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Pochette de l'épisode 22 du podcast Ose Écrire

ÉPISODE 22SOLO11 MAI 202527 MIN

Le chemin est aussi beau que la destination

Clarté · Intentioncheminphilosophie
00:0026:46

FACE A — LES 12 CHAPITRES · CLIQUE POUR ÉCOUTER

CE QUE RACONTE CET ÉPISODE

« La difficulté même du projet m'était une raison supplémentaire de le tenter, et le plaisir que j'y ai pris tout du long, un perpétuel encouragement. Nul n'est tenu de faire un livre, ni de s'ennuyer. » Cette citation d'André Comte-Sponville dit tout du livre : une destination folle, réservée au petit pourcentage qui va au bout, et un chemin qui t'apprend qui tu es. Dans l'épisode 22, je raconte ce que l'écriture de L'Étreinte Éterrée m'a appris sur mon ego, mes bêta-lecteurs et le vide étrange qui suit l'envoi à l'impression. Je termine sur les deux sens de l'ennui : la provoc, et le processus routinier dans lequel on ne s'ennuie jamais. Comme le chante Orelsan, si c'était si facile, tout le monde le ferait. Et si tu ne l'écris pas, personne ne le fera. À écouter là où tu écoutes tes podcasts.

LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE

CAROUSEL À VENIR

Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.

Face B — le transcript

L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE

Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !

Intro : la citation de Comte-Sponville

Yo yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans le 22ème épisode de Chemin d'artiste et d'auteur, aussi connu sous le nom de Ose Écrire, et aujourd'hui on va parler de cette citation. Mais la difficulté même du projet m'était une raison supplémentaire de le tenter, et le plaisir que j'y ai pris tout du long, un perpétuel encouragement. Nul n'est tenu de faire un livre, ni de s'ennuyer. Sur ce, je vous souhaite une très bonne écoute, et je vous dis à bientôt.

Figurines, premier vlog et genou en vrac

Coucou les amis, coucou. Épisode numéro 22 je crois, ouais ouais c'était le 21 la semaine dernière, épisode 21 que j'ai adoré. Aujourd'hui épisode, vous voyez le setup a à peine changé. Pourquoi vous me direz, pourquoi, pourquoi, pourquoi ça change ? Pour la simple et bonne raison que je me suis, je sais pas ce que j'ai fait à mon genou, j'ai genre giga mal.

Et du coup, du coup, du coup je peux pas rester debout en fait. Même avec la telle ça me fait trop mal. Donc je me suis assis. Ça va j'ai réussi à faire un setup assez sympa, celui que j'avais utilisé pour les vidéos d'Apps 4 de toute manière. Vous pouvez voir sur le côté là. Ça, attendez non, on va commencer. Là derrière vous avez mon tableau blanc avec grosso modo le projet Ybelion.

Vous avez aussi le magazine Ose Écrire là. Je parlerai un peu plus. Et surtout les petits nouveaux là, je vous avais jamais montré. Je suis désolé, je peux pas me lever, du coup ça sera comme ça. Bref, c'est la figurine en fait du personnage du magazine Ose Écrire. Isabella, cette fille là. Vous avez Nash juste ici, avec le poster aussi. Et en fait, c'est mon meilleur ami d'enfance et une de ses amies qui ont monté une boîte d'impression 3D. Et ils ont une petite IP bien sympa là comme ça. Et du coup, dans le cadre de Ose Écrire, qui est, je le rappelle, le nom de mon accompagnement, mais aussi le nom d'un magazine où je présente la vie de personnage plus ou moins fictif, qui reconnecte avec leur rêve d'écriture. Et bien, ces personnages, j'ai décidé de les faire en petite figurine. En fait, ils sont déclinés à chaque fois. Le personnage apparaît dans le magazine, dans le poster et dans la figurine grosso modo.

