait pas sur quel chemin on va marcher.

Et c'est génial parce que là, là, là, vraiment, l'inconscient, tout ce qu'on a en nous de plus profond et de plus important, paf, ressort sur le papier. Et c'est génial. C'est génial parce que parfois vous écrivez des trucs, vous ne savez pas pourquoi vous avez écrit ça, et des années après, vous travaillez sur vous ou juste, vous avez une discussion avec un ami et paf, déclic, prise de conscience, et vous vous rendez compte qu'en fait, ce que vous avez écrit cinq ans, dix ans plus tôt, ça avait énormément de sens parce que votre inconscient vous disait quelque chose, il avait envie de transmettre un message.

Voilà pour le parallèle très clair avec l'écriture. On va parler un peu plus largement du lâcher prise mais toujours dans le cadre de l'écriture, de toute manière, on est là pour ça, on est là pour que les gens osent écrire. Donc restons sur ça, finalement. C'est déjà très bien.

La chose extrêmement importante que je voulais préciser avant, c'est que, et il le fait, il le fait très bien au début du livre, ou elle le fait très bien, pardon, c'est une autrice, elle précise que l'inconscient dont elle parle et pas l'inconscient freudien, genre, c'est vraiment le processus d'arrière-plan qui fait qu'on prend des décisions et pas l'inconscient au sens psychanalytique du terme. Voilà.

Au regard de ça, c'est toujours intéressant de rappeler qu'il y a trois types d'intelligence et je le rappelle à chaque fois parce que moi, je l'ai appris tardivement, en fait, je l'ai appris cette année en discutant avec ma psy, donc quelque part, j'ai passé 29 ans sans le savoir, mais maintenant que je le sais, je le partage pour que les gens l'apprennent beaucoup plus tôt que moi.

Il y a l'intelligence cérébrale, qui est globalement celle qu'on utilise le plus en France parce que c'est celle qu'on nous apprend à l'école, parce que c'est celle de beaucoup de noyaux familiaux, notamment, par exemple, moi qui ai un noyau très ingénieur. L'ingénierie, c'est de l'intelligence cérébrale, c'est ok, un plus un égale deux, A implique B, B implique C, donc A implique C, vraiment des trucs, c'est carré, bateau, il n'y a pas... j'avais une expression qui m'est venue en tête, mais je ne la dirai pas. Voilà. Donc ça, c'est le premier type d'intelligence.

Le second type d'intelligence, c'est l'intelligence émotionnelle, celle du cœur, celle des émotions, une sur laquelle je travaille énormément en ce moment et donc sur laquelle je ne me sens pas particulièrement légitime de vous détailler plus que ça. Je sais comment aller l'adresser en coaching, mais je ne serai pas capable, ou en tout cas, je n'ai pas la prétention d'être capable de donner une définition extrêmement précise de l'intelligence émotionnelle. La seule chose que je peux dire, c'est qu'elle fait le lien entre l'intelligence cérébrale et l'intelligence du corps instinctif, dont je vais vous parler juste après et qui est celle qui est tout simplement le sujet du podcast, et qu'elle permet très souvent de venir solutionner les problèmes quand on a un conflit entre notre partie cérébrale et notre partie instinctive.

Cela étant dit, la troisième, c'est évidemment l'intelligence instinctive, celle du corps, celle du mouvement, celle qui te pousse, je ne sais pas, le syndrome du ponton qui dit que tu veux aller au bout. Voilà.

L'instinct : savoir avant de pouvoir expliquer

Cette intelligence instinctive, elle est bizarre à manipuler parce qu'elle ne s'explique pas vraiment. Quelque part, c'est celle qui te dit : « Putain, là je sens que j'ai envie de faire ça », et là tu le fais. C'est ça l'intelligence instinctive, et ça, tu n'es pas capable de l'expliquer. Quelqu'un qui n'est pas dans ta situation, qui n'a pas la même intelligence instinctive que toi, je ne hiérarchise pas, qui n'a juste pas la même manière de voir les choses, tu ne pourras pas lui expliquer. La seule chose que tu pourras lui dire, c'est : « Frérot, je le sens bien, je sens que c'est ça qu'il faut que je fasse maintenant. »

Et c'est pour ça que c'est si dur d'expliquer comment ça fonctionne, l'intelligence instinctive. Mais ça se reconnaît dans énormément de situations. C'est, je ne sais pas, tu es là et tu sens que cette personne, elle a du ressentiment pour toi. Ou alors, tout simplement, tu sens qu'il y a un truc qui joue entre deux personnes. Ou alors, tout simplement, tu sens que la décision que tu dois prendre, c'est celle-là. Ou alors, tu sens que tu as une idée et qu'elle est bonne et que même si tout le monde pense qu'elle est nulle, tu sais qu'elle est bonne. Voilà.