« Personne ne l'écrira à ta place »

André Comte-Sponville, philosophe contemporain

Et dans d'autres choses aussi qui viendront après. Mais voilà, c'était une petite parenthèse parce qu'on en a discuté. J'ai envoyé, j'en ai envoyé d'autres là. J'en ai commandé d'autres pour d'autres personnages puisqu'il y en avait un en tout. Voilà, voilà. Et donc ça mis à part, le genou éclaté. Et Voltaire fait sa vie. Le premier vlog est sorti. Je suis trop content. Je suis trop content. J'ai eu de bons retours. Forcément, ça ne fait pas des mille et des cents en termes de vue. Mais je suis vraiment content du rendu. J'aime bien ce côté rendu nature-peinture. Ça me représente bien, je pense. Ouais, l'authenticité, la sincérité. J'ai mis aussi des petits moments d'échange. C'est très cool. Voilà. Voilà, voilà pour cette introduction que je pourrais résumer en projet qui avance, genou en vrac et épisode 22 quoi, grosso modo. Aujourd'hui, on va faire un épisode... On va faire un épisode sur un philosophe, sur une citation d'un philosophe que j'aime beaucoup.

Ce philosophe est André Consponville. C'est un philosophe contemporain. En vrai, j'en connais pas beaucoup. Enfin, j'en connais pas beaucoup. Si, j'en connais quand même quelques-uns, mais j'ai l'impression de moins les connaître que les philosophes qui sont morts grosso modo. Et c'est bien dommage. Et donc André Consponville, le premier contact que j'ai avec lui, c'est... Je dis ça comme si je le connaissais. J'adorerais le rencontrer. Mais c'est peut-être pas pour tout de suite. Mais le premier contact que j'ai avec son contenu, c'est, il me semble, des conférences qu'il a données dans une université à Lausanne, je crois, en Suisse. J'ai un doute sur la localisation, mais je sais que c'était des conférences autour de certains principes philosophiques. Je me rappelle qu'il parlait de Spinoza, du désir, etc.

Et c'était génial. J'avais adoré la manière dont il parlait, la manière dont il abordait les grands principes philosophiques. Et du coup, je mettais... Son nom était rentré dans mon algorithme, grosso modo. Ensuite, j'avais écouté tout un podcast avec lui où il racontait un peu sa vie, sa vision, etc. C'était passionnant, sincèrement passionnant. J'aurais pu l'écouter pendant des heures, je pense. Et donc après, forcément, j'ai connecté avec ce qu'il avait pu écrire. Il a écrit quelque chose que moi, j'adore, que je n'ai pas lu en entier parce que ça s'appelle... C'est le dictionnaire de la philosophie ou quelque chose comme ça. C'est plein de mots, en fait. Comme un vrai dictionnaire, mais expliqué avec son point de vue philosophique. Et c'est vraiment un livre passionnant. Alors, j'ai dit que je ne l'avais pas fini parce qu'en fait, c'est un dictionnaire quand même. Donc, tu ne t'enfiles pas les pages d'un dico comme ça. Mais de temps en temps, tu vois, je l'ouvre et je regarde.

Et la citation dont on va parler aujourd'hui, elle est tirée de l'introduction du dictionnaire, il me semble. Je suis même quasiment sûr. Je n'ai pas vérifié, mais je crois que c'est ça. J'ai acheté d'autres livres de lui aussi que je n'ai pas encore finis, mais que je lirai. Parce que c'est vraiment un auteur que j'aime bien. Et en fait, de manière générale, j'aime bien la philo. La philo, c'est genre, il n'y a pas de vrai, il n'y a pas de faux. Chacun a sa philosophie. Et du coup, c'est extrêmement intéressant d'écouter les gens parler de ça. Surtout qu'on se rend compte au fur et à mesure que des gens qu'on apprécie ou dont on aime certaines idées, parfois on n'est pas d'accord avec eux. Et je pense que c'est important de remettre ce message quand même au centre qui est que ce n'est pas parce que quelqu'un est détestable qu'il ne dit pas des choses parfois intéressantes.

A contrario, ce n'est pas parce qu'on admire quelqu'un que parfois il ne dit pas des choses qui sont fausses ou avec lesquelles on n'est pas d'accord. Et donc tous ces sujets-là sont extrêmement intéressants. La philosophie invite à se poser ces questions, invite à être non manichéen, invite à être gris finalement, ni noir ni blanc, mais dans la zone au milieu. Et invite à se forger, se créer ses propres positions, invite à réfléchir par soi-même et à réfléchir par soi-même. Et à arrêter de mettre les réponses dans les questions. On nous apprend beaucoup ça. On fonctionne beaucoup par questions fermées alors qu'en fait une question ouverte, elle invite à se connecter à la personne qu'on a en face de nous et à s'intéresser aussi à ce qu'elle a à nous raconter. Voilà. Bref, tout ça pour dire que cette citation... Du coup, vous verrez carrément ma tablette là parce que je ne peux même pas la cacher.

La citation et ce qu'elle m'a d'abord fait ressentir

De toute façon, vous n'allez pas me voir beaucoup bouger parce que je ne peux pas bouger. Mais la difficulté même du projet mettait une raison supplémentaire de le tenter. Et le plaisir que j'y ai pris tout du long, un perpétuel encouragement. Nul n'est tenu de faire un livre, ni de s'ennuyer. Donc c'est une définition, enfin c'est une citation qui donne, en parlant du dictionnaire de la philosophie justement, et finalement c'est un peu sa vision du livre. J'ai adoré cette citation. En fait, j'ai surtout adoré la dernière phrase. Nul n'est tenu de faire un livre, ni de s'ennuyer. Elle résonne beaucoup en moi cette phrase. Bref, cette citation, je l'adore. Je l'adore, je l'adore. Il y a plusieurs sens. Il y a plusieurs sens. Et c'est un peu ça qu'on va explorer aujourd'hui. Je ne sais pas si ça sera très long. Je ne sais pas si ça m'invitera dans des élucubrations de type Voldemort. J'avoue que je ne me remets toujours pas de la parabole du dernier épisode où en partant d'une citation de Camus, je m'interroge sur quelque chose d'Harry Potter.

Je ne m'étais jamais... Putain c'est fou, je suis en train de repartir là-dedans. Je vais arrêter. Cette citation d'André Comte Sponville, nous allons parler de ça aujourd'hui. Je crois que le premier... La première chose que ça m'a évoqué, j'essaie de me remettre dans le contexte pour ne pas créer un souvenir déformé, mais je crois que la première chose qui m'est venue à l'esprit quand j'ai lu cette phrase... Alors il y a le côté un peu provoque de nul n'est tenu de faire un livre ni de s'ennuyer. L'air de dire... Et vous verrez, j'en parlerai après parce que selon moi il y a plusieurs sens, mais l'air de dire... Ouais bah écoute, vas-y, toi ennuis-toi, mais moi je vais écrire un livre, tu vois. Ça, ça m'avait bien plu. Je marche pas mal avec cette provoque-là vis-à-vis de moi-même. Je me compare pas tellement aux autres. Je me compare beaucoup plus à la version de moi qui serait jamais en pause et qui travaillerait toujours à l'atteinte de ses objectifs.

Ouais, je me compare beaucoup avec... Cette version-là est la version qui ne fait rien justement. Moi je suis une espèce de mid entre les deux parce qu'évidemment on peut pas passer son temps à tout faire. Une voiture qui s'arrête jamais, elle tombe en panne. Et on peut pas passer son temps à l'arrêt. Ouais, donc ça c'est la première chose qui m'est venue, ce côté un peu provoque, là de nul n'est tenu de faire un livre ni de s'ennuyer. Et la deuxième chose qui m'est venue en tête, c'est le milieu de la phrase et le plaisir que j'y ai pris tout du long un perpétuel encouragement. Et je me suis énormément reconnu dans ça. Moi qui est un driver très fort, fais des efforts. J'avoue que j'ai toujours été beaucoup plus sensible au chemin qu'à l'objectif en lui-même. Et ouais, quand je m'imaginais écrire un livre, quelque chose qui me drivait beaucoup, c'était de me dire ah ouais, ça va être long, ça va être difficile, il va falloir beaucoup travailler.