C'est, finalement, savoir avant d'être capable de l'expliquer. Donc, c'est accepter que notre intelligence cérébrale, celle qui est censée nous dire qu'un plus un égale deux, elle ne peut pas le dire. Et ça, c'est pas facile de vivre avec.

Et ce petit livre invite justement à réfléchir autour de ça. Cette citation est tirée de là et justement, elle, se connecter à cette intelligence instinctive, t'invite à lâcher prise et à essayer de ne pas comprendre finalement.

Manifester son intention et laisser l'inconscient processer

C'est pour ça que c'est important de se connecter au résultat, à l'intention, parce qu'ensuite, on peut faire confiance à notre inconscient et à notre instinct pour nous amener vers ce résultat. C'est pour ça que c'est important de manifester ce résultat. C'est pour ça que c'est important de le partager, de le verbaliser, de dire : « Moi j'ai envie d'écrire mon premier livre. Moi j'ai envie d'écrire mon premier livre. » Et bien comme ça, notre instinct, notre inconscient, il met ce truc-là en arrière-plan. Et il processe, et il processe, et il processe, et il capte plein de petits détails à droite, à gauche, en haut, en bas, dans ce qu'il entend, dans ce que les gens te disent, dans ton passé, dans ce que tu projettes, bref. Il emmagasine plein plein plein plein d'informations comme ça.

Et à un moment, il te balance une info. Et par exemple, ça pourrait être de dire, tu vas te lever un matin et dire : « Putain, là je sens qu'il faut que j'écrive. Mais c'est pas dans ma routine. Ouais, mais je sens qu'il faut que j'écrive. » Bah vas-y, écris. Là c'est ton instinct qui te parle. Parce que t'as manifesté que tu voulais écrire ton premier livre et que là ton inconscient, il te dit : « Là, frérot, fonce, c'est maintenant. Là, fais-toi confiance, maintenant écris. » Et généralement, quand tu écoutes ça, ah putain, il se passe des belles choses. Il se passe de très très belles choses.

Et a contrario, plus tu l'entraînes comme ça, plus à des moments tu vas te mettre à écrire parce que tout simplement c'est maintenant un réflexe. T'as passé le cap de la discipline, c'est devenu un réflexe. Tu te mets à écrire comme ça et là, ton inconscient, c'est tellement ancré en lui que quand tu te retrouves devant la feuille, même si t'en avais pas envie, paf, il se déclenche. Et c'est magnifique. Et c'est tout simplement magnifique.

Accepter de ne pas encore être la version qui a écrit le livre

Cette citation, je trouve qu'elle cache aussi quelque chose d'autre qui est extrêmement beau. Qui est extrêmement beau. C'est qu'il faut accepter, alors il faut, je me bats contre les « il faut » en permanence, donc je vais arrêter de dire des « il faut ». On n'est pas là pour imposer des injonctions aux gens. Ça peut être intéressant d'accepter que le résultat qu'on souhaite obtenir, c'est une version de nous qu'on n'est pas aujourd'hui.

Alors ça peut paraître un peu dur dit comme ça, mais vous verrez, c'est extrêmement positif et il faut l'accepter quelque part. J'ai encore dit « il faut ». Vous verrez, c'est extrêmement positif. Pardon.

Quand j'ai pour objectif d'écrire un livre, je me projette au résultat. Et donc je me projette dans l'esprit de quelqu'un qui a écrit un livre. Ce qu'il ne faut pas oublier, et là c'est vrai qu'il faut finalement, c'est que à l'heure actuelle on n'a pas encore écrit ce livre et qu'on n'est pas tout à fait la version de nous qui l'aura écrit.

Et donc, en acceptant ça, on se connecte à notre authenticité, notre nous de maintenant, notre présent, on s'ancre dans le présent et là on peut agir, et on peut se poser la question : ok, quel est le premier petit pas que je peux faire là, aujourd'hui et maintenant, pour avancer vers la version de moi que j'ai envie d'être dans le futur ? Parce que pour l'instant je ne la suis pas, mais j'ai envie d'y aller.

Et donc accepter qu'on n'est pas encore la version qu'on a envie de devenir, c'est aussi embrasser le processus d'amélioration continue, et ça, c'est extrêmement puissant.