Voilà, ça connecte tout de suite avec mon driver, fait des efforts. Mais à cause de ça, ou grâce à ça, selon le point de vue, tout le monde pourra pas le faire. Donc quelque part, je cherchais une espèce de preuve, tu vois, de me dire ouais, je suis pas comme tout le monde, tu vois. Bon, ça cache forcément d'autres, peut-être, questions, type, mais pourquoi tu as besoin de prouver aux gens que tu es capable de faire quelque chose qu'eux ne sont pas capables de faire ? Voilà, ça questionne la confiance en soi, la légitimité, bref, etc.

Chacun ses combats. Ce que je voulais partager ici, c'était le premier sentiment que m'a fait ressentir cette phrase et cette sensation, en fait, finalement, d'être à la bonne place parce que je me disais ok, ça va être compliqué d'écrire un livre, ça va être long, ça va être difficile, mais en fait, je sens que je vais y arriver, tout le monde n'est pas fait pour ça, mais moi si. Voilà.

Le plan en trois points

Voilà pour la petite introduction et pour ceux qui aiment la structure, nous allons parler, j'ai mis trois points, j'ai mis trois points, je vais vous les lire direct, promis, c'est pas aussi éclaté en termes de plan que la dernière fois, parce que la dernière fois, je vous ai dit quand même je dois lire mes notes et ensuite j'ai dit petit 1, une vie, petit 2, deux vies, petit 3, infinité de vies, donc j'étais là en mode ok, le mec s'est quand même pas foulé sur le plan, mais bref. Donc forcément, on va parler du fait que en 1, si ça prenait une semaine, ça n'aurait pas d'intérêt, en 2, en plus de ça, c'est un véritable apprentissage personnel et en 3, l'ennui, qui est vraiment le cœur de cette citation, nul n'est tenu de faire un livre ni de s'ennuyer, selon moi ça a deux sens, d'ici qu'on arrive au petit 3, vous allez peut-être avoir le temps de faire votre propre interprétation de cette petite phrase.

Voilà, et sinon, pour vous nourrir un petit peu, pour vous indiquer l'intention de ce podcast, avec quoi j'aimerais que vous repartiez aujourd'hui, au-delà du fait d'avoir peut-être lâché un sourire, eh bien, j'aimerais vous montrer que tout ce qui est difficile peut être moteur. Par ça, j'entends à la fois l'objectif et à la fois le chemin. Et le livre a cette chance d'être un apprentissage du point A jusqu'au point Z et un très très bel objectif, un très très bel accomplissement. Écrire un livre, c'est le combo de la destination et du chemin et on n'a pas besoin de choisir, évidemment. Voilà, et du coup, après, j'ai remis la notion d'ennui, écrire vs.ennui, avec le plot twist, évidemment. Je tourne déjà depuis 14 minutes. J'aurais cut un peu au début, bien évidemment, mais je parle beaucoup pour rien dire, vous ne trouvez pas. J'ai écrit en petit 1, si ça prenait une semaine, ça n'aurait aucun intérêt.

Et je me suis noté un truc, alors, il faudra peut-être fact-checker. Ça, c'est le rôle de tout un chacun. J'étais tombé sur des stats, il y a longtemps. Des stats qui disaient que 81% des gens souhaitaient écrire, 15% commencent, 6% arrivent à la moitié, 3% terminent et 0,6% le publient. Alors, elles sont partiellement vraies, partiellement fausses. Finalement, on s'en fout. Je pense que le ratio entre le nombre de gens qui souhaitent écrire et ceux qui le finissent à la fin reste quand même de cet ordre-là, de l'ordre de il y en a beaucoup qui veulent, il n'y en a pas beaucoup qui font. Tout ça pour vous dire que quand vous avez ce rêve-là et si vous avez été capable de le verbaliser et si vous ne l'avez pas fait, faites-le maintenant. Écris-vous et verbalisez-le à l'oral, pardon, vous pouvez aussi l'écrire. Voilà. Soyez convaincus que vous l'atteindrez et déjà, vous ferez partie genre d'un tout petit pourcentage de la population qui a réussi à atteindre ce truc.

Je dis ce truc, mais ce rêve, c'est vraiment magnifique. On dit beaucoup justement que le chemin est important et pas la destination. Mais la vérité, c'est qu'écrire un livre, c'est quand même une destination de fou, de fou. Et il faut se rendre compte, voilà, si vous avez déjà écrit un livre, bravo, parce que franchement, c'est vraiment incroyable. Et si vous êtes en train, si vous avez envie, ne lâchez pas parce que vous serez tellement satisfait au bout de ce rêve. Ça me fait, ça me déconnecte presque parce que ça me renvoie en fait, moi, au moment où je récupère mon livre dans les mains, quoi. Et punaise, quel objectif, quel objectif. Et donc, l'ampleur, l'ampleur du projet, finalement, ça le rend ambitieux. Vous voyez ce que je veux dire ? Ça nous donne envie d'aller le chercher. Et c'est ça, finalement, la première partie de la phrase. La difficulté même du projet m'était une raison supplémentaire de le tenter.

« Si c'était si facile, tout le monde le ferait »

Ça me fait écho, d'ailleurs, à une citation, la chanson d'Orelsan, Si c'était si facile, tout le monde le ferait. Une chanson qu'il a faite avec sa grand-mère, non ? Je crois. Putain, c'est fou. Bref. Si c'était si facile, tout le monde le ferait. Franchement, c'est ouf parce que je ne sais pas ce que je peux rajouter à ça. Je pense que ça suffit à soi-même, en vrai. Écrire un livre, c'est exceptionnel. C'est un projet ambitieux. En plus de ça, je rabâche toujours cette idée, mais chaque auteur est unique, est un expert de sa vie, donc il n'y a personne d'autre que lui qui peut écrire l'histoire à laquelle il pense. Ce qui fait que ça en fait un objectif extrêmement personnel. C'est, si c'était si facile, tout le monde le ferait, mais surtout, c'est que si vous ne le faites pas, personne ne le fera. Et ça, quelque part, c'est encore plus beau. J'aime beaucoup ça.

J'aime beaucoup ça. Si c'était si facile, tout le monde le ferait. Et si vous ne le faites pas, personne ne le fera. Bah ouais, vous êtes unique, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? D'être assis avec un genou blessé, ça me rend beaucoup plus philosophique. Non ? Je suis moins excité, j'ai l'impression. Je ne peux pas bouger. Attention, à tout moment, je m'endors. À tout moment, je pique du nez.

Voilà. Voilà, voilà. Le livre est un objectif d'une très grande ampleur qui vaut le coup. Et une fois qu'on a dit ça, c'est quand même important de préciser que c'est... En fait, je vais commencer à embrayer sur la partie 2, là. Donc je pense qu'il faut qu'on passe le côté 2, tu vois. Le point 1, c'était OK, la destination est incroyable. Et le point 2, c'est le chemin est encore plus exceptionnel. C'est un véritable apprentissage personnel. Et c'est ce que j'allais y venir, en fait. C'est un véritable apprentissage personnel puisqu'on va se confronter à énormément de nos barrières, énormément de nos croyances, énormément de nos émotions, notre instinct, tout. On va se confronter à plein de choses auxquelles on ne pensait pas forcément, auxquelles on ne pensait plus forcément, auxquelles on n'avait peut-être jamais pensé. Et ça, c'est vraiment magnifique. Et en plus de ce petit point, le livre peut se décomposer en plein de sous-étapes.