Je vous fais un parallèle. En fait, avant d'écrire mon premier livre, je me disais, je me voyais, je me projetais énormément, je faisais beaucoup de visualisation, je savais, je me disais : « Je vais être un grand écrivain, je vais être interviewé, machin, machin, machin. » Et en fait, ça se transformait en un processus un peu vicieux de procrastination active, où j'avais déjà l'impression d'être cette personne-là. Et quelque part, je ne comprenais pas, je disais : « Mais pourquoi je n'ai pas de résultat alors que je suis cet écrivain qui sera interviewé, etc. ? »

La vérité, c'est que je n'avais pas pris conscience du gap, finalement, qui me séparait, moi, et la version que j'avais envie d'être. Je n'étais pas cette version-là, j'étais moi. Et au moment où j'ai pris conscience de ça, je me suis dit : « Ah oui, en fait, il va falloir que je travaille, il va falloir que je me pose la question : ok, quel petit pas je peux faire aujourd'hui pour aller vers cette version de moi-même ? »

Une fois qu'on a dit ça, quel est le lien qu'on fait avec l'instinct ? Et bah, c'est que, en fait, on ne le connaît pas finalement, ce chemin pour aller être cette personne-là. Il n'y a pas de méthode secrète, il n'y a pas de raccourci, il n'y a pas de plan carré et logique qui dit : ok, tu vas, premier jour, faire ci, faire ça, faire ci, faire ça, et à la fin tu seras cette version-là. En tout cas, pas dans ce qui concerne, selon moi, la créativité, l'écriture, etc.

Par contre, et ça, c'est encore plus beau, c'est que finalement, ce premier petit pas, c'est simplement d'écrire, dans le cas d'écrire, écrire un livre. Donc simplement en se disant : ok, aujourd'hui je vais écrire. Ça, c'est déjà faire un petit pas vers cette version de nous-même qu'on a envie d'être et qui aura écrit un livre, parce que pour écrire un livre, il faut écrire.

Et quelque part, ça, c'est faire confiance à son instinct, en acceptant que notre envie du moment, c'est d'écrire, et que le premier petit pas qu'on a envie de faire, c'est d'écrire. Et bah là, on lâche prise. Là, il n'y a pas de considération de : ok, mais qu'est-ce que j'écris, et comment, et pourquoi, et machin. Non, juste écris. Tu as l'intention claire de ce que t'as envie de raconter, garde-la en tête et écris. Et même si tu perds cette intention de vue, continue à écrire, continue à écrire, et puis à la fin, quand tu reliras, tu raccrocheras à l'intention et t'auras l'honnêteté intellectuelle de dire : ok, peut-être que là je me suis écarté de l'intention, ça serait peut-être intéressant de retirer ce morceau-là et de le garder pour plus tard.

Voilà. Voilà, voilà, voilà ce que je peux vous dire sur l'instinct et le lâcher prise autour de l'écriture, et sur la version de nous-mêmes qu'on n'est pas aujourd'hui et qu'il faut, et qu'il faut accepter de ne pas être. Voilà, tout simplement.

Je dis beaucoup « il faut » pour quelqu'un qui essaie de combattre... vous voyez à quel point c'est compliqué de combattre les injonctions ! C'est pour ça que c'est important d'en parler aussi. Ça me fait marrer parce que j'en ai parlé, petite parenthèse, j'en ai parlé avec Ingrid de « J'écris un roman », et on se disait : c'est fou à quel point, quand on fait le travail, on se rend compte de la liste des « il faut » et des « je dois » qu'on a dans notre vie. Et faire cette liste permet de remarquer qu'on a plein de choses comme ça qui sont des injonctions, des croyances limitantes, et en les écrivant, ça permet de prendre du recul et de dire : ok, laquelle j'ai en fait pas envie d'écouter, et lesquelles sont en fait plutôt positives et que finalement j'aime bien ?

Des « il faut » au « j'ai envie d'écrire »

Tu vois, si je devais faire le parallèle, finalement j'ai dit « oui, aujourd'hui il faut que j'écrive ». Bah moi je kiffe écrire, donc ouais, ok, je suis ok avec ça. Et en fait, bah du coup, je dis plus « il faut », je dis « j'ai envie d'écrire ». Voilà, c'est très bien.

Maintenant, j'ai un petit point à rajouter autour de ça finalement, du sujet dont on est en train de parler, à savoir la volonté d'écrire un livre, l'acceptation de ne pas être la personne qui l'a écrite mais d'être la personne aujourd'hui qui va faire un petit pas vers l'écriture de ce livre.

Il est important d'accepter que écrire un livre, ça peut être long, et que oui, probablement qu'on l'écrira pas en un mois. Mais ça, c'est totalement ok, et c'est même extrêmement important de l'avoir en tête. Et je pourrais vous le dire comme ça, mais ça rentrerait pas. Et parce que moi c'est pas rentré aussi, à l'époque, au début, quand j'ai commencé à écrire, j'étais persuadé que j'étais je sais pas qui et que en un mois j'aurais plié mon roman.