Donc, la tâche est d'une grande ampleur, certes. L'objectif est beau, l'objectif est ambitieux, mais il se découpe très bien. C'est facile de découper le mammouth, comme on dit. Facile de découper le mammouth. Finalement, au début, il s'agit juste de commencer à écrire. Voilà. Au début, il faut juste commencer à écrire. C'est la première étape. La deuxième étape, c'est d'arriver 10%, 20%, 30%, 40%, etc. On peut mettre autant de petites étapes. Il est nécessaire d'en mettre pour nous. Et une fois qu'on a fait ça, il ne reste plus qu'à corriger. C'est pareil. On peut mettre plein de petites étapes. Il reste à faire relire. Pareil, il reste plein de petites étapes. Et à la fin, c'est fini. C'est ça qui est génial dans l'écriture d'un livre. C'est que c'est un objectif extrêmement ambitieux, mais aisément découpable pour en faire une série de petits objectifs facilement atteignables. Et c'est tous ces petits objectifs et ces petites réussites mises bout à bout qui font l'objectif final, le rêve, le livre et la destination exceptionnelle finalement.

Le livre a cette chance d'être un sujet pour lequel la destination est exceptionnelle et le chemin est tout aussi exceptionnel. Ouais, je suis très très convaincu de ça. Et pour citer par exemple un exemple très personnel avec Legends of Karnoa, L'Etreinte Éterrée, c'est mon premier livre. Donc j'ai rien d'autre à dire finalement sur l'objectif, sur la destination. J'ai rien d'autre à livre. J'ai rien d'autre à livre. J'ai rien d'autre à dire. Genre, j'avais écrit mon premier livre. Je le tenais en main. Des gens pouvaient lire, des gens pouvaient l'acheter. C'est incroyable. Et le chemin par contre a été extrêmement, extrêmement intéressant. J'ai appris énormément de choses. Mais pas que sur l'écriture. J'ai appris, je vais quand même commencer par le début. Donc évidemment, j'ai appris plein de choses sur l'écriture. J'ai appris par exemple que j'aimais écrire à la première personne. Ce que je savais pas avant. J'ai appris que j'aimais pas les descriptions. J'aime pas quand il y a trop de descriptions.

J'aime pas mettre trop de descriptions. Ça me correspond pas, ça me parle pas. Moi, ça me parle pas. C'est pas une question de capacité à faire. C'est une question d'envie et de se sentir à l'aise dans un exercice. Et ça m'a appris aussi à accueillir le retour de bêta lecteur. Ça m'a appris à calmer mon égo finalement. Parce que la bêta lecture, c'est surtout ça en fait. C'est accepter de recevoir des critiques qui sont très souvent pertinentes, qui permettent d'améliorer les textes. Tout en se rappelant que ça peut être aussi, enfin que c'est aussi, pardon, seulement des invitations à l'auteur à le dernier mot. Libre à vous de ne pas intégrer les commentaires d'un bêta lecteur. Il y en a certains que j'ai pas intégrés parce que j'estimais que ça sortait du cadre de ce que j'avais envie de raconter. Ça n'en fait pas des mauvais commentaires par ailleurs. Donc ça m'a extrêmement confronté à mon égo.

Le vide après l'envoi à l'impression

J'ai énormément appris de cette phase de réécriture. Ensuite, j'ai appris tout le reste, tu vois. La mise en page, les marges, une vraie galère d'ailleurs. Enfin pour moi, peut-être pas pour tout le monde mais moi je trouvais que c'était galère. A l'époque, maintenant ça va mieux. La mise en page de la quatrième de couverture, le fonctionnement avec les imprimeurs, voilà, de quoi ils ont besoin, etc. Le fonctionnement aussi des trucs genre Amazon, la Fnac, comment faire une page de vente, faire un petit site internet sur WordPress, etc. Bref, j'ai appris plein de trucs. Et quelque part, ouais, c'était exceptionnel en vrai, c'était exceptionnel. Ça m'a aussi appris que je pense qu'à ce moment-là, j'ai touché un peu une corde de burn-out, tu vois. Je sais pas si c'est un espèce de burn-out ou un truc qui se rapprocherait d'un baby blues, tu vois, en mode, genre, j'avais fini, le livre était envoyé à l'impression, j'avais plus rien à faire et vraiment, je me suis senti vide.

Je me suis senti vide pendant quelques jours. C'était incroyable. Enfin, ouais, c'était trop bizarre en vrai comme sensation. Vraiment, ouais, le vide. J'avais qu'une envie, c'était de m'allonger dans mon lit, voilà. Et donc, je combattais ça parce que, bon, je voulais pas trop rester dans cet état-là quand même. Je combattais ça en écrivant des trucs vraiment pas prise de tête, rien d'organisé, genre, juste des idées qui me popaient comme ça en tête, que des trucs très rigolos, un peu absurdes. J'avais kiffé ça. J'avais kiffé en vrai. Ça m'avait bien remis en plus dans la boucle. Ouais. Parce que c'est dur, si j'avais m'étais dit à l'époque, ouais, je vais go sur le tome 2 direct. Franchement, à l'époque, les baltèmes, les ilia, les hull rock, ils me sortaient par les yeux, j'avais plus du tout envie de les voir. La pause que j'ai faite m'a bien aidé pour me reconnecter à eux. Voilà, un petit florilège de ce qu'a pu m'apprendre l'écriture de l'Étreinte et Terré.

Si je fais une petite conclusion sur finalement ce qui est la première partie de la citation, mais la difficulté même du projet m'était une raison supplémentaire de le tenter. Autrement dit, la destination est exceptionnelle. Si c'était si facile, tout le monde le ferait. Et 2, et le plaisir que j'y ai pris tout du long, un perpétuel encouragement. Autrement dit, l'apprentissage du chemin est tout aussi exceptionnel que la destination. Le livre a ce combo finalement. Voilà, ce combo entre une destination absolument folle et un apprentissage au milieu absolument fou aussi. Dernière petite partie sur ce podcast beaucoup plus léger. L'ennui. Nul n'est tenu d'écrire un livre ni de s'ennuyer. J'adore cette citation. Pour moi, elle a deux sens. Le premier, c'est celui que j'ai évoqué au début. C'est le côté un peu provoquant. C'est le côté « Asie toi, ennuie toi, laisse moi écrire mon livre. » Ça serait quelque chose que tu auras envie de dire à quelqu'un qui dit « Ah ouais, t'écris un livre ? »

Bon, c'est... Franchement, c'est super long. Le retour sur investissement, il est nul. Fais du e-commerce, tu vois, si tu veux gagner ta vie. La plupart des gens n'écrivent pas des livres pour faire de l'argent. Donc, ennuie-toi, tu vois. Fais autre chose. Moi, je préfère m'attaquer à l'écriture de mon livre. C'est ça aussi la particularité d'un livre. Tu vois, j'y pense maintenant, mais je l'ai un peu dit à demi-mot tout à l'heure, mais c'est un accomplissement extrêmement personnel. Extrêmement personnel, tu vois, j'ai cité l'exemple du e-commerce, je sais pas pourquoi. En ce moment, je suis bombardé de trucs de e-commerce, du coup, je l'ai en tête. Mais punaise, moi, j'aurais pas la patience de faire du e-commerce. Franchement, zéro kiff. Alors que ça rapporterait probablement beaucoup plus qu'écrire un livre. Pas avec ce qu'on touche quand on vend un livre que c'est facile de délivre. Mais, j'ai énormément appris sur moi. Donc, je ne changerais ça pour rien au monde.