Trois semaines à 5000 mots par jour : l'enfer

D'ailleurs, une des premières fois, vous l'avez vu, je l'ai partagé sur Instagram récemment, je me suis dit : ok, non mais en fait c'est facile, je pose une semaine de congé, j'écris 5000 mots par jour et là c'est bon, quoi. En une semaine j'ai grave avancé, c'est quasiment fini. Je fais ça trois fois. C'était un enfer. C'était un enfer. J'avais, je sacrifiais ma vie au profit de mon rêve. Mais un rêve, c'est pas ça. Un rêve, c'est pas censé être toxique, sinon tu t'appelles Icare, tu te crames les ailes et tu tombes dans l'eau et tu te noies, quoi.

Donc c'est pour ça que je répète tout le temps que l'objectif, c'est que tu arrives à écrire ton livre avec ta discipline, sans tirer un trait sur ta vie. Voilà.

Ne surestime pas tes 7 jours, ne sous-estime pas tes 7 mois

Et donc, en gardant ça en tête, il ne faut... et là, ouais, c'est un peu un « il faut », en tout cas une invitation très forte : c'est extrêmement important de ne pas surestimer ce qu'on peut faire en 7 jours, et a contrario, c'est extrêmement important de ne pas sous-estimer ce qu'on peut faire en 7 mois.

On a une vision très court-termiste de nos défaites, de nos réussites. Il est bon, vous voyez je l'ai évité là, il est bon d'accepter qu'on fait plein de choses très bien dans notre vie. Notons-les pour s'en rappeler, parce que ça nous permettra de ne plus sous-estimer ce qu'on peut atteindre en 7 mois. Et ça, c'est un des cheat codes les plus puissants et les plus faciles à mettre en place pour atteindre un objectif.

Quelque part, quand ça, tu l'acceptes, et bah au bout de 3 mois tu te retournes et tu te dis : « Putain, mais c'est dingue tout ce que j'ai fait en 3 mois ! Sans déconner, je pensais pas que c'était possible. » Et si tu prends jamais le temps de ne plus sous-estimer ce que tu peux faire en 3, 5, 7 mois, bah finalement tu ne mesures jamais vraiment ton avancement, et la seule chose à laquelle t'arrives comme conclusion, c'est de dire : « Ah putain, mais c'est pas possible, j'avance pas assez vite. » Sauf qu'en fait, c'est pas une question de vitesse là, c'est une question de : regarde à quel point t'as avancé par rapport à ce que t'étais avant.

Et là, pour boucler la boucle : ok, il faut pas se projeter dans la version qu'on est ou qu'on aimerait être, pardon, mais il faut pas rester enfermé dans la version, enfin, pardon, il faut pas rester enfermé dans la version d'aujourd'hui en omettant de là où on est parti. Parce que quand on compare la personne qu'on est aujourd'hui avec la personne qu'on était hier, si je reprends l'analogie du petit pas, bah il y a un petit pas de différence. C'est déjà énorme. Vous prenez 2, 3, 5 mois, vous imaginez le nombre de petits pas qu'il y a de différence ? C'est fou. Ça, je vous invite à le garder en tête.

Et franchement, c'est exactement tout ce que je voulais vous dire sur ce sujet-là. Donc oui, écrire, c'est long, c'est dur, mais ne prenez pas trop de temps à le théoriser. Acceptez que le chemin que vous emprunterez ne sera pas tout à fait celui que vous aviez prévu. Gardez néanmoins votre intention en tête, manifestez-la, laissez votre instinct et votre inconscient en arrière-plan vous fournir les billes comme ça qui vous seront utiles. Acceptez-les, embrassez-les sans essayer de les théoriser, et tout simplement oser écrire, en vous demandant ce que vous pouvez faire aujourd'hui pour avancer un petit peu vers la version que vous avez envie d'être, sans vous enfermer dans la version que vous avez envie d'être parce qu'aujourd'hui vous êtes là où vous êtes. Mais surtout, appréciez la version que vous étiez il y a quelque temps et à laquelle vous avez déjà mis une immense distance en acceptant de faire ce premier petit pas aujourd'hui.

Voilà. Ça, je le résume à chaque fois dans le magazine Ose Écrire, parce que au dos de ce magazine il y a écrit : « Il ne fait aucun doute que tu as de bonnes idées. C'est dommage qu'elles restent dans ta tête et que le monde ne puisse pas en profiter. Entre aujourd'hui et ton rêve, il n'y a qu'un premier pas, celui que tu vas faire aujourd'hui. Ose Écrire. »

Sur ce, je vous souhaite une très très bonne soirée, journée, goûtez, ce que vous voulez, et je vous dis à la prochaine. Des bisous les amis, et...