Et c'est pour cette raison-là aussi que je vais continuer à écrire des livres. Et pour toutes celles que je vous ai déjà dit, genre le pouvoir démiorgique des auteurs, le fait que vous changeriez le monde et la vie de certaines personnes, l'accomplissement personnel, le fait que ça soit transitif après sur toute votre vie, bref, etc, etc, etc. Donc, il y a ce côté provoquant. Ennuie-toi. Fais autre chose, toi. Moi, je vais écrire un livre. Mais je pense qu'il y a un autre sens, un peu moins provoquant. Le processus d'écriture d'un livre est finalement assez ennuyant. Dans les faits, c'est pour ça que le mammouth est facilement découpable et qu'on peut le séparer en plein de petites étapes. Dans les faits, jour 1, vous écrivez. Jour fin, à la fin, vous écrivez aussi, en fait. Le processus est extrêmement ennuyeux, très routinier. C'est j'écris, j'écris, j'écris, j'écris, j'écris, j'écris, j'écris, je peux continuer comme ça très longtemps.

Mais en fait, même si ce truc est ennuyeux, on adore le faire. Et j'aime bien ce nouveau sens à la phrase. Nul n'est tenu d'écrire un livre ni de s'ennuyer. Autrement dit, ça pourrait être nul n'est tenu d'écrire un livre ni de s'ennuyer en le faisant. Et j'aime beaucoup, j'aime beaucoup trouver du plaisir finalement dans quelque chose qui paraît extrêmement ennuyant. Et au demeurant, c'est pas tout à fait vrai. Parce que les moments où vous tombez en état de flot, où vous vous faites posséder par vos personnages, où ils vous emmènent là, où vous ne pensiez pas allier, toutes les notions de chaos que j'ai pu évoquer déjà dans beaucoup d'épisodes, bah tout ça finalement, ça rend le chemin pas ennuyant. Parce qu'on l'a pas prévu. Ça serait l'équivalent de faire le même trajet tous les jours, mais à chaque fois il se passe une dinguerie. Une fois, tu croises la personne que t'admires le plus au monde.

La deuxième fois, ton crush te demande de l'aide. La troisième fois, je sais pas, tu... on t'aborde dans la rue, on te dit, voilà, à partir d'aujourd'hui, t'as du chocolat illimité.

Exercice : un texte avec l'ennui au centre

En ce moment, j'ai envie de bouffer du chocolat, donc je pensais à ça. C'est exactement ça. C'est un très beau parallèle. Très très beau parallèle. On vit tellement d'émotions, on passe par tellement d'états. C'est impossible de s'ennuyer avec ça. Et d'ailleurs, tout ce que je dis n'est pas du tout incompatible avec le fait d'accepter s'ennuyer et d'apprécier de s'ennuyer. Je pense que même accepter s'ennuyer est une très grande force puisque ça permet de couper et de pas se transformer en la voiture qui s'arrête jamais et qui tombe en panne, quelque part. Si je devais apporter une conclusion à cet épisode, je dirais simplement qu'écrire un livre est une destination absolument folle avec un apprentissage personnel tout aussi fou et absolument zéro ennui. Et pour lier ça avec une invitation de ma part à vous aider à faire le premier pas, commencez à écrire. Je vous inviterai aujourd'hui dans cet épisode numéro 22 à écrire un texte, un truc court, enfin non, faites comme vous voulez, à écrire un texte avec l'ennui au centre.

Sentez-vous libre, je ne dis rien de plus. Un texte avec l'ennui au centre. Sur ce, n'oubliez pas que si c'était si facile, tout le monde le ferait et que c'est bien pour cette raison-là que c'est si agréable d'arriver au bout et que le chemin nous apprend tant de choses sur nous-mêmes. Je vous dis à la prochaine. Sous-titrage Société Radio-Canada et la prochaine. Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada